Le blog de Dasola
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1 janvier 2011

Meilleurs voeux 2011

Une fois de plus, je souhaite à tou(te)s les blogueurs et blogueuses qui s'arrêtent sur mon blog, me lisent et me laissent ou non des commentaires, une excellente année 2011 qui j'espère leur apportera du bonheur et de la joie. Et longue vie aux blogs en activité.

En 2011, je continueraie bien entendu de poster des billets sur mon blog mais je pense changer mon rythme de parution car je vais être assez occupée pendant le premier trimestre.

Bises à toutes et tous.

9 décembre 2010

Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet - Antoine Bello

Dans ma bibliothèque municipale d'arrondissement à Paris, les nouveautés sont prêtées une semaine. Sur un présentoir, j'ai vu le nouveau roman d'Antoine Bello, Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet (Edition Gallimard), chroniqué par Cuné (entre autres). Je me suis dit: "allons-y, je le prends". Je l'ai lu en une journée avec beaucoup de plaisir. Seule la conclusion m'a laissée un peu sur ma faim. Ce roman est un bel hommage à l'oeuvre d'Agatha Christie (dont Le meurtre de Roger Ackroyd, Un couteau sur nuque, ABC contre Poirot, etc.). Le narrateur, un ancien policier, Achille Dunot, souffre d'une amnésie antérograde suite à un accident (il a reçu des livres de bibliothèque sur la tête!). Comme sa mémoire ne forme plus de nouveaux souvenirs, il se réveille chaque matin en ayant tout oublié des événements de la veille. Marié à Monique, Achille a par ailleurs un chien fidèle appelé Hastings. Achille se sert d'un cahier pour tout noter de l'enquête qu'on lui a demandé de mener. Claude Brunet (neurologue, spécialiste en sciences cognitives et nobelisable en puissance) se retrouve suspecté d'avoir peut-être fait disparaître sa femme, Emilie Brunet née Froy (une femme très riche grâce à ses parents), ainsi que Stéphane Roget, l'amant d'Emilie, instructeur de yoga. Et pourtant, c'est Claude Brunet qui a prévenu la police au sujet de la disparition des deux amants et offre une forte récompense pour les retrouver. En revanche, si Emile décède, son mari hérite. Achille, qui est un grand connaisseur de l'oeuvre et de la vie d'Agatha Christie, cherche à trouver la solution à travers les différentes enquêtes d'Hercule Poirot et avec les autres héros d'AC. Il est aussi question de deux films d'Alfred Hitchcock, L'Inconnu du nord-express et La Corde. Des liens littéraires et personnels se tissent entre Achille et Claude sur l'oeuvre d'Agatha par l'intermédiaire de leur journal qu'ils s'échangent: l'un faisant lire son journal à l'autre et vice-versa. Achille ne peut s'empêcher de dissimuler certaines pensées dans des détectandes scripturaux (voir à la fin du roman d'où vient ce mot "détectande"). On peut considérer Achille et Claude comme deux faces d'une même personne (Antoine Bello lui-même?). Je dirais que ce roman est un brillant exercice de style qui donne furieusement envie de (re)lire l'oeuvre d'Agatha Christie.

25 octobre 2010

Théâtres parisiens associés

Décidément, je n'arrête plus... d'aller au théâtre. Cette fois-ci, il s'agit d'une invitation que j'ai reçue (en compagnie d'autres blogueurs/euses) de la part d'Ulike, dont le but est de promouvoir l'Association "Théâtres parisiens associés", qui regroupe les 50 théâtres privés de Paris. Voici d'ailleurs le site. Je le fais d'autant plus volontiers que j'adore aller au théâtre (une fois de plus, c'est grâce à ma maman, qui m'y emmenait quand j'ai été en âge de l'apprécier - merci à elle). Voir Bernard Blier, Jean-Pierre Marielle, Samy Frey, Delphine Seyrig, Laurent Terzieff, Philippe Léotard, Jean Carmet, Roman Polanski, François Périer, Bruno Crémer, Michèle Morgan, Edwige Feuillère, Jacqueline Maillan, Bernard Giraudeau, Claude Rich, Fanny Ardant, Niels Arestrup sur scène furent des moments inoubliables. Cette association qui est une très belle initiative permet de voir les spectacles à des prix préférentiels (les -50% sur les "premières" - en général les 5 ou 7 premières représentations, les "places jeunes" à 10 euros, les Chèques fidélité, ...). Je sais que diriger un théâtre privé est difficile, onéreux, les places de 1ères catégories sont chères (et même les autres). Tout le monde n'a pas les moyens d'aller au théâtre. Une fois de plus, j'ai constaté que les spectateurs faisaient partie d'une tranche d'âge définie (plus de 50 ans) et appartenaient à une catégorie sociale supérieure. Les sièges sont souvent étroits avec peu de place pour les jambes, sans parler de la visibilité assez aléatoire. Attirer des spectateurs dans ces conditions n'est pas une chose aisée, mais la magie de voir et entendre des acteurs de renom peut pallier ces désagréments. Encore faut-il que la pièce soit à la hauteur....

