Le blog de Dasola

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26 octobre 2016

Pariscope a cessé de paraître (13 octobre 1965 - 19 octobre 2016)

Décidément, l'année 2016 restera une année noire pour le monde du spectacle. Ce mercredi 26 octobre 2016, Pariscope ne sera pas en kiosque. Il vient de cesser de paraître après 50 ans de bons et loyaux services au service des Parisiens et banlieusards qui s'y référaient pour leurs sorties cinés, théâtres, musées, expos, etc. Moi, je l'achetais depuis plus de 30 ans. C'est un des titres qui ont été sacrifiés à partir de 2013 par un grand groupe de presse (c'était un titre pas assez rentable) et qui n'a pas trouvé de repreneur. De 40 cents, son prix était passé à 1,90 euro (!) pour ses trois derniers numéros. Le "rival" de Pariscope, L'Officiel des spectacles, existe toujours mais jusqu'à quand? Son prix de vente a lui aussi été revu à la hausse: 1 euro au lieu de 70 cents, après avoir coûté 35 cents pendant des années. Je vais désormais me rabattre sur l'achat de L'Officiel mais Pariscope va beaucoup me manquer (j'avais chroniqué leurs différences ici).

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23 octobre 2016

Ma vie de Courgette - Claude Barras

Je n'ai pas lu le roman de Gilles Paris Autobiographie d'une courgette (paru en 2002) dont ce film d'animation "en volume" est adapté. Ma vie de Courgette sorti cette semaine dure 1 heure 06. Il vaut vraiment la peine que l'on se déplace pour aller le voir, que l'on soit adulte ou enfant. Icare alias Courgette, un petit garçon âgé de 9 ou 10 ans, aux cheveux bleus, vit avec sa mère qui s'alcoolise à la bière depuis que le papa est parti avec une "poule". Un jour, Courgette tue accidentellement sa maman en voulant éviter une fois de plus les coups que celle-ci lui assène régulièrement. Courgette (Icare tient absolument à ce qu'on l'appelle "Courgette", surnom que lui avait donné sa maman) est alors placé dans un foyer d'accueil où vivent d'autres enfants comme lui dont les parents sont soit décédés soit incapables de s'occuper de leur progéniture. Les personnages animés en "stop-motion" sont des marionnettes aux yeux immenses et très expressifs. Vous n'oublierez pas de sitôt les sept enfants de ce foyer où alternent tristesse et gaieté. Le film est fait de plein de détails évocateurs comme ce tableau où est indiqué "la météo journalière des émotions des enfants". Un joli film qui se termine sur une belle note d'espoir.

10 octobre 2016

14 juillet - Eric Vuillard

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Si vous ne l'avez pas encore lu, précipitez-vous sur ce récit paru tout récemment. Je ne connaissais le style et l'écriture d'Eric Vuillard: c'est superbe. 14 Juillet d'Eric Vuillard (Actes Sud, 200 pages) retrace au plus près les évenements de cette journée historique du 14 juillet 1789 où le peuple de Paris changea le cours de l'Histoire. Depuis quelque mois, la révolte gronde. Les ouvriers sont mal payés et mal nourris. La France souffre de famine, l'hiver 88-89 fut terrible. La dette de la France est exorbitante malgré Necker (qui a lui-même spéculé sur la dette française). Le récit commence le 27 avril 1789 avec la mise à sac et l'incendie de la Folie-Titon (d'où partit la première Montgolfière en 1783), rue de Montreuil, où vivait Réveillon, le directeur de la manufacture royale des papiers peints. Ce même Réveillon qui, quatre jours plus tôt réclama à l'assemblée électorale de son district une baisse de 25% des salaires de ses trois cents ouvriers qui avaient, paraît-il, "la montre dans le gousset". Lors de cette journée, il y eut plus de trois cents morts et autant de blessés. Pendant ce temps là, à Versailles, les gens de la Cour vivent encore dans l'opulence et l'insouciance. La veille du 14 juillet, (il faisait très chaud) le peuple de Paris se prépare à assiéger la Bastille où se trouve la poudre qui permettra de se servir des armes glanées un peu partout: au Mont-de-piété avec les objets gagés, au garde-meuble de la couronne, dans les théâtres et surtout aux Invalides où étaient entreposés 30 000 fusils. La force du récit qui le rend si vivant est que Vuilllard donne des noms, des prénoms, des professions et parfois des âges aux hommes et femmes anonymes qui prirent la Bastille. Un livre à conseiller et à offrir. Lire les billets enthousiastes de Clara, Dominique, Eva, Keisha et Sandrine.

