Le blog de Dasola
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12 mars 2022

The Batman - Matt Reeves

Après avoir entendu uniquement des bonnes critiques à l'émission du Masque et la Plume, je me suis décidée à aller voir The Batman avec, dans le rôle du justicier masqué, Robert Pattinson. J'avoue à ma grande honte que je n'avais pas encore vu Robert Pattinson sur grand écran. L'oubli est enfin réparé (1). C'est lui qui est un des atouts du film qui dure presque 3 heures. Dès le départ, j'ai aimé l'atmosphère lourde de l'histoire et son côté inquiétant. L'ensemble est beau formellement, l'image est sombre comme l'histoire mais cela ne m'a pas dérangée du tout. Toute l'histoire ou presque se passe de nuit et Batman veille. Il arrive sur les lieux d'un meurtre, le maire de Gotham City vient d'être tué. Plus tard, c'est le procureur de la ville qui va trouver une mort explosive. Chaque fois le méchant de de l'histoire appelé The Riddler (L'homme-mystère) laisse un message en forme de devinette pour Batman. Pendant son enquête, Batman va croiser la route de Catwoman, du Pingouin et d'un certain Falcone. On découvre une fois de plus qu'il y a quelque chose de pourri à Gotham City. Robert Pattinson porte très bien l'habit de la chauve-souris. Il joue beaucoup avec ses yeux, sa voix basse. Son masque met en évidence la beauté de sa mâchoire et de son menton. Le rôle du majordome est tenu par Andy Serkis en personne. Il n'y a pas beaucoup de gadgets. Un film qui m'a vraiment plu. Lire les billets de Pascale, Henri Golant, Selenie et Mymp.

(1) Comme me l'a rappelé Pascale, je l'avais vu en son temps dans The lost city of Z, mais il ne m'y avait pas laissé un souvenir impérissable (film non chroniqué).

26 février 2022

Maigret - Patrice Leconte / Maison de retraite - Thomas Gilou

Je chronique ces deux films sur le même billet car Gérard Depardieu interprète un rôle dans les deux.

Je commence par Maigret de Patrice Leconte, d'après le roman Maigret et la jeune morte écrit en 1954 en une semaine. J'ai aimé l'atmosphère sombre qui sert de décor à une histoire qui se passe dans les années 50. D'après le résumé du roman que j'ai lu sur Wikipedia, il y a beaucoup de différences avec le scénario du film, mais ce n'est pas très grave. L'histoire est resserrée et il y a la création du personnage de Betty qui n'est pas dans le roman. Une jeune femme, Louise, est retrouvée morte, lardée de coups de couteau, sur une place du IXème arrondissement. Maigret (Gérard Depardieu, très bien) enquête. Il faudra un certain temps pour trouver l'identité de la victime. Elle portait une très belle robe de soirée, alors que le reste de son habillement, sous-vêtements ou chaussures étaient usées. Elle a voulu assister au mariage d'une certaine Jeanine, une fille que Louise a connue quand toutes les deux arrivaient de leurs provinces vers Paris. Grâce à une autre jeune fille ressemblant beaucoup à Louise à laquelle Maigret s'attache, l'enquête va progresser et le nombre de suspects se réduit : Jeanine, son fiancé issu de la grande bourgeoisie et la mère du fiancé. Un film qui se laisse voir avec plaisir avec un Depardieu émouvant. Lire les billets d'Henri Golant et Selenie. 

Dans Maison de retraite, il interprète un boxeur retraité qui vit désormais dans un EHPAD dans lequel Milann Rousseau (Kev Adams) doit s'acquitter d'une peine de travaux d'intérêt général. Il est homme à tout faire. Il découvre assez vite que cet EHPAD est une prison pour les résidents qui ne sortent jamais, qui mangent mal mais qui sont solidaires entre eux. En particulier, on a la bande des sept qui ne s'en laissent pas compter. On a l'occasion de voir, en plus de Gérard Depardieu, Mylène Demongeot, Jean-Luc Bideau, Daniel Prévost, Marthe Villalonga, Firmine Richard et Liliane Rovere. Ce n'est pas toujours d'une grande finesse mais j'ai trouvé l'ensemble sympathique et j'ai énormément aimé la fin. Henri Golant a aussi aimé.

24 février 2022

La vraie famille - Fabien Gorgeart

La vraie famille de Fabien Gorgeart nous fait entrer dans une famille d'accueil très aimante. Au centre, il y a Simon, un petit bonhomme craquant. Anna et Driss, ses parents d'accueil, ne font pas la différence entre Simon et leurs deux enfants biologiques. Mais là où le bât blesse, c'est que Simon appelle Anna "maman". Elle le couve et elle est très proche de lui, peut-être plus que de ses propres enfants. Quand elle a accueilli Simon, il avait 18 mois. Maintenant, il a six ans. Anna n'a pas su mettre une frontière invisible mais réelle entre Simon et elle. Elle n'aurait pas dû accepter que Simon soit aussi familier avec elle. Alors que Simon appelle Driss "Driss" et non "papa". C'est pourquoi, quand l'aide sociale à l'enfance annonce à Anna que le papa de Simon veut le reprendre, elle n'imagine pas que cela puisse arriver. Il faut noter que les institutions en France privilégient les relations des enfants avec leurs parents biologiques, et tant pis pour les famiilles d'accueil. C'est inconcevable pour elle. Melanie Thierry est très bien dans le rôle d'Anna et les autres comédiens aussi. Mention spéciale au petit Gabriel Pavie qui ferait en effet fondre un iceberg (lire le billet de Pascale).

Une histoire émouvante qui se termine heureusement pas si "mal" et non "mai". Merci à Luocine de m'avoir fait corriger ma faute de frappe.

31 janvier 2022

Les promesses - Thomas Kruithof

Je dirais que Les promesses très bien interprété ne tient pas totalement ses promesses, surtout sur la fin. Dans le 93, une mairesse (ou Madame le maire, je suis d'accord avec Tania, voir son com ci-dessous), Clémence Colombet (Isabelle Huppert) et son "Dircab" Yazid (Reda Kateb) mènent un combat de la dernère chance pour que la cité des Bernardins, dans un état de délabrement inacceptable, puisse bénéficier d'une enveloppe de 63 millions d'euros dans le cadre de travaux de réhabilitation du Grand Paris. C'est une promesse qu'elle fait devant ses administrés, et elle souhaite qu'elle se réalise. Durant le film, on voit comment peuvent se dérouler les négociations au niveau ministériel et jusqu'au cabinet du Premier Ministre. Clémence est à la fin de son deuxième mandat comme maire. Elle compte laisser sa place à son adjointe, Naidra. On assiste à plusieurs retournements de situations et pendant ce temps-là, les copropriétaires et locataires des Bernardins ne veulent plus payer leurs charges. Ils se soutiennent mutuellement. Malheureusement, il y a aussi des "marchands de sommeil" qui ne souhaitent pas qu'il y ait des travaux, car plus la barre d'immeubles se dégradera et plus les appartements pourront se racheter pas chers, et les nouveaux propriétaires en profiteront pour loger de plus en plus de migrants sans papiers dans des conditions indignes. Je trouve dommage que la résolution de l'histoire soit expédiée en même pas cinq minutes. Un film à voir cependant pour les acteurs. 

