mercredi 23 mai 2012

I Wish - Hirokazu Kore-Eda / 11 fleurs - Wang Xiaoshuai

Je voudrais évoquer deux films venus d'Asie, ayant comme point commun que les rôles principaux y sont tenus par des enfants.

Tout d'abord, I Wish, du Japonais Hirokazu Kore-Eda (le réalisateur du sublime Nobody Knows), qui dirige à nouveau des enfants avec talent et délicatesse. Au Japon, sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés par une distance de plus de 500 km après le divorce de leurs parents. Koïchi, l'ainé, vit au sud de l'île avec sa mère et ses grands-parents au pied d'un volcan en activité qui rejette des nuages de cendres. Ryunosuke, le plus jeune, vit avec son père, guitariste de rock un peu bohême, dans le nord de l'île. Koïchi souhaite (wish) que sa famille soit à nouveau réunie. Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les deux régions, Koïchi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques copains de classe jusqu’au point de croisement des trains où, dit‐on, il suffit de formuler un souhait pour qu'il se réalise. C'est un très beau film sur l'enfance insouciante malgré le divorce, la séparation et le volcan en éruption. Toute l'histoire se focalise sur ce voyage effectué par des enfants sans qu'aucun adulte ou presque n'intervienne. Je ne vous dirai pas si les souhaits se réalisent ou non, mais peut-être que quelque chose va se passer. J'ai été un peu moins convaincue que pour Nobody Knows et même Still walking. J'ai trouvé le film un peu (trop?) léger. Mais il vaut la peine d'être vu pour ceux qui ne connaissent pas ce réalisateur, qui sait très bien diriger les enfants.

Maintenant, 11 fleurs du Chinois Wang Xiaoshuai, vu grâce au conseil avisé d'Aifelle (qui n'a pas écrit de billet sur ce film) que je remercie. Voici un film dont l'histoire, tirée d'un souvenir du cinéaste, se passe en 1975, un an avant la fin de la "Révolution culturelle" et la mort du grand Timonier Mao Tsé-toung. L'action se situe dans un village ouvrier situé au sud-ouest de la Chine, niché dans un décor magnifique de collines et de rivières Les habitants vivent au rythme des paroles et des chants révolutionnaires diffusés par des haut-parleurs. Wang, un gamin de 11 ans, qui vit entre une mère assez dure et un père féru de peinture impressionniste, est toujours fourré avec une bande de trois copains inséparables. Une belle chemise blanche dont le tissu a été acheté et cousu par sa mère (grâce à des tickets de rationnement) va faire basculer la vie de ce jeune garçon dans le monde des adultes, où il va connaître la violence et le crime. En 1H50, le réalisateur ne fait qu'évoquer la Chine sous Mao, mais on sent que la vie de ces gens est dure, même s'ils ne se révoltent pas: peu d'électricité, rarement de la viande, pas de loisirs. Et l'on voit un homme pleurer car sa fille a été violentée et que son fils est devenu un meurtrier. Tout est décrit par petites touches comme chez les impressionnistes. C'est un film prenant que je vous conseille.

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dimanche 20 mai 2012

De rouille et d'os - Jacques Audiard

Etant une grande admiratrice du cinéma de Jacques Audiard (voir ici et ) depuis Regarde les hommes tomber, j'avais hâte de découvrir son nouveau film (son sixième). Le scénario est tiré d'une nouvelle d'un écrivain canadien, Craig Davidson (le recueil est paru aux Editions Albin Michel). L'argument de ce film, c'est le destin de deux personnes, Ali et Stéphanie, qui n'étaient pas fait pour se rencontrer, et pourtant la vie en a décidé autrement. Ali et Sam, son petit garçon de cinq ans, quittent le nord de la France pour partir vers Antibes, chez la soeur d'Ali, caissière dans une grande surface. Ali (Matthias Schoenaerts découvert dans Bullhead) est pauvre, il vole pour donner à manger à son petit garçon, et se bat à mains nues dans des combats clandestins qui lui font gagner de l'argent. Avec ses relations féminines, Ali fait l'amour comme il combat, vigoureusement. Pour lui, c'est un exercice hygiénique. Arrivé à Antibes, Ali se met à travailler comme agent de sécurité la nuit après avoir été "videur" d'une boîte de nuit (c'est là qu'il fait la connaissance de Stéphanie). Par ailleurs, Ali se comporte parfois assez brutalement envers son petit garçon mais sans penser à mal. Il ne connaît pas sa force. De son côté, Stéphanie (Marion Cotillard, qui retrouve enfin un grand premier rôle) travaille au Marineland d'Antibes, elle se produit avec des orques. Un jour, Stéphanie perd ses deux jambes lors d'une démonstration. Très seule, elle contacte Ali qui n'éprouve pas de la pitié pour elle mais lui montre beaucoup de délicatesse et c'est ce qu'elle apprécie. Il faut retenir quelques belles scènes dont celles où Stéphanie refait, assise sur son fauteuil roulant, les gestes pour attirer l'orque, et quand elle appelle l'orque en tapant sur l'immense aquarium. Je n'ai pas trouvé cette histoire d'amour aussi bouleversante que je m'y attendais, mais Audiard prouve une fois de plus qu'il est un formidable directeur d'acteurs; et il arrive à montrer un lourd handicap sans que cela tombe dans le voyeurisme. Si j'ai bien lu quelque part, De rouille et d'os fait allusion au goût du sang et aux dents que l'on peut perdre lors de combats. Ce film n'est pas mon préféré de ce cinéaste, mais je vous le conseille bien évidemment. Je pense qu'il gagnera peut-être un prix à Cannes où il est en compétition. Voir les billets d'Alex, de Wilyrah et de Claire.

