Le blog de Dasola
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7 mai 2016

Trois jours et une vie - Pierre Lemaitre

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J''ai acheté Trois jours et une vie de Pierre Lemaître (Albin Michel, 279 pages) au dernier Salon du livre 2016 à Paris. Je voulais le faire dédicacer par le romancier mais il y avait une telle queue que j'ai renoncé. J'annonce tout de suite que je n'ai pas lu Au revoir là-haut et je ne ferai pas de comparaison. En revanche, j'ai retrouvé dans ce roman l'écriture de Robe de marié et de Travail soigné. L'histoire de Trois jours et une vie est un peu moins anxiogène que les deux autres, quoique... Antoine, 12 ans, tue accidentiellement Remi, 6 ans, dans un bois jouxtant la petite ville de Beauval dont les deux garçons sont originaires. Cela se passe en 1999 à la veille de la tempête dite "du siècle". Cette exposition du drame tient en treize pages, suivies par plus de 250 pages dans lesquelles le lecteur se demande si Antoine va se dénoncer ou être démasqué. L'intrigue se déroule sur une période de 16 ans. Je suis partagée sur le personnage d'Antoine qui aura un comportement de lâche pendant toute cette période, mais je n'arrive pas à le condamner. J'ai lu le roman en deux fois avec un arrêt d'une semaine, étant passé à d'autres lectures. Peut-être n'ai-je pas été passionnée plus que cela. Lire les billets d'Inganmic, Sylire, Clara, Monpetitchapitre, noukette, gambadou, sandrine.

16 novembre 2015

Silex and the city 6 - Jul / Les vieux fourneaux - Celui qui part - Lupano & Cauuet / Le papyrus de César - JY Ferri & D Conrad

Dans cette période très triste, afin d'égayer (un tout petit peu) l'atmosphère, voici trois BD qui devraient faire l'affaire (enfin je l'espère).

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Dans Silex and the city  6. Merci pour ce Mammouth de Jul (Dargaud, 46 pages), on retrouve avec grand plaisir toute la famille Dotcom. Le jeune Rahan de la Pétaudière, fils et héritier de Crao de la Pétaudière, patron d'EDF (Energie Du Feu) annonce à son père qu'il est amoureux de Web, la fille des Dotcom. Crao pense que ce serait une mésalliance. Il trouve que Web de par ses origines "homo-sapiens à peine bipède" n'est pas digne de s'unir à une famille dont les origines remontent à "Troglodyte le Téméraire". De là, quelques pages sont consacrées à ce qui s'est passé avant et après 1 789 000 avant J.-C. A leur tour, les Dotcom vont essayer de reconstituer leur arbre généalogique. Ils apprennent grâce à des cro-mormons que les membres de la famille Dotcom n'ont pas à rougir de leur lignée. Tout le reste de l'album est consacré aux différents préparatifs du mariage car bien évidemment Crao de la Pétaudière impose un mariage religieux. Le dessin de la couverture ressemble beaucoup à la dernière vignette de l'album. Ce n'est pas mon album préféré des six, mais c'est sympa quand même, et, bien entendu, j'attends la suite. Lire les billets sur les albums précédents, ici, ici, ici et là.

Je passe au nouvel album d'Astérix, le 36ème, Le papyrus de César, de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (éd. Albert René, 48 pages) dans lequel César doit publier ses "Commentaires sur la Guerre des Gaules". Un chapitre fait tâche, le 24ème, dans lequel il admet qu'un village gaulois en Armorique lui résiste. Un conseiller nommé Promoplus lui dit de supprimer ce chapitre. Ce bout de papyrus va être subtilisé par un scribe muet (Bigdatha) qui n'a pas voix au chapitre. Le livre est un succès (50 exemplaires écoulés), mais ce chapitre manquant va bien entendu provoquer un certain émoi dans le village gaulois nettement plus intéressé malgré tout par l'horoscope du druide Appolosix. Les soldats romains autour du village sont désormais au goût du jour pour recevoir et envoyer des informations: ils ont les pigeons voyageurs dans le cadre d'une offre illimitée. Je ne vous dis rien de plus sur cet album amusant. Je l'ai trouvé réussi, avec plein de références à propos des moyens de communication, de l'information en direct, etc. Didier Conrad fait oublier que ce n'est pas Uderzo qui dessine.

Je termine par l'album que j'attendais (comme d'autres blogueurs), le troisième tome des Vieux fourneaux - Celui qui part. Il est paru le 13 novembre 2015. Je tiens à repréciser qu'il est préférable de lire les tomes dans l'ordre. Ici, un rappel des deux premiers tomes. Dans ce troisième tome,  on retrouve Emile, Antoine et Pierrot ainsi que Sophie, la petite-fille d'Antoine. L'histoire est cette fois ci centrée sur Emile (dit Mimile) et son passé d'ancien joueur de rugby parti vers l'hémisphère sud du jour au lendemain en 1955. Il naviguera de rafiot en rafiot et se liera d'amitié avec un Australien appelé Errol. En sa compagnie, ils seront chasseurs de trésor d'épaves enfouies. La fuite de Mimile fut provoquée par le terrain de rugby communal rendu inutilisable par une dénommée Berthe. 50 ans plus tard, Sophie, grâce à son entêtement, va apprendre des choses pas glorieuses du tout sur Antoine, Pierrot et Mimile en rapport avec Berthe. Pendant ce temps là, en pointillé, on suit les tribulations de Pierrot déguisé en abeille dans le cadre d'une action du groupe "Ni yeux, ni maître". Comme dans les tomes précédents, il y a des réparties très drôles mais il y a des moments plus doux amers. Une fois de plus, on voit que Sophie sait séparer le bon grain de l'ivraie. Un quatrième et a priori dernier tome est prévu. Il concernera plutôt Sophie. J'ai hâte.

1 janvier 2016

Meilleurs voeux 2016

Je souhaite à tous mes fidèles lecteurs et aux autres une très bonne année 2016 remplie de petits et grands bonheurs et la meilleure santé possible.

Voici quelques photos d'Etretat (c'est la première fois que j'y allais) où nous avons séjourné, mon ami et moi, les 28 et 29 décembre 2015. Le temps fut très agréable.

P1020717 L'aiguille chère à Maurice Leblanc

 

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P1020723  La maison du clos Lupin où Maurice Leblanc vécut de 1915 à sa mort en 1941.

P1020753 Vue sur les falaises

P1020758 Vue sur les falaises

P1020735 Maison d'Etretat

P1020736 Maison d'Etretat

P1020771 L'aiguille avec un soleil presque couchant (il était 16H30)

27 décembre 2015

Perfidia - James Ellroy / Une contrée paisible et froide - Clayton Lindemuth

Avant de faire mon bilan lecture 2015, voici deux romans policiers très différents qui valent le détour.

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Je commence par Perfidia de James Ellroy (Editions du Seuil), terminé depuis quelque temps déjà. Ce roman compte plus de 800 pages (qui se lisent relativement vite). Il s'agit du premier tome d'une nouvelle trilogie qui se passe pendant la deuxième guerre mondiale. Perfidia vient du titre d'une chanson écrite par un Mexicain, Alberto Dominguez, et publiée en 1939, qui a été en particulier interprétée par Glenn Miller et son orchestre. L'histoire se passe à Los Angeles entre le 6 décembre (veille de Pearl Harbour) et le 29 décembre 1941. Le fil rouge de cette histoire où l'on retrouve des personnages fictifs (déjà présents dans certains romans précédents d'Ellroy) et des personnes ayant réellement existés, est l'assassinat sanglant d'une famille de quatre Japonais: un père et une mère et leurs deux enfants d'une même famille. Le sergent Dudley Smith, personnage familier pour ceux qui connaissent l'oeuvre de James Ellroy, est sur l'affaire. Dudley Smith est un sergent de police peu recommandable qui se gave d'amphétamines pour tenir le coup. Perfidia constitue un roman foisonnant qui parle du futur confinement des Japonais habitant aux Etats-Unis, de la menace communiste à éradiquer, d'Hollywood de cette époque. James Ellroy a un style bien à lui. Il utilise le présent de narration et écrit souvent des phrases brèves. Il n'a pas peur de se répéter. C'est de cette manière que le lecteur ne se perd pas malgré tous les personnages présents. Il donne une certaine importance aux personnages féminins dont l'actrice Bette Davis. Quand le roman s'achève, plein de questions sont en suspens. Je pense que je lirai la suite quand elle paraîtra.

