Le blog de Dasola
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29 mai 2007

Still Life - Jia Zhang Ke

Still Life de Jia Zhang Ke m'a fait beaucoup penser au documentaire A l'ouest des Rails de Wang Bing qui a filmé, de 1999 à 2001, la lente agonie des usines et des hommes dans l'effondrement final d'un système. Le documentaire dure plus de 11 heures et il est sorti il y a presque 2 ans. Still Life se passe dans la région des Trois Gorges où le 2ème plus grand barrage hydroélectrique du monde est en construction. Des villes et villages vont être engloutis et des populations déplacées. Un homme arrive de la province de Sechouan, il a perdu de vue sa femme et sa fille depuis 16 ans. Il voudrait surtout revoir sa fille. Une femme arrive aussi de la même province. Elle n'a aucune nouvelle de son mari depuis deux ans. Des petits intertitres rythment le film : cigarettes, alcool, thé et bonbons. Ils symbolisent les petits échanges entre les personnes. On sent une certaine solidarité. Ils acceptent leur sort avec résignation. Une page se tourne. La nouvelle Chine est en marche avec tous les dégâts collatéraux que cela implique, surtout sur les paysages qui changent et s'enlaidissent, et la vie de misère des gens qui ne s'améliore pas.

1 juin 2007

Jean-Claude Brialy

Jean-Claude Brialy (1933-2007) vient de nous quitter le 30 mai, pratiquement 25 ans, à deux jours près, après la disparition de Romy Schneider dont il avait été le confident et l'ami. A part dans les films le Beau Serge (1958) de Claude Chabrol et Le genou de Claire (1970) d'Eric Rohmer, il n'a jamais été un acteur de premier plan mais plutôt un excellent second rôle, s'autoparodiant lui-même parfois. Il a réalisé son premier film, Eglantine avec Valentine Tessier, en 1971. J'avais 9 ans mais je me rappelle très bien l'avoir vu et aimé à l'époque. C'était très nostalgique et semble-t-il assez autobiographique. Etant aussi acteur de théâtre, il était propriétaire du théâtre des Bouffes Parisiens à Paris. Il a écrit deux livres de souvenirs. C'est une figure du cinéma français qui s'éteint.

17 mars 2008

Mygale - Thierry Jonquet

Comme son nom l'indique, le roman est venimeux mais surtout noir, très noir et dévoilant les penchants pervers du genre humain. J'ai découvert T. Jonquet avec Moloch, Les orpailleurs, Mon vieux et Ad vitam aeternam. Chaque fois, les intrigues sont très différentes et certaines relèvent presque du fantastique (Ad vitam aeternam). Mygale, en édition Folio policier, est un court roman composé de 3 chapitres : l'araignée, le venin et la proie. Trois histoires narrées en parallèle vont se rejoindre à la fin. Dans la 1ère histoire, Richard Lafargue, chirurgien esthétique, vit avec une belle jeune femme, Eve, qu'il semble retenir prisonnière dans une belle demeure. De temps en temps, pour assouvir ses instincts, il organise des rendez-vous galants entre Eve et des clients. De plus il va voir une jeune femme, Viviane, internée dans un hôpital psychiatrique. Dans la 2ème histoire, imprimée en italiques, un jeune homme dont on saura le nom plus tard (Vincent Moreau) est enlevé et séquestré par un homme qu'il surnomme "Mygale". Cette histoire se passe antérieurement à la première. Dans la 3ème histoire, Alex Barny, un malfrat en fuite, se cache. Il est blessé. Au fur et à mesure, Thierry Jonquet révèle les liens tissés entre les personnages. Eve et Vincent, Richard et Viviane, Alex et Vincent. Qui est Eve? Est-elle une victime consentante ou non? Quelles sont les motivations de Richard? Qui est Mygale? Ce roman est une bonne introduction pour découvrir Thierry Jonquet (même si j'en ai vraiment préféré d'autres).

PS du 25/08/2011: Aldomovar a tiré un film de ce roman, La piel que habito.

6 septembre 2007

La Charité sur Loire - Une des villes du livre

J'ai passé 4 jours à la Charité sur Loire sur les bords de la Loire, dans le département de la Nièvre en région Bourgogne. Je donne toutes ces précisions, car je dois dire qu'avant d'y aller, je ne connaissais pas du tout et j'en avais à peine entendu parler. Il est regrettable que des personnes (dont je fais partie) puissent être d'une telle ignorance pour ce qui concernent certaines régions de notre beau pays. Pour en revenir à la Charité, dont l'Eglise Notre-Dame, édifice clunisien, a été classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco, la première vision que j'en ai eue fut celle de mon arrivée en voiture juste avant de traverser le vieux pont. Magnifique. Par ailleurs, La Charité est connue comme "Ville du livre". En effet, de grandes librairies d'occasion sont installées pas loin les unes des autres. Pour ma part, je suis rentrée dans trois d'entre elles. Si l'on fouille un peu, on peut trouver son bonheur pour pas très cher, des livres souvent épuisés à 1, 2 ou 3 euros voire plus chers selon le titre et l'année d'édition. Le bonheur est absolu pour ceux qui aiment. D'autres villes du livre existent, notamment Bécherel en Bretagne ou Moulismes dans la Vienne (pour parler de régions que je connais).