Voici une petite vidéo sur le spectacle que j'ai vu, Désolé pour la moquette... J'ai du mal à en parler. Je m'attendais au pire après avoir entendu les critiques assassines du Masque et la Plume. Je serais plus mesurée. Les acteurs sont très bons avec une mention spéciale à Myriam Boyer. Quant au texte, c'est du Bertrand Blier (qui met aussi en scène). Cela peut ne pas plaire à tout le monde. En revanche, j'étais très très bien placée au 1er rang de l'orchestre. Concernant le théâtre Antoine situé boulevard de Strasbourg dans le 10ème arrondissement, le lieu est beau et "habité". Le bar-fumoir où j'ai déambulé avant la représentation (il se situe au niveau de la corbeille) est tapissé d'affiches des pièces qui ont donné ses lettres de noblesse à ce théâtre. Il y a aussi une plaque commémorative toute récente qui mentionne que Jean-Louis Barrault, qui a débuté dans ce théâtre, aurait eu 100 ans cette année.

7 novembre 2010

No et moi - Zabou Breitman

Voici un deuxième film vu en avant-première (il sort le 17 novembre 2010). No et moi de Zabou Breitman est une adaptation du roman de Delphine Le Vigan (que je n'ai pas lu). No, c'est Nora, une jeune SDF de 19 ans abandonnée par sa mère depuis l'âge de 12 ans. Elle erre de gare en gare. C'est à la gare d'Austerlitz qu'elle rencontre Lou, une lycéenne précoce âgée de 13 ans qui est déjà en Seconde au lycée. Lou a décidé de faire un exposé (qui recueille les louanges du prof et de la classe) sur les SDF (surtout les femmes). No accepte d'être interviewée et pourtant même si elle parle beaucoup, elle dévoile peu d'elle-même et de sa vie. En revanche, elle boit pas mal (surtout de la vodka). Lou, qui vit entre sa mère dépressive et son père qui fait ce qu'il peut pour maintenir une vie de famille, se sent mal-aimée et n'a pas d'amis en classe. Leur rencontre va changer la vie de ces deux jeunes filles. Un garçon dans la classe de Lou (qui lui aussi a ses problèmes) va se lier avec No et Lou. Cette dernière arrive à convaincre ses parents d'héberger No pour un temps. Mais rien n'est simple, car No, qui a trouvé un travail de femme de chambre dans un hôtel, a des difficultés d'adaptation malgré l'attachement de Lou à son égard. En revanche, la mère de Lou semble sortir de son état dépressif. Au bout du compte, l'histoire qui se termine presque au même endroit où elle a débuté, dans une gare (la gare du Nord), a permis à quelques personnages d'évoluer, de se sentir moins seuls, de changer tout simplement, même si leur futur est dans l'incertain. C'est un beau conte triste et gai à la fois sur l'amitié. Je vous conseille ce film rien que pour les deux jeunes actrices, Julie-Marie Parmentier qui joue No et Nina Rodriguez qui interprète Lou. Elle a un sourire qui ferait fondre un iceberg. Zabou Breitman a réalisé un joli film qui mérite que l'on s'y attarde.

Voir la bonne critique d'Ariane.

27 octobre 2010

La mort au cinéma - Questionnaire

En cette période de pré-Toussaint, d'Halloween, de feuilles mortes et de début de froidure, je viens de trouver ce très intéressant questionnaire cinéphilique macabre et morbide à souhait sur le blog de Ludovic (cinématique).

 

1 - Quel est le plus beau meurtre cinématographique ? Dans Le crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock, Grace Kelly tue son agresseur avec des ciseaux; un autre exemple, quand Paul Newman se débarrasse de son poursuivant dans Le rideau déchiré d'Alfred Hitchcock.

