mardi 11 juillet 2017

Le merveilleux saloon de McSorley (Récits new-yorkais) - Joseph Mitchell

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Joseph Mitchell (1908-1996) est peu connu des lecteurs français (enfin il me semble). Il a été écrivain et journaliste, et a influencé Paul Auster et même Woody Allen. Ses chroniques furent publiées dans l'hebdomadaire new-yorkais The New-Yorker. C'est la première fois que ces textes sont publiés en français. Le merveilleux saloon de McSorley (Editions Diaphanes, 527 pages) rassemble 27 chroniques parues entre 1938 et 1955. Toutes ne m'ont pas passionnée, mais j'ai aimé le style vivant et certains personnages haut en couleur. Car Joseph Mitchell évoque les habitants de la ville de New-York. Des gens modestes ou hors du commun (comme une femme à barbe dans Lady Olga). Mazie, la propriétaire d'un petit cinéma dont elle est aussi la caissière nourrit tous les clochards alentour. Dans Un vieux de la vieille, Mitchell nous présente Dutch, un vieux qui organise un bal annuel à son propre bénéfice car, comme il dit si bien: "Je n'ai pas beaucoup de bon sens, mais j'ai trop de bon sens pour travailler". Dans Le club des sourds-muets consacré à la communauté importante des sourds-muets à New-York, on apprend qu'ils se réunissaient souvent dans un club et dialoguaient en langage des signes. Un autre texte, Les troglodytes, raconte l'histoire d'un couple qui a vécu dans une genre de grotte dans Central Park. J'ai aussi bien aimé l'évocation depuis l'arrivée de l'homme blanc des Indiens Mohawks (Les Mohawks sur les hauteurs d'acier) dont certains ont construit les gratte-ciel new-yorkais ou d'autres villes. Mais si je disais que mon texte préféré est le premier The old house at home qui évoque l'histoire du plus vieux saloon de New-York ouvert en 1854 ouvert par John McSorley dans le bas de Manhattan? Les chroniques n'ont en tout cas pas de lien entre elles, et donc vous pouvez en lire deux ou trois puis passer à d'autres lectures avant de reprendre le livre. 

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dimanche 11 juin 2017

Ragdoll - Daniel Cole / La Daronne - Hannelore Cayre

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Chez Pierre D. j'ai lu un billet sur ce roman qui attiré mon attention. Peu après, je l'ai vu qui était recommandé par une librairie que je fréquente. Voici donc Ragdoll (Poupée de chiffon en VF), le premier roman de Daniel Cole (Collection La bête noire, Edition Robert Laffont, 454 pages). L'histoire se passe en Angleterre de nos jours (à Londres ), avec quelques retours en arrière qui ont leur importance. L'Inspecteur "Wolf" Fawkes, divorcé d'une journaliste, est appelé sur une scène de crime pas banale: un cadavre façon puzzle est retrouvé dans un appartement en face de chez lui. La tête, les deux bras, les deux jambes et le buste sont cousus grossièrement pour former un tout. Chaque morceau appartient à une personne différente. Wolf reconnait tout de suite à qui appartient la tête. Il s'agit d'un homme qui avait été arrêté par ses soins et qui avait été condamné à une lourde peine. L'index d'une des deux bras en extension pointe vers la fenêtre de l'appartement de Wolf. Peu après, une liste parvient à l'ex-femme de Wolf sur laquelle un tueur mystérieux annonce les dates de six futures victimes, dont Wolf lui-même. Je vous laisse découvrir qui sont les victimes, les liens qui les relient, même si elles ne se connaissait pas forcément. L'intrigue est très bien menée même si j'ai été très légèrement déçue par la conclusion. Un bon "page-turner" d'avant l'été.

