Un homme de tempérament - David Lodge

Je suis arrivée au bout des 700 pages de cette biographie romancée de H. G. Wells (1866-1946) parue aux Editions Rivages. On connait Herbert George Wells comme écrivain de romans d'anticipation ou fantastiques (La guerre des mondes, La machine à explorer le temps, L'homme invisible, L'île du Dr Moreau, etc.). Il a aussi écrit pas mal de romans de moeurs dans lesquels il s'inspire de sa vie et ou des personnes qui l'entourent. Grâce à ses romans et à ses articles journalistiques, Wells a bien vécu de sa plume. Mais David Lodge s'est surtout focalisé sur H. G Wells, grand séducteur (un "chaud-lapin"?), aimant le sexe qu'il considérait comme un sport pour exercer son corps plutôt que son esprit. Il connut des dizaines et des dizaines de femmes (du point de vue biblique), qui le plus souvent étaient moitié plus jeunes que lui. Ces relations étaient pour la plupart du temps des "passades" (en français dans le texte), mais pour certaines, ce fut de longues liaisons qui se terminaient plus ou moins bien. Rosamund Bland, Amber Reeves, Rebecca West (de 26 ans sa cadette), Elisabeth Von Arnim et quelques autres sont passées entre les bras du grand homme successivement ou simultanément. Marié et père de deux garçons, Wells prônait l'Amour Libre. Sa femme Amy Catherine (Jane) (morte en 1927 mais dont il n'a jamais voulu divorcer) acceptait ces liaisons, souvent scandaleuses pour l'époque et qui auraient pu compromettre sa carrière littéraire. Le roman se présente pour partie comme une longue interview imaginaire de Wells quelques mois avant sa mort. Né dans le sud de Londres dans une famille pauvre de la moyenne bourgeoisie, Wells va parvenir à force de détermination et d'intelligence à faire des études littéraires et scientifiques. Sa mère rêvait qu'il devienne drapier, il deviendra célèbre et riche grâce à son talent d'écrivain. Adepte des idées socialistes qui prônaient une meilleure répartition des richesses, il adhéra à la Société fabienne (de centre gauche et à l'origine de la création du Parti travailliste) qu'il quitta par la suite. Il a cotoyé George Bernard Shaw, Joseph Conrad, Henry James, parmi les écrivains les plus connus. Il a aussi rencontré Lénine et Staline et Maxime Gorki grâce à qui il connut Moura Budberg, sa dernière maîtresse qui ne voulut jamais se marier avec lui. J'avoue que j'ai découvert un sacré personnage à la vie bien remplie. Je connais peu son oeuvre (sauf les titres cités). David Lodge nous résume quelques ouvrages. Je ne suis pas sûre d'avoir envie de les lire, ils me paraissent un peu datés. Contrairement aux oeuvres de pure fiction de David Lodge, Un homme de tempérament n'est pas humoristique du tout. Je n'arrive pas à savoir ce que Lodge pense de Wells. A vous de vous faire une opinion. Un roman que j'ai trouvé agréable à lire malgré sa longueur.
Romans lus et non commentés depuis le 02/11/11
Voici trois romans que j'ai lus pendant les fêtes de fin d'année:

D'abord, Une humeur de chien de Rebecca Hunt (Editions Denoël, 300 pages). C'est son premier roman qui nous fait revivre 7 jours dans la vie de Sir Winston Churchill, qui dicte en juillet 1964 (6 mois avant sa disparition à 90 ans en janvier 1965) à une jeune femme appelée Esther Hammerhans son discours d'adieu au Parlement. Le lien qui les relie se nomme Mr Chartwell (du nom de la demeure où vivait Winston Churchill), un grand chien noir qui se tient debout comme un homme et dont le métier est de déprimer les gens en général et Winston Churchill et Esther en particulier. Il ne faut pas oublier que Winston Churchill souffrit de dépression toute sa vie, il l'appelait "ce chien noir sur mon épaule" (black dog). C'est un roman léger sur un sujet un peu grave. Mr Chartwell bave, n'est pas un chien aimable. Il n'est content que quand il arrive à rendre moroses les gens par sa seule présence. J'ai trouvé le sujet abordé assez original. Rebecca Hunt est une jeune femme écrivain à suivre.
Maintenant deux romans policiers, l'un italien et l'autre français.

