Le blog de Dasola

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17 octobre 2008

Arlington Park - Rachel Cusk

Arlington Park de Rachel Cusk paru aux éditions de l'Olivier (1) en 2007 avait déjà attiré mon attention: il avait été mis comme "coup de coeur" dans ma librairie (aujourd'hui, après lecture, je dirais que, pour une fois, c'était justifié). De nouveau, il a été bien mis en valeur cette année pour sa parution en édition de poche Point Seuil. Je l'ai acheté et vient de le lire. Ce roman, c'est 263 pages d'instants de vie de quelques femmes, la trentaine, mères de famille à Arlington Park dans la région de Londres. Cela m'a fait penser de loin à "Desesparate Housewives". Mais c'est beaucoup moins drôle (cette remarque n'est pas négative, bien au contraire). La présentation/introduction du roman sort de l'ordinaire: il pleut à verse. Rachel Cusk, dont c'est le premier roman traduit en français, nous décrit cette ville bourgeoise sous l'eau. Tout est trempé. Avec son style serré, on le sent bien. Le roman est ramassé et on ne peut pas le lire en diagonale. Toutes les phrases sont essentielles. La moitié du roman qui se déroule sur 1 ou 2 jours se passe par temps de pluie. Les 7 ou 8 chapitres du roman nous font faire la connaissance de Christine, Maisie, Juliet, Maggie, Amanda, Solly (Solange) ainsi que de leur conjoint respectif en arrière-plan. Leurs vies d'épouse et de mère sont décrites comme une sorte d'aliénation, on les sent prisonnières de leur état. Pour la plupart, elles dépendent du mari du point de vue financier, elles s'occupent des enfants: pas moins de 2 pour chacune. Une en est à sa 4ème grossesse, une autre à sa 3ème. Elles se fréquentent les unes, les autres en se rencontrant chez l'une ou l'autre ou devant l'école, ou bien alors en allant à la galerie commerciale (qui se trouve dans une zone moins huppée). Certaines sont un peu "souillons" dans la tenue de leur intérieur. Maisie, par exemple, est dépressive. Les maris ne sont pas tous d'une grande aide. Quand le roman s'achève, on peut penser qu'il pourrait y avoir une suite. Remarquable de bout en bout, je recommande Arlington Park parce qu'il m'a vraiment beaucoup plu. J'attends le prochain roman de Rachel Cusk avec impatience.

(1) et non aux éditions Metailié, erreur que Cuné m'a fait remarquer avec justesse dans son commentaire ci-dessous.

15 octobre 2008

Avant-première d'un film - "coup de gueule"

Je commence à en avoir assez de ces avant-premières où on vous allèche avec une éventuelle séance de questions/réponses avant ou après la séance et au bout du compte: RIEN. Après Séraphine, j'ai assisté à une des nombreuses avant-premières de Le crime est notre affaire avec l'irrésistible duo Catherine Frot / André Dussollier. Cela se passe dans un grand complexe des Halles au centre de Paris. D'abord, avant d'entrer dans la salle, j'ai noté un service d'ordre privé mais pas trop musclé qui régulait la foule. Ce n'est pourtant un concert de rock, non mais! Une fois introduite dans la salle, une jeune femme nous a annoncé qu'il y avait des rangées réservées à des "happy few" (devant et plus haut). Les "happy few/spectateurs" devaient avoir un petit carton, véritable sésame pour pouvoir s'asseoir dans les rangées sus-mentionnées. Je ne comprends pas ces privilèges: l'abolition des privilèges a été prônée dans la nuit du 4 août 1789, non mais! Et le fait d'avoir payé sa place ou d'être invité(e) gratuitement n'est pas la question (pour ma part, je suis entrée avec ma carte UGC illimitée). Surtout qu'au bout du compte, à la fin de la projection, les acteurs et techniciens (Catherine Frot et André Dussolier, entre autres), n'ont rien dit de particulier et 5 minutes après le générique de fin, tout le monde s'est éparpillé. J'aimerais connaître l'intérêt de mobiliser autant de monde. Ah si, une chose, les comédiens se sont fait mitrailler par les appareils-photos numériques. Sans rien enlever des qualités du film que je chroniquerai dans un billet futur [chroniqué le 27/10/2008], ce n'est jamais qu'un film parmi d'autres dans une salle où je me rends régulièrement: grande salle, grand écran mais rien d'exceptionnel.

PS: Le film sort aujourd'hui, mercredi 15 octobre 2008.

14 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (fin)

Montréal et Québec
De Montréal, je retiens les 33 km de ville souterraine (galeries commerciales, bureaux, hôtels) où les Montréalais se réfugient l'hiver par des températures de -20° ou -30°. Pour creuser cette ville, des bâtiments en surface ont été soulevés: une église par exemple (ce n'est pas une blague), j'en ai vu des photos. Ce furent des travaux proprement pharaoniques.
Nous avons été dans le vieux Montréal (au bord du Saint-Laurent), qui n'est pas grand, mais là se situe la basilique Notre-Dame de Montréal (où s'est marié Céline Dion), que je n'aurai pas eu le plaisir de visiter (fermeture à 16H30). Petit conseil, l'entrée est gratuite pour les fidèles qui ne veulent que prier. Les touristes (avec leurs appareils-photos) doivent s'acquitter de 5 dollars canadiens. En revanche, j'ai pu prendre en photo une bouche de station de métro tout droit venue de Paris.
Le Biodôme, que j'ai déjà évoqué, a été ouvert en reconvertissant le vélodrome construit pour les Jeux Olympiques de Montréal (1976). A l'intérieur, il présente beaucoup d'animaux vivants (dont un castor) en reconstituant leur biotope naturel (de 4 types différents, nous a-t-on dit, même si cela ne m'a pas semblé très évident). [site: http://www.biodome.qc.ca]. Juste à côté du biodôme, se trouve le stade Olympique dont le toit, qui à l'origine était mobile, s'est effondré. On l'a remplacé par un toit/couverture fixe et l'on distingue bien la transition aluminium/béton. Un genre de tour penchée surmonte l'ensemble: on peut y monter en ascenseur et bénéficier d'une belle vue sur la ville.
Québec a été fondée par Samuel de Champlain en 1608. On peut partager Québec entre la Haute ville ceinte de remparts et de quelques portes et la vieille ville en contrebas. Sur les hauteurs se dresse le célèbre et imposant "Château Frontenac". Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas d'un patrimoine historique "d'époque", mais d'un palace construit comme tel au XIXème siècle. Par contre, comme cette année était célébré le 400ème anniversaire de la fondation de la Ville, nous avons pu voir les vestiges d'un fort datant, lui, de cette époque, que des fouilles ont mis au jour et présenté au public pour l'occasion. Mais notre séjour dans cette ville a malheureusement souffert d'une pluie ininterrompue. J'ai quand même pu apprécier la Place Royale et sa statue de Louis XIV. En revanche, j'ai trouvé porte close (une fois de plus) devant les portes de la cathédrale Notre-Dame de Québec: fermeture à 16H30.
Près de l'hôtel où nous séjournions, on ne voit plus que la façade très abimée (le reste a entièrement brûlé en avril de cette année) du Manège militaire, bel édifice dont l'intérieur était en bois et qui datait de 1883, un des joyaux architecturaux de Québec. Nous avons aperçu les dégâts sous deux angles, d'abord depuis notre hôtel, ensuite, de plus haut, depuis un restaurant panoramique. Triste spectacle. On ne sait pas encore si la reconstruction du bâtiment se fera.