 

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Je passe maintenant à La Daronne d'Hannelore Cayre (Editions Métailié noir, 171 pages très bien écrites et souvent drôles), dont je n'ai lu que des éloges de la part d'Aifelle et Keisha. Patience Portefeux, 53 ans, veuve à 27 et mère de deux filles, a débuté comme interprète-traductrice judiciaire (français-arabe) dans des tribunaux. Depuis un certain temps, elle traduit les écoutes pour la brigade des stups. Il faut noter que c'est un travail "au noir" pas très bien payé. Patience a une vieille mère qu'elle visite régulièrement dans un "mouroir" à 3000 euros par mois. Tout cela fait que Patience a du mal à joindre les deux bouts. De fil en aiguille et grâce à un chien nomné ADN, Patience, à la barbe de la police avec qui elle travaille, va récupérer une tonne de cannabis et devenir une Daronne sachant mener ses affaires pour mettre ses filles et elle-même à l'abri du besoin. Ce roman n'est pas qu'un roman policier, il traite de la vieillesse et expose comment on traite les personnes âgées, les aberrations de la justice en France. Un très bon moment de lecture. J'ai découvert Hannelore Cayre avec ce roman: un très grand écrivain.

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lundi 5 juin 2017

Celui qui va vers elle ne revient pas - Shulem Deen

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Voici un récit autobiographique qui m'a profondément déprimée (surtout la conclusion), mais le livre est vraiment très bien. Dans Celui qui va vers elle ne revient pas (Editions Globe, 408 pages), Shulem Deen, un Américain né en 1974, raconte les conséquences du fait qu'il a perdu la foi. Juif ultra-orthodoxe, il vivait à New Square, une petite ville fondée dans les années 1950 par un Juif hassidique venu d'Ukraine. La ville se situe à une cinquantaine de kilomètres au nord de New-York. Deen commence son récit avec cette nouvelle terrible. Le tribunal rabbinique de la ville a décidé de le bannir pour hérésie. Pendant 408 pages, Shulem revient sur sa vie, son éducation dans une yeshiva, puis son mariage arrangé à l'âge de 18 ans avec Gitty (les unions sont décidées par le Rabbin), sur la naissance de ses cinq enfants dans cette communauté ultra-fermée où les gens s'expriment en yiddish. Il s'agit pratiquement d'une secte que l'on ne quitte pas. Si on la quitte ou qu'on en est chassé, on ne revient pas. Les hommes étudient la Torah leur vie durant et ils n'arrêtent pas de prier toute la journée jusqu'à tard le soir. Les femmes sont des mères au foyer, elles font la cuisine exclusivement casher, élèvent les enfants (minimum cinq par couple). On ne trouve ni ordinateur, ni radio, ni télé dans les foyers. Ils vivent en autarcie, coupés du reste du monde. Shulem explique que sans éducation universitaire et sans formation, il a eu du mal à trouver du travail rémunérateur et donc à joindre les deux bouts pour nourrir sa famille. Shulem ne regrette rien mais on sent qu'il est malheureux de ne plus voir ses enfants. En effet, depuis son bannissement, Shulem ne voit plus ses trois filles et il a le droit de voir ses deux fils six fois par an jusqu'à leur Bar Mitzvah.

Merci à Dominique et Keisha qui m'ont donné envie de lire ce livre.

Lire aussi les billets de Gambadou et de Valérie.

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mardi 30 mai 2017

L'ours est un écrivain comme un autre - William Kotzwinkle / Ma part de gaulois - Magyd Cherfi

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Est-ce que vous saviez que les ours pouvaient être des écrivains? Je l’ai appris grâce au roman distrayant de William Kotzwinkle (écrivain américain né en 1938 dont je vous recommande Midnight Examiner). Dans L’ours est un écrivain comme un autre (Editions 10/18, 286 pages, paru aux Etats-Unis en 1996 et traduit en français en 2014), un gros ours, sympa et très gourmand, s’empare d’un manuscrit caché sous un vieil épicéa dans une forêt du Maine aux Etats-Unis. L’auteur de «Désir et Destinée» (c'est le titre du manuscrit) est un professeur d’université, Arthur Bramhall, peu fait pour l'enseignement et sujet à la dépression. Il avait caché l'unique exemplaire du manuscrit d'un livre qu'il a été obligé de réécrire après que le premier jet a été brûlé dans l'incendie de sa ferme. L'ours, qui veut ressembler à un humain, dérobe des vêtements dans un magasin et part pour New-York. Là, il trouve tout de suite un agent littéraire enthousiasmé par le roman, dont l'ours a gardé le titre, mais en ayant changé l'auteur et mis le nom qu'il a choisi, "Dan Flakes". Ce qui est amusant dans le roman, c'est que nous, lecteurs, on sait que c'est un ours, mais les personnages du roman ne le perçoivent pas comme tel, même s'ils trouvent son comportement étrange ainsi que sa manière de s'exprimer. Il parle par monosyllabes ou, quand il dit un mot, les gens en comprennent un autre. Dan va connaître les joies de manger encore et encore, de vivre dans le luxe, de devenir un écrivain célèbre et surtout de connaitre de charmantes "femelles", lui qui dans sa forêt du Maine n'avait la possibilité de batifoler qu'une fois par an. Pendant ce temps, le pauvre Arthur Bramhall devient un ours... C'est un roman savoureux que je conseille.

