Le blog de Dasola

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29 juin 2020

Les parfums - Grégory Magne

Les parfums de Grégory Magne, dont la sortie initiale était prévue le 25 mars dernier, sort le mercredi 1er juillet 2020. C'est un film comme je les aime. Il donne la part belle aux acteurs: Emmanuelle Devos et Grégory Montel sont vraiment très bien. L'histoire, très originale, nous permet de découvrir un métier peu connu du grand public, celui des "nez". Mademoiselle Anne Walberg (Emmanuelle Devos) est un "nez" qui a créé des parfums. Malheureusement, depuis quelques années,  elle ne crée plus de fragrances. Elle a souffert d'une perte temporaire de l'odorat (anosmie). Désormais, elle fonctionne avec des contrats ponctuels, comme aller dans une grotte pour y recueillir les odeurs qui seront recréées, plus tard, dans une réplique de la grotte pour le grand public. Ou alors, chez un créateur de sacs à main de luxe, elle est chargée de trouver la senteur qui couvrira l'odeur très forte qui se dégage des sacs en cuir. Mon ami et moi avons beaucoup apprécié le film pour le côté très humain qui s'en dégage, car il faut tout de même évoquer Guillaume Favre (Grégory Montel, un acteur à suivre) qui devient le chauffeur d'Anne Walberg. De son côté, il se bat pour avoir la garde alternée de sa fille de 10 ans alors qu'il vit dans un studio et ses revenus ne sont pas fixes. C'est pourquoi il accepte les lubies d'Anne. Il devient son factotum. Une belle relation s'installe entre eux. Je n'en dirai pas plus. Je ne sais pas quels sont les autres films qui sortent cette semaine. En tout cas ce film est à ne pas manquer. 

Baz'art en dit le plus grand bien et sinon, je l'ai vu annoncé ici.

PS suite aux premiers commentaires: oui, je l'ai vu hier dimanche 28 juin 2020 en avant-première avec mon ami.

26 juin 2020

Vivarium - Lorcan Finnegan

Quelle étrange histoire nous est racontée dans Vivarium (un film irlando-belgo-danois)! Sorti le 11 mars, je n'avais pas eu le temps de le voir avant le confinement. Le générique du début donne le ton: le poussin d'un coucou expulse deux oisillons d'un nid pour mieux prendre leur place et se faire nourrir par les parents. Tom et Gemma, un jeune couple, cherchent une maison pour y habiter. Un jour, ils entrent par hasard dans le local d'un promoteur immobilier qui propose de les faire habiter dans une maison faisant partie d'un ensemble d'un programme s'appelant "Yonder" (cela veut dire "Là-bas") et traduit par "Vauvert" dans la version française: des dizaines de maisons vertes identiques alignées et disposées par rangées rectilignes. La visite d'une maison se terminant, Gemma et Tom veulent dire au revoir à l'agent qui a mystérieusement disparu. Ils se rendent compte qu'ils ne peuvent pas quitter le lotissement. Quoi qu'ils fassent, en voiture ou à pied, ils reviennent à leur point de départ, devant une des maisons vertes (la leur?). Peu de temps après, ils trouvent un bébé aux cheveux noirs dans un carton devant la maison. Un message inquiétant est inscrit sur la boîte: "Elevez cet enfant et vous serez libres". Trois mois plus tard, le bambin a bien grandi, c'est un garçonnet qui semble avoir 7 ou 8 ans. Il parle en imitant les intonations et les gestes de Gemma et Tom. Par ailleurs, il a un cri strident et la bouche grande ouverte quand il veut quelque chose. Le malaise s'installe et le cauchemar pour les deux adultes ne fait que commencer... et il s'amplifie au fur et à mesure. Nous, spectateurs, on n'est pas forcément mal à l'aise, mais on est contents quand le film se termine. Avec mon ami, nous étions 5 dans la salle. Je ne m'attendais pas forcément au dénouement auquel on assiste. Une histoire qui sort des sentiers battus et un film que je ne regrette pas d'avoir vu. Brrrrr!

23 juin 2020

La bonne épouse - Martin Provost

Pour mon retour dans une salle obscure, je suis allée voir La bonne épouse de Martin Provost. J'avoue que j'ai été un peu déçue, je m'attendais à quelque chose de plus pétillant, à du champagne. Là, c'est plutôt de l'eau plate. L'ensemble manque de rythme et de fantaisie. L'histoire commence à l'automne 1967 dans une école ménagère en Alsace, quinze jeunes filles vont, pendant deux ans, devenir de parfaites bonnes épouses. La directrice, Paulette Van der Beck (Juliette Binoche), qui est l'une des trois enseignantes avec sa belle-soeur, Gilberte (Yolande Moreau), et Marie-Thérèse (Noémie Lvovsky), une religieuse, découvre, après le décès subit de son mari (il s'est étouffé avec un os de lapin) que l'institution est en faillite. Turfiste invétéré (et amateur de calendriers coquins), il avait déjà contracté quatre crédits auprès d'une banque, dont un des conseillers se trouve être le premier amour de Paulette. Les trois actrices principales ne déméritent pas. Edouard Baer est toujours aussi irrésistible, mais pour le reste, j'ai trouvé le film un peu "cucul la praline". Et pourtant le sujet sur l'émancipation des femmes reste actuel. La comédie musicale dans la dernière séquence est sympa, mais cela n'a pas suffi à mon bonheur.

Lire les billets plus positifs de Pierre D., Pascale, Neil, Henri Golant, Missfujii et Ffred.

20 juin 2020

La neige sous la neige - Arno Saar

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Après Le train pour Tallinn, j'ai été contente de retrouver le commissaire Marko Kurismaa dans La neige sous la neige, de l'écrivain estonien Arno Saar (Editions La fosse aux ours, 293 pages). Le corps d'une jeune prostituée bielorusse est retrouvé près de baraquements ouvriers dans la presqu'île de Kopli, un quartier nord de Tallinn. Comme l'histoire se passe en février, il neige et la température est glaciale. Mais c'est grâce à cette neige que Marko, qui souffre encore et toujours de narcolepsie, va trouver des indices permettant de faire avancer l'enquête. En effet, Marko connaît bien la neige, étant lui-même un pratiquant de ski nordique. Il sait que la neige sous la neige peut garder des traces de toutes sortes, de pneus ou d'empreintes de pas. Il donne toutes ces explications à ses collègues et en particulier à Kristana avec qui il file le parfait amour. Je ne vous dis rien de plus, car sinon je pourrais en dévoiler trop. Un roman qui se lit très agréablement. J'espère qu'il y en aura d'autres.

