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26 juin 2026

On a tué pendant l'escale - Franz-Rudolf Falk

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'ai jamais vu le film Le paltoquet (1986), contrairement à dasola, et ce n'est donc pas sa mention en couverture qui m'a amené vers le roman que je présente aujourd'hui. Je l'ai pris en main dans un bac d'occasions il y a quelques mois (avant que s'ouvre le BTEM 3). Vérification faite, il s'agissait bien d'une escale de bateau, et non d'avion. 

Franz-Rudolf Falk, On a tué pendant l'escale, Julliard, J'ai lu Policier N°1647, 216 pages
1986 (DL 1984), copyright Julliard 1973, 1ère éd. 1945 (Philippe de Clinchamp)

 

Une bonne partie de l'histoire de ce texte est contenue dans les deux lignes ci-dessus. Franz-Rudolf Falk est l'un des pseudonymes utilisés par Philippe de Clinchamp quand il a édité dans une collection qu'il dirigeait après-guerre des romans dont il se présentait comme le traducteur de l'allemand. Je n'ai pas lu les quatre autres. 

 

L'escale, c'est celle qu'a faite, comme d'ordinaire, un bateau de "courrier maritime" qui parcourt sa ligne le long des côtes africaines pour y transporter de port en port courrier, marchandises et parfois passagers. Le port sur les côtes africaines qui sert de décor au livre n'est jamais nommé (il est présenté par l'auteur comme "une synthèse de nombreux ports africains qu'il avait hanté"). Dans ce port, quelques voiliers englués dans la vase, des cargos rapiécés... Sur les quais même, une gare et le terminus d'une ligne s'enfonçant dans les terres entre les marais et les dunes de sable pelées... (p.41: "le train du soir était parti, emportant toute la poésie des villes d'Europe dans des ballots de pacotille à l'usage des seigneurs du désert et des chefs de grandes tentes").

 

Les personnages? Ils se retrouvent tous les soirs dans un bar, pour jouer aux cartes et boire dans la chaleur humide (45° à minuit!). Outre le narrateur (dont on apprend au fil des pages que c'est un journaliste dont une partie des revenus provient du monnayage de l'orientation de ses articles et qui a dû changer plusieurs fois d'identité), font partie de ce "club" le professeur, le docteur, l'honorable commerçant en produits coloniaux (alias l'exportateur), et une belle femme, Lotte, "inquiétante et lointaine" (et d'origine indéterminée), que tous reluquent (surtout le narrateur) même si elle se veut inaccessible. On sent que la vie routinière se traîne dans ce port perdu, peut-être aussi stagnante qu'une flaque de cette pluie qui tombe chaque jour... (p.139: "la pluie s'obstinait à vouloir laver la ville. Elle s'aperçut, peu après, que c'était sans espoir. Dans une dernière bourrasque elle y renonça").

 

Arrive au bar le commissaire (p.15): il y a eu une tentative de meurtre, il a besoin du docteur. Finalement, le meurtre (dans la chambre d'un hôtel du "quartier réservé") est avéré, et un indice semble accuser une personne de notre petit groupe. On sait assez vite que le mort était un passager du dernier bateau passé (parti sans lui). Mais pourquoi est-il mort et qui l'a tué, mystère. Là commence l'enquête du commissaire, suivie avec intérêt par nos joueurs de cartes. L'énigme va se prolonger des jours, d'autres bateaux passeront au port (cargo, pétrolier arborant les pavillons produits inflammables et épidémie à bord...) et en repartiront (tandis que le remorqueur y tourne en rond).

 

Le livre dépeint tout au long l'ambiance des lieux, le jeu d'observations, de soupçons successifs et de menaces physiques qui visent tour à tour l'un ou l'autre membre du groupe, les campagnes de presse menées par l'un ou l'autre des deux titres que compte le port. Alors qu'est à quai un long-courrier, il y a un nouveau mort: un des joueurs, cette fois-ci... On ne saura pas trop quelle faute ou quelle disgrâce a exilé le commissaire dans ce trou perdu, mais il s'avèrera bon professionnel pour résoudre les mystères (prétendant - mise en abyme! - que c'est parce qu'il est lecteur de romans policiers). On aura donc assisté à un bref moment de la vie de ce port où les bateaux passent mais où nos personnages semblent englués.

 

Pour ma part, même après avoir lu le livre et obtenu la clé du mystère, je précise que j'ai bien envie de voir le film, d'autant plus que je n'ai trouvé aucun paltoquet dans le roman! Cf. chronique de L'oeil sur l'écran.

 

J'inscris ce billet pour deux challenges, le Book trip en mer (saison 3) chez Fanja, et 2026 sera classique aussi! organisé par Nathalie. 

 

6 juillet 2026

Exposition Marilyn Monroe à la cinémathèque française

Trois essais de tenues pour Niagara. C'est la première qui a été retenue pour le film. Personnellement, j'aime beaucoup la troisième.

Jusqu'au 26 juillet 2026, vous pouvez aller visiter l'exposition à la cinémathèque de Paris sur Marilyn Monroe qui aurait eu 100 ans cette année (1er juin 1926-4 août 1962). L'exposition est riche de photos de tournage ou autre. Je ne les connaissais pas toutes. Plusieurs films sont présentés, en particulier Niagara d'Henry Hathaway (1952) - ce film fit d'elle une star. C'est le seul film où elle meurt à la fin. Elle interprète une femme fatale. Il y une évocation de Sept ans de réflexion de Billy Wilder (1955), Les hommes préfèrent les blondes d'Howard Hawks (1953), Certains l'aiment chaud de Billy Wilder (1959). Les films cités sont illustrés par un extrait de chacun de ces longs métrages. Il est aussi fait mention de Bus Stop de Joshua Logan (1956) - on peut voir un bustier qu'elle porte dans le film -, Troublez-moi ce soir (Don't Bother to Knock) de Roy Ward Baker (1952), Le Milliardaire de George Cukor (1960), The Misfits (Les désaxés, 1960) de John Huston. Mais à mon grand regret, mis à part l'affiche, il n'y rien sur Rivière sans retour d'Otto Preminger (1954). Marilyn a été sous contrat avec la Fox au début de sa carrière jusqu'à presque à la fin de sa carrière. Il y a des panneaux de texte en français et en anglais. C'est une expo intéressante pour la jeune génération qui ne connaît pas Marilyn. Pour les autres, c'est une bonne révision. Comme objets et accessoires présentés, il y a évidemment un flacon de N°5 de Chanel, et quelques vêtements qui ont appartenu à Marilyn.

Marilyn en baby-sitter

Marilyn lisant les lettres de ses admirateurs

Avec Jane Russell pour les Hommes préfèrent les blondes

 

Les deux photos ci-dessus ont été prises dans le métro New-Yorkais dans les années 50.

7 mars 2024

Traité sur l'intolérance - Richard Malka

Lorsque j'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) rédigé mon billet sur Le droit d'emmerder Dieu de Richard Malka (billet paru il y a plus d'un an), j'avais prévu de publier à la suite de la première chronique le présent Traité sur l'intolérance, du même auteur. On avait renâclé. Depuis, une nouvelle guerre a éclaté au Moyen Orient... et on reparle antisémitisme en France. Voici donc ma chronique. Ce second livre est paru en janvier 2023, et je l'ai acquis début février 2023. Il reprend sa plaidoirie pour le procès en appel concernant les condamnations prononcées à l'issue de celui en première instance sur les attentats de janvier 2015, procès en appel qui s'est déroulé du 12 au 20 octobre 2022 (deux des 14 condamnés ayant fait appel).

P1150694
Traité sur l'intolérance, Richard Malka, 96 pages, 2023 

Bien sûr, comme les titres de ces livres, les extraits que j'ai choisi d'en citer sont provocateurs. Mais avant d'enfourcher de grands chevaux de bataille, lisez vous-même ces deux ouvrages. 

P1150697Le second titre compte pratiquement le même nombre de pages que le premier, mais il est imprimé plus gros. La plaidoirie qui en représente la plus grande partie a été prononcée le 17 octobre 2022 au nom de Charlie Hebdo. Le texte rentre tout de suite dans le vif du sujet, en réagissant sur le fait que le procès en appel se déroule dans la salle Voltaire de la Cour d'assises au Palais de justice de Paris (sur l'île de la Cité). "Voltaire... Le pourfendeur des religions, l'esprit libre, révolutionnaire (...). Celui qui n'hésitait pas à affirmer, en un temps où cela entraînait la mort, l'enfermement ou l'exil, plus certainement qu'aujourd'hui, que le christianisme était la religion "la plus ridicule, la plus absurde et la plus sanguinaire qui ait jamais infecté le monde", ou encore "la superstition la plus infâme qui ait jamais abruti les hommes et désolé la terre".
Ainsi osait-on parler des religions au XVIIIe siècle. Il est de ceux auxquels nous devons de vivre libres. Mais nous ne le savons plus, nous l'avons oublié."

Richard Malka ne souhaitait pas plaider "contre" les accusés, mais plutôt s'attaquer à l'essentiel: les causes des tueries perpétrées. 

p.13: "l'action de ces terroristes est motivée par l'islam - ils le disent - et plus précisément, par une vision de l'islam.
Je parle d'une croyance, pas des croyants. Je parle d'une vision de l'islam, pas des musulmans (...). 

Bien sûr, il y en a d'autres, que partagent des centaines de millions de musulmans à travers le monde, qui aimeraient bien vivre tranquillement leur religion sans qu'on les renvoie toujours à la vision des Kouachi et surtout, sans les privations de liberté qu'elle induit.
Mais ce n'est pas une vision marginale. C'est la plus militante, la plus organisée, la plus conquérante, la plus communicante, la plus opulente aussi grâce à ses bailleurs de fonds (...) (p.15).

(...) Il faut combattre cette vision car il en va de l'intérêt de tous et parce que, pour citer une dernière fois Voltaire, "il est honteux que les fanatiques aient du zèle et que les sages n'en aient pas" (p.16). 

Richard Malka balaie ensuite longuement l'histoire de l'islam, expliquant les débats qui l'ont traversé alors qu'il avait à peine quelques siècles d'existence, entre l'école de pensée des mutazilites, qui considéraient la raison comme le premier fondement de l'islam, et les hanbalites, qui considéraient le Coran comme incréé, c'est-à-dire directement issu de Dieu.

Du coup, sur plus de 50 pages, l'avocat nous fait un magistral cours d'histoire de la religion musulmane, entrecoupée d'exemples d'excès liés à la vision de l'islam "littéral", tout en remettant dans leur contexte historique et sociologique tant le contenu des sourates que les "hadiths, c'est-à-dire des paroles ou des actes attribués au Prophète et rapportés par des chaînes de transmetteurs sur plusieurs siècles" (p.40). "Certains de ces hadiths légitiment effectivement la violence et sont largement invoqués par les fanatiques" (p.41). Mais il en existe 500 ou 600 000... "Chaque courant de l'islam a les siens et rejette ceux des autres" (p.42). Et surtout, le blasphème n'a pas toujours été puni de mort. Dans le livre, il est aussi question des rapports entre Mahomet et les Juifs. Ainsi que de la manière dont les siècles ont adouci tant le christianisme que le judaïsme. "Quant au judaïsme, il n'a heureusement plus grand-chose à voir avec celui des origines parce que la Torah est un texte bien plus guerrier encore que le Coran et souvent beaucoup plus clair et expéditif sur les châtiments, ce qui est normal puisqu'elle a été écrite mille ans plus tôt" (p.51). "Heureusement, ces textes ont été interprétés mille fois, en particulier dans le Talmud qui est une réécriture de la Torah.
L'interprétation, la critique et même l'humour grinçant de Charlie Hebdo, sont une nécessité vitale pour les religions elles-mêmes et surtout pour les hommes" (p.52-53).

La partie finale du Traité sur l'intolérance, titrée "Pour aller plus loin", consiste en quatre pages, qui précèdent la chronologie des événements et une bibliographie citant les ouvrages utilisés par Richard Malka. À mon avis, ces quatre pages auraient pu figurer en début d'ouvrage: elles expliquent pourquoi ce plaidoyer-là, dont la religion est le sujet, a été prononcé à cette occasion-ci (2022), et ni lors du procès des caricatures en 2007, ni lors du procès de 2020. 

Les blogs La bibliothécaire, Voyages au fil des pages, Notre jardin des livres et Sin City en ont parlé, ainsi que Matatoune. Le blog Je lis donc je suis aussi (mais celui-ci n'accepte pas les commentaires). 

*** Je suis Charlie ***

13 juillet 2026

Sombres plantations - Nilima Rao

Pendant mon séjour dans le Limousin entre le 21 et le 30 juin 2026 où les températures ont atteint 42° et ne descendaient pas en dessous de 26° la nuit, j'ai réussi à lire quelques romans dont Sombres plantations - Enquête aux Fidji de Nilima Rao (Editions Au vent des îles, 247 pages). La romancière est australienne indo-fidjienne. Elle est née aux îles Fidji, sa famille est indienne et elle a grandi en Australie. C'est un hommage à ses grand-mères. Le sujet en arrière-plan est l'engagisme (indentured servitude en VO) institué par le gouvernement Indien sous l'administration coloniale britannique. L'esclavage fut aboli mais des milliers d'Indiens furent envoyés dans le monde entier dont les îles Fidji où se passe l'histoire. C'était pour une durée déterminée, pour un salaire déterminé et une charge quotidienne déterminée. Bien entendu les abus de toutes sortes furent nombreux. Ce préambule est tiré du texte à la fin de l'ouvrage écrit par la romancière qui explique le contexte de son roman.

L'histoire se passe en 1914 aux Fidji. On fait la connaissance d'Akal Singh, un jeune policier sikh qui est chargé de retrouver Kunti, une jeune femme coolie qui a disparu. Elle vivait avec son mari et sa fille sur une plantation de canne à sucre dirigée par un contremaître et un couple d'Australiens. Cette disparition aurait pu passer inaperçue si le médecin et le pasteur n'avaient pas donné l'alerte. Akal, s'est retrouvé muté aux îles Fidji suite à un événement qui s'est passé en Inde. ll doit affronter le couple qui traite mal ses ouvriers. Lors de l'enquête, le corps de Kunti est retrouvé ainsi que le corps d'un homme (le contremaître que l'on croyait parti en Europe). Le récit est très bien mené. Je conseille ce roman tout comme Hilde et Baz'art.

 

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Je viens d'apprendre le décès de Sam Neill (1947-2026) que j'avais découvert dans Un cri dans la nuit de Fred Schepisi (1988), Calme blanc de Philip Noyce (1989), La leçon de piano de Jane Campion (1993) et qui a joué dans plusieurs films de la série des Jurassic Park. Il interprétait le paléontologue Alan Grant. Un film de John Carpenter où il interprétait le rôle principal m'avait marquée (je n'avais pas aimé), c'était L'antre de la folie (1994). C'est un acteur que j'ai beaucoup apprécié.

