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18 septembre 2023

Harry Potter et l'ordre du phénix - J. K. Rowling (livre) / David Yates (film)

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Bon, c'est de justesse que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) réussis à finaliser un troisième billet dans la dernière ligne droite (troisième mois) pour les challenges estivaux (l'automne sera bientôt là): "Les épais de l'été" que j'organise chez dasola, et "Les pavés de l'été", organisé de son côté par Sibylline sur son blog. Je continue dans la saga de J. K. Rowling en traitant cette fois-ci son cinquième volet, après mon billet précédent sur Harry Potter et La Coupe de feu.

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J. K. Rowling, Harry Potter et l'Ordre du Phénix, Folio junior N°1364, 2003, 1032 pages. 
David Yates, Harry Potter et l'Ordre du Phénix, 2007, 138 minutes.  

P1160686Cette fois-ci, je vais commencer mon billet par le film (sorti en 2007 - et chroniqué par dasola à l'époque). Lors d'une belle journée estivale, Harry qui se trouve dans un square se fait embêter par son cousin Dudley et ses acolytes, lorsqu'éclate un orage soudain. Puis tout va très vite: en même pas 10 minutes (correspondant à peu près à 75 pages du livre), nous voici arrivés au repaire du fameux "Ordre du Phénix". À la suite de cela, Harry découvre les plaisirs du Ministère de la magie avant la rentrée à Poudlard (29 minutes / 240 pages). Vous dirai-je que la préfecture ne revient pas à qui l'attendait? Encore une fois, la personne qui doit enseigner la "défense contre les forces du mal" ne se révèle guère sympathique, que ce soit en terme d'encre ou de postulats en cours (et nous voilà à la 40e minute et vers la p.320). À l'initiative du Ministère, l'Inquisition débarque à Poudlard, cependant que tel ou tel de nos héros réagit en protestant. Mais Dumbledore fuit Harry, et son parrain lui donne le meilleur des conseils: "vous devez vous débrouiller seuls!" (50e minute - et différence avec le livre). Bisous à la 103e minute (p.544). Les leçons d'occlumancie comme l'attaque du serpent sont expédiés en quelques courtes séquences. Evasion collective d'Azkaban à la 76e minute (p.647), et évaporation de Dumbledore à la 82e (p.741). Mais la révolte contre la nouvelle direction de l'école éclate en feu d'artifice à la 92e minute: un grand moment à l'écran! La bande d'Harry investit le ministère après la 100e minute (p.912). Et ça cavale, et ça cavale. 

Au final, dans ce cinquième volet de la saga, il se passe et se dit plein de choses à l'écran. Avec une phrase pour 10 minutes de film, je ne vous ai presque rien dévoilé, hein! Moins qu'une bande-annonce en tout cas. Je rajouterai juste que la tête de Sirius dans le feu est traitée différemment que dans le 4ème film (qui n'était pas de Yates). Le concierge Rusard tient une place non négligeable dans ce film, avec quelques gags récurrents et muets. Pas de Quidditch dans cet opus cinématographique par contre. Les géants n'apparaissent pas non plus à l'écran (ou guère). Et, anecdotiquement, j'ai eu l'impression qu'Hermione confondait quotient intellectuel et sensibilité dans la scène montée?

P1160685À chaque fois que je relis la phrase "Ce n'est pas parce que tu as la capacité émotionnelle d'une cuillère à café qu'il en va de même pour tout le monde" (p.547), je rigole. Mon édition du livre, achetée d'occasion en 2007 et relue plusieurs fois depuis, a... vécu (pages et couverture cornées...). Ce long livre (1032 pages, le plus long des cinq alors parus) retrace comme les autres une année de Poudlard, mais une année plus difficile que jamais encore pour Harry. Il devra y subir la mort d'un proche (ce n'est pas la première fois bien sûr), mais il sera aussi en butte à une forme de persécution institutionnelle, alors que sa "célébrité" passée (l'enfant qui a permis naguère la disparition de Qui-vous-savez) se retourne contre lui (l'adolescent perturbé qui veut se rendre intéressant en faisant croire que Qui-vous-savez est de retour).

Et leurs hormones travaillent nos adolescents, même si Hermione-la-surdouée garde ici la tête la plus froide. Quand certains piliers de l'équipe de quidditch de Gryfondor se font interdire de jeu par mesure disciplinaire, Hermione se mêle du choix de leurs suppléants. C'est elle encore qui a l'idée d'organiser la résistance des élèves à la tyrannie, alors que l'Ordre du Phénix s'apparente davantage à un mouvement d'anciens combattants. À un moment, entre renvoi d'un enseignant, départ à l'hôpital d'un autre, et profil bas de la plupart, Harry se retrouve en manque de soutien adulte à Poudlard. Les séances d'examen des BUSE (brevet universel de sorcellerie élémentaire) sont longuement développées dans le livre: cette cinquième année est bien une année-charnière.

Il y a bien évidemment dans le livre des séquences, des explications, des scènes entières, qui sont dans le film traitées très elliptiquement voire pas du tout, comme la grande explication finale entre Harry et Dumbledore, dans le bureau de ce dernier, où Harry pique une véritable crise de nerf. On recroise le personnage de l'elfe Dobby, ainsi que le centaure Firenze jadis rencontré dans la Forêt interdite, alors qu'ils ne figurent pas dans le film. Le concierge Rusard se fend de discours venimeux. Harry a l'occasion de se demander s'il n'a pas quelque peu idéalisé son père. À la fin du livre, Harry doit une fois de plus retourner chez sa tante, son oncle et son cousin, mais ces derniers récoltent une mise en garde mémorable.

Et voilà... Je pense qu'il va s'agit de ma dernière participation pour 2023 aux challenges sur de gros livres. Au moins, j'aurai réussi à en publier une par mois. 

Dans le cadre des challenges "Pavé de l'été" de Brize (organisés entre 2012 et 2022), Tiphanie l'avait lu en VO dans le texte en 2013. 

Edit du 21/09/2023: Bon sang mais c'est bien sûr, Harry Potter peut aussi participer au 11e Challenge de l'imaginaire! cli11-02

16 septembre 2023

Mystère à Venise - Kenneth Branagh

Si vous allez voir le film Mystère à Venise d'après le roman d'Agatha Christie intitulé la Fête du potiron ou le Crime d'Halloween, oubliez le roman car le film n'est vraiment qu'une lointaine adaptation... C'est la troisième fois que Kenneth Branagh s'inspire d'un roman de la "reine du crime". L'intrigue se passe non pas en Angleterre mais dans la Cité des doges, dans un palais délabré et sinsitre où il semble se passer des phénomènes surnaturels. On entend même des voix d'enfants. La romancière Ariadne Oliver, l'amie d'Hercule Poirot qui est désormais à la retraite, le convainc de venir dans le palais pour participer à une séance de spiritisme qui pourrait révéler ce qui est arrivée à la fille de Rowena Drake, la maîtresse des lieux... On assiste à un véritable huis-clos horrifique avec des morts violentes. J'ai trouvé l'ambiance gothique accentuée par des mouvements de caméra un peu "too much", cela donne le tournis. J'ai appris par ailleurs qu'un certain miel peut donner des hallucinations voire tuer à petit feu. Concenant les acteurs, les rôles secondaires comme Camille Cottin (qui s'exprime très bien en anglais), Jude Hill (le jeune acteur de Belfast), Michèle Yeoh, Jamie Dornan, Kelly Reilly sont très bien. Quant à Kenneth Branagh, je le trouve de moins en moins crédible dans le rôle d'Hercule Poirot. Les dernières images montrent Venise filmée par un drone (enfin, c'est ce que je pense). On se rend compte que c'est une ville très étendue. Un film qui se laisse voir mais qui peut décevoir les admirateurs d'Agatha. Pour info, ce long-métrage a été coproduit par Ridley Scott. Lire les billets d'Henri Golant et Selenie.

14 septembre 2023

Dans la Bulle de Manou - Présentation de Manou (après son 500e commentaire sur le blog de dasola)

Près de trois ans après la dernière présentation d'une blogueuse ayant dépassé les 500 commentaires sur le blog de dasola, voici celle de Manou, qui s'est pliée au jeu pour nous parler de son blog "Dans la Bulle de Manou", un peu moins de 7 ans après son premier commentaire ici (il remonte au 9 novembre 2016), en répondant au questionnaire "sur mesure" que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) lui ai transmis en fin de semaine dernière. Les présentations sont donc désormais au nombre de huit (1), cependant qu'une autre blogueuse qui a franchi presque en même temps le "cap des 500" a été sollicitée en parallèle mais n'a pas répondu à ce jour.

Pour le moment, donc, honneur à Manou, qui disait dans son mail d'accompagnement qu'elle ignorait que les commentaires étaient comptabilisés aussi minutieusement sur le blog de Dasola, ne pas avoir répondu tout de suite car très occupée, ne pas avoir l'habitude de se livrer ainsi, "mais, à partir du moment où on écrit dans un blog, on se dévoile forcément déjà un peu (j'avais d'ailleurs répondu à des tags au début de mon blog pour faire plaisir à de jeunes blogueuses, ils sont toujours disponibles sur mon blog). Alors pourquoi refuser cette sympathique interview ! J'ai répondu sans trop réfléchir le plus sincèrement possible et comme d'habitude je suis un peu longue. Difficile de faire plus court !"

Merci à Manou pour ses réponses que vous pouvez découvrir ci-dessous (en bleu)!

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DanslaBulledeManou_2 Bonjour Manou, pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un lecteur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, ou bien les disponibilités en temps [de rédaction de billets comme de parcours de la blogosphère] pouvant varier avec l’âge, cette information a son importance)? 

Je peux donner mon âge sans problème, je n’ai aucune réserve à ce sujet.
J’ai 70 ans, je suis mariée, j’ai deux fils qui pour l’instant, m’ont donné trois merveilleux petits-enfants (entre 14 et 3 ans).
Je suis née en Provence et vis actuellement à la campagne dans un hameau au milieu des vignes, mais comme ce n’est pas un secret non plus, j’ai des origines auvergnates par mon père et provençales par ma mère et ma seconde région de cœur est donc le Velay où j’ai la chance d’avoir pu conserver la maison familiale. 

* Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ou l'art?

J’ai une maîtrise de Sciences Naturelles et si rien au départ ne me prédestinait à me diriger vers un métier littéraire, c’est en faisant du bénévolat dans une petite médiathèque de campagne que j’ai eu envie de passer le CAFB jeunesse et adulte qui m’a permis de travailler comme bibliothécaire. Puis ensuite, j’ai passé un CAPES de documentation et je suis donc entrée dans l’enseignement comme enseignante-documentaliste. Là j’ai exercé en collège et Lycée pro essentiellement et plus de la moitié de ma carrière en ZEP. 

