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12 mai 2021

Un flic - Jean-Pierre Melville

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Un flic est le dernier film qu'ait réalisé Jean-Pierre Melville en 1972. Je ne l'avais jamais vu. Je dirais que ce n'est pas son meilleur mais il y a des séquences marquantes comme la scène d'ouverture qui se passe en décembre quelque part dans une ville balnéaire battue par les vents et la pluie. Il se dégage une atmosphère lugubre. Quatre hommes pas très jeunes sortent d'une voiture, ils vont braquer une banque. Plus tard dans l'histoire, la nuit un train est survolé par un hélicoptère à bord duquel se trouve un homme, Simon, l'un des quatre braqueurs. Il descend avec un treuil pour s'introduire dans le train. Il va s'emparer d'une mallette pleine de drogue. Pendant ce temps-là, Edouard Coleman (Alain Delon), un flic austère, commence ses journées en parcourant l'avenue des Champs-Elysées déserte en voiture. Il est l'amant de Cathy (Catherine Deneuve) qui est aussi la maîtresse de Simon (sans forcément que l'un et l'autre le sachent). Comme souvent, chez Melville, on trouve une séquence se déroulant dans un night-club. Une fois de plus, il faut noter le peu de dialogues réduits au minimum. Plus que le film, j'ai beaucoup apprécié le documentaire de 25 minutes en bonus où sont interviewés Florence Moncorgé-Gabin et Jean-François Delon (le demi-frère). Elle débutait comme script-girl et lui était assistant-réalisateur sur le film de Melville. Ils racontent diverses anecdotes intéressantes.

7 juin 2021

Marx [mode d'emploi] - Daniel Bensaïd / illustrations de Charb

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) eu du mal à rédiger ma chronique sur une collaboration de Charb que je voulais traiter depuis des années, tout en respectant le planning de mes "hommages mensuels". Le dessinateur a illustré une des nombreuses oeuvres du philosophe et théoricien trostskiste Daniel Bensaïd, publiée originellement chez La Découverte en 2009 (coll. Zone): Marx [mode d'emploi]. L'édition "La Découverte / Poche" à laquelle je me réfère date, elle, de 2014.

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Je précise d'abord que ce n'est pas tant le texte de Daniel Bensaïd (décédé en janvier 2010, ancien acteur de Mai 68 chez les JCR, idéologue de la LCR, chercheur marxiste...) que les dessins de Charb qui m'ont attiré a priori vers cet ouvrage. J'aurais aimé savoir quels étaient leurs liens, s'il s'est juste agi d'une prestation rémunérée, ou si notre dessinateur y a mis aussi un peu de ses propres tripes. Dans la même collection, j'avais naguère chroniqué un livre de Michel Husson également illustré par Charb.

N'ayant pas pris le temps de bien le digérer, je vais me contenter d'une seule citation du texte de Daniel Bensaïd, avant de vous citer surtout les dessins de Charb que je trouve les plus remarquables.
p.64-65: "Alors que le libéralisme prétend développer l'individu, il ne développe en réalité que l'égoïsme dans la concurrence de tous contre tous, où le développement de chacun a pour condition l'écrasement ou l'élimination des autres. La liberté offerte à chacun n'est pas celle du citoyen, c'est celle du consommateur libre de choisir entre des produits formatés."

Et maintenant, place à un florilège de dessins décalés, choisis parmi les 73 dessins que comportent ces quelque 195 pages.

P1120375 p.12, pour illustrer "la thèse d'avril" [1841] du jeune Marx, sur La différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Epicure.

P1120378 p.26 (personnellement, j'adhère de tout coeur à ce dessin - sans être marxiste pour autant).

P1120380 p.44 (vous disiez quelque chose?). Une bonne illustration du concept d'inachèvement dynamique de la définition des "classes" chez Marx.

P1120381 p.48 (pouf, pouf)

P1120382 p.61 & p.83 (pas si simple, de s'unir...) P1120383

P1120384 p.90 (on célèbre justement les 150 ans de la Commune, cette année 2021)

P1120385 p.105 (qui se rappelle encore, en 2021, de Besancenot?) P1120377 p.22 (vous avez dit médiatisation?)

P1120386 p.120 (l'exploitation de l'homme par l'homme... Le travail, tout simplement?)

P1120387 p.128 (admirez la taille respective des récipients...).

P1120388 p.122 & p.129: des dessins bien bonhommes? P1120389

P1120390 p.175 (il résiste, l'animal)

Petit élément de réponse en ce qui concerne les convictions du dessinateur: Philippe Corcuff a écrit le 8 janvier 2015 que Charb "pouvait voter pour la LCR ou pour le PCF en fonction des élections. Son casier à Charlie était d’ailleurs recouvert de deux autocollants, l’un du PCF, l’autre de la LCR."

Ceux qui veulent en apprendre davantage sur Daniel Bensaïd peuvent se reporter au site de l'association qui lui est consacrée, où figurent aussi différents éléments concernant le livre aujourd'hui chroniqué. Je pense qu'il faudra que je prenne le temps d'y revenir, un jour, à tête reposée...

 *** Je suis Charlie ***

7 octobre 2021

Du goudron et des plumes - Collectif

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) rends hommage ce mois-ci à Charlie Hebdo en citant un ouvrage paru il y a 10 ans. Du goudron et des plumes est sur-titré Charlie Hebdo fête les 100 ans de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux).

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Editions Les Échappés, 2011, 143 p.

On peut découvrir dans cet ouvrage un large panel (ou éventail) de plumes, avec même des dessinateurs anciens collaborateurs de Charlie hebdo que je n'avais encore jamais eu l'occasion de mentionner dans d'autres billets, pas forcément tous mentionnés dans la.présentation sur le site de la Maison d'édition, qui dit: "À quoi sert l’oiseau ? se demande Allain Bougrain-Dubourg, à l’occasion des 100 ans de la LPO. Marc Jolivet, Albert Jacquard, Luc Jacquet, Laetitia Barlerin, Maud Fontenoy, Patrick Pelloux, Laurent Baffie, Pierre Rabhi et François Cavanna ont pris la plume pour lui répondre et accompagner les meilleurs dessins d’oiseaux parus dans Charlie Hebdo, signés Bernar, Cabu, Catherine, Charb, Coco, Gébé, Honoré, Jul, Luz, Riss, Tignous, Willem, Wolinski. Dans ce livre à thème, c’est toute la société qui passe sous la « plume » des dessinateurs, au gré des marottes de chacun. Un regard d’aigle sur des problématiques toutes politiques, un angle original et ébouriffant sur notre société !". Comme l'écrit A. Bongrain-Dubourg dans sa préface de l'ouvrage (p.4-5), les dessins ont été ressortis de leurs cartons ou tracés, au gré de l'émotion. 

Voici ma propre sélection subjective, piochée sur 22 pages, parmi les plus de 240 dessins que comporte l'ouvrage.

P1120346 p.23, Gébé se payait l'appeau de Jospin.

P1120345 p.10, Honoré, le dodo.

P1120344 p.8, un magnifique dessin de Coco!

P1120343 ... précédé d'un autre (p.6).

P1120347 p.29, Tignous et Charb.

P1120348 p.35, sur le thème des colombes, Cabu et Gébé.

P1120349 Honoré brocarde p.44.

P1120350 Riss, en deux mots, beaucoup de bruit pour rien? (p.49).

P1120351 p.55, Jul, Cabu et Honoré.

P1120353 p.57, Bernar (très joli dessin!), Charb, et Wolinski (thème récurrent...).

P1120355 p.61 (Wolinski et Tignous)

P1120354 p.60, Honoré (je ne sais pas comment le prendre, si ce n'est qu'il ne faut pas confondre fiction et réalité?).

P1120356 p.62 (Tignous): déjà un virus asiatique effrayait la planète...

P1120357 p.66, Charb et Wolinski

P1120358 Willem, p.81.

P1120359 Gébé, p.93.

P1120360 Cabu, piquant... (p.98).

P1120361 p.105 (Riss, Willem, Catherine).

P1120362 Cabu, p.106 (Juppé hors contexte?).

J'en profite pour dire que la page de texte de Laurent Baffie, p.107, m'a fait rire.

P1120363 Charb (prémonitoire?) p.117.

P1120364 p.134, Lagarde en autruche, par Mougey (?).

P1120368 Kamagurka (p.79)

Bien entendu, on peut trouver des dessins d'oiseaux dans d'autres ouvrages de nos dessinateurs. 

P1120446 Mes fidèles lecteurs reconnaîtront le dessin de gauche, qui provient de Une vie compliquée...  P1120447 ... de Wolinski (chroniqué le mois dernier)... Je ne sais pas si les deux dessins sont contemporains ou non? 

