Le blog de Dasola

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7 juillet 2014

Et rien d'autre - James Salter (Présélection du prix FNAC 2014 [1/5])

Entre les 2 et 26 juin 2014, ayant été sélectionnée pour faire partie du prix du jury du roman FN*C, j'ai lu les cinq romans que l'on m'avait envoyés. Je dois dire que la pioche fut bonne. Les cinq ouvrages m'ont plu chacun dans leur genre. Mon plaisir de lecture a été nettement supérieur à celui de l'année dernière.

Je commence par Et rien d'autre (Editions de l'Olivier, 364 pages), le nouveau roman de l'Américain James Salter (né en 1925). Le roman paraîtra le 21 août 2014. Pendant 40 pages, il brosse un portrait de personnages dans l'Amérique de la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'aux années 90. Ce n'est pas une histoire linéaire mais plutôt des moments dans la vie d'un certain Philip Bowman: c'est lui qui sert de fil conducteur. Démobilisé de la Marine en 1945, Bowman n'a pas connu son père avocat. Ce dernier a quitté sa femme pour une autre. Bowman fait des études à Harvard, et devient directeur littéraire dans une petite maison d'édition. Salter évoque, de-ci de-là, quelques grands noms de la littérature (Tolstoï, Ezra Pound, Hemingway). La rencontre de Bowman avec Vivian, riche héritière, va changer sa vie, mais ils n'appartiennent pas au même monde. Ils se marient puis divorcent. Philip Bowman connaîtra d'autres femmes. Les repères chronologiques des années qui passent se font au détour d'une phrase. Des personnages que cotoie Philip Bowman sont mis en lumière sous la plume de Salter, qui écrit un roman foisonnant sur les succès et aussi les échecs d'une génération. Mais j'avoue m'être un peu perdue parfois dans les méandres de ces histoires plus ou moins imbriquées. C'est pourtant un roman que je vous conseille pour son style brillant. Ce roman paraît après 10 ans de silence de la part de l'écrivain.

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4 juillet 2014

Le procès de Viviane Amsallem - Ronit et Schlomi Elkabetz

Voici un film qui ne peut pas laisser indifférent de par son histoire. Quelque part en Israël, nous assistons à un procès qui se passe dans un tribunal rabbinique, situé dans une pièce pas très grande. D'un côté, nous avons Viviane Amsalem, accompagnée de son avocat Carmel: elle veut se séparer de son mari. De l'autre, Elisha, le mari de Viviane, est quant à lui accompagné par son frère, qui est aussi Rabbin. Ce sont des Juifs sépharades venus du Maroc. Pendant 1 heure 55, le spectateur suit avec passion (je parle pour moi, et, je pense, beaucoup d'autres) ce huis-clos, l'affrontement entre Viviane, mariée et mère de quatre enfants qui a quitté le foyer conjugal depuis trois ans et, face à elle, trois rabbins et un greffier qui ne font rien pour accélérer les choses. En Israël, le divorce comme le mariage ne peuvent être prononcés que par un tribunal rabbinique. J'ai oublié de dire que le procès va se passer sur cinq ans en tout, avec une séance tous les deux, trois ou six mois selon le bon plaisir et les possibilités des juges. Chaque séance donne des indications, permet de faire connaissance d'amis, de voisins du couple, qui témoignent pour ou contre Viviane. On sent que le tribunal est acquis au mari, non pas en tant que personne, mais parce que le divorce et l'éclatement d'une famille sont totalement inconcevables dans ce pays. Qu'une femme puisse vouloir sa liberté et rien d'autre, ces hommes ne veulent pas en entendre parler. Jusqu'au bout, Elisha refuse cette séparation. Il ne veut pas répudier sa femme. Il a trop peur qu'elle puisse trouver un autre homme un jour. Viviane se défend avec les paroles et parfois avec une attitude "provocante", comme laisser ses cheveux à l'air libre. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et je pense que je le reverrai avec plaisir. J'imagine très bien que cette oeuvre soit un jour adaptée au théâtre. Le film a été écrit et réalisé par un frère et sa soeur, Shlomi et Ronits Elkabetz. Cette dernière interprète superbement Viviane. Simon Abkarian dans le rôle ingrat du mari s'en sort très bien.

Lire les billets élogieux d'Aifelle, Ffred et Miriam.

1 juillet 2014

Jersey Boys - Clint Eastwood

Jersey Boys de Clint Eastwood, qui est l'adaptation d'une pièce à succès donnée à Broadway, m'a fait passé un très bon moment sans ennui malgré ses 2H14. Jersey Boys retrace, pratiquement au style direct (les protagonistes s'adressent très souvent à la caméra), la création, l'ascension et la dissolution d'un groupe légendaire aux Etats-Unis: "Frankie Valli [avec un i] and the Four seasons". Nés dans le New Jersey dans les années 30 et d'origine italienne, Frankie, Bob, Tommy et les autres ont d'abord été à la fin des années 50 des filous protégés par un "Parrain" local. Le film m'a permis de découvrir que "Can't take my eyes off you", standard moult fois repris par d'autres chanteurs (comme Gloria Gaynor), a été composé par un des membre du groupe et interprété par Frankie Valli, qui avait une voix haut perchée qui faisaient se pâmer la gente féminine. Un autre de leur "tube" célèbre est Sherry. Même si le film ne constitue certainement pas le meilleur de Clint Eastwood, j'ai trouvé la réalisation classique, élégante, fluide (comme j'aime). Et il est très bien interprété par les acteurs qui ont joué Jersey Boys à Broadway. Je n'en connaissais aucun. En "guest star", Christopher Walken, toujours impeccable, joue le "Parrain" local. Et le final m'a plu: on y retrouve tous les protagonistes, qui font des pas de danse dignes des très bonnes comédies musicales des années 60. Lire l'excellent billet de princecranoir.