7 juillet 2026

Tant qu'il y a l'océan - Coline Renault

C'est à partir d'un reportage de Coline Renault pour Charlie Hebdo que j'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) initié mes participations au premier Book trip en mer chez Fanja en 2024 (je viens d'ailleurs tout juste de découvrir que son reportage avait obtenu le Prix "Jeune journaliste" de la Fondation Varenne à l'époque). Je présente aujourd'hui (27 mois plus tard), toujours dans le cadre de mes "hommages du 7", un livre où elle a développé quelques chroniques parues dans l'hebdomadaire entretemps, et je l'inscris cette fois-ci pour la 3e saison (2026) du Book trip en mer chez Fanja. 

Coline Renault, Tant qu'il y a l'océan, Les échappés, 2026, 284 pages

 

La journaliste expose comment, lors d'une conférence de rédaction "du journal qui [l']emploie" (p.13), ils s'étaient demandé si des Français des classes populaires françaises pouvaient vivre le même genre de vie que des Américains fortunés ayant carrément "acheté" une cabine de luxe à bord d'un navire de croisière pour n'en plus descendre. En effet, des conditions plus abordables peuvent permettre de naviguer à partir de 500 euros la semaine (à comparer au tarif des EHPAD en France?). Cela a été le point de départ d'une enquête... et d'un embarquement dans un des bateaux de Costa Croisières en septembre 2025 (on peut trouver plusieurs articles en ligne sur le site de Charlie). Tant qu'il y a l'océan raconte cette croisière d'une semaine dans la cabine 523 et ses deux lits jumeaux. 

 

C'est une "croisiériste", Nicole, 74 ans, interrogée dans le cadre de son enquête préalable, qui l'a convaincue d'embarquer. Elle fera bien entendu partie des témoins, avec quelques autres "back-to-back" (ceux qui enchainent les croisières sans "rentrer chez eux" à la fin). Mais intervient aussi dans le livre la grand-mère paternelle de Coline, Mamie Dédée, 75 ans pour 1,50 m, veuve depuis 18 ans, et qu'elle a convaincue (en juin) de l'accompagner dans l'aventure maritime (elles avaient déjà visité Santorin ensemble, pour ses 70 ans). Du coup, parti d'une interrogation sociologique, le livre s'enrichit de méditations métaphysiques sur la mort, le vieillissement, le sens de la vie, les relations familiales et intergénérationnelles, la modification de celles-ci selon qu'on est enfant ou adulte... L'enquêtrice constate encore les inégalités face au vieillissement, avec les plus précaires qui profitent peu de leur retraite... (p.127: "plus on trime à la sueur de son front pour arriver à la retraite, moins on a de chances d'en jouir"). 

 

En ce qui concerne les conditions économiques de cette "vie à bord", la Compagnie accorde des remise aux croisiéristes fidèles ce qui rend les tarifs dégressifs (environ 61 euros par jour pour ceux qui restent en mer "à l'année"). Alors, bien sûr, les paquebots de croisière polluent (je ne sais pas dans quelle mesure la comparaison avec des "vols Paris-New York" est pertinente, au-delà de l'image? J'aurais préféré des informations "en valeur absolue"). Et le fait que ce genre de séjour soit considéré comme revenant nettement moins cher qu'un séjour en EHPAD m'interpelle aussi, car j'ai trouvé que comparaison n'était pas raison: précisément, ces "croisiéristes seniors" ne sont pas - pas encore - des "personnes âgées dépendantes" (malgré problèmes de mémoire ou d'addiction par exemple)... Elles ont fait un choix de vie, elles profitent - ou non - des escales (excursions payantes en supplément!). Et si certains parmi les jeunes personnels sous-payés (d'origine étrangère) sont prêts à payer de leur corps au service des dames d'un certain âge, celles-ci ne se montrent pas vraiment dupes quand ceux-là les poursuivent avec un peu trop d'assiduité... 

 

La vie à bord est décrite, avec tous les petits "trucs" que connaissent les habitués: l'accès ou non au restaurant "VIP", le choix dans les distractions proposées, les "animations" (casino, discothèque...). Mémé Dédée, ne parlant pas anglais, hésite à s'aventurer toute seule hors de leur cabine, et attend stoïquement le réveil de Coline, à l'agacement de celle-ci. La journaliste spécialisée dans les sujets sociaux en profite pour aborder d'autres thèmes concernant nos seniors: leur rapport à l'IA (ce que celle-ci peut leur apporter, en contrepoint d'un manque de rapports véritablement "humains"), l'attitude de l'hôpital par rapport aux "vieux patients" (pas rentables, traitements de longue durée, "bloqueurs de lits"...), le fait même qu'ils bénéficient moins souvent que de plus jeunes qu'eux de molécules innovantes ou d'opérations onéreuses...

 

Quand la croisière s'achève, on ressent le cafard de la grand-mère à la fin de cette trop courte semaine de "sortie de routine", ce qui l'amène à la décision... non, pas de devenir croisiériste à vie, mais de vendre sa maison individuelle pour rejoindre plutôt une résidence "adaptée" (pour seniors) pour y (re)vivre en collectivité. En ce qui concerne sa petite-fille (qui s'interroge aussi sur la qualité de ses relations avec ses grands-parents maternels), j'avoue avoir rigolé en lisant pages après pages ses affres d'hypocondriaque, son constat qu'à 28 ans on ne fait pas la fête comme à 18 ans, ou la phrase de la pas encore trentenaire (p.264) "Je sais que mes questions [aux seniors sur la mort] en diront plus sur ma propre frousse de passer l'arme à gauche". 

 

J'ai vu que le Costa Favolosa (baptisé il y a 15 ans, selon wikipedia consulté le 6 juillet 2026) sur lequel elles avaient embarqué possède une bibliothèque, mais je me demande combien de volumes elle comporte et quelle y est la part de ceux en français... 

 

Comme souvent, Charlie promeut ce livre de différentes manières, soit par un encart annonçant sa disponibilité en librairie,

soit en en faisant le "cadeau" pour un abonnement à l'hebdomadaire (ici, CH N°1770 du 24 juin 2026, pp.3 & 14).

 

J'ai trouvé un billet sur ce livre: Nicole (Mots pour mots). 

 

*** Je suis Charlie ***

3 novembre 2024

Mérite maritime - Dubois & Riondet

Dans ce billet, je (ta d loi du cine, "squatter" chez désola) présente trois albums de BD et non pas seulement un. Merci à Fanja de m'avoir donné l'occasion d'en parler puisque cette série rentre dans le cadre de son Book trip en mer, une fois de plus. Si Mérite maritime est le titre sous lequel est paru le premier album, il est devenu le nom de la série lorsque les deux derniers l'ont suivi. Mes exemplaires étant inaccessibles, je me suis rabattu sur le premier que j'avais offert à dasola, et les deux derniers que j'ai fait venir de la "réserve centrale" des bibliothèques de Paris.

Alain Riondet (scénario), Stéphane Dubois (dessin), éd. Casterman
t.1, Mérite maritime, 1992, 79 pages
t.2, Boulevard de la soif, 1994, 87 pages
t.3, Fond de cale, 1997, 71 pages

 

Pour être encore plus précis, Mérite maritime est le titre de l'un des chapitres de ce premier tome, composé de quatre histoires courtes qui mettent en situation les personnages (titrées René, Jason, et Cher payé pour les trois autres). Mérite maritime est bien le plus beau, à mon avis (21 pages sur 70). "Mérite maritime", enfin, c'est le nom d'une véritable décoration, et ici d'une médaille que l'on voit passer par-dessus bord. Les histoires se déroulent à bord d'un vieux cargo, l'Amiral Benbow. Les "héros" (anti-héros, parfois) sont ceux qui en composent l'équipage. Cet album (dont je possède une première édition) campe des gaillards (vais-je oser des "gaillards d'avant"?), des durs au coeur tendre, qui "se défendent" (pas si mal) face à d'autres "sans foi ni loi" qui sont loin d'être des saints. Le dessin réaliste et brutal leur fait des trognes et des tronches bien reconnaissables. Nous découvrons (avant de les approfondir touche par touche) Albert (Voxdei, le capitaine - mais j'anticipe), Franck (le second, que les hommes appellent "Monsieur Ripert"), René (Bosco par protection), Raymond le cuistot, Pollack, Ahmed, Jason (mécanicien-graisseur, le dernier embarqué), Lewis le télégraphiste, Dimitri le chef mécanicien. Le premier chapitre nous évoque pourquoi René est devenu alcoolique au dernier degré, et le "coup de main" apporté par l'équipage pour résoudre ses problèmes ("un marin sans bateau, c'est comme un oiseau aux ailes brulées... sans patrie... le coeur de la solitude..."). Jason donne aux officiers l'occasion de prendre à bord un homme et son couteau ("un matelot au noir, ça ne se paye pas tout à fait le même prix"): ledit Paradakis ne manque pas de bagout (ni de lettres - décalées), sans être étouffé par les scrupules. Mérite maritime nous montre la patronne du capitaine, lequel a peur de se faire "remercier" par ladite patronne, l'armatrice. Celle-ci lui demande d'embarquer son père, le commandant Maurepas, 82 ans et à toutes extrémités, pour qu'il signe en mer le testament qu'elle lui fournit tout rédigé... (comme dit Jason: "je crois savoir qu'il s'agit d'une forme de pratique thérapeutique destinée à guérir le vieux commandant d'une forme particulière et probablement psychosomatique de gérontisme..."), mais les choses tourneront autrement. Dans Cher payé, Raymond reprend la boxe, alors qu'il avait juré d'arrêter après avoir tué un homme sur un ring... Mais c'est pour la bonne cause (plus ou moins au profit de "boat people"), et Jason tire, une fois de plus, les marrons du feu. 

Un blog (principalement de modélisme!) en avait dit quelques mots en 2011. Cette même année, j'avais moi-même cité la série parmi une quinzaine que j'estimais remarquables. Car ce premier tome n'était que le hors d'œuvre.

 

Dans le deuxième tome (qui, comme le précédent, regroupe des histoires parues dans le magazine (à suivre), nous retrouvons notre fine équipe, pardon, notre équipage, désormais propriétaire de l'Amiral Benbow et navigant à son compte, pour des "affaires de famille". Ca commence avec le père du Second (qu'il a tendance à idéaliser), dans La gloire de mon vieux. Pas évident d'embarquer un cercueil qui doit peser son quintal au nez et à la barbe des douanes et de la police des frontières, même pour Ahmed et Jason. "Les salauds finissent toujours mal, alors que les marins, eux, continuent de veiller sur la mer". Et l'équipage y gagne un "steward" (Roger). Dans Boulevard de la soif, la pin-up en couverture se révèle être une gourgandine magnifique et manipulatrice... et donne l'occasion à un p'tit jeune qui ne fait pas le poids (mais fait du bon café) d'embarquer. La morale de l'histoire est tirée par les marins accoudés à cinq au bastingage: "c'est curieux tout de même... C'est souvent ceux qui veulent partir à toute force qui restent, et ceux qui devraient rester qui finissent par tout quitter". Dans Le repos du marin, l'Amiral Benbow vient en aide au Virgen de Tarifa (alors en avarie et peu manoeuvrant), dont le capitaine Carlos Mankiewicz, vieux loup de mer, connaît bien notre capitaine Vodxdei, qu'il appelle Alberto. Il s'agit d'embarquer avec armes et bagages (une maison entière) un jeune "golden boy" odieux, plein de morgue et de suffisance, qui accomplit une corvée dans l'unique but de toucher l'héritage paternel. En tête-à-tête à Port-Saïd (avant quelques belles images du canal de Suez), les deux capitaines évoquent l'existence d'une pratique, le "shangaïage" (marins embarqués de force et contraints à travailler pour presque rien). Et d'une femme, Denise... ("Elle est comme nous, Denise... Elle a souvent changé de port d'attache... Mais à chaque fois qu'elle s'est installée quelque part, il y a toujours eu un repas chaud et un coin pour dormir, pour n'importe lequel d'entre nous... [qu'on soit officier ou simple matelot]"), que même le pilote du canal connaît. Et le golden boy qui l'insulte va se retrouver à subir un  "dressage" qui m'a rappelé celui accompli pour désintoxiquer un alcoolique dans Le fils du soleil de Jack London (sur le Kittywake). Grâce aux autres, il va réussir à comprendre le sens de "l'esprit d'équipage": "s'il n'y a qu'un seul homme qui souffre, sur un navire, comment vont faire les autres pour se plaindre?!" (p.82). Cette histoire est aussi très belle (à mon avis), une véritable ode chantée au métier de marin (p.83): "on aime la mer, passionnément, et pourtant on en souffre. Cette solitude qui est la nôtre est dure à supporter, et pourtant on ne peut pas s'en passer. On n'a besoin de personne et pourtant il nous faut toujours quelqu'un à aimer... La vie à terre est certainement plus douce, et pourtant on ne pense qu'à repartir... C'est en nous! Comme les océans!... Et on n'y peut rien!...". Jusque-là, chaque "chapitre" s'est conclu par une belle image du bateau sur fond de soleil couchant (il manque juste "i am a poor ship from home..."). 

 

Dans ce dernier opus, Fond de cale, qui forme une seule longue histoire, la première image montrant l'Amiral Benbow arrive seulement dans la 9e planche. Ils sont en escale, Ahmed a disparu, et l'équipage va mettre sac à terre: faute de cargaison à embarquer, le navire est en faillite et doit être vendu à la casse... Au moins, pour les hommes, une occasion d'embarquer sur un autre rafiot se présente (quelques très belles pages où on les voit quitter avec délice leurs boulots d'occasion pour ré-embarquer). On leur a fait une-proposition-qu'ils-ne-peuvent-pas-refuser... Ils vont servir d'équipage sur un rafiot dont le capitaine et le second en titre ont manifestement trouvé leurs diplômes dans une pochette-surprise. À fond de cale avec d'autres malheureux "shangaïés" (embarqués contre leur gré), Ahmed découvre la vie ("imagine! Tu es armateur, tu prends des vieux bateaux, amortis depuis longtemps, tu mets dessus des équipages qui ne coûtent rien... et tu peux proposer des prix de chargement assez bas pour casser le marché en étant plus concurrentiel encore que les Japonais... ça te donne un pouvoir immense! ... Et tu fais fortune!"). Les réflexes professionnels de nos héros reprendront le dessus, avec l'aide d'un avocat très polyvalent, pour permettre au Piencelo dos veces ("Réfléchis à deux fois") d'affronter le typhon que le "capitaine" officiel et les trois forbans qui sont avec lui ont été incapables d'anticiper. En bout de course, leur cher vieux cargo à eux (l'Amiral Benbow) est malgré tout sauvé par un deus ex machina inattendu: "à présent, tu vas naviguer à perte, comme d'habitude, mais cette fois, sans angoisse!". Dans la dernière vignette, ce n'est pas l'Amiral Benbow qui va vers le soleil couchant (p.71), mais le Piencelo dos veces, sur fond de plein jour, qui ramène notre équipage vers le port (hors de vue) où les attend leur propre navire... 

 

Que de mers parcourues et de ports visités dans ces trois albums! Je dirais que ce sont des aventures humaines de fiction, sur un arrière-fond professionnel très réaliste (salle des machines, passerelle, pont, coursives...). Un style de dessin des hommes qui ressemble à du Jean Graton, en plus "brutal", avec un gaufrier moins strict... et des couleurs infiniment plus belles. Les images de bateaux et de mer sont aussi belles qu'attendu. La loi apparaît comme un concept assez lointain.

