Le blog de Dasola

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24 décembre 2013

Capitaine Phillips - Paul Greengrass

Sorti depuis quelques semaines, Capitaine Phillips du réalisateur anglais Paul Greengrass (La mémoire dans la peau) vaut vraiment la peine d'être vu, même si vous avez déjà apprécié (comme moi) Highjacking. Les deux films traitent du même sujet (le piratage d'un bateau), et, de ce fait, ils se complètent bien, car le traitement du sujet est assez différent. Au large de la Somalie, un bateau de ravitaillement américain est piraté par quatre hommes, des Somaliens qui n'ont pas grand-chose à perdre. C'est très bien mené et filmé. Après un préambule qui nous présente les principaux protagonistes, on entre vite dans le vif du sujet: la course-poursuite avec, d'un côté, quatre pirates sur un petit bateau à moteur puissant, et de l'autre un immense bateau container qui paraît monstrueux et inattaquable (les membres d'équipages sont nombreux, 30 ou 40). Je vous laisse découvrir la prise d'assaut spectaculaire des quatre Somaliens armés de leurs mitraillettes. Après plusieurs péripéties, l'action se resserre sur le capitaine Philips (Tom Hanks assez remarquable) pris en otage par les quatre hommes. Les spectateurs sont tenus en haleine jusqu'au bout. C'est palpitant. Il paraît que c'est tiré d'une histoire vraie. S'il se donne par chez vous, allez le voir.

Sinon, je vous souhaite un très bon réveillon ce soir, seul ou accompagné - et surtout pas trop d'excès.

21 décembre 2013

Bilan lecture 2013

Avant de faire mon bilan ciné annuel, je vous propose mon palmarès lecture 2013.

J'ai lu environ 80 livres (BD comprises) dont 38 romans policiers (je ne les ai pas tous chroniqués).

J'ai retenu 10 titres: cela semble peu, mais, en définitive, j'ai eu très peu de coups de coeur. Voici ma liste par ordre décroissant:

Confiteor de Jaume Cabré : 770 pages d'un grand plaisir de lecture.

Dans l'ombre de la lumière de Claude Pujade-Renaud : superbement écrit.

Hilarion de Christophe Estrada : un roman policier historique de très bonne tenue, j'espère que l'écrivain ne s'arrêtera pas là.

2666 de Roberto Bolano : pour le premier segment qui fait 150 pages.

Etranges rivages d'Arnaldur Indridason : le plaisir de retrouver Erlendur faire une enquête dans le passé.

Tokyo Zodiac murders de Soji Shimada : un roman policier dans lequel l'écrivain demande au lecteur de résoudre plusieurs devinettes.

Le trésor de la baie des orques de Kenneth Cook : exotique en diable.

Les fiancées d'Odessa de Janet Skeslien Charles : pour l'histoire.

Wallflower de William Bayer : si vous ne connaissez pas William Bayer, essayez avec ce roman.

L'analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson : ce deuxième roman de l'écrivain est presque aussi trépidant que le premier.

Sinon au moins 150 romans m'attendent dans ma PAL, mes piles se multiplient mais je reste zen car j'aime avoir des livres autour de moi. Et vous?

18 décembre 2013

Là-haut, tout est calme - Gerbrand Bakker

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Voici un roman aussi reposant que son titre français, Là-haut, tout est calme de Gerbrand Bakker (Editions Folio, 370 pages), le premier roman de l'écrivain qui depuis a publié Le détour (chroniqué par eeguab). Helmer, la cinquantaine, le narrateur de l'histoire, nous raconte sa vie quotidienne avec son père grabataire et tyrannique dans la ferme familiale où il prend soin de brebis, de vaches et de poules. Helmer narre aussi son passé. Il a perdu son jumeau Henk dans un accident de voiture trente-cinq ans auparavant. Helmer et Henk étaient indissociables et inséparables jusqu'à ce qu'Henk rencontre à 18 ans Riet, une jeune femme très jolie. A partir de ce moment-là, tout a changé et Helmer est resté seul. C'est Henk qui aurait dû reprendre les rênes de la ferme familiale, mais Riet et le destin en ont décidé autrement. Depuis lors, Helmer qui avait commencé des études universitaires mène une vie assez recluse dans la ferme égayée seulement par la présence des fils des voisins qui l'aident pour les animaux. Quand le roman commence, Helmer vient d'installer son vieux père au premier étage de la ferme et il en profite pour faire du nettoyage et de la décoration. Helmer ne s'est jamais marié et ne s'est jamais vraiment remis de la mort de son jumeau. Puis arrive un invité inattendu que je vous laisse découvrir. J'ai trouvé ce roman reposant et très agréable à lire parce que la narration est assez neutre mais précise. Le roman est écrit au présent et on ne s'ennuie pas une minute. Je vous le conseille tout comme Aifelle qui en parle très bien ainsi que Dominique. Keisha est plus mitigée.

