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15 janvier 2014

Le salon du prêt-à-saigner / Le puits de Moïse est achevé - Joseph Bialot

J'ai terminé tout récemment deux romans policiers de Joseph Bialot (juif polonais rescapé de la Shoah, 1923-2012), écrivain d'expression française qui s'était installé à Paris avec sa famille dans les années 30.

Le salon du prêt-à-saigner est le premier roman que Joseph Bialot ait écrit et ce roman a été récompensé du grand prix de littérature policière en 1979.

Le deuxième (qui est le dernier que l'écrivain écrivit avant sa dispariton en 2012 à l'âge de 89 ans) a pour titre Le Puits de Moïse est achevé. Plus de trente ans séparent ces deux romans aux styles très différents. La narration du Puits... est très classique voire neutre. J'ai trouvé intéressant de faire la comparaison entre les deux romans.

 

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Le salon du prêt-à-saigner (Edition Folio policier, 220 pages) porte bien son titre car c'est saignant. L'intrigue se situe dans le quartier du sentier à Paris, connu comme le quartier de la confection. On y trouve aussi quelques cadavres. Les victimes ont été égorgées au rasoir. Les policiers qui mènent l'enquête portent des noms de rues de Paris: Faidherbe, Chaligny, Brancion. On connaît assez vite le tueur mais pas forcément son mobile. C'est un roman qui se lit vite. Le style de ce roman m'a rappelé celui de Thierry Jonquet. Je conseille. 

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Maintenant, avec Le puits de Moïse est achevé (Editions Rivages Noir, 350 pages), Joseph Bialot nous transporte à la fin du XIIIème siècle au temps des Templiers et de leur trésor, de Philippe IV le Bel "La Statue" et de Guillaume de Nogaret (son âme damnée). Philippe IV le Bel cherche de l'argent à tout prix et après s'en être pris aux Juifs et aux Lombards, il lorgne le trésor des chevaliers du Temple. C'était aussi le temps de la construction de quelques églises. Le lecteur entre dans l'intimité de quelques personnages dont des ouvriers bâtisseurs d'églises. "Le puits de Moïse est-il achevé?" est un mot de reconnaissance pour se faire reconnaître par les Templiers dont Jacques de Molay, maître du grand ordre est menacé par le roi de France. Par là même, on suit en parallèle une sous-intrigue dans laquelle une jeune femme juive est sauvée in extremis de la mort, alors qu'un drame de la jalousie endeuille un chantier d'une église. Je conseille aussi.

4 mars 2018

SIA - Salon International de l'Agriculture 2018

Aujourd'hui, 4 mars 2018, s'achève au Palais des Expositions à Paris le Salon International de l'Agriculture, dont la première édition eut lieu en 1964. Je n'y étais pas allée depuis plusieurs années et c'était une première pour mon ami. On a passé un très bon moment dans la plus grande ferme de France. Pour ceux qui connaissent, on a commencé par le hall 1, là où se trouvent veaux, vaches, cochons, moutons. Les bêtes sont magnifiques, rasées, pomponnées. Elles  sont très entourées par leurs propriétaires. Cela vaut le déplacement. De grands panneaux indiquent les races de bovins, ovins et autres. La nouvelle Aquitaine était à l'honneur. Comme de bien entendu, je suis allée admirer les bazadaises et les limousines (mes deux races favorites pour des raisons personnelles).

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P1070179 Ce salon a un côté très pédagogique instructif.

 

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P1070213 C'est le "cul" d'une vache Blanc-Bleu.

P1070198 Une des vaches que l'on emmène pour le concours général puisqu'un certain nombre d'animaux sont primés.

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 P1070159 Des moutons noirs et blancs

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P1070235 La vie éphémère d'un cochon.

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P1070246 Vue d'ensemble du hall 1

P1070247 Quelques dessins humoristiques présentés dans la passerelle qui relie le hall principal aux autres pavillons.

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 On n'a pas été voir les chiens et les chats, mon ami n'y tenait pas. Et on n'a fait que traverser le pavillon des produits régionaux, il y avait trop de monde.

On a pu admirer en revanche quelques volailles et oiseaux.

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P1070256 La photo ne rend pas compte de la grosseur du pigeon. Il est "maousse costaud", nettement plus gros que les pigeons des villes.

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P1070265 Un magnifique dindon

P1070269 Voici le coin "ferme pédagogique". Les enfants sont ravis. Ils peuvent caresser les animaux.

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Ayant atteint le pavillon "Agriculture et délices du monde", tout au fond il y a avait les animaux d'élevage du monde :

P1070279   P1070286  Chameau et dromadaire

P1070281 Des alpagas, ils viennent d'un élevage en Normandie.

P1070283 Un Zébu?

Si vous n'êtes jamais allé au Salon d'Agriculture, essayez d'y aller au moins une fois, d'autant plus si vous avez des enfants.

PS: je suis très contente des trois César ayant récompensé le film Petit Paysan : meilleur acteur, meilleur second rôle féminin et meilleur premier film. Les récompenses sont méritées.

8 décembre 2012

Le dernier Lapon - Olivier Truc

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Je viens de terminer Le dernier Lapon (Editions Metailié Noir, 452 pages) d'Olivier Truc (qui est journaliste). J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre au tout début. Mais au fur et à mesure, je me suis intéressée aux personnages qui évoluent dans des conditions extrêmes. En effet, j'ai découvert (un peu) les us et coutumes des Samis qui vivent sur un territoire de 400 000 km2 que se partagent la Suède, la Norvège, la Finlande et un peu la Russie. Le roman se déroule entre le 10 janvier et le 28 janvier de nos jours. Le 10 janvier est une date importante, car c'est la veille du jour où le soleil refait enfin son apparition (pendant 27 minutes) après 40 jours d'obscurité totale dans cette partie du globe où les températures atteignent souvent les -30°. A un moment dans le livre, un personnage trouve qu'il fait presque doux quand il fait -17°! Non seulement, il fait froid, mais il fait nuit et le vent venant de Sibérie est glacial. Quand le roman s'achève, l'ensoleillement est de 5 heures, soit un peu plus de 10 minutes de soleil en plus chaque jour.

Nous faisons connaissance de Klemet, un Sami, et de Nina, policiers à la brigade des rennes qui enquêtent sur la mort de Mattis, un Sami assassiné, qui s'occupait mal d'un troupeau de rennes (Olivier Truc utilise pendant tout le roman le terme plus approprié de Sami plutôt que Lapon). Parallèllement, un tambour récemment acquis par un musée vient d'être dérobé. C'est le 72ème tambour sami (dont se servaient les chamans) authentifié de par le monde. Sur le dessus de ces tambours (qui servent à des rites chamaniques) sont dessinés des formes, des symboles qui racontent ou non une histoire. Les deux policiers mènent une enquête difficile au sein de ce peuple autochtone et ils se déplacent en scooter des neiges. Le "gros méchant" de l'histoire est un Français, André Racagnal, géologue hors pair mais homme dangereux et pervers. Aslak, un Sami époux d'une femme à moitié folle, est un autre personnage important de cette histoire bien menée qui donne envie de connaître un peu mieux la Laponie et le peuple Sami.

Lire les billets de Michel, Yv, Dominique, et Keisha.

23 décembre 2012

Un pied au paradis - Ron Rash / Nous avons toujours vécu au château - Shirley Jackson

 Voici deux romans policiers très différents qui méritent toute votre attention.

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Après Serena, Un pied au paradis est le deuxième roman de Ron Rash que je lis (Livre de poche, 300 pages). Ce roman à plusieurs voix est vraiment bien construit: cinq personnes plus ou moins impliquées dans un meurtre s'expriment l'une après l'autre. Au début des années 50, dans un comté rural des Appalaches du sud, sur une ancienne terre Cherokee, Holland Winchester est mort (sa mère en est sûre). Et, en effet, le shérif Will Alexander, le couple Holcombe, Amy puis son mari Billy, et Isaac leur fils (quelques années plus tard), et enfin l'adjoint du shérif font le récit de ce tragique événément avant, pendant et après (Holland a été tué d'une balle dans la poitrine). En arrière-plan, se greffe le fait que les fermes et les champs alentour où se déroule l'histoire (qui s'étire sur 18 ans) vont être recouverts par une immense retenue d'eau. Tout doit et va disparaître. Plus qu'un roman policier, c'est un beau drame psychologique très humain que je vous conseille. Je ne vais pas tarder à lire le 3ème roman de Ron Rash paru en français, Le monde à l'endroit. Lire les billets d'Aifelle, de Dominique, de Kathel, de Ys, de liliba, de Claude le Nocher.

