Le blog de Dasola

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4 octobre 2022

Les mystères de Barcelone - Lluis Danés

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Grâce à Baz'art, je suis allée voir Les mystères de Barcelone, un film catalan qui a été multiprimé à juste titre. Le titre en VO est plus explicite (La Vampire de Barcelone). Avec une sublime image en noir et blanc émaillée de rouge pour certaines scènes, le film nous emmène dans Barcelone en 1912. De jeunes enfants, surtout des petites filles, disparaissent. Elles sont toutes issues d'un milieu pauvre sauf une, Teresa Guitart, issue d'une riche famille. Le pays est en émoi. Les journalistes sont à l'affût d'indices. Sebastià Comas, un journaliste morphinomane, est particulièrement touché par l'enlèvement de ces petites filles. Lui-même a perdu une enfant. Il fait des cauchemars récurrents sur cette disparition. Teresa est heureusement retrouvée vivante. Une femme l'avait enlevée mais a priori, elle ne lui voulait pas de mal. Il s'agit d'Enriqueta Martí que l'on a surnommée à l'époque "La vampire de Barcelone". L'histoire est tirée d'un fait divers réel qui a défrayé la chronique pendant quelque temps. Il semble que dans son appartement, on ait retrouvé du sang et des os humains. Parallèlement, Sebastià Comas mène une enquête dans un bordel de Barcelone où l'on trouve des notables de la ville. Le lieu dont les murs, les rideaux et le mobilier sont de couleur rouge, fait froid dans le dos. Et on n'y trouve pas que des adultes consentants si je puis dire. On pourra trouver l'histoire assez glauque mais le réalisateur a su trouver la juste mesure. L'ensemble m'a beaucoup fait penser à un conte horrifique. Un film qui m'a vraiment plu.

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3 octobre 2022

La Coupe d'Or - John Steinbeck

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Belette m'a signalé que les participations au "Mois américain en solitaire 2022" pouvaient être enregistrées au moins jusqu'au 3 octobre (le "bilan" devant être publié mardi 4). Du coup, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais me fendre d'un court billet sur un (autre) livre de Steinbeck, La Coupe d'Or, que je n'avais jamais lu jusqu'au mois dernier, alors que j'en connaissais l'existence depuis les années 1980. Pour rappel, Belette et PatiVore ont perpétué ce "Mois américain" que sa fondatrice, Titine, n'organisait pas en 2022. J'inscris aussi ce livre pour le challenge 2022 en classiques co-organisé par Nathalie et Blandine

P1150499Je me suis offert le bouquin (d'occasion) le 15 septembre 2022. La Coupe d'Or est le premier livre qu'a publié en 1929 (sans succès à l'époque) John Steinbeck, alors âgé de 27 ans. L'oeuvre est difficilement classable. On peut croire qu'il s'agit d'une biographie du pirate Henry Morgan (personnage historique). Mais c'est beaucoup moins simple que cela. On hésite entre roman initiatique sur le sens de la vie, aventures picaresques, démonstration de l'inanité des choses, tentative de prouver que les pirates qui ont fait rêver tant de gamins (de lecteurs) n'étaient que de pauvres types pas très malins... Ainsi, dans ce roman, nous suivons toute la vie d'un ado attardé du XVIIe siècle qui, élevé au sein d'une famille aisée mais dominée par sa mère, n'a guère qu'une idée ou deux dans le crâne. Notamment, l'idée fixe d'aller courir l'aventure aux Antilles pour y trouver gloire et fortune avant de revenir cueillir l'amour au pays. Mais notre "embarqué volontaire" se heurte évidemment au principe de réalité, une fois arrivé aux Antilles: si la traversée se passe bien, il est vendu comme serviteur pour 5 ans par le capitaine avant même d'avoir quitté le navire. Avant ce terme, il aura trouvé à s'embarquer, cette fois comme boucanier, pour apprendre à mener navire et hommes. Et les années passent, à la poursuite de ses chimères. Il vieillit sans guère mûrir, tout en devenant craint, respecté, aimé? Le roman est rythmé par la manière dont il raconte les aventures que nous lui avons vu vivre, embellies par les ans à chaque récit (que ses interlocuteurs le croient ou non). Après avoir rencontré le Roi (Charles II, roi d'Angleterre) et été anobli, il mourra dans son lit, riche et tout autant insatisfait qu'au premier jour, si j'ai bien compris. Quand on parcourt cette oeuvre, on n'y retrouve guère le Steinbeck écrivain "réaliste" que l'on connaît. Et je ne vous ai même pas dit ce qu'est la "coupe d'or". Ces 303 pages se lisent vite, à vous de vous faire votre propre opinion! 

1 octobre 2022

Covid-19: que nous distillent-ils? - N°30

Avec un beau "chiffre rond" atteint, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) pense cette fois suspendre (pour la seconde fois) mes parutions "Covid-19" (30 billets en 31 mois, tout d'même!). Après, si Macron remet le couvert d'une manière ou d'une autre sur ce sujet, ma chronique reprendra...

Remontée d'un article très utile en cette période automnale: comment différencier les symptômes d'un simple rhume de ceux du Covid-19? Mais en cas de doute, vous pouvez toujours vous offrir un test, hein... 

07/09/2022: le gouvernement duplique sa communication entre covid-9 et crise de l'énergie... ? Ah bah ça doit être pour faire des économies.

08/09/2022: un pas en avant, cinq pas en arrière...  Selon le PNUD, dans le monde, le niveau de vie est revenu 5 ans en arrière à cause du Covid-19. Et une troisième guerre mondiale, ça donnerait combien d'années de recul? On va éviter de sous-entendre que si ça tuait 7 milliards sur 8, ça sauverait peut-être "la planète", hein...

21/09/2022: les anticorps du nez plus efficaces pour éviter l'infection au Covid-19 (plus exactement, les immunoglobines A)? Depuis le temps qu'on nous promet un vaccin à sniffer (ô bonheur)...

Même date: selon une étude, le risque de caillots sanguins mortels subsiste jusqu'à près d'un an après une contamination au covid-19. Pour les personnes les plus prédisposées, sans doute?

Il fallait, bien sûr, que cela se passe dans un pays développé et se réclamant du capitalisme. 240 millions de dollars auraient été détournés durant le covid-19... Business as usual, surtout au bon prétexte d'aide à l'enfance.

22/09/2022: la barre symbolique du million... de tests hebdomadaires a été franchie, a communiqué le Ministère de la santé. Avec 30 000 résultats positifs, surtout chez les jeunes de moins de 16 ans (d'âge scolaire, donc). Courage, braves gens, vaccinez-vous, re-vaccinez-vous... (enfin, c'est valable surtout pour toutes les personnes qui ont une indication à la vaccination).  

23/09/2022: après deux "rebonds" (Yahoo puis JDD), je suis arrivé sur The Conversation: cela rend compte d'une étude fort complète sur le "Covid long" (qui toucherait des millions de personnes dans le monde). La bonne nouvelle, c'est que les toutous spécialement formés sont capables de le détecter... 

24/09/2022: un autre coronavirus (à ce jour inoffensif pour les humains) pourrait poser un problème de santé publique si jamais il se "combinait" avec l'un de ses petits copains... Khosta à déclarer? 

Si j'ai bien interprété ce que j'ai glané à droite ou à gauche (y compris en demandant à des proches!), il semble que la principale utilisation (à défaut d'utilité) de TousAntiCovid soit (ait été?) de télécharger certificats de vaccination et attestations covid-19 en mode électronique sur smartphone. Tout ça pour ça... J'attends qu'une estimation nous donne le coût évité par rapport... aux impressions papier devenues potentiellement inutiles.

28/09/2022: je trouve que la presse parle de plus en plus du "covid long" ces dernières semaines. Et beaucoup moins de vacciner l'intégralité de la population. A mon avis, "Big Pharma" doit être en train de concocter tout un tas de traitements spécifiques, ou je ne sais pas ce que le terme de "campagne de presse" signifie!

