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5 septembre 2023

Leur domaine - Jo Nesbo

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Après Ingannmic qui en parle très bien, je voudrais recommander Leur domaine du romancier norvégien Jo Nesbo (Folio policier, 687 pages asphyxiantes). Ce n'est pas un thriller, c'est un roman très noir où des cadavres s'amoncellent pendant des décennies. Roy et Carl Opgard, deux frères, sont réunis par une relation très trouble depuis leur enfance, avant même que leurs parents décèdent. Ils sont tombés avec leur cadillac dans un ravin près de la ferme familiale quand Roy et Carl avaient respectivement 17 et 16 ans. C'est l'histoire de deux frères unis contre tous les autres. Partis pendant 15 ans pour faire des études à l'étranger, Carl revient aux bras d'une jeune architecte appelée Sharon, native de la Barbade. Roy, le narrateur, qui tient une station-service, tombe amoureux fou de Sharon. On découvre que Carl est un magouilleur et beau parleur et un être violent qui a l'ambition (avec Sharon) de construire un hôtel avec un Spa dans la bourgade voisine. Pour ce faire, il arrive à convaincre presque tous les habitants d'investir dans ce projet. Bien entendu, rien n'avance et un incendie malheureux va compromettre la construction de l'édifice. Au fur et à mesure que le récit se déroule, des personnes meurent dans de tragiques "accidents". On sait qui sont les coupables qui arrivent à s'en tirer et pourquoi ils le font. Quand le roman s'achève, on ne sait pas ce que vont devenir certains personnages. J'ai aimé la manière dont Nesbo fait avancer son récit où rien n'est laissé au hasard. La mécanique est bien huilée. Tout progresse inexorablement. Un long roman qu'on ne lâche pas avant la fin.

 C'était ma cinquième particpation aux challenges "Les épais de l'été 2023" et "Pavés de l'été 2023".

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[Challenge Les épais de l'été 2023, organisé chez dasola par ta d loi du cine]


[Challenge Pavés de l'été 2023 chez sibylline] 

1 octobre 2023

La colère - S.A. Cosby

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Avec le roman La colère (Edition Sonatine, 364 pages), je viens de découvrir un écrivain noir américain natif du Comté de Mathews près de Richmond en Virginie. Richmond était l'ancienne capitale de la confédération sudiste pendant la guerre de secession (1861-1865). La colère pour ne pas dire la haine est celle qui agite Ike Randolph et Buddy Lee Jenkins, deux quinquagénaires. Ike est noir et Buddy Lee est blanc. Tout les sépare mais tous les deux ont été de longues années en prison. Ike, devenu chef d'entreprise d'une jardinerie, est marié à Mya, ancienne infimière. Buddy Lee, lui, vit seul dans un mobile home délabré. Son ex-femme, Christine, s'est remarié avec un juge. J'en viens à ce qui va réunir Ike et Buddy Lee: le meurtre de leur deux fils respectifs exécutés d'une balle dans la tête en pleine rue. Isiah, le fils d'Ike, était journaliste et Derek, le fils de Buddy Lee était pâtissier, et ils étaient gay et mariés l'un à l'autre.  Ils avaient même une petite fille de trois ans, Arianna. C'est Isiah qui était la cible principale car il allait dévoiler une affaire de moeurs impliquant un notable de la région. On apprend vite que c'est le notable qui est responsable des deux décès et il cherche une personne gênante. Les deux "papys" vont en faire voir de toute les couleurs à une bande de bikers à la solde du notable. On est pris dans le récit qui est haletant et on a le temps à s'attacher à ces deux compères qui n'ont qu'un but : venger leurs fils. J'ai beaucoup aimé ce roman qui aborde beaucoup de sujet dont l'intolérance et les préjugés de toutes sortes. Je conseille absolument. Lire les billets de Pierre Faverolle, Motspourmots, Aude. 

21 septembre 2023

Les dépossédés - Ursula K. Le Guin

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C'est d'extrême justesse que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) réussis à monter à bord du XIVe challenge Summer Star Wars ("Andor"), qui se termine avec l'été 2023, comme son nom l'indique. Mon billet pourra aussi s'inscrire au 11e challenge de l'Imaginaire. Il concerne un classique de la SF, que j'ai pour ma part découvert très récemment, via la blogosphère. 

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Les dépossédés, Ursula K. Le Guin, 1974 (trad. française 1975), Le livre de poche N°7288, imprimé en juillet 2023, 446 pages

Jusqu'à récemment, je n'avais jamais entendu parler d'Ursula K. Le Guin (1929-2018), surtout connue pour sa série Terremer. Les dépossédés s'inscrit dans un autre cycle, Le livre de Hain (qui comprend un total de 7 titres), mais peut tout à fait se lire comme une oeuvre indépendante (c'est en tout cas ce que j'ai fait!).

Le volume débute par la représentation graphique de deux planisphères. Sur Urras, d'un océan unique émergent deux continents et quelques autres terres plus ou moins étendues. Sur Annarès (que l'on apprendra dans le roman être une lune d'Urras - si j'ai bien compris), une terre unique ceinture la sphère, sépare ainsi deux mers principales et en comprend quelques autres, intérieures, plus petites. Les populations (d'essence humaine) d'Urras et d'Annarès ont la même origine, mais se sont séparées il y a environ deux cent ans (sept générations) quand commence le roman. Annarès est cantonnée dans l'isolement, et visitée huit fois dans l'année par des vaisseaux spatiaux d'Urras, dont l'équipage ne peut sortir du "Port" d'Annarès. Le vaisseau du jour va embarquer un passager en provenance d'Annarès, ce qui est rigoureusement inédit... 

J'avoue ici que j'ai failli me faire happer et repartir pour une lecture depuis le début, alors que j'ai fini ce livre il y a déjà quelques semaines et que je voulais juste me rafraîchir les idées. Je vais donc essayer de ne pas le raconter! 

Disons que ce mystérieux passager, Shevek, est une personnalité hors du commun, un "physicien" surdoué à qui Annarès n'a plus rien à apporter mais qui va chercher, lui, à apporter quelque chose à Annarès (et, accessoirement, à Urras et au reste de l'humanité): une révolution dans le déplacement interplanétaire.

Le génie d'Ursula K. Le Guin est de nous décrire deux univers par le "truchement" de Shevek (certains épisodes renvoient à son enfance, d'autres à sa vie adulte avant son départ de sa lune natale...). Ainsi s'enchevêtrent différents chapitres, tant par des retours en arrière (les années de formation puis la jeunesse du "transfuge"), que par ce qui lui arrive une fois arrivé sur Urras (où il était attendu "comme le Messie" par les scientifiques locaux).
Par ce biais nous sont dépeints des univers mentaux différents, des philosophies de la vie différentes. Sur Annarès, la population (quelques centaines de milliers de personnes) mène un mode d'existence, une vie communautaire autosuffisante (par obligation), qui, m'a-t-il semblé, peut ressembler à l'image d'Epinal du Kibboutz des débuts du sionisme. Une société (une vie sociale) a été mise en place "ex nihilo" par ceux à qui a été accordé jadis le droit de peupler Annarès, pour y vivre en accord avec les préceptes définis par celle qui a "inventé" leur mode de vie: Odo. Sorte de "guide spirituel" (désormais statufiée et mythifiée), elle a mis en route la voie ardue de l'utopie communautaire. Ces "exilés" odoniens ont ainsi pu mettre en pratique un mode de vie (sans argent) que ne souhaitaient pas conserver en leur sein les unes ou les autres des civilisations entre lesquelles Urras est divisée... 

Cette société annarienne m'a semblé mettre en application au quotidien l'anarchie (la vraie), celle qui forme les individus à être capables de vivre collectivement dans une société sans organes de pouvoir. Mais il n'est pas simple de concilier idéal de liberté collective et contrainte par des normes sociales intériorisées... qui interdisent de questionner ce fonctionnement même, celui qui régit les limites de la liberté individuelle. 
En tout cas, ces "libertaires" pacifiques et frugaux sont différents des libertariens à l'américaine, que je conçois comme des individualistes forcenés prêts à défendre, par la force s'il le faut, leur “droit” à vivre égoïstement, en refusant toute contrainte collective, et en premier lieu tout impôt destiné à la prise en charge de l'intérêt général. 

Ce qui concerne Urras peut être vu comme des caricatures des sociétés étatsuniennes, soviétiques, chinoises, africaines (qu'il s'agisse de climat, d'organisation politique, policière...). 
Chaque situation évoquée amène des développements parfois pas si évidents... et on tourne page après page. Au final, j'ai trouvé qu'il s'agit d'un beau libre. D'un très beau livre. D'un très grand livre. D'un livre passionnant. D'un livre magnifique de subtilité et d'intelligence, qui amène à la réflexion. 

C'est grâce au blog de Lybertaire que je l'avais découvert.
Dans le cadre des différents challenges Summer Star Wars, Elassar l'avait chroniqué en 2022, Baroona en 2014.

24 août 2023

Voyage en Islande - 4

L'Islande est un pays où l'on mange beaucoup de protides : yaourts skyr, beurre, etc. Ils consomment aussi du poisson. En revanche, les fruits et légumes, ce n'est pas trop dans les moeurs vu qu'ils importent tout. Pour le poissson, c'est d'ailleurs la principale cause du refus de l'Islande d'entrer dans l'Union européenne car ils tiennent à leurs eaux poissonneuses qu'ils ne veulent pas partager. Sinon, au cours de mon tour d'Islande, on a vu beaucoup de moutons (souvent par trois) qui broutaient l'herbe bien verte (même s'il a très peu plu en Islande ces derniers mois). Et puis, on pu voir beaucoup de chevaux islandais. C'est une race spécifique. Ils ne sont pas très grands et ils sont pacifiques. On en exporte dans le monde entier. Mais dès qu'ils quittent l'Islande, il leur devient impossible de revenir. Je regrette de ne pas avoir pris beaucoup de photos car le car ne s'est jamais arrêté pour que l'on puisse faire des photos correctes d'animaux. Et moi, je n'ai pas un appareil photo assez sophistiqué, au contraire de certaines personnes dans le groupe.  

