Le blog de Dasola
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3 mai 2026

Hayat - Zeki Demirkubuz

Hayat (Vie) de Zeki Demirkubuz que j'ai vu la semaine de sa sortie, le 15 avril 2026, est un film de 2h40 assez dur sur la condition des femmes jeunes ou moins jeunes en Turquie et sur le patriarcat étouffant tant pour les femmes que pour les hommes. L'histoire se passe dans un village rural en Turquie puis à Istanbul. Mehmet, le père d'Hicran, n'accepte pas que sa fille se soit enfuie le lendemain de ses fiançailles avant un mariage arrangé. On lui avait trouvé comme fiancé Riza (plutôt pas mal physiquement), un jeune boulanger. La première partie du film met l'accent sur Riza qui ne comprend pas pourquoi Hicran est partie. Il va jusqu'à tout abandonner pour essayer de la retrouver à Istanbul tandis que le père d'Hicran, fou de rage, promet qu'il tuera sa fille si cette dernière revient. Jusqu'à sa fuite, Hicran vivait avec son père, sa mère (très soumise) et sa jeune soeur. Dans la deuxième grande partie du film, la narration se focalise sur Hicran (Miray Daner) qui retourne chez ses parents avant ou après qu'elle ait vécu brièvement avec un veuf qu'elle n'aime pas vraiment. La chronologie des événements devient floue. Il y a des moments où le réalisateur nous perd (enfin moi) avec un mélange de rêve et de réalité. Personnellement, j'ai trouvé que tous les acteurs étaient bons. Il y a très peu de salles qui le projettent mais le film n'est pas facile et il est long. C'est peut-être pour cela que, datant de 2023, Hayat n'est sorti en salle que cette année en France. J'ajouterai que je ne me suis pas ennuyée.

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Ceci est mon dernier billet avant une dizaine de jours. Je ne m'en vais pas très loin de France mais loin d'Internet. Je ne manquerai pas de publier à mon retour un ou plusieurs billets sur mon voyage. 

29 mai 2026

L'être aimé - Rodrigo Sorogoyen

Il faut voir L'être aimé de Rodrigo Sorogoyen qui était en compétition dans la sélection officielle au dernier festival international du film de Cannes 2026 pour au moins deux séquences, la séquence d'ouverture où un père et sa fille s'affrontent alors qu'ils ne se sont pas vus depuis des années, et celle du tournage d'une scène d'un film dans le film sur l'île de Fuerteventura (une des îles des Canaries). Javier Bardem, exceptionnel, a trouvé un de ses meilleurs rôles. Il interprète Esteban Martinez, un réalisateur célèbre qui, après s'être exilé aux Etats-Unis, revient en Espagne pour tourner un film, "Desierto"; et en même temps, il souhaite renouer avec sa fille Emilia. Cette dernière travaille comme serveuse dans un bar et est actrice à ses moments perdus. Pour doper la carrière de sa fille, Esteban lui propose l'un des rôles principaux. À partir de là, on se rend compte du caractère tyrannique d'Esteban envers l'équipe du tournage, envers son entourage, envers sa fille qui lui en veut de l'avoir abandonnée ainsi que sa mère plusieurs années auparavant sans une explication. Le film ne laisse pas de répit au spectateur, c'est prenant de bout en bout. Les paysages désolés de l'île où le vent souffle sont magnifiques. La réalisation de Sorogoyen est remarquable. Un film qui aurait mérité un prix à Cannes, au moins celui d'interprétation à Javier Bardem qui, dans son regard, fait passer beaucoup de choses. La seule question que je me suis posée était quel est l'intérêt du petit rôle tenu par Marina Foïs, qui ne sert pas à grand-chose. Lire les billets de Pascale, Selenie et Princecranoir.

4 juin 2026

Le virtuose - Daniel Roher

Je viens de voir Le virtuose de Daniel Roher, un film assez sympathique où l'on entend de la musique classique, un peu de jazz et où on a le plaisir de voir Dustin Hoffman (88 ans) dans un petit rôle, celui d'Harry Horowitz, un accordeur de piano qui a pris sous son aile Niki White (Leo Woodall, très bien), un jeune qui a l'oreille absolue. Ce dernier souffre d'hyperacousie et pour cela, il porte des oreillettes et un casque pour atténuer les bruits alentour qu'il ne supporte pas. Il est aussi hypermnésique. Niki est un accordeur de grand talent mais par un concours de circonstances que je ne vous dévoilerai pas, il devient aussi ouvreur de coffres-forts en compagnie d'une bande de malfrats qui s'avèrent violents. Niki accepte ce "travail" car Harry est hospitalisé mais il ne peut pas régler le montant prohibitif des soins. C'est grâce à l'argent gagné de façon malhonnête que l'hôpital peut être payé. Par ailleurs, Niki fait connaissance avec Ruthie, une jeune femme pianiste et compositrice. Je ne vous dirai pas comment le film se termine, cela serait dommage. Ce film très plaisant vaut la peine d'être vu. Lire le billet de Selenie. 

29 juin 2026

Une année italienne - Laura Samani / Shana - Lila Pinell

Shana de Lila Pinell a bénéficié de très bonnes critiques et c'est plutôt justifié même si je n'ai pas eu le coup de foudre pour ce film. Quelque part en banlieue de région parisienne (?), Shana est une jeune trentenaire d'origine juive marocaine (elle se garde de le dire aux amies qu'elle fréquente). Je ne suis pas sûre qu'elle ait un travail fixe mais pendant que Moïse, son compagnon dealer (très geignard) purge une peine de prison (il fait des allers-retours entre la liberté et la prison), Shana s'occupe de récupérer l'argent de la drogue (à petite échelle). Mais c'est une fille qui a le coeur sur la main et elle fait souvent crédit. Sa grand-mère Marie/Miriam décède en lui léguant une jolie bague. Cette bague va provoquer quelques remous dans sa vie agitée. Shana a une demi-soeur, Ilana, un frère et surtout Yolande, sa mère (Noamie Lvovsky) qui n'arrête pas de la critiquer sur la vie qu'elle mène (même si elle ne sait pas tout). Lors de la préparation de la BM (Bat* Mitzvah) d'Ilana, Shana et sa mère se disent leurs quatre vérités. Eva Huault qui interprète Shana crève l'écran mais j'ai trouvé le scénario un peu léger. La grande qualité du film est qu'il ne dure qu'une heure vingt.