 

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Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson (Editions Rivages/Noir, 235 pages) pourrait aussi s'intituler "L'Antre de la folie". Quelque part aux Etats-Unis, deux soeurs, Constance (Connie) Blackwood, 28 ans, et Mary Catherine (Merricat) Blackwood, 18 ans, vivent dans une vieille et grande demeure au milieu d'un parc avec un oncle impotent appelé Julian. Tous les autres membres de la famille sont morts empoisonnés à l'arsenic il y a déjà quelque temps. Toute l'histoire est narrée à la première personne par Merricat qui a une façon bien à elle de dire et décrire des choses que l'on devine assez horribles. Et pourtant, elle emploie un ton très neutre. Le roman se termine en point d'interrogation dans un décor dévasté par un incendie. C'est plus un conte fantatisque qu'un vrai roman policier. J'ai appris que Shirley Jackson (1916-1965) était l'auteur du roman "La maison hantée" que Robert Wise a porté à l'écran en 1963 sous le titre La maison du diable, (The Haunting en VO): film qui existe en DVD et que je vous conseille absolument. Pour vous donner une idée du style de récit, voici les premières lignes de ce roman: "Je m'appelle Mary Katherine Blackwood. J'ai dix-huit ans et je vis avec ma soeur Constance. J'ai souvent pensé qu'avec un peu de chance, j'aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, mon index est aussi long que le majeur, mais j'ai dû me contenter de ce que j'avais. Je n'aime pas me laver, je n'aime pas les chiens, et je n'aime pas le bruit. Mais j'aime bien ma soeur Constance, et Richard Plantagenêt, et l'amanite phalloïde, le champignon que l'on appelle le calice de la mort. Tous les autres membres de ma famille sont décédés." Roman très particulier (un peu daté) que j'ai apprécié.

14 avril 2012

Colonel Blimp - Michael Powell / Emeric Pressburger

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En attendant d'évoquer à nouveau de nouveaux films (rien ne me donne vraiment envie d'écrire dessus, aucune nouvelle sortie ne me tente vraiment non plus), je voudrais faire un billet sur un film ressorti le mercredi 4 avril 2012 en copie neuve restaurée en numérique. Il s'agit du Colonel Blimp de Michael Powell et Emeric Pressburger (1943), dont la trame peut faire penser de loin à La grande illusion de Jean Renoir (1937). En effet, l'histoire se déroule sur une période de 40 ans entre 1902 et 1942. Un Allemand, Théo Kretschmar-Schuldorff, et un Anglais, le colonel Clive Candy, après s'être affrontés en duel et s'être blessés, se lient d'amitié et aiment la même femme, Edith Hunter (Deborah Kerr). C'est l'histoire de deux hommes attachés à certaines valeurs et certains idéaux qui vont se trouver bafoués avec la montée du nazisme. C'est émouvant de constater que ce film a été tourné avant la fin de la seconde guerre mondiale. Le réalisateur et le scénariste ne connaissaient pas encore l'issue du conflit même si un certain optimisme se dégage. J'ai retenu le monologue dit par Theo (l'extraordinaire Anton Walbrook, vu dans Lola Montès de Max Ophüls), qui a bien compris que Hitler n'est pas un gentleman et que la guerre est faite par des êtres malfaisants qui n'ont aucune morale. Les principes de la chevalerie sont bels et bien révolus. J'ai trouvé que le film est peut-être un peu long (il dure 2H20), surtout au début qui m'a paru brouillon; mais par la suite, j'ai vraiment bien apprécié cette histoire où Deborah Kerr (qui avait 22 ans) joue trois personnages. Un film à découvrir si vous le pouvez.

25 décembre 2023

Le cygne et la chauve-souris - Keigo Higashino

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Ce fut un grand plaisir de me plonger dans le nouveau roman de Keigo Higashino (Actes Noirs, Actes sud, 418 pages passionnantes). Le cygne et la chauve-souris sont deux des personnages principaux, Kazuma, le fils d'un accusé de deux meurtres dont un qui est prescrit et Mirei, la fille d'une des deux victimes. Dans un quartier de Tokyo, Shiraishi Kensuke, un avocat pénaliste, est retrouvé poignardé dans sa voiture. Après avoir éliminé des suspects (des clients de l'avocat), les deux policiers chargés de l'enquête, Godai et Nakamachi, se déplacent dans la région de Nagoya où ils vont arrêter un certain Monsieur Kuraki qui fait des aveux spontanés. Il s'accuse même d'avoir commis un meurtre en 1984 qui a eu des retombées tragiques: un homme avait été accusé à tort et s'était suicidé. L'affaire semble résolue mais c'est compter sans les doutes qu'ont Kazuma et Mirei. Ils sont convaincus que Kuraki ment. Les relations entre les personnages sont bien décrites, cela nous apprend beaucoup sur les moeurs japonaises et les codes sociaux. Lors des procès, il y a un système de participation des victimes qui permet d'avoir accès au dossier de l'instruction. Lors de successions, il y a une part réservataire aux héritiers directs (comme en France). Le lecteur n'est jamais perdu pendant la progression de l'histoire car il y a de nombreuses redites. Le roman entraîne le lecteur sur des fausses pistes. Les cartes sont sans arrêt rebattues. On se promène entre Tokyo et la région de Nagoya, on voyage en Shinkensen (le TGV japonais). On constate que les Japonais boivent du café et du thé vert dans des gobelets en carton. Un roman qui m'a énormément plu et que je conseille. Lire les billets de Maggie, Alex-mot-à-mots, Lewerentz et Sacha. 

20 août 2023

Voyage en Islande - 3

Je reprends le compte-rendu de mon voyage en Islande fin juillet 2023.

Avant de quitter le sud de l'ïle pour nous diriger vers l'Est, nous nous sommes arrêtés à Vik et aux environs, aux falaises de Reynishverfi avec leurs orgues basaltiques. On marche sur une plage de sable noir et on nous a prévenu que la mer était dangereuse. C'est une des zones de nidification des macareux (je n'en ai pas vu). 

P1160176 Eglise de Vik

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P1160172 Le sable noir

P1160169 Colonnes de lave sculptées par la mer

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Je continue avec l'hommage fait à des marins français qui sont venus au XIXème siècle jusqu'en 1914 pour la pèche. Il y en eu entre 4000 et 5000. Plusieurs sont morts de maladie et 49 d'entre eux sont enterrés dans un cimetière dans le village de Fáskrúðsfjörður (jumelé avec Gravelines), dans l'est de l'île. Un hôpital a été construit grâce à une collecte et fut fondé en 1903 pour soigner les pêcheurs français ou belges. Le jour où on y a été, le village fêtait d'un coup les fêtes françaises. On nous a demandé de chanter la Marseillaise qui a été enregistrée sur un portable d'une Islandaise très francophile.

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Je termine avec des photos des solfatares bouillonnants avec des fumées et jets de boue s'échappant du sol. Ça sent le soufre (l'oeuf pourri).

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Juste avant, nous avons encore parcouru un champ de lave à Dimmuborgir.

P1160412 Cette lave forme de vraies sculptures.

P1160409 Et on marche dans un sentier balisé parmi cette lave.

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P1160410 Et on trouve des champignons. J'ai pris en photo un cèpe.

Dans le prochain billet, j'évoquerai brièvement la faune que j'ai pu apercevoir : chevaux et moutons. 

14 août 2023

Tsunami - Marc Dugain

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) programme le présent billet pour qu'il paraisse une douzaine d'heures après sa rédaction, et sur un livre que j'ai eu en main il n'y a pas 24 heures, prouvant à la fois qu'il se lit vite et qu'il m'a intéressé.

