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31 août 2026

Secrets de l'océan profond - Juliette Ravaux & Sébastien Duperron

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) pioche pour un dernier billet en ce mois d'août 2026 dans une liste d'ouvrages que j'ai eu l'occasion de découvrir voire de chroniquer dans un cadre professionnel. Secrets de l'océan profond va me permettre une nouvelle participation au challenge Book trip en mer (saison 3) chez Fanja. 

Juliette Ravaux & Sébastien Duperron, Secrets de l'océan profond, éditions Quae,
collection Carnets de science, 2026, 144 pages

 

Ce livre n'est pas un roman, une bande dessinée ou une oeuvre de fiction, mais un "livre de vulgarisation scientifique" sur une partie de notre planète peu connue du grand public, et d'ailleurs toujours en cours d'étude par les spécialistes à l'heure actuelle. Les deux auteurs de ces Secrets de l'océan profond ont eu chacun l'occasion de plonger avec le Nautile, seul sous-marin français capable aujourd'hui de plonger jusqu'à 6000 mètres de profondeur. Mis en service en 1984, ce sous-marin, construit en alliages de titane, appartient à l'Ifremer (la Marine nationale est partie prenante à son utilisation). 

 

Dans leur livre, les auteurs définissent ce qu'on appelle "les profondeurs" (utile "gradation", p.28, depuis l'épipélagique allant jusqu'à 200 m, jusqu'à l'hadopélagique [au-delà des 6000 mètres] en passant par l'abyssopélagique [de 4000 à 6000])... et racontent leur progressive découverte. Celle-ci avait vraiment débuté au XIXe s., avec "en point d'orgue" la mission océanographique anglaise menée par le navire britannique Challenger de 1872 à 1876. Contrairement à ce que l'on a longtemps pu penser, ces "abysses" sont loin d'être un espace sans vie!

 

L'ouvrage utilise un vocabulaire précis mais constitue vraiment un ouvrage "grand public". Il est abondamment illustré: rares sont les pages à contenir uniquement du texte (je n'ai repéré aucune "double-page" dans ce cas), nombreuses sont au contraire les pages contenant non pas une, mais deux ou trois photos: fond de la mer, poissons, mollusques, vers, oasis de vie dans les grands fonds... ou images de notre surface terrestre.

 

L'exploitation industrielle de ces fonds (forages pétroliers, récolte de nodules polymétalliques) risquerait d'anéantir définitivement de fragiles communautés biologiques. Leurs "conditions d'existence", tout comme l'interdépendance de leur existence avec le reste de la vie océanique, sont imparfaitement connues encore (les carcasses de baleines mortes coulant naturellement étaient à l'origine de nombreux écosystèmes... et la longue période de leur chasse jusqu'à quasi-extinction n'est pas restée sans conséquences). Et le livre ne manque pas de souligner qu'une espèce est en danger critique d'extinction: le poste (public) de biologiste spécialisé! Certaines espèces n'ont aujourd'hui plus de spécialistes en activité capables de les décrire et de les classer lorsqu'on les découvre... 

 

Le livre explore méthodiquement la présentation des milieux, la vie contenue dans les profondeurs, l'évolution au fil du temps, afin de finir en sensibilisant le lecteur sur ce patrimoine mondial de l'humanité aujourd'hui menacé.

 

Pour revenir sur les illustrations, certains "monstres marins" des profondeurs sont vraiment effrayants en photo. Je pense en particulier au poisson-dragon (p.34 ou p.42) ou au poisson-ogre (p.51), qui, avec leur large bouche hérissée de grandes dents, possèdent les attributs de prédateurs de grands fonds. Fort heureusement, nous ne sommes pas dans un film d'épouvante: ces créatures ne mesurent guère que quelques dizaines de centimètres... 

 

Enfin, je préciserai que divers autres titres disponibles de la collection "Carnets de sciences" sont en lien avec la mer: Oiseaux marin, Les secrets des algues, Les mammifères marins, Géants des profondeurs, Anatomie curieuse des vagues scélérates...
Seul petit bémol, ce livre n'est pas écrit en très gros caractères. Mais il reste bien lisible pour autant!

12 septembre 2026

La disparue de la cabine n°10 - Ruth Ware

J'ai lu, en moins de 24 heures, La disparue de la cabine n°10 de Ruth Ware publié à l'origine en 2016 (Edition Pocket de 2026, 460 pages haletantes). La narratrice du récit est Laura Blacklock, une journaliste britannique d'un magazine qui fait partie des invités d'une croisière inaugurale sur un tout petit yacht luxueux comportant 10 cabines, beaucoup de personnels et de membres d'équipage. Parmi les passagers, il y a des journalistes, des hommes d'affaires et le propriétaire du yacht et son épouse (gravement malade). Laura est chargée d'écrire un article sur cette croisière d'une semaine qui doit se passer dans le Grand Nord, dans les fjords de Norvège. La première nuit, Laura qui est dans la cabine n°9 entend un grand "plouf" comme si un corps avait été passé par-dessus bord de la terrasse de la cabine n*10 qui jouxte la sienne. Un peu plus tôt dans la journée, Laura avait fait la connaissance d'une jeune femme maigrichonne qui occupait la cabine n°10. Quand Laura donne l'alerte, personne ne la croit car la cabine n°10 est vide, il n'était plus prévu que quelqu'un l'occupe à la suite d'un désistement au départ. Laura est une personne perturbée sous anti-dépresseurs mais elle n'en démord pas, quelqu'un s'est noyé dans la mer du Nord. Laura mène son enquête sur le bateau et il va lui arriver beaucoup de problèmes. Je n'en dirai pas plus si ce n'est que l'intrigue réserve des surprises. Je n'avais pas forcément deviné le qui et le pourquoi. Un suspense efficace même s'il y a quelques longueurs.

J'inscris ce livre pour le Book trip en mer (saison 3) chez Fanja et pour le challenge Polar et thriller chez Sharon.

 

Lire les billets d'Enna et de livresse du noir, moins convaincues que moi.

17 septembre 2026

Les Pontiques - Ovide

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) bien songé à chroniquer, pour le thème de septembre "Les Balkans" du challenge de Cléanthe "Escapades en Europe - saison 2", Conan le Cimmérien de Robert E. Howard, au motif que les Cimmériens ont un lien avec les Balkans... C'est vrai que le "bond de géant pour l'humanité" aurait quand même été un peu gros cette fois-ci. 

Mais j'ai lu chez Tullia un billet de l'an dernier, qui m'a orienté vers les Pontiques d'Ovide - même si, ce mois-ci, j'arrive largement après la bataille - et avec une histoire à compter sur une échelle graduée en millénaires plutôt qu'en siècles. 

Ovide, Pontiques, Les Belles Lettres, 2022
(sixième tirage, premier tirage 1977), 193 pages
Collections Universités de France publiées sous le patronage de l'association Guillaume Budé, série latine

 

Un peu d'Histoire, d'abord. Ces "Lettres du Pont" ont été écrites par Ovide à Tomis (aujourd'hui Constanta en Roumanie). Le poète Ovide [Publius Ovidius Naso], poète latin (43 av. J.-C. - 17 ou 18 ap. J.-C.), fut assigné à résidence par un simple édit d'Auguste à l'automne de l'an 8 après J.-C. (sous les consulats de Marcus Furius Camillus et Sextus Nonius Quinctilianus sauf erreur de ma part). Ni exilé ni banni (ce qui aurait demandé d'autres formalités juridiques), il est "relégué" sur l'île de Tomis (sur les bords de la Mer Noire). Il y inaugure son genre de la littérature d'exil avec ses poèmes Les Tristes, recueil de lettres (fictives?) où il se plaint de ses conditions d'existence auprès de destinataires divers. Pourquoi cette relégation? Deux raisons. D'abord, la publication de son oeuvre poétique L'art d'aimer (manuel de séduction, publié autour de l'an I) s'opposait au retour de l'ordre moral souhaité par Auguste (lois Juliae contre l'adultère promulguées en 18 av. J.-C.). D'autre part, d'éminents historiens ont avancé l'hypothèse qu'il aurait pu assister, dans sa propre maison, à une séance de divination concernant l'avenir de tel ou tel membre de la famille impériale (chose rigoureusement interdite). On peut enfin noter que, à titre symbolique, son exil fut officiellement "révoqué" par la Ville de Rome en ...2017, quelque 2000 ans après sa mort. Patience et longueur de temps font plus que stances et pleurs. 

 

Comme souvent lorsque j'aborde un nouveau "Budé" (j'ai hérité des deux collections de mes parents, latines et grecques), j'ai été intéressé par l'introduction érudite, en général due au spécialiste ayant "établi" et traduit le texte. Elle raconte comment cette oeuvre antique nous a été transmise, par quelles "séries" de manuscrits médiévaux (ou parfois quels papyrus conservés dans le climat sec et les sables de l'Egypte) on a aujourd'hui des textes que les copies successives ont pu plus ou moins altérer depuis leur rédaction, et qu'il s'agit donc de "restituer" dans leur rédaction initiale la plus "probable". Il s'agit de reconstituer des "arbres de transmission (parce qu'ils transmettent des erreurs ou des lacunes différentes), j'ai toujours trouvé cela passionnant. Et puis, l'histoire des premières éditions imprimées (et traduites), par les humanistes de la Renaissance, puis améliorées par des générations d'érudits, au fur et à mesure de la mise au jour de nouveaux manuscrits... 

 

De ces poèmes eux-mêmes, je n'ai pas grand-chose à dire. Comme il l'avait commencé dans les Tristes, Ovide se lamente de vivre dans un pays de Barbares. Cette fois-ci, Les Pontiques constituent probablement un recueil de lettres ayant véritablement été envoyées à des destinataires susceptibles d'intervenir pour faire révoquer la sentence qui le condamne à vivre loin de Rome. Pour ma part, il y a un demi-siècle déjà ou peu s'en faut, je souffrais sang et eau à tâcher de "scander" ces vers latins quand venait mon tour d'être interrogé (parce qu'il ne suffisait pas de traduire!). Pour qui l'ignore, la poésie antique (latin ou grecque) ne "fonctionne" pas avec un système de "rimes" finales comme notre poésie classique française, mais avec un système d'alternance de syllabes (brèves ou longues) [j'ai cru comprendre que c'était un peu la même chose avec la poésie de langue anglaise?]. Ici, apparemment, Ovide écrit en "hexamètres dactyliques". 

 

Et voici mon "pensum" du mois sur les Balkans enfin rédigé, puisque la Roumanie y prend place dans la plupart des définitions (exceptée celle des Anglo-Saxons, semble-t-il?)...

 

Edit du 20/09/2026: merci à Nathalie de m'avoir rappelé que cette oeuvre était largement éligible à son challenge 2026 sera classique aussi!