28 juin 2014

Xenia - Panos H. Koutras

Le film Xenia (concept antique, proche de l'hospitalité, en grec) de Panos H. Koutras se passe en Grèce de nos jours. Dany et Odysseas sont deux frères, nés d'une mère albanaise (qui vient de mourir), et d'un père grec qui les a abandonnés très jeunes. Dany, presque 16 ans, homosexuel assumé, vit grâce à la générosité d'amants de passage. Il est fan d'une chanteuse italienne de variétés des années 60: Patti Pravo. Odysseas, presque 18 ans et qui a une très belle voix, va concourir pour devenir la nouvelle star "grecque". Parcourant le pays du sud au nord, où l'économie est exangue, les deux frères sont considérés comme des "métèques", n'étant pas grecs à 100%. Aidés par quelques amis marginaux du monde de la nuit, ils entreprennent de retrouver leur père, qui pourra leur faire obtenir la nationalité grecque tant convoitée. Le film a des airs de "road-movie", ressemble parfois à une comédie musicale et comporte aussi des moments oniriques, où le lapin (nommé Dido) que transporte Dany dans son sac à dos se met à lui parler. A part la longue séquence vers la fin où Dany et Odysseas affrontent leur père putatif (qui m'a paru un peu longue, alourdissant l'ensemble), je trouve que Xenia (qui est aussi le nom d'un grand hôtel abandonné où les deux frères trouvent refuge) sort de l'ordinaire, et tous les acteurs sont vraiment bien (mention spéciale à Kostas Nikouli qui interprète Dany). Lire les billets d'Alex-6, Ffred, Alain et miriam.

25 juin 2014

Une journée à Giverny - 1300ème billet

Mon 1300ème billet me permet de rendre compte de ma journée à Giverny dans l'Eure. Vendredi 20 juin 2014, je suis allée dans la maison et les jardins de Claude Monet (1840-1926). La journée était organisée par l'association loisirs de l'entreprise où je travaille (c'était ma seconde visite, 26 ans après, pour ma part). Le jardin était une explosion de couleur. Il paraît que, cette année, les floraisons sont en avance d'au moins deux semaines. Claude Monet a vécu dans sa propriété de Giverny pendant 43 ans (la moitié de sa vie), de 1883 jusqu'à sa mort. La maison est très bien meublée, mais on ne peut pas prendre de photos à l'intérieur. Aux murs, dans les différentes pièces, sont accrochées 231 estampes japonaises acquises par le peintre. Je n'ai rien d'autre à vous dire, et maintenant les photos (avec quelques nénuphars -"nymphéas"-, bien entendu) :

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Près du Musée de l'Impressionnisme, voici un champ de coquelicots mélangés à des bleuets : superbe.

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22 juin 2014

Two Faces of January (Les deux visages de Janvier VF) - Hossein Hamini

Sorti mercredi 18 juin 2014, Two Faces of January d'Hossein Hamini est un film assez prenant jusqu'au final (je suis moins dure que ffred qui s'est ennuyé). L'histoire est adaptée d'un roman de Patricia Highsmith, qui porte le même titre et que je ne connaissais pas. En 1962, un couple d'Américains, Colette (Kirsten Dunst) et Chester McFerland (Viggo Mortensen), font un voyage d'agrément en Grèce, et séjournent à Athènes. Là, ils croisent Rydal (Oscar Isaac), un américain comme eux, qui parle grec. Son métier de guide lui permet aussi d'escroquer les touristes. Il est tout de suite fasciné par Colette. On découvre assez vite que ce couple fortuné qui semble sans histoire n'est pas aussi lisse qu'il le paraît. Ils ont beaucoup à se reprocher. Le film bénéficie d'une lumière superbe et d'une belle musique d'Alberto Iglesias (le compositeur de prédilection des films de Pedro Almodovar). Les paysages grecs dont ceux d'Heraklion et de Crète sont bien filmés. Les spectateurs dans la salle où j'étais m'ont semblé assez captivés par cette histoire criminelle où les décès surviennent accidentellement (?). J'ai trouvé la mise en scène fluide. L'une des dernières séquences qui se passe à Istanbul est très réussie. Le couple formé par Viggo Mortensen et Kirsten Dunst m'a paru crédible. A vous de voir. En tout cas, je compte bien lire un jour le roman reparu pour l'occasion et dont j'ai trouvé une édition de 1986 dans la bibliothèque loisirs dont je m'occupe.

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19 juin 2014

Black coal - Diao Yinan

Je voudrais évoquer Black coal de Diao Yinan qui a reçu le Lion d'or au dernier festival du cinéma de Venise. L'acteur principal Liao Fan a, quant à lui, reçu le prix d'interprétation masculine. Ce polar se passe pour une grande partie dans une province chinoise, dans une atmosphère ouatée, pendant l'hiver. Il y a beaucoup de neige et on sent le froid. En 1999, des parties d'un corps démembré sont retrouvées dans différents trains transportant du charbon (coal). Quelques policiers enquêtent et l'affaire se termine dans un bain de sang dans une teinturerie. Suite à ce fiasco, l'un des flics, l'inspecteur Yang, est mis sur la touche. Cinq ans plus tard, en 2004, les crimes reprennent: deux nouveaux cadavres démembrés sont retrouvés dans du charbon embarqué dans un train. Yang, devenu alcoolique, insiste pour aider ses anciens collègues dans la reprise de l'enquête. Une jeune femme employée dans la teinturerie est au coeur de cette histoire au rythme lent et elliptique. Il y a une très belle photo mais je dois dire que cela n'a pas été suffisant pour que je sois plus enthousiaste que cela, je me suis un peu ennuyée et je pense ne pas avoir été la seule dans ce cas-là pendant la projection. Au moins 4 personnes sont parties avant la fin, et dès que le générique de fin a débuté, les gens se sont rués assez vite hors de la salle. Ce n'est pas si courant.  

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Sinon, pour la deuxième année consécutive, j'ai été sélectionnée pour mon plus grand plaisir pour être jurée du prix du Roman Fn*c. J'ai reçu cinq romans, j'en ai déjà lu trois. Deux sur trois m'ont beaucoup plu et le quatrième que j'ai commencé est aussi très bien. Parmi ces cinq, trois sont français, l'un est traduit de l'hébreu et l'autre de l'américain. Ils ont été écrits respectivement par trois femmes et deux hommes. Ces livres paraîtront en août et septembre 2014. Je ne peux pas en dire plus pour l'instant mais restez à l'écoute.

