Le blog de Dasola
Derniers commentaires
Archives
Challenges terminés

Pour les challenges de l'année en cours, 
voir colonne de droite

6 juin 2021

Des hommes - Lucas Belvaux

A la différence de Pascale et Ffred, j'ai beaucoup aimé ce film même si l'on n'a pas toutes les réponses aux questions que l'on peut se poser. Les ellipses ne m'ont pas dérangée du tout. Bernard (Depardieu imposant, au sens propre et au figuré) arrive comme un éléphant dans un magasin de porcelaine dans la salle des fêtes du village du Morvan où il habite. Il a tenu à remettre un cadeau à sa soeur Solange (Catherine Frot) pour son anniversaire. Tout le village a été invité sauf lui. Lui, Bernard, qui se fait remarquer par ses remarques racistes envers le Maghrébin qui a aidé Solange pour l'événement. Bernard qui est ivre est mis à la porte de la fête. Il rentre chez lui et à partir de là, on commence à entendre les voix "off" des personnages, comme celle de Jean-Pierrre Darroussin qui interprète Rabut, le cousin de Bernard (alias Feu-de-bois). Cette altercation nous fait remonter plus de 60 ans en arrière quand Bernard, Rabut et quelques autres ont été en Algérie dans le cadre de leur service militaire qui à l'époque durait encore deux ans. Et cette guerre en Algérie a laissé un traumatisme indélébile à ces jeunes hommes. Les acteurs qui interprètent Depardieu et Darroussin jeunes (pour moi, ce sont des inconnus) sont remarquables. La guerre est vu à hauteur de ces jeunes soldats qui, parce qu'une nuit, ils reviennent trop tard d'une permission, provoquent un massacre. J'ai apprécié que Lucas Belvaux ne prenne pas trop partie: les "méchants" et les "gentils" sont dans les deux camps. Il n'y a pas de scène gratuite. Un film que je conseille absolument et qui m'a donné envie de lire le roman éponyme de Laurent Mauvignier dont le film est adapté.

16 février 2020

La fille au bracelet - Stéphane Demoustiers

La fille au bracelet commence avec une séquence sur une plage. On voit une famille de loin, le père, la mère et les enfants, dont une fille adolescente. Deux policiers arrivent. On ne comprend pas ce qu'ils disent mais l'adolescente se rhabille et suit les policiers sans protester. Deux ans plus tard, Lise Bataille, âgée désormais de 18 ans et qui porte un bracelet électronique, attend de passer en jugement. Elle est accusée d'avoir poignardée à mort Flora, sa meilleure amie. On assiste à des moments du procès assez passionnants. On ne sait pas vraiment ce que ressent Lise. Elle ne réagit pas beaucoup, sauf juste avant le verdict. Ses parents, très bien interprétés par Roschdy Zem (décidément, il n'arrête pas de tourner) et Chiara Mastroianni, la soutiennent comme ils peuvent même si la mère prend du recul sur l'affaire. Ils ne reconnaissent pas leur fille qui, avant le drame, était a priori joyeuse et sociable et qui désormais est devenue renfermée et peu causante. J'ai beaucoup aimé l'avocate de la défense, très humaine. En revanche, la procureure, interprétée par Anaïs Demoustiers (la soeur du réalisateur) m'a paru très antipathique. Il faut noter le jeu sobre de Melissa Guers qui interprète Lise. Tout au long du film, le mystère reste entier, et ce jusqu'au terme de l'histoire, même si on assiste au verdict final sur lequel je ne vous dirai rien. Un très bon film. Lire le billet de Baz'art.

31 décembre 2019

Palmarès cinéma 2019

Malgré la grève des transports depuis décembre, j'ai vu 106 film en 2019. Ce fut à nouveau une année riche avec des films très divers. Il y a plein de films que je n'ai pas vus pour diverses raisons comme Midsommär, Martin Eden, LeMans 66, Il était une fois à Hollywood, etc... Eh bien, tant pis pour moi.

Même si je n'ai pas eu le coup de coeur de l'année, voici dix films que je recommande. Ils sont classés dans l'ordre où je les ai vus. Je n'ai pas mis Parasite qui est un film que j'ai apprécié (pour la première partie) mais sans plus. Et je n'ai pas choisi non plus les Misérables qui m'a gênée dans son traitement du sujet.

Edmond d'Alexis Michalik (l'année cinématographique 2019 commençait très bien)

An Elephant sitting still de Bo Hu, un film chinois qui se mérite mais c'est vraiment bien

Le chant du loup d'Antonin Baudry, un très bon premier film français

L'oeuvre sans auteur 1 et 2 de Florian Henckel von Donnersmark, deux films en un, superbe

Roubaix, une lumière d'Arnaud Despleschin pour la prestation de Roschdy Zem

Ad Astra de James Gray pour les décors et prises de vue

Le traître de Marco Bellochio pour l'acteur principal et l'histoire

J'accuse de Roman Polanski : un très grand film grâce auquel j'ai appris des choses

Hors normes d'Olivier Nakache et Eric Toledano : un film qui fait du bien

La vie invisible d'Euridice Gusmão de Karim Aïnoud : pour les deux actrices

Puis en voici quelques autres que je vous conseille :

Green book de Peter Farrelly

La chute de l'empire américain de Denys Arcand

El Reino de Rodrigo Sorogoyen

Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Mitevska

So long my son de Wang Xiaoshuai

Les hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbe-Mévellec

Sorry we missed you de Ken Loach

Ceux qui travaillent d'Antoine Russbach

Pour Sama, journal d'une mère syrienne de Waad el Kateab et Edward Watts

Brooklyn Affairs d'Edward Norton

 

Pour une fois, je vais aussi faire un palmarès des films que vous pouvez ne pas voir, en voici 10 aussi.