 

22 septembre 2026

Travail - Emile Zola

De même que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'ai pas lu toute la saga Kingsbridge de Ken Follet avant de me lancer dans un autre de ses cycles, de même j'ai provisoirement abandonné ma relecture des Rougon-Macquart de Zola pour découvrir une de ses oeuvres que je n'avais encore jamais lue, un des composants de ses Quatre évangiles restés inachevés. Travail dont il sera question ici s'inscrit comme la suite de Fécondité (que je n'ai pas lu) et précède Vérité (idem). Quant à Justice, la mort prématurée de l'écrivain l'a laissé à l'état d'ébauche... 
Travail a été réédité récemment (avril 2026) en Folio classique (800 pages), mais ce n'est pas l'édition que j'ai lue... (celle-ci devait être ce que l'on appelle une "réimpression anastatique").

Emile Zola, Travail (Les quatre évangiles, tome 3), L'Harmattan, 1993, coll. les Introuvables, 666 pages

 

Après Les Rougon-Macquart achevés en 1893 *, Zola a entamé un nouveau cycle nommé Les trois villes (Lourdes, Rome et Paris, publiées de 1894 à 1898), avec comme héros principal un abbé nommé Pierre Froment (qui finit par perdre la foi - je n'ai pas lu ce cycle). Dès 1898, Zola se lance dans la rédaction d'un cycle complémentaire (Les quatre évangiles), bâtis autour des fils de Pierre et Marie Froment. Comme dit plus haut, Travail est le deuxième de cette série. 

 

Luc Froment, jeune ingénieur, revient dans la ville (fictive) de Beauclair à l'invitation de son ami Jordan (propriétaire d'un haut-fourneau qui vient de perdre son vieux directeur). Une terrible grève de deux mois dans les aciéries Qurignon, la principale industrie de la ville (L'Abîme emploie un millier d'ouvriers sur 6000 habitants), a manqué de ruiner le pays. Luc assiste à la sortie des ouvriers, paye en poche. Et l'un d'eux (Ragu) est guetté par une jeune femme (Josine) dont il s'est lassé et qu'il a mise à la porte de chez lui/chez eux avec son jeune frère (Nanet). Les pas de Luc le promènent en ville, où les commerçants sont plus ou moins bienveillants envers les familles désargentées... Un vol de pain commis par Nanet m'a fait songer (c'est voulu, je suppose) à Jean Valjean... Là, la boulangère affirme le lui avoir donné. Bref, en quelques dizaines de pages, toute la ville est "croquée": ouvriers, bourgeois, commerçants, notables, entrepreneurs (tant "directeur d'usine" que simple "financeur")... Que va faire Luc? Susciter un concurrent sérieux aux aciéries Qurignon (Jordan rêve d'un haut-fourneau électrique!), en imaginant, à terme, une sorte de coopérative où l'outil de production appartiendrait aux travailleurs et non au capital. 

 

Différents thèmes s'enchevêtrent autour de cette "vision" à la fois très documentée sur le travail du fer (certains passages m'ont fait songer au roman de Jules Verne Les 500 millions de la Begum, qui décrit aussi une aciérie moderne du XIXe s.) et qui porte une "utopie" socio-politico-économique. Là, c'est à l'oeuvre (réelle) du chef d'entreprise Jean-Baptiste Godin (fondateur du "Familistère de Guise", à l'intention des ouvriers de son usine qu'il a fini par leur léguer sous forme d'une coopérative) que le résultat de ce que Luc Froment entreprend m'a fait songer. L'histoire se déroule sur plusieurs décennies. Je pense que l'auteur a dû aussi glisser dans cette oeuvre certains aspects susceptibles de le toucher personnellement: le "polyamour" et son corollaire, les amours dissimulés, les joies de la paternité... Mais aussi le "travail de production" de l'écrivain à la tâche (je sais que Zola avait fait mettre comme devise dans son "cabinet de travail": "nulla dies sine linea" [pas de jour sans une seule ligne] - je ne me souviens plus si nous l'avions vue à Médan!)!

 

J'extrais une citation sur "le travail", par l'inventeur philanthrope qui finance l'oeuvre de Luc tout en effectuant de très longues recherches en vue de mettre au point un haut-fourneau nécessitant moins de travail physique de la part des ouvriers (p.327): "Le travail! Le travail! continua Jordan, il n'est pas d'autre force. Quand on a mis sa foi dans le travail, on est invincible. Et cela est si aisé, de créer un monde: il suffit, chaque matin, de se remettre à la besogne, d'ajouter une pierre aux pierres du monument déjà posées, de le monter aussi haut que la vie le permet, sans hâte, par l'emploi méthodiques énergies physiques et intellectuelles dont on dispose. Pourquoi douterions-nous de demain, puisque c'est nous qui le faisons, grâce à notre travail d'aujourd'hui? Tout ce que notre travail ensemence, c'est demain qui nous le donne... Ah! Travail sacré, travail créateur et sauveur, qui est ma vie, mon unique raison de vivre!".
Je pense que, pour Zola, cela recouvrait aussi son propre travail d'écrivain...

 

En contrepoint, voici une autre citation, virulente, à propos du "capitalisme" (p.111 - on sent que Zola connaît son Marx!): "silencieux, Luc sentit son coeur battre. C'était bien cela, le salariat, le capital qui exploitait le travail des autres. Il avançait cinq francs, en faisait produire sept par l'ouvrier, et mangeait les deux francs. Encore ce Delaveau travaillait-il, risquait-il son cerveau et ses muscles; mais ce Boisgelin, qui n'avait jamais oeuvré, de quel droit vivait-il, mangeait-il, dans un tel luxe?". 

 

Je dois dire que Zola... fait du Zola. Des descriptions, et du manichéisme: les bons restent bons, et les cons... restent cons! Pour que l'utopie naisse, persévérance et constance sont nécessaire (Luc, comme Job...?). Dans le "nouveau monde" qui a fini par émerger après bien des difficultés, la coopération a pris le pas sur la concurrence, les "parasites" (intermédiaires,  rentiers...) ont perdu leur pouvoir, les jeunes enfants des ouvriers, des bourgeois, des commerçants, des paysans... ont fini par faire souche ensemble. Luc peut mourir en paix. "L'oeuvre était faite, la Cité était fondée. Et Luc expira, entra dans le torrent d'universel amour, d'éternelle vie" (page... 666!). 

 

Ouf, j'ai réussi à publier ce billet avant le 22 septembre 2026 à minuit, date-butoir fixée par Sibylline pour son challenge Les pavés de l'été 2026! Et du coup, mon billet participe également aux Epais de l'été 2026, ainsi qu'au challenge 2026 sera classique aussi! organisé par Nathalie.

Je n'ai pas trouvé beaucoup de blogs ayant évoqué Travail. Je peux tout de même citer Le jardin de Natiora et Des livres et nous.

 

* et non "1993", merci Violette!

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Anecdote: je me suis acheté récemment le "Que sais-je?" de Dominique Meda titré Le travail (8e édition mise à jour, mai 2026) avec vaguement l'idée d'en parler dans ce même billet (pas eu le temps!). En tout cas, j'avais l'habitude de lire dans certains livres un Avertissement contre le photocopillage. Pour la première fois, j'ai découvert le texte que je vous recopie ci-après: 

"Ce livre ne peut être reproduit ni utilisé à des fins d'entraînement de systèmes d'intelligence artificielle. La fouille de textes et de données est interdite conformément à l'article 4(3) de la Directive (UE) 2019/790."

26 juillet 2024

Les naufragés du Batavia - Simon Leys

Ces livres qu'on oublie...! Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me rappelle avoir, ces derniers temps, semé ici ou là des commentaires où j'évoquais, à côté de "fortunes de mer" célèbres du temps de la marine à voile d'avant l'ère industrielle comme celles ayant frappé Le Bounty, La Méduse, L'Utile, La Boussole et L'Astrolabe ou le Wager, mon envie de lire quelque ouvrage narrant les mésaventures des naufragés du Batavia. Hé bien, j'ai remis par hasard la main, dans un recoin de pochothèque chez moi, sur le petit volume que je chronique ici. 

Simon Leys, Les naufragés du Batavia, suivi de Prosper, Arléa,
coll. Points N°P1333, 2003, 126 pages

 

Le Batavia était un navire de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) du XVIIe siècle. En juin 1629, il a fait naufrage sur des récifs de corail au large de la côte ouest de l'Australie, bien loin de sa route prévue puisqu'il ralliait "précisément" Batavia (île de Java), conquête récente des Indes néerlandaises (aujourd'hui Jakarta, en Indonésie). À cette époque, la navigation de pleine mer était aventureuse faute de pouvoir mesurer avec précision la longitude sur leur route, autrement qu'à l'estime. Un navire sur 50 de la VOC n'arrivait pas à destination, et un sur 20 ne revenait pas à bon port en Europe. C'est ce que Simon Leys commence par nous apprendre. Sur cette "affaire" du Batavia, il explique s'être documenté pendant 18 ans avec l'idée d'en faire un livre, et avoir procrastiné de se lancer dans sa rédaction jusqu'au moment - trop tard - où est paru "le" livre définitif sur le sujet (L'archipel des Hérétiques, Mike Dash). Du coup, Simon Leys a "tout de même" rédigé la soixantaine de pages qui racontent et résument cette histoire, pour "inspirer le désir de lire [le livre de Dash]". Histoire capable d'inspirer aussi un film hollywoodien: 250 naufragés sur quelques îlots aussi inhospitaliers que Tromelin, les officiers et marins professionnels les plus capables qui partent à bord de l'unique chaloupe chercher un hypothétique secours, et les survivants qui tombent sous la coupe d'un psychopathe ne rêvant que capture d'un navire, piraterie, pillage, meurtres et accessoirement stupre (oui, il y avait quelques femmes à bord)... L'aventure s'est mal finie pour la plupart des "naufragés du Batavia" et semble avoir eu un énorme retentissement à l'époque, avant d'être oubliée.


Le second texte, Prosper (pp.75-126), a été rédigé en 1958. "Quand j'étais étudiant, durant le dernier été que je passais en Europe avant de partir pour l'Extrême-Orient, j'eus l'occasion de naviguer à bord d'un thonier breton - un des rares bateaux qui travaillaient encore à la voile. Le hasard d'un rangement vient de me faire retrouver le récit - vieux de quarante-cinq ans - que j'avais fait de cette "marée"", dit Leys. Le Prosper est le nom dudit navire, sur lequel il nous raconte son embarquement au port d'Etel (Morbihan). À l'époque, ce port ne comptait plus que deux thonier (contre 200 au temps de sa splendeur), remplacés par des "pinasses" à moteur. Sur toute la côte atlantique jusqu'à Saint-Jean de Luz, les thoniers à voile n'étaient plus qu'une demi-douzaine. J'ai été frappé par la grande place que semblait tenir dans la vie quotidienne de l'équipage, à bord comme à terre, la consommation d'alcool. La ration de vin à bord est de deux litres quotidiens par homme. Pour le reste, leur vie quotidienne lors d'une "marée" (campagne de pêche de plusieurs semaines loin du port) m'a rappelé celle de Capitaines courageux: repas à base de pommes de terre et de ...thon frais, longues journées de mauvais temps cloîtrés dans le "poste" (lieu de vie et de repos), pêche lorsqu'il fait beau temps, manoeuvre du bateau intégralement à la voile, équipage soudé (différents matelots ayant une "part" de la pêche: Robert, Louis, Etienne, le vieux Félix, Gabi, mais aussi le mousse, un autre passager que Pierre) mais soumis à l'autorité incontestable du "patron". Ce dernier, Maurice, "pensionné" après une carrière complète dans la Marine nationale qu'il a finie avec le grade de Premier-maître, a repris la mer en armant comme "patron" à la pêche au thon après la fin de sa carrière militaire, plutôt par goût que par obligation ou esprit de lucre. Elle se pratique à l'aide de deux longues perches perpendiculaires au navire, les "tangons", armées chacune de sept lignes aux hameçons desquels on attend que le thon morde, en espérant remplir la cale le plus rapidement possible et que le poisson n'aura pas le temps de s'abîmer avant le retour au port. J'ai aussi retrouvé dans cet ouvrage la méfiance par rapport aux gros navires qui "trient leur route" sans se préoccuper des petits. Mais il est aussi question des savants qui expédient des fusées vers la lune et détraquent ainsi le temps, ou d'Alain Bombard qui visait (à l'époque) à obliger tous les bateaux à s'équiper de matériel de sauvetage (envisagé sous l'aspect "coût à payer"!). La marée s'interrompt prématurément pour un retour au port: le vieux Félix tombe malade (un saignement de nez qui, apprendra-t-on au retour à terre, lui aura probablement évité une attaque qui aurait pu être fatale). Et "Pierre", pressé par le temps, n'a pas le loisir de repartir avec l'équipage du Prosper, et n'apprendra la fin de la campagne que par le courrier de l'autre "passager" du bord.