P1140091 Et puisque je complète ce billet avec quelques autres dessins aviens, voici encore un dessin magnifique par Coco, dans son livre Dessiner encore que je chroniquerai un mois ou l'autre (il contient plusieurs autres images d'oiseaux). 

Pour cette fois-ci, j'espère que tout le monde aura bien noté que la LPO a 110 ans désormais? Quand j'étais jeune, pour moi, Allain Bougrain-Dubourg, c'était le masochiste qui allait une fois par an se faire casser la figure par les chasseurs de palombes. Ensuite, la LPO, ça a été le démazoutage médiatisé de quelques-uns des malheureux oiseaux touchés par les marées noires. Aujourd'hui, je suis davantage sensible à leurs actions de soutien au replantage des haies champêtres sur des terres agricoles...

J'ai trouvé mention de ce livre seulement sur quelques sites ou blogs de libraires, ou en rapport avec la LPO (partenaires, antennes locales...), mais pas sur des blogs de lecture. En tout cas, si vous avez des cadeaux à faire, Du goudron et des plumes est toujours en vente dans la boutique des éditions Les échappés...  

 *** Je suis Charlie ***

14 avril 2021

Le professeur - Valerio Zurlini

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Je viens de découvrir un très beau film, Le professeur de Valerio Zurlini qui date de 1972. Si vous doutiez qu'Alain Delon est un grand acteur, je pense que ce film va vous faire changer d'avis: il y est sublime sans écraser ses partenaires. L'histoire se passe à Rimini (ville natale de Federico Fellini), une ville au bord de l'Adriatique, en hiver: c'est triste, gris et froid. Surgi d'on ne sait d'où, on voit Daniele Dominici (Alain Delon) qui marche sur une digue au bord de l'eau. Alain Delon porte un manteau à poil de chameau et un pull à col roulé vert qu'il ne va pas quitter (ou presque) pendant tout le film. Durant quelques mois, pour remplacer un professeur souffrant, il va donner des cours de littérature dans un établissement scolaire où les élèves sont presque des adultes. Parmi ceux-ci, il remarque Vanina, une jeune fille brune avec de très beaux yeux. Marié avec une femme (Léa Massari) qu'il n'arrive pas à quitter, il éprouve pour Vanina un amour sombre et douloureux. Amoureux de la littérature et des beaux-arts, il va lui offrir un exemplaire de la nouvelle de Stendhal, Vanina Vanini. Il va aussi l'emmener voir, à Monterchi, La Madonna del Parto de Piero della Frencesca. Cela ne l'empêche pas de fréquenter les oisifs (vitelloni) aisés de Rimini avec qui, entre autre chose, il joue (et perd) au poker. C'est à ce moment-là qu'il découvre que Vanina fréquente l'un d'entre eux. Chaque plan du film est travaillé. J'ai aimé la photo, la lumière, les décors avec quelques demeures décrépites. Un très très grand film de 2H10 (je n'ai pas vu le temps passer), que je vous recommande. A noter que le titre original italien du est La prima notte di quiete (litt. « La première nuit de quiétude ») d'après un vers de Goethe. Il s'agit de la mort. 

Lire le très beau billet de Strum.

7 mai 2021

Mai 68 - Wolinski, Cabu, Gébé, Siné, ...

Ce mois-ci, dans la série de mes hommages aux dessinateurs assassinés à Charlie Hebdo en 2015, je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] vais présenter un livre plus ou moins anniversaire: Mai 68, vu par l'équipe de Hara Kiri. Je l'avais acheté (à prix bradé) en septembre 2020 sur une aire d'autoroute (je sais, c'est pas bien - c'était à l'époque où l'on pouvait voyager sans restrictions, ce qui n'excusait pas de prendre la bagnole).  

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Nous sommes aujourd'hui cinquante-trois ans après les faits (lors desquels les vétérans fondateurs de Charlie Hebdo deux ans plus tard étaient déjà dans la force de l'âge, tandis que certains des participants à la seconde série étaient encore enfants [Tignous collégien et Charb sans doute porteur de couches!]), mais aussi 13 ans après l'édition originale, et 3 ans après la réédition que j'ai entre les mains. Voici le texte intégral de la présentation signée par l'éditeur (Michel Lafon): "En 2008, j'ai eu l'immense plaisir de publier ce Mai 68 d'anthologie, réunissant les extraordinaires dessins, mais aussi les textes de Cabu, Gébé, Reiser, Siné, Wolinski... Avec leurs mines acérées, ils ont observé, dépeint, critiqué, raillé, été les témoins de cette époque, sur laquelle un vent de révolution et de liberté a soufflé.
Aujourd'hui ils ne sont plus là pour nous croquer les cinquante ans de Mai 68, et depuis ce maudit 7 janvier 2015, leur liberté d'expression a été meurtrie. Cabu et Wolinski sont partis, les autres copains les ont précédés ou suivis... Mai 68 s'éloigne, mais le trait de ces dessinateurs de génie et la verve des irremplaçables Professeur Choron et Cavanna sont là pour nous empêcher d'oublier.
Alors nous avons décidé de rééditer ce Mai 68 sans changer un dessin, sans modifier un mot de ce que Cabu, Wolinski, Cavanna et les autres ont écrit. Pour leur rendre hommage à tous."

En le feuilletant, on y remarque beaucoup de Siné et de Wolinski avec un tout petit peu de Reiser (non mentionné sur la couverture). Une fois de plus, il s'agit d'un recueil de dessins ne comportant pas de numéros de pages! Cela ne m'a pas empêché de m'attacher à compter les dessins respectifs. En me fiant aux têtières des pages et au style de chaque dessinateur, voici les chiffres auxquels je suis arrivé (sachant que certaines "dessins" s'étalent sur plusieurs pages (jusqu'à six pour Wolinski) à raison d'une "case" par page. Pour Siné, j'ai compté 43 pages avec un seul dessin, 5 dessins sur deux pages et une série courant sur 4 pages (total 49 oeuvres en 57 pages). Avec Cabu, j'arrive à 11 dessins monopages, 5 sur deux pages, et une série sur 5 pages (total 17 oeuvres en 26 pages). Concernant Wolinski, j'ai trouvé seulement 6 dessins monopages (les autres courent de 2 à 6 pages - dont quelques bandes "Monsieur..."), mais un total de 20 oeuvres couvrant 67 pages. Figurent encore dans l'ouvrage deux oeuvres signées Gébé (4 et 1 pages), deux dessins signés Topor, 4 apparitions de Reiser (dont une sur 4 pages), un dessin avec la Marianne de Jean Effel (?), un de Sempé (sur deux pages), et une couv' d'Hara Kiri (octobre 68). Mais aussi (mais encore) 55 pages d'affiches (?) non signées (ou dont la signature est pour moi illisible, dans au moins deux cas!). Je ne sais pas si un certain nombre ne sont pas dues à Gébé, mais je suppose qu'il en aurait été crédité dans ce cas! On en a donc pour son argent puisque j'arrive à quelque 250 pages: 171 pages de dessins, plus une quinzaine de pages de témoignages écrits des quatre dessinateurs signataires (Cabu, Siné, Gébé, Wolinski), mais aussi de Cavanna, chacun sur 2 ou 3 pages, précédés d'un dessin de Cabu... et avec, par raccroc le Professeur Choron... sur une petite page et précédé d'un dessin de Reiser. 

Après ces quelques phrases un peu (ch...) austères, place à ce qui est le plus attendu par mes lecteurs je suppose: ma petite sélection subjective de dessins...

P1120297 Horrible, ou comble de l'erreur ?...

P1120301 Siné fait écho à Cabu... à moins que ce soit l'inverse! P1120299 

P1120304 Ce dessin de Reiser évoque pour moi deux échos particuliers, datant de l'occupation de la Sorbonne en... décembre 1986, avec des textes identiques ("il y a 18 ans, papa occupait la Sorbonne"). Premier écho (un père, visage sévère et lunettes aveugles): "Petit con!". Second écho (un CRS anonyme): "Papa aussi!". 

P1120298 Bravo pour l'image Siné... graphique. 

P1120307  P1120308 Wolinski: une, deux, une, deux... 

P1120302 Siné, encore (rien à voir, mais en 1968, Albert Dubout était toujours vivant...) 

P1120306  P1120310 Wolinski et Siné. Ah, ce dégaulisme primaire, qu'est-ce que ça apparaît daté en 2021...