19 janvier 2022

Licorice Pizza - Paul Thomas Anderson / 355 - Simon Kinberg

Pour mon retour vers les salles obscures, j'ai choisi deux films sortis le 05/01/2022. 

De Paul Thomas Anderson, j'avais adoré There will be blood et The Phantom Thread et j'avais détesté Magnolia. En ce qui concerne Licorice Pizza, je me situe entre les deux. Je reconnais que les deux acteurs principaux, Cooper Hoffman (le fils du regretté Philip Seymour Hoffman) et Alana Haim forment un couple sympathique et touchant. Gary Valentine (Cooper Hoffman) est âgé de 15 ans alors qu'Alana Kane (Alana Haim) annonce qu'elle a 25 ans. La bande son est aussi assez exceptionnelle. On a le plaisr d'entendre David Bowie, The Doors ou Paul McCartney. Pour le reste, je suis plus réservée sur l'histoire, assez décousue, et sur les personnages secondaires interprétés par exemple par Sean Penn, Bradley Cooper et Tom Waits et d'autres moins connus qui ne font pas avancer l'histoire. Dans les années 70, à Encino, une banlieue terne de Los Angeles, Gary doit se faire prendre en photo à son lycée. C'est à cette occasion qu'il fait la connnaissance d'Alana qui est l'assistante du photographe. Il entame assez vite une conversation avec Alana en lui affirmant qu'il l'épousera un jour. Gary en tant qu'apprenti acteur doit partir à New-York, Alana lui servira de chaperon. A la suite de quoi, ils se séparent, se retrouvent, se reséparent. Gary se met à vendre des lits à eau (waterbed) et puis il ouvre un lieu pour des joueurs de flipper. On peut s'étonner que, n'ayant pas encore atteint sa majorité, il puisse faire autant de choses. A la fin, après une course pour se retrouver, Alana et Gary tombent dans les bras l'un de l'autre. Et tout cela dure plus de deux heures. Non, décidément, je n'ai pas "accroché", dommage pour moi. En revanche, Pascale et Princecranoir sont plus positifs que moi malgré des réserves pour Pascale. Et lire le billet de Matchingpoints.

Je passe à 355, un film d'action pure interprété par quatre actrices épatantes (l'Américaine Jessica Chastain, l'Allemande Diana Kruger, l'Anglaise Lupita Nyong'o et l'Espagnole Penelope Cruz) et vers la fin, on découvre une jolie Chinoise, Fan Bingbing. L'histoire commence dans une belle demeure à Bogota, une arme technologique de destruction massive capable de prendre le contrôle de réseaux informatiques a été créée par un jeune homme surdoué. Cette arme tombe malheureusement dans de mauvaises mains (un chef de réseaux terrorristes) et peu de temps après, on la localise à Paris. L'Américaine Mace de la CIA, l'Allemande Marie Schmidt  des services secrets allemands, l'Anglaise Khadijah, une ancienne du MI6, et une psychologue colombienne vont s'allier pour récupérer l'arme qui ressemble à un gros smartphone. La poursuite qui commence à Paris va les emmener au Maroc et pendant toute la fin du film en Chine, à Shanghaï. Les femmes savent très bien se battre et tirer avec des armes de guerre. Face à elles, il y a un traitre à la gueule d'ange et quelques affreux. Je ne me suis pas ennuyée une minute (le film idéal du samedi soir) et puis Diane Kruger et Fan Bingbing sont jolies à regarder, même si les trois autres ne sont pas mal non plus. Lire le billet d'Henri Golant. Selenie n'a pas aimé. Il faut noter que Jessica Chastain est coproductrice de ce film américano-chinois.

5 janvier 2022

The Card Counter - Paul Schrader

Cela faisait deux semaines que je n'étais pas allée au cinéma et je commence bien l'année 2022 avec le nouveau film de l'Américain Paul Schrader, qui a aussi écrit le scénario. Pour ceux qui l'ignore, Paul Schrader est aussi l'auteur du scénario de Taxi Driver (1976) réalisé par Martin Scorsese, qui d'ailleurs est le coproducteur de The Card Counter. Ce film sort des sentiers battus. William Tell est un homme aux cheveux gominés, sorti récemment d'une prison militaire où il a purgé une peine de huit ans et demi. En prison, pour passer le temps, il a pris goût à la lecture et a appris à compter et mémoriser les cartes à jouer. Il est devenu un excellent joueur de poker et de black jack et va de casino en casino en jouant modeste. Il veut passer inaperçu. En revanche, on se rend compte que Tell n'est pas une personne banale avec sa manie de recouvrir avec des draps blancs le mobilier et le lit des chambres d'hôtel ou de motel qu'il occupe successivement. L'ensemble donne une impression de cellule capitonnée. Un jour, il croise la route de deux personnes, un jeune homme, Cirk, qui cherche à se venger de celui qui a causé le suicide de son père, et La Linda, une jeune femme noire qui lui trouve des tournois de poker. William Tell fait de terrifiants cauchemars, des réminiscences de son passé qui l'a mené en prison. Car William a été un tortionnaire sous les ordres d'un autre bourreau dans un camp du style Guantanamo. Mais on n'arrive pas à détester cet homme, qui fait tout pour que Cirk ne venge pas son père. Les scènes de casino sont filmées de manière originale avec des scènes panoramiques qui embrassent des dizaines de tables de jeux. Même si on entend les machines à sous, les endroits dégagent un certain calme, tout comme le personnage principal. Sur la fin, l'histoire bifurque de manière inattendue mais je ne vous révélerai rien. Un film de 1H53 assez hypnotique. Les spectateurs dans la salle m'ont paru aussi captivés que moi. Un film qu'il faut voir même s'il est sorti dans peu de salles. Lire les billets de Pascale et Princecranoir.

