Le blog de Dasola

Derniers commentaires
Archives
Challenges terminés

Pour les challenges de l'année en cours, 
voir colonne de droite

8 mars 2021

Belliou la fumée - Jack London

Challenge jack london 2copie

Dans le cadre du Challenge Jack London proposé de mars 2020 à mars 2021 par ClaudiaLucia, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) poursuis mes relectures. Après tout, un billet toutes les deux semaines, c'est un rythme soutenable, non?

P1120196

L'édition en "10-18" ci-dessus, titrée Belliou la fumée (1982, 342 pages), regroupe les 12 nouvelles publiées en recueil en VO sous le titre "Smoke Bellew" en 1912. Elles étaient/avaient paru(es) initialement dans Cosmopolitan (mensuel) de juin 2011 à mai 2012. Pour ma part, cela fait encore partie des London que j'avais découvert dans de vieilles éditions "Bibliothèque Verte" - collection familiale que j'ai progressivement enrichie en courant les bouquinistes en mes jeunes années. Dans la Bibliothèque Verte, le second tome qui contient les nouvelles 7 à 12 (sauf erreur de ma part) est titré La fièvre de l'or.

Ce recueil dont Christopher "Kit" Belliou (Bellew en VO) et son copain Le courtaud (Shorty) sont les fils conducteurs comprend des nouvelles de différents genres, parfois picaresques et pleines d'humour, d'autre fois plus sombres... La Fumée représente ici le héros idéal: intelligent, fort, jeune, plein d'entrain et de grandeur d'âme... et assez chanceux, aussi! London tel qu'il se rêvait? Un jeune citadin cultivé qui part, un peu par hasard, participer à la ruée vers l'or de 1897 au Kondike y trouvera la gloire, la richesse et l'amour. Il s'agit pratiquement du dernier ouvrage de Jack London consacré au Klondike, qui a nourri son oeuvre durant 13 ans (comme le remarque Francis Lacassin dans l'introduction du volume en 10-18). Si London a ramené de l'or de ces mois passés dans le froid, c'est essentiellement celui que doit transmuter l'écrivain, "l'homme à la cervelle d'or" tel que le métaphorisait Alphonse Daudet. Pour ce qui est de l'or physique, il en a tout juste ramené l'équivalent de 4,50 dollars en poudre d'or, ayant semble-t-il passé davantage de temps dans les bars à faire parler les mineurs qu'à prospecter sur le terrain, même s'il a arpenté celui-ci suffisamment pour savoir de quoi il parlerait. 

L'oeuvre romanesque se nourrit donc de ce qu'a pu capter London lors de son propre séjour au Klondike, de l'automne 1897 au printemps 1898: des hommes rudes cherchant chacun la fortune, ce qui n'exclut pas une certaine solidarité entre pairs, ni ce qui apparaît au premier abord comme de l'altruisme désintéressé pour sauver des Amérindiens victimes de la famine (épisode à rapprocher cependant de la chasse à l'élan par laquelle nos héros avaient gagné leurs premiers sous, quelques nouvelles plus tot - concurrence pour les "ressources naturelles" locales!). L'organisation en nouvelles fait que chacune doit avoir un thème et une "chute". On a en arrière-plan la faim, le froid, la fatigue (manquent juste les fluides, et on a tout ce qui fait pleurer les bébés - encore que, tomber dans de l'eau glaciale sous une mince couche de glace...?), l'avidité, la maladie (nouvelle titrée "un rebut de l'humanité")... C'est après la mort de London que l'acide ascorbutique (ou vitamine C) a été identifié dans des fruits et légumes frais. Ma nouvelle préférée reste, je pense "la course pour le numéro trois", située au milieu du recueil, pour son côté épique et son final inattendu. On termine en tout cas le volume en se demandant ce qui pourrait arriver ensuite, sur place ou ailleurs, au héros et à la charmante fille de mineur - il y a aussi une héroïne, mesdames! - qu'il a conquise (enfin, ...il se sont conquis mutuellement). 

Je possède encore quelques "10-18" regroupant des nouvelles du Klondike, je tâcherai de publier quelque chose à leur sujet (puisque ClaudiaLucia a confirmé que le Challenge Jack London continue sans limitation de durée pour le moment). Aucun(e) autre participant(e) au Challenge n'a chroniqué à ce jour Belliou la fumée, mais Chinouk en parlait il y a 5 ans.

Je dois dire, pour finir, que j'ai été très déçu en regardant ce qui est disponible en "occasions" dans la pochothèque d'une grande librairie du Quartier Latin à Paris (celle qui ne va pas fermer...), alors que je souhaitais cette fois compléter ma collection pour découvrir enfin de nouveaux titres (je possède seulement un tiers des 43 -au moins- volumes parus naguère en 10-18!): ce ne sont plus les éditions que j'y voyais et achetais il y a vingt ans (celles imprimées quelques décennies avant) qu'on y trouve, mais seulement celles parues essentiellement au XXIe siècle... comme si on ne pouvait plus trouver couramment, en "occasion", que ce qui est également disponible en "neuf" (offre purement tarifaire, donc, et non "élargissement de choix" avec une politique de fonds). Non seulement le choix est moins large, mais j'ai surtout l'impression que "c'était mieux avant", c'est-à-dire quand j'étais moi-même plus jeune! Si je veux compléter ma série 10-18 "vintage", il va falloir que je recommence carrément à courir les bouquinistes, c'est essentiel (mais sans violer le couvre-feu pour autant: pas si facile quand on travaille en horaire de bureaux). Ou alors, les bibliothèques municipales...

7 mars 2021

Cavanna, paléontologue! - Pascal Tassy

Pour mon billet mensuel autour de Charlie Hebdo, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais évoquer un livre récemment publié et que j'ai découvert parce que tant le Canard Enchaîné que Charlie Hebdo en ont parlé à sa sortie. Cavanna, Paléontologue!, de Pascal Tassy, c'est l'histoire d'une amitié débutée entre un jeune lecteur de Hara Kiri et son "grand homme", Cavanna (fondateur dudit titre de presse qui a précédé Charlie Hebdo première série). Cavanna a aussi fait partie de l'équipe qui a relancé en 1992 Charlie Hebdo (série actuelle), jusqu'à sa mort intervenue fin janvier 2014 (moins d'un an avant le massacre de tant de ses amis).  

P1120221   P1120220

Je trouve que le mammouth ci-dessus a une bonne tête anthropomorphe: il pourrait faire penser au "Manny" de L'Âge de glace. Ce dessin de couverture est dû à Julien Norwood, illustrateur naturaliste, dont je suppose qu'il fait partie des connaissances professionnelles de Pascal Tassy. Né vers 1949 (25 ans en 1974...), l'auteur de l'ouvrage est aujourd'hui professeur émérite au Muséum national d'Histoire naturelle (Paris). Pascal Tassy a écrit plusieurs autres livres, que je n'ai pas lus, sur l'histoire de sa science, la paléontologie, qui s'est construite en deux cents ans (en gros) pour faire triompher le concept de l'évolution des espèces à partir de l'étude de leurs fossiles, contre les théories basées sur le fixisme, le finalisme, et bien sûr les forces conservatrices de la théologie... qui sont loin d'avoir toutes désarmé à ce jour. 

Les 171 pages du livre sont divisées entre préface et introduction, 7 chapitres et une annexe (j'y reviendrai). Assez vite, on apprend que Pascal Tassy avait commencé lycéen à lire Hara Kiri puis Hara Kiri Hebdo devenu Charlie Hebdo en 1970. Il y dévorait entre autres les écrits de Cavanna, et a eu le culot de l'inviter à sa soutenance de thèse (qui concernait un squelette de mastodonte de 17 millions d'années découvert dans la Beauce), au motif d'un rapprochement hasardé en novembre 1973 par Cavanna sur mastodonte, mammouth et éléphant. Car Cavanna n'a pas seulement rédigé (ou romancé) ses souvenirs, à commencer par les Ritals, les Ruskoffs et autres titres - qu'il faudra que je lise ou relise un jour pour en tirer quelques billets (auteur prolifique, sa bibliographie complète comprend près d'une soixantaine de titres au total!). Il rédigeait notamment dans Charlie une chronique, "L'aurore de l'humanité", qui deviendra une série de trois livres parus de 1972 à 1977. Ou des billets sur des sujets variés, dont je donnerai une seule citation (page 27): "grâce à l'humour, l'homme supporte avec le sourire le malheur des autres". Bref, cette soutenance de thèse a marqué le début de quatre décennies d'amitié et de retrouvailles, pour un resto, pour bavarder... Car "l'évolution biologique passionnait Cavanna. Autant les avancées de la recherche que les attitudes anti-évolutionnistes." (p.47). P. Tassy n'hésite pas à dire que Cavanna était particulièrement fier de la chronique scientifique assurée tour à tour par plusieurs "signatures" dans Charlie seconde époque. 

Au moment de la fin de Charlie première époque en décembre 1981, Pascal Tassy était sur le terrain (de fouille), au Kenya. Il n'a donc vécu qu'à distance la fin de l'hebdomadaire dont il était un acheteur assidu et bien connu. Il nous brosse quelques pages (chapitrées "Interlude") pour rappeler que, comme le disait Cavanna, si l'hebdo a pu vivre grâce à Choron, il est mort aussi grâce à Choron... Le livre contient nombre d'indications bibliographiques en notes de bas de page sur l'histoire de Charlie.

Le nom de Cavanna revient pratiquement à chaque page. Mais ce livre est aussi le prétexte pour l'auteur de parler de son activité, de l'évolution de son métier, de sa propre carrière... On peut (malheureusement?) le croire quand il dit (p.49): "aujourd'hui, un bon chercheur c'est, avant tout, quelqu'un qui sait obtenir des crédits". L'auteur nous parle aussi de sa discipline, qu'il vulgarise avec précision. C'est évidemment l'occasion de parler de changements climatiques, changement de biotopes, extinction des espèces trop spécialisées et qui n'ont pas le temps de s'adapter ("stress écologique"), mais aussi extermination d'espèces, indéniablement, par l'homme (dodo, rhytine, entre autres). Bien sûr, en fait de paléontologie, ce qu'à mon avis l'auteur fait le plus ressortir, volontairement ou non (j'ose supposer que c'est volontairement), c'est le côté "humaniste" de Cavanna. Leurs discussions à bâtons rompus pouvaient porter sur bien des sujets ou questions quasiment philosophiques: citons, incidemment, la nécessité de faire en sorte d'empêcher (y compris en France) la dissociation de la médecine en médecine pour riches et médecine pour pauvres.

Ils avaient un projet de livre à écrire ensemble. La maladie n'a pas laissé à Cavanna le temps de le faire... En annexe, la retranscription d'une interview de Tassy par Cavanna, prévue pour les pages "sciences" de Charlie et restée inédite (il aurait fallu en couper les 9/10e!) occupe 55 pages (près du tiers de l'ouvrage). Ah, et il arrivait à Cavanna de dessiner, aussi. Je ne citerai qu'un des quatre dessins de lui que comporte ce livre (p.113).