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Je serai peu présente sur les blogs ces prochains jours : je fais une pause vacancière. A très bientôt.

8 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers - Tim Burton

Miss Peregrine et les enfants particuliers (peculiar en VO), qui dure 2H07, m'a beaucoup plu pour différentes raisons. D'abord pour l'histoire, dans laquelle des enfants hors normes (une petite fille à la force surhumaine, une autre capable de faire pousser n'importe quoi de végétal en une minute, une jeune fille aussi légère que l'air qui porte des chaussures en plomb pour rester au sol, un garçon entouré d'abeilles qui sortent de sa bouche, une petite fille avec une mâchoire vorace derrière ses cheveux blonds, etc.) vivent dans une belle demeure isolée au Pays de Galles. Ils sont prisonniers d'une boucle (loop en VO) temporelle bloquée au 2 septembre 1943. Puis, pour Eva Green, sublime Miss Peregrine à la chevelure de jais, une "ombline" chargée de protéger ces enfants en étant la gardienne du temps. Quand elle se métamorphose en oiseau, c'est beau et gracieux. Enfin pour les effets spéciaux très réussis comme ceux pendant un affrontement entre squelettes animés et monstres "creux". Ce film où le fantastique et la poésie sont mêlés vaut la peine d'être vu. C'est du vrai cinéma. A conseiller à un public adolescent comme adulte.

5 octobre 2016

Frantz - François Ozon

J'étais allée voir Frantz de François Ozon faute de mieux et, tout compte fait, j'ai été agréablement surprise. Dès les premières images, j'ai été "embarquée" dans cette histoire qui se passe en 1919 d'abord en Allemagne puis en France. Dans un petit village d'Allemagne, Anna se rend tous les jours sur la tombe (vide) de Frantz, son fiancé tué au combat. Elle vit chez les parents de Frantz. Un jour, elle se rend compte que des fleurs fraîches ont été posées sur la tombe et elle croise Adrien, un jeune Français qui les y a apportées. Séjournant temporairement dans le village, Adrien Rivoire va à la rencontre des parents (le père est médecin) de Frantz qui le reçoivent d'abord avec hostilité. En effet, à peine un an après l'armistice, les Français sont vus d'un mauvais oeil. Adrien voudrait avouer le lien qui le lie à Frantz. Mais il n'y arrive pas. Il quitte l'Allemagne sans crier gare et c'est au tour d'Anna de se rendre en France pour retrouver Adrien. Elle connait la vérité qui n'est pas toujours pas bonne à dire et, grâce à elle, les parents de Frantz vont garder une bonne image d'Adrien. Le scénario est adapté d'un film d'Ernst Lubitsch qui date de 1932, lui-même adapté d'une pièce de Maurice Rostand (le fils ainé d'Edmond), L'Homme que j'ai tué. Je ne connais ni l'un ni l'autre. C'est pourquoi j'ai cru, au début, que la relation entre Adrien et Frantz était tout autre que ce qui est révélé. Il faut surtout aller voir le film avec une très belle image en noir et blan pour Paula Beer qui joue Anna. Elle est merveilleuse. Lire les billets de Matchingpoints, de Pascale et de ffred.

2 octobre 2016

Brooklyn Village - Ira Sachs

J'ai eu un peu peur quand Brooklyn Village a démarré car je ne voyais pas où le réalisateur voulait en venir. C'était un peu confus. Puis, tout s'est éclairé pour moi. Jake (Jacob), un adolescent, emménage avec ses parents, Brian et Kathy, dans une maison de Brooklyn qui appartenait au père de Brian. Cet héritage est bienvenu pour Brian (un acteur de théâtre "courant le cachet"), car c'est en effet Kathy qui "fait bouillir la marmite" pour sa famille. Au rez-de-chaussée de la maison, il y a une boutique occupée par Leonor, une couturière sud-américaine qui vivote et payait jusqu'à présent un loyer très bas au grand-père très conciliant. Brooklyn se "boboïsant", Brian et sa soeur Audrey, sans être âpres au gain, rédigent un nouveau bail et triplent le montant du loyer que Leonor ne peut évidemment pas payer. Sans se douter tout de suite de ce qui arrive, Jake et Tony (le fils de Leonor) deviennent les meilleurs amis du monde. Ils se rebellent en se mettent en grève contre leurs parents respectifs. Ils ne leur adressent plus la parole. Leonor qui semblait la victime que l'on plaint devient un personnage odieux quand elle fait des remarques blessantes envers Brian qui, lui, est assez compatissant envers Leonor. J'ai aimé la manière qu'a le réalisateur, Ira Sachs, de filmer New-York, et j'ai été contente de retrouver Greg Kinnear trop rare sur nos écrans. Lire le billet de Chris.