19 novembre 2021

Les Olympiades - Jacques Audiard / Haute-couture - Sylvie Ohayon

Je me réjouissais d'aller voir deux films dans la même soirée. J'avoue avoir été déçue par les deux.

Haute-couture de Sylvie Ohayon, c'est l'amitié improbable qui va lier Jade, une jeune fille du 93 qui vole des sacs à main ou des guitares dans le métro, et Esther, première d'atelier chez Dior. Esther, qui souffre de diabète, doit être mise à la retraite très bientôt, alors que son métier de couturière était toute sa vie. Jade, éprouvant du remords d'avoir volé le sac d'Esther, va aller lui rendre. Esther ne porte pas plainte mais au contraire va encourager Jade à faire un stage chez Dior. J'ai regretté que l'on voie assez peu (ou bien de loin) le travail des "cousettes". Et comme direait un journal, l'histoire est "cousu de fil blanc".  Je me suis passablement ennuyée.

Je passe à Les Olympiades de Jacques Audiard, qui ne traite pas de Jeux Olympiques mais qui se réfère au quartier des Olympiades à Paris dans le XIIIème arrondissement, à côté du quartier chinois. C'est filmé dans un très beau noir et blanc. On fait la connaissance d'Emilie (Lucie Zhang) qui occupe plusieurs emplois peu qualifiés l'un après l'autre, alors qu'elle est diplômée de Sciences-Po. Pas très farouche, elle va avoir une courte relation avec son colocataire Camille (Makita Samba), un Don Juan. C'est un professeur de lettres qui prépare l'agrégation sans trop de conviction. En revanche, il a une vie sexuelle intense. Nora (Noémie Merlant), elle, a quitté sa province pour reprendre des études de droit à Tolbiac à plus de trente ans, mais les réseaux sociaux vont la "tuer". Elle est confondue avec Amber Sweet, une jeune femme "cam girl" qui vend cher ses prestatations. Nora va croiser Camille et Emilie. Ces personnages évoluent au cours du film. Ce chassé-croisé amoureux ne m'a pas intéressée. Je ne me sens pas proche de cette génération un peu paumée qui n'a pas beaucoup de repère. Le constat est triste. 

Je suis désolée... j'aurais tant aimé apprécier ces deux films. Dommage pour moi.

30 octobre 2021

Illusions perdues - Xavier Giannoli

J'avoue ne pas avoir lu Illusions perdues de Balzac, mais je pense que ce n'est pas grave pour apprécier le film. Le réalisateur qui est aussi co-scénariste a choisi d'adapter la deuxième partie du roman, Un grand homme de province à Paris. Le spectateur est tout de suite transporté au début du XIXe siècle sous la Restauration (1814-1830), en faisant la connaissance de Lucien Chardon (Benjamin Voisin), qui préfère qu'on l'appelle Lucien Rubempré (le nom de famille de sa mère). Ce jeune homme né à Angoulême écrit des vers et rêve de se faire publier. Il est devenu l'amant de Louise de Bargeton (Cécile de France), une jeune femme noble qui s'ennuie beaucoup auprès de son vieux mari. Louise et Lucien partent à Paris séparément. Louise va vivre chez sa cousine la marquise d'Espard (Jeanne Balibar). Pendant ce temps, Lucien dépense en peu de temps tout l'argent en sa possession. Au jardin du Palais-Royal où la vie parisienne bat son plein entre les prostituées et les maisons d'édition, il espère trouver un éditeur qui le publiera. Il rencontre Lousteau (Vincent Lacoste excellent), un jeune journaliste qui lui fait connaître d'autres journalistes écrivant des critiques qui s'achètent ou se vendent. Ces journalistes sont à l'origine des rumeurs qui peuvent détruire un artiste, un écrivain ou un homme politique. Après avoir été présenté à Raoul Nathan (Xavier Dolan), un écrivain de talent, Lucien fait la connaissance de Doriat (Gérard Depardieu), un éditeur ne sachant ni lire ni écrire (un comble pour un éditeur), comme le dit si bien le narrateur de l'histoire dont on connaitra l'identité vers la fin. Lucien va devenir un journaliste comme ceux qu'il fréquente et il va en perdre son âme et sa crédibilité, passant du camp des royalistes à celui des républicains. Et Lucien va tomber amoureux de Coralie, une ancienne prostituée très jeune qui fait du théâtre. Leur histoire est touchante car on devine que cela va mal se terminer. Ce film tourbillonnant et foisonnant bénéficie de décors et costumes somptueux et d'une distribution de premier ordre. Dans trois ou quatre scènes, on frémit devant Jeanne Balibar qui incarne une femme venimeuse tout en gardant le sourire (du venin sur pied comme je l'ai entendu à la sortie de la projection). Le jeune Rubempré va en subir les conséquences. Le film dure 2H30, il est un peu long mais allez le voir. Il donne en particulier envie de (re)lire le roman de Balzac. Les billets de Pascale, Princecranoir, Henri Golant, Strum et Pierre D en parlent beaucoup mieux que moi. 

5 juillet 2021

Gagarine - Fanny Liatard et Jérémy Trouilh / La fine fleur - Pierre Pinaud

Je veux chroniquer deux films français qui m'ont beaucoup plu, chacun dans leur genre.

Gagarine de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh est un film poétique à la limite du documentaire. D'ailleurs, avant de tourner ce long-métrage, les deux réalisateurs avaient réalisé un court-métrage documentaire sur les habitants de la cité Gagarine en 2015. Ce court-métrage de 16 minutes s'est transformé en long. Ils ont tourné en 2019 à la veille de la destruction de la Cité Gagarine à Ivry sur Seine. Cette cité construite au début des années 60 et inaugurée par Youri Gagarine lui-même constituait un ensemble résidentiel d'HLM où ont vécu des centaines de familles. La destruction de la cité après 55 ans d'existence a été décidée car la cité construite en briques présentait des fissures et était devenue vétuste. La mort dans l'âme, les habitants ont quitté la cité pour habiter ailleurs. Seul Youri, un jeune Noir âgé d'environ 16 ans, fait de la résistance. Sa famille est partie mais lui reste. Très attiré par le ciel et les étoiles, il rêve d'être astronaute. Il transforme un des appartements de la cité en vaisseau spatial. Diana (Lyna Khoudri) dont il est amoureux et Hassam (un copain) l'aident au mieux. Il y a de très beaux moments comme celui celui vers la fin: c'est la nuit, la cité doit être détruite, et tout à coup des lumières clignotent dans les bâtiments. C'est du morse et on a l'impression que la cité décolle. Elle ressemble à un vaisseau spatial. Je recommande chaudement ce film.