 

Simon Leys (1935-2014), c'est en fait le pseudonyme d'un sinologue prénommé Pierre, comme me l'a appris Wikipedia consulté ce 26 juillet 2024. Je ne m'intéresse ici qu'à l'aspect "maritime" de son oeuvre. En préparant le présent billet, j'ai découvert plein de sujets intéressants dont j'espère bien avoir l'occasion de reparler avant le mois de novembre! Cet écrivain de nationalité belge et de langue française met donc en avant L'Archipel des hérétiques évoqué plus haut, il a préfacé le livre de François-Edouard Raynal Les Naufragés, ou Vingt mois sur un récif des Auckland (qui avait en son temps inspiré Jules Verne) lors de sa réédition en 2011 sous le titre simplifié Les naufragés des Auckland [chroniqué le 30/09/2026], il a lu dans sa jeunesse et traduit plus tard (de l'américain) Deux années sur le gaillard d'avant de Richard Henry Dana Jr., il a été membre de l'association des Ecrivains de marine... et il a écrit un essai (en deux tomes!) sur La Mer dans la littérature française. 

 

Mon billet du jour sur ce livre participe, bien sûr, au challenge "Book trip en mer" de Fanja, mais également, pour partie (Prosper), à l'activité "Monde ouvrier, mondes du travail" d'Ingannmic et même au challenge "2024 sera classique aussi" organisé par Nathalie. 

Ah, la mémoire... Il a fallu que je relise les dates d'achat et de fin de lecture (02/08/2012 et 03/08/2012) que j'avais marquées en début et en fin de mon exemplaire, pour avoir la certitude qu'effectivement... je l'avais déjà lu! Sa relecture m'a pris moins de temps que la rédaction du présent billet.

1 octobre 2026

Nestor Burma dans l'île - Malet - Ravard

Je me suis précipitée pour me procurer le nouveau Nestor Burma en BD et j'ai beaucoup aimé (tout comme mon ami Ta d loi du cine). Nestor Burma dans l'île (Editions Casterman, 87 pages sympathique) est une des rares enquêtes hors les murs et hors saison du détective parisien. C'est le dernier roman original de la série. Il a paru en 1970 aux éditions Fleuve Noir. Après avoir reçu un télégramme de la part d'une certaine Madame Chambaud, voilà Nestor parti pour la Bretagne ou plus précisément sur l'île de Men-Bahr (île fictive) au large de la Côte de Granit Rose. Après un arrêt chez un garagiste suite à des problèmes de moteur, Burma laisse sa voiture Rosalie à réparer et s'embarque sur l'île. Quand il débarque, Madame Chambaud vient de mourir. Elle était très malade. La seule personne à son chevet est une voisine, Mme Bollard, une personne bien bâtie d'un certain âge avec un pouce (le droit) en moins. Nestor Burma n'avait pas eu de nouvelles de Madame Chambaud depuis dix ans, époque à laquelle il avait tiré Arthur, le neveu de cette dernière d'un mauvais pas. Nestor se demande pourquoi Madame Chambaud voulait le voir. Sur cette île, il sent qu'il se passe quelque chose de pas net. Annette, la domestique de Madame Chambaud, a disparu ainsi qu'un certain Blottier. L'intrigue où il est question de bijoux volés depuis plusieurs années qui refont surface est rondement menée. J'ai trouvé cet album très réussi. Et j'aime les dessins. Il est très fidèle au roman que je viens de commencer. 

 

J'inscris ce livre pour le Book trip en mer (saison 3) chez Fanja 

 

6 octobre 2026

La guérisseuse de Catane - Simona Lo Iacono

Voici un roman que j'ai choisi par hasard dans une bibliothèque parisienne. J'ai été attirée par la jolie couverture. La guérisseuse de Catane est un roman italien écrit par Simona Lo Iacono, une magistrate sicilienne qui travaille à Catane. La guérisseuse de Catane (Edition Métailié, 175 pages) est son premier roman traduit en français. L'histoire inspirée d'une histoire vraie se passe entre 1302 et 1376  au XIVème siècle à Catane et dans ses environs. Le roman est divisé en trois parties: Virdimura (littéralement, Vertdemur), Pasquale et Uria. Uria, un médecin juif, devient le père d'une petite fille à qui il donnera le prénom de Virdimura. La mère est morte en couches. En 1376, Virdimura qui passe en jugement raconte ce qu'a été sa vie. Son père Uria fut un médecin exceptionnel qui soignait et guérissait les plus démunis sans se faire payer et cela déplaisait aux "Sacerdotes" de la ville. On l'a pris davantage pour un sorcier qu'autre chose. Pendant plusieurs années, Uria a enseigné tout ce qu'il savait à Virdimura, et toujours dans la bienveillance. Il a en particulier enrayé une épidémie de typhus dans Catane et sa région. Mais un jour, il disparait et Virdimura reprend la pratique de son père alors qu'en tant que femme, elle n'a pas le droit d'exercer le métier de doctoresse. Et pour son malheur, elle n'est ni mariée, ni veuve et elle est juive. Heureusement grâce au retour de Pasquale (Juif lui aussi) auquel elle avait été promise dans sa jeunesse et qui est médecin, ils commencent à pratiquer en duo. Pascale trouve un remède au "mal des ardents". En 1347, ils vont affronter l'épidémie de la grande peste noire. Dans la dernière partie, on apprend des choses sur la vie d'Uria et sur la naissance de Virdimura. J'ai aimé ce roman qui se lit vite et l'écriture est très belle. Lire les billets de Clete et Auxventsdesmots.

7 octobre 2026

Ripley Bogle - Robert McLiam Wilson

Pourquoi parler aujourd'hui de Ripley Bogle? En fait, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) m'étais offert cet ouvrage en février 2023 dans une librairie d'occasion qui s'apprêtait à fermer, puis j'ai réussi à le lire (peu à peu, en plusieurs mois...) mais sans avoir trouvé depuis l'occasion ou l'énergie pour en tirer un billet. L'auteur de ce "premier roman" (paru en 1989, tout de même), Robert McLiam Wilson, originaire d'Irlande du Nord, a collaboré à Charlie Hebdo de 2016 à 2024 (dernière chronique le 15 mai, sauf erreur de ma part?), et le bouquin est ressorti de ma LAC [liste à chroniquer] alors que je cherchais le sujet pour mon "hommage du 7" de ce mois d'octobre 2026. Une oeuvre d'un auteur lié au journal, même paru bien avant sa collaboration, rentre bien dans mon champ. 

Robert McLiam Wilson, Ripley Bogle, Christian Bourgois éditeur,
coll. 10-18 "Domaine étranger" N°2935, 1998, 465 pages
trad. 1996 par Brice Matthieussent, EO 1989

 

J'avais remarqué lors de la lecture de l'ouvrage La vilaine veuve, compilation des articles de Robert McLiam Wilson sur son suivi du procès de l'attentat de Nice, qu'il n'était pas tendre avec les "excuses sociologiques" liées à la vie familiale de terroristes. Je reprends la citation de sa chronique du 2 novembre 2022: "Unanimement, c'est le père, rustique et ratatiné, qu'on tient pour responsable. Le pauvre Momo aurait souvent été battu. il était pauvre, n'avait pas de jolis habits. Membre méprisé d'une famille qu'on prenait de haut. Moi pareil, mec. Et après, j'ai fait Cambridge". Ripley Bogles l'avait raconté dès 1989.

 

Il s'agit d'un récit à la première personne, à la fois du domaine de l'autobiographie (ou prétendue telle) et de l'auto-dérision (il n'y a pas que les Anglais à avoir de l'humour, les Nord-Irlandais aussi?). Après un court premier chapitre décrivant sa naissance (on sent tout de suite que le témoignage ne peut être direct), le deuxième pose le décor: "un sans-abri, un vagabond", à Londres, dans la fraîcheur d'un mois de juin. p.17, on apprend qu'il a alors 21 ans. Le livre est bourré d'ironie, au fil d'anecdotes, familiales, écolières, adolescentes... dont on se demande toujours si elles ont été réelles ou imaginaires, singulières ou bien outrées... p.163, il déclare avoir été déclaré persona non grata à 16 ans dans sa famille catholique, parce qu'amoureux d'une protestante. Malgré tout, ils auraient vécu ensemble, avant de se séparer...

 

Un exemple d'humour (p.67): "De nombreux individus dignes de foi ont déclaré que, plus lépreux et mortel était l'environnement de l'enfance, plus grand le génie à l'âge adulte. Je me considère moi-même comme l'illustration parfaite de cette théorie. Dès mon plus jeune âge, j'ai été pris dans un maëlstrom de bombes, d'armes et d'Irlandais, et malgré tout je m'en suis superbement tiré. Pour moi, la qualité se révèle à l'usage".

 

Pour moi, il est impossible de résumer un livre aussi foisonnant et dont le style (je l'ai lu en traduction, je le rappelle) fait une bonne partie du sel. Et la réalité de l'histoire? Roman ou autobiographie? Le mystère n'est pas forcément levable. En tout cas, je ne suis pas sûr qu'après être, malgré tout, entré à Cambridge, il en soit sorti diplômé. Peut-être a-t-il interrompu ses études précisément dans le but de publier Ripley Bogle? La fin du roman paraît dévoiler quelques torsions de la réalité... S'agit-il encore d'une mise en abyme?

À chaque lecteur de se faire son opinion. 

 

Je n'ai pas réussi à trouver beaucoup de traces sur internet de ce livre déjà ancien. Le blog La viduité en a parlé avec érudition. 