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Je passe à Une contrée paisible et froide de Clayton Lindemuth que j'ai eu envie de lire grâce à La Petite souris et Claude Le Nocher que je remercie. Pour une fois, je mentionnerais le nom du traducteur, Brice Matthieussent, traducteur chevronné des romans de Jim Harrison entre autres. L'histoire se passe en 1971 dans le Wyoming au coeur de l'hiver. Le texte est écrit essentiellement à la première personne. L'action se passe sur 24 heures avec des retours en arrière dans le passé. Les deux narrateurs principaux sont, d'une part, le shérif Bittersmith, 72 ans obligé de partir à la retraite dans un jour (on ne lui pas donné le choix); et d'autre part Gale G'Wain, âgé de 19 ou 20 ans, qui est accusé du meurtre de son employeur, Burt Haudesert. Gale est traqué par ce shérif violent qui abuse de son pouvoir (surtout sur les femmes). Gale ne veut pas s'enfuir sans Gwen, la fille de Burt, qui a un don de voyance. Elle pressent que telle ou telle personne va mourir d'ici peu. Au fur et à mesure du récit, on apprend des choses assez terribles sur les personnages et les violences subies par d'autres. La fin laisse un goût d'amertume, car que de vies gâchées. C'est un roman qui ne laisse pas indifférent. 

28 novembre 2015

N'éteins pas la lumière - Bernard Minier

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Grâce à une enseigne bien connue, j'ai eu l'occasion, le 12 novembre 2015 au soir, de rencontrer en petit comité l'écrivain Bernard Minier qui est un homme simple et très sympathique. Nous avons eu le plaisir d'avoir à disposition ses deux derniers romans (les 3ème et 4ème). Il est en pleine rédaction de son cinquième roman, dans lequel on retrouvera le lieutenant de police Martin Servaz que j'avais découvert dans Glacé  puis dans Le Cercle. D'ailleurs, son premier roman, Glacé, est en cours d'adaptation en une série de 6 épisodes pour M6. J'ai eu une gentille dédicace pour N'éteins pas la lumière (Editions Pocket). J'ai lu ce polar en un week-end: on ne le lâche plus dès qu'on l'a commencé. Dans la région de Toulouse, Christine Steinmeyer anime une émission sur une radio locale. Un matin, elle reçoit une lettre étrange qui parle d'une femme qui va se suicider si elle (Christine) ne lui vient pas en aide. A partir de cette lettre qui sera suivie de menaces en direct sur l'antenne, Christine va vivre un enfer. Elle va perdre son fiancé, son travail et sa vie est menacée. Quelqu'un lui "pourrit la vie". Parallèlement, Servaz, qui est dans une maison de repos suite au choc psychologique consécutive à son enquête précédente, va recevoir par la poste un paquet dans lequel se trouve une clé électronique pour ouvrir une porte de chambre d'un grand hôtel de Toulouse avec un mot d'accompagnement: "Rendez-vous demain, chambre 117". Ces éléments l'amènent à mener une enquête officieuse sur le suicide d'une jeune femme un an auparavant. Les deux histoires vont bien entendu se rejoindre. Pendant 700 pages, avec une incursion dans l'univers du spatial, la tension ne se relâche pas. Un roman haletant que je conseille.

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P1020697 La dédicace écrite avec trois feutres fins différents.

25 juillet 2015

Les nuits blanches du facteur - Andreï Kontchalovski

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Je voulais évoquer Les nuits blanches du facteur d'Andreï Kontchalovski sorti le 15 jullet dernier. Il est projeté dans peu de salles. Le film est interprété par des acteurs non professionnels. L'histoire se passe de nos jours autour du lac de Kenozero à presque 1000 kilomètres au nord de Moscou. Le facteur Aleksey Tryaptisyn est le seul lien entre les habitants autour du lac et le monde extérieur. Il apporte par bateau le maigre courrier, les pensions de retraite et autres médicaments. Aleksey est un homme affable qui mène une vie régulière (il se lève tous les jours à la même heure) après avoir cessé de boire depuis 2 ans. De temps en temps, un chat gris (un chartreux) vient lui rendre visite (c'est certainement un songe). Il vit seul mais il est amoureux d'Irina, une amie d'enfance. Timur, le fils de cette dernière, est très attaché à Aleksey qui lui fait faire des tours sur son bateau en lui évoquant des légendes plus ou moins effrayantes se rapportant au lac. Ou alors il lui montre une école en ruines qui rappelle la Russie d'avant. Les plans larges sur le lac et le paysage tout autour en été et en automne sont magnifiques. Tout est calme dans ces lieux où il y a l'électricité mais pas l'eau courante. Un matin, Aleksey se rend compte que le moteur de son bateau a été volé et la vie du facteur va être chamboulée. Le réalisateur qui est aussi le co-scénariste nous montre une Russie rurale pauvre mais qui garde une certaine dignité. Le film dure 1H45 et il m'a plu.

23 octobre 2015

Livres lus en septembre et octobre 2015

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J'avoue avoir toujours un peu de mal à écrire des billets sur les livres que je lis: je n'ai pas toujours grand-chose à en dire, même de ceux qui m'ont plu. C'est plus facile avec les films. Toujours est-il que voici un billet qui regroupe six romans.

Je commence par La Maladroite d'Alexandre Seurat (Edition La brune au Rouergue, 120 pages éprouvantes). Un texte poignant sur une enfant maltraitée dès son plus jeune âge par son beau-père et sa mère. Tout le récit (inspiré d'un fait divers) est écrit au présent de narration. Différents témoins de ce drame prennent la parole: l'institutrice, la pédiatre, la tante, la grand-mère, l'instituteur, la directrice, le policier, la médecin scolaire, le frère (pas très souvent). Diana, la petite fille martyrisée, est la seule que l'écrivain appelle par son prénom. On sait dès le début que cela se termine mal. L'écrivain ne porte aucun jugement. Il décrit l'impuissance des protagonistes cités qui n'ont rien pu faire ou qui n'ont pas compris ce qui se passait. Un roman qui m'a plu. Lire les billets de Noukette, Cathulu, Eimelle, Stephie et Leiloona.

Autant j'avais trouvé que Home était un roman éblouissant, autant Délivrances de Toni Morrison (Editions Christian Bourgois, 200 pages) ne m'a pas convaincue plus que cela. L'histoire ne m'a pas du tout passionnée. Cele se passe de nos jours. Le personnage central du roman s'appelle Lula Ann, surnommée Bride. Elle a une peau noire comme l'ébène alors que sa maman Sweetness passe pour une femme blanche. Bride est une femme ravissante qui sait se mettre en valeur. Elle travaille dans une entreprise de cosmétiques. Elle vient de se faire "plaquer" par Booker qui est parti en disant: "t'es pas la femme que je veux". Bride n'aura de cesse de reconquérir Booker. Son chemin va être semé d'embûches. C'est à vous de vous faire une opinion. Lire les billets d'Hélène, Noukette, Cathulu.

Pour Evariste (Editions Gallimard, 165 pages), je remercie François-Henri Désérable qui, pour son premier roman, m'a fait découvrir (un peu) Evariste Galois (1811-1832), mathématicien français de génie qui est mort en duel à l'âge de 20 ans. Il semble qu'on ne sache rien sur la vie de ce jeune homme qui a découvert les mathématiques à 16 ans en lisant, en très peu de temps, Euclide, Gauss, Cauchy et Euler. Il a donné son nom à une branche des mathématiques, la théorie de Galois. Son génie en mathématique ne fut découvert que 15 ans après sa mort (il fut enterré à la fosse commune) quand Joseph Liouville, professeur de Polytechnique publia "Les papiers d'Evariste Galois". C'est un livre à découvrir mais dont le style peut hérisser le poil à certains (comme Eva). Je vous livre un ou deux phrases: "Le 27 juillet 1830 tombait un mardi, le 28 un mercredi. Le 29 un roi" ou "... avant février 1830, date à laquelle il dépose son grand oeuvre à l'Académie, ce mémoire sur Les conditions de résolubilité des équations par radicaux qui est à l'Algèbre ce que le Requiem est à la musique, la Saison du gamin des Ardennes à la poésie". Tout le roman est écrit de cette manière et l'écrivain s'adresse directement au lecteur. Lire les billets de Laure, Zazimut et Pierre D.