P1120227

Pour résumer, il est question ici d'histoire des sciences, de rapports de l'homme avec la nature, de philosophie et de liberté de conscience, au fil de deux carrières entrecroisées... Je recommande ce livre.

*** Je suis Charlie ***

5 mars 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (13): Le gang Anderson - Sidney Lumet

P1120226

Je crois que je n'avais jamais vu ce film de Sidney Lumet qui date de 1971. Le gang Anderson (The Anderson tapes en VO, littéralement parlant Les enregistrements Anderson) nous fait découvrir Christopher Walken dans son premier grand rôle au cinéma, il avait 28 ans et faisait presque gamin avec ses cheveux ébouriffés. Le gang Anderson permet à Sean Connery de retrouver le réalisateur avec qui il avait tourné La colline des hommes perdus en 1966. En 1973, il tournera de nouveau avec Lumet pour The Offense avant de le retrouver pour Le crime de l'Orient-Express en 1974. Dans Le gang Anderson, il interprète un Britannique qui sort tout juste de prison après avoir purgé une peine de 10 ans. Au vu du titre français, on s'attend à une histoire de gangsters. C'est en partie le cas mais pas uniquement. Le film fut vraiment le premier à traiter de la présence envahissante de la surveillance dans le domaine public ou privé. Dès que Duke Anderson (Sean Connery) sort de prison, il se rend illico chez sa maîtresse Ingrid (Dyan Cannon) qu'il n'a pas vu depuis 10 ans. Elle vit dans un somptueux appartement dans l'East side de New-York. On constate assez vite qu'Ingrid est surveillée même pendant ses ébats. Des fils dépassent de partout et en sous-sol, des bandes magnétiques enregistrent ce qui se passe dans l'appartement. C'est l'oeuvre d'un homme qui paye le loyer. Tout de suite, Duke a l'idée de cambrioler tous les appartements de l'immeuble car il devine qu'il y a plein de choses de valeur à dérober. Pour ce faire, avec l'aide d'un homme de la mafia, ll constitue une équipe de quatre personnes dont chacune individuellement est surveillée par différentes instances fédérales, le FBI, le bureau des narcotiques ou le département du fisc, mais pour d'autres raisons que ce vol à grande échelle. Et comme ces instances ne communiquent pas entre elles, elles n'anticipent pas ce qui va arriver. Parmi les victimes du cambriolage vivant dans l'immeuble, un jeune garçon hémiplégique va être le grain de sable qui va tout faire rater. Le film bénéficie d'une très bonne bande-son composée par Quincy Jones. Sean Connery est une fois de plus excellent. Mention spéciale à Martin Balsam qui interprète un homosexuel pas ridicule du tout. Du grand art. Un film à découvrir. Il faut noter qu'en bonus, il y a la présentation du film par Bertrand Tavernier, Patrick Brion et François Guérif.

2 mars 2021

La pierre du remords - Arnaldur Indridason

P1120225

La pierre du remords (Edition Métailié noir, 345 pages), le nouveau roman d'Arnaldur Indridason, m'a énormément plu. J'ai eu du plaisir de retrouver Konrad, le policier à la retraite qui continue son enquête sur la mort de son père, un triste sire qui avait fait du mal autour de lui en escroquant les gens. Il avait comme complice Engilbert, un médium un peu charlatan qui avait une fille, Eyglo, laquelle aide souvent Konrad dans ses recherches. Quand le roman commence, Valborg, une vieille dame de 70 ans, vient d'être assassinée dans son appartement. Apparemment un crime crapuleux par quelqu'un qui l'a étouffée avec un sac plastique. Konrad n'avait pas prévu de participer à cette enquête mais il avait vu Valborg quelques jours auparavant. Elle lui avait demandé un grand service; l'aider à retrouver son enfant qu'elle avait abandonné presque cinquante ans auparavant. Sur le moment, Konrad n'a pas voulu le faire et il s'en veut. Maintenant, il n'a de cesse de savoir ce qu'est devenu l'enfant. Il interroge plusieurs personnes, dont des voisins et la nièce de Valborg. Même s'il est retraité de la police, il a gardé des contacts avec des policiers à la retraite ou en exercice, dont Martha, déjà rencontrée dans des romans précédents. Son enquête le mène à une ancienne discothèque où avait travaillé Valborg. Une fois de plus, Indridason montre son talent de conteur. Chapitre après chapitre, on fait des sauts dans le temps. L'histoire est très bien menée et Konrad montre qu'il est très bon détective. Pour votre info, une sage-femme en islandais se dit "ljósmóðir" (littéralement mère de lumière). C'est beau. La pierre du remords est un très bon cru même si l'histoire est vraiment très triste. Je le conseille tout comme Aifelle, Eva et Sharon.

1 mars 2021

Vaseux communicants / souvent flegme varie - N°11

Bientôt un an que j'ai entamé cette série de chroniques sur la Covid-19... J'espère qu'elle n'atteindra pas le numéro 182, avec son rythme mensuel!

Dans deux semaines, cela fera un an que j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) été confaminé, pardon, confiné, en même temps que les autres Français. Un séisme. Et maintenant?

Aujourd'hui, la question inquiète de l'entourage, quand on s'étrangle dans une quinte de toux, ce n'est plus "T'as pas la Covid?", mais "T'as pas le variant, au moins?"... Ah, on est bien conditionnés, merci [Ivan] Pavlov!

== Suite au commentaire sous mon billet précédent, j'ai cherché un peu ce qu'il en était du séquençage du SARS-CoV-2 et de ses variants en France. Il semble qu'on soit à la traîne par rapport à d'autres pays, en terme de capacité de test (nombre, délais, équipement). Par contre, en février 2021, plusieurs sites semblaient en capacité de faire des recherches (pas seulement à Marseille): CNR (centre national de référence) de Lyon, le Génopôle d'Evry... On pourrait sûrement faire davantage, bien sûr. Macron, du pognon! ==

Il est sûr que le nombre de mutations du virus se compte déjà en milliers voire en dizaines de milliers (il mute en permanence). Ce qui est surtout surveillé, c'est l'augmentation de la dangerosité pour l'homme. Si je peux me permettre un parallèle: pendant des siècles, les progrès respectifs des cuirasses et armures ont rendu les armes de plus en plus meurtrières. C'est un peu la même chose, sauf que l'Homme n'a pas forcément la maîtrise des "progrès", ici...

Avec désormais un an de recul, je me demande bien à quoi on pourrait, dans un univers uchronique (sans Covid chronique), occuper le "temps de cerveau disponible" que nous bouffent (en nous obnubilant jusqu'à saturation) ce satané virus, sa prévention, ses vaccins, ses variants, ses contraintes, ses conséquences... Ça me fait penser à un passage vers la fin du roman Ravage, de Barjavel, quand les survivants de la catastrophe arrivent à la campagne, et y sont accueillis par un: "Qué catastrophe?".

L'épidémie responsable d'une baisse des naissances historique... Moi qui attendais le baby-boom, j'avoue que je suis déçu! Et la réputation française, alors? Heureusement en tout cas que j'ai pas joué en bourse en me fiant à mon intuition.

13/02/2021 - bonne nouvelle, il y a beaucoup moins de gastro, de broncho ou de grippes cette année, à cause du / grâce au couvre-feu et autres distanciations sociales. Mauvaise nouvelle: la grippe fera (paraît-il) d'autant plus de ravages l'an prochain qu'elle n'aura pas pu circuler librement cette année... Hé oui! Après les contraintes artificieuses, gare au retour de bâton! 

Un vaccin en cours de développement par une start-up française [Aiova] protégerait bientôt à la fois contre Coco et contre la grippe... Il leur faut juste quelques paquets de millions d'euros pour continuer à avancer sur cette voie prometteuse! Et si ça ne marche pas, ils remboursent? 

A quelle température le virus se propage-t-il le mieux? Ni quand il gèle (l'aérosol tombe par terre), ni en canicule (l'aérosol s'évapore). Apparemment, la meilleure plage pour que l'aérosol reste bien contaminant, ce serait 6-7 degrés centigrades, comme maintenant... Macron, du soleil! 

Confinement local par-ci, confinement par classe d'âge par-là, confinement à pile ou confinement à face... aux confins du couvre-feu. C'est bien la seule chose qui peut nous intéresser, dans les "conférences de presse" hebdomadaires - à chaque fois, le même suspens. Commencent à être un peu lourds, ces gens qui nous gouvernent: trois hommes et les confins?

Merci au journal Le 18ème du mois (N° 290 de février 2021, p.4) d'avoir attiré mon attention sur le fait que, en cas d'inscription en ligne ou même par téléphone pour la vaccination, en période où il n'y a pas assez de doses de vaccins pour tous ceux qui le souhaitent, "c'est la prime aux plus agiles sur internet et aux plus rapides (...)".

La question du rôle des élevages de visons dans la diffusion de la Covid-19 avait été soulevé par Reporterre en janvier. Elle semble faire polémique, en France (interdiction desdits élevages en 2025 ou bien en 2023...? Il y en aurait moins d'une demi-douzaine). Mais si jamais c'est l'éleveur lui-même qui contamine ses bêtes, que faire? On ne va quand même pas adopter / adapter l'abattage sélectif au premier malade, non?

Me suis un peu marré (je sais, c'est pas gentil...) en lisant les méfaits du vaccin AstraZeneca, réservé en priorité aux soignants de moins de 65 ans, dans certains services d'hôpitaux, ceux qui avaient décidé de vacciner tout leur personnel en même temps: 25% de fortes réaction (fièvre et courbatures), et des services quelque peu désorganisés pendant quelques jours...

Horripilé (de longue date) par la tendance de certains journaux sensationnalistes à titrer leurs articles "Pourquoi [ceci]" ou "Comment [cela]", alors même que d'une part le sujet ne présente, "en soi", que fort peu d'intérêt, et que d'autre part il n'y est même pas répondu, au final, à la (fausse) "question" posée [dans l'article]. Enlevez l'un ou l'autre de ces deux premiers mots, il ne reste plus qu'une information brute. En fait, focaliser l'attention sur un "comment" ou un "pourquoi" a surtout pour effet de neutraliser notre esprit critique, de légitimer un "sujet" et d'empêcher qu'on se dise: "attends, mais ça vient d'où, cette info? Pour quelle raison on nous parle de ça? Qui a intérêt à nous dire quoi?". Bande de communicants (j'ai pas dit concomitants)!
A contrario, coup de chapeau amusé à un article du JDD (dimanche 28/02/2021): Pourquoi Macron ne varie pas (l'article répond à la question posée). Macron, tiens bon! (une fois n'est pas coutume)

Les Belges empoisonnés avec une histoire de masques anti-coronavirus en tissus toxiques (traités "antimoisissure" au dioxyde de titane, cancérigène possible)? C'est pas chez nous que ça arriverait, hein? Puisque les dizaines de millions de masques en question devaient être distribués gratuitement...