15 décembre 2013

Le démantèlement - Sébastien Pilote

je vous conseille de ne pas louper Le démantèlement, film québécois de Sébastien Pilote, s'il passe par chez vous. Gabriel (Gaby) Bouchard, un "niaiseux" de 63 ans - comme le surnome un voisin -, vit de l'élevage d'agneaux et brebis depuis 40 ans. Il est le seul des trois frères Bouchard à s'être occupé du très conséquent domaine. En effet, en plus de la bergerie, il possède beaucoup de terrain, une grande remise et une très belle maison, dans laquelle il vit seul, séparé de sa femme depuis plus de vingt ans. Père de deux filles, il ne les voit que très rarement: l'une, Marie, est mère de famille, et l'autre, Frédérique, est actrice de théâtre et se produit à Montréal. Et Gaby prouve qu'il aime ses filles en prenant une décision radicale: vendre tout afin que sa fille Marie (qui lui annonce qu'elle se sépare de son mari) puisse rembourser ses dettes. Gaby va démanteler son domaine en vendant tout aux enchères. Avant d'en arriver là, il recherche un appartement, essaie de renouer avec sa femme, tient tête à ses deux frères, essaie de se débarrasser de son chien (moi j'en avais le coeur serré). Gaby est un brave homme qui veut que ses filles soient heureuses, c'est tout ce qui compte. Je suis sortie assez remuée par ce film d'autant plus que Gabriel Arcand (le frère du réalisateur Denys Arcand), qui interprète Gaby et qui a l'âge du rôle, est vraiment très bien. Il joue avec une grande sobriété. Donc, je le redis, je vous conseille ce film.

12 décembre 2013

The lunchbox - Ritesh Batra

Voilà The Lunchbox, un film que je vous conseille absolument, et quand vous sortirez de la projection, vous n'aurez qu'une envie: aller dans un bon restaurant indien, car vous aurez faim après avoir aperçu les plats odorants que prépare Ila. Ila est une jeune femme indienne qui vit à Bombay. Comme des milliers d'autres, elle prépare un casse-croûte à l'indienne à son mari dans une lunchbox (littéralement une boîte à déjeuner). Elle décide de se surpasser pour reconquérir son mari qui semble aller voir ailleurs. Elle compose des mets odorants et goûteux qu'elle répartit dans des boîtes métalliques cylindriques empilées formant un ensemble. A Bombay, plusieurs milliers de ces lunchbox sont acheminées par plus de 5000 livreurs qui en principe ne se trompent jamais de destinataire. Une chance sur un million qu'il y ait eu une erreur (selon une étude de l'université d'Harvard qui s'est penchée sur le sujet). Et bien, justement, la lunchbox d'Ila est livrée accidentellement à un homme, dans la cinquantaine, à un mois de la retraite. Solitaire et pas très sociable, Saajan Fernandes apprécie ce repas. L'après-midi, les mêmes livreurs retournent les boîtes vides chez les expéditeurs. Le soir, en voyant la réaction de son mari, Ila se rend immédiatement compte qu'une erreur de livraison s'est produite. Elle glisse dans la lunchbox du lendemain un mot au destinataire inconnu. Une correspondance s'ensuit. C'est un film qui fait du bien. Saajan, veuf depuis plusieurs années, recommence à s'ouvrir aux autres, à se sociabiliser. Ila, elle, va réussir à s'émanciper de son mari: on la voit vivre plus ou moins cloîtrée à la maison, conversant avec sa voisine (que l'on ne voit jamais). Je vous laisse découvrir toute la finesse de cette histoire. C'est frais et rafraîchissant. J'espère que ce premier film de Ritesh Batra va sortir partout en France. Lire les billets d'Alex et Chris.

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9 décembre 2013

Casse-tête chinois - Cédric Klapisch

J'ai vu Casse-tête chinois de Cédric Klapisch, dernier volet de la trilogie commencée avec L'auberge espagnole et Les poupées russes. C'est le deuxième film que j'ai vu dans un nouveau cinéma du XIXème que ne semble pas avoir apprécié Wilyrah. Dans Casse-tête chinois, on retrouve Xavier, Wendy, Isabelle et Martine qui approchent tous les quatre de la quarantaine. Xavier écrit un roman. Papa d'un garçon et d'une fille, il vient de se séparer de Wendy qui part à New-York avec leurs deux enfants. Ne voulant pas vivre loin de sa progéniture, Xavier part s'installer à son tour dans la "Grande Pomme" et squatte un temps chez Isabelle qui vit avec Ju, une charmante eurasienne (mais cela n'empêche pas Isabelle d'aller voir ailleurs). Quant à Martine, divorcée et aussi mère de deux enfants, elle arrive à New-York pour des vacances et pour rencontrer des Chinois (je vous laisse découvrir pourquoi). Comme les deux autres films, Casse-tête chinois est un film sympathique avec une séquence calquée sur l'une de celles de l'Auberge espagnole. Kelly Reilly qui a le rôle le plus ingrat de cette histoire est toujours aussi jolie et Romain Duris est égal à lui-même. J'avoue avoir quand même préféré Les Poupées russes qui est pour moi le meilleur des trois (il y avait un vrai scénario). Et pourtant j'ai apprécié New-York vu sous l'oeil de Klapisch - j'ai  bien reconnu la ville avec des quartiers ou des lieux comme Columbus Circle et Chinatown (d'où le titre "Casse-tête chinois"). Lire les billets d'Aifelle, Alain, Chris et celui très négatif de Wilyrah.

6 décembre 2013

Hunger Games (L'embrasement) - Francis Lawrence

Voilà un des deux films vus à 2 jours d'intervalle dans un nouveau cinéma qui vient d'ouvrir en octobre 2013. Il est situé au nord de Paris dans le XIXème arrondissement. Il est équipé de grandes salles avec de grands écrans: des conditions assez idéales pour bien profiter des films.

