Films vus en salle, en DVD, à la télévision ou marquants
samedi 23 mars 2019

Jusqu'ici tout va bien - Mohamed Hamidi / Rebelles - Allan Mauduit

Je chronique deux films vus l'un à la suite de l'autre.

J'ai trouvé Jusqu'ici tout va bien, de Mohamed Hamidi, très plaisant. Une petite agence de com, dirigée par Fred Bartel (Gilles Lellouche, en grande forme), vient de remporter un gros marché, mais dans le même temps, rien ne va plus avec le fisc. En effet, à cause d'une malheureuse domicilation non respectée, l'agence aurait dû être implantée dans le 93 à La Courneuve, dans une zone franche et non en plein Paris, Fred Bartel est redevable de plus d'1,7 millions au Trésor public. Pour éviter cette grosse amende, Fred et toute son équipe s'installent donc à La Courneuve où des bandes de gamins font du racket et les trafiquants de drogue prospèrent. Le ton du film est très "bon enfant". Tout ce petit monde s'entend plutôt bien. Bartel arrive même à trouver une grosse somme d'argent (sans l'aide des banques) pour faire face à une demande d'un client. Les personnages sont sympathiques même s'ils manquent un peu d'épaisseur. J'ai passé un bon moment. Lire le billet de Matchingpoints.

Je passe à Rebelles d'Allan Mauduit, un western urbain qui se passe à Boulogne sur Mer. Sandra (Cécile de France, que je n'ai pas reconnue immédiatement), ex-Miss Pas-de-Calais avec un coquard à l'oeil, revient chez sa mère qui vit dans un bangalow. Sandra trouve un travail dans la conserverie de poissons de la ville. Le travail est dur et astreignant et Jean-Michel, le chef d'équipe, un peu trop entreprenant. D'ailleurs, un soir, lors d'une astreinte, Sandra blesse grièvement Jean-Michel après que celui-ci ait cherché à la violer. Deux collègues, Nadine (Yolande Moreau, impayable) et Marilyn (Audrey Lamy, très bien), témoins du drame, veulent d'abord appeler les secours, mais y renoncent après qu'elles aient trouvé un sac rempli d'argent dans l'armoire du futur défunt. Je vous laisse découvrir comment les trois femmes vont se débarrasser du corps et prendre l'argent. Bien entendu, les ennuis commencent car l'argent appartient à quelqu'un. Le rythme du film est trépidant. J'ai souri et parfois ri devant une scène un peu "gore" dans le début du film. La séquence de la fusillade dans une maison vers la fin est digne d'un western d'antan. Les méchants sont plus bêtes qu'autre chose. On n'oublie pas de sitôt Sandra, Nadine et Marilyn, des femmes pleines de ressources avec du caractère, du culot et du courage qu'elles payent parfois assez cher. Un film sympa, pas très moral mais ce n'est pas grave. Lire les billets de ffred et Pascale.

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dimanche 17 mars 2019

Mon bébé - Lisa Azuelos

Mon bébé de Lisa Azuelos est un film sympathique dominé par l'interprétation de Sandrine Kiberlain qui joue Héloïse, une mère divorcée aimante qui a beaucoup sacrifié de sa vie personnelle pour ses trois enfants. Les deux aînés ont quitté le nid et Jade, la troisième, interprétée par Thaïs Alessandrin (la fille de la réalisatrice), âgée de presque 18 ans, vient de recevoir son admission dans une université canadienne. Elle partira au Canada si elle est reçue au baccalauréat dans les prochaines semaines. Bien entendu, Héloïse, pour qui une page se tourne, est la dernière prévenue. Elle va se retrouver seule. Pour conserver des souvenirs de Jade, elle se met à prendre des photos et des films avec son smartphone. Jade est une jeune fille qui connaît ses premiers émois amoureux avec le meilleur copain de son frère. Je repète: le film est sympathique et le rythme enlevé, et Sandrine Kiberlain est vraiment bien. Je conseille.

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Ceci n'ayant rien à voir avec cela, aujourd'hui dimanche 17 mars, je vais faire un tour au salon du livre de Paris dans l'après-midi. Je ne sais pas si je rencontrerai des blogueuses.

