Le blog de Dasola
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16 juin 2007

Rubrique cinécrologique

Suite à mon billet du 16 janvier 2007, et après lecture de mon Pariscope préféré, j'ai le regret d'informer de la fermeture du Cinéma UGC Triomphe sur l'Avenue des Champs-Elysées, Paris 8ème. Un petit peu de culture disparaît encore et c'est parfaitement regrettable. J'ai ouï dire que les prix des  loyers sont exhorbitants et plus encore sur le côté "ensoleillé" de cette avenue où était situé le cinéma, ceci explique certainement cela. Les 4 salles n'avaient jamais été rénovées, l'entrée du cinéma ne payait pas de mine mais avec cette disparition, il ne reste plus que 2 cinémas à cette enseigne sur les Champs Elysées, le George V et le Normandie situés pas loin l'un de l'autre. A quand le prochain ?

4 mars 2007

Henri Troyat

Henri Troyat, disparu vendredi soir, 2 mars 2007, à l'âge de 95 ans, est un écrivain que j'ai découvert sur les conseils de ma mère, il y a plus de vingt-cinq ans. Je ne connaissais pas toutes ses oeuvres mais je conseille à toutes et tous de lire ses cycles romanesques : Tant que la terre durera (1947), Les Semailles et les moissons (1953), La lumière des Justes (1959) et les Eygletières (1965). Ils sont disponibles aux éditions Pocket. Ce sont des livres que l'on lit d'une traite, ils sont tous très bien écrits. Ils font aimer la lecture. A recommander à toutes les générations. 

3 mars 2007

Chronique d'un scandale - Richard Eyre

Adapté d'un roman éponyme par Patrick Marber, auteur de Closer, Chronique d'un scandale vaut surtout par l'interprétation des deux comédiennes, Judy Dench et Cate Blanchett, toutes les deux "nominées" aux Oscars 2007. Barbara Covett (Judy Dench) est professeur dans un collège. Elle écrit son journal où elle raconte tout et elle est parfois la narratrice du film en voix off. C'est une personne à la sexualité refoulée tendance lesbienne, pas mariée et pas d'enfant (mais elle a un chat). Elle remarque Sheba Hart (Cate Blanchett), jeune enseignante en dessin arrivée récemment au collège. Celle-ci est mariée à un mari nettement plus âgé et a deux enfants dont un fils trisomique dont elle s'est occupée jusqu'à présent. Lors d'une soirée, Barbara qui épie Sheba, la surprend dans les bras d'un lycéen de quinze ans. Barbara ne la dénonce pas mais elle s'immisce dans la vie de famille de Sheba. Cette dernière ne peut pas s'empêcher de continuer sa liaison avec le jeune homme. Elle ne sait plus où elle en est. Quand enfin, suite à une vengeance mesquine, Barbara dénonce d'une manière détournée la liaison de sa collègue, la vie de famille de Sheba explose sans qu'elle sache qui a fait cela, elle croit que c'est son amant. Elle est renvoyée du collège, quitte son mari et se réfugie chez Barbara. Là, elle découvre le journal. L'histoire est vénéneuse, pas politiquement correcte du tout. La "méchante" Barbara n'est pas punie et n'a pas l'ombre d'un remord pour ce qu'elle fait et la dernière séquence du film la montre jetant son dévolu sur une nouvelle victime en puissance.

19 février 2007

Les suites

En anglais, le terme employé est "sequel". Comme le cinéma est vraiment une industrie qui doit rapporter de l'argent et que l'on ne change pas une équipe qui gagne, on assiste au phénomène des suites. Les plus célèbres, dans les vingt dernières années, sont Alien, Terminator, Predator, X Men, Taxi, Les bronzés, Matrix et les Pirates des Caraïbes. On peut noter que les films concernés sont ciblés grand public dans la tranche d'âge 15-24 ans. Je considère que les premiers opus des films énumérés sont en général les meilleurs. En ce qui concerne Harry Potter, le cas est différent ; il s'agit des adaptations de plusieurs romans. Pour le Seigneur des anneaux dont le plan marketing a été très bien pensé, le roman de Tolkien est en trois parties, il y a trois films, sortis à un an d'intervalle de 2001 à 2003 vers le mois de novembre. Il faut avoir vu la masse de spectateurs dont j'ai fait partie qui ont attendu avec impatience les deuxièmes et troisièmes volets. Ces jours-ci  un "prequel" vient de  sortir, Hannibal Lecter, les origines du mal classé par Allociné.com dans la saga Hannibal Lecter. Comme le film n'a pas l'air d'avoir trouvé son public pour l'instant, on peut espérer que la dite saga se terminera avec ce film (et c'est tant mieux). Seuls Le silence des agneaux de Jonathan Demme (1988) et dans une moindre mesure Manhunter (Dragon Rouge) de Michael Mann (1986) valent la peine d'être vus.