La sainte famille de Louis-Do de Lencquesaing

Ben is back de Peter Hedges

Sunset de Lazlo Nemes

X-men Dark Phoenix de Simon Kinberg

Persona non grata de Roschdy Zem

Thalasso de Guillaume Nicloux

Gloria mundi de Robert Guediguian

Gentlemen cambrioleurs de James Marsh

Beaux-parents d'Hector Cabello Reyes

Alice et le maire de Nicolas Pariser

19 janvier 2020

1917 - Sam Mendes

Le 6 avril 1917, pendant la première guerre mondiale, quelque part sur le front dans le nord de la France, deux jeunes caporaux britanniques, Schofield et Blake sont chargés par un général d'aller porter un message de l'autre côté des lignes ennemies à un colonel d'un régiment britannique prêt à une offensive. En effet, les Allemands ont tendu un piège et 1600 soldats britanniques risquent de mourir dans l'attaque. Parmi eux, il y a le frère de Blake. L'histoire commence au pied d'un arbre et se termine aussi au pied d'un arbre 24 heures plus tard. Dans l'intervalle, on suit Schofield et Blake dans un long plan séquence. On marche avec eux dans la gadoue parmi les cratères creusés par les obus. On voit des cadavres, des corbeaux, des barbelés et des rats, tandis que Blake et Schofield continuent d'avancer. La caméra les suit et les précède. Grâce au talent du réalisateur, on a l'impression que le film a été tourné en une seule prise. Certains plans m'ont fait penser au film Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, dans les tranchées, et quand un village brûle, la séquence ressemble à une scène de Skyfall de... Sam Mendes. Il y a une tension pendant tout le film car on ne sait pas si les deux jeunes soldats vont remplir leur mission. Je ne vous dirais rien de plus si ce n'est que la réalisation est magistrale. On ne s'ennuie* pas une minute*. Le seul petit bémol que je ferais au film, c'est d'avoir choisi, pour une séquence, une rivière qui devient une cascade. Je ne suis pas sûre qu'un tel cours d'eau existe cette région si plate de France (comme l'avait aussi relevé Pierre D.). J'ai vu le film en avant-première avec mon ami, dimanche dernier 12 janvier 2020. Lors de la présentation, on nous a dit que le film avait été tourné en Angleterre, et non en France sur les champs de bataille de l'époque qui sont considérés comme des sanctuaires. 500 figurants ont participé au tournage. Sam Mendes s'est inspiré des histoires que lui a raconté son grand-père, Alfred, qui est mentionné dans le générique de fin. Enfin, il faut noter que le 6 avril 1917 est la date d'entrée en guerre des Etats-Unis dans le conflit. Lire les billets de Neil et Pascale.

* [et non "s'ennuit" et "mintute", merci Ronnie!]

29 janvier 2019

La mule - Clint Eastwood

Depuis Gran Torino, cela faisait 10 ans que Clint Eastwood n'avait pas été devant et derrière la caméra d'un film et interprété le rôle principal d'un film. Earl Stone, un horticulteur passionné, risque d'avoir sa maison et son terrain saisis par manque d'argent à cause de la concurrence d'Internet. Earl est un homme seul qui a délaissé sa famille depuis des années. Il a été absent à tous les événements familiaux marquants dont le mariage de sa fille. Par hasard, il va accepter de devenir une "mule" pour un cartel de la drogue mexicain. Il fait de long voyage dans son vieux pick-up qui sera vite remplacé par un véhicule plus pimpant. A côté des noix de macadamia de sa fille, les sacs contenant de la cocaïne deviennent de plus en plus lourds et sa récompense est de plus en plus conséquente. Il prend son temps en conduisant, fait des arrêts comme bon lui semble. A partir de là, les chefs du cartel deviennent méfiants envers Earl surnommé "Tata". Ils le font surveiller par deux des leurs. La DEA (Drug Enforcement Administration - Administration pour le contrôle des drogues) s'intéresse aussi aux mules, dont ce mystérieux "Tata" qui va interrompre un des ses voyages afin de renouer avec sa famille en général et son ex-femme en particulier. Cette séquence est bouleversante. Clint a 88 ans, presque 89. Il est voûté de temps en temps. Il a le pied moins sûr, mais quelle prestance et présence! Et en plus, il réalise! Il sait raconter une histoire. Chapeau bas, Monsieur Eastwood. Grâce à lui, j'ai passé un très bon moment de cinéma. Pascale est fan et ffred a bien aimé aussi.

2 septembre 2020

Effacer l'historique - Gustave Kervern et Benoît Delépine

Comme je n'ai rien compris ou presque à Tenet, je n'écrirai pas de billet dessus. Je préfère évoquer Effacer l'historique de Gustavec Kervern et Benoît Delépine qui ont aussi écrit le scénario. Quelque part, dans une zone pavillonnaire des Hauts-de-France, Marie (Blanche Gardin), Bertrand (Denis Podalydès) et Christine (Corinne Masiero) ne vont pas bien. La première loge dans un pavillon, vidé de ses meubles qu'elle vend au fur et mesure car elle n'a pas de travail. A l'occasion d'une sortie trop arrosée dans un bar, elle va se faire piéger, et sa prestation a été filmée sur une "sextape". Le "sextapeur" (Vincnt Lacoste) lui réclame de l'argent que, bien sûr, elle n'a pas. Par ailleurs, Marie va voir son fils la nuit venue en s'introduisant chez son ex qui en a la garde.
Bertrand, lui, vit avec sa grande fille adolescente qui est ne veut plus aller au lycée où elle est harcelée via une vidéo prise sur smartphone. Cherchant peut-être l'âme soeur, il fait durer des appels quand il est démarché au téléphone et que la voix est féminine et exotique. Cette voix le fera voyager jusqu'à l'Ile Maurice.
Quant à Christine, chauffeur VTC, elle attend désespérément que son nombre d'étoiles "données par les clients" augmente. Et malheureusement, rien n'arrive.
On a donc trois histoires séparées mais tortillées ensemble, avec comme points communs les réseaux sociaux et les nouvelles technologies numériques qui font partie de leur vie. Nos trois sujets ne contrôlent rien et ne peuvent pas revenir en arrière, à moins que "Dieu" (Bouli Lanners), installé dans une éolienne, puisse les tirer d'affaires. Le lien qui les unit est le fait qu'ils ont été, il n'y a pas si longtemps, des "gilets jaunes". Mais depuis, ils sont complètement largués. Le film dégage un humour souvent desespéré. Certains personnages ne font que passer, comme un livreur "Alimerzone" (Benoït Poelvoorde, irrésistible), ou bien Michel Houellebecq, un client dépressif qui entre dans la boutique où travaille Bertrand. L'humour n'est pas toujours très fin mais on passe un bon moment. Lire les billets d'Anne, Ffred, Pascale et Henri Golant.