(et non Bar Mitzvah (pour les garçons) comme Keisha l'a fait justement remarquer dans son commentaire)

Je passe à Une année italienne de Laura Samani. L'histoire se passe à Trieste en Italie en 2007. Le scénario est adapté d'une nouvelle écrite par Giani Stuparich (1891-1961) parue en 1929. Je ne connais pas cet écrivain. Fredrika (Fred), une jeune Suédoise, intègre une classe de terminale entièrement masculine. Elle accompagne son père qui fait une mission temporaire dans une usine. Fred attire tout de suite l'attention sur elle et en particulier, trois élèves (Antero, Pasini et Matis très bien interprétés par des jeunes dont c'est le premier film) se lient avec elle. Ils deviennent inséparables mais bien évidemment le sentiment amoureux s'en mêle. L'amitié entre les trois garçons est mise à rude épreuve. C'est un film solaire. La réalisatrice qui est née à Trieste filme très bien sa ville. Un film à voir. Lire le billet de Pascale.

19 mars 2007

Studio Ealing

En  DVD, grâce à la passion du cinéma de Bertrand Tavernier, sont parus huit films produits par les studios Ealing dont les 5 plus célèbres sont Noblesse Oblige (Kind Hearts and Coronets) (1949), Tueurs de dames (Lady Killers, 1955), Whisky à gogo (Whisky Galore, 1949), L'Homme au complet blanc (The man in the white suit, 1951) et De l'Or en barres (The Lavender Hill Mob, 1951) complétés par Went the day well? (1942), Champagne Charlie (1944) et Il pleut toujours le dimanche (It always rains on sunday, 1947), ces trois derniers inédits en salle en France, me semble-t-il. Ces studios Ealing ont été dirigés par un grand producteur, Sir Michael Balcon, grand-père de Daniel Day Lewis. A les redécouvrir aujourd'hui, certains ont un charme désuet comme Champagne Charlie mais ils ont certainement vieilli. En revanche, j'éprouve un grand plaisir de revoir Noblesse Oblige et Tueurs de dames qui ont un humour "so british". Si vous ne les connaissez pas encore, découvrez-les.

21 juillet 2026

The Last Viking - Anders Thomas Jensen

The Last Viking du réalisateur danois Thomas Anders Jensen (à qui l'on doit Adam's Apple, Les Bouchers verts ou Men and Chicken) est une tragi-comédie déjantée mais très sympathique et plutôt émouvante qui se passe de nos jours et aussi dans le passé. Au Danemark, Anker vient de commettre un hold-up et il a gardé tout l'argent dans un sac. Il demande à son frère Manfred de cacher ce sac près de la maison de leur enfance en pleine forêt. Peu de temps après, Anker est arrêté et purge une peine de quinze ans de détention. Dès sa sortie de prison, il retrouve son frère à qui il demande où est caché l'argent. A partir de là, on se rend vraiment compte que Manfred a un trouble dissociatif d'identité, il se prend pour John Lennon et Anker est désarçonné devant l'attitude de Manfred (Mads Mikkelsen avec une coiffure improbable). Il n'arrive pas à appeler son frère "John". Par réflexe ou en guise de représailles, Manfred/John se jette par la fenêtre la plus proche dès que son frère l'appelle Manfred. La première fois, ça prend le spectateur par surprise et les fois d'après aussi. Quand l'histoire se déplace dans la campagne danoise pleine de conifères, j'ai admiré le paysage sublime et la maison familiale en bord de route mais perdue au milieu de nulle part. C'est là que l'on en apprend beaucoup sur l'enfance des deux garçons avec Manfred qui aimait porter un casque viking à cause duquel leur père le méprisait et le battait. Ce que je vous raconte n'est qu'une partie de ce film sur l'amour entre deux frères qui partagent un lourd secret. Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Haas qui interprète Anker sont formidables comme tous les autres acteurs. C'est une comédie noire empreinte de beaucoup d'humanité. Je conseille tout comme Henri Golant et DameSkarlette. 

28 juillet 2026

Sudden Fear - David Miller

L'été, c'est l'occasion de (re)voir des reprises de films récents ou non. Pour ce qui me concerne, je suis allée voir un film réalisé par David Miller que je n'avais jamais vu, Sudden Fear (Le masque arraché en VF) qui date de 1952: un film noir en noir et blanc avec Joan Crawford (1906-1977), Jack Palance (1919-2006), Gloria Grahame (1923-1981) (et Mike Connors [1925-2017, Mannix] dans son premier rôle au cinéma). Myra Hudson (Joan Crawford), une dramaturge de talent ET très riche assiste aux répétitions de sa nouvelle pièce à Broadway avant de repartir pour San Francisco où elle habite. Elle est très contente de ce qu'elle voit, sauf le premier rôle masculin interprété par Lester Blaine (Jack Palance avec son visage taillé à serpe) qui ne fait vraiment pas jeune premier romantique. Il est remplacé par un autre acteur. On apprend que la pièce est un triomphe. Sur le chemin du retour vers la Californie qu'elle effectue en train, Myra croise Lester qui, lui, devait s'arrêter à Chicago. En fin de compte, Myra tombe sous le charme de Lester (si, si) et va jusqu'à se marier avec lui. A partir de là, intervient la jeune beauté fatale, Irène (Gloria Grahame qui avait l'habitude de ce genre de rôle). Lester est amoureux depuis toujours d'Irène. Myra l'apprend par l'intermédiaire d'un magnétophone enregistreur. Toute la dernière partie du film est une course poursuite à pied et en voiture de nuit dans un très beau noir et blanc dans les rues désertes de San Francisco. La fin est inattendue mais je n'ai pas tout dit. Ce film qui dure 1h50 m'a bien plu. Il a été nommé quatre fois aux Oscars mais ce fut un échec commercial. Je ne sais pas du tout s'il passera dans les salles en province. J'ai voulu préciser les dates de naissance et de décès des acteurs principaux car je ne sais pas si la jeune génération en ont entendu parler. En effet, je me suis sentie bien vieille quand Robert Redford est décédé l'année dernière et qu'un trentenaire m'a demandé "Qui c'était?": il ne le connaissait pas.

