Le blog de Dasola
Derniers commentaires
Archives
Challenges terminés

Pour les challenges de l'année en cours, 
voir colonne de droite

10 août 2019

L'homme aux deux ombres - Steven Price

P1110232

C'est un peu par hasard que j'ai choisi de lire ce roman, L'homme aux deux ombres du Canadien Steven Price (Folio Policier, 820 pages). J'ai été attirée par la couverture et par son résumé. J'en ai fait mon "Pavé de l'été" du challenge de Brize. Il s'agit du deuxième roman de l'écrivain, qui arrive à tenir relativement en haleine le lecteur avec une histoire plutôt ténue. Il ne se passe pas grand-chose. Il y a quelques rebondissements mais rien de spectaculaire. La plus grande partie de l'histoire se passe en 1885 à Londres, en pleine époque victorienne. Un Américain, William Pinkerton, le fils d'Allan qui a créé la célèbre agence de détectives Pinkerton, est venu en Angleterre pour essayer de retrouver un certain Edward Shade (Ombre). En effet, dans les papiers de son père tout juste décédé, William a retrouvé un dossier au nom d'Edward Shade ainsi qu'une photo d'une certaine Charlotte Reckitt. Il va être aidé par des inspecteurs de Scotland Yard et par Adam Foole, un homme mystérieux qui lui veut retrouver l'assassin de Charlotte, dont on a retrouvé le corps démembré, en particulier la tête dans la Tamise. Le récit est ponctué de flash-back se déroulant pendant la guerre de Secession en 1862, où l'on fait la connaissance d'Edward Shade.
Le récit est bien mené, mais il aurait peut-être gagné à être raccourci d'une centaine de pages. Un roman qui se laisse lire malgré tout.

pavc3a9-2019-gm-or

18 décembre 2018

Les fils de la poussière - Arnaldur Indriðason

P1100691

Les fils de la poussière (Edition Metailié, 291 pages) d'Arnaldur Indriðason est, semble-t-il, son premier roman, paru en 1997. Il a été traduit en français seulement cette année. Je peux le comprendre car cela m'a moyennement plu. Je n'ai pas adhéré à l'intrigue. L'histoire se passe à la fin des années 80. Il est question d'eugénisme, de jeunes enfants scolarisés dans une même classe d'un collège, tous issus du milieu ouvrier, qui ont servi de cobayes pour des expériences avec des amphétamines, et aussi de clonage. Daniel, un homme encore jeune souffrant de schizophrénie, se jette par la fenêtre d'un institut psychiatrique. Le témoin de cette tragédie est son frère, Palmi, un libraire vendant des livres d'occasion. Le même jour, Halldor, un retraité et ancien enseignant, est brûlé vif dans sa maison. Le commissaire Erlendur et son adjoint, Sigurdur Oli, enquêtent et font rapidement le lien entre les deux victimes. Pendant ce temps-là, Palmi et un ancien aide-soignant qui s'est occupé de Daniel mènent une enquête en parallèle. Ce sont eux les premiers qui découvreront l'horrible vérité (que je vous laisse découvrir). J'ai trouvé qu'Erlendur et Sigurdur Oli restaient en retrait. Ils sont relativement peu présents. C'est peut-être la cause de ma frustration après ma lecture. Heureusement qu'Indriðason nous a habitués à mieux par la suite. LIre les billets d'Eva et Baz'art.

25 septembre 2018

Généalogie du mal - Jeong You-jeong

P1100335

J'ai mis un temps infini (plus de trois semaines) pour lire Généalogie du mal (400 pages, Editions Philippe Picquier) d'un écrivain sud-coréen, Jeong You-jeong, une ancienne infirmière reconvertie dans l'écriture. J'ai vraiment peiné sur la fin alors que j'ai trouvé que l'intrigue commençait bien (si je peux m'exprimer ainsi). Yujin, un jeune homme de 26 ans, reprend conscience dans sa chambre. Il est couvert de sang. Dans l'appartement, un corps gît, la gorge tranchée avec un rasoir. Il s'agit de la mère de Yujin. Ce dernier a quelquefois des crises d'épilepsie qui le rendent inconscient et il ne se rappelle plus ce qui s'est passé. Il est suivi et traité par sa tante pour cette pathologie. Ayant retrouvé ses esprits, Yujin nettoie l'appartement et cache le corps de sa mère pour éviter qu'Haejin, son frère adoptif, découvre le cadavre. Mais cela n'empêche pas que, pendant une centaine de pages, j'ai cru que Yujin n'était pas l'assassin. Je m'attendais à une vraie enquête policière plus classique. Et bien pas du tout car le récit étant écrit à la première personne, le lecteur suit le cheminement des pensées d'un psychopathe qui commet d'autres crimes, et j'avoue que je n'ai pas forcément été passionnée. Je trouve qu'il y a des longueurs. C'est donc une déception en ce qui me concerne.

A part le fait qu'elles sont d'accord pour dire qu'il y a des longueurs, Eva, Ingannmic et Sandrine ont aimé ce roman.

23 octobre 2018

Le ciné de Fred - présentation de Ffred (à l'occasion de son 500e commentaire chez dasola)

Cette quatrième présentation de blogueur innove en présentant cette fois un blogueur (et non plus une blogueuse), mais aussi un auteur de blog cinéma (et non plus littérature). Ffred a été dès février 2007 la 8ème personne à mettre un commentaire chez dasola (elles sont plus de 1160 à ce jour). Il vient d'y effectuer son 500ème commentaire. Pour mémoire, les trois présentations précédentes concernaient Maggie (Mille et un classiques) le 12 août 2018, Aifelle (le goût des livres) le 25 octobre 2017 et Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017. Cette fois-ci, j'ai décalqué certaines questions de mon questionnaire "Livres", pour d'autres, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis inspiré de celles du Questionnaire Cinéma chez Martin (K), http://1001bobines.blogspot.fr, en essayant de trouver des formulations différentes des siennes puisqu'on risque d'y retrouver une année ou l'autre les mêmes blogueurs...

Merci donc à Ffred d'avoir trouvé un petit moment pour répondre, et surmonté quelques petits aléas techniques pour transmettre ses réponses dans un format compatible!

*************

LeCinedeFred_semaine Bonjour Ffred, pour que les lecteurs comprennent bien qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un spectateur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)? Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec le cinéma?

Bonjour,

Je m’appelle Fred (Frédéric). J’ai 53 ans, je suis né et je vis à Paris. Je suis cadre dans une grande société d’Etat, je travaille en décalé donc du temps pour aller souvent dans les salles obscures. J’ai un bac + 2 mais pas d’études en rapport avec le cinéma.

Parlons un peu de vous et de votre site: Le ciné de Fred (les sorties de la semaine). Quand et pourquoi avez-vous souhaité le créer?

Le Ciné de Fred va bientôt fêter ses 12 ans (en décembre). Je ne connaissais pas les blogs au départ. Je laissais des avis sur les fiches des films sur Allociné dans la rubrique « Critiques spectateurs ». Mais le nombre de caractère était limité. En naviguant sur le site, j’ai découvert les blogs ciné et la liberté que cela pouvait apporter, je me suis donc lancé.

Pourquoi la plateforme over-blog aujourd’hui ? Un peu d’histoire (du temps des blogs d’Allociné)?

Par facilité. Allociné ayant supprimé les blogs et basculé le tout sur Over-blog, j’y suis resté.

Quel est votre but avec ce blog?

Le but était d’abord personnel. Garder une trace de ce que je voyais (plutôt que sur papier comme avant l’avènement d’internet). Et puis très vite, il y a eu une émulation avec d’autres blogueurs ciné (nous sommes d’ailleurs devenus un groupe d’amis dans « la vraie vie »). Et les visites étaient là, c’était stimulant. Puis c’est devenu une habitude.

En moyenne et à titre indicatif, combien voyez-vous de films par semaine / par mois? Et pour rester dans les chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour?

Cela varie. En moyenne je vois entre 10 et 20 films par mois, entre 2 et 5 films par semaine. Parfois moins (vacances ou état de santé). Il m’est arrivé de voir une trentaine de films dans un mois (mais je ne travaillais pas), cela reste exceptionnel. Je ne regarde plus la fréquentation du blog. Cela m’obnubilait au départ mais plus maintenant. Les dernières fois où j’ai regardé, la fréquentation oscillait entre 50 et 100 visiteurs uniques par jour.

Suivez-vous les statistiques de votre blog? Avez-vous une idée du nombre de vos visiteurs?

Voir question précédente ;-)

En tant que spectateur, comment vous définiriez-vous? Le cinéma tient-il un rôle important dans votre vie?

Le cinéma tient une place importante. C’est une passion et cela depuis le plus jeune âge. Des Disney vus en famille puis du ciné-club du lycée jusqu’à aujourd'hui, cela n’a fait que s’amplifier.

Avant-premières, rencontres avec les réalisateurs, les acteurs, festivals… Les recherchez-vous?

Plus maintenant non. Moins le temps et puis je préfère voir les films dans de bonnes conditions, dans des salles vides ou presque…

Votre type de salle de cinéma préféré? Multiplexes? Art et essai?

Je n’avais pas de préférence mais la fréquentation devient un peu « houleuse ». Entre les gens qui arrivent en retard, qui parlent, qui mangent, sont sur leurs téléphones etc… C’est parfois difficile. Les cartes illimitées ont d’ailleurs fait beaucoup de mal (même si c’est une très belle invention pour ceux qui « consomment » beaucoup). Quand je peux, je privilégie les petites salles d’art et essai, les spectateurs sont en principe plus respectueux. Pour un blockbuster ou une grosse comédie, les multiplexes me gênent moins.

Et le cinéma « en boite » (DVD, TV, « vidéo à la demande », visionnage sur ordinateur portable…)?

Peu de films à la télé, je n’achète plus de DVD, sauf les films qui m’ont marqué, quelques téléchargements, mais je regarde aussi beaucoup de séries (abonné Netflix).

Comment choisissez-vous vos films? (bouche-à-oreille, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un réalisateur et/ou un acteur – vraiment – préféré?

J’essaie d’éviter les bandes-annonces et je ne lis pas les critiques avant de rédiger mes avis. J’essaie d’arriver vierge devant un film mais cela devient assez difficile de nos jours avec la promotion intensive. Je vais voir les films de certains réalisateurs ou acteurs/actrices (la liste serait trop longue ici) systématiquement. Après, c’est sur le bouche à oreille, la rumeur, le sujet, les prix, et parfois complètement au hasard (souvent des bonnes surprises…ou pas…).

A quoi êtes-vous sensible dans un film?

Je cherche avant tout une émotion, quelle qu’elle soit (rire, pleurer, trembler, s’instruire, etc…). Le film peut être mal réalisé, mal filmé, les images pas belles, les personnages détestables etc… mais si j’ai ressenti une émotion c’est gagné.

Offrez-vous des films en DVD (ou Blu-ray…)? Si oui comment les choisissez-vous?

Parfois oui. En principe à quelqu’un dont je connais bien les goûts, ou si la personne a aimé un film et qu’elle ne l’a pas.

S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel film vous a le plus profondément marqué, parmi tous ceux que vous avez pu voir?