 

Parcs naturels, paysages, ethnologie
Nous avons fait une étape sur le site de Miguasha, des falaises en bord de mer remontant au "Devonien" (370 millions d'années - "à quelques millions d'années près", comme dit la brochure achetée sur place). Ce site est mondialement célèbre pour les fossiles très bien conservés que l'on y a découverts depuis le XIXème siècle jusqu'à des campagnes de fouilles scientifiques continuant de nos jours. En soi, le site n'est guère impressionnant; mais, au Musée, nous avons bénéficié d'une présentation bien instructive par une jeune conférencière très enthousiaste et dynamique.
On nous a beaucoup parlé du fait que les Laurentides soient les plus vieilles montagnes de la planète, en contraste avec les Appalaches qui sont les plus jeunes. Il paraît que cela explique que les forêts des Laurentides soient bien plus fournies.
Le programme prévoyait une excursion sur le Mont Tremblant (auquel on accède par un téléphérique). Je n'ai pas trouvé le panorama exceptionnel. Pour ma part, j'aurais préféré pouvoir consacrer davantage de temps à la visite d'Ottawa.
Je me suis acheté un petit bijou au "Village des Hurons", une véritable petite entreprise qui présente cette civilisation reconstituée sous forme d'une sorte de "parc touristique". [
Site: http://www.huron-wendat.qc.ca]. J'ai retenu de notre visite que ce nom de tribu, "Huron", a été donné par les Français parce qu'ils trouvaient que la "crête" de cheveux conservée au sommet du crâne faisait penser à une hure de sanglier. Les propriétaires du parc sont eux-mêmes descendants de Hurons (la tribu a survécu en subissant le métissage avec les Blancs). Mon ami m'a signalé avoir été frappé en lisant dans un livre que je lui en ai ramené, Les Hurons-Wendats, que l'auteur, Georges E. Sioui, remerciait la "directrice, secrétaire et âme de [leur] Institut de l'Américité, à l'avoir poussé à poursuivre" en Doctorat (4 ans de travail), après sa Maîtrise, "afin que [leur] peuple des Premières Nations, au Canada, ait enfin un historien de ce niveau que personne ne puisse jamais exclure du débat sur [leur] histoire et [leur] civilisation".

Enfin, si cela peut amuser mes lecteurs et lectrices qui n'ont encore jamais mis les pieds au Québec, voici quelques expression locales qui m'ont amusée:
On magasine (on fait du shopping), on passe la vadrouille (la serpillière), on cruise (drague); et mesdames (ou messieurs) ne parlez des beaux gosses que dans un contexte particulier (les Québecois me comprendront; les Français, eux, parleront des "joyeuses").

PS: Je vais arrêter ici mes chroniques du Canada dont le souvenir commence à s'estomper (comme malheureusement chaque vacances quand on est happée de nouveau dans le quotidien). Mais je voudrais tout de même terminer par une dédicace à notre accompagnatrice et notre chauffeur qui nous ont guidés durant ces deux semaines de l'autre côté de l'Atlantique: merci Sylvie et Yvon, Canadiens, Québecois et fiers de l'être!

13 octobre 2008

Jar City - Baltasar Kormàkur

Ce film islandais, qui date de 2006, est une adaptation du roman du même titre (La cité des jarres) de Inaldur Indridason (Editions Metailié et en poche, Point Seuil). Je n'ai pas forcément tout compris au départ mais ce n'est pas très important. Jar City (Pourquoi le titre est en anglais et non francisé? Mystère; pourquoi ne sort-il que 2 ans après avoir été tourné? Un autre mystère qui peut s'expliquer par l'engouement en France pour les romans d'Indridason); Jar City, disais-je, dégage une atmosphère lourde à cause d'un ciel plombé. On a quelques beaux panoramiques de cette grande île indissociable de l'océan. Tout le film est bercé dans une atmosphère glauque et poisseuse. Le sang de cadavre paraît en revanche très rouge en comparaison. Pour une fois, j'ai eu l'impression - étonnante - de voir un personnage de roman qui prend vie. Je ne m'imaginais du tout comme cela l'inspecteur Erlandur, homme à l'allure ascétique et aux yeux bleus et qui est plus jeune que dans le roman. Pour ceux qui n'ont pas lu le roman, je ne dévoilerai pas toute l'intrigue. Je dirais qu'un violeur d'une femme est assassiné plus de 20 ans après son crime (était-il vraiment un violeur?). Il était porteur d'un gêne d'une maladie héréditaire qu'il a transmise. Une petite fille vient de mourir de ce mal. Au fur et à mesure que se déroule l'intrigue, on arrive à l'épouvantable vérité mais grâce au (ou à cause du) traitement cinématographique (la forme est aussi importante que le fond), j'ai gardé une certaine distance avec le sujet.

PS: j'ai évoqué deux autres titres d'Inaldur Indridason dans mes billets des 22/10/2007 et 15/04/2008.

12 octobre 2008

Rencontre avec Coumarine...