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lundi 14 mai 2012

Indian Palace - John Madden

Ce week-end, je suis allée voir deux films à la suite: Dark Shadows de Tim Burton (billet à venir) et Indian Palace de John Madden.

Les deux films sont très différents mais j'avoue avoir eu une préférence pour le second, Indian Palace, parce qu'il donne la part belle aux acteurs et parce que cela se passe en Inde avec ses odeurs et ses couleurs. L'ensemble dégage un charme fou, le tout enrobé de bons sentiments. Sept retraités dont un couple partent pour différentes raisons à Jaïpur en Inde après avoir été attirés par une annonce sur Internet. Je vous laisse découvrir leur périple pour arriver à destination entre l'avion, le bus coloré et le "tuk-tuk". Ils se retrouvent dans ce qu'ils croient être un hôtel rénové. Mais il s'agit en fait d'une bâtisse décrépite où d'énormes travaux sont nécessaires, mais tenue par un jeune homme plein d'énergie et à la bonne humeur communicative. Les vies de ces hommes et de ces femmes vont bien changer au contact de ce pays: Graham (un homosexuel), Evelyn (qui vient de perdre son mari après trente ans de mariage), Douglas et Jean (le couple mal assorti), Muriel (ancienne gouvernante raciste et revêche qui se fait opérer de la hanche), Norman (vieux mais encore vert qui cherche une femme pour une relation durable) et enfin Madge (qui a quitté son rôle de grand-mère pour essayer de refaire sa vie). Vous n'oublierez pas de sitôt ces personnages interprétés par des acteurs épatants: Maggie Smith, Judi Dench, Bill Nighy, Tom Wilkinson, Ronald Pickup, Penelope Wilton et Celia Imrie. Un très bon moment de détente. Voir le billet enthousiaste d'Aifelle.

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vendredi 11 mai 2012

Saya Zamouraï - Hitoshi Matsumoto

 

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Le mercredi 9 mai 2012 est sorti à Paris, dans deux salles seulement, Saya Zamouraï d'Hitochi Matsumoto, une tragi-comédie nippone émouvante et plutôt drôle, à l'image de la mimique de clown triste sur le visage de l'acteur (non professionnel), comme vous pouvez le voir sur l'affiche. Au Japon, dans une période indéterminée, Kanjuro Nomi (Takaaki Nomi), un samouraï mutique et sans sabre (le fourreau qu'il porte est vide), erre dans la campagne en compagnie de sa petite fille (qui le rabroue souvent). C'est un veuf inconsolable. Sa tête est mise à prix depuis un certain temps car il refuse de combattre. Capturé par un seigneur rival de son clan, il a 30 jours pour faire sourire le fils dudit seigneur par tous les moyens imaginables. Si, au bout de ce laps de temps, le petit garçon ne rit pas, il devra mourir comme un samouraï en pratiquant le "seppuku". Nomi se donne beaucoup de mal pour dérider le garçonnet, il se transforme même en homme-canon. Il se grime, se maquille, fait des dessins sur son torse et d'autres choses de ce genre, mais en ne prononçant jamais une parole. Au fur et à mesure que le temps passe, il recueille le soutien des villageois qui sont enthousiastes devant les performances de Nomi.

