Films vus en salle, en DVD, à la télévision ou marquants
mercredi 18 avril 2018

The Third murder - Hirokazu Kore-Eda

Après Nobody knows, Tel père, tel fils, I wish, Notre petite soeur, Après la tempête et Still walking, je suis allée sans hésitation voir The Third murder (le troisième meurtre en VF). J'ai beaucoup aimé même si j'ai trouvé le rythme de ce film très lent, et il dure deux heures. Il ne s'agit pas vraiment du même genre d'histoire que dans les films précédents. La scène d'ouverture montre Misumi, un homme d'une cinquantaine d'années, tuer un homme d'un coup mortel à la tête au bord d'une rivière. Dans la scène suivante, Misumi qui a avait déjà été arrêté 30 ans auparavant pour un meurtre, est emprisonné et attend son procès. Il risque la peine de mort. Pour le défendre, Shigemori, un jeune avocat, vient le voir souvent pour lui parler et il se met à douter de la culpabilité de son client. En effet, Misumi est un homme énigmatique et peu bavard mais qui dit tout et son contraire quand on l'interroge. Les scènes de parloir sont passionnantes. Le réalisateur a une manière de placer sa caméra qui nous fait oublier qu'il y une vitre de séparation entre les deux hommes. Il faut noter l'importance de la fille de la victime. Jusqu'à la fin, le spectateur s'interroge sur la culpabilité de Misumi. Le film est très bien interprété. Pascale est du même avis. Et, petite question pour ceux qui auront vu le film, "Quel est le troisième meurtre en référence au titre car pour moi, avec les sous-titres, il n'est fait mention que de deux meurtres": la peine de mort elle-même, "meurtre légal"?

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jeudi 12 avril 2018

Red Sparrow - Martin Lawrence/ L'île aux chiens - Wes Anderson / La mort de Staline - Armando Iannucci / Hostiles - Scott Cooper

Voici quatre films vus en quatre jours (1 par jour). Je suis contente d'avoir pu retourner au cinéma. En effet, j'ai été privée d'un de mes loisirs favoris pendant presque une semaine (l'angoisse) car ma carte d'abonnement avait été perdue et/ou volée. J'en ai une nouvelle, je suis contente.

Red Sparrow de Martin Lawrence (le réalisateur des Hunger Games) est un bon thriller qui se regarde agréablement même si c'est un peu violent. Cela se passe de nos jours avec des espions russes et américains. Lors d'une représentation, une jeune danseuse étoile du Bolchoï, Dominika, se casse la jambe (son partenaire y est pour quelque chose). Sa carrière est brisée mais son oncle, agent du SVR (Service du renseignement extérieur de la Fédération de Russie), l'engage comme "Red Sparrow" (moineau rouge). Elle est chargée de séduire des hommes à éliminer par les services secrets russes. En particulier, elle doit s'approcher d'un agent secret américain qui connaît un agent double. Le scénario est un peu complexe mais on est pris dans l'histoire. Le film dure 2H20 et se regarde sans ennui.

Je passe à L'ïle aux chiens de Wes Anderson qui est sorti hier, mercredi 11 avril 2018. Je l'ai vu en avant-première et j'en attendais beaucoup. J'avoue avoir été déçue. Le film a été tourné en "stop motion", image par image, avec des marionnettes. En 2040, au Japon, le maire d'une ville juge qu'il y a trop de chiens infectés par la grippe canine. Il les condamne à la déportation sur une île "poubelle" au large des côtes nippones. Atari, 12 ans, un garçon, pupille du maire, part à la recherche de Spot, son chien qui a été le premier à être envoyé sur l'île. Des compagnons à quatre pattes vont l'aider dans sa recherche. J'ai vu le film en VO sous-titrée, c'est-à-dire en anglais et en japonais. Déjà, ce parti pris m'a perturbée. Les humains parlent japonais, les chiens parlent anglais (pourquoi pas?), mais le dialogue en japonais était parfois traduit, parfois non. J'ai été un peu perdue. Il y a quelques "flash-back", et somme toute, visuellement, j'ai trouvé l'ensemble laid. Une déception donc.