* Parlons un peu de vous et de votre blog: Dans la bulle de Manou. Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer? Vous utilisez toujours la plateforme « overblog » (sur lequel vous l’aviez créé en avril 2012). Vous pouvez nous raconter l’histoire de cette création ? Pourquoi ce nom ? Quid de l’achat du nom de domaine ?

J’avais déjà créé plusieurs blogs essentiellement avec "wordpress" pour des projets précis avec des enseignants, ou des clubs de lecture et je connaissais donc bien la blogosphère. J’ai juste eu envie de rassembler mes lectures sur un seul support en mesurant tout ce que j’avais perdu de mes lectures passées. Ayant été nommée plus près de chez moi, faisant moins de trajets en voiture, j’avais davantage de temps pour moi, voilà donc pourquoi j’ai créé mon blog. J’ai choisi ce surnom parce que ma petite-fille dès qu’elle a su parler m’appelait Manou et j’ai trouvé cela tellement adorable que je lui ai en quelque sorte dédiée mon blog. Pour le nom de domaine, ce sont des blogueurs passionnés qui m’ont convaincu de le faire pour diverses raisons, et je ne le regrette pas. 

* Livres, découvertes, créations, voyages… De fait, les articles que l’on peut lire sur votre blog sont très diversifiés (aujourd’hui près d’une trentaine de « catégories », avec un regroupement dans six rubriques de la barre de menu). Etait-ce prévu dès le départ, ou vos centres d’intérêt bloguesques ont-ils évolué au fil du temps ?

Au départ, je voulais surtout garder une trace de mes lectures et je n’étais pas attirée du tout par les blogs uniquement littéraires donc je ne voulais pas que le mien soit littéraire. D’ailleurs les blogueuses et blogueurs littéraires « boudaient » mon blog qui ne leur paraissaient pas assez « sérieux », mais je n’ai pas renoncé, je voulais que mon blog soit le reflet de mes passions et j’ai toujours pensé que par d’autres sujets on pouvait atteindre des personnes non lectrices. Dès le début, durant l’année 2012, j’ai mis des articles sur les plantes, des photos sur mes balades, des recettes de cuisine et des articles sur les traditions provençales. Mais c’est surtout depuis que je suis à la retraite que je développe davantage en rédigeant des articles plus longs.
Avant, entre famille et travail, je ne disposais pas d’assez de temps. 

* Les grandes rubriques sont : voyages et balades ; plantes ; créations ; découvertes (paysages, patrimoine…) ; et bien entendu « bibliothèque ». Désormais, votre blog fait donc la part belle à la nature, aux plantes, aux oiseaux (et autres animaux !). Quel est votre but avec cet éclectisme ? Souhaitez-vous détailler, préciser ? Les lecteurs de votre blog semblent-ils réagir davantage à certains thèmes qu’à d’autres ?

Je n’ai pas de but précis, j’écris des articles en fonction de ma vie d’aujourd’hui, je m’adapte à mon quotidien, parfois cela fait des articles répétitifs comme les fleurs du jardin au printemps, par contre cette année je ne reparlerai pas des vendanges alors qu’elles ont commencé depuis 15 jours parce que j’ai d’autres sujets à partager. 
Les lecteurs de mon blog ne sont pas tous des lecteurs et je le dis assez souvent, ils ont le choix de ne commenter que les articles qui les intéressent vraiment, enfin c’est ce que je souhaite. 

* Vos aquarelles sont magnifiques. Depuis quand pratiquez-vous ? En autodidacte ou en l’ayant étudiée ?

Merci ! 
Cela ne fait pas longtemps… Comme je l’ai raconté d’ailleurs dans mon blog j’avais découvert la pratique de l’aquarelle lors de vacances pluvieuses en Bretagne avec un étudiant des Beaux-Arts qui avait proposé cette activité aux vacanciers. Mais je n’ai que rarement pratiqué ensuite. À ma retraite, j’ai suivi des cours pendant deux ans dans le cadre d’une activité MJC hebdomadaire, avec une enseignante formidable qui a su me donner confiance mais qui a arrêté son activité. Pour l’instant je n’envisage pas de trouver d’autres cours… peut-être des stages à l’occasion, qui sait ?

* Pour ce qui concerne les plantes : vous avez plusieurs potagers et vergers (confitures, gâteaux et autres plats en témoignent !), mais vous vous intéressez aussi aux plantes rencontrées en balade ? D’où vous viennent ces pratiques et cet intérêt ?

De mes études avant tout. Enfant j’ai toujours eu un jardin potager soit chez mes grands-parents soit chez mes parents car nous vivions en périphérie d’une petite ville et je m’amusais à planter comme les grandes personnes. En dehors de l’école je passais mes journées dehors dans la nature, je n’avais peur de rien… mais je ne m’intéressais pas de près à tout cela, je préférais jouer ! Mes études m’ont permis d’approfondir et je dois aussi beaucoup à mon mari qui est encore plus passionné que moi ! 

* La gourmandise : par hasard, le terme de « gourmande » serait-il signifiant ? Cuisinez-vous « pour vous » ou « pour les autres » ?

Je ne suis pas gourmande du tout ! Dans ma famille, nous avons toujours mangé simplement, très rarement fréquenté les restaurants par manque d’argent. J’ai gardé ces habitudes-là. Je cuisine pour partager avec les autres et faire plaisir et aussi pour savoir ce que j’ai dans mon assiette. Je préfère sélectionner rigoureusement ce que je mange car je fuis la malbouffe et la nourriture toute faite, mais je ne fais jamais rien de compliqué car je ne veux pas passer toute une matinée en cuisine pour autant. 

* En ce qui concerne la rubrique « La bibliothèque de Manou » (vos lectures), votre blog ne comporte pas d’index par nom d’auteur ? Pourquoi ce choix ?

Parce que ce n’est pas un blog littéraire. Si quelqu’un veut savoir si j’ai lu tel auteur, il lui suffit de taper le nom dans le moteur interne du blog (qui n’est pas toujours bien précis, je le sais mais c’est ainsi).

* En moyenne et à titre indicatif, combien lisez-vous de bouquins par mois? 

Une dizaine selon l’épaisseur, l’intérêt, la saison et la présence des membres de ma famille ou pas.

* Débroussailler le champ immense des lectures possibles, faire partager vos émotions de lectures…?

Je choisis souvent mes lectures au feeling, en me baladant dans les rayons des deux médiathèques que je fréquente ou en suivant le conseil des bibliothécaires. Je suis souvent les conseils des autres blogueurs, je fais partie d’un club de lecteurs et je note des titres qui m’intéressent que parfois je lirai des années après. Je suis aussi les conseils des libraires à l’occasion, ou je choisis en fonction des articles lus dans les médias ou sur Babelio. 

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie? Vous dites que, aimant les livres, vous avez eu la chance d’en faire votre métier : pouvez-vous préciser ici ?

Oui la lecture tient une place importante dans ma vie depuis que je sais lire. Elle permet de voyager, de rêver, de sortir de la réalité quotidienne bien mieux que l’image. Elle permet aussi d’apprendre sur nous et sur les autres.
J’ai expliqué comment j’avais pu exercer un métier autour des livres mais c’est vrai que je n’ai pas dit pourquoi. En fait je n’y songeais pas au départ, mais ayant des envies très diverses, je pense que si j’avais exercé un autre métier qui ne fasse appel qu’à une seule de mes compétences je me serais ennuyée… l’idée de travailler autour des livres s’est imposée à moi par chance, je peux le dire car c’est en rencontrant des personnes inconnues dans un lieu où je n’aurais pas dû me trouver que j’ai découvert que c’était cela que je voulais faire au fond de moi depuis des années… une sorte de révélation qui a changé ma vie.  

* Combien de temps consacrez-vous à la lecture chaque jour?

Cela dépend, en été au minimum 1 heure le soir… sinon ça me manque. En hiver, beaucoup plus. 

* Salons du livre, rencontres avec les auteurs et séances de dédicaces … Les recherchez-vous? 

Plus du tout maintenant, j’en ai beaucoup trop fréquenté durant mes années professionnelles. Mais si ces manifestations ont lieu près de chez moi, si je ne connais pas l’auteur par exemple, ma curiosité peut me pousser à y aller. Mais j’achète peu de livres. 

* Quelle blogueuse êtes-vous ? Challenges, Défi, tag, swap… Il y en a sans doute trop pour participer à tous, et du coup vous ne souhaitez sans doute pas participer à l’un et non à l’autre… Mais est-ce que cela, à votre avis, peut inciter à lire un livre plutôt qu’un autre ?

Au début de mon blog, je m’étais laissé tenter (certains tags ou défis lecture ou autres sont encore en ligne sur mon blog), et puis j’ai découvert que cela m’enfermait dans une contrainte qui ne me correspondait pas, donc j’ai arrêté. Pourtant certains sont très intéressants et me permettraient en effet de lire d’autres auteurs… Je participe seulement et encore pas tout le temps au défi de Céline ["Avec vos 10 doigts", blog aquarellement vôtre, NDLR] qui propose un sujet d’aquarelle car cela me permet de travailler un sujet auquel je n’aurais pas forcément pensé ! 

* Votre endroit favori pour lire?

Chez moi; je déteste lire dans un lieu public y compris dans une bibliothèque, tout comme dans la nature, je n’arrive pas à me concentrer sur ma lecture ! Je ne pourrais pas lire un roman dans un train par exemple… 

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique? Vous avez un certain nombre de billets sur des livres lus en e-book, ou (beaucoup plus rarement) en audiolivres : que diriez-vous sur ces « modes » de lectures-là ?

Je suis plutôt livres papier mais j’accepte de temps en temps de lire en e-book en vacances. Si les audiolivres avaient existé lorsque je faisais 1 heure de trajets matin et soir pour aller travailler, j’en aurais été une très grande consommatrice. Actuellement, je trouve rarement le temps et le lieu pour écouter tranquillement un livre, mais je suis certaine que la vie m’en donnera l’occasion un jour. 

* Comment choisissez-vous vos lectures? (bouche-à-oreille, cadeau, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un auteur – vraiment – préféré?