P1120313 Reiser et le mot de la fin

P1120300  P1120303  P1120305  P1120309  P1120311  P1120312 Je termine par les auteurs de Hara Kiri / Charlie. Dans l'ordre: Cavanna, Wolinski, Siné, Géné et Cabu (croqués par ce dernier), et même le Professeur Choron croqué par Reiser. 

Comme ce n'est pas une année-anniversaire en "zéro" ou en "cinq", il y a peu de chances qu'on s'intéresse beaucoup à "mai 68" cette année...

*** Je suis Charlie ***

11 avril 2021

Rocco et ses frères - Luchino Visconti

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Je viens de revoir ce film que mon ami ta d loi du cine n'avait jamais vu. Rocco et ses frères, le sixième long-métrage du réalisateur Luchino Visconti (1906-1976), se passe à Milan à la fin des années 50. Rosaria Parondi, veuve depuis peu, vient de quitter le sud de l'Italie pour s'installer à Milan. Elle est accompagnée par quatre de ses cinq fils, Simone, Rocco, Ciro et Luca. Ils ont prévu de s'installer chez Vincenzo, le fils aîné qui s'apprête à se marier. Malheureusement, ils ne sont pas les bienvenus chez la future belle-famille. Ils doivent s'installer dans un logement social pas chauffé. Le film est divisé en 5 segments qui portent le prénom des frères Parondi. Les deux parties les plus importantes sont celles qui concernent Simone (Renato Salvatori) et Rocco (Alain Delon). Simone, c'est le fils indigne qui a le malheur de rencontrer Nadia (Annie Girardot) en rupture avec sa famille. Rocco, lui, est bon et trop gentil, il pardonne tout à son frère, même l'impardonnable. Simone se met à la boxe, mais par manque de travail et d'assuiduité, il devient un boxeur raté et un vrai délinquant au comportement violent. Il joue, il perd et il constate que son frère Rocco débute une carrière prometteuse de boxeur et qu'en même temps, il fréquente Nadia, séparée de Simone depuis quelque temps. Ce film dans la veine du cinéma néo-réaliste italien est filmé dans un très beau noir et blanc avec des contrastes qui accentuent la dureté de l'histoire. Annie Girardot est remarquable dans le rôle de Nadia. Alain Delon m'a paru tout frêle. On le sent un peu écrasé par le poids de son rôle qui l'apparente à un saint. Il faut noter la belle musique de Nino Rota. Dans les suppléments du DVD, il y a une interview émouvante d'Annie Girardot en 2001 et des anecdotes sur le tournage dont les deux scènes censurées à l'époque, le viol de Nadia, et le meurtre de Nadia. Un film de 2H49 à voir et revoir.

26 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (12): Guêpier pour trois abeilles - JL Mankiewicz

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J'ai découvert récemment un film de Joseph L. Mankiewicz que je n'avais encore jamais vu, Guêpier pour trois abeilles (The Honey Pot en VO) qui date de 1967. C'est l'avant-avant-dernier film réalisé par Mankiewicz, qui en a aussi écrit le scénario. L'histoire est inspirée de la pièce Volpone (le Renard en italien) de Ben Jonson qui date de 1606. Je vous conseille d'ailleurs de la lire. En préambule, on voit un homme, Cecil Fox, tout seul dans un théatre (La Fenice) pour qui des acteurs jouent justement la pièce Volpone. Dans le plan suivant, dans son palais vénitien, Cecil Fox (renard en anglais), un homme richissime, embauche un certain McFly (Cliff Robertson) pour lui servir de secrétaire. Il charge ce dernier de demander à trois anciennes maîtresses de venir le rejoindre dans son palais. Il va leur faire croire qu'il est mourant et qu'il va léguer sa fortune à l'une d'entre elles. Parmi les trois, il y a Mrs Sheridan (Susan Hayward qui était une actrice que j'aimais beaucoup) accompagnée de sa dame de compagnie/infirmière Miss Sarah Watkins (Maggie Smith toute jeunette - elle avait 33 ans à l'époque - et absolument ravissante). Les deux autres sont la princesse Dominique (Capucine) et Merle McGill (Edie Adams). Cecil Fox a élaboré tout un scénario qui ne va se passer du tout comme il l'imaginait. C'est une histoire de manipulation dans laquelle il va être piégé sans qu'il s'en soit rendu compte. Par rapport à la pièce de Ben Jonson, il y a une intrigue amoureuse, et Miss Watkins est celle qui va tirer les ficelles de l'intrigue. Les dialogues très écrits sont brillants. Cela fait très pièce de théâtre avec l'unité de lieu et d'action. Je pense que ce n'est pas le film le plus connu de Mankiewicz, essayez de le voir rien que pour la dernière scène, la place Saint-Marc de Venise vide. 

7 avril 2021

Coco: nature, culture et poil à gratter - Virginia Ennor

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) surfe sur l'actualité pour rendre aujourd'hui hommage à une dessinatrice de Charlie Hebdo, Corinne Rey dite Coco. Depuis le 1er avril 2021, elle a pris la suite de Willem (autre dessinateur de l'équipe de Charlie, qui a eu... 80 ans le 2 avril!) dans Libération. J'avais déjà eu l'occasion de citer quelques-uns des dessins de Coco à l'occasion d'un article sur le recueil collectif Tout est pardonné (2015).

Coco: nature, culture et poil à gratter, l'opuscule que j'ai choisi aujourd'hui comme "point d'encrage" de ma chronique, remonte à 2016 (Critère édition, coll. Les Iconovores, 95 p.).

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Les Iconovores, collection sur les dessinateurs de presse, "réaffirme que dans un monde bousculé, la liberté d'expression est une nécessité" (extrait de la présentation en 2e de couv'). L'ouvrage, le premier de la collection, contient 88 dessins de Coco. J'ai noté avec intérêt que l'ouvrage mentionne en p.96 les références des publications pour chacun des dessins (y compris, parfois, "proposé non publié"...). J'en citerai ci-dessous moins de 10%, ceux que j'ai le plus appréciés (au regard des années 2020-2021...). Selon le texte (signé Virginia Ennor) figurant en p.5, "dessinatrice de presse, [Coco] aime penser qu'un jour les cons cesseront de pourrir la planète, de maltraiter les animaux, de tuer et de torturer des innocents, de détruire vie et nature pour de l'argent (...)".

P1120275 p.86 (qui? [en 2015, pas en 2020])

P1120277 p.37 (et, en 2016, on ne parlait même pas encore du télétravail-covid-19!). P1120276 p.35 (c'est moi qui inverse l'ordre des deux dessins)

P1120278 p.40 (je me rappelle aussi que Coco a fait, il y a quelque temps, toute une série de dessins hebdomadaires dans Charlie autour de l'Origine du monde...).

P1120279 p.51 (le 22 septembre 2014, Patrick Bruel chantait au Royal Albert Hall de Londres la chanson de David Bowie Life on mars)

P1120280 p.61 (oui! "De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur / (...) un cri qui vient de l'intérieur!"[comme chantait à peu près Bernard Lavilliers])

P1120282 p.80 P1120281 p.71 (tout est dans le titre du dessin?)

Je finis par la préface du livre. Elisabeth Quin y évoque à bras-le-corps la journée du 7 janvier 2015 et l'irruption des deux assassins à Kalachnikov dans la rédaction de Charlie, et surtout l'anecdote navrante d'un malotru (un lourdaud) qui interpelle Coco un an plus tard en sa présence. Je suppose qu'on a dû être des milliers et des milliers à se demander ce qu'on aurait fait, soi-même, sous la menace des armes des tueurs à la porte de Charlie. Réponse impossible. Et Coco, dans cette situation, a eu la présence d'esprit de commencer par tâcher de les balader vers une fausse destination (respect!). On peut lire un entretien publié par Marianne en deux parties, les 10 mars et 11 mars 2021, où elle explique comment elle s'est reconstruite, six ans après le massacre. 

Je voulais encore rappeler que la dessinatrice, entrée à Charlie en 2008, avait été primée aux 29e et 34e Salon de la caricature et du dessin de presse de Saint-Just-le-Martel en octobre 2010 puis 2015 ("Grand prix de l'humour vache"). 

Je n'ai pas trouvé beaucoup de mentions de ce livre sur internet aujourd'hui. A l'époque, le blog de Sophie Dauphin l'avait chroniqué. On peut encore apprécier la version de Coco d'une "Colombe de la paix" qui lui avait été demandée en 2017 par le Mouvement [du même nom].

P1120273 ci-contre, ce qu'elle disait en novembre 2019 au sujet du premier dessin satirique qui l'avait marquée.

Et si vous voulez découvrir régulièrement de nouveaux dessins de Coco, achetez Libé et Charlie.