A ce jour, le dernier variant à la mode serait Omicron BA2.75.2. Depuis 10 mois, Omicron n'a cessé de se réinventer, grâce à deux facultés: très haute transmissibilité et échappement immunitaire. Si jamais il se stabilise définitivement, j'espère qu'on l'appellera ZZ3,1415926... Mais finalement, si je comprends bien, l'homme et le virus ont fini par s'apprivoiser mutuellement? Allez, j'ai aucune envie de chercher l'intégralité des interventions filmées de Raoult (le professeur, pas le politicien!). Pour voir si, par hasard, ce ne serait pas une des choses (entre autres vérités ou contre-vérités) qu'il aurait prédites un jour ou l'autre... 

Pour ma part, j'ai fini par me payer mon propre test sanguin. Et voilà ce que ça dit ("sans le mot de passe du propriétaire, vous ne pouvez copier aucune partie du document").
"Sérologie quantitative anti-Sars-CoV2 (Covid-19)
(Technique immunoluminométrique permettant la détermination quantitative des IgG spécifiques dirigées contre la protéine Spike du Sars-Cov-2)
Recherche des IgG anti-Sars-CoV2 (Covid-19)             Positive
"
Titre des Ig G anti-Sars-CoV2 (Covid-19)                           90.5 BAU/mL
Interprétation: Titre < 33.8 : Négatif, Titre >= 33.8 : Positif
Présence d'IgG spécifiques en faveur d'un contact avec le Sars-CoV2 (Covid-19) ou d'une vaccination Covid."
En gros, ça me confirme ce dont je pouvais déjà, statistiquement, me douter, sans vraiment me servir à rien...

Hors sujets: 

23/09/2022 - encore une mauvaise nouvelle: au Groënland, l'état de santé de la morue arctique inquiète. (...inquiète les scientifiques, disons - pas la morue)

Même jour: près de 50 incendiaires ont été arrêtés cette année, de tous milieux sociaux, âges et profils (majoritairement des hommes, parfois fragiles psychologiquement). Il y a quelques pompiers volontaires, mais ce n'est pas la majorité. Du genre? Hé ben moi, je trouve que ça va beaucoup mieux en le disant!  

...Et en même temps, on apprend sur le site Public Sénat que l'indemnité horaire des pompiers volontaires vient d'être augmentée (à 8,36 euros pour les sapeurs-pompiers, 10,13 euros pour les sous-officiers et 12,50 euros pour les officiers). Et la durée de service avant de toucher une rente annuelle est passée de 20 à 15 ans. Le tout cherchant à lutter contre la baisse des vocations. 

Ah, un dernier truc: je ne sais pas qui sont les communicants qui ont pondu le dernier logo en date sur le recyclage, ni combien ils ont été payés, mais ce sont des nuls, je trouve. C'est pas un bonhomme ("Triman") qu'ils auraient dû mettre en avant, mais un trimaran. La mer, si polluée finalement...

== Rappel: sauf catastrophe sanitaire majeure, il n'y aura pas de chronique "Covid-19" le 1er novembre (jour des morts?), ni les premiers des mois suivants... ==

30 septembre 2022

Tortilla Flat / Rue de la Sardine / Tendre jeudi - John Steinbeck

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Je (ta d loi du cine, "sqatter" chez dasola) remercie PatiVore et Belette de m'avoir suggéré l'idée de participer à leur Mois Américain 2022 en solitaire, qui perpétue l'initiative lancée à l'origine par Titine. Il semble que je sois le seul blogueur mâle à avoir participé à leur challenge? Cela m'a donné l'occasion de relire trois romans de Steinbeck, qui m'avaient été offerts pour Noël en 1980, 1981 et 1982. A l'époque, chaque membre de ma famille susceptible d'offir un cadeau pour Noël au grand garçon que j'étais se voyait affligé / infliger (?) par mes soins (d') une liste de l'oeuvre complète d'un de mes auteurs favoris (en général prolixe - et décédé), à utiliser jusqu'à extinction pour Noël et mon anniversaire (seules "fêtes à cadeaux" chez moi). Ces trois romans peuvent aussi participer au challenge 2022 en classiques co-organisé par Nathalie et Blandine

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Je m'y prends pratiquement à la dernière minute pour publier mon billet. Un mois, ça doit être un délai trop court pour moi, le temps d'avoir l'idée, de lire et surtout de chroniquer. Et je voulais faire un seul billet pour les trois livres de la photo ci-dessus (les illustrations des Folio sont de Jean-Paul Théodule, j'ignore l'auteur de celle du Livre de Poche).

P1150491Dans Tortilla Flat (écrit en 1935), John Steinbeck, avec beaucoup de tendresse, peint des personnages haut en couleur, des "paisanos" de Monterey, sur les hauteurs de la ville. Ce sont des "déclassés" sans domicile fixe, dormant dans les bois lorsqu'ils ne sont pas retenus en prison ou chez une belle... Mais quand l'un d'eux se suicide, c'est sans le faire exprès. Le principal héros, Danny, hérite de deux maisons. Il commence par occuper l'une et louer l'autre à l'un de ses copains - qui ne lui paiera jamais de loyer, bien entendu. Ce dernier en invite un autre... avant d'incendier la maison, et nos deux paisanos échaudés rejoignent donc Danny dans la sienne. Puis un autre copain arrive, et encore, et encore... Au final, la Maison de Danny peut faire songer à celle du film Affreux, sales et méchants. Mais les rencontres avec leurs amours de passage se déroulent toujours hors de cette maison-là, le plus souvent chez les femmes, mariées ou non. 

Le gallon de vin que se procurent régulièrement nos compères leur est vendu un dollar (un gallon représente approximativement quatre litres). Ils consomment aussi du brandy, du whisky... mais c'est plus cher! On est vraisemblablement en pleine période de prohibition, ce qui n'a pas l'air de les empêcher outre mesure de se saoûler au whisky de... 4 mois d'âge! En désespoir de cause, s'ils n'ont vraiment aucune autre solution, nos paisanos sont prêts à tout pour se procurer leur boisson, et acceptent même de travailler pour deux dollars par jour. Ce sont de vrais copains, mais qui peut résister à l'attrait d'un verre supplémentaire? Cependant, celui qui vole un membre de la troupe peut en être cruellement puni. 

La bande de Danny, qui s'étoffe au fil du roman, termine à sept personnages : Pilou, Pablo, Jesus-Maria, le Pirate, Big Joe Portugee, Johnny Pom Pom et Tito Ralf. Mais nos paisanos sont parfois sujets à la mélancolie sinon à la dépression, jusqu'à ce qu'une fête leur remonte le moral et cimente leur communauté. Je retiens la citation finale, après la destruction de leur havre de paix."Les amis de Danny gardaient toujours les yeux fixés sur les ruines fumantes. Puis ils s'observèrent l'un l'autre avec des regards étranges et reportèrent une fois encore leurs yeux sur la maison brûlée. Un peu plus tard, ils se retournèrent et s'en allèrent d'un pas tranquille. Il n'y en avait pas deux qui marchassent ensemble". [on notera l'imparfait du subjonctif].