Voici une photo mystère qui rassemble les ouvrages.

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16 juin 2014

La Ritournelle - Marc Fitoussi

Après Aifelle, je voulais vous conseiller à mon tour La Ritournelle de Marc Fitoussi (dont j'avais déjà bien apprécié Copacabana). Dans ce film, Jean-Pierre Darroussin et Isabelle Huppert interprètent un couple éleveur de vaches charolaises dans le pays de Caux, à Yvetot, dans une jolie chaumière. J'ai trouvé le film sympathique. Brigitte (Isabelle Huppert) et Xavier (Jean-Pierre Darroussin) Lecanu, deux quinquagénaires mariés depuis de longues années, gagnent avec régularité des concours à des comices agricoles, leurs bêtes étant nourries et bichonnées avec amour. Mais tout n'est pas toujours rose dans la vie de Brigitte qui aspire peut-être à autre chose, d'autant plus qu'une vilaine plaque d'eczéma au niveau de son buste la tarabuste. Lors d'une fête dans une maison voisine, Brigitte fait une rencontre fortuite avec un homme nettement plus jeune qu'elle. Elle décide de partir en escapade pour deux jours à Paris afin de le revoir. Xavier qui découvre très vite qu'il y a anguille sous roche part à sa recherche. Toute la partie qui se passe à Paris m'a plu car on sent qu'Isabelle Huppert est plus dans son élément. Sa rencontre avec un Danois très très séduisant (l'acteur suédois Michael Nykvist, le Michael Blomkvist de Millenium) donne du piquant à l'histoire. Sinon, le film comporte une très belle scène (comme l'a évoquée Aifelle) entre Xavier et son fils, artiste de cirque. Le film n'est jamais mièvre même si la scène "Pompon et La femme du boulanger" aurait pu être évitée. Comme dit Régis, l'homme qui aide à la ferme, Brigitte qui voulaient être bergère et Xavier s'aiment et ne se quitteront pas malgré quelques coups de canifs dans le contrat. Je regrette que lors de l'avant-première du film à laquelle j'ai assistée, nous n'ayons été que 25 dans une salle de 100. J'espère que, depuis, les salles se sont un peu plus remplies.

13 juin 2014

Les brumes de l'apparence - Frédérique Deghelt / Les amants imparfaits - Pierrette Fleutiaux /Caprice de la reine - Jean Echenoz

En préambule, je voudrais dire que les trois livres ci-dessous n'ont pas vraiment été des coups de coeur même si du point de vue littéraire, je n'ai rien à redire. Mais les sujets ne m'ont pas enthousiasmée surtout les deux premiers.

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Les brumes de l'apparence de Frédérique Deghelt (Actes sud, 360 pages, paru en mars 2014) est le premier roman que je lis de cette auteure. Et je l'ai fait par hasard. J'avoue que l'histoire m'a laissée perplexe. Gabrielle, une Parisienne dans la quarantaine, apprend qu'elle a hérité d'un domaine composé de deux maisons en ruine au milieu d'une forêt traversée par un cours d'eau en plein centre de la France. Gabrielle a une vie active bien remplie, un grand fils et un mari chirurgien esthétique. Avant de les mettre en vente, elle est amenée à passer une nuit dans une des maisons sans électricité et sans réseau téléphonique. Coupée du monde des vivants, dans cet endroit hanté par un ancêtre malfaisant, elle va se découvrir médium: elle voit des personnes décédées. Sa vie privée va s'en trouver bouleversée. Je ne m'attendais pas à ce genre d'histoire. Frédérique Deghelt va jusqu'au bout de son propos avec exorcisme à l'appui. Surprenant.

 

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Les amants imparfaits de Pierrette Fleutiaux (Babel, 300 pages, 2007). J'ai acheté ce roman (paru en 2005 aux éditions Actes Sud) à la foire "Lire à Limoges" en avril dernier. Il m'a été gentiment dédicacé par Mme Fleutiaux. Comme pour Frédérique Deghelt, c'est le premier roman que je lis de cet écrivain. A nouveau, je ne peux pas dire que j'ai été emballée par l'histoire de Raphaël et des jumeaux Camille et Léo. Pierrette Fleutiaux écrit d'une façon qui m'a paru complexe en prenant beaucoup de chemins détournés (ce qui ne m'a pas rendu la lecture facile) pour nous raconter comment Raphaël, 20 ans, Léo et Camille, 17 ans, comparaissent devant un tribunal. Il faut attendre presque 300 pages pour le savoir. Raphäel qui est aussi le narrateur raconte sa rencontre avec Léo et Camille quand il avait 9 ans et les jumeaux 6 ans, dans une petite ville de province au centre de la France. Issus d'une famille aisée, Léo et Camille qui se ressemblent beaucoup fascinent Raphaël (né, lui, dans une famille modeste). Son père est décédé et c'est sa mère qui l'élève. Et pourtant Léo et Camille m'ont paru être des êtres assez ambigus (j'ai cru deviné qu'ils avaient une relation incestueuse), ni très sympathiques ni intéressants. Je suis restée très en dehors de cette histoire et j'ai fini soulagée d'avoir été jusqu'au bout.