19 janvier 2007

Babel - Alejandro Gonzalez Inarritu

Babel, qui vient de gagner le Golden Globe du meilleur film (prix décerné par la presse étrangère à Hollywood) après le prix de la mise en scène 2006 à Cannes, raconte comment un simple coup de carabine, tiré au jugé, peut bouleverser la vie de plusieurs personnes dans trois endroits dans le monde (Maroc, Mexique/USA et Japon). Le film est composé de flash back, on va d'un endroit à l'autre. Ce film forme un puzzle qui semble se résoudre peu à peu. La construction du film est très proche des deux films précédents du même réalisateur (Amours Chiennes et 21 grammes). Le film vire au tragique avec la mort d'un jeune garçon au Maroc et la reconduite à la  frontière mexicaine d'une femme que l'on découvre être une travailleuse clandestine. Le réalisateur volontairement ou non rend un des personnages américains au Maroc peu sympathique malgré ce qui lui arrive. Le personnage incarné par Brad Pitt veut absolument donner de l'argent à l'homme qui a sauvé sa femme. Ce dernier refuse. C'est très symbolique d'une certaine mentalité américaine où on considère que tout s'achète et se paye. La générosité désintéressée lui semble inconnue. Malgré les 2h25, le film passe vite et on ne l'oublie pas.

18 janvier 2007

Les Rois maudits - Claude Barma (1972) - Josée Dayan (2005)

En 1972, j'avais 10 ans et je me rappelle un peu la diffusion de ce que je considère comme de la très grande télévision au temps où, quand nous étions devant le poste, nous n'avions pas l'impression de perdre de notre temps et de nous abêtir, et même qu'on apprenait beaucoup.
Les comédiens, Jean Piat et Louis Seigner en tête, jouaient à la perfection et disaient les dialogues avec une verve et un talent à nul autre pareil. C'était vraiment l'honneur de la télévision française. Ces Rois Maudits ont d'ailleurs été à l'époque diffusés 2 fois en Angleterre à 6 mois d'intervalle. Quelle ne fut pas ma surprise, quand j'ai appris qu'on avait re-tourné cette série avec des comédiens de talent. Ma déception fut grande. Il n'y a rien à sauver ; il n'y a aucune âme, les trois-quarts des dialogues sont inaudibles et Philippe Torreton n'arrive pas à la cheville de Jean Piat (tout au moins dans le rôle de Robert d'Artois). Donc si vous avez un doute, n'hésitez pas une seconde à acheter le DVD de la première et seule version digne de ce nom.

28 mai 2007

Affiche du Festival International du Film de Cannes 2007

Au moment de la clôture du Festival du Film, j'aimerais évoquer l'affiche que j'ai découverte récemment de cette manifestation. J'ai été un peu étonnée par la photo montage qui célèbre le 60ème anniversaire de ce Festival. Cela se veut guilleret avec les personnes sautillantes qui sont photographiées, festiv' comme on dit. Moi, je trouve cela un peu incongru. Je ne pense pas que Bruce Willis, que j'aime beaucoup au demeurant, soit représentatif du cinéma plutôt d'auteurs que défend le Festival International du Film de Cannes. J'ai dans mes souvenirs plusieurs affiches absolument magnifiques, dont celle illustrée par un dessin de Fédérico Fellini pour la 47ème édition de cette manifestation en 1994 (année du décès de ce grand maître du cinéma).

21 septembre 2007

Le dernier Kabbaliste de Lisbonne - Richard Zimler

J'avais acheté le livre en anglais, que je n'ai pas eu le courage de lire. Je viens d'en lire la traduction en français aux Editions Presse Pocket. Le dernier kabbaliste de Lisbonne se passe en 1506 dans le quartier Juif de Lisbonne. Après avoir été chassés d'Espagne par les Rois très catholiques Ferdinand et Isabelle, les Juifs s'étaient réfugiés au Portugal et la plupart ont été convertis de force, on les appelle les nouveaux Chrétiens. Pourtant certains ont continué clandestinement à pratiquer leur culte dans des caves dissimulées. En 1506 au moment de la Pâque Juive, les Chrétiens entraînés par des moines dominicains, se mettent à tous les massacrer. Une partie du roman évoque très crûment comment les Chrétiens agissent envers les Juifs en les brûlant, en les découpant en morceaux, etc. Pendant que ces tragiques événements se déroulent, le narrateur du roman, Bérékhia Zarco, découvre son oncle, kabbaliste renommé, égorgé dans la cave de leur maison qui leur servait de lieu de culte. Il est nu ainsi qu'une jeune femme, égorgée elle aussi à ses côtés avec un chohet, un couteau de boucher juif. Le roman, qui fait presque 500 pages en édition de poche, décrit l'enquête de Bérékhia. Pourquoi un Juif aurait été assassiné par un autre qui était un proche? Bérékhia, kabbaliste lui-même, a des visions qui l'aideront beaucoup à résoudre l'énigme. Un glossaire à la fin du livre, pour expliquer certains termes dans le roman, est très utile. Pour ceux qui aiment les romans policiers, lisez-le.