11 août 2022

Bullet train - David Leitch

Bullet Train de David Leitch est un film survitaminé qui demande quelques neurones disponibles pour suivre l'histoire. Cela va à 300 à l'heure (comme la vitesse du shinkansen, le TGV japonais). C'est d'ailleurs dans un shinkansen qui relie Tokyo à Kyoto que se déroule l'essentiel de l'histoire. Des tueurs complètement déjantés avec des noms à l'avenant (Coccinelle, Mandarine, Citron, Le loup et le frelon) se retrouvent dans le train pour différentes raisons: récupérer une mallette pleine d'argent, sauver le fils d'un mafieux ou se venger de quelqu'un. Il y a aussi un serpent très venimeux, un boomslang, qui intervient dans ce jeu de massacre où ça flingue et ça saigne à tout va, non sans beaucoup d'humour. Parmi les méchants, il ne faut pas oublier Prince, une jeune femme dont on va découvrir qui elle est vraiment. Brad Pitt (Coccinelle), qui joue un rôle de "crétin des Alpes", a l'air de beaucoup s'amuser, comme les autres acteurs. Il faut noter qu'on a droit à la présence, à la fin, de Sandra Bullock. J'ai passé un bon moment. Sinon, le scénario du film est adapté de Bullet Train de Kotaro Isaka, un roman policier de 2010 traduit en 2022 en français aux Presses de la Cité (je ne l'ai pas lu). Lire les billets de Selenie et Pascale. 

13 juin 2019

Greta - Neil Jordan

Greta de Neil Jordan, sorti hier 12 juin 2019, est un petit film horrifique de série B qui remplit son contrat. Il m'a fait peur car le personnage de Greta parait anodin alors qu'au fur et à mesure que l'histoire avance, on se rend compte que c'est une femme dangereuse. La  prestation d'Isabelle Huppert est une fois de plus digne d'éloges. Elle fait peur avec son petit sourire. On sent assez vite que c'est une femme dérangée. Un jour, une jeune femme, Frances, trouve un sac à main dans une rame de métro. Elle décide de ramener le sac avec tout ce qu'il y a dedans à sa propriétaire, Greta, qui la remercie avec effusion. Greta vit dans un rez-de-chaussée sur cour dans une maison new-yorkaise. Frances et Greta sympathisent, elles se revoient. Le piège se referme sur Frances qui a perdu sa mère récemment et qui trouve une sorte de mère de substitution en la personne de Greta. Greta joue du piano. Elle aime la musique classique qui masque les bruits alentour dont des coups sourds que l'on entend derrière les cloisons (c'est un indice important pour l'intrigue). Je n'en dirai pas plus, à part que j'ai aimé, et qu'Isabelle Huppert convient bien dans le rôle de Greta.

5 août 2020

L'aventure des Marguerite - Pierre Coré

En lisant l'article très enthousiaste de Pascale, et après qu'une de mes collègues m'ait dit qu'elle avait passé un très bon moment, je me suis décidée à aller voir L'aventure des Marguerite de Pierre Coré, sorti le 14 juillet 2020. Marguerite vit en 1942 avec ses grand-parents et une tante dans une jolie demeure dans l'est de la France. Margot vit en 2020 entre sa mère divorcée et Laurent, le copain de sa mère, avec lequel elle se chamaille tout le temps. Margot voudrait bien retrouver son vrai père parti loin d'elle. Marguerite, quant à elle, ne se remet pas de l'absence de son père, parti au combat du jour au lendemain. Elle ne sait pas comment le retrouver. Margot est une fille de son époque avec son portable à la main, ses études au collège et un petit copain secrètement amoureux d'elle. C'est dans une malle magique que les deux ados vont se rencontrer et chacune va se retrouver tranportée dans l'époque de l'autre. Le film est une suite de scènes alternant passé et présent. Le spectateur n'est jamais perdu. C'est un film plein de fraîcheur avec des acteurs épatants, dont Clovis Cornillac, qui interprète un personnage dans chaque époque. Il est vraiment très bien. La jeune Lila Gueneau qui interprète les deux Marguerite s'en tire bien. Le film n'est pas mièvre et il comporte des scènes amusantes mais parfois grave. Je viens d'apprendre que le film était adapté d'une BD. Un film idéal à voir cet été.

15 juillet 2020

Eté 85 - François Ozon

Eté 85, le dernier film de François Ozon, m'a agréablement surprise même si je n'ai pas eu forcément beaucoup d'empathie pour les personnages et pourtant... Dans une station balnéaire normande pendant l'été 1985, Alexis (Alex), 16 ans, rencontre David, 18 ou 19 ans, lors d'un naufrage de bateau. Ils deviennent immédiatement amis et plus que des amis par la suite. Leur histoire va durer six semaines. Quand le film commence, Alex qui est le narrateur nous apprend que David est mort. Alex, lui, a été arrêté. On va apprendre pourquoi dans les dernières scènes. Les flashback nous permet de voir l'évolution des relations entre David Gorman qui a perdu son père un an plus tôt et Alex qui lui a des relations pas faciles avec son père. David est insouciant, il prend la vie comme elle vient. Il ne veut pas s'attacher alors qu'Alex ressent vraiment quelque chose pour David. J'ai aussi bien aimé Kate, le personnage féminin qui s'immisce entre les deux. C'est grâce à l'écriture qu'Alex va arriver à expliquer tout ce qui est arrivé. Les acteurs principaux, Benjamin Voisin et Felix Lefebvre, sont très bien dans leur rôle et plutôt mignons à regarder. C'est un film à voir cet été. Il aurait dû être en compétition au Festival de Cannes en 2020.

