Le blog de Dasola
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11 février 2012

Les nouveaux chiens de garde - Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

"Pluralisme", "Objectivité", "Indépendance" devraient être les maîtres-mots de ce "contre-pouvoir" que sont les médias. Depuis 30 ans, c'est malheureusement le contraire qui se passe. Comme je sais que vous pouvez trouver 100 minutes (1H40, qui passent très vite) de temps de cerveau disponible, je vous conjure d'aller voir Les nouveaux chiens de garde, documentaire salutaire, subjectif, sans nuance et très parti pris sur les liens plus qu'incestueux qu'entretiennent les médias avec la finance et la politique. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les télévisions, la presse et les radios appartiennent à de grands groupes industriels intimement liés au pouvoir en place. C'est pourquoi, à longueur d'année, on voit et on entend les mêmes individus (journalistes, économistes, etc.) qui disent tout et le contraire. Les postes de directeurs (presse ou radios) sont interchangeables d'une année sur l'autre entre le public et le privé. On rit souvent jaune devant ce documentaire tragi-comique quand on constate par exemple qu'un journaliste anciennement trotskyste est devenu animateur de meeting de l'UMP ou qu'un ancien de Charlie Hebdo est devenu directeur d'une grande chaîne de radio publique. Car on se glisse dans le moule, ou on tombe dans les oubliettes. Une grande partie de ce petit monde (issu souvent de la même classe sociale privilégiée) se réunit le dernier mercredi de chaque mois dans un bel hôtel parisien lors d'un dîner organisé par un club très fermé, Le Siècle, d'où rien ne filtre de ce qui se décide ou se dit. Ce que je trouve de plus triste, c'est qu'un journal comme Le Monde est devenu comme les autres.

Ce documentaire qui est sorti depuis le 11 janvier 2012 rencontre un bon succès d'estime car le bouche-à-oreille marche remarquablement bien. C'est mérité. Voir les billets élogieux d'Ed et de Phil Ciné.

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21 octobre 2011

Le Chinois - Henning Mankell

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Dès que je l'ai vu, je me suis précipitée sur la 4ème de couv' pour me donner une idée de l'histoire et je l'ai acheté. Je ne l'ai pas regretté. Le Chinois d'Henning Mankell est un polar haletant qui commence et se termine en Suède après s'être déroulé en Chine (à Pékin), en Afrique et à Londres. En janvier 2006, au nord de la Suède, 19 personnes d'un même village sont sauvagement assassinées. Sur place, on trouve un bandeau de soie rouge. Un Suédois est arrêté, il se suicide en prison, fin de l'affaire. Et bien non, c'est là que l'histoire commence vraiment. Une juge d'instruction de Stockholm, Birgitta Roslin, parente éloignée de deux des victimes, décide de mener une enquête parallèle qui la mènera jusqu'à Pékin. On comprend que ce massacre a des origines anciennes qui nous fait remonter 140 ans en arrière, au temps où des Chinois furent enlevés à Canton et se retrouvèrent à travailler à la construction du chemin de fer aux Etats-Unis dans des conditions épouvantables. Ce roman est aussi l'occasion pour Henning Mankell d'évoquer la Chine d'aujourd'hui avec la richesse cotoyant la pauvreté, et où des hommes d'affaires peu scrupuleux éliminent tout ce qui les gênent. On fait en particulier la connaissance d'un Chinois, Yan Sa, homme dangereux et psychopathe, et de sa soeur, Hong, plus intègre. Je ne vous dévoilerai pas plus de l'intrigue mais je vous recommande chaudement ce roman de 550 pages (Edition du Seuil) qui se lit d'une traite. A noter que l'intrigue est moins complexe, moins fouillée que la série des "Wallander" mais c'est très bien quand même. Voir dans l'Index mes billets précédents sur trois livres du même auteur.

6 octobre 2011

Crimes - Ferdinand von Schirach

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Crimes de Ferdinand Von Schirach (Editions Gallimard, 215 pages) rassemble 11 nouvelles d'un écrivain né à Münich qui est surtout avocat au barreau de Berlin. Je les ai trouvé passionnantes, parfois incroyables. Elles sont surtout bien écrites. Beaucoup sont tristes, violentes, en résumé humaines. Même s'il s'agit de nouvelles de fiction, il semble que Von Schirach se soit inspiré d'affaires dont il avait entendu parler en tant qu'avocat de la défense, car dans chacune d'elles, l'auteur/avocat se trouve être sollicité face à des "faits vrais".

Je vous évoquerai en premier "Les pommes" dans laquelle apparaît un homme, Fahner, un médecin généraliste qui tua après 50 ans de mariage, à coups de hache, sa femme Ingrid, sorte de tyran domestique. En guise de conclusion à son procès, Fahner déclare "J'ai aimé ma femme puis, pour finir, je l'ai tuée. Je l'aime encore. Je le lui avais promis, elle reste encore ma femme...".

Dans "Changement d'heure", un industriel accusé d'un meurtre sordide (il a massacré une jeune étudiante avec laquelle il couchait) sauve sa peau grâce à une histoire d'heure d'été qui passe à l'heure d'hiver. Ces 60 minutes lui permettent d'avoir un alibi. 

"L'amour" retrace l'histoire de Patrik qui aime tellement une jeune fille qu'il n'hésite pas à vouloir la tuer pour en manger un morceau.

En revanche, la dernière nouvelle, "L'Ethiopien", clôt l'ouvrage sur une note optimiste. C'est l'histoire d'un jeune garçon, Michalka, abandonné à la naissance, laid mais adroit de ses mains, qui affronte beaucoup d'obstacles et qui arrive à devenir un planteur de café en Ethiopie. Entretemps, il aura purgé une peine de prison pour vol.

Un recueil que je vous conseille.

9 septembre 2011

Chroniques de l'ère Xénozoïque - Mark Schultz

C'est en cherchant des billets de blogs concernant des challenges BD que j'ai eu l'idée de chroniquer cette série que je [ta d loi du cine, squatter] possède, Chroniques de l'ère xénozoïque, de Mark Schultz. En effet, j'ai eu mon attention attirée par le nouveau challenge de Mr Zombie (2011-2012) sur les Comics. Et mes 6 tomes étaient édités... dans la collection "Comics USA" (Glénat) entre 1988 et 1993. Je viens d'en refaire une lecture séquentielle (je les avais achetés entre 1998 et 2003, d'occasion - et dans le désordre bien sûr!).

Dans cette collection, les titres des albums de cette version française en 6 tomes sont: t.1: Jack Cadillac. t.2: Hannah Dundee. t.3: Xénozoïque. t.4: Cadillacs & dinosaures. t.5: Destination Wassoon! t.6: Tenrec est mort!

Chaque album est composé de plusieurs courts épisodes (chacun avec son propre titre) construits autour de "l'arc narratif" général. Le 1er album brosse le tableau de la manière suivante: nous sommes au XXVIème siècle, dans l'ère xénozoïque (qui a succédé à l'ère quaternaire), la mer a manifestement monté, et, en 5ème vignette, un homme canarde un ptérodactyle. L'action principale se passe à la Cité sur la mer, où le nommé Jack Tenrec (surnommé "Cadillac") a hérité d'une place éminente. Arrive justement d'une autre cité, Wassoon, une (charmante) ambassadrice, Hannah Dundee. En p. 17, après quelques péripéties qui plantent le décor, ils s'envisagent d'une certaine manière. Il est à noter que la "carte" qui va donner les "lieux" où se déroulent les actions n'apparaît qu'à la fin du t.3.

Hannah et Jack ne sont pas indifférents l'un à l'autre - mais ont-ils le droit de se faire confiance pour les choses les plus sérieuses (l'intérêt de leurs cités respectives), à part, bien entendu, pour des broutilles telles que se sauver mutuellement la vie à maintes reprises dans ce monde dangereux et sauvage dont ils maîtrisent chacun différents aspect? Hannah fait montre de caractère. Sa cité est renommée pour les activités de chasse ou de pêche (mais s'y transmettent par oral des connaissances érudites du passé), là où la "Cité sur la mer" de Jack développe des fermes expérimentales et des centres de recherche pour repartir vers la croissance. Jack, lui, fait partie d'une lignée surnommée les "vieux-sang" prônant la non-intervention de l'homme sur son milieu et l'harmonie avec la nature. Nous en apprenons davantage (en même temps que les héros - mais avec des clés de lectures "contemporaines" qu'ils ne possèdent peut-être pas, dans "leur monde") sur le cataclysme qui s'est produit au début du XXIème siècle (uchronie - en 2010, "notre" civilisation semblait encore exister, mais pour très peu de temps, cf. début du t.5 - dessiné en 1988!). Par ailleurs, j'ai trouvé très intéressante la description d'un changement "politique" que l'on voit s'annoncer puis se réaliser, avec la mise en place d'un renversement de majorité au sein du "Conseil gouvernemental" de la Cité sur la mer.

