Le blog de Dasola

Derniers commentaires
Archives
Challenges terminés

Pour les challenges de l'année en cours, 
voir colonne de droite

15 avril 2016

Mandarines - Zaza Urushadze

Si vous en avez l'occasion et que le film soit projeté par chez vous, allez voir Mandarines, un film estonien tourné par un réalisateur d'origine georgienne. L'histoire se passe dans les années 90 dans une vallée d'Abkhazie, dans le Caucase, où vit une minorité estonienne. Ivo, un vieux menuisier estonien, fabrique des cageots pour une dernière récolte de mandarines qu'a fait pousser son voisin Margus. La guerre civile est proche. Un soldat tchétchène et un Georgien en train de combattre dans des camps opposés sont gravement blessés, pas loin de chez Ivo qui les recueille et les soigne. Le Tchétchène se jure de tuer le Georgien dès qu'il sera sur pied. Le facteur humain et les éléments extérieurs font que ces deux hommes vont s'unir. Ce huis-clos à quatre personnages est prenant avec quatre comédiens excellents. Le film qui date de 2013 était en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger en 2015. C'est peut-être pour cela qu'il est sorti en France: tant mieux!

13 avril 2016

En attendant Bojangles - Olivier Bourdeaut / Tout va très bien Madame la comtesse - Francesco Muzzopappa

P1030247

Peut-être attendais-je trop de En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut, n'ayant lu que des articles élogieux. C'est une de mes collègues qui m'a prêté son exemplaire. Toujours est-il que les 157 pages du roman (Editions Finitude) m'ont laissé une impression mitigée. Je n'ai pas trouvé que l'histoire était fraîche, ou légère, ou poétique. Le récit alterne deux récits, celle du petit garçon et celle de son papa plus ancré dans une réalité pas très rose. L'auteur évoque les asiles psychiatriques, la schizophrénie, les "fous" qui déménagent de la tête, la bipolarité. L'histoire d'amour entre Georges et Renée ou Henriette ou Pauline (Georges n'appelle jamais sa femme par le même prénom plus de deux jours de suite) est belle mais triste. On se marie pour le meilleur et pour le pire. Ce couple aura connu le meilleur mais on est surtout témoins du pire, quand on lit le récit du père impuissant devant les excentricités de sa femme souffrant entre autres de troubles bi-polaires. J'ajouterai que je ne comprends pas comment on peut danser sur Mr Bojangles chanté par Nina Simone. Cette chanson triste comme la fin du roman donne plutôt envie de pleurer.

Lire les billets, positifs, d'Aifelle, de Keisha, de Tulisquoi, de Zazy, d'Ingannmic, d'Eva Shalev, de Noukette, de Laure et de Leiloona.

 ******************************************************************

P1030248

Je passe à un roman qui n'a rien à voir mais qui m'a bien distraite pendant un voyage en train. Dans Tout va très bien Madame la Comtesse (Edition Autrement, 253 pages), nous faisons la connaissance de Maria Vittoria dal Pozzo della Cisterna, une comtesse italienne de 68 ans qui n'a pas la vie facile. Elle aime boire du vermouth et est friande de Gocciole (une marque de biscuits). Veuve et quasiment ruinée, elle vit seule dans un grand domaine hypothéqué et n'a plus à son service qu'Orlando, un majordorme qu'elle paie une misère. Il est aussi poète. La Comtesse est la mère d'un grand fils, Emanuele, beau comme un Dieu mais bête comme une huître, qui lui donne bien du souci. Elle apprend par les journaux "people" qu'il s'est entiché d'une "bimbo" pas farouche à qui il a offert un très beau bijou appartenant depuis longtemps à la famille de la Comtesse. Un concours de circonstances fait que la Comtesse croise un braqueur de banque qui est aussi menuisier, et un jeune désoeuvré. Ces deux rencontres fortuites lui permettent de mettre au point un plan afin de récupérer le bijou. Je vous laisse découvrir les nombreuses péripéties de cette histoire très amusante racontée à la première personne. Lire le billet d'Eimelle.

11 avril 2016

L'avenir - Mia Hansen-Løve

L'avenir de Mia Hansen-Løve sorti le 6 avril 2016 vaut la peine d'être vu, pour l'histoire et pour l'interprétation impeccable d'Isabelle Huppert qui joue le rôle d'un professeur de philosophie (et j'y ai cru). De nos jours, à Paris, Heinz (André Marcon) et Nathalie, professeurs de philo tous les deux, mènent une vie tranquille avec leur deux enfants adultes qui ne vivent plus avec eux. Le couple vit parmi les livres. Nathalie croit en son métier. Grâce à la philosophie, elle souhaite que ses élèves pensent par eux-mêmes. Nathalie s'occupe beaucoup de sa mère Yvette (Edith Scob), qui n'arrête pas de l'appeler pour un oui ou pour un non. Un jour, Heinz annonce à Nathalie qu'il la quitte pour une autre femme. Nathalie ne lui fait pas de scène. Tout se passe à l'amiable entre gens intelligents, même si Nathalie, quand elle est seule, se met à pleurer. Davantage que le fait que son mari soit parti, Nathalie est surtout peinée qu'Heinz ait emporté énormément d'ouvrages, ce qui a vidé les bibliothèques. D'autres événements vont arriver dans la vie de Nathalie, qui change de manière de vivre. Elle part rejoindre dans la région de Valence un groupe de gens plus jeunes qui discutent de philosophie. Parmi eux se trouve Fabien, un de ses anciens élèves. J'ai trouvé ce film agréable à voir, je ne me suis pas ennuyée. Il a reçu l'Ours d'argent de la mise en scène au dernier festival de Berlin, début 2016.

8 avril 2016

Quai du polar 2016

Ca y est, je suis allée à Lyon pour Quai du Polar et ce salon m'a beaucoup plu. C'était mon premier séjour dans cette ville gauloise appelée Lugdunum sous les Romains. Pour moi, Lyon, c'était jusqu'à présent "Les six compagnons [de la Croix-Rousse]" de P.-J. Bonzon (bibliothèque verte). J'en ai lu une vingtaine dans ma jeunesse, il y a longtemps... C'est aussi Guignol et Gnafron, le quartier de La Croix-rousse, les Canuts, le tunnel de Fourvière et la gastronomie. Maintenant, pour moi, Lyon est une ville où il paraît faire bon vivre, où les gens m'ont semblé beaucoup moins stressés qu'à Paris et nettement plus aimables. J'ai découvert les quatre lignes du métro, Notre-Dame de Fourvière, la petite "Tour Eiffel", les deux théâtres romains, la cathédrale Saint-Jean, les rues piétonnes, les immeubles avec leur hautes cheminées, le fameux quartier de la Croix-Rousse et les traboules. Je suis prête à y retourner l'année prochaine.