29 septembre 2016

Judas - Amos Oz

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Je continue mes chroniques "livres" avec mes choix de la rentrée littéraire de 2016. Judas (Editions Gallimard, 347 pages) d'Amos Oz m'a permis de découvrir avec plaisir cet écrivain. En 1959, l'Etat d'Israël a 12 ans. A Jérusalem, Schmuel Asch, 25 ans, vient d'arrêter ses études universitaires et en particulier son mémoire sur "Jésus dans la tradition juive". Son amie l'a quitté pour se marier avec un hydrologue. Se sentant mal aimé depuis tout petit, il ne donne plus de nouvelles à sa famille: soeur et parents (le père est ruiné). "Corpulent, barbu, timide, émotif, socialiste, asthmatique, cyclothymique" (sic), Schmuel répond à une annonce originale: tenir compagnie de 17h à 23h à un homme très handicapé, Gershom Wald. Schmuel s'installe dans la demeure de Gershom qui vit là avec sa bru Atalia Abravanel. Dans cette maison, il y a aussi la présence très forte de deux personnes décédées. D'abord Micha, fils de Gershom et époux d'Atalia, tué à 37 ans sur la route de Jérusalem lors de combats. Et puis, il y a le père d'Atalia, Shealtiel Abravanel (personnage fictif), un opposant à Ben Gourion et à la création d'un Etat juif. Comme Judas Iscariote auquel il est aussi fait beaucoup référence dans le roman, Shealtiel Abravanel fut considéré comme un traître. Et pourtant, sans Judas qui fut l'ami le plus proche de Jésus, il n'y aurait pas eu de crucifixion et donc pas de christianisme. Schmuel et Gershom ont des discussions sur le bien-fondé de l'Etat hébreu, sur la position des Arabes, etc. En parallèle, Schmuel ne reste pas insensible à la personnalité d'Atalia âgée de 45 ans, avec qui il aura une petite liaison. J'ai trouvé que le roman, composé de courts chapitres, se lisait relativement vite. Je l'ai aussi trouvé très intéressant. Je le recommande.

Lire les billets d'Eeguab, de Sylire, de Miriam et de Dominique.

26 septembre 2016

Victoria - Justine Triet

Je ne voulais pas manquer Victoria de Justine Triet qui rencontre un bon succès critique et public. Hé bien, j'avoue avoir été déçue par ce film, qui n'est pas à proprement parler une pure comédie, même si le public rit dans la salle. J'ai trouvé l'histoire triste, et certaines scènes m'ont mise mal à l'aise, comme le passage dans un tribunal d'un dalmatien et d'une femelle chimpanzé en tant que témoins dans un procès. Victoria Spick (Virginie Efira, très bien), la trentaine, élève tant bien que mal ses deux filles qu'elle confie souvent à des baby-sitters. Avocate débordée, menant une vie quelque peu cahotique, Victoria entre dans une grave période de dépression. Ce n'est pourtant pas le moment de faiblir car elle doit affronter son ex-mari qui écrit sur un blog des articles peu amènes dont Victora est le sujet principal. Par ailleurs, Victoria accepte de défendre un ami, Vincent (Melvil Poupaud) accusé d'avoir agressé sa compagne. Et il ne faut pas oublier Samuel, un ancien client de Victoria. Secrètement amoureux de Victoria, il s'installe chez elle et devient le baby-sitter des filles. Tout va aller de mal en pis même si Victoria rebondit à la fin (on se demande comment). Personnellement, Victoria ne sera pas un des mes films de l'année.

23 septembre 2016

Mr Ove - Hannes Holm

Mr Ove de Hannes Holm n'est pas un film totalement réussi, mais l'histoire m'a touchée. Ove, âgé de 59 ans (il fait beaucoup plus vieux), est veuf depuis 6 mois, et il vient de se faire licencier de l'entreprise où il travaillait depuis 43 ans. Depuis que sa femme Sonja est décédée, il va régulièrement lui parler sur sa tombe et il se met à houspiller ses voisins de la copropriété: il s'agit d'un ensemble de pavillons cerné par une clôture. En ayant vraiment assez de la vie et pressé de rejoindre sa chère Sonja, Ove décide de mettre fin à ses jours de diverses manières (pendaison, asphyxie, etc) qui échouent toutes. Par ailleurs, il n'arrête pas d'être dérangé par un jeune couple, un Suédois et sa femme, réfugiée iranienne, et leurs deux petites filles, nouvellement installés dans un pavillon voisin. Les nombreux flash-back narrent la vie de Ove petit garçon, dont le père travaillait dans les chemins de fer. Plus tard, devenu un grand blond dégingandé, on voit Ove tombé amoureux de Sonja dans un train. Le film pourrait s'appeler "Une vie" où la joie côtoie les chagrins. L'actrice qui interprète Sonja a un faux air de Romy Schneider toute jeunette, elle est charmante. L'ensemble aurait gagné à être plus concis mais je conseille malgré tout ce film qui risque de passer inaperçu.

