Le blog de Dasola
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21 mars 2007

Livres de poche vs Livres grand format

Le livre de poche est la plus belle création qui a été faite pour que tout le monde accède à la lecture à un prix relativement raisonnable. Le grand avantage est que le livre de poche, comme son nom l'indique, prend moins de place pour le rangement et, pour les fanas de lecture, il représente le format idéal dans les transports en commun ou en voyage. Mais toute médaille a son revers car je connais des personnes qui n'aiment pas les livres de poche et préfèrent les livres grand format. Le défaut du poche serait la police de caractère souvent petite et serrée et donc plus difficile à lire, et il est vrai qu'un livre de poche s'abîmerait plus, surtout la couverture. En revanche une bibliothèque exclusivement composée de livres de poche a son charme car les dimensions des livres sont, en général, plus homogènes que les livres grand format, qui selon les collections et les éditeurs (en particulier Actes Sud) ont des dimensions diverses et souvent variées et donc posent problème pour faire une belle bibliothèque.

17 mars 2007

Open Hearts - Brothers - After the wedding - Suzanne Bier

After the wedding (Après le mariage), sorti cette semaine, est le troisième film que je vois de Suzanne Bier, réalisatrice danoise. Les deux précédents sont Open Hearts (traduction littérale : Coeurs ouverts) et Brothers (Frères) que j'ai énormément aimés. On peut se demander pourquoi les distributeurs négligent de traduire les titres originaux en français et prennent les titres anglais. Pour en revenir à After the wedding, il est sorti dans très peu de salles même à Paris et je l'ai moins aimé que les deux autres malgré de très bonnes critiques. Open Hearts, lui, est un film qui touche par sa sensualité. Il est filmé selon les règles du Dogme. Un accident de la circulation provoque un divorce dans une famille et une séparation pour un couple qui devait se marier et une histoire d'amour en suspens. La façon de filmer en sous-exposition et la caméra numérique, le montage haché font beaucoup pour rendre ce film marquant. Le film Brothers est plus dur par le thème. Un Danois, marié à une très belle femme et père de deux enfants, se retrouve au coeur d'un conflit, peut-être en Afghanistan. Il sera fait prisonnier et deviendra meurtrier pour s'en sortir. Pendant ce temps-là, au Danemark, l'épouse a le soutien affectif du frère du mari. Quand ce dernier reviendra meurtri, il concevra une certaine jalousie non justifiée semble-t-il. Le film est bouleversant. Quant à After the wedding, l'histoire fait se confronter un Danois (Jacob) qui travaille dans l'humanitaire à Bombay et un homme d'affaires danois (Jorgen), marié à une très belle femme et père de trois enfants. Jacob est venu au Danemark pour défendre la cause de nombreux orphelins indiens auprès  de Jorgen. Ce dernier l'invite au mariage (wedding) de sa fille ainée que l'on découvre être la fille biologique de Jacob. On apprend que Jorgen est au seuil de la mort. Il règle toutes ses affaires et demande à Jacob de rester au Danemark et de veiller sur sa famille. Pour ce film, à part les plans coupés, les règles du dogme sont moins évidentes. La façon de filmer est plus classique même si c'est toujours en caméra numérique. En revanche, Suzanne Bier est une réalisatrice à suivre d'autant qu'elle est l'auteur des scénarii de ses films. D'ailleurs, un remake américain d'Open Hearts est en préparation avec elle comme réalisatrice.

15 mars 2007

Cécile de France - Marion Cotillard

Dans les différents blogs "ciné" sur lesquels je mets parfois des commentaires, je suis étonnée que l'on parle aussi peu de Marion Cotillard (à part pour la Môme) et Cécile de France qui sont les deux merveilles du cinéma français actuel. Non seulement elles sont jolies, mais en plus elles ont du talent. Preuve en est qu'en cette année 2006, Cécile de France a été "nominée" deux fois pour le César de la meilleure actrice pour Fauteuils d'orchestre et Quand j'étais chanteur. Dans ce dernier, elle très émouvante face à Gérard Depardieu en grande forme. Dans un film précédent, les Poupées Russes, elle était irrésistible en copine lesbienne de Romain Duris. Marion Cotillard, découverte dans Taxi, connaît une ascension fulgurante depuis son rôle dans Un Long dimanche de fiançailles, pour lequel elle a d'ailleurs reçu le César du meilleur second féminin. Je leur souhaite, à toutes les deux, de longues et brillantes carrières.

