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10 décembre 2017

La villa - Robert Guediguian / Le brio - Yvan Attal / Johnny

Comme je l'avais annoncé dans mon billet précédent, j'ai vu quatre films français depuis mon retour du Chili. Voici les deux manquants.

Avec La Villa, je me suis réconciliée avec le cinéma de Robert Guédiguian. La villa est celle où vit un vieux monsieur dans une calanque près de Marseille. En introduction, on voit cet homme qui a une attaque. Paralysé, il ne pourra se débrouiller tout seul. A l'occasion de ce triste événement, ses trois enfants, Joseph, Armand et Angèle (interprétés par Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan et Ariane Ascaride), reviennent pour s'occuper de lui. Surtout ses deux fils. Joseph est accompagné par Bérangère (Anaïs Desmoutiers), une "jeunette" qui pourrait être sa fille et qu'il présente comme sa fiancée. Le jeune médecin qui s'occupe du père en profite pour rendre visite à ses parents, qui sont des voisins du père. Raconté comme cela, on pourrait croire qu'il ne se passe pas grand-chose, et bien on aurait tort, car on s'attache tout de suite aux personnages, on se sent en famille. On apprend un élément tragique sur la vie d'Angèle. Il y a quelques retours en arrière dans le passé. L'histoire nous raconte le temps qui passe sur un ton mélancolique avec une pointe de tristesse. Elle nous évoque aussi la vie d'aujourd'hui où les migrants cherchent refuge en Europe. J'ai aimé la manière dont Guediguian filme la calanque et la mer. Je me suis sentie dépaysée. Cela donne des envies de voyage. Pas forcément le film de l'année mais une belle histoire. Lire les billets de Pascale, ffred, larroseurarrose.

Je termine avec Le brio d'Yvan Attal. Neïla Salah, une jeune banlieusarde de Créteil issue de l'immigration, arrive en retard pour sa première journée en fac de droit d'Assas - à la réputation de "droite". Dans l'immense amphi où Pierre Mazard (Daniel Auteil) débute son cours, il l'interpelle. Leur relation débute mal. Leur altercation est filmée et diffusée très vite sur Internet. Les propos de Mazard à caractère raciste le mènent au conseil de discipline. Il bénéficiera néanmoins d'un sursis s'il arrive à faire que Neïla remporte le prochain concours d'éloquence, qu'Assas n'a pas gagné depuis plusieurs années. Mazard n'est pas un homme facile. Il m'a fait l'impression d'être un misanthrope plutôt qu'un raciste. Pour débuter l'entraînement de Neïlah, Mazard lui demande de lire L'art d'avoir toujours raison (ou La Dialectique éristique) de Schopenhauer (on le trouve en français pour 2 euro en collection Librio). Dans ce petit ouvrage, Schopenhauer décrit 38 stratagèmes pour sortir vainqueur de tout débat. Pour revenir au film, on suit avec un certain intérêt la confrontration entre les deux protagonistes. Cela se laisse voir, et j'ai aimé vers la fin le discours de Neïlah face à quelques personnes. Le film semble avoir trouvé son public. Lire le billet de Pascale.

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Sinon, je pense que tout le monde est au courant: Johnny, l'idole des jeunes, est parti, la France est en pleurs, les funérailles furent nationales. Voici une photo prise chez un marchand de journaux dans une gare parisienne avant-hier. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais n'est-ce pas un peu exagéré? Même si je l'aimais bien, Johnny...

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20 septembre 2017

Illska - Eirikur Örn Norddhal

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Dans le cadre du challenge "Pavé de l'été" initié par Brize, j'ai choisi un roman de 690 pages aux éditions Points Seuil. J'avais lu un billet chez Aifelle qui m'avait confortée dans l'idée de me plonger dans ce roman dense qui se passe alternativement en 1941 en Lituanie à Jarbarkas et dans les années 2000 en Islande et en Lituanie. Illska (Le mal) de l'Eirikur Örn Norddhal (né en 1978), nous raconte l'histoire d'Agnes qui aime Omar (ils se sont rencontrés à une station de taxi en 2009) mais qui aime aussi Arnor (un jeune néonazi). Tous les trois sont nés à la fin des années 1970. Les arrière grands-parents d'Agnes étaient juifs du côté maternel et catholiques du côté paternel. Agnes rédige avec difficulté une thèse sur l'extrême-droite. Elle pense beaucoup à l'Holocauste de par ses origines. Aimant deux hommes en même temps, les amours d'Agnes ne sont pas simples d'autant plus qu'elle tombe enceinte et met au monde un petit garçon, Snorri. On nous laisse dans le doute sur l'identité du père. Comme Aifelle, j'ai préféré la partie qui se passe pendant la deuxième guerre mondiale, quand presque 400 Juifs, hommes, femmes et enfants furent abattus par un des premiers "einzatzgruppen" composés de Lituaniens de la ville. C'est à Jurbarkas qu'on pouvait trouver la plus belle synagogue d'Europe du Nord. Elle fut démolie par les Juifs sous la menace des armes. Toute la partie de l'histoire qui se passe à partir de 2009 se distingue par une narration hachée dans laquelle l'écrivain choisi même de se mettre à la place de Snorri lui-même. C'est un roman qui se lit bien malgré la longueur, même s'il aurait gagné à avoir au moins 200 pages de moins. Il y a des passages brillants et d'autres pas très intéressants. C'est néanmoins un écrivain islandais (un de plus) à découvrir.

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11 octobre 2017

L'ordre du jour - Eric Vuillard

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L'ordre du jour d'Eric Vuillard (Editions Actes Sud) est un récit de 150 pages évoquant le 20 février 1933 et ce qui s'ensuivit en Allemagne. Vingt-quatre hommes, dont Vuillard dresse la liste, sont présents dans le petit salon du président du Reichstag. Hermann Goering les accueille, leur parle d'un ton enjôleur. A l'issue de cette conversation, il demande à ces vingt-quatre hommes de "passer à la caisse" car le 5 mars, il y a les élections et les finances du parti nazi sont au plus bas. Qu'à cela ne tienne, ces vingt-quatre messieurs représentant les sociétés allemandes les plus prospères de l'époque (et encore de nos jours) vont donner des sommes substantielles. Vuillard les désigne nommément: BASF, IG Farben, Krupp, Opel, Telefunkun, Siemens, Allianz, Bayer. C'est donc grâce à eux et aux fonds qu'ils ont levés que les nazis ont semé la mort pendant 12 ans. Vuillard évoque l'Anschluss et Schuschnigg, le chancelier d'Autriche entre 1934 et 1938 qui a laissé les Nazis envahir son pays. Eric Vuillard a une plume remarquable qu'il trempe souvent dans le vitriol quand il évoque certaines personnes ou certains faits comme le recrutement de déportés (de la main d'oeuvre gratuite) pendant la guerre. Ils travaillaient dans les sociétés énumérées plus haut. Ce fut une affaire rentable. Un livre que je vous conseille tout comme Dominique et le Merydien. La photo de couverture représente Gustav Krupp von Bohlen und Halbach.