Je me suis laissé dire que certains Parisiens futés qui veulent aller voir Deauville ou Trouville, mais qui ne peuvent y arriver en voiture qu'après 19 heures, exhibent aux policiers en embuscade de magnifiques attestations comme quoi leur grand-mère est mourante... J'imagine déjà le trafic: "à louer, grand-mère, belle occasion, peu servi, état satisfaisant, faire offre au journal qui transmettra"...

Le retour de l'hygiaphone? Avez-vous remarqué, dans les "guichets", la protection vitrée qui sépare les salariés du public? Ça me rappelle l'époque - que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître - où, à la Poste par exemple, il fallait "parler devant les trous" pour que l'interlocuteur entende, derrière sa vitre...

En cherchant "vaccin grippe coronavirus" sur internet, on trouve tout et son contraire: possibilité de se faire vacciner contre les deux, protection croisée, ou au contraire augmentation du risque de contacter la Covid-19 pour les personnes vaccinées seulement contre la grippe... En fait, ça doit dépendre, comme beaucoup de chose, de l'âge du cap... du cobaye concerné!

La sagesse indienne? Sauf erreur de ma part, l'Inde n'a pas forcément fait le choix de vacciner toute sa population. Et pourtant? Je suppose que tout le monde avait dû lire comme moi, durant l'été 2020, quelques articles pleins de "conditionnel" mais qui posaient cependant la question, comme ici: "les habitants d'un bidonville à Bombay approchent-ils de l'immunité collective?"... Ça me plaît bien (la voie de la nature, et non celle de la technoscience...).

A suivre le mois prochain - pour ranimer la flemme!

28 février 2021

Challenge de la planète Mars

Tous les médias nous bassinent avec l'exploration de la planète Mars, par des "rovers" aujourd'hui, en attendant l'Homme dans quelques années. Du coup, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) lance à partir de demain (lundi 1er mars 2021), en visant la littérature ou d'autres arts, un

*** Challenge de la planète Mars ***

Il semble qu'une année solaire de mars correspond à peu près à 687 "sols", soit un peu moins de deux années terrestres (mais ça semble très compliqué et même variable selon la date d'origine!). Alors hop, décidons (tout à fait arbitrairement) que ce Challenge durera 13 mois terrestres
(soit du 1er mars 2021 au 31 mars 2022).

 

Comme pour tous les "challenges" de la blogosphère, il s'agit, pour les blogueurs-euses qui le souhaitent, de découvrir et de commenter une oeuvre en rapport avec le thème: que ce soit un livre (fiction, essai, ou même livre scientifique ou historique...), un film, une bande dessinée...

 

Quelques pistes pour les auteurs (beaucoup de SF, évidemment): Asimov, Besace, Bradbury, Burroughs, Clarke, Gray, Heinlein, Pontier, Robinson, Rocard, Weir, Wells, Zorn (suggestion de Keisha)... et tous ceux auxquels je ne pense pas ou que j'ignore moi-même. Quelques cinéastes? Tim Burton, Brian de Palma, John Carpenter, Dominik Moll, Ridley Scott, Steven Spielberg, Paul Verhoeven! Et bien d'autres, plus anciens et/ou moins connus... On doit aussi pouvoir dénicher des bandes dessinées, des mangas... Et on étudiera tous autres supports (la chanson, l'opéra, le théâtre, ...)!

 

En plus de participer, vous pouvez devenir "blog partenaire". N'hésitez pas à annoncer le challenge sur votre blog. Merci de le présenter sous la forme: "Challenge de la planète Mars, lancé par Ta d loi du cine sur le blog de dasola, jusqu'au 31 mars 2022". De mon côté, si jamais tel ou telle blogueur-euse réalise une jolie bannière, je n'hésiterai pas à la reprendre officiellement ici...
Aussitôt dit, aussitôt fait (le jour même!): Merci Pativore!

PS du 03/03/2021: les éventuels participant(e)s en mal d'idée consulteront avec intérêt le menu "Culture martienne" sur le blog de Chroniques terriennes. Celui-ci reprend d'anciennes chroniques sur des oeuvres de la "culture populaire" concernant Mars, rédigées initialement pour un ancien blog dédié. Elles y sont classées par décennie ou par support (littérature, cinéma & télévision, divers...). 

PS du 15/09/2021 - décision (souveraine) de l'organisateur du Challenge: peuvent être acceptées des oeuvres qui comportent "Mars" dans leur titre (même s'il ne s'agit pas de la planète). "C'est intéressant parce que la planète et le mois ont la même racine étymologique, n'est-ce pas?" (merci Pativore...)

********************************************************************************

Pour vous inscrire, merci de mettre un commentaire sous ce billet dans un premier temps, puis de revenir signaler la parution de votre chronique (avec son lien).

Et je peux déjà citer en référence une toute première participation (la vie sur Mars, c'était il y a combien de milliards d'année, déjà?) !

* Dasola: Mars et Vénus au théâtre 

C'est parti...

* Erwelyn (inscrite le 30/04/2021): Jean-Christophe Gapdy - Les mondes de Quirinus / Gustav Holst - Les planètes : Mars, the bringer of War (1914) (musique) / Invasions martiennes radiophoniques (au Chili et en Equateur) / Ray Bradbury - ses Nouvelles sur Mars (autres que celles reprises dans Chroniques martiennes) / François Schuitten & Sylvain Tesson - Mars (travel book / carnet de voyage)

 

* GirlyMamie (inscrite le 28/02/2021 / blog supprimé en septembre 2021): Frédric Brown - Martiens, go home!

 

* Pativore (inscrite le 01/03/2021): Joca Reiners Terron - La mort et le météore / Hao Jingfang - L'envol de Cérès (nouvelle comprise dans le recueil L’insondable profondeur de la solitude) / Sophie Divry - Curiosity (suivi de l'Agrandirox) / Oana Lohan - Mars violet [décision de l'organisateur] / Max de Radiguès - Alerte 5 (BD)  

 

* Ta d loi du cine (inscrit le 13/04/2021): Robert Heinlein - Double étoile / Sidney Jordan - Jeff Hawke (épisodes différents) / Isaac Asimov - La voie martienne / Robert Heinlein - Podkayne, fille de Mars / Herbert George Wells - La guerre des mondes / Roger Leloup - Le secret de Khâny (série Yoko Tsuno) / Isaac Asimov - Période d'essai / Cyril M. Kornbluth & Judith Merril - L'enfant de Mars / revue Epsiloon (créée en 2021) / Anneliese Mackintosh - Les femmes ne viennent pas de Mars, mais elles y vont / Philip K. Dick - Un vaisseau fabuleux (et autres voyages galactiques) / Raoul Giordan - MétéorHoward Fast - Au seuil du futur / Fredric Brown - Martiens, go home! / Edgar Rice Burroughs - cycle John Carter / Philip. K. Dick - Minority Report + Total Recall (nouvelles en recueil) / Ray Bradbury - Chroniques martiennes (deux éditions) / Albert Weinberg - Cap sur Mars (série Dan Cooper) / Christian Grenier - Sabotage sur la planète Mars / Isaac Asimov - Les poisons de Mars (série "David Starr") / d'après Ray Bradbury - Planète rouge & Monsieur Sourire (adaptations de nouvelles en BD, par Albert Feldstein pour les scénarios & différents dessinateurs [EC Comics]) /// Envisagés, mais pas chroniqués voire pas lus avant la fin du Challenge: René Cothias & Antonio Parras - Le lièvre de Mars (série BD) / Robert Heinlein - En terre étrangère / Ben Bova - Mars & Retour sur Mars / Romain Benassaya - Les naufragés de Velloa / Alix Alex - Le château des étoiles (série BD) / Brian Aldiss - Mars blanche / Arthur C. Clarke - Le marteau de Dieu / Philip K. Dick - Des nuées de martiens / ...

 

* Titi70 (inscrit le 01/03/2021): Paul Verhoeven - Total Recall (film, 1970)

 

* Dominique (Nuages et Vents): Kazuo Ishiguro - Klara et le soleil [SF sans Mars...]

 

* Vincent (inscrit le 23/09/2021): Paul Verhoeven - Total Recall (film)

 

* Mamaragan (blog l'Arène d'Airain, inscrit le 14/12/2021): Holger Madsen - Le vaisseau du ciel (film)

 

* Keisha (inscrite le 26/12/2021)Sophie Divry - Curiosity 

 

A girl from earth (inscrite le 05/02/2022)Sophie Divry - Curiosity 

 

* Zoé Lucaccini (inscrite le 23/02/2022): Eric Brown - Simulacres martiens / Mary Robinette Kowal - Vers Mars 

 

Princecranoir (inscrit le 11/03/2022)Paul Verhoeven - Total Recall (film)

 

* Martin [K] (inscrit le 21/03/2022): Byron Haskin - La guerre des mondes (film, 1953)

 

Edit du 01/04/2022: c'est fini... (cf. bilan quantitatif)

*************

* La petite liste (accord donné le 16/02/2022, rajout le 14/05/2022): H. G. Wells - La guerre des mondes 

 

== deuxième édition de ce "challenge marsien (autour de la planète Mars)" du 01/03/2024 au 31/03/2025 ==

26 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (12): Guêpier pour trois abeilles - JL Mankiewicz

P1120217

J'ai découvert récemment un film de Joseph L. Mankiewicz que je n'avais encore jamais vu, Guêpier pour trois abeilles (The Honey Pot en VO) qui date de 1967. C'est l'avant-avant-dernier film réalisé par Mankiewicz, qui en a aussi écrit le scénario. L'histoire est inspirée de la pièce Volpone (le Renard en italien) de Ben Jonson qui date de 1606. Je vous conseille d'ailleurs de la lire. En préambule, on voit un homme, Cecil Fox, tout seul dans un théatre (La Fenice) pour qui des acteurs jouent justement la pièce Volpone. Dans le plan suivant, dans son palais vénitien, Cecil Fox (renard en anglais), un homme richissime, embauche un certain McFly (Cliff Robertson) pour lui servir de secrétaire. Il charge ce dernier de demander à trois anciennes maîtresses de venir le rejoindre dans son palais. Il va leur faire croire qu'il est mourant et qu'il va léguer sa fortune à l'une d'entre elles. Parmi les trois, il y a Mrs Sheridan (Susan Hayward qui était une actrice que j'aimais beaucoup) accompagnée de sa dame de compagnie/infirmière Miss Sarah Watkins (Maggie Smith toute jeunette - elle avait 33 ans à l'époque - et absolument ravissante). Les deux autres sont la princesse Dominique (Capucine) et Merle McGill (Edie Adams). Cecil Fox a élaboré tout un scénario qui ne va se passer du tout comme il l'imaginait. C'est une histoire de manipulation dans laquelle il va être piégé sans qu'il s'en soit rendu compte. Par rapport à la pièce de Ben Jonson, il y a une intrigue amoureuse, et Miss Watkins est celle qui va tirer les ficelles de l'intrigue. Les dialogues très écrits sont brillants. Cela fait très pièce de théâtre avec l'unité de lieu et d'action. Je pense que ce n'est pas le film le plus connu de Mankiewicz, essayez de le voir rien que pour la dernière scène, la place Saint-Marc de Venise vide. 