 

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Je passe à un récit autobiographique, Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi, le parolier du groupe toulousain Zebda. J'ai été tout d'abord attirée par la photo de couverture de ce livre publié chez Actes sud (259 pages): une photo de famille sur laquelle on voit le petit Magyd au premier plan. Magyd Cherfi est né en 1962 à Toulouse dans une famille d'origine Kabyle. Dans Ma part de Gaulois, il évoque son année du bac en 1981, l'année de l'arrivée de Mitterrand au pouvoir. Magyd est un phénomène dans son quartier, il aime l'oeuvre de Flaubert et il est le premier "Arabe" de la cité à passer son bac. Il a intérêt à l'avoir car sa mère compte sur lui. C'est un récit vivant et optimiste malgré les obstacles sur le chemin du diplôme. En particulier, Magyd est l'objet de moqueries de la part de quelques "durs" de la cité. Tout en préparant le baccalauréat, Magyd fait du soutien scolaire et il écrit des poèmes, il rédige des lettres à la demande. Un parcours qui fait du bien.

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mercredi 10 mai 2017

Dans une coque de noix - Ian McEwan / Alex - Pierre Lemaitre / Le promeneur d'Alep - Niroz Malek

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Quand j'ai vu qu'un nouveau roman de Ian McEwan était paru, je me suis empressée de lire le résumé et je l'ai acheté. Dans une coque de noix (Editions Gallimard, 212 pages) est une réécriture d'Hamlet de William Shakespeare. Sauf que le Hamlet de McEwan est un foetus dans le ventre de sa mère, enceinte d'au moins 8,5 mois. Le roman est écrit à la première personne. C'est le foetus qui est le narrateur. S'il ne voit pas encore, ce bébé à naître entend tout à travers le placenta, et quand le roman commence, on le sent inquiet car il a compris qu'un meurtre se prépare. Sa mère Trudy et son oncle Claude (amant de sa mère) se préparent à empoisonner son père John, un poète pas très recconu. John et Trudy sont en effet séparés et Claude a pris à la place dans le lit conjugal. Je ne vous dévoilerai pas comment le futur bébé va contribuer à l'arrestation des assassins. Le roman est plaisant même si ce n'est pas mon préféré de McEwan.

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Je passe à Alex de Pierre Lemaitre (Livre de Poche, 396 pages) dans lequel on retrouve le commandant Camille Verhoeven, terrassé par le chagrin depuis la mort de sa femme Irène dans Travail soigné. Alex, une jeune femme vient d'être enlevée. Enfermée dans une cage (une "fillette" comme au temps de Louis XI), dans un hangar désaffecté, on découvre rapidement qu'Alex est à la fois victime et bourreau. Je vous laisse découvrir comment elle arrive à s'échapper de sa cage et quels liens relient les victimes qu'Alex annihile à l'acide sulfurique. Le rythme est haletant et le final glaçant.