Je viens de donner la réponse quant à ma façon de choisir. 
Je n’ai pas un genre favori parce que mes lectures varient en fonction de mon humeur, de mon degré de concentration et de mes envies du moment.
Je n’ai pas un auteur préféré mais quand je découvre ou redécouvre un auteur comme je l’ai fait cette année avec René Frégni, j’aime approfondir en lisant plusieurs de ses œuvres…  

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

À l’ambiance avant tout, aux émotions que les mots suscitent en moi, à l’analyse psychologique des personnages. Dès les premières pages, je sais si je vais aimer ou pas une lecture. 

* Offrez-vous des livres? Si oui comment les choisissez-vous?

J’offre beaucoup de livres et je les choisis en fonction des goûts des personnes à qui je les offre. 

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que vous avez pu lire?

J’ai été très marquée par ma découverte des écrits d’Alexandra David-Neel. À sa mort j’étais adolescente et je n’aimais lire que de la SF en dehors de ce que les enseignants nous donnaient à lire. 
Mon professeur de français nous avait conseillé de découvrir son récit Voyage d’une Parisienne à Llassa. Je n’en revenais pas ! 

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* Pourquoi celui-ci?

Je crois qu’il a ouvert mon monde sur des possibles… et que j’ai dû penser «alors les femmes peuvent faire tout cela »… ensuite j’ai lu Colette, Simone de Beauvoir, puis Annie Ernaux et beaucoup d’autres auteurs femmes que j’ai lues pendant des années ! 

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente? 

Aucun mauvais souvenir, je lisais beaucoup…et j’aimais lire ! 
Enfant j’étais une adepte des albums de « Caroline » (pas des « Martine » que je détestais !). Je n’avais pas beaucoup de livres alors je les connaissais par cœur et plus grande les « clubs des cinq » ont bercé mes vacances, ce n’est pas original. Mais je me souviens en sixième de ma découverte de George Sand, un auteur que j’ai abandonné à l’adolescence pour ne jamais cesser de la lire ou la relire ensuite. Puis de ma découverte de la SF et de Lovecraft que je dévorais tout en lisant en parallèle tous les Prévert qui me tombaient sous la main, déjà… je ne pouvais pas choisir entre les deux ! C’est amusant ! 

* Comme d’autres «dévoreuses de bouquins», êtes-vous vous aussi tentée par l’écriture?

Absolument pas. Malgré les apparences je n’aime pas parler de moi et tout écrivain parle d’abord de lui. Mais j’aime écrire dans mon blog, c’est stimulant intellectuellement !

* Suivez-vous les statistiques de votre blog? Avez-vous une idée du nombre de vos visiteurs?

Je ne suis pas particulièrement ces statistiques mais sur overblog elles s’affichent sur le tableau de bord à l’ouverture de l’administration, donc je ne peux que les voir ! 
Alors depuis la création de mon blog, j’ai eu 4 469 657 visiteurs (je prends le chiffre exact de ce jour). 

* Et pour rester dans les chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour ?

Je n’ai jamais dévoilé ces chiffres qui me semblent peu importants. Par jour en moyenne j’ai 1000 visites actuellement, des chiffres en baisse ces dernières années surtout depuis le COVID. 

* Vous rappelez-vous comment vous aviez découvert le blog de Dasola? (réponse facultative!)

Honnêtement, pas précisément… Mais je sais que dans la colonne de droite de son blog il y a la date de mon premier commentaire ! Je crois que c’est elle qui est venue la première sur mon blog, sans doute par l’intermédiaire d’une autre blogueuse, peut-être de Miss Fujii ( ?) qui ne publie plus à présent. Je n’en garde aucun souvenir précis mais si je suis revenue c’est que j’ai aimé lire ses présentations de films (car j’allais beaucoup au cinéma avant) et de polars…

* La question suggérée par Dominique: "êtes-vous parfois tentée d'arrêter le blog?"

Pour l’instant non, j’ai été tentée d’aller sur d’autres réseaux mais j’avais peur que cela devienne beaucoup trop chronophage et je voulais continuer à pouvoir visiter mes blogs préférés en personnalisant mes commentaires et surtout à avoir une vie à côté du blog ! 

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

Et bien par exemple pourquoi j’ai accepté de répondre à cette interview, moi qui n’aime pas me mettre en avant, ne raconte jamais ma vie privée sur mon blog, seulement mes balades, qui ne montre pas de photos de mes proches, ne raconte rien d’important finalement…
Et bien ma réponse c’est que cela me fait sortir de ma zone de confort, de ma fameuse « bulle » et que parfois c’est sympa d’être forcée de le faire de manière inattendue…
Merci de m’avoir demandé de le faire donc ! 

 DanslaBulledeManou

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(1) Ci-dessous les sept témoignages précédents (avec leur nombre de commentaires lorsqu'elles-ils avaient témoigné, et aujourd'hui):
Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017 (500 => 676)
Aifelle (le goût des livres) le 25 octobre 2017 (750 => 1179), 
Maggie (Mille et un classiques) le 12 août 2018 (600 => 921) 
Ffred (le ciné de Fred) le 23 octobre 2018 (500 => 540 / en pause depuis septembre 2021).

Keisha (en lisant en voyageant) le 26 avril 2019 (500 => 709)
Matching points "pour les femmes mais pas seulement" le 12 mai 2020 (500 => 609 / viennent d'"arrêter leur aventure du blog")
Alex-mot-à-mots (Mot-à-mots) le 23 novembre 2020 (500 => 624)

Une blogueuse ayant décliné l'invitation à répondre après son 500e commentaire sera de nouveau sollicitée pour son 600e, puis en cas de nouveau refus pour son 750e... Jusqu'à présent, il n'a jamais fallu attendre le 1000e commentaire pour une quatrième sollicitation!

12 septembre 2023

Toni, en famille - Nathan Ambrosioni / Anti-squat - Nicolas Silhol

Dans la même soirée, j'ai vu  deux films français, Toni, en famille et Anti-Squat. Le premier m'a un peu déçue, le second m'a beaucoup plu. 

Toni, en famille, réalisé par un jeune réalisateur de 24 ans (Nathan Ambrosioni), raconte pendant une heure trente, une année dans la vie de Toni (Antonia), mère de  cinq enfants, trois filles et deux garçons. On saura tard ce qu'est devenu le père. Toni est totalement dévouée à ses enfants. Je me suis demandée pendant un moment, quels étaient ses revenus. A priori, elle reçoit quelques aides de l'état et vingt ans plus tôt, elle a connu le succès en chantant une chanson qui a eu une certaine notoriété et qui lui a permis d'épargner pour les études de ses enfants. De temps en temps, le soir, elle chante encore. Mathilde et Marcus, les deux enfants aînés, vont passer le bac. Parmi les trois plus jeunes, il y a Timothée, un enfant hyper sensible qui a des problèmes de comportement. Toni, elle, s'interroge sur son avenir à elle. A 42 ans, elle voudrait donner une nouvelle orientation à sa vie. Pourquoi pas, devenir enseignante. Quand je dis que j'ai été un peu déçue, c'est que j'ai trouvé que le film manquait de rythme, il ne se passe pas grand-chose. C'est dommage car Camille Cottin qui joue Toni est très bien. Lire le billet de Selenie.

Je passe à Anti-Squat de Nicolas Silhol dont le sujet m'a fait penser au Marchand de sable. Inès (Louise Bourgoin, très bien) et son fils Adam, âgé de 14 ans, doivent être expulsés de leur appartement. Elle postule dans l'entreprise Anti-Squat qui, comme le nom l'indique, propose d'héberger des personnes en mal de logement. Ils deviennent des résidents contre deux cents euros par mois, dans des bâtiments inoccupés. C'est pour éviter les squatteurs et les dégradations. Les règles sont très strictes (pas d'enfant, pas d'animaux, ne pas être absent plus de deux jours, pas de fête, ne pas inviter plus de deux personnes) et par ailleurs, on demande aux résidents qui peuvent être "virés" du jour au lendemain d'entretenir les parties communes, voire d'effectuer des travaux. Il n'y a pas de petits profits. Il y a des caméras de surveillance partout. Inès vit sur place avec les résidents dans un immeuble de bureaux très loin de tout. Prise à l'essai pour deux mois, c'est elle qui choisit les résidents. Elle est tiraillée entre les exigences de fermeté de son chef, l'attitude de défiance des résidents, l'incompréhension de son fils Adam face à ce que fait sa mère et enfin l'intrusion d'une société de gardiennage qui voit d'un mauvais oeil la concurrence d'Anti-Squat. Je ne vous dirai pas comment tout cela se termine, si ce n'est qu'un spectateur a trouvé la fin amorale. J'ai énormément aimé ce film qui dénonce le détournement et la dérive de la loi "Elan". "Construire plus de logements, simplifier les normes, protéger les plus fragiles et mettre les transitions énergétique et numérique au service des habitants : telle est l'ambition de la loi Elan (évolution du logement, de l'aménagement et du numérique), promulguée le 23 novembre 2018". Lire le billet de Selenie.

8 septembre 2023

De sang et d'acier - Harald Gilbers

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Je viens de terminer le sixième roman d'Harald Gilbers, De sang et d'acier (Edition Calmann Levy, 410 pages haletantes et instructives). J'ai été contente de. retrouver le commissaire Richard Oppenheimer en juin, juillet et août 1948 à Berlin, où se précise le fait que l'Allemagne va de plus en plus être coupée en deux, avec une partie soviétique et une partie occidentale irréconciliable. A Berlin, les zones américaine, britannique et française sont une enclave occidentale isolée au mileu de la partie de soviétique. Un mur virtuel est dressé entre les deux blocs. Même si le conflit mondial est terminé depuis trois ans, la ville n'est pas encore reconstruite, et les Berlinois sont toujours en manque de nourriture. Les rations sont maigres malgré le marché noir. Le commissaire vit avec sa femme dans la partie américaine, mais le poste de police où il est affecté est en zone soviétique. Par ailleurs, une réforme monétaire est à l'ordre du jour avec la disparition du reichsmark au profit du deutsche mark, mais à Berlin c'est un peu compliqué, car les soviétiques mettent en circulation un mark est-allemand. Du jour au lendemain, Oppenheimer est suspendu de ses fonctions dans la zone soviétique. Heureusement, il va trouver un nouveau poste dans la police côté occidental. C'est en 1948 que la première scission notable entre l'Est et l'Ouest se fait sentir dans les services de police et les forces de l'ordre, alors que les Berlinois peuvent circuler librement d'une zone à l'autre (jusqu'en 1961). Et on commence à entendre les avions cargo américains et britanniques qui ravitaillent les Berlinois. Pour en venir à l'intrigue policière, des corps d'hommes démembrés et empaillés sont trouvés dans Berlin, et dans la zone soviétique et dans la zone britannique. Malgré l'hostilité entre services, Oppenheimer va pouvoir enquêter avec des collègues est-berlinois. Je ne dirai rien d'autre à part que le meurtrier est une femme et qu'un journaliste en quête de sensationnel risque sa vie. Si vous n'avez pas lu les cinq premières enquêtes d'Oppenheimer, ce n'est pas grave. Ce roman que je vous conseille se lit indépendamment, mais il vous donnera envie peut-être de lire les romans précédents. Je vous conseille déjà le premier, Germania, qui se passe en 1944.