Hunger Games (L'embrasement) est la suite de Hunger games (c'est préférable d'avoir vu cette première partie pour mieux comprendre la seconde): Katniss Everdeen (la gagnante des 74èmes Hunger games) est revenue dans sa famille dans le 12ème district et elle chasse à l'arc. En compagnie de Peeta Mellark (l'autre gagnant), elle est chargée de faire le "tour des vainqueurs" en allant dans chaque district pour prononcer un discours apaisant et bien rôdé afin d'éviter toute révolte (les gens n'ont pas oublié les victimes des 74èmes Hunger games). Mais le président Snow se méfie de Katniss, et, ne la trouvant pas assez convaincante, il décide de l'éliminer en organisant les 75èmes jeux: des anciens vainqueurs, dont elle et Peeta, vont devoir de nouveau s'affronter dans un combat à mort, sauf que cette fois-ci des alliances se forment et la révolte gronde. Comme pour le premier, j'ai trouvé l'histoire assez captivante (avec quelques moments assez violents voir effrayants comme la séquence des singes, la gueule ouverte avec des dents pointues) et sans temps mort. On revoit les mêmes acteurs (Donald Sutherland, Stanley Tucci, Woody Harrelson et Jennifer Lawrence) avec quelques nouveaux venus (Philip Seymour Hoffman, Jeffrey Wright et Amanda Plummer). Suzanne Collins (l'auteur des romans), qui a participé à l'adaptation, sait ménager le suspense. Preuve en est que quand le film se termine, on attend la suite avec impatience. Cela va se concrétiser par Hunger games: la révolte qui sera divisé en deux films, l'un sortira en 2014 et le dernier en 2015 [chroniqué le 10/12/2015].

3 décembre 2013

Confiteor - Jaume Cabré

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J'ai voulu lire Confiteor (Actes Sud, 771 pages) de l'écrivain catalan Jaume Cabré, car j'ai été attirée par la couverture: un petit garçon de dos qui essaye de prendre un livre dans une immense bibliothèque. Adrià Ardevol est le narrateur et personnage principal de ce roman complexe et virtuose tant du point de vue narratif et que stylistique. Je voudrais donner quelques impressions sur ma lecture en commençant par décrire le style narratif avec le passage entre le "je" et le "il" et le "il" et le "je" dans une même phrase sans que le lecteur ne se perde. On remarque aussi la façon qu'a Cabré de jongler, dans un même paragraphe, d'une époque à l'autre et d'un personnage à l'autre. Car le roman est ample et brasse plus de 600 ans d'histoire de l'Europe: de l'Inquisition au XVIIIème siècle, du début du XXème siècle à nos jours, en passant par le nazisme et le franquisme. Ce roman est une longue lettre confession ("confiteor" en latin) d'Adrià Ardevol, né en 1946 à Barcelone. Il écrit cette confession à Sara, la femme de sa vie, avant qu'il ne soit trop tard. Le roman commence par cette phrase "... j'ai compris que naître dans cette famille avait été une erreur impardonnable". Les parents d'Adrià ont des rêves pour leur fils, ils voudraient qu'il devienne polyglotte et violoniste virtuose en même temps. Et en effet, le fil conducteur principal de cette histoire est un violon, un Storioni fabriqué en 1764 et appelé le Vial (du nom de son premier propriétaire). On apprend au fil du récit comment le Vial est arrivé dans la famille d'Adrià: c'est son père Félix qui a réussi à se le procurer. Adrià a été élevé par un père dur et exigeant et une mère qui ne l'aimait pas vraiment. Confiteor traite du mal sous toutes ses formes, mais aussi d'amour (Adrià et Sara), d'amitié (Adrià et Bernat Plensa, un camarade d'enfance), de jalousie et de trahison. Le roman parle aussi de peinture (Sara est peintre), de littérature et de livres, car Adrià devenu polyglotte (il apprendra une dizaine de langues dont l'araméen) va écrire et enseigner sur l'histoire des idées. Il va aussi acquérir des manuscrits. Je n'en dirai pas plus, mais je vous recommande absolument ce roman vertigineux qui se lit très bien malgré sa longueur. J'ai été vraiment transportée. Je terminerai ce billet en pensant aux petites figurines, Aigle-noir (un indien Arapaho) et le shérif Carson, à qui Adrià se confie jusqu'à l'âge adulte. Lire les très bons billets de Richard, Malika, Cuné (merci Aifelle), Mélopée et Cachou. J'ajouterai que ce roman de la rentrée littéraire 2013 a été encensé par la critique et surtout par toutes les librairies que je fréquente.