Mon film préféré est The Hours de Stephan Daldry.

thehours

Pourquoi celui-ci?

C’est un tout. L’histoire, l’interprétation, la mise en scène, la musique… Je l’ai vu une centaine de fois, et toujours la même émotion à chaque fois. C’est comme l’amour, ça ne se commande pas et ça ne s’explique pas ;-)

Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’un film vu dans votre enfance ou adolescence?

Les deux premiers films vus au ciné-club du lycée et qui m’ont marqué et même choqué mais m’ont fait aimé le cinéma immédiatement: Midnight Express et Elephant Man. Bambi et Blanche-Neige m’avaient terrorisé, pour d’autres raisons, mais je devais avoir entre 3 et 5 ans ;-)

midnightexpress     Elephant_Man

Etes-vous parfois tenté par la rédaction de scénarios voire la réalisation (courts-métrages…)?

Non, et je n‘ai aucun talent artistiques. D’autres le font si bien…

Que pensez-vous des adaptations d’œuvres littéraires au cinéma?

En principe je suis toujours déçu. Je pense qu’il faut mieux voir le film et lire le livre après, cela passe mieux dans ce sens. Cela apporte quelque chose au film, l’inverse non. Dernière exemple avec Call me by your name. Un vrai plus, même si l’adaptation est plutôt réussie.

Une opinion sur les « remakes »? Les « franchises » (suites, reboots…)?

A part faire de l’argent, aucun intérêt. Les suites, remakes, reboot, sagas, sont, soit ratés, soit moins bien que l’original. Mais il y a toujours des exceptions (par exemple le remake de son propre film par Michael Haneke: Funny Games / Funny games US).

Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

C’est parfait comme ça. Merci beaucoup.

Merci Ffred!

12 août 2018

Mille et un classiques - présentation de Maggie (à l'occasion de son 600e commentaire chez dasola)

Voici une troisième présentation de blogueuse fidèle commentatrice du présent blog, après Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017 et Aifelle le 25 octobre 2017. Une seconde fois sollicitée, à l'occasion de son 600e commentaire chez Dasola (après avoir décliné une invitation à se présenter à l'occasion de son 500e il y a un an), c'est Maggie [76] qui a cette fois-ci accepté de répondre à quelques-unes des questions posées. Soit dit en passant, 100 commentaires ici en même pas un an, cela mérite un petit coup de chapeau. Enfin, pour rappel, lorsque j'avais (ta d loi du cine, "squatter" et secrétaire de rédaction chez dasola) préparé ce questionnaire, je m'étais inspiré pour les questions littéraires de plusieurs blogs littéraires ayant une rubrique "interview de blogueurs / blogueuses" (Delph, de http://mespetitesidees.wordpress.com, Le bouquineur, de http://lebouquineur.hautetfort.com, Linette de http://lire-en-nuisette.fr), et pour les quelques questions cinéma posées, de celui de Martin [K], de ... Mille et une bobines.

Donc, au tour de Maggie, c'est parti!

************* 

Banniere_Maggie Bonjour Maggie [76], pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un lecteur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)? Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ou l'art?

Bonjour Dasola et Ta d loi du ciné.
Je vais me présenter brièvement. Je n'ai pas répondu aux questions comportant des classements, des comptages, etc., ce n'est pas mon fort...
J'ai 39 ans et j'ai fait des études de Lettres et d'histoire des arts. J'ai aussi un métier en lien avec les Lettres. Merci d'avoir pensé à moi pour ce questionnaire!

* Parlons un peu de vous et de votre blog: Mille et un classiques. Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer? Pourquoi la plateforme "canalblog"?

J'ai commencé ce blog par hasard. Une collègue tenait un blog, justement sur canablog et c'est pourquoi j'ai choisi cette plateforme. C'est plutôt simple à gérer.
Je me suis aperçu que j'oubliais rapidement mes lectures donc ce blog a été comme un carnet de lectures mais visible de tous. Il m'obligeait, en outre, à développer mes idées. C'était un peu un défi: serais-je capable d'exprimer correctement ce que je ressentais? Pourrais-je donner envie de lire?

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie?

Je suis une lectrice éclectique: je lis un peu de tout...
La lecture est très importante pour moi. J'aime à penser que je suis comme Simone de Beauvoir, dans les Mémoires d'une jeune fille rangée, dont la vie a été jalonnée par des romans, dans lesquels elle se projetait. De même, je vois la vie au prisme de la littérature: les personnes ou les situations m'évoquent souvent un livre (ou un film). Et puis, la lecture est importante dans ma vie pour des raisons banales: elle me permet de rire aux éclats (récemment, j'explosais de rire en lisant Ada de Bello) ou m'évader.

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique?

Je n'ai pas de liseuse et je n'en veux pas. Je n'ai pas l'habitude de lire de longs textes sur les écrans. De toute manière, j'ai besoin d'écrire sur mes livres, de relire des passages, de les souligner et de mettre des post-its. En revanche, j'aime beaucoup les livres audio.

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

Je suis sensible à tout, au format (je préfère les livres de poche, plus maniables), à l'illustration de couverture (je me rappelle une horrible couverture des Travailleurs de la mer de V. Hugo qui me rebutait à chaque fois que je reprenais le livre... jugez par vous-même! [ci-dessous]), à l'odeur (je déteste les odeurs de vieux livres), à l'épaisseur des pages (je les aime épaisses!) et j'aimais même découper les feuilles des livres de la collection Corti - mais je digresse trop... 

Travailleurs_de_la_Mer

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que vous avez pu lire?

Je suis incapable de choisir un seul roman même avec un couteau sous la gorge. J'ai été marquée aussi bien par la poésie du Spleen de Paris que par l'humour et le burlesque de Scarron. J'adore l'audace stylistique de Claude Simon mais aussi les exagération feuilletonnesque de certains auteurs etc. J'ai plutôt des toquades!

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente?

Je lisais surtout des Contes de Perrault et je les relisais sans fin (j’idolâtrais Perrault, Grimm etc.) mais la lecture la plus marquante, ce devait être à 12 ans environ quand j'ai découvert Les Misérables: ce n'était sûrement pas une version intégrale car je me rappelle surtout les amours de Cosette et Marius (je n'ai peut-être lu que le tome II). Ma mère ne se souvient pas de ces deux bouquins hugoliens. Mais je sais que j'ai gardé un goût immodéré pour Hugo.
En revanche, en seconde, j'ai lu L'étranger de Camus qui m'a fait une forte impression à cause de l'absurde et Nana qui a failli me détourner de Zola!

* Vous avez aussi écrit quelques dizaines de billets sur des séries TV ou des films.
Quels seraient les dix films que vous conseilleriez? Et les dix séries?

J'ai des difficultés pour classer, ranger, calculer donc j'ai mis plus de films, qui sont classés au hasard, au lieu de 10, et je n'ai pas fait un top 10 des séries car je n'en regarde pas assez pour que ce soit significatif, je pense...

1)    Hot fuzz, E. Wrigth
2)    Taxi Téhéran, Panahi
3)    L'île aux chiens, Anderson
4)    The Host, Bong Joon Ho
5)    Black swan, Aronofsky
6)    Blade runner, R. Scott
7)    Les temps modernes, Chaplin
8)    Get out, Peele
9)    Thor, Branagh
10)    Le labyrinthe de Pan, Guillermo del Toro
11)    L'homme qui tua Don Quichotte, Gilliam
12)    Au poste!, Dupieux

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

"A quoi ressemble ta bibliothèque?"

Elle paraît rangée mais ce n'est qu'une illusion. Je l'aime pourtant. J'ai des livres ailleurs mais posés n'importe comment!

Bibliotheque-Maggie

Merci Maggie! 

Banniere_Maggie

24 juillet 2018

Le démon de Gotland - Indrek Hargla

P1090555

Quand j'ai vu que le 6ème tome de la série avec l'apothicaire Melchior était paru (début juin 2018), je me suis précipitée pour acheter Le démon de Gotland (Editions Gaïa, 505 pages passionnantes). Une fois de plus, je suis partie dans le passé, en 1432 et 1433 entre Lübeck et Tallinn (autrefois appelée Réval), deux villes de la ligue hanséatiques si prospères au Moyen-Age. Presque deux après la mort de sa femme Keterlyn (une Estonienne), Melchior qui a atteint la cinquantaine ne s'est pas remarié. Les romans commencent toujours par un avant-propos qui décrit avec concision ce qui se passait à cette époque à Tallinn et dans les environs. Et cet avant-propos donne des clés sur les événements qui vont survenir dans le roman. Un incendie a ravagé une partie de la ville en 1433, le commandeur de la forteresse de Toompea part à la guerre et laisse le château à la garde de dix braves de l'ordre teutonique. C'est aussi le début de la "querelle des écoles de Tallinn" avec la rivalité entre l'évêque de la cathédrale et les dominicains. Vers 1450, les écoles populaires accueillaient aussi bien les filles que les garçons! Il est aussi fait mention de l'arrivée de l'Inquisition et de ses tribunaux en Estonie. Et à cette époque, le travail est une richesse plus que l'argent, qui est souvent prêté sans intérêt, même si l'usure se pratiquait. Enfin, concernant le mariage qui était un sacrement, la séparation n'était pas facile même s'il existait le divorce pour des cas particuliers comme la maladie mentale, la consiguinité, etc. Un divorce pouvait aussi être prononcé lorsque l'un des deux époux quittait le domicile conjugal.

Pour en venir à l'histoire, le récit alterne entre deux lieux: Lübeck en automne en 1432 et Tallinn au printemps 1433. Cet intervalle de 6 mois, c'était le temps qu'une lettre pouvait mettre pour aller entre ces deux villes par bateau qui était immobilisé à cause de la glace en hiver. Melchior, le fils de l'apothicaire (ils portent tous les deux le même prénom), est devenu un membre de la guilde des assassins de Lübeck. Il est doué pour préparer des poisons, en particulier la ciguë. Il apprend par un autre membre que son père, Melchior à Tallin, risque d'être tué, car ce dernier est connu pour pourchasser les assassins. Et justement, un tueur, le "démon de Gotland", a une mission à accomplir à Tallin. Melchior junior écrit donc à son père pour le prévenir. Sinon, Melchior est un jeune homme très amoureux d'une jeune femme appelée Lucia enfermée dans un couvent. Il cherche par tous les moyens à la rejoindre. Lucia est promise à un noble Français qu'elle n'aime pas. Quant à Melchior le père, ayant du mal à s'occuper de son officine tout seul, il accueille avec joie, Ludolf, un jeune apprenti doué d'une grande mémoire et très intelligent. Malheureusement, ce jeune garçon va être sauvagement assassiné pas loin de chez l'apothicaire d'un coup sur le crâne. Ludolf a eu le malheur de voir et d'entendre des choses qu'il n'aurait pas dû. Melchior, très en colère, va tout faire pour démasquer le ou les assassins. Il se rend compte que ce meurtre est lié au fait que peu de temps auparavant, il a été désigné comme exécuteur testamentaire d'un homme qui, sur son lit de mort, lui a confié un lourd secret. Pendant son enquête, Melchior, qui néglige son officine, va avaler une forte dose d'arsenic mélangé dans un gâteau. Heureusement, sa fille Agatha, et soeur jumelle de Melchior, devenue religieuse et jardinière dans le couvent des brigittines de Pirita, va le sauver. Je m'arrête là pour l'intrigue. Comme dans les tomes précédents, l'intrigue est toujours bien menée. Hargla nous décrit toujours très bien les us et coutumes de la ville de Tallinn à cette époque. Ce roman est un bon cru. Il peut se lire indépendamment des précédents. Et vivement le suivant.