Dans La Fine fleur de Pierre Pinaud, j'ai eu le plaisir de voir Catherine Frot dans le rôle d'Eve Vernet, créatrice de roses. L'histoire m'a beaucoup fait penser à celle du film Les parfums avec Emmanuelle Devos. Cela fait plusieurs années qu'Eve se bat pour ne pas vendre son entreprise familiale qui périclite. Elle n'arrive pas à créer LA rose qui pourrait lui faire gagner un prix au concours international de Bagatelle. Lamarzelle, un concurrent, lorgne sur son exploitation de roses. Heureusement Véra, l'employée comptable d'Eve, la soutient depuis toujours. C'est elle qui a l'idée d'embaucher trois personnes en insertion. Fred, un jeune délinquant, a une rose tatouée sur son bras. Il cherche désespérément à  renouer avec ses parents qui ont perdu leur autorité parentale. Samir, lui, est un cinquantenaire qui rêve de trouver un CDI. Quant à Nadège, c'est une jeune fille d'une timidité maladive. Tous les trois n'ont bien évidemment aucune connaissance en horticulture en général et sur les roses en particulier. Les vies de toutes ces personnes vont changer. Je conseille absolument ce film que le réalisateur a dédié à sa mère. Il y a une chanson pendant le générique de fin que je ne connaissais pas: La rose et l'armure d'Antoine Elie. J'ai adoré. 

25 juillet 2021

Benedetta - Paul Verhoeven

N'étant pas entièrement vaccinée, il faut que j'attende la fin de la première semaine d'août pour retourner au cinéma. (-:..
Je peux tout de même vous écrire quelques mots sur Benedetta de Paul Verhoeven. Un film qui m'a un peu déçue malgré les bonnes critiques. Je ne l'ai pas trouvé sulfureux du tout. Je m'attendais vraiment à autre chose. A la fin du XVIème siècle, Benedetta, une petite fille âgée de 9 ans issue de la noblesse, entre dans un couvent toscan moyennant une grosse somme versée au couvent. Benedetta a beaucoup d'aplomb et n'a peur de rien. Jésus s'adresse à elle sans intermédiaire. Dix-huit ans passent et Benedetta (Virginie Efira) est devenue une belle jeune femme pétante de santé qui s'adresse toujours directement à Jésus. Le couvent dirigé par Soeur Felicita (Charlotte Rampling) accueille une nouvelle jeune fille, qui devient Soeur Bartolomea, fuyant la violence de son père et de ses frères. Entre Benedetta et Bartolomea, c'est le coup de foudre qui va perturber la routine du couvent. Je ne m'étendrai pas sur leurs relations intimes. En revanche, Benedetta a de plus en plus souvent des crises de mysticisme, elle prend une voix d'homme (j'ai trouvé les scènes un peu grotesque), elle présente les stigmates du Christ, et pendant ce temps, la peste frappe Florence et les environs. Vous pouvez aller voir le film ou pas, c'est à vous de juger. Lire les billets de Pascale et Christoblog. 

6 septembre 2021

Un triomphe - Emmanuel Courcol / Une histoire de désir et d'amour - Leyla Bouzid

Voici deux films que je conseille. Je les ai vus le même soir.

Je commence donc par Un triomphe d'Emmanuel Courcol dont le scénario s'inspire d'une histoire vraie, qui s'est déroulée en Suède dans les années 80. Etienne (Kad Merad) interprète un acteur en manque de projets. Il accepte de reprendre un atelier de théâtre dans une prison. Cinq détenus sont présents. Ils ont surtout étudié des fables de La Fontaine et ils aimeraient faire des sketchs. Ce n'est pas vraiment du théâtre. Etienne a l'idée de monter En attendant Godot de Samuel Beckett. Il explique aux détenus que c'est "l'histoire de deux mecs dans la m...de qui attendent des jours meilleurs", tout comme eux qui attendent toute la journée. Il se donne six mois pour arriver à présenter la pièce sur une scène. Les répétitions ne sont pas faciles mais Etienne y croit. Des obstacles administratifs sont résolus grâce à la directrice de la maison d'arrêt. J'avoue que je n'avais pas entendu parler de cette histoire et j'ai été surprise par le dénouement qui se passe à Paris au théâtre de l'Odéon. Car non seulement les détenus ont eu du succès dès la première représentation au théâtre de la Croix-Rousse à Lyon, mais d'autres théâtres les ont réclamés. Les détenus sont interprétés par des acteurs épatants. Un film agréable à voir. Lire les billets de missfujii et Rock07.

Mon second film vu la même soirée est Une histoire d'amour et de désir réalisé par une femme, Leyla Bouzid. Le premier plan du film montre un corps sous une douche. Il s'agit du corps d'un jeune homme, Ahmed, d'origine algérienne mais né en France, qui commence son cursus universitaire en littérature comparée à la Sorbonne. C'est son premier jour de fac et dans un des couloirs de l'université, il croise le regard de Farah, une jeune Tunisienne fraîchement débarquée de Tunisie. Elle compte bien découvrir Paris et toutes ses tentations. Ahmed et Farah suivent le même cursus consacré à la poésie arabe séculaire, très versée dans l'érotisme. Ahmed, de par ses convictions et son éducation, a du mal à exprimer ses sentiments et pourtant Farah lui plaît bien. Il est très réservé face à l'exubérance de Farah. Cet amour platonique va évoluer grâce peut-être à un ouvrage que Farah lui offre, Le jardin parfumé, un manuel d'érotologie arabe qui date du XVème. Un très joli film avec deux jeunes acteurs épatants. Lire le billet de Pierre D. 

***

A partir de ce lundi 6 septembre au soir, je me mets en pause de blog pour une dizaine de jours. Je pars visiter les pays Baltes. Néanmoins, un billet paraîtra le mercredi 15 septembre, il s'agit d'une lecture commune pour rendre hommage à Goran, un blogueur disparu tout récemment. Et ta d loi du cine a prévu de prendre les rênes du blog en mon absence.