 

*** Je suis Charlie ***

7 septembre 2026

La famille Oboulot en vacances - Reiser

Alors que les vacances se sont achevées pour la plupart des gens (à l'exception des retraités ou des salariés en "congé de fin de carrière", par exemple), je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) suis allé piocher dans ma "PAC" (pile à chroniquer) un ouvrage en vue de ma "chronique du 7" en l'honneur de Charlie Hebdo. J'ai à ce jour rarement eu l'occasion de parler de Jean-Marc Reiser, à part ici ou là. Reiser (1941-1983) est décédé prématurément, d'un cancer à 41 ans, peu de temps après l'arrêt de la première série de Charlie Hebdo dont il était l'un des "historiques" (il n'a donc pas connu -ni été connu par- les "jeunes" de la seconde équipe / seconde série, à partie de 1992). 

Reiser, La famille Oboulot en vacances, Albin Michel, 1989, 48 pages

 

Parenthèse contemporaine: j'espère en tout cas que ne viendra pas trop vite le temps où l'étiquette "occasion Gibert" (que j'ai laissée pour la photo de la couverture ci-dessus) deviendra elle-même un collector... mais plusieurs magasins de l'enseigne (y compris des "historiques"), ont fermé ces dernières années, et ça ne semble pas terminé...

 

Dans une postface, Delfeil de ton (chroniqueur de Charlie jusqu'en 1975, il a ensuite rejoint Le Nouvel Observateur, où il a fait entrer Reiser en 1981 après la fin de Charlie) explique l'historique des différentes planches composant l'album. Une première série a été publiée durant l'été 1978 dans Le Monde, à partir du 11 juillet (planche quotidienne), jusqu'à ce que que le quotidien du soir publie la dernière avec le mot "fin" le 5 août. Une planche était restée inédite. Du 3 juillet au 3 septembre 1982, Reiser a repris ses personnages dans Le Nouvel Observateur, sous forme d'une planche hebdomadaire en couleurs. La maladie l'empêcha sans doute de poursuivre l'année suivante. 

 

La famille Oboulot, c'est un papa, une maman (probablement des ex-soixante-huitards?), et deux gamins délurés (le garçon paraît l'aîné par rapport à la fille?). Tous sont promis au sarcasme, que celui-ci s'exerce en interne ou en externe. Les saynètes se déroulent dans différents environnements (en voiture, lors d'un arrêt pique-nique, au restaurant, en location, au camping, ...). Il se trouve que la plupart des planches que j'ai choisies pour vous donner une idée de l'album concernent des scènes en plage ou de mer, ce qui est loin d'être représentatif, et ne suffit donc pas à le faire postuler au Book trip en mer (saison 3) de Fanja... 

De grands dessins valant mieux que mes plats discours, voici mes quelques citations (j'ai réussi à photographier aussi les numéros de page!).

Pour information, la première vignette (en haut à gauche) est reprise sur la 4e de couverture. Si j'ai bien compris, il s'agit de la dernière planche publiée dans Le Monde, après leur refus de publier celle qui figure p.46 (que je ne vous montre pas). 

Dictature...?

Faites ce que je dis... 

Les joies du débat...

Un peu mou, tout ça?

 

Voilà, c'était Reiser. Un dessin minimaliste qui était au service d'un humour féroce, sa "marque de fabrique". 

J'espère vous avoir donné envie de le (re)découvrir!

 

Je dirais que, aujourd'hui, dans le style de dessin, il me semble que Salch est le plus proche de lui parmi les dessinateurs actuels de Charlie. C'est en préparant le présent article que j'ai découvert que ce dernier était par ailleurs, et bien avant de commencer sa collaboration à Charlie en 2018, bédéiste! Il faudra que je lise aussi quelques-uns de ses albums...

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Edit du 10/10/2026: je voulais, comme je le fais parfois en fin de mes "billets du sept", évoquer un point sans rapport avec le principal du billet. J'avais relevé dans Charlie N°1179 du 26 août 2026, dans la chronique de Gérard Biard, un point de vue très pertinent. mais, il y a trois jours, je n'avais sous la main ni la référence exacte de ce qui m'avait frappé, ni ma série de Charlie pour le retrouver... 

C'est à propos de la numérisation à tout va (y compris dans l'administration), et la colonne de cette chronique "Vivrensemble" (p.13) est titrée "Tous à poil sur les écrans". Il est question des "exploits" des hackers qui se promènent dans les disques durs des différents ministères ou administrations comme dans du gruyère.

Je cite Gérard Biard: "Ouvrons une parenthèse de vieux con de boomer. Quand les informations confidentielles sur les usagers d'une administration ou d'un établissement public étaient encore sous forme de fiches en carton rangées dans un casier en bois ou en métal, personne n'imaginait cambrioler un hôpital ou une école pour piquer les archives. Et quand des malfrats braquaient une perception, c'était pour emporter la recette, pas les feuilles d'impôts des contribuables pour les recopier".  

À côté de ce passage, moi, j'ai écrit "BRAVO!".

 

*** Je suis Charlie ***

26 juin 2022

Un rêve d'Armageddon / La porte dans le mur - H. G. Wells

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Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) présente aujourd'hui le dernier des quatre volumes que j'avais achetés au mois de mai, spécifiquement pour le "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline). Il peut également participer au Challenge "2022 en classiques" (co-organisé par Nathalie et Blandine) et au "10e challenge de l'Imaginaire" (de Ma lecturothèque). Il s'agit d'un petit "Folio" à deux euros (N°4048, premier DL dans la collection en 2004), de 109 pages, qui regroupe deux nouvelles, Un rêve d'Armageddon, précédé de La porte dans le mur.

P1150327La porte dans le mur, la nouvelle qui ouvre le livre, compte 38 pages et date de 1906 (trad. française en 1914). Le narrateur retranscrit le récit que lui fit, quelque trois mois auparavant, son ami Lionel Wallace. C'est un peu comme dans Le grand Meaulne: toute sa vie, Lionel a regretté un séjour que, enfant, il aurait fait dans un jardin enchanteur, en franchssant une "porte dans un mur". Mais cette porte-là ne se laisse pas retrouver facilement... Et de recherches vaines en occasions ratées, Wallace a réussi sa vie professionnelle tout en nourrissant un regret au fond du coeur pour ce qui aurait pu se passer si... 

La chute est inattendue et sujette à diverses interprétations. 

La seconde nouvelle, Un rêve d'Armageddon (qui donne son titre au volume), est plus longue (57 pages). Ici aussi, il est question d'un décalage entre vie vécue et vie rêvée. L'Armageddon dont il est question (la fin du monde, l'écroulement d'une civilisation) se déroule dans un univers alternatif, que le personnage principal (qui raconte son histoire au narrateur-témoin) rejoint lorsqu'il n'est plus en état de veille. Il s'avère que, homme d'Etat à fort potentiel, il a fait le choix de cultiver son petit jardin de l'amour, en abandonnant les hautes fonctions auxquelles il était destinées en tant que leader charismatique. Et, quand les tempêtes politiques se lèvent, il refuse de reprendre la barre. Le génie de Wells est ici, à mon avis, de nous faire toucher du doigt le point de basculement entre un moment où une situation pourrait être rattrapée par la bonne personne agissant au bon endroit et au bon instant, et les temps suivants, où personne ne peut plus arrêter une marche inéluctable des événements lorsque le chaos est en marche. Wells lui-même a connu deux guerres mondiales, rappelons-le. Cependant, je dois préciser que, contrairement à ce que j'ai pensé à première lecture, cette nouvelle est bien antérieure à la première ou à un rôle de "guide intellectuel" dont Wells a pu rêver un temps: en effet, elle date de 1901 (et a été traduite en français dès 1906). 
La fin de cette aventure est d'un cruel réalisme. Univers "rêvé" pour univers "rêvé", celle-ci m'a davantage "parlé" que la précédente. 

J'ai trouvé en cherchant sur internet plusieurs billets de blogs présentant ce petit livre, mais la plupart ont plus d'une douzaine d'années et les blogs sont rarement encore actifs. Certains en disent davantage que moi (en voici quelques-uns, à vous de voir!): Decifer (2008), Illman (2010), Pikachu (2010). On peut lire une bonne présentation d'Un rêve d'Armageddon dans La bibliothèque de Gloubik (qui n'est pas exactement un blog!), il en propose même le téléchargement en .pdf!

PS: hier, je me suis offert encore deux livres d'H. G. Wells que je n'avais encore jamais lus (ci-dessous). Je pense qu'ils fourniront matière à deux des six ou sept billets que j'espère avoir le temps de rédiger d'ici la fin de notre Mois Wells au 31 juillet 2022 (mois qui porte sur ses livres, ses biographies, les adaptations d'oeuvres au cinéma, en bande dessinée, les "continuateurs" et "suites" de ses oeuvres, ...).

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Edit du 9 juillet 2022: je rajoute rétrospectivement le logo du "11e Mois anglais 2022"... qui avait lieu en juin!

28 décembre 2021

Les enquêtes de Victor Legris: Mystère rue des Saints-Pères - Claude Izner / JD Morvan / Bruno Bazile / Annelise Sauvêtre

Je n'ai jamais lu de romans de Claude Izner (le nom de plume commun de deux soeurs, Liliane et Laurence Korb). Elles ont signé ensemble les enquêtes de Victor Legris dont les histoires se passent à la fin du XIXème siècle. Les romans ont été publiés aux Editions 10/18. 

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Voici donc l'adaptation en bande dessinée de la premère enquête de Victor Legris, Mystère rue des Saints-Pères (87 pages, Editions Philéas, novembre 2021). L'histoire se passe entre mai et juin 1889 lors de l'exposition universelle. La Tour Eiffel vient d'être inaugurée. Au premier étage, une femme meurt piquée par une piqûre d'abeille, semble-t-il. Marius Bonnet, le rédacteur en chef d'un quotidien intitulé "Le passe-partout" ainsi que son équipe font partie des témoins. Ils ont l'exclusivité de la nouvelle. Victor Legris est aussi présent: il doit écrire des chroniques pour Le Passe-Partout. Victor tient une librairie dans la rue des Saint-Pères et il est photographe à ses heures. Dans sa librairie, il est aidé par un commis, Joseph, qui lit les romans d'Emile Gaboriau, et un Japonais, Mori Kenji, qui est son père adoptif. Grâce au journal, il fait la connaissance de Tasha Kherson, une jeune dessinatrice et peintre d'origine russe. Elle fait des caricatures pour le journal. Victor tombe amoureux de Tasha qu'il soupçonne un temps de ne pas être étrangère à ces morts suspectes. Car bien entendu, ce n'est pas une piqûre d'abeille, mais du curare inoculé grâce à des aiguilles de tatouage qui a provoqué la mort de la femme et d'autres victimes par la suite. L'album est sympathique à lire. J'ai aimé les desssins et les couleurs. Le tome deux, La disparue du Père-Lachaise, est prévu prochainement. Je continuerai de suivre les enquêtes de Victor Legris. 

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23 décembre 2021

Colombe Blanchet - Alain-Fournier

Une idée originale à offrir pour les Fêtes? L'envie de "frimer" un peu? On ne doit pas être tant que cela à avoir lu le second roman d'Alain-Fournier. Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) chronique donc aujourd'hui Colombe Blanchet, publié en 1990 au Cherche Midi éditeur.