Dans ce monde coexistent, au sein d'une nature grouillante de vie, différentes espèces de dinosaures, mais aussi d'autres animaux disparus tels que les mammouths, ou encore des insectes géants (dans certaines zones), et une humanité restreinte en nombre qui n'a que récemment émergé des abris souterrains où elle a passé quelques siècles pour survivre à une catastrophe dont la mémoire s'est perdue (dans le t.2, on aperçoit quelque chose qui ressemble assez à Fat Man, dans un niveau de sous-sol condamné). Des êtres reptiloïdes mystérieux, les "Griths", semblent avoir des connaissances poussées sur cet univers, mais ne communiquent qu'avec quelques humains sélectionnés par eux.

J'ai cru détecter dans les premiers épisodes une certaine influence de Will Eisner (The Spirit), notamment par le dessin caricatural des visages et des "mouvements". Au fil des années, l'auteur dessine ses héros de manière de plus en plus réaliste (mention spéciale pour la belle Hannah Dundee, et pour sa rivale auprès de Jack, Dahlgren - ce que l'on découvre dans le t.4). Il est à noter que cette édition "Comics USA" ne publie peut-être pas les histoires dans l'ordre (on s'en rend compte par des allusions à ce qui s'est passé "avant"), le lecteur attentif peut détecter des problèmes de chronologie (dans le t.3, une note en bas de page signale que tel épisode prend place avant tel autre paru dans le t.1!). Pour varier la forme narrative, certains épisodes ont la forme de rapports de recherches ou de comptes-rendus diplomatiques.

Dans cette série, un certain nombre d'éléments me font penser à Edgar Rice Burroughs (Tarzan, John Carter, Pellucidar...): les dinosaures (comme à Pal-ul-don - cf. épisode "Tarzan dans la préhistoire"), l'opposition entre 2 cités (structure narrative fréquente chez le père de Tarzan...), dont l'une s'appelle Wassoon (Barsoom / Mars dans la série John Carter de Burroughs (avec une tribu de guerriers verts nommée "warhoons"): est-ce neutre - je ne suis pas anglophone?), une ancienne civilisation disparue (Mars...). Dans le t.6, "Tarzan" est même expressément évoqué par Hannah Dundee, qui en tant que spécialiste de la civilisation ancienne connaît ses classiques littéraires... Et Tenrec et Dundee ont parfois un petit quelque chose de Jane et de Tarzan lors de certaines de leurs aventures! Mais la BD, qui évolue sur plusieurs registres, contient aussi des éléments comiques (humour de type pince-sans-rire, clins d'oeil au lecteur...), en même temps qu'un manichéisme "de façade" assumé (les bons sont les bons et les méchants les méchants). Je ne lui trouve pas vraiment le même "ton" que, par exemple, La terre de la bombe de Ramaïoli et Durand (autre BD post-cataclysmique), que je trouve beaucoup plus cynique et dur.

Je n'en dirai pas davantage sur le contenu détaillé de chacun des albums (j'espère avoir donné envie de les découvrir), d'autant moins que - aaargh, frustation intense - le 6e tome, titré Tenrec est mort!, se termine sur un suspense haletant... Il y a eu, il y a quelques années, une réédition (en N&B, en 2 volumes, chez Akileos), que je ne connais pas: celle-ci contiendrait l'équivalent d'un t.7 (même si, par ailleurs, la série reste inachevée)? Et il paraît même que les épisodes y sont publiés dans l'ordre chronologique! Je n'ai plus qu'à les chercher en bibliothèque...

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C'est Dasola qui est revenue de vacances et qui a photographié les couvertures des 6 albums détenus par Ta d loi du cine [le 10/09/11].

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16 août 2011

Dolce Vita 1959-1979 - Simonetta Greggio

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Profitant de mon week-end prolongé loin des tentations de la vie parisienne, je viens de lire Dolce Vita 1959-1979 publié en 2010 (dont les critiques avaient parlé lors de la rentrée littéraire de l'année dernière). Dolce Vita 1959-1979 est écrit avec brio en français par une italienne, ancienne journaliste qui est déjà l'auteur de trois autres romans et d'un recueil de nouvelles (pas lus). La politique, le judiciaire, le Vatican, la franc-maçonnerie, les Brigades rouges, la mafia, la noblesse et la grande bourgeoisie ainsi que la "Jet Set" et le cinéma, l'assassinat de Pier Paolo Pasolini et celui d'Aldo Moro y sont évoqués tour à tour. L'auteur essaye de décrire les ramifications complexes qui relient les acteurs de cette "épopée grecque, une oeuvre de Shakespeare. Ecrite par un génie du mal avec le sens du comique. - Une oeuvre chorale, plutôt. Où chacun écrit son fragment de cadavre exquis." (p.353). J'ai lu Dolce Vita 1959-1979 en une journée parce que l'histoire (20 ans d'Italie) est passionnante même si Simonetta Greggio ne fait que survoler cette période foisonnante, tragique et complexe. J'ai aussi retenu qu'en Italie, il est plus dangereux de poser des questions que d'y répondre. Le fil conducteur de ce roman est la conversation (à l'automne 2010) entre le Prince Emanuele Valfonda et son confesseur, le jésuite Saverio (les deux seuls personnages fictifs du récit, inspirés de personnages réels). Tous les autres protagonistes du roman sont réels. La "Dolce Vita" du titre se rapporte bien sûr au film de Federico Fellini qui est évoqué au début du roman et au scandale qu'il a suscité de la part de l'Eglise en particulier. Si vous le trouvez en bibliothèque, je vous conseille vraiment ce roman de 400 pages publié aux éditions Stock. Voir le billet d'Alienor.

10 août 2011

Château de Monte-Cristo - Demeure et parc d'Alexandre Dumas

Dimanche dernier, 7 août, mon ami et moi avons décidé d'aller en balade visiter une maison d'écrivain. Notre choix s'est porté sur celle d'Alexandre Dumas qui y a habité très peu de temps. Joli domaine très bien situé (près de Saint-Germain en Laye, à Port-Marly), il connut des vicissitudes dès sa création. Le domaine et les deux édifices qui le composent, laissés à l'abandon depuis des années et promis à la démolition dans le cadre d'une vaste opération immobilière, furent sauvés en 1970 grâce à l'initiative d'une association (la Société des amis d'Alexandre Dumas, créée pour l'occasion). C'est Alain Decaux qui a initié l'affaire. Désormais, Port-Marly, Marly le Roi et Le Pecq régissent le domaine de Monte-Cristo qui se compose donc de deux bâtiments entourés d'un parc. Le Château de Monte-Cristo où logea l'écrivain et sa famille peut se visiter. c'est une véritable bonbonnière avec en particulier un salon mauresque. On ne peut pas prendre de photo à l'intérieur. En surplomb se trouve le petit "Château d'If" où Alexandre Dumas travaillait au calme. Il ne se visite pas pour cause d'exiguïté. Sur les murs extérieurs sont gravés des titres de ses oeuvres. Un paravent de verre devant la porte principale sert de protection et l'on peut admirer, à l'intérieur, la chaise et la table sur laquelle le grand homme écrivit quelque temps.

 P1020444 Le Château de Monte-Cristo


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      P1020450   P1020451   P1020449   Le Château d'If

Alexandre Dumas acheta plusieurs parcelles de terrain dans les années 1840, il fit construire les deux édifices entre 1844 et 1847. Cette folie coûta 200 000 francs-or alors que le devis initial était de 48 000 francs-or. Dumas était prodigue et généreux. Beaucoup de "pique-assiettes" en ont profité. Résultat, dès 1848, soit 1 an après la pendaison de crémaillère, il fut obligé de revendre son mobilier, et le domaine en 1849 (il a pu y demeurer encore quelque temps). Chaque pièce du château-musée présente un thème: Dumas journaliste et créateur de journal, Dumas bon vivant, Dumas romancier, Dumas voyageur, Dumas dramaturge, Dumas et ses descendants. Il a fait partie des fondateurs de la Société des Gens de Lettres, qui existe encore, et qui a pour but la défense des intérêts moraux et matériels de ses membres et le secours aux écrivains nécessiteux. Je vous conseille le livret de visite bilingue composé de fiches concises et claires en vente à l'accueil. Allez-y aussi quand le temps est agréable. Le parc, ses sentiers, ses rocailles, ses "grottes", peuvent intéresser les jeunes enfants. Infos pratiques sur le site officiel. Et tant que j'y suis, voici celui de la Société des amis d'Alexandre Dumas.