Lire mes billets sur les tomes précédents, ici, ici, ici, ici et là.

7 juillet 2018

Passe ton bac, après on verra (Le Grand Duduche - L'intégrale) - Cabu

Les résultats du Bac 2018 sont tombés (avant oraux de rattrapage - "épreuve de contrôle" - le cas échéant). Les bacheliers 2018, nés pour certains avec le XXIe siècle, seront certainement des citoyens capables de suivre la vie politique française et de voter aux prochaines élections. En janvier 2015, lors de l'assassinat de Cabu (né en 1938, il aurait eu 80 ans) et de ses confrères à Charlie Hebdo, ils ne lisaient vraisemblablement pas encore la presse (ni ses dessins), par contre... Il m'a paru intéressant de reparler du titre d'un des volumes axés sur le personnage du Grand Duduche (Cabu y évoque notamment ses débuts de carrière de dessinateur...), même si je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] l'avais déjà cité dès le 18 janvier 2015.

P1000632

... Mais j'ai surtout réussi à jeter un petit coup d'oeil sur Le Grand Duduche - L'intégrale. On voit l'épaisseur de la somme (dont j'avais évoqué l'existence ici alors que je ne l'avais pas encore eue entre les mains).  

120659264rev       P1090517

Après (re)lecture de ces 640 pages (dans lesquelles sont disséminées les quelque 62 pages de Passe ton bac, après on verra!), j'y ai picoré quelques citations appropriées: aussi bien de grandes planches, des "duduchoramas" bourrés de détails (dont je me permets parfois d'extraire un élément), que des personnages saisis en un dessin. Les lecteurs de Cabu savent qu'il y représentait un univers disparu (internat d'un lycée de province) avec sa galerie de personnages pittoresques: des archétypes de profs caricaturaux, les uns imaginés en une seule vignette, d'autres suivis sur plusieurs planches), le pion "Belphégor", écrivain raté mais adulé par sa dominatrice de maman, le cuistot, le concierge (et madame)... sans oublier la fille du proviseur! En postface, en 2008, Cabu précisait: "Soit, Duduche me ressemble, comme la plupart des personnages de BD ressemblent à leurs auteurs, mais je n'ai pas voulu me représenter".

P1090505 p.55  P1090504 pp.24-25  P1090509 Un extrait d'une de ses galeries de profs plus caricaturaux les unes que les autres (p.204)...   P1090507 p.161 (ce qui nous ramène au sujet!) 
P1090508 p.198 (mais j'aurais pu mettre aussi la p.317!)  P1090524 p.446 (lycée occupé ou grève lycéenne)  P1090523 p.467  (ça existe encore, les "boites à bac"?)

P1090522 p.542 (extrait)  P1090521 p.480 (détail)  P1090520 p.58 (dans Passe ton bac!...) et 84 (dans L'intégrale).

Après les dessins, voici quelques images moins drôles. De mon côté, étant de passage (pour passer moi-même le bac) à Châlons-en-Champagne où est enterré Cabu (il était né à Châlons - à l'époque! -, qui s'est ensuite appelée Châlons-sur-Marne), je suis allé faire un tour à l'un des cimetières de la ville, le plus proche de la gare, et ai réussi à y trouver sa tombe. In memoriam, quelques photos...

P1080209   P1080208   P1080211 

Et quand même, je n'ai pas résisté, j'ai souri au spectacle que j'ai capté dans cette dernière photo.

P1080212 Est-ce qu'il aurait pu en tirer un dessin?

Enfin, cela fait trois mois d'affilée que mes billets-hommages mettent Cabu à l'honneur. Il sera temps, les mois prochains, de revenir sur d'autres des victimes du 7 janvier 2015.

*** Je suis Charlie ***

4 octobre 2018

Pyromane - Wojciech Chmielarz

P1100446

Grâce à Wojciech Chmielarz (né en 1984), j'ai lu un excellent roman policier. Pyromane (Livre de poche, 441 pages) se passe de nos jours à Varsovie en plein hiver (température -20°). Jakub Mortka dit le Kub, un inspecteur de police se rend avec son adjoint Kuchan sur le lieu d'un incendie volontaire. Une belle maison familiale a été brûlée suite au  jet de cocktail molotov lancée par la cheminée. L'acte a été méthodiquement prémédité. Dans la maison incendiée, on trouve le corps de Jan Kameron, un promoteur pas très honnète. Sa femme Klaudia, une ancienne candidate à Miss Pologne et chanteuse ratée a survécu car elle a réussi à s'échapper par la fenêtre. On apprend assez vite que Kameron avait été tué quelques heures avant que le feu ne se déclare par une personne différente  du pyromane. L'enquête s'avère difficile pour Mortka car une autre maison est aussi incendiée provoquant la mort de deux garçonnets, neveux d'un gangster notoire. Le lien entre ces incendies qui ne sont pas les premiers est le modus operandi. En plus de l'enquête, Mortka doit gérer sa vie personnelle ; père de deux garçons, il est divorcé depuis un an. Ayant laissé la maison à sa famille, il vit en colocation avec des étudiants (un garçon et une fille) bruyants. J'ai aimé le personnage de Mortka avec ses qualités et ses défauts et son sens de la justice (même si elle peut paraître discutable à certains), la construction du récit et le fait que je n'ai pas deviné le mobile de ou des assassins avant les dernières pages. Il y a des retournements de situation inattendus. J'ai été tenue en haleine jusqu'au bout. Je compte bien lire le suivant La ferme des poupées et j'ai vu sur le site de l'écrivain qu'il y en avait deux autres avec Mortka pas encore traduits. Je recommande tout comme Edyta, Yspaddaden, Alex-mot-à-mots, Yv.

9 juillet 2018

Les indestructibles 2 - Brad Bird / Trix, un T-Rex à Paris

Quatorze ans après le premier volet, Les Indestructibles 2 (The Incredibles 2 en VO anglaise) sont de retour. On retrouve toute la famille Parr en grande forme. Les Indestructibles sont des super héros dotés de pouvoirs étonnants. Ces pouvoirs se transmettent de parents à enfants. Mais ces superhéros, en voulant sauver la planète (les Etats-Unis), font parfois des dégâts collatéraux et sont désormais priés de se faire oublier. Jusqu'au jour où un milliardaire et sa soeur font appel à la femme de Bob, Helen Parr (alias Elastigirl, la femme élastique) pour une mission. Bob, lui, s'occupe de sa progéniture : Violet, Flèche et Jack Jack, un bébé avec une touffe de cheveu sur la tête. Jack-Jack dévoile des pouvoirs extraordinaires devant lesquels Bob a du mal a faire face. Tout comme Helen qui doit affronter un mystérieux hypnotiseur. Le film dure 1H58, il est plaisant, très bien fait. C'est bourré d'humour. Un film idéal pour petits et grands.

 --------------------------------------------------------------------------

Et sinon, si vous passez par Paris, allez faire un petit coucou à Trix (une charmante tyrannosaure-Rex qui vécut il y a 65 millions d'années). Son squelette dont on a retrouvé 75% des éléments dans le Montana est exposé jusqu'au 2 septembre 2018 au Muséum d'Histoire naturelle. Trix a une salle qui lui ait entièrement dédiée. Dans les salles avant et après, on apprend plein de choses sur les tyrannosaures et autres bébètes de ce genre. Pour l'anecdote, je suis allée voir Trix à partir de 18h, une heure avant la fermeture du musée, vendredi 6 juillet (la France venait de battre l'Uruguay en quart de finale). Tout le monde était dans la rue ou dans les bars et j'ai donc pu voir Trix dans une salle vide (ou presque), on était cinq visiteurs et deux gardiens. C'était presque une visite privée (mais, pas de chance, c'est fermé le mardi...). J'ai surtout été impressionnée par la hauteur de la bête et la longueur de sa queue (difficile à prendre en photo avec un portable).

20180706_184654

20180706_182726

20180706_183428

20180706_183122

20180706_183547

20180706_183422

20180706_183638

Pour terminer ma journée, j'ai pris une consommation au salon de thé de la Grande Mosquée de Paris, très bel endroit situé juste en face d'une des entrées du Musée. Le thé à la menthe et les gâteaux ont toujours beaucoup de succès.

7 août 2018

Comment rater ses vacances - Tignous et Gros

Ce mois-ci, je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] (re)mets à l'honneur un album contenant des dessins de Tignous, provocateur comme souvent.

  Couverture_2  P1090479

Le dessinateur Gros écrit en préface de Comment rater ses vacances, paru en 2015 aux Editions du Chêne: "En 2014, Tignous et moi, dans Marianne (...) on a décidé de parler des vacances. Faut toujours qu'il y ait un truc qui cloche avec les vacances. On allait faire un guide pour que les gens sachent comment rater leurs vacances. ils nous remercieraient sûrement après. (...) Un an après, c'est de nouveau les vacances, mais y a plus Tignous. Faut toujours qu'il y ait un truc qui cloche avec les vacances." 

La 4ème de couv' de ce recueil de dessins à deux "crayons" parle de "plus de 150 dessins". Pour ma part, je les ai pointés, et je n'en ai trouvé que 80 de Tignous (couverture comprise) et 63 de Gros (4e de couv' comprise): le compte n'y est pas?

Je vais d'abord présenter quelques "citations" des dessins de Tignous.

P1090498 p.81 (tout est permis?) P1090499 p.108 (le permis, vous dis-je...) P1090495 p.60-61 (trois d'un seul coup d'oeil!) P1090492 p.40 (celui-là, il me parle vraiment!) P1090494 p.49 (accro...) P1090491 p.31 (provoc... et toujours d'actualité en 2018...) P1090489 p.25 (hé oui...)

Je passe maintenant à Pascal Gros, co-dessinateur, dont certains des dessins m'ont fait pleurer de rire. Je trouve que les phylactères de ses dessins expriment un humour décalé qui me fait un peu penser à du Gérard Mathieu. Collègue de Tignous à Marianne, Gros a contribué un temps à Charlie Hebdo après le massacre.

P1090481 p.16 (le Français est chauvin?) 

 P1090482 p.32-33  P1090487 p.110 P1090490 l'avion [3 fois...], y compris encore un dessin de Tignous!

P1090486 p.67 (d'actualité toujours...) P1090488 p.118 (toujours d'actualité?) P1090483 p.42

Par_deux (j'ai pas été capable de choisir entre les deux illustrations, même si j'en préfère une...)

Sur un registre plus grave, Chloé Verlhac écrit en ouverture du recueil: "Tignous aurait dédicacé ce livre à ses enfants. Parce qu'il n'aimait rien tant que les vacances avec ses enfants."