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mardi 12 mars 2019

Sibel - Guillaume Giovanetti et Çagla Zencirci / Exfiltrés - Emmanuel Hamon

Sibel, c'est le prénom du personnage principal d'un film turc que je recommande. Sibel a des yeux verts magnifiques qui lui mangent le visage. Elle vit comme une sauvageonne, le fusil à l'épaule, prête à tirer sur un loup vivant dans la forêt. J'ignorais que la Turquie avait une telle forêt située à l'est de la Mer Noire. Sibel vit, ainsi que sa petite soeur, dans un village dont son père veuf est le maire. Sibel ne parle pas, mais elle siffle pour s'exprimer. Son père la comprend ainsi que quelques villageois. Il s'agit d'une langue sifflée ancestrale de la région. Un jour, dans la forêt, Sibel tombe non pas sur un loup mais sur un homme jeune, hirsute qui vient de se blesser. Il est une sorte de déserteur qui n'a pas voulu s'enrôler dans l'armée turque. Sibel le soigne et s'attache à lui. Pendant ce temps-là, sa soeur cadette est promise à un garçon, car, en Turquie, les mariages sont encore arrangés, les femmes portent le foulard sur la tête (sauf Sibel) et le poids des traditions est lourd. Sibel n'est pas vue d'un bon oeil par les villageois qui l'épient. J'espère que je vous aurais donné envie de découvrir ce film où Sibel est présente de la première à la dernière image avec une caméra au plus près d'elle.

Je passe à Exfiltrés d'Emmanuel Hamon que j'ai eu envie de voir grâce à la bande-annonce. J'ai trouvé le film dur dans son propos. Faustine, une jeune mère de famille d'origine africaine convertie à l'Islam depuis peu, part en "mission" pour 15 jours avec Noah, son petit garçon métis de 5 ans, en Turquie laissant Sylvain (Swann Arlaud), son mari, infirmier en chirurgie. Assistante sociale, elle veut aider. Elle avait tout prévue. Elle passe clandestinement la frontière turco-syrienne et elle se retrouve à Rakka, fief de Daech. L'histoire est inspirée d'une histoire vraie qui s'est déroulée en 2015. J'avoue que j'ai été un peu étonnée par le comportement de cette femme (l'actrice est un peu terne). Elle n"est pas fanatique mais elle se jette dans la gueule du loup. Très vite, elle se rend compte dans le piège où elle est tombée. Heureusement que des amis vont l'aider: son mari qui veut revoir son fils, le patron de Sylvain qui est chirugien, ainsi que Gabriel, le fils de ce dernier qui travaille dans une ONG en Turquie. Les trois derniers quart d'heure sont assez angoissants car on se demande si Faustine va arriver à s'échapper. Un film qui se laisse voir éventuellement ,mais j'ai trouvé certains moments assez pénibles et parfois "clichés" par rapport à des reportages que l'on a pu voir.

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samedi 9 mars 2019

Le mystère Henri Pick - Rémi Bezançon

Le mystère Henri Pick de Rémi Bezançon est un film qui devrait rencontrer un certain succès. Cette sympathique enquête littéraire nous raconte l'histoire de Daphné Despéro, une jeune éditrice chez Grasset (l'éditeur est nommément cité dans le film) qui découvre par hasard un manuscrit dans une arrière-salle de la bibliothèque de Crozon en Bretagne. Dans cette salle sont réunis depuis des années, par les soins d'un bibliothécaire, des manuscrits refusés par les éditeurs. Le manuscrit est signé par Henri Pick, un pizzaiolo breton décédé qui vivait à Crozon (1er indice). Pour Daphné, il s'agit d'un chef d'oeuvre qu'elle décide d'éditer. Et en effet, le roman rencontre un succès phénoménal. La veuve de Pick et Joséphine, la fille de ce dernier, sont invitées à la télévision à l'émission littéraire de Jean-Michel Rouche (Luchini, excellent). C'est là qu'il les provoque en insinuant que Pick n'a pas écrit une seule ligne de ce roman. A partir de là, Rouche n'a plus d'autre alternative que de mener l'enquête comme Sherlock Holmes. Il vient d'être virer de l'émission et comme un malheur n'arrive jamais seul, sa femme le quitte. En compagnie de Joséphine, il fait des recherches à Crozon, puis revient sur Paris et je n'en dirais pas plus. Ce jeu de piste a un côté ludique qui tient en haleine. Une vieille machine à écrire joue un rôle non négligeable. Et je vous dévoilerai pas s'il y a imposture ou non. Le couple formé par Luchini et Cottin est irrésistible. Un bon film de divertissement qui donne envie d'aller passer une semaine en Bretagne. Lire les billets de Pascale et Aurore.