5 août 2026

Le triangle d'or - Hélène Rosselet-Ruizh

Avec Le triangle d'or, la réalisatrice Helène Rosselet-Ruiz nous emmène dans un quartier de Paris se situant entre Les Champs-Elysées, l'avenue Montaigne et l'avenue George V, c'est-à-dire parmi ce qu'il y a de plus cher dans l'immobilier à Paris. Dès le début du film, dans un hôtel particulier, différentes femmes passent un entretien pour un emploi auprès de Souria, une saoudienne maîtresse d'un émir. On la cache car personne ne doit le savoir. Laura qui a furieusement besoin d'argent est prête à être disponible H24. C'est elle qui est prise et qui est payée "au black". Dès le début, on peut constater que Laura et les personnes présentes sont surveillées par des caméras installées dans chaque pièce de l'hôtel particulier à plusieurs étages. Il y a même une piscine intérieure et dans une autre, une panthère noire gavée d'anxiolytiques derrière des barreaux. Personne ne s'en occupe. Laura fait de son mieux pour toutes les tâches demandées bien que Souria* la prenne vraiment pour sa "boniche" en ne disant jamais "merci" ni "s'il vous plaît". Elle lui parle et se comporte mal. Mais le sort de Souria n'est pas enviable non plus, car elle ne peut pas sortir de sa cage dorée et ne fait qu'attendre son amant. Petit à petit, les relations entre les deux femmes évoluent avec un peu plus de considération de la part de Souria pour Laura. Je ne vous raconterai pas la fin, pas vraiment optimiste pour l'une d'entre elle. Ce huis-clos étouffant est prenant de bout en bout. La réalisatrice qui est la co-scénariste s'est inspirée de son expérience personnelle.

* et non Soumia (ah l'IA qui corrige sans qu'on lui demande rien est insupportable)

2 août 2026

The Ugly - Yeon Sang-ho

Je viens de voir The Ugly (Le laid ou plutôt La laide en ce qui concerne le film). C'est un film coréen que je conseille absolument. Il n'est sorti que dans cinq salles à Paris et c'est vraiment dommage. The Ugly a été réalisé par Yeon Sang-ho (Dernier train pour Busan). Le scénario est une adaptation d'un roman graphique écrit par le réalisateur. The Ugly se passe sur deux périodes, les années 70 et de nos jours. Quand le film commence, Lim Dong-hwan, le fils d'un artisan aveugle de naissance qui fabrique des sceaux, apprend par la police que l'on vient de découvrir le squelette de sa mère disparue 40 ans plus tôt. Même si elle a été assassinée, il y a prescription. Dans le même temps, une jeune journaliste de télé ambitieuse fait une interview de l'artisan sur son talent miraculeux, mais décide aussi d'enquêter sur la mort de sa femme Jeong Young-hee, mère de Lim Dong-hwan. Le film est composé de cinq interviews et d'un mot de la fin. À chaque interview, on en apprend un peu plus sur la mère, son visage ingrat (il n'y a que le bas de son visage qui est filmé et sinon, elle est filmée de dos dans les flash-back). Ses collègues l'avaient surnommée "tête de cul". On fait la connaissance d'une partie de sa famille qui n'est pas tendre avec elle. On apprend ses démêlés avec sa hiérarchie dans l'usine à la fin des années 70. Avec son mari qui ne peut pas voir son visage, les relations se dégradent. On apprend les dures conditions de travail des femmes dans une usine de confection. Le film est surtout la description d'un drame domestique. On verra enfin à la toute fin le visage de Jeong Young-hee sur une photo. Je ne vous dirai rien à ce sujet. Lire le billet du Bleu du miroir. Je ne suis pas d'accord avec les critiques de Télérama et Libération et celle de Selenie. En revanche Henri Golant a apprécié ce film.

13 août 2026

Les silences de Riyad - Haifaa al-Mansour

Après avoir lu deux mauvaises critiques sur Le Canard enchaîné et Télérama, j'ai voulu quand même me rendre compte par moi-même de ce qu'il en était en allant voir Les silences de Riyad, un film de la Saoudienne Haifaa-al-Mansour (dont j'avais bien apprécié Wadjda). Les silences de Riyad est un film policier qui commence dans le désert. Le corps d'une jeune fille est trouvé étendu sur le sable. Elle a été écrasée par une voiture. On ne sait pas qui elle est. L'enquête restera ouverte tant que l'on ne connaîtra pas son identité mais l'affaire est momentanément classée. Au sein du commissariat chargé de l'affaire, on fait la connaissance de Nawal, une jeune femme divorcée qui scanne et photocopie à longueur de journée des documents. Avec quelques flash-back, on découvre les relations houleuses que Nawal a entretenues avec son mari après le décès de leur fille âgée de deux jours. Nawal se met en tête de découvrir qui était la victime dont on n'a pas déclaré la disparition. Comme la victime était lycéenne, Nawal commence sa quête en visitant quelques lycées dont l'un où elle est très mal reçue. C'est la loi de l'omerta mais Nawal s'accroche. Elle est obstinée même si sa hiérarchie la désapprouve. Elle découvre l'identité de la jeune fille: elle s'appelait Amal. On saura dans les toutes dernières minutes les "Qui, Quoi, Quand, Comment et Pourquoi" de la mort d'Amal. C'est tragique. J'ai vraiment aimé ce film avec un scénario qui tient la route, avec une révélation finale que je n'avais pas devinée. 