P1160110  Trois moutons

P1160450 Chevaux islandais au bord du lac Myvatn 

P1160447 Chevaux islandais au bord du lac Myvatn (bis) 

P1160317 Trois moutons

Au nord de l'Islande, on a fait un arrêt à Akureyri, la capitale de cette région avec 20 000 habitants. Le jour où on y était, on a vu un immense bateau de croisière qui venait directement d'Angleterre avec 5000 passagers et membres d'équipage qui ont débarqués pour partir en excursion.

P1160474 Vue d'Akureyri avec le bateau de croisière

P1160479 Une des églises d'Akureyri. Les Islandais sont majoritairement luthériens.

P1160480 Intérieur de l'église

P1160485 Maison

En Islande, les nuits sont très longues l'hiver mais en été, le soleil ne se couche jamais vraiment. A trois heures du matin, il faisait jour.

P1160288 Photo prise à 3h du matin.

L'Islande est le seul endroit au monde où la dorsale Nord-Atlantique remonte à la surface de la mer. Certaines zones comme Reykjavik appartiennent à la plaque tectonique Nord-Américaine. D'autres, comme les fjords de l'Est, sont situés sur la plaque eurasienne. A Thingvellir (littéralement "Les plaines du Parlement"), les visiteurs empruntent la faille longeant la limite de la plaque Nord-Américaine. Thingvellir s'étend sur une plaine de 7 km. L'espace entre les plaques s'élargit de 4 à 5 millimètres et le terrain s'affaisse de 1 à 2 millimètres par an. Thingvellir est aussi un lieu historique car c'est là que vers l'année 930 jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, les Islandais, se réunissaient pour discuter et promulguer les lois, lors de leur première assemblée (l'Althing). Ce fut à Thingvellir que fut proclamée la République islandaise le 17 juin 1944. 

P1160523 La faille d'Almannagja. Des deux côtés, c'est de la lave. On est du côté de la plaque Nord-Atlantique.

P1160524 La faille d'Almannagja

P1160514 Lac de Thingvellir

P1160516 Au loin, on voit  la plaque eurasienne 

P1160537 Endroit où se tenait l'Althing avec le drapeau islandais 

Suite et fin dans un prochain billet avec quelques vues de Reykjavik.

9 août 2023

Voyage en Islande - 2

En Islande, il n'y a pas que des chutes d'eau, il y a aussi des glaciers et des champs de lave. 

 Je commence par un champ de lave d'Eldhraun au sud de l'île. Il s'agit d'une centaine de cratères volcaniques le long d'une fissure qui  ont craché de la lave basaltique sur une superficie d'environ 600 km2 pendant deux ans entre 1783 et 1785. Depuis, de la mousse a poussé sur cette lave. Il faut noter qu'en Islande, il n'y a pratiquement pas d'arbres et donc pas de forêts.

P1160197 de la lave couverte de mousse

P1160196 champ de lave à perte de vue

P1160195 champ de lave à perte de vue

P1160191 champ de lave à perte de vue

Juste après, on a pu admirer le glacier.de Vatnajökull mais avec des morceaux de glace pas blancs du tout.

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Avec sa surface de plus de 8000 km2, c'est le plus grand glacier d'Islande et le deuxième plus grand d'Europe.

Et un peu plus tard, on a fait une promenade en bateau sur le lagon glaciaire de Jökulsarlon, on a a navigué entre des blocs de glace. C'est pendant ce laps qu'on a eu froid. Le ressenti était glacial. Même si en Islande, les températures en plein hiver descendent rarement en dessous de -5° (et pourtant on n'est pas loin du cercle polaire arctique) car le courant du gulf stream n'est pas loin. 

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A part la mousse, je n'ai pas vu beaucoup de végétation sauf du lupin, fleur importée en Islande et très invasive et de la linaigrette, on dirait du coton blanc. Il semble qu'on en trouve dans les Alpes.

P1160233 Linaigrette

P1160181 Lupin

La suite dans un prochain billet. 

21 juillet 2023

Sa majesté des ombres - Ghislain Gilberti

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Sa majesté des ombres de Ghislain Gilberti (Editions Ring, 738 pages) est le premier tome (paru en 2018) d'une trilogie. J'ai été captivée tout de suite par l'histoire qui se déroule en deux temps : 2003 et 2010. Cela se passe en Alsace et à Belfort (en Franche-Comté). Belfort est la ville natale de l'écrivain né en 1977. L'histoire est concentrée sur un réseau fantôme qui écoule plusieurs drogues dans des bars-dancing de la région Est. Ces drogues s'avèrent d'une grande pureté. L'organisation en charge du trafic est très bien organisée et sans pitié. En 2003, on fait la connaissance de plusieurs policiers dont certains pas très honnêtes et de membres du réseau qui tuent dès qu'ils se sentent en danger. Une opération de grande envergure se terminera par un bain de sang et de nombreux blessés, tant du côté des forces de l'ordre que du côté des trafiquants, dont un des chefs, Bruno Guillon dit l'Artiste qui était guidé par une Voix mystérieuse dont on ne saura rien. On est arrivé à la page 172 et on se demande ce qui va suivre car le réseau semble démantelé. Les 550 pages restantes se passent sept ans plus tard, en 2010, et l'on fait la connaissance de Cécile Sanchez, une femme commissaire d'une section spéciale de l'OCRVP (Office Central pour la Répression des Violences aux Personnes) qui est également psychologue, spécialisée dans la criminologie, la victimologie et dans la synergologie (étude des gestes inconscients, des micro-expressions et des mouvements impossibles à simuler ou à surjouer face à un observateur formé et aguerri). Sa hiérarchie lui confie une enquête sur deux carnages à Sélestat. Le modus operandi semble identique. On découvre que les victimes avaient un lien avec la drogue en tant que consommateurs et fournisseurs. Vous l'aurez deviné, les événements de 2003 et 2010 ont beaucoup de liens communs. Cécile Sanchez devra faire face à beaucoup d'obstacles dont des "moutons noirs" au sein de la police. J'ai trouvé le roman haletant de bout en bout et je vais emprunter le tome 2 de la trilogie, Les Anges de Babylone, dès que possible. Je conseille ce roman à ceux qui aiment les polars.

C'était ma deuxième participation aux challenges "Les épais de l'été 2023" et "Pavés de l'été 2023".

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[Challenge Les épais de l'été 2023, organisé chez dasola par ta d loi du cine]


[Challenge Pavés de l'été 2023 chez sibylline]

10 juillet 2023

Les rites de l'eau - Eva Garcia Saenz de Urturi

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Dans le cadre des challenges "Pavés de l'été" (organisé par Sibylline) et "Les épais de l'été" (organisé par Ta d loi du cine, squatter chez moi), j'ai lu Les rites de l'eau d'Eva Garcia Saenz de Urturi (Edtions Pocket, 605 pages). Cela se passe au pays basque espagnol et en Cantabrie. J'ai retrouvé certains personnages du roman précécédent Le silence de la ville blanche. En particulier, on retrouve Unai Lopez de Ayala surnommé Kraken. Depuis l'enquête précédente, il souffre d'aphasie car il a reçu une balle dans la tête. Il s'exprime grâce à une tablette. Unai est un inspecteur de police qui est appelé à enquêter sur une mort étrange qui le ramène dans un passé lointain quand il était lycéen. Le décès pas banal est celui d'une femme dessinatrice de BD et qu'Unai a connu. Elle a été tuée en ayant été noyée, la tête en bas dans un chaudron celte en bronze de plus de 3000 ans rempli d'eau qui a été dérobé dans un musée. Elle a été attachée par les pieds. On apprend vite que la victime était enceinte. Unai connaissait la victime même s'il l'avait perdue de vue. Pour l'occasion, Unai renoue avec d'anciens camarades qui avaient aussi connu la victime. Certains vont aussi mourir de manière tragique. Qui est l'assassin et pourquoi? J'ai trouvé beaucoup trop de retours en arrière et le roman est trop long par rapport à l'intrigue. Pour moi, il est nettement moins prenant que Le silence de la ville blanche. J'espère que si la romancière écrit un troisième roman, il sera meilleur.

 

Epais
[Challenge Les épais de l'été 2023, organisé chez dasola par ta d loi du cine]


[Challenge Pavés de l'été 2023 chez sibylline]

12 août 2023

La neuvième tombe - Stefan Ahnhem

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La neuvième tombe de Stefan Ahnhem (Livre de poche, 726 pages) est un roman policier qui se passe sur une semaine, entre le 16 et le 23 décembre 2009 du côté de la Suède et du Danemark. Il y un prologue se déroulant en 1998 et 1999 au Proche-Orient où la lettre d'un prisonnier va faire basculer le destin de plusieurs personnes en Scandinavie. A Stockholm, un ministre de la justice suédois disparait ainsi qu'une jeune femme qui souhaite ardemment un enfant sans succès. D'autres vont aussi disparaître. Au Danemark, Karen Neuman, une jeune femme qui a la phobie de l'obscurité va être assassinée chez elle. Fabian Risk, un policier suédois, marié et père de famille, va enquêter sur ce qui s'est passé en Suède. Sa collègue, Malin Rehnberg, enceinte de jumeaux, l'aide, De son côté, Dunja Hoogard, une inspectrice de police danoise malheureuse dans sa vie privée bien qu'elle soit fiancée, enquête sur la mort de Karen qui était l'épouse d'un présentateur télé qui, lui-même, connaîtra une fin tragique. Grâce à des recoupements, les affaires sont liées. Le meurtrier, pas très grand mais costaud, porte un masque à gaz. Des deux côtés du détroit d'Oresund, on arrête des meurtriers potentiels qui ne sont pas les bons mais des voix s'élèvent pour clôturer les enquêtes après que les personnes disparuse sont retrouvées mutilées et démembrés. Ce n'est que vers le dernier quart du roman que l'on apprend pourquoi le roman s'intitule La neuvième tombe. Le vrai meurtrier aura préparé et prémédité ses crimes pendant des années. Pour lui, il considère qu'il a de bonnes raisons de faire ce qu'il a fait mais c'est tout de même assez discutable même si c'est par amour (selon moi). Un roman long mais qui se lit assez vite. 