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mardi 5 mars 2019

Le chant du loup - Antonin Baudry

Pour un premier film, Le chant du loup d'Antonin Baudry (l'auteur de Quai d'Orsay) est une réussite. Le scénario est plutôt original. L'histoire se situe dans un avenir plus ou moins proche. Enfin on ne l'espère pas. Presque toute l'action se passe dans des sous-marin. D'abord dans les eaux au large de la Syrie. Un sous-marin français doit récupérer des soldats en tenue de camouflage, pas loin d'une zone de combat. Dans le sous-marin, tout le monde est à son poste. En particulier, Chanteraide, l'"oreille d'or" du bâtiment. Son oreille lui permet de qualifier les moindres résonances et sons détectés sous l'eau. Mais Chanteraide n'est pas infaillible et une erreur de diagnostic manque de provoquer une catastrophe au moment du sauvetage des soldats. Quelque temps après, on apprend que la Russie, en crise avec la Finlande (l'Europe est inquiète), vient de lancer un missile qui semble viser la France. Le Président de la République française s'apprête à riposter avec un missile tiré d'un sous-marin SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engin). Entretemps, il y aura eu une escale à terre où Chanteraide, en quête d'un ouvrage sur l'acoustique, se retrouve dans les bras d'une jolie libraire au délicieux accent allemand (Paula Beer, vue dans Frantz de François Ozon). Mon ami qui était avec moi a cru qu'elle jouait une espionne (et bien non). Cette partie à terre n'est pas la plus passionnante, mais elle permet de reprendre notre respiration avant de replonger dans les eaux de l'Atlantique. Et là, on est dans un film de suspense dans un contexte de pré-apocalypse. Il faut noter que les acteurs sont tous très bien (même Omar Sy). Un très bon film qui a bénéficié d'un budget conséquent. A voir. Pascale, ffred et Princecranoir le conseillent, Henri Golant est un peu déçu.

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samedi 2 mars 2019

Arctic - Joe Penna / Sang-froid - Hans Petter Moland

Je suis allée voir Arctic pour Mads Mikkelsen. Pendant presque 1H30, on se retrouve dans un paysage enneigé (ça été filmé en Islande) et glacial. Quand le film démarre, on voit un homme qui termine de tracer un immense "SOS" qui peut être visible vu d'avion. Cet homme est rescapé d'un crash aérien. Il était peut-être le pilote de l'avion. Il est seul au milieu de cette immensité blanche. Il survit en dormant dans la carlingue de l'appareil et en arrivant à pêcher quelques poissons qu'il mange crus. Un jour, un hélicoptère le survole. Manque de chance, l'appareil se crashe aussi! Le pilote est mort mais il y une jeune femme blessée. L'homme essaie de la soigner - son état est assez grave - et il décide de partir avec elle pour l'emmener, croit-il, vers un endroit habité. Pendant plus d'une heure (du film), l'homme la traîne sur un genre de traîneau sur un parcours cahotique et montagneux. Il est obligé de faire des détours. Durant une halte dans une mini-grotte, ils sont menacés par un immense ours blanc (une très belle bête avec des mâchoires redoutables). Je ne vous dévoilerai pas la fin mais j'ai trouvé que le suspense tenait bien jusqu'au bout. Mads Mikkelsen avec ses cheveux poivre et sel est toujours aussi séduisant. Les paysages sont magnifiques.

Je passe à un film où les morts se succèdent à une allure effrénée. A part la première mort tragique d'un jeune homme qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, les macchabées de l'histoire sont tous des "méchants" qui passent de vie à trépas par la volonté de Nels Coxman (Liam Neeson), le père de la première victime. Chaque nouvelle mort ponctue l'histoire comme un chapitre de livre. Sans froid d'un réalisateur d'origine norvégienne, est le remake d'un film suédois-norvégien-danois qui est paraît-il sorti en septembre 2014 en France sous le titre de Refroidis (je n'en ai aucun souvenir). En tout cas, Sang froid se passe aux Etats-Unis, dans une ville du Colorado près de Denver où la neige est abondante. Nels Coxman, dont la famille eut des accointances avec les truands locaux, est conducteur d'une grosse déneigeuse. Quand il apprend que son fils est soi-disant mort d'une overdose, il n'a de cesse de savoir qui est responsable de ce crime. Deux gangs de dealers de drogue s'affrontent, dont une tribu d'Indiens. Malgré tous ces morts, le ton est à l'humour tout comme le générique de fin avec la liste des acteurs par ordre de disparition. On passe un bon moment. Un film du samedi soir.