... hier, samedi 11 octobre 2008 à la mairie du XIème arrondissement de Paris dans le cadre de "Livres en fête", à un Salon dénommé "Des livres et des blogs" (12 place Léon Blum, 75011 Paris, juste à la sortie du métro Voltaire [sur la ligne 9]). Cette manifestation se passe pendant ce week-end des 11 et 12 octobre. Sont rassemblés, au deuxième étage de la mairie, dans une grande salle, de nombreux blogueurs (blogueuses) qui dédicacent leurs ouvrages parus. Comme la photo de Coumarine est affichée sur son blog, je n'ai pas eu de mal à la reconnaitre. On s'est fait la bise. J'étais avec mon ami qui avait (enfin, après un temps d'attente certain) réussi à me procurer un des livres de Coumarine Tout d'un blog. Sur place, il a acheté L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers. Coumarine nous a gentiment dédicacé les deux ouvrages : un pour moi, un pour mon ami. Un peu avant, Coumarine et moi, nous avons papoté. Elle m'a expliqué que le livre L'enfant... auquel elle tient particulièrement avait provoqué une rupture entre elle et sa fratrie. Dans ce livre, elle s'adresse à ses enfants. D'autres blogueuses (que je ne connais pas) sont arrivées dans la foulée. Je suis repartie toute contente avec mon exemplaire de Tout d'un blog que j'ai commencé (qui se lit vite avec ses 116 pages). Les dédicaces ont encore lieu ce dimanche, de 14h à 18h. Pour ceux qui passent ou habitent Paris, allez-y. Merci Coumarine qui êtes venue spécialement de Belgique pour l'occasion. Rien ne vaut les rencontres "en réel". C'est quand même bien sympathique.

11 octobre 2008

Jacques Brel, il y a trente ans...

... a tiré sa révérence, le 9 octobre 1978. Je me rappelle avoir versé une grosse larme. J'avais en main son dernier disque "Les Marquises" et sa pochette bleue que ma maman m'avait acheté. Brel a été le chanteur qui m'a marquée pendant toute mon adolescence. Je connaissais beaucoup de ses chansons par coeur. Je chantais avec lui (à la manière du karaoké) en écoutant ses disques et je continue encore. Je me rappelle - plusieurs fois - ma voisine du dessus et ses coups au plafond (au plancher de chez elle) lorsque je chantais à tue-tête... Mes regrets sont de ne pas être assez âgée pour avoir entendu Brel en concert et surtout de ne pas avoir assisté à l'Homme de la Mancha. J'ai presque tous ses disques en 33 tours et en CD. Je reste une inconditionnelle. C'est un artiste intemporel qui transmettait sa fièvre, sa passion quand il chantait, rien qu'avec l'intonation de sa voix. Parmi ses chansons, je retiens: "Mathilde", "Les bonbons", "Vesoul", "Zangra", "Les vieux", "Ces gens-là", "La chanson des vieux amants", "Ne me quitte pas", "Amsterdam" (pour sa façon de la chanter), "Rosa", "Marieke", "Orly", "Les bourgeois", "Jef", "Vieillir". A la fondation Jacques Brel, à Bruxelles, j'avais découvert Far West (qui vient de sortir en DVD double avec Franz) [cf. mon billet du 25/06/2007]. Brel reste mon chanteur de prédilection.

9 octobre 2008

Entre les murs - Laurent Cantet

Le titre "Entre les murs" a une consonance effrayante, cela donne l'impression que les élèves sont en prison (ce n'est pas entièrement faux quand on voit la cour de récréation qui fait penser à une cour de pénitentier). Les acteurs (jeunes et adultes) sont tous filmés au plus près. Il y a une unité de lieu (la salle de classe et la salle des professeurs) et l'unité d'action: une année scolaire d'une classe de 4ème en cours de français. François Bégaudeau, auteur du livre dont est tiré le film, interprète le professeur François Morin avec une remarquable conviction. Il se retrouve face à une petite vingtaine de jeunes entre 13 et 15 ans qui ne sont pas tous motivés par les études. On peut voir la confrontation professeur/élèves comme un match de boxe. Certains des jeunes sont insolents, ils "répondent", ils interrogent sur les mots employés par le prof. Ils ne lui passent rien. Personnellement, je sortirais épuisée face à une telle confrontation. Le métier de prof demande une force de caractère peu commune. Pour ma part, j'ai été emballée par ce film que j'ai vu avec mon ami. J'ai été scotchée à mon fauteuil et tenue en haleine jusqu'au bout. Le réalisateur filme l'ensemble avec rigueur, il ne se se perd pas en fioritures inutiles, les jeunes sont confondants de naturel. Il ne me reste plus qu'à lire le livre (disponible en poche et que j'ai acheté). Après L'emploi du temps et Ressources humaines, Laurent Cantet confirme son immense talent. Et oui la Palme d'or est méritée. Et pourtant je n'étais pas forcément enthousiaste au départ pour y aller vus le sujet et le titre. J'ajoute que j'ai vu Entre les murs dans une salle comble et les spectateurs ont beaucoup ri. Il devait y avoir (quand même) un pourcentage de profs assez conséquent. Peut-être ont-ils ri jaune?