2 - Quel est à vos yeux le cinéaste le plus morbide ? David Lynch. 

3 - Et le film le plus macabre ? No country for old men des frères Coen et pourtant beaucoup des cadavres sont "hors champ".

4 - Quel est le personnage dont la mort à l'écran vous a le plus ému ? La mort du pingouin dans Batman le défi de Tim Burton, et Elephant Man (John Merrick) de David Lynch.

5 - Celle qui vous a le plus soulagé ? Gérard Depardieu à la fin d'Uranus de Claude Berri. Son jeu d'acteur était insupportable. J'étais soulagée de ne plus l'entendre.

6 - Quel est votre zombi favori ? (je n'ai jamais vu de film de zombie).

7 - Pour quelle arme du crime, gardez-vous un faible ? Les paroles. On peut commettre un crime avec des mots.

8 - Quelle personnification de la mort vous a le plus marqué ? La mort dans le 7ème sceau d'Ingmar Bergman.

9 - Quelle séquence d'enterrement vous a semblé la moins convenue ? Je ne vois pas.

10 - Quel est votre fantôme fétiche ? Le fantôme de Mrs Muir (The Ghost and Mrs Muir de Joseph L. Mankiewicz).

11 - Avez-vous déjà souhaité la mort d'un personnage ? Non, comme dans la vie réelle, je ne souhaite la mort de personne. Et s'il s'agit d'un "méchant" dans un film et qu'il meurt trop vite, l'histoire n'a plus d'intérêt.

12 - A l'approche de votre mort, si vous aviez le temps de mettre en ordre vos affaires, quel film souhaiteriez-vous avoir la possibilité de regarder une toute dernière fois ? Aucun, je serais incapable de faire un choix.

13 - Pour quel tueur en séries avez-vous de la fascination ou à défaut de l'indulgence ? Dexter (le héros de la série TV) qui tue des malfaisants pire que lui.

14 - Quel est votre vampire de chevet ? Dracula de F.F. Coppola.

15 - Quel film retenez-vous parmi tous ceux dont le titre (original ou traduit) évoque la mort ? Assurance sur la mort de Billy Wilder ou La mort en ce jardin de Luis Bunuel.

16 - Rédigez en quelques lignes la future notice nécrologique d'une personnalité du cinéma. Un des derniers grands, son oeuvre cinématographique fut incomprise par le grand public. Peut-être sera-t-il redécouvert dans 50 ans (si le cinéma existe encore). 

17 - Quelle représentation d'exécution capitale vous a semblé la plus marquante ? Dans La dernière marche de Tim Robbins avec Sean Penn et Susan Sarandon; autre exemple, la pendaison de Dick Hicock et Perry Smith dans Capote de Bennet Miller d'après Truman Capote (De sang froid).

18 - Quel est votre cimetière préféré ? Celui dans The Crow d'Alex Proyas.

19 - Possédez-vous un bien en rapport avec le cinéma que vous pourriez coucher sur votre testament ? Mes 5000 photos de cinéma et 500 affiches sans compter mes dossiers de presse que je léguerai à un passionné.

A qui le tour?

21 octobre 2010

Les 39 marches de John Buchan et Alfred Hitchcock - Mise en scène Eric Métayer

Je vous conseille absolument d'aller voir, d'ici la fin de l'année à Paris, ce spectacle (repris en raison de son succès) ébouriffant, étonnant et tonitruant, joué par quatre acteurs épatants qui s'en donnent à coeur joie pendant 1H40 non-stop, en changeant de voix, de costumes, de sexe, avec brio et à une vitesse vertigineuse. La pièce Les 39 marches est célèbre grâce à Alfred Hitchcock qui l'a adaptée au cinéma en 1935 d'après un roman de John Buchan. L'adaptation théâtrale qui est présentée a été écrite par Gérald Sibleyras et mise en scène par Eric Métayer, l'un des quatre comédiens sur scène, au talent protéiforme. L'histoire commence dans une salle de spectacle à Londres où Richard Hannay rencontre une belle jeune femme, Annabelle Smith, qui sera assassinée peu de temps après dans son appartement (il l'avait invitée chez lui). Accusé du meurtre, il s'ensuit une folle course poursuite avec des policiers qui le traquent jusqu'en Ecosse. Peu avant sa mort, Annabelle avait confié à Hannay qu'un terrible complot fomenté par la société secrète "Les 39 marches" risquait de mettre le Royaume-Uni en péril. Après moult péripéties, l'histoire se termine à Londres dans la même salle de spectacle qu'au début, dans un joyeux "happy end". J'y ai vu un hommage aux films muets et burlesques de Mac Sennet. Les quatre acteurs, trois hommes et une femme, interprètent et miment plus d'une centaine de personnages humains ou non comme des policiers, des aubergistes, un chat, un buisson, une rivière, un lampadaire, des portes, des fenêtres, un train et un méchant à l'auriculaire coupé. J'en oublie. Tout au long du spectacle, on entend de la musique et des bruitages qui renforcent le rythme accéléré du spectacle. A la fin, les spectateurs sont (presque) aussi épuisés que les acteurs. Et l'on rit beaucoup. Voir le billet très enthousiaste d'Amanda. Voici également le site du théâtre La Bruyère qui offre très souvent une programmation de qualité. J'y vais souvent.