11 février 2008

Lust, Caution - Ang Lee

2H30 de belles images grâce à une belle reconstitution de la Chine des années 40. J'ai entendu parler en bien de Lust, Caution d'Ang Lee, Lion d'Or à Venise 2007, c'est pourquoi je me suis décidée à aller le voir. J'ai aimé, sauf la fin que j'ai trouvée décevante. Je me suis dit "tout ça pour ça": cela finit un peu en queue de poisson. Et l'histoire avec sa chronologie un peu confuse n'est pas forcément limpide. Je n'ai pas compris le rôle exact de tous les protagonistes. Il y a des scènes de sexe bien filmées et jolies à regarder, sauf la première, quand la jeune héroïne, Wong Chia Chi (interprétée par une débutante Wei Tang), se fait pratiquement violer (consentante ou non) par Mr Yee (Mister / mystère? On ne saura jamais son prénom), joué par le toujours impeccable Tony Leung (In the mood for Love; Internal Affairs; 2046; Hero). Le film commence en 1942, à Shanghaï en Chine, Wong Chia Chi s'apprête, avec un groupe d'étudiants (je ne sais pas s'ils étaient nationalistes ou communistes), à piéger et tuer Mr Yee dans un guet-apens. Ce Mr Yee, considéré comme traître par ses compatriotes, dispose d'un poste important dans le gouvernement mais travaille pour les Japonais qui occupent la Chine depuis plusieurs années. Grâce à un retour en arrière, 4 ans plus tôt, en 1938, on voit la jeune Wong Chia Chi, étudiante et apprentie comédienne, à qui on confie la charge de séduire Mr Yee, homme intelligent et très méfiant. La pauvre est même initiée de façon maladroite aux "choses de l'amour" par le seul étudiant du groupe qui n'est plus puceau. Je n'ai pas bien compris comment on est arrivé à lui confier cette mission périlleuse. Elle est logée chez Mr Yee et sa femme, incarnée par Joan Chen (inoubliable impératrice dans le Dernier Empereur de B. Bertolucci en 1985), avec qui elle joue au mah jong. Avec Mr Yee, elle connaît le plaisir sexuel et tombe amoureuse. En revanche, pour Mr Yee, rien n'est sûr (voir la fin du film). Tout ne finit pas bien, et plutôt abruptement, d'où ma légère déception; mais à voir.

25 mars 2008

Les disparus - Daniel Mendelsohn

Prix Médicis étranger 2007 et prix 2007 du magazine Lire, Les disparus de Daniel Mendelsohn (Editions Flammarion) n'est pas un roman. Ce gros récit biographique de 630 pages décrit l'enquête de l'écrivain et sa recherche pour savoir ce qui est arrivé à un grand-oncle appelé Schmiel, sa femme Esther et leurs quatre filles à Bolechow, située en Pologne Orientale dans la province de Galicie (maintenant faisant partie de l'Ukraine), pendant la Seconde Guerre Mondiale. Au dos d'une vieille photo représentant Schmiel, le grand-père de Daniel Mendelsohn avait écrit que son frère avait été tué par les nazis. L'enquête qu'ont menée Daniel Mendelsohn et un de ses frères, Matthew, photographe, les a emmenés de par le monde, à Sydney en Australie, à Stockholm, à Copenhague, en Israël, à Vienne, en Ukraine et en Pologne. Pas à pas, grâce à des témoignages directs ou indirects de survivants interrogés et filmés qui ont connu ou cotoyé la famille de Schmiel, qui était boucher et un notable dans la ville, Daniel Mendelsohn s'approche d'une certaine vérité sur les circonstances qui ont fait disparaître cette famille. Des quelques 3000 juifs (dont faisait partie la famille de Schmiel) qui ont vécu à Bolechow avant la seconde guerre mondiale, seuls 48 ont survécu. Les presque 3000 autres ont été, au cours de 3 "Aktionen" entre 1941 et 1943, abattus et jetés encore vivants dans des charniers (la Shoah par balles). Quelques-uns, dont Esther, ont été envoyés au camp de Belzec en 1942. Les deux derniers survivants de la famille, le père et l'une des filles, se sont cachés entre 1942 et 1943 dans une cave grâce à des Polonais. Malheureuseusement dénoncés plus tard, ils seront pris et abattus. Tout le livre est illustré de photos prises par Matt. Ce sont le plus souvent des lieux visités ou des portraits de ceux qui ont apporté leur témoignage. Daniel Mendelsohn, au début du livre, raconte que, dès 1939, Schmiel avait appelé à l'aide, en envoyant une lettre  (demeurée sans réponse) à un membre de sa famille d'Amérique pour que ses filles soient rapatriées aux Etats-Unis. Au commencement de certains chapitre, Daniel Mendelsohn évoque, en caractères italiques, des passages de l'Ancien Testament: Caïn et Abel, Sodome et Gomorrhe, etc. Ces parenthèses bibliques, mises à part ce qu'elles évoquent, aèrent bien un texte qui, tant par le sujet que par le style, m'a paru un peu pesant. Mais, sur les 650 pages du livre, les 150 dernières sont vraiment captivantes avec la description d'un périple d'un des témoins interrogé qui est parvenu à s'enfuir de Bochechow. Plus de 60 ans après, on ne peut qu'admirer le travail titanesque de Daniel Mendelsohn pour évoquer des membres de sa famille disparus dans la nuit et le brouillard du génocide nazi.