7 octobre 2008

Qui comme Ulysse - Georges Flipo

Mon cher G. Flipo (j'ose cette familiarité), je viens de lire les nouvelles qui composent Qui comme Ulysse et je constate que tout ce que vous racontez n'est pas gai. Très bien écrites et structurées, elles se lisent avec plaisir pour le style mais avec tristesse et effroi pour ce que narrent certaines. Vous devriez envoyer vos doléances à Mme Anne Carrière car je n'ai pas compris le texte de présentation de la 4ème de couverture, il ne donne pas forcément envie de lire les nouvelles (il ne leur rend pas non plus hommage, elles sont beaucoup mieux). Pour ma part, il n'est pas facile d'en parler. Les 14 nouvelles sont toutes très différentes dans ce qu'elles racontent. Le voyage sous toutes ses formes et surtout les expériences (souvent tragiques) que les personnages en tirent, tel est le thème central de l'ensemble des nouvelles. La plupart des personnages ne font pas des voyages d'agrément. Ce ne sont pas non plus des voyages reposants, parfois ce sont des punitions, ou alors on peut les assimiler à des fuites de quelque chose. J'ai ressenti un certain désenchantement et l'âme humaine n'est pas toujours décrite sous son meilleur jour. Dans le dernier récit, "Rapace", le narrateur/écrivain "voyage" en faisant parler des gens, tire "la substantifique moelle" des pensées de chacun et s'en inspire pour écrire une oeuvre de création. Dans "la route de la soie", un peu comme Jules Verne, Joseph qui ne quitte pas son "chez-lui" pour rédiger son blog voyage entouré de tous ses guides "papier" provoque une certaine confusion chez les "globe-trotter". Pour ma part, lors de mon voyage en Argentine en 1999, j'ai eu le coup de foudre pour ce pays. Et j'ai donc bien apprécié les 4 nouvelles qui s'y situent ou qui mettent en situation des ressortissants de ce beau pays. Nous avons, par exemple, un romancier argentin exilé en France dans "Qui comme Ulysse", qui suite à une panne d'inspiration, se retrouve à faire des "empanadas" (spécialité argentine). "Nocturne" et "Un éléphant de Pattaya" (les deux se passent en Asie, en Inde et en Thaïlande) sont à mon avis les nouvelles les plus terribles du recueil, l'une sur le comportement humiliant des Occidentaux envers les autochtones, l'autre sur le tourisme sexuel (sans beaucoup de mauvaise conscience). Mon cher G. Flipo, je vous avais découvert grâce à votre blog, maintenant ce livre confirme votre talent d'écrivain qui sort des sentiers battus.

6 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (6)

Le musée des civilisations qui se trouve à Ottawa vaut absolument le détour. Au rez-de chaussée, niveau dédié aux Amérindiens, sont rassemblés de magnifiques totems (arbre qui parle) d'une hauteur que je ne m'imaginais pas. Au 1er étage, c'est le musée de La Poste (je ne l'ai pas visité). Puis, sur un étage entier, il y a ce qui s'appelle la salle du Canada, qui retrace avec des personnages en cire, des objets, des reconstitutions de maisons, etc., l'histoire du Canada des premiers habitants européens (les Vikings) jusqu'à nos jours: on déambule d'une période à l'autre dans l'ordre chronologique. Quand je me suis retrouvée au 19ème siècle, j'ai cru être dans un décor de western. L'ensemble est excellemment bien présenté et pédagogique, et je recommande cette visite aux petits et grands.

Après la visite très décevante de Toronto où sont peu nombreux les monuments et bâtiments intéressants (comme l'ancien Hôtel de ville), Ottawa a été une bonne surprise pour tout le monde dans le groupe. Et pourtant, nous sommes arrivés sous la pluie. C'est dans cette ville que se trouve le Parlement qui est un bel édifice à photographier. Ottawa a été choisie comme capitale fédérale du Canada car, se trouvant en Ontario côté anglophone, elle est juste à la frontière du Québec francophone. Ce choix stratégique s'est effectué sous la reine Victoria le 31 décembre 1857. N'oublions pas que le Canada fait partie du Commonwealth. En plus de ses nombreux musées, Ottawa possède aussi une cathédrale avec deux clochers en acier inoxydable et, pas très loin de celle-ci, une sculpture de la franco-américaine Louise Bourgeois appelée "Maman" et qui est une immense araignée dont les pattes ressemblent à des aiguilles de couturière (hommage à la propre mère de la créatrice) et dont le ventre est rempli d'oeufs en marbre de Carrare. En voici des photos:

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5 octobre 2008

Films vus et non commentés depuis le 29/07/2008 (fin)

J'expédie dans ce billet 4 films vus au mois d'août et que je n'avais pas fait l'effort de lister dans mon billet précédent.

Manipulation de Marcel Langenegger (2008). Dans ce film, Hugh Jackman joue le rôle d'un "méchant". Je suis allée voir le film parce que j'aime bien ce genre ainsi que les acteurs mais j'en ai vu de meilleurs sur ce thème de la duperie (Deception en anglais et titre original du film) comme Engrenages (D. Mamet), ou Usual Suspects (B. Singer). Petite anecdote, Micheline Presle, qui va beaucoup au cinéma, était incognito dans la salle où je l'ai vu au Quartier Latin à Paris.

Xfiles: Regeneration de Chris Carter. Où l'on retrouve Fox Mulder et Dana Scully qui ont mûri et ont pris des rides (mais cela leur va bien). Nous sommes sur la côte Est des Etats-Unis, pendant l'hiver, la neige tombe drue. Une femme disparaît, puis une autre. Des expériences à la "Frankenstein" sont pratiquées dans une clinique vétérinaire: c'est épouvantable et une fois de plus les Russes n'ont pas le beau rôle.

Be Happy de Mike Leigh: dès la première scène, j'ai senti que je n'allais pas aimer. Le personnage de Poppy avec son sourire accroché aux lèvres pendant presque tout le film ainsi que sa bonne humeur est crispant et insupportable. Poppy et le SDF, Poppy et le moniteur d'auto-école, Poppy et ses copines, Poppy au cours de flamenco, Poppy institutrice et Poppy amoureuse. J'ai été contente quand le film s'est terminé.

Comme les autres de Vincent Varenq (2008): malgré la présence de Lambert Wilson, le film n'est pas un chef-d'oeuvre. On nous montre d'une façon simplette comment un couple homo (dont l'un est stérile) peut devenir parents. Le personnage de Pascal Elbé est totalement sacrifié. La jeune femme est charmante. C'est très "bobo" bien pensant.

4 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (5)

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Pour une fois, je déroge à mes habitudes de blog sans photos, car je voulais montrer celle ci-dessus, prise à l'extrême pointe est de la Gaspésie. Je l'aime beaucoup, je l'ai prise à un matin, à 06h45. J'apprécie quand le ciel se pare de teintes orangées, comme en témoigne mon unique "photo de blog" (en haut à gauche). Ici, c'est le rocher percé. Il se trouve dans le Golfe du Saint Laurent face à la ville de Percé et dans la continuation, à droite de la photo, se trouve l'île Bonaventure (où nichent les fous de Bassan).
Je l'ai contourné en bateau. Ce bloc de calcaire a 375 millions d'années (ère du Dévonien), il s'est formé sous la mer et était rattaché à la terre ferme. Le petit bout que l'on voit à droite était relié au reste du rocher par une arche qui s'est effondrée le 17 juin 1845. L'arche qui reste devrait s'écrouler dans 400 ans (selon Wikipedia) ou dans 40 000 ans selon la guide. De toute façon, on ne sera pas là pour le voir...