5 juillet 2020

Irrésistible - Jon Stewart

Après avoir lu une bonne critique sur Télérama, je suis allée voir Irrésistible de Jon Stewart qui narre les (més)aventures d'un consultant démocrate de Washington, parti pour Deerlaken, une petite ville rurale sinistrée du Wisconsin, un Etat plus républicain que démocrate. L'histoire se passe en 2016, pendant la campagne électorale qui voit s'affronter Mrs Clinton et Mr Trump. Gary Zimmer (Steve Carrell, très bien), après avoir vu une vidéo sur "You Tube" dans laquelle Jack Hastings (Chris Cooper), un fermier, défend des sans-papiers locaux, décide d'aller le soutenir contre le maire républicain de la ville. Grâce à la logistique, aux médias et à l'arrivée de Faith Brewster (Rose Byrne, très cynique), la stratège républicaine (rivale de Gary), l'enjeu de l'élection devient national. La levée de fonds est impressionnante. A l'arrivée, les résultats ne seront pas conformes aux prévisions (comme pour l'élection de Donald Trump). Le système électoral américain est grandement égratigné. Le retournement final est jubilatoire car on ne s'y attend pas. Personnellement, j'ai passé un bon moment devant cette satire pas trop méchante. Des spectateurs ont applaudi à la fin. Lire le billet de Wilyrah.

29 juin 2020

Les parfums - Grégory Magne

Les parfums de Grégory Magne, dont la sortie initiale était prévue le 25 mars dernier, sort le mercredi 1er juillet 2020. C'est un film comme je les aime. Il donne la part belle aux acteurs: Emmanuelle Devos et Grégory Montel sont vraiment très bien. L'histoire, très originale, nous permet de découvrir un métier peu connu du grand public, celui des "nez". Mademoiselle Anne Walberg (Emmanuelle Devos) est un "nez" qui a créé des parfums. Malheureusement, depuis quelques années,  elle ne crée plus de fragrances. Elle a souffert d'une perte temporaire de l'odorat (anosmie). Désormais, elle fonctionne avec des contrats ponctuels, comme aller dans une grotte pour y recueillir les odeurs qui seront recréées, plus tard, dans une réplique de la grotte pour le grand public. Ou alors, chez un créateur de sacs à main de luxe, elle est chargée de trouver la senteur qui couvrira l'odeur très forte qui se dégage des sacs en cuir. Mon ami et moi avons beaucoup apprécié le film pour le côté très humain qui s'en dégage, car il faut tout de même évoquer Guillaume Favre (Grégory Montel, un acteur à suivre) qui devient le chauffeur d'Anne Walberg. De son côté, il se bat pour avoir la garde alternée de sa fille de 10 ans alors qu'il vit dans un studio et ses revenus ne sont pas fixes. C'est pourquoi il accepte les lubies d'Anne. Il devient son factotum. Une belle relation s'installe entre eux. Je n'en dirai pas plus. Je ne sais pas quels sont les autres films qui sortent cette semaine. En tout cas ce film est à ne pas manquer. 

Baz'art en dit le plus grand bien et sinon, je l'ai vu annoncé ici.

PS suite aux premiers commentaires: oui, je l'ai vu hier dimanche 28 juin 2020 en avant-première avec mon ami.

16 octobre 2019

Joker - Todd Phillips

Moi qui étais effrayée par les clowns quand j'étais petite, je m'en méfie encore. Cela ne m'a pas empêchée d'aller voir Joker, attirée par la bande-annonce prometteuse. A Gotham City, dans les années 80, les temps sont difficiles pour une certaine partie de la population dont fait partie Arthur Fleck, un comédien qui peine à faire rire. Il rêve de se produire dans des monologues comiques dans un cabaret en s'inspirant d'histoires qu'il a écrites dans un cahier d'écolier. Ou bien de passer à la télévision dans l'émission tardive de Murray Franklin (Robert de Niro, très inspiré). Pour gagner sa vie, il essaye par exemple de faire rire des petits cancéreux dans un hôpital, ou alors, il se fait tabasser par une bande de jeune garçons devant un magasin dont il annonçait la fermeture. Arthur souffre d'un trouble pas banal, il est pris de crises de rire quand il est sous le coup de l'émotion. Ce rire sardonique très particulier devient de plus en plus fréquent et les gens autour de lui commencent à avoir peur de lui. C'est un homme qui vit avec Penny, sa mère malade dont il s'occupe jusqu'à ce que... De clown triste et pathéthique, Arthur va devenir tout à coup un dangereux criminel sous le nom du Joker, un des ennemis mortel de Batman. Je vous laisse découvrir la suite. J'avoue être mitigée sur ce film qui ne peut pas laisser indifférent. Le film tient surtout pour la performance de Joaquin Phoenix dans le rôle d'Arthur Fleck (même si j'avais préféré Heath Ledger dans The Dark Knight: le chevalier noir). Il faut noter qu'il y a au moins deux scènes d'une violence inouïe. Une semaine après avoir vu Joker, je ne peux pas dire si j'ai aimé ou non, car ce n'est pas un film aimable. Et puis la réalisation n'a rien d'exceptionnel. A la fin de la projection, j'ai été frappée par les nombreux groupes de spectateurs qui commençaient à discuter, avant même de quitter la salle. Ils avaient besoin de s'exprimer. Lire les billets de Mymp et Henri Golant.