P1090496 p.69 (allez, un dernier T. pour la route, avant de déconnecter)

Comme la sortie du livre date d'il y a déjà trois ans (réédité en 2016), je n'ai guère déniché trace de billets sur des blogs. Vous trouverez cependant 4 autres dessins sur le blog Baz'Art, et un joli billet signé Guillaume Doizy sur son portail Caricatures&caricatures.

Enfin, je profite de ce billet estival pour m'expliquer sur le fait que mes photos de citations ne montrent jamais les dessins aussi beaux qu'ils sont: c'est exprès! C'est pour pousser mes lecteurs à aller feuilleter l'ouvrage original...

*** Je suis Charlie ***

27 janvier 2018

Six quatre - Hideo Yokoyama

P1070134

Six quatre de Hidéo Yokoyama (Edition Liana Levi, 611 pages) est un roman impressionnant que j'ai mis du temps à lire, car il n'y a pas vraiment d'intrigue, l'ensemble est un peu statique. La fin, en revanche, est surprenante (je ne l'avais pas vu venir). L'histoire se passe en 2002. Le meurtre de Shôko, une petite fille âgée de 7 ans, enlevée et étranglée 14 ans auparavant, ne va pas tarder à être prescrit. En effet, le meurtrier n'a jamais été arrêté. Ce crime non résolu reste un cuisant échec pour la police de la région du nord de Tokyo. Ce genre d'acte criminel survient rarement au pays du Soleil Levant. Le héros de l'histoire, Mikami, est commissaire de police et, depuis peu, chargé des relations avec la presse - qui sont plutôt tendues. Mikami est marié. Il est le père d'Ayumi, une jeune fille mineure de 16 ans, fugueuse depuis quelques semaines. Elle ne donne aucun signe de vie. Mikami et son équipe doivent gérer la visite du chef de la police de l'Agence nationale. Ce dernier se recueillera devant l'autel familial de la petite victime avant de déclarer que tout sera mis en oeuvre pour que l'assassin soit arrêté avant la prescription. Le gros du roman décrit les rapports très codifiés entre les gens, l'importance de la hiérarchie entre ces policiers; ce qu'il faut dire ou pas; comment chacun s'adresse la parole. J'ai été frappée par le côté répétitif des situations décrites. L'écrivain (qui est journaliste) nous fait entrer de plein-pied dans une société japonaise très codifiée, hierarchisée, où les non-dits sont aussi important que les paroles. Où il ne faut pas perdre la face. Où quelqu'un est capable de vivre comme un ermite depuis 14 ans, suite au dysfonctionnement malheureux d'un magnétophone. Un texte très dense, avec beaucoup de personnages, que je conseille. Lire les billets de bazaart et a_girl_from_eart.

13 mai 2018

Passage des ombres - Arnaldur Indriðason

passagedesombres

Passage des ombres (Editions Métailie Noir, 300 pages) d'Arnaldur Indriðason clôt en beauté la Trilogie des Ombres (lire les billets sur le un et sur le deux). L'histoire se passe sur deux périodes, 1944 et de nos jours. En 1944, une jeune femme, Rosamunda, est retrouvée morte étranglée dans une rue près du futur théâtre national de Reykjavik. Elle travaillait dans un atelier de couture, elle était très douée dans son travail. Flovent et Thorson dont on avait suivi les enquêtes dans les deux premiers tomes sont chargés de découvrir qui a tué la jeune femme et pourquoi. Leur enquête va déboucher sur une impasse tragique. Plus de 60 ans après, un vieil homme nonagénaire est retrouvé étouffé dans son lit. On apprend assez vite qu'il s'agit de Thorson devenu Stephan Thordarson. Dans ce tome, on fait la connaissance de Konrad, un policier à la retraite qui aide la police à découvrir qui a tué Thorson et pourquoi. Je peux dévoiler que Thorson avait repris l'enquête sur la mort de Rosamunda et par la même occasion sur la mort de Hrund, une autre jeune qui s'était peut-être suicidée en se jetant dans un fjord. Leur point commun était qu'elles avaient été violées et que leur agresseur leur avait dit d'expliquer qu'elles s'étaient fait entreprendre par des elfes comme dans les sagas islandaises. J'ai trouvé l'intrigue bien menée. Indriðason maîtrise parfaitement les récits croisés sur deux périodes. Les histoires se recoupent. C'est vraiment prenant mais empreint d'une grande tristesse. Des trois tomes, c'est mon préféré. Lire le billet de Simone.

7 avril 2018

La légèreté - Catherine [Meurisse]

Sans raison particulière, ce n'est qu'aujourd'hui que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) publie, dans la série de mes hommages suite à "l'attentat" commis contre l'équipe de Charlie Hebdo, un billet sur ce livre, La légèreté, sorti en avril 2016 (date sur le dernier dessin: février 2016), et que j'avais déjà évoqué ici.

P1090395

Catherine a travaillé sur le "numéro des survivants" de Charlie Hebdo, et cette BD (thérapeutique, cathartique?) raconte comment elle s'est ensuite "reconstruite" elle-même après le massacre de ses collègues et amis, alors que seul le hasard (elle était en retard pour cause de panne de réveil pour cause d'insomnie pour cause de chagrins personnels...) a fait qu'elle a "raté" de peu l'irruption des assassins devant les présents en salle de rédaction.

Sur les 132 pages de cette bande dessinée atypique, les pages 11 à 33 constituent un terrible "témoignage/reportage vécu" sur l'événement. De la totalité du livre, j'extrais juste les quelques citations graphiques ci-dessous.

P1090396    P1090397    P1090398   

P1090399

Je n'en dirai pas plus sur le contenu que je laisse chaque lecteur découvrir avec sa propre sensibilité. Je préciserai juste que l'album est préfacé par Philippe Lançon, qui, lui, s'est mangé de la balle durant l'attentat (le "massacre", comme exprimé plus haut).

J'ai aussi fait, comme cela m'arrive parfois, une petite recension de blogs ayant publié une chronique sur ce livre, sans prétendre à l'exhaustivité. Vous pouvez donc aussi lire, par ordre alphabétique: Amandine (les lectures d' - ), Jean-Noël Leblanc, Joëlle (Les livres de - ), Le marque-page, Lili Galipette, Lisou (Les pipelettes en parlent), Mo' (Chez - ), Nicole (Mots pour mots), Noukette, Romanthé (Vie de - ), Sandrine (Promenades et méditations), Sophie (Les tribulations d'une quinqua), Violette.

*** Je suis Charlie ***

7 mai 2018

Cabu à la Comédie Française (salle Richelieu)

Dasola et moi (ta d loi du cine, "squatter") avons eu l'occasion récemment d'aller à la Comédie Française. Je vais m'appuyer sur cette sortie théâtrale (qui n'est pas le sujet du présent billet) pour mon billet "Charlie hebdo" du mois de mai 2018.

Depuis le 10 mars et jusqu'au 25 juillet 2018, la salle Richelieu expose 200 dessins de Cabu sur la thématique "Vive les comédiens" (dont un certain nombre de croquis inédits), à voir "pendant l'entr'acte" (dans la pratique, il est difficile d'en faire le tour en ce laps de temps sauf à marcher très vite!).

20180429_163937

Plutôt que de la paraphraser, voici les photos de la petite plaquette.

P1090422   P1090421 Il paraît donc qu'il y a des photos jusque dans les toilettes. Question sans réponse à ce jour: dessins différents pour les hommes et les femmes?

Il existe aussi, disponibles en téléchargement, deux riches "Dossier pédagogique" (pour les scolaires) et "Dossier à destination des enseignants".

Durant sa carrière, Cabu a illustré les affiches de plus d'une d'une centaine de pièces de théâtre. Une douzaine sont visibles dans le grand escalier (pas de photos ici).

Lors de notre visite (avant la pièce, à l'entracte, et enfin à contresens lorsque le gros des spectateurs sortaient en fin de spectacle), j'ai fait une sélection "à la volée" des dessins qui me "parlaient" le plus, et Dasola a bien voulu les capter au vol pour que je puisse les citer dans le présent billet. N'oublions pas, bien entendu, de préciser que toute l'oeuvre de Cabu est désormais "copyright Véronique Cabut".

20180429_134121 Je me rappelle avoir vu Bernard Tapie dans cette pièce naguère. Il n'a plus la même tête aujourd'hui (pour la faconde, je ne sais pas!).  

20180429_134402 Il faut prêter attention à tous les textes (accessoirement, je ne savais pas que Cabu avait illustré la chronique théâtrale du Figaro à la fin des années 60...).

20180429_153158 

20180429_134621 Bien trouvé, pour l'intermittence! ...

20180429_152933 ... et comme quoi, Cabu est toujours d'actualité (tout est dans le choix parmi ses dizaines de milliers de dessins...).

20180429_153650

20180429_153114 Que n'aurait-il pu encore dessiner, Macron président, en terme de "comédies du pouvoir", ce grand Cabu!

20180429_153925     20180429_134014 [vérification faite, Marivaux, c'est un choix de dasola, pas de moi...]. 

20180429_163622 Ah, et pour finir, ma souffleuse me signale qu'elle voulait faire un petit "coucou" à Claudialucia via ces derniers dessins!

20180429_163852

*** Je suis Charlie ***

7 janvier 2018

Festival "Rendez-vous du carnet de voyage" - Michel Renaud

Ce mois-ci, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) vais rendre hommage à l'une des personnes assassinées il y a trois ans dans les locaux de Charlie Hebdo, mais moins médiatisée, depuis, que l'équipe rédactionnelle proprement dite. Michel Renaud s'est retrouvé sous les balles des assassins par malchance, au mauvais endroit, au mauvais moment (il ramenait à Cabu des dessins originaux de celui-ci). Je ne savais pas trop par quel biais l'évoquer: cet homme d'écriture ne semble pas avoir publié de livre? Né en 1945, après un début de carrière comme journaliste, il a ensuite gagné sa vie à partir de 1982 comme Directeur de la communication de la mairie de Clermont-Ferrand. C'est dans cette ville qu'il a créé (en tant que Président fondateur, et avec trois autres membres) l'association Il faut aller voir (IFAV), déclarée le 16/12/1997, avec comme objet de faire partager une certaine approche du voyage fondée sur la recherche de l’authenticité, notamment par la manière de voyager. Elle "regroupe des personnes attachées à découvrir d’autres cultures et d’autres horizons. L’IFAV promeut une forme de voyage qui privilégie l’autonomie et l’indépendance, qui permet de s’éloigner du tourisme traditionnel au profit d’une approche très centrée sur l’Homme, la découverte et le respect des différences. (...) Depuis l’an 2000, l’association Il Faut Aller Voir organise une manifestation artistique et littéraire autour du carnet et du récit de voyage :" le Rendez-vous du Carnet de Voyage [je cite le site internet]. "L’objectif de la manifestation est d’ouvrir une fenêtre sur ce support particulier qu’est le carnet de voyage, de donner à voir les nouveautés du genre, mais également de récompenser les plus remarquables." J'avais vu passer dans Charlie Hebdo n°1321 du 15/11/2017 l'annonce de la 18e édition, du 17 au 19 novembre, avec notamment la mention du prix de l'écriture Michel-Renaud. L'événement a ainsi survécu à son fondateur. Les rédacteurs de la page wikipedia consacrée à Michel Renaud ont fait le choix (argumenté) de mettre en avant sa passion des voyages plutôt que ses professions de journaliste ou de communicant. Toujours dans Wikipedia, la définition du carnet de voyage comme "genre littéraire" parle de croquis, dessins ou photos accompagnés de textes dispersés dans la page. Lors du "Rendez-vous" annuel, ce sont donc différents événements qui ont lieu: expositions de carnets, rencontres, tables rondes, attribution de plusieurs Prix... Ainsi, en 2014, lors de la 15e édition, Cabu avait remporté le Prix spécial du jury, pour l'ensemble de ses carnets de voyage. Par ailleurs, un autre festival sur le thème des carnets de voyages a aussi été créé à Venise à partir de 2011, "Matite in Viaggio", avec la participation de Michel Renaud.