20 septembre 2016

Ada - Antoine Bello

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Parmi la rentrée littéraire de 2016, j'ai porté mon choix sur cinq titres (voir un de mes billets précédents). J'ai commencé par Ada que j'ai lu avec un grand plaisir. Ada d'Antoine Bello (Editions Gallimard, 362 pages qui se lisent d'une traite) est un roman distrayant, amusant et jubilatoire. Dans cette histoire bien écrite et pleine de faceties, Franck Logan est chargé de retrouver Ada, mystérieusement disparue. Franck, âgé d'une cinquantaine d'années est policier et poète à ses heures (il compose des haïkus). Il est marié depuis plus de trente ans à Nicole, une française trotskyste qu'il a rencontrée à Paris pas loin de la Sorbonne. Ils ont deux enfants: Rosa et Leon. Franck doit retrouver Ada, une Intelligence Artificielle (AI) dont la tâche est d'écrire des romans à l'eau de rose style "Harlequin" dans lesquels on trouve aussi des scènes osées. Passion d'automne est le premier manuscrit écrit par Ada juste avant qu'elle ne disparaisse. Pour ce faire, elle a mémorisé 87301 romans du même genre. L'objectif est que 100 000 exemplaires soient vendus. Le programme informatique Ada a été développé par un informaticien du nom d'Ethan Weiss travaillant dans une société dans la Silicon Valley. Je ne vous raconterai rien de plus de cette histoire si ce n'est qu'Ada n'est pas toute seule. Une dizaine d'autres AI sont spécialisés dans d'autres domaines. Ada est un personnage à part entière, qui pense, répond, donne son avis, elle est rusée et arrive à tromper son monde. Avec ce roman, Antoine Bello nous a gâtés. Je vous le recommande tout comme Alex-mot-à-mots.

17 septembre 2016

Clash (Eshtebak) - Mohamed Diab

Après Les femmes du bus 678 qui m'avait beaucoup plu, voici Clash de Mohamed Diab. L'histoire se situe au lendemain de la chute du président égyptien Morsi en 2013, un an après son élection. Morsi, appartenant au parti islamiste, a été renversé par un coup d'Etat organisé par l'armée. A la suite de ce coup d'Etat, les manifestations se succèdent et l'armée arrête et entasse des individus, jeunes et vieux, femmes et enfants, dans des paniers à salade aux vitres grillagées, les prisons étant pleines. Le cinéaste, la caméra à l'épaule, s'est enfermé dans cet espace confiné où une vingtaine de personnes représentatives de la société égyptienne se regardent avec hostilité, délimitent des frontières avant de s'épauler néanmoins au gré des événements qui se passent dehors. Le panier à salade en mouvement ou à l'arrêt essuie des jets de pierre ou est atteint par des balles de fusil. Le film qui dure presque deux heures ne m'a pas ennuyée. J'étais vraiment curieuse de savoir comment cela se terminerait. J'avoue avoir été un peu frustrée par la dernière image dissoute dans des faisceaux de lumière. Lire le billet d'Alex-6 et Chris.

14 septembre 2016

Rentrée littéraire 2016

Une fois de plus, la rentrée littéraire 2016 offre des tentations de lecture alors que mes PAL débordent et que j'ai aussi emprunté des romans en bibliothèque. D'autres font des boulimies de nourriture, moi, je me drogue à l'achat compulsif. Je me fais un challenge à moi-même de lire les cinq romans suivants d'ici fin octobre.

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Ada d'Antoine Bello car j'aime cet écrivain et je n'ai rien lu à propos de ce roman sauf celui d'Alex-mot-à-mots. Cela m'intrigue. [chroniqué le 20/09/2016]

Tabou de Ferdinand Von Schirach [chroniqué le 19/12/2016] car j'ai lu ses nouvelles et son roman L'affaire Collini.