10 septembre 2020

La daronne - Jean-Paul Salomé

Après avoir beaucoup aimé le roman La daronne d'Hannelore Cayre, j'ai tenu à voir l'adaptation cinéma avec Isabelle Huppert en "daronne". Même si le film est en un peu en deçà du roman, l'essentiel de l'histoire y est. Patience Portefeux travaille dans un commissariat comme interprète franco-arabe, et elle fait de la transcription d'écoutes pour la brigade des stups dirigé par Philippe, amoureux de Patience. Elle est veuve depuis plus de 25 ans, a deux filles, et elle paye l'hébergement de sa mère atteinte d'alzheimer dans un EHPAD. Elle s'entend bien avec Khadija, l'aide-soignante qui s'occupe de sa maman. Un jour, grâce aux écoutes, Patience surprend une conversation téléphonique entre Khadija et son fils, qui transporte une grosse cargaison de cannabis. Ce dernier est arrêté mais la drogue a disparu. Grâce à ADN, un chien "renifleur" de drogue, Patience met la main sur les centaines de kilos de cannabis. Elle décide de les écouler pour son compte. Pour ce faire, elle s'habille en conséquence, djellaba et lunettes de soleil. Le film doit beaucoup à la présence d'Isabelle Huppert, très à l'aise dans son personnage. En revanche, j'ai trouvé que le film manquait parfois de rythme. A vous de juger.

24 octobre 2021

Le dernier duel - Ridley Scott

Le dernier duel de Ridley Scott qui dure 2H30 ne m'a pas paru trop long. L'histoire, inspirée de faits réels, se passe au XIVème siècle vers 1380, au temps de Charles VI le fol, marié à Isabeau de Bavière. On est en pleine guerre de 100 ans. Un chevalier, Jean de Carrouge (Matt Damon), et un écuyer, Jacques Le Gris (Adam Driver), vont s'entretuer dans un duel judiciaire d'une rare violence. On assiste à leur affrontement dans la dernière partie du film. Le film se décompose en quatre parties avec le récit de Jean de Carrouges, puis le récit de Jacques Le Gris et enfin le récit de Marguerite de Thibouville, épouse de Jean de Carrouges. On apprend assez vite que de Carrouges et Le Gris ont été amis et puis ils sont devenus rivaux pour atteindre les faveurs du Comte d'Alençon (Ben Affleck que je n'ai pas reconnu tout de suite avec ses cheveux teints en blond et ses joues creusées). De Corrouges a des problèmes financiers et en épousant Marguerite, il espérait récupérer un lopin de terre qui malheureusement va revenir à Jacques Le Gris. De Carrouges part combattre en Ecosse et revient vaincu. Pendant ce temps là, Le Gris en a profité pour forcer Marguerite à lui accorder ses faveurs. Entre le récit du viol de Le Gris et celui de Marguerite, je n'a pas trouvé beaucoup de différences à part que Marguerite n'était pas consentante. Elle montre un certain courage quand elle avoue ce qu'elle a subi à son mari. En effet, elle risque d'être condamnée à mort en étant brûlée vive si elle a menti. La seule manière de venger son honneur, ce fut un duel judiciaire, le dernier à être autorisé par le Parlement de Paris. Le film m'a plu malgré sa violence. Les acteurs dont Jodie Comer (une inconnue pour moi) sont tous parfaits dans leur rôle. Lire les billets de Pascale et Selenie.

2 octobre 2021

Eugénie Grandet - Marc Dugain

Après L'échange des princesses d'après Chantal Thomas (récemment diffusé à la télévision), l'écrivain réalisateur Marc Dugain s'est attaqué à un des romans les plus connus de Balzac, Eugénie Grandet, paru en 1834. Marc Dugain s'est aussi chargé de l'adaptation. C'est après avoir vu la bande-annonce que j'ai eu envie de voir ce film tout public qui m'a beaucoup plu. L'histoire se passe pendant la période de la Restauration à Saumur. Dans une demeure austère et froide, on fait la connaissance d'Eugénie Grandet, une belle jeune femme d'une vingtaine d'année en âge de se marier, de son père, Félix Grandet, un homme avare, de sa mère et de la servante Nanon. Félix Grandet, tonnelier, amasse des années de l'argent sans que sa femme ou sa fille soient au courant, car la famille vit chichement. Félix a tout mis sous clé. Les repas se composent de peu de choses et de presque pas de viande. Marié depuis 24 ans, il n'exprime pas beaucoup ses sentiments à sa femme ni à sa fille, qui sans le savoir est le plus beau parti de la ville. Seuls le banquier et le notaire de Grandet connnaissent la situation financière de la famille. Eugénie rêve d'un mariage d'amour et elle croit trouver l'âme soeur quand Charles Grandet, son cousin qui vient de Paris, s'installe un temps chez eux. En effet, François Grandet, le père de Charles et le frère de Felix vient de se donner la mort car il est couvert de dettes. Eugénie irradie au contact de Charles. Cependant, pour Felix, ce neveu n'est pas un gendre valable puisqu'il est pauvre. Felix veut garder sa fille pour lui, il n'a aucune intention de donner une dot. Le film vaut pour l'interprétation magistrale d'Olivier Gourmet dans le rôle de Félix Grandet. Il est exceptionnel dans le rôle de ce personnage tyrannique. Joséphine Japy dans le rôle d'Eugénie Grandet n'est pas en reste. Son beau visage est très expressif. Ce film classique, avec une histoire un brin féministe (Eugénie ne se laisse pas faire et sait tenir tête à son père), devrait plaire aux spectateurs qui iront le voir.

Lire les billets de Wilyrah, Selenie, une interview de M. Dugain par Baz'art sur le film. 

20 septembre 2021

Délicieux - Eric Besnard

Pour mon retour de vacances, et avant d'écrire quelques billets sur les pays baltes, je veux vous conseiller Délicieux d'Eric Besnard que j'avais vu en avant-première en juillet. Cette histoire qui se passe à la veille de la Révolution française m'a plu pour plusieurs raisons dont le sujet: la création du premier restaurant en France. Grégory Gadebois, très crédible dans le rôle de Manceron, un cuisinier au service du duc de Chamfort, est renvoyé après avoir créé sans autorisation un genre de petit pâté appelé "délicieux" à base de truffe et de pomme de terre. Manceron est humilié devant une assemblée de convives car on lui fait remarquer que l'on ne nourrit pas la noblesse avec de la nourriture pour cochon trouvée dans la terre. Manceron part sur les routes avec son fils jusqu'à ce qu'il s'installe dans un relais de poste abandonné. Là, il se met à déprimer jusqu'au jour où une femme nommée Louise (Isabelle Carré) lui demande de l'initier à l'art culinaire. Plus que réticent, Manceron refuse pendant plusieurs jours, et puis il sort de sa déprime. Manceron et Louise vont s'apprivoiser autour de recettes de cuisine en commençant par la base: trouver de quoi manger aux alentours. La cuisine, c'est d'abord goûter les ingrédients et comment les préparer. Benjamin, le fils de Manceron, va être aussi d'un grand soutien. On souhaite que le projet de Manceron se réalise: ouvrir un lieu où on sert de la nourriture variée, avec du choix dans le menu, à la différence des tavernes, des auberges ou des cabarets où l'on servait avant tout des boissons accompagnées éventuellement de nourriture. A propos de nourriture, les plats que Manceron prépare font saliver les spectateurs (enfin moi, j'ai salivé). Un joli film qui fait du bien et que j'ai trouvé original. Lire les billets d'Anne et Selenie. 