Addendum : Ce roman a été récompensé par le Prix Goncourt 2017 le 6 novembre 2017.

26 juin 2017

Grand Froid - Gérard Pautonnier / Edmond Ganglion & Fils - Joël Egloff

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Le mercredi 28 juin prochain sort le premier long-métrage de Gérard Pautonnier (qui est aussi le co-scénariste du film avec Joël Egloff), Grand Froid, avec Jean-Pierre Bacri (épatant), Olivier Gourmet et Arthur Dupont. J'ai trouvé ce film très amusant et distrayant avec un côté absurde. Une entreprise de pompes funèbres située dans une petite ville neigeuse peine à trouver de la clientèle. L'entreprise Zwek est au bord de la faillite. Zwek (Olivier Gourmet) ne pourra pas payer les salaires du mois en cours à ses deux employés, Georges Bron (Jean-Pierre Bacri), à quelques mois de sa retraite, et Eddy (Arthur Dupont), un jeune homme plein de bonne volonté. De temps en temps, Georges va chez le docteur de la ville. Il s'installe dans la salle d'attente pour constater que les futurs clients ne sont pas pour tout de suite. Car comme il le dit à Mme Cisca qui n'arrête pas de demander conseil sur ses malaises et vertiges, "la mort, ce n'est pas contagieux, c'est héréditaire". Enfin un jour, l'espoir renaît pour Zwek, un couple passe la porte de la boutique. Une femme et son beau-frère veulent que l'entreprise Zwek organise les obsèques du mari de la première et frère du second. Le décédé doit être inhumé dans un cimetière loin de tout. Georges et Eddy mènent le corbillard. Derrière eux dans une deuxième voiture, sont entassés  la veuve, le beau-frère, le curé et deux enfants de choeur. Après quelques kilomètres, tout va de travers et je vous laisse découvir les divers incidents qui aboutit à un coup de théâtre inattendu. Le film que j'ai vu en avant-première dure 1h26. Un film sympa et bien interprété. Allez le voir quand il sortira.

J'en ai profité pour lire le roman Edmond Ganglion & Fils de Joël Egloff paru en 1999 et qui vient d'être réédité (Collection Folio/Gallimard, 162 pages). Il a servi de base au film. Les scénaristes ont gardé la trame narrative. En revanche, je n'ai pas ri car j'ai trouvé l'histoire plus tragique. Il manque la manière de dire le texte (comme le fait Bacri par exemple, il est irrésistible).

26 juillet 2017

La table du roi Salomon - Luis Montero Manglano

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La table du roi Salomon de Luis Montero Manglano (Edtions Actes Sud, 515 pages haletantes) est le roman idéal si vous aimez le suspense, les énigmes, les jeux de pistes, les films d'Indiana Jones, l'Histoire. C'est divertissant et ludique avec des chausse-trappes (surtout à la fin). L'histoire racontée à la première personne nous fait découvrir une organisation quelque peu secrète: CNQ (Corps National des Quêteurs), dont les bureaux sont situés dans les sous-sols du musée archéologique de Madrid. Tirso Alfaro, le narrateur, un jeune espagnol de 30 ans, licencié en histoire de l'art mais n'ayant jamais réussi avoir un doctorat, se retrouve enrôlé suite à une sélection piquante dans cette organisation, après un court passage comme gardien dans un obscur musée à Canterbury en Angleterre. Ce groupe, composé seulement de six personnes avec des pseudos comme Enigma, Danny, Labulle ou Tesla, a pour but de récupérer des biens culturels volés à l'Espagne au XIXème et XXème siècles, et de les échanger contre des copies parfaites. Bien évidemment ils vont affronter un vrai méchant aux noirs desseins quand il s'agira de retrouver la table du roi Salomon, J'ai dévoré les 500 pages en un week-end. Un vrai plaisir de lecture que je compte bien prolonger quand paraîtra un 2ème tome car c'est a priori le tome 1 d'une série. Lire le billet de Brize.

16 avril 2017

Je danserai si je veux - Maysaloun Hamoud

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Comme Je danserai si je veux (sorti le le 12/04/12 au lieu du 29/03/17), le premier film franco-israélo-palestinien de Maysaloun Hamoud, risque de passer inaperçu, je profite de ce blog pour vous inciter à aller le voir s'il passe par chez vous. Il n'y a pas eu beaucoup d'échos dans la presse et les critiques sont partagées: Le canard enchaîné et Télérama aiment, mais pas Le Monde. C'est l'histoire de Layla, Salma et Nour, trois jeunes arabes palestiniennes qui vivent à Tel Aviv, dans un grand appartement en colocation. La première est une avocate. C'est une belle jeune femme libre qui fume et boit et n'hésite pas à séduire les hommes; Salma est DJ et serveuse dans un bar; quant à Nour qui vient tout juste d'arriver, elle veut préparer au calme ses examens d'informatique loin de son village et de son fiancé qui aimerait avancer la date du mariage. Nour est une jeune femme sage qui porte le voile même en intérieur. Ces portraits vifs et évocateurs de ces femmes, dans un monde où le pouvoir patriarcal n'a jamais été aussi fort, m'ont touchée. Salma se fait déshériter par sa famille qui découvre qu'elle préfère les femmes aux hommes. Le nouvel amoureux de Layla, sous ses airs progressistes, est très traditionnaliste, et il n'accepte pas que Layla fume en public. Quant au fiancé de Nour, un psycho-rigide qui ne serre pas la main des femmes, il a un comportement inqualifiable envers Nour. Heureusement que les femmes savent être solidaires quand il le faut. La dernière scène fait penser à une fin ouverte mais pas forcément heureuse. Les trois comédiennes sont formidables. J'ai vu ce film en avant-première il y a plus d'un mois et je suis très contente de l'avoir vu. Lire les billets de Miriam et Pascale.