PS du 12/09/2023: pour répondre à l'interrogation d'Alex-mot-à-mots, il y a six romans et donc six enquêtes entre 1944 et 1948.

7 septembre 2023

La vilaine veuve (Nice, le procès oublié) - Robert McLiam Wilson

Après celui sur les retraites, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente ce mois-ci le petit "Hors-série" noir de Charlie Hebdo sur le procès de l'attentat de Nice, titré La vilaine veuve. Je l'avais acheté en kiosque, à peu près à la même date que l'autre hors-série, en janvier 2023. 

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La vilaine veuve. Nice, le procès oublié. Robert McLiam Wilson (traduit de l'anglais par Myriam Anderson), Hors-série N°2H, 80 pages, 5 euros.

À la fin de l'année 2022 s'est tenu le procès concernant l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, qui avait fait 86 morts dont 15 enfants et plus de 400 blessés, écrasés par un camion conduit par un seul homme, finalement abattu (attentat revendiqué par Daech deux jours plus tard). Huit personnes de l'entourage du terroriste sont accusées d'avoir été complices dasn la préparation de l'attentat, de lui avoir fourni des armes ou d'avoir joué le rôle d'intermédiaire quand il cherchait à s'en procurer, d'avoir donc été au courant de son projet (il se serait radicalisé très rapidement, alors qu'il n'était pas religieux antérieurement)... 

Robert McLiam Wilson a couvert le procès pour le compte de Charlie Hebdo, où il a chaque semaine publié un article. Il y parle des parties civiles, des avocats, des juges, des accusés... à hauteur humaine. Il explique aussi avoir souvent éprouvé le besoin de se réfugier dans la boisson alcoolisée, seul ou en compagnie, pour supporter ces dures journées de procès. Il est plutôt féroce pour les hommes politiques qui viennent témoigner: Christian Estrosi, maire de Nice à l'époque; François Hollande, Président à l'époque, qui, semble-t-il, utilise les mêmes mots déjà servis lors des procès précédents (attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher en janvier 2015, attentat du Bataclan et des terrasses le 13 novembre 2015...): "quand il y a un attentat, il y a un échec" (p.32). 

Du coup, ce hors-série n'est pas seulement un récit chronologique d'un procès. Les "angles" sont diversifiés. Au fil des semaines, des témoignages, des choses difficiles à supporter sont évoquées: les vautours dépouillant, sur la chaussée même, les victimes (mortes ou blessées) de leurs téléphones portables; des prélèvements d'organes effectués sur les cadavres à l'insu des familles (pendant des "autopsies inutiles et cruelles" [p.68])... Robert McLiam Wilson est parfois amer sur le fait que ce procès, qui se tenait à Paris, a semblé drainer moins de public que les procès précédents: parce que les victimes étaient niçoises? Il s'est même déplacé pour un reportage de quatre jours à Nice. 

Dans l'un des chapitres, il remarque en passant que les journalistes qui couvrent le procès sont, pour la plupart, de jeunes femmes. Dans un autre, que le cumul de la représentation de nombreuses parties civiles (même si "ça ne fait pas grand-chose par client", p.69) peut constituer une "bonne affaire" pour certains avocats, avec l'aide juridictionnelle payé aux frais du contribuable. Je me permets aussi de citer le blog Ça passe crème de Thierry Vimal, qui a perdu sa fille de 12 ans lors de l'attentat (je l'ai découvert grâce à Robert McLiam Wilson qui l'évoque p.24): un style particulier, une scansion courte... et de longs textes.

J'ai apprécié la sorte d'anathème qui fait que (sauf ereur de ma part) l'identité exacte du chauffeur cinglé n'est nulle part écrite dans ce hors-série: l'"oubliable connard" qui a loué un camion et l'a conduit en zigzag pour faire le plus de victimes possibles est juste évoqué par un surnom, "Momo" (j'approuve cette damnatio memoriae). Et Robert McLiam Wilson n'est certes pas tendre avec une quelconque excuse liée aux antécédents familiaux du terroriste (p.41: "Unanimement, c'est le père, rustique et ratatiné, qu'on tient pour responsable. Le pauvre Momo aurait souvent été battu. il était pauvre, n'avait pas de jolis habits. Membre méprisé d'une famille qu'on prenait de haut. Moi pareil, mec. Et après, j'ai fait Cambridge.").

Autre citation: p.59, il demande à des témoins parties civiles ce qu'ils pensent des témoignages des accusés. "Ils se foutent de nous", a soufflé Jacques, d'une voix basse et tendue. Et Marie-Claude de l'interrompre (comme souvent, c'est leur manière). Ça, on pouvait s'y attendre, dit-elle. Mais n'oublie pas, le lendemain de l'attentat, ils ont rouvert les plages. Ça, c'est du vrai foutage de gueule." 

Après avoir lu ce hors-série pour la première fois, j'avais noté deux mots: brut. Brutal. En tout cas, Robert McLiam Wilson sait écrire (même si je ne connais pas sa "version originale", je suppose que la traduction se fait "au plus près"). Le titre du recueil, "La vilaine veuve", est utilisé comme une expression usuelle dès la page 4 (introduction), où il rappelle que dès 2016, il remarquait que cet attentat de Nice était moins inscrit dans la mémoire collective que ses prédécesseurs parisiens ou d'autres: "L'attentat de Nice fait tapisserie parmi les attentats terroristes en France des dix dernières années. Oui, c'est vraiment la vilaine veuve". Mais je n'ai pas la référence de cette expression. Anglicisme, peut-être, citation biblique, ou autre? Je ne sais pas...

Pour le Hors-série signé Gilles Raveaud, je m'étais vaguement demandé s'il s'agissait de la reprise de chroniques passées, d'une rédaction originale, ou d'un mixte des deux, mais je n'avais pas creusé plus que cela. Pour La vilaine veuve, où j'avais réellement eu une impression de "déjà-lu", j'ai pu vérifier la parfaite concordance avec les chroniques hebdomadaires dans Charlie. Ainsi, les deux articles publiés p.15 du N°1573 du 14/09/2022 correspondent aux p.7 à 9 et 10-11 du Hors-série. L'hebdo y ajoutait deux dessins de Biche. Les N°1586 du 14/12/2022 (p.10) et 1587 du 21/12/2022 (p.10 aussi) correspondent exactement à l'avant dernier chapitre (pp.71-75) et au dernier (p.76-80). Les 16 chapitres (dont l'introduction) doivent donc correspondre, je suppose, aux 16 numéros (1572-1587), même si je n'ai pas fait la vérification exhaustive).

Quelques mots concernant l'auteur. La page wikipedia le concernant (consultée le 6 septembre 2023) signale que "Robert McLiam Wilson est contributeur à Charlie Hebdo depuis fin janvier 2016. Son premier article a été publié le 20 février 2016". Il est aussi écrivain, et j'ai commencé à lire Ripley Bogle (360 pages), mais mes disponibilités en temps de lecture ne me permettaient pas de le chroniquer pour ce mois-ci. Je me souviens en tout cas que, lors du confinement, Robert McLiam Wilson avait rédigé un article sur le développement des livraisons à vélo de nourriture à vélo (Uber Eat, et autres), et je me rappelle son anecdote rédigée drôlement quand il expliquait avoir vu passer un (et un seul) de ces "forçats de la rue" [l'expression est de moi!] de type caucasien, mais ne pas avoir réussi à le rattraper pour l'interviewer... 

Enfin, je signale que le Hors-série peut toujours être commandé sur le site du journal (boutique). Yannick Haenel en avait fait une présentation en interviewant l'auteur dans le N°1590 du 11/01/2023.

PS: sans rapport avec le sujet de l'article, je signale aussi que j'ai bien apprécié que, cet été 2023, Charlie republie chaque semaine (dans sa série "un été avec..." qui rend hommage chaque année à un de leurs "anciens") des chroniques de Bernard Maris: salutaires... 

*** Je suis Charlie ***

5 septembre 2023

Leur domaine - Jo Nesbo

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Après Ingannmic qui en parle très bien, je voudrais recommander Leur domaine du romancier norvégien Jo Nesbo (Folio policier, 687 pages asphyxiantes). Ce n'est pas un thriller, c'est un roman très noir où des cadavres s'amoncellent pendant des décennies. Roy et Carl Opgard, deux frères, sont réunis par une relation très trouble depuis leur enfance, avant même que leurs parents décèdent. Ils sont tombés avec leur cadillac dans un ravin près de la ferme familiale quand Roy et Carl avaient respectivement 17 et 16 ans. C'est l'histoire de deux frères unis contre tous les autres. Partis pendant 15 ans pour faire des études à l'étranger, Carl revient aux bras d'une jeune architecte appelée Sharon, native de la Barbade. Roy, le narrateur, qui tient une station-service, tombe amoureux fou de Sharon. On découvre que Carl est un magouilleur et beau parleur et un être violent qui a l'ambition (avec Sharon) de construire un hôtel avec un Spa dans la bourgade voisine. Pour ce faire, il arrive à convaincre presque tous les habitants d'investir dans ce projet. Bien entendu, rien n'avance et un incendie malheureux va compromettre la construction de l'édifice. Au fur et à mesure que le récit se déroule, des personnes meurent dans de tragiques "accidents". On sait qui sont les coupables qui arrivent à s'en tirer et pourquoi ils le font. Quand le roman s'achève, on ne sait pas ce que vont devenir certains personnages. J'ai aimé la manière dont Nesbo fait avancer son récit où rien n'est laissé au hasard. La mécanique est bien huilée. Tout progresse inexorablement. Un long roman qu'on ne lâche pas avant la fin.

 C'était ma cinquième particpation aux challenges "Les épais de l'été 2023" et "Pavés de l'été 2023".