 

Alain Riondet est mort en 1998 (à 53 ans). Je n'ai jamais réussi à trouver trace de beaucoup d'informations sur Stéphane Dubois. Si vous n'avez pas les albums, vous pouvez en lire quelques extraits sur le site marine marchande.net (un passionné, qui a listé des dessins extraits de diverses bandes dessinées maritimes). 

À fin octobre 2024, des planches originales de Stéphane Dubois de cette série semblent proposées (par qui?!?) sur le site 2dgalleries.com.

22 juillet 2026

Par-dessus bord - Carol Higgins Clark

Dans le cadre de différents challenges, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) présente encore un titre que j'ai acheté davantage sur la foi de sa couverture et d'une phrase de la 4e de couv' que de son autrice (dont je ne savais rien - même si le patronyme "Higgins Clark" me disait vaguement quelque chose). 

Carol Higgins Clark, Par-dessus bord, Albin Michel, Le livre de poche N°7666,
2004, 224 pages
(trad. de l'américain par Anne Villelaur en 1993, EO 1992)

 

La phrase-clé qui a attiré mon attention en 4e de couv': "C'est à bord d'un paquebot de luxe, le Queen Guinevere, que se trouve l'assassin, et tout indique que c'est à lady Exner et à Regan qu'il en veut maintenant".

 

Carol Higgins Clark (1956-2023) était la fille de Marie Higgins Clark (1927-2020), ai-je découvert (dasola le savait déjà, évidemment...). Les deux semblent avoir écrit quelques livres en collaboration entre 2000 et 2008, mais Carol est surtout l'auteure, seule, d'une série dont l'héroïne est Regan Reilly (16 volumes publiés entre 1992 et 2017) et dont les titres sont composés d'un unique participe passé. Par-dessus bord (Decked, "dépontée" [?] ou "parée" [à partir]?) est le premier de la série.

 

Ici, Regan a une bonne petite trentaine d'années et revient au collège Saint-Polycarp d'Oxford pour célébrer les 10 ans de leur promotion avec ses anciennes condisciples. L'une d'elles (la grecque Athena) avait disparu à l'époque. Entretemps, Regan, fille d'une écrivaine de polars (Nora) et d'un entrepreneur de pompes funèbres (Luke), est devenue détective privée... Un de leurs professeurs, le vieux garçon Philip Whitcomb, doit se marier avec une enseignante, Val Tyler, qui selon la rumeur lui courait après depuis deux ans, alors que lui ne se plaît qu'à s'occuper du jardin de sa tante, la fameuse (et richissime propriétaire foncière) Lady Exner, Veronica. En pleine réception chez elle, la découverte du corps (du squelette) d'Athena est annoncée...

 

Un concours de circonstances (camériste indisposée...) va amener Regan à être embauchée pour s'occuper de Veronica (en fait, l'empêcher de boire...) durant une traversée en paquebot de Southampton à New-York (5 jours). Coïncidence, ses parents voyagent dans le même bateau - mais Veronica ne doit pas le savoir... Diverses intrigues s'enchevêtrent agréablement à terre (où un commissaire sagace mêne l'enquête, avec depuis le paquebot le soutien et les suggestions [pistes à explorer...] de Regan) et en mer. Différents personnages plus ou moins hauts en couleur nous sont présentés: gigolo et gigolette cherchant parmi les premières classes telle ou telle personne esseulée dont ils pourraient faire le bonheur durant la traversée,- et plus si affinités, couples plus ou moins appariés... et, donc, un assassin en mission. Nos passagers sont bien traités (réception par le capitaine, casino, discothèque, séance de voyance...). Je ne vous dirai pas ce qu'il en est du passage par-dessus bord!

 

En tout cas, dans ce livre qui date d'il y a plus d'un tiers de siècle, une réflexion attribué à Gavin (le vieil "animateur" invité par la compagnie, gigolo à ses heures et qui cherche à mettre la main sur un collier de prix), contemplant l'immense étendue d'eau léchant les flancs du bateau en sirotant son jus d'orange, m'a frappé (p.83): "Difficile de croire que partout, en ce moment même, des barges étaient probablement en train de déverser des tonnes de déchets dans les profondeurs de l'océan". 

 

J'inscris ce polar maritime américain pour le Book trip en mer (saison 3) chez Fanja, pour le challenge American Year chez Belette2911 ainsi que pour le challenge Polar et thriller chez Sharon. 

 

3 août 2026

Titanic - Michelluzzi

De l'auteur de bandes dessinées italien Attilio Michelluzzi (1930-1990), j'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) cité deux de ses séries parmi les quinze "valant le coup d'oeil" évoquées naguère sur ce blog (Air Mail et Johnny Focus). Alors quand je suis tombé, en bibliothèque, sur un album que je ne connaissais pas mais qui m'a paru dans le thème du Book trip en mer (saison 3) chez Fanja, je l'ai emprunté...

Attilio Michelluzzi, Titanic, Mosquito, 2012 (trad. Michel Janz, EO 1988), 76 pages

 

On sait tous comment la traversée inaugurale de ce bateau se termine. Mais j'avoue que je m'attendais à ce que le navire soit au centre de l'histoire, or il n'est guère que le "décor" de l'intrigue (ou des intrigues). Je dirais que cette bande dessinée a pour principal mérite d'avoir été publiée neuf ans avant que James Cameron fasse le film homonyme avec de tout autres personnages, pas plus historiques que ceux de Michelluzzi. 

Dès la page 2, notre bédéiste nous présente ses héros (d'illustres inconnus!), mais on ne le comprend qu'a posteriori... De gauche à droite en partant du bas: John Hubbard Hall, journaliste (apparaît p.11); Raymond Desvilles, français (p.30); Madeleine Desvilles, son épouse infidèle (p.12); Olivier de la Bretonne, gigolo, à voile et à vapeur (p.10); Mora l'espagnol, anarchiste (alias Dorado Martinez), p.17; Molly, une femme de ménage des premières classes (p.37); George Barton Putman, self-made man dans le placard, candidat à un poste de sénateur (p.6); Viktor Dessinevitch Medel, prince Moussin, grand Boyard (etc.), russe (p.24), rival du dernier de la liste; et enfin, Lord Alfred Brudenell, sixième duc de Westmeath, coureur automobile (p.22). 

 

Ces neuf personnages vont être réunis à l'occasion de cette traversée inaugurale, événement mondain incontournable... Mais avant d'en arriver au naufrage (l'iceberg est rencontré p.55), on a le temps de suivre divers récits enchevêtrés... (entortillés?) dont certains auraient (à mon avis) été plus dispensables que d'autres. Le compte à rebours commence, en gros, le 8 avril 1912 à 11 h 10. 

 

Entre celui qui veut mettre une bombe symbolique contre les riches (anglais), la caricature de Russe qui ne veut pas tant gagner une course automobile pour la Russie qu'empêcher son rival anglais de la gagner, les couples de la haute ou ceux d'en bas, l'efféminé qui n'exclut pas d'ajouter à ses charmes le métier de maître-chanteur, le self-made man qui n'est pas un enfant de coeur... Trois personnages périront par coups de feu avant que le bateau coule, et seuls deux survivront. D'où peut-être les teintes sanglantes de la couverture? 

Ci-dessus, p.56. Ci-dessous, p.74. 

Je ne l'ai pas dit, mais certaines planches montrent les personnages historiques (armateur, capitaine, riches passagers morts dans le naufrage avec plus ou moins de panache...). Aujourd'hui, la liste des victimes du Titanic est accessible en quelques clics (par exemple sur Wikipedia consulté le 25/07/2026 - même si elle y est signalée "non exhaustive"). Si vous voulez en savoir davantage, je vous laisse lire la BD. Il me semble (mais cela n'engage que moi!) que j'aurais davantage apprécié cet album s'il avait fait l'effort de "décalquer" le Titanic vers un autre nom de navire... (le Chrématic, par exemple?). Je ressors de ma lecture avec un avis mitigé et ne m'achèterai probablement pas cet ouvrage, à cause de son scénario. Il plaira sans doute aux vrais "fans" de Michelluzzi (scénario et dessin). Mais je ne conseillerais pas de commencer par cet album pour découvrir son oeuvre. 

7 août 2026

La république des riches - Tignous

Cela faisait longtemps que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'avais plus consacré une chronique à Tignous dans le cadre de mes "hommages du 7". Les vacances sont l'occasion de "labourer" un peu ma PAL. Voici donc quelques mots sur un recueil de dessins que j'avais acquis il y a déjà deux ans...

Tignous, La République des riches, éditions Robinson, 2019, 96 pages

 

Ce recueil, posthume, a été publié sous l'égide de Chloé Verlhac, veuve de Tignous. Dans une interview au Berry républicain (elle a des attaches familiales dans le Cher), elle regrettait que Tignous n'ait pas connu le temps de Macron Président, qu'il aurait sans doute adoré croquer. Après lecture, je trouve que bon nombre des dessins du dessinateur assassiné en janvier 2015 apparaissent comme une bonne anticipation du dessein mis en oeuvre durant ces deux quinquennats successifs, qui s'achèveront dans moins d'un an désormais. En fait, davantage que de prémonition, je pense qu'on peut créditer Tignous d'une solide conscience politique. Les dessins sélectionnés dataient pourtant déjà d'entre 6 à 8 ans au moment de la parution de l'ouvrage (et avaient donc été dessinés entre 2011 et 2013?)... Avec ceux de couverture et de 4e de couv', j'en ai compté 106 (sauf erreur de ma part), quelques-uns étant présentés en double page, d'autres avec jusqu'à deux voire trois dessins par page. Il y a de la couleur comme du noir et blanc. Ces derniers sont en général présentés sur une page avec un fond de couleur (à deux exceptions près - parce que complétant une page avec des dessins en couleurs). Je vous épargne les statistiques complètes...

 

Il n'y a pas de numéro de page ni de table des matières des dessins dans ce recueil, mais au moins la dizaine de dessins que je cite ci-dessous (photos de ceux m'ayant particulièrement "parlé") sont dans l'ordre de publication... Je vais me permettre d'interpoler mes gloses sous chaque dessin. 

Tout dépend de la conception du "gâteau": ce que l'on "donne" aux uns est-il "pris" aux autres? Est-on "lésé" si l'on ne bénéficie pas d'avantages dont d'autres disposent? Dans la République... française, que doit-il en être de la "redistribution" (avec les leviers fiscaux et sociaux)? Le monsieur, je trouve, a une belle tête de libéral à l'anglo-saxonne ("Ce qui est à moi est à moi. Ce qui n'est pas à moi est négociable")...

Giacometti, oui... Il existe plus filiforme encore, comme référence artistique (personnages en fil de fer?). Et pour les riches, je suppose que la référence serait Botero? 

Un exemple de "vieille paperasse jetée au panier" (de facto voire de jure!) me vient à l'esprit. Je ne sais pas si la "fusion" des conventions collectives de nombre de "branches" avec des branches de rattachement présentant des conditions sociales et économiques analogue peut être considéré (ou non) comme de la "destruction" du Code du travail. Le fait est que cette "réorganisation" est plutôt invisibilisée sauf erreur de ma part. Et il me semble que le nombre de salariés couverts par une convention collective dont le tarif minimum prévu est inférieur au SMIC augmente. Il y aurait sûrement d'autres "illustrations" à trouver!

Une usine qui ferme, ici, en France...? Parce qu'elle va réouvrir ailleurs, soit pour exploiter d'autres "travailleurs" moins protégés par leur législation, soit pour payer moins d'impôts professionnels, soir les deux (le rêve!). Et, à un moment, les "actionnaires" ne sont même plus des êtres humains prenant des décisions "en leur âme et conscience" sous les projecteurs d'un soupçon de règles éthiques (rêvons un peu!), mais des sociétés contrôlées elles-mêmes par d'autres sociétés dont la seule activité est de gérer des investissements sous le seul angle de la profitabilité exclusivement financière à court terme (en attendant que les décisions à prendre soient impulsées exclusivement par des intelligences artificielles).

Et moi, avec mes huit bacs (pour le moment), à quelles clopinettes pourrais-je prétendre? Je vais faire du "hors-sujet" puisque le personnage est ici un salarié. Cette année, je trouve que les banques ont été plus discrètes que d'habitude sur la communication de leurs éventuelles primes offertes aux bacheliers "avec mention"... qui auraient la bonne idée d'ouvrir un compte bancaire! Offres réservées aux 18-24 ans, offres réservées aux 10 000 premiers souscripteurs, offres pour comptes ouverts entre telle et telle dates, "offres" purement tarifaires qui concernent tous les jeunes et pas uniquement ceux titulaires du Bac...

Vérification faite, il semble que ce soit la réforme de 2010 qui avait augmenté l'âge minimum de 65 à 67 ans... Et, effectivement, je suppose qu'on se dirigera à petits pas vers les 70 ans, en "communiquant à son de trompe sur les autres pays où cette "durée" augmente (encore) plus vite que chez nous. Et en gardant "sous le boisseau", autant que possible, dans ces éléments de communication, le fait que cet âge ne cible pas vraiment celui jusqu'auquel on "devra" occuper un emploi (que les employeurs "devront" proposer aux salariés!)... mais bien celui auquel on pourra "prétendre" à une retraite à taux plein! Si l'on est au chômage 10 ans avant l'âge, hé bien... Bienvenue dans la "trappe à pauvreté". 

Cela me fait songer à ce milliardaire français qui assume sans état d'âme, dans des interviews, de bénéficier d'exonérations fiscales lorsqu'il subventionne des causes chères à son coeur (associations, fondations, festivals...). Ah, vous ne savez pas duquel je parle, parce qu'il y en a trop dans ce cas?

Poches vides et "sourire doré sur tranche"... dans le dos du fisc reparti bredouille, n'ayant pas regardé au bon endroit pour "suivre l'argent". Excellent! Dans son râtelier, il doit lui aussi avoir un bon conseiller fiscal, le gros monsieur!

Toujours cette notion de "part de gâteau fini" à s'approprier. ... Et encore, quand Tignous dessinait, il était moins question qu'aujourd'hui de "l'intelligence artificielle" et de la "destruction d'emplois" que son utilisation à outrance risque de générer à très court terme. 

Ce dessin frappe comme un coup de poing dans la gueule, en éclairant les divergences de point de vue entre celui qui est "victime" et celui qui ne l'est pas (déni)...

Bah oui, les "radins" sont riches, en général, puisqu'ils choisissent de refuser de payer les dépenses autres que celles indispensables à leur propre survie... (tandis que les "pauvres" ont déjà du mal à assumer celles-ci pour le strict minimum vital...).

 

Je trouve qu'il manque dans cet album au moins un dessin évoquant une certaine thématique (je ne sais même pas s'il existe, hein!). Depuis désormais le 1er janvier 2016 mais suite à une loi votée le 14 juin 2013, les entreprises doivent proposer une "complémentaire santé" collective à leurs salariés (ceci découlant d'un "Accord National Interprofessionnel" [ANI] négocié antérieurement), tandis que chaque salarié est tenu d'y adhérer, sauf à prouver qu'il est déjà couvert par ailleurs. Je n'ai rien trouvé sur le site internet de Charlie Hebdo (article ou dessin) concernant ce thème - mais j'ai peut-être mal cherché (1)? 