Voici quelques photos de la ville où le fleuve Rhône conflue avec la rivière Saône.

P1030137 Station de métro Croix-Rousse

P1030140 Place de la Croix-Rousse

P1030159 Une traboule P1030167 Des hautes cheminées

P1030179 Une rue du vieux Lyon

P1030189   P1030198 La Basilique Saint Jean

 

P1030199  P1030200 Les théâtres romains

P1030204 Façade de Notre-Dame de Fourvière 

P1030210 L'intérieur de Notre-Dame de Fourvière

P1030205 Je confirme, ce n'était pas à Paris! La petite "Tour Eiffel", qui (elle) n'a pas été faite par Gustave Eiffel. Elle date de 1894. Elle sert d'antenne relais

P1030181 Façades d'immeuble sur les bords de la Saône

 

 

P1030213 Lyon, vue de Notre-Dame de Fourvière

P1030221 Place Bellecour

Je passe maintenant à Quai du Polar qui est un salon dédié au genre policier sous toutes ses formes. Créé en 2005, il s'est déroulé du 1er au 3 avril 2016. Parmi les lieux de Quai du Polar, le palais du commerce sert de lieu où sont rassemblés de nombreux écrivains dédicaçant à tout va. C'est impressionnant.

Voici les écrivains que j'ai été heureuse de croiser. Arnaldur Indridason (30 minutes d'attente pour une dédicace), Olivier Barde-Cabuçon, Jacques Côté (un écrivain québecois), Craig Johnson, Hervé Le Corre, Benoît Severac, Jérôme Leroy, Jo Nesbo, Sophie Henaff, Sandrine Collette, David Lagercrantz, Olivier Norek, Olivier Truc, Alexis Ragougneau (qui m'a confirmé que le père Kern, un de ses personnages principaux dans ses deux romans, souffrait de la maladie de Still), James Grady.

P1030090 Arnaldur Indridason

P1030091  P1030121 Craig Johnson (il a fait au moins 1 heure de dédicace toujours avec le sourire).

P1030096 Sophie Henaff (Je vous conseille son roman Poulets grillés, une lecture sympathique)

P1030100 David Lagercrantz (Millenium 4 est bien)

P1030103 Olivier Barde-Cabuçon

P1030102 Jacques Côté

P1030120 Hervé Le Corre

P1030122 Olivier Norek

P1030128 Sandrine Collette

P1030110 Vue d'ensemble

P1030109 Le plafond du palais du commerce

P1030127 Amélie Nothomb en "guest star", vendredi après-midi.

P1030222 Benoît Severac (j'ai lu en deux jours son roman Le chien arabe - très bien).

P1030224 Jérôme Leroy (je vous conseille ses deux romans Le bloc et L'ange gardien)

P1030226 Olivier Truc que l'on ne présente plus. Son prochain roman doit paraître en octobre prochain.

P1030231 Jo Nesbo

P1030235 Iain Levison [on ne se quitte plus! Déjà croisé au salon Livre Paris 2016]

P1030236 Alexis Ragougneau

P1030237 James Grady (Les trois jours du Condor)

P1030238 Donato Carrisi

Voici mes acquisitions, ma carte bleue a bien travaillé.

P1030241

Les trois jours que j'ai passés à Lyon me laisseront de très bons souvenirs.

5 avril 2016

A perfect day - Un jour comme un autre - Fernando León de Aranoa / Kung Fu Panda 3 - Alessandro Carloni et Jennifer Yuh Nelson

Je voulais évoquer A perfect day - Un jour comme un autre avant qu'il ne soit trop tard. En effet, le film est sorti dans peu de salles, le 16 mars 2016. Ce long-métrage réalisé par un Espagnol réunit Tim Robbins, Benicio Del Toro, Mélanie Thierry et Olga Kurylenko entre autres. L'histoire se passe pendant la guerre en ex-Yougoslavie à la fin du XXe siècle. Un groupe d'humanitaires parcourt les routes escarpées de la région des Balkans pour prêter secours à la population qui manque de tout. En particulier, l'eau potable se faisant rare, les quatre humanitaires et leur interprète Damir essayent de trouver une corde longue et résistante afin de retirer un cadavre jeté au fond d'un de ces puits. Je vous laisse découvrir comment et s'ils vont arriver à leur fin. Ce film souvent drôle comporte des moments émouvants et la fin assez ironique est très réussie. Le ton du film m'a fait penser à No Man's Land de Danis Tanovic (2001).

Je passe maintenant à Kung Fu Panda 3. J'ai vu les deux premiers volets et je suis fan de Po, le panda friand de nouilles et de brioches. Il va affronter Kai, un adversaire redoutable venu du pays des morts qui prépare sa vengeance depuis 500 ans. Kai est un buffle qui augmente son pouvoir en se servant d'amulettes en jade où sont emprisonnées les âmes de ses adversaires. Po, de son côté, retrouve son vrai papa panda et toute une colonie de ses congénères. Le film ne casse pas cinq pattes à un panda mais l'ensemble est sympathique.

2 avril 2016

Tout dort paisiblement sauf l'amour - Claude Pujade-Renaud

P1030065

Pour avoir beaucoup aimé Dans l'ombre de la lumière de Claude Pujade-Renaud,  je me suis précipitée sur le nouveau livre de la romancière et je n'ai pas été déçue par ma lecture. Tout dort paisiblement sauf l'amour (Actes Sud, 296 pages) est un roman que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. C'est léger et profond à la fois. Regine Olsen est la voix principale de ce roman dont l'histoire se déroule sur plus de 50 ans. On entend aussi Frederik Schleger, le mari de Regine, ainsi qu'Henrik et Henriette Lund. Ce livre évoque, par la voix de ces personnages qui ont existé, celui qui fut un grand philosophe et théologien protestant du XIXème siècle: le Danois Søren Kierkegaard (1813-1855). Le roman commence justement en 1855, lorsque Regine Schleger née Olsen (mariée à Frederik qui fut gouverneur des Antilles danoises) apprend la nouvelle du décès de celui qui fut quinze ans auparavant son fiancé pendant très peu de temps. Kierkegaard rompit les fiançailles avec elle en lui renvoyant son anneau de fiançailles. Regine, sous la plume de l'écrivain, apparaît comme un personnage lumineux et sympathique n'ayant aucune rancoeur envers son ex-fiancé, bien au contraire. Elle a passé une grande partie de sa vie à essayer de comprendre les motivations de Kierkegaard, personnage complexe qui a philosophé sur l'existence et la subjectivité de la vie humaine. Henrik et Henriette Lund étaient les neveux de Søren Kierkegaard. Un très beau roman que je recommande. Le titre du roman est une phrase de Kierkegaard.