J'ai lu La fractale des raviolis de Pierre Raufast (Edition Folio, 234 pages) pendant ma croisière norvégienne. Peut-être avais-je d'autres préoccupations en tête mais je ne me souviens pratiquement plus des intrigues de ce roman gigogne très agréable à lire. Tout commence par un plat de raviolis bourré de digitaline. Une femme veut assassiner son mari qui la trompe depuis toujours. Mais un grain de sable menace son plan. Que faire, se dit-elle alors que son propre père aurait pris une décision très rapide comme dans l'épisode Pussemange. De Pussemange, on passe aux sorcières de Barofk, puis c'est un certain Paul Sheridan qui entre en scène, etc., etc., etc., jusqu'à l'épilogue "Le destin" où on retrouve la narratrice du début qui se demande comment sortir du pétrin dans lequel elle s'est mise. Je répète, un livre vite lu et assez vite oublié (en ce qui me concerne). Lire les billets de Philisine Cave, Keisha, Jérôme, Piplo.

Je continue avec le nouveau Yves Ravey, Sans état d'âme (Edition de Minuit, 120 pages), dont j'avais apprécié Un notaire peu ordinaire. Gustave Leroy dit Gu est le narrateur de cette histoire assez noire. Gustave est chauffeur poids lourd. Il est amoureux depuis son enfance de Stéphanie, sa voisine. Ils ont le même âge. Blanche, la mère de Stéphanie, était la patronne du père de Gustave. La vie de Gustave bascule quand il apprend que Stéphanie en aime un autre, un certain John Lloyd, qu'elle a rencontré on ne sait comment. C'est un simple touriste. Du jour au lendemain John Loyd disparaît sans laisser de traces. Gu y est pour quelque chose. C'est un roman court, très concis. La résolution de l'histoire m'a paru expédiée un peu rapidement. Lire les billets de Laure, Cannibalelecteurs, Shangols

Je termine avec Neverhome de Laird Hunt (Editions Actes sud, 258 pages) qui se passe pendant la guerre de Sécession. Un couple, Bartholomew et Constance (la narratrice), mène une vie calme dans une ferme de l'Indiana jusqu'à ce que la guerre de Sécession éclate. C'est Constance qui en habit d'homme s'enrôle, sous le nom d'Ash Thompson, dans l'armée des confédérés, à la place de son mari Bartholomew qui est moins résistant qu'elle. On suit Constance dans ses marches forcées. Elle est au plus près des combats. Tireuse d'élite, elle n'hésite pas à tuer hommes ou écureuils. Quand elle sauve une femme menacée de viol, ses camarades lui donne le surnom de "Gallant Ash". Elle souffre du froid, du manque de nourriture, du manque d'hygiène. Ayant été séparée de son régiment, elle décide de revenir vers sa ferme pour revoir son Bartholomew. Sur ce chemin du retour, elle a repris des habits féminins. Elle croise des personnages souvent excentriques. A un moment donné, croyant qu'elle est une espionne de l'armée de l'Union, des soldats sudistes la font prisonnière. Enfermée dans un asile de fous, elle arrive à s'échapper. C'est un roman ample, imagé, descriptif où le rêve et la réalité se mélangent. Un très beau portrait de femme. Lire les billets d'Efelle, Charibde27 et Winniethepooh

4 novembre 2015

Opération Napoléon - Arnaldur Indridason

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Avec Opération Napoléon (Métailié Noir, 450 pages), ne vous attendez pas au retour du commissaire Erlendur. Ce roman a été écrit en 1999. Dans le prologue qui se passe en 1945, juste avant la fin de la deuxième guerre mondiale, un avion allemand camouflé en avion américain s'écrase en Islande sur le Vatnajökul, le plus grand glacier d'Europe. A son bord, se trouvaient six passagers dont un avait une mallette menottée à son poignet. La carcasse de l'avion est prise dans les glaces et disparaît. Les seuls témoins du crash sont deux frères qui habitent une ferme à côté du fjord. Des recherches infructueuses se sont déroulées quelques années plus tard. Enfin, en 1999, l'épave est repérée par des satellites. Et voilà que la cavalerie arrive, si je puis dire. En effet, les forces spéciales de l'armée américaines font irruption sur le fjord (c'est malgré tout une opération clandestine). Malheureusement, il se trouve que deux jeunes Islandais sur des motoneiges repèrent la carcasse et les forces spéciales. L'un des deux s'appelle Elias et il a juste le temps d'appeler au téléphone sa soeur Kristin, une avocate employée dans une chambre de commerce, afin de lui décrire ce qu'il voit. Elias et son compagnon sont torturés et laissés pour mort dans une crevasse. Quant à Kristin, l'héroïne de cette histoire assez prenante, elle est la cible de quelques Américains très méchants. Un dénommé Ratoff, l'homme de main d'un général fait tout pour éliminer la jeune femme qui heureusement a de la ressource et est pleine de courage. Dans ce roman, on apprend que les Américains (qui ont une base militaire) ne sont pas très bien vus des Islandais. Indridason nous confirme que l'Islande est une belle île mais que le climat est détestable: il fait nuit et il fait froid la plupart du temps. Je vous laisse découvrir qui peuvent être les six passagers de l'avion, pourquoi les Américains veulent s'emparer de l'avion et ce qu'est l'Opération Napoléon. J'ai trouvé la lecture agréable, mais, décidément, il manque Erlendur. Lire le billet de Keisha.

10 juillet 2015

Canardo (Mort sur le lac) - Sokal

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J'ai découvert le personnage de Canardo il y a plusieurs années avec La marque de Raspoutine et La mort douce (j'avais bien apprécié les deux tomes) et puis je n'ai pas continué, jusqu'à ces temps-ci, où j'ai lu le dernier en date, Mort sur le lac (Casterman, 48 pages), le 23ème tome de cette série. Sokal dessine son héros depuis 1981, avec parfois un intervalle de plusieurs années entre 2 albums. Les histoires sont souvent très noires. Les personnages ne sont pas des enfants de choeur. Canardo lui-même (un vrai canard aux pattes palmées) est détective privé. Il est alcoolique (sa préférence va à la bière), fumeur et désabusé. il porte une arme et ne dédaigne pas avoir une aventure d'un soir avec une (jolie) femme de temps en temps. Dans Mort sur le lac, il est engagé par une jeune femme amnésique qui a été sauvée in extrémis de la voracité des anguilles que l'on trouve dans ce lac imaginaire situé entre la Belgique et le duché du Belgambourg. Le Belgambourg est un paradis fiscal que l'on retrouve dans plusieurs albums, dirigé par une Grande-Duchesse, le cigare au bec et aux idées d'extrême-droite. Elle parle en langage souvent ordurier et terrorise ses conseillers. Justement, dans cet épisode, elle veut enrayer l'immigration de jeunes Wallones chômeuses qui traversent clandestinement le lac Belga. Pour ce faire, elle nomme le commissaire Eugène Garenni (comme son nom l'indique, il a la physionomie d'un lapin avec des grandes oreilles). C'est aussi un personnage récurrent des albums de Canardo. Il sert de faire-valoir à notre palmipède. Le méchant de l'histoire que l'on découvre rapidement est le propre neveu de la Grande-Duchesse, le baron Ferdinand. J'ai aimé cet album malgré sa noirceur et son cynisme. Comme souvent dans les histoires de Canardo, les personnages féminins ont des personnalités fortes, ce sont des meneuses. Une suite est annoncée à la fin de l'album: La mort aux yeux verts. Je l'attends avec impatience.

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19 avril 2015

Guatemala - 4 / Les producteurs - Antoine Bello

Quel est le rapport, me demanderez-vous, entre le nouveau roman d'Antoine Bello et les photos de mon voyage au Guatemala? Et je répondrai: les Mayas.