 

Mais bon, à la réflexion, s'agit-il vraiment d'une avancée au profit des "pauvres [travailleurs]"? Peut-être que de savants calculs avaient démontré qu'il en coûterait moins cher aux entreprises de consacrer quelques dizaines d'euros par mois à "aider" les salariés à bien "se couvrir" que de subir de l'absentéisme pour raisons médicales (aggravées parce que non soignées)? Autre hypothèse "gratuite" de ma part, peut-être que mettre le choix de la couverture collective "à la main" de l'entreprise va enfin permettre à la logique capitaliste de "tuer" le monde mutualiste en privilégiant les sociétés d'assurance maladie privées...? Bref. 

 

Titulaire des droits de l'oeuvre de Tignous (20 000 dessins, tant déjà publiés qu'inédits), Chloé Verlhac souhaite continuer à mettre en valeur ce patrimoine (expositions, albums). 

Je me demande si, pour ces 20 000 dessins, un "travail" de classement et de référencement a pu être effectué (ou est en cours): au-delà de la numérisation sur de "fragiles" archives numériques (illisibles dans quelques décennies si la technologie en devenait obsolète?), juste le fait de marquer au dos, au crayon à papier (qui reste lisible des siècles après!), chaque information disponible (date de création, date de publication et via quel "canal" [presse, recueil, autre], prix touché éventuellement [facture émise, règlement reçu...])?
Ceci pour faciliter le travail savant des chercheurs, dans quelques décennies, lorsque tous les "témoins contemporains" auront disparu, pour des études sur "Tignous témoin de son temps" comme il en existe aujourd'hui de nombreuses, rédigées au XXe siècle, concernant Daumier (1808-1879)...

 

PS: à la relecture de l'album, je m'aperçois que certains dessins repris dans La république des riches étaient déjà parus dans Le fric c'est capital (publié du vivnt de Tignous)... parce qu'ils faisaient partie des citations de mon billet du 7 juin 2017 concernant cet album!

 

(1) Je me permets un brutal "copier-coller" de ce que m'a spontanément répondu G**gl* à la question "dessin complémentaire santé Tignous" (alors que je n'étais pas passé par une demande via IA): "Aucun dessin spécifique ou campagne officielle de Tignous n'est directement répertorié ou associé de manière notoire à une « complémentaire santé » ou une mutuelle. Le caricaturiste de Charlie Hebdo a croqué la société, la politique, la médecine et les dépenses de santé de manière générale, mais pas sous la forme d'un travail publicitaire ou d'une collaboration ciblée pour une complémentaire santé. Pourriez-vous préciser où vous avez vu ce dessin ou le message exact qu'il contenait afin que je puisse mieux identifier la source ou l'ouvrage recherché ?"

 

*** Je suis Charlie ***

29 août 2026

Waterworld - Kevin Reynolds (film) / Max Allan Collins (novellisation)

Les Québécois, toujours plus attachés à la place du français face à l'anglais que nous autres Français de France, ont traduit Waterworld par Un monde sans terre lorsque le film portant ce titre est sorti en 1995. Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais (peut-être) vous faire découvrir que, outre le film, une novellisation (sans doute moins connue) en avait été tirée à l'époque. 

Kevin Reynolds, Waterworld, 1995, 136 minutes
Novellisation: Max Allan Collins (d'après le scénario de Peter Rader et David Twohy [page de couverture] / d'après un scénario de Marc Norman, sur une idée de Peter Rader [page de titre]),
Pocket N°4443, 1995, 253 pages (traduit par Anita Potier)

 

Commençons par le livre. Je suppose que les divergences de crédit ci-dessus portent sur le fait que les uns concernent spécifiquement le film et les autres sa novellisation... La surface de notre planète Terre, dans un avenir indéterminé, n'est plus qu'un océan salé. Dès le début du livre, deux pages de "prologue" à la première personne rappellent un peu le traitement de Mad Max 2 Le défi (évoquant un personnage devenu un mythe). Les quatre pages du chapitre I nous présentent celui-ci et son embarcation, un trimaran de quarante pieds fait de bric et de broc (aluminium, plastique, fibre de verre...) à bord duquel, manifestement, il passe toute sa vie. Son environnement? D'autres "navigateurs solitaires", des "communautés" à l'ancre sur des points plus ou moins fixes (les deux qu'on voit successivement sont une sorte d'atoll comportant des dizaines de membres [couverture / affiche!], ou une "plateforme" plus restreinte), et des méchants pillards qui traquent une fillette. Celle-ci porterait un tatouage permettant d'atteindre un lieu mythique: la terre ferme, "Dryland". Naturellement, la route du Marin va croiser celle de la fillette (et de sa mère adoptive).

 

On remarque assez vite que cette version écrite est parfois édulcorée. Ainsi, la scène muette où le Marin envoie un dernier signe au "pilleur de citron", dont il vient d'endommager le navire, avant qu'on entende un cri d'agonie, devient: "se retournant pour regarder le capitaine déconfit, dont le voilier commençait à sombrer, sa grand-voile claquant inutilement sur le pont, le Marin lui décocha un regard noir tout en pointant sur lui un doigt vengeur. (...) Tu n'aurais pas dû me voler les citrons, dit le Marin à voix haute". 

On a par contre l'avantage que le livre, d'autres fois, apporte davantage de précision narrative. Dans la "novellisation", le personnage costaud (au final plutôt sympathique) qui s'oppose au lynchage sans jugement du Marin est expressément qualifié comme "L'Exécuteur" (!) de la communauté (atoll artificiel) où il assure le rôle de chef des "forces de l'ordre" (milice, pour la police intérieure ou la défense extérieure...). 

Le livre insiste aussi sur le fait que les "communautés" flottantes étaient jadis bien plus nombreuses et que leur univers est plutôt en extinction. Le chapitre VII nous donne un certain nombre d'informations sur "l'ingénieur" de l'atoll. Mais malgré tout son savoir, lui aussi cherche Dryland, et il laisse le Marin en fâcheuse posture...

 

Ses principaux antagonistes sont puissants (et motorisés de surcroit). Je ne vais pas tout vous dire des nombreuses péripéties. Au trentième chapitre (p.244), quelques personnes arriveront à rejoindre, par les airs, la terre ferme. Les origines du mythe, peut-être un endroit où reprendre racine pour une poignée de rescapés? Mais cette vie (polyculture-élevage?) ne conviendra peut-être pas à tout le monde, notamment à qui s’est adapté à la vie aquatique en tirant profit de ce que dissimulent les profondeurs…

 

J'inscris ce livre pour le Book trip en mer (saison 3) de Fanja. Je pense que cette uchronie concernant quelques survivants sur une Terre submergée peut compter comme "planet opéra" pour le [XVIIe] Summer Star Wars Grogu chez Lhisbei.

Je précise que j'en ai aussi publié une (courte) présentation dans le cadre du système de prêt de livres de l'AMAP dont je fais partie...

   

Pour cette double chronique, j'ai revu pour la (troisième - ou quatrième fois?) ce "film à grand spectacle" (sur petit écran, ça reste impressionnant). Je me souviens que j'ai toujours trouvé génial, dès les premières secondes, comment le logo "Universal" bien connu pour sa course autour de notre planète terre, laisse place à une planète submergée. Mais je me souviens aussi avoir regretté, à une époque où le grand public n'avait pas vraiment la conscience aiguisée sur les impacts à venir du réchauffement climatique (élévation du niveau des océans et submersion de certaines terres à basse élévation...), qu'il ne nous soit pas montré d'autres sources possibles de cette eau: "bombardement" par des nuées de comètes (une des hypothèses possibles sur l'apparition de l'eau sur terre) ou des "chondrites", éruptions volcaniques générant d'une manière ou d'une autre de la vapeur d'eau (à partir de celle piégée dans le Manteau ou encore plus bas...).

 

En tout cas, bien évidemment, le livre ne peut pas restituer la magie de certains instants à l'écran. Mais ce ne sont pas forcément les scènes - spectaculaires - de combat qui m'ont le plus marqué. Plutôt les (nombreuses) touches d'humour noir. Je pense par exemple au "mitrailleur fou", aveugle et sourd au reste du monde dans le fracas de ses mitrailleuses 12,7 (calibre ".50", pour les Anglo-saxons) quadruplées, même si ses cibles changent sournoisement... Ou l'enthousiasme manipulé des centaines de galériens du pétrolier Valdez (quand celui-ci se met en marche, c'est pour moi, à chaque fois, un moment "wahou!"), regonflés à bloc "pour un mois au moins!".

 

Dans le film, il y a rarement des explications verbeuses, nous avons plutôt des faits et des dires bruts et brutaux. Ainsi, la longue scène sans paroles où nous voyons un trimaran immobile et d'aspect inoffensif se transformer, à l'aide d'une brise opportune mais surtout d'aménagement suffisamment astucieux pour être manoeuvrés par un seul homme (contrepoids, poulies, leviers...), en une "bête de concours" toutes voiles dehors. Après, chaque arme a son utilité, et il n'est pas toujours opportun d'envoyer un harpon attaché par un filin incassable sur une cible trop puissante... [occasion de citer un tout autre film: "on la puissance de feu d'un croiseur et des flingues de concours" - si ma mémoire est bonne... (1)]. 

 

Si j'ai bien compris, à sa sortie, le film a déçu au Box-office américain (il est fort loin d'avoir rapporté le triple de son budget de 175 millions de dollars - ce qui semble la norme pour qu'Hollywood parle de "succès"?). Le cinéaste n'avait sans doute pas suffisamment pris en compte les avertissements de Steven Spielberg qui se rappelait les déboires entraînés par le tournage des séquences en pleine mer pour Les dents de la mer... 

 

(1) Vous aviez reconnu Les tontons flingueurs...

12 juin 2025

Challenge Les épais de l'été 2025 (3e édition) du 21 juin au 22 septembre 2025

== Challenge clos le 22 septembre 2025 à minuit ==

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) lance officiellement l'annonce, avec ce billet, de la troisième édition du challenge "Les Epais de l'été" 2025: lire et chroniquer un ou plusieurs livres, avec comme condition qu'il existe pour chacun au moins une édition comptant un minimum de 700 pages (contre 650 pages en 2024 et 600 pages en 2023).

[Challenge Les épais de l'été 2025, organisé chez dasola par ta d loi du cine]
(Logo composé avec l'aide de l'IA - mais toujours par mon collègue, merci!)

 

Celles et ceux qui ont participé à l'une et/ou l'autre des deux premières éditions des Epais de l'été connaissent les règles. Je vais les rappeler ci-après.

* Votre billet doit paraître entre le 21 juin et le 22 septembre 2025 et annoncer le nombre de pages revendiquées.

* Ce nombre égal ou supérieur à 700 pages peut concerner une autre édition que celle que vous avez eue entre les mains (y compris édition en gros caractères). Si celle-ci est trop mince, il ne vous restera plus qu'à dénicher sur internet l'existence de l'édition en javanais ou autre dialecte improbable... qui comptera plus de 700 pages, selon un site internet de référence.

* Les oeuvres en langue originale sont acceptées (que vous l'ayez lue en traduction ou en VO). 

* Si vous lisez sur "liseuse" voire écoutez en audio livre, nous nous fierons, pour le nombre de pages en édition "papier", à ce qu'indiquent les sites internet "fn*c" ou "am*z*n"...

* À part le nombre de pages, le challenge ne comporte aucune contrainte ni suggestion, ni aucun thème imposé (il peut s'agit d'un ou plusieurs romans, d'une biographie, d'un essai... etc.).

* Il est tout à fait possible, autorisé, voire même conseillé, de faire participer un même billet à plusieurs challenges. Voir colonne de droite pour une liste non exhaustive. Voir aussi Sandrine (qui liste challenges et lectures communes proposées). 

 

* Bien entendu, tout livre s'inscrivant ici est invité à s'inscrire aussi au challenge Les Pavés de l'été chez Sibylline (La petite liste), qui accepte cette année encore les participations à partir de 500 pages (et sans limite supérieure bien sûr). Et vous pouvez lui réserver vos lectures qui, tout en dépassant les 500 pages, n'atteignent pas [même en ayant fait des recherches sur toutes les éditions du monde (1)] les 700. 

 

* Les inscriptions sont acceptées dès aujourd'hui, mais les premiers billets devront paraître à partir du 21 juin pour être comptabilisables. 

* Les parutions de billets seront à mentionner par commentaire sous ce billet-ci. 

* Bien entendu (bis!), n'hésitez pas à aller lire et même commenter les billets des autres participant(e)s! 

* Les chroniques postées uniquement sur les plateformes monopolistiques que sont b*b*lio, livr*ddict et autres b**knode ne sont pas acceptées. Pourquoi ne pas aller "squatter" pour publier votre billet chez l'un ou l'autre blogueur-euse de votre connaissance (cela arrive à des gens très bien...)? Ça peut aussi permettre de se motiver pour des lectures communes, pourquoi pas?

* Je n'utilise pas (ni ne prends donc en compte) Inst*gr*m ni f*c*b**k.

PS: pour répondre à la question de Manou ci-dessous (possibilité d'un billet sur plusieurs romans?), je vais prendre un exemple: en 2024 a été pris en compte un billet qui parlait des cinq premiers titres des Rougon-Macquart... mais uniquement parce qu'ils sont rassemblés dans un unique volume de La Pléiade. Telle est la contrainte: qu'il en existe une édition "papier" sous forme de volume unique.

(1) J'avais d'abord écrit "rien à faire!", ce qui avait amené le commentaire de Sibylline du 14/06/2025 ci-dessous. 

 

Rappel des bilans précédents:

En 2024: 75 "épais" (d'au moins 650 pages) pour 62 012 pages, par 32 participant(e)s, avec 65 livres différents, par 62 auteurs ou co-auteurs.

En 2023: 106 "épais" (d'au moins 600 pages) pour 79 164 pages, par 34 participant(e)s, avec 92 livres différents, par 77 auteurs ou co-auteurs. 

Et en 2025? On verra bien!

== [Billet de bilan des Epais 2025 publié le 23 septembre 2025] ==

 

Pour mémoire, Brize avait assuré onze éditions de son challenge Le pavé de l'été (2012-2022), ne souhaitait pas le poursuivre en 2023, mais en avait accepté la reprise par d'autres blogueurs... Merci à elle!