La mort de Staline d'Armando Iannucci (In the Loop) est un film anglais qui va vite à tous points de vue. Les dialogues fusent, la caméra ne tient pas en place. L'histoire est une adaptation d'une bande dessinée française écrite et dessinée par Thierry Robin et Fabien Nury (Editions Dargaud). En mars 1953, Joseph Staline est victime d'une hémorragie cérébrale. Ses proches collaborateurs dont Khrouchtchev (Steve Buscemi, excellent) vont attendre 2 jours pour annoncer le décès du Petit Père des peuples. Pendant ces deux jours, on assiste à une lutte pour savoir qui va devenir le nouveau chef de la Russie. En l'occcurence, c'est Malenkov qui est choisi. Khrouchtchev est désigné volontaire pour l'organisation des obsèques. Pendant ce temps, les listes de noms de personnes à exécuter continuent de circuler grâce à Lavrenti Beria, le responsable des purges staliniennes en tant que chef du NKVD. Un film à voir pour les acteurs qui sont tous excellents.

Je termine avec Hostiles de Scott Cooper, un film qui m'a beaucoup plu. Tinalakiller et Pascale sont totalement conquises. Une histoire qui prend son temps, qui émeut. La séquence d'ouverture, le massacre d'une famille (sauf la mère) par des guerriers comanches, est saisissante. En 1892, le capitaine Joseph Blocker (Christian Bale, impeccable), devenu une légende dans l'armée américaine, est chargé à son corps défendant de ramener un Indien mourant et la famille de celui-ci dans le Montana. Blocker déteste les Indiens. Dès le début du voyage, le cortège croise la route de Rosalie Quaid (Rosamund Pike, magnifique), la mère survivante. Elle décide de les accompagner. Il y a peu de dialogues, aucune scène en trop. Les paysages et la lumière sont magnifiques et la fin bouleversante. Un très beau film que je recommande.

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lundi 2 avril 2018

La prière - Cédric Kahn

J'ai vu La prière de Cédric Kahn car j'avais apprécié la bande-annonce. J'ai été plutôt déçue contrairement à Pascale ou Ffred.
L'histoire est intéressante. Elle se déroule dans les Alpes. Thomas vient de rejoindre une communauté de jeunes drogués. Leur seule thérapie pour s'en sortir est la prière. Thomas, âgé d'une vingtaine d'années, a du mal, au bout d'un certain temps, à accepter la discipline et la vie monacale, bien qu'il soit aidé par les autres. Puis, miracle, suite à deux rencontres féminines, Thomas change d'attitude et son cheminement vers la foi est très rapide. Et à partir de là, c'est moi qui n'y ai pas cru. Et par ailleurs, je n'ai pas été convaincue par le jeune acteur Anthony Bajon qui a pourtant reçu un prix d'interprétation au dernier festival de Berlin. J'ai noté qu'au moins deux spectateurs sont partis avant la fin. Pour résumer, je n'ai pas grand-chose à dire sur ce fim. J'ai nettement préféré L'apparition de Xavier Giannoli.

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jeudi 8 mars 2018

Wajib, L'invitation au mariage - Annemarie Jacir / Lady Bird - Greta Gerwig

Voici deux films réalisés par des femmes. Ces deux films plutôt modestes sont très réussis. Je vous les recommande.

Je commence par Wajib, l'invitation au mariage (Miriam en dit beaucoup de bien) de la Palestinienne Annemarie Jacir. En Palestine, à Nazareth, Abu Shadi et Shadi, un père et son fils,partent en voiture distribuer l'invitation au mariage d'Amal, la fille du premier et la soeur du second. C'est une tradition dans cette région. Plutôt que de l'envoyer par la Poste, on la livre à domicile. Pendant des années, Abu Shadi, un professeur à la retraite, a élevé seul ses deux enfants, sa femme l'ayant quitté pour un autre. Shadi, son fils devenu architecte, vit désormais à Rome avec une italienne. Il est revenu exprès pour le mariage de sa soeur. Dans son pantalon rouge et ses cheveux en catogan, il détonne un peu dans le décor. Lui et son père discutent de choses et d'autre. Dans leur parcours en voiture, on constate que les ordures ne sont pas toujours ramassées dans les rues; et de même, les façades de certaines maisons sont défigurées par des bâches plastiques. La mère qui vit désormais aux Etats-Unis a aussi promis de venir. Les deux hommes passent d'une maison à l'autre jusqu'au coup de théâtre final au moment où Abu Shadi se confronte à son fils. C'est un dialogue très fort. Les deux acteurs principaux qui sont palestiniens, Mohammad et Saleh Bakri, père et fils dans la vie sont excellents. J'avais beaucoup apprécié Saleh Bakri dans Salvo (2013), Girafada (2013) et La visite de la fanfare (2007) dans lequel joue aussi son père.