30 mars 2016

The Lady in the Van - Nicholas Hytner / Triple 9 - John Hillcoat

Je suis allée voir The Lady in the Van pour Maggie Smith. Je n'ai pas été déçue par sa prestation de vieille clocharde nauséabonde au caractère bien trempé. Avant d'être un film, The Lady in the Van écrit par Alan Bennett a été joué au théâtre et interprété déjà par Maggie Smith en 1999 et 2000 à Londres. Alan Bennett s'est inspiré d'un fait qui lui est arrivé entre 1974 et 1989. L'allée qui menait à sa demeure londonienne dans un quartier très chic a servi de parking à un vieux van appartenant à une certaine Miss Shepherd. L'histoire nous apprend que Miss Shepherd a passé sa vie à avoir peur que son passé ne la rattrape. Cette personne au "mauvais" caractère ne dit jamais merci. Tout lui est dû (ou presque). Mais cela n'empêche pas qu'on s'attache à elle le temps du film, qui aurait gagné à être un peu plus court. Mais pour Maggie Smith, le film vaut la peine d'être vu. Lire le billet d'Armelle.

Dans Triple 9 de John Hillcoat, ça tire à tout va. Les personnages de l'histoire ne sont pas anges. De nos jours, à Atlanta (Georgie), ville sudiste gangrénée par la violence, on note la présence de la mafia russo-israélienne dirigée par Irina Vlaslov, la femme d'un mafieux en prison. Cette femme est interprétée par Kate Winslet, méconnaissable avec ses cheveux longs en arrière. Elle suinte la vulgarité et le danger. On la sent prête à tout pour arriver à ses fins. Pour récupérer des documents mettant en cause son mari, Irina engage des policiers corrompus. Ces derniers pour faire diversion décident de tuer un de leur collèque. Le terme « triple 9 » (ou 999) est une alerte lancée en cas d'extrême urgence, quand un policier est touché lors d'une fusillade. Evidemment, rien ne se passe comme prévu, et on dénombre un nombre de morts impressionnant à la fin du film dont le rythme ne faiblit pas. C'est le genre de film que je vois une fois mais pas deux. Lire les billets de ffred et mymp.

27 mars 2016

Le lagon noir - Arnaldur Indriðason / Evangile pour un gueux - Alexis Ragougneau

   P1030059   P1030062

Voici deux romans sortis tout récemment que je vous recommande, à l'unisson d'autres blogueurs.

Le lagon noir (Edition Métailié noir, 319 pages) est le 14ème roman d'Arnaldur Indriðason que je lis. Ce roman fait suite aux Nuits de Reykjavik. J'ai encore éprouvé beaucoup de plaisir à retrouver Erlendur qui est âgé de 33 ans (nous sommes en 1979) et Marion Briem. Le roman se compose de deux intrigues: la mort d'un Islandais trouvé flottant dans un lagon près d'un volcan et la disparition non résolue depuis 1953 d'une jeune fille de 19 ans sur le chemin de l'école ménagère où elle suivait des cours. Marion avec l'aide d'une jeune Afro-américaine, Caroline va mener son enquête sur l'Islandais. Leurs investigations vont les mener jusqu'à la base américaine de Keflavik. Erlendur, lui, obsédé depuis longtemps par les personnes disparues, mène une enquête officieuse sur ce qu'est devenue Dagbjört qui s'est littéralement volatilisée 25 ans auparavant. Je ne vous dévoilerai rien de plus sur ces deux histoires. Indriðason prend son temps dans la narration, c'est agréable et reposant. Lire les billets d'Aifelle, Clara, Eva et Keisha.

Je passe à Evangile pour un gueux (Edition Viviane Hamy, 359 pages) d'Alexis Ragougneau, qui comme pour son précedent roman choisit à nouveau Notre-Dame de Paris et ses alentours comme décor. Aux alentours de Pâques, un SDF surnommé Mouss est retrouvé mort noyé dans la Seine après avoir reçu les mêmes blessures que le Christ sur la croix. Il est mort assassiné après avoir agonisé pendant des semaines. Quatre mois auparavant, la veille de Noël, Mouss et quelques autres SDF ont occupé pendant presque deux jours Notre-Dame de Paris pour faire entendre leur voix, celle des laissés-pour-compte. Ils ont été soutenus par le père Kern dont on avait fait la connaissance dans La madone de Notre-Dame en même temps que celle de la juge d'instruction Claire Kaufman ainsi que de Landard et Gombrowicz, deux policiers du 36. Kern avec l'aide des clochards dont un dénommé Stavros va mener son enquête parallèlement à celle du juge d'instruction et des deux flics. C'est un très bon deuxième roman bien mené avec une conclusion mystique. J'attends avec intérêt le prochain roman de cet écrivain car j'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là. Lire le billet très enthousiaste de Valérie.

24 mars 2016

Brooklyn - John Crowley

Je vous recommande, tout comme Choupynette, ffred et Tinalakiller, Brooklyn de John Crowley, sorti le 7 mars 2016. Le scénario signé Nick Hornby est tiré du roman (portant le même nom) de Colm Tóibín. Dans les années 50, la jeune Ellis Lacey, âgée d'une vingtaine d'années, vit dans un comté en Irlande. Elle gagne très mal sa vie en travaillant dans une épicerie où la patronne n'arrête pas de lancer des propos vipérins aux clientes et aux employées. Sa grande soeur Rose s'occupe de leur mère Mary, qui est veuve. Grâce à Rose justement et à un prêtre irlandais, Ellis s'embarque sur un transatlantique (la traversée est agitée) en partance pour les Etats-Unis, où un travail dans un grand magasin l'attend. L'histoire d'Ellis est celle d'un exil loin de ses repères. Dans le quartier de Brooklyn à New-York, elle devient locataire d'une pension de famille où il n'y a que des femmes de son âge. Peu après son arrivée, elle rencontre l'amour en la personne d'un jeune Italien, et puis elle suit des cours de comptabilité. Revenue momentanément dans son île natale, Ellis hésite à repartir. Je vous laisse découvrir la fin. C'est un très joli film illuminé par la présence de l'actrice principale Saoirse Ronan que j'avais découverte dans Reviens-moi, puis dans Hannah et d'autres films. Une jeune actrice à suivre.