30 mai 2017

L'ours est un écrivain comme un autre - William Kotzwinkle / Ma part de gaulois - Magyd Cherfi

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Est-ce que vous saviez que les ours pouvaient être des écrivains? Je l’ai appris grâce au roman distrayant de William Kotzwinkle (écrivain américain né en 1938 dont je vous recommande Midnight Examiner). Dans L’ours est un écrivain comme un autre (Editions 10/18, 286 pages, paru aux Etats-Unis en 1996 et traduit en français en 2014), un gros ours, sympa et très gourmand, s’empare d’un manuscrit caché sous un vieil épicéa dans une forêt du Maine aux Etats-Unis. L’auteur de «Désir et Destinée» (c'est le titre du manuscrit) est un professeur d’université, Arthur Bramhall, peu fait pour l'enseignement et sujet à la dépression. Il avait caché l'unique exemplaire du manuscrit d'un livre qu'il a été obligé de réécrire après que le premier jet a été brûlé dans l'incendie de sa ferme. L'ours, qui veut ressembler à un humain, dérobe des vêtements dans un magasin et part pour New-York. Là, il trouve tout de suite un agent littéraire enthousiasmé par le roman, dont l'ours a gardé le titre, mais en ayant changé l'auteur et mis le nom qu'il a choisi, "Dan Flakes". Ce qui est amusant dans le roman, c'est que nous, lecteurs, on sait que c'est un ours, mais les personnages du roman ne le perçoivent pas comme tel, même s'ils trouvent son comportement étrange ainsi que sa manière de s'exprimer. Il parle par monosyllabes ou, quand il dit un mot, les gens en comprennent un autre. Dan va connaître les joies de manger encore et encore, de vivre dans le luxe, de devenir un écrivain célèbre et surtout de connaitre de charmantes "femelles", lui qui dans sa forêt du Maine n'avait la possibilité de batifoler qu'une fois par an. Pendant ce temps, le pauvre Arthur Bramhall devient un ours... C'est un roman savoureux que je conseille.

 

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Je passe à un récit autobiographique, Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi, le parolier du groupe toulousain Zebda. J'ai été tout d'abord attirée par la photo de couverture de ce livre publié chez Actes sud (259 pages): une photo de famille sur laquelle on voit le petit Magyd au premier plan. Magyd Cherfi est né en 1962 à Toulouse dans une famille d'origine Kabyle. Dans Ma part de Gaulois, il évoque son année du bac en 1981, l'année de l'arrivée de Mitterrand au pouvoir. Magyd est un phénomène dans son quartier, il aime l'oeuvre de Flaubert et il est le premier "Arabe" de la cité à passer son bac. Il a intérêt à l'avoir car sa mère compte sur lui. C'est un récit vivant et optimiste malgré les obstacles sur le chemin du diplôme. En particulier, Magyd est l'objet de moqueries de la part de quelques "durs" de la cité. Tout en préparant le baccalauréat, Magyd fait du soutien scolaire et il écrit des poèmes, il rédige des lettres à la demande. Un parcours qui fait du bien.

13 mai 2017

Une famille heureuse - Nana & Simon

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Il n'est pas courant de voir des films georgiens. En voici un réalisé par Nana Ekvtimishvili et Simon Groß qui vient de sortir sur nos écrans (à Paris tout au moins). Je précise que les cinéastes apparaissent au générique avec seulement leur prénom. Je vous recommande chaudement ce film tant pour l'histoire que pour les comédiens. Par ailleurs, pendant le déroulement de l'histoire, vous aurez l'occasion d'entendre des chants georgiens chantés et joués par les acteurs eux-mêmes. Une famille heureuse est celle de Manana, la cinquantaine, professeur dans un lycée. Elle vit dans un appartement pas très grand avec son mari, ses deux parents âgés et ses deux enfants. Le jour de son anniversaire, Manana annonce qu'elle les quitte tous sans donner une explication et en ne se lamentant pas (telle était la ligne de conduite de la reine Victoria: "Never complain, never explain"). Elle trouve un appartement à louer dans une proche banlieue. On sent qu'elle avait besoin de ce moment et de ce lieu de détente loin des jérémiades de sa mère et des problèmes domestiques. Lors d'une réunion d'amies d'enfance, Manana apprend quelque chose qui lui fait d'autant moins regretter d'être partie. Son mari n'arrive pas à s'habituer à ce départ, mais qui sait ce que l'avenir réserve car le film se termine sur le visage de Manana songeuse. Le film dure 2 heures mais je ne me suis pas ennuyée une minute. J'ai quitté Manana à regret. L'actrice Ia Shugliashvili qui interprète Manana est sensationnelle.

17 février 2017

Voyage au Japon (3/4)

J'ai senti que le Japon sous la neige avait bien plu. Je vous en remets une couche.

Au nord de Nagoya, près de la mer du Japon, les régions de Gokayama et Shirakawa-gō abritent des villages inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ils ont la particularité d'avoir des toits de chaume pentus. C'est le style architectural appelé gasshō-zukuri. Il s'agit de maisons vieilles de plus de 300 ans avec un revêtement en chaume refait "à l'ancienne" quand c'est nécessaire avec tous les habitants du village.

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Dans ces maisons, on élevait le ver à soie, et autour, on cultivait le mûrier qui permettait de faire du papier mâché.

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Petite photo humoristique (j'ai trouvé la situation amusante)

Il faut noter que le mois de février est une période hors saison touristique (mais il y a pas mal de Taïwanais et de Chinois qui viennent visiter). J'ai d'autant plus apprécié ces paysages et ces maisons en hiver sans qu'il y ait trop de monde. On nous a dit qu'il y avait relativement moins de neige que d'habitude. Une année, il est arrivé que les habitants soient obligés de passer par les fenêtres du 1er étage pour sortir de chez eux.

La période la plus favorable pour aller au Japon, c'est le printemps (avec les cerisiers en fleur). Eviter la première semaine de mai (une suite de jours fériés). L'été en juillet / août est à déconseiller: il fait très chaud et très humide. L'automne est en revanche une bonne période.

Par rapport à ce que demande Alex-6, j'ai en effet vu très peu d'animaux de compagnie et aucun chat ni chien errant.

Concernant les boutiques, on a visité de vieux magasins vendant du miso, du tofu, des pâtisseries japonaises et du saké.

P1040763    du tofu

  P1040766   P1040767  du miso

P1040771  des biscuits japonais

P1040772  du saké

En parlant du saké, on a visité une distillerie où il a aussi fallu se déchausser.

Voici des gerbes de riz qui servent à fabriquer le saké. Ce n'est pas du tout le même riz que l'on consomme.

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 Et à propos de papier mâché fait à partir d'écorce de mûrier, on a eu l'occasion d'aller dans une petite fabrique de ce papier. On a pu créer des cartes postales.

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P1050007  Branche et écorce de mûrier

Pour vous faire saliver (si vous aimez la viande), j'ai eu l'occasion de déguster du boeuf japonais de Matsusaka ou celui de Kobé qui est élevé dans la région où j'ai voyagé. Le boeuf est massé, nourri entre autre à la pulpe de soja, au blé complet. On lui donne de la bière et on lui fait écouter de la musique classique (peut-être est-ce une légende?)

En tous les cas, le résultat est sublime: une viande onctueuse qui fond sous la langue. Les parts servies, n'étant pas forcément copieuses, sont suffisantes. C'est une viande grasse. Il parait que l'on trouve cette viande en France depuis quelques années à plus de 300 euros le kilo!

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Il s'agit de la vitrine dans un restaurant où les morceaux de boeuf sont exposés.