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Tout le monde connaît Le grand Meaulnes (publié en 1913 par Alain-Fournier né en 1886), tous les lycéens en ont je suppose au moins entendu parler à défaut de l'avoir lu. Mais avant de partir à la guerre en août 1914 et de s'y faire tuer le 22 septembre 1914, cet auteur avait travaillé sur un autre projet de roman. Il en avait avait laissé l'esquisse manuscrite derrière lui (133 pages éparses), avec un mot disant "Rien de tout ceci n'est écrit et ne doit être publié (tel quel)". 

Le livre de 238 pages est constitué d'une soixantaine de pages d'un "texte suivi" mais inachevé, d'une soixantaine de pages de brouillons et variantes (versions différentes d'un même épisodes), et d'une trentaine de pages de "synopsis", scénarios, plans, déroulés... L'appareil critique termine le reste du volume (édition par Gabriella Manca).

Quelques mots sur l'histoire: un jeune instituteur frais émoulu de l'Ecole Normale arrive dans une ville de province. Faute de logement "de fonction" dans l'établissement où il doit enseigner, il prend une chambre "chez l'habitant", et semble prévoir d'y recevoir une visite mystérieuse. Les relations du directeur de l'école avec la municipalité sont compliquées par le contexte de l'époque, entre école laïque, fonds religieux chez la population, rivalités politiques etc. Il y a plusieurs jeunes filles ou jeunes femmes dans l'histoire (telle qu'elle aurait dû être menée à bonne fin, en tout cas), et les jeunes instituteurs concluent un pacte... Mais beaucoup de péripéries restaient à écrire et sont connues uniquement par quelques notes.

Le "commentaire de texte" ou le "commentaire composé" n'a jamais été ma spécialité en cours de français (je préférais de loin la dissertation!). Je ne suis donc pas en mesure de vous faire une analyse stylistique ou argumentée du texte. J'avoue avoir été surtout intéressé par ce qui concerne l'histoire de sa genèse, et la lecture des différentes versions relatant les mêmes faits.

Je crois savoir que les "dossiers" du Grand Meaulnes ont été abondamment étudiés et ont permis de dégager la technique de l'écrivain Alain-Fournier: "filtrer" un texte rédigé d'abord, de différentes manières, au fil de la plume. Il restait donc encore des mois de travail pour finir de rédiger les différents chapitres avant d'entamer ce processus pour apurer le texte jusqu'à l'os. Et, justement, on retrouve comme dans l'autre oeuvre le thème de la "pureté", qui me paraît extrèmement "daté", après plus d'un siècle.

Si j'ai attisé votre curiosité, ou bien si vous pensez que cela pourrait être une idée de cadeau originale, sachez que j'ai fait une vérification auprès de ma librairie de quartier. Le livre était épuisé mais elle était en mesure de me le procurer en "impression à la demande", m'a-t-elle dit. Pour ma part, après cette lecture, je ne sais pas encore si je vais conserver le livre ou bien le remettre en circulation dans une "boite à livres" ou dans un "circul'livres" quelconque.

Enfin, je précise que c'est dasola qui a attiré mon attention sur un point commun avec tel ou tel de mes billets précédents: présenter un livre peu connu, que j'ai trouvé "d'occasion", d'un écrivain connu principalement pour un seul livre (Les croix de bois, pour Dorgelès). 

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Joyeuses_Fetes_dec2020_pour_2021-22Composition à base de peintures éphémères photographiées 
dans le XVIIIe arrondissement de Paris fin 2020 / début 2021.

6 mars 2022

Les derniers jours des fauves - Jérôme Leroy

P1140219

Je voulais remercier l'écrivain de ce roman, Monsieur Jérôme Leroy, de m'avoir fait passé un excellent moment de lecture. C'est le cinquième roman que je lis de cet auteur. Les derniers jours des fauves (Editions La manufacture de livres, 429 pages haletantes) se passe de nos jours en France en plein confinemenet (à cause de la pandémie) et en pleine canicule (depuis plusieurs mois) pendant le quinquennat de Nathalie Sechard, 58 ans, à la tête du parti Nouvelle Société (centre droit). Elle a décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections qui auront lieu dans moins d'un an. Elle ne veut plus être la présidente d'un pays riche peuplé de pauvres. Peut-être veut-elle profiter de son mari Jason Perros, qui a vingt-six ans de moins qu'elle. Ils se connaissent depuis onze ans. Parmi les membres du gouvernement, il y a Patrick Beauséant, 71 ans, le ministre de l'Intérieur, de l'Outremer, des Collectivités territoriales, de l'Immigration, de la Lutte antiterroriste et des Cultes. C'est un homme de droite voire très à droite qui n'a aucun état d'âme ou presque. Il élimine tout ceux qui le gênent dans son entreprise de devenir le prochain président de la République. Son principal rival s'appelle Guillaume Manerville, la cinquantaine, veuf inconsolé depuis vingt ans qui ne vit que pour sa fille Clio. Maire d'une petite ville du nord appelée Cournai, il est aussi le ministre d'Etat de l'Ecologie sociale et solidaire. Lui aussi souhaite se présenter à la présidence de la république. Agée de 21 ans, Clio, normalienne aux idées de gauche, est une jeune femme assez exceptionnelle. C'est elle qui va devenir la cible de Beauséant mais Le capitaine, surnom d'un dénommé Joseph, le meilleur ami de Guillaume et de sa défunte femme Pauline, veille sur Clio. C'est un ancien militaire et mercenaire. Le rythme du roman est trépidant sans temps mort. Comme les romans précédents, c'est très bien écrit et je trouve qu'il y de l'humour même s'il y a quelques cadavres. C'est aussi un roman qui parle d'amour. Il y des références au cinéma et des allusions à des écrivains par l'intermédiaire des lieux où ils sont nés ou ont vécu: Combourg, Illiers Combray, Bellac, Chateau-Thierry, Charleville-Mézières, Saint-Brieuc, etc. Un roman que je recommande chaudement.

15 décembre 2021

La chaîne - Adrian McKinty

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L'intrigue du roman est résumée dans la phrase d'accroche en couverture: "le seul moyen de récupérer votre enfant, c'est d'en kidnapper un autre." Dans La chaîne d'Adrian McKinty (Livre de poche, 473 pages) Rachel, une jeune femme de 35 ans, apprend que sa fille de 13 ans, Kylie, vient d'être kidnappée par un couple qui lui-même a eu son fils kidnappé. Si Rachel appelle la police, sa fille sera tuée et le fils du couple kidnappeur aussi. Une voix déformée l'appelle pour lui dire que quelqu'un va l'appeler pour lui donner des instructions. Désormais, elle fait partie de la Chaîne (une organisation criminelle mystérieuse qui semble être puissante). On lui demande une rançon calculée en fonction de son épargne et elle doit sélectionner un enfant qu'elle enlèvera à son tour. De victime, elle deviendra ravisseuse et criminelle. Heureusement que Rachel est une femme courageuse bien qu'elle soit gravement malade. Elle va trouver de l'aide en la personne de Peter, son ex-beau-frère, ancien marine qui adore sa nièce. Je ne dirai rien de plus sauf que ce roman est un "page turner" qui se lit bien, même s'il y a quelques invraisemblances. L'histoire se passe dans la région de Boston de nos jours. Lire les billets d'Encore du noir, de Val et de Jean-Marc Laherrère. 

20 décembre 2021

Revue Epsiloon (créée en 2021)

Après une interruption de plus de trois mois (l'automne, les jours qui diminuent, tout ça...), je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) tâche de reprendre la rédaction de mes billets "Challenge de la planète Mars", avec cette fois-ci une chronique un peu particulière.

Tout d'abord, merci à Mamaragan (blog l'Arène d'airain) qui a signalé sur la page du Challenge un intéressant billet. Ensuite, encore une fois un grand merci à Pativore (qui a créé le logo du Challenge). Car c'est sur son blog à elle que j'avais pris conscience (sinon connaissance) de la parution de la revue Epsiloon, lancée en 2021. La rédaction de cette jeune revue est constituée d'"anciens" de  Sciences & Vie, qui ont quitté ce dernier journal par suite de désaccords éditoriaux avec le groupe Reworld Media. Ce dernier a racheté durant l'été 2019 ce vénérable titre (S&V) avec ceux du groupe Mondadori France (j'avais sans doute vu passer quelques communiqués de presse à l'époque, mais sans suivre le dossier...). Le premier numéro de la nouvelle revue (Epsiloon) est sorti cet été (daté de juillet 2021), mais je ne l'ai pas acheté à l'époque où il était disponible en kiosque.

Quel rapport avec la planète Mars, me direz-vous? J'y arrive.

Epsiloon se présente sous la forme d'une revue mensuelle de 100 pages, au format plus carré qu'allongé, et vendue 4,90 euros. Cherchant à rendre compte de l'actualité scientifique, les journalistes "conteurs de science" ont réussi à citer la planète Mars dans chaque numéro, à ma connaissance. Dans le numéro 6 (décembre 2021), la page 14-15 publie, un peu recadrée, une photo de trois cratères martiens prise par la sonde européenne Exomars au printemps dernier. 

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Dans le numéro 5 (novembre 2021), une brève nous informait que Mars avait connu des méga-erruptions volcaniques... il y a 4 milliards d'années (sans doute). Et citait juste le nom de la planète dans un article décrivant la "famille" des astres.

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Le numéro 4 (octobre) "analysait" que le retour sur la Lune annoncé en 2024 dès 2019 par Donald Trump a pour véritable objectif un voyage humain vers Mars, chose à peine mentionnée dans le N°3 (p.45). Dans le numéro 2 daté d'août 2021, il fallait attendre la p.93 pour une "idée neuve": coloniser Mars avec des cerf-volants. 

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Comme dit plus haut, je n'avais pu me procurer en kiosque le N°1, déjà épuisé le 14 août (mais dont il paraît qu'on le trouvait encore à Ajaccio à cette date?). J'ai pu cependant en prendre connaissance, et je sais donc qu'un article (p.38) y était titré "Quand Mars devient un terrain de rivalité" (entre la Chine, les Emirats arabes unis, l'Inde, les Etats-Unis et l'Union soviétique).

Mais mis à part ces aspects martiens, quelques mots plus généraux sur la revue. 

La création de ce nouveau titre de presse conte une histoire sympathique par bien des aspects. C'est une levée de fonds auprès du public, via Ulule, qui avait rassemblé 24 236 contributeurs pour de la prévente ou de l'abonnement: un bon moyen d'assurer la promotion du (futur) titre et de vérifier l'intérêt des futurs lecteurs! La page Epsiloon sur Wikipedia (consultée le 19/12/2021) contient des détails et des liens pour en savoir davantage sur cette aventure. 

Les plus militants des lecteurs potentiels regretteront peut-être qu'il ne s'agisse pas d'une SCOP de presse comme Alternative Economiques par exemple, ni d'un journal véritablement "engagé".