14 mars 2007

Distribution des films - Remarques

Aujourd'hui mercredi, jour de sortie des films en France, me donne envie de faire un petit billet sur certaines anomalies concernant la distribution cinématographique. Depuis longtemps, je constate que sept ou huit films sortent la même semaine et ceci pratiquement toute l'année. Parmi ces sorties, seules une ou deux productions seront vues par le plus grand nombre et les autres seront sacrifiées sur l'autel de la rentabilité. Il est évident qu'en sortant autant de films par semaine, les spectateurs ne peuvent pas tout voir et ils iront en voir 1 ou 2 puis c'est tout. Dommage que dans un pays où l'on clame que l'on est cinéphile et où en effet, beaucoup d'aides sont accordées, les "petites" productions hexagonales ou d'autres pays ne soient distribuées que dans un petit nombre de salles et souvent qu'à Paris et dans trois ou quatre grandes villes de province. Parfois des miracles arrivent grâce au bouche à oreille qui est la meilleure publicité qui soit. Le spectateur a parfois son mot à dire et c'est tant mieux.

12 mars 2007

L'Immeuble Yacoubian - Marwan Hamed

Le 17 avril prochain [2007] sortira en DVD l'Immeuble Yacoubian de Marwan Hamed adapté du roman d'Alaa El Aswany (Editions Actes Sud 2006) qui porte le même titre. Le livre a été un best-seller inattendu en Egypte où il a été vendu à plus de 100 000 exemplaires. Si vous n'avez pas vu le film à sa sortie en salle (août 2006 en France), pré-réservez dès maintenant ce mélodrame de 3H de bonheur absolu. Quand j'ai vu le film, les gens applaudissaient à la fin. L'histoire est centrée sur plusieurs personnages habitant l'immeuble Yacoubian au Caire: un éditeur homosexuel (sujet tabou dans les pays musulmans), un jeune islamiste refusé à l'école de police qui deviendra un terroriste, un vieil aristocrate "vieux beau" nostalgique d'un passé révolu, une jeune fille pleine de rêves, un affairiste louche et lubrique. Leurs destins s'entrecroiseront et tout ne finira pas bien pour certains. Je le répète, l'Immeuble Yacoubian est à voir. Pour l'histoire, les acteurs, pas très connus des Occidentaux, mais tous excellents, la musique, les décors et la mise en scène. Et vous pouvez lire le livre dans la foulée, cela en vaut la peine. Vous constaterez que le film est très fidèle au roman, l'adaptation est vraiment réussie. 

9 mars 2007

Redoublage d'un film - Winchester 73 - Anthony Mann

Très récemment, j'ai acheté le DVD de Winchester 73 que j'ai vu en charmante compagnie et je dois dire que j'ai été un peu voire beaucoup déçue du fait que nous avons vu le film en version française et que le doublage semble très récent. Après vérification, il semble que le film a été rédoublé pour la sortie DVD (http://western.movies.free.fr/dvd/bug.htm). Cela fait une drôle d'impression. Ce n'est pas tant les voix elles-mêmes qui posent problème (encore que), mais le film étant de 1950 avec une image en noir et blanc, on s'attend à avoir une prise de son d'époque avec peut-être des crachotis, une usure de la bande son. Là, on a des voix claires, un phrasé moderne, aucun défaut. Et puis, il faut bien le dire, pour les cinéphiles dont je fais partie, quand on connaît la voix originale de James Stewart dans d'autres films, on est très dérouté de cette voix française très jeune. Donc, messieurs les distributeurs de DVD, si la version française n'existe pas ou si celle d'origine est de très mauvaise qualité, faites des copies en VO avec sous-titres et tout ira bien.

15 mai 2007

La Leçon de piano - Jane Campion

Ce mardi 15 mai au soir est diffusé à la télévision La Leçon de piano de Jane Campion (1993), Palme d'or ex-aequo avec Adieu ma concubine, de Chen Kaige, en 1993. Grand film romantique, je l'ai vu à l'époque, une vingtaine de fois. J'ai été transcendée par l'histoire et la musique sublime de Michael Nyman. C'est une histoire d'amour au bout du monde, en Nouvelle-Zélande, au 19ème siècle. Ada (Holly Hunter) ne parle pas mais joue du piano, et George (Harvey Keitel) l'écoute et la désire. Leur relation évolue dans les regards échangés et la façon de jouer. Tout le film dégage une forte sensualité. Flora, la fille d'Ada, aura un rôle important dans l'évolution de l'histoire. Film vivement conseillé à ceux qui croient encore aux belles histoires et même à ceux qui n'y croient pas.