Coco_Libe_01-04-2021_p23 Libération du 1er avril 2021, p.23

Surtout, Coco, continuez à nous produire des dessins mordants! 

PS : j'ai découvert dans le métro, alors que j'allais "boucler" mon billet, la campagne d'affichage pour le récent livre de Coco Dessiner encore (éd. des Arènes) dont elle parle dans l'entretien cité ci-dessus. Voici quelques photos cintrées des deux affiches. J'aurai certainement l'occasion de chroniquer ce livre un mois ou l'autre... [chroniqué le 07/03/2022].

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*** Je suis Charlie ***

14 mars 2021

Piste noire / Froid comme la mort - Antonio Manzini

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Cela fait un moment que je voulais chroniquer Piste noire d'Antonio Manzini (Folio policier, 290 pages), lu il y a 4 ans. Et puis je me suis procuré les trois tomes suivant. C'est pourquoi je me décide à écrire un billet sur les deux premières enquêtes du sous-préfet (et non commissaire) Rocco Schiavone, un flic romain qui a été muté à l'insu de son plein gré dans la vallée d'Aoste depuis trois mois. On apprend vers la fin de Piste noire qu'il a molesté un jeune homme violeur de petites filles. Le problème est que le violeur est le fils d'un homme politique, membre du gouvernement italien, qui s'est chargé de trouvé à Schiavone un poste très éloigné de Rome. Bien évidemment, Aoste n'est pas Rome, et Rocco, qui porte aux pieds des Clarks pas du tout adaptées à la montagne, n'est pas à l'aise pour vivre dans cette région où les températures sont fraîches et la neige abondante. Il n'aime ni le froid, ni la neige et Rome lui manque tous les jours. On comprend assez vite qu'il est veuf, et il aime s'adresser à sa femme défunte quand il est seul chez lui. Même s'il ne se remet de sa disparition, il a entamé malgré tout une liaison avec Nora, la propriétaire d'un magasin d'Aoste. Pour en revenir aux intrigues proprement dites, dans Piste noire, à Champoluc (sur les hauteurs de la vallée d'Aoste), un homme est retrouvé écrasé par une dameuse. La piste de l'accident est envisagée mais Schiavone soupçonne qu'il s'agit d'un meurtre. Avec des collègues qu'il apprécie, Italo Pierron et Caterina Rispoli, il va mener l'enquête. Je ne vous dirai rien de l'histoire annexe que l'on suit avec intérérêt et qui montre une autre facette de Schiavone. Malgré son mauvais caractère, son langage de charretier et le fait qu'il fume un joint le matin quand il arrive à son bureau, Rocco devient très vite attachant.

J'ai été très contente de le retrouver dans Froid comme la mort (Folio policier, 292 pages) lors d'une enquête qui se passe trois mois plus tard. Un matin, une jeune femme, Ester Baudo est retrouvée chez elle, pendue, par sa femme de ménage. L'époux était en train de faire du vélo. Ester faisait partie d'un club de lecture et d'écriture et s'était liée à Adalgisa Verrati, une employée dans une librairie. Cette dernière joue un rôle central dans l'histoire. Dès le début, Schiavone croit que c'est un meurtre mais je vous laisse découvrir le retournement final.

Je viens de commencer Maudit Printemps (Folio policier, 346 pages) avant de lire Un homme seul (Folio Policier, 417 pages).

Lire les billets sur Piste noire de Sharon, Eimelle, Jean-Marc Laherrère

Lire les billets sur Froid comme la mort de Blacknovel, Clarabel et à nouveau Sharon.

23 avril 2021

Compartiment tueurs - Constantin Costa-Gavras

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Je n'avais jamais vu Compartiment tueurs, le premier long-métrage de Costa-Gavras qui est sorti en 1965, un film policier sur le ton de la comédie malgré les nombreux cadavres. Le film se caractérise par sa distribution: Yves Montand, Simone Signoret, Jacques Perrin, Catherine Allegret, Jean-Louis Trintignant, Pierre Mondy et quelques seconds rôles que l'on remarque comme le regretté Charles Denner, ou encore Bernadette Lafont, Michel Piccoli, Claude Mann, Christian Marin, Monique Chaumette, Pascale Roberts, André Valmy et Jacques Dynam (ouf!). C'est adapté d'un roman de Sébastien Japrisot que je n'ai pas encore lu. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, je résume: sur la ligne Marseille-Paris, dans un wagon-couchette à six places, une passagère est retrouvée morte à l'arrivée en Gare de Lyon. Pendant le voyage, on fait la connaissance des passagers, une actrice sur le retour (Simone Signoret), un père de famille, un représentant de commerce (Michel Piccoli), Georgette (Pascale Roberts), une jeune femme aux jolies jambes un peu aguicheuse, Benjamine Bombat dite "Bambi" (Catherine Allégret) et un passager clandestin, Daniel (Jacques Perrin) qui n'est pas insensible au charme de Bambi et réciproquement. Et donc, une fois le train arrivé, Georgette est retrouvée étranglée. L'inspecteur Graziani (Montand) est chargé de l'enquête. Pour l'occasion, l'acteur a repris un accent du sud assez prononcé. Le rythme du film est haletant ; Simone Signoret qui interprète une actrice parle des fonctionnaires de manière irrésistible. Il faut noter la prestation haute en couleur "et tout le toutim" de Pierre Mondy en supérieur hiérarchique de Graziani et celle de Charles Denner en amant de la victime: très drôles tous les deux. J'ai écouté une émission récente Le Masque et la Plume dans laquelle l'un des critiques a dit que Japrisot pouvait s'être inspiré d'ABC contre Poirot d'Agatha Christie. Cela peut vous donner un indice sur le mobile du ou des tueurs.

Un film divertissant que j'ai eu grand plaisir à découvrir. Je le conseille vivement.

29 mars 2021

Charade - Stanley Donen

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Rien que pour Audrey (Hepburn) et Cary (Grant), il faut (re)voir Charade de Stanley Donen (1963), cette divine comédie qui se passe pour l'essentiel à Paris. Regina ("Reggie") Lampert (Audrey Hepburn) a décidé de divorcer de son mari Charles qui -manque de chance- vient de mourir, en ayant été poussé d'un train entre Paris et Bordeaux. En revenant d'un séjour aux sports d'hiver, Reggie trouve son immense appartement entièrement vide. Elle apprend que son mari est décédé, qu'il avait 4 passeports, qu'il a vendu tous les meubles de l'appartement et qu'il partait à l'étranger. Reggie se rend compte qu'elle ne connaissait pas vraiment son mari, qui n'avait pas de famille. Trois "méchants" se mettent à la poursuivre car ils veulent récupérer un magot de 250 000 dollars-or qu'a priori Charlie voulait garder pour lui seul. Heureusement qu'un certain Peter Joshua vient à son secours, même si lui aussi semble intéressé par retrouver ledits 250 000 dollars. Le film est mené tambour battant. Audrey Hepburn porte différentes tenues Givenchy à chaque nouveau plan. Le Palais Royal, le théâtre du Palais Royal, le théâtre de Guignol des Champs-Elysées, le marché aux timbres, le métro, les promenades sur la Seine et même Notre-Dame de profil sont mis en valeur. Les "méchants" comme James Coburn ou George Kennedy ont l'air de bien s'amuser. Un film très sympa en cette période morose.