J'ai relevé avec intérêt, en fin d'article 5 de la Charte éditoriale d'Epsiloon (9 juin 2021), que la Rédaction "s’engage à ne pas se cantonner aux modèles de pensée dominante et à traiter de points de vue innovants ou originaux, sous réserve qu’ils soient étayés par des arguments scientifiques robustes." Mais ce souhait ne risque-t-il pas d'entrer en conflit avec la troisième phrase de l'article 3, qui dit "Ils ont également collectivement la charge d’assurer dans la mesure du possible la réussite financière du Titre, suivant les meilleurs standards de rentabilité, qui sera le gage de son indépendance, de sa pérennité, et de la rémunération de la Rédaction, des Dirigeants et des Actionnaires, mais aussi de l’assurance de pouvoir réaliser les investissements nécessaires pour assurer son avenir."?

Ce que, à titre personnel, j'attends du journaliste, et notamment du journaliste spécialisé: c'est, d'abord, de ne pas se contenter de résumer des communiqués ou des dossiers de presse et autres "fils d'agence", en se dépêchant de publier sur des sujets à la mode, ceux dont parlent tous les confrères. De ne pas faire du "placement de produits", bien sûr. Et, plus généralement, de croiser les informations et de varier les informateurs et les "experts" interrogés (autant que possible), d'être force de proposition pour des sujets, et de les suivre sur le long terme. 

J'ai appris pas mal de choses dans ces centaines de pages lues au fil des mois, sur des sujets bien variés (histoire, astronomie, ... covid-19, etc.). Au bout de cinq numéros lus, j'ai tout de même un léger a-priori sur le fait que ce journal peut avoir tendance à donner le point de vue "majoritaire" (dans le monde de l'industrie ou de l'entreprise), en tout cas à mettre seulement sur le même plan des opinions "pour" et "contre". Par exemple, dans le numéro 6 de décembre, quand il est question du "mur de rendement" du "bio", c'est davantage du bio "labelisé" (le bio industriel, à cahier des charges et obligations de moyens, orienté vers la vente en grande surface dans une approche "business") qu'il est question, plutôt que de la "bio-dynamie" ou des fermes en "bio holistique" (en polyculture-élevage...) ciblant les circuits courts. Et parler "contre" le bio, n'est-ce pas objectivement avantager l'agriculture "raisonnée" ou même "conventionnelle"? Epsiloon laisse au lecteur le monopole de l’engagement et de l’opinion... et ne s'en cache pas. Bref, nous voici bien loin de Mars encore!

Début septembre 2021, un échange de mail avec le service commercial m'avait informé qu'on devrait pouvoir se procurer les numéros en ligne d'ici la fin du mois. Je ne suis pas certain que cela ait bien été le cas fin septembre, mais, à ce jour (deuxième moitié de décembre), la vente au numéro sur leur site internet cible tous les numéros parus (précaution est prise de préciser "dans la limite des stocks disponibles"). Je continuerai en tout cas à lire les prochains numéros, même si je ne suis pas dans une démarche d'abonnement.

Je termine avec les liens vers les articles de Pativore sur les numéro 1 et numéro 2. Et, tout de même, le lien vers le site-vitrine de la revue Epsiloon!

16 novembre 2021

Astérix et le Griffon - Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

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Cet album est plutôt un bon cru. Dans Astérix et le Griffon (Editions Albert René), les deux auteurs nous entraînent cette fois-ci dans l'Est profond, quelque part où il y a de la neige, des loups, des amazones (aux longs cheveux roux ou blonds), un chaman et un griffon, un animal sacré pour les Sarmates. Sur les conseils de Terrinconus (le sosie de Michel Houellebecq), César envoie plusieurs légions romaines dans cette contrée barbare pour capturer un specimen de griffon. Une jeune Sarmate qui a été faite prisonnière est chargée de les guider auprès de cet animal fabuleux qui serait présenté par la suite aux jeux du cirque. Cela permettrait d'augmenter la popularité de César auprès de la "Rome d'en bas". Pendant ce temps-là, Astérix, Obélix, Panoramix (très enrhumé) et Idéfix sont aussi en route vers l'Est. Ils vont aller rendre visite à un chaman, Cekankondine, qui a demandé de l'aide à Panoramix grâce à la magie et au rêve. En effet, les Sarmates ont appris que les Romains arrivent pour s'approprier le griffon. Les femmes Sarmates sont des guerrières nomades, "vraies femmes d'extérieur", tandis que les hommes s'occupent des enfants. Ils pratiquent même la garde alternée. C'est elles qui vont partir combattre les Romains. Sinon, une meute de loups (avec Idéfix) va contribuer à la déroute des Romains, et je vous laisse découvrir ce qu'il en est du griffon. Un album très sympa. Lire le billet d'Henri Golant.

27 octobre 2021

Pays baltes 8/9 - Lituanie - 2

Je repars en Lituanie où, avant Vilnius, on a fait une halte à Trakai qui fut capitale de la Lituanie au XIVème siècle. Trakai abrite le château le plus photographié de Lituanie. Il faut dire qu'il est beau situé au milieu d'une presqu'île sur le lac de Galvé.

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42F8B434-0E7F-494A-BE93-D4728BE8887F Une longue passerelle permet aux touristes d'atteindre le château.

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11ED3083-327B-42CA-9339-AFC5153F1084 La cour intérieure.

3F127B88-4D30-439A-B232-87826EECB0E0 La cour intérieure.

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D9516A40-783D-4F73-91AF-30884158CEC2 Une partie des remparts du château.

A Trakai, on peut aussi admirer de jolies maisons en bois de toutes les couleurs.

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Nous voici arrivés à Vilnius. Pour visiter la vieille ville, on entre par une des portes de la ville comme celle ci-dessous.

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FE979F3C-DDA1-4711-B708-8F2FB7B5D5B7 La porte (détail).

05F7404B-C98B-4F4C-8DB9-D42214540615 La rue la plus étroite de Vilnius qui si situe pas loin du l'immeuble où Marie Trintignant a été battue à mort en août 2003.

 5CFB8FA6-14E8-40BB-ADB0-B226C643C3BD C'était un hôtel qui, depuis, ne l'est plus.

A924195C-577B-4C36-8F43-BC38ABBBB4A3 La place principale de la vieille ville...

CE12AAF7-39CE-42C3-B800-90CDC1AA9566 ...où l'on trouve la cathédrale et son beffroi.

390851D3-48EB-4288-B245-0DB70087D707 La première cathédrale a été construite au XIVème siècle et a été mainte fois reconstruite jusqu'au XVIIIème siècle.

FA3477B7-0E2F-4643-B596-F130C449F08F Le beffroi date du XVIème siècle.

Suite et fin dans un prochain billet. 

26 septembre 2021

Pays baltes 2/9 - Estonie - 2

Je continue le récit de mon voyage en Estonie avec la visite de la ville haute (Toompea) de Tallinn où l'on peut admirer la cathédrale orthodoxe Alexandre Nevski ainsi que le palais présidentiel. Pour répondre à Luocine [commentaire sous mon premier billet], nous avons en effet vu relativement peu d'Estoniens. Ils doivent travailler pendant la semaine, et Tallinn, qui a un grand port pour accueillir les bateaux de croisière, a souffert du confinement depuis mars 2020. En temps normal, il y a plus de 550 000 touristes avec une arrivée massive de personnes venant de la région Asie Pacifique. Même si la saison touristique a repris doucement en août 2021, notre groupe a été relativement privilégié car on a visité des endroits où l'on était seuls. 

3D487D68-5CDE-4C55-B655-BA64955223B3 L'église Alexandre Nevski (on en trouve une autre à Riga qui lui ressemble beaucoup).

DC40A746-166D-49A7-B9B1-9853045F42AC Le bâtiment héberge l'administration du gouvernement d'Estonie et l'habitation du gouverneur. Ce bâtiment fait partie du château de Toompea (qui date du XIIIème siècle). Ci-dessous, l'arrière qui est resté médiéval.

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80864C54-CF1A-407F-B065-F68E095D29A8 Le palais présidentiel n'est pas spécialement gardé. Il y avait deux jeunes femmes qui égalisaient deux arbustes taillés en boule avec un sécateur.

553F6D9D-70AC-46CB-93FB-38BA364DD037 L'église Saint-Olav. 

D41E32D2-4397-4845-BD32-37664F51ED18 Des tours des remparts de Tallinn.

DCA4A91E-C877-427B-A9B3-554EBD77548F Des tours des remparts de Tallinn (encore).

747BA978-49B6-4E6D-962B-D667E49201B4 Des tours des remparts de Tallinn (toujours).

On a visité plusieurs musées dont le KUMU, le musée d'art estonien. On a aussi longé le palais de Kadriorg, construit à la demande du Tsar Pierre le Grand en l'honneur de sa femme Catherine, au XVIIIème siècle.

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Dans mon prochain billet, je quitte Tallinn et on ira faire un tour à Tartu (deuxième ville la plus importante d'Estonie) via le manoir Palmse et Rakvere.

5 mars 2022

Cycle "John Carter" - Edgar R. Burroughs

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J'ai poursuivi mon Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola), en relisant cinq volumes que j'avais achetés dans les années 1980. Il s'agit des cinq tomes du cycle John Carter, d'Edgar Rice Burroughs, publié par Edition spéciale, sous la responsabilité de Jean-Claude Lattès, au tout début des années 1970. Nettement moins que connu du grand public que Tarzan, l'un des autres héros créés par Burroughs, John Carter a pourtant fait rêver plusieurs générations d'adolescents depuis plus d'un siècle. Il a donc aussi toute sa place dans le Challenge "2022 en classiques".

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Publié aux Etats-Unis en feuilleton en 1912 puis en volume en 1916, le premier tome du cycle a été traduit en français dès 1937 (parution chez Hachette en 1938-39 sous le titre Le conquérant de la planète Mars, c'est dans cette édition que je le lisais quand j'étais gamin)... Mais c'est surtout Jean-Claude Lattès qui a relancé d'abord l'édition de Tarzan, puis de John Carter, et d'un troisième cycle, Pellucidar, sans pourtant les mener à terme. Ainsi, le sixième tome annoncé en 4ème de couv' des T.4 et 5, Le cerveau de Mars, semble ne jamais être paru... 

P1130999Le premier épisode du cycle, Les conquérants de Mars (dans cette édition!), pose les postulats. Notre héros, John Carter, est sorti du néant. Le livre utilise le vieux ressort d'un manuscrit récupéré de "l'oncle Jack", qui fréquentait, paraît-il, avant la guerre de Sécession, la maison familiale de celui qui le publie. Il est parti participer à cette guerre avant de revenir inopinément une bonne quinzaine d'années plus tard, riche d'argent. Le portait du "splendide échantillon d'humanité" est brossé: plus d'un mètre 90, large d'épaules et étroit de hanches, cheveux noirs et drus, yeux d'un gris métallique. Il semble mourir en mars 1886, en laissant des instructions pour que son corps soit déposé dans un cercueil ouvert, dans un caveau qu'il a fait construire et dont la serrure ne peut s'ouvrir que de l'intérieur (ciel, un vampire? NDLR). Quant au fameux manuscrit, il devait rester cacheté pendant 10 ans, et n'être divulgué que 20 ans après la date de la mort (ce qui nous amenait vers 1906 ou 1907?). Nous y voilà, le fameux manuscrit est un récit à la première personne. Mars est vivable, et habitée. Mais foin d'un humanisme pacifique, les créatures martiennes les plus proches des hommes "terriens" ne sont pas les moins belliqueuses. Et si les armes sont plus avancées que celles utilisées pendant la guerre de Sécession, c'est qu'elles sont le fruit d'une science qui remonte à des millions d'années... Et vu la compatibilité génétique qui semble conclure l'ouvrage, on peut se demander (même si ce n'est jamais explicité) si, par hasard, nos lointains ancêtres sur terre ne découleraient pas d'une expédition martienne. Je dirai juste que le terrien (?) John Carter a plus que bien mené sa barque (ou son aéroplane) durant ses aventures martiennes alors qu'il séjournait sur la planète rouge, sans trop savoir comment il y était arrivé ni comment il en est revenu (mystères...).