30 novembre 2013

Les garçons et Guillaume, à table! - Guillaume Gallienne

J'avais plutôt un a-priori négatif sur ce film, mais faute de mieux à me mettre devant les yeux et après la lecture du billet d'Aifelle, je me suis décidée à aller le voir. J'avoue être restée perplexe devant Les Garçons et Guillaume, à table! de Guillaume Gallienne. Plutôt qu'une histoire, il s'agit d'une suite de saynètes où Guillaume et sa maman sont les protagonistes principaux: Guillaume au Maroc, en internat en Angleterre, en Espagne (il apprend à danser), singeant Sissi (l'impératrice), en cure en Allemagne, chez les psys (il en voit plusieurs), au conseil de révision pour partir au service militaire, dans un bar gay, etc. Je reconnais avoir eu deux fous rires irrépressibles qui m'ont prise par surprise, mais sinon, je me suis demandé pourquoi le film fait autant parler de lui, car pour moi il s'agit d'assister à la psychanalyse d'un homme qui a obéi à sa maman en acceptant de se comporter comme une fille. Guillaume nous fait profiter de cet état de fait (nous, spectateurs). J'ai trouvé dommage que l'on ne voit pas plus la mère ("Maman") qui est un personnage haut en couleur. Les scènes où elle apparaît m'ont paru les plus drôles, et c'est Guillaume Gallienne qui l'interprète. C'est donc un film en hommage aux mères en général et à la maman de Guillaume en particulier, mais cela ne va pas plus loin. Par ailleurs, je n'avais pas vu le spectacle éponyme, mais j'apprécie l'émission de Guillaume Gallienne le samedi en fin d'après-midi à la radio sur France Inter (quand je pense à l'écouter).

27 novembre 2013

L'analphabète qui savait compter - Jonas Jonasson

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Après Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, voici le nouveau roman trépidant de Jonas Jonasson, L'Analphabète qui savait compter (475 pages, Editions Presses de la Cité). L'histoire commence dans le ghetto de Soweto en Afrique du Sud, en plein Apartheid, dans les années 60. On  fait la connaissance de Nombeko Mayeki, une jeune Noire de 5 ans, orpheline de très bonne heure, qui commence sa vie en vidant les latrines. C'est une gamine qui ne sait pas lire mais qui est surdouée pour les chiffres. Je vous passe les quelques péripéties qui l'amènent à devenir détentrice de plusieurs diamants et à apprendre à lire. A quinze ans, en 1976, suite à un accident de voiture dont elle est victime, elle se retrouve condamnée pendant sept ans à devenir domestique chez le chauffard, un ingénieur afrikaaneer, alcoolique et incompétent dans son domaine. Pourtant, ce dernier est chargé de transformer l'Afrique du Sud en puissance nucléaire. Pendant ces 7 ans, assoifée de connaissance, Nombeki va acquérier une grande culture scientifique. A plus de 9000 km de là, dans la région de Stockholm deux jumeaux, Holger et Holger - l'un n'ayant pas été déclaré à l'état-civil - mènent une enfance pas banale, l'un étant doué pour les études, l'autre pas, entre une mère aimante et un père vouant une haine irraisonnée à la royauté en place. Je vous laisse bien entendu découvrir les circonstances qui provoqueront la rencontre improbable entre les jumeaux et Nombeko, elle-même poursuivie par les services secrets israéliens (elle voyage avec une bombe atomique non déclarée). L'histoire est totalement délirante et invraisemblable, mais sous la plume de Jonasson cela devient presque naturel. Il a un sens du rythme et de la narration incroyable. Et il ne perd jamais le lecteur. Je vous recommande ce roman déjanté.

24 novembre 2013

La Vénus à la fourrure - Roman Polanski

Voici La Vénus à la fourrure, un film très distrayant - c'est souvent drôle - qui respecte les unités de temps, de lieu et d'action. Toute l'histoire, qui est l'adaptation d'une pièce anglo-saxonne de David Ives, se déroule dans un théâtre à l'italienne. Thomas, un metteur en scène, est sur le point de quitter le lieu après une journée d'audition. Il est désespéré de ne pas trouver une actrice digne de ce nom pour jouer le rôle principal de l'adaptation théâtrale du roman de Léopold von Sacher-Masoch: La Vénus à la fourrure. C'est à ce moment-là que déboule Vanda, un chewing-gum dans la bouche, assez vulgaire dans sa façon de parler. Thomas se laisse peu à peu prendre par l'aplomb, le naturel et la faconde de Vanda qui sous ses airs trompeurs connait très bien le texte de la pièce dont on nous donne des bribes. Bien entendu, les échanges entre Thomas et Vanda vont évoluer vers des rapports de maîtresse/esclave. Mathieu Amalric dans le rôle de Thomas joue très bien sa partie, mais c'est Emmanuelle Seigner qui m'a totalement convaincue avec sa gouaille dans le rôle de Vanda. Son final dansé, vêtue seulement d'une étole de fourrure, est superbe. Il semble que La Vénus à la fourrure de Roman Polanski soit un échec public depuis sa sortie en France, et je trouve cette information bien regrettable car j'ai trouvé ce film nettement meilleur que Carnage du même réalisateur. En préambule, on voit la façade du théâtre Hébertot à Paris (pour ceux qui connnaissent), et il m'a semblé, en revanche, que l'on voit la façade du théâtre de l'Atelier (toujours à Paris) quand le film s'achève.

21 novembre 2013

Inside Llewyn Davis - Ethan et Joël Coen

Inside Llewyn Davis d'Ethan et Joël Coen, c'est avant tout de la musique folk et deux chats roux fugueurs. Comme un mouvement perpétuel, le film commence et se termine de la même façon, on suit quelques jours dans la vie de Llewyn Davis, qui squatte chez les uns les autres à New-York pendant l'hiver 1961. Llewyn est un homme seul qui a du mal à percer en tant que chanteur guitariste. Il se produit seul ou accompagné dans quelques lieux de concert. Sur un laps de temps relativement court (ces quelques jours), Llewyn va vivre une rupture amoureuse, une audition (ratée) à Chicago, une dispute entre amis suivi d'une réconciliation, et se mettre à la poursuite d'un chat roux. Dans Inside Llewyn Davis, en dehors de la photo qui est très belle (New-York en hiver est superbe), on entend des chansons qui m'ont plu. Je me suis d'ailleurs acheté la bande originale du film, cela fait longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Ce film d'atmosphère est plaisant. Il y a un côté nostalgique un peu triste. Je recommande d'autant plus que l'acteur principal, Oscar Isaac, est vraiment bien. Un très beau rôle. Enfin, je signale un billet d'Eeguab très intéressant sur le livre qui a inspiré les réalisateurs.