17 juin 2020

Le séminaire des assassins - Petros Markaris

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Quelle ne fut pas ma joie, quand, après être entrée dans une de mes librairies de province que j'affectionne, j'ai trouvé au rayon "Polar", le nouveau Petros Markaris, Le séminaire des assassins (Editions du Seuil, 275 pages vite lues). La crise financière grecque semble loin. Le commissaire Charitos, qui va bientôt être grand-père d'un petit garçon grâce à sa fille avocate Katérina, est nommé commandant par intérim de son service, suite au départ à la retraite de son chef. Quand le roman commence, Kostas Charitos est en vacances avec sa femme Adriani en Epire, la région natale de cette dernière. Ils se sont liés avec trois femmes sexagénaires dont une veuve. L'une d'entre elles lit dans le marc de café. Revenu à Athènes, Charitos se retrouve à enquêter avec toute son équipe sur trois meurtres commis, deux anciens universitaires devenus ministres et, en troisième, un universitaire qui après être passé par la politique est redevenu enseignant. Deux ont été empoisonnés, un au parathion (un pesticide) et l'autre avec une piqûre de cyanure dans le dos. La troisième victime a été poignardée. Les trois meurtres sont suivis de trois proclamation accusant les victimes de haute trahison: ils ont abandonné leur élèves pour faire de la politique. Je vous laisse découvrir qui est ou sont les assassins. Si vous lisez la postface avant de commencer le roman, vous trouverez très vite. Un roman sympa, écrit à la première personne, avec des phrases courtes. En revanche, j'ai été un peu perdue avec les noms des personnages policiers. On les confond... mais ce n'est pas grave pour comprendre l'histoire.

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PS du "statisticien" (ta d loi du cine):

Je tenais à dire que ce billet de dasola est le 2100e sur son blog. Par contre, je ne rédigerai plus de billet "spécial statistiques" sur de simples "centaines", désormais. Cela fait plus ou moins redondance avec les billets "bloganniversaire" qui paraissent les 9 janvier de chaque année. J'attends le 2500e billet (d'ici 3 à 4 ans!) pour un beau récapitulatif! Cependant, j'acterai aujourd'hui, tout de même, que ces 2100 billets totalisent plus de 26 860 commentaires par 1186 personnes dont 106 déjà revenues en 2020. Et, accessoirement, que l'on trouve cités 507 auteurs différents dans l'Index des livres chroniqués sur le blog de dasola (pour 631 billets "Livres"), où Indridason détient le record de titres chroniqués à ce jour (18). Je signale enfin que le dernier vrai billet "Cinéma" sur ce blog date du 09/03/2020 (le 02/04/2020, celui sur Voyage à Tokyo a été rédigé d'après un DVD), et que dasola n'en peut plus d'attendre de regagner ses salles obscures...

14 juin 2020

Une santé de fer - Pablo Casacuberta

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Une santé de fer, de l'écrivain uruguayen Pablo Casacuberta (Edition Métailié, 207 pages), a été une belle découverte. J'avais ce roman dans ma PAL depuis un an. "Convaincu que j'allais mourir, j'enfilai deux manteaux et partis à la consultation" (p.7): voici la première phrase du roman, qui m'a donné envie de continuer. Le narrateur, Tobias Badembauer, est âgé de 49 ans, c'est une force de nature, un "bien portant" qui vit toujours avec sa maman, elle-même spirite à ses heures et qui le couve. La mère de Tobias, veuve d'un colonel, reçoit une pension de misère. Avec une partie de cet argent, elle espère pouvoir communiquer un jour avec son mari décédé avant la naissance de Tobias. Hypocondriaque depuis tout petit, ce dernier n'arrête pas d'aller consulter des médecins. Le dernier en date qu'il voit depuis 20 ans se nomme le docteur Svarsky, un homéopathe. C'est le seul qui a prêté une oreille attentive à ce que Tobias lui racontait. Sur le chemin du cabinet, vêtu d'une robe de chambre et chaussé de pantoufles, Tobias rencontre la belle-mère de Svarsky. Il croise aussi Carmen, la femme du docteur, qui vient de la quitter pour une jeune femme. L'histoire se déroule pendant une journée dans un lieu, l'immeuble Mignon, où on trouve un hôtel installé à un étage et le cabinet de Svarsky, quatre étages au-dessus. Une fuite d'eau et un échange de baiser vont complètement bouleverser la vie de Tobias à tout point de vue. Il va même découvrir comment et pourquoi son père est mort. J'ai apprécié l'écriture très ramassée de l'écrivain. Il n'y pas beaucoup de descriptions. Il va à l'essentiel. Un écrivain à découvrir que je conseille. 

11 juin 2020

Piccoli - Derrière l'écran - Anne-Sophie Mercier

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Un mois après le décès de Michel Piccoli, je viens de terminer en une soirée Piccoli - Derrière l'écran d'Anne-Sophie Mercier (Allary Editions, 199 pages, mars 2020), une biographie très bien écrite sur cet acteur et producteur. La journaliste Anne-Sophie Mercier a réussi à faire un portrait d'un homme qui a relativement peu parlé de lui. J'admirais Michel Piccoli acteur, mais je ne connaissais rien de l'homme, à part qu'il a été marié 10 ans avec Juliette Gréco et qu'il a eu une fille Cordelia avec Eleonore Hirt, sa première épouse. Cet ouvrage ne fait pas dans le sensationnalisme. Mme Mercier nous raconte beaucoup sur l'enfance et l'adolescence de Michel Piccoli, un enfant passif et solitaire et gardant ses distances, qui dormait sur le canapé dans le salon de ses parents. Il n'avait pas de chambre à lui. Il est né parce que son frère aîné Jacques était mort en bas âge, deux ans avant sa naissance. Il a eu des rapports difficiles avec ses parents Marcelle et Henri, en particulier sa mère qui n'a jamais cessé se ressasser son chagrin pour la perte de son premier fils décédé. Elle ne montrait pas beaucoup de tendresse pour Michel même si leurs relations se sont apaisées par la suite. Henri était violoniste et Marcelle pianiste. Elle était l'une des enfants de Charles Expert-Bezançon, l'un des producteurs les plus importants du blanc de céruse (blanc de plomb) qui a été jugé responsable du saturnisme. Michel étouffait dans l'univers de sa famille. Quand il a eu treize ans, Michel a été envoyé dans un collège expérimental dirigé par un psychiatre et sa femme. Piccoli, qui était très critique en ce qui concernait son enfance, aura une phrase tendre envers ce couple, "la vocation et l'apostolat généreusement assumés" (p.50). Michel Piccoli passe la guerre un peu à Cavalaire dans le Var avec ses oncle et tante bien-aimés, George et Jeanne, avant de revenir à Paris. Il assiste de loin à la Rafle du Vel' d'hiv en 1942. Il commence à prendre de leçons de diction et trouve ses premiers rôles au théâtre. Il a même joué avec le TNP de Jean Vilar. Il lorgne aussi vers le cinéma et son vrai premier rôle qui le fait remarquer est celui d'un mineur dans les charbonnages du nord, dans Le Point du jour de Louis Daquin 1949 (il avait 24 ans). Dans différents chapitres, Mme Mercier évoque les films et les pièces de théâtre dans lesquels Piccoli a joué, ses mariages, ses convictions politiques de gauche, ses amitiés avec Reggiani ou Signoret, et il y a aussi un chapitre entier sur un poète et écrivain que je ne connais pas et qui est décédé en 1968, André de Richaud, que Piccoli admirait et qu'il a aidé financièrement. J'ai aimé ce livre qui donne très envie de (re)voir certains films de l'acteur.