Judas d'Amos Oz car j'en ai entendu parler et parce que eeguab et miriam en ont dit du bien. [chroniqué le 29/09/2016]

La double vie de Jesús d'Enrique Serna qui est vivement conseillé par Simone et par une jeune libraire de province où je me rends régulièrement. [chroniqué le 10/11/2016]

L'échange d'Eugenia Almeida est aussi un conseil de cette même libraire. [chroniqué le 10/11/2016]

Et pour vous, qu'en est-il?

11 septembre 2016

Comancheria - David MacKenzie

Parmi les sorties du mercredi 7 septembre 2016, j'ai choisi d'aller voir Comancheria du réalisateur britannique David MacKenzie (Les poings contre les murs et Young Adam). Son passage de l'autre côté de l'Atlantique m'a semblé réussi.

De nos jours, au Texas, pas loin de la frontière avec l'Oklahoma (en territoire comanche), deux frères, Tanner et Toby Howard, braquent des banques sans qu'il y ait de victimes. Ils prennent seulement des coupures d'une valeur inférieure ou égale à 20 dollars (ces billets-là ne sont pas traçables). Par la suite, ils échangent les billets volés contre des jetons dans un casino. Ils restent dans le casino une ou deux heures, avant d'échanger à nouveau les jetons qu'ils n'ont pas joué contre de l'argent "propre" ou un chèque. En effet, cet argent leur sert à rembourser l'hypothèque de la maison de leur mère décédée récemment.
Ce film montre une Amérique pauvre frappée de plein fouet par la crise économique. Même les vétérans de guerre ne bénéficient d'aucune aide sociale. Cette Amérique profonde ne fait pas envie. Les paysages sont tristes.
Malheureusement, il y aura un braquage de trop et tout va partir en vrille. Deux policiers texans plus très jeunes vont les poursuivre. L'un à la veille de sa retraite, est interprété par Jeff Bridges (très bien même si on du mal à le comprendre, on dirait qu'il a du coton dans la bouche!). Il n'arrête pas de dire des blagues à son coéquipier moitié mexicain et moitié comanche. Le réalisateur nous montre les Américains armés qui tirent sans sommation. La course-poursuite vers la fin ressemble à un western, avec les voitures qui remplacent les chevaux. Le scénario bien écrit laisse un goût d'amertume.

Lire le billet d'Alain.

8 septembre 2016

Un bouddhiste en colère - Seth Greenland / Surtensions - Olivier Norek

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Voici deux romans empruntés en bibliothèque cet été.

J"ai lu le premier suite à un billet lu sur le blog de Colette. J'ai pris un certain intérêt à cotoyer, dans Un bouddhiste en colère de Seth Greenland (Editions Liana Levi, 410 pages plaisantes), la famille de Jimmy Duke, ex-policier renvoyé pour avoir désobéi à des ordres de sa hiérarchie: il avait sauvé un chien de l'euthanasie. Bruno (c'est le nom du chien) est devenu le fidèle compagnon de Jimmy. Depuis, Jimmy essaye de gérer son stress et sa colère en s'initiant au bouddhisme par internet. L'histoire se passe a Palm Springs, en Californie, où les températures sont souvent caniculaires. Jimmy a deux frères. L'aîné, Randall, un homme politique, est en pleine campagne électorale. Dale, le benjamin, sort tout juste de prison. Lourdement handicapé, il se déplace en fauteuil roulant. Randall est le père de la jeune Brittany et l'époux de Kendra, bisexuelle qui a eu une courte liaison avec Nadine, son professeur de tennis. Cette Nadine entretient par ailleurs une relation avec un policier, Harding Marvin (responsable du renvoi de Jimmy), qui soutient Mary Swain, la rivale politique de Randall (j'espère que vous suivez). Plusieurs concours de circonstances malheureux, dans lesquels Dale est impliqué, vont amener Jimmy derrière les barreaux. Je ne vous en dit pas plus. C'est un roman distrayant qui m'a plu. La fin pourrait présager qu'il y ait une suite mais ce n'est pas sûr du tout.

Je passe à Surtensions (Editions Michel Lafon, 500 pages haletantes) d'Olivier Norek, c'est son troisième roman et c'est le troisième que je lis. J'ai beaucoup aimé retrouver Victor Coste et son équipe, Sam, Ronan et Johanna. On est tenu en haleine jusqu'au bout. Cela commence avec le meurtre "gratuit" d'un jeune homme de confession juive après son kidnapping. Le meurtrier est arrêté. De là, on fait la connaissance d'Alex[andra] Mosconi, la seule femme d'une famille de mafieux corses, qui va tout faire pour faire évader son jeune frère condamné pour cambriolage. Je vous laisse découvrir le lien entre les deux affaires qui s'entremêlent avec d'autres. Certaines ne sont qu'effleurée. Une fois de plus, Olivier Norek démontre son talent de conteur qui tient en haleine ses lecteurs. Lire les billets de Zazymut, Cannibales lecteurs et Lea Touchbook.