31 août 2021

La Terre des hommes - Naël Marandin

La Terre des hommes de Naël Marandin nous emmène dans la campagne bourguignonne de nos jours. On apprend que le quotidien des éleveurs comme ailleurs n'est pas de tout repos. Les temps sont durs, les exploitations fragiles qui ne savent pas s'adapter ou s'agrandir se font acheter par les plus grandes et les plus solides. Dans ce monde dominé par la gent masculine, on trouve quelques femmes, dont Constance, qui vit dans une ferme au bord de la faillite avec son père Bernard (Olivier Gourmet) et son fiancé Bruno (Finnegan Oldfield), avec qui il est prévu qu'elle se marie très bientôt. Malgré les réticences de son père, elle monte un dossier qui permettrait que la ferme soit sauvée. Elle compte sur l'appui de Sylvain Rousseau (Jalil Lespert), qu'elle aperçoit souvent lors du marché aux bestiaux. Marié à une femme vétérinaire, Sylvain a un certain charisme qui ne laisse pas Constance indifférente. Il lui promet de l'aider dans son projet qu'il trouve viable. Mais il est le seul à le penser au sein de la SAFER de la région. Il en est un membre éminent. Un jour, en fin de journée, Constance se rend dans le bureau de Sylvain qui fait tout pour la rassurer. Dans un moment de faiblesse, la jeune femme laisse faire Sylvain qui abuse d'elle malgré qu'elle ait dit non. Quelques jours plus tard, Sylvain va de nouveau abuser de Constance qui ne porte pas plainte immédiatement. Elle n'en parle ni à son père ni à son fiancé. Je n'avais jamais vu Diane Rouxel dans un film, cette actrice de 28 ans porte littéralement le film sur ses épaules. Elle est pratiquement de tous les plans. Rien que pour elle, je vous conseille de voir le film. Vous n'oublierez pas de sitôt son beau visage.

10 août 2021

OSS 117 - Alerte rouge en Afrique noire - Nicolas Bedos

Je n'avais pas beaucoup ri aux deux premiers "OSS 117" avec Dujardin dont j'avais dû voir des extraits plutôt que les films en entier. Cet été, parmi des sorties peu tentantes, je me suis donc décidée malgré tout à aller voir OSS 117 - Alerte rouge en Afrique noire. Nous sommes en janvier 1981, peu de temps avant l'élection de François Mitterrand. OSS 117 alias Hubert Bonisseur de La Bath vient juste de s'évader d'Afghanistan où il était retenu par des militaires Russes qui voulait l'échanger contre des armes. Je rappelle que les Russes ont envahi l'Afghanistan en 1979. Revenu dans les locaux du SDECE à Paris, il est tout de suite appelé dans le bureau de son supérieur, Armand Lesignac. Sur le trajet, il en profite pour mettre la main aux fesses de toutes les femmes qu'il croise dans le bâtiment. Lesignac lui présente un nouvel agent, Serge, alias OSS 1001 (Pierre Niney) à qui on confie une mission en Afrique de l'ouest. On sent qu'Hubert prend en grippe très vite OSS 1001. Pour ce qui concerne OSS 117, il est assigné au traitement informatique des dossiers de l'agence. Dans cette nouvelle tâche, il devient un pro du langage Cobol. Quelque temps après, Lesignac, très inquiet d'être sans nouvelles de OSS 1001, décide d'envoyer Hubert prendre la relève et continuer la mission: mater des rebelles d'un pays où le président en titre doit être réélu avec 84% des suffrages. A partir de là, on se rend compte que non seulement OSS n'est pas futé, mais en plus qu'il est raciste, homophobe, misogyne, qu'il a des pannes sexuelles et qu'il est très jaloux de OSS 1001 pour différentes raisons. Dès son arrivée en Afrique, Hubert (alias Emile Cousin, il opère "undercover", "sous couverture") retrouve OSS 1001. Ce dernier (qui s'était infiltré parmi les rebelles) avait de l'admiration pour OSS 117. Il déchante de plus en plus et à juste titre sur le comportement de son aîné. Je vous laisse découvrir qui est à la tête des rebelles, d'où viennent les armes qui pourraient renverser le pouvoir en place, comment Hubert repousse les assauts d'un tigre et comment le langage Cobol l'aide dans son entreprise de détruire un entrepôt d'armes. Je trouve qu'il y a pas mal d'humour grinçant et Hubert est un personnage pas sympathique (selon moi). Quand on voit le début du générique de fin, on peut supposer qu'il y aura une suite. Un film qui se laisse voir mais pas plus. Lire les billets de Princecranoir, Henri Golant, Pascale.

6 août 2021

Onoda : 10 000 nuits dans la jungle - Arthur Harari

Comme Pascale et Strum, je recommande Onoda: 10 000 nuits dans la jungle, un film de 2H43 réalisé par un Français, Arthur Harari, avec des acteurs japonais. Onoda est un Japonais qui a vraiment existé. En 1944, ce jeune soldat aurait dû être pilote mais, parce qu'il avait le vertige, son destin changea du tout au tout. Il fut envoyé aux Philippines sur la petite île de Lubang avec un bataillon de soldats. En compagnie de quatre d'entre eux, formés à la guerilla comme lui, il commence à parcourir l'île, prêt à retarder l'ennemi. Ils ne sont pas convaincus que la guerre soit terminée. Seul le supérieur d'Onoda pourra le convaincre de se rendre. Il faudra attendre 30 ans, en 1974, pour cela. Entretemps, on suit avec intérêt la vie de ces quatre hommes, puis de ces trois, puis de ces deux, puis d'Onoda tout seul. Pendant toutes ces années, ils vivent sans nourriture ou presque, sans abri digne de ce nom. Les pluies diluviennes au temps de la mousson alternent avec un soleil de plomb. Les armes à la main, ils commettent quelques exactions ou bien ils ripostent quand on leur tire dessus. Car les autochtones les voient de loin d'un très mauvaix oeil. De loin en loin, grâce à un petit poste de radio, ils apprennent qu'en 1969, l'homme a marché sur la Lune. Un film un peu long qui réserve quelques moments forts ou violents. Le vrai Onoda est mort à 91 ans en 2014.