23 février 2021

Un été à Key West - Alison Lurie

P1120209

Dans le cadre de la LC (lecture commune) d'un ouvrage écrit par Alison Lurie proposée par Aifelle le 8 décembre dernier, j'ai choisi Un été à Key West (Editions Rivages, 276 pages) publié en 1998. A l'époque, cela faisait dix ans qu'Alison Lurie (03/09/1926-03/12/2020) n'avait rien publié. J'avoue que pour ma découverte d'Alison Lurie, je n'ai peut-être pas pris son meilleur roman. L'histoire, comme le titre l'indique, se passe pratiquement intégralement à Key West, une ville située à l'extrémité occidentale de l'archipel des Keys en Floride. Key West est connue grâce à Ernest Hemingway et Tennessee Williams qui y ont habité. Mais avant d'arriver à Key West, on fait la connaissance de Wilkie et Jenny Walker dans une belle demeure de Nouvelle-Angleterre sur la côté Est des Etats-Unis. Lui est écrivain et naturaliste, septuagénaire, il vit une mauvaise passe. Il se croit atteint d'une maladie mortelle et pour cette raison, il n'arrive pas à terminer son livre sur un hêtre rouge. Il se replie sur lui-même, il refuse les dîners mondains, il ne voit plus ses enfants et ne parle pratiquement plus à sa femme Jenny, sa troisième épouse qui a 25 ans de moins que lui. Jusqu'à présent, elle était son assistante. C'est elle qui corrigeait et tapait ses manuscrits. Depuis plusieurs mois, il ne lui demande plus rien. Au vu de cette situation, Jenny persuade Wilkie de passer ensemble quelques semaines à Key West. Ils louent une maison appartenant à un jeune homme atteint du sida. Cela m'a frappée qu'Alison Lurie ait ancré son récit dans la période douloureuse du temps du sida. On en parlait beaucoup plus que maintenant. Wikie a accepté de venir car il croit qu'il pourra se suicider plus facilement en se noyant. Jenny, elle, se métamorphose. Croyant que Wilkie ne l'aime plus, elle se décide à s'ouvrir aux autres et en particulier à Lee Weiss, une femme qui a été psychothérapeute et qui est devenue la propriétaire d'une pension prospère réservée aux femmes. Autant Lee considère Wilkie comme un vieux réactionnaire, autant elle tombe sous le charme de Jenny à qui elle porte secours une après-midi après que Jenny se soit fait piquer par des méduses. Plusieurs personnages apparaissent dans le roman qui n'ont pas forcément d'interaction avec le couple. C'est léger et grave à la fois. Mais je suis malheureusement restée à l'extérieur de cette histoire qui ne m'a pas touchée. J'espère qu'Aifelle aura mieux apprécié que moi Un Eté à Key West.

Lire le billet d'Aifelle nettement plus enthousiaste et qui renvoie à d'autres blogs.

22 février 2021

Jerry chien des îles / Michaël chien de cirque - Jack London

Challenge jack london 2copie

Dans le cadre du Challenge Jack London proposé de mars 2020 à mars 2021 par ClaudiaLucia, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) poursuis ma participation avec deux livres que j'ai lus en mes vertes années, car les deux font la paire. 

P1120195

Je connaissais le premier sous le titre (en Bibliothèque Verte) Jerry dans l'île, lorsque je le lisais, enfant (ce titre est resté celui de l'oeuvre, en France, jusqu'en 1982, apparemment). Le titre en VO? Jerry of the Islands. Dans mon édition en 10-18 parue en 1983, il est titré Jerry chien des îles. Pour l'autre ouvrage, on est resté sur Michaël chien de cirque. Ces deux livres figurent parmi les derniers rédigés par London, et sont parus après son décès intervenu en 1916. 

Capture d’écran 2021-02-12 à 18

Il s'agit bien de l'un des premiers Jack London que j'ai lu pour ma part (peut-être même avant Croc-blanc, dont je n'ai disposé qu'après). A l'époque, j'avalais le contenu de ces bouquins "jeunesse" au premier degré, que ce soit le Club des Cinq (Blyton) ou le Clan des Sept (Bonzon), Nomades du Nord (Curwood) ou Le Monde du Silence (Cousteau). J'étais bien incapable de différencier fiction ou réalisme, d'avoir un recul critique par rapport à ces "aventures" de blancs plus ou moins "négriers" ou "esclavagistes" qui recrutaient de la main-d'oeuvre "sauvage" pour faire marcher des plantations... tout en étant en danger d'y perdre la tête et de se faire manger le reste du corps. Cette édition doit toujours être au fond d'une bibliothèque ou d'un carton dans l'une ou l'autre des résidences secondaires familiales. Celle que j'ai extraite de ma pochothèque personnelle pour la prendre en photo (ci-dessus en 10-18), je me la suis offerte en 1995. C'est le texte intégral (trad. Claude Gilbert, 271 pages). L'histoire se déroule dans les Iles Salomon. London connaissait ces contrées pour y avoir mené une croisière. Dans un avant-propos, il évoque les réactions à un de ses livres précédents, également situé dans les mers du Sud, qui semblaient l'accuser d'affabuler sur le cannibalisme (pas celui des chiens). Dans ces contrées coloniales, blancs et "sauvages" se parlent en "bêche de mer". Bizarrement, les indigènes entre eux utilisent les mêmes tournures. Un de ses maîtres enseignera à Jerry à communiquer avec lui. Au fil du roman, Jerry passe de mains en mains (plusieurs de ses maîtres périssant de mort violente). D'abord jeune chiot élevé par le maître de la plantation où vivent ses parents, il est donné par lui au capitaine Van Horn, auquel il s'attache de tout son coeur canin. Avec le chien à bord, le bateau cabote d'île en île. La dernière escale sera funeste. Van Horn et Lerumie, l'ennemi intime de la famille chiens, seront parmi les premiers à mourir. Notre chiot appartiendra ensuite à Lamaï, le jeune fils (12 ans) de Lumaï (indigène indolent) et Lunerengo (mégère), puis à Agno, prêtre machiavélique, qui devra le céder à Bashti, le "Napoléon" de l'île. Il sera encore récupéré in extremis, échangé contre un porcelet plus succulent que lui, par le meilleur de ses maîtres indigènes, le vieil aveugle Nalasu. Enfin, le village indigène ayant subi une expédition punitive, Jerry aura l'occasion de rejoindre de nouveaux maîtres blancs, le couple de riches navigateurs Villa et Harley Kennan.

Les héros de l'histoire sont bien les chiens (deux intelligents terriers irlandais), dont l'auteur nous livre davantage les sensations instinctives (inscrites dans l'instant - et sans doute assez loin de tous "droits des animaux" tels que certains les entendent au XXIe siècle) que les pensées conscientes. Nos chiens ne disent pas "je", l'auteur leur est extérieur. Mais entre innocence canine et duplicité indigène, son coeur d'écrivain du début XXe s. semble balancer. Petite citation (p.175): "[l'un des maîtres de Jerry] était un philosophe archifroid qui attendait son heure, différent de Jerry en cela qu'il possédait le sens humain de la prévision et qu'il savait adapter ses actes à des objectifs éloignés". Je termine par une "colle": je n'ai pas réussi à mettre la main sur un Tintin où Milou aurait dit "Kaï-kaï" (j'en ai trouvé deux où il couine "Aïe aïe"...). C'est le kai-kai de London qui m'y a fait penser... Qu'en diraient mes lecteurs?

Passons maintenant à Michael chien de cirque. La prime jeunesse de ce chien-ci se déroule dans le même univers (les Iles Salomon), avant son vol par un pittoresque soulographe qui lui enseigne quelques tours en espérant pouvoir le revendre un bon prix. La première moitié du livre concerne presque davantage les pérégrinations dudit steward et de son "boy", et Michael y joue essentiellement le rôle d'un "accompagnant". On a quelques chapitres à la recherche d'une île au trésor, comme si London ne se contentait pas de s'être recueilli sur la tombe de Stevenson mais y avait aussi trouvé l'inspiration. 

P1120198Revenus à terre, et grâce aux quelques tours qu'on lui a déjà enseignés, Michael contribue à faire bouillir la marmite pour la troupe lépreuse qui l'entoure. Puis il devient enfin le héros principal à partir du moment où son talent suscite la convoitise d'un médecin puis d'un premier dompteur. Enlevé par celui-ci, il arrive en Amérique du Nord et tombe entre les griffes d'un second dresseur d'animaux, bon mari et bon père, mais au coeur de fer concernant les affaires ou les animaux. London en profite pour nous dévoiler les coulisses des tours avec animaux, en ce début de XXe siècle (une allusion au naufrage du Titanic nous donne une indication de date). Quant à Michael, une fois redécouvert son talent de chien savant, il est exhibé de de piste en piste durant plusieurs années. Avant, dans les toutes dernières pages, de retrouver les Kennan et Jerry. Voilà... Mais croyez-vous que je vous aie tout dévoilé en dix lignes? Je n'ai pas donné le titre en VO, par exemple. Ce vieil exemplaire de bibliothèque verte (sans sa jaquette!), dont les pages aujourd'hui jaunies ont été imprimées en 1957 (j'étais pas né!) compte tout de même 250 pages. Je l'avais déniché à l'époque où j'avais commencé à caresser l'idée d'installer une bouquinerie dédiée aux arts circassiens sous le chapiteau d'un cirque... sans jamais aller beaucoup plus loin que cet achat. 

Pour finir, j'ai trouvé quelques chroniques concernant ces deux livres sur la blogosphère. Pour Jerry, chez Shangols ou sur un site canin (billet non commentable). Concernant Michael, dans le blog d'une "écrivain public" (sans écriture inclusive?) et chez Cirk75, chroniques d'un circophile amateur (qui m'a appris l'existence d'un film à la fin des années 1970). 

PS: les deux titres sont aujourd'hui disponibles dans la collection Libretto.
Merci GirlyMamie, j'avais oublié de le mentionner! 

20 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (11) - Ca commence à Vera Cruz - Don Siegel

P1120204

Je viens de revoir une agréable série B, réalisée par Don Siegel (son troisième long-métrage) en 1949, avec un Robert Mitchum plus nonchalant que jamais face à Jane Greer, avec qui il avait tourné La griffe du passé (Out of the Past) de Jacques Tourneur deux ans auparavant (en 1947). Ca commence à Vera Cruz (The Big Steal en VO), filmé en noir et blanc, se passe au Mexique. Le lieutenant Duke Hathaway (Robert Mitchum) est accusé à tort d'un vol de plus de 300 000 dollars à l'armée. Il est sur les traces du vrai voleur, un nommé Jim Fiske. Hathaway est lui-même poursuivi par le capitaine Vincent Blake (William Bendix) qui croit qu'Hathaway est le vrai voleur. Dans sa fuite, Hathaway se trouve une alliée, Joan Graham, qui devait se marier avec Fiske. On constate très vite que Fiske est un fieffé coquin qui n'a pas hésité à laisser tomber Joan. L'essentiel du film se passe sur des routes du Mexique avec une course poursuite entre trois voitures: celle de Fiske, celle conduite par Hathaway et Joan alternativement, et enfin celle de Drake. Le rythme du film de 71 minutes est aussi rapide que les voitures. Un film qui se laisse voir. Les blogs L'oeil sur l'écranShangols ou les Chroniques du cinéphile stakhaniviste l'avaient évoqué il y a quelques années. Cf. aussi Sid280, Salles obscures 2.