Suite et fin de mon voyage dans mon prochain billet.

13 avril 2017

Cartel - Don Winslow

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Cartel (Editions du Seuil, 710 pages haletantes) de Don Winslow est la suite de La griffe du chien (voir mon billet). Quand débute Cartel, en 2004 Adán Barrera, un narcotrafiquant, est derrière les barreaux dans une prison de haute sécurité mexicaine mais plus pour très longtemps. En effet, il organise son évasion grâce à l'argent qu'il a versé à tous les gardiens. Adàn redevient le chef du cartel de Sinaloa. Face à lui, Art Keller (ancien agent du DEA), qui avait mis Adán derrière les barreaux, est obligé de reprendre la traque. Adán met la tête de Keller à prix pour 2 millions de dollars et s'engage à mettre la main sur les états limitrophes avec les Etats-Unis avant d'envahir tout le Mexique en écrasant les cartels rivaux. Mais des adversaires redoutables se présentent. Anciens militaires de l'armée mexicaine, ils se font appeler les zetas et sèment le meurtre et la violence. Les victimes se comptent par centaines. en étant décapitées, démembrées, éventrées, exécutées d'une balle ou brûlées vives. Tout ça pour l'argent de la drogue et des armes. Je ne vous décrirai pas le sort réservé aux femmes. Le monde décrit dans Cartel est terrible, cauchemardesque et sans beaucoup d'espoir. Car même si Cartel est un roman, il raconte une histoire tirée de faits réels. En préambule du roman, Winslow donne une liste de plus de 100 journalistes "disparus" ou assassinés (et il y en a eu d'autres) pour avoir essayé de raconter ce qu'il se passe. Le roman se termine en 2014. Le style est fluide. J'ai été "happée" dès le début. Je ne sais pas si c'est un grand roman (l'histoire est très noire) mais c'est un très bon roman. Lire les billets élogieux de Leatouchbook, Inganmic, Athalie, Richard, Didi et Cannibales lecteurs.

1 février 2017

La la land - Damien Chazelle / Pause vacancière

Avant de vous quitter pour 10 jours, je vais évoquer en quelques phrases La La Land du franco-américain Damien Chazelle (Whiplash). On va me dire que je fais la fine bouche, mais j'en entends tellement parler depuis plusieurs semaines que je m'attendais à un chef d'oeuvre marquant l'histoire du 7ème Art - et ce n'est pas le cas. Et pourtant le film est en lice pour les Oscars dans 14 catégories!

J'ai néanmoins retenu deux séquences :

L'ouverture du film qui est très réussie: des voitures bloquées par un embouteillage sur une bretelle de "freeway" à Los Angeles, et, tout à coup, les conducteurs se mettent à danser et à chanter.

Et la longue séquence finale où l'on nous raconte ce qui serait arrivé si...

Le reste du film est une suite de saynètes plaisantes à regarder mais sans plus. Les décors et les costumes resplendissent de couleurs vives. Il faut aimer le côté kitsch de l'ensemble comme la reconstitution des quais de la Seine avec l'Arc de triomphe et la Tour Eiffel en carton-pâte. L'histoire ne m'a pas passionnée plus que cela. Mia, serveuse dans un coffee-shop, espère réussir à Hollywood. Seb(astian) aime le jazz, celui de Charlie Parker et John Coltrane. Bon pianiste et espérant ouvrir un jour le night-club de ses rêves, il accepte d'être le membre d'un groupe de musiciens dans lequel il se fourvoie.

La rencontre entre Sebastian et Mia se fait par hasard. Le couple est charmant mais l'ensemble manque d'un petit quelque chose. Je n'ai été ni émue ni enthousiaste.

Lire les billets louangeurs de Matchingpoints, Pascale, Wilyrah, chris, Armelle, et celui de ffred qui l'est nettement moins.

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J'annonce donc que je suis en pause vacancière. J'ai l'opportunité d'aller au pays du Soleil-Levant pendant une semaine.

Je vous laisse en compagnie de mon amaryllis qui vient de refleurir pour la 4ème fois en 3 ans.

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17 janvier 2017

Drive - James Sallis

A défaut d'avoir réussi à rédiger un billet statistique pour les 10 ans du Blog de dasola ou un billet "Hommage" concernant Charlie Hebdo, voici 20 lignes que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) peux proposer.

Drive (et pourquoi pas "Le chauffeur"?): encore un livre que j'ai extorqué à dasola alors qu'il lui était tombé des mains. L'édition en notre possession date de 2011, et affiche la photo du film en couverture. C'est après avoir revu celui-ci que la PAL dasolienne a été fouillée. Je viens d'en terminer les 175 pages (en poche, Rivage/Noir). Je constate que le cinéaste (Nicolas Winding Refn) et son équipe ont vraiment fait oeuvre de création, en partant de situations présentes, éparses, dans le roman, et en les reliant, les complétant, les explicitant, par le vrai "fil rouge" d'un scénario compréhensible.

C'est curieux de constater que, à partir d'éléments communs, on peut générer des oeuvres tellement différentes. Il serait sans doute intéressant de pouvoir lire (et comparer) une "novellisation" rédigée à partir du film. Dans le livre, nous avons également un homme jeune, solitaire (sinon presque "clandestin"), doué pour la conduite automobile mais aussi pour l'usage de la violence. Nous avons aussi un milieu en marge de la loi, des braquages, des cascades cinématographiques. Mais il est intéressant de relever que le "milieu" du cinéma y apparaît d'une manière très différente de celle portée à l'écran (à mon avis), où prime la construction d'une réputation professionnelle, d'un réseau... et d'un agent efficace.

Pour ceux qui ont vu le film, le livre commence juste après le massacre en lieu clos qui suit le braquage raté. Les retours en arrière éclairent la biographie du Chauffeur (hérédité chargée - Sallis connaît-il Zola?). Le livre donne davantage l'impression d'une histoire d'hommes (beaucoup moins de romantisme). La mort du héros est annoncée comme à venir dans un certain temps.

J'ai apprécié ce livre. Est-ce que j'aurais cherché à le lire si je n'avais jamais vu le film? Non. Si j'avais lu le livre par hasard avant de voir le film, est-ce que je l'y aurais reconnu? Non plus. Je ne peux que vous recommander de faire l'expérience des deux de votre côté, dans l'ordre que vous voulez.

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23 mars 2017

Pierre Bouteiller - Hommage

Une fois n'est pas coutume, je n'évoque pas un acteur ou un réalisateur disparu mais un animateur radio, Pierre Bouteiller (1934-2017) dont j'écoutais les émissions sur France Inter dans ma jeunesse. Pierre Bouteiller et sa voix m'ont enchantée dans les années 70. Il s'est éteint le 10 mars dernier. Son "bonjour" résonne encore à mes oreilles. Il avait un timbre de voix qui convenait bien pour la radio. Ses émissions étaient intelligentes. Ce passionné de Jazz a aussi animé pendant 7 ans, de 1982 à 1989, l'émission du Masque et la Plume. Un grand monsieur et une grande voix se sont tus.