C'était ma troisième participation aux challenges "Les épais de l'été 2023" et "Pavés de l'été 2023".

Epais
[Challenge Les épais de l'été 2023, organisé chez dasola par ta d loi du cine]


[Challenge Pavés de l'été 2023 chez sibylline]

6 août 2023

Voyage en Islande - 1

     

Me voici revenue d'un circuit accompagné d'une semaine autour de l'Islande. Ce fut un très beau voyage qui a démarré et s'est terminé à Reykjavik. Nous étions 31 personnes, un guide et un chauffeur. J'ai bénéficié d'un très beau temps. Il n'a plu qu'un quart d'heure pendant les 7 jours alors qu'a priori il pleut beaucoup en Islande. Cette île de 394000 habitants est en train de connaître le tourisme de masse (2 300 000 personnes particulièrement en été), surtout dans la région de Reykjavik. Parmi les touristes, il y avait beaucoup de Français. Le mois de juillet est un bon mois pour visiter l'île. Il fait jour presque 24 heures par jour. L'Islande est une île volcanique grande comme trois fois la Belgique et 1/5ème de la France. L'île se trouve sur la dorsale medio-atlantique séparant les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine. L'Islande est autosuffisante énergétiquement grâce à la géothermie avec toutes les sources d'eau chaude et froide qui parcourent l'île. Il y a presque 300 volcans dont certains sont encore actifs. Le 10 juillet dernier, une fissure s'est ouverte sur le volcan Fagradalsfjall près de Litli Hrutur. Ce volcan est situé entre Reykjavik et l'aéroport de Keflavik. Il a déjà rejeté des centaines de m3 de lave. Il semble que ce volcan en éruption attire de nombreux touristes, dixit deux des personnes du groupe qui ont marché 20 km aller-retour pour admirer le volcan en activité. Sinon, l'Islande ne fait pas partie de l'Union européenne mais, comme la Norvège, de l'Espace Economique Européen (EEE). 

Pendant mon tour d'Islande, j'ai pu admirer de très belles chutes d'eau :

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A3B638D1-D81D-407C-BE7B-56427C334617 Skógafoss

D7FA0D74-C3E9-4330-9098-8A6FF61A1656 Skógafoss. Cette chute se situe entre Reykjavik et Vik

D311D0A0-A57C-4BE2-B681-1106DD96B7A8 Fossardalur se situe entre Hofn et Egilsstaðir

19A33731-AD3B-4B15-AB76-B9941909A061 Dettifoss

37D1FBB5-9463-4735-B033-F70D40949B0F Dettifoss 

8FD8E61C-B1AF-4D2C-A845-6C8149D20479 Pas très loin, on peut admirer les chutes de Selfoss. C'est l'endroit où il a plu 1/4 d'heure

8DD95247-DAD2-4243-9F4B-B34757546FBF Goðafoss

17690362-4D21-4A6C-A25F-D9A72FF0F986 Goðafoss est situé à l'est d'Akureyri

65358C61-4524-42C7-AA41-94201E9A7B54 Hraunfossar 

ACD8ECE4-095D-4AB3-B6EB-7ED5978244DF Hraunfossar à l'est d'Akureyri

6A935FEC-B8B7-4FBA-9F71-8CAB05A7AB7E Barnafoss à l'est d'Akureyri

 On a terminé avec la chute de Gullfoss (la cascade dorée) qui est très impressionnante.

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Pour l'anecdote, voici quelques pièces de monnaie islandaises, il manque la pièce de 10 kr. Cela représente des poissons, des crustacés ou des dauphins. Aujourdhui, 100 ISK (couronne islandaise) valent 0,688 euros.

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 La suite dans un prochain billet.

26 juin 2023

Claudine à l'école - Colette

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Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis replongé, plus de 40 ans après ma première lecture, dans un petit "Poche" que je peux inscrire aujourd'hui aussi bien au challenge "2023 sera classique" co-organisé par Nathalie et Blandine qu'à la 4e "saison" (2023-2024) du challenge "Les classiques c'est fantastique" de Moka et Fanny pour leur thème de juin 2023 (Colette vs Sand).

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Le livre de Poche N°193 **, 2e trim. 1980, 253 pages.

Ce livre de poche, Claudine à l'école, co-signé Willy et Colette, m'a été offert en août 1981, alors que je venais d'obtenir mon [premier] Bac, par l'une de mes grand-mères, celle des deux qui s'étonnait toujours que je lui demande de marquer elle-même la date où elle m'offrait les livres qu'elle me choisissait...  

"... Un ouvrier plante des piquets pour faire une palissade. Il les enfonce à une distance telle les uns des autres que le seau de goudron dans lequel il trempe l'extrémité inférieure jusqu'à une hauteur de trente centimètres se trouve vide au bout de trois heures. Etant donné que la quantité de goudron qui reste au piquet égale dix centimètres cubes, que le seau est un cylindre de 0 m. 15 de rayon à la base et de 0 m. 75 de hauteur, plein aux 3/4, que l'ouvrier trempe quarante piquets par heure et se repose huit minutes environ dans le même temps, quel est le nombre de piquets et quelle est la surface de la propriété qui a la forme d'un carré parfait? Dire également quel serait le nombre de piquets nécessaires si on les plantait distants de dix centimètres de plus. Dire aussi le prix de revient de cette opération dans les deux cas, si les piquets valent 3 francs le cent et si l'ouvrier est payé 0 fr. 50 de l'heure."

Quel lycéen de 15 ou 16 ans, aujourd'hui (2023), saurait résoudre ces problèmes sans ordinateur ni calculette, rien qu'avec un crayon, un papier et son cerveau? Il s'agit du genre de "question d'arithmétique" que Claudine et ses condisciples, dans leur dernière année d'école, s'échinent à résoudre, avec en perspective le Brevet élémentaire [en fait, le "Brevet de capacité pour l'enseignement primaire (Institutrices - brevet élémentaire)"].

Dans le roman Claudine à l'école, publié en 1900, un récit à la première personne se présente (p.10) comme le "journal" quotidien d'une gamine plutôt délurée, en dernière année d'école primaire supérieure, qui entretient des relations ambivalentes avec ses enseignantes et accessoirement ses condisciples, elles-mêmes sans doute futures institutrices. Cette année-là, c'est l'année du brevet élémentaire, un examen qui se passait à 16 ans (l'ancêtre de notre "Brevet des collèges"). La jeune héroïne en sabots (p.62) va nous raconter toute l'année scolaire, avec l'arrivée de la nouvelle équipe enseignante, la démolition de l'ancienne école cependant que la nouvelle se construit. Le roman se termine avec l'inauguration des nouveaux locaux, peu après les résultats de l'examen. A l'époque, celui-ci se "passe" en trois jours plein à partir du 5 juillet... tandis que notre Brevet des collèges se passe, en 2023 (mais pour combien d'années encore?), les 26 et 27 juin (cependant que les points strictement nécessaires à la moyenne de nos collégiens proviennent désormais du contrôle continu!). 

Basé sur les propres souvenirs de la jeune Colette (27 ans en 1900), et censé se dérouler alors que s'annonce l'Exposition universelle de 1900 (annoncée dès 1892), ce roman est reconnu comme l'une des premières "fictions autobiographiques". La jeune autrice a dû quelque peu tricher avec les années, par contre. On découvre une belle plante sauvage de 15 à 16 ans, fille unique et orpheline de mère (ce qui n'était pas son cas). Je me rappelle avoir appris l'an dernier, à l'occasion de notre visite à Saint-Sauveur-en-Puisaye, qu'Henry Gauthier-Villars avait demandé à sa jeune et candide épouse Sidonie-Gabrielle (ils se sont mariés en 1893) d'écrire ses souvenirs de jeunesse dans des cahiers, puis l'avait assurée que ça ne valait rien, avant de retomber dessus quelque temps plus tard et de les porter sans rien lui dire chez un éditeur, pour les faire publier sous son seul nom (pseudonyme, plutôt) de Willy: le premier volume de la série des "Claudine...". 

Les "observations" de Claudine sur son entourage, ses condisciples, ses enseignantes, les amours de celles-ci ou de celles-là, le médecin qui tripote et grenouille pour devenir député, la balourdise rurale... peuvent expliquer que Colette ait failli être accueillie à coups de cailloux quand elle a tenté, dans les années 1930, de revenir en visite dans sa maison natale, même si elle les avait transposées dans le bourg fictif de "Montigny". La "jeune fille" apparaît à la fois comme gamine et garce. Je pense que, lors de ma propre première lecture, beaucoup des sous-entendus, notamment saphiques, avaient dû passer largement au-dessus de la tête du garçon pas très dégourdi que j'étais à l'époque... Cette édition du livre de poche estampillé "texte intégral" ne comporte aucune information biographique, présentation du livre ou introduction. Rappelons qu'à l'époque, internet n'existait pas: pour apprendre quelque chose sur un écrivain, il fallait se reporter à un dictionnaire de la littérature, ... ou au Lagarde & Michard du XXe siècle et à ses notices édulcorées.