 

Nota: autant anticiper l'hypothèse où l'on aurait cet été maille à partir avec le fonctionnement estival de la plateforme canalblog (facteur non maîtrisable): si vous n'arrivez vraiment pas à déposer un commentaire ici, vous pourrez l'envoyer par mail à :


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Inscriptions [30 (datées) souvent déjà dans la blogroll], objectifs annoncés à venir (3 livres au moins pour 2100 pages, par 3 participant(e)s) & participations publiées (avec nombre si plus d'un billet) [72 "épais" (dans 71 billets) pour 67 094 pages, par 30 participant(e)s, avec 64 livres différents, par 60 auteurs ou co-auteurs (avec date de publication du billet)]: 

 

* Aifelle (28/07/2025) : Philip Kerr - La trilogie berlinoise (L'Eté de cristal / La Pâle Figure / Un requiem allemand) [08/09/2025 - 1024 pages] 

 

* Alex mot-à-mots (12/06/2025) : Benjamin Dierstein - Bleus, blancs, rouges [07/07/2025 - 800 pages] 

 

* Aliénor (21/06/2025), 3 livres : Nicolas de Staël - Lettres 1926-1955 [14/07/2025 - 740 pages] / Jean-Marie Blas de Roblès - Là où les tigres sont chez eux [13/08/2025 - 784 pages] / Laurent Mauvignier - La maison vide [20/09/2025 - 752 pages]

 

* Anne-yes (16/07/2025), 2 livres : Upton Sinclair - Pétrole! [26/07/2025 - 992 pages] / Chris Kraus - La fabrique des salauds [12/08/2025 - 1104 pages] 

 

* Athalie (17/09/2025), 2 livres : George Eliot - Middlemarch [17/09/2025 - 1152 pages, 30 h en audiolivre] / Philippe Sands - Retour à Lemberg [20/09/2025 - 768 pages]

 

* Audrey (23/06/2025) : James Rollins - La prophétie (La chute de la Lune, tome 1) [19/09/2025 - 944 pages] / Stephen King - 22/11/63 [934 pages]

 

* Bastien [chez Enna] (06/08/2025) : Ken Follett - Les piliers de la terre (tome 1) [18/08/2025 - 1056 pages]

 

* Belette2911 (14/06/2025), 13 livres : J.R.R. Tolkien - Le retour du Roi (le seigneur des anneaux, tome 3) [29/06/2025 - 766 pages] / Rebecca Yarros - Iron Flame (The Empyrean, tome 2) [08/07/2025 - 718 pages] / Chris Whitaker - Toutes les nuances de la nuit [14/07/2025 - 810 pages] / Jay Kristoff - Les Grands Jeux (Nevernight, tome 2) [26/07/2025 - 800 pages] / Joe Abercrombie - Servir froid (Terres de sang, tome 1) [27/07/2025 - 796 pages] / Scott Lynch - Des Horizons rouge sang (Les Salauds Gentilshommes, tome 2) [03/08/2025 - 912 pages] / Deon Meyer - L'année du lion [07/08/2025 - 720 pages] / Stephen King & Peter Straub - Talisman (Le talisman des territoires, tome 1) [11/08/2025 - 1147 pages] / Luca di Fulvio - Les enfants de Venise [13/08/2025 - 988 pages] / Borden Deal - Quand le fleuve gronde [14/08/2025 - 720 pages] / Stephen King - Rêves et cauchemars [17/08/2025 - 960 pages] / Scott Lynch - La République des voleurs (Les Salauds Gentilshommes, tome 3) [21/08/2025 - 936 pages] / Henri Loevenbruck - Gallica - Le cycle des loups (Intégrale) [04/09/2025 - 960 pages] / autres livres

 

* ClaudiaLucia (11/09/2025) : Martine Carteron - Les autodafeurs [10/09/2025 - 1016 pages]

 

* Dasola (12/06/2025) : Chris Whitaker - Toutes les nuances de la nuit [01/07/2025 - 810 pages]

 

* Enna (14/06/2025), 4 livres : Ken Follett - Un monde sans fin (les piliers de la terre, tome 2) [22/08/2025 - 1344 pages (audiolivre de 47h51)] / Robert Galbraith [J.K. Rowling] - The Running Grave (Cormoran Strike, tome 7 [non traduit à ce jour]) [30/08/2025 - 1180 pages] / Barbara Kingsolver - On m'appelle Demon Copperhead [14/092025 - 864 pages] / Pat Conroy - Le prince des marées [16/08/2025 - 1088 pages, audio livre de 28h] / Hanya Yanagihara - A little life (Une vie comme les autres), 720 pages

 

* Fanja (03/09/2025) : Yu Hua - Brothers [03/09/2025 - 1024 pages (lu en version numérique anglaise)] 

 

* Ingannmic (13/06/2025), 4 livres : Marcus Malte - Qui se souviendra de Phily-Jo? [26/07/2025 - 711 pages] / Mircea Cărtărescu - Solénoïde [03/08/2025 - 976 pages] / DOA [Hervé Albertazzi] - Primo (Pukhtu, tome 1) [31/08/2025 - 800 pages] / DOA - Secundo (Pukhtu, tome 2) [03/09/2025 - 800 pages]

 

* Je lis je blogue [Alexandra] (22/06/2025), 7 livres en 6 billets : Alexandre Dumas - Les trois mousquetaires [17/07/2025 - 832 pages] / Jules Verne - L'île mystérieuse [28/07/2025 - 826 pages] / Jean M. Auel - Les enfants de la terre volume 1 (tomes 1 à 3) [04/08/2025 - 1472 pages] / Ken Follett - Les piliers de la terre (Kingsbridge, tome 2) [06/08/2025 -  1056 pages] / Eiji Yoshikawa - Musashi (en deux tomes: La pierre et le sabre / La parfaite lumière) [08/08/2025 - 856 pages / 704 pages] / Bart Van Loo - Les Téméraires (Quand la Bourgogne défiait l'Europe) [21/08/2025 - 928 pages] 

 

* Jenevelle Laclos (24/06/2025) : J.R.R. Tolkien - Le seigneur des anneaux [26/08/2025 - 1600 pages (ebook)] 

 

* Keisha (30/07/2025), 4 livres en 2 billets : Ed McBain - 87e district (tome 4) [29/07/2025 - 892 pages] / Lucinda Riley - Les Sept Soeurs (The Seven Sisters): La soeur de la tempête (tome 2) / La soeur du soleil (tome 6) / La soeur disparue (tome 8) [28/08/2025 - 768, 960 & 928 pages] 

 

* La petite souris (20/08/2025) : Chris Whitaker - Toutes les nuances de la nuit [28/06/2025 - 810 pages]

 

* Le bouquineur (08/09/2025) : Philip Roth - Laisser courir [08/09/2025 - 900 pages]

 

* Madame lit (03/08/2025) : Mary Margaret Kaye - Pavillons lointains [25/07/2025 - 1051 pages] 

 

* Manou (12/06/2025) : Jean-Claude Izzo - La trilogie Fabio Montale (Total Khéops / Chourmo / Solea) [15, 17 & 19/09/2025 - 816 pages]

 

* Mapero (01/07/2025), 3 livres : Pascal Blanchard et Nicolas Bancel - François Mitterrand, le dernier empereur [30/06/2025 - 926 pages] / Ludmila Oulitskaïa - Fragments d’un tout (Œuvres choisies) [25/07/2025 - 1019 pages] / Iouri Tynianov - La mort du Vazir-Moukhtar [08/09/2025 - 720 pages] 

 

* Miriam (18/08/2025), 2 livres : Barbara Kingsolver - On m'appelle Demon Copperhead [18/08/2025 - 864 pages] / Charles Dickens - David Copperfield [25/08/2025 - 1024 pages (audiolivre)] 

 

* Mjo (15/07/2025) : Chris Whitaker - Toutes les nuances de la nuit [10/07/2025 - 810 pages]

 

* Nanou (05/07/2025) : Kathleen Winsor - D'Or et d'Argent [31/07/2025 - 806 pages]

 

* Patrice (29/06/2025) : Péter Nadas - Ce qui luit dans les ténèbres [17/09/2025 - 1178 pages]

 

* Sacha (12/06/2025) : Chris Kraus - La fabrique des salauds [04/07/2025 - 1104 pages] 

 

* Sandrion (26/08/2025) : Nathan Hill - Les fantômes du vieux pays [26/08/2925 - 960 pages]

 

* Sibylline (27/07/2025) : John Irving - Les fantômes de l'hôtel Jérôme [27/07/2025 - 992 pages] 

 

* Sunalee (14/06/2025), 4 livres : Francis D.K. Ching, Mark M. Jarzombek, Vikramaditya Prakash - A Global History of Architecture [22/06/2025 - 864 pages] / Nino Haratischwili - La lumière vacillante [23/07/2025 - 720 pages] / Bill Brewster & Frank Broughton - Last Night a DJ Saved My Life (The History of the Disc Jockey) [31/07/2025 - 848 pages] / Joe Boyd - And the Roots of Rhythm Remain. A Journey through Global Music [11/09/2025 - 944 pages] 

 

* Ta d loi du cine (12/06/2025), 6 livres : J.-H. Rosny Aîné - Romans préhistoriques [27/06/2025 - 720 pages] / Ken Follett - Les piliers de la terre (Kingsbridge, tome 2) [23/07/2025 - 1056 pages] / Roger Frison-Roche - Le versant du soleil [24/08/2025 - 816 pages ] / Ken Follett - Un monde sans fin (Kingsbridge, tome 3) [11/092025 - 1344 pages] / J. K. Rowling - Harry Potter et les reliques de la mort (Harry Potter, tome 7) [19/09/2025 - 896 pages] / Ken Follett - Les armes de la lumière (Kingsbridge, tome 5) [22/09/2025 - 1120 pages] / Robert Louis Stevenson - L'appel de la route...

9 septembre 2026

Plongée de nuit - Godefroy Hofer

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente aujourd'hui un polar maritime déniché (dans une bibliothèque de hall d'immeuble), lu et chroniqué en à peine plus de 36 heures. Plongée de nuit fait partie de la longue liste des ouvrages lauréats du Prix du Quai des Orfèvres, obtenu en ce qui le concerne pour l'année 1989. Ce prix, qui existe depuis 1946, va être décerné pour 2027 d'ici quelques semaines. 

Godefroy Hofer, Plongée de nuit, Fayard, 1988, 209 pages

 

Page 9, le texte du premier chapitre du roman commence à nous présenter les équipiers d'une "palanquée" de plongeurs nocturnes ("ciel étoilé") à proximité de l'île bretonne d'Ouessant (Finistère) et la raison de leur présence et leur soutien en surface. Dès la page 18, quatre personnes sont mortes, sans vraiment comprendre ce qui se passait. Toute la question, justement, sera de trouver comment, par qui et pourquoi ce massacre. 

 

Le lendemain, un premier corps est trouvé dans l'Océan par un vieux pêcheur, et l'alerte est donnée au Continent grâce au gardien du phare de la Jument (pas encore automatisé à l'époque - il ne l'a été qu'en 1991). Repêchage de trois autres corps grâce à un hélicoptère d'intervention qui les a repérés depuis les airs, collecte d'informations par un policier local... Tout le processus nous est raconté à la troisième personne. L'enquête va devoir se faire sur l'Ile d'Ouessant, et il faudra faire appel à la Police judiciaire parisienne afin qu'elle envoie un inspecteur qui ne soit pas connu des Îliens, pour une "enquête sous couverture". 

 

L'arrivée sur l'île du jeune Gilbert, sa collaboration avec la police locale, ses moyens de communications, ses déplacements et prises de contact, tout nous est raconté sans temps mort. Par contre la mort de deux témoins entraînant la mise sous protection d'un autre coule de manière très fluide. Je ne vous dis pas tout bien entendu.

 

J'ai apprécié ce court roman policier. On y trouve des scènes de bar, un peu de sexe, de la tempête, des bateaux, des épaves... et du contexte local (îlien, breton, "quai-des-Orfèvr-ien"). La confusion entre plongeur et plongeur alors que les catégorisations informatiques étaient encore balbutiantes dans un fichier policier m'a bien entendu fait sourire. 

Selon l'article 2 de son Règlement, le jury du Prix du quai des Orfèvres "[tient] compte, entre autres considérations, des qualités littéraires, de l'exactitude matérielle des détails et du respect apporté par l'auteur dans la description des modalités de fonctionnement de la police et de la justice françaises". 

 

J'inscris ce livre que l'on ne trouve plus que d'occasion pour le Book trip en mer (saison 3) chez Fanja et pour le challenge Polar et thriller chez Sharon.

Godefroy A. Hofer, né en 1942, a semble-t-il écrit quelques autres romans, tant avant qu'après celui-ci. 

10 juin 2026

Challenge Les épais de l'été 2026 (4e édition) du 21 juin au 22 septembre 2026

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) lance officiellement l'annonce, avec ce billet, de la quatrième édition du challenge "Les Epais de l'été": pour 2026, il faut lire et chroniquer un ou plusieurs livres, avec comme condition qu'il existe pour chacun au moins une édition comptant un minimum de 750 pages (contre 700 pages en 2025, 650 pages en 2024 et 600 pages en 2023). 

[Challenge Les épais de l'été 2026, organisé chez dasola par ta d loi du cine]
(Logo composé avec l'aide de l'IA - mais toujours par mon collègue, merci!)

 

Je rappelle les règles - que connaissent déjà celles et ceux qui ont participé à l'une et/ou l'autre des trois premières éditions des Epais de l'été.

* Votre billet doit paraître entre le 21 juin et le 22 septembre 2026 et annoncer le nombre de pages revendiquées.

* Ce nombre égal ou supérieur à 750 pages peut concerner une autre édition que celle que vous avez eue entre les mains (y compris édition en gros caractères). Si celle-ci est trop mince, il ne vous restera plus qu'à dénicher sur internet l'existence de l'édition en javanais ou autre dialecte improbable... qui comptera plus de 750 pages, selon un site internet de référence. 

* Le volume peut rassembler plusieurs oeuvres (p. ex., un volume de la Pléiade est bienvenu!).

* Les oeuvres en langue originale sont acceptées (que vous l'ayez lue en traduction ou en VO). 

* Si vous lisez sur "liseuse" voire écoutez en audio livre, nous nous fierons, pour le nombre de pages en édition "papier", à ce qu'indiquent les sites internet "fn*c" ou "am*z*n"...

* À part le nombre de pages, le challenge ne comporte aucune contrainte ni suggestion, ni aucun thème imposé (il peut s'agit d'un ou plusieurs romans, d'une biographie, d'un essai... etc.).

* Il est tout à fait possible, autorisé, voire même conseillé, de faire participer un même billet à plusieurs challenges. Voir colonne de droite pour une liste non exhaustive. Voir aussi Sandrine (qui liste les lectures communes proposées). 

 

* Bien entendu, tout livre s'inscrivant ici est invité à s'inscrire aussi au challenge Les Pavés de l'été chez Sibylline (La petite liste), qui accepte cette année encore les participations à partir de 500 pages (et sans limite supérieure bien sûr). Et vous pouvez lui réserver vos lectures qui, tout en dépassant les 500 pages, n'atteignent pas [même en ayant fait des recherches sur toutes les éditions du monde] les 750. 

 

= Cette année, j'aurais bien aimé proposer aussi un "partenariat" (participations croisées...) à un blogueur que j'avais repéré sur la Toile naguère et dont je sais que, depuis au moins 10 ans, il anime un "challenge illimité" qui répertorie les billets sur des livres de plus de 1000 pages. Malheureusement, je n'arrive pas à retrouver son blog! Si cela vous dit quelque chose, je suis preneur de toute information à son sujet. =

 

* Les inscriptions sont acceptées dès aujourd'hui, mais les premiers billets devront paraître à partir du 21 juin pour être comptabilisables. 