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En effet, dans Les producteurs d'Antoine Bello (Gallimard, 520 pages), la suite surprise des Falsificateurs et des Eclaireurs (mais qui peut tout à fait se lire indépendamment), l'essentiel de l'intrigue porte sur un scénario imaginé par deux agents du CFR (Consortium de Falsification du Réel), la Danoise Lena Thorsen épaulée par l'Islandais Sliv Dartunghuver: la découverte d'un peuple maya, les Chupacs, ainsi que d'une épave de bateau renfermant des objets mayas dont un codex. L'histoire se passe à partir de 2008, année qui va voir l'élection de Barack Obama aux dépens de John McCain et de sa co-listière Sarah Palin. Grâce à ce livre, on apprend que des agents du CFR ont joué un certain rôle dans les résultats de cette élection. Pour en revenir aux Mayas, on suit, heure par heure, la découverte de l'épave sous plusieurs mètres d'eau au large de la ville mexicaine de Veracruz. Le scénario est brillant. Grâce à Internet et aux réseaux sociaux, l'événement fait le tour du monde. Pour ceux qui l'ignorent (comme moi jusqu'à il y a peu de temps), les codex mayas sont des assemblages de feuilles ou cahiers en écriture maya (des glyphes) rédigés par des scribes. Seuls quatre codex nous sont parvenus dont l'un a une authenticité constestée. Les codex ont reçu les noms des villes dans lesquelles ils sont désormais conservés. Le plus célèbre est le codex de Dresde dont j'ai vu une copie dans un musée privé à Guatamela city. Un deuxième est conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris et le troisième est à Madrid. Quant au quatrième, celui qui est contesté, il est appelé le codex Grolier (il est mentionné dans Les producteurs), et il est conservé dans un musée au Mexique.

Le roman se lit d'une traite: l'intrigue est assez passionnante (même si j'ai préféré les nombreuses péripéties des Falsificateurs et des Eclaireurs). En revanche Antoine Bello écrit toujours d'une plume alerte, il emploie beaucoup le style direct. Un roman plaisant dans lequel Lena Thorsen est décrite sous un meilleur jour que dans les deux romans précédents qui sont résumés en préambule du livre.

Je reviens maintenant pour la dernière fois sur le Guatemala avec des photos prises dans le musée privé Popol Vuh situé dans une annexe d'une université qui recèle une belle collection d'urnes funéraires, de masques et de statuettes diverses.

P1010940  P1010944 La copie du codex de Dresde

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P1010876 Quelques masques

P1010885 Une coupe avec un couvercle et des piquants

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P1010880 Une coupe avec l'effigie d'un bassaris (mammifère d'Amérique centrale de la famille des ratons laveurs)

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P1010902  P1010913  Un être mythologique

P1010926 Déesse du cacao

Je termine avec des photos du lac Atitlan (à 100 km à l'ouest de Guatemala city) entouré de volcans. C'est le lac le plus profond d'Amérique centrale (jusqu'à 340 m de profondeur). Il fait 18 km de long par 8 de large. Comme il faisait assez brumeux, on ne s'est pas assez rendu compte de beauté du lieu. Mais on a fait une belle promenade en bateau.

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19 août 2015

Retour de ma pause vacancière (suite et fin)

Nous avons terminé notre périple en Dordogne, à Sarlat (sous la pluie) et Domme (temps très mitigé).

Etant arrivés en fin d'après-midi, nous avons parcouru les rues du vieux Sarlat. A cause de la pluie, j'ai fait peu de photos. Je reviendrai.

P1020262  Maison de la Boetie   P1020264

P1020269  Une rue du vieux Sarlat  P1020270  La lanterne des morts

 

P1020272  Le lanterneau du Présidial (l'ancien tribunal jusqu'à la Révolution de 1789). Cet édifice est devenu un restaurant.

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Je termine par Domme, situé à 8 km de Sarlat. Il s'agit d'une bastide qui fait partie de l'association "Les plus beaux villages de France". C'est un village qui domine la Dordogne. Les rues sont pentues mais pas trop. On a passé un moment agréable en particulier lors de notre tour en "petit train" (durée 20 minutes) qui nous a permis de faire un tour commenté du village.

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P1020280    P1020282  Les remparts de la Bastide

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Avant de regagner Paris, nous avons fait une halte à Limoges (j'y vais très souvent) où se déroulent des fouilles archéologiques (jusqu'en octobre 2015) sur une des places principales de la ville. Déjà, l'année dernière, des sondages assez conséquents avaient été faits. Des visites commentées par l'archéologue (une jeune femme) ont lieu les mercredis et jeudis. A chaque présentation, elle fait le point des avancées de la semaine. 

P1020124  P1020125  P1020127  P1020129  Sur les palissades qui entourent les fouilles, on peut lire des panneaux explicatifs très intéressant. Ces fouilles permettront peut-être d'approfondir la connaissance du site dominé par l'abbaye Saint-Martial pendant plus de dix siècles.

Je ferais une remarque: tous les platanes qui se situaient sur la place ont été abattus dans le périmètre de ces fouilles.

9 juin 2015

L'Enfer de Church Street - Jake Hinkson

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Repéré chez La petite souris, L'enfer de Church Street de Jake Hinkson nous conte une histoire violente et sanglante mais où transparaît un peu de douceur par moment. Ce roman de 230 pages fait partie d'une nouvelle collection en semi-poche, Neo noir, éditée par Gallmeister (Sept titres sont déjà parus ou vont paraître). Malgré la noirceur du sujet, je me suis attachée au personnage de Geoffrey Webb, un homme très obèse, au bout du rouleau, dont on fait la connaissance quand il est braqué par un malfrat dans une station-service en Oklahoma. Qu'à cela ne tienne, Geoffrey Webb ne se laisse pas faire. Il a seulement besoin de compagnie pendant son trajet qui doit l'emmener à Little Rock en Arkansas. Pour ce faire, il promet au braqueur 3000 dollars pour qu'il l'écoute pendant les 3 ou 4 heures du voyage. Geoffrey raconte sa vie qui a été une descente aux enfers dès sa naissance (son père alcoolique le battait). Devenu aumonier au sein de l'Eglise Baptiste pour Une Vie Meilleure, Geoffrey se rend compte qu'il est à l'aise pour prendre la parole en public. Il découvre "une des vérités fondamentale de cette vie: la plupart des gens veulent seulement que vous leur disiez ce qu'ils ont envie d'entendre". Il sait manipuler les gens par la parole. Peu de temps après son arrivée dans l'Eglise Baptiste, Geoffrey, âgé d'une vingtaine d'années, croise pour la première fois Angela, seize ans, la fille du pasteur. Il en tombe amoureux au premier regard et à partir de là tout va de travers. Les morts s'accumulent. Mais on n'arrive pas à détester Geoffrey devenu un tueur suite à un enchaînement d'événements malheureux. Je n'ai pas réussi à le condamner malgré ses actes meurtriers. En arrière-plan, l'écrivain brosse un portrait grinçant de l'Eglise Baptiste. Un roman que je vous conseille.

14 mars 2015

Crosswind (La croisée des vents) - Martti Helde / Pause vacancière

Comme je m'absente de France pendant presque deux semaines, je voulais évoquer un film singulier.

Je conseille en effet Crosswind (La croisée des vents), un film tourné dans un très beau noir et blanc avec une caméra qui avance, recule, fait des aller-retour et passe d'un endroit à l'autre, passant à côté ou entre des personnages figés tels des statues. Et pourtant, on voit que ce sont des êtres vivants. Ils prennent la pose comme s'ils allaient être peints. Il suffirait d'un souffle pour qu'ils bougent, ainsi le tablier d'une vieille femme en haut de marches. Le réalisateur estonien, Martti Helde, a choisi un parti pris esthétique audacieux pour mettre en images les lettres d'une jeune femme estonienne, Erna, qui écrivit à son mari pendant les quinze ans de sa captivité en Sibérie. En effet, en juin 1941, sur ordre de Staline, des habitants (plus de 500 000 mille) des pays Baltes - Estonie, Lithuanie et Lettonie - ont été déportés en Sibérie. Erna en "voix off" lit quelques lettres qu'elle écrit à son mari (elle ne les a jamais envoyées, ignorant ce qu'il était devenu). Car à l'époque, dès qu'ils montaient dans les trains en partance pour la Sibérie (26 jours de voyage dans des wagons à bestiaux sans pouvoir se laver ni presque manger), les femmes et les enfants étaient séparés des maris. Erna a connu la faim, les privations, le viol, les conditions de travail harassantes. Le film qui ne dure qu'1H27 est envoûtant et pas ennuyeux. J'espère qu'il ne va pas disparaître trop tôt des écrans. Dans la salle, le soir où j'ai vu le film, il n'y avait qu'une vingtaine de spectateurs: c'est peu.