21 mars 2016

Livre Paris 2016

Ayant bénéficié, grâce à une gentille collègue, d'une invitation pour "Livre Paris" (nouvelle appellation du Salon du livre à Paris), je me suis rendue au salon samedi après-midi 19 mars 2016. Je n'avais pas prévu d'aller cette année au salon vu que l'entrée est toujours payante, j'ai donc été contente d'en avoir l'opportunité. Comme les dernières années, cet événement ne dure que quatre jours (du jeudi au dimanche) et il n'y a plus de nocturne. Cette année, la Corée du sud était le pays invité, ainsi que les villes de Constantine en Algérie et Brazzaville et Pointe Noire au Congo. Quand je suis entrée dans le Hall où se tenait le salon, j'ai vu principalement les enseignes des grands éditeurs. J'ai pris un plan mais n'avais aucune idée précise de ce que je voulais voir, des écrivains en dédicace, et je me suis laissée porter par la foule nombreuse, ce qui fait que je ne suis restée au salon que deux heures. Pour moi, cela me suffit. Moi qui n'avais pas l'intention de dépenser beaucoup, j'ai fait "chauffer" ma carte bleue. Je me suis retrouvée devant le stand des éditions du Seuil avec Lydie Salvayre qui attendait sagement pour dédicacer. Je lui ai dit que j'avais beaucoup aimé Pas pleurer. Elle m'a fait une gentille dédicace d'un livre de poche et s'est laissée prendre en photo. Cinq minutes plus tard, j'avais une dédicace de Boualem Sansal (j'ai été contente de le croiser), puis ça a continué avec Iain Levison (un homme très sympathique). Pour Pierre Lemaître (dont j'ai acheté le dernier roman), Jean Echenoz, Gilles Lagardinier, Bernard Minier, Fabrice Luchini, Mathias Enard, Jonas Jonasson, je me suis contenté de les prendre en photo comme j'ai pu car il y avait des queues interminables pour les dédicaces et beaucoup de monde autour de ces "personnalités". Je sais que j'ai loupé beaucoup de chose. Je n'ai pas été voir les petits éditeurs. J'espère faire mieux l'année prochaine. J'ajouterai que les 1er, 2 et 3 avril 2016, je me rendrai à Lyon, pour Quai du polar. Je me réjouis d'avance, surtout si j'ai l'opportunité de rencontrer des blogueuses/eurs).

P1030005  P1030002  P1030009 Pierre Lemaitre qui dédicaçait debout.

P1030001  Boualem Sansal

P1020999 Luis Sepulveda

P1020997 P1020996 Lydie Salvayre

P1030015 P1030010   Fabrice Luchini

P1030023 Jean-Philippe Blondel

P1030020 Matthias Enard

P1030031 Gilles Legardinier

P1030030 Vue d'ensemble

 P1030028 Iain Levison

P1030027 Bernard Minier

P1030026 Pierre Etaix (j'ai été émue de le voir)

P1030036 Quelques lecteurs fatigués

P1030035 Vue d'ensemble

P1030034

P1030033 Karine Giebel

P1030032 Jonas Jonasson

P1030053 Jean Echenoz

P1030054 Juste avant de repartir, j'ai assisté durant quelques instants à un débat avec Philippe Djian et Nancy Huston

P1030058 Quelques-unes de mes acquisitions.

18 mars 2016

L'étrangleur de Pirita - Indrek Hargla

P1020989

Nous avions laissé Melchior l'Apothicaire en 1422 (ici) et nous le retrouvons dans L'étrangleur de Pirita (Editions Gaïa Polar, 383 pages) toujours à Tallin, neuf ans plus tard, en 1431 (entre mars et juin), entouré de sa femme Keterlyn et de ses jumeaux Melchior et Agatha qui ont presque atteint l'âge adulte. Melchior a désormais plus de 50 ans. Agatha est une jeune fille intelligente qui apprend plus vite que son frère les secrets de remèdes pour guérir. A une lieue de Tallin, Melchior est appelé dans le monastère des brigittines pour essayer d'identifier le mal dont souffre une des religieuses, Taleke, qui ne prononce plus que des borborygmes depuis plus de trois mois. Sur le chemin du monastère, Melchior déterre un cadavre qui été étranglé et a été à demi dévoré. Il semble être là depuis l'automne précédent. D'autres meurtres par strangulation vont suivre, dont la pauvre Taleke elle-même. Les bâtiments et en particulier la chapelle sont en construction depuis des années. Ce monastère pratique une certaine mixité puisqu'il y a des moines et des moniales qui cohabitent sans se cotoyer, et le monastère accueille des pélerins qui séjournent un temps plus ou moins long. Comme pour les trois autres romans, Hargla sait nous plonger dans le XVème siècle du nord de l'Europe (peu connu - en ce qui me concerne). Comme dans les romans précédents, il y a un avant-propos éclaiant. Pour résoudre ces meurtres, Melchior va se retrouver à déchiffrer des caractères runiques qui mettront sur la piste du meurtrier. Hargla sait rendre les personnages proches de nous ,et il est toujours précis dans ses descriptions, dont la fabrication de certains remèdes. Dans ce roman, Melchior va vivre une tragédie que je vous laisse découvrir, mais a priori, on devrait le retrouver dans un cinquième tome, enfin je l'espère. A nouveau, je vous conseille de lire les romans dans l'ordre. Des quatre romans, L'étrangleur de Pirita est presque mon préféré. Lire le billet de Sandrine.

15 mars 2016

The Assassin - Hou Hsiao-hsien

Pour tous ceux qui voudraient aller voir The Assassin de Hou Hsiao-hsien (prix de la mise en scène au Festival International de Cannes en 2015), il faut les prévenir tout de suite qu'il ne s'agit pas d'un film d'arts martiaux traditionnel. Cela leur évitera de sortir pendant la projection pour ne plus revenir. Dans la salle où j'étais, il y a eu au moins 30 personnes qui sont parties avant la fin, sur une salle de 200 sièges. C'est d'ailleurs la première fois dans ma vie de spectatrice que je vois ça. Pour ma part, ce défilé m'a perturbée et m'a empêchée d'apprécier pleinement ce film épuré. Dans un prologue somptueux (l'histoire se passe en Chine sous la dynastie Tang au IXème siècle), une femme demande à une autre, nommée Nie Yinniang, de tuer un haut dignitaire. Nie Yingniang, qui été élevée par une nonne, est devenue un assassin redoutable. D'un coup de dague, elle porte un coup mortel à la victime désignée. Cette séquence est filmée dans un très beau noir et blanc. Puis on passe à la couleur et on a le loisir d'admirer les costumes et les décors chatoyants. Quelques duels durant chacun entre une et deux minutes émaillent le récit. Nie Yinniang revient après des années d'exil, hostile vis-à-vis du pouvoir impérial, au point de vouloir assassiner le nouveau gouverneur. Mais sa mission est périlleuse car elle connaît sa cible, un cousin à elle, qu'elle a naguère aimé et dont elle fut séparée, pour des raisons d'Etat. Le film comporte peu de dialogues et la fin m'a paru un peu hors sujet, mais ce n'est pas bien grave au regard du reste. Je pense que ce film de presque deux heures mérite un deuxième visionnage.