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18 novembre 2013

Blanche-Neige doit mourir - Nele Neuhaus / L'obscure mémoire des armes - Ramon Diaz-Eterovic

Voici deux romans que je vous recommande vivement.

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D'abord Blanche-Neige doit mourir (Collection Actes Noir - Actes Sud, 390 pages) de Nele Neuhaus (Flétrissure), dans lequel on retrouve l'inspectrice Pia Kirchhoff et le commissaire Oliver von Bodenstein, qui officient dans une petite ville près de Francfort en Allemagne. Ils sont appelés pour enquêter suite à la découverte d'un squelette féminin dans une cuve de carburant d'un aéroport désaffecté. Simultanément, Tobias Sartorius, 30 ans, vient de sortir de prison après dix ans de détention pour avoir été reconnu coupable du meurtre de deux jeunes filles dont on n'a jamais retrouvé les corps. Je pense que vous allez deviner le rapport entre le squelette et Tobias, mais ce n'est que le début d'une enquête pleine de rebondissements qui se passe dans un village où tous les habitants en ont lourd sur la conscience. Il y a une sorte d'omerta sur ce qui s'est passé 11 ans auparavant. Trois familles dont celle de Tobias ont été anéanties. On devine en partie qui sont les "méchants" de l'histoire bien avant la fin jusqu'au coup de théâtre final. J'ai trouvé le récit haletant.

 

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Avec L'obscure mémoire des armes (Métailié noir, 280 pages) de Ramon Diaz-Eterovic (La couleur de la peau), nous voici de retour au Chili à Santiago en compagnie d'Heredia et de son chat Simenon. Quand le roman commence, Heredia s'ennuie, on fait très peu appel à lui. Il a juste de quoi payer quelques factures et nourrir son chat, jusqu'au moment où Griseta, l'amante d'Heredia, lui demande d'aider une amie: en effet, le frère de cette dernière a été abattu en sortant de son travail. L'enquête officielle a été bâclée et déclarée close. En acceptant cette affaire, Heredia se retrouve à remonter dans le temps à l'époque de la dictature de Pinochet et des tortionnaires qui ont sévi à cette époque... Ramon Diaz-Eterovic est un bon conteur. Il n'ennuie jamais le lecteur. On suit les déambulations d'Heredia dans Santiago avec intérêt. C'est un bonheur de lecture.

15 novembre 2013

Violette - Martin Provost

Après Séraphine (de Senlis), le réalisateur Martin Provost s'est attelé à l'évocation d'une partie de la vie de l'écrivain Violette Leduc (1907-1972) qui est relativement peu connue. Beaucoup de personnes ignorent son oeuvre (j'en fais partie). Le film commence sous l'Occupation. Violette, réfugiée à la campagne, vivote en faisant du marché noir, et elle commence à écrire sur des cahiers d'écolier, sous l'impulsion de Maurice Sachs qu'elle aime d'un amour impossible (il est homosexuel). Violette souffre d'avoir été une bâtarde, elle se plaint sans cesse de ne compter pour personne, d'être seule. Le film est composé en 7 chapitres se référant à des personnes qui ont cotoyé Violette. Les deux personnes essentielles dans la vie de Violette furent sa mère, Berthe Leduc, et Simone de Beauvoir dont elle fut réellement amoureuse. Simone de Beauvoir l'a soutenue et financièrement et en lui prodiguant des conseils d'écriture pendant presque 20 ans. Pour être honnête, j'ai trouvé le personnage de Simone de Beauvoir plus intéressant que celui de Violette Leduc. Je comprends que l'une soit devenue célèbre et l'autre non. Concernant le film proprement dit, le réalisateur qui est aussi co-scénariste a fait un travail honnête en montrant une Violette pleine de contradictions, et somme toute malheureuse. D'ailleurs, elle a fait un long séjour en hôpital psychiatrique dans les années 50. Pour ma part, je pense qu'il est difficile de filmer une vie d'écrivain. On voit Violette écrire (un peu). Les titres de ses livres (ainsi que ceux de Simone de Beauvoir) sont mentionnés, mais à part ça, il n'y a pas beaucoup plus: c'est dommage mais c'est ainsi. Concernant les acteurs, Emmanuelle Devos m'a semblé un peu trop jolie pour jouer le rôle de Violette Leduc qui avait un visage ingrat. Sandrine Kiberlain, grande et osseuse, compose une Simone de Beauvoir convaincante. Catherine Hiégel qui joue la mère de Violette est très bien dans un rôle pas facile. Je conseille ce film pour ses nombreuses qualités, mais je ne suis pas encline à me plonger dans l'oeuvre de Violette Leduc, dont le roman (autobiographique) le plus célèbre reste La Bâtarde, paru en 1964 (il a frôlé le prix Goncourt).

12 novembre 2013

Heimat I (Chronique d'un rêve) et Heimat II (L'exode) - Edgar Reitz

Je conseille de voir ce diptyque, qui dure presque 4 heures, dans l'ordre, d'abord le I puis le II.