 

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Je termine avec Caprice de la reine de Jean Echenoz (Editions de Minuit, 120 pages), qui rassemble sept récits disparates de longueurs inégales. J'ai retenu le premier, intitulé "Nelson". En 7 pages concises et précises, Echenoz nous raconte un moment dans la vie de l'Amiral Nelson en 1802. Borgne, manchot, souffrant de sequelles du paludisme et du mal de mer (!), il est invité à un dîner dans le Suffolk. Là entre deux plats, il quitte la table des convives, s'en va à l'orée des bois alentour et plante des glands qui donneront des arbres. Ces mêmes arbres serviront à contruire des bateaux et des tonneaux. C'est d'ailleurs dans un tonneau rempli d'eau-de-vie que le corps de l'amiral sera conservé, quand il mourra à la bataille de Trafalgar. On retrouve tout l'art d'Echenoz dans ce récit. J'ai aussi beaucoup aimé "Génie civil" (40 pages), sur l'histoire des ponts en général, et d'un pont en particulier, situé en Floride. Un dénommé Gluck, ingénieur en génie mécanique et spécialiste des ponts, est le fil conducteur de cette histoire. Ayant donné rendez-vous à une jeune femme près d'un pont en Floride, il va être le témoin impuissant de la collision d'un bateau contre le pont et tout ce qui s'ensuit à cause d'un orage hors norme. Une fois encore, Echenoz déploie son talent d'écrivain en peu de mots mais tellement évocateurs. Les cinq autres récits m'ont moins convaincue. De cet écrivain, je préfère les quatre romans que j'ai déjà lus.

10 juin 2014

Les poings contre les murs (Starred up) - David Mackenzie

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Mercredi 4 juin 2014 est sorti un film que je vous conseille malgré son sujet dur et ses images brutales (le film est interdit aux moins de 12 ans). En Grande-Bretagne, Eric Love, 19 ans, un jeune homme prêt à en découdre, vient d'être transféré d'un centre pour déliquants mineurs vers une prison pour adultes "starred up" (en VO). Dès la première séquence, le spectateur est mis dans le bain. Eric subit une fouille en règle et est installé dans une cellule individuelle. A partir de là, Eric enchaîne les comportements violents (c'est un écorché vif). On découvre par bribes qu'Eric a eu une enfance difficile, victime de la violence des adultes. Balloté de foyer en foyer (sa mère est partie), Eric retrouve son père Neville qui purge une peine à perpétuité dans la même prison. Eric sait se défendre, mais devient la tête de turc de certains détenus et de membres du personnel pénitentiaire (qui le prennent pour un individu irrécupérable). Cependant, son père, lieutenant d'un des caïds de la prison, veille sur lui. Par ailleurs, un éducateur de prison qui s'est attaché à Eric arrive à le convaincre de suivre quelques séances de thérapie en petits groupes qui ont pour but de canaliser la violence. Le film ne laisse aucun répit au spectateur. Jusqu'au bout, on se demande comment tout cela va tourner. Le réalisateur sait maintenir le suspens et aucune scène ne tombe dans le sordide. Après R, voici un deuxième film très réussi sur l'univers carcéral d'autant plus que tous les acteurs sont excellents, Jack O'Connell (Eric) en tête. Le film a été tourné dans une prison désaffectée en Irlande du nord. Lire le billet de Wilyrah.

7 juin 2014

X-Men: Days of Future Past - Bryan Singer

Etant fan de cette série depuis le premier opus (déjà réalisé par Bryan Singer et sorti en 2000), je me suis précipitée pour voir X-Men: Days of Future Past où j'ai retrouvé les héros mutants récurrents comme Magneto/Eric et Charles Xavier ainsi que Mystique, Wolverine et quelques autres. Nous faisons aussi connaissance de nouveaux personnages, dont le "méchant" de l'histoire, Bolivar Trask, ou Quicksilver (Vif Argent), un mutant qui a un pouvoir qui ne s'oublie pas. Dans cette histoire, le passé rejoint le futur. Des robots, les Sentinels, créés en 1973, armes de destruction massive de mutants, sont en train de faire beaucoup de ravages, 50 ans plus tard, dans les rangs des mutants et aussi des humains. Ils semblent indestructibles. C'est alors que Charles Xavier a l'idée d'envoyer Wolverine dans le passé, en 1973, à Paris, au moment des négociations pour la paix au Vietnam. Wolverine va tout faire pour que les Sentinels (les robots) ne voient jamais le jour, donc pour changer le futur. Une fois de plus, j'ai beaucoup aimé le film dans son ensemble. Les effets spéciaux sont spectaculaires et réussis (je vous recommande la séquence avec Vif Argent et celle avec Magneto/Eric qui encercle la Maison Blanche grâce à un stade qu'il a soulevé). Je pense aussi que les acteurs sont une fois de plus excellents: Ian McKellen, Michael Fassbinder, Patrick Stewart, James McAvoy, Hugh Jackman, Ellen Page, Jennifer Lawrence, etc. Un bon film de genre que je recommande (j'assume: j'ai adoré).

Lire les billets plus ou moins enthousiastes de Moskau, Ornelune, Ffred, Wilyrah, Mr Vladdy et Géraldine.

4 juin 2014

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (le film) - Felix Herngren

Après le roman très remarqué (un excellent bouche-à-oreille), chroniqué sur les blogs (dont le mien), l'adaptation cinématographique n'a pas tardé. Sorti mercredi 28 mai 2014, le film, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Felix Herngren se laisse voir même si je l'ai trouvé nettement moins amusant que le roman qu'il est préférable d'avoir lu avant, à mon avis. Allan Karlsson se fait la belle de la maison de retraite où il est pensionnaire, le jour de son centenaire. Il saute par la fenêtre sans se faire mal (du rez-de-chaussée quand même). Allan est un drôle de bonhomme, spécialiste en explosifs. C'est d'ailleurs à cause d'une explosion qu'il s'est retrouvé dans la maison de retraite: il venait de faire sauter une bombe entourée de saucisses qui ont servi à appâter un renard responsable de la mort de son chat Molotov, et son voisinage n'a pas apprécié. Le film alterne les séquences entre le présent et le passé. Après sa fuite, on suit Allan (et sa valise), qui fait la connaissance de Julius, Gunilla et surtout Sonja (une éléphante). Un flic désabusé est sur sa piste ainsi que toute une bande de "méchants" qui veulent remettre la main sur la valise (pleine de billets de banque, et qu'un jeune malfrat lui avait confiée). Et on retrouve Allan depuis sa naissance à des périodes différentes de sa vie tumultueuse: son séjour en hôpital psychiatrique, sa rencontre dans les années 50 avec Staline et Truman, puis en Mai 68 à Paris, et son séjour au goulag avec le frère idiot d'Albert Einstein. Avec toujours ce fil conducteur: les explosifs sous toutes ses formes. C'est un film sans prétention qui, j'espère, donnera envie de lire le roman.