7 septembre 2016

Un homme + une femme = quoi? - Elsa Cayat

C'est un article du Huffington Post paru pour la Saint-Valentin 2015 qui avait attiré mon attention sur ce livre d'Elsa Cayat. On l'oublie trop souvent, Elsa Cayat faisait partie de l'équipe de Charlie Hebdo, et, ès qualité, assistait à la funeste conférence de rédaction du 7 janvier 2015. Elle en est l'unique morte sauf erreur de ma part (ces salauds qui disaient "on ne tue pas les femmes"...!). J'avais donc tenu à lire, pour le chroniquer [en tant que ta d loi du cine, squatter chez dasola], au moins l'un de ses livres (dont la 1ère édition était parue en 1998 - rédaction il y a près de 20 ans, donc). Et j'ai soigneusement procrastiné cette chronique - jusqu'à aujourd'hui (bien que l'ayant annoncée de longue date).

avant : P1000658 après (13/05/15): P1030689

Je garde de cette lecture le regret d'avoir constaté que "l'identité" de l'auteure ne change rien au fait que mes propres atomes crochus avec cette "discipline" que se veut la psychanalyse demeurent inexistants. Je n'aurais sûrement pas été au bout du bouquin n'étaient les circonstances. Je me suis astreint à lire ce livre qui a traîné des semaines et des mois dans la poche de mon anorak, et l'ai grignoté péniblement, 10 pages par 10 pages, lors de mes déplacements en métro. Longtemps, j'ai espéré un clin d'oeil montrant que l'auteur n'était au fond pas dupe de ce qu'elle écrivait: en vain, sauf erreur de ma part. Dupé par le titre, je suppose que j'attendais au moins un rapport lointain avec Et l'amour dans tout ça? (Kriss Graffiti et Chantal Pelletier)... [nettement plus allègre!] ou bien avec la série Mars et Vénus (de John Gray, avec déclinaisons au théâtre, en BD...)? Ici, nous avons (je crois) de la psy (chanalyse) pure et dure. Or ce n'est pas ma tasse de thé. A mon avis, Elsa Cayat semble avoir travaillé dans une direction qui l'amenait à étudier davantage le jeu des mots que les faits en jeu [pour ne pas dire "maux"]? On peut aussi remarquer que la plupart des associations syllabiques qu'elle détecte ne sont valables qu'en français, donc sans portée universelle...

Je le répète, il s'agit juste d'une absence d'écho chez moi, par rapport à la "psy" et à son jargon... Il est certain que des lecteurs plus branchés "psy" que moi peuvent lire avec grand intérêt ce livre, même si, j'en suis encore désolé, cela n'a pas été mon cas. Pour ne pas rester dans le négatif, j'en extrairais tout de même quelques citations qui ont attiré mon attention, comme p.81: il n'y a pas à être coupable, n'importe qui fait des erreurs, mais il y a à être responsable. Ce qui ne veut pas dire accepter cyniquement ses erreurs, comme le faisait, il n'y a pas si longtemps, un politicien, comme si on n'y était pour rien. Ou, p. 95: Effectivement l'homme aime son prochain comme lui-même, c'est-à-dire pas beaucoup parce qu'au fond il a du mal à s'aimer.

Au final, peut-être serais-je davantage intéressé par un recueil (posthume) de ses chroniques pour Charlie? Noël, ça fait vraiment chier! (octobre 2015) ne semble disponible dans aucune bibliothèque municipale parisienne... A suivre! [chroniqué le 07/12/2017]