En 1842, à Schabbach, village de Rhénanie, une famille, les Simon, vit au rythme des saisons rudes et de la messe du dimanche (le protestantisme est très ancré dans la vie de ces gens). Les temps sont durs car cela fait plusieurs années que les récoltes sont mauvaises. Dès le début du film, on assiste au départ d’un convoi interminable de futurs émigrants pour le Nouveau Monde, loin de cette province miséreuse où les chevaux sont mal nourris. Jakob Simon, le fils cadet, le nez toujours dans un livre, est le seul qui sache lire dans cette famille de forgeron. Il a même appris des notions de langue des Indiens d’Amazonie. Il rêve de partir à son tour au loin avec Jettchen, une jeune voisine. Le père n’arrête pas d’être en colère contre Jakob qui n’aide pas à nourrir sa famille. Heureusement que le grand-père est là pour lui cacher les livres de Jakob, qui est aussi soutenu par la mère aimante toujours présente. Revenu du service militaire dans l’armée prussienne, le frère de Jakob séduit Jettchen lors d’une fête du village. D’autres événements vont survenir: des drames, des naissances, des deuils, ainsi que l’invention d’une machine à vapeur. L’histoire se termine en 1844 après le départ de Jettchen et du frère de Jakob décidés à émigrer à leur tour vers le Brésil, après que Jakob s'est affranchi brièvement de sa famille en descendant le Rhin sur un radeau avec de jeunes révolutionnaires. Ces films rappellent que l’Allemagne est un pays d’émigrants. Edgar Reitz a filmé dans un très beau noir et blanc avec des touches de couleur: un fer à cheval incandescent, un champ de bleuets, un drapeau rouge noir jaune, ainsi que d’autres éléments jaunes ou verts. J’avais vu en 1984, sur grand écran, le début de la «saga» Heimat, œuvre de presque toute une vie pour Edgard Reitz (il a aujourd’hui 80 ans). A ce jour, Heimat, c’est 51 heures de pellicule! Il faut donc rajouter les presque 4 heures que dure ces deux films. J’avoue avoir trouvé la première partie un peu lente. Je ne suis plus habituée à ce rythme de film qui prend son temps mais c’est très beau. Lire les billets de Leunamme et Matchingpoints.

Je profite de ce billet pour dire que j’ai vu les deux films à la suite dans un cinéma qui vient de renaître de ses cendres en 2013. Il se situe à Barbès Rochechouart, quartier populaire de Paris. Il s’agit du Louxor qui a connu ses années de gloire dans les années 30. La réhabilitation est superbe. Le cinéma comporte 3 salles dont une avec un balcon. Les sièges sont assez confortables et, plaisir suprême, à part un ou deux bandes-annonces, il n’y a pas de spot publicitaires avant le film. La programmation est d’excellente qualité. 

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9 novembre 2013

Puzzle - Franck Thilliez / Demain j'arrête! - Gilles Legardinier / Petits suicides entre amis - Arto Paasilinna

 Voici trois romans lus récemment.

Je commencerai par Puzzle (Editions Fleuve noir), le nouveau roman de Franck Thilliez. Il a même bénéficié de la pub dans le métro parisien, c'est dire. Je résumerais mon sentiment sur ce roman en deux onomatopées: mouai, bof. C'est le premier Franck Thilliez que je lisais. J'ai fait figure d'extra-terrestre face à tous les fans de cet écrivain (et ils semblent nombreux). En effet, à l'occasion d'une soirée privée (à Paris) organisée par une enseigne très connue, trente personnes -dont moi- ont rencontré Franck Thilliez, qui fêtait ses 40 ans le 17 octobre dernier. Franck Thilliez nous a expliqué parmi d'autres choses qu'avant de commencer un roman, il se documentait beaucoup sur les faits divers scientifiques ou autre. En l'occurrence, Puzzle tourne autour d'un jeu de rôle virtuel et réel, "Paranoïa", et de la découverte par des policiers d'un crime de masse dans un chalet en montagne. En effet, 8 personnes ont été assassinées avec un tournevis orange. Sinon, le roman qui traite de schizophrénie et de psychiatrie se passe en grande partie dans un hôpital psychiatrique désaffecté en pleine montagne. Là, un homme nommé Hadès est le maître d'un jeu (une sorte de chasse au trésor) qui doit rapporter 300 000 euros au gagnant. Parmi les 7 candidats, il y a Ilan Dedisset et Chloé Sanders. Je ne vous en dirai pas plus, sauf pour souligner que le roman m'a paru long (428 pages tout de même), que c'est moyennement bien écrit et qu'au bout du compte, l'intrigue est embrouillée: j'ai été un peu perdue dans les méandres de l'histoire. Peut-être est-ce volontaire de la part de l'auteur? J'ai récupéré deux autres romans de Franck Thilliez dans ma PAL: Atomka (l'avant-dernier paru), et un volume qui rassemble ses deux premiers romans, Train d'enfer pour Ange rouge et Deuils de miel où l'on fait connaissance des deux personnages récurrents qui apparaissent dans un roman sur deux: le commissaire Sharko et le lieutenant Sibersky.