J'ai trouvé quelques autres billets sur cet ouvrage: Joëlle de la Bibliothèque du dolmen, Leiloona, Nad du blog L'amarrée des motsSandra du blog Lettres et caractères

P1150493Rue de la Sardine (paru en 1945) est un peu de la même veine. Nous sommes toujours à Monterey, mais cette fois dans la partie basse de la ville, du côté des conserveries. Dans les 30 premières pages du roman, Steinbeck nous conte deux suicides différents (pour différentes raisons). Et pourtant le roman fait aussi dans le genre comique. Il est composé de chapitres dont les liens sont ténus, on peut plutôt les considérer comme des "tranches de vie" sans vraiment de début ni de fin... Il nous narre la vie des habitants du quartier. Les 32 chapitres n'ont même pas de titres. Ce coup-ci, l'équipe de loosers sympathiques est menée par Mack. La bande se compose de Gay, d'Eddy, d'Hazel. Il y a aussi le propriétaire de leur "palais [des coups]" (Lee Chong, le marchand chinois d'en face), la Maison de Dora (Le drapeau de l'Ours) et ses filles, Henry le peintre qui vit dans un bateau éternellement en construction... Entre autres personnages, on y croise aussi la ford T. Je ne résiste pas au plaisir d'une citation: "quelqu'un devrait se décider à écrire un essai sur les effets moraux, physiques et esthétiques du modèle T sur la nation américaine. Deux générations d'Américains en savent davantage sur les engrenages du modèle T, que sur le clitoris, sur le système planétaire de son changement de vitesse que sur le système solaire des étoiles. Chez nous, le modèle T a modifié pour une grande part la notion de la propriété. Les clefs anglaises ont cessé d'être un objet personnel, et une pompe pour gonfler les pneus appartient désormais à celui qui l'a ramassée le dernier." A part cela, comme figure notable, le roman comporte aussi, voire surtout, Doc (personnage inspiré d'un ami de Steinbeck), qui tente péniblement de vivre de son activité de biologiste dans le laboratoire dont il est propriétaire. Doc, c'est la providence du quartier, celui qui vous dépanne de quelque sous contre des animaux dont il n'a pas forcément besoin, celui qui, tout en s'en défendant, peut soigner les bobos: tout tourne un peu autour de lui... Et quand, pour le remercier de ses services, les habitants du quartier décident de lui offrir une fête, c'est souvent lui qui en fait les frais!

Concernant Rue de la Sardine, j'ai seulement déniché un vieux billet (commentaires fermés...) sur le blog Le bouquineur

P1150492Tendre jeudi (publié en 1954) enfin, c'est une extraordinaire histoire d'amour, l'envers lumineux du si sombre A l'Est d'Eden. Il s'agit de la suite de Rue de la Sardine. Suzy n'est pas un homme (comme celui que chante Joe Dassin), certes non. Cette fois-ci, il y a une histoire avec un début, un milieu et une fin, et 40 chapitres avec des titres variés et signifiants (certains ne font que 2 pages). Le premier chapitre dépeint ce qui s'est passé "rue de la Sardine": notamment, la seconde guerre mondiale... Doc a été appelé sous les drapeaux, et, de retour dans ses foyers, doit relancer son laboratoire... (il a l'idée d'un article scientifique qu'il ne lui reste plus qu'à rédiger). Le nouvel épicier est mexicain. On peut relever que, à cette époque-là, le gallon de vin vaut 62 cents [0,62 dollar] (p.172). Mack et sa bande constatent que Doc a le blues. Au 5ème chapitre, Suzy entre en scène. Doc et elle vont se tourner autour, s'attirer et se repousser... avec leurs caractères respectifs bien trempés. Il faudra que toute la bande du quartier s'en mêle, spécialement Hazel, esprit simple, qui, à défaut de devenir Président des Etats-Unis, s'avèrera très efficace dans le rôle de Deux ex machina. Et l'on verra à la fin (le chapitre 40 est magnifique!) Doc et Suzy partir en expédition de recherche scientifique vers le bord de la mer... 

Je n'ai pas pour le moment de billets ayant chroniqué Tendre jeudi à indiquer. 

Je noterai que mes éditions de ces trois oeuvres ont chacune été traduites par une personne différente (je suis bien incapable de lire de la littérature étrangère en VO). C'est peut-être ce qui explique quelques menues différences (par exemple L'ours au lieu du Drapeau de l'ours, le Palais au lieu du Palais des coups...).

Je prends en tout cas conscience que, à l'époque où j'ai lu pour la première fois ces trois romans, internet n'existait pas: chercher les oeuvres disponibles (ou même existantes) pour un auteur donné était nettement moins simple qu'aujourd'hui... Je peux signaler que j'ai découvert en septembre 2022 l'existence de nouvelles oeuvres de Steinbeck publiés en français dans l'une ou l'autre collection format poche, en plus de celles dont je connaissais les titres parce qu'ils figuraient comme "autres titres" dans mes bouquins des années 1980 (Folio et/ou Poche), voire dans les catalogues de ces collections, que distribuaient les libraires lorsqu'on les leur demandait: Voyage avec Charley, Dépêches du Vietnam, Lune noire, Dans la mer de Cortès, Une saison amère, ... sont donc des livres que j'ignorais. Leur découverte pourrait être à mon programme pour un prochain "Mois américain"!

28 septembre 2022

Coup de théâtre - Tom George / Don't Worry Darling - Olivia Wilde

En ce moment, je trouve peu de films qui me donnent envie de me déplacer dans une salle obscure. En voici deux, le premier, Coup de théâtre, m'a bien divertie. En revanche, je me suis posé beaucoup de questions au sujet du second.

Coup de théâtre de Tom George est délicieusement "british" avec un crime et quelques suspects. Cela se passe à Londres dans les années 50. L'énigme policière se passe dans le milieu du spectacle. Un producteur qui est aussi le narrateur au début du film est assassiné dans les coulisses du théâtre où se joue La souricière d'Agatha Christie. Sur scène, Richard Attenborough interprète un des rôles de la pièce avec son épouse. Une jeune policière zélée appelée Stalker fait souvent des conclusions hâtives sur qui a tué. Heureusement que son supérieur, l'inspecteur Stoppard, la freine dans ses élans. La délicieuse Saoirse Ronan qui joue Stalker vaut à elle seule le déplacement. Avec Sam Rockwell qui joue l'inspecteur, ils forment un duo irrésistible. Il faut noter que l'on a l'occasion de voir le personnage d'Agatha Christie compètement échevelée. C'est un film très amusant.

Je passe à Don't Worry Darling d'Olivia Wilde dans lequel jouent des acteurs et chanteurs qui me sont inconnus ou presque. Déjà, là, j'étais un peu larguée car les spectateurs avaient l'air de savoir ce qu'ils allaient voir et qui ils allaient voir. Il y avait beaucoup de monde dans la salle. L'histoire se passe a priori dans les années 50 à Victory, une ville localisée au milieu de nulle part dans un désert. Des couples jeunes et beaux avec ou sans enfants ont une vie qui semble idyllique. Toutes les maisons d'habitation spacieuses se ressemblent. Les jeunes femmes font le ménage et la cuisine tandis que les maris se dirigent dans un genre de bunker où ils exercent un travail top secret. Mais très vite, on se rend compte que des choses étranges se passent. L'histoire se concentre sur quelques couples dont celui formé par Alice et Jack Chambers. Alice en particulier commence à avoir des hallucinations. Et elle commence à voir des choses qu'elle ne devrait pas voir. Le cauchemar éveillé commence et puis j'ai suivi le fil de l'histoire en me demandant où la réalisatrice (qui joue aussi un personnage de l'intrigue) voulait en venir. Il y a plein de zones d'ombre, plein de questions restent sans réponses. Je n'ai ni aimé, ni détesté le film, je suis restée perplexe. Une spectatrice derrière moi a immédiatement dit à son conjoint "je n'ai pas aimé du tout". Lire le billet d'Henri Golant

25 septembre 2022

Taormine - Yves Ravey

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Désormais, dès que je vois qu'un roman d'Yves Ravey est publié, je me le procure aussitôt. J'ai lu le roman Taormine (Editions de Minuit, 138 pages), mon sixième de l'écrivain, en une demi-journée. Comme le titre l'indique, l'histoire se passe en Sicile à Taormine et ses environs. Melvil (sans emploi, il refuse tous les postes qu'on lui propose) et Luisa (qui travaille au CNRS) Hammet viennent dans ce coin de l'ïle pour passer une semaine afin de se reposer et faire des excursions. Leur couple va mal. Melvil espère que la semaine en Sicile va aider à ce qu'ils se réconcilient. Après avoir atterri à l'aéroport de Catane, ils partent en direction de Taormine pour rejoindre leur hôtel 4 étoiles. Mais Luisa a tellement hâte de voir la mer tout de suite, qu'ils font un détour qui leur apporte de très gros ennuis. En effet, dès leur détour terminé, quand ils veulent rejoindre la route nationale, il fait nuit et il pleut, la voiture de location assez bas de gamme percute quelque chose. Même si la voiture est endommagée, elle peut rouler. Le couple ne s'est pas arrêté pour savoir ce qui s'est passé. C'est le lendemain que Luisa qui parle et lit l'italien apprend par les journaux qu'un petit garçon a été tué par une voiture. Autant Luisa, qui a des remords de conscience, voudrait aller au poste de police, autant Melvil qui est le narrateur ne se sent pas vraiment coupable. Il veut seulement trouver un garage pour réparer les dommages sur la carrosserie. Ils vont être pris dans un engrenage qui va leur coûter beaucoup d'argent. J'ai trouvé la fin très ouverte. Comme d'habitude, Ravey ne s'encombre pas de descriptions. Il s'en tient à la simple narration de l'histoire. On n'éprouve aucune sympathie pour les personnages mais cela n'empêche pas que j'arrive à espérer qu'ils s'en sortent, même si ce qu'ils ont fait est impardonnable. Un bon moment de lecture. 