P1130997L'épisode suivant avait également été traduit et publié en 1937. Pour Les dieux de Mars (qui reprend l'histoire de John Carter exactement là où la fin du 1er volume de la saga l'avait laissé), notre auteur adopte des solutions sacrément culotté. Bien entendu, notre héros n'est pas revenu sur la planète rouge à l'endroit d'où il en avait disparu pour rejoindre la terre, ce serait trop simple. Ayant besoin, dans le fil du récit, d'arriver presque à la fin d'un délai d'un an avant les pires supplices pour l'épouse de son héros, Mister Burroughs met celui-ci en prison chez ses ennemis... Et un paragraphe de six lignes (p.212) le laisse se morfondre pendant des mois à essayer en vain d'user ses chaînes ou de trouver une idée pour s'en sortir, avant que l'action accélère de nouveau et que, quelques pages plus loin, il se soit libéré et ait réuni une armée d'un ou deux millions de guerriers (je m'y perds...)! Dans les grandes scènes de bataille, dans ce volume comme dans d'autres, on peut trouver des réminiscences homériques (L'Iliade), avec d'un côté des héros nommément cités pour lesquels on suit les détails haletants du moindre duel, et de l'autre la piétaille qui se massacre joyeusement, par milliers de guerriers, dans l'anonymat le plus complet. Et ce volume (rédigé en feuilleton au 1er semestre 1913) se clôt encore dans un suspense insoutenable (mais comment ont-ils pu le supporter, les lecteurs français de 1937?).   

P1130998Le troisième tome a été publié en français en 1971 seulement. Le feuilleton américain s'était, lui, étiré sur 1913-1914. Dans Le guerrier de Mars, John Carter poursuit son exploration des arcanes cachées de Mars (il n'a manifestement pas réussi à faire tomber toutes les superstitions qui avaient cours sur la planète rouge avant son arrivée, si grande soit la place qu'il y a prise!). Il continue aussi à chercher son épouse, toujours aussi enlevée que précédemment. Il ne faut pas chercher trop d'épaisseur psychologique ou de sens de la nuance aux caractères des différents personnages, alliés ou ennemis. Les héros ne meurent jamais. A la fin, notre terrien (?) est nommé, en quelque sorte, généralissime de toute la planète Mars. On se demande bien comment rebondir encore après cela (... et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants?).

P1130996Ah bah ça tombe bien, place aux jeunes, le quatrième tome de la saga, La princesse de Mars, est centré sur Thuvia, la "promise" du fils de John Carter (hé oui, Carthoris est adulte, comme le temps passe... On peut aussi noter que le titre anglais du tout premier volume de la série était A Princess of Mars (mais visait Dejah Thoris, princesse d'Helium), cependant que le titre anglais de ce quatrième opus est Thuvia, Maid of Mars (alors que le mot "vierge n'était peut-être plus trop à la mode en France, lors de la parution en 1971?). Je ne sais pas si l'auteur aurait pu dire "je crois aux forces de l'esprit" en étant sincère, ou bien s'il use juste d'artifices littéraires pour expliquer comment une cité quasi-déserte peut résister durant des siècles à des hordes d'envahisseurs potentiels. 

P1140001Dans le cinquième tome paru dans cette collection, Echecs sur Mars, John Carter n'est plus non plus le "héros principal". La planète rouge n'a pas fini de dissimuler des surprises. Ainsi, cette fois, c'est... la fille de John Carter et de Dejah Thoris que nous découvrons comme nouvelle héroïne, via un prologue de trois pages qui se passe sur terre (John Carter a résolu le problème des voyages Mars-Terre, et peut désormais venir se présenter au narrateur, non pas tout nu, mais avec son harnachement "guerrier de Mars" complet: épée et pistolet). Mais quand donc cette Tara est-elle sortie de l'oeuf ("la terre rouge de Tara", moi, ça me fait songer à Autant en emporte le vent)? Comment se fait-il que l'on n'ait jamais entendu parler d'elle dans les volumes précédents, si elle est juste "un peu plus jeune que Carthoris"? Mystères des feuilletons (cette histoire-là a été publiée en 1922). En tout cas, durant les moult aventures qu'elle va connaître, elle aura tôt fait de se trouver un chevalier servant, voire même plus d'un... La locution "la tête et les jambes" trouve une illustration plus ou moins hideuse dans ce roman. Dans les deux dernières pages, "son histoire terminée, John Carter se leva du siège placé en face de moi" avant de repartir, non sans avoir expliqué en quelques mots au narrateur les points du récit qui avaent pu rester obscurs dans le fil de la narration... (astuce à retenir!). 

On peut encore noter que ce cinquième tome contient beaucoup plus de "matière" que les précédents. Je ne peux évidemment pas compter le nombre de mots ou de caractères "sur le papier" (et je n'ai pas regardé ce qu'il en serait dans des versions électroniques), alors j'ai pris des photos (ci-dessous). Je ne sais pas si le résultat en est très lisible/visible, mais je voulais mettre en évidence la différence de corps de police de caractères ainsi que le nombre de lignes à la page entre le tome 4 (30 lignes, p.10) et le tome 5 (38 lignes, p.20)... 

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Je viens aussi de faire quelques vérifications sur le catalogue en ligne de la BnF (Bibliothèque nationale de France). John Carter a ensuite, plus récemment (et plus complètement), été publié aux Editions Lefrancq. En 1994, le premier tome de son "Cycle de Mars" (1269 p.) correspondait à ces cinq premiers titres. Le tome 2 paru en 1995 (1175 p.) donnait à lire les six dernières aventures participant de ce cycle. Et c'est tout! S'il a aussi écrit d'autres cycles (de la lune, de Vénus...), s'il a emmené Tarzan à Pellucidar, Burroughs n'a jamais (d)écrit les aventures de Tarzan sur Mars ou (de) John Carter dans la jungle. Peut-être ses "successeurs" l'ont-ils fait (je n'ai pas vérifié)?

Si j'ai relu pour le présent billet les 5 tomes que je possédais déjà, je n'ai pas cherché à me procurer les 6 opus suivants. Je ne m'interdisais pas de les emprunter en bibliothèque pour un éventuel second billet sur John Carter... en espérant qu'il y aurait eu suffisamment de manifestations d'intérêt sur ce billet-ci pour me motiver, mais je pense que le temps va désormais me manquer d'ici la fin du mois de mars 2022. La dernière actualité autour de ce héros de roman remontant à 2012 (avec la sortie du film John Carter d'Andrew Stanton - que je n'ai jamais vu), je risque de ne pas avoir beaucoup de commentaires sur ce billet... 

Pour ceux qui voudraient en savoir davantage sur ce "Cycle de Mars", ils peuvent consulter le blog Crimes à la belle époque. Il est aussi décortiqué avec pas mal d'ironie par Nébal. On trouve encore une longue chronique par Infocomète (plus de MAJ de ce blog depuis 2017).

En terme de postérité, quelques décennies séparent Edgar R. Burroughs de Jack Vance et son cycle de Tshaï, mais je pense que le héros vancien, Adam Reith, n'aurait jamais existé sans John Carter. Comme lui, humain fort et intelligent perdu sur une planète hostile, il finit après moult aventures par changer celle-ci et le sort de ses habitants. Mais comme ce n'est pas Mars, je n'en dirai pas davantage ici!

10 juillet 2021

Mort aux hypocrites - Petros Markaris

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Que j'ai été contente de constater que Petros Markaris (né en 1937) avait encore écrit un roman, Mort aux hypocrites (Seuil, 330 pages), dans lequel on retrouve, à Athènes de nos jours,  le commissaire Kostas Charitos, sa femme Adriani (un cordon bleu), sa fille Katérina avocate qui accouche d'un petit garçon appelé Lambros, et son gendre cardiologue Fanis. Kostas est très content d'avoir un petit-fils. La vie s'organise autour de Lambros. Tout le monde est "gaga" devant lui. Cela n'empêche pas que les crimes ne s'arrêtent pas. Charitos  et ses collègues vont être confrontés à des attentats à la voiture piégée. Les morts s'accumulent et l'enquête se révèle difficile. Les attentats sont revendiqués par l'"Armée des Idiots Nationaux". Au cours de l'enquête, les policiers découvrent que les victimes avaient une face obscure, n'hésitant pas s'enrichir sur le dos des autres et à dire des contre-vérités sur l'économie grecque, faisant fi des chômeurs et autres personnes en difficulté. Charitos, quant à lui, apprend qu'il a une promotion (bien méritée selon sa femme Adriani). Un roman aussi sympathique que les précédents de l'écrivain.

13 septembre 2021

Les femmes ne viennent pas de Mars, mais elles y vont - Anneliese Mackintosh

 

Les femmes ne viennent pas de Mars, mais elles y vont, d'Annelise Mackintosh: voilà bien un livre que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'arriverai à inscrire sur aucun des challenges que je suis, ... si ce n'est mon propre Challenge de la planète Mars. Je suis tombé sur ce bouquin par hasard l'autre jour, dans les bacs à tarif doux devant chez Gibert au Quartier Latin. Je ne l'ai lu, bien entendu, qu'après avoir investi 2 euros pour cet achat. Neuf, ce livre sorti en juin 2020 coûte 18,90 euros. Une fois n'est pas coutume, je présente donc un roman paru très récemment! Hors challenge, je n'aurais jamais songé à l'acheter ni même à le feuilleter. Et voilà que je l'ai lu, pour en tirer un billet de plus.

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Selon ce qui figurait sur le site de l'Agence culturelle de la région Aquitaine (ECLA), la traductrice, Aurélie Montaut-Pernaudet, "a acquis une solide expérience dans le domaine de la littérature populaire et sentimentale": voilà qui pourrait suffire à qualifier l'ouvrage. De quoi s'agit-il donc? Solvig, 37 ans, plongeuse professionnelle en couple avec James, un tatoueur amputé d'un pied, court deux lièvres à la fois: tomber enceinte, et participer à un concours pour partir sur la planète Mars (sans l'avouer à son cher et tendre). Le roman est écrit sous forme de récit à la première personne. On partage donc avec notre héroïne les instants de plongée en saturation (avec les collègues qu'il faut supporter), le passage des différentes étapes pour sa candidature au projet médiatique Objectif Mars... et par-dessus tout, ses questionnements sur sa vie de famille, passée, présente ou future, mais plus ou moins dysfonctionnelle. 