5 février 2008

Les faussaires - Stefan Rozowitzky

Encore un film vu en avant-première (le 21 janvier) pour une sortie demain (le 6 février 2008) dans 70 salles en France. Les Faussaires (Die Fälscher), long-métrage autrichien, raconte comment des Juifs (imprimeurs, photograveurs, dessinateurs, etc.) ont été forcés à devenir des faux-monnayeurs et fabricants de faux-papiers pour l'Allemagne dans le camp de concentration de Sachsenhausen. L'histoire (l'opération Bernhard) est adaptée d'un récit authentique d'Adolf Burger (un des héros du film, dont la profession était photograveur) qui a écrit un livre, L'atelier du Diable. Ce monsieur de 90 ans, encore très vert, était présent à la projection. Il vit à Prague mais il est germanophone. L'atelier du Diable, écrit en allemand, a été traduit en anglais et en tchèque, et on espère qu'une traduction française puisse voir le jour d'ici peu. Pour en revenir aux Faussaires, après un début un peu anecdotique (on sait que le personnage principal sort vivant de l'enfer, mais à quel prix!) et une caméra numérique qui bouge beaucoup, le réalisateur se sort plutôt bien de toutes les scènes qui se déroulent dans les camps (Auschwitz, Mathausen et enfin Sachsenhausen). Il a évité les écueils du film voyeur, larmoyant. Il s'est concentré sur le sujet de ces Juifs qui essayent de survivre. Le personnage principal, Salomon Sorowitsch (Sally), faussaire avant-guerre et très doué en dessin, est arrêté par la Gestapo et se retrouve compagnon d'infortune d'Adolf Burger (dont la femme est morte à Auschwitz) et de quelques autres. Les deux hommes vont s'affronter, car Adolf veut retarder le plus possible la fabrication de faux dollars après avoir réussi à imprimer des centaines de billets représentant plusieurs milliers de livres sterling, alors que Sally, lui, veut sauver sa vie. Il dit une phrase terrible "Vaut mieux être gazé demain que fusillé aujourd'hui car un jour est un jour". Historiquement, les livres sterling étaient tellement parfaites que même la Banque d'Angleterre n'y a vu (paraît-il) que du feu. A ce jour, on ne sait pas combien de ces Livres ont circulé dans le monde. M. Burger, pendant la séance de questions-réponses qui a suivi la projection du film, a révélé comment les fausses coupures étaient difficiles à repérer puisqu'il avait reproduit la même caractéristique que celle qui se trouvait sur les vraies coupures (un petit trou dans l'oeil de l'effigie couronnée, illustrant les Sterling de l'époque, fait avec une épingle qui tenait les billets en liasses). Les autres questions des spectateurs ont été pour la plupart assez anecdotiques. Moi-même, j'ai regretté après coup de ne pas avoir demandé ce qu'il pensait du film (son personnage à l'écran n'est pas spécialement sympathique). En tout cas, le film a suffisamment de qualités pour être vu par un large public.

29 janvier 2008

Garage - Lenny Abrahamson

J'aime bien ce genre de "petit" film qui raconte des histoires simples. Garage de Lenny Abrahamsonn est l'histoire de Josie, l'"idiot du village" dans un coin reculé d'Irlande. Employé dans une station-service aux abords d'un village, il fait son travail consciencieusement. Afin que ce garage fasse un meilleur chiffre d'affaires, le gérant lui adjoint un de ses jeunes parents, David, pour tenir avec lui la station-service les soirs de weeks-ends. Josie n'a pas une vie exaltante mais il est heureux et ne demande rien à personne. Au pub, on le charrie en lui disant qu'il se fait exploiter par son patron mais il n'en prend pas ombrage. Il donne des pommes à un cheval du voisinage, il est près de la nature. Mais il mène une vie solitaire. Grâce à David qui est encore mineur, il rencontre des jeunes à qui il paye des bières mais cela ne va pas plus loin. Par petites touches, un drame se dessine. Une cassette "porno" lui ayant été passée par un ami routier, Josie en montre quelques minutes à David. Quelques jours après, Josie est arrêté pour cet acte délictueux suite à une plainte déposée par un adulte. La fin est brutale et paraît disproportionnée par rapport au délit. Mais cela se passe dans l'Irlande traditionnaliste et bien-pensante. Josie n'avait pas pensé avoir mal agi mais tout s'écroule, même le cheval l'a abandonné. Je ne connais pas l'acteur principal, Pat Shortt (célèbre en Irlande). Il est remarquable avec sa silhouette ronde et sa casquette, son jeu est tout en sobriété. En revanche je suis sortie de la séance un peu déprimée tant par l'histoire que par la couleur du film dans les tons bleus gris.

13 novembre 2007

Judex - Georges Franju

Judex (1963) et Nuits rouges (1973) de Georges Franju viennent de sortir en DVD double. Georges Franju, connu comme le réalisateur de ce chef-d'oeuvre fantastique français, Les yeux sans visage (1959), fut le co-fondateur de la Cinémathèque française avec Henri Langlois en 1936. Disparu en 1987, Franju était un grand admirateur des feuilletons et de Louis Feuillade, réalisateur de plus de 800 courts-métrages dont le premier Judex en 1916 et la série des Fantomas. Dans les interviews en bonus des films, Jacques Champreux (petit-fils de Louis Feuillade) révèle que Franju, avec qui il a travaillé, aurait voulu réaliser un film sur ce personnage Fantomas, mais cela ne s'est pas concrétisé.

Je parlerai seulement de Judex (justice en latin), merveilleux film en noir et blanc, baigné dans une atmosphère d'onirisme et de fantastique. Judex n’existe que pour rendre la justice, comme Fantomas n’existe, lui, que pour faire peur. L’histoire est très simple: au début du 20ème siècle, un banquier, Favraux, reçoit des menaces par lettres anonymes signées d'un certain "Judex" l’accusant d’avoir acquis sa fortune de manière illicite. Il lui demande de rendre cet argent. La première apparition de Judex est magnifique. Elle se produit lors d’un bal où tous les invités portent un masque d’oiseau. Judex, très grand, a une tête d’oiseau de proie et il fait apparaître des colombes. L’acteur américain qui fait Judex, Channing Pollock, était un grand magicien connu pour ce genre de tour.
La «méchante de l’histoire» est jouée par Francine Bergé. A un moment donné, habillée en collant noir, elle a une scène sur des toits qui est un hommage direct à Musidora et Irma Vep dans les films de Feuillade.
Pour ponctuer le film, quelques cartons d'intertitres sont insérés entre les séquences comme dans les films muets. Michel Vitold dans le rôle du banquier et Edith Scob dans le rôle de sa fille complètent la distribution de Judex dont le co-scénariste est Jacques Champreux (cité plus haut)
. Ce film que je n'avais jamais vu est une très agréable surprise.