19 février 2008

Assurance sur la mort - Billy Wilder

Barbara Stanwick et Fred Mc Murray sont les héros de ce film (récemment chroniqué par Jade). Assurance sur la mort (Double indemnity) de Billy Wilder (1944) est tiré d'un roman de James M. Cain qui est aussi l'auteur du Facteur sonne toujours deux fois. Dès que le film commence, on sait déjà comment il finit. Walter Neff (Fred Mc Murray), agent d'assurances depuis au moins 11 ans, raconte sa mésaventure sur un magnétophone à l'intention de son collègue Barton Keyes (Edward G. Robinson). Neff a tué un homme pour s'assurer et une femme et de l'argent (100 000 dollars). Au bout du compte, il ne récupère ni l'une, ni l'autre (là, nous en sommes dans les 6 premières minutes du film). L'histoire est un long flash-back. Neff, à l'occasion d'un démarcharge à domicile pour renouveler une assurance, tombe instantanément amoureux d'une femme, Phyllis Dietrichson (Barbara Stanwick), blonde fatale s'il en est. Elle est mariée à un homme qu'elle n'aime pas (dit-elle). Avec sa complicité, Neff échafaude un plan pour se débarrasser du mari en faisant croire à un accident de chemin de fer. En effet, le mari (pas sympathique, il est vrai) a contracté, "à l'insu de son plein gré", une assurance avec une clause de double indemnité en cas d'accident (de train par exemple). Malheureusement, le crime commis (hors champ), Neff a le pressentiment que tout va aller mal. Et effectivement, il se retrouve le dindon de cette farce tragique où l'on se rend compte que Phyllis est une "garce" et que Neff, lui-même, est un meurtrier de sang-froid. La réalisation de Billy Wilder (auteur aussi du scénario adapté) fait de ce long métrage un des chefs-d'oeuvre du 7ème art. Les réalisateurs d'aujourd'hui devraient s'en inspirer. A la différence du crime commis, la mécanique du scénario est sans défaut, tout va à toute allure sans temps mort. La superbe musique de Milos Rosza complète la qualité de l'ensemble. Merci à Jade de m'avoir fait penser à revoir ce film.

16 septembre 2007

Sicko - Michael Moore

Le nouveau brûlot de Michael Moore, Sicko (malade en anglais), traite de la dure loi du système d'assurance maladie aux Etats-Unis, mais Michael Moore ne fait qu'effleurer les rapports, où des sommes conséquentes sont en jeu, entre les hommes politiques et ces sociétés d'assurance. Une loi sur la couverture médicale universelle est toujours remise sine die. Comme dans ses films précédents, il suit et interviewe quelques "victimes" américaines de ce système. Mieux vaut être très riche et bien portant que pauvre ou qu'un peu riche et malade. Il montre que des gens s'endettent ou vendent tous leurs biens pour pouvoir se soigner. Un homme a eu deux doigts coupés par accident, l'annulaire et le majeur. Recoudre l'annulaire coûtait 12000 dollars, recoudre le majeur, 60000 dollars. Il ne s'est fait recoudre que l'annulaire. Le but pour les assurances est de rembourser le moins possible les assurés en trouvant toujours une bonne raison de ne pas le faire. Une jeune femme souffrant d'un cancer s'est fait soigner au Canada, grâce à un "ami". Justement, au Canada, Michael Moore continue son enquête. Dans ce pays limitrophe des Etats-Unis, la gratuité des soins semble totale, ainsi que dans certains pays européens, comme en Angleterre et en France. Ces situations idylliques tant en France qu'en Angleterre partent d'un constat sympathique mais ne reflètent pas toute la vérité. La dernière partie du film est plutôt "croquignolette", où Michael Moore démontre qu'à Guantanamo et plus largement à Cuba, ennemi juré des Etats-Unis, les gens sont mieux soignés et gratuitement. Pour ce qui me concerne, j'ai beaucoup mieux aimé ce film-ci que Fahrenheit 9/11 qui était raté et plutôt déplaisant à force d'être critique. Là, nous avons un film qui se voit avec intérêt, il y a du suspense. Je pense qu'il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet et il y aurait de la matière pour faire un documentaire sur le système français, par un cinéaste de l'hexagone.

29 septembre 2007

Théâtre en DVD - Jacqueline Maillan

Disparue en 1992, Jacqueline Maillan restera dans nos mémoires et celles des générations futures grâce à la captation de certaines pièces qu'elle a interprétées avec talent. Elle avait un abattage incroyable. C'était Louis de Funès au féminin avec peut-être plus de subtilité. Elle était capable de tout jouer. J'ai eu la chance de la voir en 1989 dans Retour au Désert de Bernard Koltès, mise en scène par Patrice Chéreau. Magnifique interprétation dans un rôle sérieux. Malheureusement cette pièce n'a pas été filmée. En revanche, quelle chance de pouvoir la voir ou la revoir dans Potiche de Barillet et Grédy ou Coup de soleil de Marcel Mithois. Elle est drôle, un vrai clown. Dès qu'une pièce était à l'affiche avec elle, c'était le succès assuré. Je ne vois pas à ma connaissance, à l'heure actuelle, des actrices qui soient de cette trempe. Le moule est cassé me semble-t-il.