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[Challenge Les épais de l'été 2023, organisé chez dasola par ta d loi du cine]


[Challenge Pavés de l'été 2023 chez sibylline] 

2 septembre 2023

Equalizer 3 - Antoine Fuqua / Retribution - Nimrod Antal

Voici deux films d'action qui font passer un (bon) moment. Je commence par Retribution avec Liam Neeson. L'histoire se passe à Berlin de nos jours. Matt Turner est un homme d'affaires aisé, très pris par son travail. Marié, il a deux enfants. Sa femme lui demande instamment d'emmener Zach et Emily à leur école car ella a un rendez-vous par ailleurs. Le trio prend le SUV familial. Sur la route, Matt, qui est un homme connecté, passe au moins un coup de fil. Peu de temps après, une sonnerie d'un téléphone inconnu se fait entendre. Une voix étrange lui fait savoir que s'il n'obéit pas à ses demandes, une bombe placée sous son siège va exploser. Il doit continuer de rouler. On lui communique une adresse puis une autre. Deux de ses collaborateurs vont connaitre une fin explosive. J'avoue que j'ai deviné qui était le méchant de l'histoire. C'est à la toute fin que l'on connait ses motivations. C'est un film où il n'y a pas de "baston" mais quelques explosions. Cela se laisse voir. Lire le billet d'Henri Golant.

Je passe à Equalizer 3 d'Antoine Fuqua que j'ai vu dans une grande salle pleine. On sentait que les spectateurs savaient à quoi ils allaient assister. On retrouve avec plaisir Robert McCall (Denzel Washington), ancien agent des Marines et de la DIA à la retraite mais qui continue à être un tueur hors pair dès qu'il s'agit d'éliminer des très très méchants. L'histoire se passe en Italie, dans la région de Naples et sur la côte amalfitaine. Quand le film débute en Sicile, McCall vient de faire le "ménage" dans une propriété vinicole qui servait de paravent à un trafic de drogue. Blessé par balle, il est soigné par un médecin dans un village tout en hauteur au bord de la mer. Rien que pour le village qui est de toute beauté, cela vaut la peine de voir le film. McCall s'installe à demeure dans ce village tranquille de prime abord mais qui est convoité par la mafia locale. Des commerçants sont victimes de racket. Bien entendu McCall, très tranquillement, va éliminer toute branche de la Camorra jusqu'à Naples. Malgré les nombreux cadavres, il y a de l'humour car McCall reste très zen. C'est assez jouissif. Il semble que ce film sera le dernier de la série. J'espère que non. Je me suis bien divertie. 

30 août 2023

Pauline - Alexandre Dumas

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Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) suis encore dans les temps pour une nouvelle participation au thème d'août 2023 (Dickens vs Dumas) du challenge "Les classiques c'est fantastique" de Moka et Fanny. Bien entendu, je peux aussi inscrire le présent billet au challenge "2023 sera classique" co-organisé par Nathalie et Blandine). Le titre que j'ai choisi de chroniquer après l'avoir lu pour la première fois en 2023, c'est Pauline d'Alexandre Dumas, ouvrage dont j'ignorais même l'existence avant de lire en 2022 quelques billets le concernant sur la blogosphère. Je précise qu'Alexandre Dumas, avec ses "classiques" que j'ai lus et relus depuis mon enfance, occupe déjà un rayonnage entier de ma pochothèque, mais je n'y ai donc pas pioché... 

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Pauline, Alexandre Dumas, Folio classique N°3968, 2002, 241 pages

Cette édition bénéficie d'une présentation complète du roman par Anne-Marie Callet-Bianco, notamment dans une préface de 18 pages qui vous dit tout ce qu'il y a à savoir dessus. Le "dossier", lui, commence p.209 (biographie chronologique de Dumas, notice littéraire, bibliographie, notes...). Le texte proprement dit de Pauline occupe donc 182 pages.

Ce roman, l'un des premiers de Dumas, a été publié en 1838 alors qu'il était déjà un auteur de théâtre reconnu depuis près d'une décennie. Je n'y ai pas trouvé beaucoup des péripéties épiques ni des dialogues flamboyants du roman-feuilleton qu'il développera dans les années 1840 (avec ou sans la collaboration d'Auguste Maquet).

Pauline comporte plusieurs récits enchâssés. D'abord ce qui apparaît comme une péripétie d'un voyage de l'auteur rapporté à la première personne (Dumas a publié en 1837 des Impressions de voyage en Suisse, récit basé sur un voyage réellement effectué en 1832, et paru dans différents journaux en 1833 puis en 1837, mais dont je ne sais trop s'il y mêlait déjà réalité et fiction?). Le roman débute avec l'arrivée dans une salle d'armes où le narrateur initial (Dumas, donc) se trouve, d'un personnage (un certain... Alfred de Nerval) dont l'auteur nous dit l'avoir croisé à plusieurs reprises lors de son voyage, en compagnie d'une femme mystérieuse, mais sans avoir pu lui parler. Lors du "souper" (dîner?) qui suit, Alfred raconte à Alexandre ses tribulations. Première phrase: "Tu sais, me dit Alfred, que j'étudiais la peinture lorsque mon brave homme d'oncle mourut et nous laissa à ma soeur et à moi chacun trente mille livres de rente".

Voilà une phrase qui suffit à me faire rêver, moi lecteur de 2023: un revenu de trente mille francs-or par an: pas trop nécessaire, avec un tel viatique, de gagner son pain quotidien à la sueur de son front. Cela pose le décor: on ne va sans doute pas nous parler de traîne-misère. p.42, Alfred, qui a aussi des talents de marin, navigue en solitaire en Normandie à bord d'une barque à la recherche d'un paysage pittoresque, qu'il trouve sous la forme d'une abbaye en ruine jouxtant un château. Château qui se trouve par hasard appartenant à l'époux d'une femme jadis aimée par Alfred (la fameuse Pauline). Femme qui, paraît-il, vient malheureusement d'être assassinée dans le parc dudit château. Bien entendu, rien n'est simple ni limpide. Page 84, Pauline commence à raconter son histoire à Alfred (il l'a sauvée et ils sont alors installés en Angleterre comme frère et soeur grâce à un faux passeport), ce qui les occupe jusqu'à la p. 167. Le "méchant" (l'époux, bien sûr), c'est un certain Horace de Beuzeval, au demeurant parfait homme du monde, et qu'Alfred se fera un plaisir de tuer en duel p.194, peu avant la mort de Pauline (la vraie, cette fois-ci).

Voilà je vous ai tout dit (pirouette!). Si vous voulez connaître les détails de l'histoire, et surtout juger vous-même du caractère de notre jeune Pauline, que, je dois dire, j'ai trouvé sacrément "nunuche" (une jeune fille noble du XIXe siècle, pieuse et bien élevée et tout et tout...), à vous d'avoir la curiosité de lire cette oeuvre romantique et gothique à la fois (il n'y a pas de vampires, mais on y trouve des brigands, des morts violentes et une jeune innocente).

Et qu'on ne vienne pas me dire que "j'ai tout dit" dans un résumé de quelques lignes: je ne vois certainement pas en quoi "connaître en gros l'histoire" empêche de savourer la lecture d'un livre comme la vision d'un film: à ce compte-là, il faudrait se boucher les oreilles et les yeux pour systématiquement arriver "vierge" devant toute oeuvre avec laquelle on souhaite se distraire quelques heures, ou s'intéresser exclusivement à des oeuvres venant tout juste d'être proposées "au public"? Impossible, pour moi.

Sur Pauline, on peut par exemple lire le billet de Joëlle. Je mettrai d'autres liens au fur et à mesure que je les retrouverai! Moka et Fanny elles-mêmes viennnent de le chroniquer.

29 août 2023

Voyage en Islande - 5 (fin)

On a terminé notre périple par Reykjavik (baie des fumées), la capitale qui, à elle seule, abrite 130 000 habitants. Avec l'agglomération, on atteint les 220 000 habitants, soit plus de 50% de la population totale de l'île.
J'avoue que je n'ai pas visité la ville autant que j'aurais voulu car il fallait faire tout à pied. Et quoi qu'en dise notre guide, le centre-ville de Reykjavik est grand J'ai longé le bord de mer, j'ai vu l'église Hallgrimskirkja construite au XXème siècle qui est toute en béton. C'est le monument le plus haut d'Islande. Du haut du clocher, on domine la ville. Je suis aussi passée devant une belle maison appelée "Höfði", où Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev se sont rencontrés en 1986 (et cela aurait permis peut-être d'amorcer la fin de la Guerre Froide).

P1160586 L'église Hallgrimskirkja. 

P1160591 Les cloches.

P1160590 Vue de Reykjavik du clocher de l'église. La montée en ascenseur est payante.

P1160589 Vue de Reykjavik du clocher de l'église.

P1160587 Vue de Reykjavik du clocher de l'église.

P1160610 La maison où se sont rencontrés Reagan et Gorbatchev. 

P1160603          P1160605 Ce bateau qui s'appelle littéralement "Le voyageur du soleil" est une sculpture en acier qui date de 1986 et qui commémore les 200 ans de la fondation de la ville (en 1786).

P1160601 Le rivage.

P1160595 Une maison.

P1160600 Une rue.

J'ai regretté de ne pas avoir visité au moins un musée. Il y en a plusieurs de très intéressants. Cela sera pour une prochaine fois. Voilà, mon voyage est terminé (voir mes billets 1 - 2 - 3 - 4). Je pense qu'il vous aura plu. 

27 août 2023

Anatomie d'une chute - Justine Triet

J'ai un peu hésité à aller voir la Palme d'Or du dernier festival de Cannes en 2023 car c'est encore un film long de 2H30. Hé bien, je n'ai pas vu le temps passer car le film est passionnant et très bien interprété. Anatomie d'une chute de Justine Triet alterne entre le français et l'anglais car l'actrice principale, Sandra Hüller qui est allemande, s'exprime en anglais. Tout commence dans la région de Grenoble dans un grand chalet de deux étages. On est au mois de mars, il y a beaucoup de neige. Daniel, un jeune garçon de 11 ans malvoyant, part se promener avec son chien Snoop. Quand il revient, il voit Samuel son père inanimé dans la neige avec beaucoup de sang. Il est mort car il a fait une chute mortelle du haut du chalet. Assez vite, la police soupçonne Sandra, la mère, d'homicide et elle est mise en examen. Pendant le procès, qui se déroule en français et en anglais, on apprend plein de choses sur le couple qui se disputait souvent. J'ai senti que la juge était plutôt hostile à l'accusée. Petit à petit, la question pendant le procès passe de "Comment Samuel est mort" à "Pourquoi Samuel est mort". Un enregistrement sur une clé USB d'une dispute la veille du décès peut nous éclairer ainsi que le témoignage de Daniel la veille du verdict. Personnellement, j'aurais été juré dans ce procès, je ne sais pas trop ce que j'aurais décidée car il reste des zones d'ombre. Sandra Hüller est impressionnante dans son rôle mais les autres aussi. Un film que je recommande. Lire le billet de Pascale.