27 mai 2007

Adam's Apples - Anders Thomas Jensen

Film qui raconte une histoire complètement déjantée, Adam's Apples d'Anders Thomas Jensen est un film danois du réalisateur des Bouchers verts. C'est une fable cruelle mais assez hilarante. C'est terrible à dire mais je n'ai jamais autant ri à la mort d'un chat. Adam Pedersen (Ulrich Thomsen), mutique, plutôt extrême-droite, un portrait d'Hitler dans ses bagages, a été condamné à des travaux d'intérêt général. Il arrive dans un presbytère perdu au milieu de nulle part. Là, le pasteur, Ivan (Mads Mikkelsen), fait des sermons devant un auditoire très clairsemé. Un kleptomane, ancien champion de tennis devenu obèse, et un "bronzé" genre terroriste sont les 2 autres "pensionnaires" du presbytère. Un pommier colonisé par les corbeaux puis les vers avant de tomber foudroyé jouera un rôle important. Tout cela résumé, ce film est absolument génial. A voir car je n'ai pas tout dit...

26 mai 2007

Laurel et Hardy

Grâce à des sorties en DVD présentes et à venir, on peut voir ou revoir le duo inoubliable de Stan Laurel et Oliver Hardy dans des courts et moyens métrages plus désopilants les uns que les autres dont Les As d'Oxford, Les Montagnards sont là, etc. Les gags sont visuels pour la plupart. Stan Laurel, même s'il semble être le faire-valoir et le souffre-douleur d'Oliver Hardy, peut avoir des réactions inattendues d'auto-défense. Les personnages de Stan Laurel plutôt mince et pleurnichard et d'Oliver Hardy à la silhouette plus enveloppée et un peu ronchon sont vraiment des archétypes comiques. A la différence de Charlie Chaplin, ils n'ont jamais réalisé de films, ils n'avaient pas droit de regard sur les scénarios qui ne se renouvelaient pas beaucoup. C'était seulement du comique de situation. Mais quel talent ! Qu'ils restent encore longtemps dans les mémoires des générations de spectateurs.

23 mai 2007

La Femme des sables - Hiroshi Teshigahara

Parmi les reprises que l'on peut voir à Paris dans les Cinémas Art et Essais, La Femme des sables de Hiroshi Teshigahara (1964), version longue, est projetée une fois par jour au cinéma le Champo dans le 5ème arrondissement. C'est un film long (2h20) en noir et blanc qui mérite vraiment sa ressortie. Il a reçu, en son temps, de nombreux prix dont le Grand Prix Spécial du Jury à Cannes en 1964. L'acteur principal Eiji Okada est célèbre grâce à sa prestation dans Hiroshima, mon amour d'Alain Resnais en 1959. La Femme des sables est adapté d'un roman de Kôbô Abe. Au début du film, dans un endroit indéfini proche d'une plage, du côté de Tokyo, un entomologiste cherche des insectes, pense à sa femme, parle tout seul. "Par hasard", il tombe sur des autochtones qui lui conseillent de passer la nuit chez une femme habitant une cabane dans un trou sur lequel s'effondre du sable. Le lendemain, il se rend compte qu'il est prisonnier. Il ne pourra plus en sortir, malgré toutes ses tentatives pour s'évader. Sa façon de vouloir escalader la montagne de sable en faisant du sur-place évoque, selon l'ami qui m'accompagnait, le mythe de Sisyphe condamné à rouler éternellement une pierre jusqu'en haut d'une colline alors qu'elle redescend chaque fois avant de parvenir à son sommet. Malgré sa réticence au début, l'entomologiste aidera la femme à remplir des caisses de sable toutes les nuits pour désensabler l'endroit (mythe du tonneau des Danaïdes ?), afin d'obtenir des vivres et de la boisson. Ses relations d'abord houleuses avec la femme se transformeront en liaison érotique. Le film m'a surtout évoqué la fragilité de la condition humaine. On sort assez groggy voire déprimé de ce film mais c'est tout de même une expérience qu'il faut avoir vécue. 

28 janvier 2007

Black Book - Paul Verhoeven

Selon l'un de mes journaux de cinéma qui n'est plus mon préféré, je viens d'apprendre que le dernier film de Paul Verhoeven, Black Book, a été un "bide" en France. Et bien quel dommage ! Les acteurs ne sont pas connus, certes, mais quel talent dans la narration et la réalisation. L'histoire est enlevée, haletante, l'héroïne (messieurs) est belle comme le jour. On sait que tout finit bien pour elle dès le début donc nous ne sommes pas inquiets pour elle, même dans les pires situations. L'histoire se passe pendant la deuxième guerre mondiale en Hollande. Le traître est vraiment traître, les Allemands ne sont pas tous "méchants" et les Hollandais ne sont pas tous "gentils" surtout quand ils sont responsables de la mort de dizaines de juifs pour récupérer leurs bijoux, or, argent... Malgré la gravité du sujet, le film est un excellent divertissement hautement recommandé, il méritera sa seconde carrière en DVD.