15 septembre 2026

Rose - Markus Schleinzer

Rose de Markus Schleinzer (sorti le 9 septembre 2026) est un film tourné dans un très beau noir et blanc. L'histoire se passe au XVIIème siècle, en Prusse, à la fin de la guerre de 30 ans (1618-1648). Une voix off raconte l'histoire de Rose, une soldate qui s'est fait passer pour un homme en s'habillant avec des vêtements masculins. Elle (il) arrive dans une région protestante un peu isolée en affirmant qu'elle (il) est propriétaire d'un domaine laissé à l'abandon. Les villageois l'acceptent vite car elle (il) donne du travail aux paysans vivant aux alentours et elle (il) octroie des salaires corrects. Un paysan du coin décrète que Rose (Monsieur) doit se marier et il lui demande d'épouser une de ses cinq filles car sinon son comportement paraîtrait suspect. Plusieurs mois passent, Susanna, l'épouse de Monsieur (Rose) donne naissance à un bébé. Quelques mois passent de nouveau et des piqûres d'abeilles vont faire que Rose est démasquée, d'abord par Susannah et après par les villageois. Je ne vous dirai pas comment se termine le film mais avant, on assiste à un mini-procès qui condamne Rose. Quelques séquences montrent une fois de plus le grand talent de Sandra Hüller dans le rôle de Rose. Il y a quelques ellipses où l'on comprend que la vie de Rose ne fut pas facile. C'était dur d'être une femme. On retient qu'à cette époque et même après: "porter un pantalon rendait plus libre". Sandra Hüller a été récompensée à juste titre par l'Ours d'argent de la meilleure interprétation au dernier festival de Berlin en février 2026. Je précise que le film est projeté en allemand avec sous-titres français.

4 septembre 2026

Lettres d'amour à ma grand-mère - Lan Hongchun

Voici un film chinois qui risque de passer inaperçu et cela serait dommage. Lettres d'amour à ma grand-mère est sorti cette semaine dans peu de salles à Paris et en province. Il a fait un "carton" au box-office chinois. Il faut prévenir que le film est projeté en VO avec des doubles sous-titres, en chinois standard au dessus et en français en dessous. En effet, le film a été tourné par des non-professionnels dans une province du sud de la Chine. Ils dialoguent en teochew, un dialecte minnan, parlé à l'extrême Est de la province de Guangdong, dans la région de Chaoshan. Le chef-lieu du Guangdong est Canton. L'histoire qui au début démarre à tout allure, se passe de nos jours (2018) avant d'être racontée par flash-back chronologiques à partir de 1945, puis en 1955 et enfin 1978. Pendant toute cette période, on suit le destin de Den Bhagseng parti à l'armée en Thaïlande (Siam) laissant sa jeune épouse Ye Sogriu et ses trois enfants. Etant resté en Thaïlande pendant trois décennies, et ne pouvant rentrer faute d'argent, Den Bhagseng envoyait des lettres mandats (qiaopi) donnant de ses nouvelles et l'argent envoyé permettait à Ye Sogriu de subsister avec ses enfants. Et puis en 1978, Ye Sogriu, à cause d'une photo, coupe les ponts avec Den Bhagseng, ne sachant pas que ce dernier est décédé en 1960. C'est à partir de là qu'intervient une jeune femme formidable, Li Shuhao, une émigrée chinoise vivant en Thaïlande dont je vous laisse découvrir le rôle dans cette histoire émouvante mais pas larmoyante. Grâce à ce film, j'ai découvert ce qu'était les "qiaopi" inscrits au registre Mémoire de monde de l'Unesco. Un film qui m'a plu même si j'ai été perturbée par les sous-titres en chinois. 

28 septembre 2026

Sham - Takashi Miike

Sham (mascarade, simulacre) est un film japonais de Takashi Miike assez surprenant. C'est tiré d'une histoire vraie. Pendant les vingt premières minutes, on voit un instituteur martyriser un de ses jeunes élèves. Il l'humilie, lui tire les oreilles ou le nez. Il lui dit qu'il peut mourir, que sa vie est inutile. Tout le reste du film se concentre sur les conséquences du comportement de cet instituteur qui est obligé de faire son mea culpa, il est mis à pied sans salaire pendant six mois et il doit affronter un procès intenté par les parents (surtout la mère). Bien entendu, il clame son innocence. Il est soutenu par sa femme et son fils. Mais qu'en est-il vraiment?  Et il est harcelé continuellement par une meute de journalistes. On l'accuse pratiquement de meurtre. Concernant la plaignante, la mère au regard très hostile qui fait peur, on ne sait que penser d'elle. Dans les quelques flash-back où on la voit enfant, elle est livrée à elle-même. Le petit garçon aussi est perturbé, il semble atteint de TDAH (Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité). L'ensemble du film dégage une impression de malaise car on ne sait que penser. Jusqu'au bout, je trouve qu'il y a un doute sur ce qui s'est vraiment passé. Un film qui ne laisse pas indifférent. Lire les billets de Pascale et Princecranoir.