C'est le troisième film du réalisateur, que je ne connaissais pas. Hitoshi Matsumoto a plusieurs cordes à son arc puisqu'il est aussi acteur, humoriste et animateur de spectacles à la télévision japonaise. C'est d'ailleurs lors d'une de ces émissions qu'il a rencontré Takaaki Nomi qui devait faire le clown devant une caméra. Il semblerait que Takaaki Nomi, qui ignorait tout du scénario, n'a su qu'à la fin qu'il tournait un long-métrage. Si vous voulez voir un film bizarre, poétique, humoristique, décalé, et qui se termine avec une chanson, allez le voir. J'espère qu'il sera projeté dans quelques salles en province.

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samedi 5 mai 2012

Barbara - Christian Petzold / Avengers - Joss Whedon

Avant Cannes, j'avais un peu craint que les sorties soient peu exaltantes; et bien j'avais tort, car cette semaine du 3 mai sont sortis quelques films dont Barbara de Christian Petzold. Je vous conseille d'aller voir ce film qui se passe en 1980, dans une petite ville au bord de la Baltique en ex-RDA. Barbara (Nina Hoss, actrice très connue en Allemagne) est une belle et grande jeune femme qui ne sourit pas et ne dit rien. Elle se déplace à vélo et demande à rien à personne. Elle vient d'être nommée médecin dans l'hôpital de la ville. Berlin-Est l'a envoyée dans ce coin paumé car ils soupçonnent qu'elle veut passer à l'Ouest où l'attend peut-être quelqu'un. Barbara vit dans un logement lugubre à l'électricité défaillante. En quelques plans, le réalisateur arrive à nous faire ressentir l'atmosphère étouffante et menaçante que provoquait le régime en place. C'est un film peu bavard mais où les regards sont importants. Barbara sous son air indifférent nous montre son empathie vis-à-vis des malades, surtout vis-à-vis d'une jeune fille en mauvaise posture. Elle-même est observée par son collègue médecin et sa logeuse ainsi que par un agent de la Stasi. La fin que j'avais plus ou moins devinée m'a semblée logique et très belle. Un film vraiment à voir.

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Je voulais évoquer en trois phrases Avengers de Joss Whedon qui semble rencontrer un grand succès. J'avoue m'être passablement ennuyée (je suis sortie de la salle assez abrutie par tant de bruit et de fureur) en compagnie de super-héros (Iron Man, Hulk, Thor, etc.), dotés de super-pouvoirs, qui s'unissent pour combattre de très gros méchants qui veulent envahir la Terre. En l'occurrence, c'est New-York qui est le théâtre de l'affrontemenent final. Je pense qu'il y aura une suite, que je ne suis pas sûre d'aller voir.



mercredi 2 mai 2012

Les vieux chats - Sebastian Silva et Pedro Peirano

Les vieux chats du titre sont deux matous bien gras qui partagent, de nos jours, un appartement au 8ème étage d'un immeuble à Santiago au Chili avec Isadora et Enrique, deux personnes âgées. Isadora souffre de plus en plus d'absences, elle perd la tête et a des problèmes de hanche. Son compagnon est aux petits soins pour elle. L'ascenseur de l'immeuble en panne et l'arrivée inopinée de la fille d'Isadora, Rosario (et de sa compagne Hugo/Beatrix), va semer la tempête dans la vie réglée du vieux couple. Rosario, en conflit depuis l'enfance avec sa mère, veut que cette dernière et son compagnon quittent l'appartement pour qu'elle puisse s'y installer avec sa compagne. Rosario, actrice qui n'a pas fait carrière, espère faire fortune en revendant des savons aux vertus médicinales. J'aurais voulu apprécier davantage ce film projeté dans pas mal de salles à Paris, mais j'avoue avoir été gênée par le personnage de Rosario, la fille "indigne". J'ai trouvé son personnage un peu outré (et le jeu horripilant de l'actrice n'arrange rien), comme le fait qu'elle soit en même temps lesbienne et "accro" à la drogue. En revanche, le personnage d'Hugo/Beatrix m'a paru plus nuancé. Je vous laisse lire le billet d'Alex pour avoir d'autres précisions sur ce film, que je conseille malgré mes quelques réserves, car je suis attachée au cinéma d'Amérique Latine qui mérite d'être connu.

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jeudi 26 avril 2012

Films vus et non commentés depuis le 05/04/12

Voici deux films qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre. Je veux les évoquer avant qu'ils ne disparaissent complètement des écrans.