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Maintenant, voici Demain j'arrête! de Gilles Legardinier (Editions Pocket, 400 pages), qui a été chroniqué sur de nombreux blogs. Ecrit par un homme, ce roman nous raconte l'histoire de Julie Tournelle, jeune employée de banque dans une ville de province qui va devenir employée dans une boulangerie par amour pour Ric Patratas (cela ne s'invente pas). Ce jeune homme mystérieux semble cacher un secret. Tout le monde est beau et gentil dans ce roman: les hommes sont tous débrouillards, de vrais gentlemen envers les dames. En revanche, Julie m'a paru un peu godiche par moment, mais elle a un coeur en or. J'ai trouvé ce roman gentillet, mais pas de quoi fouetter un chat avec un bonnet péruvien.

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Pour terminer, j'ai continué ma découverte d'Arto Paasilinna (lire mon billet) avec Petits suicides entre amis (Editions Folio, 290 pages), et je n'ai pas été déçue. Une trentaine de finlandais déprimés, mélancoliques, ruinés (je vous laisse les découvrir) se retrouvent dans un beau car Pullman, car ils ont décidé de se suicider tous ensemble en faisant le grand saut dans l'océan au cap nord en Norvège, mais rien ne se passe comme prévu. Des récalcitrants de dernière minute retardent le moment fatal de passer de vie à trépas. J'ai suivi avec intérêt le voyage de ces personnages qui, après la Norvège, vont aller en Suisse et de là jusqu'au sud du Portugal, après avoir échangé des coups avec des Allemands querelleurs. Sans dévoiler la fin, on peut deviner que tout va bien se terminer pour les suicidaires qui vont retrouver le goût de vivre. Un roman vraiment sympa.

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6 novembre 2013

Quai d'Orsay - Bertrand Tavernier

Aujourd'hui, 6 novembre 2013, sort l'excellente adaptation cinéma de Quai d'Orsay, cette BD en deux tomes dessinée et écrite par Christophe Blain et Abel Lanzac (pseudonyme du diplomate Antonin Baudry). Le deuxième tome a été primé au festival de la BD d'Angoulême en 2013. Le film que nous avons vu en avant-première (mon ami et moi) le 1er septembre dernier, nous a été présenté par le réalisateur, Bertrand Tavernier. Il a déclaré avoir adoré la BD, que l'adaptation a été facile et qu'il s'était bien "marré" pendant tout le tournage. Il a pu tourner au Quai d'Orsay, à l'ONU (même si cela n'a pas été de la tarte d'avoir les autorisations). Il est très content des acteurs qu'il a choisis, en particulier Thierry Lhermitte et Niels Arestrup. C'était la deuxième ou troisième fois que le film était présenté au grand public (il avait notamment été en compétition au festival du film francophone d'Angoulême, fin août 2013).
Si vous voulez voir une comédie intelligente et réussie, allez voir ce film jubilatoire avec des claquements de portes mémorables. Le scénario a été resserré autour des personnages du ministre des affaires étrangère Alexandre Taillard de Worms (Thierry Lhermitte, très crédible, est excellent), du directeur de cabinet Claude Maupas et de la nouvelle recrue chargé des langages, Arthur Wlaminck. Tavernier a fait quelques ajouts par rapport aux BD. Le plus gros du scénario est tiré du 1er tome. Alexandre est entouré de quelques conseillers qui constituent sa garde rapprochée, son "commando", dont Claude Maupas (Niels Arestrup, étonnant) qui reste "zen" en toutes circonstances. Le fil rouge de l'histoire est l'accouchement cahotique du discours que prononcera Alexandre Taillard de Worms dans la salle du Conseil de sécurité de l'ONU. Comme dans la BD, le film est ponctué de pensées d'Héraclite (philosophe grec du VIème siècle avant J.-C.) qui est un des maîtres à penser d'Alexandre. Je le répète, ce film est très distrayant. Je pense à la séquence des "stabilos jaunes" dont Alexandre ne peut pas se passer. Tavernier a très bien su représenter les entrées fracassantes d'Alexandre dans les pièces du Quai d'Orsay. D'ailleurs, si vous restez jusqu'au générique de fin, vous pourrez lire qu'aucune porte du Quai d'Orsay n'a été blessée durant le tournage. Très drôle, vous dis-je. Lire le billet de Lo.

PS: Mon ami Ta d loi du cine, fan de la BD, doit rédiger bientôt le plus rapidement possible un billet sur les deux tomes de Quai d'Orsay...

5 novembre 2013

Le bleu est une couleur chaude - Julie Maroh

Après avoir vu La vie d'Adèle, j'ai voulu lire la BD dont s'est librement inspiré le réalisateur Abdellatif Kechiche. J'avoue avoir énormément aimé Le bleu est une couleur chaude (Editions Glénat, 150 pages). Cette BD m'a paru empreinte de délicatesse et de fragilité et somme toute très pudique. On sent une sensibilité féminine totalement absente du film. Quand débute l'histoire, Clémentine (l'Adèle du film) est décédée et Emma se met à lire les journaux intimes que lui a laissés la jeune morte. Comme on peut dire d'un roman que c'est un roman d'amour, là, nous avons une BD d'amour. Vers le milieu des années 90, Clémentine, 16 ans, tombe amoureuse d'Emma, une fille un peu plus âgée, avec toutes les conséquences douloureuses que cela peut entraîner. Avant acceptation (jusqu'à être rejetée par ses parents), Clémentine grandit et vit au rythme de sa relation avec Emma, la jeune femme au cheveux bleus. La couleur bleue est très présente dans l'album. J'ai mis une heure pour lire cette tragique histoire (et j'ai été émue). Le film, lui, dure trois heures (et j'ai été relativement contente quand j'ai vu le générique de fin...).