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Je termine par Le promeneur d'Alep de Niroz Malek (Le serpent à plumes, 156 pages) que j'avais repéré chez Miriam (je l'en remercie). Niroz Malek, né en 1946 et issu de la communauté yézidie, est syrien né de parents kurdes. Il vit à Alep en Syrie sous les bombes. Il ne veut pas quitter sa ville à laquelle il est très attaché. Le livre est composé d'une cinquantaine de courts chapitres d'une ou deux pages qui se rapportent à des moments rêvés (souvent des cauchemars) ou réels vécus par l'écrivain ou des proches. Entre les barrages, les barbelés, les maisons à moitié détruites, les bombardements, on continue d'aller au café du coin, on bavarde, on va au marché, on essaye d'aimer et on meurt beaucoup. J'ai été marquée par les chapitres comme "Une violence" (p.51) avec un parallèle entre la violence verbale écrite par un stylo et la violence des tirs de balles, ou "Les portes du jardin public" (p.145), où la grille de l'enceinte du jardin s'adresse à l'écrivain en lui disant "Vous n'allez pas trouver de quoi vous réjouir". Ce jardin public est devenu un cimetière. Un livre court mais intense où malgré tout j'ai trouvé une certaine légéreté grâce à l'écriture magnifique, pleine de poésie. De plus, la traduction est excellente. Je vous le conseille.


jeudi 13 avril 2017

Cartel - Don Winslow

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Cartel (Editions du Seuil, 710 pages haletantes) de Don Winslow est la suite de La griffe du chien (voir mon billet). Quand débute Cartel, en 2004 Adán Barrera, un narcotrafiquant, est derrière les barreaux dans une prison de haute sécurité mexicaine mais plus pour très longtemps. En effet, il organise son évasion grâce à l'argent qu'il a versé à tous les gardiens. Adàn redevient le chef du cartel de Sinaloa. Face à lui, Art Keller (ancien agent du DEA), qui avait mis Adán derrière les barreaux, est obligé de reprendre la traque. Adán met la tête de Keller à prix pour 2 millions de dollars et s'engage à mettre la main sur les états limitrophes avec les Etats-Unis avant d'envahir tout le Mexique en écrasant les cartels rivaux. Mais des adversaires redoutables se présentent. Anciens militaires de l'armée mexicaine, ils se font appeler les zetas et sèment le meurtre et la violence. Les victimes se comptent par centaines. en étant décapitées, démembrées, éventrées, exécutées d'une balle ou brûlées vives. Tout ça pour l'argent de la drogue et des armes. Je ne vous décrirai pas le sort réservé aux femmes. Le monde décrit dans Cartel est terrible, cauchemardesque et sans beaucoup d'espoir. Car même si Cartel est un roman, il raconte une histoire tirée de faits réels. En préambule du roman, Winslow donne une liste de plus de 100 journalistes "disparus" ou assassinés (et il y en a eu d'autres) pour avoir essayé de raconter ce qu'il se passe. Le roman se termine en 2014. Le style est fluide. J'ai été "happée" dès le début. Je ne sais pas si c'est un grand roman (l'histoire est très noire) mais c'est un très bon roman. Lire les billets élogieux de Leatouchbook, Inganmic, Athalie, Richard, Didi et Cannibales lecteurs.

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jeudi 30 mars 2017

Cadavre 19 - Belinda Bauer / Maiba - Russell Soaba / La baleine Thébaïde - Pierre Raufast

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Cadavre 19 de Belinda Bauer (Collection 10/18, 401 pages) m'a plu parce qu'il s'agit d'un polar pas trop violent malgré le fait qu'une grande partie de l'histoire se passe dans une salle d'autopsie. Patrick Fort, âgé de 18 ou 19 ans et atteint du syndrome d'Asperger, a décidé d'étudier l'anatomie. Il veut comprendre ce que c'est que la mort. Il veut obtenir des réponses à ses questions qu'il se pose depuis l'enfance, à l'époque où son père est mort accidentellement, renversé par une voiture. Avec d'autres étudiants, on lui attribue un cadavre à qui on donne un numéro: le 19. De tempérament curieux, Patrick va assez rapidement découvrir que la cause de la mort du n°19 n'est pas celle attendue. L'histoire prend son temps. Il y a quelques facilités dans les rebondissements de l'histoire mais le roman se lit agréablement.