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Sinon, pendant que je serai au Guatemala, je pense que mon bouton d'Amarillys va pousser de plus en plus. La plante était en sommeil depuis presque un an. Quand j'ai découvert ce bouton, j'ai été très contente. Mon ami m'a promis de l'arroser en mon absence. Et moi, je vous dis à bientôt.

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6 février 2015

Testament à l'anglaise - Jonathan Coe / Harriet - Elizabeth Jenkins

J'ai été très contente de relire Testament à l'anglaise de Jonathan Coe (Editions Folio, 678 pages), 16 ans après avoir découvert ce roman et l'écrivain par la même occasion. La lecture m'a autant enthousiasmée que dans mon souvenir. Je ne me rappelais plus du tout l'histoire, sauf le personnage de Dorothy Winshaw. Le récit a une construction à plusieurs niveaux. En 1990, une certaine Tabitha Winshaw demande à Michael Owen, un jeune écrivain peu connu, d'écrire une chronique sur la famille Winshaw, composée de personnages proches du pouvoir, très riches et surtout sans foi ni loi, cyniques, méchants (je ne trouve pas de qualificatifs assez fort pour les décrire). Michael Owen est lui-même un jeune homme mal dans sa peau, fuyant la foule. En effet, l'histoire est d'abord le récit de la vie de Michael depuis son enfance, avec quelques moments importants comme une séance de cinéma avec ses parents et sa rencontre, qui va le changer, en août 1990, avec Fiona, sa voisine de palier. Et puis, on a six chapitres écrits par Michael Owen qui évoque la vie des six derniers rejetons de la famille Winshaw à partir des années 60 jusqu'en 1990. On reste éberlués devant leur cynisme (même si j'ai trouvé que Jonathan Coe montrait une certaine compassion à leur égard). On se dit qu'heureusement, n'ayant pas d'héritiers, la dynastie Winshaw va s'éteindre (et de quelle façon!). On nous narre l'ascension d'Hilary, méprisant les autres et écrivant des articles méchants, se mêlant de politique intérieure et étrangère (souvent de manière approximative) avec une plume trempée dans le fiel. Son frère Roderick est un galériste et marchand d'art qui abuse de la naïveté de jeunes artistes féminines. Leur cousin Henry va devenir un membre conservateur du parlement et un fervent supporter de Margaret Thatcher qu'il a connue toute jeune. L'autre cousin, Thomas, est membre du conseil d'administration d'une banque d'affaires et obsédé par ses yeux. Bien entendu, c'est un voyeur invétéré épiant ses employées et des starlettes de cinéma. Je continue l'énumération avec Mark, un marchand d'armes qui fait affaire avec Saddam Hussain; et j'ai gardé pour la fin Dorothy, éleveuse de poulets aux hormones, adepte de l'élevage intensif de veaux et de cochons. En 30 pages, on assiste à un film d'horreur. Dorothy m'a fait penser au personnage de la fermière, Mrs Tweedy, dans Chicken Run de Nick Park (le créateur de Wallace et Gromit), mais en cent fois pire. Mon résumé peut paraître long mais le roman en vaut la peine. Il se lit malgré tout vite car la narration est sans temps mort. C'est un tour de force d'autant plus que le roman se termine en huit-clos saignant avec une énigme policière digne des Dix petits nègres d'Agatha Christie. Un roman que je recommande. Lire le billet de Maggie.

Je passe maintenant à Harriet d'Elizabeth Jenkins (1905-2010), paru pour la première fois en 1934 et édité en français en 2013 par les éditions Joëlle Losfeld (275 pages). Elizabeth Jenkins s'est inspirée d'un fait divers qui s'est passé entre 1875 et 1877 dans le Kent. Harriet Ogilvy, une jeune femme trentenaire, simple d'esprit mais très riche, va tomber dans les filets d'un coureur de dot, Lewis Oman. Après l'avoir enlevée, épousée, dépouillée de son argent et lui avoir fait un bébé, il va l'abandonner aux "bons soins" de son frère Patrick (homme violent et peintre raté) et de sa belle-soeur Elizabeth. Le couple va la laisser mourir de faim, la battre. Ils ne la considèrent pas comme un être humain. Pendant ce temps ,Lewis va vivre avec Alice, la soeur d'Elizabeth. Le récit épargne l'agonie de la pauvre Harriet mais on devine ce qu'elle aura souffert avant de mourir. Le récit reste relativement plat. L'histoire est terrible. Le roman est complétée par une postface intéressante écrite par Rachel Cook. Un roman à découvrir. Lire le billet de Clara.

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19 décembre 2014

Dora Bruder - Patrick Modiano / Orphelins de Dieu - Marc Biancarelli / Histoire de mes assassins - Tarun J Tejpal

Comme je prends du retard dans la rédaction de mes billets "livres", voici trois romans qui n'ont rien en commun mais que je tenais à chroniquer. Il y en a pour tous les goûts.

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Dora Bruder (150 pages, Gallimard) est le premier livre que j'aie lu de Patrick Modiano (tout arrive). Le fait qu'il ait eu le prix Nobel de littérature cette année y est certainement pour quelque chose. Dora Bruder n'est pas vraiment un roman, mais une enquête que Modiano a menée. Il s'est penché sur des annonces d'anciens journaux parus pendant l'Occupation à Paris. Une de ces annonces, datée de 1941, a attiré son attention: Monsieur et Madame Bruder recherchent leur fille Dora, 15 ans, née en 1926 à Paris. A partir de cette annonce, Patrick Modiano a construit son récit et fait des suppositions sur cette jeune fille juive et ses parents. Cela lui permet d'évoquer l'oppression, les lois anti-juives, les rafles pendant l'Occupation. Il en profite pour faire des allusions à sa propre enfance. L'écriture est fluide. Malgré les digressions, on ne perd pas le fil du récit. Un livre à lire. [Merci à K pour le lien vers le discours in extenso que Modiano a prononcé lors de la remise de son prix à Oslo.]

Je passe maintenant à Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli (Actes sud, 240 pages): l'action se passe en Corse pendant la première moitié du 19ème siècle. Vénérande, jeune fille courageuse au caractère bien trempé, demande à Ange Colomba, dit "L'Infernu", de venger son frère Charles-Marie, dit "Petit Charles". Ce dernier, un jeune berger, a été défiguré et a eu la langue coupée par des bandits, les Santa Lucia. L'Infernu lui-même, un homme usé et malade, a commis des horreurs dans sa jeunesse, c'était un homme sans foi ni loi. N'ayant plus rien à perdre (il va bientôt mourir), et peut-être pour se racheter, même si la grosse somme d'argent que lui propose Vénérande le décide tout à fait, L'Infernu part en compagnie de Vénérande à la poursuite des bourreaux de Petit Charles. Pendant leur voyage, L'Infernu raconte à Vénérande sa jeunesse tumultueuse et pas très recommandable. Ce "western" corse semble avoir beaucoup plu sur les blogs, ici et là par exemple. Personnellement, je reconnais que c'est bien écrit, c'est une belle langue imagée, mais je ne peux pas dire que j'ai été passionnée par l'histoire. A vous de juger.

Je termine avec Histoire de mes assassins de Tarun J Tejpal (Buchet Chastel, 580 pages), un écrivain indien qui a écrit en anglais ce livre que j'ai emprunté en bibliothèque une première fois, fin juillet 2014. Il est resté six semaines sur une chaise sans que j'y touche. Je l'ai rendu en ayant une impression de frustrution, mais j'avais d'autres lectures en train. Début octobre, je reprends le roman en bibliothèque en me disant: "Je veux le lire". J'en avais entendu parler en bien depuis sa parution en 2009. Et enfin, je l'ai ouvert et je l'ai lu relativement vite. J'ai vraiment beaucoup aimé l'histoire de ces "presque" assassins d'un journaliste indien de New Delhi. Les histoires sont dures et on imagine des scènes insoutenables, mais le romancier a suffisamment de talent pour que je ne soit pas choquée par certaines descriptions. Il nous raconte surtout que ces hommes devenus délinquants, tueurs à gages, "dealers" de drogue ont d'abord été des enfants. L'un est musulman, un autre se défend au couteau, un autre encore a vécu parmi les serpents, un quatrième a été abandonné dans un train et a vécu plus de dix ans aux abords de la gare de New Delhi, sans oublier le cinquième qui pour venger ses soeurs violentées est devenu un tueur redoutable avec un marteau. On sait à la toute fin pourquoi et comment ils ont été réunis pour assassiner le journaliste (un double de l'écrivain?). Je suis contente d'avoir fini par lire ce roman qui m'a plu.