26 août 2023

Heat 2 - Michael Mann (et Meg Gardiner)

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Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) rédige aujourd'hui ma deuxième participation aux challenges estivaux sur de "gros bouquins", tant celui, "Les épais de l'été" que j'organise chez dasola, que son parallèle, "Les pavés de l'été", organisé par Sibylline sur son blog La petite liste. En effet, contrairement à ce que pourraient penser au premier abord certains internautes inattentifs, le présent billet ne porte pas sur le film-culte Heat (1995), mais bien sur le "prolongement" que lui a donné le cinéaste sous forme romanesque (un « roman cinématographique »).

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Michael Mann et Meg Gardiner, Heat 2, Harper Collins (France) Noir, 2022, 704 pages

Le déroulé du livre "encadre", et éclaire, les événements qui, dans le film, se situaient "dans le présent" (1995, à Los Angeles). S'il ne contient pas de table des matières, il est divisé en parties qui nous donnent l'année où les chapitres se déroulent (1995, 1988, 2000...). Les six parties contiennent entre deux et 31 chapitres (97 au total), dont le plus court comporte une seule page. La première partie reprend les événements juste après la fin du film et suit la cavale du seul survivant de la bande (Chris) jusqu'à la frontière des Etats-Unis (60 pages). La deuxième partie, située en 1988, nous dévoile le passé de la bande avec les personnages du film et la biographie de leur adversaire, mais aussi voire surtout un nouvel antagoniste, qui ne figurait pas dans le film (jusqu'au chapitre 34 et à la page 245 inclus). Puis la troisième partie (100 pages en 12 chapitres) revient sur Chris, qui a "fait son trou" au Paraguay. En quatrième partie, retour à 1988 pour 120 pages en 16 pages, où le "premier amour "de Neil recontre son destin lors d'un coup fumant de la bande. La cinquième partie est la plus courte: deux chapitres et 16 pages, pour Chris au Paraguay, qui pense toujours à la femme qui lui avait fait signe de partir dans le film. La partie finale rassemble à Los Angeles, en 2000, les protagonistes survivants. Chris devient définitivement un "caïd" à Singapour. Mais la fin reste ouverte, avec un Hanna toujours sur sa trace...

Le roman illustre bien combien la connaissance de l'information (concurrence, partenaires, organisations, dispositifs...) est indispensable, quelles que soient l'action ou l'activité envisagées. J'avoue que je me suis un moment demandé si l'utilisation d'internet pour trouver des informations, vers le milieu des années 1990, n'était pas anachronique. Vérification faite, le web a été mis en place pour le public à partir de 1993... Je sais que je n'ai commencé à vraiment l'utiliser, personnellement, que quelque temps plus tard. Je pense que ceux qui sont "digital natives" n'imaginent pas qu'il a fallu "apprivoiser" et s'approprier progressivement ces nouvelles pratiques et les possibilités qu'elles offraient à nos vies d'adultes...

Dans une petite page d'avant-propos, Michael Mann donne quelques éléments d'interprétation de ce que représente ce livre: les "biographies" des protagonistes, qu'il avait créées afin, au moment du tournage du film, de les communiquer aux acteurs pour qu'ils donnent de l'épaisseur à leurs interprétations. Je le cite concernant Vincent Hanna et Neil McCauley: "Heat était une tranche de ces deux vies. Pour moi, Heat 2 est une opportunité fascinante de faire revivre leur passé et de se projeter intensément dans leur avenir". Dans les cinq pages de "remerciements" en fin d'ouvrage, Michael Mann dit en quelques lignes que "Meg Gardiner a été une collaboratrice extraordinaire", cependant que celle-ci le remercie de [l']avoir "invitée à se joindre à lui pour développer l'univers emblématique de Heat".

Il me semble que j'avais découvert ce livre grâce à un billet de la blogosphère cinéma, je ne sais plus où pour le moment... Voir en tout cas le blog Les pipelettes en parlent. Je rajouterai plus tard d'autres liens antérieurs à mon billet si j'en trouve. 

PS du 27/08/2023 pour essayer de répondre à Pascale (merci pour m'avoir incité à la réflexion!): j'ai apprécié de savoir ce qui s'était passé après le film pour les survivants de la confrontation qu'il racontait. Mais en suivant Chris, on rentre bien dans quelque chose qui n'a plus rien à voir avec un braquage de banque. J'ai été intéressé par tout ce qui est dit sur le passé des protagonistes du film et qui ne rentre pas en contradiction avec celui-ci. Mais j'ai été un peu ... (étonné? Perturbé? Dérangé?) de voir apparaitre un nouvel antagoniste (et quelques personnages et péripéties gravitant autour) auquel absolument rien dans le film ne faisait allusion (même s'il n'y a aucune contradiction pour autant). Enfin, j'aurais vraiment aimé en apprendre davantage (dans une loooongue introduction, par exemple) sur l'apport de la "co-autrice": a-t-elle juste fait de la "mise en forme romanesque" sur l'histoire de Michael Mann? A-t-elle pris part à une "co-construction" en apportant des personnages et des péripéties? Ce qui est sûr, c'est qu'elle était "au service" de Michael Mann. Donc, un peu de frustration à ce niveau-là. Á mon avis, il faudrait presque, maintenant, "rédiger" la novelisation de Heat en y intégrant (davantage que le film ne pouvait bien entendu le faire... en 1995!) les nouveaux éléments amenés par Heat 2.

24 août 2023

Voyage en Islande - 4

L'Islande est un pays où l'on mange beaucoup de protides : yaourts skyr, beurre, etc. Ils consomment aussi du poisson. En revanche, les fruits et légumes, ce n'est pas trop dans les moeurs vu qu'ils importent tout. Pour le poissson, c'est d'ailleurs la principale cause du refus de l'Islande d'entrer dans l'Union européenne car ils tiennent à leurs eaux poissonneuses qu'ils ne veulent pas partager. Sinon, au cours de mon tour d'Islande, on a vu beaucoup de moutons (souvent par trois) qui broutaient l'herbe bien verte (même s'il a très peu plu en Islande ces derniers mois). Et puis, on pu voir beaucoup de chevaux islandais. C'est une race spécifique. Ils ne sont pas très grands et ils sont pacifiques. On en exporte dans le monde entier. Mais dès qu'ils quittent l'Islande, il leur devient impossible de revenir. Je regrette de ne pas avoir pris beaucoup de photos car le car ne s'est jamais arrêté pour que l'on puisse faire des photos correctes d'animaux. Et moi, je n'ai pas un appareil photo assez sophistiqué, au contraire de certaines personnes dans le groupe.  

P1160110  Trois moutons

P1160450 Chevaux islandais au bord du lac Myvatn 

P1160447 Chevaux islandais au bord du lac Myvatn (bis) 

P1160317 Trois moutons

Au nord de l'Islande, on a fait un arrêt à Akureyri, la capitale de cette région avec 20 000 habitants. Le jour où on y était, on a vu un immense bateau de croisière qui venait directement d'Angleterre avec 5000 passagers et membres d'équipage qui ont débarqués pour partir en excursion.

P1160474 Vue d'Akureyri avec le bateau de croisière

P1160479 Une des églises d'Akureyri. Les Islandais sont majoritairement luthériens.

P1160480 Intérieur de l'église

P1160485 Maison

En Islande, les nuits sont très longues l'hiver mais en été, le soleil ne se couche jamais vraiment. A trois heures du matin, il faisait jour.

P1160288 Photo prise à 3h du matin.

L'Islande est le seul endroit au monde où la dorsale Nord-Atlantique remonte à la surface de la mer. Certaines zones comme Reykjavik appartiennent à la plaque tectonique Nord-Américaine. D'autres, comme les fjords de l'Est, sont situés sur la plaque eurasienne. A Thingvellir (littéralement "Les plaines du Parlement"), les visiteurs empruntent la faille longeant la limite de la plaque Nord-Américaine. Thingvellir s'étend sur une plaine de 7 km. L'espace entre les plaques s'élargit de 4 à 5 millimètres et le terrain s'affaisse de 1 à 2 millimètres par an. Thingvellir est aussi un lieu historique car c'est là que vers l'année 930 jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, les Islandais, se réunissaient pour discuter et promulguer les lois, lors de leur première assemblée (l'Althing). Ce fut à Thingvellir que fut proclamée la République islandaise le 17 juin 1944. 

P1160523 La faille d'Almannagja. Des deux côtés, c'est de la lave. On est du côté de la plaque Nord-Atlantique.

P1160524 La faille d'Almannagja

P1160514 Lac de Thingvellir

P1160516 Au loin, on voit  la plaque eurasienne 

P1160537 Endroit où se tenait l'Althing avec le drapeau islandais 

Suite et fin dans un prochain billet avec quelques vues de Reykjavik.

21 août 2023

Islande: quatre fascicules (incitation au séjour)

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voulais vous présenter, en "interlude" avant la suite des billets de photos de la maîtresse du blog, une "étude documentaire" basée sur le "matériel" que dasola (m')a rapporté de son séjour en Islande: de petits livres et des brochures achetés dans les musées locaux. Même si rien ne vaut le séjour sur place pour ce qui concerne les paysages, ils permettent de se faire une idée de l'histoire, des légendes et des arts et traditions populaires locaux. 

P1160642

Après lecture attentive, voici ce que j'ai retenu de chacun des opuscules. 

* Brève histoire de l'Islande, Gunnar Karlsson (traduction Catherine Mercy), 3ème édition 2019 (1ère éd. 2014, VO 2000), 84 pages

Un ouvrage dont la traduction, en excellent français, se lit fort bien. On commence par le début: la colonisation viking de cette terre d'Islande vierge de population humaine (même si connue dès l'Antiquité). Débutée aux tournants des IXe et Xe siècle selon les sagas, corroborées par des découvertes archéologiques, elle a conservé des liens avec la Norvège, mais les Islandais se sont "autogérés (dans le domaine judiciaire et législatif) jusqu'au XIIIe siècle et la mainmise politique du roi de Norvège à la faveur de luttes entre grandes familles. Puis les Anglais et les Allemands se sont intéressés aux eaux poissonneuses autour de l'Islande... A partir du XVIIe siècle, c'est le Danemark qui prend en main le destin de l'Islande, jusqu'aux velléités indépendantistes du XIXe siècle. L'indépendance est votée durant la Seconde Guerre mondiale. Les dernières pages couvrent la période contemporaine (jusqu'à 2018 inclus).
Merci à dasola pour m'avoir ramené ce "souvenir" que je recommande (apparemment, on peut le trouver sur internet - contrairement aux trois autres sauf erreur de ma part -, mais il paraît onéreux). 