3 mars 2020

Dark Waters - Todd Haynes

Après avoir vu Dark Waters, on regarde ses ustensiles de cuisine en Teflon d'un oeil suspicieux. Le film est inspiré d'une histoire qui est encore d'actualité. A la fin des années 90, Robert Bilott, un avocat exerçant dans un cabinet qui défend l'industrie chimique, est contacté par un fermier désespéré. La ferme de ce dernier est mitoyenne d'un site d'enfouissement de déchets de l'entreprise chimique DuPont (de Nemours) fondé en 1802. Presque toutes les vaches de son troupeau sont mortes ou atteintes de graves malformations. Bilott se met à enquêter, contre l'avis de son cabinet et de sa femme. Il se rend compte très vite que la population alentour en Virginie Occidentale s'empoisonne à petit feu à cause l'eau polluée par le PFOA (un acide que l'on trouve chez 99% des humains!), le composant des produits de la marque Teflon. Le fermier et sa femme ont un cancer. Pendant presque 20 ans, Bilott va surmonter les obstacles (comme dépouiller des milliers de documents pour monter son dossier), ignorer les menaces et défendre les victimes. Ce film passionnant dure 2H05 sans temps mort. Mark Ruffalo, qui interprète le rôle principal, en est aussi le producteur. Il est très sobre. Il interprète avec beaucoup de conviction l'avocat besogneux. Ce combat de David contre Goliath n'est pas égal, mais Bilott arrive à chaque procès à faire condamner Dupont qui verse des milions de dollars aux victimes. On peut rapprocher le thème de Dark Waters de celui d'Erin Brockovich (2000), avec l'humour en moins peut-être. Sinon, on ne s'attendait pas à ce que Todd Haynes (Loin du paradis ou Carol) réalise ce genre de film. Il s'en tire très bien. A noter que quelques-uns des véritables protagonistes font une apparition dans le film.

26 février 2020

Mine de rien - Mathias Mlekuz

Aujourd'hui, mercredi 26 février 2020, parmi les nombreuses sorties cinéma, je vous recommande d'aller voir Mine de rien qui est une comédie dramatique dans la lignée de Discount ou Les invisibles. L'histoire se passe dans le nord de la France, région qui fut le fleuron de l'industrie minière. Des chômeurs longue durée ne se laissent pas abattre. Il règne une certaine solidarité entre eux malgré des vies personnelles chaotiques. Arnault, qui a la charge de sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer, est séparé de sa femme et il voit peu ses deux garçons qui le méprisent quelque peu. Son ami Di Lello, lui, a des problèmes avec sa femme et il a du mal à s'occuper de sa fille. Il y a aussi Bernadette et son fils trisomique et tous les autres qui survivent grâce aux allocations chômage et au RSA. Un jour, une idée germe dans l'esprit d'Arnault et Di Lello: créer et ouvrir à Noël un parc d'attractions dans l'enceinte d'une ancienne mine de charbon désaffectée. Réussiront-ils dans leur entreprise malgré Madame le Maire qui leur met des bâtons dans les roues? Je vous laisse le découvrir. On rit et sourit souvent. C'est un film très sympa. Les comédiens plus ou moins connus sont tous épatants comme Hélène Vincent, Rufus ou Philippe Rebbot.

1 février 2020

La voie de la justice - Destin Daniel Cretton

Le scénario de La voie de la justice est inspiré d'une histoire vraie. En Alabama, en 1987, un forestier, Jimmy D, est arrêté sans ménagement. Dans la séquence suivante, on fait la connaissance de Bryan Stevenson, un étudiant stagiaire en droit à Harvard qui deviendra avocat renommé dans la défense des droits de condamnés à mort. On apprend très vite que Jimmy D a été condamné à mort sur la chaise électrique pour le meurtre d'une jeune femme blanche de 18 ans dans une station-service. Le témoin qui a permis d'incriminer Jimmy D est lui-même en prison et a pu bénéficier d'une remise de peine. J'ai omis, à dessein, de dire  que Jimmy D est noir, et dans l'état d'Alabama, Etat sudiste et ségrégationniste, il n'est pas bon d'avoir cette couleur de peau, même de nos jours. La plupart des condamnés à mort sont des Afro-américains déshérités ou pas très riches qui ne sont pas capable financièrement d'avoir un avocat digne de ce nom. Bryan Stevenson, lui même Afro-américain, va tout faire pour prouver que Jimmy D est innocent : preuves insuffisantes, faux témoignages. Face à lui, les policiers et l'avocat de la partie civile vont lui mettre des bâtons les roues. Pendant plus de deux heures, on va assister à une bataille dans laquelle les blancs n'ont pas le beau rôle même si certains se rachètent un peu. Le film est surtout l'occasion de montrer la violence et l'injustice du système pénal américain envers les plus faibles. Edifiant. Un film passionnant avec plein de rebondissements.

21 janvier 2020

Bug informatique sur canalblog

Bonjour à tous, je me fais l'écho d'Aifelle. En effet, depuis avant-hier soir, il est diffiicile de commenter sur canalblog. Quand vous voulez publier un commentaire, il se peut qu'un message rouge apparaisse disant qu'il y a trop de commentaires émis en même temps. Il faut insister au moins deux ou trois fois et miracle, le commentaire est publié! Désolé pour la gêne occasionnée mais décidément, la plateforme canalblog ne s'améliore pas. Très bonne journée à vous tous.