26 septembre 2014

L'Ange gardien - Jérôme Leroy / Le détroit du loup - Olivier Truc

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Quand j'ai été chez ma libraire et que j'ai vu que ces deux romans étaient parus, je n'ai pas hésité une seconde à casser une fois de plus ma tirelire en ne tenant pas compte de ma PAL monstrueuse. J'ai d'ailleurs eu une remarque ironique de la part de mon ami à ce sujet.

Je commence par L'Ange gardien de Jérôme Leroy (320 pages, Edition Gallimard, Série noire) que j'ai lu en premier en moins de 24 heures. Je l'ai autant aimé que Le Bloc, le roman précédent de l'écrivain. L'Ange gardien se compose de trois parties dont les titres sont les noms des personnages principaux du roman:

- Berthet (le tueur à gages redoutable et sans état d'âme, la soixantaine, agent de l'Unité, une police parallèle). Devenu un témoin gênant, sa tête est mise à prix.
- Martin Joubert, qui s'appelait autrefois Denis Clément, ancien prof dans une ZEP à Roubaix, qui rédige maintenant des articles dans un journal d'extrême-droite même si ses idées sont plutôt de gauche. C'est lui que Berthet va choisir pour écrire son histoire avant qu'il ne soit trop tard.
- Kardiatou (Diop), une belle jeune femme noire issue d'un quartier défavorisé de Roubaix (justement), qui va devenir ministre et se présenter à une élection municipale face à une candidate d'extrême-droite, la fille du chef du "Bloc patriotique", dont on a fait connaissance dans Le Bloc.
Berthet veille sur elle depuis longtemps sans qu'elle le sache, il est son ange gardien.

C'est vraiment un roman agréable, le style coule tout seul. Jérôme Leroy est un très bon écrivain à découvrir, pour ceux qui ne le connaissent pas.

Je passe maintenant au roman Le Détroit du Loup d'Olivier Truc (Edition Métailié noir, 400 pages), dans lequel on retrouve Nina Nansen et Klemet (le Lapon), qui font partie de la brigade des rennes. Trois mois ont passé depuis la fin de l'histoire précédente. Nous sommes à la fin avril/début mai. Le temps d'ensoleillement augmente de jour en jour. Quand l'histoire s'achève le 12 mai, il dure 24 heures, il n'y a plus de coucher de soleil. La température extérieure atteint les 3 ou 4° maximum. C'est l'époque de la transhumance des rennes qui sont des bêtes craintives et assez envahissantes. Erik Steggo, un jeune Lapon marié depuis peu, tombe de sa barque et meurt noyé dans le détroit du Loup: un troupeau de rennes effrayés par quelque chose a provoqué des remous dans l'eau, et cela a entraîné la noyade du jeune homme tombé de sa barque. Nils Stormi, qui a du sang sami, est chargé de retrouver le corps. Nils exerce le métier hautement risqué de plongeur en grande profondeur pour l'industrie pétrolière. L'intrigue tourne en effet autour de la convoitise de riches industriels pour des terres occupées par les rennes. Le personnage de Klemet est devenu assez secondaire. En revanche, nous faisons la connaissance du père et de la mère de Nina. Cette dernière reprend contact avec eux à l'occasion d'une recherche dans le passé. Cela ne se passe pas très bien. Comme dans le roman précédent, il faut prendre le temps de s'acclimater à l'histoire touffue et aux nombreux personnages. C'est totalement dépaysant et j'attends le troisième tome en espérant qu'il soit peut-être un peu plus court. Lire le billet de Sylire.

11 septembre 2014

Deux romans (Présélection du prix FNAC 2014 [4 et 5/5]) et Prix du roman FNAC 2014.

Je voulais terminer avec les deux derniers romans que j'ai reçus dans le cadre du prix du roman FN*C 2014.

Mais d'abord, pour ceux qui l'ignorent encore, c'est un premier roman écrit par un jeune Anglais qui a été récompensé: Le complexe d'Eden Bellwether de Benjamin Wood (Edition Zulma). Je compte le lire dès que possible. La cérémonie de remise du prix s'est déroulée comme l'année dernière dans une salle tout en haut du théâtre du Châtelet. C'est la lauréate de l'année dernière, Julie Bonnie, qui a annoncé le roman primé. L'écrivain a remercié l'asssistance en parlant français avec un charmant accent. Ci-après quelques photos. Personnellement, je ne suis pas restée longtemps, incommodée par le brouhaha et la chaleur - juste le temps de récupérer le bouquin...

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Je reviens donc sur les deux romans que je n'avais pas encore chroniqués et dont je n'ai pas beaucoup entendu parler dans les chroniques littéraires récentes.

Je commence par Les Révolutions de Jacques Koskas d'Olivier Guez (Editions Belfond, 330 pages), qui est un journaliste de profession: cela se sent dans sa façon d'écrire. C'est son premier roman. Cela ne m'a pas déplu mais le roman n'a pas vraiment de style. J'avoue n'avoir pas été passionnée plus que cela par la vie et le destin de Jacques Koskas, issu d'une famille juive sépharade. Entre 2003 et 2008, Jacques mène une vie de dilettante loin des préceptes enseignés par son milieu. Il papillonne de Paris aux Etats-Unis en passant par l'Autriche et l'Ukraine, je vous laisse découvrir les péripéties qu'il traverse. Et à la toute fin du roman, d'un coup de plume, il se retrouve en Israël à mener une vie plus sage et conforme à une certaine morale religieuse en étudiant dans une yeshiva. L'épilogue m'a laissée songeuse.

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Et je termine donc avec Le jour où tu m'as quittée de Vanessa Schneider (Editions Stock, 200 pages) dont j'ai bien apprécié la prose et le traitement modeste de l'histoire (dans le bon sens du terme). C'est écrit simplement à la première personne. Une jeune femme, divorcée et mère de deux enfants, vient de se faire quitter par son amant. Il y a de la tristesse, des interrogations mais pas trop d'amertume car finalement la vie continue. Si vous le trouvez en bibliothèque, pourquoi pas?

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20 septembre 2014

Les corrections - Jonathan Franzen (Challenge pavé de l'été 2014)

Challenge Pavé de l'été !

 

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C'est à grâce à ce challenge Pavé de l'été 2014 initié par Brize que je me suis enfin décidée à lire Les corrections de Jonathan Franzen (Edition Seuil en poche, 692 pages), roman que j'avais  dans ma PAL depuis 10 ans (1). Pendant donc presque 700 pages, nous entrons dans la vie d'une famille américaine assez déjantée: Enid et Alfred Lambert, presque octogénaires, et leurs enfants, Gary, Chip et Denise. Le roman se décompose en sept parties dont une sorte de préambule, "Saint Jude", suivi de "L'échec", "Plus il y songeait, plus il était en rogne", "En mer", "Le Generator", "Un dernier Noël", et un épilogue, "Les corrections". C'est à Saint Jude, qui se situe dans le Middle West, que vivent Enid et Alfred. Ce dernier, ancien ingénieur dans les chemins de fer, est aussi un inventeur. Quand le roman commence, Alfred est atteint de la maladie de Parkinson et d'un début de démence sénile, tandis qu'Enid souffre de douleurs à la hanche. Cela ne les empêche pas de partir en croisière. Chip, âgé de 39 ans, a exercé la profession de professeur d'université. Il écrit désormais des articles dans le Warren Street Journal tout en travaillant sur un scénario. Puis, par un concours de circonstances dont je vous passe les détails, il arrive en Lituanie. Gary, la quarantaine, est marié à une femme riche qui déteste sa belle-mère Enid. Père de trois jeunes fils. Gary souffre d'une dépression profonde, mais il a quand même réussi dans une banque d'affaires. Quant à Denise, elle est bisexuelle. Chef-cuisinier dans un restaurant, Le Generator, elle devient l'amante de son patron et de la femme de ce dernier. Je m'arrête dans ce résumé succinct. J'avoue avoir lu ce roman sans beaucoup de plaisir avec des personnages tous antipathiques (mention spéciale à la femme de Gary): un peu trop humains (?). J'ai trouvé le chapitre "En mer" assez interminable. Je sais que ce roman a reçu de bonnes critiques quand il est paru. Je ne les partage forcément.