19 octobre 2010

The Social Network - David Fincher

Ayant entendu et lu de (très) bonnes critiques sur ce film, je suis allée voir The Social Network qui narre la genèse du réseau social Facebook (d'abord appelé TheFacebook, "trombinoscope" en français) créé par deux étudiants d'Harvard, Mark Zuckerberg et Eduardo Saverin, en 2003-2004. Le film commence très vite par une scène de rupture entre Mark et sa petite amie, Erica, dans un des bars de l'université. Cela ressemble plus à un dialogue de sourds. Mark, dépité, crée un programme avec son ami Eduardo où on doit voter pour la fille d'Harvard la plus canon. Il se venge d'Erica en l'humiliant via ce forum qui deviendra par la suite Facebook. L'histoire alterne entre l'extension de ce réseau social et les démêlés juridiques entre différents partenaires. En effet, Mark Zuckerberg est accusé d'avoir volé l'idée du réseau social à deux frères jumeaux, étudiants aussi à Harvard et rameurs émérites, et Eduardo Saverin se retourne contre Mark quand il se retrouve dépossédé des parts de Facebook qui devient très rapidement une entreprise florissante grâce à des actionnaires associés et des sponsors. Ce que je trouve remarquable de la part du réalisateur, David Fincher, et du scénariste, Aaron Sorkin, c'est d'avoir rendu passionnante une histoire où le héros n'est qu'un "pauvre type" asocial (ironie de l'histoire), incapable de se faire des amis, plus à l'aise derrière un écran que dans la vie réelle, et qu'on a envie de gifler pendant tout le film. On ne sait rien de lui ni de sa famille. C'est un jeune homme seul. Je n'envie pas sa vie même s'il est devenu le plus jeune milliardaire d'Amérique. Le film nous trace un portrait peu flatteur des universités américaines en général et d'Harvard en particulier, où sont formées les élites américaines. Pauvre Amérique! Sinon, je n'ai pas vu passer les deux heures que dure le film. La salle était très attentive. Je reconnais que c'est un grand film américain, comme je n'en avais pas vu depuis longtemps.

23 mars 2013

Coup de "griffe" contre les bouleversements de Canalblog

Cela fait un moment que ça me "chatouille" et que ça me "gratouille", mais moi, Dasola, "canablogueuse" depuis 6 ans, en ai un peu assez de voir débarquer à l'improviste des innovations, prises d'initiative et autre de la "team" de canalblog sans autre forme de procès. Depuis à peu près 8 mois, plein de choses ont changé sur la plateforme, comme le fait que l'on ne peut plus faire de tri par commentateurs (heureusement que mon statisticien est là...); il y a des rajouts de fonctionnalités qui ne me semblent pas nécessaire. La dernière en date [21/03/2013] s'appelle "Carrousel" et je ne comprends absolument pas à quoi ça sert [dernière minute, "ils" viennent de supprimer cette option]. Maintenant, les visiteurs peuvent recommander un billet, le noter (bof). Par ailleurs, mon statisticien ne décolère pas sur le fait que la date des commentaires n'est plus affichée en valeur absolue (date et heure précises) mais en date relative (il y a 3 ans, il y a un mois, il y a dix jours, il y a quelques secondes). On sent que Canalblog veut se rapprocher de la manière de faire des "réseaux sociaux", et ça, je n'y suis pas favorable. Je ne suis inscrite ni sur F*ceb**k, ni sur T**tter ni sur d'autres, et je ne suis pas près de le faire. Et vous, (canal)blogueurs, qu'en pensez-vous?