On trouve aussi quelques notations acides, peut-être audacieuses, sociales sinon socialisantes, par rapport aux "cours de morale" de l'époque. p.123: "Expliquer et commenter cette pensée de Franklin: L'oisiveté est comme la rouille, elle use plus que le travail". Commentaire de "Claudine", après avoir dûment "bâclé" le devoir demandé: "Avec ça que ce n'est pas bon de paresser dans un fauteuil! Avec ça que les ouvriers qui travaillent toute leur vie ne meurent pas jeunes et épuisés! Mais quoi, faut pas le dire. Dans le "programme des examens", les choses ne se passent pas comme dans la vie."  

Peut-être que l'auteure était à court d'imagination? La fin de l'année arrive vite, après près de deux mois de maladie à la maison puis de convalescence, ce qui n'empêche pas notre "première de la classe" d'obtenir plutôt facilement son examen. Mais elle ne se voit pas entrer ensuite dans une Ecole Normale pour devenir  institutrice, elle... Le roman se clôt sur un adieu nostalgique à l'école, et l'espoir de l'entrée dans le monde. 

L'année où j'ai reçu ce bouquin, alors que quatre "Claudine" y figuraient en 4ème de couverture (sous le titre "Les “Claudine” dans le Livre de Poche"), la page "Oeuvres de Colette dans Le livre de Poche", en début d’ouvrage, oubliait tout autant Claudine en ménage. Il fallait attendre l’avant-dernière page du livre, qui listait la totalité des oeuvres, pour y dénicher les quatre "Claudine" canoniques”, finalement, dans un paragraphe “En “collaboration” avec M. Willy". Hasard des éditions...? Puisque j'avais eu seulement le second titre en même temps que Claudine à l'école (avec aussi La maison de Claudine, sorte de "hors-série" d'exploitation d'une "marque", paru en 1922), j'ai complété au fil des ans ma collection, avec des éditions dépareillées... Je ne suis même pas sûr de les avoir tous lus. Encore trois "classiques" en perspective! Ils sont respectivement parus en 1901, 1902 et 1903. 

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L’oeuvre de Colette devrait tomber dans le domaine public soixante-dix ans après sa mort, soit en... 2025. 

Edit du 07/08/2023: je viens de découvrir un billet de 2018 de Grominou.

26 août 2023

Heat 2 - Michael Mann (et Meg Gardiner)

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Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) rédige aujourd'hui ma deuxième participation aux challenges estivaux sur de "gros bouquins", tant celui, "Les épais de l'été" que j'organise chez dasola, que son parallèle, "Les pavés de l'été", organisé par Sibylline sur son blog La petite liste. En effet, contrairement à ce que pourraient penser au premier abord certains internautes inattentifs, le présent billet ne porte pas sur le film-culte Heat (1995), mais bien sur le "prolongement" que lui a donné le cinéaste sous forme romanesque (un « roman cinématographique »).

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Michael Mann et Meg Gardiner, Heat 2, Harper Collins (France) Noir, 2022, 704 pages

Le déroulé du livre "encadre", et éclaire, les événements qui, dans le film, se situaient "dans le présent" (1995, à Los Angeles). S'il ne contient pas de table des matières, il est divisé en parties qui nous donnent l'année où les chapitres se déroulent (1995, 1988, 2000...). Les six parties contiennent entre deux et 31 chapitres (97 au total), dont le plus court comporte une seule page. La première partie reprend les événements juste après la fin du film et suit la cavale du seul survivant de la bande (Chris) jusqu'à la frontière des Etats-Unis (60 pages). La deuxième partie, située en 1988, nous dévoile le passé de la bande avec les personnages du film et la biographie de leur adversaire, mais aussi voire surtout un nouvel antagoniste, qui ne figurait pas dans le film (jusqu'au chapitre 34 et à la page 245 inclus). Puis la troisième partie (100 pages en 12 chapitres) revient sur Chris, qui a "fait son trou" au Paraguay. En quatrième partie, retour à 1988 pour 120 pages en 16 pages, où le "premier amour "de Neil recontre son destin lors d'un coup fumant de la bande. La cinquième partie est la plus courte: deux chapitres et 16 pages, pour Chris au Paraguay, qui pense toujours à la femme qui lui avait fait signe de partir dans le film. La partie finale rassemble à Los Angeles, en 2000, les protagonistes survivants. Chris devient définitivement un "caïd" à Singapour. Mais la fin reste ouverte, avec un Hanna toujours sur sa trace...

Le roman illustre bien combien la connaissance de l'information (concurrence, partenaires, organisations, dispositifs...) est indispensable, quelles que soient l'action ou l'activité envisagées. J'avoue que je me suis un moment demandé si l'utilisation d'internet pour trouver des informations, vers le milieu des années 1990, n'était pas anachronique. Vérification faite, le web a été mis en place pour le public à partir de 1993... Je sais que je n'ai commencé à vraiment l'utiliser, personnellement, que quelque temps plus tard. Je pense que ceux qui sont "digital natives" n'imaginent pas qu'il a fallu "apprivoiser" et s'approprier progressivement ces nouvelles pratiques et les possibilités qu'elles offraient à nos vies d'adultes...

Dans une petite page d'avant-propos, Michael Mann donne quelques éléments d'interprétation de ce que représente ce livre: les "biographies" des protagonistes, qu'il avait créées afin, au moment du tournage du film, de les communiquer aux acteurs pour qu'ils donnent de l'épaisseur à leurs interprétations. Je le cite concernant Vincent Hanna et Neil McCauley: "Heat était une tranche de ces deux vies. Pour moi, Heat 2 est une opportunité fascinante de faire revivre leur passé et de se projeter intensément dans leur avenir". Dans les cinq pages de "remerciements" en fin d'ouvrage, Michael Mann dit en quelques lignes que "Meg Gardiner a été une collaboratrice extraordinaire", cependant que celle-ci le remercie de [l']avoir "invitée à se joindre à lui pour développer l'univers emblématique de Heat".

Il me semble que j'avais découvert ce livre grâce à un billet de la blogosphère cinéma, je ne sais plus où pour le moment... Voir en tout cas le blog Les pipelettes en parlent. Je rajouterai plus tard d'autres liens antérieurs à mon billet si j'en trouve. 

PS du 27/08/2023 pour essayer de répondre à Pascale (merci pour m'avoir incité à la réflexion!): j'ai apprécié de savoir ce qui s'était passé après le film pour les survivants de la confrontation qu'il racontait. Mais en suivant Chris, on rentre bien dans quelque chose qui n'a plus rien à voir avec un braquage de banque. J'ai été intéressé par tout ce qui est dit sur le passé des protagonistes du film et qui ne rentre pas en contradiction avec celui-ci. Mais j'ai été un peu ... (étonné? Perturbé? Dérangé?) de voir apparaitre un nouvel antagoniste (et quelques personnages et péripéties gravitant autour) auquel absolument rien dans le film ne faisait allusion (même s'il n'y a aucune contradiction pour autant). Enfin, j'aurais vraiment aimé en apprendre davantage (dans une loooongue introduction, par exemple) sur l'apport de la "co-autrice": a-t-elle juste fait de la "mise en forme romanesque" sur l'histoire de Michael Mann? A-t-elle pris part à une "co-construction" en apportant des personnages et des péripéties? Ce qui est sûr, c'est qu'elle était "au service" de Michael Mann. Donc, un peu de frustration à ce niveau-là. Á mon avis, il faudrait presque, maintenant, "rédiger" la novelisation de Heat en y intégrant (davantage que le film ne pouvait bien entendu le faire... en 1995!) les nouveaux éléments amenés par Heat 2.

23 mai 2023

Mémoires / Vivre et laisser mourir, le livre d'un film - Roger Moore

Il y a quelques semaines, lors d'une recherche physique, est remonté à la surface le contenu d'une des PAL de dasola. J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) alors été "happé" par ce livre, que j'avais moi-même acheté il y a des années, "en solde", au hasard d'une halte dans une station d'autoroute (je sais, c'est pas bien). Et j'ai décidé d'en faire un billet, en y rajoutant un autre titre "du même auteur" que j'avais chiné en 2020, pour ce sixième anniversaire du décès de Roger Moore.

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Mémoires (avec Gareth Owen), trad. Marie-Céline Mouraux, First Editions, 2015, 19,95 euros (édition originale publiée sous le titre Last Man Standing: Tales from Tinseltown, 2014)
Vivre et laisser mourir : Le Film d'un film, Plon, 1973 (trad. par France-Marie Watkins)

P1150788Ecrit avec l'aide de Gareth Owen (sur lequel la seule chose que l'on apprend [p.271], c'est qu'une fois de plus il a "donné corps aux velléités d'écrivain" de Roger Moore), ce livre se présente (dans l'introduction de RM) comme la suite de James Bond par Roger Moore : 50 ans d'aventures au cinéma (publié en 2012 pour l'édition française), ouvrage auquel il est parfois fait allusion dans le texte par "j'ai déjà raconté ailleurs...". Dans ces Mémoires, RM rebalaie ici une carrière étendue sur plus de soixante ans, où il raconte des anecdotes qui sont arivées à lui-même, mais aussi à d'autres en sa présence, ou bien que d'autres célébrités lui ont racontées leur être arrivées, ou encore d'autres "de notoriété publique" (?) sans qu'il cite sa source... Il a croisé sur son chemin bien du beau monde, c'est certain (l'Index comporte pas moins de huit pages en petits caractères sur deux colonnes)! L'ouvrage est bien écrit, enlevé, et l'édition contient des photos de Roger Moore à tous âges, dans des spectacles et films pour certaines, ou lors d'événements pour les plus récentes... Une lecture distrayante, et qui peut nécessiter de fréquentes consultations d'internet pour resituer les personnes ou les films dont il parle! Le livre, organisé à ce qu'il semble de prime abord en 8 chapitres, saute souvent du coq à l'âne, sans vraiment de fil conducteur, en tout cas pas toujours de manière chronologique. Je dirai, à titre d'anecdote, que Tony Curtis, partenaire dans la série mythique Amicalement vôtre (The Persuaders! en VO), excellent compagnon au demeurant, en prend pour son grade (près de ses sous, réticent à refaire des prises, encore davantage à post-synchroniser ses répliques...). Il était déjà décédé quand le livre est sorti... 