L'hiver du commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni (Rivages/Noir) se lit d'une traite. L'histoire se passe en 1931, à Naples, le Duce est au pouvoir. Le 25 mars de cette année-là, un ténor de très grand talent, Arnaldo Vezzi, est retrouvé assassiné dans sa loge juste avant d'entrer en scène. On le trouve la gorge tranchée par un fragment de miroir. Le jeune commissaire Luigi Alfredo Ricciardi, célibataire, maigre, le teint mat et de beaux yeux verts, issu d'une famille aisée (il pourrait vivre de ses rentes), est chargé de l'enquête. Il est aidé en cela par son adjoint Maione, marié, la cinquantaine, et par un prêtre, Don Pierino Fava, passionné d'opéra. C'est un roman plaisant que je vous conseille car on tombe sour le charme du commissaire qui est secrètement amoureux de sa voisine d'en face.

L'hermine était pourpre de Pierre Borromée (Editions Fayard) vient de recevoir le Prix du Quai des Orfèvres 2012. Juliette Robin, la femme d'un avocat, est retrouvée sauvagement assassinée chez elle dans une petite ville de province de l'Est de la France où il ne se passe, en général, pas grand-chose de marquant. Le commissaire Baudry, passionné de vélo et natif du Sud-Ouest, enquête. Toute l'histoire se déroule dans le milieu des avocats, des bâtonniers, des juges et des procureurs. J'avoue que je n'avais pas trouvé le coupable, ne sachant pas le mobile. Le suspense est tenu jusqu'au bout. Une lecture agréable à effectuer dans le train (comme je l'ai fait).
Héritage - Nicholas Shakespeare

Héritage de Nicholas Shakespeare (Editions Grasset, 420 pages) est un roman qui m'a bien plu car il ne raconte pas seulement l'histoire d'un homme, Andy Larkham (il travaille dans une maison d'édition), qui hérite du jour au lendemain de 17 millions de livres sterling, avec toutes les conséquences qui s'ensuivent. En effet, Héritage narre surtout pour grande partie la vie de Christopher Madigan qui, par testament, a légué sa fortune à ceux et celles qui assisteraient à son enterrement (c'est le cas d'Andy qui s'est trompé d'enterrement). Christopher Madigan, né Krikor Makertich à Alep de parents arméniens ayant fui le génocide de 1915, avait fait fortune dans l'acquisition de mines de fer en Australie. On suit donc l'itinéraire de cet homme au sens du commerce développé mais dont la vie privée connut des aléas. D'ailleurs, sa fille unique n'hérite de rien et l'on comprend pourquoi en lisant ce roman que j'ai trouvé d'une lecture agréable. Je vous le recommande.
Une mort esthétique - P.D. James / Bettý - Arnaldur Indridason
Une mort esthétique (Edition Le Livre de poche) est le dernier roman en date de Phillis Dorothy (P. D.) James, 91 ans cette année. On retrouve le trio formé par le commandant Adam Dalgliesh (qui va se marier) et ses deux collaborateurs, Kate Miskin et Francis Benton-Smith. L'instrigue se passe entre un 14 décembre et un 21 décembre avec un prologue le 21 novembre et un épilogue. Pendant 600 pages, on suit une enquête qui se passe dans une clinique privée du Dorset (un beau manoir Tudor). Rhoda Gradwyn, 47 ans, une journaliste d'investigation de qualité (mais qui a donc des ennemis), est étranglée dans la nuit qui suit son opération esthétique (elle s'est fait enlever une vilaine cicatrice à la joue qu'elle avait depuis l'enfance). Les suspects se trouvent parmi le personnel de la clinique, le chirurgien (et propriétaire du manoir) en tête. Comme dans les autres romans de P. D. James, la résolution du crime nous est révélée assez rapidement dans les dernières pages. C'est toute l'enquête et les révélations sur les personnages qui sont passionnantes. Voici le genre de roman qui se déguste en prenant son thé et des muffins. Un bon moment de lecture.
Je viens de terminer Bettý (Edition Metailié noir, 200 pages) d'Arnaldur Indridason (connu pour la série des aventures du commissaire Erlandur) qui a dû s'inspirer des classiques de la littérature américaine, en particulier Le facteur sonne toujours deux fois de James M. Cain, pour écrire ce roman qui date de 2003. La Bettý du titre est une femme fatale, une garce de la plus belle eau. Le roman est écrit à la première personne par un narrateur qui est en fait une narratrice (on le comprend à la page 108 du roman). Sara nous raconte son histoire depuis sa rencontre avec Bettý dont elle est tombée amoureuse. Elle va se retrouver complice du meurtre du mari de Bettý. Je ne vous en dis pas plus. Lecture plaisante mais pas aussi enthousiasmante que d'autres romans d'Indridason.
Solaire - Ian McEwan