17 février 2021

Sept jours - 17-23 juin 1789 - La France entre en révolution - Emmanuel de Waresquiel

P1120203

C'est en entendant l'historien (Emmanuel de Waresquiel) invité un matin sur une chaîne de radio nationale que j'ai eu envie de lire son ouvrage. Cela faisait du bien d'entendre parler d'autre chose que de la covid et des vaccins. 

Je commencerai par dire que la période révolutionnaire m'a toujours beaucoup intéressée et ce livre, Sept jours - 17-23 juin 1789 - La France entre en révolution (Tallandier, 477 p., 2020), se lit comme un roman. Il est composé d'un avant-propos qui résume les 380 pages qui suivent. C'est une très bonne synthèse. Le 5 mai 1789, Louis XVI ouvre les Etats-Généraux dans la salle des "Menus-plaisirs", juste à côté du château. On a pu y accueillir 1200 personnes. Quand les Etats-Généraux ont débuté, les gens ignoraient qu'ils dureraient aussi longtemps. C'était les premiers Etats-Généraux depuis 1614, et ce furent les derniers de l'Ancien Régime. Dans cette assemblée, on retrouve les trois ordres, le clergé, la noblesse et le tiers état. Pour son récit, E. de Waresquiel s'est appuyé sur des écrits, des lettres et des journaux, ainsi que sur des Mémoires d'observateurs étrangers comme l'ambassadeur des Etats-Unis, Gouverneur Morris ("Gouverneur" était le patronyme de sa mère). Il a aussi trouvé beaucoup de documents intéressants sur les Etats-Généraux dans les "fonds perdus des travées de réserves de la bibliothèque municipale de Versailles" (sic!). E. de Waresquiel nous fait remarquer que la révolution de juin 1789 fut une révolution sans écrivains. Stendhal avait 7 ans et Chateaubriand était loin, Restif de la Bretonne n'était pas présent, Sade est à la Bastille, Laclos trop occupé de politique et Beaumarchais trop pris par ses affaires. En revanche, cette révolution de juin est servie par la peinture et l'image avec David. La semaine du 17 au 23 juin 1789 est celle où tout se joue. Le mercredi 17 juin, les députés du tiers état se constituent en Assemblée nationale. Le samedi 20, ils jurent de ne jamais se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France (pendant ce temps-là, le roi est parti à la chasse à Marly [!]). C'est le serment du Jeu de paume et le mardi 23 juin, ils envoient promener le roi, sa Cour et ses soldats: "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." C'est la fin de la monarchie absolue.
Depuis 1786, les caisses étaient vides. Le surcroit de dépenses occasionné par la guerre d'indépendance américaine n'avait rien arrangé. Ce déficit a été d'abord gardé secret mais quand il fut rendu public, ce fut l'indignation. C'est une des raisons de la tenue des Etats-Généraux pendant lesquels on a néanmoins peu parler d'économie mais beaucoup de politique. Au fil de très courts chapitres, E. de Waresquiel nous fait entrer dans l'action de ce qui s'est passé, entre les princes de sang, les membres du haut et du bas clergé et les membres du tiers état. On croise bien entendu, pour les plus connus, Necker que Louis XVI détestait, le docteur Guillotin, Bailly (premier maire de Paris et et premier président de l'Assemblée nationale, guillotiné en 1793), l'abbé Sieyès (auteur en 1788 d'Essai sur les privilèges et d'une brochure en 1789, Qu'est ce que le tiers état?), Mirabeau, Robespierre, Talleyrand, et des centaines d'autres qui me sont inconnus mais qui semblent avoir joué des rôles de premier plan pendant cette semaine-là. Je me suis un peu perdue parmi tous ces personnages dont certains finiront sur l'échafaud quelques années plus tard. D'autres partiront en exil. Marie-Antoinette, le roi et ses frères Provence (futur Louis XVIII) et Artois (futur Charles X) sont aussi très présents ainsi que le cousin Orléans (futur régicide). Même si on sait à peu près comment cela se termine, le récit est passionnant. Je n'en dirai pas plus sauf qu'à la fin de l'ouvrage, il y a presque 50 pages de notes et quelques illustrations.

14 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (10): Meurtre par décret - Bob Clark

P1120199

P1120201

Ce billet me permet de rendre hommage à Christopher Plummer (1929-2021) qui interprète Sherlock Holmes. Dans Meurtre par décret de Bob Clark (1979), on demande à Sherlock Holmes, qui joue du violon et se drogue à l'occasion, d'enquêter avec John Watson (James Mason) sur les crimes horribles perpétrés en 1888 par Jack l'Eventreur, que la police n'arrive pas attraper. Quand le film débute, quatre des cinq victimes de Jack ont déjà été assassinées. Il ne reste que plus que Mary Jane Kelly, qui est morte de peur, car elle cache un secret qui va lui coûter la vie. Le scénario du film est tiré de deux ouvrages The Ripper File" (Le dossier Ripper) d'Elwyn Jones et John Lloyd, et Jack the Ripper : The Final Solution (Jack the Ripper : La solution finale) de Stephen Knight. On apprend que les cinq victimes se connaissaient. Une sixième femme a un rôle central dans l'histoire: Annie Crook, une jeune femme catholique qui n'aurait pas dû tomber amoureuse et avoir un enfant avec un personnage très haut placé. Le film évoque un peu l'arrière-plan social de misère dans l'East End où les gens de la haute société venait s'encanailler. Holmes est aidé par un médium, Robert Lees (Donald Sutherland), qui a eu des visions de Jack l'Eventreur. Il faut noter que le film ne fait pas peur, même s'il y a des moments inquiétants. Sans rien dévoiler d'autre, je peux vous dire que Jack l'Eventreur n'agissait pas seul. Comme beaucoup d'histoires se passant à Londres à la fin du XIXème, le brouillard est omniprésent, alors qu'a priori, les jours des meurtres, il n'y avait de brouillard. L'histoire, racontée telle quelle, a été reprise dans From Hell d'Alan Moore et en a inspiré d'autres comme Patricia Cornwell. Pour en venir à Christopher Plummer, je l'ai trouvé très bien dans son rôle qu'il arrive à humaniser. A un moment donné, il a même les larmes aux yeux. Il est moins sec et cassant que dans les romans de Conan Doyle. Un bon film que j'ai beaucoup de plaisir à revoir, 41 ans après sa sortie.

Pour conclure sur Christopher Plummer, l'acteur le plus âgé à avoir eu un oscar comme le relevait Ideyvonne, je retiens surtout ses seconds rôles dans quelques films: L'homme qui voulut être roi, Millenium: les hommes qui n'aimaient pas les femmes, La mélodie du bonheur, A couteaux tirés, Tolstoï, le dernier été ou Beginners...

11 février 2021

Un papa, une maman - Une famille formidable (la mienne!) - Florence Cestac

 P1120190

C'est mon ami Ta d loi du cine qui m'avait appris qu'un nouvel album de Florence Cestac venait de paraître. Je me suis précipitée pour me le procurer et je l'ai lu avec grand plaisir même si l'histoire n'est pas très gaie. Les deux premières images résument ce qui va nous être raconté dans Un papa, une maman... (Editions Dargaud, 56 pages).

P1120191

Je dirais que Florence Cestac règle ses comptes avec son père décédé depuis plusieurs années. Le père Jacques est ce qu'on appelle un tyran domestique qui traitait sa femme comme sa boniche. Jamais content, toujours à critiquer. Il a repeuplé la France en faisant trois enfants, deux filles et un garçon, mais les couches et les biberons, très peu pour lui. 

P1120194

P1120193

Florence Cestac raconte la vie de ses parents, Jacques et Camille, depuis leur rencontre jusqu'au décès du père. Elle lui reproche dans les dernières planches de ne pas avoir donné assez d'amour à ses enfants. Car non seulement il disait des choses désagréables à sa femme, mais il n'était pas tendre avec sa progéniture dont il se serait bien passé. Il ne savait pas s'y prendre avec eux. Alors que Camille a été une maman en or qui savait tout faire et arrondissait les angles. Jacques a eu de la chance d'être son mari, même s'il l'a trompée au moins une fois. Et autant il savait être charmant en société, autant il pouvait être odieux en famille. En vacances, les trois enfants préféraient quand leur père n'était pas présent. Evidemment, quand Florence est rentrée aux Beaux-Arts en 1965 et qu'elle s'est mise à avoir le look "Gauloise bleu, coiffure cocker, gilet afghan, pull marin, sacoche PTT, pattes d'eph et sabots suédois" et qu'elle a eu une bande de potes, cela n'a pas plu à Jacques qui voulait à tout prix lui trouver un mari convenable... Je vous laisse découvrir la suite. Cet album autobiographique se termine avec les photos des parents de Florence Cestac prises en 1942. Je pense que cette BD lui a servi de catharsis. C'est dessiné avec talent. Je vous conseille tous les albums de Florence Cestac qui a reçu le grand prix du Festival d'Angoulême en 2000. Lire le billet de Pierre D et celui de Canel.

8 février 2021

Histoires des siècles futurs - Jack London

Challenge jack london 2copie

Dans le cadre du Challenge Jack London proposé de mars 2020 à mars 2021 par ClaudiaLucia, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) viens de relire en quelques soirées mon recueil de nouvelles de Jack London titré Histoires des siècles futurs (publié en 10/18 en 1974), qui m'avait été offert pour un anniversaire, il y aura 40 ans cette année 2021...

  P1120183  

Lorsque j'avais manifesté mon intérêt pour ce challenge (le 8 février 2020), nous n'étions pas encore confinés, mais la presse commençait à nous seriner ses désagréables chansons sur cette maladie qui déboulait...

Si je choisis aujourd'hui (tout juste... un an plus tard) ce titre, entre une quinzaine d'autres, dans ma pochothèque personnelle, c'est que je souhaite exhumer plus particulièrement deux des nouvelles de cet auteur (mort en 1916), écrites respectivement en 1908 et 1910.

L'introduction de Francis Lacassin (qui dirigeait la série "L'Appel de la vie" chez 10/18) contextualise la rédaction des composants du recueil par rapport aux sentiments socialistes de London. Je pense que la qualification des nouvelles "inédites en français" s'applique à leur réunion en volume. En effet, elles ont été traduites par Paul Gruyer et Louis Postif (ce dernier seul pour les nouvelles autres que La peste écarlate), et ces deux traducteurs sont décédés respectivement en 1930 et 1942!

Voici une présentation, dans le désordre, du contenu de ces quelque 300 pages en français.