3 octobre 2008

Mamma mia - Phyllida Lloyd

A la base, j'aime bien la musique d'ABBA et j'avais vu la BA de Mamma Mia mais quand j'ai vu le film dans son intégralité, dès les premières images, j'ai compris le navet catastrophique que j'allais voir: c'est nul et niais, "tarte" comme disait ma maman. Seule surnarge Meryl (Streep), magnifique, impériale, sublime, géniale, bonne chanteuse [cf. mon billet sur elle du 28/03/07]. LA seule et unique raison de voir le film. J'ai trouvé le film laid à regarder. Les 3 "papas" potentiels font ce qu'ils peuvent, je me demande ce que Pierce Brosnan, Colin Firth et Stellan Skarsgard viennent faire dans cette galère. Le jeune couple est fadasse. J'arrête là mes atermoiements car le film marche et il plaît, voir Ffred. En fait, il faut surtout attendre le générique de fin pour ne pas rater quelque chose. D'aucuns trouveront le film kitsch, moi, je préfère écouter les chansons d'ABBA sur CD, et je ne m'achèterai même pas le DVD, c'est dire.

2 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (4)

Suite à la question d'Alex sous ma chronique précédente, voici quelques aperçus sur ma culture canadienne.

Films
Je n'ai pas eu du tout le temps d'aller au cinéma durant mon voyage organisé. Mais je peux dire que j'avais vu, en son temps, Le déclin de l'empire américain (Denys Arcand). Je me rappelle que ces "prises de tête" de quadra sur la vie sexuelle me paraissaient d'autant plus lointaines, à l'époque (1986 - j'avais 24 ans), que je regrettais aussi l'absence de sous-titres: je comprenais seulement la moitié de ce qui était dit! Par contre, j'ai adoré la suite, Les invasions barbares (2003), toujours de Denys Arcand.
Par ailleurs, dans le car, nous avons eu droit à la projection d'un documentaire sur le Saint-Laurent, que j'ai vu disponible à la FNAC en DVD en France.

Chansons
Dans le car toujours, notre guide nous a passé beaucoup de musique de chanteurs et chanteuses québécoises: Félix Leclerc, Garou, Linda Lemay, Isabelle Boulay, Céline Dion (elle préférait d'ailleurs, nous a-t-elle dit, ses chansons en anglais plutôt que celles en français). Mais également de la musique "country" québécoise (ça existe!).

Librairies
Je suis entrée dans quelques librairies. A Montréal, celle que j'ai visitée appartient à la chaîne Indigo. Le rez-de-chaussée est consacré aux livres en français (des romans que l'on trouve partout en France), les trois autres étages ne comportent que des livres en anglais (Nous sommes pourtant au Québec). En revanche, dans la ville de Québec, je me suis arrêtée dans une librairie exclusivement francophone, Générale française, 10 Côte de la fabrique: un bonheur. J'ai vu des noms d'auteurs qui sont totalement inconnus de ce côté-ci de l'Atlantique et pourtant certains romans paraissent très bien. C'est vraiment dommage. Je vais m'empresser d'aller faire un tour un de ces jours à la librairie du Québec, rue Gay-Lussac dans le 5ème arrondissement de Paris, qui existe depuis 1995.

1 octobre 2008

Séraphine - Martin Provost

J'ai eu l'occasion de voir Séraphine (sorti aujourd'hui, 1er octobre) en avant-première (avant-hier) en présence des producteurs, du réalisateur et de quelques actrices dont Yolande Moreau qui tient le rôle principal avec brio. A part que Yolande Moreau a répondu au présentateur qui lui demandait ce qui l'avait attirée vers ce rôle, que c'est le fait qu'elle ne connaissait pas du tout Séraphine de Senlis, pas plus sans doute que la majorité des spectateurs dans cette salle a-t-elle ajouté, je signalerai qu'il n'y a pas eu la moindre séance de questions/réponses avec la salle. C'est un peu dommage, vu que l'équipe semblait bien représentée. A se demander pourquoi ils prennent la peine de venir: y a-t-il ensuite un "after" auquel le public n'est pas convié? Bref.
L'histoire commence à Senlis en 1914, et nous faisons la connaissance de Séraphine Louis, elle a presque 50 ans. Femme un peu fruste, elle fait des ménages chez les autres où on lui parle plus ou moins bien. On suppose qu'elle a dû vivre et travailler dans un couvent dans sa jeunesse. C'est d'ailleurs une apparition de la Vierge à l'église qui l'a incitée à peindre. Elle crée elle-même ses couleurs et ses liants (de la cire de cierges d'église). Tout le début du film m'a semblé lent. Il y a plusieurs séquences où l'on voit Séraphine aller d'une maison de maître à l'autre (elle semble avoir plusieurs employeurs). Elle est aussi lavandière mais surtout elle prend le temps de regarder la nature, particulièrement les arbres. Elle y grimpe dessus et respire, s'enivre des odeurs. Cela offre l'occasion de très beaux plans d'arbres. Séraphine marche souvent les pieds nus et elle peint la nuit dans son petit studio insalubre. C'est un collectionneur allemand, Wilhelm Uhde, qui remarque son talent. Il fait sa connaissance parce qu'il loge avec sa soeur chez des employeurs de Séraphine (vérification faite dans le Robert des noms propres, Uhde et elle se seraient connus en 1912?). Il lui conseille de travailler encore et toujours. La guerre déclarée, Uhde s'enfuit en Suisse laissant Séraphine désemparée. On la retrouve en 1927, vieillie et moins vaillante pour les durs labeurs du ménage mais son talent de peintre s'est affirmé (selon Uhde qui l'a retrouvée). Ses tableaux sont devenus de plus en plus grands et surtout colorés. Allez voir le film pour voir ce que représentent les peintures. Personnellement, je les trouve très belles avec un côté presque féérique. Mais, pyschologiquement, Séraphine semble un peu dérangée, l'argent qu'Uhde lui verse n'arrange rien. Elle meurt dans un asile d'aliénés en 1942. Séraphine Louis est connue sous le pseudonyme de Séraphine de Senlis. En ce qui concerne le film lui-même, à part quelques beaux plans (Senlis est une ville très photogénique), les arbres et la présentation des tableaux par Séraphine, la mise en scène est un peu sage, tout cela manque de fièvre alors que Yolande Moreau irradie et est "habitée" par son personnage. C'est peut-être ce qui fait que je ne considère pas ce film comme une totale réussite. 