5 mai 2010

Quelques films français vus depuis peu (2ème partie)

Comme je l'avais annoncé dans mon billet du 17/04/10, voici quatre autres films français vus à peu de temps d'intervalle. Je voulais les voir pour différentes raisons, dont celle d'en parler sur mon blog. Je ne regrette pas trop mon temps mais je ne les conseille pas forcément. C'est à vous de voir.

Les gardiens de l'ordre de Nicolas Boukhrief est un film violent où les méchants sont vraiment méchants et où les flics (en l'occurrence deux) font tout pour se disculper et retrouver leur boulot après avoir été accusés d'une bavure dans laquelle le fils drogué d'un député est impliqué. L'intérêt du film, c'est Cécile de France qui est très bien comme souvent. Pour le reste... J'avais détesté Le convoyeur du même réalisateur.

Les invités de mon père d'Anne Le Ny avec Fabrice Luchini et Karin Viard qui jouent un frère (avocat d'affaires) et une soeur (médecin) est un film assez "poil à gratter". Personnellement, j'ai trouvé ce film à la limite du déplaisant et certaines situations m'ont dérangée (le vieux père libidineux amoureux transi qui prend du Viagra). Michel Aumont interprète ce père qui fait peine à voir. J'attendais autre chose du film de la réalisatrice de Ceux qui restent. Surtout que le sujet, le mariage blanc entre un vieux médecin aux idées libérales de gauche et une sans-papier moldave plutôt sexy qui a une fille, aurait pu donner un film plus caustique sans tomber dans l'extrême. Le fait que le père déshérite ses enfants m'est resté un peu en travers de la gorge. La fin complètement ratée tombe à plat. Tout se termine dans le conformisme mou. Fabrice Luchini et Karin Viard sont touchants. J'attends néanmoins le prochain Annie Le Ny. 

L'immortel de Richard Berry d'après un roman de Franz-Olivier Giesbert vaut pour la prestation de Jean Reno égal à lui-même. Il interprète un gangster qui privilégie sa vie de famille. Face à lui, le "méchant" de service est joué par Kad Merad pas très à l'aise dans ce rôle (c'est le défaut du film car comme disait le grand Alfred [Hitchcock], pour qu'un film de ce genre soit réussi, il faut que le méchant le soit). Comme pour Les gardiens de l'ordre, c'est un film violent avec de nombreux échanges de coups de feu et pas mal de morts. Qui a cherché sans succès (au début du film) à tuer l'Immortel? Alors qu'il s'est retiré des affaires, à qui fait-il de l'ombre dans la région de Marseille? C'est d'ailleurs l'une des qualités du film, Marseille et la mer: vraiment très belles toutes les deux. En plus de réaliser le film, Richard Berry s'est fait plaisir en interprétant un personnage dont je n'ai pas bien saisi l'intérêt dans l'histoire et l'on retrouve Jean-Pierre Darroussin jouant un rôle très ambigu. Tout cela manque un peu d'humour.

Tête de turc de Pascal Elbé se passe dans une banlieue difficile (?). Une voiture de médecin à l'arrêt avec son conducteur dedans, Simon (joué par Patrick Elbé), est caillassée et brûlée avec un cocktail molotov. Simon, grièvement blessé, n'a pas pu se rendre au chevet d'une patiente qui est morte faute de soins. Le jeune Bora (d'origine turque) qui a fabriqué le cocktail est celui-là même qui sauve le médecin en le sortant de la voiture avant qu'il ne soit trop tard mais il ne se dénonce pas. Atom, le policier et frère de Simon, enquête afin de démasquer le coupable. Le film part d'un bon sentiment où il n'y a pas vraiment de méchants mais seulement des jeunes un peu paumés et désoeuvrés. Bora a du remord face à son geste. Les personnages féminins ne sont pas en reste. Je retiens la mère protectrice de Bora, Sibel, interprétée par la magnifique Ronit Elkabetz. C'est un film qui vaut la peine d'être vu pour le message qu'il veut faire passer. Le petit bémol concernant l'histoire, c'est le veuf (le mari de la patiente décédée) joué par Simon Abkarian: le comportement de ce personnage n'est pas très crédible (selon moi).