L'invasion sans pareille: rédigée en 1910, cette nouvelle se déroule en 1976. Elle figure en 2ème position dans le livre. En fait, le terme "invasion" peut s'appliquer à deux actions humaines successives. D'une part, la lente mais inexorable expansion chinoise, à la recherche d'un "espace vital" pour y installer l'excédent naturel de sa population, dont le reste du monde découvre l'ampleur après des décennies d'isolement chinois. Et d'autre part, les moyens que vont mettre en oeuvre les nations occidentales pour y parer. Mais en fait de "conflit de civilisations", on aboutira bien à un génocide, les uns exterminant les autres. Si j'étais aussi pessimiste que je peux parfois l'être, je songerais que London s'est juste trompé de continent. Avons-nous, dans notre monde réel et sa "realpolitic", la garantie de ne jamais voir quelque chose d'aussi sinistre se produire en Afrique? On pourrait en tout cas relever que l'écrivain n'avait pas prévu l'embrigadement par un appareil d'Etat omnipotent: en cas de fléau, les masses fuient sans que quiconque paraisse en mesure de leur ordonner de subir un couvre-feu ou de se confiner. Enfin, j'ai noté que le blog de MisterFahrenheit, dont le dernier billet remonte au 26 septembre 2016, en parle. PUautomne aussi (blog toujours actif).

La peste écarlate (rédigée en 1910, publiée en anglais en 1912). C'est sans doute la nouvelle la plus connue (grâce à sa récente réédition). Il s'agit des souvenirs d'un vieillard, en 2063, qui raconte à ses descendants le cataclysme planétaire qui a pratiquement éradiqué en 2013 l'humanité, et une culture civilisée qu'ils ne peuvent imaginer. La partie la plus frappante est la description de la mort d'une civilisation, vaincue par l'infiniment petit, un peu comme les martiens de La Guerre des Mondes de Georges Wells (publié en 1898), et ce malgré la découverte, trop tardive, du sérum permettant de guérir la maladie inconnue... Je n'en dirai pas davantage, la nouvelle est bien plus riche que ce que j'ai écrit dans ces quelques lignes. ClaudiaLucia, dans le cadre de son challenge, en a parlé elle-même, ainsi que Kathel et Lily. Mais on trouve aussi, hors challenge, un billet de Philippe Dester ou un vieux billet de 2015 d'un blog qui semble en pause depuis 2019. Et j'ai souri en lisant un pseudo-entretien avec Jack London....

Bien sûr, je dois dire aussi quelques mots des trois autres nouvelles.

Goliath peut être interprétée, éventuellement, comme la nouvelle la plus optimiste. J'ignore si elle était porteuse des espoirs secrets de London, mais c'est l'une de celles qui, moi, m'a toujours fait rêver. Un dictateur mystérieux obtient, par la force (il est capable de tuer à distance qui bon lui semble, et il dispose de moyens quasi-illimités) le désarmement universel pour amener l'humanité dans un monde proprement utopique. Il commence par empêcher l'Allemagne et la France de se faire la guerre (alors qu'elles avaient tacitement décidé de se passer de sa permission). Mais est-ce bien moral?

L'ennemi du monde entier (publié en 1908): un homme injustement mis en prison finit par en sortir, et, possédant le moyen de se venger, se venge ensuite. Mais il ne s'arrête pas là, et poursuit ses attentats "nihilistes" pendant 8 ans en parcourant la terre. Il provoque même, à lui seul, une guerre entre l'Allemagne et les Etats-Unis! Il "terrorise" tellement tous les Etats qu'il amène le monde au bord du désarmement - avant que, par chance ou malchance, on l'arrête. Même le gouvernement français, fort intéressé, n'arrivera pas à lui acheter avant son exécution le secret de son pouvoir destructeur.

Un curieux fragment (publié en 1908) se présente comme un extrait d'un ouvrage en 50 volumes, publié au XLVe siècle et relatant des événements survenus au XXVIe, soit près de deux millénaires auparavant... (on notera les périodes comparables à celles séparant déroulement, rédaction ou lecture de tels ou tels événements bibliques). L'ayant lu comme un conte amer autant qu'américain, j'en retiendrais la transmission, au sein d'une population réduite quasiment en esclavage, d'une culture transmise par l'oral et par ceux qui apprennent en cachette à lire et écrire. Cela peut nous évoquer, à nous, la préservation de la culture polonaise sous l'occupation nazie (1939-1945). Ou peut-être un lien ténu avec le roman récemment paru Les furtifs d'Alain Danasio (2019), dans lequel des "cours" sont donnés en plein air à une population prolétarisée et acculturée...

Du London parfois empreint d'humour noir, à (re)découvrir, donc.

**********

PS du 12 mars 2021: d'une pierre deux coups! Je viens de m'inscrire au 9e Challenge de l'Imaginaire proposé par le blog Ma Lecturothèque (en y choisissant de chroniquer 12 livres SF avant le 31/12/2021), et j'ai eu confirmation que la présente chronique pouvait compter comme première participation!

cli9-3

7 février 2021

Qui a tué l'écologie? - Fabrice Nicolino

Ce mois-ci, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) m'étais dit que je pourrais facilement écrire un article en piochant dans mes stocks de bouquins achetés durant les six dernières annnées. Une petite phrase dans Charlie N°1488 du 27/01/2021 m'avait orienté vers une piste. Chroniquer (après l'avoir relu) mon "livre du jour", écrit par Fabrice Nicolino plusieurs années avant d'être blessé dans l'attentat contre Charlie Hebdo, s'est avéré plus ardu que je ne l'imaginais (j'ai déjà présenté plusieurs de ses bouquins).

P1120187

Qui a tué l'écologie? se présente comme un pamphlet, datant déjà de 2011, publié il y a dix ans aux éditions LLL (Les liens qui libèrent). Mon propre exemplaire a été imprimé en "poche" en février 2012 (collection Points, N°P2771, 307 pages). Cela reste un livre à lire, pour décryptage de pratiques (et) de manipulations toujours à l'oeuvre à l'heure actuelle. A l'époque, il visait (entre autres) la mascarade qu'avait constitué le "Grenelle de l'environnement" porté sur les fonts baptismaux par Nicolas Sarkozy, en septembre 2007. Cet ouvrage polémique, dur et désespérément pessimiste, déconstruit aussi Jean-Louis Borloo (et Brice Lalonde en passant, p.38), mais également NKM (Nathalie Kosciusko-Morizet). Je vais tout de suite "tuer le suspense" du titre en disant qu'il s'essuie sérieusement les pieds sur les quatre ONG qui ont été les interlocuteurs de l'industrie lors du Grenelle, à savoir Greenpeace, le WWF France, FNE (la fédération France Nature Environnement), sans oublier la Fondation Nicolas Hulot - le bandeau rouge le dévoilait déjà! 

Fabrice Nicolino plante rapidement un décor historique en montrant que, depuis le XIXe siècle, la "protection de la nature" a été accaparée par des personnages qui, soit étaient en rapport proche avec les pouvoirs officiels, soit faisaient montre d'une certaine naïveté (niaiserie?) à son égard en en appelant à lui. J'ai ainsi eu la mémoire rafraîchie sur les circonstances de la protection de la forêt de Fontainebleau. Sous le Second Empire, les "milieux artistiques" s'étaient montrés plus efficaces que les officiels "protecteurs de la nature". A noter qu'aujourd'hui, sur Wikipedia, ni l'article "Autoroute A6" ni l'article "Forêt de Fontainebleau" ne s'épandent sur l'histoire de la construction de l'autoroute à travers cette forêt telle que racontée par Fabrice Nicolino (dans l'article sur la forêt [consulté le 7 février 2021], il est mentionnée qu'elle est "fragmentée", entre autres par l'A6 depuis 1964...).

Les chapitres 2 à 6 reprennent l'histoire des ONG citées ci-dessus, capables de s'attribuer indûment telle ou telle action a posteriori, de taire fort pudiquement la liste de leurs dirigeants successifs ou de leurs financeurs privés... Ainsi, Nicolino rappelait, dans le récent N° de Charlie que j'ai cité plus haut, qu'il avait mis la main, en préparant ce livre paru en 2011, sur un document listant, pour l'année 1987, les grands donateurs du WWF rassemblés dans le discret "Club des 1001" (où figuraient, entre autres, Robert McNamara ou Mobutu). Par ailleurs, la perméabilité entre un poste de Président ou de directeur général d'une telle ONG, une carrière de politicien-ne, voire un siège dans telle ou telle instance publique ou au service de l'industrie, est démontrée par des exemples, biographies à l'appui. 

Au-delà du seul exemple du Grenelle et des sujets qui y ont été, ou plutôt qui n'y ont pas été, abordés (ou des associations qui n'y ont pas été invitées), l'auteur traite la question de la désinformation et de l'escroquerie intellectuelle que représente l'apparition du vocable "développement durable", présenté comme la mise à jour du discours d'après-guerre de Truman, lorsqu'il s'agissait de défendre les intérêts américains, sous couleur d'aider au "développement" des pays du Sud en leur faisant miroiter le mode de vie américain et en leur prêtant les fonds pour acheter les produits de la (future) société de consommation. Il explique également la différence sémantique entre "environnement" et "écologie" (p.183): "L'environnement place l'homme au centre de la vie sur terre et s'intéresse à ce qui peut nuire à ses projets grandioses de bâtisseur. L'écologie considère, elle, l'équilibre des écosystèmes, dont dépend tout le reste, donc le sort de l'humanité".

Il est bien sûr difficile de mentionner l'intégralité des sujets abordés. J'ai relevé l'opacité du choix des personnes invitées à participer aux différentes Commissions (Fabrice Nicolino n'évoque pratiquement pas le rôle des "groupes de travail" qui devaient élaborer des propositions entre les "séances plénières" du Grenelle, un aspect souvent capital dans ce genre d'instance). Le poids, dans les décisions d'aménagement et d'infrastructures en France, des ingénieurs des Mines, des Ponts et chaussées, des Eaux et Forêts... qui regardent passer les ministres éphémères en s'investissant dans des projets à long terme (et pas vraiment au bénéfice des petits oiseaux, des abeilles ou des crapauds), est, lui, mis au jour. L'auteur insiste aussi, à plusieurs reprises, sur le scandale que peut constituer le développement des "biocarburants" (pour nos bagnoles) alors qu'un milliard d'êtres humains souffrent de malnutrition. 

Au moment de la parution du livre, Jean-Louis Borloo (quelque peu démonétisé, en 2021) avait été évoqué comme possible Premier Ministre voire candidat à la Présidence de la République. Fabrice Nicolino se fait un malin plaisir de rappeler ses promesses de naguère autour de la Maison à 100 000 euros. Nicolas Hulot (qui n'avait pas encore été ministre, mais proche de plusieurs Présidents ou candidats), est égratigné ainsi que son "Comité de veille écologique" créé en 2000, et mis au niveau des écologistes qui se font toujours "avoir": "parler, parler, parler, quand (presque) rien d'autre n'a été fait, et ne surtout pas agir. Encore moins affronter" (p.124-125). Côté franco-français, je relèverai encore que Nicolino donne les références précises d'une citation de l'ultralibéral Denis Kessler (écrite dans Challenge, le 04/10/2007), que je vais recopier du livre [points de suspension entre crochets compris]: "C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception [...] Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance!". 