Je passe à Lady Bird de l'actrice et maintenant réalisatrice Greta Gerwig. Pour son premier film dont elle a aussi écrit le scénario, il semble qu'elle se soit plus ou moins inspirée de sa propre jeunesse. A Sacramento, en 2002, Christine McPherson, presque 18 ans, qui se fait appeler Lady Bird, vit des moments difficiles entre sa mère, infirmière protectrice envers elle, son père qui vient de faire licencier de sa boîte, et le fait que Sacramento, elle en a "ras le bol". Elle rêve d'entrer dans une grande université sur la côte Est. Pour les nuls en géographie, Sacramento est la capitale de la Californie. J'ai aimé le ton du film pas niais du tout. C'est léger et tendre. Greta Gerwig: une réalisatrice prometteuse. Un joli film que Valérie et le Bison ont bien apprécié aussi.

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jeudi 1 mars 2018

La Forme de l'eau - Guillermo del Toro

Décidément, après Phantom Thread qui se passe à Londres dans les années 50, je constate que les années 50 et le début des années 60 ont les faveurs des réalisateurs. Dans La forme de l'eau de Guillermo del Toro, nous voilà aux Etats-Unis sur la côte Est à la fin des années 50, en pleine Guerre froide. Elisa, une jeune femme célibataire, muette (mais pas sourde), vit dans un appartement au-dessus d'un grand cinéma en activité mais peu fréquenté. Tous les jours, elle prend un bain, s'y masturbe avec vigueur, puis, avant de partir travailler, se prépare des oeufs durs qu'elle mange comme repas à midi. Giles, son voisin de palier entouré de chats, s'entend bien avec elle. C'est un homosexuel pas très chanceux, ni en amour, ni dans le domaine professionnel. Bon dessinateur, il n'arrive pas à vendre ses dessins à une agence publicitaire. Elisa, elle, travaille comme agent d'entretien dans un genre de base secrète qui accueille un jour un homme amphibien. Il arrive dans une grande cuve remplie d'eau. Elisa tombe immédiatement sous le charme de cet homme poisson avec qui elle communique en langue des signes. Lui-même ne reste pas insensible. Elle va tout faire pour le sauver de son triste destin en étant aidée par Zelda, sa meilleure collègue, ainsi que par Giles. Car, face à eux, il y a Strickland, un être raciste, méchant, bête qui fait pipi avec les deux mains sur les hanches (!), qui se lave les mains avant mais jamais après. Ce homme veut autopsier "the asset", cette chose, l'homme amphibien. On a l'impression que je raconte tout le film mais pas du tout. Il se passe plein de chose pendant les deux heures du film. Je vous laisse découvir la séquence "comédie musicale" filmée dans un noir et blanc éclatant; la fin tragique d'un des chats de Giles, etc. Il y a du suspense (les espions russes ne sont pas loin) et j'ai aimé la fin de ce conte. L'univers visuel ainsi que les couleurs du film lorgnent beaucoup vers ceux des films de Jean-Pierre Jeunet. Cette belle histoire d'amour est assez invraisemblable, on adhère ou pas. J'ai adhéré mais sans plus. Je n'ai pas éprouvé beaucoup d'émotion. En revanche, dans la salle où j'étais, des spectateurs ont applaudi à la fin.

Lire les critiques de Pascale, ffred et Strum.

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lundi 26 février 2018

Phantom Thread - Paul Thomas Anderson

Voici un film où la musique est omniprésente, les décors somptueux et la mise en scène virtuose. J'ai aimé Phantom Thread (Le fil invisible en VF) pour toutes ces raisons et parce que c'est un plaisir de retrouver Daniel Day Lewis avec ses cheveux gris et son sourire toujours aussi ravageur. Je me suis laissée embarquer tout de suite et pendant deux heures dans l'histoire de Reynolds Jeremiah Woodcock, un couturier de renom des têtes couronnées et de l'aristocratie dans les années 50. Il vit au mileu des tissus et des femmes (dont sa soeur Cyril qui régente tout), dans une très belle demeure londonienne. Reynolds, célibataire endurci qui parle souvent au fantôme de sa mère, collectionne les conquêtes éphémères jusqu'au jour où il croise Alma. En effet, un jour dans une auberge, Reynolds passe une commande d'un petit-déjeuner pantagruélique à une serveuse appelée Alma. Elle rougit. Il l'enlève littéralement et l'emmène chez lui pour lui faire essayer une robe. Elle devient son égérie et Cyril considère cette jeune femme d'un air sceptique. Alma veut être plus qu'une simple passade, elle veut Reynolds tout à elle. Ce dernier ne se laisse pas faire en retour, quoique.. L'une des dernières scène dite "de l'omelette aux champignons" reste dans les mémoires et en dit long sur les rapports entre Reynolds et Alma. Face à Daniel Day Lewis, deux actrices exceptionnelles: Lesley Manville qui interprète Cyril (un prénom masculin) et Vicky Krieps et son petit accent allemand. Rien que pour ces trois acteurs, je vous conseille d'aller voir et même revoir ce film pendant lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde.