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Marc Dugain, Tsunami, Albin Michel, 2023, 260 pages

Dans Tsunami de Marc Dugain, le premier livre que je lis de cet auteur (qui en a écrit ou co-écrit une vingtaine), le "raz-de-marée" est à la fois allégorie et menace réelle. Le roman à la première personne se présente en prologue comme une "chronique" durant les premiers mois d'un nouveau Président de la République, qui s'est faufilé à ce poste en remportant l'élection grâce au soutien des grandes multinationales (américaines) du numérique. Dans cette politique-fiction, la personne qui "tient la plume" n'est ni un conseiller, ni un ministre: c'est notre Président lui-même, un homme jeune ayant fait fortune dans une entreprise de biotechnologie, qui lui a permis de se constituer un carnet d'adresses intéressant. On apprend assez vite qu'il souhaite mettre en place, pour lutter contre le réchauffement climatique, un principe "pollueur-payeur" reposant sur le consommateur final, avec un bonus-malus fiscal incitatif. mais pour cela, tout doit être sous contrôle... avec les fameuses GAFAM qui participeront à la gestion des données. Nous le suivons, au jour le jour, durant quelques semaines. Notre héros m'a donné l'impression d'un talent certain pour slalomer entre les événements qui se déroulent, davantage qu'il n'en a l'initiative. Il doit faire face, jour après jour, à différentes affaires (privées, tant sentimentales que financières), aussi bien qu'à de petites ou grandes décisions politiques à prendre toujours dans l'urgence, comme pour le maintien de l'ordre public face aux réactions à son projet de loi. Il cotoie les grands de ce monde à défaut de leur parler d'égal à égal. Dans cette fiction dystopique, s'il rencontre un président des Etats-Unis, un chancelier allemand et Poutine, j'ai remarqué l'absence de MM. Erdogan ou Xi?

Je vais poursuivre ma présentation du livre par quelques citations sélectionnées (parce que correspondant à des thèmes qui m'ont "parlé"), mais bien entendu hors contexte du (court) chapitre qui les entoure (44 au total), et, a fortiori, de l'intégralité de ce court roman. Le président jugeant son Premier ministre, p.18: "c'est un fin politicien qui se fait une idée de la France qu'il garde pour lui-même pour ne pas se mettre en porte-à-faux lorsque ses capacités d'adaptation le mènent au-delà de ses convictions". Avec une prise de recul quelque peu désabusée, p.32: "c'est un peu le lot de tous les candidats à la magistrature suprême que de déployer une énergie extraordinaire à conquérir le pouvoir pour ensuite consacrer ce qu'il reste de cette énergie à maintenir les choses en l'état". À propos de la fameuse loi en préparation, p.65: "soixante-cinq pour cent des Français voient le traitement de l'urgence climatique comme une priorité, mais les premiers sondages donnent aussi soixante-cinq pour cent d'opposants au principe de l'individualisation de la responsabilité". Alors qu'il se rend en avion à Vancouver pour un "sommet" privé (un peu comme un Forum de Davos, donc?), p.111, il ne se prive pas de bons mots, sur "un de ces sommets depuis lesquels on voit le monde en attendant d'en redescendre", qui lui permet de croiser le Président des Etats-Unis pour un tête-à-tête assez court et chaleureux ("il me prend pour un allié, enfin pour un vassal plutôt fiable")... Il est même question, p.149, de la mortalité de personnes plus vulnérables que d'autres au Covid (pour cause d'obésité ou de diabète), en remarquant que "si l'on s'élève un peu plus, on comprend que, pour une partie non négligeable de son activité, la médecine soigne des maladies que la société crée elle-même par le stress, la pollution, la nourriture pathogène, situation contre laquelle les gouvernements craignent de lutter, de peur de contrarier les lobbies agroalimentaires". p.153, la rencontre avec le médecin-chef d'un nouvel hôpital psychatrique en banlieue est l'occasion pour celui-ci d'un long développement sur la perte de l'altérité (compétence dans les rapports sociaux avec les autres) dans la société contemporaine, à cause de ces fichus écrans. Enfin, p.183, qu'a-t-il à dire à propos du discours qu'il prononce pour ressouder la nation après un drame? "lorsque la fiction est la même pour tous, elle devient réalité". 

Bien entendu, je suis loin de vous avoir dévoilé tous les personnages ni toutes les péripéties auxquelles la France et son Président doivent faire face dans l'ouvrage. 

Après avoir fini ce livre (il m'a fallu peu de temps), je me suis dit que j'aimerais bien continuer à en lire la suite en "feuilleton", un chapitre par semaine, où le cadre dystopique se confronterait avec l'actualité réelle... Mais je ne pense pas que ce concept soit à l'ordre du jour (et puis, quel en serait le modèle économique? Je n'accepterais sûrement pas de payer pour cela...)!

Par contre, à l'occasion, et une fois lue mes PAL ou LAL les plus urgentes, je prendrai (ou donnerai) sans doute quelques heures pour lire des oeuvres antérieures de Marc Dugain.

Sibylline avait parlé de Tsunami (et je crois bien que c'est chez elle que mon attention a d'abord été attirée). Lizathène expose en quelques phrases qu'elle n'a pas aimé. Si j'en trouve, je ne m'interdis pas de rajouter par la suite des liens vers d'autres billets publiés avant le mien... comme Isabelle sur le blog "Fumet de lectures". Ou Géraldine.

23 mai 2022

Extrême urgence - Michael Crichton / Le cannibale de Crumlin Road - Sam Millar

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Extrême urgence (Edition Pocket, 438 pages) est un des premiers romans écrits par Michael Crichton en 1968 qui était encore étudiant à la Harvard Medical School. Il a écrit des romans pour payer ses études. Entre la médecine et l'écriture, il a choisi la deuxième après avoir été diplômé de médecine. Extrême urgence est un thriller qui se passe dans le monde médical. Le narrateur, John Berry, un médecin dans un labo d'anatomie pathologique d'un hôpital bostonien va mener une enquête pour disculper un ami obstétricien d'origine sino-amécaine. Il est accusé par la mère de la victime d'être responsable d'un avortement qui a provoqué la mort de la patiente, Karen, une jeune femme de 17 ans. Karen était la fille d'un grand médecin de Boston. La police a trouvé le suspect idéal et elle ne va pas plus loin. Berry, lui, du fait qu'il connait bien son domaine va suivre plusieurs pistes et en particulier, il apprend que Karen avait une vie dissolue, sexe et drogue. John s'approche tellement de la vérité qu'il en retire quelques plaies et bosses. J'ai trouvé quelques lacunes dans la résolution de l'histoire et des questions restent sans réponse. Cela n'empêche pas que le roman se laisse lire.

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Je passe au Cannibale de Crumlin Road de Sam Millar. Cet ex-taulard s'est reconverti dans l'écriture et cela lui réussit. J'apprécie beaucoup ses romans. Le cannibale de Crumlin Road (Collection Point Policier au Seuil, 328 pages), a été écrit en 2010 et il est sorti en 2015 en version française. Comme pour les autres romans de Millar, l'histoire se passe à Belfast. Et l'on retrouve le détective privé Karl Kane qui va devoir affronter un sérial killer assez abominable. Ce dernier issu d'un milieu aisé enlève des jeunes femmes maigrichonnes. Il les fait grossir, surtout le foie et les reins, organes qu'il consomme après avoir tué ses victimes, souvent des marginales. Jusqu'au jour où la propre fille de Karl Kane est enlevée. Le dénouement va se passer dans une prison désaffectée située Crumlin Road. Le roman se lit très vite. L'auteur a un grand sens de la narration même si ce roman n'est pas mon préféré de l'auteur. Lire le billet d'Yv.

29 août 2021

La guerre des mondes - Herbert-George Wells

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J'ai poursuivi mon Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola), en relisant un grand classique. Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'un "space opera", même si je viens de découvrir que l'oeuvre chroniquée aujourd'hui a connu une ou plusieurs suites (que je vais tâcher de me procurer pour une prochaine lecture...). Mon billet du jour comptera, en tout cas, aussi pour le 9e Challenge de l'Imaginaire.

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H.-G. Wells (1866-1946) est l'un des pionniers de la littérature de science-fiction. La guerre des mondes, comme tout le monde le sait, dépeint le débarquement des Martiens en Angleterre, aux alentours de Londres (et non dans le New-Jersey aux Etats-Unis!). Mon Folio (ci-dessus) possède un premier cahier "collector", imprimé en biais, et une couverture illustrée par Folon (ça ne s'invente pas!). C'est mon grand frère qui m'avait offert (et fait découvrir) ce bouquin, pour un de mes anniversaires, il y a plus de 40 ans... Dans cette édition en français (je ne me suis évidemment pas reporté au texte en anglais), l'action se déroule en 1894, et est "racontée" six ans plus tard (alors que le livre, lui, a été publié en 1898).

Un lecteur français aura sans doute autant besoin d'une carte, pour y repérer les innombrables lieux cités au cours des pages, qu'un étranger pour se repérer en banlieue parisienne. J'ai trouvé un site en anglais (je suis bien certain qu'internet offre une multitude d'autres outils!).