17 avril 2010

Quelques films français vus depuis peu (1ère partie)

Voici un billet sur trois films français dont un m'a vraiment plu. Les trois histoires sont des scénarios directement écrits pour le cinéma par chacun des réalisateurs. Je ne connaissais aucun des trois (dont deux au moins viennent de la télé).

Je commence par Sans laisser de trace de Grégoire Vigneron, avec Benoît Magimel et François-Xavier Demaison. Que dire de ce film à part que l'idée de scénario n'est pas mal trouvée? Un homme, Etienne Chambon (Benoît Magimel), qui est en passe d'avoir une grosse promotion dans une entreprise, a un remord de conscience: 15 ans auparavant, il a volé une formule chimique miracle à un homme qui, depuis, vit dans le dénuement et l'aigreur. Il se rend chez cet homme, François Michelet (André Wilms), en compagnie d'un ami (Patrick Chambon) qui a repris récemment contact avec lui.
Le cauchemar commence pour Etienne quand Michelet meurt "accidentellement". Chambon, qui est responsable de l'acte fatal, fait du chantage à Etienne qui devient paranoïaque. Etienne, marié et gendre du directeur de l'entreprise où il travaille, avait tout pour être heureux. La fin en happy-end est assez invraisemblable. Ne connaissant pas le réalisateur, j'y suis allée pour Benoît Magimel qui l'on voit moins souvent sur nos écrans. Julie Gayet joue sa femme. Ils sont tous les deux très bien dans leur rôle. Malheureusement, comme son titre l'indique, le film ne laisse pas de traces.

Blanc comme neige de Christian Blanc, avec François Cluzet, Olivier Gourmet et Jonathan Zaccaï, m'a assez déplu pour diverses raisons. J'ai trouvé le scénario tiré par les cheveux; François Cluzet pas convaincant et très crispant; les "méchants" finlandais un peu monolithiques, et enfin la fin du film très ratée avec un tour de "passe-passe" assez improbable. Sur la Côte d'Azur, Maxime (François Cluzet), concessionnaire de voitures de luxe a un associé, Simon (Bouli Lanners) impliqué dans un trafic de voitures avec des Finlandais. Ces voitures ont des vices de forme qui rendent les Finlandais vindicatifs. Voulant récupérer leur argent, ils tuent Simon, et voici Maxime menacé. Ce dernier, aidé par ses deux frères, Grégoire (Olivier Gourmet) et Abel (Jonathan Zaccaï), essaie de s'en sortir sans l'aide de la police. Louise Bourgoin qui joue la femme de Cluzet n'a pas un rôle très intéressant. Les péripéties se succèdent et à la fin, il y a un faux dénouement en Finlande dans un beau paysage enneigé mais l'ensemble n'est vraiment pas convaincant et inutilement violent.

Je garde le meilleur pour la fin, car voici une comédie qui m'a bien distraite, L'arnacoeur de Pascal Chaumeil (et pourtant la BA ne m'avait pas "accrochée"). Le récit et les péripéties sont complétement invraisemblables et loufoques, mais voir Romain Duris et Vanessa Paradis danser sur une musique du film "Dirty Dancing" vaut le détour. Certaines situations se répètent mais ce n'est pas bien grave. Alex (Roman Duris) est un briseur de couples professionnel. Il considère qu'il existe trois catégories de femmes: celles qui sont heureuses; celles qui sont malheureuses mais qui l'assument; et celles enfin qui sont malheureuses mais qui ne s'en rendent pas compte. Heureusement que, dans ce dernier cas, des membres de leur famille veillent, car ce sont eux qui engagent Alex pour ouvrir les yeux de ces femmes. Alex est aidé dans cette tâche par sa soeur (Julie Ferrier) et son beau-frère "très beauf" (François Damiens), tous les deux bien sympathiques. Ils déploient des trésors d'imagination pour arriver à leurs fins mais en s'endettant beaucoup. C'est pourquoi, pour se renflouer, ils ne peuvent refuser l'offre d'un père qui, pour une raison obscure (tout au moins au début), ne veut pas que sa fille Juliette (Vanessa Paradis), oenologue, amoureuse et heureuse, se marie très prochainement. Ce film est un joli conte de fées. Il rencontre d'ailleurs de très bons échos sur les blogs et un très bon succès public. C'est mérité.

Un autre billet sur quatre autres films français suivra très prochainement.