13 juillet 2021

Présidents - Anne Fontaine

Présidents d'Anne Fontaine est une belle fable dans laquelle on cotoie deux anciens présidents de la république, Nicolas et François. Et l'on rit beaucoup. Nicolas (Jean Dujardin, très bien) s'occupe de passer l'aspirateur chez lui (il s'ennuie) tandis que sa femme est chanteuse lyrique. François (Grégory Gadebois, excellent), lui, vit une petite vie tranquille auprès d'Isabelle (Pascale Arbillot, qui a les répliques les plus amusantes), sa femme vétérinaire, en Corrèze, près d'Uzerche. Les prochaines élections présidentielles approchent et Nicolas craint que le RN ne gagne. Il aimerait éviter à nouveau un deuxième tour entre Emmanuel et Marine. Nicolas décide de prendre le train pour aller visiter François et le sortir de sa retraite. François est apaisé mais il a eu mal à se remettre de la trahison de Macron (le nom du président de la république en exercice est explicitement nommé). Nicolas a l'idée de créer un nouveau parti, "La France pour toujours", qui s'allierait avec le parti EELV (Europe Ecologie Les Verts). Nicolas a un mal fou à prononcer le nom de ce parti car il bute sur les mots de manière cocasse. J'ai aimé ce film pour les personnages jamais caricaturaux. Les femmes ont le beau rôle. La fin optimiste m'a plu et j'ai trouvé qu'Anne Fontaine avait beaucoup d'empathie et de tendresse pour les personnages. Un joli film. Lire les billets de Pascale et Henri Golant. 

23 juin 2020

La bonne épouse - Martin Provost

Pour mon retour dans une salle obscure, je suis allée voir La bonne épouse de Martin Provost. J'avoue que j'ai été un peu déçue, je m'attendais à quelque chose de plus pétillant, à du champagne. Là, c'est plutôt de l'eau plate. L'ensemble manque de rythme et de fantaisie. L'histoire commence à l'automne 1967 dans une école ménagère en Alsace, quinze jeunes filles vont, pendant deux ans, devenir de parfaites bonnes épouses. La directrice, Paulette Van der Beck (Juliette Binoche), qui est l'une des trois enseignantes avec sa belle-soeur, Gilberte (Yolande Moreau), et Marie-Thérèse (Noémie Lvovsky), une religieuse, découvre, après le décès subit de son mari (il s'est étouffé avec un os de lapin) que l'institution est en faillite. Turfiste invétéré (et amateur de calendriers coquins), il avait déjà contracté quatre crédits auprès d'une banque, dont un des conseillers se trouve être le premier amour de Paulette. Les trois actrices principales ne déméritent pas. Edouard Baer est toujours aussi irrésistible, mais pour le reste, j'ai trouvé le film un peu "cucul la praline". Et pourtant le sujet sur l'émancipation des femmes reste actuel. La comédie musicale dans la dernière séquence est sympa, mais cela n'a pas suffi à mon bonheur.

Lire les billets plus positifs de Pierre D., Pascale, Neil, Henri Golant, Missfujii et Ffred.

30 juin 2021

Sans un bruit 2 - John Krasinski

Sans un bruit 2 de John Krasinski, la suite de Sans un bruit (2018), devait sortir le 18 mars 2020, mais le confinement est passé par là. Le film vient de sortir le 16 juin 2021, soit 15 mois après la date prévue initialement. J'avais aimé le premier et j'avais hâte de voir la suite. En prologue, on assiste à l'arrivée des extraterrestres venus du ciel. On entend comme des bruits d'avions et tout à coup, ils sont là et c'est la panique. Pour ceux qui n'ont pas vu les deux films, les extraterrestres sont des êtres hideux ultra-sensibles au bruit. Dès qu'ils entendent ne serait-ce qu'un murmure, ils se dirigent vers la source du bruit et c'est le carnage. Dans ce deuxième volet, on retrouve Evelyn Abbott et ses trois enfants. Regan, une adolescente sourde, Marcus, et le dernier-né, un nourrisson qu'Evelyn porte. C'est en cheminant sans véritable but que Marcus se blesse cruellement le pied avec un piège à loup. Cherchant un refuge, ils croisent le chemin d'un homme hirsute, Emmett. Juste avant l'arrivée des extraterrestres, Emmet, sa femme et son fils fréquentaient les Abbott. Maintenant tout a changé. Il vit seul dans un genre de grand caisson au sous-sol d'une usine désaffectée. Il ne veut pas que les Abbott s'éternisent. Cependant, il va accepter d'aider Megan qui a une idée pour se débarrasser des extraterrestres. Je vous laisse découvrir ce qui va arriver. Il est préférable d'avoir vu le premier Sans un bruit. On comprend mieux certaines choses, comme par exemple pourquoi Evelyn a un bandage au pied. Ce film m'a fait autant peur que le premier même si on n'a plus la même surprise concernant les extraterrestres. Un très bon film de genre.

27 juin 2021

Médecin de nuit - Elie Wajeman

Médecin de nuit, qui dure 1H22, permet à Vincent Macaigne de trouver un rôle qui lui convient bien. Il interprète avec talent Mickaël, un médecin pris dans un engrenage infernal par la faute de Dimitri (Pio Marmaï), son cousin pharmacien, criblé de dettes. A la demande de ce dernier, il prescrit du subutex à des toxicomanes. Mais on apprend que le subutex fait l'objet d'un marché noir dans d'autres pays où il se revend très cher. Quand le film commence, Mickaël est convoqué par une inspectrice de la sécurité sociale qui s'interroge sur les nombreuses prescriptions de ce médicament. Il risque d'être radié de l'ordre des médecins. En tant que médecin de nuit, Mickaël est un brave type dévoué à ses patients avec qui il prend le temps de parler. Dans sa vie personnelle, Mickaël a des problèmes de couple avec sa femme Sacha, qui lui reproche de ne pas être assez présent pour elle et leurs deux filles. Mickaël retrouve de temps en temps sa maîtresse Sonia (Sara Giraudeau), qui travaille dans la pharmacie de Dimitri. Ce dernier, de plus en plus endetté, demande à Mickaël de prescrire du fentanyl (un médicament qui fait des ravages aux Etats-Unis). Mickaël refuse. Je ne vous dévoilerai pas la fin qui est logique. On ressent de l'empathie pour Mickaël grâce à l'interprétation de Vincent Macaigne. Rien que pour lui, le film, qui comporte des scènes violentes, vaut la peine d'être vu. 