17 décembre 2007

Cow-Boy - Bruno Mariage

Cow-Boy est le premier film que je vois de Bruno Mariage (réalisateur des Convoyeurs attendent). On est tout de suite frappé par l'accent prononcé quand les acteurs disent leur texte. Nous sommes bien en Belgique. Benoît Poelvoorde est le personnage principal. Il interprète le rôle de Daniel Piron qui exerce le métier de journaliste. Quand le film commence, on voit qu'il n'est pas satisfait par son métier. Il a l'idée de retrouver les protagonistes d'une prise d'otages dans un bus scolaire, 25 ans auparavant. Voulant faire une reconstitution à l'identique, après avoir réuni une partie des otages, écoliers à l'époque, il met la main sur le bus et son chauffeur. Ce dernier ne s'est jamais remis de ce traumatisme. Le preneur d'otage, Tony Sacchi (Gilbert Melki), est devenu un gigolo de troisième zone pour entretenir sa famille. Pour se prêter à ce simulacre, il demande même à se faire payer. Afin de mener à bien son tournage, la production adjoint à Daniel Piron un caméraman et un preneur de son pas vraiment performants. Daniel Piron les traite de "gugusses". C'est tout dire. Pendant le tournage, rien n'ira comme prévu. Le fiasco est total. Côté vie privée, le journaliste a du mouron à se faire: sa femme (Julie Depardieu) voudrait bien un enfant mais lui ne sent pas prêt. Le film n'est pas drôle mais au contraire il dégage une impresssion de tristesse et de désenchantement. Et autant Gilbert Melki ne m'a pas convaincue (il détonne au milieu des autres), autant Benoît Poelvoorde, avec son air de chien battu, est excessivement touchant. Rien que pour lui, je vous conseille ce film.

5 février 2007

Cinéma Le Balzac - Paris 8ème

Le cinéma le Balzac est la dernière salle de cinéma indépendante de la Rive droite, le directeur se bat année après année pour continuer. L'année 2005 a été dure. Pour lui, c'est le nombre d'entrées à chaque séance qui lui permet de continuer. Il arrive à avoir le monopole de la programmation pour un film donné dans le quartier des Champs Elysées pour ne pas être en concurrence avec les multiplexes voisins. La programmation est de qualité. En complément, il organise des séances spéciales de films muets, des avant-premières, des mini-concerts avant la séance du samedi soir dans la grande salle. Il est en partenariat pour faire des "journées" cinéma à thème, en principe un dimanche de temps en temps de 10h du matin à minuit. Les 3 salles de différentes tailles sont confortables, surtout la grande. Il faut que des cinémas comme le Balzac continuent à vivre. Il a un site internet: www.cinemabalzac.com, et vous pouvez vous abonner à la newsletter.

6 février 2007

Les Mystères de l'Ouest - Série TV

Récemment, je me suis fait plaisir en achetant l'intégrale de la série des années 60, Les Mystères de l'Ouest. Elle comporte 104 épisodes sur 4 saisons. J'ai appris que la série avait été arrêtée parce que jugée trop violente: autre temps, autres moeurs. La saison 1 est peu connue. Elle a été tournée en noir et blanc et certains épisodes n'ayant pas été doublés, sont en VO sous-titrée. Je pense qu'elle n'a pas été diffusée en France, tout au moins les épisodes en VO. Tout cela pour dire que c'est un véritable plaisir de regarder ces épisodes, chacun divisé en chapitre : une intro, le générique, 3 ou 4 parties et la conclusion. Les deux héros de la série, James West et Artemus Gordon sont des agents du gouvernement mandatés par le général Ulysse Grant (président de 1869 à 1877) pour enquêter sur des affaires dans lesquelles sont impliqués des savants fous, des illuminés, des criminels dangereux. La sécurité des Etats-Unis est souvent menacée. La durée de chaque épisode est d'environ 48 mn et le titre de chaque épisode comporte le mot "nuit". Tous les ingrédients du fantastique, du policier, ou de la science fiction y sont. Il fallait une sacrée imagination aux scénaristes pour inventer toutes ces histoires. Cette série a fait les beaux jours des samedis après-midi sur la 1ère chaîne, il y a 30 ans ; les téléspectateurs devaient voter pour leurs séries préférées, et c'est souvent Les Mystères de l'Ouest qui gagnaient. En regardant ces épisodes, 40 ans après sa création, je constate que cela n'a pas pris une ride, ce qui n'est pas le cas de toutes les séries de l'époque.