Sa veuve, Gala Renaud-Romanov, rencontrée en 1988 en URSS lors d'un de ses voyages, avait contesté l'usage fait par Charlie Hebdo des fonds disponibles après l'attentat. Je n'entrerai pas dans le débat stérile de prétendre juger ce que vaut, financièrement parlant, la vie d'un homme. Mais je signalerai l'existence d'un livre d'entretien de Gala Renaud-Romanov par Marc Alexis Roquejoffre (sic), Michel Renaud, besoin du monde. Dans cet ouvrage édité en novembre 2017 à compte d'auteur (et qui semble très peu présent sur la Toile - peu de photos de couverture disponibles), Gala raconte son histoire avec Michel et l'amour qu'il portait aux voyages, aux rencontres et aux personnes. Une interview avec le co-auteur (via sa société de production), publiée sur youtube depuis le 16 novembre 2017, en était, hier 6 janvier 2018, à 104 vues.

Livre_sur_MichelRenaud     Lien Youtube - interview

Texte et photos. 112 pages. 15 €. Sous réserve que j'arrive à me le procurer, peut-être pourrai-je en parler davantage un de ces mois?

*** Je suis Charlie ***

2 mars 2024

Cocon - Machiko Kyô

C'est grâce à Audrey (du blog Light And Smell) que j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) eu connaissance du challenge "Mars au féminin - édition 2024" créé par l'instagrameuse Floandbox, qui invite à "ne lire que des autrices, sous toutes les formes de livres, roman, essai mais aussi graphiques, manga etc.". Son ancien blog paraît ne plus être alimenté depuis décembre 2023. N'étant pas sur Instagram, je n'ai pu consulter le règlement complet pour 2024. J'espère que cet intéressant challenge de "mise à l'honneur" d'autrices n'est pas exclusif mais bien inclusif (offrant la possibilité que des blogueurs, et pas seulement des blogueuses, participent; et acceptant que des blogs qui rédigent aussi, durant ce mois, des articles sur des auteurs, puissent participer...)! Je me rappelle avoir participé naguère au challenge "Chick Litt for men" organisé par Calepin en 2008-2009: si celui-ci était "réservé aux hommes", il était plaisamment ouvert aux "supportrices officielles"... mais je pense qu'on était moins chatouilleux sur "l'inclusion", à l'époque.

Bref, cela tombe bien: je souhaitais rédiger un petit article sur un manga (et on sait que beaucoup de "mangaka" sont des femmes) que le hasard m'a mis entre les mains. Il s'agit cette fois-ci non pas d'un tome d'une série mais de ce qu'on appelle un "one shot", de parution récente, Cocon. 

Cocon (dessin & scénario: Machiko Kyô), Imho, janvier 2024, 210 pages

Vers la fin de la Seconde guerre mondiale, à Okinawa, les élèves de "la meilleure école pour filles" de l'île sont réquisitionnées comme équipières d'un hôpital de campagne. Nous suivons San et ses camarades, dont l'insouciance initiale s'effrite au fur et à mesure de leurs confrontations à la violence. Mayu, aussi ambiguë que ses sentiments pour San, apparaît comme la personnalité la plus forte, en lui suggérant de se construire un "cocon mental" protecteur, tel celui d'où surgira finalement le papillon qu'est devenu la chenille initiale, "après". 

Ici, pas de surnaturel, de monstres infernaux ni de meurtriers démoniaques à affronter en d'épiques combats. Juste la guerre qui touche désormais le territoire national du Japon, les bombes et les tirs de l'ennemi que la propagande leur a tellement appris à redouter que le suicide est la solution prévue en dernier recours. Horrible, non? Hé bien, le talent sensible de Machiko Kyô consiste à montrer comment cohabitent moments de douceur (retours dans le passé insouciant) et événements traumatisants. Mais le dessin suggère, plutôt que de montrer ceux-ci. Les jeunes héroïnes sont engagées corps et âmes dans la "protection civile". Les hommes (les soldats des deux camps) sont esquissés en silhouettes fantomatiques. Des pages entières peuvent rester muettes. Le style peut rappeler à certains moments le Myasaki de Nausicaa de la Vallée du Vent, à d'autres certains dessins de mouvement "au trait" tels qu'Hugo Pratt pouvait les pratiquer. 

Je vous cite quelques pages, en espérant vous donner envie de découvrir cette oeuvre.

p.6-7 (ci-dessus) & 8 (ci-dessous): le cocon imaginé.

p.46 (ci-dessus) et p.29 (ci-dessous)

Ci-dessous (p.98-99 & 100), une scène terrible, et son explication. Est-ce que cela vous fait aussi songer à Hugo Pratt?

Edit du 10/03/2024: Tampopo24 (du blog "Les blablas de Tachan") en a aussi parlé. Et même une chronique en espagnol (de l'édition parue en cette langue en 2020) sur le blog de Rebecca (mais à part Colo, je ne connais aucun blog bilingue...).

9 janvier 2024

17e bloganniv' du blog de dasola - 2023 en chiffres

Alors que le blog de dasola rentrera demain dans sa 18e année, je (ta d loi du cine, squatter" - et statisticien - chez dasola) vais vous commenter quelques données chiffrées sur l'année désormais derrière nous. 

Dasola a rédigé 112 billets en 2023, j'en ai produit 46. Ses 69 billets "cinéma" ont généré 808 commentaires de 92 blogueurs différents, contre 403 (par 80) pour ses 35 billets "livres" (il peut bien entendu y avoir recoupement entre les blogueurs!). En ce qui concerne les miens [sélectionnables via le tag "Billet de ta d loi du cine"], ils ont inspiré 107 personnes différentes pour un total de 528 commentaires. Plus particulièrement, mes douze billets "hommages du 7" ont suscité 57 commentaires par 26 commentateurs différents. 

Au total, en 2023, on s'est rapproché des nombres de commentaires de 2017 (soit 1918) et même de 2018 (soit 1966), puisque, au 31 décembre 2023, c'est à 1914 que le compteur s'est arrêté. D'où proviennent donc ces bons chiffres, alors que le nombre de commentaires annuels décroissait régulièrement depuis 2019? Hé bien, remarquons que, en 2023, un seul et même billet a reçu 123 commentaires (par 46 personnes différentes): celui qui récapitulait les participations au challenges des "Epais de l'été", pulvérisant en partie le total précédent (77... mais par autant de personnes). Globalement, la totalité des chiffres est reparti à la hausse, si l'on se rappelle que l'année 2022 avait seulement stagné à 1475 commentaires.

A cheval sur les deux années, DocBird est en tête pour le plus grand nombre de commentaires de date à date (et non par année civile), avec 146 commentaires entre le 15/07/2022 et le 14/07/2023. En 2023, un nouveau record de commentaires en une année civile (par une même blogeur-euse) a été battu, avec les 143 de Manou. Mais DocBird, avec 134 commentaires, aurait aussi battu les 129 de MissFuji en 2021. 

Le total de commentateurs différents passés au moins une fois (et jusqu'à 143, donc) en 2023 chez dasola est de 148 personnes différentes (dont 34 primo-commentateurs). En m'amusant à quelques recherches rétrospectives, j'ai constaté que le total des commentateurs 2022 non revenus en 2023, additionné à ceux ayant fait leur dernier commentaire en 2021 (pas davantage revenus en 2023 qu'en 2022), et ainsi de suite en remontant jusqu'aux derniers commentaires faits en 2018, atteignait 151 blogueurs / commentateurs. On voit que cela s'est donc joué à fort peu pour que le nombre total de commentateurs 2023 dépasse celui des "infidèles" des cinq années précédentes: en faire basculer un ou deux parmi les revenants, en conquérir ou reconquérir trois ou quatre autres... 

Sur les 148, une demi-douzaine sont d'ores et déjà passées en pause dans le courant de l'année 2023, voire ont supprimé leur blog (certains sont peut-être décédés? L'information nous parvient rarement - cela a été le cas pour Coumarine). Pour les blogs seulement mis en pause, on peut garder longtemps espoir d'un retour: Thaïs a fait son retour sur la blogosphère en créant en 2023 un nouveau blog... 13 (treize!) ans après avoir arrêté le précédent! A l'inverse, parmi les 34 primo-commentants en 2023, 5 ont d'ores et déjà rédigé chez dasola les 5 commentaires (voire davantage) qui permettent de les répertorier ici ou là dans les "blog-listes" de la colonne de droite. Et, en 2023 toujours, ce sont trois blogueuses qui ont franchi le cap des 500 commentaires ici, après lesquels on leur propose de se présenter en répondant à quelques questions plus ou moins personalisées dans un billet dédié: Manou, Pascale et Luocine. Mais d'autres progressent à grande vitesse vers les 500 (au rythme de plusieurs dizaines de commentaires par an), comme on peut le voir dans la fameuse colonne de droite. En 2024, sur les plus de 400 blogueurs (405) à avoir fait au moins 5 commentaires ici, 180 sont toujours actifs. 

En 2023 encore, dasola a participé comme elle le faisait de longue date au challenge estival sur des "pavés de l'été". Mais cette fois-ci, j'étais aussi organisateur d'un des deux challenges ayant pris la suite de celui que Brize avait créé en 2012 puis maintenu durant 11 éditions. Pour ma part, j'ai également participé, comme je le fais depuis quelques années, au challenge de l'Imaginaire, au challenge Summer Star Wars, à deux challenges portant sur les "Classiques", au challenge sur la guerre de 1914-1918. En 2024, je pense que je relancerai un challenge "marsien" (portant sur la planète Mars), et sans doute une nouvelle édition des "Epais de l'été" (voir colonnes de gauche pour les challenges terminés, de droite pour les challenges en cours). 

Ce billet tire à sa fin, avec un retour à une partie chiffrée, sous forme de graphique: cette année, voici le nombre de commentaires obtenus par les billets "Palmarès cinéma" de dasola, qu'elle propose sans faute depuis les débuts de son blog, tandis que les palmarès "lectures" sont plus aléatoires (on les trouve via le tag "Palmarès"). La variation du nombre de commentaires peut parfois s'expliquer par la date du billet, la coïncidence avec le dernier ou premier billet de l'année, les voeux... À vous de voir!