Pour envahir la terre, la science martienne utilise, selon ce que reconstituent les savants terriens, une sorte de canon tirant des projectiles de 20 à 30 mètres de diamètre, qui "mettent minables" ceux envoyés sur la lune par la "Columbia" de Jules Verne. Au départ destination d'excursion, le premier cratère formé par la chute d'un de ces "météores" se révèle rapidement source d'un danger mortel, et très vite en surgit un engin inconnu, cependant que les cyclindres (contenants) continuent d'arriver depuis Mars au rythme d'un par jour. Les tripodes (célèbres dans notre "imaginaire collectif") sont aussi décrits (par un artilleur - qu'on reverra par la suite dans le livre) comme mesurant eux-mêmes 30 mètres de haut. Nos envahisseurs semblent ignorer la roue. Leurs "machines de guerre" principales se déplacent à vive allure, si j'ai bien compris, en basculant de l'une à l'autre de leurs trois longues pattes dans une sorte de tournoiement (?).

L'auteur-narrateur (roman à la 1ère personne) se positionne en témoin de première main, mais raconte également ce qui arrivait à son frère, de son côté. Très vite, c'est le chaos dans la banlieue londonienne, alors que les Martiens sèment la panique et la mort, malgré la résistance, qu'on pourrait croire de mieux en mieux organisée, de l'armée britannique, puis de sa marine. Ce livre écrit à la fin du XIXe siècle annonçait déjà les gaz de combat (la "fumée noire" inconnue répandue par les Martiens sur soldats comme civils) et le rayon laser de la saga Guerre des étoiles (puisque le laser n'a toujours, à ma connaissance, été utilisé jusqu'à maintenant que pour guider une bombe vers un objctif, et non comme "rayon de la mort" tel que décrit dans nos oeuvres d'anticipation). L'exode des Londoniens fait penser à celui de juin 1940 sur les routes de France (selon ce que j'ai pu en lire). Le narrateur s'attarde jusqu'à se retrouver isolé beaucoup trop près d'un campement martien avant de pouvoir s'échapper.

Dans ce livre, Herbert-George Wells nous donne entre autres la vision d'un futur où la majorité des humains ne seraient guère plus que du bétail (les Martiens sont quelque peu vampires...), cependant qu'une minorité résisterait (le narrateur passe quelques jours aux côtés de l'artilleur croisé précédemment, avant de comprendre qu'il ne s'agit guère que d'un rêveur velléitaire). Un premier indice d'insuccès de l'invasion est donné par la dégénérescence rapide de l'herbe rouge extraterrestre... qui, après avoir crû très vite, meurt subitement. Et il s'avère au bout de quelques semaines à peine que la cinquantaine de Martiens, dont les militaires britanniques n'ont réussi à détruire que deux ou trois tripodes (tuant leurs conducteurs), a été exterminée par les micro-organismes terrestres, alors que les envahisseurs s'apprêtaient à étendre leur rayon d'action (vers le continent?) grâce à une machine volante qu'ils finissaient de construire...

Désormais, on peut espérer que la Terre veillera au grain! Ce ne sont pas les hommes, n'est-ce pas, qui auraient l'idée d'envoyer aux confins de notre galaxie un message disant en substance: "Ohé, amis, nous avons plein de protides à vous offrir, dans la 3e planète autour du soleil! Venez, soyez les bienvenus, miam-miam!".

La moindre recherche sur internet ramène des dizaines de chroniques sur ce classique de la SF qu'est La Guerre des Mondes (le roman). J'ai tâché de "mixter" entre des blogs que je connais déjà ... et d'autres (sans prétendre, bien sûr, à l'exhaustivité!), mon principal critère étant que le blog soit toujours actif en 2021 (ce n'est pas le cas de tous ceux sur lesquels je suis tombé, on peut même dire que ça réduit sérieusement le champ...). Ainsi, en ont parlé: SF Emoi, La bibliothèque éclectique, L'ourse bibliophile, Ju lit les mots, Ewylyn, Bruce Kraft (qui a aussi consacré un autre billet au film de 2005), Le cafarnaüm éclairé de Nelfe et Mr K. (liste incomplète, j'insiste). Plusieurs autres blogs dont Le chien critique, Les lectures de Cyrlight, Culturellement vôtre, Welcome to Nebalia ...m'ont mis sur la piste d'une édition présentant aussi une suite!

** Pour prolonger le livre **

En plus d'être illustré, traduit, réédité, le livre a aussi donné lieu à bien des adaptations sous diverses formes toutes plus notables les unes que les autres. Il semble que la fameuse histoire de la panique causée par l'adaptation radio d'Orson Welles soit surtout une invention de journaliste. Pour ma part, j'ai dû voir au moins deux ou trois fois le film de 2005 avec Tom Cruise au fil des ans. Mais j'aimerai bien laisser dasola participer au Challenge avec l'un ou l'autre film concernant Mars! Une adaptation manga (3 volumes au Japon) est en cours de parution en France, j'y reviendrai vraisemblablement si le T.3 sort avant mars 2022. Et voici les titre de deux suites: La cage de Londres (il faudrait que je passe - notamment - à la librairie québécoise de Paris, afin de pouvoir en parler ultérieurement...), et Le massacre de l'humanité (évoqué par certains autres blogs listés ci-dessus).

Je savais aussi qu'Edgar P. Jacob avait illustré La guerre des mondes alors publié en feuilleton dans les tout débuts du Journal de Tintin, en 1946-1947, et pensais mettre ici un extrait du livre que je possède sur le dessinateur. Mais je viens de trouver mieux: Vivianne Quittelier, la petite-fille de sa dernière compagne, possède un blog (elle a d'ailleurs publié un livre de souvenirs où elle évoque le Maître). Et on y trouve donc en ligne plusieurs versions d'une image iconique représentant trois tripodes.

Pour finir, j'espère ne pas avoir trop déboussolé les lecteurs de ce billet par les mélanges entre fiction et réalité, fin du XIXe siècle et notre XXIe siècle. Si c'est le cas, je m'en excuse, et ne peux que suggérer... une deuxième lecture de l'article! ;-)

12 juin 2021

Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

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Je viens de terminer Dans la brume écarlate (Livre de poche, 534 pages) le cinquième roman de Nicolas Lebel qui m'a permis de retrouver avec plaisir le capitaine Merhlicht et ses deux lieutenants Sophie Latour et Mikaël Dossantos qui dépendent du commissariat du XIIème arrondissement de Paris. J'ai lu les quatre précédents. Voici mes billets sur trois d'entre eux, ici et là.

Avec Dans la brume écarlate, Nicolas Lebel revisite le thème du vampire, de Dracula et des personnages du roman de Bram Stoker. De nos jours, des jeunes femmes de toutes nationalités et pour la plupart des sans-papiers, appartenant au groupe sanguin rhésus O négatif (7% de la population française) disparaissent sans que l'on sache ce qu'elle sont devenues. Il y a plusieurs récits en parallèle: Taleb et Noura, un frère et une soeur d'origine syrienne dans un camp de migrants à la porte de la Chapelle. Un jour, Noura partie pour une consultation dans un dispensaire ne revient pas. Un soir, Lucie revient d'une soirée. Elle est seule dans la nuit. Elle sent que quelqu'un la suit dans un boulevard du XXème arrondissement. Elle disparaît. Cathy, sa meilleure amie, va connaître plus tard une mésaventure qui aurait pu mal se terminer. On fait aussi la connaissance de Roumains, Yvan qui depuis vingt-huit ans poursuit un homme qu'il désigne par un surnom "le Monstru". Yvan avait une épouse appelée Mina qui est morte sous la dictature de Ceauscescu victime du vampire de Gherla (nom d'une prison roumaine). Quelques scènes du roman se déroulent au cimetière du Père-Lachaise où l'on va trouver le corps d'une des disparues. Je vous laisse découvrir où d'autres victimes sont "entreposées". Sinon, la demeure d'un des personnages principaux se trouve rue Edgar-Poe dans le XIXème arrondissement (j'ai vérifié, la rue existe). C'est un roman plaisant à lire qui rend bien hommage aux romans de vampires.

15 mai 2021

Au prochain arrêt - Hiro Arikawa

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Etant en province pour ce week-end de l'Ascension, je suis allée dans une librairie que je fréquente régulièrement. Pour moi, c'est chaque fois un plaisir renouvelé d'entrer dans cette librairie car je sais que je trouverai toujours mon bonheur. Et depuis mars 2021, cette librairie indépendante applique à nouveau 5% de réduction sur l'achat des livres, ce que ne fait pas encore ma librairie de quartier à Paris.