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Ceci n'ayant rien à voir avec ce qui précède, et pour répondre à l'un des commentaires de Nio du 09/08/11, j'attends quelques sorties cinéma avec intérêt, comme La Piel que habito de Pedro Almodovar et peut-être Melancholia de Lars von Trier. Et je ne saurais trop vous conseiller aussi quelques reprises comme Ludwig de Luchino Visconti qui est ressorti dans une salle à Paris, et puis "le" Harry Potter: ce 8ème opus (7.2, en fait) est très bien (je l'ai vu en 2D, cela m'a amplement suffi), clôturant en beauté la série.

1 août 2011

Robe de marié / Travail soigné - Pierre Lemaitre

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Comme d'autres blogueuses (eurs) avant moi, je me suis lancée dans les romans de Pierre Lemaitre. Je viens d'en lire deux coup sur coup (lectures idéales pour les vacances). Les deux romans parus en Livre de poche sont haletants de bout en bout.

Robe de marié (sans "e" à la fin) est l'histoire de Franz et Sophie, ou Sophie et Franz qui se rencontrent. Sophie se croit folle. Depuis 2 ans, elle vit un enfer. Elle perd tout: son emploi, son mari, son identité. On pense même qu'elle a tué plusieurs personnes. Franz est la cause de tout. Qui est Sophie? Qui est Franz? Vous le saurez et connaîtrez le pourquoi du comment en vous plongeant dans ce polar très bien ficelé. Je recommande.

J'ai poursuivi ma découverte de Pierre Lemaître avec Travail soigné où l'on fait la connaissance du Commandant Camille Verhoeven, 1m45, et le crâne chauve. Il est amené à enquêter avec son équipe sur des crimes atroces commis sur des femmes en proche banlieue de Paris. De fil en aiguille, il s'avère que le tueur, être pervers s'il en est, reconstitue des crimes de romans policiers comme Le dahlia noir de James Ellroy, American Psycho de Bret Easton Ellis ou Le crime d'Orcival d'Emile Gaboriau. Dans cette intrigue menée de main de maître, vous êtes happé par l'histoire. Cet écrivain est diabolique. Il faut noter que les romans ne se terminent pas en "happy end", bien au contraire.

29 juin 2011

658 - John Verdon

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Grâce aux éditions Bernard Grasset (que je remercie), j'ai reçu il y a quelques semaines déjà ce roman policier, que j'ai lu presque tout de suite. C'est l'histoire d'un tueur en série par vengeance envers des personnes ayant une addiction que je vous laisse découvrir. Le 658 du titre est un nombre aléatoire, comme le montant d'un chèque de 83 dollars et quelque. Une marque d'alcool avec quatre roses est une arme du crime coupante. Comme vous l'avez deviné, les nombres sont essentiels à l'histoire qui se passe aux Etats-Unis, dans l'état de Pennsylvanie, de nos jours. Un policier tout juste à la retraite, David Gurney, qui vit une relation pas facile avec sa femme (on nous révèle pourquoi à la fin), se met à enquêter après que son ami Marc Mellery ait été assassiné. D'autres victimes suivent. 658 est le premier roman d'un écrivain de 69 ans, ancien publicitaire. Ce n'est pas un "thriller" haletant mais je l'ai lu sans déplaisir aucun.

9 mai 2011

Le léopard - Jo Nesbo

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Je viens de terminer Le Léopard (Gallimard série noire), le nouveau roman de Jo Nesbo qui est la 8ème enquête d'Harry Hole, cet inspecteur de police norvégien âgé de 40 ans et mesurant un mètre quatre-vingt-treize. J'ai lu en 3 jours les 760 pages de ce roman haletant qui se passe tour à tour à Hong-Kong, où Harry Hole est tiré de sa retraite volontaire pendant laquelle l'opium est devenue sa compagne, ou encore dans les paysages enneigés de Norvège ou même en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre (1)), où l'on trouve au moins un volcan en activité. Harry Hole enquête donc sur un tueur en série qui supprime la plupart de ses victimes (des femmes) à l'aide de la pomme de Léopold (sortie de l'imagination de l'écrivain semble-t-il), instrument de mort dont je vous laisse découvrir le fonctionnement fatal. Toujours est-il que les victimes se noient dans leur propre sang. On croit qu'à la page 695, le coupable est démasqué: hé bien pas tout à fait. L'histoire comporte plein de rebondissements et Jo Nesbo sait ménager le suspense. Il fait beaucoup référence à son roman précédent, Le bonhomme de neige (que je n'ai pas lu), dont Harry Hole n'était pas sorti indemne (d'où sa fuite à Hong-Kong). Dans Le Léopard, le père d'Harry Hole est à l'article de la mort, Harry se retrouve aussi à être la bête noire d'un autre inspecteur et il a une liaison avec la belle Kaja Solness qui travaille à la brigade criminelle. Tout comme dans Le bonhomme de neige, Harry va laisser des plumes en luttant contre un tueur vraiment sadique. C'est le 5ème roman de Jo Nesbo que je lis après L'homme chauve-souris, Les cafards (mon roman préféré de cet écrivain), Rouge-Gorge et L'étoile du diable. Le léopard est un roman à recommander. Voir le billet de Dominique.

(1) J'avais mentionné le nom de Zaïre (le nom a changé fin 1997) ainsi que Manu me l'a fait justement remarquer. Cette histoire se passe bien de nos jours.

6 avril 2011

La septième vague - Daniel Glattauer

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Aujourd'hui, 6 avril 2011, paraît la suite, en français. De quoi, me direz-vous? Mais de Quand souffle le vent du nord, bien évidemment. La septième vague, que j'ai reçu en avant-première (merci les Editions Grasset) et dans lequel on retrouve Leo Leike et Emmi Rothner, reprend trois semaines après la fin du premier volume, et puis 3 mois plus tard. Je ne dévoilerai pas l'intrigue, si ce n'est que Leo est revenu de Boston, qu'Emmi et lui se rencontrent en vrai (je ne vous dirai rien sur ce qui se passe entre eux). Je ne dévoilerai pas davantage l'évolution de la relation d'Emmi et de Bernhard, ni la relation entre Leo et Pam rencontrée à Boston. Je vous dirai que les échanges de mails sont parfois très longs, qu'il y a des jolis moments de rhétorique à fleuret moucheté (comme pp.83-84):
"... Réponse (de Leo): Oui, mais (...). Non, pas de mais. Oui!
Réponse d'Emmi:... Puis-je faire une analyse? D'abord le "oui" de l'accord apparemment résolu. Puis la virgule de l'ajout à venir. Puis le "mais" de la restriction annoncée. Puis la ronde parenthèse de l'art typographique. Puis les points de suspension de la mystérieuse hésitation. Puis assez de discipline pour fermer la parenthèse et remballer le trouble anonyme. Puis un point conformiste, pour maintenir un ordre apparent dans le chaos interne. Puis soudain le "non" entêté du refus apparemment résolu. Encore la virgule de l'addition imminente. Puis le "pas" du rejet sans compromission. Puis un autre "mais", résolutoire celui-là, un "mais" qui n'est là que pour montrer qu'il n'y en a plus. Tous les doutes sont sous-entendus. Aucun doute n'est exprimé. Tous les doutes sont balayés. A la fin, se dresse un courageux "Oui", accompagné d'un point d'exclamation entêté..."
Sinon, le ton du roman m'a paru plus grave (je n'ai pas souri comme pour le premier). Leo et Emmi, 37 et 35 ans, ont mûri. Leurs sentiments ont évolué, surtout ceux de Leo qui se rend compte que Emmi est tout pour lui (mais chut, pas un mot de plus). Je vous laisse aussi découvrir la signification du titre "La septième vague". Mon ami, qui n'a pas pu s'empêcher de lire les dernières pages du roman (qu'il va dévorer incessamment sous peu) m'a dit qu'il imaginait bien qu'il pourrait y avoir une suite. Eh bien, je ne suis pas d'accord avec lui. Le roman s'achève naturellement et ce qui doit arriver à Emmi et Leo ne nous regarde plus.

Je remercie à nouveau les Editions Grasset qui ont pensé à moi. Et je vais faire de ce roman un livre voyageur. Merci à celles et ceux qui le souhaitent le recevoir de m'envoyer un mail.
Sinon, la déferlante a commencé: voir les billets de Clara et Cathulu entre autres.