2 novembre 2007

Seraphim falls - David Von Ancken

Film diffusé actuellement sur Canal+, Seraphim falls de David Von Ancken (2005) est inédit en salle et on se demande pourquoi. Les acteurs principaux sont Pierce Brosnan et Liam Neeson. Cela se déroule après la guerre de Sécession. L'un poursuit l'autre pour venger sa famille. Les paysages enneigés de forêts puis, à mesure que le film se passe, des paysages arides, désertiques, sont très beaux. Le scénario, sans être révolutionnaire, est bien écrit. Un Sudiste, Carver (Liam Neeson), fou de douleur d'avoir perdu sa femme et ses deux enfants dans un incendie volontaire, est accompagné de 4 hommes de main pour poursuivre un Nordiste, Gideon (Pierce Brosnan), responsable de ces morts. Gideon a aussi perdu sa famille et est possédé d'une rage de vivre peu commune. Il élimine les 4 hommes de main les uns après les autres en se servant d'armes blanches pour finir par se retrouver face à face avec Carver. Le réalisateur, que je ne connaît pas, a tourné des épisodes de séries télé comme C.S.I (Les experts) et Cold Case, ce qui est un gage d'une certaine qualité : mise en scène nerveuse et pas de plan inutile. Je ne comprends pas que certains films comme celui-ci n'aient pas les honneurs du grand écran en France, il a été projeté dans de nombreux pays. Les comédiens sont connus, ce film en vaut largement un autre. Ce sont les mystères de la distribution que j'ignore. Dommage.

23 octobre 2007

Tant qu'il y aura Deborah Kerr (1921-2007)

Deborah Kerr vient de décéder, le 16 octobre 2007. Née Ecossaise, cette très belle rousse n'est jamais devenue une star mais sa filmographie impressionnante comporte des pépites comme deux films d'Emeric Pressburger et Michael Powell, The Life and Death of Colonel Blimp (Colonel Blimp) (1943) et Black Narcissus (Le narcisse noir) (1947). Dans d'autres films que j'ai vus, elle a joué des rôles très différents, dont celui d'une femme d'officier dans From here to Eternity (Tant qu'il y aura des hommes) de Fred Zinneman (1953), resté célèbre grâce à la scène du baiser échangé avec Burt Lancaster sur une plage à la veille de Pearl Harbour. Elle fut "une vieille fille" dans La nuit de l'Iguane de John Huston (1964) entourée de Richard Burton et Ava Gardner. Un autre film dont je me rappelle est l'adaptation de The Turn of the screw (Le tour d'écrou) d'Henry James porté à l'écran sous le titre Les innocents, réalisé par Jack Clayton (1961), dans lequel elle est remarquable en gouvernante de deux enfants en proie à des démons. Elle jouera deux fois des rôles de religieuses dans Black Narcissus (1947) et Heaven knows, Mr Allison (Dieu seul le sait) de John Huston (1957). Dans ce dernier film, elle a comme partenaire Robert Mitchum qu'elle retrouvera dans The Sundowners (1960) de Fred Zinneman et The Grass is greener (Ailleurs l'herbe est plus verte) de Stanley Donen (1960). On se rappellera aussi d'elle dans An Affair to remember (Elle et Lui) de Leo Mc Carey (1957), Tea and Sympathy (Thé et sympathie) de Vincente Minelli (1956), The King and I (Le roi et moi) de Walter Lang (1956). Je ne citerai pas toute sa filmographie, d'autres blogueurs l'ont fait avant moi (notamment eeguab, Gaël, Coinducinéphage...). Son dernier film sur grand écran sera L'arrangement d'Elia Kazan (1969). Une grand dame disparaît.

25 octobre 2007

Secret Sunshine - Lee Chang-Dong

Le titre original du film est Myliang du nom de la ville de Corée où se passe le film. Ce mot Myliang veut dire (en idéogrammes!) Ensoleillement secret (Secret Sunshine). C'est l'héroïne du film qui donne cette explication. L'histoire commence par l'arrivée en voiture de Séoul de Shin-Ae et son petit garçon. Elle a décidé de venir  s'installer dans la ville natale de son mari décédé récemment dans un accident de voiture. Elle doit trouver des élèves car elle donne des cours de piano. Mais on entend très peu de piano. En revanche, une tragédie la frappe. Son petit garçon est enlevé et tué car on la croit plus riche qu'elle n'est. L'heure et demie qui reste (le film dure 2h20) nous raconte comment cette femme Shin-ae désespérée trouve d'abord un soulagement grâce à la religion. Puis peu à peu, à cause d'un facteur déclenchant, elle sombre dans la dépression et tente de se suicider. Le film est assez éprouvant à voir mais surtout pénible à écouter. Quand les acteurs (trices) pleurent ou crient, la langue coréenne n'est pas agréable à entendre. C'est très geignard. Vu le sujet, on devrait être bouleversé. J'ai été surtout contente quand le film s'est terminé sur un plan fixe de cheveux coupés qui s'envolent.