*** Je suis Charlie ***

5 septembre 2016

Un petit boulot - Pascal Chaumeil

Après l'Arnacoeur, déjà avec Romain Duris en 2010, voici Un petit boulot, l'ultime film du réalisateur Pascal Chaumeil, décédé juste après la fin du tournage en 2015. Un petit boulot est adapté du roman éponyme de Iain Levinson (que je vous recommande). C'est Michel Blanc, qui joue un des personnage du film, qui a écrit l'adaptation et les dialogues. Dans le nord de la France, Jacques est chômeur depuis deux ans. Sans enfant et sa femme l'ayant quitté, Jacques a gardé néanmoins son pavillon pratiquement vide: les huissiers ont tout pris. Grâce à Tom (Gustave Kervern), un copain, il est employé dans une station-service. Cela lui laisse du temps pour travailler pour Gardot, le mafieux local. En effet, pour éponger ses dettes (il a perdu de l'argent au poker), Jacques accepte "dans un moment d'égarement" de devenir un tueur. Gardot lui demande d'éliminer sa femme, dont il a la preuve de l'infidélité. Ce premier "contrat" se passe bien, sauf que le chien de Cardot est abattu en même temps que l'épouse (un moment que j'ai trouvé aussi drôle que la scène du chat dans l'arbre dans Adam's Apples, même si la salle n'a pas trop ri). D’autres meurtres suivront, dont celui d’un inspecteur odieux chargé d'auditer les trois employés de la station-service (dont Jacques).
Les dialogues ciselés par Michel Blanc sont savoureux. Beaucoup de scènes ou de situations sont très drôles. Romain Duris barbu et chevelu est convaincant. Un film de fin d’été très sympa. Et cela donne envie de (re)lire le roman de Levison.
Lire le billet de Géraldine.

2 septembre 2016

Le fils de Jean - Philippe Lioret

J'ai trouvé très réussi Le fils de Jean, le nouveau film de Philippe Lioret (Welcome). Il comporte des moments drôles et émouvants, et l'ensemble dégage beaucoup de pudeur. En France, Matthieu travaille dans un service de com d'une société vendant des croquettes pour chiens. Suite à un coup de téléphone inattendu, Matthieu apprend que son père Canadien, dont il n'avait jamais entendu parler, même par sa mère, vient de mourir noyé dans un lac. Matthieu apprend par la même occasion l'existence de ses deux demi-frères Ben et Sam. Arrivé au Canada, il est accueilli par Pierre Lesage (Gabriel Arquand, exceptionnel), un médecin et le meilleur ami de son père décédé. Matthieu, séparé de sa femme et père d'un petit garçon, est très impatient de connaître ses deux frères. Sa quête l'entraîne de surprise en surprise que je ne vous dévoilerai pas. Les acteurs sont tous justes mais mention spéciales à Pierre Deladonchamps et surtout à l'acteur québecois Gabriel Arcand (le frère du réalisateur Denys Arcand) que j'avais apprécié dans Le Démantèlement. Le fils de Jean, très librement adapté du roman Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois, vaut la peine d'être vu.

30 août 2016

Moka - Frédéric Mermoud / Dernier train pour Busan - Sang-ho Yeon

J'ai été voir Moka de Frédéric Mermoud dans le cadre d'une avant-première juste après le 15 août. Il y avait un monde fou dans la salle, car il était annoncé que la projection se déroulerait en présence de l'équipe du film. En effet, l'équipe au complet (sauf Nathalie Baye) fut présente ... environ 4 minutes, le temps de dire que le tournage s'était bien passé. Les acteurs se sont bien entendus et Emmanuelle Devos tournait pour la deuxième fois avec le réalisateur. Il n'y a pas eu de place pour des questions. J'ai une fois de plus du mal à comprendre qu'on mobilise autant de monde pour si peu.

Toujours est-il que le film proprement dit ne casse pas trois pattes à un canard. L'histoire se passe alternativement entre la Suisse et la France (à Evian), au bord du lac Léman. Le paysage est photogénique, mais à part ça, pas grand-chose. Diane s'enfuit d'une maison de santé où elle est soignée depuis que son petit garçon a été tué par une voiture qui l'a écrasé sans le voir. Diane veut mener son enquête pour trouver qui était au volant de la voiture. Elle apprend rapidement que c'était une femme qui conduisait. Elle retrouve assez vite la voiture couleur "moka" qui a renversé son fils. Elle devient amie avec Marlène (Nathalie Baye), la présumée conductrice. Les échanges entre les deux femmes donnent un peu de vie à ce film qui en manque cruellement. Pas indispensable de voir ce film.