Bref, on ressort de la lecture de ce pamphlet, bourré de rappels utiles, un peu désabusé (au sens strict, c'est bien le but du livre), mais aussi avec la curiosité de se renseigner (internet est notre ami!) pour savoir ce qu'il en est, en 2021, de telle ou telle situation décrite, de tel ou tel avertissement émis, du non-respect des promesses passées, qui peuvent augurer du respect (à venir) de promesses faites cette année... Lisez-le donc.

PS1: les algorithmes qui gouvernent les moteurs de recherche ne font pas aujourd'hui remonter énormément de chroniques de cet ouvrage sur des blogs (j'ignore bien entendu ce qu'il en était en 2011). J'ai en tout cas trouvé trace, entre autres blogs plus ou moins professionnels, d'une chronique en avril 2017 sur le blog "Un jour un livre" de Jean-Michel Sady, bibiothécaire et écocitoyen très engagé (blog à l'abandon depuis 3 ans). Ou encore du blog de Laurent Samuel (à l'abandon depuis octobre 2015). Je rajouterais le "fantôme" d'une critique sur un blog qui s'appelait "ChezFab" en 2012 (mais il semble que l'article original ne soit plus en ligne et je ne suis pas certain que le nom de blog appartienne aujourd'hui à la même personne...). Le blog belge ExtraPaul en parle aussi. Citons encore le blog de Jean-Charles Houel (militant à Louviers) ou celui de Folfaeries. Et même ce qu'en disait F. Nicolino sur son propre blog à l'époque...

PS2: suite à la question de Miriam ci-dessous, je précise que ce "livre-coup de gueule" (dont certaines pages avaient été rédigées dès septembre 2010) reste valable pour tout ce qui touche l'éclairage des positions des uns et des autres (personnes morales ou personnes physiques) en rappelant les évolutions sur le temps long (plusieurs décennies parfois). Bien évidemment, il ne prend pas en compte ce qu'il s'est passé depuis sa parution, et c'est en ce sens que chacun doit faire l'effort de l'actualiser...

*** Je suis Charlie ***

5 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (9): Barnacle Bill - Charles Frend

 P1120186

Vous allez me demander, mais qu'est-ce que c'est que ce film?

Et bien a priori, Barnacle Bill qui date de 1957 fut le dernier film produit par les studios anglais Ealing dirigés par Sir Michael Balcon avant qu'ils ne soient vendus à la BBC. Pour ceux qui ne le savent pas encore, les studios Ealing ont produit certaines des meilleures comédies anglaises des années 50: Noblesse oblige, Whisky à Gogo, Passeport pour Pimlico, Tueurs de dames, L'homme au complet blanc, Tortillard pour Titfield, et pas mal d'autres. Je n'avais pas gardé souvenir de Barnacle Bill joué avec brio par Alec Guinness. Comme dans Noblesse oblige, il interprète plusieurs personnages, six de ses ancêtres et le capitaine William Horatio Ambrose. Dans cette famille de marins dont la devise est "Omnes per Mare" ("Tous à la mer"), Ambrose souffre du mal de mer, un problème dont il n'arrive pas à se débarrasser. C'est bien ennuyeux pour lui, et sa contribution à la seconde guerre mondiale consistera du coup à tester des médicaments contre le mal de mer. Après avoir quitté la Royal Navy à la fin de la guerre, il décide d'investir ses économies (5000 £) dans l'achat d'une jetée, à Sandcastle, où se trouve un parc d'attractions miteux en très mauvais état. Dès le début, il se met à dos le conseil municipal, lequel envisage de détruire cette jetée pour permettre de faire une route le long de la plage. Tous les moyens sont bons. Heureusement, Ambrose a plein d'idées, dont celle de transformer la jetée en paquebot immobile. De nombreux jeunes gens désoeuvrés viennent l'aider dans son entreprise. La bataille navale entre des pédalos menés par Ambrose qui a enfin trouvé un remède au mal de mer et un bateau équipé d'une drague est irrésistible. Il faut noter qu'à la fin, Ambrose est accueilli en héros sur une plage française. Ce film amusant et divertissant vaut la peine d'être vu.

2 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (8)

 P1120185

Cela faisait longtemps que je voulais revoir Le troisième homme (The Third Man en VO) de Carol Reel (1949). C'est Princecranoir qui m'a donné envie de parler du DVD. Je me rappelais plusieurs séquences du film qui se passe dans la ville de Vienne en ruines, la rencontre d'Harry Lime et Holly Martins sur la roue du Prater et la poursuite finale dans les égouts très étendus de la capitale de l'Autriche. L'histoire est adaptée d'un roman de Graham Greene. Quand Holly Martins (Joseph Cotten), un écrivain sans le sou, débarque en train à Vienne, c'est pour rencontrer Harry Lime (Orson Welles), un vieil ami qui lui a proposé un travail. Dès qu'il arrive chez Harry, il apprend que ce dernier est mort après avoir été renversé par une voiture. Pendant la première moitié du film, Holly mène l'enquête avec Anna Schmidt (Alida Valli), la petite amie d'Harry, car il y a des zones d'ombre dans cet accident. Des témoins de l'accident sont tués et un mystérieux troisième homme, qui a transporté le corps d'Harry, a disparu. Holly découvre pendant sa recherche qu'Harry était un trafiquant sur le marché noir. Puis Holly retrouve Harry bien vivant. De ce dernier, on voit d'abord ses chaussures cirées sous un porche d'immeuble. Puis la caméra s'élève, et on voit le visage d'Harry surgir de l'ombre. Le plan est inoubliable. La photo en noir et blanc a été justement récompensée par un Oscar. Un film d'1H44 qui "vieillit" bien.

1 février 2021

Ces virus qui venaient du Brésil (le troisième mutant) - N°10

... Il pourrait affecter la réponse immunitaire (autrement dit, l'efficacité de nos vaccins magnifiques?). L'article qui m'avait inspiré date déjà du 12 janvier: Coronavirus : pourquoi le variant brésilien B.1.1.248 inquiète ? Du coup, ce titre de billet était trop tentant pour moi. Comme chacun sait, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) cherche surtout à faire sourire (et non à trumper mon monde). D'accord, j'aime bien forcer le titre et le trait, parfois... Après, faire que mes lecteurs se posent mes questions, c'est pas plus mal?

Bon, c'est vrai qu'on nous bassine surtout avec le variant anglais, le variant sud-africain, quand on ne nous parle pas du variant australien auquel le monde ensuite et l'Australie d'abord ont échappé...

04/01/2021: après le Brexit, Boris Johnson annonce un reconfinement total en Angleterre. Qui ça? Où ça?

Au Royaume-Uni, vacciner toute la population ne suffirait pas (entre vaccins différents, variants du virus, et âge du cap... du vacciné...). J'ai rien compris à ce que j'avais lu le 22 janvier 2021! A mon humble avis, s'ils rajoutaient tout de suite 5 chiffres après la décimale dans tous leurs calculs prévisionnels de pourcentages, ça deviendrait immédiatement plus clair... Qu'en pensez-vous?
J'imagine les labos dans la cour de récré: "- Hé ben d'abord, mon vaccin à moi, il est mieux que le tien! - Nan, c'est pas vrai, t'es un menteur, le mien il est plus mieux! M'sieur, m'sieur, c'est lui qu'à commencé, il a dit que..."

Ai-je donc bien compris, en lisant une information parmi mille, que la vaccination tout azimuth risquait de faire émerger un variant encore plus dangereux (ayant muté, par exemple, chez un patient immunodéprimé, et qui réussirait à nous infecter, même vaccinés?), ou bien est-ce que je mélange plusieurs choses? D'autres disent que les variants (mutants) n'affecteraient pas la fiabilité des vaccins... Cela me fait penser, en tout cas, aux avertissements de scientifiques pleins de bon sens qui prédisaient en vain aux industriels fabricants d'OGM que leurs gènes de résistance aux pesticides se transmettraient aussi, à coup sûr, de leurs plantes OGM brevetées vers les adventices (ce qui, évidemment, n'a pas manqué d'advenir: certains adventices sont maintenant résistants et il faut traiter encore plus): de même, faudra-t-il vacciner et revacciner et revacciner encore - sans trève et sans fin? On sait quand ça commence (ça, pour savoir, on sait!), on sait pas quand et comment ça finit...

Je crois que c'est une Italienne de 108 ans qui détient le record de la vaccinée la plus âgée. C'est de la triche, elle avait déjà survécu au virus en 2020. Jeanne [Calment], reviens!

Tiens, une question: si jamais, finalement, les vaccins ne marchaient plus à cause de ces "variations saisonnières", est-ce que les laboratoires concernés (entreprises transnationales privées) rembourseraient les millions de doses commandées par nos Etats nationaux (fonds publics)? Ou bien est-ce que des milliards d'euros ou de dollars passeraient par profits et pertes?

08/01/2021: ça y est, les 67 000 morts en France (un pour mille de la population) sont atteints et même dépassés. Maintenant, en route pour les 2 pour mille. Même les Belges fritophages n'en sont pas encore arrivés là, une fois. Ni les Américains, alors que leur proportion d'obèses diabétiques au sein de la population, tout comme le total en valeur absolue de personnes concernées chez eux, sont "en avance" sur les nôtres d'une ou deux décennies, comme chacun sait. Depuis, on doit en être à un virgule un pour mille, plus trop loin des un virgule deux...

Restons dans l'anticipation: pour notre quatrième confinement, vous prévoyez quelles dates?

11/01/2021 - Efficacité de la parole castexienne? Il suffit qu'il n'ait plus exclu l'éventualité d'un troisième confinement pour que toute la presse commence à spéculer sur sa durée et son intensité...

14/01/2021: pas encore la moitié du mois, on n'est même pas sortis de la période de voeux, et cette année 2021 se confirme déjà comme devant être une année de M...: couvre-feu à 18h étendu à tout le territoire "pour au moins 15 jours"! Nous y sommes toujours.

Annonces du gouvernement, qui doit certainement tout soupeser dans de fines balances: comment faire ceci sans que ça ait pour effet cela, et surtout en quels termes l'annoncer? Un vrai casse-tête... dans le texte!

30/01/2021: ai vu en replay Castex causer dans le poste pendant 5 minutes vendredi 29 janvier (devant une porte fermée, à l'Elysée): "nous pouvons encore léviter"... Message subliminal? C'est sûr que s'il avait annoncé un nouveau confinement, les chances de Macron, candidat en 2022, auraient diminué d'un cran... (déjà que l'indice de popularité se casse la figure). On peut ainsi formuler la devinette: pourquoi Macron ne voulait-il pas d'un troisième confinement en janvier 2021? Parce qu'il veut un second mandat en mai 2022! Ah, vous, vous n'y aviez pas pensé?
Chiffres communiqués dans cette même annonce: 27 000 malades dont 3000 personnes en réanimation. Ça, ce sont des chiffres pour une photographie valable. Parce quand on nous égrène juste le cumul des malades depuis 15 mois ainsi que le total des morts... par définition, on parle surtout de personnes qui, pour la plupart, ne sont sans doute plus, aujourd'hui, contaminantes.