4 octobre 2026

Les contrebandiers - Padraic McKinley

Avec mon ami Ta d loi du cine, nous sommes allés voir Les Contrebandiers (sorti le 16 septembre 2026), un film américano-allemand tourné dans les forêts de Bavière, alors que l'histoire est censée se passer en 1933 dans l'Oregon, juste au début du New Deal. Sam Murphy (Ethan Hawke), père de la jeune Penny, est veuf. C'est un mécanicien assez doué dans son domaine mais qui a du mal à joindre les deux bouts. Il est expulsé de son appartement et par un concours de circonstances malheureux, il se retrouve en prison et sa fille est confiée à un centre social. Elle risque d'être mise à l'adoption. Condamné à casser du caillou dans une mine, il accepte, en compagnie d'autres détenus, de porter un chargement précieux très lourd. Ils doivent traverser une forêt hostile dans le sens où le chemin est malaisé et ils font de mauvaises rencontres. Une jeune amérindienne s'est jointe aux détenus. Elle est d'une grande aide et n'a peur de rien. Cette présence féminine est bienvenue. Un film haletant où l'on note la présence de Russell Crowe au début et à la fin du film. Son rôle est court mais essentiel. J'ai aimé la fin où Penny retrouve son nounours en peluche, qu'elle avait donné à un petit garçon. Lire le billet de Henri Golant. Déception pour Selenie (12/20, "note indulgente").

9 octobre 2023

Bernadette - Lea Domenach

Le film Bernadette commence par une chorale qui présente en chantant Bernadette Chirac, née Bernadette Chodron de Courcel, épouse de Jacques Chirac. Puis l'histoire débute avant l'élection de Jacques Chirac, devenu président de la République en 1995. Bernadette (Catherine Deneuven excellente) est une femme pas commode qui est considérée comme ringarde dans des sondages. En tant qu'épouse du futur chef de l'état, elle entretient des relations pas toujours simples avec son mari (Michel Vuillermoz, très bien) et sa fille Claude (Sara Giraudeau) qui est devenue la chargée de com de son père, faisant de l'ombre à Bernadette. Dès l'élection de Jacques Chirac, Claude nomme Bernard Niquet (alias Mickey, interprété avec humour par Denis Podalydès) comme chef de cabinet de Bernadette. Il va tout faire pour changer l'image de la première Dame. Karl Lagerfeld vient en soutien en changeant la garde-robe de Bernadette, qui s'implique dans l'opération "pièces jaunes". Depuis plusieurs années, elle est réélue conseillère général de Corrèze. Sans en avoir l'air, elle donne des avis judicieux en politique à son mari qui ne suit pas forcément ses conseils. Le film confirme que le président était infidèle mais Bernadette reste stoïque. Le film semble être une biographie cinématographique assez proche d'une certaine réalité, mais je ne sais pas si la réalisatrice a demandé l'avis à la famille Chirac. En plus de Catherine Deneuve, Michel Vuillermoz et Denis Podalydès, il faut noter que Laurent Stocker, dans le rôle de Nicolas Sarkozy, est plus vrai que nature. Ce n'est pas vraiment une comédie mais on sourit souvent. J'ai aimé et je conseille. Lire le billet de Selenie.

28 septembre 2023

Le procès Goldman - Cédric Kahn

Je me réjouissais d'aller voir Le procès Goldman de Cédric Kahn après avoir vu plusieurs fois la bande-annonce, lu de bonnes critiques sur des revues ou des journaux et entendu les acteurs. Personnellement, je n'ai aucun souvenir de ce deuxième procès en appel concernant Pierre Goldman (1944-1979) qui s'est déroulé en 1975 à Amiens. Il était jugé pour quatre braquages à Paris dont une pharmacie, boulevard Richard Lenoir à Paris, où la pharmacienne et une préparatrice ont été tuées par arme à feu. Pendant tout le film, on ne quitte pas la salle d'audience, sauf les 10 premières minutes, qui servent de préambule, pendant lesquelles l'avocat Georges Kiejman apprend par une lettre d'un confrère tout le mal que Pierre Goldman pense de lui. Il le traite de "Juif de salon". Et cependant Kiejman (très bien interprété par Arthur Harari) va défendre Pierre Goldman, Juif polonais né en France comme lui. Dans sa première intervention, Goldman (Arieh Worthalter, intense avec ses lèvres serrées) déclare qu'il est "innocent, parce qu'il est innocent" des crimes dont on l'accuse. Face à eux, j'ai trouvé que la prestation de Nicolas Briançon dans le rôle de l'avocat de la partie civile était excellent. Pendant le procès, on retrace la vie de Pierre Goldman qui avoue qu'il n'est pas un être parfait mais qu'il n'aurait jamais tué deux femmes sans défense. On apprend qu'à part le soir des meurtres, il n'y a pas eu de vraie enquête et il semble que Pierre Goldman, le 19 décembre 1969, s'est trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Tout cela pour dire que j'ai trouvé le film un peu long pour ce qu'il raconte, je n'ai pas été passionnée de bout en bout; et il faut dire aussi que Pierre Goldman n'était pas un monsieur très sympathique même s'il a eu le soutien de Régis Debray et Simone Signoret. J'ai eu parfois l'impression qu'il y avait des moments convenus et on se demande en entendant les témoins du drame comment Pierre Goldman a pu être acquitté même si ce n'était que des témoignages et non des preuves. J'ai aussi remarquer la présence de Jerzy Radziwiłowicz (qui a joué le personnage principal dans L'homme de marbre (1977) et L'homme de fer (1980) d'Andrzej Wajda) qui interprète le rôle du père de Pierre Goldman. Lire le billet de Pascale. 

12 septembre 2023

Toni, en famille - Nathan Ambrosioni / Anti-squat - Nicolas Silhol

Dans la même soirée, j'ai vu  deux films français, Toni, en famille et Anti-Squat. Le premier m'a un peu déçue, le second m'a beaucoup plu. 