* Les parutions de billets seront à mentionner par commentaire sous ce billet-ci. 

* Bien entendu (bis!), n'hésitez pas à aller lire et même commenter les billets des autres participant(e)s! 

* Les chroniques postées uniquement sur les plateformes monopolistiques que sont b*b*lio, livr*ddict et autres b**knode ne sont pas acceptées. Pourquoi ne pas aller "squatter" pour publier votre billet chez l'un ou l'autre blogueur-euse de votre connaissance (cela arrive à des gens très bien...)? Ça peut aussi permettre de se motiver pour des lectures communes, pourquoi pas?

* Je n'utilise pas (ni ne prends donc en compte) Inst*gr*m ni f*c*b**k.

 

Rappel des bilans précédents:

En 2025 (bilan et participations): 72 "épais" d'au moins 700 pages (dans 71 billets) pour 67 094 pages, par 30 participant(e)s, avec 64 livres différents, par 60 auteurs ou co-auteurs. 

En 2024: 75 "épais" (d'au moins 650 pages) pour 62 012 pages, par 32 participant(e)s, avec 65 livres différents, par 62 auteurs ou co-auteurs. (cf. Bilan 2024)

En 2023: 106 "épais" (d'au moins 600 pages) pour 79 164 pages, par 34 participant(e)s, avec 92 livres différents, par 77 auteurs ou co-auteurs. (cf. Bilan)

Et en 2026? On verra bien!

 

Pour mémoire, Brize avait assuré onze éditions de son challenge Le pavé de l'été (2012-2022), ne souhaitait pas le poursuivre en 2023, mais en avait accepté la reprise par d'autres blogueurs... Merci à elle!

 

Nota: autant anticiper l'hypothèse où l'on aurait cet été maille à partir avec le fonctionnement estival de la plateforme canalblog (facteur non maîtrisable): si vous n'arrivez vraiment pas à déposer un commentaire ici, vous pourrez l'envoyer par mail à :


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Inscriptions [37 (datées) déjà dans la blogroll pour la plupart], objectifs annoncés à venir (9 pour 8 345 pages, par 8 participant(e)s) & participations publiées (avec nombre si plus d'un billet) [70 "épais" (dans 75 billets) pour 67 399 pages, par 30 participant(e)s, avec 57 livres, par 51 auteurs (avec date de publication du billet)]: 

 

* Agatheb2k (19/06/2026): Maxime Chattam - Le signal [26/08/2026 - 912 pages] 

 

* Alexandra (21/06/2026): Antonio Garrido - Le lecteur de cadavres [24/07/2026 - 768 pages] - Hwang Sok-yong - Le vieux jardin

 

* Alex-mot-à-mots (11/06/2026), 2 livres: Kathryn Stockett - Le Calamity Club [06/07/2026 - T.1 & T.2 de 864 pages chacun (en grands caractères)] - Benjamin Dierstein - 14 juillet (Sombre France, tome 3) [24/08/2026 - 880 pages] 

 

* Aliénor (13/06/2026), 2 livres: Jaume Cabre - Confiteor [12/09/2026 - 784 pages] - Thomas Mann - La montagne magique [21/09/2026 - 772 pages]

 

* Anne-yes (13/06/2026): Jonas Gardell - N'essuie jamais de larmes sans gants [22/06/2026 - 832 pages]

 

* Athalie (10/06/2026), 2 livres: Benjamin Dierstein - Bleus, blancs, rouges (Sombre France, tome 1) [05/08/2026 - 960 pages] - Barbara Kingsolver - On m'appelle Demon Copperhead [12/08/2026 - 864 pages] 

 

* Audrey (Light and Smell) (10/06/2026): Stephen King - Salem [11/09/2026 - 832 pages (audiolivre)]

 

* Bastien [chez Enna] (18/09/2026): Joël Dicker - La vérité sur l'affaire Harry Quebert [18/09/2026 - 863 pages] 

 

* Belette2911 (13/06/2026), 18 livres [je la comptais parmi les "objectifs" pour un premier "forfait" de 10 volumes au moins - mais elle va continuer! Déjà 180%...]: Jay Kristoff - L'aube obscure (Nevernight, tome 3) [10/07/2026 - 895 pages] - Karine Giebel - Glen Affric [15/07/2026 - 768 pages] - Greg Iles - L'Homme du Sud (Penn Cage, tome 7) [19/07/2026 - 1312 pages] - Ed McBain - 87e District (Intégrale, tome 1) [21/07/2026 - 864 pages] - Jean-Christophe Grangé - Les promises [22/07/2026 - 800 pages] - Eric Stanley Gardner - Perry Mason (Intégrale, t.1) [25/07/2026 - 981 pages] - Ken Follett - Un monde sans fin (Kingsbridge, tome 3) [03/08/2026 - 1360 pages] - George R.R. Martin - Le trône de fer (Intégrale, tome 2) [08/08/2026 - 1248 pages (version illustrée)] - Joe Abercrombie - Haut et court (La première loi, tome 2) [12/08/2026 - 755 pages] - Benjamin Dierstein - L'étendard sanglant est levé (Sombre France, tome 2) [05/08/2026 - 914 pages] - Greg Iles - L'arbre aux morts (La trilogie du Mississipi, tome 2 / Penn Cage, tome 5) [23/08/2026 - 1152 pages] - Stephen King - Duma Key [30/08/2026 - 864 pages] - Joe Abercrombie - Dernier combat (La première loi, tome 3) [03/09/2026 - 878 pages] - Rebecca Yarros - Onyx Storm (The Empyrian, tome 3) [08/09/2026 - 1168 pages] - Stephen King - Rose Madder [09/09/2026 - 762 pages] - Jussi Adler-Olsen - Délivrance (Les enquêtes du département V, tome 3) [10/09/2026 - 773 pages (en version US)] - Antonio Garrido - Le lecteur de cadavres [14/09/2026 - 768 pages] - Larry McMurtry - Lune comanche (Gus McCrae & Woodrow Call, Lonesome Dove, tome 2) [17/09/2026 - 800 pages] 

 

* Cannetille (17/09/2026): Kathryn Stockett - Le Calamity Club [02/09/2026 - T.1 & T.2 de 864 pages chacun (en grands caractères)]

 

* Caro [Choup] (26/06/2026)

 

* Claudialucia (13/06/2026), 2 livres: George Sand - Histoires de ma vie [16 au 29/08/2026 (5 billets) - 1664 pages] - George Sand - Consuelo [30/08/2025 - 896 pages] 

 

* Dasola (14/06/2026), 4 livres: Joyce Carol Oates - Fox [22/06/2026 - 847 pages] - Laurent Mauvignier - La maison vide [27/06/2026 - 752 pages] - Barbara Kingsolver - On m'appelle Demon Copperhead [01/09/2026 - 864 pages] - Valérie Perrin - Tata [21/09/2026 - 768 pages] 

 

* Dviolante (12/06/2026): Mariam Petrosyan - La maison dans laquelle [16/09/2025 - 1088 pages] 

 

* Eimelle (10/06/2026)

 

* Enna (27/07/2026), 2 livres: Agatha Christie - Une autobiographie [30/08/2026 - 941 pages] - Hanya Yanagihara - A little life (Une vie comme les autres) [14/09/2026 - lu en anglais (720 pages) / 1128 pages en VF]

 

* Fabysway (04/09/2026): Alric et Jennifer Twice - La passeuse de mots (tome 1) [03/09/2026 - 752 pages] 

 

* Fanja (10/06/2026): Bob Sacochis - La femme qui avait perdu son âme [25/08/2026 - 880 pages] 

 

* Ingannmic (23/06/2026), 4 livres: Karl Marlantes - Faire bientôt éclater la terre [28/06/2026 - 1152 pages] - Nathan Hill - Bien-être [12/07/2026 - 800 pages] - Earl Thomson - Un jardin de sable [03/09/2026 - 832 pages] - Benjamin Dierstein - Bleu, blanc, rouge (Sombre France, tome 1) [12/09/2026 - 880 pages] 

 

* Keisha (14/06/2026), 2 livres: Kathryn Stockett - Le Calamity Club [10/07/2026 - T.1 & T.2 de 864 pages chacun (en grands caractères)] - Ed McBain - 87e District (Intégrale, tome 5) [17/08/2026 - 1182 pages] - Victor Hugo - Les Misérables

 

* Manou (10/06/2026), 2 livres: Pierre Lemaitre - Le grand monde (les années glorieuses, tome 1) [07/09/2027 - 768 pages] - Chris Whitaker - Toutes les nuances de la nuit [14/09/2026 - 810 pages] 

 

* MHF (21/06/2026)

 

* Michel Tabras (28/06/2026): Valérie Perrin - Trois [761 pages] - Iain Pears - Le cercle de la croix [916 pages] 

 

* Miriam (07/07/2026), 2 livres: George Eliott - Middlemarch [20/07/2026 - 1152 pages] - George Sand - Consuelo [30/08/2025 - 896 pages] 

 

* Mjo (13/09/2026): Nathan Hill - Bien-être [01/08/2026 - 800 pages]

 

* Nanou (07/07/2026), 2 livres: Joyce Carol Oates - Fox [28/07/2026 - 847 pages] - Doris Lessing - Le carnet d'or [05/09/2026 - 960 pages] 

 

* Nathalie (14/06/2026)

 

* Patrice (18/09/2026): Rohinton Mistry - L'équilibre du monde [18/09/2026 - 890 pages]

 

* Phildes (20/09/2026): Frank Thilliez - Franck Sharko et Lucie Hennebelle - Le Syndrome [E] / [Gataca] / Atom[ka] [11, 16 & 20/09/2026 - 1536 pages] 

 

* Sacha (19/06/2026)

 

* Sandrion (15/06/2026), 2 livres: Søren Sveistrup - Cache-cache [23/06/2026 - 800 pages (en Poche, à paraître le 30/09/2026...)] - Nino Haratishwilli - La lumière vacillante [13/07/2026 - 800 pages] 

 

* Sibylline (13/06/2026)

 

* Sunalee (10/06/2026), 3 livres: Mark B. Smith - Exit Stalin: The Soviet Union as a Civilization, 1953-1991 [12/07/2022 - 752 pages (non traduit)] - Chris Kraus - La fabrique des salauds [28/07/2026 - 1104 pages] - Peter Frankopan - Les métamorphoses de la terre [28/08/2026 - 992 pages]

 

* Ta d loi du cine (19/06/2026), 3 livres: Ken Follett - La Chute des géants (Le siècle, tome 1) [23/08/2026 - 1056 pages] - Ken Follett - Une colonne de feu (Kingsbridge, tome 4) [923 pages] - Emile Zola - Travail (Les quatre évangiles, tome 2) [22/09/2026 - 800 pages] - Ken Follett - L'hiver du monde (Le siècle, tome 2) [995 pages] 

 

* Tampopo24 [Tachan] (10/08/2026), 4 livres: Joe Abercrombie - Haut et court / Dernier combat (La première loi, tomes 1 & 2) [21/07/2026 - 755 & 878 pages] - Acacia Black - Midnight Kiss [07/08/2026 - 784 pages] - Junichirô Tanizaki - Quatre soeurs [16/09/2026 - 889 pages] 

 

* Une comète (19/08/2026): Nathan Hill - Bien-être [26/08/2026 - 800 pages]

 

* Violette (10/06/2026): Ken Follett - La Chute des géants (Le siècle, tome 1) [01/08/2026 - 1056 pages] 

7 avril 2026

Le butor étoilé - Sigolène Vinson

J'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) commandé auprès d'un de mes proches, pour Noël, ce livre qui m'est parvenu il y a seulement quelques semaines. J'avoue que je ne suis peut-être pas allé vers Le butor étoilé de Sigolène Vinson pour de simples raisons d'envie d'apprécier un ouvrage... 

Sigolène Vinson, Le butor étoilé, Le tripode, 2025, 190 pages

 

La conception plutôt elliptique de ce roman m'a un peu dérouté. L'écriture en est très poétique. Le butor étoilé? Un sujet d'observation ornithologique. Dès la première page (récit à la première personne, au bord d'un marais - qui, de lieu, devient quasiment un personnage à part entière), nous savons que l'héroïne (?) s'inquiète à propos d'une certaine Dedou: cela fait cinq jours que la gamine a disparu du village. 

 

Et puis apparaît un autre personnage "en interaction": Damien, lui-même en plein dialogue de sourd avec son père Kader, qui juge plutôt durement la manière dont Damien gère sa vie de couple "actuellement"... (en fantasmant sur une inconnue qui laisse chez lui des lettres adressées à un autre). Beaucoup de dialogues, avec soi-même ou avec d'autres, de l'introspection... Trop d'introspection et pas assez d'histoire clairement énoncée pour moi (qui suis très paresseux et qui aime les choses simples et évidentes). Beaucoup d'observations et d'attentes, des allégories et du symbole. Le butor étoilé, que l'héroïne cherche tellement à "observer", n'est-il pas lui-même une personnification de l'homme qu'elle attend (p.67)? Je l'ai lu jusqu'au bout. Mais l'abondance d'image a sans doute saturé ma mémoire: je n'en ai rien retenu. À la fin, on apprend une mort.

 

Manou, Géraldine, Emma [Messana] et Virginie Vertigo ont davantage apprécié le roman que moi. Nicole également. Hugues du blog collectif Charybde 27 en avait aussi parlé.

 

En fait, si j'ai lu ce livre, c'est que je souhaitais évoquer une oeuvre de Sigolène Vinson, dont je connaissais seulement le nom au titre de sa participation passée à Charlie Hebdo (jusqu'à l'attentat de 2015). Je l'avais déjà citée à l'occasion du récit de "l'opération commando" montée pour rajouter le portrait en "pochoir" du dessinateur Honoré à une oeuvre de rue qui avait uniquement cité les quatre autres dessinateurs de Charlie assassinés. Je pense que j'attendrai une éventuelle reprise en recueil de ses chroniques judiciaires pour le journal avant de revenir vers elle... à moins que je tente tout de même Courir après les ombres, dont Manou parle de manière alléchante ici?