20 décembre 2019

The lighthouse - Robert Eggers

J'ai eu l'occasion de voir The Lighthouse (Le phare) de Robert Eggers (le réalisateur de The Witch) lors d'une rétrospective au Forum des images à Paris. Il faisait partie des films sélectionnés à la Quinzaine des réalisateurs lors du dernier festival de Cannes en 2019. Il est sorti ce mercredi 18 décembre. Est-ce que je le conseille? Je ne sais pas. C'est un film très particulier: une image format carré, en noir et blanc, avec une bande son parfois stressante. Deux hommes, à la fin du XIXème siècle, débarquent sur une île au large de la Nouvelle Angleterre. Ce sont les deux nouveaux gardiens du phare. On ne sait pas combien de temps ils doivent rester, ni qui ils sont vraiment. L'atmosphère devient vite oppressante. Thomas Wake (Willem Dafoe) et Ephraim Winslow (Robert Pattison) partagent une bicoque sans eau et avec peu d'éclairage. Ils s'observent, s'épient. On sent une hostilité s'installer entre les deux hommes. Thomas Wake veut s'occuper tout seul de la lumière du phare. L'ennui s'installe et de là, la folie les guette. Le film dure plus d'une heure quarante. J'ai été contente quand le film s'est terminé, même si je reconnais avoir vécu une expérience cinématographique pas banale. Je me suis demandée pendant tout le film comment les choses allaient évoluer. On vit un vrai cauchemar éveillé. L'histoire est irracontable. Il faut noter que les deux acteurs sont très bien. A vous de voir si vous êtes prêts à tenter l'expérience sensorielle, car cela en est une.

17 décembre 2019

Seules les bêtes - Dominik Moll

Après douze jours de privation de cinéma causée par la grève, je suis allée voir Seules les bêtes de Dominique Moll. J'ai été tentée d'y aller après avoir lu quelques bonnes critiques et des billets positifs comme ceux de Pascale, Anne, Henri Golant ou Ffred. Seules les bêtes est une adaptation d'un roman de Colin Niel connu pour ses romans policiers qui se passent en Guyane. Seules les bêtes se déroule entre les Causses en Lozère par temps de neige et Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire. Le film se découpe en cinq parties, ce qui permet de nous présenter des personnages dans une histoire énigmatique: une voiture abandonnée sur une route enneigée avec la disparition de la conductrice, Evelyne Ducat, une épouse de notable (interprétée par Valéria Bruni Tedeschi qui m'a agréablement surprise). Nous faisons d'abord connaissance de Valérie dont le mari, Michel, dirige une exploitation bovine et ovine. Il va disparaître à la fin de cette première partie. Valérie est une employée d'une mutuelle. Elle va d'une ferme à l'autre pour aider les gens isolés dont Joseph, un paysan taiseux qui aime la solitude et le silence. Justement, dans la deuxième partie, on commence à comprendre des choses vues dans la première partie. Dans la troisième partie, on assiste à la rencontre entre Evelyne et Marion, une jeune serveuse fougueuse qui tombe amoureuse d'Evelyne. Dans la 4ème partie, l'action se transporte à Abidjan où la cybercriminalité est très présente. Quand à la cinquième et dernière partie où l'on assiste à des allers retours entre la Lozère et la Côte d'Ivoire, on comprend l'enchaînement de tout ce qui est arrivé précédemment, les malentendus et certains événements qui ont abouti à une tragédie. La conclusion est bien trouvée. Ce film à voir m'a donné envie de lire le roman qui vient de paraître en poche chez Actes Sud - Actes noirs.

4 décembre 2019

Hors normes - Olivier Nakache et Eric Toledano

Depuis le 23 octobre 2019, Hors normes, le film d'Olivier Nakache et Eric Toledano, attire des milliers de personnes, et c'est amplement justifié. La salle où j'étais hier soir était comble et des spectateurs ont applaudi à la fin. Hors normes raconte l'histoire de Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb), qui consacrent leur vie à d'autres, ceux dont personne ne s'occupe ni ne veut, des autistes sévères qui vivent pendant des années en milieu fermé. Nos deux héros ont créé en dehors de tout cadre légal des structures qui accueillent des dizaines de jeunes malades. Ils sont aidés par des jeunes, eux-même issus de quartiers difficiles. Bruno est toujours positif en clamant qu'"on va trouver une solution" dès qu'un problème survient: manque d'argent, de moyens et de logement. L'histoire s'attache plus particulièrement à Joseph, dont la mère, jouée par Hélène Vincent, est contente qu'une structure comme celle de Bruno existe. Joseph a la manie de tirer sur les sonnettes d'alarme dans le métro. Et puis il y a Valentin qui porte une protection sur la tête comme un boxeur car il se tape souvent la tête contre les murs. Le traitement du sujet est remarquable. Et pendant ce temps là, l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) fait une inspection qui risque peut-être de leur mettre des bâtons dans les roues. On ne tombe jamais dans le larmoyant. C'est un film optimiste qui fait du bien.

Lire les billets de Géraldine, Pascale, Anne, Ffred et MissFujii.

1 décembre 2019

A couteaux tirés - Rian Johnson

Voici un film très distrayant avec une distribution royale. J'ai vu A couteaux tirés dans une salle comble et le public dont je faisais partie était aux anges. Le scénario d'A couteaux tirés est un mélange d'énigme à la "Agatha Christie" et du célèbre jeu du "Cluedo". Le soir de ses 85 ans, Harlan Thrombey (Christopher Plummer), le patriarche de la famille Thrombey, est trouvé mort, la gorge tranchée, dans sa grande demeure, alors que toute sa famille est présente. Suicide ou meurtre? Ce patriarche avait fait fortune dans l'édition et ses grands enfants, tels des parasites, ont vécu à ses crochets depuis de longues années. Si c'est un meurtre, les suspects sont nombreux. Ils sont interrogés par deux policier dans la résidence pendant qu'un homme reste dans l'ombre en observateur. ll s'agit de Benoit Blanc (Daniel Craig) qui s'intéresse à un personnage qui va passer au premier plan dans l'histoire: Marta Cabrera, l'infirmière d'Harlan dont on apprend qu'elle hérite de l'intégralité de la fortune de la famille. Je ne veux pas en dire plus. Le film comporte de nombreux flash-back qui donnent plein de pistes, vraies ou fausses. Outre Daniel Craig et Christopher Plummer, on a le plaisir de voir Jamie Lee Curtis, Michael Shannon, Toni Collette, Don Johnson (qui vieillit vraiment bien), Chris Evans, et une actrice qui monte, Ana de Armas (qui joue dans le nouveau James Bond sortant en 2020). Courez le voir. Vous ne devriez pas le regretter. Lire le billet enthousiaste d'Anne.