1 juin 2014

Depuis le temps de vos pères - Dan Waddell / Les sept fils de Simenon - Ramon Diaz-Eterovic

Voici deux romans que je vous recommande.

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Dans Depuis le temps de vos pères de Dan Waddell (Editions du Rouergue, 300 pages), on retrouve Grant Foster qui se remet doucement des différents traumatismes corporels qui lui a été infligés précédemment (lire Code 1879) et Nigel Barnes le généalogiste. A Londres, de nos jours, plusieurs personnes sont assassinées et des adolescentes de 14 ans enlevées. Grâce à Barnes, à un cheveu et à l'ADN, on apprend qu'ils sont tous des descendants d'un couple, Sarah et Horton, qui à la fin du XIXème siècle ont commis un péché mortel aux yeux de leur communauté religieuse, les Mormons pour les citer. L'histoire emmène notre généalogiste et une jeune femme policier jusque dans l'ouest des Etats-Unis, en Utah, où sont archivés des millions de noms rassemblés par les Mormons sur un registre des morts. Depuis le temps de vos pères est un roman que j'ai lu en moins d'un week-end. J'ai trouvé l'histoire peut-être moins passionnante que celle de Code 1879 car l'enquête généalogique est nettement plus vite expédiée. L'intrigue m'a paru bien menée. Le troisième tome des enquêtes du généalogiste m'attend sur une de mes nombreuses PAL. Lire les billets de Corinne, Soie, Titine,

Je continue avec Les sept fils de Simenon de Ramon Diaz-Eterovic (Metailié Noir, 280 pages) où j'ai eu le plaisir, une fois de plus, de revenir à Santiago du Chili pour retrouver le détective privé Heredia et son chat Simenon (qui à force de conter fleurette aux chattes de gouttière devient papa de sept chatons). Heradia est toujours fauché mais cela ne l'empêche pas de nourrir son chat à qui il voue une grande affection. Il donne une réponse que j'aime beaucoup quand on l'interroge à propos de son amour pour son chat. Il reprend une citation de Cocteau: "Je préfère les chats aux chiens parce qu'il n'y a pas de chats policiers" (p. 110). Heredia devient suspect d'un meurtre perpétré sur la personne d'un expert-comptable/avocat dans un hôtel miteux où notre privé se trouvait en même temps. L'enquête que mène Heredia lui fait découvrir des malversations à propos de l'attribution de marchés publics à des entreprises peu respectueuses des gens et de la nature. La victime qui s'appelait Gordon était incorruptible. Pour l'aider dans ses investigations, Heredia a l'appui de son ami Anselmo, le kiosquier, de Madame Zara, sa voisine de palier, voyante extra-lucide, et d'un américain grand amateur de bière. La ville de Santiago et ses habitants sont toujours très présents dans ce roman vraiment plaisant.

29 mai 2014

Il était une fois l'Orient-Express

Pour une fois, je ne parlerai ni de livres ni de cinéma (quoique...). A l'Institut du Monde Arabe à Paris, se tient, jusqu'au 31 août prochain, Il était une fois l'Orient-Express, une exposition évoquant le train mythique qui traversa l'Europe d'Ouest en Est et inversement pendant plus de 90 ans (avec des interruptions). L'expo se décompose en deux parties: la première permet d'admirer trois wagons de la Compagnie internationale des Wagons-Lits qui ont été rachetés récemment par la SNCF. Les wagons présentés datent des années 1925-1930, époque de l'âge d'or de l'Orient-Express. Un des wagons a été restauré en 2014. Ils sont installés sur le parvis devant l'entrée de l'IMA.

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C'est assez spectaculaire et l'ensemble a beaucoup d'allure. Il est écrit, selon une brochure que je me suis procurée, que chaque wagon pèse 60 tonnes!

Vous remarquez que les caisses où acheter les billets ressemblent à un wagon: 2ème photo au milieu à gauche.

Puis, comme j'y suis allée à l'heure du déjeuner, il n'y avait pas foule et l'attente fut courte. Une jeune guide "conducteur" nous informe brièvement de ce qu'on verra dans les trois wagons: le premier est le restaurant, salle à manger. Le deuxième wagon est composé de compartiments (les photos y sont interdites) dans lesquels sont reconstituées quelques scènes d'ambiance dont le fameux crime de l'Orient-Express (Christie/Poirot); et enfin le troisième wagon est un grand salon avec des fauteuils très confortables. C'est là qu'a été tourné la scène finale du film Le crime de l'Orient-Express de Sidney Lumet (1974) où l'on voit Poirot qui a rassemblé tous les suspects pour révéler qui est coupable du crime.

Voici des photos prises à l'intérieur des wagons avec en particulier les panneaux en verre de René Lalique dans les boiseries en acajou de Cuba.

 

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Puis je me suis dirigée vers la suite de l'expo (dans l'IMA aux niveaux -1 et -2) où sont présentés pas mal de documents, d'affiches, des reconstitutions des couchettes.

J'ai appris que c'est M. Georges Nagelmackers (1845-1905), un Belge né à Liège, fils et petit-fils de banquier et fondateur de la Compagnie internationale des Wagons-Lits, qui a imaginé le train de ses rêves (après un séjour aux Etats-Unis), en s'inspirant des wagons Pullman (Pulman a inventé le wagon-lit). Il a voulu, grâce à ce train, faire l'unité de l'Europe à travers les Balkans dans les années 1880. L'Orient-Express a été créé en 1883. Istanbul a été choisie comme terminus du fait que c'était la pleine période de l'orientalisme à la fin du XIXème siècle. Le voyage durait quatre jours. La clientèle de ce train de luxe (le prix du billet était très cher) était essentiellement composée de militaires anglais, d'archéologues, des écrivains, ainsi que les premiers touristes, et des diplomates. Il y avait aussi des demi-mondaines. Entre les deux guerres mondiales, le réseau s'étend avec une ligne qui partait d'Istanbul jusqu'à Bagdad et Le Caire en passant par Alep en Syrie. Les lignes de l'Orient-Express ont été un reflet de la géopolitique d'époques différentes. Le dernier direct Orient-Express vers Istanbul et Athènes a cessé en 1977.