3 janvier 2010

Saga - Tonino Benaquista

Saga de Tonino Benaquista (paru en poche Folio en 1998) m’avait été recommandé par une collègue. Et j'ai en effet beaucoup aimé ce roman où Tonino Benaquista, connu comme écrivain et scénariste de cinéma (Sur mes lèvres de Jacques Audiard), parle (en quelque sorte) de lui, ou plutôt du métier de scénariste. C'est un très bel hommage à ce métier sans lequel le cinéma (ou la télévision) n'existeraient pas de la même façon. Comme disait Jean Gabin, dans un film, ce qui compte, c'est d'abord une bonne histoire, ensuite une bonne histoire et enfin une bonne histoire. En l'occurrence, dans Saga, 4 scénaristes un peu "has been" sont engagés par un directeur de chaîne de télévision pour écrire 80 heures d’un feuilleton afin de remplir le quota obligatoire de création française. Cette série sera diffusée de 4h à 5h du matin. On leur demande d'écrire absolument n’importe quoi pourvu que cela soit le moins cher possible. Les quatre scénaristes nous sont présentés tour à tour: il s’agit de Louis Stanick, vieux briscard et scénariste chevronné qui a beaucoup travaillé avec un "Maestro" réalisateur italien; Mathilde, une femme qui après avoir consacré 20 ans de sa vie à écrire des romans d’amour vient de se faire "remercier" par son éditeur; Jérôme qui n’arrive pas à digérer qu’un scénario dont il est l’auteur (mais dont il n’a pas déposé les droits) ait été repris par un autre à son compte; et enfin Marco, le narrateur, à la poursuite du scénario qui lui donnera gloire scénaristique. Après quelques hésitations, ils se mettent en effet à inventer n’importe quoi: une histoire abracadabrantesque (dont on nous livre quelques bribes et que je vous laisse découvrir). A la stupéfaction générale, la série Saga est un triomphe et un phénomène de société avec la diffusion, par la suite, des épisodes à une heure de grande écoute, la création de fan-clubs, etc. Les gens s’identifient aux personnages créés par les scénaristes. C'est un tel succès qu’une deuxième saison est envisagée (sans les scénaristes d’origine). C’est là que ces derniers ne vont pas se laisser faire, ils ne veulent pas que Saga continue. Après quelques péripéties, le roman se termine à New York, pas loin des bâtiments de l’ONU dans un futur lointain (environ 20 ans plus tard) où deux des scénaristes inventent des scénarii à l’échelle mondiale (cela m’a fait penser aux deux romans d’Antoine Bello sur la falsification du réel). Saga est un roman plaisant qui m'a donnée envie de découvrir les autres romans de Tonino Benaquista.

16 octobre 2009

Billet intermédiaire (de pas très bonne humeur)

Très récemment, M. Karl Lagerfeld a prononcé des mots pas très gentils sur les femmes (et pourquoi pas les hommes?) souffrant de surcharge pondérale. Je connais le problème, je fais partie de cette catégorie ou, plus exactement, je me considère comme une DH (expression apprise récemment): "Dodue Harmonieuse". Mais je ne me reconnais pas dans certains propos de M. Lagerfeld, disant à peu près que "les femmes rondes n'avaient pas leur place dans la mode, [que] de toute façon elles restaient devant la télé à manger des chips en trouvant les mannequins laids". Quand il m'arrive de temps en temps de regarder une collection de haute-couture, j'admire les robes plus que les mannequins. Quant aux chips, je n'en n'ai pas mangé depuis plus de 10 ans. Sinon, les hommes ne le disent pas forcément mais les femmes "rondes" ne sont pas toujours pour leur déplaire. Il y a en elles un côté moelleux, douillet. Et puis d'abord, les femmes rondes sont comme elles sont. La volonté ne fait pas tout. Il y a d'autres facteurs. Je crois que M. Lagerfeld a lui-même fait un régime draconien. C'est bien. Toutes mes félicitations, M. Lagerfeld, mais je vous aurais cru plus galant.