12 mars 2016

La lumière de la nuit - Keigo Higashino / Vent de sang - Nele Neuhaus / Les yeux plus grands que le ventre - Jô Soares

P1020978   P1020982    P1020981

Après La maison où je suis mort autrefois, Le dévouement du suspect X et Un café maison, j'ai lu avec plaisir La lumière de la nuit de Keigo Higashino (Actes noir, Actes sud), un gros "pavé" de 660 pages. L'histoire se passe sur plus de 20 ans entre les années 1970 et 1990. Un prêteur sur gages est trouvé mort par un jeune garçon.La victime a été poignardée dans un immeuble en contruction dans un quartier de Tokyo. Sasagaki, un policier chargé de l'enquête, aura des soupçons envers un ou deux suspects, mais il mettra vingt ans (il sera retraité) pour établir la vérité qui laisse un goût amer. L'histoire s'attache surtout au destin de deux jeunes adolescents: une fille, Yukiho, dont la mère était proche du prêteur à gages, et Ryoji, le fils du prêteur sur gages. Yukiho et Ryoji se révèlent être des êtres dominateurs et prêts à tout pour arriver à leur fin. L'intrigue est bien menée mais on se perd un peu dans les noms japonais: il y a beaucoup de personnages et les noms se ressemblent, mais à part ça, c'est un roman recommandable qui aurait peut-être gagné à être un peu plus court.

Je passe à Vent de sang (Babel noir, 560 pages) de Nele Neuhaus, dont j'ai déjà chroniqué Flétrissure, Blanche-Neige doit mourir et Méchant loup. Dans Vent de sang, c'est celui que j'ai, pour le moment, le moins aimé de la série), on retrouve le commissaire Oliver Van Bodestein (à la vie privée chamboulée après sa séparation avec sa femme) et l'inspecteur Pia Kirchhoff. Dans la région de de Francfort, ils sont chargés d'enquêter sur le meurtre d'un veilleur de nuit sur son lieu de travail : une société chargée prochainement de construire un parc d'éoliennes. Puis un dénommé Hirtreiter, ami du père d'Oliver, est tué de deux coups de carabine. Il ne voulait pas vendre son terrain qui aurait permis d'y implanter les éoliennes. On fait la connaissance de plusieurs suspects, tous plus antipathiques les uns que les autres, dont les motivations éthiques sont sujets à caution. Ce roman où il est question du réchauffement climatique aurait gagné à être plus court.

Je termine par Les yeux plus grands que le ventre de Jô Soares, dont la photo de couverture a attiré mon oeil. J'avais bien apprécié Meurtres à l'académie (non chroniqué) du même écrivain. L'histoire se passe à Rio de Janeiro en 1938. On connaît dès le début le coupable, mais cela n'empêche de savourer (si je puis dire) cette histoire de meurtres où sept femmes à la surchage pondérale avérée vont être victimes de leur gourmandise. Le tueur en série s'appelle Charon et il est directeur d'une entreprise de pompes funèbres appelée Styx. On apprend très vite pourquoi il choisit ses victimes au physique avantageux. Son modus operandi est original: il étouffe ses victimes en les gavant de mousse au chocolat ou d'autres gourmandises de ce type. Un commissaire aidé par Esteves, un ex-inspecteur de police Lisboète exilé au Brésil où il est devenu pâtissier enquêtent en compagnie de Diana, une jeune femme reporter photographe, et de Calixto, un mulâtre, adjoint du commissaire. Le roman est très plaisant à lire et le texte est entrecoupé de dessins et de reproductions de coupures de journaux.

9 mars 2016

Merci patron ! - François Ruffin

P1020985  P1020983

Le 24 février 2016 est sorti un documentaire satirique, tonique et réjouissant (on rit beaucoup) que je vous recommande. Son titre? "Merci patron!", d'après la chanson des Charlots. Le patron en question est Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, dont le revenu annuel en 2015 (2ème fortune de France et 10ème fortune mondiale) équivaut à 463 000 années de salaire, cotisation comprise, d'une ouvrière de ECCE (l'entreprise qui fabriquait des costumes Kenzo à Poix-du-Nord). Le réalisateur François Ruffin, journaliste fondateur et rédacteur en chef du trimestriel Fakir (dont le siège social est situé à Amiens) est un fan de Bernard Arnault (il faut bien entendu comprendre le contraire). Il veut partager son enthousiasme avec quelques personnes du nord de la France qui se sont retrouvées au chômage à la suite du démantelèment de leur usine qui fabriquait les costumes Kenzo vendus chacun environ 1000 euros. L'usine a été délocalisée en Pologne avant de partir certainement plus loin... Les Chtis sont hostiles à Bernard depuis qu'il a racheté le groupe Boussac Frères en 1984 pour s'en débarrasser peu après en gardant la marque Christian Dior (c'est ce qui l'intéressait). Ruffin s'est mis en tête de rétablir le dialogue entre d'anciens ouvriers d'usine textile et son idole Bernard (lui qui voulait devenir citoyen belge pour échapper au fisc français). En l'occurence, grâce à Marie-Thérèse, une ancienne déléguée CGT d'Ecce, très remontée contre Bernard Arnault, Ruffin rencontre devant nous la famille Krul. Ce couple avec un grand fils est dans une situation dramatique: licenciés tous les deux de l'usine, ils sont menacés d'expulsion de leur maison. Ils n'ont que 400 euros par mois pour manger et ils n'ont pas de chauffage. Je vous laisse découvrir comment, grâce à une caméra cachée et à pas mal de culot, les Krul vont sortir de leur situation précaire (grâce à Bernard). C'est un film qui montre que même sans grand rassemblement, ni syndicat, on peut lutter avec des idées et de l'enthousiasme. Le film a été financé grâce à du financement participatif. Il semble rencontrer du succès dans la trentaine de salles (dont 7 à Paris) où il est projeté. Toujours est-il que nous l'avons vu, mon ami et moi, dans une salle comble un mardi soir à Paris (au Louxor). A la sortie du cinéma, nous avons acheté le nouveau numéro de Fakir vendu par des bénévoles du journal.