640_imgpal (copyright Radio France)

19 février 2017

Voyage au Japon (4/4 - conclusion)

Pendant 8 jours, je vous ai emmenés au Japon: la durée de mon séjour. J'ai eu la chance de bénéficier d'un voyage tous frais payés grâce à un voyagiste. Nous étions 3 plus une accompagnatrice. Ce voyage devait aboutir à ce que l'on promeuve le Japon. Je pense l'avoir fait par l'intermédiaire de mon blog. J'avoue que c'est un pays qui m'a plu et où je compte bien retourner un jour. Il suffit de prendre un vol pas trop onéreux (il y en a). On peut manger pour pas trop cher et on se déplace grâce au train en achetant un "Pass". Mais ça reste un pays "à haut niveau de vie" (selon le cours du Yen).

Il faut noter que dès septembre 2016, l'office du tourisme de ce pays a décidé de faire de l'auto-promotion auprès de 15 pays européens. A Paris, dans le métro, par exemple, on peut voir de grandes affiches vantant le Japon. 

Pour répondre à Violette, j'ai pris un vol avec escale à Helsinki. La durée du voyage est d'environ 14 heures escale compris (voir mon billet n°1)

Pour répondre à Luocine, une bonne paire de chaussettes (voire deux) est en effet nécessaire pour visiter les intérieurs même si parfois on nous fournit des mules. J'ajouterai que dans les maisons traditionnelles, il n'y a pas de chaudière ni de chauffage central. Ce ne sont que des chauffages d'appoint ou simplement un foyer au milieu d'une pièce. Les Japonais sont habitués.

Pour répondre à Alex-6, je ne pourrais pas vraiment répondre sur la condition de vie des Japonaises, si ce n'est qu'il y a un divorce sur trois mariages et que les couples vivant en concubinage sont tolérés.

Mauvaise nouvelle, les Japonais se mettent aussi au "MacDo", même si on sent que les Américains ne sont pas forcément bien vus (on peut le comprendre). Les Japonais parlent peu ou pas anglais (enfin, dans les endroits où je suis passée), mais il y a des mots et des gestes qui font des miracles: un salut de la tête et "arigatô" (merci) [se prononce Aligato], et "ohayô gozaimazu" (bonjour). Les Japonais sont heureux quand on prononce ces mots. Après, il faut se débrouiller, mais on y arrive.

Voici encore quelque photos enneigées à Hida-Furukawa

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    P1040959    P1040955 Dans le cours d'eau, au printemps, il y des carpes.

[@Dominique: je t'autorise bien volontiers à utiliser une de mes photos (j'en ai d'autres). Cela me fera très plaisir.]

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et le voyage s'est terminé à Tokyo que l'on a atteint grâce au TGV Hukataka 560. On a pris une ligne qui est en fonction depuis 2015.

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On a vu Tokyo de manière succincte, mais voici tout de même la porte Kaminarimon qui mène à un temple bouddhiste.

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Et la tour de la télévision Skytree, la plus haute du monde : plus de 600 mètres de haut. Elle a été construite entre 2008 et 2011.

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Le public peut monter jusqu'à 450 mètres de haut, ce que l'on a fait (le prix pour l'ascension est de 30 euros à 350 mètres et 10 euros de plus pour les 100 mètres suivants)

La vue sur la mégapole de presque 13 millons d'habitants (Tokyo intra-muros)  est impressionnante. L'agglomération de Tokyo est peuplée par 42 millions d'habitants!!

P1050121  P1050123 En orange, on voit la petite Tour Eiffel qui était la tour de la télévision jusqu'à tout récemment, avant que la Skytree Tower prenne le relais.

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Et voilà,  fin du voyage. J'espère qu'il vous aura plu.

4 décembre 2016

Maggy Garrisson (cycle) - Stéphane Oiry & Lewis Trondheim

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Je ne chronique pas souvent de bandes dessinées, mais je voulais évoquer les trois tomes "Maggy Garrisson" parus entre 2014 et 2016 aux Editions Dupuis. C'est une BD assez sympa qui a beaucoup plu à mon ami. Il a particulièrement aimé une réplique dans l'avant-dernière vignette du premier tome quand le nouveau petit ami de Maggy lui demande ce qu'elle va faire de l'argent qu'ils ont récupéré: Maggy amoureuse répond "Je vais t'acheter une laisse en or".

A Londres, de nos jours, Maggy est une jeune femme un peu replète qui vient de retrouver après deux ans de chômage un travail de secrétaire chez Mr Wight, un détective privé au bout du rouleau et passablement alcoolique. Dans Fais un sourire, Maggy, dès son arrivée, Maggy, qui est intelligente et astucieuse, retrouve le canari d'une voisine, puis une balle de cricket signée qui a été volée au patron d'un pub. Pendant ce temps-là, le nouveau patron de Maggy est à l'hôpital, car il a été agressé à cause du contenu de son portefeuille (il possède trois tickets très convoités). Maggy essaye de faire la lumière sur cette agression, ce qui l'emmenera jusqu'à Brighton. Sheena, une fliquette, devient son amie, et Alex (celui que Maggy veut mettre en laisse à la fin) son petit ami.

Dans le deuxième tome (L'homme qui est entré dans mon lit), on réalise que Sheena en veut à l'argent amassé par Maggy dans le premier. Lors d'un intermède, Maggy rend visite à sa mère avec qui elle ne s'entend pas du tout. Les ennuis s'accumulent pour Alex qui doit ruser avec les faits. Pendant ce temps-là, Maggy continue à seconder Mr Wight dans ses enquêtes.

Dans Je ne voulais pas que ça finisse comme ça (le troisième tome), Maggy et Mr Wight sont chargés de "coincer" une entreprise de pompes funèbre qui a profané un cadavre en lui volant neuf dents en or. Maggy toute seule fait tout ce qu'elle peut pour rendre à ses propriétaire un album trouvé dans un conteneur. Quand le tome trois s'achève, on peut espérer qu'il y aura une suite, d'autant plus que j'aime beaucoup le personnage de Maggy.