Au prochain arrêt d'Hiro Arikawa, paru en mai 2021 (Actes sud, 183 pages), nous emmène au Japon dans la région de Kobé et Osaka, de nos jours, sur une ligne de chemin de fer comportant huit gares. On va parcourir la ligne à l'aller et au retour entre Takarazuka et Nishinomiya. Et au fur et à mesure des arrêts, des personnages monteront et descendront des wagons. Ainsi, à l'aller, on fait la connaissance de Tokié, une grand-mère et sa petite-fille Ami; Shoko, une jeune femme habillée dans une robe blanche coûteuse qui revient d'un mariage où le marié était l'homme avec qui elle devait s'unir après cinq ans de fiançailles. Il a préféré en épouser une autre qui est tombée enceinte de ses oeuvres. Masashi, un jeune homme et Yuki, une jeune femme vont nouer une relation lorsqu'ils vont découvrir après un pont sur lequel passe le train, le caractère "vie" créé par un alignement de pierres. Misa, une jeune fille, se dispute avec Katsuya, son bon à rien de petit ami qui la bat. Un groupe de lycéennes se font remarquer en parlant fort. Elles se moquent du copain (pas présent) d'Etchan, l'une d'entre elles. Cet ami un peu plus âgé et qui travaille, n'est pas capable lire certains idéogrammes japonais et il ne sait pas repasser une chemise. Enfin, un autre jeune homme à la tenue un peu punk s'intéresse à une jeune femme qui observe au loin des hélicoptères en opération et un "torii". Ils vont tous plus ou moins se croiser, se parler, donner leur opinion. On les retrouve tous presque six mois plus tard sur le trajet du retour. Les relations entre certains personnages ont évolué. J'ai été une fois de plus intéressée par les comportements des Japonais, vieux ou jeunes. Tout est codé. J'ai aimé ce court roman qui se lit bien. C'est le deuxième ouvrage traduit en français de cette romancière née en 1972, après Mémoires d'un chat que je n'ai pas encore lu. 

20 novembre 2020

L'attaque du Calcutta-Darjeeling - Abir Mukherjee

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A défaut de pouvoir voyager dans les contrées lointaines, il reste les livres pour s'évader. Avec L'attaque du Calcutta-Darjeeling de l'Ecossais d'origine indienne Abir Mukherjee (Editions Liana Levi, 397 pages), l'écrivain nous emmène à Calcutta en 1919 où l'on fait la connaissance de Sam Wyndham arrivé d'Angleterre. Il a posé le pied en Inde le 1er avril de cette année là. Avant 1914, Wyndham avait travaillé à Scotland Yard. Gravement blessé pendant la première guerre mondiale, il est devenu accro aux opiacés et sa femme Sarah est décédée de la grippe espagnole. Dès son arrivée, on lui demande d'enquêter sur le meurtre d'un haut fonctionnaire dont le corps a été retrouvé près d'un bordel. Wyndham a comme adjoint un sergent Indien, Banerjee. Les deux vont suivre plusieurs pistes dans cette ville capitale du Bengale Occidentale. A l'époque, l'Empire britannique règnait sur cette partie du globe. 100 000 Britanniques y étaient présents. Mais la révolte commence à gronder parmi les Bengalis qui aspirent à l'indépendance et à la non-violence. L'arrière-plan historique est bien décrit par petites touches. Un roman très plaisant à lire dans lequel j'ai appris des choses sur l'Inde de cette époque. On s'attache très vite aux deux personnages principaux. L'attaque du Calcutta-Darjeeling (paru récemment en poche) est le premier d'une série. Le deuxième, Les princes de Sambalpur dans lequel on retrouve Wyndham et Banerjee, vient de paraître [chroniqué le 14 décembre 2020]. 

Lire les billets de Encore du Noir!, de Mimi, Jean-Marc Laherrère et Le bouquineur.

13 novembre 2020

Les vieux fourneaux 6. L'oreille bouchée - Lupano & Cauuet

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Grâce aux librairies indépendantes à Paris, en cette période de reconfinement, j'ai pu commander le nouveau Les vieux fourneaux 6. L'oreille bouchée de Lupano et Cauuet (Editions Dargaud, 56 pages). J'ai récupéré mon exemplaire le jour de sa parution, le 6 novembre 2020. Ce "passer commande et récupérer" est pratique et permet aux librairies de continuer leur activité.  

Dans ce sixième tome, on retrouve Pierrot qui est de très mauvaise humeur. Dans le cadre de l'association "Ni yeux, ni maître", il continue ses attentats avec d'autres contre les "flics" coupables de violence policière. Dans sa maison à la campagne, Antoine a reçu une invitation pour partir en Guyane rejoindre Emile, "Mimile". Antoine a du mal à joindre Pierrot qui est très réticent à quitter Paris et sa pollution. Cependant, arrivés à Cayenne, Antoine et Pierrot font un long périple, en particulier en pirogue, pour parvenir à destination où ils retrouvent Emile, son ami Errol, l'Australien dont on fait la connaissance dans le tome 3 (Celui qui part) et Sophie. Ce tome évoque l'orpaillage et les dégâts écologiques que cette quête de l'or provoque. Il est fait mention du projet "Montagne d'or" qui, pour le moment, a été abandonné. Un tel projet détruirait la biodiversité (oiseaux, végétaux, etc.), qui est une des grandes richesses de ce département français. Ce séjour en Guyane permet à Pierrot de faire une rencontre inattendue qui le fait remonter dans son passé. Un tome sympathique assez différent des précédents. A quand la suite? 

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7 novembre 2020

Charlie Témoignage: se réveiller dans un sarcophage en janvier 2015 - Simon Fieschi

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Je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) n'avais encore jamais trouvé l'occasion de rendre directement hommage, dans mes chroniques mensuelles, à l'un des membres de l'équipe de Charlie Hebdo qui s'est sorti vivant (mais grièvement blessé) de l'attentat du 7 janvier 2015. Dans Charlie Hebdo N°1474 du 21 octobre 2020, pp. 14-15, j'ai découvert le témoignage de Simon Fieschi sur l'après-attentat, premier article de lui que j'ai lu dans le journal (sauf erreur de ma part), illustré par cinq dessins en "regard subjectif" de Riss.

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Simon Fieschi, webmestre de Charlie et abattu à son bureau le 7 janvier, est sorti du coma le 14 janvier 2015 seulement. Très gravement blessé (une balle de fusil de guerre kalachnikov lui avait non seulement traversé le poumon mais aussi endommagé la colonne vertébrale), il était alors intégralement paralysé, sous respiration et alimentation artificielles. Son article raconte la douleur, ou plutôt les douleurs... au point de rêver au moyen de se suicider (alors que gisant incapable de quoi que ce soit seul), les délires, le désespoir de ces longues semaines vécues alité. 

Chaque mot de cette double-page est pesé et compté, même s'il s'agit d'un vécu personnel, intériorisé et intransmissible (cela transpire dans le texte lui-même), et je souhaite d'abord et surtout en signaler l'existence, pour que d'autres que moi puissent la lire. J'ai trouvé l'intégralité du texte publié en ligne et mis à disposition (en tout cas ces jours-ci) sur le site internet du journal. 

Je vais juste en citer un petit paragraphe: "Pendant plus d'une semaine, je n'ai eu qu'un pied dans le royaume des vivants. Quand j'apprends que nous avons été attaqués par al-Quaida, que tout le monde est mort, que les cloches de Notre-Dame ont sonné pour Charb, Cabu et les autres, que notre petit Charlie a rassemblé 4 millions de personnes et réalisé la plus grande vente de l'histoire de la presse française, ça devient difficile de distinguer entre la réalité et les hallucinations". 

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Jusqu'à présent, j'avais uniquement relevé que Philippe Lançon avait évoqué Simon Fieschi dans quelques pages du livre Le lambeau en parlant de leur séjour commun à l'hôpital des Invalides (p.420). Je n'avais en effet rien déniché venant directement de lui (comment savoir si c'est lui, ou bien un homonyme, qui a travaillé dans le cadre de ses études universitaires sur les gendarmes et le banditisme corse au début du XXe siècle?). J'aurais pu, c'est vrai, parler de lui dans un article dédié grâce à ce que la presse avait écrit le concernant... Je ne l'avais pas encore fait. 