22 septembre 2022

Plan 75 - Chie Hayakawa

Que vous soyez déprimé ou non, préparez-vous à ce que votre moral soit au plus bas en sortant d'une projection de Plan 75, d'une cinéaste japonaise dont c'est le premier film. Plan 75 se passe dans un futur assez proche semble-t-il. Les "vieux" sont de plus en plus nombreux au Japon et ils sont surtout devenus une charge pour le pays. Dans une première séquence assez floutée, un jeune homme vient de perpétrer un massacre dans un "EHPAD" japonais. C'est pour éviter que d'autres tueries de ce type aient lieu qu'un programme "Plan 75" est organisé au niveau national. Toutes les personnes âgées de 75 ans et plus ont la possibilité de se faire euthanasier. C'est a priori sur la base du volontariat mais la pression (sociale...) est tellement forte que beaucoup de personnes acceptent de recevoir 100 000 yens (environ 728 euros - "taux de chancellerie") avant de mourir, pour faire ce qu'elles veulent avec, et rendez-vous est pris pour le traitement fatal dans un établissement. Michi, une vieille dame de 78 ans qui vit seule et voit mourir ses trois amies, accepte de signer pour ce programme. Il n'y a plus rien, semble-t-il, qui la retient sur cette terre et elle vit dans un immeuble voué à la démolition. C'est un film sur la solitude des personnes âgées qui n'ont plus rien à quoi se raccrocher. Le constat est terrible. En revanche, dans le cadre du programme, Michi peut appeler une personne pendant les jours qui lui reste à vivre. Elle a le droit à 15 minutes de conversation par session. En parallèle, on voit Hiromu, un jeune homme travaillant pour le programme, qui apprend que son oncle a accepté de signer "Plan 75". Les sentiments d'Hiromu changent quelque peu quand il apprend ce que deviennent les défunts. Le film dénonce en pointillé le fait que ce programme, c'est du "business". Il coûte un peu, mais par ailleurs il rapporte beaucoup d'argent à l'Etat japonais. D'ailleurs il est même question que plan 75 devienne plan 65... Une séquence terrible montre le tri des vêtements et autres effets personnels des défunts. Cela fait penser à ce que faisaient les nazis envers les morts des camps d'extermination. J'ai trouvé la réalisation de ce film d'une grande maîtrise. Beaucoup de choses sont suggérées et non montrées, c'est ce qui rend l'histoire encore plus terrible. L'actrice principale Chieko Baishô (81 ans) est très émouvante. Un film que l'on n'oublie pas. Avec mon ami, on est sorti de la projection très secoués. Lire les billets de Pascale et Vincent.

19 septembre 2022

Sel - Jussi Adler Olsen

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Je viens de terminer Sel de Jussi Adler Olsen (Editions Albin Michel, 551 pages (! c'est juste le nombre minimun de pages demandé) lu dans le cadre du challenge du pavé de l'été organisé par Brize que je remercie une fois encore. Sel est la neuvième enquête de l'équipe du département V. Dans la série, je n'avais lu que le premier, Miséricorde, que j'avais trouvé haletant mais éprouvant. Dans ce neuvième tome, j'ai retrouvé, à Copenhague, le sous-commissaire Mork et son adjoint Assad tous deux mariés et pères de famille. Dans l'équipe, il y a aussi Rose et Gordon Taylor. Ce quatuor va être amené à enquêter sur des morts (accidents ou suicides) dont les premières datent des années 1980. Il se trouve que ce sont des assassinats déguisés. On en dénombre vingt-six, un tous les deux ans. Le point commun entre ces crimes, c'est le petit tas de sel de cuisine retrouvé sur les lieux des crimes. On a même retrouvé du sel à l'intérieur de certains corps. Les victimes étaient toutes des être nuisibles pour la société. On devine assez vite qui est le responsable des crimes et le pourquoi, ainsi que la symbolique biblique du sel. Le côté haletant du roman, c'est comment les membres du département V vont arriver à attraper le coupable, particulièrement intelligent mais d'une cruauté sans nom. Dans ce roman, il y a pas mal d'allusion à des choses qui se sont passées dans les romans précédents, et à la fin de ce tome, Carl Mork est arrêté par quelques-uns de ses collègues de la police. Je pense qu'il faut attendre le tome 10 pour en savoir plus. Mais je n'ai pas trouvé gênant de ne pas avoir lu les huit tomes précédents. Un roman que je recommande. Lire les billets de Shangols et Cannibal lecteur.

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16 septembre 2022

Chronique d'une liaison passagère - Emmanuel Mouret

Je me suis décidée à aller voir le nouveau film d'Emmanuel Mouret, Chronique d'une liaison passagère. Le cinéaste tourne en moyenne un film tous les deux. Une fois de plus, c'est une fantaisie, sur l'infidélité, le couple, le bonheur. Il faut noter que l'on entre dans le vif du sujet dès la première image. Charlotte et Simon sont dans un bar et ils commencent à parler. Nous sommes un 28 février. Charlotte et Simon se sont rencontrés peu de temps auparavant dans une soirée. Elle lui a donné son numéro de téléphone, il l'a rappelée. On assiste à leurs rencontres pendant quelques mois. Simon, marié et père de deux enfants, vit sa première relation extra-conjugale. Il est timide, il n'ose pas tout. Pour Charlotte, cette mère de trois enfants sans mari, elle ne veut plus aucune contrainte. Elle fonce. Leur relation repose sur le plaisir (sexuel) sans engagement, sans sentiment amoureux, sans projection dans le temps. Les deux personnages sont de tous les plans et ils n'arrêtent pas de parler avec un débit rapide. Mais au fil du temps, leur relation évolue, leurs sentiments aussi et pas de la même façon. Tout est dit dans le titre mais je vous laisse découvrir comment se termine l'histoire. Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne sont très bien. Un film qui se laisse voir.

13 septembre 2022

Rattrape-le ! - Jake Hinkson

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Après L'Enfer de Church Street qui m'avait beaucoup plu, je viens de lire en deux jours Rattrape-le! de Jake Hinkson (Edition Gallmeister, 378 pages). L'écrivain a une fois de plus situé son histoire en Arkansas, près de Little Rock, où sévissent différentes églises évangélistes comme les Baptistes et les Pentecôtistes. Lily Stevens, âgée de dix-huit ans, est enceinte de cinq mois. Cette fille d'un pasteur pentecôtiste doit se marier avec Peter, le père de l'enfant. Malheureusement pour elle, Peter disparait la veille du mariage sans rien dire. Lily ne veut pas croire que Peter l'ait abandonnée. Elle est sûre qu'il lui est arrivé quelque chose. Si Peter ne reparaît pas, elle va se retrouver mère célibataire et cette situation est très mal vue dans l'église pentecôtiste à laquelle elle appartient. Son père doit démissionner de son poste de pasteur. Lily est une fille obstinée et après qu'elle soit allée porter plainte en vain à la police, elle décide de mener son enquête par elle-même. Elle entraîne avec elle un collègue de Peter, Allan Woodson, qui se trouve être le demi-frère de Peggy Stevens, la mère de Lily. Ce colosse de quarante-deux ans est chauve et homosexuel. Il s'occupe depuis des années de son vieux père. Je vous laisse découvrir ce qui est arrivé à Peter à la toute fin du roman. L'intrigue est assez noire et se passe dans cette Amérique profonde que j'ai du mal à comprendre, où la religion guide les actions et le comportement de beaucoup de gens à quelques exceptions près. Un très bon roman haletant que je conseille.