Si vous êtes curieux d'histoires de télévision, de cinéma et d'acteurs anglais amusantes à lire, je vous conseille cette lecture intéressante.

P1150784P1150786En 1973, la couverture de l'autre livre présenté joue sur l'ambiguïté, la tranche encore plus. Sur celle-là, on lit seulement James Bond - Roger Moore. Sur la couverture, où il y a davantage de place, on lit ensuite, en caractères un peu plus petits: Le film d'un film (sic!) / Vivre et laisser mourir. Ce n'est qu'en page de garde que l'on peut découvrir la véritable identité du livre: titre principal Le film d'un livre, en-dessous (en plus petit) Vivre et laisser mourir (Live and Let Die). Le livre a été traduit en français en 1973, l'année même de sa sortie en anglais, par France-Marie Watkins, traductrice bien connue pour la catégorie "roman populaire" (je dois posséder quelques livres de feue la collection Western-Le Masque, Librairie des Champs Elysées). Rappelons qu'il s'agissait du premier film où Roger Moore prenait la suite de Sean Connery (ce dernier ayant joué auparavant six fois le rôle de James Bond): un bon plan marketing...

Et le livre commence à 100 à l'heure, précisément au moment où Roger Moore répète sans caméra la course en hors-bord... et se prend une petite gamelle. Il cadre ensuite l'histoire du tournage qu'il fait commencer au départ de Londres le dimanche 8 octobre 1972. [je suppose que tout le monde connaît le film par coeur, et est donc capable de visualiser les scènes auxquelles je peux faire allusion. Non? Bah je vais faire comme si: z'avez qu'à le (re)voir!].

Tout au long du film, RM nous livre ses impressions sous forme de chronique au jour le jour, en interaction avec ses partenaires (réalisateur, producteur, acteurs, cascadeurs, journalistes, collègues en visite...), parsemé de quelques anecdote (j'ai perdu le nombre de mariages célébrés, mais il y en a eu plus d'un!). La vie, sur le tournage, c'est un travail répétitif et prenant, parfois émaillé d'incidents plus ou moins graves survenus sur le tournage. Mais tout au long, il n'oublie pas de manger, boire, revoir de vieilles connaissances déjà croisées sur un autre tournage TV ou cinéma, jouer aux cartes avec le producteur... et les corvées que sont les photos ou les interviews de presse, elles aussi répétitives: "En quoi votre Bond diffère-t-il de celui de Sean Connery?", quand ce n'est pas "Combien êtes-vous payé?" (réponse: "je ne parle jamais d'argent, sauf avec mon banquier, mon impresario et mon percepteur!" [p.91]). Et pour modestie garder, il cite son gamin de 6 ans, Geoffrey, qui lui demande à peu près: "tu peux battre n'importe qui, même un voleur? - Bien sûr. - Et si James Bond arrivait? - James Bond, c'est moi. - Non. Je veux dire le vrai James Bond: Sean Connery" (p.49). Plus généralement, d'une jolie plume, il nous dévoile les dangers véritables courus par les acteurs et l'équipe pour un résultat spectaculaire à l'écran. La magie du cinéma, tu parles. Il nous révèle encore les dessous de la post-synchronisation, sans perdre son humour: "quand j'y pense, il m'est arrivé de voir à l'étranger des films de moi, doublés par d'autres acteurs dans des langues étrangères et j'ai souvent eu l'impression que la traduction était meilleure" (p.216). 

Ce livre semble ne jamais avoir été réédité: si vous le croisez dans une bouquinerie, n'hésitez pas! 

Et je finis ce billet en répondant à la question que vous vous posez tous, maintenant: non, l'autobiographie de Sean Connery, publiée en 2008 sous le titre Being a Scot (écrite avec Murray Grigir, traduisible par "Etre Ecossais"), ne semble pas avoir été traduite en français...?

28 mai 2023

La trilogie "La Dame de Reykjavik" - Ragnar Jonasson

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J'ai emprunté les trois romans de Ragnar Jonasson ci-dessus en bibliothèque. Pour l'anecdote, les romans sont classés au prénom de Rag (pour Ragnar) et non Jon (pour Jonasson). J'en ai demandé la raison. Les responsables de la bibliothèque ont respecté la norme internationale pour les noms islandais de classer les livres sous le prénom comme pour Ava Audur Olafsdottir (les romans sont classés à Ava). Toujours est-il que dans d'autres bibliothèques parisiennes, les romans de Ragnar Jonasson sont bien classés à Jonasson. 

Comme j'avais les trois romans en même temps, j'ai choisi de commencer par le roman publié le plus récemment, La dernière tempête, qui se passe 25 ans (en 1987-88) avant La dame de Reykjavik. J'ai continué par L'île au secret qui se déroule 15 ans (en 1997) avant La dame de Reykjavik et j'ai terminé par ce dernier roman situé vers 2012. J'ai mis trois jours entiers à lire les trois romans, dont le personnage central est l'inspectrice Hulda Hermansdottir.

Dans Après la tempête (La Martinière Noir, 281 pages), Hulda a 40 ans, une fille, Dimma (13 ans), et un mari, Jon. Les relations avec sa fille sont tendues. C'est une gamine qui a des problèmes sans que l'on sache lesquels. Et d'ailleurs, elle se suicide. Les relations d'Hulda avec sa hiérarchie et ses collègues ne sont pas simples non plus. Hulda va être chargée d'enquêter dans les fjords de l'est. Einar et Erla, un couple qui vivait dans une maison isolée battue par les vents et la neige, attendaient leur fille Anna pour Noël. Einar et Erla sont retrouvés assassinés deux mois après. Un troisième cadavre est découvert pas loin de la maison. C'était un homme qui recherchait sa fille disparue et qui avait été hébergé par le couple. Hulda, par déduction, va trouver assez vite les raisons de ces morts tragiques auxquelles il faut en ajouter une quatrième. J'ai trouvé que Jonasson avait imaginé une histoire très noire. Lire les billets d'Anthony et Lewerentz.

Cela ne s'améliore pas avec L'île au secret (La Martinière Noir, 333 pages). Hulda qui a atteint la cinquantaine, vit désormais seule car son mari Jon est décédé deux ans après leur fille Dimma (Obscurité). Dans ce volume, Hulda, qui n'a jamais été proche de sa mère, va partir à la recherche de son père américain. Il était militaire dans les années 40 et avait été basé en Islande dans une base militaire américaine près de Reykjavik. A Savannah, en Georgie, elle fait la connaissance de Robert, qui nie être son père. Hulda va souffrir toute sa vie d'être une fille sans père. Côté enquête, l'île Ellidaey est le théâtre d'un crime. Quatre jeunes gens, deux filles et deux garçons qui se connaissent depuis dix ans mais qui s'étaient perdus de vue, décident de passer un week-end sur une île habitée que par des moutons. On se rend compte que les relations entre Klara, Alexandra, Benedict et Dagur sont tendues. Après une chute, le corps de Klara va être retrouvé en bas d'une falaise. Qui est le ou la coupable et pourquoi. Quels sont les liens relient les protagonistes? On le saura à la toute fin du roman qui comporte pas mal de rebondissements. Encore une histoire assez tordue. Lire les billets de Lewerentz et Richard.

Avec La Dame de Reykjavik (La Martinière Noir, 260 pages), les choses ne s'arrangent pas pour Hulda qui est poussée vers la retraite sans ménagement. C'est une femme au bout du rouleau qui aspire à un peu de bonheur en compagnie de Petur, un randonneur comme elle, médecin à la retraite. Il reste trois jours à Hulda pour résoudre un "cold case". Elena, une jeune femme russe, a été retrouvée morte sur un rivage. La thèse du suicide a été privilégiée alors qu'Elena venait d'être régularisée. Hulda se rend compte que l'enquête a été bâclée. Elle doit aussi affronter Magnus, son supérieur hiérarchique pas tendre avec elle. En trois jours, elle arrive à comprendre ce qui s'est passé. Sans rien vous dire de plus, je dirais que le roman se termine de manière tragique. Lire les billets d'Eva, Hélène, Lewerentz, Richard et Violette.

15 mai 2023

Le coeur de l'hiver - Craig Johnson

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Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de roman de Craig Johnson. Après une visite dans une des nombreuses bibliothèques parisiennes que je fréquente, j'ai emprunté Le coeur de l'hiver (Edition Gallmeister, 377 pages), le plus récent roman de Craig Johnson paru en français. Dans ce roman, on retrouve le shérif Walt Longmire loin de ses terres du Wyoming. Il est au Mexique afin de délivrer sa fille Cady des griffes d'un dangereux narcotraficant, Tomas Bidarte. Pour information, Le coeur de l'hiver est la suite de The Western Star que je n'ai pas lu. Dans Le coeur de l'hiver, Walt Longmire pour sauver sa fille doit surmonter quelques obstacles administratifs car tant le FBI que les autorités mexicaines voient la venue de notre shérif sur le territoire mexicain d'un très mauvais oeil. Heureusement, il trouve de l'aide grâce à différents personnages: un homme nommé Voyant qui est aveugle, son neveu Alonzo ; Adan, un médecin, et sa soeur Bianca, ainsi qu'un jeune Apache qui a eu la langue coupée par un homme du Cartel mais qui est un tireur hors-pair. Le rythme du récit est trépidant, les cadavres nombreux. Je ne vous dirais rien de la fin que vous pouvez deviner. Un roman qui se laisse lire.