8 juin 2020

Ses yeux bleus - Lisa Hågensen

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Paru il y a deux ans, Ses yeux bleus de Lisa Hågensen (363 pages, Actes noirs/Actes sud) nous fait découvrir une histoire surprenante, à laquelle je ne m'attendais pas quand j'ai lu la 4ème de couverture. La narratrice, Raili Rydell, une bibliothécaire âgée de 40 ans, encore célibataire, passe l'été dans son chalet situé autour d'un petit lac entouré d'une forêt dans le sud de la Suède. Un de ses voisins, Olofsson, lui fait part d'événéments étranges comme le fait qu'un couple voisin avait trois enfants mais qu'un semble s'être volatilisé, et que lui-même avait un petit chien qui a disparu. Les chalets autour du lac sont tous habités et Raili se lie d'amitié avec Sarah et Enders des sexagénaires accueillants. Quelques semaines plus tard, Raili retrouve Olofsson noyé dans le lac, ce qui amène Raili à croire que Olofsson a été assassiné. Et le cauchemar commence pour Reili qui mène l'enquête après que la maison d'Olofsson brûle, avec elle à l'intérieur qui s'en tire de justesse. Sans rien dévoiler, je dirais qu'il y est question de sorcellerie (des femmes ont été brûlées comme sorcières dans les années 1670 en Suède), de possession, d'yeux à l'éclat bleu glace. Ce premier tome d'une trilogie forme un tout, même si on peut deviner la suite. Un roman qui se lit bien. 

Lire les billets de Lewerentz et de Miscellanées.

7 juin 2020

Ecojolie - Tignous

Durant une vingtaine d'année, la Corse a accueilli un "Festival du Vent" (1). Celui-ci a engendré un projet pour la promotion de l'immobilier et de l'urbanisme durable ainsi que des énergies renouvelables, la "Maison Ecojolie".

Tout cela, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) l'ai découvert après avoir eu mon attention attirée, chez le blog de Dona Swann, sur l'ouvrage qui a repris ce nom, Ecojolie, pour rassembler 108 dessins de Tignous sélectionnés par sa veuve, Chloé Verlhac. Il est paru en 2017 aux Editions du Chêne (96 pages).

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Ces dessins ont été choisis parmi plusieurs centaines possibles (2), sur ces thèmes écologistes, environnementaux, qui témoignent aussi du regard que pouvait porter Tignous pour mettre au jour contradictions, cynisme, esprit de lucre et autres travers trop humains (3). Je me permets de citer ci-dessous moins de 10% du corpus, ceux qui m'ont le plus "parlé". Mais chaque lecteur, je suppose, peut trouver dans l'ouvrage de quoi assouvir sa curiosité. 

P1110755 Un dessin (p.73) qui fait écho à un autre que j'avais aussi retenu, mais que vous trouverez dans l'article de Corse Matin (2).

P1110756 La problématique du "bio industriel" résumée en un dessin (p.23): chapeau l'artiste!

P1110757 ...et remettons-en encore une couche (p.26)...

P1110758 Qu'est-ce qui fait le plus rire: la phrase, ou bien celui qui la pontifie? (p.37)

P1110759 Vous avez dit "climat déréglé", ou "construction déréglementée"? (p.43)

P1110760 Hé oui, ne pas confondre "matériau recyclable" et "droit à polluer acquis"... (p.46)

P1110762 Pas fini d'être confinés? (p.84)

P1110763 Sauver la planète? Ouais, ouais... (p.95 - dessin qui clôt l'album)

 Je constate en tout cas que beaucoup des dessins qui m'ont plu se retrouvent dans la "belle page", qui est censée attirer le plus l'oeil du lecteur, celle de droite (si, si...)!

J'ai encore trouvé un éclairage sur les relations de Tignous avec la Corse sur le blog de Serge Orru, fondateur du Festival du Vent, et une autre chronique d'Ecologie sur le blog La bouquinerie

Maison_Ecojolie 

(1) On peut trouver des informations sur les éditions du "Festival du Vent" de 2012 (ici) ou de 2013 (là). Faute de financements, il n'y a pas eu de 23ème édition (alors qu'elle était préparée pour octobre 2014).

(2) Un article paru dans Corse Matin dimanche 23 avril 2017 explique que Tignous était un des piliers de la "bande des dessinateurs" accueillis à Calvi, lors des dix dernières éditions du "Festival du Vent". On peut y voir deux dessins que j'avais moi-même retenu avant de le trouver en ligne (l'autre dessin étant le "panda polaire", qui fait écho au premier livre de Tignous que j'avais présenté dès le 12 janvier 2015, cinq jours après son assassinat à Charlie Hebdo).

(3) on trouve aussi dans un article du site Comixstrip.fr du 22 avril 2017 une présentation du contexte de l'album.

*** Je suis Charlie ***

3 juin 2020

Nos espérances - Anna Hope

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Dès que ma librairie de quartier a rouvert le 11 mai 2020, je me suis procurée Nos espérances, le nouveau roman d'Anna Hope (Editions Gallimard, 352 pages). Après Le chagrin des vivants et La salle de bal, Anna Hope se renouvelle bien avec ce portrait de trois femmes nées dans les années 70. L'essentiel de l'histoire se passe en 2010. Lissa (diminutif de Melissa), Hannah et Cate ont la trentaine. Lissa (le double de l'écrivain?) est actrice avec tous les aléas que cela comporte. Hannah désespère d'avoir un enfant par des FIV qui se soldent par une suite d'échecs. Quant à Cate, maman d'un petit Tom, elle souffre de dépression post partum. A cause de quelques chicaneries et mesquineries, ces trois amies se perdent parfois de vue, mais ce trio se ressoude lors de la mort d'un proche. En 2010, Lissa décroche un rôle dans une production d'Oncle Vania, Hannah, après avoir subi une énième FIV, voit son couple qui se désagrège, et Cate va se lier d'amitié avec une certaine Déa qui rencontre les mêmes problèmes que Cate. Contrairement aux deux romans précédents, la grande histoire n'interfère pas dans ce roman qui se lit très agréablement. Personnellement, j'ai beaucoup aimé cotoyer Hannah, Cate et Lissa malgré leurs défauts. Lire le billet de Cathulu.

1 juin 2020

Le virus en déconfiture? Quelle mascarade - N°3

Le mois passé fut hybride, mi-confiné mi-réouvert. Au risque de me faire graffigner une fois de plus, allons-y pour quelques notations inspirées... [(s) ta d loi du cine]

I - Solutions de continuité

Quand j'ai vu passer le constat déconfiné "Grosbide-19", ça m'a fait rigoler (même si je ne l'ai pas inventé).