P1020977

P1020975  P1020976

 Et je ne résiste pas à vous mettre le lien sur la chanson des Charlots.

7 mars 2016

Maurice et Patapon - Charb

Maurice et Patapon ne sont pas deux gentils petits fripons. Dès les pages de garde (en noir et blanc), Charb annonce la couleur: il s'agit de personnages antipathiques (animaux "de compagnie" qui affichent leur insolence et leur "mépris" de l'humain): deux canailles! N'en déplaise à Luce Lapin (1), ce n'est pas le genre de compagnons qu'on aurait envie d'adopter pour un chez-soi paisible. 

 P1020952 P1020965 P1020944

Le plus souvent, il s'agit de "bandes" (strip) de 3 dessins. Leur première publication remonte semble-t-il à 1998 dans Charlie Hebdo. J'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) l'impression de les avoir aperçus ailleurs dans la presse (Libération?), mais ma mémoire doit certainement me tromper - en tout cas je n'en ai pas retrouvé trace.

Ces deux bestiaux (chat tigré et chien marron) n'aiment vraiment pas les humains, que ce soit ceux qui s'imagineraient leurs maîtres ou les autres. Ils vont jusqu'à les trucider (sur le papier - c'est toute la différence). Mais c'est pas parce qu'ils n'aiment pas les humains qu'ils adorent les (autres) bêtes. Il m'a quand même fallu choisir dans les dessins...

P1020946 P1020962 P1020947  

L'humour de Charb est ici encore très "crade" voire scatologique (provocateur): ces anthropomorphes bâfrent (y compris des choses immondes), régurgitent, pêtent, chient... Ils n'ont rien pour plaire, mais peuvent faire rigoler.

P1020963 P1020961  P1020960  

Leur univers? Cynisme et bons mots, causticité. Je reconnais que s'ils ne sont pas cons (voir ci-dessous quelques morceaux choisis de leurs philosophies), en tout cas ils osent tout (même se moquer des bobos).

P1020954  P1020956  P1020945  P1020959

Leur humour gras tourne parfois en dérision le sacré. Pour donner une approche plus intellectuelle au présent billet, je signalerai que Philippe Corcuff évoquait il y a des années déjà "la dérision à tonalité tragique de Maurice et Patapon de l'ami Charb" (2).

P1020953    P1020964

Dasola m'a interdit de sélectionner un dessin où ils se moquent d'A***h! Mais elle n'a rien dit pour la burka.

P1020958  P1020957

Pour le moment, je n'en ai encore lu que 4 (empruntés en bibliothèques). Mais ils restent dans mon colimateur (pour finir par les intégrer dans ma BDthèque).

P1020966  

C'étaient vraiment de sales bêtes. N'empêche... Qu'est-ce qu'on les regrette!

(1) Luce Lapin écrit des chroniques chaque semaine dans Charlie Hebdo sur les thèmes de l'adoption des animaux abandonnés et lance des appels à tous ceux qui voudraient adopter chiens ou chats. Elle milite vigoureusement contre la corrida et toutes formes de cruauté envers les animaux.

(2) Chronique dans Charlie Hebdo N°525 du 10 juillet 2002, reprise dans Mes années Charlie et après, Philippe Corcuff, Textuel, 2015 (18 dessins de Charb et 1 de Tignous).

 *** Je suis Charlie ***

6 mars 2016

Ave Cesar - Ethan et Joel Coen / Hector - Jake Gavin / Saint-Amour - Benoît Delépine et Gustave Kervern

Voici trois films que j'ai vus depuis une semaine.

De mon point de vue, Ave Cesar d'Ethan et Joel Coen n'est pas leur meilleur film, mais c'est un film distrayant et une évocation du Hollywood des années 50 qui a souffert du McCarthysme et de la "chasse aux sorcières". Le film est une suite de saynètes dans lesquelles on passe de la comédie musicale aux films aquatiques et aux péplums. Le fil rouge de l'hstoire est Eddie Mannix (Josh Brolin), un "Hollywood fixer" (celui qui est tenu à ce que tout marche pour le mieux dans le studio). On le suit durant une journée pendant qu'il est confronté au kidnapping de Baird Whitlock (George Clooney), une des stars du studio. Il passe d'un plateau à l'autre entre le tournage d'un film aquatique, celui d'une comédie musicale, d'un western, d'un mélodrame et même d'un peplum dans lequel Baird tourne le rôle principal et affronte deux journalistes, Thora et Thessaly Thacker, soeurs jumelles qui déversent des potins croustillants et des propos fielleux dans les colonnes de leurs journaux respectifs. Je qualifierais ce film de comédie déjantée avec quelques rebondissements inattendus. Pas désagréable. Lire les billets de Tinalakiller (pas convaincue du tout) et Ffred qui a été séduit.

 Je passe à Hector de Jake Gavin, un "petit" film anglo/écossais qui est sorti le 30/12/15 dans un nombre restreint de salle. Hector (Peter Mullan) est un SDF qui va d'une station-services à l'autre sur la route qui va de Glasgow à Londres. Il en profite pour s'y abriter et dormir, se restaurer, laver ses chaussettes. Hector ne se plaint pas. On apprend pourquoi il est SDF. C'est pratiquement un choix de sa part. On apprend aussi qu'il a un frère et une soeur qui le croient mort. Malgré le sujet et l'acteur principal, j'avoue que je m'attendais à autre chose: une histoire plus émouvante. Il ne se passe pas grand-chose sauf toute la séquence dans un refuge à Londres au moment de Noël où Hector se rend tous les ans. Pour l'anecdote, j'ai vu ce film à Limoges où je passe régulièrement des week-end et j'étais toute seule dans la salle à la séance de 22H15. Dommage. Lire le billet de Miriam.

Je termine avec Saint-Amour de Benoît Delépine et Gustave Kervern. Le film m'a globalement déçue. J'attendais certainement trop de la confrontation entre Benoît Poelvoorde et Gérard Depardieu qui jouent un fils et son père. Moi qui apprécie bien Poelvoorde en général, je l'ai trouvé pathétique dans son rôle d'homme qui boit et parle beaucoup. Le film début au Salon de l'Agriculture (décidément, c'est l'époque), Bruno (Benoît Poelvoorde) fait la tournée de la "route des vins" en allant d'un stand à l'autre. Il est accompagné par un ami. Il "descend" un verre après l'autre. Pendant ce temps, son père Jean (Gérard Depardieu), un agriculteur venu avec ses vaches et un taureau de concours appelé Nabuchodonosor, voudrait que son fils prenne la relève. Pour le convaincre, il décide de partir avec lui sur la "vraie" route des vins en prenant un taxi conduit par Mike (Vincent Lacoste). J'ai trouvé que le film n'était pas très drôle sauf la séquence hilarante avec Michel Houellebecq que je vous laisse découvrir. Il y a de jolies séquences avec Andréa Ferréol, Chiara Mastroianni, Izia Higelin et Céline Sallette. Celle-ci, en mal d'enfant avant qu'il ne soit trop tard, est en quête de géniteurs.