* Le parc naturel de Thingvellir, guide officiel illustré, 2019, 36 pages

Haut lieu de l'Islande puisque ce parc englobe le site où s'est réunie durant des siècles l'assemblée suprème des Islandais (l'Alting), l'endroit nous est présenté sous différentes facettes: géologique (avec des illustrations très éclairantes sur les spécificités de la géologie de l'île), historique, archéologique, écologique (faune et flore)...

* Vu et entendu au musée de Skógar, 32 pages

Ce musée regroupe en fait plusieurs bâtiments dédiés à des collections thématiques: arts et traditions populaires, avec des objets artisanaux patiemment rassemblés et collectés, dont certains sont âgés de plusieurs siècles, architecture locale (maisons anciennes en tourbe), église en bois..., musée des transports... Tout y est très personnalisé (place importante faite aux collectionneurs et donateurs à l'origine du musée).  

* Les elfes et le peuple caché, douze contes populaires islandais (traduction Ólöf Pédursdóttir), 2022, 60 pages

Un petit livre qui m'a rappelé le livre de contes géorgiens chroniqué jadis. D'après l'introduction, les 12 contes présentés ont été collectés via la "tradition orale populaire" par le bibliothécaire Jón Arasón au XIXe siècle. Ces contes n'ont pas toujours de "happy end".

Je signalerai encore que, dans certaines pages des trois premiers ouvrages, on trouve aussi des allusions ou même des encadrés correspondant à tels ou tels mythes ou traditions rapportés par les sagas.

Bref, une intéressant petite sélection panoramique pour en savoir davantage sur la culture islandaise, en attendant la suite du reportage de la voyageuse...

20 août 2023

Voyage en Islande - 3

Je reprends le compte-rendu de mon voyage en Islande fin juillet 2023.

Avant de quitter le sud de l'ïle pour nous diriger vers l'Est, nous nous sommes arrêtés à Vik et aux environs, aux falaises de Reynishverfi avec leurs orgues basaltiques. On marche sur une plage de sable noir et on nous a prévenu que la mer était dangereuse. C'est une des zones de nidification des macareux (je n'en ai pas vu). 

P1160176 Eglise de Vik

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P1160172 Le sable noir

P1160169 Colonnes de lave sculptées par la mer

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Je continue avec l'hommage fait à des marins français qui sont venus au XIXème siècle jusqu'en 1914 pour la pèche. Il y en eu entre 4000 et 5000. Plusieurs sont morts de maladie et 49 d'entre eux sont enterrés dans un cimetière dans le village de Fáskrúðsfjörður (jumelé avec Gravelines), dans l'est de l'île. Un hôpital a été construit grâce à une collecte et fut fondé en 1903 pour soigner les pêcheurs français ou belges. Le jour où on y a été, le village fêtait d'un coup les fêtes françaises. On nous a demandé de chanter la Marseillaise qui a été enregistrée sur un portable d'une Islandaise très francophile.

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Je termine avec des photos des solfatares bouillonnants avec des fumées et jets de boue s'échappant du sol. Ça sent le soufre (l'oeuf pourri).

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Juste avant, nous avons encore parcouru un champ de lave à Dimmuborgir.

P1160412 Cette lave forme de vraies sculptures.

P1160409 Et on marche dans un sentier balisé parmi cette lave.

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P1160410 Et on trouve des champignons. J'ai pris en photo un cèpe.

Dans le prochain billet, j'évoquerai brièvement la faune que j'ai pu apercevoir : chevaux et moutons. 

18 août 2023

Seconde jeunesse - Gianni di Gregorio / Yannick - Quentin Dupieux

C'est le quatrième film que je vois de Gianni di Gregorio et une fois de plus, je suis sortie enchantée de la projectio et le sourire aux lèvres. Seconde jeunesse écrit et réalisé par Gianni di Gregorio se passe de nos jours, d'abord à Rome puis dans un village haut perché à 40 km de la ville éternelle. Astolfo, professeur à la retraite, doit quitter son appartement romain car la propriétaire veut le récupérer pour sa fille qui se marie. Qu'à cela ne tienne, Astolfo, descendant d'une vieille famille, part vivre dans une très grande demeure familiale délabrée où il y a encore l'eau mais pas l'électricité. Il est accueilli par un "squatter" appelé Oreste qui occupe les lieux depuis huit ans. Astolfo ne le chasse pas, bien au contraire, il va assez vite accueillir deux autres villageois dont un fin cuisinier. Astolfo voudrait bien récupérer un salon. Cette pièce n'est plus accessible car un mur de pierre a été érigé. A priori, c'est le clergé local, locataire de l'autre côté du mur, qui l'occupe pour un groupe de jeunes qui chantent et jouent de la musique. Par ailleurs, le maire qui roule en Porsche a spolié Astolfo d'une forêt de chênes. Malgré tous ces malheurs, Astolfo va trouver l'amour en la personne de Stefania (Stefania Sandrelli), amie de la nouvelle copine d'un sien d'Astolfo. C'est vraiment un film charmant qui fait du bien. Et puis, cela se passe en Italie au soleil. Je le conseille.

A la différence de Pascale, je n'ai par contre pas eu le coup de foudre pour Yannick de Quentin Dupieux, sauf les vingt premières minutes qui sont, je trouve, très drôles. Dans la salle clairsemée d'un théâtre de boulevard, on assiste à une pièce, "Le cocu". Sur scène, le mari, la femme et l'amant. Les trois acteurs ont une manière de parler en surjouant, ils crient presque. Au bout de quelques minutes, un spectateur se dresse et fait arrêter la représentation. Il s'agit de Yannick, un jeune veilleur de nuit de parking qui habite Melun et qui a mis 45 minutes en transport plus 15 minutes de marche pour venir au théâtre en s'attendant à passer un bon moment. Il est très déçu. Il veut se faire entendre et répète certaines phrases comme un mantra. Il s'en prend aux acteurs puis par la suite, il arrive à faire presque ami avec les spectateurs. Il a un révolver à la main. C'est un film qui m'a mise mal à l'aise car Dupieux arrive par écran interposé à nous mettre dans la situation des spectateurs et des acteurs pris en otages. J'ai entendu des spectateurs rire dans la salle jusqu'au bout et certains ont applaudi à la fin. Moi, j'ai été contente quand cela s'est terminé. Raphaël Quenard est bien même si je n'aime pas sa voix mais Pio Marmaï n'est pas mal non plus. J'ai trouvé Blanche Gardin sous-employée. Heureusement que le film ne dire qu'1H06. Lire aussi les billets de Princecranoir, d'Henri Golant et de Selenie.

15 août 2023

Retour à Lemberg - Philiippe Sands

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Grâce à l'ouvrage présenté aujourd'hui, je me suis beaucoup instruite. Retour à Lemberg de Philippe Sands (Livre de poche, 755 pages) est un essai passionnant. Il se découpe comme suit : 628 pages de récit proprement dit; des pages 629 à 681, ce sont des notes puis de la page 683 à la pages 691, il y a la liste des sources qui ont permis à l'auteur d'écrire son récit. A partir de la page 700, ce sont les remerciements avant un index (jusqu'à la page 733) et enfin une postface jusquà la page 755. 

Dans Retour à Lemberg, il y a quatre personnages principaux : Leon Buchholz, le grand-père maternel de Philippe Sands, Hersh Lauterpacht et Raphael Lemkin, deux juristes et Hans Frank qui fut Gouverneur général de Pologne pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le point commun entre ces personnages est la ville de Lemberg, Lviv, Lvov ou Lwow (La ville aux lions) qui selon les époques et les conflits a été autro-hongroise, puis polonaise, puis annexée par l'URSS, par l'Allemagne jusqu'en 1945, et encore l'URSS. En 2023, Lviv est en Ukraine.

Le récit se décompose en chapitres plus ou moins longs. Philippe Sands commence son récit par la biographie de Leon Buchholz, qui après avoir fui Lemberg en 1939, vivra à Paris d'abord seul. Il sera rejoint par sa fille Ruth (née en 1938) quelque mois plus tard et enfin par Rita, sa femme. Sa fille Ruth le rejoindra grâce à l'aide d'une certaine Miss Tilney que Philippe Sands évoque dans un court chapitre. Puis j'ai découvert la vie et l'oeuvre de deux éminents juristes d'origine juive qui ont fait leurs études de droit à Lemberg pendant l'entre-deux-guerres. Hersh Lauterpacht (né en 1897) et Raphael Lemkin (né en 1900). Ils sont à l'origine de deux concepts fondamentaux : Lauterpacht sur "le crime contre l'humanité". "Il se concentra sur la protection des individus, non des groupes ou des minorités" (p197). Lemkin qui dans son ouvrage "Le règne de l'Axe en Europe occupée"(1944) adoptait une approche différente de celle de Lauterpacht, cherchant à protéger les groupes. Lemkin utlisait le terme de "génocide": destruction d'un groupe (p197). Hans Frank (né en 1900 à Karlsruhe), qui était à l'origine un juriste, est devenu ministre de la justice en Bavière puis, par la suite, Gouverneur des provinces polonaises occupées entre 1939 et 1945. Il est l'un des responsable de l'extermination des Juifs en Pologne. Dans sa juridiction, il y avait les camps de Treblinka, Sobibor et Majdanek. Il est à l'origine de la création des ghettos à Varsovie et Cracovie. Pendant le procès de Nuremberg, il a reconnu partiellement sa responsabilité mais s'est rétracté par la suite. Son journal de 38 volumes (il consignait tout au jour le jour) a servi comme élément à charge dans le procès de Nuremberg. Frank fait partie de ceux qui sont à l'origine de l'extermination des familles de Lemkin et Lauterpacht restées à Lamberg et dans les environs. Le procès de Nuremberg est évoqué dans un chapitre de 70 pages. Je rappelle qu'il y avait quatre chefs d'accustion : complot, crime contre la paix, crime de guerre et crime contre l'humanité. Le terme "génocide" n'a pas été retenu, au grand désespoir de Lemkin. De son côté, Lauterpacht a participé à la rédaction des plaidoiries pour la partie britannique.