24 mars 2021

Raphaël ou le débauché - Michel Deville

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En ce moment, je suis d'humeur à visionner des films comme celui de Michel Deville sorti en 1971. Raphaël ou le débauché est un film qui me touche énormément. Pour me procurer le DVD il y a quelques années, il a fallu que j'achète un coffret de six long-métrages de Deville dont celui-ci que l'on ne trouve pas séparé. Je trouve cela très dommage. Cela faisait quelque temps que je ne l'avais plus vu et mon plaisir est intact. Cette histoire à la "Alfred de Musset" a été écrite et dialoguée par Nina Companeez avant qu'elle ne devienne réalisatrice. Ce fut sa dernière collaboration avec Michel Deville. Elle a aussi fait le montage du film. Quelque part en France dans les années 1830, une jolie veuve, Aurore de Charoy (Françoise Fabian), vit dans une gentilhommière en compagnie de son oncle, de deux amies et de sa cousine. Quand le film commence, les quatre femmes arrivent trop tard au bord d'un lac pour voir le soleil se lever ce dernier jour de l'été. Aurore est très belle mais elle n'attend rien des hommes qui la courtisent. Très pieuse, elle rend visite aux malades dans l'hôpital de la ville. Lors d'un bal donné en ville, elle va croiser le regard de Raphaël de Loris (Maurice Ronet), un bel homme brun aux yeux bleus qui ne fait rien de sa vie à part séduire les femmes, aller au bordel avec ses trois amis et boire du vin. Il cause des ravages parmi la gente féminine. Il y en a même une qui se pend à cause de lui. Il l'annonce souvent qu'il ne désire plus les femmes qu'il a eues. La vie l'ennuie, il se complaît dans la fange car il ne s'aime pas. C'est pourquoi cette rencontre entre Raphaël et Aurore va les bouleverser tous les deux, d'abord lui et ensuite elle. Après avoir repoussé ses avances, elle commence à éprouver des sentiments mais lui ne veut pas changer, il n'a plus quinze ans. Il a choisi cette vie dans laquelle Aurore n'a pas sa place. Il lui dit bien qu'il ne franchira jamais la ligne qu'il a tracée entre lui et elle. Et pourtant, elle est suffisamment amoureuse pour s'avilir. Je ne dirai rien de plus à part que les dialogues sont étincelants. C'est un très beau mélodrame qui ne peut qu'émouvoir. Françoise Fabian et Maurice Ronet sont magnifiques. Je les trouve inoubliables dans les rôles d'Aurore et Raphaël. J'imagine mal Alain Delon et Catherine Deneuve jouer dans ce film alors qu'ils étaient les premiers choix de Michel Deville et Nina Companeez. A mon avis, on l'a échappé belle. Il faut noter que la musique de Bellini apporte un plus au film. On reconnait des extraits des opéras Norma (1831) et de La sonnanbula (1831). Et enfin, Jean Vilar, en vieux sénateur libidineux, joue dans trois scènes marquantes. Lire le billet de Cinéluctable.

8 avril 2021

Maudit printemps / Un homme seul - Antonio Manzini

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Neuf mois après son arrivée au Val d'Aoste, on retrouve dans Maudit printemps (Folio policier, 346 pages) le sous-préfet Rocco Schiavone qui va être confronté à une enquête difficile. En effet, Chiara Berguet, une jeune fille de 19 ans issue d'une famille d'industriels locaux, a été enlevée. Son enlèvement n'est pas signalé tout de suite à la police car les parents ont peur des conséquences. En parallèle, deux hommes perdent la vie dans un accident de voiture dans la région d'Aoste. L'un d'eux était un employé de chez Berguet. On apprendra que ce sont eux, les ravisseurs de Chiara. La société de Berguet a connu momentanément des problèmes pour payer ses factures aux fournisseurs ou pour payer les salaires. Même si tout semble être rentré dans l'ordre grâce à une banque de la région qui a fait un prêt, il n'empêche que l'entreprise de Berguet est convoitée, et Chiara est en danger de mort puisque personne ne sait où elle est séquestrée, ses ravisseurs ne pouvant plus rien dire. Heureusement que Rocco Schiavone, aidé par ses collègues, n'aura de cesse de retrouver Chiara. Quand arrive la conclusion de l'histoire, un drame survient. Schiavone était en ligne de mire d'un tueur. C'est malheureusement une femme de sa connaissance venant de Rome qui sera tuée par erreur de plusieurs balles d'un pistolet 6,35. C'est pourquoi l'on retrouve Schiavone, quatre jours après, dans Un homme seul (Folio policier, 417 pages). Il mène plusieurs enquêtes en même temps: qui a voulu le tuer? Qui a tué en prison, et sur l'ordre de qui, Mimmo Contrera (membre de la N'drangheta - la mafia calabraise) et organisateur de l'enlèvement de Chiara Berguet? Schiavone est toujours bien épaulé par ses collègues et désormais, il a une chienne, Lupa, qu'il a recueillie et qui lui tient compagnie. Elle n'a pas de race définie. Il déclare qu'elle appartient à la race des "saint-rhemy-en-Ardennes" (appellation totalement inventée). Quand le roman se termine, le tueur au 6,35 n'a toujours pas été arrêté. L'enquête devrait se continuer dans 07-07-2007 chez Denoël (et pas encore paru en poche), et quatre autres romans avec Schiavone sont encore inédits en français. Pour résumer, j'aime beaucoup le personnage d'Antonio Manzini, ce Schiavone aux méthodes peu orthodoxes mais efficaces, et qui aime se fumer un joint le matin dans son bureau pour se mettre en train pour le travail. 

27 janvier 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (6)

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Avec Robert Mitchum, Paul Newman a été mon grand béguin de cinéma dès mon adolescence. Dans Luke la main froide (Cool Hand Luke en VO) de Stuart Rosenberg (1967) que je n'avais pas vu depuis très longtemps, Paul Newman interprète Luke Jackson, un homme condamné à deux ans de travaux forcés pour avoir vandalisé des parcmètres. A priori, l'histoire se passe dans les années 50. Luke ne quitte jamais son petit sourire en coin. Il est rebelle à l'autorité, il ne supporte pas d'être en prison. Il n'a de cesse de s'évader pour mieux être rattrapé. Comme punition, il va connaître le cachot et ensuite, il va être enchainé à d'autres prisonniers qui se mettent à l'admirer pour sa tenacité. Il devient un héros sauf aux yeux de sa mère qui vient le voir. La scène entre le fils et la mère, qui décède peu de temps après, est un moment fort du film, tout comme le pari de Luke d'avaler 50* oeufs durs en une heure. Face à Luke et aux autres prisonniers, il y a le directeur du camp et ses adjoints qui sont particulièrement retors et sadiques. A un moment donné, le directeur parle d'échec dans sa communication avec Luke quand celui-ci s'évade pour la énième fois. Bien entendu, l'histoire se termine mal pour Luke. Mais pendant la durée du film, on aura passé un bon moment. Paul Newman est magnifique avec ses beaux yeux bleus. 

*Et non 70, comme Laurent et Ronnie me l'ont fait justement remarquer.

5 mars 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (13): Le gang Anderson - Sidney Lumet

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Je crois que je n'avais jamais vu ce film de Sidney Lumet qui date de 1971. Le gang Anderson (The Anderson tapes en VO, littéralement parlant Les enregistrements Anderson) nous fait découvrir Christopher Walken dans son premier grand rôle au cinéma, il avait 28 ans et faisait presque gamin avec ses cheveux ébouriffés. Le gang Anderson permet à Sean Connery de retrouver le réalisateur avec qui il avait tourné La colline des hommes perdus en 1966. En 1973, il tournera de nouveau avec Lumet pour The Offense avant de le retrouver pour Le crime de l'Orient-Express en 1974. Dans Le gang Anderson, il interprète un Britannique qui sort tout juste de prison après avoir purgé une peine de 10 ans. Au vu du titre français, on s'attend à une histoire de gangsters. C'est en partie le cas mais pas uniquement. Le film fut vraiment le premier à traiter de la présence envahissante de la surveillance dans le domaine public ou privé. Dès que Duke Anderson (Sean Connery) sort de prison, il se rend illico chez sa maîtresse Ingrid (Dyan Cannon) qu'il n'a pas vu depuis 10 ans. Elle vit dans un somptueux appartement dans l'East side de New-York. On constate assez vite qu'Ingrid est surveillée même pendant ses ébats. Des fils dépassent de partout et en sous-sol, des bandes magnétiques enregistrent ce qui se passe dans l'appartement. C'est l'oeuvre d'un homme qui paye le loyer. Tout de suite, Duke a l'idée de cambrioler tous les appartements de l'immeuble car il devine qu'il y a plein de choses de valeur à dérober. Pour ce faire, avec l'aide d'un homme de la mafia, ll constitue une équipe de quatre personnes dont chacune individuellement est surveillée par différentes instances fédérales, le FBI, le bureau des narcotiques ou le département du fisc, mais pour d'autres raisons que ce vol à grande échelle. Et comme ces instances ne communiquent pas entre elles, elles n'anticipent pas ce qui va arriver. Parmi les victimes du cambriolage vivant dans l'immeuble, un jeune garçon hémiplégique va être le grain de sable qui va tout faire rater. Le film bénéficie d'une très bonne bande-son composée par Quincy Jones. Sean Connery est une fois de plus excellent. Mention spéciale à Martin Balsam qui interprète un homosexuel pas ridicule du tout. Du grand art. Un film à découvrir. Il faut noter qu'en bonus, il y a la présentation du film par Bertrand Tavernier, Patrick Brion et François Guérif.