D'abord My week with Marilyn de Simon Curtis, qui semble avoir rencontré peu de succès public et critique. Personnellement, j'ai trouvé cette évocation de Marilyn assez touchante. Une pléiade de bons comédiens sont au rendez-vous dont Kenneth Branagh et Judy Dench. Je dirais que j'ai vu ce à quoi je m'attendais: 4 mois de la vie de Marilyn (dans les années 50), venue en Angleterre pour tourner au côté de Laurence Olivier dans Le Prince et la danseuse (il faudrait que je revois ce film peu diffusé). Elle vient juste d'épouser Arthur Miller. Colin Clark, un jeune anglais, va se lier d'amitié avec l'actrice (il est 3ème assistant réalisateur) pendant le tournage. Le film est tiré de ses mémoires qu'il écrivit par la suite. On peut reprocher au film son manque de profondeur, cela reste anecdotique. Michelle Williams ne s'en tire pas si mal pour incarner la star disparue il y a 50 ans. Mais Marilyn est inimitable et unique. C'est le seul défaut du film.

Twixt de Francis Ford Coppola peut dérouter par son ton mais il y a une unité de lieu, d'action et de temps dans ce film qui oscille entre rêve et réalité. Un romancier en mal d'inspiration (Val Kilmer) cherche un sujet. Il se retrouve à faire des dédicaces de son dernier roman dans une quincaillerie (qui vend aussi des livres) d'une petite ville où séjourna Edgar Allan Poe, dans l'Est des Etats-Unis. Il apprend que des crimes touchant des enfants ont été commis dans une vieille maison au toit pointu. Une autre étrangeté domine la ville: un haut bâtiment, où plusieurs pendules ne donnent pas la même heure, est visible de partout dans la ville. Tout le film est bercé d'une atmosphère étrange, menaçante. Cela fait penser au Chevalier sans tête (Sleepy hollow) de Tim Burton. On sent aussi une influence de David Lynch et Twin Peaks. L'image est superbe. Coppola, qui n'a plus rien à prouver, se fait plaisir. On aime (comme moi) ou on n'aime pas, à vous de voir. Il faut noter que la voix "off" que l'on entend pendant tout le film est celle de Tom Waits (chanteur que j'aime beaucoup).

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vendredi 20 avril 2012

Tyrannosaur - Paddy Considine

J'ai vu Tyrannosaur de Paddy Considine en avant-première (le film sort le 25 avril prochain). Je dirais pour résumer que ce film raconte des histoires pas bien gaies (ce n'est rien de le dire), mais un certain apaisement apparait dans l'épilogue (qui pourtant se passe en prison). Joseph (Peter Mullan), alcoolique, grossier, en veut au monde entier depuis la mort de sa femme, le tyrannosaure du titre (je vous laisse découvrir le pourquoi de ce surnom peu flatteur). N'arrivant pas à contenir sa fureur, il tue même son chien d'un coup de pied. Un jour, Jospeh se réfugie dans le magasin d'Hannah (Olivia Colman, une actrice que je ne connaissais pas) qui vend des objets hétéroclites, des bondieuseries et des fripes. Hannah est une jeune femme qui cache un lourd secret, lequel nous est dévoilé assez vite (c'est une femme battue et violentée moralement et physiquement par son mari, James, être faible et minable). Les deux personnages, Joseph et Hannah, sont des êtres blessés et solitaires qui vont arriver néanmoins à communiquer et à se soutenir mutuellement. Ils sont entourés par des individus pas mieux lotis qu'eux, le personnage du gamin qui vit en face de la maison de Joseph en est une triste illustration entre sa mère et son beau-père. Le film se termine par une rédemption, mais à quel prix! Il vaut la peine d'être vu pour les acteurs: Eddie Marsan, dans le rôle difficile du mari indigne, est remarquable. En revanche, j'ai trouvé l'histoire d'une trop grande noirceur à mon goût. A vous de juger. Je tiens à remercier Anaîs Monnet et la société Le K qui me permettent de découvrir des films qui sortent des sentiers battus.