Chris et ffred ont détesté la musique de Jonny Greenwood et trouvent que ce film est un gâchis voire une purge. Comme quoi, les goûts et les couleurs...

Heureusement que Pascale a aimé comme moi, Tinalakiller, Matchingpoints, Strum et Mymp.

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mardi 20 février 2018

L'apparition - Xavier Giannoli

Attirée par sa bande-annonce, je ne voulais pas manquer L'apparition, le nouveau film de Xavier Giannoli. J'ai beaucoup aimé l'histoire d'Anna, une jeune fille d'environ 16 ans à qui la Vierge est apparue dans un paysage montagneux dans le sud-est de la France. Face à elle, les autorités religieuses vaticanes veulent enquêter pour savoir ce qu'il en est. Pour ce faire, Jacques Mayano (Vincent Lindon remarquable et très sobre), un grand reporter de guerre revenu traumatisé de son dernier reportage (il souffre d'une oreille et son meilleur ami est mort sur un lieu de combat), accède à la demande d'un cardinal, à Rome, de mener les investigations nécessaires. Jacques n'est pas spécialement croyant même s'il a fait sa communion solennelle. Anna, une jeune fille simple qui souhaite entrer dans les ordres, draine derrière elle des centaines de fidèles. Elle est très protégée par une congrégation religieuse et par un prètre, le père Borrodine. Galatéa Bellugi qui interprète Anna a un visage lumineux, qui convient très bien au rôle. Que l'on soit croyant ou pas, on ne peut qu'être touché par cette histoire avec une fin inattendue qui laisse plein de questions en suspens. Le réalisateur évite tous les écueils sur un tel sujet. Il ne prend pas parti et personne n'est tourné en ridicule. Un film inspiré que je conseille, tout comme Pascale et Ffred.

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dimanche 18 février 2018

The Passenger - Jaume Collet-Serra / Gaspard va au mariage - Antoine Cordier

J'ai vu The Passenger réalisé par Jaume Collet-Serra, car j'aime bien ce genre de thriller "pas cassant", avec beaucoup d'action (de ce côté-là, on est servi). J'ai été attirée par la bande-annonce et j'ai un petit faible pour Liam Neeson. Michael McCauley, un ancien policier devenu vendeur en assurances (il vient mallheureusement d'apprendre qu'il est licencié) prend un train de banlieue tous les jours pour se rendre à son travail et revenir chez lui. Un jour, on lui vole son portable, et une belle femme étrange lui propose un marché. En échange d'une grosse somme d'argent dissimulé dans un wagon (facile!), il doit retrouver avant le terminus une personne qui se trouve dans le train. On ne sait pas qui est cette personne et Michael doit faire appel à ses anciens réflexes de policier pour le découvrir et sauver tous les passagers du train par la même occasion. J'ai trouvé le rythme du film haletant. Il y a un peu d'humour et beaucoup d'invraisemblances (le déraillement de la rame du train est un grand moment) et j'ai donc passé un bon moment.

Je passe à Gaspard va au mariage d'Antony Cordier. Cette petite comédie française se passe dans un zoo (le Parc du Reynou) à 10 km au sud de Limoges. Gaspard rencontre Laura dans le train qui l'emmène à Limoges. Laura avait l'intention d'aller jusqu'à Biarritz. Gaspard convainc Laura de l'accompagner jusque dans sa famille, c'est-à-dire son père qui doit se remarier, son frère Virgil et sa soeur Coline vêtue d'une peau d'ourse. Je ne vous raconterai pas l'histoire car il n'y en a pas vraiment. Cela se veut peut-être poétique, avec une pointe de fantastique. C'est un ton décalé  qui ne me touche pas. J'ai entendu les critiques élogieuses du Masque et la Plume à propos de ce film qui me laisse perplexe. Ce n'est pas du tout un genre de cinéma qui me "parle". Du même réalisateur, j'avais préféré Douches froides (2005).