Lire les billets de Pierre Faverolle et Baz'art

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J'inscris ce billet pour Le mois américain 2022 en solitaire perpétué par Pativore et Belette2991 (créatrice des logos).

10 septembre 2022

Kompromat - Jérôme Salle

Je me réjouissais d'aller voir un bon thriller français en salle. J'ai vu Kompromat, un thriller français mais pas aussi bon que je le pensais. En effet, je l'ai trouvé bourré d'invraisemblances dans les péripéties qui émaillent le film. Mathieu Roussel vit à Irkoutsk en Sibérie depuis trois mois. Il est le nouveau directeur de l'Alliance française de la ville. Il est marié et a une petite fille Rose. Mais sa femme veut le quitter. Un jour, au moment de l'heure du déjeuner, des coups sont frappés à sa porte et il est menotté, cagoulé et emmené manu militari par des agents du FSB (l'ex-KGB). Il est accusé de pédophilie et d'avoir mis sur Internet des mages péd... fiques. On ne saura pas vraiment ce qui a déplu à certains hommes haut placés, mais toujours est-il qu'on a fabriqué un dossier avec des faux documents compromettants (Kompromat) qui incriminent Mathieu. Avant son procèe, il est mis en liberté surveillé avec un bracelet électronique attaché à la cheville. Mais par chance, Matthieu a trouvé de l'aide en la personne de Svetlana, la belle-fille de l'homme qui l'a fait accuser. Il apprend qu'il risque entre 10 et 15 ans de travaux forcés. La seule solution est l'évasion. Le périple de son évasion va le mener à la frontière mongole puis demi-tour vers Moscou avant d'atteindre l'Estonie. Cela représente des centaines voire des milliers de kilomètres. Il trouve de l'aide partout sauf peut-être à l'ambassade de France à Moscou. L'ambassadeur interprété par Louis-Do de Lencquesaing est particulièment antipathique. En résumé, ça aurait pu être mieux.

8 septembre 2022

Là où chantent les écrevisses - Delia Owens

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Après l'adaptation cinématographique, voici un billet sur le roman Là où chantent les écrevisses de Delia Owens (Editions du Seuil, 475 pages). Je trouve que le film est très fidèle au roman ou inversement. Le roman est plus délayé que le film mais il ne se passe pas beaucoup plus de choses. Entre le film et le roman, j'ai retrouvé tous les personnages, même le chat. Le film qui commence en 1969, avec le procès de Kya, est composé de flash back pour remonter dans le temps. On retrouve pratiquement le même procédé dans le roman. Les péripéties entre le roman est le film sont les mêmes, tout comme la conclusion qui est identique. Si vous voulez connaître l'histoire, lisez le billet sur le film (que j'ai trouvé peut-être supérieur grâce aux séquences de nature tournées en Louisiane avec des plans splendides). Je n'ai pas trouvé que le roman avait des longueurs et il se lit agréablement avec des chapitres relativement courts. Ce n'est pas de la grande littérature, mais je ne regrette pas ma lecture. J'ai autant aimé le film que le roman. Et donc, si vous avez aimé le roman, je vous conseille d'aller voir le film.

Aifelle a été déçue. Krol n'a pas trop été convaincue non plus. En revanche, Philisine Cave a beaucoup aimé. Tout comme Eva, Manou, Keisha, Ritournelle, Hélène et Alex-mot-à-mots.

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PS du 09/09/2022 de ta d loi du cine ("squatter" chez dasola): dasola vient de m'autoriser à faire participer ses deux billets (livre et film) au "Mois américain 2022". Il s'agit de la 11e édition d'un "rendez-vous" bloguesque que s'efforcent aujourd'hui de perpétuer Pativore et Belette2991 (créatrice des logos) sous le titre "Le mois américain 2022 en solitaire". En effet, la blogueuse qui avait initié ce rendez-vous annuel, Titine75, avait renoncé à l'organiser de nouveau après la 9e édition de 2020

7 septembre 2022

Au diable vauvert - Maryse Wolinski

Ce mois-ci, dans le cadre de mes "hommages du 7", c'est un simple roman que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais commenter. Mais bon, pas n'importe quel roman, puisqu'il s'agit du premier publié par Maryse Wolinski. Cela fait aujourd'hui presque un an que la veuve de Georges est décédée. J'ai trouvé ce livre d'occasion il y a quelques semaines, mais je vais ci-dessous me cantonner à une chronique littéraire "classique". 

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Le dessin de couverture, non signé, est bien sûr de Georges, pour l'édition en "poche" (J'ai lu N°2560, mars 1989) du 1er roman de Maryse (Flammarion, 1988, pour la 1ère édition). Mon exemplaire avait été acheté en octobre 1989 par son ou sa premier(e) propriétaire...

La première partie commence par l'exposition des personnages, autour de la famille Sainte-Lagüe, dans l'après-guerre de 1940-44. Ida se trouve être la mère de famille. Anna, sa fille, l'héroïne principale, a 5 ans au début du récit, lorsque naissent ses deux frères jumeaux Antoine et Amaury. Etienne Sainte-Lagüe, le père, représente une sorte de hobereau local. Parmi l'entourage de la famille, on trouve encore Clémence, la grosse cousine (secrètement amoureuse du père), Fernand, le fermier, et Raymond son fils, de 4 ans plus âgé qu'Anna, et enfin Estrella, la belle Andalouse, mère d'Inès (sa seconde fille), une des maîtresses d'Etienne, devenue fille-mère (de Violetta).

A l'occasion de la naissance des jumeaux, Etienne décide de racheter le château local (en ruine), Seyrac-de-Haut qui surplombe le village et la Baise, rivière capricieuse. Ah, et le Diable vauvert, me direz-vous? Il s'agit d'une bâtisse abandonnée dépendant du château, que découvre à 5 ans Anna lorsque la famille s'installe dans celui-ci. Et voilà le décor planté pour une tragédie clanique. A 10 ans, Anna ne supporte pas d'entendre dire que ce sont ses frères qui reprendront les vignes familiales (p.34). Anna a les mêmes yeux vairons que sa tante maternelle décédée. Sa seule amie est Elisa, le même âge qu'elle, fille d'une voisine. Dès ses 16 ans, pour sa part, Raymond a déjà tous les vices (il boit, notamment)... 

La deuxième partie, la plus longue, reprend l'histoire lorsque, à 22 ans, diplôme de l'Ecole d'agriculture de Bordeaux en poche (elle y a passé 3 ans en internat [?]), Anna revient sur le domaine (p.60). Elle doit épouser un étudiant en droit, Philippe, fils des plus importants viticulteurs de la région. Et, le lendemain de son retour, encore un drame: une sale affaire, dans laquelle les coupables seront finalement... ses frères. Verdict: cinq ans de prison, dont un avec sursis. Alors qu'Anna avait pris fait et cause pour la victime, ses beaux-parents potentiels, eux, conseillaient de "ne pas rompre la loi du silence" (p.116). 

Dans la troisième partie, quelques années plus tard, Anna a fini par épouser Jules, le maire dilettante, malgré ses quelques années de plus qu'elle, et a pris en main en son nom la coopératve viticole, les affaires de la commune... Mais survient la mort du père, avant celle du mari (un accident de voiture, avec le volant pris un peu trop imbibé...).