Concernant Maiba de Russell Soaba (Editions Au vent des îles, Tahiti, 183 pages), c'est un roman écrit en 1979 mais publié en français en 2016 qui se passe dans les îles du bout du monde, en Papouasie Nouvelle-Guinée. Je trouve assez difficile de parler de ce roman où il n'y a pas vraiment d'histoire. M. Soaba (un écrivain Papou de 66 ans) évoque surtout les us et coutumes de ce pays en pleine mutation composé d'îles sur lesquelles on parle jusqu'à 800 langues. Maiba est une jeune Papoue qui vit à Makawana. Estropiée de naissance et orpheline à l'âge de 4 ans, son père était le chef du village, Maiba a été élevée par son oncle et sa tante. Il semble que "Maiba était de mauvais augure pour quiconque entrait en contact avec elle". J'avoue avoir beaucoup aimé les 80 premières pages et m'être un peu ennuyée aux 100 pages suivantes. Mais j'ai été contente de cette découverte d'un écrivain qui m'était totalement inconnu. Je remercie mon ami Ta d loi du cine pour cette suggestion.

Je termine avec La baleine Thébaïde (Alma Editeur, 213 pages) que, pour l'instant, j'ai peu vue chroniquée sur les blogs. Après La fractale des raviolis et La variante chilienne, Pierre Raufast a encore écrit un roman plaisant. Le fil conducteur de l'hstoire est une baleine bleue qui chante à une fréquence de 52 hertz alors que ses camarades chantent entre douze et vingt-cinq hertz. Tel Achab, Richeville, un jeune Français natif de Chantibrie diplômé d'une école de commerce, s'embarque sur un bateau pour une expédition scientifique à la recherche de cette baleine unique. Tout ne se passe pas comme il l'avait cru. La pauvre baleine que l'équipage a retrouvé est exterminée. Le roman est composé de courts chapitres avec une histoire tarabiscotée qui tient la route mais se termine mal (je ne dévoile rien). Et une fois encore, j'ai apprécié l'écriture de Raufast. Il y a des passages jubilatoires. "J'obtins le diplôme au bout de trois longues années. Un tiers voulait devenir banquier par amour de l'argent, Un autre tiers visait l'ENA pour la puissance. Le dernier tiers se rêvait consultant dans un des "big four" pour devenir riche et puissant. Je faisais partie du quatrième tiers, le tiers honteux: celui qui n'avait aucune ambition. Le renégat du commerce, l'apostat du management. Autant dire que j'étais aussi populaire qu'une reine Bothriomyrmex chez les fourmis Tapinoma" (p.23). Je conseille.

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vendredi 20 janvier 2017

La griffe du chien - Don Winslow

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Le roman La griffe du chien de Don Winslow (Editions Points Le Seuil, 825 pages haletantes) a été écrit en 2005 et publié en français en 2007. La griffe du chien est un roman violent et foisonnant dont l'histoire se déroule de 1975 (fin de la guerre du Vietnam) à 1999 avec un épilogue en 2004. Art Keller fait partie de la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine chargée de lutter contre la toxicomanie et le trafic de drogue. Cette guerre contre la drogue est un long combat. Face à lui, nous avons deux frères mexicains, Adán et Raúl Barrera, épaulés par des sicarios, des tueurs. Adán compte et Raúl tue (sans pitié). Art Keller fera tout pour les faire arrêter. Don Winslow brosse un portrait sans concession des narcotrafiquants mexicains qui gangrènent le Mexique jusqu'au plus hautes instances de l'état. Dans ces années-là, la montée du communisme fait plus peur que la drogue qui sert à acheter des armes afin de lutter contre les groupuscules d'extrême-gauche. L'Amérique n'est pas non plus décrite sous son meilleur jour. L'écrivain sait rendre les personnages attachants (même les "méchants"), en particulier Nora Holden, la "pute au grand coeur", intelligente et courageuse. Il ne perd jamais le lecteur dans les méandres de l'intrigue. C'est brillant. Un très bon roman. Lire le billet d'Inganmic.

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mardi 17 janvier 2017

Drive - James Sallis

A défaut d'avoir réussi à rédiger un billet statistique pour les 10 ans du Blog de dasola ou un billet "Hommage" concernant Charlie Hebdo, voici 20 lignes que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) peux proposer.

Drive (et pourquoi pas "Le chauffeur"?): encore un livre que j'ai extorqué à dasola alors qu'il lui était tombé des mains. L'édition en notre possession date de 2011, et affiche la photo du film en couverture. C'est après avoir revu celui-ci que la PAL dasolienne a été fouillée. Je viens d'en terminer les 175 pages (en poche, Rivage/Noir). Je constate que le cinéaste (Nicolas Winding Refn) et son équipe ont vraiment fait oeuvre de création, en partant de situations présentes, éparses, dans le roman, et en les reliant, les complétant, les explicitant, par le vrai "fil rouge" d'un scénario compréhensible.