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dimanche 24 février 2019

La Chute de l'Empire américain - Denys Arcand / Cérémonie des Césars / Disparition de Stanley Donen

Comme pour le film d'Ozon, j'ai eu l'occasion de voir en avant-première La chute de l'Empire américain du québécois Denys Arcand. 15 ans après Les invasions barbares et 33 ans après Le déclin de l'Empire américain, La chute de l'Empire américain clôt en beauté cette trilogie. Ce nouveau film de Denys Arcand est une comédie policière mâtinée de satire politique. Pierre-Paul, titulaire d'un doctorat en philosophie, est chauffeur livreur à Montréal. Dans un café, il est en train de rompre avec sa petite amie en lui affirmant que les gens intelligents (comme lui) sont handicapés pour réussir. Il est complètement désabusé jusqu'à ce que des sacs pleins de billets de banque se retrouvent à ses pieds. Cela fait suite à un braquage auquel, il a assisté fortuitement, qui a mal tourné. Pierre-Paul, très pragmatique et n'hésitant pas beaucoup, s'empare des sacs. Il ne trouve rien de mieux à faire que de dépenser quelques billets pour louer les services d'une call-girl de luxe (la plus chère de Montréal), appelée Aspasie (comme la prostituée amie de Socrate et Périclès). La police mène l'enquête sur ce braquage. Pierre-Paul est décidé à se débarrasser de l'argent avec l'aide d'un ex-taulard qui a pris des cours de droit et de gestion sur l'évasion fiscale. Il y a plein de rebondissements que je ne vous révélerai pas. Malgré quelques scènes un peu violentes, l'ensemble est souvent drôle et les personnages principaux sont attachants. Pierre-Paul et Aspasie, qui se révèle une fille épatante, aident quelques SDF avec l'argent trouvé. La partie montrant comment on peut "blanchir" de l'argent sale grâce à un circuit rôdé, un peu compliqué (car il implique pas mal de personnes), est à ce titre instructif. Le film se termine sur des visages de SDF que l'on croise à Montréal, des Inuits et des Indiens du Canada. C'est brutal mais frappant. Un très bon film que je vous recommande. J'avais des appréhensions sur l'accent québécois. Et bien, j'ai tout compris.

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Je n'avais pas vu la cérémonie des Césars depuis plusieurs années, alors j'y ai jeté un oeil. Bien mal m'en a pris, j'aurais mieux fait de regarder autre chose. La cérémonie a duré 3h10, le spectacle fut affligeant. Kad Merad (le maître de cérémonie), faisait ce qu'il pouvait. Le pauvre Robert Redford à qui on rendait hommage et à qui on a remis un César d'honneur, avait l'air de souffrir. D'ailleurs, tous les hommages aux morts et à Robert étaient nullissimes. Les gags tombaient à plat. En revanche, j'ai trouvé le palmarès honorable (Le grand bain de Gilles Lellouche n'a reçu qu'un César, ouf, tant mieux!). Jusqu'à la garde et Les Frères Sisters ont reçu 4 Césars chacun : c'est totalement justifié. Et il n'y a eu personne pour prendre le César du meilleur film étranger, le film japonais de Kore-Eda (sans commentaire...).

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Une autre mauvaise nouvelle: j'ai appris la disparition, hier, 23 février 2019, de Stanley Donen, à l'âge vénérable de 94 ans. Pour ceux qui l'ont oublié, il fut le réalisateur de Chantons sous la pluie (1952), Funny Face (1957), Charade (1963), Indiscret (1958), Arabesque (1966), Voyage à deux (1967), L'herbe est plus verte (1960).