Depuis 5 mois, Solaire de Ian Mc Ewan (390 pages, Editions Gallimard) traînait sur ma PAL. Je m'y suis reprise à deux fois pour le commencer, je n'arrivais pas à "entrer" dedans, et puis j'ai lu ce roman pratiquement d'une traite. Il est plaisant et parfois drôle (ce n'est pas courant chez Mc Ewan). En 2000, Michael Beard, 53 ans, petit, gros et chauve (mais qui plait aux femmes plus jeunes), ancien Nobel de physique (sur la "colligation Beard-Einstein"), voit son 5ème mariage avec Patrice (c'est un prénom féminin) partir à vau-l'eau. Patrice le trompe avec un maçon. Pendant ce temps là, dans le cadre de son soutien à un projet gouvernemental à propos du réchauffement climatique, Beard part en expédition au Pôle Nord (je vous laisse découvrir ses mésaventures assez savoureuses). Cette première partie se termine de façon assez amorale avec un homme condamné à 16 ans de prison pour un crime qu'il n'a pas commis. Cinq ans plus tard, en 2005, Beard, divorcé, a une liaison avec une jeune femme, Melissa, qui lui annonce qu'elle est enceinte de ses oeuvres. Beard, qui a des problèmes de santé à cause de son embonpoint, continue de mener une vie agitée avec les conférences qu'il donne sur l'énergie solaire. Il se retrouve même à la tête d'un centre de recherches sur ce sujet. N'ayant jamais voulu être père, il essaye en vain de convaincre Mélissa de se faire avorter. En 2009, Michael devenu le papa d'une petite Catriona se retrouve aux Etats-Unis dans une contrée désertique où il dirige un projet de panneau solaire en expérimentation. Un problème se pointe en la personne d'un avocat.
Pour résumer ce roman, c'est l'histoire d'un homme, de ses lâchetés, de ses amours et de ses "emm...". Le personnage de Michael Beard, qui n'est pas très sympathique de prime abord, devient attachant sous la plume de Ian McEwan. Après Samedi qui m'avait bien plu et Sur la plage de Chesil qui m'avait déçue, Solaire fut un moment agréable de lecture. Lire le billet de Keisha.
Romans lus et non commentés
J'ai lu pas mal de romans policiers depuis l'été qui m'ont laissé plus ou moins de souvenirs. Mais ce furent des lectures agréables sur l'instant.
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Je commence par La bibliothèque du géographe de Jon Fasman (Points Seuil) qui est un roman intriguant mêlant passé et présent et qui nous présente des objets (fictifs) dotés de pouvoirs magiques et/ou alchimiques que des hommes sans scrupules essayent de s'approprier depuis des siècles. Le géographe du titre se réfère à al-Idrisi qui vécut au XIIème siècle et fut le cartographe du roi Roger II de Sicile. Parallèlement, Paul Tomm, un jeune journaliste, essaye d'élucider la mort inexpliquée d'un professeur d'histoire. Par ailleurs, le médecin légiste qui a pratiqué l'autopsie meurt peu après renversé par une voiture. Quand on arrive à la fin de l'histoire, on n'est pas très avancé. Toutes les clés ne nous sont pas données. Mais j'ai passé un excellent moment de lecture.

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Nature morte de Louise Penny (Actes Sud Noirs) se passe dans la province de Québec au Canada. Près d'un village où elle habitait, une institutrice à la retraite, Jane Neal, 76 ans, est retrouvée morte à l'orée d'un bois. Il semble qu'elle ait été tuée d'une flèche tirée par un arc. Accident? Meurtre? L'inspecteur-chef Armand Gamache de la sûreté de Montréal, marié depuis 32 ans, est chargé de l'enquête. Jane Neal était aussi peintre à ses heures. Il semble qu'elle ait peint quelque chose qu'elle n'aurait pas dû. C'est un roman qui m'a quelque déçue car il manque de vrais rebondissements. Ce roman de 300 pages est un peu "plan plan". Je pense que 200 pages auraient suffi. C'est semble-t-il le premier volet des enquêtes de l'inspecteur Gamache. Attendons les tomes suivants.