31 décembre 2016

La Montagne rouge - Olivier Truc

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Pour une fois, je ne vais pas être gentille avec un écrivain. Monsieur Truc, pour votre prochain roman, relisez ou faites relire votre manuscrit. Dans La Montagne rouge (Editions Métailié, 498 pages), le troisième opus avec la police des rennes, j'ai relevé des redites dans un même paragraphe. La faute de français "mettre à jour" (actualiser) au lieu de "mettre au jour" quand on découvre quelque chose (un squelette par exemple) revient très souvent, je l'ai notée au moins dix fois dans le texte. J'ai aussi été agacée par le fait qu'Olivier Truc narre plusieurs histoires en parallèle qui n'ont pas beaucoup à voir les unes avec les autres. L'histoire annexe avec l'antiquaire qui collectionne les crânes avec l'aide d'un groupe de femmes marchant avec des cannes nordiques pourrait faire l'objet d'un roman à part entière. Ces différentes histoires se passent entre le 14 septembre et le 20 octobre en pays Sami, côté Suède. Sous une pluie diluvienne, dans l'enclos à rennes sur la Montagne rouge où les Samis procèdent à l'abattage des rennes, un squelette sans tête est mis à au jour. Ce squelette qui date du XVIIème se retrouve au centre d'un procès se déroulant à la Cour suprême de Stockholm: lesquels, des éleveurs sami ou des forestiers suédois, étaient là (la région de la Montagne rouge) les premiers et sont donc propriétaires des terres? Klemet et Nina vont mener l'enquête pour retrouver le crâne: Sami ou Scandinave? J'ai trouvé la lecture de ce roman laborieuse malgré la présence de Klemet et Nina. Olivier Truc aborde pas mal de sujets (sur l'anthropologie raciale en particulier) sans les appronfondir, et cela nuit à la narration. Dommage car j'avais beaucoup aimé Le dernier Lapon, un peu moins Le détroit du Loup (déjà trop long).

19 décembre 2016

Tabou - Ferdinand von Schirach

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Voici enfin le dernier des cinq romans de la rentrée littéraire que j'avais évoqués dans mon billet du 14 septembre 2019. Je l'ai terminé depuis un moment mais je ne savais pas trop comment en parler. Tabou (Gallimard, 224 pages) de Ferdinand Von Schirach narre une histoire étrange. Sebastian Von Eschburg, photographe de renom, est accusé d'avoir tué une jeune fille. Il doit être bientôt jugé même si on n'a pas retrouvé la victime. Il a demandé à être défendu par un grand avocat qui l'innocentera, je vous laisse découvrir comment. Là, je viens de vous résumer la deuxième moitié du roman. Jusqu'à la page 133, l'écrivain nous raconte l'adolescence et le passage à l'âge adulte de Sebastian qui vécut dans le manoir familial décrépit entre son père et sa mère. Il restera traumatisé par le suicide de son père (sans raison apparente) après un retour de la chasse. Je ne dirai rien d'autre de ce roman où il est question de vérité et de réalité, et où, comme dans ses livres précédents, von Schirach donne une place importante au monde de la justice. J'ai aimé ce roman qui se lit vite. Surprenant.

15 février 2017

Voyage au Japon (2/4)

Comme prévu, je continue de raconter mon petit périple japonais.

On a eu l'occasion d'aller chez l'habitant en dégustant du thé vert et quelques douceurs. Il faut se déchausser pour marcher sur les tatamis qui recouvrent les sols. Là-bas, on ne calcule pas les surfaces des pièces des maisons traditionnelles en m2 mais en nombre de tatamis. Une dame d'un certain âge nous a fait du thé avec des gestes rituels. Son père lui-même était maître de thé. Après avoir fait bouillir de l'eau, la dame a mis du thé vert en poudre dans un bol et elle a mélangé délicatement l'ensemble avec une spatule. Ce breuvage était servi accompagné d'un genre de pâte à l'abricot faite par elle et on pouvait ajouter des petites barres de riz soufflé dans le liquide vert. Ce fut un moment très agréable.

P1040538    P1040540 Notre hôtesse  

P1040552 la pâte à l'abricot P1040554     P1040555     P1040560

La maison traditionnelle où cela s'est passé était à Ise-Okitsu que l'on a atteint grâce à un petit train composé d'un seul wagon. Le conducteur avec masque et gants blancs était très concentré sur ce qu'il faisait.

P1040486     P1040490     P1040494 La gare

Le lendemain, on s'est rendu dans le château féodal d'Iga Ueno, berceau des Ninjas, des espions qui ont été actifs entre le IXème et le XVIIème siècle. A l'aéroport de Nagoya, on voit des Ninjas (des mannequins) suspendus par un fil au plafond de l'aérogare.

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Voici le château, qui se visite, mais il n'y a rien d'exceptionnel à l'intérieur. Une fois de plus, il a fallu se déchausser. C'est une opération que l'on a souvent répétée.

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Pendant les trois jours suivants, on a eu de la neige. J'ai trouvé les paysages féérique, moi qui ne suis plus habituée à la neige à Paris. On a fait plus de 260 km pour atteindre les Alpes japonaises. Nous avons commencé par Takayama et son musée des chars (des palanquins en hauteur).

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Puis on a atteint le bâtiment "Takayama Jinya" sous la neige.

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Les branches des sapins sont protégées par de grosses ficelles afin que la neige ne les casse pas.

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Pour l'anecdote, j'ai appris que chez les particuliers, les baguettes, le bol pour le riz et la tasse pour le thé verts sont personnels. Cela ne se prête pas. Ci-dessus un étalage de baguettes dans un magasin.

Nous voici arrivés au Takayama Jinya, qui fut le bureau régional du bakufu d'Edo (gouvernement militaire shogunal) de 1692 à 1868. Il est classé site historique national et c'est le dernier du genre encore existant au Japon. Il a fallu se déchausser, on vous prête des chaussons mais cela n'a pas empêché que l'on ait eu froid aux pieds. Il y a des endroits qui donnent directement dehors et la neige aidant... Le bâtiment est très beau.

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Suite du voyage et peut-être pas fin tout prochainement.

6 août 2016

Le jour des morts / Sans pitié ni remords - Nicolas Lebel

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Grâce à Emma (que je remercie) j'ai découvert tout récemment Nicolas Lebel, un écrivain de polars aux intrigues haletantes.

Dans Le Jour des morts (Editions Marabout, 380 pages), j'ai fait la connaissance du capitaine de police Daniel Mehrlicht (veuf inconsolable et fumeur invétéré de Gitanes) dont la tête ressemble à celle d'un batracien. Il est secondé par deux adjoints: Sophie Latour (amoureuse d'un sans-papiers) et Mickael Dossantos, un adepte de la boxe anglaise et du code pénal, dont il connaît chaque article et chaque alinéa sur le bout des doigts. Ils officient dans un commissariat du XIIème arrondissement. L'histoire se passe pendant la période de la Toussaint, entre le 31/10 et le 05/11. On s'attache très vite à ce trio de policiers auquel on adjoint un stagiaire que Mehrlicht déteste d'avance (avec raison). Ils vont être confrontés à une série de meurtres par empoisonnement qui les feront remonter dans le temps, à la fin de la deuxième guerre mondiale. Et Merhrlicht qui ne quitte jamais Paris sera obligé d'aller jusque dans le Limousin (près de Limoges!) pour conclure l'enquête. Le lecteur est pris dans le récit rondement mené.