21 octobre 2007

Le dictateur - Charlie Chaplin

Film sonore plus que parlant, le Dictateur (1940) de Charlie Chaplin, qui a été diffusé le 14 octobre sur Arte, est ce qu'on peut appeler un chef-d'oeuvre, un vrai. Le plus frappant est que Chaplin, à quelque jours près, était l'exact contemporain d'Hitler. Le film raconte comment un petit barbier juif, sosie d'un dictateur nommé Hinkel (Hitler) en Tomanie, après moult péripéties, se trouve à prendre sa place à la fin de l'histoire pour prêcher la paix et la fraternité. Précédemment, on aura assisté à la montée de la folie d'Hinkel qui veut devenir le Dictateur du monde entier. Et pourtant, il a un rude adversaire en la personne de Napaloni (Mussolini), le Dictateur de Bactérie. Plusieurs scènes d'anthologie restent dans les mémoires. Quand Hinkel fait un discours avec un micro qui se recroqueville devant la logorrhée haineuse, ou quand Hinkel se sert de son "fondement" pour jouer avec une planète Terre en forme de ballon qui éclate à la fin. Concernant la scène où le barbier avale puis régurgite des pièces de monnaie, je ne sais si le terme "morceau de bravoure" est approprié. Et le film est bourré de gags de cet ordre. On ne peut que saluer l'artiste pour cette oeuvre tragique et drôle à la fois.
J'ai aussi visionné les "bonus" qui figurent sur le DVD édité par MK2. Il contient notamment des films amateurs tournés en couleur par Sidney Chaplin, frère de Charlie, sur le plateau de tournage du Dictateur. Par exemple, une scène de fin alternative qui devait succéder au discours final, ou une scène de bal coupée au montage. On s'aperçoit aussi que, pour obtenir la nuance de gris souhaitée par Charlie Chaplin qui filmait en noir et blanc, les vêtements devaient avoir une couleur précise (comme des pantalons rouges pour la milice du dictateur). Ces images en couleur donnent une vision totalement différente de l'oeuvre que nous connaissons.

30 juin 2023

Elémentaire - Peter Sohn

Avec Ta d loi du cine, je suis allée voir en VO Elémentaire, le nouveau film des studios Pixar. J'avoue avoir été un peu déçue. Le scénario tient sur un timbre poste. Brul et Sandra, un couple de "flamboyants" qui sont des éléments de feu, s'installent pour tenir un magasin à Element City où cohabitent les "aériens", les "terriens" et surtout les "aquatiques". L'histoire se focalise sur la rencontre un peu mouvementée de Flam, la fille de Brul et Sandra, avec Flack, un aquatique un peu pataud. Il travaille comme inspecteur pour la mairie. Chez Brul et Sandra, il y a des fuites d'eau inexpliquées dans la plomberie défectueuse, ce qui amène Flack à dresser des contraventions qui obligeraient la boutique des flamboyants à fermer. Bien entendu, Flam n'est pas contente et comme elle a un tempérament de feu si je puis dire, ses accès de colère détruisent tout sur son passage. De fil en aiguille, Flam et Flack vont se côtoyer, mieux se connaître. On peut deviner la fin même si, dans la réalité, les choses ne pourraient pas se passer comme cela. Je dirais que le film est sympathique mais pas amusant. Il n'y a pas vraiment de gags. Je n'ai pas souri, j'ai même trouvé quelques longueurs. C'est dommage. Lire le billet d'Henri Golant. 

28 août 2019

Never grow old - Ivan Kavanaugh

Never grow old, sorti le 7 août 2019, est un film qui a pratiquement disparu des écrans. Il a plus ou moins été boudé par le public et la critique. Dommage car j'ai aimé ce film pour son atmosphère crépusculaire. C'est un Irlandais qui l'a réalisé, en Irlande et au Luxembourg. En 1849, à Garlow, une petite ville sur le chemin de la Californie (c'est l'époque de la ruée vers l'or), le pasteur fait la loi (et non le shérif un peu falot). On ne trouve plus de filles faciles ni de saloon et l'alcool est proscrit. Patrick Tate, le charpentier du village qui est aussi le croque-mort, mène une vie tranquille avec sa femme française et ses deux enfants. Pourtant, il rêve de quitter l'endroit pour rejoindre la Californie. Une nuit (presque tout le film se passe de nuit), un trio d'individus inquiétants, dont un certain Dutch Albert habillé tout en noir, arrivent et s'installent en rachetant le seul bar de la ville pour en faire un saloon, un bordel et une maison de jeux. A partir de là, le chaos s'installe et les morts se multiplient. Il faut noter le travail sur la lumière, les décors avec les gens qui marchent dans la boue tout le temps. Même quand le jour se lève, tout est gris, morose. Il y a du suspense et on se demande comment cela va se terminer. Les acteurs, dont John Cusack (Dutch Albert), sont excellents. Si par hasard, il est projeté par chez vous, allez le voir. Pascale et Ffred le recommandent aussi.