3 mars 2016

L'histoire du géant timide - Dagur Kári

Décidément, le cinéma islandais nous réserve des pépites en matière de cinéma. Après Béliers qui a fait partie de mes films coup de coeur de 2015, voici L'histoire du géant timide (Fúsi [titre en VO]) sorti le 24 février 2016. En Islande battue par les vents et au ciel bas et gris, Fúsi, un homme placide, la quarantaine, bien enrobé, les cheveux filasses autour d'une calvitie, est encore célibataire. Il mène une vie tranquille en compagnie de sa mère et travaille comme bagagiste dans un aéroport. Il occupe ses loisirs à écouter de la musique "Heavy metal" dans sa voiture et à reconstituer la bataille d'El Alamein (1942 en Egypte) avec des miniatures. Fúsi ne parle pas beaucoup mais aime manger des chocapic® avec du lait. Cette vie monotone change dans un premier temps quand il se lie d'amitié avec Hera, une petite fille nouvellement arrivée dans l'immeuble où il réside. Dans un deuxième temps, il fait la connaissance de Sjöfn dans un cours de danse country. Lui qui n'a jamais eu de liaison va se transformer au contact de Sjöfn, une toute menue jeune femme. Cette dernière souffre de dépression chronique. Qu'à cela ne tienne, Fúsi, qui s'émancipe de sa maman, va être aux petits soins pour elle. Certaines scènes sont touchantes. J'ai presque eu la larme à l'oeil. Je vous laisse découvrir la fin qui laisse le champ ouvert à plein de possibilités. Un joli film qui semble rencontrer son public.

29 février 2016

The revenant - Alejandro G. Iñárritu

Ayant lu et entendu des avis très contrastés à propos de The Revenant du Mexicain Alejandro G. Iñárritu, j'y suis allée sans a priori. J'ai été agréablement surprise par ce film à la très belle photographie, aux paysages enneigés grandioses et par l'histoire du trappeur Hugh Glass (qui a existé). Le scénario est a adapté d'une partie du roman The Revenant de Michael Punke écrit en 2002. L'histoire se passe dans les années 1820 dans le Missouri. Une vingtaine de trappeurs, qui ont déjà pas mal de fourrures, sont attaqués par des Indiens à la recherche de la fille d'un des leurs qui été enlevée. Hugh Glass (Leonardo di Caprio, pas mal du tout), le guide du groupe de trappeurs, est attaqué peu de temps après afoir fui les indiens par un ours Grizzly vindicatif qui veut protéger son petit. Grièvement blessé, Hugh Glass assiste impuissant au meurtre de son fils, un sang mêlé indien Pawnee par un dénommé Fitzgerald. Ce Fitzgerald abandonne Hugh en l'enterrant plus ou moins vivant. Revenu à la vie, Hugh n'aura de cesse de poursuivre Fitzgerald, parcourant 300 km afin de venger son fils. Le film qui dure 2H30 ne laisse pas de répit aux spectateurs. J'ai trouvé le rythme soutenu. Il y a quelques séquences marquantes comme celle où il se protège du froid en se pelotonnant dans une carcasse de cheval qui vient juste de mourir. J'ai été surtout frappée par les paysages, la neige, le froid que l'on ressent presque. La seule couleur qui ressort le plus souvent, c''est celle du sang sur la neige. D'après ce que j'ai lu, l'ours grizzly n'est qu'une image numérique; eh bien j'ai trouvé le trucage très réussi. Personnellement je conseille ce film "nommé" dans plusieurs catégories aux Oscars 2016. Lire les billets très contrastés d'Alain, de ffred, d'Alex-6, de Wilyrah et de Mymp. Et lire le billet élogieux de Pascale.

27 février 2016

Petits principes de langue de bois économique - Bernard Maris

Comme annoncé, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) poursuis donc l'hommage que j'avais entamé en 2015 aux tués de Charlie Hebdo.

J'ai mis un certain temps à finaliser le présent billet (annoncé le 25/01/2015!). C'est que ma vie "quotidienne" (chronophage) m'a happé de nouveau, comme c'est le cas pour beaucoup de monde je suppose. Mais je n'oublie pas. Ce préambule personnel achevé, passons à mon premier ouvrage de Bernard Maris (Oncle Bernard).

*****************

P1000649

Texte de la 4ème de couv': "A l'heure où les petits épargnants craignent que la crise financière ne fasse partir en fumée leurs économies, où les salariés et patrons guettent le "tsunami" de récession qui traverse la planète, tous écoutent et tentent d'analyser les discours des politiques et des économistes.
Ce petit livre est une sorte de lexique. Un outil de traduction du discours économique, un décryptage amusant de sa réthorique."

Ce Petit précis de langue de bois économique est paru en 2008 aux éditions Bréal (avec logo de Charlie Hebdo en couverture). D'un format carré, il se présente matériellement avec un chapitre introductif de 7 pages suivi de 12 chapitres de 2 à 4 pages de texte au format immuable: en ouverture, double page avec titre à droite et dessin, dont des éléments seront réutilisés en début et en fin de texte. Catherine et Charb en ont fourni 4 chacun, Riss et Honoré 2 chacun. Est-ce que les dessins ont été réalisés après que les dessinateurs aient lu le texte, pour un chapitre précis, ou bien ont-ils été chacun commandés par "Oncle Bernard", voire choisis parmi un corpus déjà existant (éventuellement déjà publié)? Je n'ai pas été déranger Catherine ou Riss pour le leur demander.

En bref, il s'agit d'un court pamphlet contre les "experts" ou même les journalistes économistes et les 70 pages, pertinentes, se lisent très vite.

J'en extrait une seule petite citation: "L'économie est virginiale, mariale, tandis que la réalité économique est banale, quotidienne et compliquée. Le réel est sale. Il sent le bidonville et la souffrance. La pauvreté, pour tout dire. Les équations permettent de se boucher le nez."

Outre le dessin d'Honoré déjà repris dans mon billet du 25/01/2015, voici quelques dessins (je me permets de ne pas me cantonner à ceux des morts!).