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Seul demeure son parfum de Feng Hua (Picquier Poche) est un roman policier chinois dans lequel de nos jours, en Chine, un tueur étrangle ses victimes (des femmes) après leur avoir fait l'amour. Un jeune inspecteur, Pu Ke, aidé d'une jeune femme, Mi Duo, rencontrée à une fête chez des amis communs, mène une enquête sur plusieurs mois. Ces crimes ne sont pas les premiers perpertrés par le tueur. J'ai deviné assez vite de qui il s'agissait. Le plus dur pour Pu Ke est de découvrir le mobile. L'auteur prend son temps pour dérouler l'histoire. Il nous montre qu'il n'est pas aisé d'enquêter en Chine quand certaines personnes comme des cadres administratifs sont impliqués. Ils ne peuvent pas être interrogés facilement. C'est toute une affaire de hiérarchie et de préséance. Roman pas désagréable même s'il m'a paru un peu lent.

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La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino (Actes Sud Noirs) constitue un roman policier japonais à la limite du fantastique. Une jeune femme demande à son ancien petit ami de l'accompagner dans une demeure reculée et isolée à flanc de montagne. A la mort de son père, elle a reçu une clé à tête de lion qui semble ouvrir une porte de cette bâtisse, qui ressemble à un tombeau et où le temps s'est arrêté un jour à 11H10. Sayaka n'a aucun souvenir d'avant l'âge de 5 ans. Elle veut découvrir pourquoi. Cette maison permettra peut-être de lui faire recouvrir la mémoire et d'exorciser ses démons. En effet, elle a fait plusieurs tentatives de suicide et est séparée de sa petite fille qu'elle maltraite. Ce roman tient en haleine jusqu'à la fin. Lire le billet d'Ys.
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Le roman de Ken Bruen, Calibre (Série Noire Gallimard), se lit vite, mais l'auteur ne s'est cette fois-ci vraiment pas foulé. L'histoire qui se passe à Londres rappelle celle de Mort aux cons de Carl Ayerhold mais en nettemement moins drôle. Un tueur qui a comme roman de chevet Le démon dans ma peau de Jim Thompson tue des personnes qu'il considère mal élevées. Les flics qui se mettent à sa recherche ne valent pas mieux que lui. A vous de voir.
La fille du fossoyeur - Joyce Carol Oates

J'ai été assez vite séduite et transportée par l'histoire de La fille du fossoyeur de Joyce Carol Oates (Collection signature, éditions du Seuil, 690 pages). C'est l'histoire sur 60 ans de la vie d'Hazel Jones, née Rebecca Schwart en 1936 sur un bateau en provenance d'Europe. Elle est la fille de Jacob et Anna, juifs allemands qui ont fui le nazisme. Rebecca, ses 2 frères Herschel et Gus et leurs parents mènent une nouvelle vie misérable aux Etats-Unis, en s'installant dans une maison en pierre située dans un cimetière d'une petite ville de l'Etat de New-York. De professeur de mathématiques en Allemagne, Jacob devient le fossoyeur du cimetière. C'est un homme violent qui est devenu amer. La mère souffre d'une sorte de dépression. Les enfants pâtissent. Devenue orpheline à 13 ans de façon tragique, Rebecca commence une nouvelle vie chaotique. Après la violence de son père, elle subira, très jeune, la violence conjugale en la personne de Niles Tignor avec qui elle aura un petit garçon, Niley (devenu Zack). Mais Rebecca/Hazel est une battante qui arrivera à vaincre les coups du sort grâce à son obstination (même si elle n'oublie pas ses origines). Sous sa nouvelle identité, elle connaîtra même l'amour et la douceur d'un homme, Chet Gallagher, pianiste de jazz. Ce très beau et ample roman est le deuxième de cet écrivain que je lis. Je vous le conseille. Quand vous le commencez, vous ne le lâchez plus.
Le diable danse à Bleeding Heart Square - Andrew Taylor
Répéré chez Keisha (qui a moyennement aimé) et Cuné (qui, elle, a bien apprécié), j'ai voulu lire Le diable danse à Bleeding Heart Square (quel titre!) (collection NéO aux éditions du Cherche-midi) et je ne le regrette pas.
Sans dévoiler beaucoup de l'histoire, cela se passe en 1930 et 1934 à Londres, dans une pension située à Bleeding Heart Square. Il est question d'une femme, Penelope Penhow, qui n'a pas donné signe de vie depuis 4 ans, sauf par une lettre envoyée des Etats-Unis. L'un des personnages principaux, Lydia Langstone, issue de la haute bourgeoisie, s'émancipe en quittant son mari qui la bat. Elle trouve refuge temporairement dans la pension de Bleeding Heart Square où vit son père qu'elle n'a pas vu depuis des années. Elle croise plusieurs personnages dans cette pension, dont le propriétaire, Joseph Serridge, qui reçoit par la poste des coeurs en décomposition. Cet homme fut l'ami et l'amant de Miss Penhow, la femme disparue. L'auteur, Andrew Taylor, évoque aussi les milieux d'extrême-droite de l'époque avec Gerald Mosley. C'est une triste histoire de jalousie, de concupiscence, de jeunes femmes dévoyées, de crimes impunis. Je vous laisse découvrir ce roman de 480 pages qui se lit d'une traite et vous connaîtrez ainsi la légende de Bleeding Heart (littéralement le coeur saignant - ou qui saigne) Square.
658 - John Verdon