Je présume qu'il y a eu au moins 150 000 naissances durant ces 10 semaines de confinement (mars, avril et mai sont habituellement des mois chargés). Je serai curieux de voir la courbe pour janvier-février-mars 2021...

Cette année 2020: passer à l'an caustique? Repartir de nouveau vers nos confins intérieurs? (OK, je sors...)

On sent que certains n'ont guère l'occasion de parler... Quand les petits vieux sont seuls à l'intérieur de la boulangerie, ils en profitent. Et je fais mine de sortir, et je me retourne pour quelques phrases... Dehors, on soupire, et la queue s'impatiente. Vivement qu'on les vaccine tous.

La France envahie par une locution: "Salut, ça va toujours bien?" (helvétisme)

Un "cluster"? Un "cluster"? Est-ce que ça a de la gueule, "un cluster"?? 'Pourraient pas causer de "foyereau" ou de "foyeton", tant qu'à nous enrichir avec de nouveaux mots?
Si je parle de "vider nos barillets", je vais me faire flinguer...

Pour l'hôpital: clap-clap-clap, c'est bien. Mais fric-fric-fric, quand même?

Grande nouvelle. On a découvert le secret de l'immortalité. Il suffit de respecter la distanciation sociale. 

On n'a pas fini d'en entendre parler, des 55 jours de Paris.

Je suis sûr que d'ici quelque temps, évoquant l'époque du confinement, on soupirera : "c'était le bon temps"...

C'était pas si mal, dodo-boulot et boulot-dodo sans passer par la case métro... Que de temps en plus!

J'étais bien, moi, dans mon confinement douillet. C'est vrai que dans un appart' à partager à deux, avec deux chambres, deux ordinateurs et deux télés, ça a passé dans des conditions très confortables.

II - Vers un retour progressif à de nouvelles normes sociales

Déconfiquoi? C'était comment, déjà le confimachin?

J'ai encore en mémoire l'époque (dans mon enfance) où j'adorais les lundi matin suivant les élections: pas cours, puisque consacrés à la "désinfection" des locaux qui avaient servi de bureau de vote...

Toujours pas compris dans quel sens sert ce foutu masque (oui, celui qui ne servait à rien quand on n'en avait plus en stock). Me protéger des autres? Protéger les autres de moi?

Sous le masque, personne ne vous voit rigoler (étranger... aux autres).

Un vaccin? On s'en fiche. Fera fortune celui qui inventera le masque qui change de couleur au contact du virus.

Vertus du masque: je suis masqué, voici ma gloire, mon espérance et mon soutien...

Nos concitoyens déconfinés sont dégueulasses. A Paris en tout cas, c'est plein partout par terre de masques et gants (en latex) jetables... Parlez-moi plutôt de beaux masques en tissus, lavables quelques dizaines de fois, comme un bon vieux mouchoir...

Hâte de découvrir les nouvelles collections "Eté 2020". Ah, les défilés en trikini. Mais c'est vrai qu'on ne sera peut-être pas autorisés à fréquenter les plages!
...Mesdames, ne me dites pas que vous ignorez ce que cache ce mot de "trikini"? Enfin, le masque assorti au biki...!

L'hexadécimal en force! Gel hydroalcoolique à 60 degrés minimum, tout comme le lavage machine des masques lavables... Pendant une heure, je suppose?

Et j'en ai encore une bien bonne: l'étiquette du "masque barrière" lavable acheté chez mon potard. Combien de fois? LAVABLE 20 FOIS (en gros). Laver au maximum 10 fois pour assurer son efficacité (en petit).

100 000 tests par jour? C'est merveilleux. En gros, chaque Français pourra donc être testé un peu plus fréquemment qu'une fois tous les 20 mois...

Bonheur de pouvoir fréquenter de nouveau: bibliothèques municipales, librairies, cinéma, restaurants...
Relancer la consommation en achetant une voiture? Ca va pas, non?

Culture et Ministère: "Il y a des librairies qui vont fermer leurs portes", s'inquiète le 24 mai 2020 ...Françoise Nyssen (sur Europe 1). Qu'en dit Jack Lang?

Eclaté de rire à la vue d'un dessin de Willem p.13 de Charlie Hebdo N°1453 (sauvons le tourisme). "Les touristes se foutent de la culture!" "Tais-toi et danse." Macron et Philippe (le French Cancan).

Rendez-vous le 1er juillet?

30 mai 2020

Le cafard - Ian McEwan

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Dans ma librairie de quartier, je suis tombée sur un petit ouvrage qui vient de paraître et qui a été écrit par un des mes écrivains favoris: Ian McEwan. C'est une "novella", une longue nouvelle. Dans son introduction, McEwan avoue qu'il est consterné par la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne. Il apparente le Brexit à un cafard. Pour écrire cette novella, il a pensé à La Métamorphose de Kafka mais plus encore à Jonathan Swift et à sa Modeste proposition qui date de 1729, où il était question de manger des nourrissons pour réduire la famine qui sévissait en Irlande à cette époque. Dans Le cafard (Editions Gallimard, 152 pages), point de cannibalisme, mais il s'agit de l'histoire, dans un futur très proche, de plusieurs cafards qui se réveillent un matin dans les corps de différents membres du gouvernement britannique, dont le Premier ministre, Jim Sams. Quand il se réveille dans son costume d'humain, Jim doit assister au Conseil des ministres. Il est considéré comme un Continualiste tiède, alors que sa volonté est de porter la "voix du peuple" et d'imposer le Réversalisme. Son conseiller n'est pas d'accord, Sams va le virer sur le champ. Je vais vous dire en deux mots ce qu'est le Réversalisme : c'est l'inversion du sens de circulation de l'argent. "Une employée remettra à sa firme une somme correspondant à toutes ses heures de dur labeur. Mais quand elle ira dans les magasins, elle recevra un compensation généreuse, équivalant au prix de vente de chaque article qu'elle emportera. La loi lui interdisant d'amasser de l'argent liquide, celui qu'elle déposera à la banque après sa journée exténuante dans une galerie marchande sera placé à des taux fortement négatifs. Avant que ses économies ne soient réduites à néant, elle aura donc la sagesse de chercher un emploi plus cher, ou de se former dans ce but... Un propriétaire devra inlassablement acheter des produits manufacturés pour pouvoir payer ses locataires..." (p.54).

Cette politique plus ou moins utopique doit être votée, et Sams trouve un soutien dans la personne du président américain, Archie Tupper (un cafard, lui aussi). En revanche, les adversaires sont nombreux à cette politique du ROC (Réversalisme Orthodoxe Contre tous), dont la Chancelière allemande qui lui demande "Warum" et Sims lui répond "Parce que". Cette nouvelle qui se termine bien se lit agréablement.