Riss, lui, parle de Simon dans son livre que j'ai chroniqué en septembre, p. 117 à 120. Il raconte comment il l'a embauché, recommandé par une relation de Bernard Maris, pour "faire vivre le site du journal qui, avant son arrivée, était aussi dynamique qu'une pierre tombale". Dans les pages suivantes, il témoigne comment, déjouant les pronostics les plus pessimistes, "durant les semaines et les mois qui suivirent, au prix d'un travail acharné de rééducation, Simon retrouva très lentement l'usage de ses deux membres inférieurs sur lesquels il réapprit à se tenir debout, aidé d'une canne dont il ne se sépare jamais".

Profitons enfin du présent billet pour mentionner ici les chroniques de Yannick Haenel qui suit quotidiennement pour le site internet de Charlie Hebdo le procès des attentats de janvier 2015 (articles illustrés par Boucq). 

*** Je suis Charlie ***

19 février 2020

Tu mourras à vingt ans - Amjad Abu Alala

Quel beau film que voilà! Il est sorti en France, peut-être parce qu'il a été recompensé à Venise en tant que premier film et qu'il a reçu un Grand prix au festival d'Amiens. Tu mourras à 20 ans est, selon le réalisateur soudanais, le huitième film de fiction jamais produit au Soudan. J'ai trouvé le film empreint d'une grande sérénité, une vraie invitation au voyage, et pourtant le sujet n'est pas gai. L'histoire se passe de nos jours dans un petit village (celui où vécut le père du réalisateur) aux maisons couleur ocre, à plusieurs centaines de kilomètres au sud de Khartoum, dans la province d'Aljazirah, là où coulent le Nil blanc et le Nil bleu. Au cours d'une cérémonie en plein air, un chef religieux bénit un nouveau-né qui lui est présenté. Il le baptise Muzamil, juste au moment où un derviche dans l'assemblée s'effondre en criant "20". Le destin de Muzamil est dès lors scellé, il mourra à 20 ans. Sakina, sa mère ,va désormais porter du noir, et son père, qui ne supporte pas cette situation, s'exile de pays en pays. Muzamil grandit élevé par sa mère. La malédiction qui le poursuit l'ostracise auprès des autres gamins qui l'appellent le "garçon de la mort". Un jour, ils l'enferment dans un coffre après l'avoir enveloppé dans un linceul. Cependant, il apprend à lire dans le Coran grâce à l'Iman qui l'embauche dans la mosquée. Et puis, Muzamil est fasciné par Naïma, une fille de son âge. Il en tombe amoureux et cela semble réciproque, mais il est prévu qu'il va bientôt mourir. Muzamil découvre grâce à Souleiman, un homme qui vit à l'écart dans une grande bâtisse, qu'il y a une vie en dehors du village. Souleiman, qui boit de l'alcool et vit avec une prostituée, lui fait découvrir le cinéma et ce qu'a été Khartoum avant le coup d'Etat de 1989 et l'instauration de la loi islamique. Souleiman essaye de détourner Muzamil de cette croyance qui le condamne. Il veut qu'il pense par lui-même, qu'il devienne autonome. Je ne vous dirai pas si Muzamil subit son funeste destin. Allez voir le film, s'il passe par chez vous, et vous le saurez!

Lire le billet de Miriam.

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18 juillet 2018

Heather, par-dessus tout - Matthew Weiner / Cette nuit - Joachim Schnerf

Comme indiqué sur les étiquettes, j'ai emprunté et lu ces deux courts romans en une semaine. Dans les bibliothèques parisiennes, à quelques exceptions près, beaucoup de nouveautés sont empruntables seulement une semaine non renouvelable à moins de se déplacer pour les emprunter à nouveau. Je prends des livres courts dans la mesure du possible.

Toujours est-il que je suis tombée sur Heather, par-dessus tout de Matthew Weiner (Editions Gallimard, 133 pages), qui avait été recommandé à sa sortie à la rentrée 2017 par de nombreux libraires que je fréquente. Je me demande un peu pourquoi. Je n'ai pas été emballée plus que cela. L'écrivain qui est le scénariste principal et coproducteur de la série télé Mad Men nous raconte l'histoire d'un couple, Karen et Mark Breakstone, qui se sont mariés sur le tard à plus de 40 ans et ont eu la joie de devenir les parents d'une petite Heather qui deviendra une jolie adolescente. Karen a mis sa carrière d'attachée de presse entre parenthèses pour s'occuper d'Heather tandis que Mark, malgré qu'il n'ai pas réussi autant qu'il le souhaitait dans les affaires, devient riche. La famille s'installe dans un appartement huppé de Manhattan. Bobby Klarski, lui est nettement moins chanceux dès la naissance avec une mère célibataire, alcoolique, droguée, et de nombreux amants qui profitent d'elle. Bobby devenu grand va faire un peu de prison et puis, après sa libération, il fera des petits boulots qui va le conduire jusqu'à travailler sur un échafaudage en face des fenêtres de la famille Breakstone. Je vous laisse découvrir la suite. La chute finale assez abrupte ne m'a pas trop convaincue.

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En revanche, je conseille Cette nuit de Joachim Schnerf (Editions Zulma, 145 pages). Le roman a obtenu le prix Orange 2018. J'ai appris plein de choses sur la fête de Pessah (la Pâques juive, qui commémore l'exode des Juifs hors d'Egypte), sur le rituel du Séder qui se passe le soir (d'où le titre du roman) et sur les autres rites et coutumes de cette semaine très importante du judaïsme. Salomon, un vieil homme, vient de perdre sa femme Sarah après 50 ans de mariage. Salomon est un rescapé des camps de concentration. Cela lui permet de faire des blagues sur la Shoah, pas toujours bien comprises par sa famille. Salomon et Sarah ont eu deux filles, Denise et Michelle. Toutes les deux mariées, la première n'a pas eu d'enfant mais la deuxième en eu deux, un garçon et une fille. Cette famille est donc réunie pour Pessah et l'absence de Sarah se fait cruellement sentir. Salomon se remémore quand elle était encore de ce monde. Je me suis très vite attachée à cette famille composée de personnages très différents: Michelle au caractère difficile, Denise, une femme effacée, le mari de Michèle, Patrick et ses problèmes intestinaux, le mari de Denise, Pinhas, qui est le seul à rire aux blagues de Salomon. Je n'oublie pas Tania et Samuel, les enfants de Michèle et Patrick. Mais Salomon, le personnage central du roman, est bouleversant. Un roman et un écrivain à découvrir. Lire les billets de Violette, d'Amandine, de Motspourmots et de Jostein.

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5 mai 2018

Le retour / Jamais - Bruno Duhamel

Grâce à Violette et à Mo que je remercie, j'ai découvert le dessinateur et scénariste de BD Bruno Duhamel.

Le Retour (Bamboo Edition, collection "grand angle", 96 pages) est une évocation très libre de la vie et l'oeuvre de César Manrique (1919-1992) et de l'île de Lanzarote où il est né. Lanzarote fait partie des îles Canaries. Grâce à Manrique qui était un peintre, architecte et scupteur, Lanzarote n'a pas trop subi les effets du tourisme de masse mais il semblerait que les touristes viennent mallheureusement de plus en plus nombreux d'année en année. Manrique avait réussi par son engagement à ce que son île soit préservée; en particulier à ce que les maisons contruites ne dépassent pas deux étages. Duhamel fait de Manrique (Cristobal dans l'album), un homme plus torturé, plus intransigeant que ne l'était peut-être Manrique qui a fait de son ile volcanique une oeuvre d'art. Comme Violette, je ne connaissais pas Manrique et je n'ai jamais été à Lanzarote. La BD donne envie de découvrir et l'oeuvre de Manrique et l'île. J'ajouterai que j'aime beaucoup les dessins, le noir et blanc et la couleur, les planches "pleine page". Pour compléter cette lecture et pour vous donner une idée sur à quoi ressemble Lanzarote, lire les billets de Géraldine.

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Jamais (Bamboo édition, collection grand angle,  56 pages) raconte l'histoire de Madeleine, une vieille dame aveugle au caractère pas commode qui a perdu son mari en mer depuis plusieurs années. Cela ne l'empêche pas de continuer à lui parler comme s'il était toujours là. Madeleine vit avec son chat Balthazar dans une maison isolée au bout d'une falaise en train de s'écrouler sur la côte d'albâtre. Le ton de la BD est souvent drôle, touchant et grave en même temps. Madeleine, malgré son infirmité, se débrouille bien toute seule. C'est pourquoi elle tient tête au maire de la ville voisine qui voudrait qu'elle parte en maison de retraite. La fin nous laisse dans l'expectative: tombera? Tombera pas? Une BD que je conseille tout comme Aifelle, Brize et Mo.