Nb_commentaires_sur_palmares_cinema_annuels

Enfin, je terminerai en rappelant que la plateforme c*n*lbl*g a renoué avec ses problèmes d'accès depuis quelques semaines, et qu'il ne faut donc jamais hésiter à "insister", à revenir en arrière et/ou à recharger la page en cas de dysfonctionnement ou de message d'erreur: le blog de dasola, lui, est toujours actif!

5 juin 2022

Miss Waters - H. G. Wells / La sirène des pompiers - Hubert & Zanzim

wells_NOIR   2022-en-classiques-Logo1   10e_ChallengedeLImaginaire Le-Mois-anglais-2022

Je (ta d loi du cine, squatter" chez dasola) continue notre "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline) avec un roman publié en volume en 1902 par H. G. Wells, Miss Waters. Je l'inscris aussi au Challenge "2022 en classiques" (co-organisé par Nathalie et Blandine). L'autre ouvrage présenté dans ce billet (une bande dessinée) n'a pas de lien direct avec H. G. Wells, mais je l'avais acheté il y a déjà quelques mois, et j'ai trouvé que son sujet donnait un bon écho au premier livre. Les deux oeuvres peuvent figurer au "10e challenge de l'Imaginaire" (de Ma lecturothèque).

IMG_4368

Voici donc le Folio n°1559 (mon édition date de 1984), et un album de BD.

P1140477Miss Waters, c'est l'identité qu'adopte, pour s'intégrer dans une bonne famille anglaise, la sirène que le père et le fils de la maison croient initialement avoir sauvée de la noyade. La description des dispositions matérielles prises pour gérer cette situation incongrue (une sirène chez des humains!) est intéressante. Mais en fait, celle-ci a des vues sur le fiancé d'une invitée de la famille qu'elle avait aperçu sur le rivage... (vous suivez?). Celui-ci est en voyage, mais dès son arrivée... Séduction! Scandale! Rupture! Echanges de lettres! Le jeune homme laisse tomber le destin tout tracé que lui avait préparé sa propre famille - quelque peu étouffante (une bonne alliance matrimoniale, une candidature à la Chambre des Communes...), et cela pour une "créature". Et c'est le "cousin du narrateur", un certain Melville (!), qui est chargé de s'entremettre (de séparer la main et la nageoire), sans trop savoir comment s'y prendre, ni même de quel droit...

Pour ma part, autant j'ai apprécié la partie avec de l'action concrète (au début) ou de l'humour (en gros, la première moitié du livre), autant la partie des angoisses philosophiques, avec des non-dits, des hésitations, des phrases inachevées pleines de sous-entendus où chacun peut ou doit restituer ce qui reste éventuellement informulé, m'a un peu ennuyé. C'est nonchalant, il ne se passe pas grand chose. Unetelle parle à untel pour le charger de parler à une tierce personne... Les états d'âmes de la bonne société du XIXe siècle ou du début du XXe, ce n'est pas trop mon truc. Franchement, j'ai eu l'impression que Wells s'amusait un peu, ici, à tirer à la ligne en faisant confiance à l'imagination de ses lecteurs. Mais bon, peut-être des lectrices de livres anglais que je n'ai pas lus (Jane Austen? Les soeurs Brontë?) seraient-elles davantage amenées à rêver sur ces pages, sur les difficultés de l'entente entre personnes de milieux si divers? On peut aussi se demander si Wells, qui n'a pas eu une vie sentimentale extrèmement rangée, ne se défoulait pas, en quelque sorte, dans les situations incongrues de ce livre... Il faudrait que je lise une de ses biographies pour en savoir davantage.

En tout cas, le roman est paru en feuilleton en 1901 (fin de l'époque victorienne, donc) et a été traduit en français dès 1906.

Edit du 26/06/2022: je viens juste de (re)découvrir que Praline en avait parlé en 2007. J'ai l'impression que les moteurs de recherche répertorient de plus en plus mal les blogs (au prétexte de "protection des données personnelles"?).

*

*          *

La bande dessinée La Sirène des Pompiers nous dépeint une autre sirène, qui vit aussi la plus grande partie de son aventure terrestre durant la Belle époque, mais en France (native de Bretagne, elle "remonte" à Paris par la Seine). Hubert (scénariste, décédé en 2020) et Zansim (dessinateur) ont collaboré sur de nombreux albums (en plus de celui-ci, je n'ai lu que Peau d'homme, paru en 2020, et une réédition de L'Ile aux femmes [1ère éd. 2015]).

P1140476La sirène... a été publié en 2006. L'album met en scène une  jeune sirène inadaptée (outre qu'elle meurtrit les oreilles de ses soeurs en chantant comme une casserole, elle ne prend pas sa queue en regardant les marins attirés se noyer entre ses bras). Soupirant à la lecture de magazines des épaves récentes, elle ne rêve que falbalas parisiens et danses de bals... Mais prenons les choses dans le bon ordre: qui est le pompier? Raté, ce n'est pas un bon samaritain, ni son sauveur. A l'arrivée de la sirène (jamais prénommée) dans nos eaux, Gustave Grelinet lui tombe littéralement dans les bras. Et c'est elle qui fera bouillir la marmite. Indépendante financièrement, elle commence par jouer la mécène auprès de l'homme qu'elle s'est appropriée (artiste peintre qui cherche... le succès), avant d'encourager d'autres peintres dont la peinture lui "parle" davantage. Endosser sa "peau de femme" ne s'avère pas si facile (foutue queue!). Comme chez Wells, nous retrouvons une chaise roulante, diverses astuces vestimentaires pour dissimuler l'appendice, et la servante dévouée. Et si les personnages masculins accumulent les destins tragiques - parfois entre les bras de notre créature -, la fin de l'album (de notre temps) reste ouverte.

Ci-dessous quelques pages de la BD, pour vous en donner une idée. L'album compte 62 planches + une dizaine de pages de présentation de "l'oeuvre de Gustave Grelinet". Cliquez sur les vignettes pour les agrandir.

P1140475 p.10-11 P1140474 p.14

P1140473 p.40-41

L'ancien blog de Yuko en avait parlé. Vous pouvez aussi lire un avis sur le blog BloCoLi.

Enfin, je signale que j'ai en vue une "lecture commune" du livre Les vaisseaux du temps de Stephen Baxter, suite de La machine à explorer le temps d'H. G. Wells.

Edit du 9 juillet 2022: je rajoute rétrospectivement le logo du "11e Mois anglais 2022"... qui avait lieu en juin!

4 avril 2019

Le hibou - Samuel Bjørk / Art et décès - Sophie Henaff

Pour ceux qui ont lu et aimé Poulets grillés et Rester groupés, vous risquez d'être déçus, comme je le suis, par Art et Décès de Sophie Henaff (309 pages, Albin Michel). On retrouve la brigade de police commandée par le commissaire Anne Capestan, qui a accouché d'une petite Joséphine qui capte toute l'attention de sa maman. J'ai trouvé que l'intrigue ne cassait pas trois pattes à un canard. La capitaine de police Eva Rosière, un membre du groupe, a pu enfin vendre un de ses scénarios et un film est en train d'être tourné. Manque de chance, un jour, le réalisateur est retrouvé mort à l'heure du déjeuner, un poignard entre les omoplates. Bien entendu Capestan et son groupe vont mener l'enquête dans le studio où s'est déroulé le meurtre. Et Eva est la première suspecte pour diverses raisons. Moi qui avais souvent souri en lisant les deux précédents, je n'ai pas retrouvé l'humour des deux précédents. Les membres de la brigade manquent de relief. Et pour ceux qui n'ont pas lu les tomes précédents, on a dû mal à comprendre ce qui fait leur personnalité. Sophie Henaff, ou l'éditeur (?), y a d'ailleurs pensé car à la fin du volume, il y a des extraits choisis des deux volumes précédents sur les "poulets grillés".

P1100874

 Je passe à Le Hibou de Samuel Bjørk (Pocket, 470 pages), un excellent thriller norvégien qui m'a captivée de bout en bout (hi!). Une jeune fille est retrouvée assassinée dans un clairière. Son corps est recouvert de plumes d'oiseaux (de hibou). L'enquêteur criminel Holder Munch aidé par Mia Krüger, une jeune femme un peu traumatisée mais très intelligente, vont mener l'enquête ,dont une partie se déroule dans une exploitation horticole où vivent des jeunes en rupture avec leur famille. Les suspects sont nombreux mais le nom du ou la coupable ne nous est révélé qu'à la toute fin. J'ai trouvé que l'intrigue tenait debout et elle tient en haleine. J'ai tellement aimé que je compte lire le roman précédent de l'écrivain, Je voyage seule.                                                               

P1100873

6 juin 2013

Tokyo Zodiac Murders - Soji Shimada

P1030557

Voici un roman policier japonais que je vous recommande absolument: Tokyo Zodiac Murders de Soji Shimada (Rivages Noir, 430 pages). Il s'agit d'une histoire criminelle qui trouvera sa conclusion plus de 40 ans après les faits. En 1936, dans une grande famille, un peintre est assassiné dans son atelier, et plusieurs jours après, ses quatre filles, belle-fille et deux nièces, sont elles aussi assassinées. Le peintre, Heikichi, a été tué dans son atelier, il s'agit d'un crime en "chambre close". En ce qui concerne les jeunes femmes nées sous un signe du zodiaque différent, elles ont été empoisonnées à l'arsenic. Chaque corps a été amputé d'une partie (pour former une entité appelée Azoth) et les cadavres ont été enterrés plus ou moins profondément aux quatre coins du Japon. D'ailleurs, entre la découverte du premier corps et celui du dernier, il se passe presque 1 an. C'est grâce à ses qualités de réflexion et de déduction qu'un astrologue résoudra l'énigme en 1979 (l'astrologie n'y a pas de rôle). Le roman est émaillé de croquis explicatifs sur le pourquoi du comment. C'est ludique et vraiment très bien troussé. L'écrivain est lui-même astrologue. Il est l'auteur de nombreux romans à énigmes. Tokyo Zodiac Murders est le premier publié en français. Je sens que vous êtes intrigués...

25 novembre 2024

Carole & Tuesday - Morito Yamataka

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais un peu "tricher" par rapport à mon challenge marsien en présentant une oeuvre certes "d'anticipation", mais dont le volet martien m'a semblé (contrairement à mes attentes) aussi ténu que peut l'être l'atmosphère actuelle de la planète (même si celle-ci peut permettre à un "mini-hélicoptère" drone de parcourir des centaines de mètres). Il y est par contre question d'une place prédominante de l'IA (intelligence artificielle) dans certains secteurs, alors Mars et cet aspect "SF" suffisent pour l'inscrire aussi au 12e challenge de l'imaginaire proposé par Tornade... 

Yamataka Morito (oeuvre originale: studio Bones / Wattanabe Shinichiro),
Carole & Tuesday (3 tomes),
nobi nobi!, 2020-2021 en France (2019-2020 au Japon)

 

Sur Mars terraformée, deux jeunes filles, l'une (Carole) orpheline qui enchaîne les petits boulots pour survivre et l'autre (Tuesday) fugueuse de bonne famille, se croisent à Alba (capitale, au moins culturelle, de Mars) et se découvrent une sensibilité musicale commune. Elles vont être amenées à "percer" dans la musique (chanson) grâce à divers soutiens, et nous allons suivre tant leur cheminement que celle de la "concurrence" qu'elles rencontrent, alors que la création musicale est désormais un "monopole de fait" de l'IA. 