(1) ... même si non mentionné dans mon billet du 24/10/2007.

31 août 2014

Le spectre de la rue du Puits - Indrek Hargla

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Comme j'avais beaucoup aimé le premier tome des enquêtes de Melchior l'apothicaire, j'ai été contente de lire le second tome, Le spectre de la rue du Puits d'Indrek Hargla (Editions Gaïa, 300 pages). Je l'ai emprunté en bibliothèque.
Nous retrouvons Melchior en 1419, soit 10 ans plus tard. Toujours marié avec Keterlyn (déjà très présente dans le tome précédent), il est devenu le père de jumeaux de cinq ans, un garçon et une fille (Melchior et Agatha). Melchior et sa famille habite toujours la rue du Puits à Tallin en Estonie. Les événements se déroulent du 2 au 15 août. De jeunes amoureux croient voir un spectre sorti d'une des maisons de la rue. Ils ne sont pas les premiers. Ce spectre s'est manifesté devant quelques personnes qui sont décédées de façon plus ou moins violentes peu après. Voilà ce qu'apprend Melchior qui décide de mener sa propre enquête avec le soutien de son ami, le conseiller bailli Wentzel Dorn qui lui-même est très peiné par la mort de quelques notables. Bien entendu, toutes ces morts (naturelles ou non) sont liées. Sans en dévoiler plus, je dirais, qu'un homme fou de chagrin est à l'origine de ces crimes. Il est aidé dans sa funeste entreprise par deux personnes. Voici un roman qui prend son temps, l'intrigue est bien menée, Hargla dévoile quelques us et coutumes de l'époque, la bière coulent à flots et la liqueur d'apothicaire préparée par Melchior rencontre toujours beaucoup de succès. Les deux romans assez dépaysants peuvent se lire indépendamment. Je vous les recommande tous les deux.

20 août 2014

Meurtre au 31ème étage / Arche d'acier - Per Wahlöö

Avec sa femme Maj Sjöwall (née en 1935), l'écrivain suédois Per Wahlöö (1926-1975) a écrit en duo dix romans policiers (dont Le policier qui rit, L'Homme au balcon ou l'Abominable homme de Säffle [billet de leunamme]) que je vous recommande. En solo, Per Wahlöö a écrit au moins deux romans (moins connus), qui ont été pour moi une découverte intéressante (surtout le premier). Dans ce diptyque, on fait la connaissance du commissaire Jensen.

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Dans Meurtre au 31 étage (Rivages noir, 230 pages), j'ai été tout de suite frappée par plusieurs choses: pour commencer, le fait que l'histoire nous est racontée de façon très factuelle sans digression aucune. L'heure et les minutes nous sont précisées très souvent. Quant au commissaire Jensen, c'est un homme sans affect, il ne semble rien ressentir. Il a un côté sévère, manquant d'humour. C'est un homme très psycho-rigide. Il s'exprime par monosyllabes. Il ne dit rien de trop. La seule chose qui le rend un peu humain est le fait qu'il souffre de problèmes stomacaux (ulcère?). L'action se situe dans un futur proche où tout est aseptisé, quelque part dans un pays nordique. Seul l'alcool fait des ravages, et les prisons sont pleines de gens pris en flagrant délit de boire de l'alcool. Le taux de suicides est exponentiel tandis que celui des naissances est au plus bas. Jensen est appelé dans un immense building où se trouvent les bureaux d'une maison d'édition, un empire de presse qui publie toutes sortes de journaux au contenu lénifiant dans lesquels est gommée toute critique. Par une lettre anonyme, quelqu'un dénonce un crime perpétré dans cet immeuble. Une bombe est prête à exploser. Jensen qui n'a pas encore connu d'échec lors d'une enquête se met à l'ouvrage entre deux crises abdominales douloureuses. Avec ce roman Wahlöö brosse un portrait au vitriol d'une société qui ressemble un petit peu (malheureusement) à la nôtre (le roman date de 1964). Vraiment très bien, et c'est pourquoi j'ai été contente de retrouver Jensen dans Arche d'acier dont l'action se déroule quelques années plus tard.

Quand commence Arche d'acier (Rivages noir, 215 pages), Jensen part se faire soigner quelque part à l'étranger de sa maladie latente de l'estomac. On ne lui donne pas cher de sa peau mais il se rétablit. Sur le chemin du retour, il apprend que son pays est en état de siège et en proie à une épidémie létale à l'échelle nationale. Des élections ont été repoussées. Les communications sont coupées. Quelques membres du gouvernement réfugiés dans un pays voisin demandent à Jensen de découvrir ce qui se passe: "Combien de morts? Pourquoi cette épidémie? Et "Qu'est-ce que l'"Arche d'acier"?". J'ai été un peu moins convaincue par l'intrigue mais il faut reconnaître que Wahlöö pressent avec raison les travers de notre époque comme la manipulation des gens et la confiscation du pouvoir. Ce roman-ci a été écrit en 1968.

PS: Suite au commentaire de K, lire son billet sur les 10 tomes de "Le roman d'un crime".

31 juillet 2014

Expo 58 - Jonathan Coe / Ils désertent - Thierry Beinstingel

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 Voici deux romans que je conseille même si j'ai trouvé que le roman de Jonathan Coe n'était pas le meilleur de l'écrivain.

Je commence donc par Expo 58 de Jonathan Coe (Editions Gallimard, 300 pages), que j'ai lu il y a déjà plus d'un mois. J'ai trouvé que l'histoire qui s'étire en longueur n'était pas spécialement passionnante (il ne se passe pas grand-choses), et cela manque de nerf (quoi qu'en dise la 4ème de couverture); et pourtant cela avait tout pour me plaire: l'évocation de la foire-exposition universelle de Bruxelles en 1958 (entre avril et octobre de cette année-là), sur fond de guerre froide avec un zeste d'espionnage, peut-être une histoire d'adulturère, surtout des personnages qui sortent de l'ordinaire. Thomas Foley, marié à Sylvia et père d'une petite fille depuis peu, travaille au ministère à l'information à Londres. Il vient de rédiger avec brio le texte d'une brochure vantant les mérites du Royaume-Uni. Cette brochure est destinée à être vendue dans le pavillon britannique au sein de la foire-exposition. De plus, étant belge par sa mère et ayant eu un père qui a tenu un pub pendant 20 ans, Thomas est choisi par ses supérieurs pour superviser la gestion du pub Britannia qui doit être un des bâtiments vedettes de la foire-exposition. Thomas s'installe pour six mois à Bruxelles en laissant sa famille derrière lui. Arrivé sur place, il croise quelques jolies jeunes femmes, un journaliste russe et deux compères, Wayne et Radford (très Dupont et Dupond mais nettement moins sympathiques). L'histoire s'accélère vers la fin, mais cela n'a pas suffi à mon bonheur. Lire le billet nettement plus positif de veranne.

Je recommande en revanche haut et fort (en remerciant Aifelle) un livre que j'ai emprunté à la bibliothèque, Ils désertent de Thierry Beinstingel (Fayard, 250 pages lues d'une traite en une journée). Dans cette oeuvre décomposée en chapitres courts, le narrateur s'adresse alternativement à deux personnes. Il emploie le "Tu" quand il s'agit de la jeune femme diplômée de commerce et "Vous" quand il s'agit de l'"ancêtre", un homme de 58 ans, VRP en papier peint que sa boîte voudrait virer. Cette même entreprise vient d'embaucher la jeune femme comme directrice des ventes et lui demande de licencier l'"ancêtre" qu'elle ne connaît même pas. Lui est un passionné de Rimbaud (sa correspondance plus que ses poèmes), tandis qu'elle apprécie quelques oeuvres d'Hannah Arendt dont La condition de l'homme moderne. Quand il va voir ses clients fidèles depuis 40 ans, il sort ses échantillons reliés comme un beau livre. La jeune femme ("la petite sportive" comme l'"ancêtre" la surnomme) a des doutes sur la mission qu'on lui confie. Je vous laisse apprécier cette histoire touchante et dont la fin m'a plu. Je n'avais jamais découvert cet écrivain, c'était un tort.
Edit de ta d loi du cine ("squatter" chez dasola) en date du 25/05/2023: Cathulu en avait aussi parlé en 2012. Mais évidemment - scrogneugneux! - les commentaires sur sont blog hébergé chez "hautefort" sont fermés (sans doute depuis au moins une décennie)...