 

*** Je suis Charlie ***

31 mai 2019

L'Etoile du Nord - D. B. John

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Tout comme La Petite souris, je vous conseille L'Etoile du nord de D. B. John (Editions Equinox, Les Arènes, 611 pages haletantes qui nous emmènent en Corée du nord). Un des ressorts de l'intrigue m'a fait penser à Eclipses japonaise d'Eric Faye sur les enlèvements de personnes américaines, japonaises ou sud-coréennes par les services secrets nord-coréens, à partir des années 70 jusqu'à nos jours. L’écrivain, un Gallois, s’est beaucoup documenté sur ce pays où règne la dynastie des Kim depuis 70 ans. Jenna Williams, une afro-américaine par son père et coréenne par sa mère, est enseignante. Spécialiste de la Corée du Nord et des Kim, Jenna ou Jee-min (son prénom coréen) est enrôlée en 2010 par la CIA afin de vérifier ce qu’il en est des intentions militaires de Kim Jong-il. Cela va surtout permettre à la jeune femme de découvrir si sa sœur jumelle Soo-min, disparue mystérieusement en 1998 sur une plage de Corée de sud, serait encore en vie. En Corée du Nord, nous faisons la connaissance de Cho, un colonel, marié et père d’un petit garçon. Cho gravit les échelons qui le mènent à côtoyer la garde rapprochée du dirigeant coréen. Il a le privilège d’être envoyé à New-York avec une délégation pour représenter la Corée du nord et son Cher Dirigeant. Mais peu de temps après, les choses vont mal tourner pour Cho qui croise la route de Jenna. Sa chute sera plus rapide que son ascension. Et enfin il y a Moon, une vieille dame Nord-Coréenne qui vit dans une petite ville à la frontière avec la Chine. Très pauvre, Moon fait ce qu’elle peut pour survivre avec son mari. Elle est débrouillarde et risque de se faire prendre par la police à cause de ses activités au marché noir et pour une autre raison. Sous la plume de l’écrivain, la Corée du Nord est décrite comme un état concentrationnaire et totalitaire où tout le monde épie tout le monde, où les gens sont affamés pour être mieux contrôlés. Ce roman est plein de rebondissements avec quelques invraisemblances mais il permet de connaître ce qui se passe peut-être en Corée du nord (expériences sur des cobayes humains, eugénisme, le crime organisé, l’exportation de drogue, etc.). Le tout est assez oppressant. En revanche, on s’attache très vite aux personnages de Moon, Cho et Jenna. L’étoile du nord est le nom du train qui permet au Cher dirigeant (Kim Jong-il) de se déplacer quand il va en Chine par exemple. Décédé en décembre 2011, Kim Jong-il a été remplacé par son fils Kim Jong-un. Un roman à découvrir.

23 janvier 2019

An Elephant Sitting Still - Hu Bo

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Avant-hier soir, lundi 21 janvier 2019, j'ai passé presque 4 heures dans une salle de cinéma pleine pour voir un film qui peut vous assommer au sens figuré, mais que je conseille car il y a des fulgurances et des moments sublimes. Il y avait très longtemps que je n'avais pas vu un film si long sans entracte. Dès les premières images, le ton est donné: un personnage en gros plan très net, et l'arrière-plan dans le flou ou dans l'ombre, ou même dans le hors-champ. Tous les plans sont filmés de la même façon, baignés dans les tons gris ou blanc floconneux. Les décors, ceux d'une ville chinoise en pleine déliquescence postindustrielle, sont lugubres. Le réalisateur et écrivain de 29 ans (qui s'est suicidé en octobre 2017 juste après que le film ait été mixé) a adapté une de ses propres nouvelles. On suit quatre personnages pendant une journée. J'ai senti une chape de plomb sur eux. Il y a un jeune lycéen en conflit avec sa famille qui va provoquer la mort accidentelle d'un garçon, qui lui cherchait noise à propos d'un téléphone portable volé. Une lycéenne maltraitée par sa mère, qui l'invective, a une liaison avec son professeur et leurs ébats ont été filmés à leur insu. Un jeune chef de gang plutôt beau gosse (et frère du garçon défunt) voit l’un de ses amis se jeter par la fenêtre parce qu'il l'avait surpris (le chef de gang!) au lit avec sa femme (à lui!). Un vieil homme encore dans la force de l'âge a sa famille (son fils et sa belle-fille) qui essaie de l'exproprier de son appartement afin de l'envoyer dans une maison de retraite. Heureusement qu'il a un chien et sa petite-fille auxquels il est très attaché. Ce vieil homme plein de dignité m'a beaucoup touchée. Au moment où le spectateur sent un peu de lassitude à voir autant de désespérance (la séquence qui se passe dans la maison de retraite que le vieil homme va visiter est saisissante), de calamités ou à entendre autant de violence verbale, un peu de vitalité jaillit et la très belle musique qui ponctue le film y est pour beaucoup. Le titre énigmatique "L'éléphant assis immobile" (en VF) fait référence à une fable locale: celle d’un éléphant qui résiderait dans la ville de Manzhouli, aux confins de la Chine, de la Mongolie et la Sibérie, et se tiendrait orgueilleusement immobile dans son refus de l’existence. Les quatre personnages vont partir vers Manzhouli pour approcher de l'éléphant. Le plan séquence final dans la nuit avec les phares d'un bus comme seul éclairage est très beau, surtout que l'on entend un long barrissement en fond sonore. Si ce film passe par chez vous, essayez de le voir.

29 avril 2019

Exposition Toutânkhamon à La Villette

Si vous avez l'occasion, allez voir l'exposition Toutânkhamon qui se déroule à la grande halle de la Villette jusqu'au 15 septembre 2019. En 2022, cela fera 100 ans que la tombe du pharaon a été découverte par l'égyptologue britannique Howard Carter. Cent cinquante objets authentiques trouvés dans la tombe de Toutânkhamon sont présentés aux Parisiens, dont certains n'étaient encore jamais sortis d'Egypte. Quand ils seront de retour en Egypte, ils seront exposés, avec les 5000 autres trouvés dans la tombe, dans le grand musée égyptien qui est en train d'être construit à 2 km des pyramides. Il est conseillé d'acheter les billets (ce ne sont pas des billets coupe-files) sur Internet. Avant d'entrer dans l'exposition, j'ai crains le pire à cause de grand nombre de personnes qui attendaient. Et bien, j'ai été agréablement surprise, car c'est bien organisé : une soixantaine de personnes entre toutes les dix minutes, et il y a une certaine fluidité. Les objets sont bien mis en valeur derrière des vitres. Les visiteurs ne restent pas "plantés" trop longtemps devant chaque objet exposé. Et on a le droit de prendre des photos (sans flash). Je n'ai pas regretté le prix du billet : 24 euros (le week-end - et 22 euros en semaine). En revanche, la boutique avant de sortir est à déconseiller. Tout est hors de prix et pas toujours du meillleur goût. Je conseille quand même le numéro hors-série de Connaissance des Arts.

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Et voici quelques objets présentés :

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P1100940 Plateau de jeu miniature en ivoire avec un tiroir

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P1100942 Repose-tête

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P1100944  Boîte en calcite

P1100949 Contenants où était entreposée de la nourriture

P1100952 Un fauteuil en bois incrusté d'ébène et d'ivoire avec un repose-pied

P1100955 Un cartouche

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P1100958 Un lit en bois doré

P1100959 Maquette d'un bateau à deux niveaux

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P1100962 Un éventail (à l'origine, il y avait des plumes d'autruches qui l'entouraient).

P1100964 Figure d'Horus en faucon solaire

P1100965 Piquet en corne à poignée décorée (à gauche)

P1100967 Bouclier

P1100979 Statuette en bois doré de Toutânkhamon debout sur un léopard verni en noir

P1100981 Figure en bois doré de Toutânkhamon sur un esquif lançant un harpon

P1100994 Bouchon en calcite d'un vase canope où l'on trouvait les viscères (en haut)

En bas, petit cercueil canope en or

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P1110009 Fléau et crosse

P1110010 Pectoral en or incrusté de lapis, de cornaline et de verre représentant un faucon solaire

P1110019 Calice au voeu de Toutânkhamon en forme de lotus ouvert à deux boutons

P1110024 Plan du tombeau

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Ah, eux, ils ne sont pas exposés. Il s'agit de Nouka à gauche (la mère) et de O'Malley (le fils) à droite, ils vivent chez ma cousine à Limoges. Ils étaient en train de regarder voler une mouche. Je les ai trouvé irrésistibles dans cette position. On dit bien que les chats viennent d'Egypte? 

14 mars 2019

4 3 2 1 - Paul Auster

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Pour ce roman de 1015 pages, je ne vais pas en écrire trop long. J'ai mis presque un mois et demi à lire 4 3 2 1 (Edition Actes Sud) de l'Américain francophone Paul Auster. Ce n'est pas qu'il soit difficile, mais il est très dense. Il ne s'agit pas du genre de roman qu'on lit en diagonale. Il faut saluer le travail remarquable du traducteur. 4 3 2 1 met en scène Archie Ferguson, un "double" de Paul Auster. Pourquoi 4 3 2 1? Si vous êtes impatient de le savoir, vous le saurez en lisant les quatre dernières pages du roman. Après une introduction sur les grand-parents d'Archie Ferguson venus de Minsk, l'histoire se décompose en quatre variations de la vie d'Archie Ferguson, né en 1947, la même année que Paul Auster. Chaque Archie (diminutif d'Archibald, d'après Archibald Leach [le vrai nom de Cary Grant]) aura une vie courte mais intense grâce des rencontres et des amours diverses. En compagnie d'Archie, on côtoie beaucoup de personnages recurrents que l'on retrouve dans les récits, comme Amy Schneiderman, une cousine d'Archie, ou Rose, la mère de ce dernier. Chaque récit est exposé l'un après l'autre sans qu'ils soient toujours synchro dans le temps. Le roman permet une évocation de l'Amérique (et de la France) des années 60. Archie, qui est un fan de cinéma et de base-ball, deviendra écrivain après des études universitaires. Il va d'ailleurs jouer un rôle dans les mouvements étudiants de l'époque. Le personnage d'Archie auquel on s'attache tout de suite fait que le lecteur ne lâche pas le roman bien construit. On ne se perd pas dans les méandres des différents récits. Il faut noter qu'Auster a dédié son roman à sa femme, l'écrivain Siri Hustvedt. Si vous n'avez pas peur d'un roman de 1000 pages,  je le conseille.

Lire les billets de Krol, Papillon, Kathel, Keisha (qui a lu le roman en VO).

18 avril 2019

Pas dupe - Yves Ravey / Le dernier bain - Gwenaële Robert

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Le dernier bain (Les passe-murailles / Robert Laffont, 231 pages) de Gwenaële Robert évoque de manière romancée les trois derniers jours de la vie de Jean-Paul Marat, "l'Ami du peuple" assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793. Paris est assommée par la chaleur. Le roi a été guillotiné six mois auparavant et la Reine, ses enfants et sa belle-soeur vivent désormais dans la prison du Temple. Théodose, un moine qui a renié sa foi et qui est devenu écrivain public (il écrit surtout des lettres de délation), observe de loin Jane, une jeune Anglaise arrivée depuis peu à Paris afin d'approcher Marat. Elle y arrive en portant les fioles pleines de vinaigre ou de soufre pour soulager l'horrible maladie de peau dont souffre Marat, qui vit dans sa baignoire. Marthe Brisseau, la lingère de Marie-Antoinette au Temple, demande à Théodose d'écrire une lettre à Marat à qui elle exige réparation le jugeant responsable d'avoir mis sa fille enceinte après l'avoir soignée. Rappelons que Marat avait fait des études de médecine et avait même exercé en Angleterre.  Pendant ce temps-là, Charlotte fraîchement débarquée de Normandie, achète un couteau et s'apprête à commettre son crime. Il faut noter que Mme Robert n'a pas beaucoup de sympathie pour Marat. J'ai aimé ce roman pour l'histoire et la manière dont Mme Robert mélange la fiction et les faits historiques. Grâce à elle, j'ai donc appris que David (le peintre), grand ami de Marat, avait voté la mort du roi. La photo de la couverture représente le célèbre tableau de David, "Marat mort dans sa baignoire". Le tableau se trouve au musée des Beaux-Arts de Bruxelles. Et la baignoire-sabot de Marat se trouve au musée Grévin depuis 1886.

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Avec Pas dupe (Editions de Minuit), j'ai retrouvé avec plaisir le style d'Yves Ravey, qui, en 140 pages, nous narre l'histoire de Meyer, qui vient de perdre sa femme Tippi dans un accident de voiture. La voiture et Tippi se sont retrouvées au fond d'un ravin. Pour l'anecdote, Tippi avait un amant depuis longtemps. Cet accident amène de nombreuses interrogations. Meyer était l'employé de son beau-père, lui-même, le père de Tippi. Il est surprenant que cette jeune femme portant un très beau collier sorte à l'aube pour prendre sa voiture. L'inspecteur Costa Martin-Lopez, qui m'a beaucoup fait penser à l'inspecteur Columbo, n'arrête pas d'interroger Meyer, il pose des questions sur plusieurs détails. Bien entendu, on comprend vite que cet "accident" est un crime et on comprend dès le premier paragraphie qui est le coupable. On a toutes les explications dans les dernières pages. Un roman plaisant.

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Sinon, depuis lundi, je suis toute "bouleversifiée" par l'incendie de Notre-Dame, la cathédrale de dentelle avec ses rosaces magnifiques. Je n'ai pas encore osé aller la voir et pourtant je ne travaille pas très loin à pied. Vivement qu'on la rebâtisse!

Une photo prise en août 2013 depuis le théâtre du Châtelet.

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5 avril 2018

Afrique du sud - Swaziland - Zimbabwe - Bostwana (3)

Avant de quitter la région du Cap, on a bien entendu été jusqu'au Cap de Bonne espérance, le bout sud ouest du continent africain.

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Pour répondre aux interrogations de Violette, nous avons été bien accueilli partout. Il faut dire que le tourisme en général et les touristes français en particulier sont une manne financière non négligeables des pays que l'on a visités. On s'est déplacés en car (il y a pas mal de distance d'un point à un autre). Mais entre le Cap et vers le parc Kruger, on a pris l'avion. Concernant la nourriture, on a très (trop) bien mangé. On s'est même risqué à manger de l'"exotique" : de l'impala, du phacochère, du crocodile. Concernant ce genre de voyage organisé, on ne voit pas d'enfants (ce sont des voyages hors période vacances scolaires et donc moins chers). Mais pourquoi pas? Les enfants devraient être enchantés de voir autant d'animaux en si peu de temps. Mais ce sont des voyages (et non des vacances). Il faut se lever de (très) bonne heure presque tous les jours.

Et concernant la question de Claudialucia sur la dégustation des 5 vins, j'ai été contente de manger peu de temps après car après avoir bu du vin à jeun, on ne sent pas forcément très bien.

Après le sud, nous sommes partis cap au nord est en direction du Swaziland et du parc Kruger et quelques réserves privées.

Le Swaziland est un royaume enclavé dans l'Afrique du Sud. Il a une frontière commune avec le Mozambique. Pour aller au Parc Kruger (30000 km2), le passage par le Swaziland permet de raccourcir le trajet. Au Swaziland, nous avons visité un village reconstitué, le village culturel du Swaziland (lire l'article assez détaillé sur Wikipedia). Le roi a plusieurs femmes et quelques dizaines d'enfants. Ce pays a un taux d'espérance de vie d'à peine 50 ans car le VIH fait rage. Il y a beaucoup d'enfants orphelins. Pour parvenir au Swaziland depuis Durban, nous sommes passé par la région des Zoulous.

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P1080091 Habitations zoulous

P1080100    Maisons dans le vllage reconstitué au Swaziland

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Le parc Kruger est un "incontournable" pour voir des animaux si ce n'est que les gens sont souvent déçus : trop touristique et pas beaucoup d'animaux à voir. Le parc est tellement étendu et très "balisé" que les animaux se cachent. Personnellement, je n'ai pas regretté notre safari.

P1080291 Admirez la belle tête de la lionne

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20180317_113645 Un troupeau d'éléphants

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Quand un éléphant traverse la route, les voitures s'arrêtent...