27 mai 2020

Octobre - Soren Sveistrup

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J'ai trouvé les 729 pages d'Octobre du Danois Soren Sveistrup (Livre de Poche) absolument haletantes. Dès que vous commencez ce roman, vous ne le lâchez plus. De nos jours, en octobre dans la banlieue de Copenhague, le corps d'une mère de famille est retrouvé dans un parc pas loin de chez elle. Elle a été amputée d'une main. Quelques jours plus tard, le cadavre d'une deuxième femme est retrouvé, cette fois-ci, ce sont les deux mains qui ont été amputées. Puis, c'est au tour d'une troisième femme qui est amputée des deux mains et d'un pied. Chaque fois, les policiers trouvent des petits bonhommes fabriqués avec des marrons et des bouts d'allumettes. A propos des policiers, on fait la connaissance de deux inspecteurs, Naia Thulin et Mark Hess. Mark Hess est un excellent inspecteur malgré ses démélés avec sa hiérarchie. Naia, mère d'une fillette, a une vie sentimentale cahotique. L'enquête s'avère difficile car, sur les bonhommes en marron, on trouve une empreinte digitale de Kristine, la fille du ministre des affaires sociales. Kristine a disparu un an plus tôt, son corps n'a pas été retrouvé et l'enquête est close. On apprend que les femmes assassinées n'étaient pas des mères exemplaires, et on essaye de trouver le lien qui les relie. Les policiers en sont à croire que Kristine est peut-être encore en vie. Je vous laisse vous plonger dans ce roman qui se déroule sur une période d'un mois. Les chapitres sont courts et cela explique pourquoi il se lit si vite. Après MotherCloud, c'est à nouveau un vrai "page-turner". L'écrivain est le créateur et le scénariste de la série danoise The Killing que j'avais bien appréciée.

24 mai 2020

Déconfinement, vous dis-je.

Juste avant d'aller chez le coiffeur, le 13 mai dernier (presque quatre mois sans y aller, mes cheveux ne ressemblaient plus à rien), mes premiers achats du déconfinement, le 11 mai 2020, furent des livres dans ma librairie de quartier derrière chez moi. Vous ne pouvez pas imaginer comme j'étais heureuse de pouvoir dépenser pour autre chose que de la nourriture. J'en ai acheté cinq dont Mothercloud. Comme d'autres à Paris, cette librairie, qui accorde habituellement une remise de 5% à ses clients fidèles, ne la fera plus pendant quelques mois. Je le comprends très bien. Il faut noter que cette crise sanitaire a beaucoup profité à des entreprises comme Am...on qui ont encore augmenté leur CA. Donc, je vous le demande, allez acheter vos livres dans les librairies indépendantes même si elles ne font pas de remise. Voici mes quatre autres achats livresques. Tant pis pour mes PAL qui dégringolent dans tous les sens.

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20 mai 2020

Michel Piccoli (27 décembre 1925 - 12 mai 2020)

J'ai appris avec tristesse la disparition de Michel Piccoli (à 94 ans), Je l'avais bien apprécié dans un grand nombre de films, comme ceux avec Romy Schneider dont Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs de Claude Sautet [chroniqué le 06/05/2021], Vincent, François, Paul et les autres toujours de Claude Sautet, Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, Le Mépris de Jean-Luc Godard, La passante du Sans-Souci, Sept morts sur ordonnance et Le sucre (diffusé récemment sur Arte) de Jacques Rouffio, Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre [chroniqué le 09/07/2020], et un film presque muet que j'aime énormément, Dillinger est mort de Marco Ferreri. Enfin je n'oublie pas Le journal d'une femme de chambre et Belle de jour de Luis Bunuel, etc., etc.
Mais pour moi, Michel Piccoli, c'était aussi un acteur de théâtre que j'ai pu voir sept fois sur les planches, grâce à Patrice Chéreau et Luc Bondy au Théâtre des Amandiers à Nanterre et à Peter Brook au théâtre des Bouffes du Nord. Terre étrangère d'Arthur Schnitzler fut un grand moment de théâtre en 1984 mais en 1983, j'avais vu Combat de nègre et de chiens où Piccoli donnait la réplique à Philippe Léotard, Miriam Boyer et Isaac de Bankolé. Puis il a joué dans La fausse suivante de Marivaux avec Jane Birkin, ainsi que Le conte d'hiver de Shakespeare mis en scène par Luc Bondy puis Le retour au désert de Koltès avec Jacqueline Maillan (extraordinaire) mis en scène par Patrice Chéreau au Théâtre Renaud-Barrault. Je n'oublie pas La cerisaie d'Anton Tchekov mis en scène par Peter Brook en 1983 et enfin en 2006, je l'ai vu dans Le roi Lear de Shakespeare mis en scène par André Engel.

Un grand acteur vient de nous quitter. [Biographie chroniquée le 11/06/2020].

18 mai 2020

Ceux que nous avons abandonnés - Stuart Neville

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Après Les fantômes de Belfast, Collusion et Ratlines,  je viens de terminer Ceux que nous avons abandonnés, de Stuart Neville (Rivages/Noir, 359 pages poignantes), qui se passe encore à Belfast. Dès le début, en 2007. on sait que Ciaran et Thomas Devine, deux frères de 12 et 14 ans, ont commis l'irréparable. Ils avaient été recueillis chez un couple et leur fils. Ils ont massacré le père de cette famille. Sept plus tard, Ciaran sort d'un centre fermé. Son frère a été libéré deux ans plus tôt. Ciaran est un garçon fragile sous la coupe de son frère. Leur relation amour/haine est terrible. C'est lui qui a été considéré comme le bras armé de meurtre. Face à eux, on fait la connaissance de Paula Cunnigham, une agente de probation qui vit avec son chien Angus, et de Serena Flanagan, l'inspectrice qui s'était occupée de l'enquête à l'époque. Elle est mariée et mère de deux enfants. Inconsciemment, Serena s'est attachée à Ciaran, qui n'arrive pas à agir et à penser sans son frère. Après un nouveau meurtre, Flanagan soupçonne que les deux frères sont impliqués. Une histoire terrible très bien racontée par l'écrivain que je vous conseille de découvrir si vous ne le connaissez pas. Et un roman de moins "à lire" (prélevé dans ma PAL)!

15 mai 2020

MotherCloud - Rob Hart

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Voici un roman d'anticipation dont l'histoire peut se passer dans un avenir très proche et ce n'est pas une bonne nouvelle. On fait la connaissance de Paxton, un ancien petit patron ruiné, et de Zinnia dont on ne connait pas trop les intentions. Ils arrivent par car dans un endroit désertique. Les Etats-Unis sont devenus un endroit hostile écrasé par le soleil où l'eau potable est rare, tout comme la nourriture et le travail. Le reste du monde n'a pas l'air d'aller mieux. Paxton et Zinnia sont retenus pour travailler chez MotherCloud, une superstructure de l'e-commerce (suivez mon regard) où les marchandises sont emportées par des drones. Paxton, à qui on donne un polo bleu, est affecté au service de sécurité, et Zinnia à la préparation des commandes. Elle a reçu un polo rouge. Chaque affectation a sa couleur. Désormais, ils sont surveillés grâce à une montre au poignet qui, selon leur performance, leur donne des étoiles (le but étant d'avoir 5 étoiles). On leur attribue des logements très sommaires. Bien que leur condition de vie et de travail soient épouvantables, ils ne sont pas tentés de quitter ce complexe car dehors, c'est pire. On apprend assez vite que Zinnia a une mission de sabotage envers Mothercloud et son créateur Gibson. Ce dernier intervient dans le récit sachant qu'il n'a plus que quelques mois à vivre. C'est un véritable "page turner" que j'ai dévoré en deux jours, et j'avoue que je ne m'attendais à ce qui arrive vers la fin. Un récit bien mené avec du suspense. Un conseil, ne mangez pas de CloudBurger.