06/01/2021: un sondage BFMTV annonce 38% des français prêts à se faire vacciner. Et le graphique? La courbe? Aussi intéressant que les "intentions de vote", pourtant, non? Votent avec leurs pieds...

Le taux de personnes favorables ou défavorables à se faire vacciner joue au yoyo! 14 % de variation en quelques jours, dans un sens ou dans l'autre. Je ne comprends pas ces Français girouettes selon les sondages, qui voulaient se faire vacciner en janvier après ne pas avoir voulu fin 2020 (... selon les sondages!). Mais qui diantre sont-ils? Les résidents en EHPAD (quel quota parmi les 1000 sondés?), peut-être? D'un autre côté, ne dit-on pas que seuls les cons ne changent jamais d'avis?

Je suis prêt à vous parier ma dose de vaccin que, avant même la fin de l'année 2021, le discours officiel aura évolué, et que non seulement on nous dira que la vaccination est "opt-out" (c'est-à-dire qu'il faudra demander expressément à ne pas se faire vacciner), mais encore qu'on nous expliquera benoîtement qu'il faudra désormais se faire vacciner une fois par an (comme pour la grippe). Je peux me tromper, remarquez...

Pour ma part, je continuerai à la jouer profil bas et résistance passive sans rien demander à personne: ce ne serait pas mon genre que de réclamer à corps et à cri une piqure de vaccin en sachant pertinemment qu'il n'y en a pas pour moi, hein...

Gérard Larcher a déjà été testé 46 fois depuis le début de la pandémie selon le JDD du 31/01/2021. Qu'on ne vienne pas me dire que ce personnage n'a pas d'ambitions...
J'extrais une phrase d'une citation de Macron, dans le même JDD, expliquant son choix de ne pas confiner cette semaine, qui m'a fait sourire: "Quand on est français, on a tout en main pour s'en sortir à condition de tout oser". C'est beau comme de l'Audiard.

La Chine a exporté plus de 200 milliards de masque jetables en 2020. Plus d'1,5 milliards de ces masques de 2020 pourraient se retrouver déjà au fond de l'océan (selon une ONG environnementale basée à Hong-Kong). Des chiffres qui tuent? Surtout la faune marine.
Pour ma part, je ne crois pas en avoir encore jeté beaucoup. J'ai pu en perdre un ou deux (tombés de ma poche)...

Selon des chercheurs allemands, nos pauvres petits spermatozoïdes seraient altérés si on a gravement été touché par la Covid-19? Encore UNE maladie castratrice...

TRES mauvaise nouvelle pour la démocratie: non seulement les prochaines élections prévues (départementales et régionales) seront sans doute reportées, mais encore la France continuera à tourner, et surtout tout le monde se fichera qu'elles aient (eu) lieu ou non... à part les candidats potentiels directement concernés. Ou alors, lancer une demande de referendum sur la date des élections (organisation des pouvoirs publics)? Coût: quelque 150 millions d'euros... La France n'en est plus à ça près.

Nouvelle sensationnelle: c'est à cause d'un virus que les mammifères ont cessé de pondre (placenta à la place d'une coquille - j'abrège). Et bientôt, ce sera à cause de Coco que les humains auront perdu leur cerveau (remplacé par des puces - j'exagère)? Dans le 1er cas, ça s'était passé il y a 150 millions d'années... 

jeudi 21 janvier 2021: Véran (en direct?), annonce que la France se fixe l'objectif de vacciner l'ensemble de la population d'ici fin août (70 millions?). Ouais... Est-ce qu'il a précisé de quelle année? (demain on vaccine gratis, comme dirait l'autre). Ou alors, peut-être seulement la partie de la population qui aura donné son consentement éclairé pour être vacciné? Le démenti est venu très vite: l'objectif est (tout de même) d'avoir vacciné quinze millions de Français. Tout va bien, ça ne fait pas trop mal, les bretelles qui remontent?

== Ce billet n'était pas encore "bouclé" le 31 janvier 2021 au soir... Du coup, il ne suit pas une chronologie très rigoureuse! C'est pas trop dérangeant j'espère? Mais c'est pas comme s'il devait être le dernier de la série, hein! on fera mieux le mois prochain... ==

30 janvier 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (7)

  P1120184

Lors d'une émission Le Masque et la Plume où les critiques donnent leur opinion, une semaine sur deux, sur des films plus ou moins récents, il a été question des deux versions de Elle et Lui (Love Affair en VO) de Leo McCarey. Je me suis empressée de me procurer les deux versions. La plus récente (avec Cary Grant et Deborah Kerr) date de 1957 (An Affair to Remember en VO). C'est la version la plus connue. Je préfère pour le moment évoquer la version de 1939 en noir et blanc avec Irene Dunne et Charles Boyer. Avec mon ami, on eu la larme à l'oeil à la fin. En préambule, je dirai que la copie disponible en DVD est magnifique. C'est grâce au MoMa (Museum of Modern Art) de New York, qui possédait une vieille copie du film en 35 mm, qu'une restauration a pu se faire, assez récemment. Je ne me rappelais plus bien l'histoire. Terry McKay (Irene Dunne) et Michel Mornayn (Charles Boyer, avec un accent irrésistible), tous les deux fiancés chacun de leur côté, se rencontrent sur un paquebot naviguant vers New-York. Terry est chanteuse et Michel artiste-peintre pas très riche. Ils tombent amoureux et se donnent rendez-vous dans six mois en haut de l'Empire State Building à Manhattan. Six mois plus tard, Michel qui a annulé ses fiançailles, est au rendez-vous, Terry, qui est prête à se marier avec Michel, n'y sera pas... J'ai découvert qu'Irene Dunne avait une très belle voix et j'ai trouvé que Charles Boyer était touchant. Il ne faut pas oublier un troisième personnage qui apparaît dix minutes dans le film, la grand-mère de Michel qui vit à Madère. Elle est en possession d'un beau châle que l'on retrouvera à la fin du film. Un très beau mélo pas mièvre que je vous recommande vivement. 

27 janvier 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (6)

 P1120179 

Avec Robert Mitchum, Paul Newman a été mon grand béguin de cinéma dès mon adolescence. Dans Luke la main froide (Cool Hand Luke en VO) de Stuart Rosenberg (1967) que je n'avais pas vu depuis très longtemps, Paul Newman interprète Luke Jackson, un homme condamné à deux ans de travaux forcés pour avoir vandalisé des parcmètres. A priori, l'histoire se passe dans les années 50. Luke ne quitte jamais son petit sourire en coin. Il est rebelle à l'autorité, il ne supporte pas d'être en prison. Il n'a de cesse de s'évader pour mieux être rattrapé. Comme punition, il va connaître le cachot et ensuite, il va être enchainé à d'autres prisonniers qui se mettent à l'admirer pour sa tenacité. Il devient un héros sauf aux yeux de sa mère qui vient le voir. La scène entre le fils et la mère, qui décède peu de temps après, est un moment fort du film, tout comme le pari de Luke d'avaler 50* oeufs durs en une heure. Face à Luke et aux autres prisonniers, il y a le directeur du camp et ses adjoints qui sont particulièrement retors et sadiques. A un moment donné, le directeur parle d'échec dans sa communication avec Luke quand celui-ci s'évade pour la énième fois. Bien entendu, l'histoire se termine mal pour Luke. Mais pendant la durée du film, on aura passé un bon moment. Paul Newman est magnifique avec ses beaux yeux bleus. 

*Et non 70, comme Laurent et Ronnie me l'ont fait justement remarquer.

Le blog de Dasola
  • CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur films, livres et spectacles. [Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine" (269 commentaires, du 17/01/07 au 15/07/26)].
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Newsletter
80 abonnés
Liens (en cours de mise à jour)

A²** INDEX AUTEURS (LITTÉRATURE), FILMS & REALISATEURS (CINÉMA) **

*** CHALLENGES DE L'ANNEE EN COURS ***


** LE SITE DU STATISTICIEN **


*** LIENS ***
(BLOGUEURS COMMENTANT SOUVENT LE MIEN)

  • = Onze blogueuses et blogueurs ayant fait au moins 500 commentaires chez dasola se présentent =
  • On crée un lien lorsqu'un blogueur a commenté au moins cinq billets en venant à (au moins) deux dates différentes sur ce blog. 
  • Une adresse de mail (xxx@yyy.fr ou com...) [non publiée!] est exigée par Canalblog pour enregistrer votre commentaire. 
  • Vous ne voyez pas tout de suite apparaître votre commentaire, car il doit d'abord être validé (cela peut prendre quelques heures)
 
CINÉMA (23 blogs en activité)

DIVERS - CULTURE (54 blogs en activité)

LIVRES (63 blogs en activité)

QUELQUE TRISTESSE

QUELQUES BLOGS DÉSORMAIS EN PAUSE (À MON GRAND REGRET)

QUELQUES INFIDÈLES (NE ME RENDENT PLUS MES COMMENTAIRES...)

QUELQUES INTROUVABLES (BLOGS SUPPRIMÉS OU DISPARUS?)

SANS BLOG (COMMENTATEURS SUR LE MIEN)

STATISTIQUES, INFORMATIONS, RECORDS (DEPUIS LA CRÉATION DU BLOG)

  • * Blog créé le 09/01/2007, transféré sur Canalblog en juin 2007, migré à l'insu de son plein gré sur l'outil Overblog en février 2024 *
  • 3138 billets (au 28/07/26) dont tous ont eu au moins un commentaire
  • 37 661 commentaires (au 27/07/26 [+ 2 [anciennement 203] "égarés" lors de la migration"]) [dont 272 dasola] par au moins 1303 personnes, dont 93 (re)venues en 2026
  • 425 blogueurs [dont 137 actifs en 2026] m'ont fait au moins 5 et jusqu'à 1336 (au 13/07/2026) commentaires (voir ci-dessus)
  • Abonnés (être prévenu à chaque nouveau billet publié sur le blog): 80 au 21/07/26 (via "Newsletter" ci-dessus)
  • Billet commenté par le plus de personnes: 77 commentaires par autant de commentateurs/trices (billet du 09/01/2014)
  • Billet comptant le plus de commentaires: 123, par 46 commentateurs/trices différent(e)s (billet du 10/06/2023)
  • Record de commentaires en 1 an de date à date par 1 même blogueur-euse: 160 par Manou (du 01/08/23 au 31/07/24)
  • Record de commentaires en un mois: 355 en janvier 2014
  • Record de commentaires en une année civile (même blogueur-euse): 162 par Manou en 2024
  • Record de commentaires en une journée: 44 le 09/04/2009
  • Records de nouveaux commentateurs en un mois: 24 (dont 22 blogueurs) en mai 2008 et mars 2009
Pages