20180317_141439 Un koudou mâle qui se fond dans le décor avec ses cornes.

Dans les autres réserves privées contiguës au Parc Kruger, on a pu admirer presque dans chacun des rhinocéros, des buffles, des impalas.

 

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P1080063 Les gazelles et autres, on ne lasse pas de les voir tellement elles sont gracieuses.

Dans le prochain billet, je vous montrerai des oiseaux.

12 février 2018

Comment la France a tué ses villes - Olivier Razemon

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Voici un livre passionnant acheté dans une librairie indépendante à Paris (il y en a encore). Comment la France a tué ses villes d'Olivier Razemon (Edition Rue de l'Echiquier, 208 pages, parution décembre 2017) fait un constat alarmant d'un phénomène dont parlent peu les médias: la mort des centres des villes, la dévitalisation des préfectures ou sous-préfectures en France où les commerces de proximité disparaissent à grande vitesse au profit des grandes surfaces en périphérie. En plus des vitrines baissées, des immeubles mal entretenus tombent ruine car les habitants sont partis ailleurs. Avant les gens marchaient, maintenant ils prennent leur voiture pour faire leurs courses. Le journaliste fait un état des lieux en évoquant de nombreuses villes disséminées dans toute la France. Aucune région n'est épargnée. Il parle de Périgueux qui a perdu 10 000 habitants. Les villes s'appauvrissent au profit de leurs périphéries. A Saint-Etienne comme à Béziers, la déprise commerciale saute aux yeux. Il est aussi question de la difficulté de se garer dans les centre-villes. A Privas, capitale de l'Ardèche sans transports publics ni gare ferroviaire destinée aux passagers, les 11 000 habitants en 1975 ne sont plus que 8000 aujourd'hui. En revanche, la périphérie s'est étendue et les communes avoisinantes ont grossi. Selon les statistiques, la taxe d'habitation à Privas est dissuasive, elle est plus élevée que dans les communes voisines. Les magasins ferment au profit du centre commercial à trois kilomètres qui végète aussi car certains locaux ne trouvent pas preneur. En effet, les gens préfèrent aller à Valence faire leurs courses en voiture. A ce propos, Valence TGV est un monstre de béton peu avenant. Autour, il y a des bâtiments rectangulaires ou cylindriques, des bureaux, des hôtels, des banques ou des services administratifs. Les avenues sont longées de buissons, d'arbustes, de fossés végétalisés, de trottoirs et de pistes cyclables. Il s'agit d'un "Ecoparc". Ce morceau de ville ne vit qu'aux heures des bureaux et il y a peu de bus. "Les villes meurent? Qu'importe, on en construit de nouvelles, loin de celles qui existaient déjà mais selon des critères bien normés du développement durable et de la construction passive. Et on peut s'y fournir en bons produits bio.".
Les politiques commencent enfin à comprendre que la dévitalisation des villes moyennes n'a pas un phénomène conjoncturel. A l'Association "Villes de France", l'ancienne Fédération des maires des villes moyennes (FMVM) qui représente plus de 300 villes de plus de 15000 habitants, le sujet émerge. "Jusqu'à présent, nous avions tendance à attribuer la situation du commerce aux politiques menées par les municipalités. Or, les maires sont en train de s'apercevoir que c'est un phénomène global". "Des activités vont disparaître nécessairement, car le fonctionnement de l'économie a de moins en moins besoin d'un assise géographique. La généralisation de la connexion à domicile, la multiplication de smartphones, etc., dessinent la possibilité de l'ubiquité. Nul besoin de se rendre au guichet de la banque pour consulter son compte, d'aller au supermarché pour s'approvisionner en packs d'eau ou de lait, de passer à la librairie pour acheter un livre, de se rendre à la poste pour envoyer un document. Ce ne sont plus les gens qui bougent mais les marchandises".

L'avenue Saint-Ruf, la grande artère commerçante d'Avignon "extra-muros" dans sa partie la plus animée propose tout au plus une ou deux épiceries ou boulangeries, quelques rares cafés-tabacs, des banques et des pizzas rapidement préparées. Le commerce de bouche est en danger. "Il n'y a plus une seule poissonnerie ni une fromagerie dans tout Avignon" s'inquiète un habitant. Dans le Cher, 5 ou 6 boulangeries ferment chaque année. Après les "déserts médicaux", on voit apparaître les "déserts alimentaires". Aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, on appelle "food deserts" les territoires dans lesquels une partie de la population ne peut se procurer de la nourriture de qualité (fruits et légumes) dans un périmètre parcourable à pied.

Les gouvernements font de la crise du logement leur priorité. La France aurait besoin de 500 000 logements neufs par an pendant 10 ans. Pourtant, dans les villes moyennes où vit plus d'un quart de la population, de nombreux logements sont vacants. La part des logements vacants évaluée à 8,3 % pour l'ensemble du pays en 2016 dépasse les 10% dans les départements de la "diagonale du vide", cette bande faiblement peuplée qui court de la Meuse aux Landes en passant par le Massif central et baptisée ainsi par les géographes. A l'échelle du pays, ce sont 2,93 millions de logements qui ne trouvaient pas preneur en 2016.

Je vais aller un peu plus vite. L'auteur évoque l'aspect transports publics dans les villes moyennes, les emplois créés ou supprimés, le désenclavement des villes, la suppression de lignes ferroviaires, la puissance des super et hypermarchés qui sont de plus en plus nombreux, sur le fait que les voitures ont du mal à se garer en centre-ville (et donc les gens vont faire leur marché en périphérie).

On est tous responsables de la mort des villes. Heureusement, en conclusion, l'auteur fait 40 recommandations pour comprendre la crise urbaine et y remédier. Je vous laisse les découvrir. J'espère que je vous ai donné envie de lire cet essai.

Parmi les remerciements de l'auteur, il remercie les lecteurs qui commanderont et achèteront ce livre dans une librairie de leur quartier, plutôt que de le commander sur A..zon et d'attendre la livraison qu'effectuera un chauffeur de camionnette pressé et sous-payé.

1 décembre 2017

Voyage au Chili - Ile de Pâques (Ile de Pâques - 1ère partie)

Et me voici enfin arrivée avec une certaine impatience à l'ïle de Pâques, une île au milieu de l'Océan Pacifique, à plus de 3000 kilomètres à l'ouest des côtes chiliennes, et à 4000 km à l'est de Papeete (Tahiti). L'île la plus proche serait Pitcairn à plus de 2000 km à l'ouest, là où se ont échoué les Mutinés du Bounty. L'île de Pâques, qui resssemble à une tortue avec ses trois volcans à chaque extrémité, fait environ 160 km2 et est peuplée d'à peu près 8000 habitants. Il faut noter le nombre croissant de touristes: presque 120 000 par an. Pourquoi ce nom "ile de Pâques"? Parce que l'île a été découverte par un Hollandais, un jour de Pâques, le 6 avril 1722. Les trois volcans sont, dans l'ordre d'apparition : le Poike à l'est (3 millions d'années), le Ranau Kau au sud-ouest de l'ïle (2 millions d'années), et enfin le Maunga Terevaka au nord (environ 300 000 ans).

P1070120 Un "magnet" représentant l'ïle de Pâques.

P1060491 Après avoir atterri à l'aéroport Mataveri et s'être installé à notre hôtel à Hanga Roa, la seule ville de l'île, on a commencé à se diriger vers les sites où l'on admire les Moaïs (presque 900), qui veillent sur l'ïle depuis quelques siècles. Les premiers Moaïs taillés et sculptés par les Polynésiens de l'île datent du XIIIème siècle et les derniers du XVIIème siècle.

Les entrées des sites sont payantes. Le forfait global est de 80 dollars US que l'on visite un ou tous les sites. Et il est conseillé d'être accompagné d'un guide.

D'abord, le site de Punau Pau où l'on voit des formes rouges: les chignons que portaient les statues Moaïs. A une ou deux exceptions près, tous les Moaïs sont des statues masculines. Ces monolithes en tuf volcanique pèsent plusieurs tonnes, comme les chignons (pukao) sculptés, eux, dans du tuf rouge.

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Ensuite, on s'est dirigé vers le site de Ahu Akivi, où l'on trouve les seuls Moaïs qui regardent vers la mer et ils sont assez éloignés du rivage. Les autres MoaIs debout que l'on peut admirer sur l'île ont la tête tournée vers la terre mais sont près du bord de mer.

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P1060552  Pour cet ensemble, les statues ont été restaurées (comme les autres redressées). Leur socle est collé avec du ciment.

Comme pour toutes les autres statues, les yeux sont absents. C'était les derniers éléments ajoutés juste avant que les Moaïs soient redressés. En 1978, on a enfin retrouvé un oeil enfoui dans le sable. Il est exposé dans le petit musée très intéressant et gratuit de Hanga Roa. L'oeil est en corail blanc et l'iris en tuf rouge (comme les chignons).

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Le lendemain, on s'est dirigé vers le site de Haka hanga où l'on trouve des Moaïs renversés la tête contre terre ou non, des pukao (chignons) et des traces de ce qui fut des habitations ou des poulaillers

P1060627 Un poulailler

P1060651 Tête et chignon

P1060659 Buste

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P1060632 Statue renversée face contre terre

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P1060634 Chignons

P1060636 Tête

 Je termine ce premier billet sur l'île de Pâques avec le site de l'Ahu Tongariki pas loin du volcan Rano Raraku où l'on peut voir 15 Moaîs alignés.

P1060663 Les 15 statues avec le volcan Poïke au fond.

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Il a commencé à pleuvoir, par la suite ça s'est agravé.

La suite demain.

2 décembre 2017

Voyage au Chili - Ile de Pâques (Ile de Pâques - 2ème partie)

Me voici presque arrivée à la fin de mon périple chilien.

Après le site de Tongariku, on s'est dirigé vers l'un des versants du Rano Raraku où des quantités de statues Moaïs sont plus ou moins enfouies.  Cela ne se voit pas forcément, mais il s'est mis à pleuvoir beaucoup et ce n'était pas facile de prendre des photos.

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Sur le flanc du volcan, on trouve une des carrières où étaient taillés les Moaïs.

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P1060756   Au loin, on voit les 15 Moaïs alignés.

Voici un des premiers Moaïs qui s'apparente le plus à une forme humaine, il est plus rond.

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La pluie s'étend calmée, on a pu aller voir une pierre magnétique (pleine de magnésie) dont on ne connait pas l'origine. Les visiteurs n'ont plus droit de la toucher. Les quatre petites pierres indiquent les points cardinaux.

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Pour terminer la journée, on s'est retrouvés au nord ouest de l'île sur la plage d'Anakena. Le sable est un mélange de corail blanc et de coquillage.

Six Moaïs tournent le dos aux baigneurs. Il paraît que l'eau du Pacifique était bonne.

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Suite et fin demain.

14 juin 2017

Domaine de Chantilly

Faisant suite à la disparition récente de Roger Moore, mon ami et moi avons revu tous les James Bond avec lui dans le rôle. En particulier, Dangereusement vôtre, le dernier James Bond qu'il ait tourné. Une grande partie de la première heure se passe dans le domaine de Chantilly. Dans le film, le château appartient à Zorin, le "méchant". Cela nous a donné envie de connaître le domaine en "vrai". Nous n'y avions jamais été. 

Ce domaine, à 44 km au nord de Paris, est un ensemble constitué du Château (presque entièrement reconstruit au XIXème siècle), du petit château d'Enghien (que l'on ne visite pas), d'un beau parc de 115 hectares et du musée du cheval qui est une dépendance du château. Le tout a été légué en 1886 par le Duc d'Aumale (1822-1897), l'un des fils du roi Louis-Philippe. Pour voir l'ensemble, il faut sans doute y consacrer presque deux jours (ce que nous n'avons pas fait).

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Différentes vues du château qui a appartenu à la famille de Montmorency entre le XVème et le XVIIème siècle. Le connétable Anne de Montmorency (1492-1567), le plus illustre de cette famille a fait rénover la forteresse au XVIème siècle. Plus tard, le château passera à la famille des Bourbon-Condé dont le Grand Condé (1621-1686) est le membre le plus connu.

P1050323 Les écuries et le musée du cheval

 

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Des moutons servent à la "tonte naturelle" (sic!) de l'herbe pour certaines parties du parc.    

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D'autres animaux croisés dans le parc.

Il y a même une vingtaine de Walabis dans deux enclos depuis plusieurs années.

P1050339 Une vue du parc côté jardin anglais.

 

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Henri d'Orléans, duc d'Aumale, avait une immense fortune familiale qu'il a dépensée en acquérant livres de bibliophilie, peinture et divers objets. Parmi les ouvrages, il y a la plus belle collection de livres enluminés (1500) après celle de la Bibliothèque Nationale dont Les Riches heures du Duc de Berry.

Concernant les peintures, je n'ai pas pris de photos, la collection est la deuxième après celle du Musée du Louvre pour les peintures d'avant 1850.

 

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Dans un des coins dans le jardin anglo-chinois, il y a un hameau composé de cinq maisonnettes contruites en 1773. Marie-Antoinette s'en est inspiré pour faire contruire son hameau à Versailles. Juste à côté, on s'est installé pour déguster une glace pour mon ami et des fraises/framboises à la chantilly (maison) pour moi.

Faute de temps, on a eu à peine une demi-heure pour visiter le Musée du cheval. On n'a même pas pu assister à une démonstration de dressage.

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Juste avant que cela ferme, j'ai pu entrer dans le lieu où se déroule le spectacle: très bel endroit.

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Je ne peux que vous conseiller de vous rendre à Chantilly. Le dimanche 4 juin, jour où nous y sommes allés, il y avait des courses hippiques à l'hippodrome juste à côté du musée.

31 décembre 2017

Palmarès livres 2017

J'ai lu environ 80 livres en 2017 et quelques BD. Voici une liste de douze romans ou récits que j'ai retenus et que je conseille.

L'intérêt de l'enfant - Ian McEwan pour le thème passionnant.

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Le garçon - Marcus Malte, un roman lyrique, romantique qui m'a emballée.

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Huit montagnes - Paolo Cognetti pour le Val d'Aoste et tous les personnages. 

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L'ordre du jour - Eric Vuillard, un texte au scalpel.

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Douleur - Zeruya Shalev, mon deuxième Shalev. C'est une écrivain que j'apprécie beaucoup.

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 La table du roi Salomon de Luis Montero Manglano, un roman ludique dont j'attends la suite avec intérêt.

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Le merveilleux saloon de McSorley - Joseph Mitchell, des textes qui vous touchent avec des personnages qui sortent de l'ordinaire.

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La Daronne d'Hannelore Cayre, le polar à lire, le polar de l'année.

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Celui qui va vers elle ne revient pas de Shulem Deen, un texte qui bouleverse.

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L'ours est un écrivain comme un autre - William Kotzwinkle, une histoire très amusante.

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Quand sort la recluse - Fred Vargas, un bon Vargas avec une intrigue aussi tissée qu'une toile d'araignée.

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La griffe du chien et Cartel de Don Winslow, du violent, du très violent mais deux thrillers haletants.

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Le blog de Dasola
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