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samedi 14 avril 2012

Colonel Blimp - Michael Powell / Emeric Pressburger

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En attendant d'évoquer à nouveau de nouveaux films (rien ne me donne vraiment envie d'écrire dessus, aucune nouvelle sortie ne me tente vraiment non plus), je voudrais faire un billet sur un film ressorti le mercredi 4 avril 2012 en copie neuve restaurée en numérique. Il s'agit du Colonel Blimp de Michael Powell et Emeric Pressburger (1943), dont la trame peut faire penser de loin à La grande illusion de Jean Renoir (1937). En effet, l'histoire se déroule sur une période de 40 ans entre 1902 et 1942. Un Allemand, Théo Kretschmar-Schuldorff, et un Anglais, le colonel Clive Candy, après s'être affrontés en duel et s'être blessés, se lient d'amitié et aiment la même femme, Edith Hunter (Deborah Kerr). C'est l'histoire de deux hommes attachés à certaines valeurs et certains idéaux qui vont se trouver bafoués avec la montée du nazisme. C'est émouvant de constater que ce film a été tourné avant la fin de la seconde guerre mondiale. Le réalisateur et le scénariste ne connaissaient pas encore l'issue du conflit même si un certain optimisme se dégage. J'ai retenu le monologue dit par Theo (l'extraordinaire Anton Walbrook, vu dans Lola Montès de Max Ophüls), qui a bien compris que Hitler n'est pas un gentleman et que la guerre est faite par des êtres malfaisants qui n'ont aucune morale. Les principes de la chevalerie sont bels et bien révolus. J'ai trouvé que le film est peut-être un peu long (il dure 2H20), surtout au début qui m'a paru brouillon; mais par la suite, j'ai vraiment bien apprécié cette histoire où Deborah Kerr (qui avait 22 ans) joue trois personnages. Un film à découvrir si vous le pouvez.

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jeudi 5 avril 2012

Films vus en 2012 et pas encore commentés

Voici deux films à voir éventuellement, plus un, le film chinois, à voir absolument.

J'ai hésité à voir J. Edgar réalisé par Clint Eastwood, n'étant pas une fan de Leonardo di Caprio. Je dirais que je ne me suis pas ennuyée. Peut-être m'attendais-je à autre chose de la part du réalisateur et j'avais gardé en mémoire le roman passionnant de Marc Dugain, La malédiction d'Edgar. Le film retrace une grande partie de la vie d'Edgar J. Hoover qui fut le premier directeur redouté du FBI pendant 48 ans. Eastwood s'attache à Hoover, homme colérique mais peu sûr de lui, ayant élevé été par une mère dominatrice. Le noyau central de l'histoire se rapporte à l'enlèvement du fils de Charles Lindberg, à son assassinat et à l'arrestation du coupable quelques années plus tard. La période "Kennedy" est peu évoquée (à la différence du livre de Dugain). J'ai été particulièrement intéressée par le personnage de sa secrétaire (qu'il a même voulu épouser) et qui lui est restée fidèle jusqu'au bout. On les voit vieillir ensemble. C'est une histoire sur le temps qui passe, et Leonardo di Caprio est vraiment bien.

La dame en noir de James Watkins constitue un bon film de genre (hommage au cinéma britannique des années 50) avec du suspense, une atmosphère angoissante, une maison victorienne perdue au milieu de nulle part, quelque part en Angleterre, des morts tragiques d'enfants, un clerc de notaire (Daniel Radcliffe), veuf et père de famille, une femme avec un voile noire sur la tête qui a des pouvoirs maléfiques, une épouse à moitié folle suite à la mort de son fils, des villageois peu accueillants. Les spectateurs dont je faisais partie ont souvent sursauté. Je ne m'attendais à rien de particulier, j'ai été agréablement surprise surtout que la fin (que je ne vous révèlerai pas) est inattendue. Daniel Radcliffe ne s'en tire pas trop mal.

 J'ai gardé le meilleur (selon moi) pour la fin:

Apart Together (Ensemble, Séparé) du réalisateur chinois Wong Quan'an est une histoire qui se déroule en 2005 à Shanghaï. Les relations diplomatiques entre la Chine et Taïwan s'étant améliorées, des habitants de Taïwan peuvent rendre visite à leur famille restée en Chine. On assiste aux retrouvailles de Liu et Qiao séparés depuis plus de 50 ans. Liu, soldat dans l'armée nationaliste, avait abandonné Qiao, enceinte (elle a eu un garçon). La vie a continé. Qiao s'est remariée à Lu et a eu deux filles. Veuf de sa seconde épouse, Liu compte bien repartir avec Qiao et refaire sa vie avec elle à Taïwan. Bien entendu, ce projet ne pourra aboutir car le passé est le passé. Le réalisateur montre bien le changement de la Chine moderne (surtout à Shanghaï), les vieilles maisons qui disparaissent pour laisser place à des buildings, les liens qui se relâchent dans les familles, mais cela n'empêche pas le trio formé par Lu, Liu et Qiao de chantonner de vieilles chansons de leur jeunesse dans une séquence touchante. Il est dommage que ce film n'ait pas bénéficié d'une plus grande audience. Un très beau film.



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