C'est curieux de constater que, à partir d'éléments communs, on peut générer des oeuvres tellement différentes. Il serait sans doute intéressant de pouvoir lire (et comparer) une "novellisation" rédigée à partir du film. Dans le livre, nous avons également un homme jeune, solitaire (sinon presque "clandestin"), doué pour la conduite automobile mais aussi pour l'usage de la violence. Nous avons aussi un milieu en marge de la loi, des braquages, des cascades cinématographiques. Mais il est intéressant de relever que le "milieu" du cinéma y apparaît d'une manière très différente de celle portée à l'écran (à mon avis), où prime la construction d'une réputation professionnelle, d'un réseau... et d'un agent efficace.

Pour ceux qui ont vu le film, le livre commence juste après le massacre en lieu clos qui suit le braquage raté. Les retours en arrière éclairent la biographie du Chauffeur (hérédité chargée - Sallis connaît-il Zola?). Le livre donne davantage l'impression d'une histoire d'hommes (beaucoup moins de romantisme). La mort du héros est annoncée comme à venir dans un certain temps.

J'ai apprécié ce livre. Est-ce que j'aurais cherché à le lire si je n'avais jamais vu le film? Non. Si j'avais lu le livre par hasard avant de voir le film, est-ce que je l'y aurais reconnu? Non plus. Je ne peux que vous recommander de faire l'expérience des deux de votre côté, dans l'ordre que vous voulez.

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vendredi 25 novembre 2016

Série "Agatha Raisin" - M. C. Beaton

 

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Comme d'autres blogueuses, j'ai fait la connaissance d'Agatha Raisin, la cinquantaine bien tassée. Trapue, avec des petits yeux d'ours, Agatha a des cheveux châtain brillants et de belles jambes galbées. Jeune retraitée de la société londonienne de relations publiques qu'elle avait créée et qu'elle vient de vendre, elle s'est acheté un joli cottage dans les Costwolds. Agatha n'a pas toujours très bon caractère mais elle a un côté très "fleur bleu". Mariée puis séparée de son mari depuis des années, elle ignore si ce dernier est mort ou vivant. M. C. Beaton est le pseudonyme de Marion Chesney, née en Ecosse en 1936. Cet écrivain prolifique écrit depuis 1979 sous d'autres pseudonymes. Pour en revenir à Agatha Raisin, M. C. Beaton en est à son 28ème tome depuis 1992. Albin Michel, qui commence (enfin) à éditer ces romans en français, le fait par ordre chronologique et c'est une bonne chose. En effet, dans le premier roman, La quiche fatale, Agatha vient de vendre sa société pour s'installer dans son cottage à Carsely. On fait connaissance de plusieurs habitants de ce petit village où tout le monde se connaît, et certains d'entre eux deviendront des personnages récurrents dans les romans suivants. Agatha passe tout de suite pour une excentrique qui ne craint pas de tricher afin de gagner le concours annuel de la meilleure quiche. Par là même, dès ce premier tome, Agatha se découvre des talents de détective amateur en menant une enquête sur une mort par empoisonnement. Pour ce faire, elle reçoit l'aide d'un policier, Bill Wong, et celle de James Lacey, un militaire à la retraite encore fringant pour qui Agatha a rapidement le béguin. Il faut noter que dans ces quatre romans parus, les victimes des meurtres sont très antipathiques. Dans Remède de cheval, un vétérinaire qui déteste les chats et les chiens meurt d'une piqûre fatale. Dans Pas de pot pour la jardinière, une femme manipulatrice, installée depuis peu dans le village, est assassinée d'une manière pas banale: elle est "plantée" dans un grand pot de fleurs. Dans Randonnée mortelle, la victime, une fille autoritaire, est trouvée à moitié enterrée dans un champ de colza après avoir reçu un violent coup à la tête. Ces romans m'ont paru distrayants et plutôt sympathiques même si Agatha est parfois crispante. J'attends les tomes suivants avec impatience, et je ne suis pas la seule.

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