24 janvier 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (5)

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Je me rappelle très bien quand je suis allée voir Les trois jours du Condor (Three Days of the Condor en VO) de Sydney Pollack. Ma maman qui m'a donné le virus du cinéma m'accompagnait. Le film est sorti en France en novembre 1975. J'avais 13 ans et demi. Je sais que je n'avais pas tout compris de l'histoire à l'époque mais c'était le plaisir de voir Robert Redford à l'écran. Et l'histoire se passe à New-York... Je rappelle, pour ceux qui l'ignorent, que l'histoire est inspirée du roman de James Grady Les six jours du Condor, paru en 1974. Joseph Turner travaille avec le nom de code "Condor" pour une unité clandestine de la CIA. Ses six collègues et lui sont installés dans une maison de ville avec l'enseigne "American Literary Historical Society" dans une rue de Manhattan. Ils épluchent journaux, livres, diverses publications, afin de découvrir des messages secrets et/ou des informations utiles. Un jour, à l'heure du déjeuner, Joseph part chercher à déjeuner pour tout le monde. Quand il revient, il constate que ses collègues ont tous été assassinés. Il s'enfuit immédiatement. Il se rend compte qu'il est poursuivi en particulier par un tueur froid et méthodique, Joubert (Max Von Sidow). Dans sa fuite, Joseph va enlever Kathy Hale (Faye Dunaway), une photographe indépendante qui est plus ou moins forcée à l'aider. Cela va déboucher sur une relation amoureuse qui n'apporte pas grand-chose et qui ralentit le rythme. Dommage car l'intrigue est haletante, et New-York bien filmée (on voit les tours du World Trade Center). C'est un fim américan comme on n'en voit plus beaucoup. Je conseille et je constate qu'après Yakuza, c'est le deuxième film de Sydney Pollack que je chronique en trois jours.

21 janvier 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (4)

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Parmi mes films préférés avec Robert Mitchum, je vous conseille Yakuza de Sydney Pollack (1974), sorti en 1975 en France. Robert Mitchum interprète Harry Kilmer, un ancien policier militaire pendant la Seconde guerre mondiale devenu ensuite détective privé (mais il est maintenant à la retraite). Il a quitté le Japon vingt ans auparavant après y avoir vécu quelques années au côté d'une Japonaise, Eiko et de sa fille Hanako, dont il avait sauvé les vies quand la ville de Tokyo avait été bombardée. Quand l'histoire débute, Georges Tanner (Brian Keith), un ami d'Harry, demande à ce dernier de partir au Japon. En effet, la fille de Tanner a été enlevée par un gang de yakuzas car Tanner n'a pas respecté son engagement de livrer des armes alors qu'il a été payé. Arrivé à Tokyo, Harry commence par aller voir Eiko et Hanako avant d'aller jusqu'à Kyoto pour revoir Tanaka, le frère de Eiko. Tanaka a été yakuza pendant plusieurs années après la guerre, mais il ne l'est plus. Cela ne l'empêche pas d'aider Harry dans son entreprise. Je ne me rappelais pas que l'image était si belle. Pollack donne envie d'aller visiter le Japon. Il y a des plans d'intérieurs superbes. Robert Mitchum est très bien et il n'écrase pas ses partenaires japonais qui sont tous excellents. La fin du film est très émouvante. J'ai bien apprécié la musique de Dave Grusin qui donne un côté jazzy au film. 

20 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (11) - Ca commence à Vera Cruz - Don Siegel

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Je viens de revoir une agréable série B, réalisée par Don Siegel (son troisième long-métrage) en 1949, avec un Robert Mitchum plus nonchalant que jamais face à Jane Greer, avec qui il avait tourné La griffe du passé (Out of the Past) de Jacques Tourneur deux ans auparavant (en 1947). Ca commence à Vera Cruz (The Big Steal en VO), filmé en noir et blanc, se passe au Mexique. Le lieutenant Duke Hathaway (Robert Mitchum) est accusé à tort d'un vol de plus de 300 000 dollars à l'armée. Il est sur les traces du vrai voleur, un nommé Jim Fiske. Hathaway est lui-même poursuivi par le capitaine Vincent Blake (William Bendix) qui croit qu'Hathaway est le vrai voleur. Dans sa fuite, Hathaway se trouve une alliée, Joan Graham, qui devait se marier avec Fiske. On constate très vite que Fiske est un fieffé coquin qui n'a pas hésité à laisser tomber Joan. L'essentiel du film se passe sur des routes du Mexique avec une course poursuite entre trois voitures: celle de Fiske, celle conduite par Hathaway et Joan alternativement, et enfin celle de Drake. Le rythme du film de 71 minutes est aussi rapide que les voitures. Un film qui se laisse voir. Les blogs L'oeil sur l'écran, Shangols ou les Chroniques du cinéphile stakhaniviste l'avaient évoqué il y a quelques années. Cf. aussi Sid280, Salles obscures 2.

5 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (9): Barnacle Bill - Charles Frend

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Vous allez me demander, mais qu'est-ce que c'est que ce film?

Et bien a priori, Barnacle Bill qui date de 1957 fut le dernier film produit par les studios anglais Ealing dirigés par Sir Michael Balcon avant qu'ils ne soient vendus à la BBC. Pour ceux qui ne le savent pas encore, les studios Ealing ont produit certaines des meilleures comédies anglaises des années 50: Noblesse oblige, Whisky à Gogo, Passeport pour Pimlico, Tueurs de dames, L'homme au complet blanc, Tortillard pour Titfield, et pas mal d'autres. Je n'avais pas gardé souvenir de Barnacle Bill joué avec brio par Alec Guinness. Comme dans Noblesse oblige, il interprète plusieurs personnages, six de ses ancêtres et le capitaine William Horatio Ambrose. Dans cette famille de marins dont la devise est "Omnes per Mare" ("Tous à la mer"), Ambrose souffre du mal de mer, un problème dont il n'arrive pas à se débarrasser. C'est bien ennuyeux pour lui, et sa contribution à la seconde guerre mondiale consistera du coup à tester des médicaments contre le mal de mer. Après avoir quitté la Royal Navy à la fin de la guerre, il décide d'investir ses économies (5000 £) dans l'achat d'une jetée, à Sandcastle, où se trouve un parc d'attractions miteux en très mauvais état. Dès le début, il se met à dos le conseil municipal, lequel envisage de détruire cette jetée pour permettre de faire une route le long de la plage. Tous les moyens sont bons. Heureusement, Ambrose a plein d'idées, dont celle de transformer la jetée en paquebot immobile. De nombreux jeunes gens désoeuvrés viennent l'aider dans son entreprise. La bataille navale entre des pédalos menés par Ambrose qui a enfin trouvé un remède au mal de mer et un bateau équipé d'une drague est irrésistible. Il faut noter qu'à la fin, Ambrose est accueilli en héros sur une plage française. Ce film amusant et divertissant vaut la peine d'être vu.

2 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (8)

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Cela faisait longtemps que je voulais revoir Le troisième homme (The Third Man en VO) de Carol Reel (1949). C'est Princecranoir qui m'a donné envie de parler du DVD. Je me rappelais plusieurs séquences du film qui se passe dans la ville de Vienne en ruines, la rencontre d'Harry Lime et Holly Martins sur la roue du Prater et la poursuite finale dans les égouts très étendus de la capitale de l'Autriche. L'histoire est adaptée d'un roman de Graham Greene. Quand Holly Martins (Joseph Cotten), un écrivain sans le sou, débarque en train à Vienne, c'est pour rencontrer Harry Lime (Orson Welles), un vieil ami qui lui a proposé un travail. Dès qu'il arrive chez Harry, il apprend que ce dernier est mort après avoir été renversé par une voiture. Pendant la première moitié du film, Holly mène l'enquête avec Anna Schmidt (Alida Valli), la petite amie d'Harry, car il y a des zones d'ombre dans cet accident. Des témoins de l'accident sont tués et un mystérieux troisième homme, qui a transporté le corps d'Harry, a disparu. Holly découvre pendant sa recherche qu'Harry était un trafiquant sur le marché noir. Puis Holly retrouve Harry bien vivant. De ce dernier, on voit d'abord ses chaussures cirées sous un porche d'immeuble. Puis la caméra s'élève, et on voit le visage d'Harry surgir de l'ombre. Le plan est inoubliable. La photo en noir et blanc a été justement récompensée par un Oscar. Un film d'1H44 qui "vieillit" bien.