7 avril 2023

Souriez, vous êtes français! - Bernard Maris

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne suis pas un auditeur de radio. Je n'ai donc jamais entendu Bernard Maris lors de ses chroniques et débats sur France Inter, contrairement à bon nombre des commentateurs sous mes billets précédents qui le concernaient. L'ouvrage que je présente aujourd'hui dans mes "Hommages du 7" compile un certain nombre de ces interventions radiodiffusées du vendredi matin. 

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Souriez, vous êtes français! Bernard Maris, collection Pluriel, 2017, 135 p. 
(édition originale parue chez Grasset en mai 2016, en coédition avec France Inter).  

Si j'ai bien compris l'introduction et ce qui est dit sur le site de Radio France, parmi les quelque 300 émissions que Bernard Maris a assuré chez France Inter, une trentaine ont été rediffusées en hommage durant l'été 2015 (sous le titre "La France au milieu du gué", dans un format de quatre minutes), et leur reprise a donné lieu à ce livre. On peut regretter l'absence de toute date (que ce soit celle de la diffusion d'origine ou celle de la reprise à l'été 2015), les textes doivent donc se suffire à eux-mêmes. Le titre donné au recueil apparaît p.125. 

J'avoue, j'ai quelquefois été frustré par ce format écrit (textes très courts et un peu "didactiques"), parce que je n'écoute pas la radio et n'y ai jamais entendu Bernard Maris de son vivant (on doit certainement pouvoir l'écouter sur internet). Les textes sont courts, percutants, au ton provocateur où, je crois, l'antiphrase et le second degré sont largement utilisés. Faut-il y suspecter de l'ironie, du second degré, du sous-entendu, de la démonstration par l'absurde? Lorsqu'on lit, par exemple, la version écrite des textes que Pierre Desproges passait à l'oral, au moins, on sait sur quel pied danser: il s'agissait d'humour caustique. Chez Maris, il s'agit je suppose d'interpeller pour faire réfléchir différemment. Chaque billet commence par une apostrophe adressée aux auditeurs ("bonjour..."), jamais identique à celle de la (semaine ou l'émission) précédente, mais y faisant souvent allusion pour aller plus loin en une sorte de chaînage. Les sujets, eux aussi, sont liés (introduits dans une rubrique, approfondis dans une autre). J'ai été frappé par la "règle des 80 /20", évoquée à plusieurs reprises (20% des agriculteurs touchent 80% des subventions; 80% du CIR [crédit d'impôt recherche] bénéficie à 20% des entreprises - effet d'aubaine!).

Une citation d'actualité (p.93) dans une chronique sur les Françaises au travail: "une bonne note tout de même: les retraites des femmes se sont rapprochées de celles des hommes, mais les femmes retraitées gagnent encore moitié moins... Surtout qu'elles vivent plus longtemps, qu'elles ne se remarient pas  tandis que les veufs, eux, se remarient. Ils ne supportent pas la solitude". Ce que cela m'inspire? Hé bien, pour parodier Brassens, que Bonhomme a besoin de Bobonne! Et une autre citation (p.42) - datant d'avant le Brexit, je le rappelle: "la France attire les vieux Anglais, l'Angleterre les jeunes Français".

Je n'en dirai pas davantage sur ces textes de Bernard Maris, dont je conseille la lecture à chacun. On peut regretter que le sommaire (personne ne l'a donc relu?) attribue la "postface" à sa fille, Gabrielle Maris-Victorin, auteur de la "préface", et non à son fils, Raphaël Maris, qui l'a en fait signée. Dominique Seux, qui a donné la réplique à Bernard Maris sur France Inter durant sept ans, signe un autre texte introductif.

J'ai pu trouver un seul blog qui parlait du livre, Le bien écrire (s'agissant d'un blog hautetfort, les commentaires en ont été fermés il y a déjà bien longtemps).

Je me permettrai quand même encore quelques remarques sur la forme matérielle de cette collection Pluriel (marque qui appartient à Fayard, Maison qui fait partie du groupe Hachette, en passe aujourd'hui d'être bientôt totalement contrôlé par Vincent Bolloré) où il prend place. Mon exemplaire tout neuf est excessivement fragile (reliure défectueuse, paquets de pages qui se décollent en fin d'ouvrage). En fin de livre, justement, vingt pages listent en petits caractères les titres aujourd'hui disponibles, classés en sous-collections thématiques, mêlant des essais contemporains avec des ouvrages "classiques" datant du XXe siècle voire de son début (les manuels Malet & Isaac en Histoire, par exemple). Le site internet de Pluriel ne contient aucun rédactionnel "historique" sur cette collection. Celui de Fayard donne à lire, sur l'histoire de la Maison, un texte datant de la toute fin du XXe siècle qui ne parle pas de Pluriel. Celui d'Hachette (consulté ce 7 avril 2023) est (sauf erreur de ma part) exclusivement orienté "business", promotionnel, qui donne à lire de la publicité, de la communication, et aucune information historique... 

*** Je suis Charlie ***

28 mars 2023

Game of thrones - Les 8 saisons

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Avec mon ami Ta d loi du cine, on vient de visionner à la suite les huit saisons de Game of Thrones (Le trône de fer en VF) d'après les romans de George R. R. Martin. Cette série a beaucoup fait parler d'elle entre 2011 et 2019. Ni moi ni mon ami n'avions vu la série, mais mon ami a lu tous les tomes parus de la saga (quinze, m'a-t-il dit). J'ai aimé suivre les différentes péripéties dans le royaume des sept couronnes, dans une contrée imaginée par George R.R. Martin. Les protagonistes sont des rois, des reines, des seigneurs, des chevaliers, des sauvageons... On peut admirer trois dragons, de leur naissance à la mort de deux d'entre eux, qui vont avoir un rôle de grande importance. L'enjeu pour beaucoup de personnages est de s'asseoir sur le trône de fer, symbole du pouvoir absolu. Pendant 73 épisodes, on assiste à des combats, des trahisons, des mises à mort, des guerres civiles continuelles, des destructions. Aux confins de ces terres habitées, dans le nord, il y a un immense mur de glace derrière lequel vivent des marcheurs blancs, des morts-vivants. Même si j'ai apprécié la série, j'ai trouvé que l'image était souvent sombre et obscure, m'empêchant de comprendre ce qui se passait à l'écran. Les femmes n'ont pas forcément le beau rôle ou elles sont souvent maltraitées. Par ailleurs, il y a beaucoup de violence qui aboutit à des milliers de morts par armes blanches ou par le feu. Que de têtes coupées et de ventres transpercés! Concernant les personnages, je me suis attachée à Thyrion Lannister, le nain, qui est, pour moi, le personnage le plus intelligent. Il est très bien joué par Peter Dinklage. J'ai été touchée par Jaime Lannister amoureux de sa soeur Cersei. Arya Stark est une jeune fille puis une jeune femme libre et indépendante qui devient une tueuse redoutable. Il y a aussi Sandor Clegane, dit "le limier", un être bourru mais qui a du coeur. Et je n'oublie pas Brienne de Torth, une grande femme blonde pleine de courage même face à un ours. Je n'oublie pas Jon Snow qui n'hésite jamais à se battre au péril de sa vie. Mais bien entendu, les deux personnages principaux les plus intéressants sont deux femmes, Cersei Lannister et Daenerys Targaryen. Les deux auront un destin tragique mais somme toute logique. Et vous, si vous avez vu la série "GOT", qu'en avez-vous pensé?

13 mars 2023

Le meurtrier - Patricia Highsmith

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J'ai écouté tout récemment, grâce à You Tube, plusieurs épisodes de l'émission "Les maîtres du mystères", une émission radiophonique diffusée sur France Inter dans les années 1950 et 60. A la fin de certains épisodes, les producteurs de l'émission, Pierre Billard (1921-2012) et Germaine Beaumont (1890-1983), faisaient une intervention pour parler d'un roman policier. Et j'ai retenu que Germaine Beaumont avait appprécié Le meurtrier de Patricia Highsmith (Livre de poche, 281 pages), dont je n'avais jamais entendu parler. C'est un roman qui a été écrit en 1954 mais est paru en français en 1960 et que je me suis procuré. En préambule, je dirais que j'ai apprécié les romans de Patricia Highsmith que j'ai lus, dont ceux avec Ripley. Je conseille aussi La rançon du chien ou Eaux profondes. Les romans de Patricia Highsmith (1921-1995) sont tous de qualité. Les histoires qu'elle raconte se finissent mal en général. Sous couvert d'histoires policières, ce sont surtout des romans sur la psychologie criminelle. L'histoire du Meurtrier se passe dans la région de New-York. Dès les premières pages, Melchior Kimmel, un libraire d'une quarantaine d'années, assassine sa femme Helen. Cette dernière prend un bus et au premier arrêt, son mari qui la suivit en voiture la tue derrière un fourré. Après quelques semaines, la police n'a toujours pas trouvé l'assassin. En revanche, Walter Stackhouse, un jeune avocat, devine qui a assassiné Helen Kimmel. Il aime lire  les comptes-rendus de faits divers dans les journaux. Walter a lui-même une vie de couple compliquée avec Clara, une jeune épouse tyrannique qui lui fait du chantage affectif. Sur un coup de tête, Walter rend visite à Kimmel pour lui commander un livre mais surtout pour savoir qui est Kimmel. Quelques semaines plus tard, Clara doit se rendre au chevet de sa mère mourante qu'elle n'aime pas. Elle prend le car pour se rendre à destination, mais, comme Helen Kimmel, elle est retrouvée morte lors d'un arrêt. Elle est tombée dans le vide et son mari Walter devient le seul suspect aux yeux de Corby, un policier tenace. Celui-ci commence à faire le rapprochement entre les deux décès et pourtant Walter n'est pas coupable de la mort de sa femme. Le meurtrier est un roman passionnant de bout en bout. 