13 août 2019

Une grande fille - Kantemir Balagov

La très bonne critique d'Henri Golant m'a incitée à aller voir Une grande fille de Kantemir Balagov (dont j'avais vu Tesnota). J'ai nettement préféré Une grande fille, qui se passe en un an après la fin la Deuxième guerre mondiale, à Saint-Petersbourg. Le film commence de manière étrange. Le spectateur entend des sons (un genre de sifflement) qui sortent de la bouche de Lya, une grande jeune femme blonde qui doit mesurer plus d'un mètre quatre-vingt cinq, d'où son surnom de "la girafe". Elle est dans un état de catalepsie. Elle travaille comme aide-soignante dans un hôpital où sont soignés des soldats revenus de la guerre, plus ou moins grièvement blessés. Sinon, elle s'occupe de Paschka, un petit garçon qui l'appelle maman et que l'on croit être son fils. Elle dort avec lui dans le même lit, dans une pièce parmi d'autres d'un immense appartement. Et on réalise très vite que de nombreuses autres personnes vivent dans ce même appartement avec une cuisine et une salle de bain communes. Par une simple réplique, on comprend que la nourriture manque. La population, dans cette après-guerre en Russie sous le régime stalinien, vit dans la faim et le froid. Macha, l'amie de Lya, arrive un jour sans prévenir. Autant Lya parle peu, autant Macha est volubile, même si elle ne raconte pas tout ce qu'elle a subi pendant la guerre. On sent les deux jeunes femmes très unies mêmes si elles sont très différentes. L'une ne pourra plus enfanter, l'autre peut-être, on ne sait pas non plus ce qu'elles vont devenir, la fin reste ouverte mais cela ne m'a pas dérangée. ll y a quelques rôles secondaires intéressants comme le médecin de l'hôpital ou le garçon amoureux de Macha. Il faut noter le très beau travail sur la lumière, le cadre, les décors, les costumes. Les acteurs sont filmés en plan large ou serré. Cette réalisation est d'une grande maîtrise. J'ai vu ce film de 2H17 sans m'ennuyer, et pourtant l'histoire n'est pas gaie. Lire les billets de Pascale et Anne, nettement moins convaincues.

6 août 2019

Les Faussaires de Manhattan - Marielle Heller

Quand je suis allée voir Les faussaires de Manhattan, je m'attendais à voir une comédie, du fait que le rôle principal est interprété par Melissa McCarthy que j'ai découverte dans Les flingueuses et Spy (deux films hilarants). Et bien pas du tout, c'est plutôt une comédie dramatique (avec plus de drame que de comédie). Les faussaires de Manhattan s'inspire d'une histoire vraie qui a commencé en 1991 à New-York. Lee Israel (Melissa McCarthy) est une femme écrivain qui a écrit des biographies sur des personnalités un peu oubliées. Elle a du mal à joindre les deux bouts pour payer son loyer dans un appartement dans la 86ème rue et pour soigner sa chatte de 12 ans, qui est malade. Lee n'est pas une femme commode. Elle est négligée, son appartement est un dépotoir et elle boit un peu trop. Elle ne fait rien pour se mettre à son avantage. Un jour, pour pouvoir payer son loyer et le reste, Lee a l'idée de falsifier des lettres d'écrivains ou de personnes célèbres (mais plus très à la mode) comme Noël Coward, Dorothy Parker ou Fanny Brice. Soit elle les crée de toutes pièces en les tapant sur de vieilles machines à écrire, soit elle dérobe de vraies lettres dans des bibliothèques universitaires qu'elle remplace par des fausses. Elle les revend auprès de libraires spécialisés qui n'y voient au début que du feu. Elle est aidée dans son entreprises par Jack Hock (Richard E. Grant), un homosexuel qui a couché avec tout Manhattan. Ces deux êtres ne sont pas très fréquentables mais attachants. Bien entendu, ils vont être démasqués. Melissa McCarthy dans un registre relativement dramatique est remarquable. Un film à voir pour les acteurs et pour New-York.

31 juillet 2019

Le roi lion - Jon Favreau

J'ai hésité à aller Le roi lion de Jon Favreau, n'ayant pas trop aimé le dessin animé sorti il y a 25 ans. J'ai eu un peu peur que ça me déplaise devant les cinq premières minutes avec ces animaux qui parlent humain. Ensuite, je me suis laissée porter par les images et l'animation. J'ai été bluffée par ces animaux que l'on croirait vrais au milieu de cette savane africaine. Et bien ils sont entièrement artificiels. Les ordinateurs font vraiment des merveilles. Entre le film de 1994 et celui sorti cette année, les histoires sont identiques avec pratiquement les mêmes plans. Je ne me rappelais plus le rôle central des hyènes. Cette histoire qui s'inspire en partie d'Hamlet se passe donc en Afrique dans une tribu de lions. Mufasa vient d'être papa et son fils Simba est présenté à toute la faune alentour. Le frère de Mufasa, Scar (balafre, cicatrice), ronge son frein. Il est jaloux et veut devenir roi à la place de son frère qu'il hait. Avec toute sa persuasion, il rallie les hyènes à ses côtés. Accusant Simba de la mort de Mufasa, Scar le chasse du clan. Après une période d'errance, Simba trouve du soutien de la part de Timon, un suricate, et Pimbaa, un phacochère "grassouillet" mais courageux. Le film permet de réécouter la chanson "Hakuna Matata" avec une musique d'Elton John. Le long-métrage dure presque deux heures et il n'y avait que des adultes dans la salle. Personnellement, je trouve qu'il y a, comme dans le dessin animé, des passages un peu effrayants pour les tout-petits. Un film aussi recommandé par Pascale.