J'ai enchaîné tout de suite avec Sans pitié ni remords (Editions Marabout, 370 pages). "Sans pitié ni remords" est une partie d'un alexandrin tiré de l'Homme et la mer des Fleurs du Mal de Baudelaire. Il est d'ailleurs beaucoup question de cette oeuvre et de son auteur dans l'enquête que vont mener Mehrlicht, Latour et Dossantos. Il s'agit d'abord d'une chasse au trésor: une statuette, pièce maîtresse de l'art Bantou du Congo-Brazzaville, ainsi que des bijoux, ont disparu 10 ans plus tôt du Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie, près de la Porte Dorée dans le XIIème arrondissement. Mais n'anticipons pas. L'histoire commence donc le 9 novembre, soit 4 jours après la fin du roman précédent. Jacques Morel, un flic et le meilleur ami de Mehrlicht, vient de décéder d'un cancer à l'hôpital. Un notaire remet une enveloppe à Mehrlicht dans laquelle se trouve un diamant (qui représente un oeil de la statuette dérobée). En parallèle, plusieurs meurtres sont commis les uns derrière les autres. Les victimes, hommes et femmes sont d'anciens employés du musée. On apprend très vite que deux anciens légionnaires, un Corse, Luciani (un vrai psychopathe) et un Russe, Vlad, sont payés pour éliminer les personnes d'une liste. Je n'en dirai pas plus car j'ai déjà révélé beaucoup de chose. J'ai trouvé l'histoire encore plus passionnante que la précédente. On ne s'ennuie pas une minute. Je recommande.

Lire les billets sur l'un ou l'autre roman d'Emma, de Belette2911, de Claude le Nocher, de Pierre Faverolle. Il faut noter que ces deux derniers blogueurs sont cités par Nicolas Lebel dans ses "Remerciements" à la fin de Sans pitié ni remords.

25 novembre 2016

Série "Agatha Raisin" - M. C. Beaton

 

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Comme d'autres blogueuses, j'ai fait la connaissance d'Agatha Raisin, la cinquantaine bien tassée. Trapue, avec des petits yeux d'ours, Agatha a des cheveux châtain brillants et de belles jambes galbées. Jeune retraitée de la société londonienne de relations publiques qu'elle avait créée et qu'elle vient de vendre, elle s'est acheté un joli cottage dans les Costwolds. Agatha n'a pas toujours très bon caractère mais elle a un côté très "fleur bleu". Mariée puis séparée de son mari depuis des années, elle ignore si ce dernier est mort ou vivant. M. C. Beaton est le pseudonyme de Marion Chesney, née en Ecosse en 1936. Cet écrivain prolifique écrit depuis 1979 sous d'autres pseudonymes. Pour en revenir à Agatha Raisin, M. C. Beaton en est à son 28ème tome depuis 1992. Albin Michel, qui commence (enfin) à éditer ces romans en français, le fait par ordre chronologique et c'est une bonne chose. En effet, dans le premier roman, La quiche fatale, Agatha vient de vendre sa société pour s'installer dans son cottage à Carsely. On fait connaissance de plusieurs habitants de ce petit village où tout le monde se connaît, et certains d'entre eux deviendront des personnages récurrents dans les romans suivants. Agatha passe tout de suite pour une excentrique qui ne craint pas de tricher afin de gagner le concours annuel de la meilleure quiche. Par là même, dès ce premier tome, Agatha se découvre des talents de détective amateur en menant une enquête sur une mort par empoisonnement. Pour ce faire, elle reçoit l'aide d'un policier, Bill Wong, et celle de James Lacey, un militaire à la retraite encore fringant pour qui Agatha a rapidement le béguin. Il faut noter que dans ces quatre romans parus, les victimes des meurtres sont très antipathiques. Dans Remède de cheval, un vétérinaire qui déteste les chats et les chiens meurt d'une piqûre fatale. Dans Pas de pot pour la jardinière, une femme manipulatrice, installée depuis peu dans le village, est assassinée d'une manière pas banale: elle est "plantée" dans un grand pot de fleurs. Dans Randonnée mortelle, la victime, une fille autoritaire, est trouvée à moitié enterrée dans un champ de colza après avoir reçu un violent coup à la tête. Ces romans m'ont paru distrayants et plutôt sympathiques même si Agatha est parfois crispante. J'attends les tomes suivants avec impatience, et je ne suis pas la seule.

14 mai 2016

Red amnesia - Wang Xiaoshuai

Du même réalisateur (Wang Xiaoshuai), j'avais vu 11 Fleurs. Red Amnesia qui date de 2014 n'est sorti que dans trois salles à Paris (et c'est bien dommage). Je ne sais pas ce qu'il en est en province. Toujours est-il que si ce film est programmé par chez vous, allez le voir. Comme dans 11 Fleurs, le réalisateur s'attache à décrire la Chine contemporaine sous Mao et après. Deng, une vieille femme d'environ 70 ans, vit seule dans un grand appartement à Pékin. Quand elle déjeune à table, elle parle au fantôme de son mari. Encore très active, Deng s'imisce dans la vie de famille de ses deux fils. L'un est marié et a un fils et l'autre est homosexuel. Un jour, Deng reçoit un appel téléphonique, puis deux, puis trois sans qu'il y ait personne au bout du fil. Dans le même temps, elle se rend compte qu'elle est suivie par un jeune homme portant une casquette rouge. Le réalisateur ne lâche pas ou presque l'actrice principale, la suivant avec sa caméra. Elle est quasiment de tous les plans. Deng n'est pas un personnage très sympathique mais on arrive à s'attacher à elle. C'est une femme dure mais qui est capable de pleurer. On peut le comprendre. On retrouve le même plan de bâtiments en briques au début et à la fin du film: la boucle est bouclée. Un film que je conseille. Lire le billet de Pascale.

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9 mai 2016

Territoires - Olivier Norek

Comme me l'a fait remarquer Didi avec raison dans son commentaire sur mon billet précédent du 07/05/16, j'avais mentionné Territoires d'Olivier Norek dans l'en-tête de mon billet précédent mais je n'avais rien rédigé dessus. Voici l'oubli réparé.