Parmi ceux qui ont apporté leur témoignage à Philippe Sands (qui est aussi juriste), il y a Niklas Frank, le benjamin de la famille de Hans Frank qui a jugé très négativement les agissements de son père.

J'ai trouvé ce livre passionnant de bout en bout et il se lit facilement. Je n'avais jamais entendu parler de Lemkin et Lauterpacht. Il y aurait plein de choses à dire sur ce livre que je vous laisse découvrir.

Pour l'anecdote, ce week-end, je lisais ce livre en voyageant en train. Et parmi les passagers, il y avait quelqu'un qui lisait aussi Retour à Lemberg.

 C'était ma quatrième participation aux challenges "Les épais de l'été 2023" et "Pavés de l'été 2023".

Epais
[Challenge Les épais de l'été 2023, organisé chez dasola par ta d loi du cine]


[Challenge Pavés de l'été 2023 chez sibylline] 

14 août 2023

Tsunami - Marc Dugain

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) programme le présent billet pour qu'il paraisse une douzaine d'heures après sa rédaction, et sur un livre que j'ai eu en main il n'y a pas 24 heures, prouvant à la fois qu'il se lit vite et qu'il m'a intéressé.

  Dugain_couv 
Marc Dugain, Tsunami, Albin Michel, 2023, 260 pages

Dans Tsunami de Marc Dugain, le premier livre que je lis de cet auteur (qui en a écrit ou co-écrit une vingtaine), le "raz-de-marée" est à la fois allégorie et menace réelle. Le roman à la première personne se présente en prologue comme une "chronique" durant les premiers mois d'un nouveau Président de la République, qui s'est faufilé à ce poste en remportant l'élection grâce au soutien des grandes multinationales (américaines) du numérique. Dans cette politique-fiction, la personne qui "tient la plume" n'est ni un conseiller, ni un ministre: c'est notre Président lui-même, un homme jeune ayant fait fortune dans une entreprise de biotechnologie, qui lui a permis de se constituer un carnet d'adresses intéressant. On apprend assez vite qu'il souhaite mettre en place, pour lutter contre le réchauffement climatique, un principe "pollueur-payeur" reposant sur le consommateur final, avec un bonus-malus fiscal incitatif. mais pour cela, tout doit être sous contrôle... avec les fameuses GAFAM qui participeront à la gestion des données. Nous le suivons, au jour le jour, durant quelques semaines. Notre héros m'a donné l'impression d'un talent certain pour slalomer entre les événements qui se déroulent, davantage qu'il n'en a l'initiative. Il doit faire face, jour après jour, à différentes affaires (privées, tant sentimentales que financières), aussi bien qu'à de petites ou grandes décisions politiques à prendre toujours dans l'urgence, comme pour le maintien de l'ordre public face aux réactions à son projet de loi. Il cotoie les grands de ce monde à défaut de leur parler d'égal à égal. Dans cette fiction dystopique, s'il rencontre un président des Etats-Unis, un chancelier allemand et Poutine, j'ai remarqué l'absence de MM. Erdogan ou Xi?

Je vais poursuivre ma présentation du livre par quelques citations sélectionnées (parce que correspondant à des thèmes qui m'ont "parlé"), mais bien entendu hors contexte du (court) chapitre qui les entoure (44 au total), et, a fortiori, de l'intégralité de ce court roman. Le président jugeant son Premier ministre, p.18: "c'est un fin politicien qui se fait une idée de la France qu'il garde pour lui-même pour ne pas se mettre en porte-à-faux lorsque ses capacités d'adaptation le mènent au-delà de ses convictions". Avec une prise de recul quelque peu désabusée, p.32: "c'est un peu le lot de tous les candidats à la magistrature suprême que de déployer une énergie extraordinaire à conquérir le pouvoir pour ensuite consacrer ce qu'il reste de cette énergie à maintenir les choses en l'état". À propos de la fameuse loi en préparation, p.65: "soixante-cinq pour cent des Français voient le traitement de l'urgence climatique comme une priorité, mais les premiers sondages donnent aussi soixante-cinq pour cent d'opposants au principe de l'individualisation de la responsabilité". Alors qu'il se rend en avion à Vancouver pour un "sommet" privé (un peu comme un Forum de Davos, donc?), p.111, il ne se prive pas de bons mots, sur "un de ces sommets depuis lesquels on voit le monde en attendant d'en redescendre", qui lui permet de croiser le Président des Etats-Unis pour un tête-à-tête assez court et chaleureux ("il me prend pour un allié, enfin pour un vassal plutôt fiable")... Il est même question, p.149, de la mortalité de personnes plus vulnérables que d'autres au Covid (pour cause d'obésité ou de diabète), en remarquant que "si l'on s'élève un peu plus, on comprend que, pour une partie non négligeable de son activité, la médecine soigne des maladies que la société crée elle-même par le stress, la pollution, la nourriture pathogène, situation contre laquelle les gouvernements craignent de lutter, de peur de contrarier les lobbies agroalimentaires". p.153, la rencontre avec le médecin-chef d'un nouvel hôpital psychatrique en banlieue est l'occasion pour celui-ci d'un long développement sur la perte de l'altérité (compétence dans les rapports sociaux avec les autres) dans la société contemporaine, à cause de ces fichus écrans. Enfin, p.183, qu'a-t-il à dire à propos du discours qu'il prononce pour ressouder la nation après un drame? "lorsque la fiction est la même pour tous, elle devient réalité". 

Bien entendu, je suis loin de vous avoir dévoilé tous les personnages ni toutes les péripéties auxquelles la France et son Président doivent faire face dans l'ouvrage. 

Après avoir fini ce livre (il m'a fallu peu de temps), je me suis dit que j'aimerais bien continuer à en lire la suite en "feuilleton", un chapitre par semaine, où le cadre dystopique se confronterait avec l'actualité réelle... Mais je ne pense pas que ce concept soit à l'ordre du jour (et puis, quel en serait le modèle économique? Je n'accepterais sûrement pas de payer pour cela...)!

Par contre, à l'occasion, et une fois lue mes PAL ou LAL les plus urgentes, je prendrai (ou donnerai) sans doute quelques heures pour lire des oeuvres antérieures de Marc Dugain.

Sibylline avait parlé de Tsunami (et je crois bien que c'est chez elle que mon attention a d'abord été attirée). Lizathène expose en quelques phrases qu'elle n'a pas aimé. Si j'en trouve, je ne m'interdis pas de rajouter par la suite des liens vers d'autres billets publiés avant le mien... comme Isabelle sur le blog "Fumet de lectures". Ou Géraldine.

12 août 2023

La neuvième tombe - Stefan Ahnhem

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La neuvième tombe de Stefan Ahnhem (Livre de poche, 726 pages) est un roman policier qui se passe sur une semaine, entre le 16 et le 23 décembre 2009 du côté de la Suède et du Danemark. Il y un prologue se déroulant en 1998 et 1999 au Proche-Orient où la lettre d'un prisonnier va faire basculer le destin de plusieurs personnes en Scandinavie. A Stockholm, un ministre de la justice suédois disparait ainsi qu'une jeune femme qui souhaite ardemment un enfant sans succès. D'autres vont aussi disparaître. Au Danemark, Karen Neuman, une jeune femme qui a la phobie de l'obscurité va être assassinée chez elle. Fabian Risk, un policier suédois, marié et père de famille, va enquêter sur ce qui s'est passé en Suède. Sa collègue, Malin Rehnberg, enceinte de jumeaux, l'aide, De son côté, Dunja Hoogard, une inspectrice de police danoise malheureuse dans sa vie privée bien qu'elle soit fiancée, enquête sur la mort de Karen qui était l'épouse d'un présentateur télé qui, lui-même, connaîtra une fin tragique. Grâce à des recoupements, les affaires sont liées. Le meurtrier, pas très grand mais costaud, porte un masque à gaz. Des deux côtés du détroit d'Oresund, on arrête des meurtriers potentiels qui ne sont pas les bons mais des voix s'élèvent pour clôturer les enquêtes après que les personnes disparuse sont retrouvées mutilées et démembrés. Ce n'est que vers le dernier quart du roman que l'on apprend pourquoi le roman s'intitule La neuvième tombe. Le vrai meurtrier aura préparé et prémédité ses crimes pendant des années. Pour lui, il considère qu'il a de bonnes raisons de faire ce qu'il a fait mais c'est tout de même assez discutable même si c'est par amour (selon moi). Un roman long mais qui se lit assez vite. 

C'était ma troisième participation aux challenges "Les épais de l'été 2023" et "Pavés de l'été 2023".

Epais
[Challenge Les épais de l'été 2023, organisé chez dasola par ta d loi du cine]


[Challenge Pavés de l'été 2023 chez sibylline]

9 août 2023

Voyage en Islande - 2

En Islande, il n'y a pas que des chutes d'eau, il y a aussi des glaciers et des champs de lave. 

 Je commence par un champ de lave d'Eldhraun au sud de l'île. Il s'agit d'une centaine de cratères volcaniques le long d'une fissure qui  ont craché de la lave basaltique sur une superficie d'environ 600 km2 pendant deux ans entre 1783 et 1785. Depuis, de la mousse a poussé sur cette lave. Il faut noter qu'en Islande, il n'y a pratiquement pas d'arbres et donc pas de forêts.

P1160197 de la lave couverte de mousse

P1160196 champ de lave à perte de vue

P1160195 champ de lave à perte de vue

P1160191 champ de lave à perte de vue

Juste après, on a pu admirer le glacier.de Vatnajökull mais avec des morceaux de glace pas blancs du tout.

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Avec sa surface de plus de 8000 km2, c'est le plus grand glacier d'Islande et le deuxième plus grand d'Europe.

Et un peu plus tard, on a fait une promenade en bateau sur le lagon glaciaire de Jökulsarlon, on a a navigué entre des blocs de glace. C'est pendant ce laps qu'on a eu froid. Le ressenti était glacial. Même si en Islande, les températures en plein hiver descendent rarement en dessous de -5° (et pourtant on n'est pas loin du cercle polaire arctique) car le courant du gulf stream n'est pas loin. 

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A part la mousse, je n'ai pas vu beaucoup de végétation sauf du lupin, fleur importée en Islande et très invasive et de la linaigrette, on dirait du coton blanc. Il semble qu'on en trouve dans les Alpes.

P1160233 Linaigrette

P1160181 Lupin

La suite dans un prochain billet. 

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