21 avril 2019

El Reino - Rodrigo Sorogoyen

Le film m'a tellement plu que je l'ai vu deux fois. Et la deuxième vision m'a éclairée sur certains passages que je n'avais pas forcément compris. El Reino (Le règne) est un film de suspense qui va crescendo. La musique de fond très syncopée renforce le côté tendu de cette histoire d'hommes d'un parti politique espagnol dont on ne connaît pas la tendance. On apprend très vite que certains de ces hommes sont corrompus, qu'ils sont coupables de s'être enrichis sur le dos de l'Europe et et des contribuables, d'avoir des comptes en Suisse ou en Andorre, de prévarication. etc. Parmi ces hommes, on se concentre sur Manuel Lopez-Vidal qui va est au coeur du scandale mis au jour par une commission d'enquête. La caméra ne le lâche pratiquement pas. Il est de tous les plans, de dos ou de face. Antonio de la Torre qui joue Perez-Vidal est impressionnant de bout en bout. Le réalisateur a un grand sens de la narration. Cela n'empêche pas quelques ellipses. Tout ne nous est pas expliqué et ces zone d'ombres sont bienvenues. Le film se distingue par quelques séquences d'anthologie: une conversation révélatrice sur un balcon, une recherche de carnets compromettants dans une maison, un accident de voiture tout phares éteints et la séquence finale entre une journaliste, Amaia, et Manuel, sur un plateau de télévision. Le spectateur est scotché à son fauteuil. Un très bon film que je recommande tout comme Pascale. Il faut noter que le réalisateur est connu en France pour Que Dios nos perdone que je recommande de nouveau.

15 avril 2016

Mandarines - Zaza Urushadze

Si vous en avez l'occasion et que le film soit projeté par chez vous, allez voir Mandarines, un film estonien tourné par un réalisateur d'origine georgienne. L'histoire se passe dans les années 90 dans une vallée d'Abkhazie, dans le Caucase, où vit une minorité estonienne. Ivo, un vieux menuisier estonien, fabrique des cageots pour une dernière récolte de mandarines qu'a fait pousser son voisin Margus. La guerre civile est proche. Un soldat tchétchène et un Georgien en train de combattre dans des camps opposés sont gravement blessés, pas loin de chez Ivo qui les recueille et les soigne. Le Tchétchène se jure de tuer le Georgien dès qu'il sera sur pied. Le facteur humain et les éléments extérieurs font que ces deux hommes vont s'unir. Ce huis-clos à quatre personnages est prenant avec quatre comédiens excellents. Le film qui date de 2013 était en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger en 2015. C'est peut-être pour cela qu'il est sorti en France: tant mieux!

4 juillet 2015

Vice-Versa - Pete Docter et Ronaldo del Carmen

Vice-Versa de Pete Docter et Ronaldo del Carmen est la nouvelle production des studios Pixar sous la houlette de Disney. Riley, une petite fille, vient de naître. A l'intérieur de son cerveau, ses émotions, Joie (jolie fille en robe jaune et cheveux bleus), Tristesse (bleu), Colère (rouge), Peur (violet) et Dégoût (vert) se mettent aux commandes. Au fil des ans, les souvenirs gais ou tristes s'emmagasinent dans des boules de différentes couleurs. Heureusement que Joie est là pour empêcher que Tristesse ne commette trop de bévues. Riley grandit et elle arrive à l'âge difficile de la puberté (11 ans+). Une période où le père et la mère prennent la décision de déménager du Minnesota et son climat rude vers la Californie et San Francisco. C'est un véritable déracinement pour Riley: un nouveau départ, une page qui se tourne, une nouvelle maison (triste), de nouveaux camarades d'école, etc. Dans son cerveau, les émotions, les pensées (représentées par un train au dessus du ravin de l'oubli), les centres d'intérêts (des îlots en équilibre instable), l'inconscient et un ami imaginaire rose à trompe appelé Bing Bong sont bien chahutés, rien ne va plus dans ce petit monde où Joie faisait régner l'harmonie. J'ai trouvé ce dessin animé réussi du point de vue animation, en particulier la séquence quand Joie, Tristesse et Bing Bong prennent le raccourci de l'inconscient: ils sont déconstruits en quatre étapes pour devenir des abstractions avant de reprendre leur forme d'origne. C'est très intelligemment fait. Pour le reste, les personnages humains m'ont paru assez simplistes face aux émotions de Riley qui est une petite fille pas très sympathique, somme toute (c'est l'âge bête comme on dit). Un film à voir mais ne vous attendez pas à rire beaucoup. Lire le billet très complet de Princecranoir (très enthousiaste) et celui de ffred (nettement plus réservé). Je me situe entre les deux.