20 octobre 2007

Le commissaire dans la truffière - Pierre Magnan

Sur les recommandations d'une amie bruxelloise, je viens de lire une des aventures du commissaire Laviolette, Le commissaire dans la truffière, de Pierre Magnan (paru en 1978). Ce commissaire vient d'être mandaté pour s'occuper de six mystérieuses disparitions de hippies aux alentours d'un village appelé Banon dans les Basses-Alpes aussi connue pour être une région de truffes vendues à prix d'or. Les suspects potentiels ont des prénoms pas courant de nos jours: Polycarpe, Alyre, Omer, Sidoine, Pascalon, Virgile et Albert. Une truie truffière appelée Roseline joue un rôle capital dans cette énigme. Le roman de 250 pages se lit en une journée, très agréablement. J'ai appris qu'un fayard était un arbre. J'ai apprécié les tournures de phrases qui sentent bon le terroir bas-alpin. Il y a un peu de sorcellerie, beaucoup de morts par accident ou non, pas mal de sang (humain) pour que les truffes soient plus belles, ainsi que de la folie et de l'envie. A part qu'il aime sa ville de Digne, et qu'il a une aventure avec La Raymonde, patronne de l'hôtel à Banon où il demeure, on ne connaît pas grand-chose de la vie privée du commissaire. Personnage attachant, je vais me procurer d'autres enquêtes de Laviolette.

17 octobre 2007

Archi mortel - Pascal Jahouel

Après La Gigue des cailleras (voir mon billet du 12 juillet 2007 - avec un commentaire de l'auteur en personne!), je viens de lire, grâce à un ami, le roman écrit précédemment par Pascal Jahouel, Archi Mortel (en 2006, déjà aux éditions Krakoen) dans lequel apparaît, pour la première fois, l'inspecteur Bertrand-Hilaire Lejeune ou plus simplement BHL pour les dames. La lecture de ce roman situé à Rouen, avec une escapade à Varsovie, m'a procuré le même plaisir grâce à la verve et à la langue truculente qui me fait beaucoup rire. Pour cette première enquête, BHL s'intéresse au milieu des architectes qui font parfois du trafic d'art. Un membre de cette éminente profession se retrouve avec un trauma mortel, deux balles de 9 mm dans la tête. Un deuxième architecte (archi) subit le même sort. La région normande est en émoi. Notre inspecteur, qui cherche l'âme soeur, rencontrera peut-être l'amour dans cette enquête mais rien n'est moins sûr. Quelques personnages "secondaires", que l'on retrouve dans La Gigue..., sont déjà présents. Particulièrement, le supérieur hiérarchique de BHL, le commissaire Georges Chassevent, très infatué de lui-même, et qui prend souvent Lejeune comme tête de Turc. Leurs opinions politiques divergent quelque peu. Mais BHL ne se laisse heureusement pas faire. Tout cela pour dire que j'attends avec impatience [en service de presse?] la suite des aventures de BHL.

16 octobre 2007

Le Dernier voyage du juge Feng - Liu Jie

Film sorti récemment dans quelques salles à Paris et peut-être en province, Le Dernier voyage du juge Feng est, d'après le réalisateur, le reflet d'une certaine Chine du 21ème siècle. Ce film, plus tragique que comique, raconte une histoire originale d'un juge, de sa greffière (sur le point d'être mise à la retraite à 46 ans parce qu'elle n'est pas assez diplômée) et d'un jeune, frais émoulu tout droit sorti de l'université. Le juge Feng et les deux autres sont des itinérants, chargés de leurs dossiers et de l'emblème national transportés par un âne. Ils vont de village en village, pour juger des affaires qui peuvent paraître saugrenues mais qui sont importantes pour tous ces villageois qui ne parlent souvent que le dialecte local. Par exemple, un paysan demande qu'un cochon, qui n'est pas à lui, soit puni pour avoir déterré les restes d'ancêtres enfermés dans une urne. Pour éviter une rixe, le juge achète ledit cochon et l'emporte. Deux belles-soeurs se battent pour une cruche que le juge finit par casser. Un couple décide de divorcer, la maison du couple appartient au mari, mais c'est la femme qui le squatte et ne veut pas partir. Devant le juge, elle pousse tellement de jérémiades que le mari renonce au divorce et se reconcilie avec elle. Entre toutes ces affaires à juger, on fait mieux connaissance du juge qui semble avec un tendre sentiment pour la greffière qui n'y est pas insensible. Le jeune, pendant ce premier périple, va beaucoup changer. Et le juge, parce qu'il perd une dent, décide d'arrêter son activité. La fin du film est aussi abrupte au sens propre qu'au sens figuré. J'ajouterai que certains plans de paysages sont magnifiques et les personnages sont extrêmement attachants.