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Personnellement, j'ai bien aimé cette exposition car ce serait un rêve de pouvoir prendre un jour ce genre de train où tout est luxe et volupté.

26 mai 2014

Deux jours, une nuit - Jean-Pierre et Luc Dardenne

Sélectionné en compétition au dernier Festival du film de Cannes qui vient de s'achever le samedi 24 mai 2014, Deux jours, une nuit des frères Dardenne ne m'a pas déçue, même si je n'ai pas retrouvé l'âpreté de L'enfant, du Gamin au vélo, du Silence de Lorna ou même de Rosetta. Il m'a semblé que Deux jours, une nuit était un film serein, apaisé même dans ses rares moments de violence; et le fonds de l'histoire est cynique. Marion Cotillard est présente de la première à la dernière image et filmée au plus près. Elle interprète Sandra, une jeune femme qui sort d'une grave dépression. Mariée et mère de deux enfants, elle est employée dans une usine. Quand commence le film, elle vient d'apprendre suite à un premier vote des salariés qu'elle va être licenciée alors que les 16 collègues de son atelier doivent toucher 1000 euros de prime (sauf un qui touchera 150 euros parce qu'il n'a pas d'ancienneté, et il est en CDD). On apprend que le vote de la majorité des collègues pour la prime et par conséquent pour le licenciement de Sandra a été fait sous la pression de la hiérarchie. Grâce au soutien d'une collègue et de Manu, son mari, Sandra, pendant un week-end (deux jours et une nuit), va faire du porte-à-porte pour essayer de faire changer d'avis ses collègues qui doivent voter une deuxième fois. Sandra est une femme fragile qui désespère d'arriver à faire changer les choses. Elle est devenue fataliste et peut-être suicidaire. On pourra trouver la narration monotone puisque les réalisateurs ne font pratiquement que suivre Sandra d'un endroit à l'autre, d'une porte à l'autre. Marion Cotillard est plutôt convaincante. Son suicide raté l'est moins (son acte paraît factice). Mais j'ai beaucoup aimé la conclusion qui m'a paru pleine de sérénité et porteuse d'espoir. Le film est reparti bredouille de Cannes. Il est vrai qu'il ne méritait pas forcément un prix. Lire les billets de Ffred et Alex-6.

23 mai 2014

L'insoutenable légèreté des scones - Alexander McCall Smith / La madone de Notre-Dame - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je vous conseille.

D'abord, L'insoutenable légèreté des scones d'Alexander McCall Smith (Editions 10/18, 420 pages), le 5ème volume de la série "44 Scotland Street" (lire ma chronique précédente). Qu'est-ce que je l'ai attendu avec impatience, sachant qu'en 2010 (au moins), il était déjà paru en anglais! Je ne comprends pas pourquoi l'éditeur 10/18 n'a pas jugé bon de faire paraître cette Insoutenable... plus tôt. En plus, il y a encore quatre autres volumes à venir/traduire. Il faudrait que je remette à l'anglais. Bref. Pour en revenir au livre, comme pour les volumes précédents, l'écrivain passe d'un personnages à l'autre dans de courts chapitres. Nous les retrouvons là où nous les avions laissés. Bruce, après une déconvenue sentimentale que je vous laisse découvrir, va devenir nettement moins imbu de sa personne et même devenir sympathique. Matthew et Harmony, jeunes mariés, partent en voyage de noces aux antipodes, en Australie. Là, ils vont vivre une mésaventure. Cyril, le chien d'Angus, va devenir papa de quelques chiots. Domenica, la voisine d'Angus, envisagerait (pourquoi pas?) de se marier avec Angus. Quant à Bertie, qui est le seul personnage à avoir toujours le même âge (6 ans) depuis le premier volume, il va devenir scout, au grand dam de sa maman Irène. Sinon, le titre du roman me paraît énigmatique, car, sauf oubli de ma part, il n'est pas du tout question de scones dans les différentes histoires. Pour ceux qui n'ont jamais abordé cette série, je vous conseille quand même de les lire dans l'ordre en commençant par le premier.

Je continue avec La madone de Notre-Dame, le premier roman d'Alexis Ragougneau (Viviane Hamy, 200 pages), que j'ai estimé très réussi. L'intrigue tient la route et c'est bien écrit. Le roman se déroule sur une semaine. Un meurtre est commis dans la cathédrale de Notre-Dame à Paris au moment du week-end de l'Assomption. Il concerne Luna Hamache, une jeune "beurette" court vêtue que l'on retrouve étranglée. Une partie de son anatomie a été bouchée à la cire de cierge. Claire Kauffmann, une jeune procureur aidée par Landard, un policier borné, boucle rapidement l'enquête. Un coupable idéal est appréhendé, un jeune homme amoureux de la Vierge Marie. Mais ce n'est pas lui le meurtrier. A partir de là, un prêtre, le père Kern qui souffre d'une maladie mystérieuse depuis l'enfance (il a des poussées de fièvre et il ne mesure qu'1m48) et auquel on s'attache vite, reprend les investigations qui vont le mener à démasquer le vrai coupable. Ce roman a vraiment de grandes qualités. Tout au plus me semblerait-il que certains personnages ne sont peut-être pas assez fouillés et sont parfois laissés de côté un peu abruptement (comme par exemple la procureur et le policier Landard). J'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là.

Lire les billets de Claude Le Nocher, La petite souris, Valérie, ainsi que celui de Eeguab (suite à son commentaire ci-dessous).