25 août 2011

La Piel que habito - (Pedro) Almodovar

[Suite à la lecture de deux des commentaires sous ce billet, et sans toucher au texte de Dasola, je me permets de signaler que le billet "en question" contient du SPOILER. Avis!
(s) Ta d loi du cine, "squatter" chez Dasola]

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Ma mise entre parenthèse du prénom du réalisateur est volontaire: en effet, cela fait plusieurs film que je vois où ce réalisateur est mentionné uniquement sous son nom de famille dans le générique du début. Envie de créer une "marque", ego surdimensionné ou simple coquetterie? Toujours est-il que le dernier "Almodovar" m'a beaucoup plu, en particulier la deuxième partie plus enlevée et qui est assez fidèle au roman. Le film est flamboyant, cruel et tragique, avec une fin déchirante, où une femme qui a perdu son fils se retrouve face à quelqu'un d'autre. Adapté du roman de Thierry Jonquet, Mygale, que je vous conseille, La Piel que habito (La peau que j'habite) décrit une vengeance terrible d'un homme envers un autre en le transformant en femme. Robert Ledgard (Antonio Banderas très bien dans un registre froid et clinique) est un chirurgien esthétique rongé par le chagrin suite au suicide de sa femme, défigurée par un accident, et à la maladie mentale de sa fille traumatisée par cette tragédie. Je ne vous dirai pas pourquoi il s'en prend au jeune Vicente qui deviendra Vera (Elena Anaya, très belle jeune femme). Toujours est-il que c'est une histoire sur la métamorphose d'un corps, sur la transgénèse, sur le voyeurisme aussi. La demeure où habite Ledgard est truffée de caméras. On se demande jusqu'à quel point Vera n'est pas consentante à propos de ce qui lui arrive. D'une certaine façon Almodovar ou d'autres réalisateurs façonnent leurs acteurs de la même manière. On retrouve le style d'Almodovar dans les plans travaillés, l'image et la couleur (très belles), dans la scène du "Tigre" (pas de très bon goût, mon seul bémol sur ce film). A part ça, je vous conseille de voir ce film qui ne va pas plaire à tout le monde mais qui laisse un souvenir durable (à mon avis, le meilleur Almodovar depuis La mauvaise éducation). Voir les billets de Neil, Thomas Grascoeur, Kathel et Véranne.

20 juin 2007

La trilogie Pusher - Nicolas Winding Refn

Sortis l'été dernier, les trois films de cette trilogie danoise parus dans un coffret DVD, début juin 2007, valent la peine d'être vus. Ils étaient interdits aux moins de 16 ans et de 12 ans à leur sortie, surtout à cause des sujets et de certaines scènes assez gore notamment dans le 3ème. Pusher I (1996) suit le parcours d'un petit malfrat dealer de drogue à Copenhague, poursuivi par la police puis par un petit caïd de la drogue serbe à qui il doit de l'argent. On y aperçoit pendant une ou deux scènes un dénommé Tonny qui est le héros de Pusher II (2004). Le personnage est joué par Madds Mikkelsen (le méchant dans le dernier James Bond et acteur dans deux films de Suzanne Bier, Open Hearts et After the wedding). Dans Pusher II, il sort de prison. Il est le fils d'un vieux truand à la tête d'une bande organisée qui volent de belles voitures neuves et les revendent. Ce fils est un mal-aimé qui est humilié par son père. Il trouvera sa rédemption en découvrant qu'il est lui-même père. Dans Puher III (2005), on retrouve le caïd serbe de Pusher I avec des problèmes très terre-à-terre. Il marie sa fille. Il continue son business tout en assistant à des séances de groupe des Alcooliques Anonymes. Il aidera à faire disparaître des plus méchants que lui. Je pense que l'on peut voir les films séparément mais c'est bien de les voir à la suite. Moi, en tout cas, j'attends de voir le prochain film de Nicolas Winding Refn car il sait filmer, raconter des histoires et il sait diriger les acteurs.

21 juin 2007

Jeanne d'Arc - Robert Bresson

Vendredi 15 juin a été diffusé, sur une chaîne cablée, le film de Robert Bresson, Jeanne d'Arc (1962). Le film dure 62'. Le cinéaste, qui est aussi le scénariste, s'est inspiré des minutes du procès et de celui de la réhabilitation de la Pucelle, 25 ans après. Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre de Bresson, ce film est une bonne introduction. Les plans filmés sont serrés. Il ne filme pas seulement les visages mais aussi les jambes et les pieds. Il y a très peu de musique. Tout ce film est filmé pratiquement en champ/contrechamp. C'est un film excessivement bavard dans le bon sens du terme. Robert Bresson a filmé la quintessence du procès. L'image en noir et blanc est magnifique. Le reproche que l'on peut faire au film est sa durée, beaucoup trop courte. Si, si. Jeanne d'Arc est un grand film et une référence.