Maintenant que j'ai raconté une partie de l'histoire (qui s'étend sur plus de 200 pages, je le rappelle), quel est mon sentiment sur ce livre? Je dirai que sa lecture n'est pas forcément faite pour apaiser l'esprit. Bien sûr, ces histoires d'enfants et d'enfance ne comprennent ni vampires, ni zombies, ni magie, ni superpouvoirs ou technologies surpuissantes... Rien que du naturel! On n'est pas vraiment non plus dans de la "Chick Litt" (si ce n'est que l'héroïne dévoile au fil des ans des talents d'entrepreneuse et de politicienne). Mais les péripéties sont noires, ou plutôt sanglantes.

Quelles autres oeuvres puis-je évoquer sur le thème de l'enfant mal aimé par sa mère? Je pourrais l'inscrire dans la lignée d'autres livres que j'ai lus jadis: Poil de Carotte, de Jules Renard, Vipère au poing, d'Hervé Bazin. Dans Malevil de Robert Merle, le schéma initial est inversé: ce sont les deux soeurs qui sont préférées au garçon... Et n'oublions pas le sort pas très enviable des gamines campagnardes tel que dépeint par Colette dans Claudine à l'école (paru en 1900!) [chroniqué le 26/07/2023].

Vu l'ancienneté du livre Au diable vauvert, en cherchant sur internet, j'ai seulement trouvé un article universitaire, datant de 2014, de Lori Saint-Martin, enseignante canadienne à l'Université du Québec à Montréal et spécialiste des études féministes en littérature. 

Le site personnel (officiel) de Maryse Wolinski est toujours en ligne (avec un nom de domaine personnalisé). Il n'a pas été mis à jour après son décès, je suppose qu'Elsa n'en a pas les codes (ou bien aura souhaité le conserver "tel quel"?). La fiche du roman Au diable vauvert y permet de se le procurer en ligne.

*** Je suis Charlie ***

4 septembre 2022

Vesper Chronicles - Kristina Buožytė et Bruno Samper

Suivant les avis de Pascale et Henri Golant, je suis allée voir Vesper Chronicles, un film lituano-belgo-français qui raconte une histoire, à moins que cela soit un conte pour adultes qui se passe dans le futur (j'espère lointain). Tout ce qui est biologique et organique a été génétiquement modifié et les écosystèmes se sont effondrés. Les animaux ont disparu ainsi qu'une grande partie des humains. Parmi les humains survivants, il y a des privilégiés qui vivent dans des citadelles et d'autres comme Vesper. C'est une gamine de 13 ou 14 ans qui survit dans une maison en forêt en compagnie de Darius, son père alité. Ce blessé de guerre parle par l'intermédiaire d'un drone qui ne quitte pas Vesper. Cette dernière est une enfant dégourdie et bio-hackeuse dans un monde où les plantes sont devenues hostiles à l'homme. Les semences existantes et qui se vendent cher, ne donnent plus qu'une récolte et deviennent stériles ensuite. C'est ce que Vesper voudrait changer. Peut-être y arrivera-t-elle un jour. Plus loin dans la forêt, dans un genre de communauté, vivent d'autres humains dont Jonas, le frère de Darius. C'est un être antipathique et destructeur qui voudrait que Vesper lui obéisse, mais sans succès. Quand un vaisseau venant d'une citadelle s'écrase en pleine forêt, une passagère appelée Camélia est recueillie par Vesper. Camélia se révèle différente de ce qu'elle semble être et va bouleverser la vie de Vesper. Dès les premières images, le spectateur est plongé dans un autre monde. Tout est gris, ocre, froid. Les scènes extérieures se passent pour la plupart du temps en forêt (le film a été tourné en Lituanie). Pour les réalisateurs, c'est un film sur l'espoir. Je veux bien les croire mais je n'en suis pas totalement convaincue. Un film que j'ai bien apprécié malgré sa noirceur. 

1 septembre 2022

Covid-19, mais de quoi parlez-vous? - N°29

Même si je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'ai pas en permanence été "connecté" à la presse durant le mois d'août 2022, mon impression est tout de même qu'on parle de moins en moins de notre "cher" Covid-19, globalement.

09/08/2022: les performances des footballeurs atteints par le Covid-19 baissent pendant plusieurs semaines. C'est affreux.

10/08/2022: je juxtapose deux informations. Dix milliards de dollars pour de nouvelles armes pour l'Ukraine. 89 millions de dollars pour déminer l'Ukraine. Par association d'idées (je suis très fort pour les associations d'idées...), ça me fait penser aux milliards de chiffre d'affaires pour les entreprises fabriquant les vaccins... et aux quelques millions accordés parcimonieusement aux hôpitaux.

Si vous manquez de pif après un épisode covid-19, et que vous avez plus de 60 ans... Ça ne sent pas très bon! 

Une prochaine vague annoncée, "probablement pour l'automne". Ah bah on peut pas dire qu'il fait pas le job, Monsieur le Ministre, hein... Va-t-on nous remettre sous cloche fin septembre?

 11/08/2022 : et encore un petit plaisir potentiel en perspective (le virus Langya pourrait sévir)... Vous croyez qu'on va louper le coche, ou pas?

26/08/2022: Moderna porte plaine contre Pfizer et BioNTech pour violation de brevet, selon Le Point (source AFP) et Le Journal du Dimanche (avec AFP). Les loups entre eux (enragés? Qui communique(nt)?). Tout ça tournera en eau de boudin et se terminera par un accord (au montant strictement confidentiel) portant sur quelques milliards de dollars (une broutille). Je suggère qu'on fasse comme pour Renault, à la fin de la guerre: qu'on les nationalise, ces "Big Pharma"! 

24/08/2022: rien à voir (a priori) avec notre covid, mais un article médical m'a fait rire. Moralité que j'en tire? Messieurs, mangez plus de yaourts. Mesdames, arrêtez d'en manger!

En cherchant dans des "bribes" d'informations que j'avais stockées sans en faire état au fil des mois, je retombe sur une information sortie le 21 février 2021 (dans le New York Times, à l'origine), concernant Trump: apparemment, il avait été davantage malade du Covid-19, en octobre 2020, que ce qui avait été rendu public à l'époque. Sans commentaire (et on l'a soigné, aussi? Sans AUCUN commentaire...).

Un article de septembre 2020 à propos de l'utilité du masque: finalement, il serait plus utile pour protéger les autres de moi (si je suis contagieux) que pour me protéger (si je suis exposé à la contamination). Cependant, diminuant la quantité de virus auquel je suis exposé, il contribuerait à atténuer la gravité des symptômes de la maladie (via une sorte de mécanisme de "vaccination"? l'article parle de "variolisation"!! [j'avais dû l'éliminer parce que "réservé aux abonnés"?]). Pas très clair, tout ça... Finalement, on n'en sait trop rien?

Depuis combien de temps ne nous parle-t-on plus du nombre de masques vendus chaque jour ou chaque mois? Où en est ce business? Moi, mes masques dits "jetables", je les garde, et les réutilise (après décontamination? Cette question!) aussi longtemps que les élastiques tiennent (c'est vraiment bâti fragile, bien sûr...). Au fait, est-ce que ce n'était pas à cause d'attaches devenues défectueuses que nos "stocks gouvernementaux" d'un milliard de masques avaient fondu, depuis la crise du N1H1?
Et, bien entendu, je les range soigneusement, après chaque usage, mes masques lavables utilisé, dans leur enveloppe individuelle. Et, si je suis masqué sur une longue période d'affilée, j'en change au bout de 4 heures. Heu... je suis vraiment crédible, là?