De mon côté, je le répète, la seule chose qui m'a attiré vers ce livre qui ne correspond guère à la littérature que je lis usuellement, c'est Mars. Je peux dire que je l'ai lu sans déplaisir, mais avec une indifférence certaine, et que je ne le relirai pas. Quant à cette histoire de recrutement de futurs colons martiens, ça me disait vaguement quelque chose. Il me semblait avoir vu passer des infos dans la presse à ce sujet, fut un temps. J'ai vérifié, et il est explicite que c'est le véritable projet Mars Horizon porté par la société Mars One, lancé en 2011, qui a inspiré le "pitch" de ce bouquin. Il faut malheureusement (?) noter que l'article qui la concerne sur Wikipedia (consulté le 5 septembre 2021) signale la mise en liquidation en 2019 de la société suisse qui l'avait rachetée. Mais Elon Musk reste en embuscade avec ses propres projets de départ vers Mars. Et, plus sérieusement (plus modestement, aussi), la NASA recrute semble-t-il des volontaires (américains!) pour vivre un an, à Houston, comme s'ils étaient sur Mars...

Pour en revenir au livre, j'ignore s'il a attiré beaucoup de lectrices (sinon de lecteurs). J'ai trouvé un petit nombre de blogs qui ont l'ont chroniqué: Charlene, une des cinq chroniqueuses du blog Alice in Neverland, en parle. Mais aussi La bibliothèque de Céline ou Les petites lectures de Scarlett.

Ah, tiens, finalement, une idée: il faudrait que je propose mon exemplaire en "livre voyageur". Et ce serait aussi l'occasion de reprendre contact avec les blogueuses à qui je n'ai toujours pas demandé leur adresse ou un RV pour leur faire parvenir les livres pour lesquels elles s'étaient dites intéressées dans les délais lors d'une opération précédente!

15 septembre 2021

Le petit joueur d'échecs - Yoko Ôgawa

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J'ai terminé Le petit joueur d'échecs de Yoko Ôgawa (Editions Actes sud, 332 pages) depuis quelques jours. J'ai mis du temps à le lire, le laissant souvant de côté sans raison précise. J'ai trouvé l'histoire très triste. Je n'ai pas réussi à situer ce roman dans l'espace (au Japon?) et dans le temps (dans un passé récent ou lointain?). Par ailleurs, les personnages, à deux exceptions près, n'ont pas de nom. Nous avons le petit joueur d'échecs, son grand-père, sa grand-mère, son petit frère, une jeune fille appelée Miira, une éléphante nommée Indira et d'autres personnages identifiés par leur profession ou leur physique. J'oublie le maître, ancien gardien d'usine, un homme obèse adorant les aliments sucrés qui habite dans un bus. Il y vit avec un chat noir et blanc appelé Pion. Ce petit joueur d'échecs, né avec les lèvres scellées, subira une opération chirurgicale qui lui ouvrira les lèvres mais désormais, elles sont recouvertes d'un duvet dru et épais. En effet, les lèvres ont été refaites avec de la peau d'une de ses jambes. Le petit joueur d'échecs et son petit frère vivent avec leurs grand-parents maternels suite au décès de leur mère. Désormais, le petit joueur d'échecs va très souvent sur la terrasse d'un grand magasin, où vécut trente-sept ans Indira, une éléphante qui ne put jamais redescendre car elle était trop grosse pour passer par l'escalier. Plus tard, il rencontre un homme que le petit joueur d'échecs nomme le maître. Ce dernier enseigne les échecs au petit joueur d'échecs âgé de sept ans. Il mettra quatre ans pour battre le maître lors d'une partie. Le grand-père est ébéniste et il répare les meubles cassés. C'est lui qui va construire pour son petit-fils, un lit clos avec un échiquier au plafond car le le petit joueur d'échecs a pris l'habitude de jouer aux échecs en s'installant sous l'échiquier. C'est pourquoi il craint de grandir: "Grandir est un drame". Son voeu est exaucé, sa croissance s'arrête brusquement. Il va garder toute sa vie ce corps d'enfant. Le maître devient, lui, de plus en plus gros. Il lui conseille d'aller exercer ses talents et de continuer à s'améliorer aux échecs dans un club, le Pacific Chess Club. Le petit joueur lit beaucoup d'ouvrages sur les échecs et sur les joueurs de légende. Il voudrait ressembler à un joueur en particulier, Alexandre Alekhine (1892-1946). Au sous-sol du club, on trouve un endroit appelé "Le club du fonds des mers". C'est là que ses talents vont se confirmer. Et grâce à une vieille demoiselle mécène, le petit joueur d'échecs va se mettre à manipuler "Little Alekhine", un automate transformé en joueur d'échecs avec une cavité créée spécialement pour qu'il puisse se glisser sous l'échiquier. Enfin, le petit joueur d'échecs terminera sa courte existence dans une résidence Senior étude.
J'avoue être restée assez en dehors de cette histoire sur la filiation et la transmission. Peut-être parce que je ne connais rien aux échecs. Mais j'ai été contente d'avoir l'occasion de faire connaissance de ce petit joueur d'échecs. Lire le billet de Krol qui a aimé.

PS de ta d loi du cine: c'est moi qui avais signalé à dasola la "lecture commune" organisée pour le 15 septembre 2021 en l'honneur de Goran. Il nous arrivait, à dasola comme à moi, de visiter le blog de ce dernier, Des livres et des films, et même d'y commenter tel ou tel billet. Un ultime rendez-vous, donc, à l'occasion de ce petit joueur d'échecs.

19 octobre 2021

Pays baltes 7/9 - Lituanie - 1

Après la Lettonie, nous sommes arrivés en Lituanie en commençant pas un site étrange que, pour ma part, j'ai trouvé lugubre et pas intéressant: la colline des Croix, un lieu de pélérinage national recouvert de milliers de croix, en souvenir, notamment, des Lituaniens tués ou déportés.

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Des trois capitales visitées, Vilnius est la seule capitale à ne pas être au bord de la mer. Mais cela ne nous a pas empêchés de nous retrouver vers la mer Baltique en allant sur la presqu'île de Neringa, un étroit cordon littoral qui forme une réserve naturelle. Cet étroit cordon se trouve entre la Baltique et la lagune de Courlande. Sur la presqu'île, à côté de Juodkrante, on se promène dans la Raganu Kainas (la colline des Sorcières), parsemée de sculptures en bois évoquant les contes lituaniens. Il faut faire attention quand on marche, car les racines des arbres peuvent faire tomber (c'est ce qui m'est arrivé).

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On a été au bout de la presqu'île, où d'un côté on voit la lagune du Courlande et de l'autre la Baltique, et tout au fond, Kaliningrad, l'enclave russe en Europe.

E8B6B8BC-00B1-4448-AE99-3A99767D76A4 La lagune

9EBEBA24-B8DF-4668-88DE-968760FE6269 La Baltique

La ville principale de Neringa s'appelle Nida où l'on peut admirer de jolies maisons en bois.

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Et une maison en particulier, celle où Thomas Mann et sa famille ont passé les étés de 1930 à 32. C'est là que l'écrivain, Prix Nobel de littérature, a écrit Joseph et ses frères paru en 1933.

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On a eu la chance d'avoir un temps très agréable.

On a repris notre chemin pour se diriger vers la ville de Kaunas et son château qui date du XIIIème siècle.

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F2907857-6C03-4187-9F45-08905F922ED2 Et voici le fleuve Niemen qui traverse la ville de Kaunas. Il se jette dans la Baltique. Sa source se trouve en Biolorussie à Minsk.

Dans un prochain billet, Krakaï et Vilnius. 

13 octobre 2021

Pays baltes 6/9 - Lettonie - 3

Suite et fin des visites en Lettonie avant de passer à la Lituanie.

Comme je l'ai écrit à la fin de mon billet précédent, nous avons été faire un tour au très grand marché de Riga dont où de nombreux stands et étals sont abrités sous les anciens hangars de zeppelins. Comme on a fait tout très vite, je n'ai pas pu faire autant de photos que je voulais.

B1DBAAA4-423C-4558-8F36-CE704191D961 L'extérieur du marché

EC3A50F3-AF88-4346-B67E-FEF29270CFBA L'intérieur d'un des hangars (il y en a 4 ou 5)         E1DFA43A-E6F0-4D25-8AE9-7B57F424149B Un hangar légumes, un hangar viandes, un hangar poissons

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Entre deux hangars, on trouve des fruits et puis des fleurs.

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Avant de quitter la vieille ville, voici des photos des restes des remparts de la ville qui datent du Moyen-Âge, ainsi que la poudrière.

2170F662-2E3C-473E-98AB-0FEAC5794F99 Remparts

486B0270-940D-44CF-9022-98A4DACD9CA8 La poudrière

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A nouveau les remparts.

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La guide nous a aussi emmenés vers la seule synagogue qui n'ait pas été détruite pendant la deuxième guerre mondiale à Riga. Elle a été restaurée en 2006. On a pu la visiter moyennant une somme modique. Avant 1940, on comptait environ 95000 Juifs en Lettonie. Beaucoup ont été déportés en Sibérie et d'autres ont subi la shoah par balles. En 1937, Riga comptait 72 synagogues...

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La synagogue a été restaurée en 2007. 

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 Avant de quitter la région de Riga, on a passé une soirée très sympathique à Jurmala, une station balnéaire à côté de Riga.

Comme on était en fin de journée, j'ai trouvé la couleur du ciel au-dessus de la mer baltique 

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Dans un prochain billet, la Lituanie.

24 août 2021

La vallée - Bernard Minier

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J'ai lu plusieurs romans de Bernard Minier, dont les deux premiers, Glacé et Le cercle. Avec La Vallée (Editions Pocket, 569 pages), on retrouve à Toulouse Martin Servaz, qui a été suspendu de ses fonctions de commandant de police. Cette sanction est survenue lors d'une enquête précédente. Il n'a plus de plaque, plus de revolver, mais il s'occupe de son petit garçon Gustav et partage la vie d'une femme doctoresse de grande valeur. Néanmoins, au beau milieu d'une nuit, le télephone sonne et une voix l'appelle. Cette voix féminine le renvoie à un passé douloureux. Il devine assez rapidement d'où la femme, Marianne, son ex-compagne, l'a appelé. Il se rend dans une petite ville, Aigues-Vives, aux confins de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées où se trouve une abbaye. Aux alentours d'Aigues-Vives, des meurtres violents sur des hommes ont été commis. Près de chaque cadavre sont disposés une croix, un triangle, un cercle et un X. Martin qui cherche Marianne va prêter main-forte à une femme policier, Irène Ziegler, qu'il connaît depuis longtemps. L'enquête s'avère difficile, d'autant plus qu'un glissement de terrain sur l'unique route qui mène à Aigues-Vives va isoler la population. Gabrielle Dragoman, une psychiatre et pédopsychiatre, va jouer un rôle essentiel dans l'intrigue. Je ne dirai rien de plus à part que j'ai trouvé le roman un peu long. Ce roman, qui m'a permis de participer au challenge "Pavé de l'été" de Brize, aurait pu être plus court d'au moins cent pages. Mais l'intrigue tient suffisamment en haleine. 

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