6 mars 2023

Swinging Liverpool - Les aventures de Louise Petibouchon - Jean Depelley et Eric Albert

J'ai été très contente d'apprendre qu'un nouvel album était paru avec Louise Petibouchon, une policière limougeaude. Et j'ai eu le plaisir d'avoir une dédicace des deux auteurs. J'avais appelé la librairie qui avait invité les deux auteurs et, très gentiment, le vendeur m'a dit qu'il ferait son possible pour obtenir une dédicace. Dans cet album de 44 pages paru aux Editions Paquet intitulé Swinging Liverpool, les deux auteurs racontent deux histoires en parallèle, dans ce tome 3 qui se passe toujours au tout début des années 60. Celle avec l'inspecteur Plumier toujours bête comme ses pieds qui part en vacances à Royan pour rencontrer une association spécialiste de la vie extraterrestre. Plumier doit faire un exposé devant un public. De son côté, Louise Petibouchon, toujours aussi intelligente, va aller jusqu'en Angleterre à la recherche de son amie Roseline Poissard, une prostituée au grand coeur qui vient d'être enlevée en plein Limoges, sous les yeux de son souteneur, par un gang de Russes. J'ai trouvé cet album très sympa. Il y a même un clin d'oeil à Hergé quand Louise Petibouchon, arrivant à Calais, passe devant un cargo appelé "Kamasoutjan" en référence au "Karaboudjan" dans Le crabe aux pinces d'or.

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17 février 2023

Une bibliothèque partagée en bas de chez soi

Manquant d'enthousiasme durant quelque temps pour aller au cinéma (aucun film ne me tentait), voici trois photos de l'entrée de mon immeuble.

En effet, un jour d'octobre 2021, une bibliothèque a été installée par un ou une anonyme à côté des boîtes aux lettres et quelques livres ont été mis tout de suite. Avec mon ami ta d loi du cine, on a trouvé que l'idée était très sympathique. Depuis, cette bibliothèque "vit", il y a beaucoup de mouvements avec même des BD et des DVD. En ce moment, c'est plus calme, le stock a diminué. On y trouve aujourd'hui aussi bien les derniers volumes du Trône de fer en grand format que de nombreux classiques en "Poche", des romans policiers comme des livres en anglais...

Et vous qui passez par ce blog, est-ce que vous avez connaissance de ce genre d'initiative?

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20 novembre 2022

Le bureau des affaires occultes 2 : Le fantôme du vicaire - Eric Fouassier

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Le bureeau des affaires occultes 2 - Le fantôme du Vicaire (Edition Albin Michel, 377 pages haletantes) commence quatre mois après la fin du Bureau des Affaires occultes que j'ai lu plus tôt dans l'année 2022. Cela se passe donc en  mars 1831, au début du gouvernement de Louis-Philippe. Valentin Verne, 24 ans, est toujours à la recherche d'un certain Vicaire qui est l'incarnation du Mal absolu. Ce Vicaire l'avait retenu prisonnier quand il était enfant et il lui avait fait subir les pires sévices pendant quelques années. Valentin qui est inspecteur de police a maintenant un adjoint, Isidore Lebrac, un jeune homme roux perspicace. Valentin éprouve aussi de tendres sentiments pour Aglaé, une jeune actrice de théâtre qui lui avait sauvé la vie dans le premier tome. Il y a deux histoires distinctes dans le roman. Celle dans laquelle le Vicaire crée un jeu de piste mortel pour que Valentin se rapproche de lui. Il sème des cadavres sur lesquels il laisse des missives parfois énigmatiques. Certaines victimes sont des proches de Valentin. La deuxième histoire est axée sur le thème du spiritisme. Ferdinand d'Orval a perdu sa fille unique décédée brutalement et il a aussi perdu sa première femme. Désormais, il est remarié à Mélanie, une jeune femme qui vient un jour voir Valentin. En effet, elle a peur pour son mari qui semble être sous la coupe d'un aigrefin, un "Russe de pacotille" qui fait tourner les tables en promettant à Ferdinand que sa fille Blanche va lui apparaître. Et là, Eric Fouassier nous parle de l'utilisation du Diorama inventé par Louis Daguerre. Il est aussi question d'Alfred de Musset et de Théophile Gautier, d'émancipation des femmes avec la présence de Claire Démar (1799-1833) dans le mouvement saint-simonien. Et il y a aussi Vidocq qui vient en aide à Valentin. Je ne sais pas s'il y aura un troisième tome mais ce diptyque forme un tout homogène et il y une conclusion. A la différence d'Eva, j'ai presque préféré ce deuxième tome au premier. Les deux peuvent se lire indépendamment, même si lire le tome 1 avant le tome 2, c'est mieux. 

23 janvier 2023

La république des faibles - Gwenaël Bulteau

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Pour une première oeuvre, j'ai trouvé que le roman La république des faibles de Gwenaël Bulteau (qui est professeur des écoles) était réussi (Edition 10/18, 328 pages prenantes). L'histoire se passe à Lyon, dans le quartier de la Croix-Rousse, début janvier 1898, en pleine affaire Dreyfus. Le "J'accuse" de Zola ne va pas tarder à paraître. Le corps d'un jeune garçon habillé en fille est retrouvé par un chiffonnier dans une décharge. Il a été décapité et on n'a pas retrouvé la tête. Le commissaire Jules Soubielle avec ses trois adjoints sont chargés de l'enquête. On entre dans l'intimité de chaque policier, le commissaire devrait être bientôt père de famille après plusieurs échecs. Avec sa femme Marie-Thérèse, ils sont les voisins des Genor, une étrange famille composée d'un couple (le mari est pharmacien) et de leurs six garçons. Cette famille va jouer un rôle non négligeable dans le déroulement de l'intrigue. Parmi les officiers qui aident Soubielle, il y a  le lieutenant Fernand Grimbert qui boit trop et a des relations houleuses avec sa fiancée Lucienne. Aurélien Caron, lui, est célibataire et cela lui convient; quant à Gabriel Silent, il est père de famille. En dehors de son métier de policier, Silent fait de la politique. Il compte se faire élire aux prochaines élections au côté de la Ligue contre les Dreyfusards. Au fur et à mesure que l'histoire avance, on apprend qu'il dissimule des choses de sa vie. Un deuxième enfant disparaît et on est témoin de son calvaire. C'est le fils du chiffonnier qui était chargé d'aider la police pour trouver qui avait tué la première victime. A la différence de Jean-Marc Laherrère, je ne me suis pas ennuyée une minute à la lecture de ce roman que j'ai lu en une journée. Cannibales Lecteurs et Baz-art ont aimé.

5 novembre 2022

Les vieux fourneaux 7 - Chauds comme le climat - Lupano & Cauuet

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Peut-être parce que cette fois-ci, les sujets abordés sont plus sérieux (les travailleurs clandestins - des ouvriers agricoles qui ne parlent pas français -, un incendie criminel, "le grand remplacement", le réchauffement climatique), j'ai trouvé ce tome des vieux fourneaux 7 - Chauds comme le climat (Dargaud, 56 pages) nettement moins amusant que les six précédents. Néanmoins, je conseille tout de même cet album paru hier 4 novembre 2022 qui doit se trouver en tête de gondole dans (presque) toutes les librairies de France. Dans l'album précédent, on avait quitté Pierrot, Antoine et Emile revenus de Guyane. Quand l'histoire commence, on est le 1er mai, Antoine et Pierrot participent aux défilés. Pierrot est avec les Anars et Antoine avec la CGT à Paris tandis que Mimile est à Montcoeur dans le sud-ouest de la France avec Sophie, la petite-fille d'Antoine où ils participent à un grand pique-nique de l'amitié et du vivre-ensemble. Tout se passe bien jusqu'à ce que Berthe, la bonne amie d'Emile, agresse une partie charnue du maire avec une pique à brochettes. On saura pourquoi à la toute fin de l'album. Pendant ce temps, lors du défilé parisien, Antoine se fait molester et se retrouve à l'hôpital. Heureusement que Pierrot vient lui remonter le moral. C'est à ce moment-là que l'on apprend le décès de Monsieur Garan-Servier père, le fondateur de l'entreprise qui fait vivre toute la région de Montcoeur et dont les bénéfices ont atteint des niveaux record. Par ailleurs, à Montcoeur, comme dans d'autres endroits, les ouvriers agricoles sans papiers sont mal vus par les autochtones. Cela va même provoquer un désastre. Dans cet album, nos trois vieux fourneaux sont plus spectateurs qu'acteurs de l'histoire. C'est peut-être pour cela que j'ai trouvé cet album moins drôle. Mais cela ne m'empêchera pas de continuer de suivre les aventures d'Antoine, Pierrot et Emile. A la fin de l'histoire, il y a bien écrit "fin de l'épisode".