7 février 2007

Hommage au public de cinéma

Quand j'adore un film, il m'arrive de retourner le voir pour sentir l'atmosphère d'une salle et constater si le public ressent la même chose que moi. C'est assez jouissif. La plus belle chose qui peut arriver à un film, en dehors du bouche à oreille, c'est quand, à la fin de la séance, le public applaudit. D'aucuns diront que c'est ridicule d'applaudir devant un écran blanc, n'étant pas au théâtre ou au concert ou dans un autre spectacle vivant. Mais je dirais que cette marque de satisfaction est peut-être plus marquante au cinéma. A contrario, je n'ai jamais entendu de sifflets à la fin d'un film. Je pense que si les spectateurs n'aiment pas ce qu'ils ont vu, ils le diront en sortant dehors ou ils le garderont pour eux.

14 décembre 2007

Lumière silencieuse - Carlos Reygadas

Lumière silencieuse de Carlos Reygadas peut décontenancer certains spectateurs. En ce qui me concerne, c'est le premier film que je vois de ce réalisateur. Tout commence par une nuit noire étoilée puis le soleil qui se lève sur un paysage non défini avec quelques arbres et des cris d'animaux. Tout finit (à la fin du film) par un soleil couchant puis une nuit étoilée avec le même fond sonore. Et au milieu coule l'histoire.
Dans une grande exploitation agricole, un couple, Johan et Esther, et leurs 6 enfants, tous plus blonds les uns que les autres, font une prière avant de prendre le petit-déjeuner en silence. Puis le maître de maison, resté seul, se met à pleurer à chaudes larmes. On apprend qu'il est tombé amoureux d'une autre femme appelée Marianne et dans leur communauté c'est impensable. En effet, nous sommes au Mexique, dans la communauté mennonite, une population qui descend d'européens immigrés. Etrangement, Marianne et Esther se ressemblent physiquement : nez aquilin et visage en longueur. Elles ne sont pas vraiment belles mais il émane quelque chose de particulier de leur personne.
Johan a un père pasteur à qui il demande conseil, mais ce dernier ne peut rien faire pour lui sur le dilemme de quitter ou non sa femme (qui l'aime encore) pour aller vivre avec une autre.
J'ai été très intriguée pendant tout le film par la langue que parlent les acteurs. J'ai appris qu'ils utilisaient un dialecte proche du néerlandais médiéval. Au cours de cette histoire vient se glisser un élément incongru : Jacques Brel qui chante "Les bonbons" à la télé. Cet interlude fait du bien. Car après, Esther meurt subitement sous une pluie battante. On assiste à la veillée funèbre et est-ce un rêve ou la réalité, Esther ressuscite en présence de Marianne. Elle lui parle. Ce miracle religieux peut paraître sublime mais personnellement je n'ai pas été touchée par la grâce. Le film est un peu trop contemplatif à mon goût. Les comédiens non-professionnels sont tous excellents.

13 mai 2007

Irina Palm - Sam Garbaski

Irina Palm de Sam Garbaski permet à Marianne Faithfull de tenir un premier rôle dans lequel elle est une révélation. Elle interprète une grand-mère prête à tout pour récupérer de l'argent. Son petit-fils, hospitalisé, est atteint d'une maladie orpheline et, son état se dégradant, le seul hôpital où l'on peut le sauver est à Melbourne en Australie. Le traitement est pris en charge mais pas la logistique. Molly (Marianne Faithfull) a besoin de 6000 livres sterling. Elle est veuve, a un fils et une belle-fille, parents du petit Olly, l'enfant malade. Elle cherche un emploi mais vu son âge, presque sexagénaire et sans qualification, sans succès. Elle habite dans une banlieue éloignée de Londres, a quelques "bonnes" copines de sa génération, joueuses de cartes. Un jour, marchant dans Londres, elle se retrouve à Soho où se situent les sex-shops et autres établissements de ce type. Sur une devanture, une annonce demande des hôtesses très bien payées. Elle est reçue par le patron, Miki. Après des débuts hésitants, elle devient la "meilleure main droite" de Londres sous le nom d'Irina Palm en masturbant des clients qu'elle ne voit pas. Elle gagne 600 livres par semaine. Elle est tellement performante que, pendant un moment, elle souffre du "penis elbow". Evidemment, elle délaisse ses amies et ne dit rien à sa famille même si à la fin tout finit par se savoir. Ainsi résumé, le film semble graveleux : eh bien pas du tout. Il n'y a pas une once de vulgarité et de nombreux passages sont très drôles : sa confrontation avec les gens du village et ses copines, ou quand, dans la petite cabine de Soho, elle apporte les affaires nécessaires pour son "travail" et qu'elle met une touche très personnelle pour décorer l'endroit. Je recommande vivement Irina Palm.