Avec ma "focalisation" particulière (Mars...), je ressens un peu le même genre de frustration que lors de ma lecture de Running Girl: tout ce qui nous est donné est intéressant, mais on en aurait attendu bien davantage sur le "cadre" martien, notamment. Or, seules quelques citations et allusions témoignent que l'on est bien sur la planète Mars (terraformée?), mais l'on pourrait aussi bien être n'importe où (dans le futur), et cela n'intervient nullement dans l'histoire.

Je dois tout de même préciser que cette "mini-série manga" a été créée d'après la saison 1 d'un "anime" (dessin animé japonais) que les lecteurs sont donc peut-être censés déjà connaître et avoir vu (oeuvre originale: studio Bones / Shinichiro Watanabe), ...ce qui n'est pas mon cas. Je ne peux donc me référer qu'à cette version "papier". 

Bien évidemment, le manga est muet: contrairement à l'anime, on n'a pas la musique ni les chansons! Seuls les dialogues et quelques dessins magnifiques (en noir et blanc, fréquemment rehaussés de différents gris tramés) peuvent témoigner de l'harmonie entre nos héroïnes. Les gamines s'entendent bien dans le domaine musical (sensibilité commune) et cohabitent cahin-caha (caractères et "vécus" différents...). Est-ce que leur intimité va plus loin? Nous n'avons droit -hors champ- qu'à un ambigu "dis, Tuesday, et si on sortait, toutes les deux?" (p.120 - peut-être s'agit-il juste d'aller arroser une bonne nouvelle dans un bar...). 

 

Le gros des pages que j'ai choisi de citer pour leur valeur esthétique ou explicative provient du tome 1.

Première page du 1er tome: nous sommes à Herschel (?) et quelques heures (et pages) plus tard, Tuesday est arrivée à Alba (ci-dessous).

Et quelques pages plus loin, alors que Carole est en train de jouer du clavier en pleine rue...

...pp.26-27 & 30-31, la rencontre et le coup de foudre (... entre musiciennes)

p.56-57, le plaisir de la composition en commun, sur la même longueur d'onde, entre notes et mots...

p.65, une image magnifique (sous les feux de la rampe?)... 

Afin de trouver un vrai piano à queue, les filles se faufilent "au culot" dans le "Hall commémoratif des  immigrants martiens", et chantent... (sans s'apercevoir que leur "prestation improvisée" bénéficie (?) d'une "captation sauvage"... qui va créer le "buzz"). 

p.84-85: c'est autre chose que de la musique créée par "intelligence artificielle"... (commentaire ci-dessous p.106).

Encore une jolie image, avec nos deux jeunes filles qui se protègent sous une coquille, une sorte de corne d'abondance constituée de notes entrelacées... (p.139).

Après leur premier spectacle (à l'insu de leur plein gré), elles ont été approchées par un auto-proclamé "impresario", qui va les amener à "s'incruster" au "Festival Cydonia" (il paraît qu'il connaît l'organisateur).

p.162-163: en pleine prestation...

p.172, dialogue entre deux vedettes installées que la sincérité des jeunes musiciennes a touché... 

Dans le tome 2, nos héroïnes vont se présenter à un télécrochet, le Mars Brightest (200 000 concurrents!), et on les verra se confronter à d'autres musiciens et musiciennes.

p.32-33: l'intelligence artificielle nous est présentée au service de l'une d'elles, Angela...

Dans le tome 3, p.91, voici Carole interrogée sur son passé... 

Le troisième et dernier tome se termine en apothéose et aussi un peu en queue de poisson, alors que nos duettistes s'apprêtent à faire officiellement la "première partie" de la vainqueur du télécrochet, "six mois plus tard", au Festival Cydonia... 

Il n'y a pas eu (à ce jour) d'adaptation manga de la seconde partie (saison) de l'anime.

 

Je le répète, pour moi, l'intéressant dans ce manga est bien la sincérité des jeunes artistes qui composent elles-mêmes les paroles et la musique, à une époque (plus si lointaine?) où celle-ci est réalisée par des IA... dont la présence est sous-jacente, non seulement pour la composition musicale, mais sans doute dans de multiples autres pans de la société...
J'ai donc compris surtout que cette facette de l'IA était déjà prévisible bien avant fin novembre 2022 et la soudaine révélation publique (en France, ou partout dans le monde?) de ChatGPT (et, très vite, d'autres...). Or, sauf si le malheureux neurone (humain!) qui me reste s'apprête vraiment à me lâcher faute de copains avec qui se connecter, il me semble me souvenir que l'IA a vraiment commencé à être connue du grand public, en France, lorsque les média ont annoncé la "mise à disposition" de ChatGPT, en 2022 donc (alors que ce manga est bien antérieur): la France, toujours en retard? 

 

Pour finir, voici quelques blogs qui ont parlé de l'un ou l'autre tome voire de la série entière: Calypso, blog d'une "profdoc" de collège (T.1), le blog de l'apprenti otaku, les voyages de Ly, Sophia du blog Lire en bulles, Les lectures de Caro (dernier billet en 2023), Artemissia du blog Songe d'une nuit d'été (liste sans doute non exhaustive). 

30 décembre 2022

Collection "Raconter la vie" / Le parlement des invisibles - Pierre Rosanvallon

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) remis la main sur mon second exemplaire du livre Le parlement des invisibles de Pierre Rosanvallon, (ancien) directeur de la collection "Raconter la vie" aux éditions du Seuil. Je l'avais acheté en 2020, année de parution de cette seconde édition.

P1150612

Le parlement des invisibles, 142 pages, 3,50 euros, format 10 x 15 cm (contre 20,4 x 13,9 pour les livres de la collection "Raconter la vie" elle-même).  

J'ai aussi sous la main une bonne partie de tous ceux de la collection que j'ai achetés (d'autres sont actuellement prêtés via tel ou tel canal). Dasola m'en avait offert plusieurs. 

P1150615

En les feuilletant aujourd'hui, je m'aperçois que je les ai pour la plupart aussi vite oubliés que lus, et l'esprit du présent billet n'est pas de les relire. Encore heureux que j'aie pour habitude de noter quelques mots à la fin des "essais" que je lis... et vivent les 4e de couv' de chaque livre (reprises dans le bouquin de Pierre Rosenvallon!). Entre 2014 et 2015, format et prix ont changé (pour tenter de résoudre l'équation économique?): 5,90 euros pour moins de 80 pages, contre 7,90 et une centaine de pages par la suite. 

Voici quelques mots sur chacun des titres photographiés ci-dessus.

Un homme à la crèche, Thomas Grillot. Par un écrivain professionnel, une sorte d'immersion sociologique imaginant (?) un homme faisant un métier "normalement" (?) dévolu aux femmes... et les réactions des collègues, des parents. Pas simple.

La Barbe, Omar Benaala: 1995-1999, le temps pour l'auteur de faire le tour d'un "retour à la religion" pour un voyage au terme duquel il a fini par raser sa barbe et se ranger. C'est écrit avec style, à la première personne. Je l'avais acheté en 2015, quelques mois après publication.

Dans l'oeil du gardien, Jean-François Laé. L'auteur est sociologue. Le sujet d'étude? Le rôle du gardien dans un HLM. De la médiation, de la pédagogie... Beaucoup de plaintes, peu de merci. Quel métier! On y croise même des étudiants en socio. 

Sous mon voile, Fatimata Diallo. Je me rappelle avoir été "dérangé" par cette lecture. Dans mes notes, je comparais cette jeune Malienne à Bernadette Soubirous, tout autant convaincue que l'expression de sa foi était sans conteste le seul mode de vie possible et imaginable... (j'avais noté "se voiler la face"). 

Grand patron, films d'ouvrier, Jules Naudet. Cet ouvrage, l'un des premiers parus dans la collection, est encore un livre de sociologue. Le "patron" en question a souhaité rester anonyme. Il semble assumer sans état d'âme son changement de classe sociale, tout en restant imperméable à toute notion de "lutte des classes"? Citation (p.45) d'une citation: "Franck ne se retrouve donc pas dans l'affirmation d'Annie Ernaux selon laquelle "il était normal d'avoir honte, comme d'une conséquence inscrite dans le métier de mes parents, leurs difficultés d'argent, leur passé d'ouvriers, notre façon d'être"."

Au prêt sur gage, Pauline Peretz. Un des livres qui m'avait le plus intéressé (et je ne dis pas cela parce que l'auteur était la co-directrice de la collection!). Je connais le mécanisme des prêts du Mont-de-Piété. L'analyse sur les motivations des "clientes" (en majorité), leurs histoires de vie, leurs rapports aux objets mis en gage, sur la constitution d'une épargne en "objets de valeur" plutôt qu'à la bourse ou à la banque, le désintérêt, d'une certaine manière, du véritable "coût du crédit"... Tous cela représente un monde "à part", mais fascinant.

Business dans la cité, Rachid Santaki. L'auteur a publié une quinzaine de livre (essentiellement des polars?) entre 2008 et 2020. Cet ouvrage, publié en 2014, semble une oeuvre d'imagination, mais avec une connaissance de l'environnement du "9-3" qui, certainement, rend le récit à la première personne crédible (comme les "série noire" de la grande époque?). 

Les reins cassés, Lou Kapikian. A ce jour le dernier que j'ai acheté, d'occasion, en 2021 (y compris la dédicace de l'auteur). Ce témoignage sur la dialyse et la greffe du rein et les contraintes vécues par une malade (accompagnée dans l'écriture du livre par des "professionnels") m'a permis de mieux cerner ce que vit un de mes propres cousins. Brrr... 

La maison des vulnérables, Sylvia Zappi. Quelques portraits de résidents dans un genre de "foyer social". Des parcours de vie cassée et qui se reconstruisent dans ces murs où les personnes peuvent bénéficier d'un accompagnement à la vie quotidienne.

Les grandes villes n'existent pas, Cécile Coulon. Un témoignage sur une enfance dans un village à la campagne. Et sur la vie au village, au passage à l'âge adulte (symbolisé par le permis de conduire et la liberté qu'il apporte - y compris celle de mourir sur la route). Emma en avait parlé.

L'homme océan, Sylvie Caster. Un style bien journalistique (des phrases courtes: sujet, verbe, complément...) pour parler d'un homme, marin, pêcheur, ancien militaire, tatoué, père de famille... 

Moi, Anthony, ouvrier d'aujourd'hui (sans nom d'auteur). La vie entre petits boulots, enchaînements de CDD entrecoupés de chômage, l'absence d'envie de se retrouver "prisonnier" d'un emploi en CDI (alors que le quitter en démissionnant fermerait la porte des indemnités chômage), formation en alternance arrêtée parce qu'il ne supportait plus, la vingtaine passée, d'être mis sur le même pied que ses condisciples adolescents... En janvier 2014, Anthony avait 27 ans. Il doit donc en avoir 36 aujourd'hui? A la fin du livre, il envisageait de reprendre ses études, en passant le DAEU...