Grâce aux éditions Bernard Grasset (que je remercie), j'ai reçu il y a quelques semaines déjà ce roman policier, que j'ai lu presque tout de suite. C'est l'histoire d'un tueur en série par vengeance envers des personnes ayant une addiction que je vous laisse découvrir. Le 658 du titre est un nombre aléatoire, comme le montant d'un chèque de 83 dollars et quelque. Une marque d'alcool avec quatre roses est une arme du crime coupante. Comme vous l'avez deviné, les nombres sont essentiels à l'histoire qui se passe aux Etats-Unis, dans l'état de Pennsylvanie, de nos jours. Un policier tout juste à la retraite, David Gurney, qui vit une relation pas facile avec sa femme (on nous révèle pourquoi à la fin), se met à enquêter après que son ami Marc Mellery ait été assassiné. D'autres victimes suivent. 658 est le premier roman d'un écrivain de 69 ans, ancien publicitaire. Ce n'est pas un "thriller" haletant mais je l'ai lu sans déplaisir aucun. Je peux en faire un livre voyageur pour celles et ceux que ça intéressent.
Serena - Ron Rash

Voici encore un roman chaudement recommandé par quelques blogueuses comme Aifelle ou Mango (et Le Canard Enchaîné ne fut pas en reste). Je les en remercie. Je l'ai lu d'une traite, n'arrivant pas à me détacher de cette histoire où les morts violentes s'enchaînent les unes aux autres. Il faut dire que la Serena du titre est une femme dangereuse et sans état d'âme et qui supprime tout ce qui la gêne. L'histoire se passe dans les années 30 (en pleine dépression économique) dans les Smoky Mountains en Caroline du nord. George Pemberton, riche exploitant forestier, vient d'épouser Serena dont il est fou amoureux. Il avait eu le temps auparavant de faire un enfant à Rachel Harmon, une jeune ouvrière travaillant sur l'exploitation. Serena n'aura de cesse de la faire supprimer, elle et l'enfant, sans compter un médecin, un contremaître, un shérif et j'en passe. Pour ce faire, elle a un bras armé en la personne de Calloway, un ouvrier de l'exploitation dont elle avait sauvé la vie après un accident de travail. Il la suit comme son ombre. Serena, qui sait aussi dompter les aigles, est un personnage peu fouillé, peu décrit. On ne sait rien d'elle et de son passé sauf qu'elle a perdu sa famille dans un incendie (intentionnel?). L'ambition de Serena est sans limites. Elle rêve de déforester tout l'Est américain, et tant pis s'il n'y a plus un arbre debout. Après, elle s'attaquera aux forêts brésiliennes. Tels les choeurs antiques dans les tragédies, le récit est ponctué de commentaires de certains ouvriers qui pressentent ce qui va se passer. Je n'en dévoilerai pas plus. A découvrir absolument.