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Territoires est un des nombreux romans policiers rapporté du salon du Quai du Polar de cette année. Le romancier m'a fait une dédicace très sympa. Après Code 93 déjà très réussi, Territoires (Editions Pocket, 377 pages haletantes) nous permet de retrouver le capitaine Vincent Coste et son équipe à Malceny dans le 93. Trois importants caïds du coin sont abattus l'un après l'autres de manière brutale. Quelqu'un est en train de "faire le ménage" pour contrôler seul le trafic de drogue dans la ville et ses environs. Norek a le sens du rythme: j'ai suivi l'enquête de la police avec beaucoup d'intérêt. On fait entre autre la connaissance de Moniseur Jacques, un retraité de plus de 70 ans obligé d'entreposer une grande quantité de drogue dans son armoire, de Bibz, un petit noir haut comme trois pommes mais très dangereux, aux méthodes brutales pour se faire obéir et faire avouer ses victimes (même un chat n'est pas épargné), ainsi que de Madame le maire de Malceny, Andrea Vesperini, qui ne s'embarrasse d'aucun scrupule pour administrer sa ville, etc. L'intrigue est menée de main de maître. J'ai lu ce roman en une journée. Je sais que je lirai le troisième roman de Norek, Surtensions qui vient de paraître. Je trouve que le polar français se porte bien. 

29 septembre 2016

Judas - Amos Oz

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Je continue mes chroniques "livres" avec mes choix de la rentrée littéraire de 2016. Judas (Editions Gallimard, 347 pages) d'Amos Oz m'a permis de découvrir avec plaisir cet écrivain. En 1959, l'Etat d'Israël a 12 ans. A Jérusalem, Schmuel Asch, 25 ans, vient d'arrêter ses études universitaires et en particulier son mémoire sur "Jésus dans la tradition juive". Son amie l'a quitté pour se marier avec un hydrologue. Se sentant mal aimé depuis tout petit, il ne donne plus de nouvelles à sa famille: soeur et parents (le père est ruiné). "Corpulent, barbu, timide, émotif, socialiste, asthmatique, cyclothymique" (sic), Schmuel répond à une annonce originale: tenir compagnie de 17h à 23h à un homme très handicapé, Gershom Wald. Schmuel s'installe dans la demeure de Gershom qui vit là avec sa bru Atalia Abravanel. Dans cette maison, il y a aussi la présence très forte de deux personnes décédées. D'abord Micha, fils de Gershom et époux d'Atalia, tué à 37 ans sur la route de Jérusalem lors de combats. Et puis, il y a le père d'Atalia, Shealtiel Abravanel (personnage fictif), un opposant à Ben Gourion et à la création d'un Etat juif. Comme Judas Iscariote auquel il est aussi fait beaucoup référence dans le roman, Shealtiel Abravanel fut considéré comme un traître. Et pourtant, sans Judas qui fut l'ami le plus proche de Jésus, il n'y aurait pas eu de crucifixion et donc pas de christianisme. Schmuel et Gershom ont des discussions sur le bien-fondé de l'Etat hébreu, sur la position des Arabes, etc. En parallèle, Schmuel ne reste pas insensible à la personnalité d'Atalia âgée de 45 ans, avec qui il aura une petite liaison. J'ai trouvé que le roman, composé de courts chapitres, se lisait relativement vite. Je l'ai aussi trouvé très intéressant. Je le recommande.

Lire les billets d'Eeguab, de Sylire, de Miriam et de Dominique.

9 juillet 2016

La tortue rouge - Michaël Dudok de Wit

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Je ne saurais trop vous conseiller d'aller voir La tortue rouge, un film d'animation réalisé par un Néerlandais et coproduit par les studios japonais Ghibli et deux maisons de production françaises. Michaël Dudok de Wit est aussi le co-scénariste avec Pascale Ferran. C'est un film sans paroles mais très sonore avec des cris d'oiseaux, le bruit de la mer et pas mal de musique. L'animation est très réussie et la palette des couleurs superbe. Il y a beaucoup de poésie et un soupçon de fantastique. Un naufragé qui vient on ne sait d'où échoue sur une île déserte habitée seulement par quelques crabes affamés et survolée par des oiseaux. Grâce à la forêt de bambous qui a poussé sur l'île, l'homme construit un radeau, puis deux, puis trois... parce que dès qu'il met son radeau à l'eau, une force invisible détruit l'embarcation. Jusqu'à ce que l'homme se retrouve nez à nez avec une très belle et grande tortue rouge qui se métamorphosera en femme pour lui. Le film dure 1H20 et c'est un enchantement pour les yeux. Dans la salle, il n'y avait que des adultes. A vous de voir si vous voulez y aller avec vos enfants ou vos neveux. Lire les billets de Géraldine, Nio et Pascale qui partagent mon enthousiasme.

9 mars 2016

Merci patron ! - François Ruffin

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Le 24 février 2016 est sorti un documentaire satirique, tonique et réjouissant (on rit beaucoup) que je vous recommande. Son titre? "Merci patron!", d'après la chanson des Charlots. Le patron en question est Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, dont le revenu annuel en 2015 (2ème fortune de France et 10ème fortune mondiale) équivaut à 463 000 années de salaire, cotisation comprise, d'une ouvrière de ECCE (l'entreprise qui fabriquait des costumes Kenzo à Poix-du-Nord). Le réalisateur François Ruffin, journaliste fondateur et rédacteur en chef du trimestriel Fakir (dont le siège social est situé à Amiens) est un fan de Bernard Arnault (il faut bien entendu comprendre le contraire). Il veut partager son enthousiasme avec quelques personnes du nord de la France qui se sont retrouvées au chômage à la suite du démantelèment de leur usine qui fabriquait les costumes Kenzo vendus chacun environ 1000 euros. L'usine a été délocalisée en Pologne avant de partir certainement plus loin... Les Chtis sont hostiles à Bernard depuis qu'il a racheté le groupe Boussac Frères en 1984 pour s'en débarrasser peu après en gardant la marque Christian Dior (c'est ce qui l'intéressait). Ruffin s'est mis en tête de rétablir le dialogue entre d'anciens ouvriers d'usine textile et son idole Bernard (lui qui voulait devenir citoyen belge pour échapper au fisc français). En l'occurence, grâce à Marie-Thérèse, une ancienne déléguée CGT d'Ecce, très remontée contre Bernard Arnault, Ruffin rencontre devant nous la famille Krul. Ce couple avec un grand fils est dans une situation dramatique: licenciés tous les deux de l'usine, ils sont menacés d'expulsion de leur maison. Ils n'ont que 400 euros par mois pour manger et ils n'ont pas de chauffage. Je vous laisse découvrir comment, grâce à une caméra cachée et à pas mal de culot, les Krul vont sortir de leur situation précaire (grâce à Bernard). C'est un film qui montre que même sans grand rassemblement, ni syndicat, on peut lutter avec des idées et de l'enthousiasme. Le film a été financé grâce à du financement participatif. Il semble rencontrer du succès dans la trentaine de salles (dont 7 à Paris) où il est projeté. Toujours est-il que nous l'avons vu, mon ami et moi, dans une salle comble un mardi soir à Paris (au Louxor). A la sortie du cinéma, nous avons acheté le nouveau numéro de Fakir vendu par des bénévoles du journal.

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 Et je ne résiste pas à vous mettre le lien sur la chanson des Charlots.

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