26 février 2011

La chambre ardente - John Dickson Carr

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Pour me détendre, je viens de lire, très vite, un grand classique de la littérature policière (et fantastique), La chambre ardente de John Dickson Carr (acheté d'occasion dans une édition de 1964 du Livre de poche, 240 pages), qui l'écrivit dans les années 30. Le roman se passe en 1929. C'est un roman en "chambre close" avec un mort, Milles Despard, empoisonné à l'arsenic (on croit d'abord le décès dû à une gastro-entérite), et son corps qui disparait du cercueil, lui-même enfermé dans une crypte située sur le domaine de Despard Park. "La chambre ardente" se réfère au tribunal où quelques empoisonneuses célèbres du XVIIème siècle comme La Brinvilliers et La Voisin furent interrogées sous la torture. Car en effet, J. D. Carr fait intervenir habilement la sorcellerie dans son roman, où les suspects sont nombreux: neveux et nièces du mort, l'infirmière, les gardiens du domaine, ainsi que Ted Stevens et sa femme (qui vivent à côté du domaine), à moins qu'il s'agisse d'une femme en costume ressemblant à La Brinvilliers... Sans dévoiler la fin, je dirai que le mobile du meurtre reste assez flou, ce qui rend le roman d'autant plus passionnant. Le roman se compose de cinq parties: Accusation, Preuve, Argument, Explication et Verdict. Je vous le conseille rien que pour la conclusion.

29 août 2010

Histoire et Préhistoire en Périgord

Je ne vous avais rien dit de mes vacances de début août 2010. En voici un petit aperçu. J'annonce tout de suite qu'il n'y a qu'une photo pour illustrer ce billet. En effet, j'ai visité des lieux où les photos sont interdites comme pour les grottes (ce qui peut se comprendre) et dans les gisements à ciel ouvert (question de droit d'image).

Avant de faire une courte échappée en Aquitaine, mon ami et moi nous sommes arrêtés dans le Périgord, célèbre pour son foie gras et son patrimoine préhistorique.

D'abord un arrêt à Périgueux (que nous ne connaissions pas et qui vaut le détour) nous a permis d'admirer ses vieilles maisons et au moins un musée: Vésunna, site musée gallo-romain où est présentée, à couvert in situ, une domus Gallo-Romaine ayant connu deux niveaux d'occupation (vers le milieu du 1er, puis vers le milieu du 2ème siècle de notre ère), qui a été mis au (1) jour. Ce beau lieu bien aménagé qui date de 2004 a été conçu par Jean Nouvel.

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Ensuite, nous nous sommes dirigés vers les Eyzies à une quarantaine de km au sud-est de Périgueux. Nous avions trouvé un hôtel bien sympa sur les rives de la Vézère, qui est la rivière sur les bords de laquelle se trouvent, pour l'instant, les endroits les plus marquants (et encore accessibles au public) concernant la préhistoire. Et maintenant, sans faire de la publicité particulière, je dois dire que le guide vert d'un fabricant de pneumatiques bien connu nous a rendu un fier service.

En effet, nous n'avions rien réservé concernant les visites. C'était de l'improvisation. Dans un encart du guide, il était mentionné que, si l'on n'avait pas réservé, on pouvait arriver avant 9H30 à la billetterie de la grotte de Font de Gaume afin de s'insérer dans la queue des visiteurs du jour. Bien nous en a pris. On a eu la chance d'acheter nos précieux billets pour les grottes de Font de Gaume et des Combarelles. Et c'est là aussi que nous avons pu acheter d'avance, pour le lendemain, les tickets pour deux visites-conférences aux sites du Moustier et de La Ferrassie.

Nous avons commencé par les Combarelles (13000 ans BP (2)) où sont gravés environ 200 profils d'animaux, essentiellement des mammouths, des chevaux et des bisons, les trois animaux que l'on retrouve dans la plupart des grottes ornées. On peut y admirer aussi un profil de lionne (plus exceptionnel). La visite se fait en petit comité: pas plus de 8 personnes, ce qui donne 49 personnes par jour. A la sortie, sur le "livre d'or" à disposition des visiteurs, parmi les messages de gens mécontents de n'avoir pu rentrer dans les grottes en arrivant à l'improviste (contrairement à certains qui avaient parfois réservé un an à l'avance et payé 1,50 euro de frais de réservation), j'ai relevé celui qui trouvait, je cite, que l'"on pren[ait] les touristes pour des pigeons", il rajoutait qu'il attendais un courrier de réponse du Ministère!". C'est surtout la petite note écrite en exergue par un autre visiteur qui m'a amusée: "Et ta soeur?".

L'après-midi du même jour, nous avons pu admirer l'intérieur de la grotte de Font de Gaume qui est la dernière grotte à dessins polychromes ouverte au public (14000 BP). Le nombre de visiteurs est limité à 180 par jour. La grotte est une merveille. Combarelles et Font de Gaume sont distantes de 3 km.

Le lendemain, un jeudi, c'est Néanderthal. En effet, les deux sites à gisement stratigraphiques (s'étendant sur des dizaines de milliers d'années - des centaines de siècles!), Le Moustier et la Ferrassie, sont deux endroits où ont été trouvés des squelettes de néanderthaliens.
Nous avons eu la même conférencière qui est capable de captiver son auditoire en nous emmenant sur le terrain, en nous parlant pendant plus de 2 heures chaque fois, avec seulement ces stratigraphies, quelques documents, et quelques éclats de pierre ou moulages de crânes. Même moi qui n'y connait pas grand-chose, je pense avoir beaucoup appris. Il est à remarquer que la préhistoire est un domaine tabou dans certains pays que je ne nommerai pas ici. Je ne m'étendrai pas sur le sujet.

Depuis les dernières découverte de l'ADN et autre, les préhistoriens ont fait des découvertes intéressantes sur les premiers hommes. Il y eu quelques avancées spectaculaires, même si beaucoup de choses nous demeurent inconnues sur la préhistoire. C'est pourquoi la conférencière et les guides des grottes n'ont pas arrêté de nous répéter que quand ils nous disent des choses, c'est qu'elles ont été vérifiées. Pour le reste, chacun est libre d'interpréter (exemple, les dessins et gravures des grottes: sanctuaire? sacré? chamanisme? rite initiatique? On ne le saura jamais).

Nous avons terminé notre journée en allant visiter le musée de la préhistoire des Eyzies, très intéressant aussi (il a été rénové au XXIe siècle). Bien entendu, la célèbre statue (datant de 1930) de l'homme de Néanderthal qui trône à proximité ne correspond plus du tout à l'idée qu'on s'en fait aujourd'hui. Mais chut! "Néanderthal" est peut-être toujours parmi nous aujourd'hui.

Je voudrais terminer en disant que l'on a eu très beau temps pendant notre virée dans le Sud Ouest et aussi que mon ami qui lit beaucoup et est un passionné d'archéologie s'est ruiné en revues et livres que l'on a trouvés sur place.

(1) et non "à" jour comme on l'entend et le lit souvent par erreur. On découvre un site, on ne l'actualise pas.

(2) Pour la préhistoire, on parle en "BP" (Before Present), "avant le présent"... sachant que, par convention (anglo-saxonne?), la "date de référence" de ce présent est (déjà!) à 2 générations de nous: 1950 "de notre ère" (après J.-C.). 14 000 BP, ça donnerait donc 12050 avant J.-C. Mais "environ", puisque, en préhistoire, il est difficile d'avoir une datation même au siècle près. Ouf! Vous suivez?

3 décembre 2023

Sommes-nous ce que nous lisons? - George Orwell

Quelques mots sur un opuscule que j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) acheté hier samedi 2 décembre. Passant dans une librairie de quartier chercher l'ouvrage que j'avais commandé, j'ai regardé le petit "tourniquet" posé sur le comptoir, et ai été attiré par l'auteur (George Orwell) et le titre (Sommes-nous ce que nous lisons?). Ensuite, j'ai regardé le prix: 3 euros (équivalent à trois baguettes, à peine plus cher qu'un café en terrasse à Paris...). Alors bien sûr, pour ce prix-là, je n'ai qu'une cinquantaine de pages en petit format d'un livre neuf, alors que j'aurais pu avoir un ou plusieurs bouquins d'occasion, pour plusieurs centaines de pages, avec le même investissement financier... Disons que je me suis fait plaisir par curiosité, voilà!

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George Orwell, Sommes-nous ce que nous lisons?, 1001 nuits, La petite collection, 2022, 53 pages

Comme le dit la 4e de couv', "ce recueil inédit présente [la traduction de] quatre textes sur le livre et la lecture", publiés dans The Fortnightly Review  en 1936 pour l'un, en 1945-46 dans Tribune pour les trois autres. 