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2 novembre 2013

The snowpiercer - Bong Joon-ho / Le transperceneige - Rochette et Lob

Voici un film de science-fiction qui, selon moi, est réussi. Il ne s'agit pas d'une énième superproduction américaine, mais d'un film plus personnel réalisé par un cinéaste coréen, Bong Joon-ho (The Host ou The mother). Un train composé de dizaines et de dizaines de wagons, The snowpiercer (Le transperceneige), roule sans s'arrêter depuis 17 ans. En 2014, suite à  un cataclysme climatique provoqué par l'homme, la Terre est devenue un enfer glacé d'où toute vie a disparu. En 2031, les derniers humains sont entassés dans ce train, genre d'arche de Noé. On y trouve ainsi un immense aquarium où sont rassemblés des animaux des fonds marins et quelques végétaux préservés. Les plus miséreux des humains sont relégués dans les wagons de queue, entassés comme des prisonniers de camps de concentration. Vivant dans une grande promiscuité, ils se nourrissent (sans le savoir) de cafards transformés en plaquettes noires qui ressemblent à de la gomme. La révolte gronde quand deux jeunes garçons sont emmenés de force vers l'avant du train. Quelques-uns de ces hommes et femmes (régulièrement punis, humiliés, mutilés et comptés) se lancent à leur recherche et décident de remonter le train. Au fur et à mesure que les principaux protagonistes avancent vers l’avant du train, on découvre des passagers, enfants et adultes, nettement mieux lotis, qui vénèrent un dénommé Wilford qui a conçu ce train au mouvement perpétuel. Je vous laisse découvrir les nombreuses péripéties de ce film qui m’a plu tant au niveau de l’histoire (qui correspond à un condensé de notre monde actuel entre riches et pauvres, où certains sont plus égaux que d'autres) que du point de vue cinématographique. Tous les acteurs sont convaincants: Chris Evans, Ed Harris, John Hurt, Tilda Swinton (méconnaissable avec son dentier et ses lunettes) et Octavia Spencer. Le dernier plan avec l'ours blanc est très beau.

Ce film est adapté du Tranperceneige (Collection A Suivre, Editions Casterman, 134 pages), une BD française en noir et blanc, dont le 1er tome a été pré-publiée de 1982 à 1983, que je viens de lire (tout au moins ce 1er tome). Il s'agit d'une série qui comporte trois volumes (qui vont reparaître). Elle a été créée par Jean-Marc Rochette (dessins) et Jacques Lob (texte, pour le 1er tome), lui-même remplacé par la suite par Benjamin Legrand (pour les deux tomes suivants, en 1999 et 2000). On retrouve l'idée de départ (le train au mille et un wagon dans un décor post-apocalyptique), mais pour le reste, le déroulement de l'histoire était assez différent dès le départ. Le personnage principal (Proloff), qui est dans un des wagons de queue, a tenté de s'échapper du wagon. Escorté par des militaires, on doit le mener vers l'avant du train. Une jeune femme, Adeline, l'accompagne. L'intrigue est peut-être plus resserrée.
En tout cas, je vous conseille le film et la BD.

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30 octobre 2013

La vie d'Adèle (chapitres 1 & 2) - Abdellatif Kechiche

Ca y est, je viens de passer 3 heures en compagnie d'Adèle. La vie d'Adèle narre donc la rencontre d'Adèle, bonne élève en 1ère L dans un lycée à Lille, avec Emma, étudiante en 4ème année aux Beaux-Arts. On assiste à leurs ébats passionnés (certainement sur plusieurs années) avant leur séparation brutale. Le coeur du film est en effet la relation très charnelle que partagent Adèle et Emma. Elles se donnent du plaisir mutuellement mais sont mal assorties sur tout le reste. Je n'ai pas ressenti le fait qu'elles s'aimaient vraiment d'amour pendant leur liaison, plus particulièrement Emma, qui est un personnage en retrait dans cette histoire. Je me suis posée la question pendant tout le film de savoir ce qu'Adèle avait pu trouver à Emma. En plus, cette dernière se révèle assez méchante quand elle rejette Adèle, j'ai été choquée par les mots qu'elle emploie. Quant au film lui-même, il aurait gagné à durer 1/2 heure de moins. Les scènes de s*xe sont assez explicites (mais pas beaucoup plus que dans Shame) et vaguement répétitives. Personnellement, je préfère imaginer les choses plutôt que les voir à l'écran. En revanche, tous mes éloges vont vers Adèle Exarchopoulos qui joue Adèle. Elle est extraordinaire. Présente à l'écran de la première à la dernière image (le réalisateur ne la lâche pas un instant), elle supplante haut la main Léa Seydoux (Emma) qui ne m'a pas paru très expressive. Quand l'histoire se termine, Adèle aura réalisé son rêve de devenir institutrice. J'ai d'ailleurs trouvé toutes les séquences qui se passent avec les jeunes élèves très réussies. Quant à moi, j'ai été contente de voir ce film qui comporte des moments superbes, mais je ne suis pas sûre de le revoir contrairement à Chris (il est très admiratif du film). Lire d'autres billets tout aussi enthousiastes, d'Alain, Wilyrah, et Ffred, et un peu plus mesurés, d'Alex, Alain et de Mymp. Et celui très intéressant de Mathilde (je suis en accord avec ce qu'elle écrit).

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