J'avais eu il y a déjà longtemps l'idée d'associer quelques bribes de culture populaire concernant Henri IV avec le covid-19 (mes fameuses associations d'idées). Allez hop, mieux vaut tard que jamais.
C'est Henri IV qui, mécontent de ne pas avoir été accueilli dans une ville par 100 coups de canon, demande à l'édile pourquoi. "- Majesté, il y a mille et une raisons. La première, c'est que nous n'avons pas de canon... - C'est bon, je vous dispense des 1000 autres." Pourquoi est-ce que tout le monde n'a pas téléchargé TousAntiCovid sur son smartphone?
C'est Henri IV, qui surpris par l'orage, se réfugie dans une pauvre masure, dont la toiture laisse passer des filets d'eau... Le Roi au maître des lieux: "- Mais enfin... pourquoi ne répares-tu pas ce toit? - Oh, Sire, avec cette pluie? - Soit... Mais quand il ne pleut pas? - Ha, Sire, alors ce n'est pas la peine!". L'hôpital pourra-t-il faire face à la prochaine vague?

Pour le moment, en tout cas, l'hôpital gère. Et si l'hôpital gère, tout va bien, non?

Toujours beaucoup d'intérêt à regarder la page wikipedia comparant les scores par pays... même si les scores sont certainement (faute de tests) sous-estimés dans certains pays.
En France: plus de 34,5 millions de cas confirmés en France à fin août 2022. J'aimerais bien savoir quels ont été le nombre de tests réalisés, le chiffre d'affaires correspondant, la marge réalisée par les différents acteurs de la "filière" par rapport à ce qu'a dépensé la sécurité sociale, et pour tout dire les bénéfices tirés de ce gros business?

Est-ce que, à une prochaine occasion, le gouvernement sera capable de faire confiance a priori aux Français? Par exemple, dire ce qu'il en serait de l'absence de masques ("on n'en a pas mais fabriquez-en vous-mêmes", plutôt que "ça ne sert à rien") ou de la fermeture des bars à 22 h (parce que accidentogènes alors que les hôpitaux ont autre chose à faire...)? 

Il n'est pas impossible que cette "revue de presse chronique" soit l'une des dernières que je rédige sur le sujet. Je ne sais pas si elle manquera à grand monde...

31 août 2022

Les roses de la nuit - Arnaldur Indriðason

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Grâce à Kathel (dont le billet renvoie à d'autres liens), je me suis rendu compte que je n'avais pas lu Les roses de la nuit (Points Seuil, 283 pages) d'Arnaldur Indriðason avec Erlendur. Une lacune de ma part que je viens de réparer. Et bien cette enquête avec Erlendur et ses deux adjoints m'a plu grâce à une intrigue bien menée. A Reykjavik, le corps d'une jeune fille, dont on connaîtra l'identité assez tard dans l'histoire, est retrouvé sur la tombe d'un homme célèbre, Jon Sigurdssonle, héraut de l'indépendance islandaise. Anna Birta, la victime, était une jeune fille paumée et droguée. Elle se livrait aussi à la prostitution. Erlendur et son équipe découvrent qu'elle venait des fjords de l'ouest tout comme Sigurdsson. Pour en venir à Erlendur, il est divorcé depuis longtemps et a des rapports houleux avec ses deux enfants, Eva Lind et Sindri. La première se drogue et le deuxième est alcoolique, et l'ex-femme d'Erlendur a des sentiments haineux envers son ex-mari. Malgré tout, Erlendur veut absolument savoir qui est le meurtrier et pourquoi Birta a été tuée. A partir de là, l'affaire prend une tournure plus sociale et politique. Arnaldur Indriðason aborde la question des quotas de pêche, de l'émigration, de la désertification de certaines parties de l'Islande à cause du chômage. Les émigrants doivent trouver à se reloger dans une ville comme Reykjavik. D'où le fait que l'on apprend que ceux qui rachètent les quotas de pêche et les promoteurs de logements sont les mêmes personnes. Et Birta dans tout ça? Je vous laisse découvrir la relation entre ce qui lui est arrivé et le reste. J'ai trouvé l'histoire passionnante avec des personnages comme Jonas auquel on s'attache. Je conseille ce roman qui se lit très vite. 

29 août 2022

Comme un hibou au soleil - Maurice Denuzière

Encore un livre que j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) chiné vendredi 26 août 2022 chez l'un des nombreux libraires d'occasion que je fréquente à Paris.

P1150480Comme un hibou au soleil (1974, 188 pages dans cette édition LDP datant de 1984) se lit très vite et et agréablement. Un quidam (Félix, écrivain...) se laisse convaincre par un ancien copain de classe de devenir honorable correspondant d'un service secret français pour une mission faisant appel à son talent personnel (que laisse plus ou  moins deviner le titre). Et voilà notre "anti-héros" propulsé aux Bahamas, comme un poisson chinois, pour y rencontrer un "contact". Ce n'est qu'après quelques premières mésaventures qui l'ont laissé impavide qu'intervient cette rencontre. Le compagnon d'aventures de Félix s'avère être François, un vétéran du "service action". Et c'est parti pour quelques journées de "planque" dans un archipel isolé et désolé, mais avec au moins le soleil et la mer. Pour passer le temps, en plus de le forcer à s'entraîner à la natation, François ne manquera pas de [nous] servir un couplet patriotique sur le fait que, ancien résistant, il ne lui a pas été possible de reprendre ses études ni une vie "normale" après la libération, et qu'il a préféré consacrer sa vie, dans l'ombre, à lutter contre la subversion et pour protéger les citoyens insouciants dans ce monde resté si dangereux... Bref, au cours des pages, notre écrivain si candide au départ s'avèrera un tireur passable à la carabine, et même capable, à l'occasion, de tirs mortels. On se croirait dans un James Bond de la belle époque (mais avec davantage d'humour!), impliquant base secrète, organisation qui ne l'est pas moins et qui cherche à dresser les Etas-Unis contre l'URSS, sans oublier les "girls"... Heureusement que la France est là pour sauver le monde! Tout est bien qui finit bien quand arrive au rendez-vous (convenu par radio) la frégate Suffren... Ce navire de la Marine nationale, je sais qu'il a vraiment existé (actif entre 1969 et 2001). Pour le reste?!?

Je n'ai pas réussi à trouver de blog ayant parlé de ce "vieux" livre. Pour ma part, jusqu'à présent, je ne connaissais guère Maurice Denuzière (96 ans aujourd'hui même [29/08/2022]!) que par la saga Louisiane (1977-1987, j'en possède cinq tomes...). Pas mal de temps s'étant écoulé depuis, un nouvel épisode Louisiane ne serait-il pas envisageable, en y intégrant jusqu'aux décennies les plus récentes (chute du mur, interventions américaines ici ou là, changement climatique et ouragans, gaz de schiste... et coton bio)? Quitte à se faire assister par une plume plus jeune, comme l'a fait par exemple Arthur C. Clarke (sauf erreur de ma part) dans ses dernières oeuvres? Le dernier livre publié par M. Denuzière remonte à 2016 (sauf erreur de ma part - bis).

Quant à une série "Hibou"... J'ai juste vérifié (non sans mal pour dénicher l'info!) que L'Anglaise et le hibou, rédigé précédemment (en 1961), n'avait rien à voir avec notre nyc... (oups pardon, spoiler!) notre héros, mais tout avec une statue de Guy Lartigue. Pour Comme un hibou au soleil, ça n'a donc pas été le début d'une série à la "Langelot". Bon, il faut dire que Langelot est plus "jeune" [Bibliothèque Verte], il tue rarement et ne couche jamais - sauf erreur de ma part (ter). Quant à la Bibliothèque Verte telle que je l'ai connue, elle a disparu...