Lire le billet de Brize.

12 mai 2020

Matching Points "pour les femmes mais pas seulement" - Présentation d'un duo (à l'occasion de leur 500e commentaire chez dasola)

Voici la sixième présentation de blogueuses ayant passé le cap des 500 commentaires rédigés sous les billets du blog de dasola. Cette fois-ci, il s'agit d'un portrait en duo, puisque "Matching Points" est le pseudonyme de deux blogueuses rédigeant en commun. En tout cas, à ce jour, elles ont été les plus rapides à franchir ce seuil: leur premier commentaire ici ne remonte qu'au 25/08/2013, soit il y a moins de 7 ans. Comme vous le lirez ci-après, leur blog est moins nettement orienté littérature ou bien cinéma que beaucoup d'autres: il s'agit plutôt d'un blog "culturel" à très large spectre! Il a fallu adapter le questionnaire...

Pour rappel, les cinq présentations précédentes concernaient (dans le désordre): Aifelle (le goût des livres) le 25 octobre 2017 (aujourd'hui à 1005 commentaires), Maggie (Mille et un classiques) le 12 août 2018 (735 désormais), Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017 (647 commentaires à ce jour), Keisha (en lisant en voyageant) le 26 avril 2019 (540), et Ffred (le ciné de Fred) le 23 octobre 2018 (qui en est à 530).

La parole est maintenant "aux" Matching Points pour les questions que je (ta d loi du cine, statisticien chez dasola) leur ai concoctées et auxquelles elles ont répondu dès le lendemain....

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MatchingPoints_WPBonjour « Matching Points ». Tout d’abord, qui êtes-vous ?
Votre page « Qui sommes-nous » indique que « les Matching Points » sont deux. Mais cela ne transparaît guère dans votre blog, où il n’existe pas de signature individuelle. Alors… qui rédige ? Après concertation ou non ? Pourquoi ne pas avoir choisi un « blog partagé » où chacune serait clairement identifiée, plutôt que cette « fusion / anonymisation » ? Et enfin, d’où vient cette appellation « Matching Points » ?

Nous sommes deux et nous rédigeons en concertation. Nous ne souhaitions pas nous exposer nommément. « Matcher » pour nous signifie mettre en commun nos idées et les partager avec nos lectrices. Il y a aussi un clin d’œil à un de nos films préférés : « Match Point » de Woody Allen.

Pouvez-vous aussi nous livrer quelques autres éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous toutes les deux (car un lecteur ou un spectateur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)? Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature, le cinéma, l’art ou la culture en général?

Au-dessus de 60 ans.

Nous avons toutes les deux fait des études de Lettres et de Langues. L’une de nous était enseignante.

*  Parlons un peu de votre blog: « Matching Points, pour les femmes mais pas seulement… ». Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer? Quelle plateforme utilisez-vous ?

Nous avons commencé il y a 10 ans. La belle-fille d’une de nous venait de créer son blog. Cela nous a incitées à nous exprimer pour créer une sorte de forum, d’échange d’idées, ou plus concrètement de critiques de films, voyages etc... Un peu comme un magazine féminin généraliste. Nous ne voulions pas nous cantonner à une spécialité.

Plateforme WordPress.

* Votre blog est très éclectique : on y trouve des billets sur des sujets variés.
Allons-y donc pour des questions très diverses ! Vous pouvez bien sûr répondre, soit chacune, soit ensemble.
En ce qui concerne la lecture: quel est votre but avec ce blog ? Débroussailler le champ immense des lectures possibles, faire partager vos émotions de lectures…?

Nous lisons plus que nous ne publions à ce sujet sur le blog. Nous préférons publier des critiques de cinéma.

* En moyenne et à titre indicatif, combien lisez-vous de bouquins par mois? Combien de temps consacrez-vous à la lecture chaque jour? Avez-vous un endroit favori pour lire ?

Ça dépend des circonstances. On ne peut pas donner de chiffres précis. Canapé ou lit.

*  En tant que spectatrices de cinéma, comment vous définiriez-vous ? Le cinéma tient-il un rôle important dans votre vie? Combien voyez-vous de films par mois ?

On aime le cinéma depuis toujours. Du ciné-club de la fac au cinéma plus grand public, au fil des années nos goûts sont devenus assez éclectiques là aussi. La sortie ciné est une de nos préférées, une vraie sortie accompagnée d’un détour dans un bar où un restaurant pour le débriefing ! La fréquence n’est pas régulière.

*  Comment choisissez-vous vos films? (bouche-à-oreille, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un réalisateur et/ou un acteur – vraiment – préféré?

Réalisateur, acteurs, sujet... puis les articles de presse ou des blogs.

*  Et pour revenir à des chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour? Suivez-vous les statistiques de votre blog? Avez-vous une idée du nombre de vos visiteurs?

Nous sommes restées un petit blog et nous n’avons pas répondu jusqu’à présent aux diverses offres de collaboration que nous recevons. Nous ne souhaitons pas écrire sur commande. Nous avons un petit cercle d’habituées avec qui nous échangeons.

*  Salons du livre, rencontres avec les auteurs et séances de dédicaces, avant-premières de films, rencontres avec les réalisateurs … Les recherchez-vous?

Nous habitons une petite ville mais nous nous déplaçons de temps en temps pour ce genre de manifestations que nous apprécions.

*  Concernant la culture au sens très large, sur votre blog, on trouve aussi des billets d’avis, témoignages, certitudes et incertitudes sur expositions, voyages, ou santé et bien-être, beauté, mode… : sont-ils plus, ou moins, faciles à rédiger ? Quels échanges amènent-ils avec les blogueurs ou les lecteurs de votre blog ?

Parler de choses concrètes est plus facile que rédiger des billets d’humeur ou de réflexion.

*  Une question concernant la rubrique Deutsches Echo et les articles sur la culture allemande (littérature, film, théâtre, voyages…) : qui les rédige (en VO ou en VF) ? Vous n’avez jamais pensé à rédiger parfois des articles bilingues ?

Ils sont rédigés par la partie germanique du duo. Nous avions publié des articles bilingues autrefois mais nous n’avons pas eu beaucoup de retours.

*  Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant de votre découverte respective de la culture allemande et française (même s’il remonte à l’adolescence) ?