30 janvier 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (7)

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Lors d'une émission Le Masque et la Plume où les critiques donnent leur opinion, une semaine sur deux, sur des films plus ou moins récents, il a été question des deux versions de Elle et Lui (Love Affair en VO) de Leo McCarey. Je me suis empressée de me procurer les deux versions. La plus récente (avec Cary Grant et Deborah Kerr) date de 1957 (An Affair to Remember en VO). C'est la version la plus connue. Je préfère pour le moment évoquer la version de 1939 en noir et blanc avec Irene Dunne et Charles Boyer. Avec mon ami, on eu la larme à l'oeil à la fin. En préambule, je dirai que la copie disponible en DVD est magnifique. C'est grâce au MoMa (Museum of Modern Art) de New York, qui possédait une vieille copie du film en 35 mm, qu'une restauration a pu se faire, assez récemment. Je ne me rappelais plus bien l'histoire. Terry McKay (Irene Dunne) et Michel Mornayn (Charles Boyer, avec un accent irrésistible), tous les deux fiancés chacun de leur côté, se rencontrent sur un paquebot naviguant vers New-York. Terry est chanteuse et Michel artiste-peintre pas très riche. Ils tombent amoureux et se donnent rendez-vous dans six mois en haut de l'Empire State Building à Manhattan. Six mois plus tard, Michel qui a annulé ses fiançailles, est au rendez-vous, Terry, qui est prête à se marier avec Michel, n'y sera pas... J'ai découvert qu'Irene Dunne avait une très belle voix et j'ai trouvé que Charles Boyer était touchant. Il ne faut pas oublier un troisième personnage qui apparaît dix minutes dans le film, la grand-mère de Michel qui vit à Madère. Elle est en possession d'un beau châle que l'on retrouvera à la fin du film. Un très beau mélo pas mièvre que je vous recommande vivement. 

4 décembre 2020

Silex and the city volumes 7, 8 et 9 - Jul

Venant de terminer le nouveau Silex and the City, je viens de me rendre compte que je n'avais pas chroniqué les deux précédents.

Je vais réparer ces oublis.

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Je commence avec Silex and the City - 7. Poulpe fiction (Dargaud, 2016, 46 pages) dans lequel on retrouve la famille Dotcom, soit Blog, sa femme Spam, sa fille Web et son fils URL. Ils ont décidé d'accueillir un poulpe, un des nombreux invertébrés demandeurs d'asile qui viennent du Jurassique. Nous sommes toujours en 40 000 avant JC. Ils font cette bonne action après que Blog et Spam ont assisté à un naufrage de crustacés, reptiles et autres batraciens. Comme d'habitude Jul a pris un sujet dans l'air du temps et, en 2016, on avait beaucoup parlé du petit garçon échoué sur une plage turque. Jul évoque aussi le "Front Néanderthal" qui risque de gagner les prochaines élections. J'ai bien apprécié cet album que je n'avais pas relu depuis sa parution.

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Je continue avec Silex and the City - 8. L'homme de Cro-Macron (Dargaud, 2018, 46 pages) où sont mis à l'honneur E. Cro-Macron et Brigitte ainsi que la disparition de Johnny Habilis, que Blog trouvait ringard. Il est fait mention de la Zad de Roybon en Isère (Zone Arboricole à Défendre). Le pauvre Blog se retrouve en prison après avoir quitté le foyer conjugal. Spam aurait voulu que Blog soit un peu plus tendre envers elle plutôt que de s'endormir tout de suite. Heureusement qu'elle a "50 nuances de graisse" à lire. Les inégalités entre hommes et femmes est un des autres thèmes de cet album "En marche". Enki Bilal a participé à cet album pour deux planches.

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Je termine avec Silex and the City - 9. La dérive des confinements (Dargaud, 2020, 46 pages) qui bien entendu nous plonge dans un quotidien pas très drôle mais que Jul traite de manière humoristique. On retrouve les masques, la "mise en quaternaire", et les chasseurs-livreurs qui ne reçoivent aucune considération. Web vit mal d'être confinée avec ses parents. D'autant que Blog et Spam vont avoir quelques symptômes à cause du virus (perte d'odorat et du goût). Blog arrive à faire des réserves de paquets de "pattes" mais il n'arrive pas assez tôt pour cueillir des feuilles pour les toilettes. Un album distrayant malgré le sujet.

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29 novembre 2020

La vengeance des cendres - Harald Gilbers

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Après Germania, Les fils d'Odin et Derniers jours à Berlin, je viens de lire La vengeance des cendres d'Harald Gilbers (Calmann-Levy, 439 pages haletantes). J'ai été contente de retrouver Richard Oppenheimer, l'ancien commissaire de la Kripo, renvoyé parce qu'il était juif et qui a vécu dans la clandestinité à Berlin pendant toute la deuxième guerre mondiale. On le retrouve en décembre 1946 avec sa femme Lisa et d'autres dans la demeure appartenant à Hilde, une femme médecin très amie avec le couple. Berlin est partagée en quatre secteurs, russe, français, britannique et américain. Les Berlinois souffrent toujours autant du froid (-20°) et surtout de la faim. Le marché noir n'a jamais aussi bien fonctionné dans une ville toujours en ruines. C'est dans ce décor qu'Oppenheimer va enquêter sur des meurtres étranges. Des hommes plutôt bien nourris sont retrouvés morts et dénudés avec une liste de noms de personnes tracés à l'encre noir sur les bras et les jambes. J'aime la manière dont Gilbers reste au plus près des personnages qui survivent comme ils peuvent dans une ville où par exemple, des bandes de gamins souvent orphelins chapardent tout ce qu'ils peuvent revendre, où il n'est pas facile d'afficher son homosexualité punie par l'article 175 du code pénal allemand datant de 1872 (qui a été appliqué jusqu'à 1994), et où les Russes et les Américains se regardent en chiens de faïence. Le roman se termine le 30 décembre 1946. J'espère que M. Gilbers ne va pas s'arrêter là. 

26 novembre 2020

Network - Sidney Lumet

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Plus de 40 ans après, j'ai revu Network de Sidney Lumet (1976). A l'époque, j'étais adolescente et j'avais trouvé le film un peu long. Pour tout dire, j'avais été moyennement emballée. Et bien, en le revoyant en 2020, j'ai changé d'avis. Le film n'a rien perdu de son actualité. En 1976, la télévision était le moyen de communication principal pour informer les gens. A l'époque, la presse écrite commençait à être un peu en perte de vitesse. Le réseau de chaînes de télé UBS vient de virer Howard Beale (Peter Finch) après vingt ans de bons et loyaux services en tant que présentateur du journal du soir. Et ce, malgré les protestations de Max Schumacher (William Holden). Le soir même à l'antenne, Howard annonce que dans une semaine, il va se suicider en direct. Cette nouvelle provoque une hausse immédiate de l'audimat. Flairant une aubaine, la nouvelle directrice des programmes très ambitieuse, Diana Christensen (Faye Dunaway) donne carte blanche à Beale qui devient un gourou pour des millions de spectateurs. Tout ce que Beale demande ou énonce provoque des réactions dans tout le pays. Jusqu'à ce que Beale devienne hors de contrôle. Aujourd'hui, la télévision a été supplantée par les réseaux sociaux pour en arriver à des résultats similaire. Le film est très bien réalisé avec des acteurs remarquables. Il faut noter la qualité des dialogues : c'est devenu rare. Le film a raflé quatre Oscars en 1977 dont l'Oscar du meilleur acteur amplement mérité à Peter Finch à titre posthume. L'acteur était décédé à 60 ans d'une crise cardiaque peu de temps avant la cérémonie. Je recommande vivement ce film. 

23 novembre 2020

Mot-à-mots - présentation d'Alex-mot-à-mots (à l'occasion de ses 500 commentaires chez Dasola)

Voici une septième "mise à l'honneur" pour une blogueuse venant de faire son 500e commentaire sur le blog de Dasola (1). Alex-mot-à-mots a mis un peu plus de dix ans et demi pour franchir cette étape, puisque son premier commentaire ici remonte au 24 avril 2010 (plus de trois ans après les débuts du blog de dasola). Je (ta de loi du cine, squatteur et statisticien de dasola) lui ai aussimot, pardon, aussitôt, demandé si elle accepterait de se prêter aux quelques questions-réponses habituelles. En un week-end, ça a été fait!

Aujourd'hui, je n'oserais pas pronostiquer si le prochain témoignage viendra d'1 blogueur.euse ayant déjà accumulé plus de 400 commentaire chez dasola, ou, qui sait, plutôt de l'une de celles qui "progressent" désormais au rythme de 80 à 100 nouveaux commentaires par an...

Mais pour le moment, je vous souhaite une bonne lecture des réponses de Alex-mot-mots ci-dessous!

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Mot-a-Mots Bonjour Alex-mot-à-mots, pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques?

Alex, 47 ans, mariée, deux enfants de 17 et 14 ans. J’habite à la campagne mais j’ai grandi dans une petite ville chargée d’histoire romaine. 

Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ou l'art?