* Souvenirs de librairie (p.7-17): ces dix pages [nous] rappellent qu'Orwell a brièvement travaillé en librairie dans les années 1930. L'article présente quelques "types" de clients de bouquinerie (ceux qui essayent de refiler de vieux "rossignols", ceux qui demandent de leur mettre de côté des livres qu'ils ne reviennent jamais prendre...), les "produits" annexes vendus par celle-ci (machines à écrire de seconde main, timbres de collection...), et Orwell explique pour finir qu'avoir travaillé dans cette boutique lui a fait perdre le plaisir du contact avec le livre d'occasion... sauf pour "des ouvrages qu'il a[vait] très envie de lire et [qu'il ne pouvait] pas emprunter". J'y ai appris que "la coutume veut qu'il fasse un froid terrible en hiver dans les librairies, car sinon les vitres se couvriraient de buée, or un libraire vit de ses vitrines."

* Confessions d'un critique littéraire (p.21-28): selon les quelques lignes biographiques en fin d'ouvrage, Orwell a rédigé quelque 700 articles de critiques (livres, pièces et films). Ici, il nous raconte drôlement la procrastination du "pisse-copie" professionnel face à une commande d'un article de 800 mots à propos d'un envoi de cinq livres bien différents... jusqu'au moment où "il s'y met" et rédige dans les délais l'article attendu... cependant que l'envoi suivant est déjà arrivé. Je relève qu'il nous explique qu'un critique professionnel chronique au moins une centaine de livres par an. Mais là-dessus, le nombre de ceux qu'il aimerait réellement critiquer s'il avait le choix, se monte à quelques-uns par an... "Pour le reste, l'essence de son travail, malgré toute sa diligence à vanter aussi bien qu'à condamner, consiste à brasser du vent. Il jette son âme à l'égout, petit morceau par petit morceau". Et il avait presque eu la prémonition des efforts de la blogoboule en disant "qu'une bonne partie de la critique, notamment celle des romans, pourrait échoir à des amateurs"...

* Les bons mauvais livres (p.31-38): l'article commence en évoquant la préface commandée pour une réédition d'un roman de Leonard Merrick, par une maison qui souhaitait rééditer des romans mineurs ou oubliés du XXe siècle. À partir de là, Orwell balaye la littérature anglaise pour y repêcher des ouvrages "sans prétention [littéraire]", mais qui, par ce fait même, sont capables de survivre aux modes... et de rester lisibles, les décennies passant. Une vingtaine d'écrivains et davantage d'ouvrages, que, pour ma part, j'ignore (et dont je n'ai pas même vérifié s'ils ont jamais été traduits en français...).

* Des livres ou des cigarettes (p.41-49): intéressantes considérations budgétaires où Orwell évalue la valeur de sa bibliothèque de l'époque, soit 900 livres, pour une valeur de 165 £ et 15 shillings. Ceux-ci ayant été accumulés en une quinzaine d'années, il en conclut que son budget "lecture" est d'environ 25 £ par an, alors qu'il en dépense 40 en cigarettes, voire plusieurs dizaines de £ en bière... Il en tire la conclusion que la lecture est l'un des loisirs les moins onéreux, "probablement LE moins cher après l'écoute de la radio" (il ne connaissait pas la TV ni internet). 

Un petit ouvrage à lire et à faire lire, vu* l'autorité de son auteur... 

* Et non "vue", merci Audrey (commentaire ci-dessous)...

20232-300x300_2023seraClassiquePS: j'avais oublié de préciser que ce recueil de textes anciens peut donc être répertorié dans le challenge "2023 sera classique" de Nathalie et Blandine!

3 février 2024

Les lueurs d'Aden - Amr Gamal

Cela m'intéresse toujours d'aller voir des films venus de pays où l'industrie du cinéma est pratiquement inexistante. Les lueurs d'Aden d'Amr Gamal est un film yéménite qui se passe à Aden, la deuxième ville plus importante du Yemen, pays qui est en guerre depuis des années. On fait la connaissance d'Isra'a et Ahmed, un couple marié avec trois enfants. Ahmed travaille à la télévision Aden TV, mais il n'est pas payé depuis quelques mois. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il est devenu chauffeur de taxi collectif. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, Isra'a est à nouveau enceinte pour la quatrième fois et ce n'est plus une bénédiction dans ce pays profondément religieux, mais un avenir de misère encore plus grand. Déjà le troisième enfant, un garçon, n'était pas le bienvenu au départ. Ahmed veut qu'Isra'a avorte. Mais ce n'est pas simple de trouver un médecin qui l'accepte quand le foetus est viable. Le couple va dépenser pas mal d'argent et connaître des déconvenues avant peut-être d'y arriver. Le réalisateur vit à Aden et on sent qu'il aime sa ville toute délabrée avec des immeubles abîmés par la guerre. On remarque des bâtiments encore très beaux malgré tout. Aden, c'est aussi un port que l'on peut admirer vu du ciel avec des montagnes en arrière-plan. Les habitants, qui sont solidaires entre eux, se débrouillent comme ils peuvent pour survivre entre les pannes d'électricité fréquentes, l'eau qu'il faut aller chercher à la citerne et les prix exhorbitants de toutes choses, alimentation et autre. Le film dure moins d'1H30 et il en dit beaucoup sur l'état d'un pays en guerre et un peu oublié. S'il passe par chez vous, ne le manquez pas. Je trouve l'affiche très belle.

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29 janvier 2024

Le chant des innocents - Piergiorgio Pulixi

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Après L'ile des âmes et L'illusion du mal, je viens de terminer en moins de deux jours Le chant des innocents du romancier italien Piergiorgio Pulixi (Edition Gallmeister, 327 pages), publié en 2023 en France, mais qui date de 2015. Il s'agit du premier volet d'une série, "Les chansons du mal", dont fait aussi partie L'illusion du mal. Dans Le chant des Innocents, le personnage principal est Vito Strega, un commissaire de police suspendu parce qu'il a tué (volontairement ou non) un de ses collègues. Il doit être suivi par une psychologue qui jugera s'il pourra être réintégré ou non dans la police. Les innocents du titre sont les victimes de jeunes meurtriers (entre 14 et 15 ans). Ces derniers semblent être manipulés par quelqu'un qui les incite à tuer par vengeance. En effet, les assassins connaissent leurs victimes. Le mobile est la vengeance. Une ancienne collègue, Teresa Brusca, secrètement amoureuse de Vito, lui demande de mener l'enquête malgré sa suspension, car Vito est un policier exceptionnel même s'il aime trop l'absinthe. Ce dernier a aussi du mal à se remettre de sa séparation d'avec sa femme quelques mois auparavant. Une autre femme, Marina, une femme lieutenant-colonel du corps des carabiniers, s'invite dans l'histoire. On découvre que c'est une femme dangereuse. Le roman s'achève sur des points d'interrogation. J'ai trouvé que le roman se lisait bien mais l'intrigue criminelle reste superficielle. Rien n'est fouillé. C'est nettement en dessous des deux romans précédents. J'espère que le prochain à paraître en avril, La septième lune, sera plus consistant. Lire les billets d'Aude, Pierre Faverolle, Simone. 

1 janvier 2024

Très bonne année 2024!

On le dit à chaque début d'année mais il faut y croire.

Blake, Mortimer, et moi-même, nous vous souhaitons une très bonne nouvelle année avec tout plein de bonnes choses.

Une fois n'est pas coutume, je commence donc mon année 2024 avec une BD que j'ai bien appréciée. 

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Cette fois-ci, ce sont Floc'h (pour les dessins), Fromental et Bocquet (pour le texte) qui se sont attelés à L'art de la guerre (Edition Blake et Mortimer, 124 pages), cette nouvelle aventure de Francis Blake et Philip Mortimer. L'intrigue se passe à New-York où Francis Blake doit se rendre pour prononcer un discours sur la paix au nouveau siège des Nations-Unies qui vient d'être inaugauré. Nous sommes en 1951 ou 1952. L'action se situe après Le secret de l'espadon et Le secret de la grande pyramide. Dans cette même ville, un acte de vandalisme a lieu dans la section des antiquités égyptiennes du Metropolitan Museum. Le coupable est l'ennemi juré de nos deux héros, le colonel Olrik qui semble être devenu amnésique. Mais bien entendu Olrik est en pleine possession de sa mémoire et on découvre petit à petit les sombres desseins du colonel qui risquent de menacer la paix du monde. Pour ce faire, il se sert de l'ouvrage bien connu de Sun Tzu, L'art de la guerre. Cet ouvrage de stratégie militaire a été écrit aux alentours du VIème siècle avant JC. J'ai apprécié cet album qui se lit vite. J'aime les dessins de Floc'h. J'espère qu'il en dessinera d'autres.