Nous ne comprenons pas bien le sens de la question.

*  Outre des vêtements aux ados, offrez-vous des livres ou des DVD? Si oui comment les choisissez-vous?

Des livres. Souvenirs personnels ou de bonnes critiques pour des livres actuels.

*  S’il ne fallait en retenir qu’une œuvre ou deux? Quel livre et/ou quel film vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que avez pu lire ou voir? Pourquoi celui-ci/ceux-ci?

Il nous est impossible de répondre à ce genre de choix exclusif.

*  Comme d’autres «dévoreuses de bouquins» ou cinéphiles, êtes-vous vous aussi tentées par l’écriture (nouvelles, scénario…)?

Non. Nous ne nous sentons pas créatives à ce point.

*  Vous rappelez-vous comment vous aviez découvert le blog de Dasola? (réponse facultative!)

A travers le blog « Sur la route du cinéma ».

*  La question suggérée par Dominique: "êtes-vous parfois tentées d'arrêter le blog?"

En n’ayant pas de collaboration avec qui que ce soit nous nous sentons libres de publier à notre guise. Il n’y a pas de pression extérieure.

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

Voulez-vous être sponsorisées par un voyagiste ou par une chaîne d’hôtels de luxe ? Yesss !

MatchingPoints_FB

 

 

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Edit du 14/09/2023: "les" Matching Points ont annoncé arrêter leur aventure du blog (suite à un problème technique), mais rester présentes sur Instagram, et rester fidèles à quelques blogs...

10 mai 2020

Une offrande à la tempête - Dolores Redondo

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Et voilà, j'ai terminé "La trilogie du Baztan" avec Une offrande à la tempête de Dolores Redondo (Folio Policier, 580 pages haletantes). L'histoire reprend un mois après la fin de De chair et d'os et donc plus d'un an après la première enquête décrite dans Le gardien invisible. On retrouve les protagonistes des deux tomes précédents dont Amaia Salazar, l'inspectrice de police qui continue de lutter contre des forces du mal qui la dépassent. Après le "basajaun", le "tarttalo", elle doit combattre Inguma, un génie maléfique de la mythologie basque. Une petite fille encore au berceau est étouffée dans son sommeil par son père. Elle n'avait pas encore été baptisée. Amaia découvre avec l'aide de ses collègues que d'autres nourrissons ont subi le même sort, et ce depuis plusieurs années. Les parents offraient leur enfant en sacrifice. L'enquête est d'autant plus difficile que des gens puissants lui mettent des bâtons dans les roues. Un de ses enquêteurs va payer de sa vie d'avoir été près de la vérité. Et Amaia apprend qu'une personne de sa famille, que l'on croyait morte, ne l'était pas. Je ne dévoile pas tout, loin de là. Pendant 1700 pages et trois tomes, Dolores Redondo arrive à tenir le lecteur en haleine avec ces intrigues emmêlées qui forment un tout dans cette province de Navarre où coule le fleuve côtier Baztan, qui change de nom en Bidassoa sur son parcours et se jette dans le golfe de Gascogne.  J'ai tout de même noté que c'est une région froide l'hiver et qu'il y pleut très souvent (comme au Pays Basque français). Un point positif au confinement : avoir pu lire autant de pages en si peu de temps.

7 mai 2020

Le désir et la putain - Elsa Cayat & Antonio Fischetti

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) chronique aujourd'hui mon troisième ouvrage (co-)signé par Elsa Cayat, la seule femme assassinée à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Antonio Fischetti, le co-auteur, fait partie des quelques membres de l'équipe de CH qui ont eu la chance d'être absents lors de la funeste conf' de rédac' du 7 janvier 2015: en retard, en vacances, en réunion, à l'étranger... Lui était à un enterrement en province.

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L'ayant acheté en novembre 2019, il a vraiment fallu que je sois confiné pour enfin lire Le désir et la putain, qui a pour sous-titrage explicite Les enjeux cachés de la sexualité masculine. Il s'agit d'un livre de dialogue (débat?) faisant état de la fascination exercée par les prostituées entre le journaliste Antoine Fischetti [ci-après AF] (qui "lance" et conclut les sujets) et Elsa Cayat [EC] (qui apporte son expertise professionnelle de psychanalyste). Il est paru en 2007 chez Albin Michel (258 pages), et représente sans doute un sujet intéressant pour qui apprécie la psychanalyse.

Après une double introduction (je n'irai pas jusqu'à parler de sandwich), on peut découvrir 13 chapitres dont 12 titrés sous forme d'une interrogation, le dernier rapprochant (sans point d'interrogation) "Prostitution et psychanalyse". A mon avis, il y manque le "comment" de l'ouvrage, son histoire (circonstances, décision de rédiger le livre...). Je crois avoir déniché (sauf erreur de ma part) une série de vidéo où Elsa Cayat intervenait à la demande d'Antonio Fischetti, sans doute avant la rédaction de leur livre et plusieurs années avant de devenir chroniqueuse à Charlie. Je lirai peut-être, un jour, quand librairies et bibliothèques seront à nouveau accessibles, d'Antonio Fischetti, L'angoisse du morpion avant le coït: 36 questions que vous ne vous êtes jamais posées sur le sexe (Albin Michel, 2002)!

Pour le moment, ne sachant donc pas par quel bout aborder cet ouvrage-ci, je me suis dit qu'il me fallait gloser (une fois de plus). Je revendique donc la subjectivité de ma lecture. J'analyse ci-après ce que ce livre m'a inspiré. D'autres lecteurs pourront y lire d'autres choses. En ce qui me concerne, Dasola m'a presque taxé de masochisme en m'entendant soupirer et grogner à la lecture de ce livre. Dans les premiers chapitres, afin de les éclairer, sont rapprochés mais opposés les termes de pornographie (le voyeurisme), prostitution (l'offre), érotisme (le fantasme). J'ai été beaucoup plus intéressé par les paragraphes venant d'Antonio Fischetti (approche davantage sociologique) que par ceux d'Elsa Cayat (plus "conceptuels"). AF provoque EC sur des notions psychanalytiques (dont il semble avoir quelques teintures?). Par exemple, dans le chapitre "L'argent est-il aphrodisiaque?", p.117 (AF): "Le noeud de la prostitution est moins l'acte sexuel que l'échange monétaire" puis (p.118): "dans une transaction financière, lequel a le plus de pouvoir: celui qui paye ou celui qui est payé?". A quoi répond EC (p.120): "Le fait de dépenser au lieu de penser ne fait qu'augmenter le désir en occultant la question de ses désirs inconscients". A maints endroits du livre, EC creuse son sillon sur le refoulement des mots. Et c'est vrai que j'y ai parfois trouvé réponse à des objections que je faisais lors de mes lectures précédentes de ses livres.