Je passe maintenant au film sud-coréen (encore un!) Dernier train pour Busan de Sang-ho Yeon. Il m'a beaucoup plu, mais il faut prévenir que ce film est interdit aux moins de 12 ans, car il y a des scènes qui peuvent faire peur. Un père divorcé (j'ai compris qu'il était trader) prend le train avec sa petite fille de 8 ans qui l'a pratiquement obligé à faire le voyage, car elle veut rejoindre sa mère à Busan. Le père est un homme qui ne pense qu'à lui et dont la devise est "chacun pour soi". Dans le wagon du père et de sa fille, il y aussi un homme un peu rustre et sa femme enceinte, deux soeurs dans la cinquantaine, un homme odieux, un groupe de jeunes joueurs de base-ball. Juste avant que le train démarre, une jeune femme un peu bizarre monte dans un wagon. Elle se transforme en zombie gesticulant et se met à attaquer tous les gens qu'elle croise en les mordant au cou. Les personnes mordues se transforment illico en zombies à leur tour. La contamination est rapide. Le train est forcé de s'arrêter dans différentes gares où il n'y a plus que des zombies. Dans les différents wagons, ceux qui ne sont pas encore contaminés commencent plus ou moins à s'entraider pour fuir la menace mais cela n'empêche pas que la plupart des "gentils" sont éliminés. Ce film d'horreur (en général, je ne vais pas voir ce genre de film) a été une très bonne surprise. Il y avait du monde dans la salle où je l'ai vu, et de la queue pour la séance d'après à ma sortie. Lire les billets de Pascale, ffred et Mr Vladdy.

27 août 2016

Une histoire de tout, ou presque... - Bill Bryson

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Pendant trois ans, Bill Bryson a potassé quantité de livres et de documents et s'est entretenu avec des scientifiques pour arriver à ce livre de presque 600 pages qui se lit comme un roman. Une histoire de tout, ou presque... (Editions Petite bibliothèque Payot) explique l'infiniment grand et petit, ou pourquoi l'océan Pacifique est moins salé que l'océan Atlantique. J'ai approfondi mes connaissance sur la tectonique des plaques: l'Afrique remonte vers le nord, l'Australie descend vers le pôle sud, etc. J'ai aussi appris que le parc de Yellowstone aux Etats-Unis était en fait un mégavolcan qui, s'il se réveillait, provoquerait un cataclysme inimaginable. J'ai encore appris que la lune qui a permis en partie la vie sur terre s'éloigne de notre planète de 3,75 cm par an. Le livre parle des atomes, des molécules, de la radioactivité, des dinosaures, de l'eau, de l'apparition de la vie sur terre, de nos ancêtres hominidés, de la datation de la terre, comment on a pu mesurer la distance entre la terre et le soleil, etc. Il évoque les centaines de scientifiques qui depuis Newton ont permis de faire connaître un peu les mystères de notre terre et ceux de l'univers. Ce livre de vulgarisation est très accessible, amusant, intéressant, distrayant, enrichissant, etc. Je vous conseille de le lire. Merci Mr Bryson.

PS: et on ne va pas me demander de rédiger d'autres phrases alors qu'il fait 28,5° chez moi ce 26 août au soir!

24 août 2016

Toni Erdmann - Maren Ade

Comme promis, voici un billet sur Toni Erdmann de Maren Ade. Ce film de 2H42 ne m'a pas emballée plus que cela. Déjà, après avoir vu la bande-annonce, j'ai eu des doutes qui se sont confirmés. Inès Conradi est une jeune femme allemande, consultante dans un cabinet d'audit sur l'externalisation de certaines tâches dans les entreprises. Sa mission se passe à Bucarest (qui m'a paru plus prospère que dans le film Sieranevada). Agée d'une trentaine d'années, Inès n'a pas d'enfant et n'est pas mariée même si elle un petit ami roumain. Mais elle a un père, Winfried, un homme facétieux qui se fait appeler Toni Erdmann, Il n'arrête pas de mettre et retirer un dentier qui ne l'avantage pas du tout. Pendant presque tout le film, on le verra, en plus de ses fausses dents, porter une perruque couleur marron foncé. Cela lui donne un air hirsute. Il s'immisce dans la vie de sa fille à l'occasion de l'anniversaire de cette dernière. Inès, une femme de caractère et très sérieuse (on ne la voit pas rire une fois) m'a semblé désarmée devant ce père envahissant. Elle reste souvent silencieuse en observant le comportement de son père. Au bout d'un moment, je me suis demandée s'il n'allait pas enfin laisser sa fille tranquille. J'ai noté deux ou trois scènes marquantes: une graveleuse, une où Inès chante pratiquement a capella et la séquence d'anthologie où Inès, n'étant pas à l'aise avec une robe très moulante, l'enlève et reçoit toute nue ses invités à qui elle demande de faire la même chose. J'ai vu ce film une fois mais je ne le reverrai pas, malgré les critiques dithyrambiques que je ne comprends pas. Dans la salle où j'étais, très peu de spectateurs ont ri.

Lire les billets d'Alain, Alex-6 et de Matchingpoints qui ont aimé et celui de Ffred qui a trouvé le film raté et trop long. Quant à Pascale, elle n'a pas aimé du tout ce film visuellement assez laid.

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