A nouveau, très bonne année 2024! 

12 décembre 2023

Satanée plate-forme c*n*lbl*og mal-portante de %?##@ !!!

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me permets un petit billet à la fois "coup de gueule" et pédagogique (j'espère).

Je suis excédé: depuis quelques semaines-mois, canalblog retombe dans les errances ou deshérences connues en fin d'année 2022, et qui avaient amené le mois de décembre à battre des records à la baisse en terme de commentaire (passage sous la barre des 100 [87], ce qui n'était plus arrivé depuis l'année 2008). Ce qui est agaçant, c'est que c'est aléatoire, sans se produire spécifiquement à certains horaires (bande passante trop sollicitée, serveurs saturés par les connexions des gens arrivés au bureau, ou rentrant chez eux, ou le soir, ou le dimanche, ou au moment où se connectent en masse sur le réseau les internautes américains?).

Je suis sûr en tout cas que ces "errements" découragent des blogueurs qui arrivent ici pour la première fois, et repartent aussi sec sans insister au moindre "clic" non fonctionnel (pour accéder à un billet, pour visualiser les commentaires qu'il a déjà reçus, pour enregistrer le commentaire qu'ils viennent de faire l'effort de rédiger...).

Alors cette fois, je n'y tiens plus: je dénonce, d'une part, et j'indique comment outrepasser, d'autre part. 

Et hop, une première capture d'écran...

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Là, en général, il suffit de, mais il est nécessaire de, "recharger" la page une ou deux fois pour que la situation revienne à la normale. Bah sinon, surtout n'hésitez pas, "please try again later", autrement dit "S'il vous plaît, essayez de nouveau un peu plus tard"...

 Passons maintenant à la deuxième capture d'écran.

Capture_ecran_PUB-pleine-page_2023-12-11_a_10-22-21Ici, nous avons un écran publicitaire "pleine page" (au lieu d'un discret "pop-up") qui s'affiche alors que l'on a cliqué sur un lien interne pour accéder aux commentaires d'un billet... (par exemple; ça peut aussi survenir dans d'autres cas de figure). La technique pour le faire disparaître? Non pas "fermer l'écran", mais procéder à un "retour en arrière", puis réitérer le "clic". En général, on accède (enfin!) à la page visée. 

Il me reste à vous présenter une troisième page, plus aléatoire et plus effrayante. Elle est aussi plus rare: je l'ai attendue vainement tout lundi, et c'est seulement ce mardi matin que dasola l'a eue...

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Pas de panique, en fait. Je ne pense pas que vous soyez victimes d'un virus, mais rechargez donc la page: cela devrait vous suffire pour "décoincer"... 

Pour les délais d'affichage, parfois un peu long, je ne peux que vous encourager à la patience... Ouvrez donc une autre fenêtre en attendant! 

En conclusion
Malgré ces messages d'erreur, ne faites pas la confusion: 
blog existe bien et demeure à portée de clic, et ses billets restent ouverts à vos commentaires. Si vous ne réussissez pas du premier coup, essayez, essayez, essayez encore...

**********

Bon, une autre fois, je ferai un petit "descriptif" (capture d'écran à l'appui) des différentes stratégies des diverses plateformes pour privilégier les internautes ayant créé un "profil" chez elle et mettre des bâtons dans les roues à ceux qui ne l'ont pas fait (en empêchant de mettre un lien direct vers un article sur le même livre ou le même film), pour laisser des commentaires sur les blogs qu'elles hébergent... 
Au moins, "ici", c'est plus "cool": pour les internautes, il suffit de (mais il est nécessaire de) remplir le champ "email" avec n'importe quoi (s'ils ne veulent pas mettre le vrai), pourvu que cela contienne une arobase "@". Pour nous, les "maîtres du blog", ayant activé la "modération des commentaires", il nous appartient de valider à la main (et surtout pas "automatiquement") chaque commentaire, et de supprimer les "SPAM". 
En résumé, peut-on dire que, de l'un ou l'autre point de vue, c*n*lbl*g est la pire des plateformes... à l'exclusion de toutes les autres?

29 décembre 2023

Palmarès cinéma 2023

En cette fin d'année où je n'ai pas été au top de ma forme, je n'ai pas été beaucoup au cinéma mais en 2023, j'ai vu presque 100 films, 96 exactement, ce qui est moins que d'autres années. Je note que les films de mon palmarès sont sortis pour la majorité d'entre eux durant le premier semestre de 2023. J'en ai choisi une vingtaine dont voici la liste par ordre de préférence. 

Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese: du grand cinéma comme on n'en voit plus beaucoup.

Les feuilles mortes d'Aki Kaurismaki: une petite chose admirable avec un bel hommage au cinéma.

Le retour des hirondelles de Li Ruijun: une histoire bouleversante dans la Chine rurale.

Le capitaine Volkogonov s'est échappé de Natalia Merkoulova et Alexei Tchoupov: une histoire déchirante au temps des purges de Staline avec un acteur principal exceptionnel. 

La femme de Tchaikovski de Kirill Serebrennikov: l'actrice principale Alena Mikhailova est extraordinaire. 

L'enlèvement de Marco Bellochio, ce film opératique dont l'histoire tirée d'une histoire vraie qui se passe au XIXème siècle, ne peut laisser indifférent. 

La dernière reine de Damien Ounouri et Adila Bendimerad: une histoire qui se passe au XVIème siècle en Afrique du nord, qui bénéficie de décor et de costumes somptueux.

Burning days d'Emin Alper: cela se passe de nos jours dans un climat angoissant en Anatolie, en Turquie.

Le théorème de Marguerite d'Anna Novion: un film à recommander même quand on est nul en math.

Dernière nuit à Milan d'Andrea di Stephano: rien que pour l'ouveture avec la ville de Milan de nuit vue du ciel et l'interprétation impeccable de Pierfrancesco Favino. 

Divertimento de Marie-Castille Mention-Schaar: ce film d'après une histoire vraie vous rend optimiste.

The Old Oak de Ken Loach: un film qui fait du bien.

Hinterland de Stefan Ruzowitzky: un film expressionniste avec un travail superbe sur l'image et les décors.

Perfect days de Wim Wenders: pour l'acteur découvert (pour ce qui me concerne) dans The Third Murder. 

Wahou! de Bruno Podalydès: très divertissant.

Limbo de Soi Cheang: un polar glauque filmé dans un noir et blanc magnifique.

Migration de Benjamin Renner et Guylo Homsy: un dessin animé épatant.

La famille Asada de Ryôta Nakano: ce film japonais bourré d'humour narre trente ans de la vie de Masashi Asada, un photographe connu uniquement au Japon.

About Kim Sohee de Kim Sohee: un film sur les dures conditions de travail de stagiaires et autres en Corée du sud - édifiant.

La passion de Dodin Bouffant de Trân Anh Hùng: pour l'histoire d'amour-amitié entre Dodin et Eugénie et pour la fabrication de différents plats qui donnent envie de manger. 

Je n'ai pas éprouvé le besoin de mettre certains films français comme Anatomie d'une chute de Justine Thieret ou Le procès Goldman de Cedric Kahn (films estimables mais que je n'ai pas adorés).

Aquarelles_de_Manou_decembre-2023Pour voir les cartes originales sur le blog de Manou ("bulles de Manou"), cliquez ici. 

30 octobre 2023

L'iris blanc - Fabcaro et Didier Conrad

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J'ai passé un agréable moment à lire le nouvel album d'Astérix, tiré à 5 millons d'exemplaires, paru le 26/10/2023. Jean-Yves Ferri a laissé sa place à Fabcaro pour le scénario de L'Iris blanc (Edition Hachette, 48 pages). L'iris blanc est le nom que Vicévertus (le médecin-chef des armées de César) donne à une méthode inspirée par un philosophe grec appelé Granbienvousfas.Il s'agit de pensée positive et d'alimentation saine. César charge Vicévertus de partir pour Babaorum (l'un des quatre camps retranchés qui entourent le village gaulois où habitent entre autres Astérix et Obélix). À Babaorum, Vicévertus doit mettre en pratique la méthode de pensée positive et réussir à motiver les Romains pour soumettre le village des irréductibles Gaulois. Dès son arrivée, Vicévertus initie les Romains et il en profite pour faire une incursion dans le village gaulois. Et là, les habitants commence à changer, à voir tout en positif. Vicévertus flatte Ordralfabétix, le poissonnier, en lui achetant ses poissons qui ont une odeur de marée. Peu de temps après, Ordralfabetix pêche lui-même des poissons qu'il vend à tout le village. Les sangliers aux alentours ne craignent plus rien. Vicévertus vante à Cétautomatix le "clonk" produit par le marteau sur une enclume. Il produit des vibrations positives. Quant à Bonemine, elle boit littéralement les paroles de Vicévertus. Elle décide sur un coup de tête de partir à Lutèce avec le médecin-chef car elle se sent délaissée par Abraracourcix (alias Cochonnet) qui sombre dans la dépression. Astérix et Obelix décident de partir à la poursuite de Vicévertus et Bonemine. Ils sont accompagnés par Abraracourcix qui n'est plus lui-même. Il faut noter que Vicévertus a un faux-air de Dominique de Villepin et de Bernard-Henry Levy. Même si j'avais préféré les albums précédents, Astérix et le griffon et Le papyrus de César, celui-ci a des moments amusants et des expressions qui renvoient à notre époque. Et bien entendu, l'histoire se termine par un banquet. Tout est rentré dans l'ordre. À lire sans modération.