PS [du 08/01/2010]: je viens de le revoir en DVD (avec plein de bonus): le titre exact du film est bien Procès de Jeanne d'Arc.

13 avril 2007

Romans policiers

Pour la littérature policière, il n'y a pas que les Américains. Depuis peu, sont apparus des romanciers de polars venus du nord qui viennent d'être traduits en français. Il est dommage qu'il n'y ait pour l'instant pas d'adaptations cinématographiques dignes de ce nom. Certains noms me viennent à l'esprit : Jo Nesbo (norvégien), Gunnar Staalasen (norvégien), Arnaldur Indridason (islandais), Ake Edwardson (suédois), Henning Mankell (suédois).
La télévision suédoise a adapté au moins un des romans de ce dernier, la 5ème femme, dont le héros récurrent est le commissaire Wallander. Depuis quelque temps, la télévision écossaise porte à l'écran les enquêtes de John Rebus de l'auteur écossais Ian Rankin.
Des romans policiers situés au 19ème siècle pourraient donner des films excellents mais évidemment très chers à cause de la reconstitution des époques comme ceux parus dans la collection "Grands Détectives" en poche 10/18.
De très bons romans policiers japonais adaptables existent aux Editions Philippe Picquier.

1 février 2007

La vie des autres - Florian Henckel von Donnersmarck

Ce film qui est le premier du réalisateur confirme le renouveau du cinéma allemand. La Vie des autres (Das Leben der Anderen) débute en novembre 1984, en ex-Allemagne de l'Est à Postdam. A la demande d'un ministre du gouvernement, un fonctionnaire zélé de la Stasi est chargé de surveiller un couple, lui écrivain, elle actrice (le ministre en est amoureux). Ils sont considérés comme trop irréprochables envers le régime pour être honnêtes. Le fonctionnaire est le héros du film. D'espion à l'oeil bleu et froid, il s'humanise et devient dans l'ombre l'allié du couple sans que personne le sache. Grâce à lui, l'écrivain sera sauvé des griffes de la Stasi après avoir réussi à écrire un texte subversif (sur le taux de suicide en Allemagne de l'Est) qu'il arrivera à faire publier à l'Ouest. Le titre La Vie des autres se rapporte au fait que sous le régime communiste, beaucoup de gens dont les intellectuels pouvaient être sur écoute, être espionnés 24 heures sur 24, et le début du film montre les méthodes insidieuses et efficaces pour faire parler les gens qui en sortaient brisés. Certains écrivains n'ont plus écrit. Sur le film proprement dit, les acteurs sont sensationnels avec en tête Ulrich Mühe et l'atmosphère oppressante est très bien rendue avec le travail sur la couleur (pas de rouge mais de l'orange).

4 octobre 2007

Train de nuit pour Lisbonne - Pascal Mercier

Je viens de lire avec passion Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier, paru en 2006 aux Editions Maren Sell, dont le héros est professeur de latin et grec et enseigne aussi l'hébreu. Raimund Gregorius donne ses cours dans un lycée de Berne, ville de la Suisse alémanique. Quand le roman commence, Gregorius se prépare à partir au lycée à pied comme d'habitude. En traversant un pont, sa rencontre avec une femme qui se dit être "portuguès" puis l'achat d'un livre "Um ourives das palavras" (Un orfèvre des mots) d'un dénommé Amadeu de Prado qu'il trouve dans une librairie va lui faire tout quitter, sa ville de Berne, le lycée, ses élèves et sa petite vie tranquille. Il se retrouve au Portugal, à Lisbonne. Là, il mène une enquête pour savoir qui était ce Amadeu de Prado. Au début, il se fait traduire le roman oralement puis au fur et à mesure, il se met à apprendre le portugais pour bien s'en imprégner. Il rencontre des personnes qui ont cotoyé Amadeu décédé 30 ans auparavant, dont ses soeurs Adriana et Mélodie et un ancien ami de lycée. Amadeu, devenu médecin, culpabilisera d'avoir sauvé un des sbires du terrible général Salazar. Comme Gregorius, il joue aux échecs. Homme brillant et d'une intelligence supérieure, Amadeu souffre de fêlures intérieures que l'on découvre peu à peu grâce à des lettres qu'il a écrites et à ce livre qui est une suite de pensées personnelles à tendance philosophique. J'ai été sensible à l'atmosphère de ce livre qui se passe hors du temps. Tout est figé. L'histoire se passe vers 2004 et pourtant, il n'y a pas de portable, pas d'internet. Il n'y a que le téléphone fixe. Le roman est très agréable sans être toujours très facile d'accès, mais on se sent intelligent quand on lit ce genre d'ouvrage. Le romancier, Pascal Mercier, que je ne connaissais pas, est lui-même professeur de philo et cela se sent. Un roman à lire si vous pouvez.