P1020891 P1020889

P1020887

P1020886 P1020888

 *** Je suis Charlie ***

26 février 2016

La vache - Mohamed Hamidi / Nahid - Ida Panahandeh

J'ai attendu la veille de l'ouverture du Salon de l'Agriculture à Paris pour chroniquer le film La vache de Mohamed Hamidi sorti le 17 février 2016. En quelques mots: c'est un road-movie sympathique, avec de bons sentiments. Fatah, paysan d'un bled en Algérie, rêve d'emmener sa vache Jacqueline (une Tarentaise) au Salon de l'Agriculture à Paris. A un moment donné dans le film, il y a une référence au film La vache et le prisonnier (1959) d'Henri Verneuil avec Fernandel, prisonnier de guerre qui traversait l'Allemagne à pied en 1942 en compagnie de la vache Marguerite. Dans le film d'Hamadi, Fatah après plusieurs tentatives infructueuses, est enfin accepté pour venir "exposer" au Salon. Comme le voyage n'est pas pris en charge, tout le village se cotise, et Fatah et Jacqueline débarquent à Marseille et commencent un long périple à pied jusqu'à Paris. Ils feront des rencontres, se lieront d'amitié. Je ne veux pas tout raconter. On sourit souvent et on retient la réplique qui deviendra peut-être culte: "C'est la poire". Il faut passer sur pas mal d'invraisemblances. J'ai trouvé que ce film était plus une suite de saynètes qu'autre chose, mais bon, je vais être indulgente. A l'issue de la projection (j'ai vu le film en avant-première), il y avait une séance de questions-réponses avec le réalisateur et l'acteur principal, Fatsah Bouyamed, que je ne connaissais pas. Il a beaucoup travaillé avec Jamel Debbouze (coproducteur du film et qui joue un petit rôle). De la conversation qui a duré une demi-heure, j'ai surtout retenu qu'il y a eu trois "Jacqueline" pendant le tournage: une pour la partie qui s'est tournée au Maroc (et non en Algérie), une "doublure" au cas où, et une troisième qui a tourné les trois-quart du film qui se déroule en France. A vous de juger.

----------------------------------------------------------------------------------------

Ceci n'ayant rien à voir avec cela, je voulais évoquer Nahid, un film réalisé par une Iranienne, Ida Panahandeh, et qui est sorti le 24 février 2016. Je pense que la sortie du film est liée au fait qu'il a reçu un prix dans une section parallèle au Festival international du film de Cannes en 2015. Globalement, le film m'a déçue pour une raison: le personnage principal de Nahid m'a profondément crispée et je l'ai trouvée assez antipathique. Je ne suis pas arrivée à éprouver de l'empathie pour elle et ses nombreux problèmes. De nos jours, en Iran, Nahid, divorcée depuis 2 ans, a pu obtenir la garde d'Amir, son fils adolescent, parce qu'elle a renoncé à une pension alimentaire et qu'elle a interdiction de se remarier. Néanmoins, quand le film commence, on comprend qu'elle aime un autre homme qui fait tout pour l'aider. On voit Nahid harcelée par son ex-mari qui l'aime encore, par son ex-belle famille, par sa propre famille, par son fils qui vit mal la situation, etc. A force, j'en ai eu un peu assez de ces situations cahotiques que Nahid n'arrive pas à gérer. Je ne parle même pas de la météo: pendant le film, il pleut beaucoup, le ciel est gris et la mer Caspienne bien agitée. Film pas indispensable selon moi, à vous de voir.

Le blog de Dasola
  • CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur films, livres et spectacles. [Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine" (269 commentaires, du 17/01/07 au 15/07/26)].
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Newsletter
80 abonnés
Liens (en cours de mise à jour)

A²** INDEX AUTEURS (LITTÉRATURE), FILMS & REALISATEURS (CINÉMA) **

*** CHALLENGES DE L'ANNEE EN COURS ***


** LE SITE DU STATISTICIEN **


*** LIENS ***
(BLOGUEURS COMMENTANT SOUVENT LE MIEN)

  • = Onze blogueuses et blogueurs ayant fait au moins 500 commentaires chez dasola se présentent =
  • On crée un lien lorsqu'un blogueur a commenté au moins cinq billets en venant à (au moins) deux dates différentes sur ce blog. 
  • Une adresse de mail (xxx@yyy.fr ou com...) [non publiée!] est exigée par Canalblog pour enregistrer votre commentaire. 
  • Vous ne voyez pas tout de suite apparaître votre commentaire, car il doit d'abord être validé (cela peut prendre quelques heures)
 
CINÉMA (23 blogs en activité)

DIVERS - CULTURE (54 blogs en activité)

LIVRES (63 blogs en activité)

QUELQUE TRISTESSE

QUELQUES BLOGS DÉSORMAIS EN PAUSE (À MON GRAND REGRET)

QUELQUES INFIDÈLES (NE ME RENDENT PLUS MES COMMENTAIRES...)

QUELQUES INTROUVABLES (BLOGS SUPPRIMÉS OU DISPARUS?)

SANS BLOG (COMMENTATEURS SUR LE MIEN)

STATISTIQUES, INFORMATIONS, RECORDS (DEPUIS LA CRÉATION DU BLOG)

  • * Blog créé le 09/01/2007, transféré sur Canalblog en juin 2007, migré à l'insu de son plein gré sur l'outil Overblog en février 2024 *
  • 3137 billets (au 27/07/26) dont tous ont eu au moins un commentaire
  • 37 652 commentaires (au 26/07/26 [+ 2 [anciennement 203] "égarés" lors de la migration"]) [dont 272 dasola] par au moins 1303 personnes, dont 93 (re)venues en 2026
  • 425 blogueurs [dont 137 actifs en 2026] m'ont fait au moins 5 et jusqu'à 1336 (au 13/07/2026) commentaires (voir ci-dessus)
  • Abonnés (être prévenu à chaque nouveau billet publié sur le blog): 80 au 21/07/26 (via "Newsletter" ci-dessus)
  • Billet commenté par le plus de personnes: 77 commentaires par autant de commentateurs/trices (billet du 09/01/2014)
  • Billet comptant le plus de commentaires: 123, par 46 commentateurs/trices différent(e)s (billet du 10/06/2023)
  • Record de commentaires en 1 an de date à date par 1 même blogueur-euse: 160 par Manou (du 01/08/23 au 31/07/24)
  • Record de commentaires en un mois: 355 en janvier 2014
  • Record de commentaires en une année civile (même blogueur-euse): 162 par Manou en 2024
  • Record de commentaires en une journée: 44 le 09/04/2009
  • Records de nouveaux commentateurs en un mois: 24 (dont 22 blogueurs) en mai 2008 et mars 2009
Pages