28 novembre 2019

Gloria Mundi - Robert Guediguian

Quand j'ai vu l'affiche de Gloria Mundi de Robert Guediguian, je ne m'attendais pas à un film si noir. L'histoire se passe de nos jours à Marseille de nos jours (une ville que je ne connais pas du tout). Mathilda (Anaïs Desmoutier) accouche d'une petite Gloria. Son mari Nicolas (Robinson Stevenin), son beau-père Richard (Jean-Pierre Darroussin) et sa mère Sylvie (Ariane Ascaride) sont heureux pour elle. Gloria est pratiquement le seul rayon de soleil du film avec Daniel Ortega, le père biologique de Mathilda. Il sort tout juste de prison après avoir purgé une lourde peine. Il avait tué des gens pour se défendre comme le déclare Sylvie. C'est elle qui lui annonce qu'il est grand-père après de longues années de silence. Et puis il y a Bruno (Grégoire Leprince-Ringuet), le compagnon d'Aurore (Lola Naymark) qui est la demi-soeur de Mathilda et la fille de Richard et Sylvie. Ce jeune couple est cynique, jouisseur, déplaisant à tout point de vue. Dans un quartier pauvre de Marseille, ils ont ouvert une boutique qui rachète et revend des produits à bas prix. Ils exploitent des sans-papiers en les faisant travailler "au noir": ils sont tenus de réparer le matériel racheté quand c'est nécessaire. Aurore est jalouse de sa soeur qui était la préférée de la famille et pourtant... Mathilda est vendeuse dans un magasin de vêtements. Elle ne reste jamais longtemps dans un poste. Nicolas essaye de devenir un chauffeur "Uber". Quant à Sylvie, elle fait des ménages de nuit, là où on lui dit d'aller, et Richard est conducteur de bus. Daniel est très content de connaître Gloria dont il commence à s'occuper et il écrit des haïkus. J'en ai déjà écrit beaucoup sur ce film qui ne m'a pas totalement convaincue. Les comédiens sont bien. Ariane Ascaride a été récompensée du prix d'interprétation féminine au dernier festival du cinéma de Venise. Guediguian a une vision très pessimiste sur notre monde d'aujourd'hui. La fin m'a paru logique, mais tout reste en suspens. Un film un peu déprimant au final, ai-je trouvé.

25 novembre 2019

Les Misérables - Ladj Ly

Je me suis décidée à aller voir Les Misérables, le film dont tout le monde parle, sorti mercredi 20 novembre 2019, et qui a été récompensé par le prix du Jury au festival de Cannes 2019 et vient d'être sélectionné pour représenter la France aux prochains Oscars en 2020. Les critiques sont unanimes pour dire que le film est extraordinaire.
Il faut reconnaître que c'est un très bon film tant du point de vue de la réalisation que de l'interprétation: les enfants sont formidables et les adultes aussi. Après, j'ai des interrogations sur le scénario, sur ce qu'il raconte. Ce film se regarde comme un thriller haletant mais au bout d'1H20 (le film dure 1H42), j'étais un peu saturée à cause de la violence sur l'écran. Le dernier quart d'heure m'a paru insoutenable. Le réalisateur a certainement voulu montrer que dans certaines cités du grand Paris, les habitants ne sont pas à la fête, mais ce n'est pas un scoop, et que faire? Il ne propose pas de solutions. A Montfermeil, dans le quartier des Bosquets, on aperçoit les "grands frères Musulmans", ceux qui font le relais entre les gens de la cité et la police, comme un qui se fait appeler "Le Maire" ainsi que quelques mères de familles confinées chez elles qui ne se préoccupent guère de ce que font leurs enfants mais sont vindicatives à l'égard des violences policières. Et pendant ce temps là, les gamins, les "microbes", désoeuvrés pendant l'été où se passe l'histoire, s'occupent comme ils peuvent. L'un d'entre eux, Buzz, mate les filles grâce un drone, et un autre, Issa, dérobe un lionceau, appelé Johnny, appartenant à un cirque gitan itinérant. C'est ce vol qui va mettre le feu au poudre car les trois flics, Chris (le Blanc) Pento (le nouveau arrivé de Cherbourg) et Gwada (le Noir) appartenant à la "Bac" (Brigade anti-criminalité), vont commettre une bavure au "flashball" qui sera filmée par le drone. Un film à voir certainement. Après, est-ce que cela va faire changer les choses, je ne sais pas.
Notons encore que Les Misérables de Victor Hugo n'a pas été écrit à Montfermeil comme c'est dit dans le film, mais l'auberge des Thenardier et la fontaine devant laquelle Jean Valjean et Cosette se rencontrent se situent à Montfermeil.

Lire les billets de Pascale, Ffred, Anne, Mymp, Chris, Strum.