PS: en liaison (évidemment!) avec la sortie du film, le Musée Maillol à Paris (61 rue de Grenelle dans le 7ème arrondissement) organise une exposition sur Séraphine de Senlis, du 1er octobre 2008 au 5 janvier 2009.
Cf. http://www.museemaillol.com.
PS2:
l'exposition [chroniquée le 01/01/2009] est prolongée jusqu'au 30 mars 2009.

30 septembre 2008

Impressions sur l'Est canadien (3)

Je vais dire quelques mots de la faune du Canada.

Ce pays compte paraît-il 75000 ours bruns. J'en ai aperçu un seul, nous étions en car, il a semblé aussi surpris que nous. Le temps que le chauffeur effectue une marche arrière, l'ours s'était évidemment éclipsé. Quant au grand herbivore nommé orignal, je n'en ai pas vu un seul. Il paraît qu'il y a aussi 1.000.000 de castors. J'en ai aperçu... au biodôme de Montréal! Dans la nature, nous avons "seulement" vu leurs barrages ou des arbres abattus, car la bête est nocturne. N'en déplaise à Mme B*rdot, je me suis ramenée une magnifique étole en castor, très douce et très chaude. Il semble que le castor soit aujourd'hui bien davantage menacé par le rétrécissement de son habitat (urbanisation humaine) que par la convoitise pour sa fourrure. La "trappe" est très règlementée (avec des quotas de prises pour les castors, mais aussi les visons ou les rats musqués...), et il ne doit plus être possible de vivre de ce seul métier, selon le trappeur qui nous a fait une conférence (il gagne moins de 1000$ canadiens par mois, nous a-t-il dit).

Les fous de Bassan
Le Québec abrite la plus grande colonie de fous de Bassan au monde en 2008 (avant celle des îles Kilda en Ecosse) sur l'Ile Bonaventure. En pleine saison, plus de 121 000 oiseaux sont rassemblés, du côté de l'île opposé à celui où les bateaux accostent. Dans cette réserve naturelle, il n'y a ni eau courante ni électricité (mais toilettes sèches, et vaisselle et couverts recyclables dans le restaurant à touristes). Plusieurs sentiers, plus ou moins longs, permettent de se rendre vers les colonies. On entend les cris des oiseaux bien avant de les distinguer, en raison de la végétation. Ensuite, on longe à quelques dizaines de mètres, séparés par une simple barrière, ces rassemblements impressionnants. Les fous sont organisés en couples, possesseurs d'un nid qu'ils se relaient pour garder ainsi que leur unique jeune de l'année. Celui-ci doit impérativement naître au bon moment (en même temps que tous les autres), car il devra être capable de migrer pour redescendre vers le sud (ces fous-là hivernent en Floride). Et d'autre part, leur séjour sur l'Ile Bonaventure est synchronisée avec la présence des bancs de poissons dont ils se nourrissent. Quand nous sommes passés, il nous a été dit qu'une partie de la colonie était déjà partie (les derniers n'allaient pas tarder). La population croît de 3% par an sur l'île.

Les baleines du Saint-Laurent
A la frontière des eaux du lac Saguenay (eau douce) et des eaux du Saint-Laurent (eau salée), au large de la ville de Tadoussac, figurait au programme une mini-croisière d'observation des baleines en vedette. Et, effectivement, nous en avons aperçu, mais rapidement et pas de très près. D'autres les approchaient de plus près en Zodiac, mais c'était plus cher! Pour les observer, j'ai l'impression que la "noria" des embarcations n'arrêtait pas de la journée. Les guides étaient capables d'identifier chaque animal par la forme de son jet.
A ce qu'on nous a dit, il y avait 3 baleines à bosse en début de saison, mais il n'en restait plus que 2 à ce moment-là. En ce qui concerne les rorquals, on les entendait d'abord souffler, puis, quand on tournait les yeux et l'objectif dans la bonne direction, on observait comme un petit jet d'eau vaporisé (mais ça n'a pas donné grand-chose sur mes photos). Pour les belugas, on voyait leur dos émerger, ils sont blancs. Une des deux baleines à bosse nous a montré sa nageoire caudale au moment de replonger. Tout le monde a déjà vu des images spectaculaires en photo, à la télévision ou au cinéma. Les voir "en vrai", c'est quand même impressionnant. Mais cela permet de comprendre la patience (et le matériel) nécessaires pour obtenir des images impeccables.

29 septembre 2008

Paul Newman est mort...

...et je suis très triste car Paul Newman (1925 - 2008) a été le premier acteur dont j'ai été fan. J'avais 12 ans et je commençais à aller voir les films de "grandes personnes". En 1974, on a beaucoup parlé de La tour infernale de John Guillermin. J'étais bien entendu allée le voir. Cette année-là, Paul Newman avait 50 ans, ses cheveux étaient légèrement poivre et sel, il était beau et en plus, il avait du talent! A l'époque, j'ai lu une mini-biographie à son sujet et je me suis mise à voir beaucoup de ses films (au cinéma et à la télé). Je retiens dans les "vieux" films: La chatte sur un toit brûlant (Cat on a hot tin roof), Doux oiseaux de jeunesse (Sweet bird of youth), les deux réalisés par Richard Brooks, L'arnaqueur (The Hustler) de Robert Rossen dans lequel il joue le rôle d'Eddie Felson, joueur de billard "looser", Le gaucher (The Left-handed gun) d'Arthur Penn, Le plus sauvage d'entre tous (Hud, de Martin Ritt). Un tout petit peu plus récemment, Luke, la main froide (Cool Hand Luke) de Stuart Rosenberg [chroniqué le 27/01/2021], Butch Cassidy et le Kid et L'arnaque (The sting) de George Roy Hill (les deux). Le rideau déchiré (Alfred Hitchcock), Verdict (Sidney Lumet), Absence of malice (Sydney Pollack), La couleur de l'argent (The color of money, deMartin Scorsese) où il reprend son rôle d'Eddie Felson, joueur de billard professionnel dans L'Arnaqueur, un quart de siècle plus tard. Il a réalisé quelques films avec Joanne Woodward (sa femme pendant 50 ans) dont un qui vient de ressortir en salle à Paris, "De l'influence des rayons gammas sur le comportement des marguerites" (dans une salle "art et essai" parisienne, j'ai justement remarqué, samedi 27/09 après-midi, qu'il y avait une grande affluence dans la salle où il passait, et je ne comprenais pas pourquoi!). Les autres films en tant que réalisateur sont Rachel, Rachel, mais aussi Le clan des irréductibles et plus récemment la Ménagerie de verre ainsi que l'Affrontement (Harry and Son). A part le cinéma, il a été un coureur automobile passionné et a beaucoup oeuvré pour des oeuvres caritatives (maison pour enfants leucémiques). Tout cela pour dire que c'est encore une légende du cinéma américain qui disparaît.