28 novembre 2007

Les bourreaux meurent aussi - Fritz Lang

Ressorti dans une salle à Paris, le 24 octobre dernier, je viens de voir Les bourreaux meurent aussi (Hangmen also die) de Fritz Lang, aussi scénariste du film avec Bertold Brecht. Le film date de 1943 et raconte la traque de l'assassin de Reinhard Heydrich, protecteur de Bohême-Moravie, dauphin d'Hitler. Dans la réalité, le meurtre fut commis le 27 mai 1942 par la Résistance Tchèque. Filmé en noir et blanc avec des vues de Prague de cette époque, les Allemands parlent allemand et les Tchèques (joués par des acteurs anglo-saxons) parlent anglais. L'histoire commence juste avant que Reinhard Heydrich, surnommé "Le bourreau", ne soit assassiné (même le bourreau meurt). L'acteur qui joue Heydrich est une caricature du vrai, accentuée par des lèvres que l'on devine écarlates comme s'il avait mis du rouge à lèvres. Les autres Allemands, la plupart de la Gestapo, ont vraiment la tête de l'emploi. Suite à l'attentat, des Tchèques sont pris en otages et fusillés les uns après les autres en attendant que le vrai meurtrier soit arrêté. Ce dernier est un chirurgien que l'on voit dès le début du film en train de fuir. Il est recueilli par une famille. Il se fait appeler Vanek mais son vrai nom de famille est Svoboda (Liberté) en langue tchèque. Tout un symbole. Grâce à la population praguoise, un autre Tchèque, qui s'avère être un traître à son peuple, servira de bouc-émissaire et sera exécuté. Tout est bien qui finit (presque) bien pour Fritz Lang. Dans la réalité, le village de Lidice sera rasé de la carte. Toute la population sera exécutée ou déportée. Puis d'autres représailles suivront: plus de 1000 personnes en seront les victimes. Quand Fritz Lang a réalisé le film, la Seconde Guerre Mondiale allait durer encore deux ans.

19 novembre 2007

Pierre Granier-Deferre est décédé

Pierre Granier-Deferre (1927-2007) vient de disparaître vendredi 16 novembre à l'âge de 80 ans après une carrière de réalisateur de cinéma et de télévision. Parmi les films qu'il a réalisés, j'ai beaucoup aimé La Horse (1970), Le Chat (1971), La Veuve Couderc (1971), Le Train (1973), Une Femme à sa fenêtre (1976), Une Etrange affaire (1981) (1), L'Etoile du Nord (1982). De facture classique, la plupart des films de Pierre Granier-Deferre étaient de grande qualité grâce aux acteurs et aux scénarii, adaptés de romans de Simenon (Le Chat, La Veuve Couderc, le Train, l'Etoile du Nord) voire de Drieu La Rochelle (Une femme à sa fenêtre). J'ai fait découvrir Le Chat, il y a quelques mois, à mon ami (en DVD). Cette histoire d'amour et de haine, magistralement interprétée par Jean Gabin et Simone Signoret, pourrait être résumée en une phrase : Ni avec toi, ni sans toi. Les autres oeuvres citées ont aussi bénéficié d'un casting de premier ordre : Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant, Philippe Noiret, Michel Piccoli. Dans les dernières années, il a tourné, pour la télévision, une quinzaine d'épisodes de Maigret (toujours d'après Simenon, dont il faisait l'adaptation) interprété par Bruno Cremer. J'en possède quelques-uns, dans la série des Maigret édités par One plus One Production en DVD zone 2. Un réalisateur discret mais de talent s'en est allé.

(1) Chroniqué le 09/07/2020.

22 novembre 2007

Le trou - Jacques Becker

Tourné en 1960, Le Trou fut le dernier film de Jacques Becker décédé la même année. C'est un excellent film très sobre joué par des acteurs pas trop connus comme Philippe Leroy, Jean Keraudy, Mark Michel ou Raymond Meunier et Michel Constantin. Sans aucun effet spécial mais la caméra au plus près des comédiens, Jacques Becker nous tient en haleine pendant 2h10. Même l'absence de musique donne une tension à l'ensemble. Adaptée d'un roman de José Giovanni, l'histoire se passe à la prison de la Santé à Paris à la fin des années 50. Dans une cellule à quatre détenus, un cinquième arrive. Assez vite, il est mis dans la confidence: les quatre autres, qui risquent de lourdes peines de prison, ont décidé de s'évader avant de passer en jugement. Roland, un des quatre, n'en n'est pas à sa première tentative d'évasion. Son plan est de faire un trou dans un coin de la cellule, de creuser pour arriver dans les sous-sols de la prison et passer par les égouts. Malgré les personnages peu recommandables (mais on ne connaît pas leur délit), on aimerait bien qu'ils y arrivent. Ils sont solidaires, ils s'épaulent en permanence. Dans d'autres circonstances, ils pourraient être amis. Je ne raconterai pas la fin à savoir s'ils parviennent à s'évader ou non. Le suspense est soutenu jusqu'au bout. J'ai visionné ce film avec une image et un son de très grande qualité grâce à la collection DVD Criterion, éditée par les Américains en zone 1. Le Trou existe aussi en DVD zone 2. [cf. aussi seconde chronique le 7 juillet 2015]

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