19 novembre 2019

J'accuse - Roman Polanski

Les réalisateurs octogénaires sont décidément en forme, après Marco Bellochio (80 ans), Le traître et Costa-Gavras (86 ans), Adults in the Room, c'est au tour de Roman Polanski (86 ans) de nous délivrer un très grand film, J'accuse, sur l'Affaire Dreyfus. Le film est l'occasion de mettre en lumière un militaire, Marie-Georges Picquart (1854-1914), qui s'est battu pour faire reconnaitre l'innocence du capitaine Dreyfus, condamné pour haute trahison, dégradé et déporté à perpétuité à l'ïle du Diable en Guyane en 1895. Libéré au bout de 4 ans, Dreyfus a été rejugé en 1899 pour haute trahison avant d'être gracié en 1906. Le film commence par une séquence impressionnante dans la cour des Invalides qui paraît vide, un panoramique nous fait découvrir des centaines de militaires dont des haut gradés qui assistent à l'humiliation de Dreyfus, dégradé. A partir de là, l'histoire continue avec Marie-Georges Picquard, lieutenant-colonel nommé au service du contre-espionnage, qui va mener son enquête, affronter les militaires qui restent sur leur position, à savoir que Dreyfus, un Juif, est coupable d'avoir révélé des secrets militaires aux Allemands. Même si on connait la fin, le film est passionnant, haletant et servi par une distribution de premier ordre dont Jean Dujardin, absolument remarquable. Les décors et les costumes contribuent à la réussite de l'ensemble. Le succès a l'air d'être au rendez-vous et c'est mérité. Lire les billets d'Anne, Ffred et Pascale.

28 octobre 2019

Sorry We Missed You - Ken Loach

J'ai vu en avant-première Sorry We Missed You, le dernier film de Ken Loach, lors d'un festival de cinéma en province, il y a deux semaines. Je ne suis pas sortie indemne de la projection. Quelle claque! Dans la famille Turner, nous avons Ricky le père, Abbie la mère et les deux enfants, un garçon d'une quinzaine d'annés et une fille d'une dizaine d'année. A Newcastle, en Angleterre, la famille Turner a du mal à joindre les deux bouts. Ils sont locataires d'une petite maison. Abbie s'occupe de personnes âgées à leur domicile. Elle est payée à la prestation. Ricky demande à Abbie de vendre sa voiture afin qu'il puisse s'acheter à crédit une camionnette. Il a décidé de se mettre à son compte en faisant des livraisons de colis. Le pauvre, il ne sait pas dans quoi il s'engage! Il se met au service d'un service de livraisons d'une société. Il est payé à la livraison en parcourant Newcastle et ses environs en faisant des horaires de "dingues" de 7 h à 21h, 6 jours sur 7. S'il a un empêchement, il a une amende, s'il casse ou perd son traceur pour les livrasons, il doit le rembourser, si certains produits disparaissent et ne sont pas assurés, c'est lui qui doit payer. Pendant ce temps, sa famille pâtit de cette nouvelle situation familiale. Le fils est en pleine révolte et Abbie est beaucoup plus fatiguée qu'avant, puisqu'elle est obligée de prendre les transports en commun. Ken Loach suit ses personnages au plus près. Les acteurs sont tous remarquables (mention spéciale à Debbie Honeywood qui interprète Abbie). En tant qu'actrice semi-professionnelle issue de la classe ouvrière, elle crève l'écran. Un film à voir.

Le blog de Dasola
  • CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur films, livres et spectacles. [Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine" (274 commentaires, du 17/01/07 au 30/09/26)].
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Newsletter
80 abonnés
Liens (en cours de mise à jour)

²F4aA²** INDEX AUTEURS (LITTÉRATURE), FILMS & REALISATEURS (CINÉMA) **

*** CHALLENGES DE L'ANNEE EN COURS ***


** LE SITE DU STATISTICIEN **


*** LIENS ***
(BLOGUEURS COMMENTANT SOUVENT LE MIEN)

  • = Onze blogueuses et blogueurs ayant fait au moins 500 commentaires chez dasola se présentent =
  • On crée un lien lorsqu'un blogueur a commenté au moins cinq billets en venant à (au moins) deux dates différentes sur ce blog. 
  • Une adresse de mail (xxx@yyy.fr ou com...) [non publiée!] est exigée par Canalblog pour enregistrer votre commentaire. 
  • Vous ne voyez pas tout de suite apparaître votre commentaire, car il doit d'abord être validé (cela peut prendre quelques heures)
 
CINÉMA (23 blogs en activité)

DIVERS - CULTURE (53 blogs en activité)

LIVRES (63 blogs en activité)

QUELQUE TRISTESSE

QUELQUES BLOGS DÉSORMAIS EN PAUSE (À MON GRAND REGRET)

QUELQUES INFIDÈLES (NE ME RENDENT PLUS MES COMMENTAIRES...)

QUELQUES INTROUVABLES (BLOGS SUPPRIMÉS OU DISPARUS?)

SANS BLOG (COMMENTATEURS SUR LE MIEN)

STATISTIQUES, INFORMATIONS, RECORDS (DEPUIS LA CRÉATION DU BLOG)

  • * Blog créé le 09/01/2007, transféré sur Canalblog en juin 2007, migré à l'insu de son plein gré sur l'outil Overblog en février 2024 *
  • 3181 billets (au 11/10/26) dont tous ont eu au moins un commentaire
  • 38 047 commentaires (au 11/10/26 [+ 2 [anciennement 203] "égarés" lors de la migration"]) [dont 274 dasola] par au moins 1305 personnes, dont 99 (re)venues en 2026
  • 425 blogueurs [dont 136 actifs en 2026] m'ont fait au moins 5 et jusqu'à 1338 (au 10/08/2026) commentaires (voir ci-dessus)
  • Abonnés (être prévenu à chaque nouveau billet publié sur le blog): 80 au 21/07/26 (via "Newsletter" ci-dessus)
  • Billet commenté par le plus de personnes: 77 commentaires par autant de commentateurs/trices (billet du 09/01/2014)
  • Billet comptant le plus de commentaires: 123, par 46 commentateurs/trices différent(e)s (billet du 10/06/2023)
  • Record de commentaires en 1 an de date à date par 1 même blogueur-euse: 160 par Manou (du 01/08/23 au 31/07/24)
  • Record de commentaires en un mois: 355 en janvier 2014
  • Record de commentaires en une année civile (même blogueur-euse): 162 par Manou en 2024
  • Record de commentaires en une journée: 44 le 09/04/2009
  • Records de nouveaux commentateurs en un mois: 24 (dont 22 blogueurs) en mai 2008 et mars 2009
Pages