Toni, en famille, réalisé par un jeune réalisateur de 24 ans (Nathan Ambrosioni), raconte pendant une heure trente, une année dans la vie de Toni (Antonia), mère de  cinq enfants, trois filles et deux garçons. On saura tard ce qu'est devenu le père. Toni est totalement dévouée à ses enfants. Je me suis demandée pendant un moment, quels étaient ses revenus. A priori, elle reçoit quelques aides de l'état et vingt ans plus tôt, elle a connu le succès en chantant une chanson qui a eu une certaine notoriété et qui lui a permis d'épargner pour les études de ses enfants. De temps en temps, le soir, elle chante encore. Mathilde et Marcus, les deux enfants aînés, vont passer le bac. Parmi les trois plus jeunes, il y a Timothée, un enfant hyper sensible qui a des problèmes de comportement. Toni, elle, s'interroge sur son avenir à elle. A 42 ans, elle voudrait donner une nouvelle orientation à sa vie. Pourquoi pas, devenir enseignante. Quand je dis que j'ai été un peu déçue, c'est que j'ai trouvé que le film manquait de rythme, il ne se passe pas grand-chose. C'est dommage car Camille Cottin qui joue Toni est très bien. Lire le billet de Selenie.

Je passe à Anti-Squat de Nicolas Silhol dont le sujet m'a fait penser au Marchand de sable. Inès (Louise Bourgoin, très bien) et son fils Adam, âgé de 14 ans, doivent être expulsés de leur appartement. Elle postule dans l'entreprise Anti-Squat qui, comme le nom l'indique, propose d'héberger des personnes en mal de logement. Ils deviennent des résidents contre deux cents euros par mois, dans des bâtiments inoccupés. C'est pour éviter les squatteurs et les dégradations. Les règles sont très strictes (pas d'enfant, pas d'animaux, ne pas être absent plus de deux jours, pas de fête, ne pas inviter plus de deux personnes) et par ailleurs, on demande aux résidents qui peuvent être "virés" du jour au lendemain d'entretenir les parties communes, voire d'effectuer des travaux. Il n'y a pas de petits profits. Il y a des caméras de surveillance partout. Inès vit sur place avec les résidents dans un immeuble de bureaux très loin de tout. Prise à l'essai pour deux mois, c'est elle qui choisit les résidents. Elle est tiraillée entre les exigences de fermeté de son chef, l'attitude de défiance des résidents, l'incompréhension de son fils Adam face à ce que fait sa mère et enfin l'intrusion d'une société de gardiennage qui voit d'un mauvais oeil la concurrence d'Anti-Squat. Je ne vous dirai pas comment tout cela se termine, si ce n'est qu'un spectateur a trouvé la fin amorale. J'ai énormément aimé ce film qui dénonce le détournement et la dérive de la loi "Elan". "Construire plus de logements, simplifier les normes, protéger les plus fragiles et mettre les transitions énergétique et numérique au service des habitants : telle est l'ambition de la loi Elan (évolution du logement, de l'aménagement et du numérique), promulguée le 23 novembre 2018". Lire le billet de Selenie.

8 juin 2023

Dernière nuit à Milan - Andrea Di Stefano

Hier, mercredi 7 juin 2023, est sorti un film policier italien dans lequel on a une fois de plus l'occasion de voir Pierfrancesco Favino (Le traître, Nostalgia). Dans Dernière nuit à Milan (L'ultima notte di amore en VO) il interprète le rôle d'un policier dont c'est le dernier jour de service. Il s'honore de ne pas avoir tiré sur un homme en 35 ans de carrière (ce fait est important pour la suite de l'histoire). Le film commence avec un survol de nuit de la ville de Milan qui paraît tentaculaire. Et pas loin d'une gare, la caméra s'approche de l'extérieur d'un appartement où Franco Amore (Pierfrancesco Favino) est attendu avec impatience par sa femme et de nombreux collègues et amis. Il arrive presque en larmes, très ému par l'accueil qu'on lui fait. Ce n'est pas tout à fait la vérité. On revient dix jours auparavant, où tout commence quand il arrive dans un hôtel. Un vieux Chinois vient d'avoir une attaque cardiaque. Franco arrive à le ranimer. Ce vieux Chinois, pour le remercier, lui propose de servir comme chauffeur pour une soirée. Aller chercher quelqu'un à l'aéroport. Une mission sans risque a priori. Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Je ne vous dirai rien d'autre si ce n'est qu'au bout d'un moment, on souffre avec Franco qui a été pris dans un traquenard. Cela devient angoissant, d'autant plus qu'une grande partie de l'histoire se passe de nuit. J'ai trouvé que le réalisateur savait ménager le suspense. Le film dure un peu plus de deux heures sans temps mort. Je conseille. Voir aussi les billets de Princecranoir, Selenie et Henri Golant.