6 août 2014

Hôpital psychiatrique - Raymond Castells / Roman américain - Antoine Bello

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Hôpital psychiatrique de Raymond Castells (Editions Rivages Noir, 600 pages) a comme toile de fond le quotidien et les conditions effroyables dans lesquelles vivaient des centaines de personnes dans un hôpital psychiatrique entre 1937 et 1942 dans la région de Toulouse. En février 1937, le personnage principal de l'histoire, Louis Dantezzi, 17 ans, est accusé d'avoir massacré toute sa famille et, par ordre d'un juge, interné de cet établissement. Louis est un jeune homme costaud, intelligent, lettré (admirateur de Dumas) et qui sait se défendre. Et tout le monde est contre à lui, à commencer par les gendarmes qui l'ont amené à l'institut. Les gardes et quelques détenus lui font subir un bizutage brutal. Je n'oublie pas le directeur de l'établissement, être ignoble à tout point de vue. Mais Louis survit, et, grâce à son intelligence et ses bonnes relations avec le médecin aliéniste, on suit son ascension au sein de l'établissement (il va en devenir l'économe). Sa rencontre avec Louise, une jeune internée, va bouleverser sa vie. Tel Edmond Dantès, Louis compte s'évader avec sa belle et la fortune que le directeur a détournée. Avec ce roman, Raymond Castells, psychologue clinicien de formation, brosse un portrait épouvantable sur les traitements infligés aux "fous" sans oublier que beaucoup sont morts de faim pendant la deuxième guerre mondiale (comme Camille Claudel et Séraphine de Meaux). C'est un livre qui se lit très bien. Il n'y a rien d'insoutenable malgré certaines descriptions. Je conseille vraiment ce roman policier. Lire le billet de dominique.


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Maintenant, je passe à Roman américain d'Antoine Bello (Gallimard, 280 pages). C'est un livre très agréable à lire malgré le sujet qui peut paraître rébarbatif: le marché du "Life settlement", c'est-à-dire la revente à des tiers des assurances-vie en cours de constitution. Cela se passe aux Etats-Unis de nos jours (ce n'est pas encore possible en France... du moins pour le moment). Pendant sept semaines, un journaliste, Vlad Eisinger publie sept articles se rapportant à ce phénomène. Il a pris comme exemple quelques individus habitant une petite ville de Floride, Destin Terrace. Dans cette petite ville vit aussi Dan Siver, écrivain raté et observateur de ce qui se passe. Il échange des mails avec Vlad et on a droit à des extraits de son journal. Ce roman reste ludique et léger mais un brin cynique quand est évoquée la "maturité" d'un contrat (quand l'assuré vient de décéder). Cela parle surtout des sommes d'argent colossales qui sont en jeu, des tables de mortalité, du fait qu'une entreprise peut prendre une assurance-vie sur un de ses employés sans que ce dernier en soit informé et de beaucoup d'autres choses. Mais après tout, ce n'est qu'un roman (très instructif au demeurant).

13 juillet 2014

Trente-six chandelles - Marie-Sabine Roger (Présélection du prix FNAC 2014 [2/5])

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Je continue avec Trente-six chandelles (coll. La brune, aux éditions du Rouergue, 277 pages) (1) le nouveau roman, épatant, de Marie-Sabine Roger (il paraîtra le 20/08/2014). C'est le premier que j'ai lu des cinq reçus. Mortimer Decime, le narrateur, sait qu'il mourir le jour de ses 36 ans tout comme son père, grand-père, arrière-grand-père et arrière-arrière-grand-père avant lui. Il s'est préparé pour l'occasion (il a rendu son appartement, il a démissionné de son travail). Mais le jour funeste qui doit sceller sa fin, rien ne se passe (on apprend pourquoi par la suite). Mortimer est toujours vivant et il va peut-être enfin se mettre à faire des projets et à vivre tout simplement. Le récit alterne le présent et le passé. Il est aussi l'occasion de faire la connaissance du couple Paquita et Nassardine qui sont les amis les plus proches de Mortimer qui les a connus quand il avait 18 ans. Jusqu'à ses 36 ans, fonctionnaire dans un ministère à la "Gestion préventive des accidents fortuits", Mortimer a mené une existence sans intérêt jusqu'à sa rencontre avec Jasmine...
Je remercie Mme Roger de m'avoir fait passer quelques heures de lecture tonique et gaie. C'est très bien écrit. J'espère que vous serez nombreux à partager mon plaisir.

(1) Merci à Margotte pour la précision. Il ne fallait donc pas se contenter du simple "la brune au rouergue" qui figure sur la couverture...

7 juillet 2014

Et rien d'autre - James Salter (Présélection du prix FNAC 2014 [1/5])

Entre les 2 et 26 juin 2014, ayant été sélectionnée pour faire partie du prix du jury du roman FN*C, j'ai lu les cinq romans que l'on m'avait envoyés. Je dois dire que la pioche fut bonne. Les cinq ouvrages m'ont plu chacun dans leur genre. Mon plaisir de lecture a été nettement supérieur à celui de l'année dernière.

Je commence par Et rien d'autre (Editions de l'Olivier, 364 pages), le nouveau roman de l'Américain James Salter (né en 1925). Le roman paraîtra le 21 août 2014. Pendant 40 pages, il brosse un portrait de personnages dans l'Amérique de la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'aux années 90. Ce n'est pas une histoire linéaire mais plutôt des moments dans la vie d'un certain Philip Bowman: c'est lui qui sert de fil conducteur. Démobilisé de la Marine en 1945, Bowman n'a pas connu son père avocat. Ce dernier a quitté sa femme pour une autre. Bowman fait des études à Harvard, et devient directeur littéraire dans une petite maison d'édition. Salter évoque, de-ci de-là, quelques grands noms de la littérature (Tolstoï, Ezra Pound, Hemingway). La rencontre de Bowman avec Vivian, riche héritière, va changer sa vie, mais ils n'appartiennent pas au même monde. Ils se marient puis divorcent. Philip Bowman connaîtra d'autres femmes. Les repères chronologiques des années qui passent se font au détour d'une phrase. Des personnages que cotoie Philip Bowman sont mis en lumière sous la plume de Salter, qui écrit un roman foisonnant sur les succès et aussi les échecs d'une génération. Mais j'avoue m'être un peu perdue parfois dans les méandres de ces histoires plus ou moins imbriquées. C'est pourtant un roman que je vous conseille pour son style brillant. Ce roman paraît après 10 ans de silence de la part de l'écrivain.

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25 juin 2014

Une journée à Giverny - 1300ème billet

Mon 1300ème billet me permet de rendre compte de ma journée à Giverny dans l'Eure. Vendredi 20 juin 2014, je suis allée dans la maison et les jardins de Claude Monet (1840-1926). La journée était organisée par l'association loisirs de l'entreprise où je travaille (c'était ma seconde visite, 26 ans après, pour ma part). Le jardin était une explosion de couleur. Il paraît que, cette année, les floraisons sont en avance d'au moins deux semaines. Claude Monet a vécu dans sa propriété de Giverny pendant 43 ans (la moitié de sa vie), de 1883 jusqu'à sa mort. La maison est très bien meublée, mais on ne peut pas prendre de photos à l'intérieur. Aux murs, dans les différentes pièces, sont accrochées 231 estampes japonaises acquises par le peintre. Je n'ai rien d'autre à vous dire, et maintenant les photos (avec quelques nénuphars -"nymphéas"-, bien entendu) :

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Près du Musée de l'Impressionnisme, voici un champ de coquelicots mélangés à des bleuets : superbe.

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