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mercredi 14 février 2018

Three billboards - Martin McDonagh / In the Fade - Fatih Akin

Un mois après sa sortie, je vais enfin évoquer Three billboards de Martin McDonagh. Ce film devrait être récompensé aux prochains Oscars (après les Golden Globes), au moins dans les catégories "Actrice" et "Acteur dans un second rôle". Tout a été déjà écrit sur les blogs ou ailleurs, et dit à la radio. A Ebbing, une petite ville du Missouri, Mildred Hayes (Frances McDormand, impressionnante) ne décolère pas contre la police locale depuis sept mois. Sa fille a été violée et tuée (son corps a été retrouvé brûlé). Malheureusement, le meurtrier n'a toujours pas été appréhendé. Mildred a un sacré caractère et elle jure comme un charretier. Divorcée d'un mari qui l'a quittée pour une fille (nettement) plus jeune, elle vit avec son fils. Afin que la police reprenne l'enquête, Mildred loue trois panneaux publicitaires plantés juste à la sortie de la ville sur une petite route. En gros caractères sur fond orange, elle interpelle le chef de police (Woody Harrelson, très bien) qui prend évidemment très mal la chose. L'histoire est pleine de rebondissements Les personnages dont Dixon, l'adjoint du shérif, ne sont pas spécialement sympathiques, mais ce sont des humains avec leurs défauts. J'ai aimé le film pour les dialogues très écrits (cela s'apparente presque à du théâtre), mais j'ai trouvé tout de même que l'ensemble manquait parfois de finesse. A voir pour les prestations des acteurs avec une mention spéciale à Sam Rockwell qui joue Dixon. C'est un acteur que j'apprécie beaucoup. Mention aussi à Peter Dinklage (James), en amoureux éconduit qui sauve la mise à Mildred. Lire les critiques enthousiastes de Pascale, Tinalakiller, Miriam, Anne et celle plus mesurée de ffred (dont je me sens proche).

Je passe à In the Fade de Fatih Akin. L'histoire m'a touchée. C'est beaucoup dû à la prestation exceptionnelle de Diane Kruger. Elle interprète une femme qui se fait justice elle-même en pratiquant la loi du talion. Katja formait un beau couple avec Nuri. Ils ont eu un petit garçon, Rocco. Nuri et Rocco sont victimes d'un attentat à la bombe dans l'officine de Nuri. Le film est découpé en trois parties. Celle du milieu, le procès, est passionnante. On pourra trouver que le scénario n'est pas très bon, que Fatih Akin a été plus inspiré dans ses long-métrages précédents. Mais, pour Diane Kruger, allez voir le film. Elle a amplement mérité son prix d'interprétation féminine au dernier festival de Cannes en 2017. Lire le billet de Matchingpoints.

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samedi 10 février 2018

Jusqu'à la garde - Xavier Legrand

J'ai vu Jusqu'à la garde de Xavier Legrand en avant-première dans une salle relativement pleine. C'est une histoire très dure. Un couple divorce. Antoine (Denis Menochet, impressionnant) et Miriam (Lea Drucker) passent devant une femme juge. Cette dernière doit décider les conditions de la garde du plus jeune enfant du couple. La fille aînée qui vient d'avoir 18 ans et vit avec sa mère, a un petit copain. Le fils, Julien qui appelle son père "l'autre" ne voudrait plus le revoir. Il l'a écrit noir sur blanc. Et pourtant, quelques jours après l'audition pendant laquelle les avocates ont plaidé pour leur client respectif, il a été décidé que le père aurait un droit de garde sur son fils. La scène en huis-clos avec la juge montre la maîtrise du réalisateur dans sa manière de filmer. Julien se force à aller avec son père un week-end sur deux. Les relations sont tendues, c'est le moins que l'on puisse dire. Au fur et à mesure que se déroule le film, on se rend compte  que ce père, un peu rondouillard et à l'air larmoyant peut devenir menaçant voire violent. La séquence finale laisse les spectateurs tétanisés. Le film qui est le premier long-métrage du réalisateur a été récompensé à juste titre du prix de la mise en scène et du prix du premier film au dernier Festival du film de Venise. A voir. Lire le billet d'Anne (larroseurarrose).

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