30 mai 2023

Umami - Slony Sow

Bien que j'aie lu et entendu de très mauvaises critiques sur Umami de Slony Sow, et quoique, par ailleurs, Gérard Depardieu soit accusé d'agressions sexuelles à l'encontre de plusieurs jeunes femmes, je suis allée voir Umami avec mon ami Ta d loi du cine avant qu'il ne soit trop tard. Et en effet le film, sorti dans peu de salles, ne se donne presque plus désormais. J'ai lu que le film était indigeste, inintéressant et caricatural. Je trouve cette critique injuste. Comme l'a écrit Henri Golant, c'est un film revigorant. Gabriel Carvin (Gérard Depardieu) est un chef étoilé dans la région de Saumur. Il est le père de deux fils dont l'un est cuisinier. Cependant, Gabriel n'a plus goût à cuisiner et il décide de partir au Japon, sans prévenir personne sur sa destination. Il compte revoir un cuisinier japonais qui l'avait battu lors d'un concours de cuisine, 42 ans auparavant. A l'occasion de ce voyage, il va goûter l'umami, la cinquième saveur très en vogue au Japon. Tout le monde connaît le salé, le sucré, l'acide et l'amer; il y a donc aussi l'umami [glutamate monosodique]. Débarquant au Japon sans parler un mot de japonais, Gabriel retrouve assez vite Tetsuichi Morita, aujourd'hui à la tête d'un petit restaurant qui ne paye pas de mine. Ce dernier a une fille très sympathique et une petite-fille qui parle le français et lit Les Misérables en VF. Ce film permet de découvrir les hôtels “capsules”. On voit Depardieu en kimono faire du tricycle dans la neige. J'avoue avoir été agréablement surprise par ce film sans prétention. Il donne envie d'aller découvrir le Japon enneigé et de goûter la cuisine niponne.

25 mai 2023

L'homme debout - Florence Vignon

J'avais lu il y a quelques années le roman Ils désertent de Thierry Beinstingel qui m'avait beaucoup plu. L'homme debout de Florence Vignon avec Jacques Gamblin (trop rare sur nos écrans) et Zita Henrot est une adaptation du roman. Clémence Alpharo (Zita Henrot), d'origine chilienne par son père, a quitté sa province pour prendre ailleurs un poste (en CDD) de responsable d'équipe commerciale dans une petite société de papier peint. Le patron de Clémence, qui veut rajeunir les effectifs, demande surtout à ce qu'elle pousse un certain Giffard vers la sortie. Or, Henri Giffard a pratiquement créé la boîte. Il a tous ses trimestres, il pourrait avoir une retraite tranquille et heureuse mais s'accroche à son travail de VRP, sa raison de vivre. J'ai trouvé le personnage de Giffard très émouvant. C'est un passionné pour beaucoup de choses et il s'y connaît en vin. Face à lui, Clémence, contrainte et forcée si elle veut décrocher un CDI, pratique le harcèlement moral en obligeant Giffard à faire des missions de plus en plus éloignées de chez lui. Leurs situations familiales à tous les deux sont compliquées. J'ai aimé ce film pour l'histoire et pour les acteurs. Un "petit" film sympathique.

18 mai 2023

Le Principal - Chad Chenouga

Dans Le Principal, on a le plaisir de retrouver Roshdy Zem, devenu un acteur incontournable dans le cinéma français (et c'est mérité). Il interprète avec conviction Sabri Lahlali, principal adjoint d'un collège de l'Est de la France. C'est un homme qui a certainement dû beaucoup travailler pour en arriver à ce poste. Il n'a que de bonnes appréciations et d'ailleurs, une promotion l'attend. Il partage la garde de son fils Naël avec Noémie (Marina Hands, lumineuse), son ex-compagne et professeur dans le même collège. Il s'entend très bien avec Estelle (Yolande Moreau, toujours très bien), la Principale du collège, une férue de lecture. Sabri s'occupe aussi de son frère Saïd, un marginal qui a beaucoup de problèmes. Sabri met la pression sur Naël pour que ce dernier, qui est en troisième, réussisse le brevet des collèges. Naël semble relâcher ses efforts, au grand désespoir de son père, qui va commettre un acte répréhensible pouvant remettre en cause son avenir. Le film est court, moins d'une heure trente. Il démarre un peu lentement mais le réalisateur ne lâche jamais Sabri qui est de tous les plans. C'est un film que je conseille, tout comme Pascale.

12 mai 2023

Misanthrope - Damián Szifrón

Quel titre français étrange pour désigner un film policier! Quand on nous présente enfin le tueur de masse dans la dernière partie du film, on comprend mieux le choix du titre. Misanthrope de Damián Szifrón (un réalisateur argentin) se passe à Baltimore au moment des fêtes de fin d'année. Tout à coup, dans un immeuble de la ville, on entend des coups de feu qui font mouche à tous les coups. Les victimes sont très nombreuses. Le FBI est sur le coup ainsi qu'Eleanor, une jeune enquêtrice de la police de la ville. Eleanor est une femme perturbée et addict aux médicaments. Cela n'empêche pas qu'elle est choisie pour son profil par Lammark, un agent fédéral en charge de l'enquête pour être agent de liaison. L'enquête se révèle difficile car le tueur est insaisissable et imprévisible et il continue à tuer. C'est Eleanor qui va le débusquer. On pourra trouver la fin un peu grandiloquente mais cela ne m'a pas gênée. J'ai trouvé que les motivations du tueur sortaient des sentiers battus et on s'attache aux personnage de Lammark et Eleanor. Le film semble avoir trouvé son public.

9 mars 2022

Un autre monde - Stéphane Brizé / Robuste - Constance Meyer

Après La loi du marché (le parcours du combattant d'un chômeur longue durée), En guerre (la difficulté d'être un chef syndicaliste), voici Un autre monde. On assiste à la souffrance d'un cadre dirigeant (il y en a) face aux lois du capitalisme qui broie les individus. Le point commun de ces trois films, c'est Vincent Lindon, qui est une fois de plus excellent. Rien ne va plus dans la vie de Philippe Lemesle (Vincent Lindon). Il est en plein divorce, sa femme Anne (Sandrine Kiberlain) n'arrête pas de pleurer et son fils a des problèmes psychologiques. Philippe Lemesle est mis au pied du mur, il doit liciencier 58 salariés pour en sauver 500. L'entreprise fait partie d'un grand groupe industriel international très bénéficiaire dont le siège est aux Etats-Unis. Il faut enrichir encore plus les actionnaires. Face à Philippe Lemesle, il y a la responsable France du groupe en la personne de Cécile Bonnet-Guerin (Marie Drucker, une révélation), une femme sans état d'âme et assez effrayante mais qui obéit aux ordres. Le film suit Philippe Lemesle dans son entreprise où il ment à tout le monde, en particulier aux responsables syndicaux. Il cherche des moyens pour sauver ces emplois. Et l'on voit Philippe Lemesle désemparé face à son fils qui a été placé dans une institution médicalisée. Je trouve que cela parasite un peu le reste de l'histoire et c'est dommage. Mais néanmoins, le film vaut la peine d'être vu, rien que pour la scène finale où Philippe Lemesle écrit une lettre bouleversante. Lire le billet de Pascale.