PS : Je suis d'accord avec Pascale pour dire que le rôle de Sara Giraudeau n'apporte rien au film et aurait pu être coupé. 

24 juin 2021

Les deux Alfred - Bruno Podalydès

En général, je ne suis pas trop fan des films de Bruno Podalydès mais j'avoue avoir beaucoup apprécié Les 2 Alfred (ce sont deux petits singes en peluche qui forment un "doudou").  Et j'ai souvent ri. Alexandre Duveteux (Denis Podalydès) est marié à une sous-marinière partie pour quelques mois. Leur couple semble battre de l'aile car Alexandre a trompé sa femme. Il s'occupe seul de ses deux enfants, un petit garçon de cinq ou six ans et une petite fille encore bébé appelée Ernestine. Alexandre qui est au chômage a un découvert bancaire. Heureusement, il décroche un job de "Reacting process" dans une start-up appelée "The Box" où les employés ne doivent pas avoir d'enfants. "No Child" (pas d'enfant) est leur devise. Disponible H24, chaque employé fixe lui-même son salaire. Alexandre s'adapte au mieux à sa nouvelle situation grâce à un certain Arcimboldo (il a un nez en forme de courgette), qu'Alexandre a rencontré dans une crèche. Arcimboldo (Bruno Podalydès lui-même) accepte de s'occuper des enfants d'Alexandre pendant que ce dernier travaille même s'il ne sait pas trop ce qu'il doit faire à son poste. Tout en s'occupant des enfants, Arcimboldo récupère des drones tombés du ciel après qu'ils (les drones) aient fait des livraisons. Il revend plein de choses sur "Ebay". Chez "The box", Alexandre fait la connaissance de Séverine (Sandrine Kiberlain, excellente) sa supérieure hiérarchique, stressée comme tout. Le téléphone greffé à l'oreille, elle se déplace en voiture autonome qui ne lui obéit pas tout le temps. L'histoire nous entraîne dans un monde hyperconnecté et uberisé mais où restent présentes la poésie, un peu de folie, de la magie et de la tendresse. J'ai passé un excellent moment devant ce film que je conseille.

10 juin 2021

Films vus et non encore commentés depuis le 19 mai 2021 (réouverture des salles de cinéma) - 1/3

Depuis le 19 mai, j'utilise à plein ma carte d'abonnement de cinéma qui m'a déjà permise de voir dix films et ce n'est pas fini puisque cette semaine, j'ai noté quelques long-métrages qui me tentent.

Parmi les films vus, certains m'ont relativement déçue comme Falling et Sons of Philadelphia,

Falling de et avec Viggo Mortensen (qui a aussi écrit le scénario) semble être un récit avec une grande part d'autobiographie. Je me réjouissais de voir ce film après avoir vu la bande-annonce prometteuse. Après coup, je pense que Mortensen aurait dû être devant ou derrière la caméra, mais pas les deux. Le personnage du père joué (très bien) par Lance Henriksen est un vieux grincheux insupportable qui a fini par me crisper. Cette histoire d'un vieil homme en fin de vie, de sa relation avec ses enfants et petits-enfants, aurait pu me toucher plus si le père n'arrêtait pas de dire des insanités du fait qu'il perd la tête. On dit que la vieillesse peut être un naufrage, c'est vrai. Et puis, désolée, Viggo Mortensen dans le rôle d'un homosexuel, je n'y ai pas cru une minute. Lire les billets de Pascale, Missfujii et Ffred autrement plus positifs.

Je passe à Sons of Philadelphia de Jérémie Guez (oui, l'écrivain français qui a écrit plusieurs romans noirs) que j'ai vu parce que la séance d'Hospitalité était complète. Ce film qui m'a encore moins plu que Falling: je n'ai rien compris à l'histoire où les flash-back sont nombreux (comme pour Falling où, là, ils sont pertinents). On suit l'itinéraire de deux cousins (Matthias Schoenaerts et Joël Kinnaman) de l'enfance, pendant laquelle Peter Flood (Mathias Schoenaerts) a subi un grave traumatisme, à leur vie d'adulte. Je suis restée complètement en dehors de l'histoire, dont je n'ai pas compris les tenants et les aboutissants, à part que cela se passe à Philadelphie au sein de la Mafia irlandaise. C'est adapté d'un roman de Pete Dexter. Lire le billet de Ffred.

Dans quelques jours, je vous ferai un billet sur deux autres films qui m'ont plu davantage.

25 août 2019

Roubaix, une lumière - Arnaud Desplechin

Je viens de lire quelques articles mitigés sur Roubaix, une lumière. Je trouve cela bien dommage car j'ai trouvé le nouveau film d'Arnaud Desplechin très réussi. Comme le titre l'indique, le film se passe à Roubaix de nos jours. Roubaix, coincée entre Lille et Tourcoing et située pas très loin de la Belgique. Roubaix, qui est en zone urbaine sensible avec plus de 40% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, est la ville natale du réalisateur. L'histoire se passe pendant la période de Noël dans un commissariat de quartier. Un commissaire, Yacoub Daoud (Roschdy Zem, extraordinaire), est un homme calme qui ne s'énerve pas. Il est le seul à ne pas être rentré au bled. Le seul parent qui lui reste sur place, c'est son neveu incarcéré dans une prison, qui le hait parce qu'il est flic. Yacoub est attaché à cette ville de Roubaix où il a grandi. Il a une passion pour les chevaux de course même s'il ne parie jamais. Le film montre, dans une première partie, le quotidien d'un commissariat. Yacoub a plusieurs policiers sous ses ordres à qui il distribue les dossiers d'affaires en cours : vol, viol, incendie volontaire, etc. Dans la deuxième partie, l'intrigue se resserre sur un crime, une octogénaire est retrouvé étranglée dans son lit. Deux jeunes femmes, Claude et Marie, habitant dans une maison mitoyenne, sont suspectées, bien qu'elles-mêmes aient tout d'abord accusé des délinquants qui auraient pu commettre ce forfait. J'ai trouvé cette partie passionnante, entre les auditions, la manière qu'a Yacoub d'interroger les suspectes aux personnalités très différentes. Claude (Léa Seydoux) nie tout en faisant porter toute la responsabilité sur Marie (Sara Forestier). La plus grande partie du film se passe de nuit ou alors dans des intérieurs peu éclairés. Cela donne une atmosphère particulière. Une très bonne surprise avec, je le répète, un Roschdy Zem qui mériterait d'être récompensé aux Césars de l'an prochain. Lire le billet de ffred.

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