26 août 2022

Les vieux fourneaux 2, Bons pour l'asile - Christophe Duthuron / Beast - Baltasar Kormakur

Etant fan des six albums déjà publiés (le 7ème doit paraître le 4 novembre 2022), je suis allée voir la deuxième adaption cinéma de la série BD Les Vieux fourneaux. Le scénario a été écrit par Wilfrid Lupano (comme pour les BD). Je ne m'attendais à rien de transcendant. Et bien contre toute attente, j'ai aimé ce film sympathique et plein de bons sentiments. On retrouve les trois inséparables Pierrot, Antoine et Emile. A Paris, Pierrot (Pierre Richard) décide de partir avec six migrants qui étaient cachés dans un immeuble hausmannien du IXème arrondissement. Il les emmène dans le village de Moncoeur (jumelé avec Montcuq) dans le sud-ouest de la France chez Antoine (Bernard Lecoq), qui vit dans une maison située pas loin de celle de sa petite-fille Sophie. Les migrants découvrent avec étonnement la vie de province, ses bons et ses mauvais côtés. Entre le maire en pleine période électorale et quelques chasseurs curieux, les migrants ne sont pas les bienvenus mais ils s'adaptent. Deux d'entre eux qui viennent d'Afrique Noire sont bricoleurs (et joueurs de pétanque). Ils réparent un vieux tracteur appartenant à Berthe, la voisine irascible d'Antoine. Emile (Eddy Mitchell) est amoureux d'elle de longue date, mais quand il se présente avec son bouquet de fleurs, en guise d'accueil, il reçoit des pelletées de lisier en retour. Quant à Sophie, elle fait ses tournées avec son théâtre de marionnettes, "Le loup en slip". Le scénario du film reprend une bonne partie du tome 5 (Bons pour l'asile), et il y a des éléments du tome 4 (La Magicienne). J'ai passé un très bon moment et en plus, cela nous a donné envie, à mon ami Ta d loi du cine et à moi-même, de relire la série des Vieux Fourneaux. Un régal.

Je passe à un film nettement plus stressant, Beast de Baltasar Kormakur, qui se passe en Afrique du Sud. Le docteur Nate Samuels (Idris Elba) vient passer quelques jours en Afrique du Sud avec ses deux filles. Il est veuf depuis peu. Lui et ses deux filles sont logés par un vieil ami de Nate, Martin Battlles, qui est biologiste et proche des animaux sauvages. Dès leur première virée dans des paysages un peu désertiques, ils vont devoir affronter un lion vindicatif dont la famille a été massacrée par de méchants braconniers. Le lion est ivre de vengeance. Il n'épargne rien ni personne. Pendant plus d'une heure, on se demande ce que le lion va faire, il semble invincible. Je vous laisse découvir les différentes péripéties qui jalonnent le film jusqu'à la conclusion. Un film qui se laisse voir mais avec des moments qui font peur même si c'est du cinéma. Le seul point commun avec Le roi lion, c'est peut-être les images de synthèse?

23 août 2022

Leila et ses frères - Saeed Roustaee

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En préambule, Leila et ses frères est selon moi le film étranger de l'année. Le réalisateur iranien Saeed Roustaee (La loi de Téhéran) est aussi le scénariste du film qui sort demain, mercredi 24 août 2022. Pendant 2H49 (non, non, le film n'est pas trop long), on suit quelques semaines dans la vie assez rude de la famille de Leila, une jeune femme d'une trentaine d'années toujours pas mariée. Elle est la seule fille au milieu de quatre garçons. Elle gagne à peu près sa vie et c'est la seule à vraiment tenir tête à Esmaïl, le père de la famille, un vieux monsieur à la santé fragile mais au mauvais caractère. C'est un tyran domestique. Parmi les quatre frères de Leila, un seul est marié et il est le père de cinq filles. Mais quand son épouse accouche enfin d'un petit garçon, c'est la joie dans la famille malgré la crise économique qui la touche durement. Ils sont criblés de dettes. De ce fait, Leila a l'idée d'acheter une boutique à crédit dans une galerie commerciale pour toute la famille. Elle s'attend à ce que son père les aide dans leur entreprise. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévues car le père a promis une importante somme d'argent qui le ferait devenir le nouveau parrain de sa communauté, la plus haute distinction de la tradition persane. Cette distinction aboutirait peut-être a ce que Esmaïl soit moins méprisé par de nombreuses personnes de sa connaissance. L'affiche représente le moment de gloire d'Ismaîl, même si elle sera éphémère. La famille va arriver au bord de l'implosion à l'issue de cette cérémonie. Certains dialogues entre les personnages sont très violents et démontrent bien le ressentiment entre les deux parents et les enfants. Leila est particulièrement virulente. Il faut saluer l'interprétation des acteurs qui ont presque tous joué dans La loi de Téhéran. Certains sont méconnaissables comme Navid Mohammadzadeh qui interprétait le "dealer" et Payman Maadi (qui interprétait le rôle du policier). Et je n'oublie pas l'actrice Taraneh Alidoosti qui interprète Leila: elle est magnifique. Le réalisateur né en 1989 confirme son grand talent.

Après La loi de Téhéran qui fut le grand film de l'été 2019, Leila et ses frères est le grand film de l'été 2022. Il est regrettable qu'ayant fait partie de la compétition officielle du dernier festival de Cannes, il n'ait reçu aucune récompense. Pour l'anecdote, j'ai vu le film en avant-première dans une salle climatisée très agréable le mardi 19 juillet dernier. Quand je suis sortie de la projection, j'ai eu l'impression d'entrer dans un four, mon téléphone affichait 40°. Il paraît que ce fut la journée la plus chaude à Paris. C'est bien d'aller au cinéma quand il fait chaud dehors.

21 août 2022

Monsieur Papa - Patrick Cauvin

Encore un billet de Ta d loi du cine, squatter... sur un "vieux bouquin" chiné dans les bacs de librairies d'occasion.

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Monsieur Papa, Le Livre de Poche N°5699, 217 p.

J'ai acheté il y a quelques jours ce livre que je dois posséder par ailleurs dans ma propre pochothèque depuis quelques décennies [1996, vérification faite]. C'est le genre d'achats que j'effectue dans les bacs d'occasion avec des "classiques de poche" à 30 centimes d'euros (0,50 centimes d'euros les 3 - ça ne vaut plus rien, un livre!). J'avais dans l'idée de le mettre dans l'armoire à livres du hall de chez dasola. Et puis, tant que j'y étais, je l'ai relu. Et tant que j'y suis, j'en tire un billet (mon précédent sur un roman de Patrick Cauvin remonte à 2010 - déjà). 

Par comparaison avec une autre de mes lectures (le premier roman de Maryse Wolinski, que je chroniquerai dans quelque temps), j'ai trouvé ce livre d'"enfance" reposant. Patrick Cauvin l'a écrit en se glissant dans la peau d'un gamin de 10 ans (Laurent), dont les parents sont séparés (c'est récent). Laurent préfère rester avec son père, qu'il appelle "Franck" (et en particulier l'accompagner lors d'un voyage prévu à l'étranger) plutôt qu'aller passer les prochaines vacances d'été avec sa mère et son nouveau compagnon. Et ce gamin, plutôt intelligent mais pas spécialement surdoué, va commettre plusieurs bêtises (vol, fugue, ...), pas tant pour "se faire remarquer" que pour se donner les moyens de parvenir à ses fins. Le "roman à la première personne" raconté à hauteur d'enfant (en toute candeur) est plutôt reposant. Ici, on ne trouve pas de problématiques "lourdes" ou glauques (du genre inceste, viol, harcèlement, drogue ou autres addictions, ni même "dys" quelconque ou questions sur le genre). L'époque ne s'y prêtait pas, me direz-vous - ou bien ces sujets n'étaient pas encore à la mode, la société n'y était pas sensible, et il n'existait aucun "marché" encore à ce sujet... Bref, ça se lit très gentiment. 

J'ai trouvé quelques mots sur Monsieur Papa sur un vieux blog dont le principal intérêt est de compiler aussi plusieurs entretiens avec Patrick Cauvin. Plus intéressant, l'avis de Jake (2014). Ou celui de Milou (dernier billet en 2020). 

Je me dis que ce genre de livre, paru il y a déjà quelques décennies (1976...) peut éventuellement interpeller quelques blogueuses-documentalistes (en CDI, en collège), pas forcément nées à sa sortie, mais toujours intéressées par des bouquins à proposer à leur lectorat... (je pense à Doc Bird, mais il y en a d'autres). Il semble qu'on puisse encore trouver sans problème Monsieur Papa en neuf ou en occasion. Le livre avait été adapté au cinéma en 1977, je ne l'ai (encore) jamais vu.

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