J’ai fait des études de lettres et travaille maintenant au milieu des livres. 

* Parlons un peu de vous et de votre blog: Mot à mots. Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer? Vous utilisez aujourd’hui la plateforme « wordpress » (depuis février 2015), pourquoi avoir quitté la plateforme « canalblog »? Quid de l’achat du nom de domaine ?

J’ai commencé à bloguer quand mon premier fils est né, en 2003. Ma mère était partie travailler à Nouméa, c’était une façon de lui envoyer des photos et des nouvelles. Puis mes enfants ont grandi, ma maman est revenue, mais j’avais pris goût au blog.
Comme mes enfants grandissaient, j’ai pu de nouveau trouver du temps pour lire. J’ai alors décidé d’ouvrir un blog sur mes lectures (et un peu sur le thé, ma seconde passion).
J’ai commencé historiquement sur Canalblog, mais à cause de nombreux problèmes généraux sur cette plate-forme, j’ai d’abord migré sur Wordpress gratuit, puis sur Wordpress payant grâce à mon mari.
Eh oui, mon mari est aussi gestionnaire d’un blog de tekno (https://larajtekno.info/). C’est lui qui a payé le premier abonnement, et qui m’a parrainé.

* Vous n'y parlez pratiquement pas d'autre chose que de livres, à la notable exception des thés présentés sous la catégorie « A l’heure du chapelier fou »: pourquoi?

Parce que ma vie privée ne regarde que moi. Si vous voulez en savoir un peu plus, il faut me suivre sur les réseaux sociaux (ou je ne raconte rien de passionnant).
Je n’ose pas parler des films, ne me sentant pas encore assez à l’aise.
Parfois, je fais un article sur une fête du livre, mais en ce moment, c’est assez calme.
Toutefois, étant une adepte du Zéro déchet (dans la mesure du possible), dans le menu, vous trouverez des pages sur mes recettes ZD.

* La catégorie « En passant » semble, elle, rassembler des billets sur des livres «tombés des mains» ou sur des sujets divers… ?

En effet, il m’arrive d’abandonner des lectures peu à mon goût. Je les rassemble dans un même billet en expliquant succinctement pourquoi je les ai lâchement laissé tomber.

* Votre blog ne comporte aucun autre « index » de tous les livres chroniqués que l’initiale du nom de l’auteur ou bien le mois de rédaction (colonne de droite) : ni par genre de littérature, ni par pays… Pourquoi ce choix ?

Cela aurait fait une colonne de droite trop longue à mon goût. Question d’esthétique uniquement. Et puis, quand je cherche sur d’autres blogs ayant ces classements, je ne m’y repère pas.

* En ce qui concerne la lecture: quel est votre but avec ce blog ? Débroussailler le champ immense des lectures possibles, faire partager vos émotions de lectures…?

Egoïstement, ce sont d’abord des fiches de lecture en fonction des livres que j’ai envie de lire à certains moments : rentrées littéraires, festivals du polar…. L’envie de faire découvrir d’autres titres, d’autres auteurs parfois.

* En moyenne et à titre indicatif, combien lisez-vous de bouquins par mois? Et pour rester dans les chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour?

Désolé Ta d loi du ciné, aucune statistique chez moi, ça a tendance à me déprimer ;-)

* Quelle blogueuse êtes-vous ? Challenges, tag, swap… Jouez-vous à ces jeux émérites ?

J’ai eu fait des swaps, challenges et autres tags. Mais je me suis aperçu que je ne lisais pas les réponses des tags des autres bloggueuses.eurs. Certains swaps m’ont déçu. Je ne participe plus non plus à des challenges, je préfère lire au gré de mes envies. Quant aux différents jeux, je n’ai dû gagner qu’une seule fois, alors je n’en fais plus non plus.

* Vos commentaires consistent en général en une phrase ou deux (courtes) : vous privilégiez la concision ? Mais vous répondez toujours aux commentaires chez vous?

C’est mon esprit de synthèse qui ressort, désolée !
Oui, je réponds toujours aux commentaires, c’est un signe de politesse.

* Question très intéressée : pourquoi et comment est réalisée la page de la liste des blogs visités (https://www.netvibes.com/motamots#LECTURES sur https://www.netvibes.com/fr)?

J’ai créé un compte Netvibes (agrégateur de flux) dont je me sers pour aller visiter les blogs amis. J’ai ensuite mis le lien sur Wordpress.

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie?

La lecture tient un rôle important, évidemment, mais moins qu’il y a quelques années ou je me jetais littéralement sur tout ce qui avait la forme d’un livre. Avec l’expérience, je sélectionne mieux mes lectures.

* Combien de temps consacrez-vous à la lecture chaque jour?

Cela dépend : beaucoup les week-ends, et à peu près une heure par soir (sauf en cas de grosse fatigue). Je lis beaucoup également pendant les vacances. Mes articles paraissent tous les 2 jours, mais c’est parce que mes billets sont programmés.

* Salons du livre, rencontres avec les auteurs et séances de dédicaces … Les recherchez-vous?

Quand j’en ai envie et seulement pour découvrir des auteurs. Les têtes d’affiche pour lesquels il faut faire la queue ne me disent rien.

* Votre endroit favori pour lire?

Mon fauteuil spécial devant la fenêtre, avec mon repose-pieds et mon plaid. La table pas loin pour poser ma tasse de thé.

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique?

Les deux, mon capitaine. J’emprunte également beaucoup à ma BM, car ma carte-bleue me dit souvent non.

* Comment choisissez-vous vos lectures? (bouche-à-oreille, cadeau, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un auteur – vraiment – préféré?

J’ai la chance d’avoir une bonne librairie dans la grande ville à côté de chez moi ; de faire partie d’un groupe de lecture dans lequel nous échangeons nos découvertes. Certains blogueurs sont également de très bon conseil.
Un genre favori : j’aime souvent retourner vers le polar.
Un auteur vraiment préféré ? Après réflexion, je dirais Louise Penny et son personnage Armand Gamache. Chaque tome de la série (qui en compte une quinzaine) est passionnant à lire.

LOUISE PENNY UN BEAU MYSTERE

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

A l’atmosphère qui se dégage des pages. Si l’auteur.trice a su créer une atmosphère, c’est gagné.

* Offrez-vous des livres? Si oui comment les choisissez-vous?

Rarement, je préfère les échanges. J’en offre ceci dit beaucoup à mes enfants sur leurs sujets de prédilection.

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que avez pu lire?

Incontestablement : Les frères Karamazov de Dostoïevski. Lu quand j’étais ado, le roman m’avait fait forte impression : la psychologie des personnages, le tragique de l’histoire, et cette ambiance glauque sans hémoglobine.

LES FRERES KARAMAZOV

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente?

Enfantine, non : je ne trouvais aucun intérêt aux histoires.
Et puis j’ai découvert Sherlock Holmes. Même si à l’époque je ne comprenais pas grand-chose à l’intrigue, j’adorais l’ambiance londonienne et le personnage tourmenté.

* Comme d’autres «dévoreuses de bouquins», êtes-vous vous aussi tentée par l’écriture?

Absolument pas. C’est un vrai métier qui doit partir des tripes parce que l’on a quelque chose à dire.

* Vous rappelez-vous comment vous aviez découvert le blog de Dasola? (réponse facultative!)

Ca remonte à tellement longtemps ! Sans aucun doute un excellent conseil de lecture. J’aime beaucoup les billets sur les polars (j’en ai découvert quelques-uns grâce à Dasola, mercis).

* La question suggérée par Dominique: "êtes-vous parfois tentée d'arrêter le blog?"

Ca m’arrive. Jusqu’à présent, je l’ai mis en pause, plus ou moins longues. Mais j’y reviens toujours. La littérature est vraiment essentielle à ma vie, même si parfois j’en ai marre de lire (souvent après un mauvais bouquin). Mais j’y reviens toujours.

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

Je ne sais pas qui m’aura lu jusqu’au bout….
Merci, Ta d loi du ciné, pour cette mise à l’honneur. 

Mot-a-mots_2

 

(1) Ci-dessous les six témoignages précédents (avec leur nombre de commentaires lorsqu'elles-ils avaient témoigné, et aujourd'hui):
Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017 (500 => 659)
Aifelle (le goût des livres) le 25 octobre 2017 (750 => 1026), 
Maggie (Mille et un classiques) le 12 août 2018 (600 => 759) 
Ffred (le ciné de Fred) le 23 octobre 2018 (500 => 537).

Keisha (en lisant en voyageant) le 26 avril 2019 (500 => 570)
Matching points "pour les femmes mais pas seulement" le 12 mai 2020 (500 => 533)

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