20 mai 2014

The Homesman - Tommy Lee Jones

The Homesman est en compétition dans la sélection officielle du Festival International du film de Cannes (14-24 mai 2014). Il est sorti dimanche 18 mai dans toutes les bonnes salles de Paris et province. Voici un film (de l'acteur réalisateur Tommy Lee Jones) qui est vraiment réussi car l'histoire sort des sentiers battus dans le genre "western". Mon ami (qui l'a vu avec moi) trouve qu'il est dans la lignée de La dernière piste de Kelly Reichardt et de Impitoyable de Clint Eastwood. Dans ce film, quatre femmes sont les personnages principaux. En 1854, quelque part dans le Nebraska, en plein coeur des Etats-Unis, Mary Bee Cuddy (Hilary Swank), 31 ans, célibataire, apparaît dure à la tâche. C'est elle qui mène la charrue tirée par deux mules. Elle laboure dans un paysage plat qui s'étire à perte de vue et que j'ai trouvé hostile. Elle rêve d'épouser un homme qui l'épaulerait. Mais les hommes du cru la trouvent revêche et autoritaire. Ces mêmes hommes préfèrent aller chercher eux-mêmes une jeune fille pleine d'illusions "dans l'Est". Mary Bee, courageuse et de bonne volonté, se retrouve à emmener trois femmes à l'esprit dérangé (et grâce à des flash-back, on comprend malheureusement pourquoi) dans l'Iowa, l'Etat voisin situé à l'est du Nebraska. Elles doivent être recueillies par le pasteur d'une paroisse. Dans ce périple long de plusieurs centaines de kilomètres, Mary Bee est aidée par un dénommé George Briggs (Tommy Lee Jones), qu'elle a sauvé de la pendaison. Le chemin est semé d'embûches entre les Indiens, les aléas climatiques et quelques individus peu recommandables. Le réalisateur, qui a co-écrit le scénario, montre la conquête de l'Ouest côté envers du décor, si je puis dire. Car, au XIXème siècle, ces migrations de femmes et d'hommes vers des terres inconnues étaient éprouvantes et tournaient parfois à la tragédie. Tout le monde n'arrivait pas à s'acclimater. Les maisons étaient de simples masures en briques de terre crue battues par les vents. Les gens mourraient de dysenterie ou d'autres épidémies. Seuls les plus costauds, tant du point vue physique que psychologique, arrivaient à survivre. Le rythme du film est plutôt lent mais il convient bien au récit. Un film que je conseille - et mon ami aussi. Lire le billet de Choupynette.

PS du 22/05/2014: précisons que ce film est tiré du livre (western) The Homesman de Glendon Swarthout (1918-1992), chroniqué notamment par Hélène, Le Bouquineur, ... Je n'ai pas encore mis la main dessus.

17 mai 2014

Cyber menace - Tom Clancy / L'appel du coucou - Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling)

Voici deux "pavés" relativement vite lus.

Cyber menace (Editions Albin Michel, 720 pages) est le premier roman de Tom Clancy que je lis. Tom Clancy (disparu en octobre 2013) l'a co-écrit avec Mark Greaney. J'ai été attirée par le titre, la menace cybernétique, le cyber espionnage, le cyber sabotage. Les "méchants" de l'histoire sont une poignée de Chinois qui travaillent en sous-main pour le gouvernement chinois, qui veut étendre son influence au large de la mer de Chine. Ce roman décrit l'affrontement entre deux grandes puissances, d'un côté les Américains et de l'autre les Chinois, par cyber attaques interposées. Au milieu, nous trouvons Jack Ryan, le président des Etats-Unis et son fiston, Jack Ryan junior, qui travaille dans une agence de renseignements très secrète. Le roman assez haletant comportent de nombreuses scènes d'action où les victimes ont surtout à voir avec l'informatique. Vous pouvez deviner la fin de l'histoire: le monde libre est sauvé grâce aux Américains (pour l'instant). Roman idéal pour l'été. 

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Maintenant, je passe à L'appel du coucou (Editions Grasset, 570 pages) de Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling), qui se lit très agréablement. Un certain John Bristow demande à Cormoran Strike, un détective privé unijambiste (il a perdu une jambe au combat en Afghanistan), de rouvrir une enquête. En effet, Bristow, qui a connu Strike pendant l'enfance, n'est pas convaincu par la thèse de la police qui a établi que sa soeur, Lula Landry, s'est suicidée trois mois auparavant en se jetant du balcon de son appartement en plein Londres. Lula Landry, une jeune femme noire, était un mannequin célèbre, riche à millions et vraiment très jolie. Spike accepte d'autant plus la demande qu'il est dans une passe financière difficile. Et sa fiancée vient de le quitter. Il vit et dort dans son bureau. Cette manne financière inespérée lui permet d'engager une secrétaire intérimaire, Robin Ellacott. A eux deux, ils vont dénouer les fils d'une intrigue retorse dans laquelle nous est révélée l'histoire d'une famille où se mêle la folie, l'appât du gain et la jalousie. Beaucoup de personnages sont des suspects potentiels, car Cormoran et Robin découvrent que Lula (surnommée "le coucou" par un des ses proches) a en effet bien été assassinée. L'intrigue est menée tambour battant, même si je trouve que le roman aurait été meilleur avec 60 pages de moins. Après Une place à prendre, J. K. Rowling confirme qu'elle a tourné la page "Harry Potter". Il semble qu'une suite avec Robin et Cormoran est prévue. 

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Lire les billets de sylire, dominique et Le Papou.

14 mai 2014

D'une vie à l'autre - Georg Maas / Girafada - Rani Massalha

Voici deux films que j'ai vus la semaine dernière.