28 septembre 2008

Impressions sur l'Est canadien (2)

Au Québec, il existe certaines recettes culinaires que j'ai pu tester, sauf la poutine qui désigne communément un mets d’origine québecois traditionnellement constitué de frites et de fromage en grains de cheddar frais que l’on recouvre d’une sauce espagnole chaude de type «barbecue» faisant fondre en partie le fromage, le ramollissant un peu.
En revanche j'ai goûté le fromage en crotte, l'autre nom du fromage en grains, cela fait comme du caoutchouc sous la dent mais ce n'est pas mauvais du tout.

"Du singe"
Ce n'est pas du vrai quadrumane comme je le croyais, c'est un surnom pour un genre de "corned beef". Croyez-moi si vous voulez, il a fallu que j'aille jusqu'à Montréal (où c'est un plat typique) pour l'apprendre! Personnellement, cela m'a beaucoup fait penser au sandwich au pastrami que l'on trouve dans les "delicatessen" de New-York. Le "corned-beef" est fumé et assaisonné avec des épices et accompagné d'un cornichon et d'une salade de chou.

Des bisons à la ferme
"La Bisonnière" que nous avons visitée près du village de Saint-Prosper, en Mauricie, est d'abord une aventure humaine. Un couple de passionnés (infirmière et informaticien) qui ont entraîné leurs parents et leurs 4 enfants dans l'élevage de ces animaux, et qui ont fini par arriver à en vivre. Récemment, ils ont vécu un "coup dur" (incendie d'une partie de leurs bâtiments et matériel), ont envisagé un moment d'abandonner l'aventure, et se sont aperçu que la solidarité n'est pas un vain mot au Québec: leurs voisins et amis sont venus les soutenir, les aider à reconstruire et à passer ce cap difficile. Leur ferme est organisée pour recevoir des groupes de touristes (particulièrement français, belges, suisses...), et leur présenter l'animal. Sortant de la période de reproduction, le "mâle dominant" de leur harde avait perdu 150 kg dans l'accomplissement consciencieux de ses obligations de reproducteur, nous a-t-on dit. Ils possèdent entre 150 et 200 têtes (ils en abattent une cinquantaine par an pour la chair - 2 par semaine en saison touristique!). La viande de bison est paraît-il une des meilleures qui soient (moins grasse que la viande de boeuf, pas de cholestérol), en tout cas, c'est goûteux, ai-je trouvé! J'ai dégusté un délicieux ragoût de bison (mijoté depuis la veille), mais ai été moins convaincue par la tourte au bison. Je n'ai pas testé les saucisses de bison. Quant au "pudding chômeur", c'est du pain rassis qui ne contient pas de bison mais est recouvert de sirop d'érable, le type même du dessert roboratif.
Quand j'ai parlé de cette visite à mon ami en France, il a jeté un coup d'oeil sur le net, et m'a informé avec surprise qu'il existait une "Association des éleveurs de bisons" en France, regroupant plusieurs dizaines d'exploitation et totalisant 1500 têtes, et, évidemment, en conformité avec la norme "Bisons" du Ministère de l'agriculture!

Du sirop d'érable
Pour les quelques personnes qui l'ignorent encore, la feuille d'érable est le symbole du Canada. Elle devient rouge à l'automne et non marron clair comme les autres feuilles d'arbres. Pour l'anecdote, les quelques petits pots ou flacons que je tenais absolument à ramener de là-bas m'ont coûté fort cher: je ne les avais pas mis dans mes bagages mais les avais avec moi. A l'aéroport, pour le retour, la douane a refusé que je les prenne parce qu'ils contenaient chacun plus de 100 ml. Comme je ne voulais pas y renoncer, pour les enregistrer comme bagage, il a fallu que je m'achète dans ledit aéroport un sac de voyage supplémentaire (22$ canadiens, grrr!). L'authenticité a un prix! Si cette expérience peut éviter à d'autres de se faire "piéger" comme moi... A part ça, le prix des produits de l'érable, c'est comme le pétrole, il a augmenté car cette année, il a beaucoup plu et les arbres ont produit beaucoup moins de sirop d'où une hausse certaine, environ 8 $ canadiens les  250 ml. Au Canada, le prix des produits de l'érable est net de taxes, à la différence des autres biens de consommations auxquels il faut ajouter environ 15% de taxe au prix affiché.

27 septembre 2008

Films vus et non commentés depuis le 29/07/2008

Comme billet pour mon retour, je fais dans le "pas très récent" mais je tenais à parler des trois films ci-dessous vus il y a un certain temps.

D'abord, La soledad de Jaime Rosales. Certains blogueurs ont aimé (Ffred, PierreAfeu). La soledad (solitude) trace deux beaux portraits de femme, une jeune et une plus âgée, qui ne se connaissent pas, confrontées, l'une à la mort de son fils, et l'autre à la maladie de sa fille. Tout le film est en plans fixes avec des "split screen" par le milieu de l'écran. J'ai été touchée par ce film sans aucun pathos, pas forcément facile de par sa conception, mais certaines scènes sont inoubliables, par exemple, la dernière qui est un bon résumé du titre: on meurt dans la solitude même en ayant une famille proche.