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28 novembre 2017

Voyage au Chili - Ile de Pâques (Atacama - 1ère partie)

A deux heures d'avion de Santiago, à plus de 1700 km au nord, pas loin de la frontière bolivienne, on arrive dans des paysages désertiques. La région est l'un des déserts les plus arides du monde. Il n'y pleut jamais ou presque. Voici la Vallée de la Lune.

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P1060116 Une très grande dune

P1060139 Toutes les traces blanches, c'est du sel. 

P1060141 Ces trois formes sont surnommées "les trois Marie". La première à gauche a été cassée - par un touriste français, nous a-t-on dit (!).

P1060174 Le soleil commence à se coucher.

 

P1060181 Paysage lunaire.

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Il y a un ensoleillement extraordinaire et il fait chaud et sec.

Le jour suivant, sur la route de l'Altiplano (4200 mètres d'altitude), on s'est arrêté à la laguna Chaxa sur le Salar d'Atacama (le plus grand lac salé du Chili), à 2500 mètres d'altitude, où vivent des flamants: les flamants roses du Chili et les flamants roses des Andes. C'est un endroit d'un calme absolu.

Concernant la prise des photos pour cette partie du voyage, ce fut souvent difficile car la réverbération était telle que j'avais du mal à visualiser ce que je voyais sur mon écran d'appareil. J'ai un petit Lumix basique qui néanmoins me satisfait. J'ai pris souvent les photos au jugé.

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P1060256 Nourriture du flamant. Ce sont des petits organismes plein de carotène, d'où la couleur rosé des flamants.

J'ai aussi vu un bécasseau de Baird qui fait partie des oiseaux nichant dans le Salar.

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Et un invité surprise, un petit lézard.

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La suite demain.

21 novembre 2017

Je suis un récidiviste - Petros Markaris

Me voici de retour afin de reprendre les rênes du blog après 10 jours inoubliables au Chili avec l'Ile de Pâques.

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Avant quelques billets sur ce voyage, voici un billet sur un livre de Petros Markaris lu juste avant mon départ et que j'ai découvert par hasard au rayon polar d'une grande surface. Il a été écrit en 2006. Une postface écrite en 2016 conclut l'ouvrage. Je suis un récidiviste de Petros Markaris (Editions L'échoppe, 110 pages) permet de mieux connaître l'écrivain, né en 1937 à Istanbul, "La Ville", d'un père arménien et d'une mère grecque. Je l'ai pour ma part découvert grâce à ses romans policiers, dont "la trilogie de la crise" (Liquidations à la grecque, Le justicier d'Athènes, Pain, éducation, liberté) et un Epilogue (Epilogue meurtrier). Dans ces romans policiers et ceux écrits antérieurement, Journal de nuit (son premier roman  que je suis en train de terminer), Le Che s'est suicidé, L'empoisonneuse d'Istanbul ou Actionnaire principal, le commissaire Kostas Charitos mène des enquêtes à Athènes ou aux environs. Charitos est marié à Adriani et père de Katerina (Markaris a aussi une fille, qui, elle, vit à Istanbul). Adriani est une très bonne cuisinière, comme la femme de Brunetti ou celle de Maigret. C'est grâce à Charitos que Markaris a choisi d'écrire des romans. Et Markaris qui est trilingue (grec, allemand et turc) a choisi la langue grecque pour écrire, c'était naturel pour lui. Il explique comment il a choisi le quartier d'Athènes dans lequel il fait vivre Charitos, d'origine petite-bourgoise. Charitos, un policier attachant (qui aime lire les définitions du dictionnaire et qui conduit une voiture Mirafiori) n'est pas un personnage excentrique comme le sont Poirot ou Holmes. Markaris préfère Miss Marple ou même l'inspecteur Rebus de Ian Rankin. Pour résumer, Markaris est un Arménien hellénisé élevé dans la langue allemande qui a longtemps vécu dans La Ville (Istanbul). J'ai aussi appris que Markaris était traducteur de Goethe et qu'il avait une passion pour Bertold Brecht. De même, qu'il a été scénariste. Il a co-écrit avec Theo Angelopoulos L'Eternité et un jour (1998). Le livre comporte des photos d'Athènes en noir et blan prises en février 2017 et quelques-unes avec Petros Markaris chez lui. Un écrivain intéressant dont je recommande tous les romans avec Charitos si vous ne les connaissez pas encore.

1 novembre 2017

La soif - Jo Nesbø

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Ayant quitté Harry Hole dans Police, j'étais impatiente de retrouver le grand gaillard blond cabossé. Les lecteurs auront attendu trois ans avant de revoir Harry grâce à La soif (Editions Gallimard, 600 pages). Harry Hole est devenu instructeur à l'Ecole supérieure de police. Il est apaisé, heureux en ménage (il a épousé Rakel) et il s'entend bien avec son beau-fils Oleg qui veut lui-même devenir policier. Un soir, en rentrant chez elle, Elise, une jeune femme, se fait assassiner en se faisant mordre dans le cou. Elle s'est entièrement vidée de son sang. Juste avant de mourir, ele reconnait le visage de l'assassin qui était abonné comme elle à un site de rencontres sur le web. Mickael Bellman, le chef de la police qui a des ambitions politiques veut que cet assassinat soit résolu le plus vite possible. Il décide de faire appel à Harry Hole bien qu'il le haïsse. Harry ne peut pas refuser devant un certain chantage de Bellman. Par ailleurs, on sait vite quelle est l'arme du crime: des dents de fer rouillées montées en dentier. On nous révèle bien avant la fin le nom de l'assassin qui est lui-même manipulé par quelqu'un d'autre. Les 600 pages se lisent presque d'une traite grâce aux nombreux rebondissements de l'histoire dans laquelle le sang joue un rôle central. Il est aussi beaucoup question de vampirisme. Pour moi, ce n'est pas le meilleur "Harry Hole" car j'avais préféré Le léopard, Fantôme ou Les cafards mais j'ai été très contente de retrouver Harry qui une fois de plus va finir assez amoché. J'espère que, pour le tome suivant, Nesbø nous fera moins attendre.

Lire le billet de baz'art.

29 novembre 2017

Voyage au Chili - Ile de Pâques (Atacama - 2ème partie)

Nous avons atteint une première fois les 4200 mètres d'altitude dans l'Altiplano, la plus haute région habitée au monde après le Tibet. L'Altiplano s'étend sur 4 pays: Argentine, Bolivie, Chili et Pérou.

Pour y arriver on a d'abord fait une halte au village de Socaire avec son église,

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P1060270  A ces altitudes, on ne trouve que peu ou pas d'arbres mais cette sorte de végétation.

P1060285 On voit aussi des touffes d'herbes séchées appelée la "paja brava", dont se nourrissent les vigognes.

 

P1060296 Je n'ai pas été perturbée par l'altitude mais plutôt par le soleil qui m'a vrillé les yeux. C'est une photo du soleil prise vers 13h sur l'Altiplano. Il était juste au dessus de ma tête.

Nous avons plus particulièrement vu les lagunas Miscanti et Miñiques. Ce sont des lacs d'eau salé.

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Il s'agit de lieux de reproduction d'oiseaux comme la Tagua cornuda.

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Sur la route, on a aussi vu des vigognes au loin. Le jour d'après, j'ai pu en prendre une en photo. Admirez cet animal très gracieux qui peut courir à à une vitesse de 60km/heure malgré l'altitude, grâce à un coeur plus gros que la normale pour un camélidé de la même origine que l'alpaga.

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Nous avons terminé nos visites dans la région désertique du Chili avec les Geysers d'El Tatio (Le grand-père qui pleure, en espagnol).

On s'est levé à l'aube, car nous avons parcouru plus de 80 km pour atteindre à 4300 mètres d'altitude ces 80 geysers actifs, le plus grand site de geysers de l'hémisphère sud. L'eau ne monte pas très haut mais c'est suffisamment impressionnant car l'eau qui jaillit est à une température de 85* celsius. Il est interdit de s'approcher trop près. Il y a eu malheureusement ces dernières années des personnes décédées par imprudence. Elles sont tombées dans l'eau. On ne meurt pas tout de suite, mais les brûlures sont telles que l'on ne résiste pas longtemps. J'ai été frappée par l'odeur d'eau chaude qui se dégage.

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De retour à Santiago, on est reparti à l'Ile de Pâques: plus de 5 heures de voyage.

Mon billet dans deux jours.