17 mai 2007

Les Indomptables - Nicholas Ray

A l'occasion d'une rétrospective Nicholas Ray, Les Indomptables (The Lusty Men, 1952) fait partie de la sélection des films projetés au Cinéma Action. Si vous avez la chance d'habiter Paris ou sa région ou que vous passez dans le coin, allez le voir. Il se donne une fois encore le lundi 28 mai 2007. J'ai découvert ce film il y a plus de 20 ans, et j'en avais gardé un grand souvenir. Je viens de le revoir et c'est toujours aussi bien. L'histoire se passe dans le monde des rodéos. Jeff Mc Cloud (Robert Mitchum), ancien champion de rodéo, a laissé tomber cette activité spectaculaire, mais très dangereuse, suite à un accident. Il revient dans sa région natale pour travailler dans un ranch. Là, il croise Wes Merritt (Arthur Kennedy) et sa femme Louise (Susan Hayward). Wes Merrit, voulant faire lui-même faire du rodéo, appâté par les gains vite gagnés pour acheter sa ferme, engage Jeff pour l'entraîner. Les succès sont au rendez-vous mais Louise a peur de l'accident qui peut survenir. Jeff tombe amoureux d'elle. Wes, de son côté, la délaisse. Il n'y a ni bons, ni méchants, dans ce film, seulement des hommes qui ne vivent que pour le rodéo et les gains remportés mais avec un avenir très incertain. Les personnages féminins sont bien campés. Robert Mitchum et Susan Hayward sont excellents.

24 janvier 2007

L'armée des ombres - Jean-Pierre Melville

Adapté d'un roman de Joseph Kessel (disponible en édition de poche), L'Armée des ombres sorti en 1969 en France vient de remporter un vif succès aux Etats-Unis où il n'avait jamais été distribué. Il vient même d'obtenir le prix du meilleur film étranger 2006 auprès des critiques New-Yorkais avec une mention de part des critiques de Los Angeles. Après avoir parcouru différents articles en anglais, cette carrière américaine est beaucoup due à la magnifique restauration de la couleur par Pierre Lhomme (chef opérateur du film). Les copies présentées ont retrouvé les nuances de vert et bleu qui permettent de rendre l'atmosphère oppressante qui régnait à l'époque. Le film, en 1969, a été un échec provoqué certainement par le fait que De Gaulle avait quitté le pouvoir et que le sujet n'était plus à l'ordre du jour. Après plusieurs visions grâce à la TV ou au DVD, l'Armée des ombres peut être considéré comme un chef-d'oeuvre représentatif d'une certaine qualité française. Il est à noter que ce film aurait pu représenter la France aux Oscars de cette année au même titre qu'Indigènes. On leur aura préféré Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson qui n'est pas sélectionné, et Indigènes va représenter l'Algérie. Peut-être faudrait-il changer les membres du comité de sélection.

23 janvier 2007

La métamorphose - Franz Kafka

Je ne sais pas si on lit encore de nos jours Franz Kafka (1883-1924). En tout cas, je conseille pour découvrir cet auteur de lire la nouvelle La Métamorphose, l'histoire de Grégoire Samsa, homme ordinaire qui, un matin, se réveille en se rendant compte que quelque chose ne va pas. Seul dans sa chambre, il constate qu'il n'a plus un aspect humain mais qu'il s'est transformé en un gros insecte, genre cafard. Il a une carapace. Ne pouvant plus sortir de cette chambre, il mourra comme un insecte desséché rejeté par toute sa famille qui ne cherche pas à le soulager de ses maux. On peut considérer que c'est une parabole sur la condition humaine dès que l'on n'est pas dans la norme, que l'on n'est pas comme les autres, tant physiquement qu'intellectuellement. Cette Métamorphose est une bonne initiation à l'univers fantastique absurde de Kafka et certainement le livre le plus accessible. Ses autres oeuvres célèbres comme le Château, l'Amérique et le Procès sont inachevées et ont été publiées après la mort de Kafka.

22 janvier 2007

The Touch of Evil - Orson Welles - Voir les films en DVD

Récemment, j'ai commencé de voir des films en DVD que j'ai achetés depuis un certain temps déjà. Il est certain que l'ambiance n'est pas la même que dans une salle de cinéma, mais en ayant le matériel adéquat pour le visionnage (écran LCD et ampli), j'éprouve tout de même une grande joie et quand on les regarde au moins à deux, le plaisir s'accroît. Et j'ai remarqué qu'on ne perçoit pas toujours la même chose entre un film en salle et un DVD dans son salon. Pas plus tard qu'hier soir, j'ai vu The Touch of Evil (La soif du mal) d'Orson Welles. Dans la version que je possède, en forme d'avant-propos, nous sommes prévenus que la version du DVD est celle qui est la plus fidèle à celle que voulait Orson Welles. Quand j'écris "vu", cela veut dire que j'avais vu le film, il y a très longtemps, et des scènes m'ont semblé avoir été ajoutées dans le DVD, en particulier, les scènes avec Marlène Dietrich, brune, très gitane. Le film est une très bonne redécouverte avec sa lumière en noir et blanc, son ambiance moite et la musique d'Henri Mancini. Le support DVD est utile pour faire connaître à un public plus jeune et pourquoi pas plus large, ce genre de film.