12 octobre 2007

Spectacle au Palais Garnier à Paris

Je suis allée récemment à l'Opéra de Paris - Palais Garnier en plein coeur de Paris pour assister à un ballet. Quand on vient du dehors, on est déjà ébloui par le grand escalier tout en marbre face à l'entrée qui mène dans les étages où se situent les foyers et la salle de spectacle proprement dite. Les foyers vastes et décorés servent à déambuler pendant l'entracte où la coupe de champagne est vendue 10 euros et le demi-verre de vin, 5 euros. La salle à l'italienne possède plusieurs niveaux dont l'orchestre, la corbeille, des loges, deux balcons et un poulailler. L'éclairage se compose entre autre d'un immense lustre suspendu au plafond, lui-même décoré par Marc Chagall en 1964. Quand je me suis installée à ma place dans une loge à 6 places, j'ai entendu un jeune couple, manifestement pas des habitués, très admiratifs devant la beauté de cette salle, maintenant dédiée principalement à la danse depuis la création de l'Opéra Bastille. Ce lieu, lui-même consacré à l'art lyrique, fait penser à un gros bunker, et n'a pas du tout le charme que dégage l'Opéra Garnier qui fait un décor de cinéma incomparable.

11 octobre 2007

La Colline des hommes perdus - Sidney Lumet

Suite aux conseils et avis de Karamzin et Hartigan sur The Offence (voir les commentaires sur mon billet du 30 septembre), je me suis procurée, en DVD, La colline des hommes perdus (The Hill) de Sidney Lumet (1965) adapté d'une pièce de théâtre. Je viens de le voir confortablement avec mon ami. Effectivement, c'est très très bien et on est passionné dès le début en se demandant ce qui va se passer. Cela se déroule dans une prison militaire anglaise en Afrique pendant la seconde guerre mondiale. Sean Connery fait partie d'un groupe de 5 prisonniers britanniques qui viennent d'y arriver, condamnés pour des larcins ou insubordination. Dans cette prison à ciel ouvert qui s'avère être un enfer, les détenus subissent des punitions dont celle de la colline. Chargés d'un lourd barda, ils doivent grimper une haute dune de sable en plein soleil avec une température africaine. Ils endurent les humiliations des geoliers, anglais eux aussi. Parmi les 5, certains archétypes de personnalités sont représentés. Un noir nommé Jacko King en butte au racisme de tout le monde mais qui à la fin ne se laisse pas faire. Un "gros" lâche et bête qui ne supporte pas les 4 autres. Joe Roberts (Sean Connery) qui résiste aux mauvais traitements mais à quel prix. Enfin, un dénommé Stevens (marié mais vulnérable) qui succombe à une insolation. A partir de là, la machine à "mater" les prisonniers s'enraye. Mais l'histoire ne se finit maheureusement pas comme on peut l'espérer. Sean Connery est remarquable dans son rôle de prisonnier qui résiste. Les autres comédiens, maintenant tous décédés, sont peu ou pas connus du grand public mais tous excellents. Je citerais particulièrement Harry Andrews dans le rôle du responsable du camp qui a "une gueule". Un autre acteur, Ian Bannen, interprète d'Harris, un gardien, qui se ralliera aux prisonniers, donne aussi la réplique à Sean Connery dans The offence. Sidney Lumet signe là un film en noir et blanc méconnu qui mériterait d'être connu du grand public. Je le recommande.

Petite remarque : on peut se demander pourquoi pour le titre français, on a rajouté "des hommes perdus" qui ne veut pas dire grand-chose quant à l'histoire. 

9 octobre 2007

Lawrence d'Arabie - David Lean

Lawrence d'Arabie (1962) de David Lean (1908-1991) fait partie de mes films fétiches vu lors d'une ressortie sur grand écran. L'entrée des chameaux à gauche de l'écran qui ressortent à droite est une vision inoubliable ainsi que les images du désert et des dunes à perte de vue. Juste avant que le film démarre à proprement parler, les spectateurs écoutent pendant 5 minutes la musique d'ouverture de Maurice Jarre devant un écran noir et puis le film commence et la magie opère. On apprend, en découvrant la première séquence, la fin accidentelle de Thomas Edward Lawrence en 1935. Et après, pendant 3h15, avec un entracte, on assiste à une épopée lyrique, romantique et guerrière avec des chameaux qui courent aussi vite, voire plus, que les chevaux. L'histoire se déroule en 1916, pendant que l'Europe est ravagée par la 1ère guerre mondiale. Lawrence, qui fait partie de l'Etat-Major britannique au Caire, aidera les Arabes à lutter contre les Turcs. Suite à la prise d'Aqaba qui est un moment phare du film, Lawrence devient une légende pour les Arabes et la situation géopolitique de cette partie du monde sera à jamais bouleversée. Peter O'Toole, qui avait 30 ans, deviendra une star grâce à ce film. David Lean était aussi virtuose dans les scènes avec un grand nombre de figurants (il faut tous aller à Aqaba) que dans l'intime. Film phare du 7ème art à voir et à revoir.