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jeudi 21 février 2019

Grâce à Dieu - François Ozon

J'ai eu l'opportunité de voir en avant-première, dès la semaine dernière, le nouveau film de François Ozon, Grâce à Dieu. J'ai attendu qu'il sorte en salle pour écrire un billet dessus. J'ai noté que le public qui assistait à la projection dans une salle pleine faisait plutôt partie de ma catégorie d'âge et d'un certain milieu social. Je n'extrapolerai pas plus. Pendant les 10 premières minutes, j'avoue que j'ai eu peur que le film soit un peu "gnan gnan" et bien pensant. Mais au fur et à mesure que l'action se déroule (le film dure plus de deux heures), j'ai été prise par l'histoire. Au début, on fait donc la connaissance, à Lyon, d'Alexandre (Melvil Poupaud), la quarantaine, travaillant pour une banque, marié, père de cinq enfants, catholique pratiquant allant à la messe tous les dimanches avec femme et enfants. Ces derniers sont très bien élevés. En voix "off", on entend Alexandre qui vient d'apprendre par la presse ou les réseaux sociaux que le prêtre qui l'avait abusé quand il était scout, trente ans auparavant, était revenu sur Lyon et continuait de s'occuper de jeunes garçons. N'arrivant à pas à convaincre Monseigneur Barbarin, évêque de Lyon, que le prêtre, un pédophile (ou pédosexuel - terme qui a la préférence de Monseigneur Barbarin) doit être sanctionné par l'église, il prend la décision de porter plainte auprès du procureur de la république. Sa plainte va créer un effet boule de neige et aboutir à la création d'une association, "La parole libérée", dont font partie les deux autres protagonistes principaux du film, François (Denis Menochet) et Emmanuel (Swann Arlaud). J'ai été intéressée par la manière dont le récit est mené. Les quelques flash-backs qui émaillent le récit qui se passent dans différents camps de scouts sont terribles car rien n'est montré mais tout est suggéré. Le film aurait pu être interdit, suite à un recours (pour atteinte à la présomption d'innocence dans le procès du prêtre pas encore jugé). Heureusement que cette interdiction a été levée. Je vous conseille de voir ce film, qui vient d'être récompensé du Grand prix du jury au festival de Berlin, le 16 février 2019.

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vendredi 15 février 2019

Une intime conviction - Antoine Raimbault

Une intime conviction est celle que doivent avoir les jurés lors du procès en appel de Jacques Viguier, avocat et prof de droit à Toulouse. Pour ceux qui l'ont oublié, l'épouse Viguier, Suzanne, a mystérieusement disparu en février 2000 du domicile conjugal, laissant derrière elle trois enfants et son mari. Ce dernier, Jacques Viguier, a été assez vite soupçonné d'avoir tué sa femme et fait disparaître le corps. Traduit en justice, un premier procès aboutit à son acquittement. Dix ans plus tard en 2010, et c'est là que le film commence, il y a un deuxième procès en appel. C'est lors de ce deuxième procès à Toulouse que Viguier est défendu par Maître Eric Dupont-Moretti. Olivier Gourmet est magistral dans ce rôle car il reste très sobre. J'ai retenu dans sa plaidoirie finale que l'on avait un "concours Lépine des hypothèses" sur ce qui est arrivé à Suzanne. Elle avait un amant qui est plus ou moins à l'origine de ce second procès. Il veut convaincre les jurés que c'est Viguier qui a tué sa femme. Grâce à Nora (personnage fictif), un des jurés du premier procès et elle-même convaincue de l'innocence de Viguier, Dupont-Moretti va être suffisament brillant pour que les jurés aient une intime conviction lors des délibérations. Marina Fois, dont je ne suis pas forcément une fan, est très bien dans le rôle de Nora. J'aime depuis toujours les films "de procès". Celui-ci est réussi. A voir.

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mardi 12 février 2019

La Favorite - Yorgos Lanthimos

La Favorite de Yorgos Lanthimos, qui vient d'être récompensé aux Baftas (les Oscars britanniques), est un film baroque, très cru verbalement, qui se passe vers 1710. Ce film "féminin" narre quelques mois du règne d'Anne, reine de Grande-Bretagne et d'Irlande, qui sortait peu de son château. Cette femme cyclothymique souffrait de nombreux maux dont la goutte. Elle se déplaçait beaucoup en chaise roulante. Face à elle, deux femmes : Sarah Churchill, Lady Marlborough, qui faisait la pluie et le beau temps au palais et mettait son grain de sel dans la politique menée par le royaume. L'autre femme est Abigail Hill (un personnage fictif?), une cousine sans le sou de la précédente, qui est arrivée à supplanter Sarah dans le coeur d'Anne. Tous les stratagèmes sont bon à cette jeune femme « tueuse » pour arriver à ses fins, même finir dans le lit de la reine comme Sarah. Il est question de sexe, de sentiments, et de solitude. Dans cette histoire, les hommes perruqués et fardés sont des fantoches, peu présents et ne jouant que les utilités ou les bouffons. En revanche, on remarque dans la chambre de la reine la présence de nombreux lapins comme animaux de compagnie, représentant les dix-sept enfants mort-nés ou morts en bas âge de la souveraine. Les décors et les costumes sont splendides. En plus de ses qualités narratives et visuelles, le film bénéficie d’un trio d'actrices exceptionnelles: Emma Stone, Rachel Weisz et une actrice peu connue en France, Olivia Colman (en reine Anne). Cette reine peu connue est morte à 49 ans après 12 ans de règne. Je conseille.

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