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27 octobre 2022

Lettres de la Terre - Mark Twain

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Je (ta d loi du cine, squatter" chez dasola) vous présente aujourd'hui un livre découvert via le système de prêt de livres au sein de l'AMAP dont je fais partie: les Lettres de la terre de Mark Twain (éd. L'oeil d'or, 2005, 87 p.). Je l'inscris au challenge 2022 en classiques co-organisé par Nathalie et Blandine. 

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Le petit livre ci-contre est un bijou. Je le considère comme se situant au croisement de Candide ou de Zadig de Voltaire, des Histoires comme ça de Kipling, ou des Lettres persanes de Montesquieu. L'édition que j'ai entre les mains, datée de 2005, est celle de la première traduction en français (par Freddy Michalski). 

Mark Twain est mort en avril 1910 (crise cardiaque, apparemment). Sa fille Clara, la seule qui lui a survécu, avait interdit en 1939 la publication de cette oeuvre restée inédite (sa rédaction datant de 1909). Elle ne l'a autorisée que peu avant sa propre mort (à 88 ans - elle était née en 1874). Du coup, Letters from the Earth a été édité aux Etats-Unis seulement en 1962 (année du début du concile Vatican 2 - il n'y a sans doute aucun  rapport?).  

La couverture du livre prend bien en compte la mouche obsédante qui est mentionnée à maintes reprises sous la plume de Mark Twain. Mais commençons par le commencement, le prétexte. C'est Dieu, il donne un cours à ses trois élèves (la Genèse). "A la fin de l'heure, la séance du Grand Conseil fut levée" (fin du 1er chapitre - une page [p.11]). Dans le deuxième chapitre (dialogue entre les trois acolytes - Gabriel, Michel... et Satan), l'un des trois semble manifester diverses réserves à l'encontre de l'oeuvre du Maître. Notamment à propos de la création d'animaux sur un petit globe [qu'Il a] fait il y a de cela quelque temps (trois siècles divins équivalents à 100 millions d'années terrestres?). Ayant eu la langue trop longue, Satan est banni dès le chapitre 3 (une page [p.16]). Et c'est de la Terre qu'il enverra ses épitres clandestines à ses deux camarades (la suite du texte, p.17 à 87). L'archange en visite sur cette planète est loin du Petit Prince de Saint-Exupery. Certaines de ces lettres sont numérotées voire divisées en parties, d'autres non. On peut supposer que le texte était loin d'être définitif et achevé. "Satan" (prétexte?) n'y apparait plus guère, une révision globale aurait peut-être pu amener davantage de "liant". 

Mes lecteurs auront sans doute commencé à le comprendre, lire ce livre est surtout agréable si on le comprend bien en tant que pamphlet subversif, sacrilège, riche en paradoxes, ironie ou satire mordante ... Bref, une bonne publication susceptible de réjouir les mécréants comme moi, mais dont la lecture hérissera certainement les intégristes de tous poils. 

Au fil des lettres sont égrenés quelques morceaux de bravoure. Les analyses concernant l'Arche de Noë (coût de revient, considérations logistiques, contraintes matérielles, etc.) constituent un monument d'ironie (le sujet amène encore Mark Twain à prendre la mouche pratiquement à témoin...). L'auteur s'attarde sur une critique brillante du "paradis terrestre" tel que littéralement présenté (les hommes qui passent leur temps, tout leur temps, à chanter et jouer de la harpe, but ultime d'une vie éternelle...? Ça doit être abominable, sous-entend l'épistolier). Une oeuvre jubilatoire pour moi, certainement blasphématoire pour tous les fondamentalistes prenant leurs "textes sacrés" (??) au pied de la lettre, incapables qu'ils sont d'en faire une lecture critique en les remettant dans le contexte historique et sociologique de l'époque de leurs rédactions. On peut comprendre pourquoi elle a dû attendre un demi-siècle pour être éditée, si en 1910 les Etats-Unis n'avaient toujours pas fait leur aggiornamento sur la bigoterie (l'ont-ils fait en 2022?). Allons, j'admets que Twain est quelque peu de mauvaise foi en mêlant le Dieu de l'Ancien Testament avec celui du Nouveau. Mais c'est encore là un ressort satirique et attirant. La sexualité est aussi bien montée en épingle. Considérée comme une joie mise à disposition par le Créateur, d'où vient donc qu'elle soit simultanément frappée de tabous interdisant de l'utiliser, de la pratiquer, d'en faire étalage (et autant pour les bigots, toujours)?

P1150539Les illustrations réalisées pour cette édition agrémentent (occupent?) 11 pages. Je vais m'abstenir de vous exposer certaines des gravures de Sarah d'Haeyer qui égaient l'ouvrage: quelques-unes ne sont certes pas à mettre entre toutes les mains. La seule que je cite (ci-contre), destinée à illustrer la construction de l'Arche de Noé, me rappelle pour ma part l'adage célèbre "si votre seul outil est un marteau, tous les problèmes auront tendance à vous apparaître sous forme de clous" (je ne prétends pas que c'est ce que l'artiste a voulu exprimer, hein...).

Entre autres excellents préceptes pour ceux ayant engendré un enfant, MT recommande de ne pas lever la main sur lui, sauf par gentillesse ou pour son propre bien (p.34): cela suffirait aujourd'hui, je suppose, à le faire tomber sous le coup de la loi française, qui ne prévoit même pas de telles exceptions, sauf erreur de ma part... 

Pour finir, je regrette un peu l'absence d'une introduction présentant les circonstances de l'écriture. Mais peut-être le "biographe officiel" de Twain (Albert Bigelow Paine), adoubé par sa fille Clara, n'a-t-il pas donné suffisamment d'informations sur Letters from the Earth (oeuvre interdite à la publication)?

En cherchant sur internet si des blogs avaient parlé de ce livre, j'ai seulement déniché un billet amusant sur l'Alamblog, dans lequel Le Préfet maritime allume Actes sud, coupable à ses yeux d'ignorer superbement l'édition que je vous ai présentée. 

Bon, maintenant, il est temps que je m'offre Le droit d'emmerder Dieu, de Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, pour un prochain billet... [chroniqué le 07/02/2023]

9 octobre 2022

Les sept divinités du bonheur - Keigo Higashino

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Après Le nouveau, c'est avec un immense plaisir que j'ai retrouvé l'inspecteur Kaga dans Les sept divinités du bonheur, Actes Noirs - Actes Sud (302 pages passionnantes). L'histoire commence avec le meurtre d'Aoyagi Takeaki, un père de famille, cadre supérieur dans une entreprise d'équipements pour le bâtiment qui après avoir été poignardé en pleine poitrine, s'écroule sur le pont de Nihonbashi en plein coeur de Tokyo. C'est le lieu qui était l'ancien point de départ de toutes les routes du Japon. La victime, Aoyagi Takeaki, se trouvait dans un endroit inhabituel pour lui. Yahima Fuyuki, le seul suspect, qui a dérobé le portefeuille de la victime, est renversé par un camion et il décède rapidement à l'hôpital. Il venait d'être licencié de l'entreprise d'Aoyagi Takeaki. Il y travaillait en intérim. Kaga et son cousin Matsumiya sont chargés de l'enquête. Et nous, lecteurs, on suit avec intérêt une enquête qui n'est pas simple et on découvre des ramifications auxquelles on ne s'attend pas. Après avoir interrogé les collègues de la victime et la compagne du suspect, Kaga ne semble pas convaincu par les mobiles qui s'offrent à lui. Le pèlerinage des sanctuaires des sept divinités du bonheur du titre se rapporte au fait que peu de temps avant sa mort, Aoyagi Takeaki fabriquait des origamis (des centaines de grues) qu'il posait sur un coffre à offrandes d'un des sanctuaires. Je peux vous dire que ce n'est pas un crime crapuleux, ce n'est pas une vengeance. C'est beaucoup plus subtil. Je peux vous dévoiler que le fils de la victime n'est malheureusemnt pas étranger à la mort son père mais c'est tout ce que je vous dirai. Une fois de plus, Kaga montre une grande patience, il réfléchit. C'est un homme subtil. Un très bon roman qui se lit avec plaisir. 

26 novembre 2022

La longue marche des dindes - Léonie Bischoff et Kathleen Karr

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Avant d'être une bande dessinée, La longue marche des dindes est un roman écrit par Kathleen Karr qui a été publié aux Editions L'école des loisirs.

Dans ce billet, je ne vais parler que de la bande dessinée dessinée par Léonie Bischoff (Edition Rue de Sèvres) qui a aussi adapté le texte. Cet album de 144 pages me semble un cadeau de Noël idéal. Il peut être lu et apprécié par les petits et les grands. La grande marche des dindes débute dans l'Etat esclavagiste du Missouri en 1860. La guerre de Sécession n'a pas encore commencé. Simon Green, un jeune garçon de 12 ans orphelin de mère, vit chez un oncle et une tante qui ne l'apprécient guère. Grâce à son institutrice Miss Rogers, Simon va s'émanciper de sa famille et se lancer dans une drôle d'aventure: emmener 1000 dindes bronzées (race de dinde d'Amérique) jusqu'à Denver au Kansas et parcourir plus de 1000 km. Simon qui est un garçon dégourdi se lance dans l'aventure avec un chariot, quelques mules et un muletier. Pendant son voyage, il va rencontrer deux filles qui vont devenir des compagnes de voyage, Jo, une petite filles noire qui s'est évadée d'une plantation après la mort de sa mère, et Lizzie, une jeune fille de 14 ans, seule survivante d'une famille victime de la sécheresse. Simon va aussi croiser quelques Indiens à qui il cédera quelques dindes pour l'élevage, et retrouver son père qui s'avère être un fieffé filou. On apprend que les dindes, quand c'est nécessaire, peuvent voler. L'album se lit vite. J'ai aimé les dessins. Je conseille.

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Le blog de Dasola
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