15 janvier 2007

Head on - Fatih Akin

On a cru le cinéma allemand moribond surtout depuis la disparition de Reiner Werner Fassbinder. Il semble que l'on se soit trompé. Head on ou Gegen die Wand (titre allemand original) est l'exemple de la qualité du cinéma tout court. C'est un film déjanté comme les personnages mais on reçoit le film comme un uppercut. Un homme et une femme se rencontrent dans le service d'urgence psychiatrique, ils ont voulu tous les deux se suicider. Elle s'appelle Sibel, elle a 18 ans, soumise à une famille turque émigrée et musulmane. Il se nomme Cahit, il a 40 ans, turc lui aussi, et musulman. Pour mener une vie sans entrave, elle lui propose de faire un mariage blanc. Elle sera libre et lui pourra avoir toutes les relations extra-conjugales qu'il veut. Oui mais voilà, Cahit tombe amoureux d'elle et il tue par inadvertance un des amants de Sibel. Il fait quelques mois ou années de prison et quand il sort, il se met à sa recherche. L'action se déplace à Istanbul, car pendant la détention de Cahit, Sibel doit gagner sa vie et beaucoup d'événements dramatiques s'y déroulent (à mon avis, cette partie est moins intéressante que la partie "allemande"). Néanmoins, Cahit et Sibel seront changés pour toujours par leur expérience même s'ils se séparent à la fin.

13 juin 2007

Audiard par Audiard - Répliques savoureuses

J'ai la chance d'être en possession d'un livre malheureusement épuisé, Audiard par Audiard aux Editions René Château (1995), qui rassemble quelques répliques d'anthologie de films dialogués ou réalisés par Michel Audiard. Ce matin, sur une radio nationale, un journaliste qui choisit de parler d'un blog tous les matins, en a évoqué un qui donnait son "top ten" des répliques de Michel Audiard. Cela m'a donné l'idée de faire un peu la même chose mais sans "top ten". Je veux plutôt en retranscrire quelques-unes, il y en a 15, qui me font particulièrement rire toute seule. Les voici. C'est un choix totalement subjectif et la liste est ouverte.

Bernard Blier - Archimède le Clochard
"- N'oublie pas ce qu'a dit le médecin: cinq gouttes. La posologie ça s'appelle. Et de la posologie au veuvage, c'est une question de gouttes."

Jean-Paul Belmondo - 100 000 dollars au soleil
"- Quand les types de cent trente kilos disent certaines choses, les types de soixante kilos les écoutent."

Michel Serrault - Garde à vue
"- Les médiocres se résignent à la réussite des êtres d'exception. Ils applaudissent les surdoués et les champions. Mais la réussite d'un des leurs, ça les exaspère."

Lino Ventura - Mireille Darc - Ne nous nous fâchons pas
"- Vous savez on a toujours tendance à prendre les bruns trapus pour des gangsters mais c'est un préjugé idiot.
- J'en connais un autre qui consiste à prendre les grandes blondes pour des imbéciles."

Jean Gabin - Le Gentleman d'Epsom
"- Dans la vie il y a deux expédients à n'utiliser qu'en dernière instance: le cyanure ou la loyauté."

Bernard Blier - Les yeux de l'Amour
"- Vieille fille! Et allez donc pourquoi pas! Faut dire tu fais tout ce qu'il faut pour t'en donner le genre... ta robe, ta coiffure... tu frisottes dans le gris, toi. Tu faufiles dans le triste."

Jean Gabin - Le Sang à la Tête
"- Pendant douze ans on a fait chambre commune mais on a fait rêve à part."

Jean-Claude Brialy - Carambolages
"- Assassiner un étranger a toujours un petit côté ennuyeux. Tandis que l'étripage en famille, c'est régulier, c'est traditionnel, c'est bourgeois. Et puis, ça a tout de même plus d'allure. Tuer un étranger, on pense à France Soir. Un parent, on pense à Sophocle."

Jean Gabin - Mélodie en sous-sol
"- Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus."

Maurice Biraud - Un Taxi pour Tobrouk
"- Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche."