La députée du coin, Nathalie Nieson. Un témoignage intéressant. J'avais noté que cela recoupait un ou deux autres livres du même genre que j'avais lus (mais sans qu'ils s'inscrivent dans un tel cadre de "collection"). A l'époque, l'auteur était député PS. elle avait commencé par être maire, et l'est redevenue à l'issue de son mandat (en tenant sa parole de ne pas en briguer un second). En 2022, elle est devenue secrétaire générale déléguée de Renaissance (le parti de Macron). Comme quoi, avec des études de compta, on peut faire beaucoup de choses.

Je ne me sens pas capable, aujourd'hui, de faire une analyse très poussée de cette aventure éditoriale qui s'est achevée en soumission aux contraintes économiques. Je citerais seulement la préface de la seconde édition du Parlement des invisibles (p.10): "Sur les 26 titres publiés, trois seulement ont eu un fort impact sur les milieux concernés, ayant eu un effet miroir producteur de répercussions collectives (...). Les autres ouvrages, d'après les informations que nous avons pu recueillir, ont, malgré leur prix de vente très bas (6 euros) [sic!], été lus davantage par ceux qui s'intéressaient à la société que par la grande masse des Français d'en bas [re-sic!]. L'indéniable impact éditorial de l'entreprise (il y a eu 185 000 exemplaires vendus pour 26 titres) doit ainsi être modulé par cette considération sociologique".

Je concluerai juste en relevant que j'étais tombé, lorsque j'avais écrit précédemment quelques lignes à propos de la collection "Raconter la vie", sur un article de Frédéric Lordon, en février 2014, qui ne laissait même pas le bénéfice du doute à l'initiative lancée par Pierre Rosanvallon. 

21 février 2022

Le mur des silences - Arnaldur Indridason

P1140201

Encore une fois, j'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Konrad, le policier de Reyjkjavik à la retraite, qui continue d'enquêter sur la mort violente de son père en 1963. Malgré ses défauts, je me suis attachée à ce personnage qui n'a pas eu une enfance facile. Dans ce roman, on constate que Konrad se rapproche de la vérité mais... Pendant ce temps, un cadavre est retrouvé dans la cave d'une maison. Il se trouvait derrière un mur depuis des années. C'est une femme, la dernière occupante de la maison, qui est allée  voir Eyglo, une medium (personnage que l'on croise dans les romans précédents). La femme a demandé à Eyglo de l'accompagner chez elle. Depuis quatre ans qu'elle habite la maison, elle souffre d'une angoisse permanente. Les policiers sont très peu présents dans le roman. En revanche, on fait la connaissance d'Elisa, de son mari Stan d'origine américaine, de Benony, de Tommy, de Mikki et de quelques autres en 1963, au moment où le drame a lieu. Stan est un être violent qui bat sa femme. Benony, Tommy et Mikki sont des petits délinquants qui cambriolent la demeure d'un médecin. Ils n'auraient jamais dû prendre certaines photos. Ils se débarrassent de leur larcin en s'adressant à un certain Seppi (le père de Konrad). Le récit alterne entre l'enquête de Konrad sur la mort de son père et sur ses relations houleuses avec son fils. Konrad se sent bien seul et il fait le vide autour de lui  et de tout ce qui se passe en 1963. Je ne vous dirai rien de plus car le suspense est là jusqu'à la dernière page. Un roman que je recommande même si je conseille pour mieux comprendre le personnage de Konrad de lire les trois romans précédents : Ce que savait la nuit, Les Fantômes de Reykjavik et La Pierre du remords. Lire le billet d'Aifelle. 

14 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (10): Meurtre par décret - Bob Clark

P1120199

P1120201

Ce billet me permet de rendre hommage à Christopher Plummer (1929-2021) qui interprète Sherlock Holmes. Dans Meurtre par décret de Bob Clark (1979), on demande à Sherlock Holmes, qui joue du violon et se drogue à l'occasion, d'enquêter avec John Watson (James Mason) sur les crimes horribles perpétrés en 1888 par Jack l'Eventreur, que la police n'arrive pas attraper. Quand le film débute, quatre des cinq victimes de Jack ont déjà été assassinées. Il ne reste que plus que Mary Jane Kelly, qui est morte de peur, car elle cache un secret qui va lui coûter la vie. Le scénario du film est tiré de deux ouvrages The Ripper File" (Le dossier Ripper) d'Elwyn Jones et John Lloyd, et Jack the Ripper : The Final Solution (Jack the Ripper : La solution finale) de Stephen Knight. On apprend que les cinq victimes se connaissaient. Une sixième femme a un rôle central dans l'histoire: Annie Crook, une jeune femme catholique qui n'aurait pas dû tomber amoureuse et avoir un enfant avec un personnage très haut placé. Le film évoque un peu l'arrière-plan social de misère dans l'East End où les gens de la haute société venait s'encanailler. Holmes est aidé par un médium, Robert Lees (Donald Sutherland), qui a eu des visions de Jack l'Eventreur. Il faut noter que le film ne fait pas peur, même s'il y a des moments inquiétants. Sans rien dévoiler d'autre, je peux vous dire que Jack l'Eventreur n'agissait pas seul. Comme beaucoup d'histoires se passant à Londres à la fin du XIXème, le brouillard est omniprésent, alors qu'a priori, les jours des meurtres, il n'y avait de brouillard. L'histoire, racontée telle quelle, a été reprise dans From Hell d'Alan Moore et en a inspiré d'autres comme Patricia Cornwell. Pour en venir à Christopher Plummer, je l'ai trouvé très bien dans son rôle qu'il arrive à humaniser. A un moment donné, il a même les larmes aux yeux. Il est moins sec et cassant que dans les romans de Conan Doyle. Un bon film que j'ai beaucoup de plaisir à revoir, 41 ans après sa sortie.

Pour conclure sur Christopher Plummer, l'acteur le plus âgé à avoir eu un oscar comme le relevait Ideyvonne, je retiens surtout ses seconds rôles dans quelques films: L'homme qui voulut être roi, Millenium: les hommes qui n'aimaient pas les femmes, La mélodie du bonheur, A couteaux tirés, Tolstoï, le dernier été ou Beginners...

27 avril 2020

Le gardien invisible - Dolores Redondo

P1110737

Je viens de terminer Le gardien invisible de Dolores Redondo (Folio policier, 518 pages), le premier tome d'une trilogie qui se passe en Navarre, une des régions du Pays Basque espagnol. De nos jours, sur les rives supérieures du fleuve Bidassoa (nommé Baztan à sa naissance en Navarre), on retrouve le corps d'une petite fille. Elle n'est pas la première victime, et peu de temps après, on en trouvera une autre. Amaia Salazar, une inspectrice de police âgée d'une trentaine d'année, est chargée de l'enquête car elle est originaire d'Elizondo, le village principal de la commune où se passe l'histoire. Mariée à un Américain, artiste de renom, Amaia est une jeune femme heureuse mais avec des blessures d'enfance qui vont refaire surface. Sa famille possède une usine de gâteau depuis plus d'un siècle, et Flora, l'une de ses deux soeurs, la dirige d'une main de fer depuis le décès de leurs parents. En l'occurrence, Rosario, la mère qui souffrait de problèmes psychiatriques, détestait Amaia. Sur le lieu du crime, à côté de la victime, on trouve un gâteau qui pourrait avoir été fabriqué dans l'usine. Dans ce roman, il est aussi question des superstitions et légendes de la région dont le basajaun, un être mi-homme mi-ours que l'on pourrait croire responsable de ces décès. Mais rien n'est moins sûr. Le roman forme un tout mais je l'ai tellement apprécié que je me suis précipitée sur le tome suivant, De chair et d'os, qui reprend l'histoire neuf mois après. J'ai déjà lu une centaine de pages sur les 608, et je le trouve aussi bien que le premier. Mme Redondo sait raconter des histoire et captiver la lectrice que je suis.

En 2015, Ramette en parlait, Catherine en dévoilait beaucoup. Mais aussi (dès 2013) Yan ou le blog Quoilire. Et voir encore Quel Bookan! ou le Collectif Polar.

Le blog de Dasola
  • CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur films, livres et spectacles. [Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine" (275 commentaires, du 17/01/07 au 17/10/26)].
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Newsletter
80 abonnés
Liens (en cours de mise à jour)

²F4aA²** INDEX AUTEURS (LITTÉRATURE), FILMS & REALISATEURS (CINÉMA) **

*** CHALLENGES DE L'ANNEE EN COURS ***


** LE SITE DU STATISTICIEN **


*** LIENS ***
(BLOGUEURS COMMENTANT SOUVENT LE MIEN)

  • = Onze blogueuses et blogueurs ayant fait au moins 500 commentaires chez dasola se présentent =
  • On crée un lien lorsqu'un blogueur a commenté au moins cinq billets en venant à (au moins) deux dates différentes sur ce blog. 
  • Une adresse de mail (xxx@yyy.fr ou com...) [non publiée!] est exigée par Canalblog pour enregistrer votre commentaire. 
  • Vous ne voyez pas tout de suite apparaître votre commentaire, car il doit d'abord être validé (cela peut prendre quelques heures)
 
CINÉMA (23 blogs en activité)

DIVERS - CULTURE (53 blogs en activité)

LIVRES (63 blogs en activité)

QUELQUE TRISTESSE

QUELQUES BLOGS DÉSORMAIS EN PAUSE (À MON GRAND REGRET)

QUELQUES INFIDÈLES (NE ME RENDENT PLUS MES COMMENTAIRES...)

QUELQUES INTROUVABLES (BLOGS SUPPRIMÉS OU DISPARUS?)

SANS BLOG (COMMENTATEURS SUR LE MIEN)

STATISTIQUES, INFORMATIONS, RECORDS (DEPUIS LA CRÉATION DU BLOG)

  • * Blog créé le 09/01/2007, transféré sur Canalblog en juin 2007, migré à l'insu de son plein gré sur l'outil Overblog en février 2024 *
  • 3183 billets (au 15/10/26) dont tous ont eu au moins un commentaire
  • 38 059 commentaires (au 16/10/26 [+ 2 [anciennement 203] "égarés" lors de la migration"]) [dont 274 dasola] par au moins 1305 personnes, dont 99 (re)venues en 2026
  • 425 blogueurs [dont 136 actifs en 2026] m'ont fait au moins 5 et jusqu'à 1338 (au 10/08/2026) commentaires (voir ci-dessus)
  • Abonnés (être prévenu à chaque nouveau billet publié sur le blog): 80 au 21/07/26 (via "Newsletter" ci-dessus)
  • Billet commenté par le plus de personnes: 77 commentaires par autant de commentateurs/trices (billet du 09/01/2014)
  • Billet comptant le plus de commentaires: 123, par 46 commentateurs/trices différent(e)s (billet du 10/06/2023)
  • Record de commentaires en 1 an de date à date par 1 même blogueur-euse: 160 par Manou (du 01/08/23 au 31/07/24)
  • Record de commentaires en un mois: 355 en janvier 2014
  • Record de commentaires en une année civile (même blogueur-euse): 162 par Manou en 2024
  • Record de commentaires en une journée: 44 le 09/04/2009
  • Records de nouveaux commentateurs en un mois: 24 (dont 22 blogueurs) en mai 2008 et mars 2009
Pages