Ainsi, dans le chapitre "Les mots sont-ils des objets sexuel?", EC explicite (note p.137) comment elle a prolongé Lacan (qui lui-même avait prolongé Freud) en cherchant à "découvrir le panneau fantasmatique que les mots refoulés représentent pour le sujet et pour lequel il rate ou s'abolit à l'occasion". AF remarquant (p.140) que "[les mots] ne sont pas forcément compris de la même façon par les différents interlocuteurs" puis objectant p.147 (comme je l'ai fait dans tel article précédent) que "le même mot ne renvoie pas aux mêmes jeux de mots" dans différentes langues, EC répond p.145 en parlant de "mots refoulés" puis p.147: "Quant à votre question sur les langues, il faut savoir qu'il y a diverses modalités d'investissement du réel qui tiennent à la différence des équivoques (des sens multiples des mots) existant dans chaque langue. Néanmoins, l'inconscient suit globalement le même trajet quelle que soit la langue car, à travers ce qui se joue avec l'autre et le corps, c'est de soi qu'il est question".

Si donc j'employais le mot dé-lire par rapport aux livres que signait Elsa Cayat, qu'est-ce que cela révèlerait des moi (d'émoi) me composant? Je crois en tout cas avoir compris que la question sur le fait que la psychanalyse soit une science, ou non, remonte à l'époque de Freud lui-même. Si science il peut y avoir, il s'agit certainement en tout cas d'une science humaine (subjective) et non d'une science "exacte", à mon humble avis! Je ne peux m'empêcher de songer aussi à ce que disait Bernard Maris sur la pseudo-"science économique", ou plutôt sur la tromperie que représente le fait de la croire opératoire et non "purement" théorique.

Je vais malgré tout poursuivre dans la voie de quelques citations (que j'espère alléchantes). De AF p. 228, dans le chapitre "Prostitution et psychanalyse": "Peut-on dire qu'au plan sexuel, une prostituée est à une "femme normale" ce que, sur le terrain du langage, un entretien avec un psy est à la conversation avec un copain? On paye le psy pour lui parler de ses problèmes affectifs sans recevoir de jugement moral en retour. J'ai payé, on a parlé, on se quitte et on est quittes. Avec la prostituée, c'est la même chose: j'ai payé, j'ai éjaculé, on se quitte et on est quitte. Le psy comme la prostituée reçoivent de l'argent pour s'intéresser à nos manques, à la différence que le premier officie dans le domaine des mots et la seconde dans celui du sexe". Puis, de la longue réponse d'EC recadrant le débat ["Le parallèle est provocateur! (...)"], j'ai surtout retenu que, comme partout, elle dit "le psychanalyste" quand AF reste plus vague avec "le psy".

Quand EC analyse sur des pages et des pages (p.243 sqq.) la phrase de Lacan "L'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas", elle me perd (ou je m'y perds tout seul?). p. 221, quand elle s'auto-cite sur plusieurs pages à propos de Lacan qui met en évidence que si la pulsion sexuelle résiste à la pleine satisfaction, c'est qu'il n'y a pas de rapport sexuel, il s'agit là de philosophie de trop haute volée pour moi. J'ai l'impression que beaucoup de points du "débat" sont analysés, mais pas véritablement résolus au final (en tout cas pas pour mon agrément).

En vrac et hors contexte, encore quelques phrases que j'ai trouvées remarquables (davantage d'AF que d'EC). p.59, AF: "pourquoi est-il plus gratifiant d'être doté d'un grand pénis que d'un formidable odorat ou d'une oreille musicale?" [assertion contestable!]. p.31, EC: "le client croit vouloir du sexe pur, or de façon plus profonde cette boulimie sexuelle est faite pour ne pas penser, le sexe vient à la place de la pensée". Une remarque d'AF ( p.71): "il n'existe pas de mot non vulgaire pour désigner l'acte sexuel effectué sans amour (excepté peut-être le mot "coucher" [et s'ensuivent une liste de verbes...]) m'amène à me demander pourquoi ne pas avoir parlé précisément de verbes [d'action] plutôt que de mots? p.97, à propos d'un soir de concert où, les WC féminins étant bondés, les filles avaient colonisé ceux des hommes, après avoir avoué qu'il avait été perturbé par cette présence, AF relève: "en somme, si les toilettes des hommes et des femmes sont séparées, ce n'est pas, comme on pourrait le penser, pour prévenir des pratiques réprouvées par la morale - en tout cas pas uniquement -, mais pour éviter cette gêne due au savoir inopportun de l'autre sexe". p.101, une illustration par EC du cas d'un homme disant que, dans son rapport aux femmes, leur violence verbale l'excite (en reproduisant le rapport que sa mère avait avec lui enfant): "dans ce "m'excite", il surprend soudainement le sens du fantasme inconscient qui sous-tendait cette excitation: je suis un "mec si je t'ai"". Dans le chapitre "La mère est-elle une prostituée qui s'ignore?", AF (p.209), à propos de l'insulte fils de pute: "A priori, deux raisons peuvent expliquer le refus d'assimiler la mère à la prostituée: soit elles s'opposent vraiment et il est injuste de les assimiler; soit elles ont des points communs et il est insupportable de l'entendre rappeler".

Bref, vous l'aurez compris, ce bouquin est loin de se lire comme un polar. Avec ce genre de livre, mes yeux lisent des mots qui ne s'impriment pas dans mon cerveau. Je me suis astreint à le lire de la première à la dernière page. Il a fallu que j'attende quatre pages avant la fin du livre pour trouver une "analyse" d'Elsa Cayat qui entre en résonance avec ma propre grille de lecture. Je cite: "Je concluerais en empruntant un chemin de traverse à propos de la logique qui organise en sous-main notre société occidentale; lorsqu'on tourne son regard vers la politique, il ne peut échapper à personne que, hormis quelques noyaux résistants, elle est présidée aujourd'hui par ce qu'on appelle la "com". Ce mot n'est que le masque caricatural d'une nouvelle forme de publicité qui n'a rien à voir avec la communication, une publicité qui non seulement vend des marques mais des hommes devenus produits de marketing, l'important tout à fait avoué, à présent, n'étant pas d'avoir des idées mais de trouver des astuces, des trucs, des stratégies pour séduire, pour avoir l'autre par n'importe quel moyen. Le but visé est clairement l'effet retour en terme de pouvoir. Ce renoncement au sens, au questionnement, transmué en volonté d'avoir, quitte à se nier et à nier l'autre, à se réduire à un produit et à réduire l'autre, n'est pas le simple fait des dirigeants. (...) Ce fait est tellement ancré que le capitalisme s'est normalisé au point qu'on peut croire que l'économie régit les relations humaines afin de faire écran à l'énorme complexité des enjeux qui les spécifient." Et Antonio Fischetti de renchérir: "Nous avons commencé par la prostitution et nous finissons par le capitalisme. Ce n'est pas anodin (...)".

Et pour finir en terme de mots refoulés, qu'aurait bien pu décrypter Elsa Cayat de la décision prise il y a quelques semaines par les hommes politiques qui nous dirigent, un "confinement jusqu'à nouvel ordre"?

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