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11 décembre 2023

Sur la dalle - Fred Vargas

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Je sais que certains blogueurs (euses) n'ont pas aimé ce roman de Fred Vargas; et bien moi, je n'ai pas boudé mon plaisir. Sur la dalle (Editions Flammarion, 507 pages) se passe en Ille et Vilaine en Bretagne, entre Rennes et Dol de Bretagne, dans le village de Louviec (village fictif), près de Combourg et de son château où était né François René, Vicomte de Chateaubriand en 1768. Et justement, Josselin de Chateaubriand, lointain descendant de l'écrivain et homme politique, est un des personnages principaux du roman. Il a comme particularité d'être le portrait craché de son ancêtre. Louviec est en émoi car des crimes sanglants sont commis. Des notables du village comme un médecin, la gérante d'une supérette, une psychiatre et le maire lui-même sont sauvagement assassinés à coups de couteau d'une même marque et ces armes blanches sont retrouvées fichées dans le corps de chaque victime qui par ailleurs ont été piqués par des puces juste avant leur mort. Le commissaire parisien Jean-Baptiste Adamsberg et quelques collègues comme Violette Retancourt, une femme qui sort de la norme et Mercadet, un surdoué en informatique qui souffre d'hypersomnie, sont envoyés en Bretagne pour mener l'enquête. Ils font équipe avec le commissaire rennais Mathieu et ses adjoints. Cette partie de l'enquête n'avance pas vite mais les policiers, à l'occasion du meurtre du médecin qui ne semble pas avoir été commis par la même personne, élargissent leur champ d'investigation en poursuivant une bande d'hommes peu recommandables qui se connaissent depuis l'enfance. Les policiers de Paris étant présents durant plusieurs jours, logent dans un hôtel-restaurant de Louviec, tenu par Johan, un cuisinier hors-pair qui prend soin de ses clients et qui n'arrête pas de leur servir du chouchen (breuvage liquoreux issu de la fermentation d'un mélange d'eau et de miel). J'ai trouvé le récit très bien mené et je ne me suis pas ennuyée. La dalle du titre, c'est celle d'un dolmen sur laquelle Adamsberg médite de temps en temps en cherchant la résolution de ces crimes.

Lire les billets de Brize, Matatoune, Bernie, Hélène, Nyctalopes, Bigmammy, Pol'art noir.

17 novembre 2023

Le serpent majuscule - Pierre Lemaitre

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Le serpent majuscule (Livre de poche, 305 pages), ce tout premier roman de Pierre Lemaitre, a été écrit en 1985. C'est un roman policier très noir où les cadavres s'accumulent. L'histoire se passe justement en 1985 avant Internet, les test ADN, quand les cabines téléphoniques existaient encore, etc. Le personnage central s'appelle Mathilde Perrin. Agée de 63 ans, elle souffre de surcharge pondérale tout en étant une tueuse redoutable. Elle exécute des gens sur contrat. Elle a commencé sa carrière 40 ans plus tôt au moment de la deuxième guerre mondiale. Elle reçoit ses ordres d'exécution par l'intermédiaire de petits mots dissimulés dans des cabines téléphoniques. Mathilde est veuve depuis 25 ans et elle a une fille qui est marié à un Américain "très con" (selon Mathilde). Dans son pavillon de Seine et Marne, Mathilde vit seule avec un dalmatien appelé Ludo (cette pauvre bête va avoir une triste fin) et avec des armes comme un "desert eagle", un pistolet semi-automatique qui fait des trous énormes sur les victimes. Un soir, Mathilde fait du zèle en tirant deux balles plutôt qu'une sur sa cible. Ce n'est pas dans le protocole qu'elle aurait dû suivre. Son commanditaire se pose des questions. Mathilde commence à perdre les pédales, elle perd la mémoire, elle doit être éliminée. Je vous laisse découvrir toute l'histoire, très violente et triste. Et j'avoue que j'ai trouvé que ce roman manquait d'humour. C'est très premier degré. Les exécutions d'une mère de famille qui venait de récupérer son fils et d'une victime collatérale dans un parking m'ont paru de trop. A vous de voir. 

Lire les billets d'Audrey (livre audio), de Gaëtane, d'Hélène et de Bernie. Sans oublier Nanou.

PS: "on" me prie d'insérer que c'est mon ami ta d loi du cine qui est revenu un jour tout content avec ce bouquin trouvé d'occasion, en me disant "depuis le temps que je n'arrivais pas à l'emprunter en bibliothèque, cette fois, je l'ai!". Et il m'a convaincue de le lire. 

29 août 2023

Voyage en Islande - 5 (fin)

On a terminé notre périple par Reykjavik (baie des fumées), la capitale qui, à elle seule, abrite 130 000 habitants. Avec l'agglomération, on atteint les 220 000 habitants, soit plus de 50% de la population totale de l'île.
J'avoue que je n'ai pas visité la ville autant que j'aurais voulu car il fallait faire tout à pied. Et quoi qu'en dise notre guide, le centre-ville de Reykjavik est grand J'ai longé le bord de mer, j'ai vu l'église Hallgrimskirkja construite au XXème siècle qui est toute en béton. C'est le monument le plus haut d'Islande. Du haut du clocher, on domine la ville. Je suis aussi passée devant une belle maison appelée "Höfði", où Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev se sont rencontrés en 1986 (et cela aurait permis peut-être d'amorcer la fin de la Guerre Froide).

P1160586 L'église Hallgrimskirkja. 

P1160591 Les cloches.

P1160590 Vue de Reykjavik du clocher de l'église. La montée en ascenseur est payante.

P1160589 Vue de Reykjavik du clocher de l'église.

P1160587 Vue de Reykjavik du clocher de l'église.

P1160610 La maison où se sont rencontrés Reagan et Gorbatchev. 

P1160603          P1160605 Ce bateau qui s'appelle littéralement "Le voyageur du soleil" est une sculpture en acier qui date de 1986 et qui commémore les 200 ans de la fondation de la ville (en 1786).

P1160601 Le rivage.

P1160595 Une maison.

P1160600 Une rue.

J'ai regretté de ne pas avoir visité au moins un musée. Il y en a plusieurs de très intéressants. Cela sera pour une prochaine fois. Voilà, mon voyage est terminé (voir mes billets 1 - 2 - 3 - 4). Je pense qu'il vous aura plu. 

12 octobre 2023

L'hallali - Nicolas Lebel

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Après Le gibier (que je n'ai pas lu), La capture (que l'ai lu mais pas chroniqué), voici L'Hallali, le troisième volet d'une série écrite par Nicolas Lebel. Je pense qu'il pourrait y en avoir un quatrième. Dans l'Hallali, coemme dans les deux précédent, le personnage prinicipal s'appelle Yvonne Chen. Ex-flic, elle est désormais agente infiltrée de la DGSI. Depuis plusieurs mois, elle est à la poursuite de trois tueurs, les furies dont le chef a comme pseudonyme Alecto. Les deux autres  s'appellent Megara et Tisiphone (d'après le nom des déesses grecques de la vengeance). Megara est une femme. Ce sont des tueurs rusés et sans foi ni loi. Dans l'Hallali (Editions du Masque, 278 pages), Alecto et ses comparses doivent se rendre dans les Vosges dans un domaine viticole qui produit du vin de glace (un vin fait à partir de raisins vendangés gelés). Ce domaine appartient à deux frères. L'un des deux veut prendre le contrôle seul. L'autre doit disparaître. Les Furies sont chargés de l'eliminer et par ailleurs, Alecto cherche à recruter Yvonne pour cette mission. A la moitié du roman, il y a un coup de théâtre inattendu qui change la donne et fait bifuriquer le récit. Je ne vous dévoilerai rien de plus. C'est un roman agréable à lire dans un décor de château sous la neige. Je l'ai préféré à La capture qui se passait dans une île bretonne. De Nicolas Lebel, j'ai lu tous ses romans avec le commissaire Mehrlicht, que je vous conseille. 