Je voudrais écrire un mot sur Robuste de Constance Meyer, qui nous permet de voir Gérard Depardieu à l'oeuvre pour la quatrième fois en peu de temps. Dans Robuste, il joue le rôle de Georges, un acteur vieillissant qui doit tourner un film. Georges est un être hors norme avec son ventre qui dépasse. Il est incontrôlable, il fait de la moto, il est en permanence essouflé et il n'arrête pas de manger. Son "homme à tout faire garde du corps" doit s'absenter. Pour le remplacer, arrive Aïssa, une jeune femme noire très dodue mais musclée qui s'exerce à la lutte. Entre Aïssa et Georges, des liens d'amitié vont se nouer, peut-être parce qu'ils se ressemblent sur bien des points. Il n'y a pas vraiment d'histoire. Pourquoi pas? Vous pouvez quand même attendre la sortie du film à la télé.

27 octobre 2018

Le jeu - Fred Cavayé / Le grand bain - Gilles Lellouche

Pour les deux films que je présente, je commence avec celui que j'ai préféré et de loin: Le jeu de Fred Cavayé, qui raconte le dîner entre amis de trois couples et un homme seul - et sept smartphones. Les conversations démarrent gentiment quand quelqu'un propose que chaque invité dépose son smartphone au milieu de la table. Dès que l'un d'eux sonnera, toute la tablée prendra connaissance de qui appelle et/ou connaîtra le contenu du "sms" reçu. A partir de là, les événement se précipitent car certains appels ou sms sont gênants et peuvent compromettre la paix des ménages. C'est souvent drôle, parfois grave. Certaines situations s'enveniment, les masques tombent. On arrive au bord de l'implosion mais il y a un coup de théâtre final que je ne vous dévoile pas. Le film bénéficie d'un bon scénario et d'un rythme sans temps mort. Ce huis-clos permet de voir de très bons acteurs venus d'univers différents: Bérénice Bejo, Stéphane de Groodt, Vincent Elbaz, Doria Tillier, Roschdy Zem, Suzanne Clément et l'excellent Grégory Gadebois. Le film est un remake d'un film italien de 2016 (Perfetti sconociuti) pas sorti en France. Allez le voir. Il est également recommandé par Pascale, Matchingpoints et ffred.

Je passe au film Le grand bain de Gilles Lellouche. Même si les critiques que j'ai lues sont bonnes, personnellement, je m'attendais à autre chose de ce film après avoir vu la bande-annonce très amusante. J'ai été un peu déprimée de voir sept bonhommes un peu avachis entre 45 et 62 ans faisant partie d'une équipe de nage synchronisée. Un huitième plus jeune se joint à eux par la suite. J'ai eu du mal à croire qu'ils puissent concourir au championnat du Monde. Toujours est-il que Gilles Lellouche qui est co-scénariste s'est attaché à la personnalité de cinq d'entre eux joués par Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Philippe Katherine et Jean-Hugues Anglade. Le premier est dépressif, le deuxième a des problèmes relationnels avec son fils, le troisième est gérant d'un magasin au bord de la faillite, le quatrième est un doux rêveur et le cinquième, un compositeur plutôt raté qui cherche l'affection de sa fille. Côté femmes, les personnages ne sont pas très gâtés par la caméra. En particulier Virginie Efira, la co-entraîneuse de l'équipe avec Leila Bekhti. Dans le film, Virginie Efira est alcoolique. Il y a un gros plan où elle est bouffi sans maquillage, cela m'a fait de la peine. Je dirais que la bande-annonce est ce qu'il y a de mieux dans le film qui dure deux heures... Lire le billet très enthousiaste de Chris.

12 octobre 2018

Frères ennemis - David Oelhoffen

Je continue avec les sorties du mercredi 3 octobre 2018.

Frères ennemis de David Oelhoffen (dont j'avais bien apprécié Loin des hommes, une adaptation de la nouvelle d'Albert Camus, L'hôte) est le troisième long-métrage du réalisateur qui a aussi écrit le scénario. Son film, remarquablement mis en scène avec un rythme sans temps mort, bénéficie d'un très bon casting. Reda Kateb interprète Driss, un homme d'origine maghrébine, devenu flic à la brigade des stups. Ses parents, son père surtout ne veulent plus lui parler. Driss doit démanteler un réseau de trafic de drogue. Face à lui, il y a Manuel Marco (Matthias Schoenhaerts) que Driss connaît depuis l'enfance, ils ont grandi ensemble dans la même cité. Manuel est impliqué dans un trafic assez important. Alors qu'il part en voiture avec deux complices pour récupérer de la marchandise, des motards les mitraillent et Manuel seul en réchappe. Il devient un homme traqué de tous les côtés. Il décide alors de collaborer de loin avec Driss pour trouver qui veut l'éliminer. Matthias Schoenhaerts et Reda Kateb sont très à l'aise dans leur rôle et leurs rares confrontations sont pleines d'intensité. La fin m'a paru logique. Le chef opérateur a fait des merveilles pour l'image et l'éclairage. Je conseille ce très bon polar, tout comme Ffred et Pascale.

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