26 novembre 2017

Voyage au Chili - Ile de Pâques (Valparaiso)

Voici la suite du voyage chilien avec une halte à Valparaiso (un nom de ville qui m'a toujours fait rêver). Valparaiso a été le plus grand port d'Amérique latine au XIXème siècle. De nos jours, Valparaiso reste une ville importante, la deuxième du Chili avec 1 million d'habitants, et le premier port du Chili. Le poète Pablo Neruda (1904-1973), prix Nobel de littérature en 1971, avait acheté une maison qui se visite. Et on voit quelques chats qui tournent autour des visiteurs et des rosiers.

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Valparaiso est une ville en deux parties: la partie basse avec les bâtiments administratifs, le port et les commerces, et la partie haute avec ses maisons en tôle et aux murs colorés.

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Le "Street art" est très répandu.

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P1050931 Cette mention "no AFP" se réfère aux problèmes des retraites et des fonds de pension au Chili. La retraite se fait par capitalisation et non par répartition (comme en France). Au bout du compte, le montant des retraites n'est pas à la hauteur des fonds épargnés.

Car comme dans d'autres pays, le Chili est face à trois problèmes: l'éducation, la santé et les retraites. Tout est payant.

Valparaiso est célèbre pour ses funicalaires: il en existe trente, mais seuls quinze sont en état de marche.

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Et voici le port de Valparaiso

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Et une vue d'ensemble de la ville.

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Enfin, voici un peu de végétation.

P1050952 des nèfles

P1050970 et la fleur du fruit de la passion.

Je n'oublie pas un lama (à qui je n'avais rien fait) qui s'est permis, comme pour le capitaine Haddock dans Le temple du soleil, de me cracher dessus (il m'a prise par surprise).  Je ne lui en ai pas voulu, la preuve, je lui ai à mon tour tiré le portrait.

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La suite dans deux jours.

24 novembre 2017

Voyage au Chili - Ile de Pâques (Santiago)

Me voici donc de retour dans la grisaille parisienne après 10 jours intenses à Santiago, Valparaiso, Atacama et l'ïle de Pâques. J'ai passé environ 43,5 heures dans les avions plus quelques heures d'attente avant d'embarquer. Comme dirait l'autre, je ne ferai pas cela tous les jours mais cela en valait la peine.

Je commence par Santiago, capitale du Chili où vivent 7 millions d'habitants, soit presque 1/3 de la population total chilienne. Santiago n'a rien d'exceptionnel, mais c'est de là que l'on part pour aller partout au Chili, en avion, en bus ou en train.

Début du voyage, justement, par la gare principale avec dans son prolongement une station de métro en sous-sol et une gare routière. La structure du toit est en fer. Elle a été contruite par une société française en 1885 selon un projet de Gustave Eiffel.

Vous noterez le grand sapin (ce n'est pas un vrai) pour les futures fêtes de fin d'année. Il faisait presque 30°, c'est quasiment l'été puisque nous sommes dans l'hémisphère sud. La nuit tombe à 20h.

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Les guides qui nous ont fait les visites nous ont bien évidemment beaucoup parlé de la dictature de Gustavo Pinochet. Plus de 25 ans se sont passés depuis la fin de la dictature en 1989. Mais les Chiliens sont encore très marqués. Je rappelle que Pinochet, général originaire de Valparaiso, a renversé le 11 septembre 1973 le président Allende (lui aussi originaire de Valparaiso) par un coup d'Etat (très aidé par les Américains qui voyaient d'un mauvais oeil les communistes arrivés au pouvoir). On a trouvé Allende suicidé de deux (!) balles dans la tête dans le palais de Moneda (siège de la présidence du Chili), dont une des façades avait été bombardée par les putschistes. Sur un des côtés de la place, on voit une statue de Salvador Allende.

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Santiago est une ville très étendue dont on n'a pas fait totalement le tour. Elle est traversée par une rivière appelée le Mapocho (110 km de long).

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Pas loin du palais de la Moneda, on trouve la place des Armes où se situe la Cathédrale.

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La place était pleine d'arbres en fleurs. Comme nous y étions un dimanche (d'élections présidentielles qui plus est), il y avait beaucoup de monde. Les élections présidentielles (il s'agissait du premier tour) permettent à un Conservateur d'être en tête face à un Socialiste pour succéder à Mme Michelle Bachelet.

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En continuant d'avancer, on se retrouve devant le marché central dans lequel sont vendus poissons et coquillages pêchés dans le Pacifique.

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Dans les rues de Santiago, on croise beaucoup de chiens errants nourris par la population, de chats, et même des lamas.

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Le Chili est un pays riche en minerais de cuivre (le 1er exportateur mondial) et depuis peu, il exploite le lithium que l'on a découvert dans le désert d'Atacama au nord du Chili (à la frontière bolivienne). Selon ce que j'ai compris, 50% des richesses du Chili sont possédées par seulement trente familles. Les inégalités de salaires sont importantes entre riches et pauvres, et entre hommes et femmes. 

La suite dans deux jours avec Valparaiso.

PS : Désolée si vous ne voyez pas apparaître toutes les photos, c'est la faute à Canalblog. Cela devient de pire en pire.

10 décembre 2017

La villa - Robert Guediguian / Le brio - Yvan Attal / Johnny

Comme je l'avais annoncé dans mon billet précédent, j'ai vu quatre films français depuis mon retour du Chili. Voici les deux manquants.

Avec La Villa, je me suis réconciliée avec le cinéma de Robert Guédiguian. La villa est celle où vit un vieux monsieur dans une calanque près de Marseille. En introduction, on voit cet homme qui a une attaque. Paralysé, il ne pourra se débrouiller tout seul. A l'occasion de ce triste événement, ses trois enfants, Joseph, Armand et Angèle (interprétés par Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan et Ariane Ascaride), reviennent pour s'occuper de lui. Surtout ses deux fils. Joseph est accompagné par Bérangère (Anaïs Desmoutiers), une "jeunette" qui pourrait être sa fille et qu'il présente comme sa fiancée. Le jeune médecin qui s'occupe du père en profite pour rendre visite à ses parents, qui sont des voisins du père. Raconté comme cela, on pourrait croire qu'il ne se passe pas grand-chose, et bien on aurait tort, car on s'attache tout de suite aux personnages, on se sent en famille. On apprend un élément tragique sur la vie d'Angèle. Il y a quelques retours en arrière dans le passé. L'histoire nous raconte le temps qui passe sur un ton mélancolique avec une pointe de tristesse. Elle nous évoque aussi la vie d'aujourd'hui où les migrants cherchent refuge en Europe. J'ai aimé la manière dont Guediguian filme la calanque et la mer. Je me suis sentie dépaysée. Cela donne des envies de voyage. Pas forcément le film de l'année mais une belle histoire. Lire les billets de Pascale, ffred, larroseurarrose.

Je termine avec Le brio d'Yvan Attal. Neïla Salah, une jeune banlieusarde de Créteil issue de l'immigration, arrive en retard pour sa première journée en fac de droit d'Assas - à la réputation de "droite". Dans l'immense amphi où Pierre Mazard (Daniel Auteil) débute son cours, il l'interpelle. Leur relation débute mal. Leur altercation est filmée et diffusée très vite sur Internet. Les propos de Mazard à caractère raciste le mènent au conseil de discipline. Il bénéficiera néanmoins d'un sursis s'il arrive à faire que Neïla remporte le prochain concours d'éloquence, qu'Assas n'a pas gagné depuis plusieurs années. Mazard n'est pas un homme facile. Il m'a fait l'impression d'être un misanthrope plutôt qu'un raciste. Pour débuter l'entraînement de Neïlah, Mazard lui demande de lire L'art d'avoir toujours raison (ou La Dialectique éristique) de Schopenhauer (on le trouve en français pour 2 euro en collection Librio). Dans ce petit ouvrage, Schopenhauer décrit 38 stratagèmes pour sortir vainqueur de tout débat. Pour revenir au film, on suit avec un certain intérêt la confrontration entre les deux protagonistes. Cela se laisse voir, et j'ai aimé vers la fin le discours de Neïlah face à quelques personnes. Le film semble avoir trouvé son public. Lire le billet de Pascale.

**************************************

Sinon, je pense que tout le monde est au courant: Johnny, l'idole des jeunes, est parti, la France est en pleurs, les funérailles furent nationales. Voici une photo prise chez un marchand de journaux dans une gare parisienne avant-hier. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais n'est-ce pas un peu exagéré? Même si je l'aimais bien, Johnny...

journauxjohnny

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