21 novembre 2023

Terminus Malaussène / Le cas Malaussène: I Ils m'ont menti - Daniel Pennac

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) enfin lu (il y a déjà quelques semaines) le dernier livre de Daniel Pennac paru (il y a déjà près d'un an), il faut aussi que je le chronique avant qu'il publie un nouvel ouvrage!

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Le cas Malaussène - I Ils m'ont menti (roman), Gallimard, 2017, 308 pages
Terminus Malaussène (roman), Gallimard, 2023 (DL déc. 2022), 440 pages

Terminus_MalausseneÇa valait le temps d'attendre. J'avais le souvenir de m'être beaucoup ennuyé en lisant le début du volume titré Le cas Malaussène: I Ils m'ont menti, trop complexe et lent à démarrer (mais ma mémoire est-elle bonne?), le tome 1 du diptyque, paru en 2017. Dans Terminus Malaussène (qui n'affiche pas "tome 2" ni ne fait référence au Cas Malaussène sur la couverture?), le récit est bien plus linéaire, et j'y ai retrouvé la verve pennacienne de la saga. Bien entendu, le titre est intriguant: doit-il clore la série? Est-ce une référence à [la BD] Valérian? Une rencontre avec Dieu le Père pour notre personnage principal?

Benjamin Malaussène a, antérieurement à ce volume, déjà tout été: mort puis ressuscité (dans le même ouvrage, pas dans deux différents comme le Sherlock Holmes de Conan Doyle), papa par les voies naturelles d'un gamin qui bénéficie de deux mamans, frère de famille d'une tribu de six autres frères et soeurs, ami avec beaucoup de monde, bouc émissaire et innocent professionnel... p.233: "Non, Benjamin, tu n'es plus le jeune homme versatile qui pouvait changer de boulot en changeant d'humeur. Depuis quelques décennies tu es un être social, chef de famille, fidèle à tous tes postes. Comment tournerait la machine si les types comme toi se contentaient de changer de plumard?". Mais est-ce que Malaussène, c'est bien lui?

Sans vous déflorer votre propre plaisir, je confirme que j'ai tourné une page après l'autre pour "connaître la suite". Ce polar et son côté systématique m'ont quelque peu fait songer à la Trilogie des ombres de Ghislain Gilberti, mais en moins beaucoup moins trash tout de même (nous sommes chez Pennac). La cerise sur le gratin (dauphinois), l'identité de l'antagoniste principal, j'avoue que je l'ai vue venir d'assez loin. Mais bon, je considère que ça fait partie du plaisir de lecture que de se dire "tiens, je ne suis pas encore trop idiot, j'avais réussi à discerner où il nous emmenait...".  

Relevons une petite diatribe amusante sur un certain secteur professionnel: "Je vous le dis solennellement, si vous tenez à votre santé mentale, ne fréquentez pas d'éditeurs" (p.162) en précisant qu'il est aussi question, dans Terminus..., du tome deux d'un diptyque. Inspiration du vécu et mise en abyme profonde?

Et maintenant, y aura-t-il encore un tome? La fin est ouverte...

Y a pas, il faut maintenant que je relise le précédent. Vivement le prochain confinement, qui me redonne plein de temps pour bouquiner (le seul truc qui m'a manqué, en 2020, c'était un revenu - je dis bien, certainement pas un "emploi", mais bien un revenu...). 

(interlude)

LeCasMalausseneJ'ai effectivement pris quelques jours supplémentaires pour relire le volume précédent avant de publier le présent billet (que dasola, de son côté, avait chroniqué en 2017). Dans Le cas Malaussène (et son titre à rallonge), ça part bien un peu dans tous les sens. L'oeuvre est quelque peu déroutante par son "unanimisme" (plusieurs personnages différents qui disent "je" - Benjamin Malaussène est seulement l'un d'eux -, et plusieurs autres sont suivis dans leurs actions). On ne voit pas tout de suite le lien entre les différents chapitres (construction non linéaire), quels sont les enjeux, où l'on va... Dois-je penser que cela est dû à ce que je n'ai pas relu toute la série depuis longtemps? Nous avons successivement un quidam (dont il n'a jamais été question avant), Benjamin lui-même, quelqu'un qui l'engueule (rien que de normal - il est payé pour cela de longue date), mais aussi, du côté de l'Ordre (?), une juge, les policiers familiers... et l'on passe de l'un à l'autre autour d'une affaire d'enlèvement assez vite devenue centrale. Mais auparavant, tout était résolu à la fin du volume, je pense que c'est cela qui m'a dérouté (et peut-être même l'auteur, puisque 5 ans se sont écoulés avant la parution du tome suivant...). En tout cas, des mensonges, il semble y en avoir pas mal dans l'histoire. Mais qui sont "ils", ça... Ils sont nombreux, les personnages à faire des bêtises dues à l'âge.

P1160803On se laisse surprendre par une scène qui dure à peine une minute, mais qui ne sera pas sans conséquences. À la fin du texte (p.297), un croquis: un petit personnage semble écrasé par un énorme stylo, émettant en phylactère "À suivre...". Seulement, en principe, dans les feuilletons, on avait la suite au numéro suivant (le lendemain, la semaine suivante, exceptionnellement le mois suivant... On ne restait pas sur sa "faim" cinq années d'affilée avec plein d'intrigues et de questions. Un "mauvais coup" de marketing? Ou bien le temps d'une réécriture nécessaire voire de "remues-méninges" pour savoir comment tout le monde va s'en tirer?

Vous l'aurez compris, je vous suggère de lire (ou relire) Le cas Malaussène avant de vous plonger dans Terminus Malaussène (il vaut mieux avoir ce dernier sous la main avant de débuter la lecture du diptyque): au moins, vous serez sûr d'avoir quelques réponses...

8 septembre 2023

De sang et d'acier - Harald Gilbers

 P1160679

Je viens de terminer le sixième roman d'Harald Gilbers, De sang et d'acier (Edition Calmann Levy, 410 pages haletantes et instructives). J'ai été contente de. retrouver le commissaire Richard Oppenheimer en juin, juillet et août 1948 à Berlin, où se précise le fait que l'Allemagne va de plus en plus être coupée en deux, avec une partie soviétique et une partie occidentale irréconciliable. A Berlin, les zones américaine, britannique et française sont une enclave occidentale isolée au mileu de la partie de soviétique. Un mur virtuel est dressé entre les deux blocs. Même si le conflit mondial est terminé depuis trois ans, la ville n'est pas encore reconstruite, et les Berlinois sont toujours en manque de nourriture. Les rations sont maigres malgré le marché noir. Le commissaire vit avec sa femme dans la partie américaine, mais le poste de police où il est affecté est en zone soviétique. Par ailleurs, une réforme monétaire est à l'ordre du jour avec la disparition du reichsmark au profit du deutsche mark, mais à Berlin c'est un peu compliqué, car les soviétiques mettent en circulation un mark est-allemand. Du jour au lendemain, Oppenheimer est suspendu de ses fonctions dans la zone soviétique. Heureusement, il va trouver un nouveau poste dans la police côté occidental. C'est en 1948 que la première scission notable entre l'Est et l'Ouest se fait sentir dans les services de police et les forces de l'ordre, alors que les Berlinois peuvent circuler librement d'une zone à l'autre (jusqu'en 1961). Et on commence à entendre les avions cargo américains et britanniques qui ravitaillent les Berlinois. Pour en venir à l'intrigue policière, des corps d'hommes démembrés et empaillés sont trouvés dans Berlin, et dans la zone soviétique et dans la zone britannique. Malgré l'hostilité entre services, Oppenheimer va pouvoir enquêter avec des collègues est-berlinois. Je ne dirai rien d'autre à part que le meurtrier est une femme et qu'un journaliste en quête de sensationnel risque sa vie. Si vous n'avez pas lu les cinq premières enquêtes d'Oppenheimer, ce n'est pas grave. Ce roman que je vous conseille se lit indépendamment, mais il vous donnera envie peut-être de lire les romans précédents. Je vous conseille déjà le premier, Germania, qui se passe en 1944.

PS du 12/09/2023: pour répondre à l'interrogation d'Alex-mot-à-mots, il y a six romans et donc six enquêtes entre 1944 et 1948.

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