Jean Gabin - Le Pacha
"- Quand on parle pognon à partir d'un certain chiffre tout le monde écoute."

Jacques Villeret - Jean-Paul Belmondo - Les Morfalous
"- Qu'est-ce qu'on peut bien faire avec six milliards?
- Rien! C'est ça l'agrément. Ca permet de plus rien foutre."

Bernard Blier - Dominique Zardi - Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages
"- Attention! J'ai le glaive vengeur et le bras séculier! L'aigle va fondre sur la vieille buse!...
- Un peu chouette comme métaphore, non?
- C'est pas une métaphore, c'est une périphrase.
- Fais pas chier!...
- Ca, c'est une métaphore."

Philippe Noiret - Pile ou Face
"- La justice, c'est comme la Sainte-Vierge, si on la voit pas de temps en temps, le doute s'installe."

Jean Gabin - Le Président
"- On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis."

A SUIVRE... [suivant = billet du 11/11/2008]

11 juin 2007

L'Avocat de la terreur - Barbet Schroeder

Je n'ai pas vu le documentaire que Barbet Schroeder a fait sur Idi Amin Dada en 1974, mais celui-ci, L'avocat de la terreur, est absolument remarquable. C'est pratiquement un film à suspense de plus de 2 heures qui retrace des pages d'histoire du terrorisme de 1954 en Algérie jusqu'à la fin des années 90. En effet,  Jacques Vergès semble s'être impliqué à vouloir défendre l'indéfendable aux yeux de beaucoup. Le documentaire débute par un plan moyen de Jacques Vergès donnant une explication face à la caméra sur le fait que "son ami" Pol Pot n'est pas le génocidaire que l'on dit. Au vu de photos de milliers de squelettes, Jacques Vergès admet qu'il y a eu des morts mais sans plus. Le film est une suite d'entretiens avec Jacques Vergès et de personnes qui le connaissent peu ou prou, de documents d'époques ou plus récents et d'extraits du film La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo (1966) tournés après les événements. Les seuls éléments biographiques donnés sur Jacques Vergès sont qu'il a un frère et qu'il est né d'une mère Vietnamienne et d'un père Réunionnais et qu'il a passé le CAPA (Certification d'Aptitude à la Profession d'Avocat). Son ami le dessinateur Siné dit que c'est un bon vivant aimant la bonne chère. Un journaliste émet l'avis que l'avocat s'est toujours senti un colonisé de par ses origines. Ceci explique peut-être ses "combats" pour la défense des poseurs de bombes en Algérie dont Djamila Bouared, qu'il épousa par la suite, des terroristes de la bande à Baader comme Magdalena Kopp ainsi que l'assassin de l'ancien ministre Iranien Chapour Baktiar, Anis Naccache. Il a défendu l'extrême gauche et droite, la cause palestinienne, etc. Il restera célèbre comme le défenseur de Klaus Barbie. C'est fascinant de l'entendre et de le voir raconter comment il s'est retrouvé seul et sûr de lui face à tous pendant ce procès qui a été filmé. Le personnage est très ambigu, ni antipathique, ni sympathique. Il a "disparu" sans laisser de traces entre 1970 et 1978. L'énigme n'est pas résolue. Il ne dit rien sur cette période. Et puis après tout c'est sa vie. Je m'arrête là mais ce documentaire pourrait se prêter à plusieurs billets tant il y a à dire. Inutile de préciser que je conseille ce film. 

3 juin 2007

Abandonnée - Nacho Cerda

Je ne suis pas une grande passionnée du cinéma d'horreur auquel appartient Abandonnée (2007) de Nacho Cerda mais de temps en temps, je me laisse tenter. L'originalité de ce film, réalisé par un Espagnol, tient en ce qu'il est interprété en anglais par des acteurs d'origine russe. Il est très bien fait grâce à une bande son bruissante, craquante et inquiétante à souhait. Sauf une scène à la fin, on voit très peu d'effets "gore". Tout est plutôt suggéré et dans l'atmosphère. L'action se passe dans une maison abandonnée au milieu d'un paysage de forêt grandiose et très verte en Russie. En 1966, ont eu lieu de tragiques événements avec une maman et deux bébés. 40 ans plus tard, une quarantenaire vivant aux Etats-Unis, divorcée, une fille, débarque en Russie pour prendre possession d'une maison ayant appartenu à sa famille et dont elle est l'unique héritière, semble-t-il. Elle aurait mieux fait de rester aux Etats-Unis car comme je l'ai lu dans une critique : Famille, je vous hais ! Le film n'est pas exempt de défauts surtout certains effets appuyés mais le réalisateur est à suivre. Petite remarque : le titre original est The Abandoned (Les abandonnés) qui est plus exact que le titre français.

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