13 février 2008

Atelier d'écriture

Il y a quelque temps, j'ai vécu une expérience intéressante avec mon ami (mais je crois que je ne la retenterai pas de sitôt). Nous sommes partis à l'autre bout de Paris pour participer à un atelier d'écriture. Blogueuse depuis un an, vous pensez bien que j'étais curieuse d'apprendre (peut-être) quelques techniques qui pourraient me servir. L'écriture n'est pas un exercice facile. Je ne savais pas du tout comment cela se passait. L'expérience tentée, je me permets d'en faire état. Cet atelier se passe dans un café, une fois par semaine. Un écrivain est l'animateur en charge de l'atelier, et un responsable de l'endroit où se passe l'atelier participe à l'ensemble (lui-même rédige des articles dans un petit journal de quartier). Nous étions 8 (mon ami et moi compris). J'ai éprouvé dès le début un sentiment étrange vis-à-vis des participants. Les 4 autres personnes viennent depuis pratiquement un an mais sans que l'on sache pourquoi: pour le plaisir, pour un motif professionnel, que sais-je? En effet, mon ami et moi sommes les seuls à nous être présentés en indiquant que nous étions des néophytes. En ce qui me concerne, j'ai précisé que j'étais plus à l'aise avec une souris et un clavier d'ordinateur qu'avec un crayon. J'ai même parlé de mon blog. L'atelier dure 2h30. Au bout de la première heure, on nous a laissés écrire ce que l'on voulait pendant trois quart d'heure en s'inspirant ou non de petits papiers tirés au sort. Pour ma part, j'ai été inspirée par les mots que j'avais tirés au sort. Mais j'ai écrit des phrases sans articulation particulière et qui n'avaient surtout rien de personnel. Mon ami, lui, avait joué avec les lettres des mots pour en tirer des mots croisés. L'écrivain-animateur (gaucher comme moi) nous a dit pour sa part qu'il n'était pas arrivé à écrire. Après chaque lecture des textes, les auditeurs étaient invités à donner leurs impressions personnelles. Et alors là, je suis tombée un peu des nues. A part une dame qui a dit que les mots ne l'avaient pas inspirée, d'autres personnes avaient rédigé soit un chapitre d'un livre (une histoire très autobiographique), soit une historiette très triste (avec paraît-il rien de personnel), soit une confession d'un intime qui confinait à l'autoanalyse (la personne l'a écrite sans faire une rature). Il s'est avéré que cet atelier est plus un confessionnal qu'autre chose, ce jour-là en tout cas. J'étais presque mal à l'aise. Personnellement, je m'attendais à plus de fantaisie, à plus de ludique. Mon ami m'a fait une remarque qu'il a lue en son temps et que j'ai trouvée assez appropriée. Cela venait de quelqu'un qui parlait des cafés philo: on y arrive avec son problème, et on repart avec les problèmes de tous les autres. J'en aurai retenu en tout cas un mode d'expression sur lequel insistait l'animateur à chaque fois: quand on parlait de l'oeuvre d'un autre, ne pas la juger de manière "absolue" en disant "C'est [ceci ou cela]", mais "Je pense que c'est..." ou "A mon avis, ...", ou "Je trouve que..." (en marquant bien qu'il s'agit d'une opinion purement personnelle).

3 novembre 2007

Hommage au Kinopanorama

Je me souviens de cette très belle salle avenue de la Motte Picquet à Paris dans le 15ème arrondissement, qui a fermé il y a déjà quelques années (à mon grand désespoir), peu de temps après avoir été reprise par Gaumont. Chaque fois que je passe devant (je n'habite pas très loin), j'ai un pincement au coeur. J'aimerais bien savoir ce qu'"ils" en ont fait. A un moment donné, elle était devenu un endroit select pour des avant-premières ou je ne sais quoi. Et depuis plus rien. L'endroit semble abandonné (soupir).
Pour en revenir à l'âge d'or de cette salle avec un grand écran concave, l'attraction était de voir de longues queues de futurs spectateurs autour du pâté de maisons pour assister à des films en exclusivité ou à des reprises. Il fallait être dans les premiers spectateurs pour se mettre au fond ou au balcon car dans les premiers rangs, on manquait de recul et on n'appréciait pas les films projetés à leur juste valeur. C'est dans cette salle que j'ai vu West Side Story, Lawrence d'Arabie (avec prélude et entracte), Autant en Emporte le Vent (avec entracte), Ludwig (de Visconti). The Rose de Mark Rydell a tenu 9 mois. Pour Ludwig de Visconti, le film ressorti une année en plein été durait 4 heures avec un entracte. La salle n'avait malheureusement pas l'air conditionné et malgré les qualités de l'oeuvre, une douce torpeur nous avait tous envahis et au moment de l'entracte, les gens se sont rués dans les bars avoisinants pour acheter des boissons fraîches. Elle me manque beaucoup, cette salle qui m'a fait aimer le cinéma sur grand écran.

7 octobre 2007

Quelques films de Clint Eastwood en tant que réalisateur

Grand western pour la critique, grand succès public en France et aux Etat-Unis, j'ai vu Impitoyable (évoqué dans mon billet du 20/07/2007) avec ma mère à sa sortie. Je n'ai pas du tout aimé. C'est violent. Les seuls personnages féminins sont des "putes", c'est paraît-il un film crépusculaire comme je l'ai lu et entendu.
Je préfère de beaucoup trois films dont Un monde parfait (1993) avec Kevin Costner et Minuit dans le jardin du bien et du mal (1997) avec Kevin Spacey et Jude Law. Ce dernier film comporte quelques longueurs mais il donne envie d'aller visiter la ville de Savannah. Je pense qu'il a très bien su recréer l'ambiance du Sud des Etats-Unis, un peu figé et décadent. Un monde parfait a permis à Kevin Costner, après Danse avec les loups (1991), de changer de registre. Il joue un évadé de prison qui kidnappe un petit garçon. Une sorte d'amitié naît entre les deux. Ce film dégage beaucoup de sensibilité. Sinon Bird (1988), avec Forest Whitaker retraçant la vie de Charlie Parker, pour ceux qui aiment le jazz ou même pour ceux qui ne l'aiment pas, est absolument magnifique. Je recommande donc vraiment ces trois films, essayez de les voir.

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