Dans My name is Hallam Foe de David Mackenzie, Jamie Bell qui jouait dans Billy Elliot (de Stephen Daldry en 2000) a bien grandi. Il interprète Hallam, jeune homme perturbé suite au décès de sa mère. Il accuse sa belle-mère (la toujours jolie Claire Forlani) de l'avoir tuée. Cela se passe en Ecosse, d'abord dans la grande demeure familiale avec un petit lac (dans lequel la mère s'est noyée) puis à Edimbourg (dont j'ai toujours entendu parler en termes flatteurs, et ce film conforte mon envie d'y aller). Le "vilain" défaut d'Hallam est de "mater" les gens souvent dans des situations très privées. Il avait commencé avec son père et sa belle-mère et il continue cette coupable activité avec la charmante DRH (qui ressemble de façon frappante à sa défunte mère) qui vient de l'engager dans l'hôtel de luxe où elle travaille. Son expérience de la ville va permettre à Hallam de mûrir. Film léger mais qui ne m'a pas laissé beaucoup de souvenirs.

100ème film (argument publicitaire!) du réalisateur d'Ivre de femmes et de peinture (Im Kwon-Taek), Souvenir (Cheonnyeonhak) rend hommage au Pansori, poème traditionnel chanté coréen accompagné par le tambour. Il faut tout de suite dire que nos oreilles occidentales ne sont pas familiarisées avec les sons que l'on entend dans le film. C'est à la limite du discordant (enfin en ce qui me concerne). L'histoire commence en 1956 et se termine en 1982, un homme professeur de chant enseigne son art, avec sévérité, à sa fille adoptive Song-hwa, et le tambour à son fils adoptif Dong-ho. Les temps sont durs, le trio vit dans la misère en allant d'un village à l'autre. Devenu adulte, Dong-ho quitte son père et sa demi-soeur pour vivre sa vie (il se marie et a un fils). Song-hwa continue son apprentissage de chant mais elle devient aveugle. Les années passant, Dong-ho, qui est amoureux depuis toujours de Song-hwa, part à sa recherche. Ils n'arrêtent pas de se retrouver et de se perdre. L'actrice coréenne a des mains et des dents magnifiques. Elle a un côté aérien qui donne toute la beauté au film.

(à suivre) >>                                                                                        

<<  (billet précédent dans la série "films vus et non commentés")

26 septembre 2008

Impressions sur l'Est canadien (1)

Toronto et son Festival de cinéma
Toronto est presque devenu un passage obligé pour des films venus du monde entier afin d'avoir une chance d'être acheté par un distributeur américain et d'y faire carrière. Ce festival est ouvert au grand public. Quelle différence avec Cannes! Les projections se font dans différents cinémas de la ville. J'ai pu voir des queues de personnes qui attendaient pour assister à une séance. A part cela, Toronto est une ville laide du point de vue architecture mise à part deux ou trois édifices dont le vieil hôtel de ville. Les immeubles d'habitations semblent être en préfabriqués, les autres bâtiments hébergent, pour la plupart, les deux pôles d'activités de cette ville anglophone: les banques et les sociétés d'assurances. 

Les Chutes du Niagara
Notre périple a commencé par une excursion là-bas, à 1h30 de route de Toronto. Surtout si vous allez aux Chutes du Niagara, faites-les AVANT Iguaçu (je ne connais pas les chutes Victoria au Zambèze) sinon vous serez déçu. Niagara ce sont deux belles chutes (surtout celle côté canadien) mais c'est tout. Nous avons pris un bateau "The maid of the mist" qui s'approche de très près et cela a été l'occasion de prendre une bonne douche. La ville de Niagara reste une destination pour jeunes mariés (surtout américains?) avec une partie de la ville formatée à cette intention, style Disneyland en plus hideux. En revanche, près de Québec, vous avez les chutes Montmorency dont je n'avais jamais entendu parler et que j'ai vues de loin car les deux fois où on aurait dû y aller, il a fait mauvais temps.

Les phares de Gaspésie
Cette région visitée vers la mi-séjour m'a rappelée la Bretagne, avec ses phares en bord de mer (il s'agit de phares côtiers et non sur îlots). Je suis montée sur l'un d'eux (150 marches). Certains sont toujours en état, mais surtout dans un but de conservation du patrimoine: aujourd'hui, ces phares sont supplantés par la navigation au GPS. D'autres ont été transformés en auberge ou en musée. Nous n'avons pas pu malheureusement bénéficier d'une visite guidée car notre temps de visite était mesuré. Comme bâtiments, ils ont des formes et des couleurs variés. Le plus ancien remonte à 1858. Je ne vous infligerai pas les miennes, mais vous trouverez quelques photos sur internet

25 septembre 2008

Une brève histoire du tracteur en Ukraine - Marina Lewinka

J'ai acheté Une brève histoire du tracteur en Ukraine de Marina Lewinka à cause du titre qui m'a intriguée et qui était classé dans les romans. Après avoir lu la 4ème de couverture, j'ai vraiment eu envie de le lire vite. En Angleterre, deux soeurs d'origine russe (comme l'auteure du roman), qui ne s'entendent pas, s'allient pour éviter qu'un événément cataclysmique ne provoque le chaos: leur père de 84 ans se marie avec une Ukrainienne de 36 ans à la poitrine en ogive nucléaire. Nadia, la plus jeune (la cinquantaine), est mariée avec Mike et a une fille. Vera, l'aînée, divorcée, a deux filles. Elles ont dix ans d'écart et les questions d'héritage (suite au décès de la mère) et d'autres plus anciennes (qui remontent à la 2ème guerre mondiale) les séparent. Mais là, l'ennemie est à leur porte en la personne de Valentina (accompagnée de son jeune fils), qui, par le mariage, espère obtenir leur naturalisation anglaise et obtenir de l'argent de Nikolaï. Le père de Véra et Nadia, veuf depuis 2 ans et ancien ingénieur, écrit sur une histoire du tracteur en Ukraine. Tout ne se termine pas si mal. J'ai été un peu freinée dans ma lecture par le dialogue oral qui contient des erreurs syntaxiques volontaires prononcées par certains personnages principaux qui appréhendent mal la langue anglaise (la traductrice a fait de son mieux pour cette retranscription en français). Ceci mis à part, ce roman est une agréable découverte.

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