Je commence par D'une vie à l'autre de Georg Maas. Je trouve assez exagéré (mais l'accroche publicitaire est ainsi) que l'on puisse dire que ce film est "le croisement réussi entre La vie des autres et Borgen". On est quand même loin du compte. Le film traite d'une histoire peu connue et traitée: les enfants du "Lebensborn". Entre 1936 et 1945, en Allemagne, des femmes célibataires ou mariées accouchaient dans des maisons du Lebensborn et confiaient leur nouveau-né à cette association. Les enfants que l'on élevait étaient destinés à faire partie de la future élite du Reich. L'histoire du film se déroule en Norvège qui a tenue une place particulière dans les Lebensborn. Les Norvégiens, considérés comme les descendants directs des Vikings, correspondaient à la conception idéale de l'homme germanique. Plus de 10 000 enfants sont nés des liaisons entre femmes norvégiennes et soldats allemands entre 1940 et 1945. Les bébés étaient enlevés à leur mère pour être élevés dans des foyers en Allemagne. L'action du film (inspirée de faits réels) se passe en 1990, (un an après la chute du Mur). Nous faisons la connaissance d'une Norvégienne, Katrine Evensen (Juliane Köhler), qui fut élevée dans un foyer du Lebensborn dans les années 50 en Allemagne de l'Est. Ayant réussi à s'enfuir de RDA 25 ans plus tôt, elle a miraculeusement retrouvé Ase, sa mère norvégienne (Liv Ullmann). Depuis, Katrine a mené une vie rangé entre son mari, un marin de l'armée norvégienne, et sa fille qui vient de la faire grand-mère. Mais on apprend assez vite que Katrine n'est pas celle que l'on croit. Le film comporte des "flash back" avec une image granuleuse (pas terrible comme procédé). J'aurais aimé être plus émue par cette histoire qui nous montre le rôle qu'a joué la terrible Stasi (les services secrets de la RDA). C'est un film honnête mais sans plus.

Maintenant, je passe à Girafada de Rani Massalha, qui ne se donne plus que dans une seule salle à Paris. J'ai trouvé le film "gentillet". Dans une petite ville de Palestine, Yacine, vétérinaire dans un zoo, a une idée insensée pour faire plaisir à Ziad, son petit garçon. En effet, ce dernier qui vouait une adoration au couple de girafes du zoo est devenu inconsolable depuis la mort de Brownie, le mâle, blessé à mort suite un bombardement. Depuis, la femelle Rita refuse de se nourrir bien qu'elle attende un petit. Avec l'aide d'une journaliste française et d'un vétérinaire israélien, Yacine va réussir à faire passer clandestinement, d'Israël en territoire palestinien, une girafe appelée Roméo. Tout ne se termine pas forcément très bien pour tout le monde et certains personnages (les israéliens) m'ont paru caricaturaux. En revanche, les girafes sont très photogéniques et ont beaucoup de grâce.

11 mai 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014 (suite)

Voici quatre romans que j'ai lus depuis ces trois derniers mois (dans la continuité de mon article du 14 avril 2014).

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Je commencerai par La bête de Kenneth Cook (Editions autrement). J'ai trouvé qu'il s'agissait d'une oeuvre un peu "fond de tiroir" parmi ce que j'ai lu du romancier disparu en 1987. Selon moi, la forme "nouvelle" aurait mieux convenu que celle du roman. Un père et son fils, dans le bush australien, essayent de chasser un énorme sanglier qui dévaste tout sur son passage. L'animal semble narguer les humains en général et ces deux hommes en particulier. Cette "bête" ne se laisse pas prendre et montre une sorte d'intelligence. Jusqu'au bout, on se demande qui va l'emporter. Je vous laisse le découvrir. De l'écrivain, préférez ses nouvelles ou d'autres romans.

 

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Ne deviens jamais vieux! de Daniel Friedman (Editions sonatine, 330 pages) avait eu de bonnes critiques dans la presse. Pour ma part, je suis restée sur ma faim en compagnie de Buck Schatz, un octogénaire (87 ans) ancien flic qui va de temps en temps prier à la synagogue. Il reprend du service flanqué de son petit-fils Tequila. Ils partent à la poursuite de lingots d'or cachés dans un coffre de banque. Ces lingots sont la possession d'un criminel nazi grabataire pensionnaire d'une maison de retraite. Buck et Tequila ne sont pas tout seuls à la poursuite du magot et les cadavres s'accumulent. Pour ce qui me concerne, ce livre ne m'a pas convaincue du tout. S'il y a de l'humour, cela m'a échappé. Et Buck ne m'a pas du tout attendrie.

 

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Le diable sur les épaules (Editions Pocket, 544 pages) de Christian Carayon se passe dans les années 20 dans la région du Tarn. Un jeune criminologue, Martial de la Boissière, est appelé en renfort par Camille, l'institutrice du villlage et amie d'enfance de Martial. Un, puis deux, puis trois crimes atroces sont commis à La Vitarelle. Les morts ont des liens. Les crimes ne sont pas commis au hasard. On découvre, en même temps que Martial, une sombre histoire familiale et un crime impuni qui remonte au tout début de la première guerre mondiale. Ce roman est aussi l'histoire de deux frères orphelins qui ont été recueillis par des fermiers mal dégrossis. Christian Carayon, pour son premier roman, fait preuve de talent en manageant le suspens. Le petit reproche que je ferais, c'est que j'ai trouvé le roman un petit peu long (surtout vers la fin). Mais très recommandable.

 

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Je termine avec Des noeuds d'acier (Editions Denoël, 260 pages) de Sandrine Collette. Après avoir lu moult billets élogieux, je me suis décidé à découvrir ce premier roman maîtrisé et haletant. Je l'ai dévoré en une soirée et le début de matinée du lendemain. Dès que l'on commence, on ne peut pas s'arrêter et on sort groggy (car on se dit que cela pourraît être un fait divers réel). Théo vient de purger une peine de 19 mois de prison pour avoir tabassé et réduit à l'état de légume son frère (ce dernier avait couché avec la femme de Théo). Etant parti se ressourcer dans un coin isolé en France, Théo va connaître l'enfer sur terre. En effet, capturé, enchaîné et réduit à l'état d'animal par deux frères septuagénaires (Basile et Joshua), Théo vit un cauchemar épouvantable. Jusqu'au bout, on attend que surgisse un deus ex machina car on a du mal à imaginer qu'il n'y ait personne pour lui porter secours. Sandrine Collette (dont un deuxième roman est paru) sait captiver son lectorat. Vraiment bien, je conseille. Lire les billets d'Aifelle, Sandrine, Valérie, Mon petit chapitre et Véronique

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