17 octobre 2009

Cadence - Stéphane Velut

Le roman Cadence (Editions Christian Bourgois, il fait partie de la rentrée littéraire 2009) pourrait être sous-titré "L'antre de la folie" (en référence au film de John Carpenter). L'histoire se passe entre février et septembre 1933, à Munich. Le Führer vient d'accéder au pouvoir. Le Narrateur (dont on ne connaîtra pas le nom) est chargé pour la gloire du Führer de peindre une représentation picturale d'une icône à la gloire de la Nouvelle Allemagne. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas ce qu'il va dessiner, mais le modèle qui va lui servir, en la personne d'une enfant qu'on lui amène un jour. Pendant tout le roman, il ne la désignera que par les vocables "petite", "pensionnaire", "chose", "mante", "poupée". D'ailleurs, quand la petite arrive chez lui, c'est "un dépôt" pour lequel il signe un reçu. En sept mois jour pour jour exactement, il doit avoir terminé son oeuvre. En attendant, il est logé et nourri (ainsi que sa pensionnaire). Il sera payé s'il rend l'œuvre à temps. Avec la complicité de sa logeuse, et surtout d'un ami, Werner Troost (spécialiste dans l'appareillage des handicapés), la "petite" devient une "poupée" grâce à un appareillage ingénieux qui lui enserre les membres supérieurs et inférieurs. Même ses cils sont maintenus. La petite, d’humaine, devient une poupée qui s’abîme. Les appareils lui provoquent des blessures et des lésions sur tout le corps. Un système de poulie la maintient souvent contre le mur comme un insecte. Quant au Narrateur, il n’explique pas ses raisons. Il se fait plaisir. Il est heureux loin de la tempête qui s’annonce. Il n’y a aucune connotation sexuelle dans les relations entre le narrateur et la petite. Tout est décrit de façon clinique sans état d’âme. Il ne veut pas de compassion. Il ne regrette pas ce qu’il fait. J’ai été frappée par la description très distanciée des souffrances endurées par la petite comme si de rien n’était. D’ailleurs la petite ne se plaint jamais. Le roman se termine en cauchemar éveillé avec, en fond historique, la peste brune s’abattant sur Munich et l’Allemagne. Pour un premier roman, Cadence (ce titre est un mystère) est une réussite. C'est une histoire que l'on n'oublie pas.

NB (en réponse aux trois premiers commentaires [Toinette80, Rosa et Thaïs] sur le billet) : Je suis désolée que celui-ci ne donne pas envie de lire ce roman car j'ai beaucoup aimé ce conte cruel qui est une parabole sur la montée du nazisme et des cruautés qui s'ensuivirent. Felice, la logeuse du Narrateur, symbolise bien ce qu'a été le comportement de certaines personnes envers d'autres, elles étaient payées et donc exécutaient les ordres sans discuter. Sous son air de bonhomie, c'est elle, le monstre. Elle aurait pu dénoncer le narrateur. Elle ne fait que s'enfuir. J'ai apprécié l'écriture et le rythme du roman. Et cela sort vraiment de l'ordinaire.

NB2: Nanne en parle très bien.

19 octobre 2009

Victime - Basil Dearden

Victime est un film rare, il n'a pas été beaucoup projeté depuis 1961, date de sa sortie. L'histoire, filmée dans un beau noir et blanc, se passe Angleterre (plus précisément à Londres) où l'homosexualité (considérée comme un crime) était punie de prison. Sa dépénalisation date de 1967 dans ce pays (en 1982 en France). Le film démarre sur les chapeaux de roue. On voit un jeune homme, Barrett, qui cherche à contacter un grand avocat, Melville Farr (Dirk Bogarde), qui fut son amant. Ce dernier croit que Barrett le harcèle pour une raison quelconque. En réalité, c'est Barrett lui-même qui est victime d'un chantage à cause d'une photo, et il veut prévenir Farr. Le jeune homme se suicide après avoir été arrêté (il avait volé son entreprise pour payer le maître-chanteur). Tout cela paraît compliqué (c’est le premier quart d’heure du film), mais l’histoire se met en place par la suite. Plusieurs hommes sont aux abois: homosexuels, ils ont reçu des lettres anonymes (les mêmes que celle de Barrett) leur demandant de payer de fortes sommes. Assez vite, on sait qui est l’un des «méchants», mais la personne responsable ne sera démasquée qu’à la toute fin (personnellement, je m’en doutais un peu). Entre-temps, il y aura eu une autre mort et une fausse piste. Dirk Bogarde joue donc le rôle de l'avocat qui s’implique dans l’enquête avec la police. Il met sa réputation et donc son avenir en jeu (risquant la radiation du barreau et la prison) puisque il n'avait pas révélé son homosexualité. Seule sa femme, Laura, avait accepté cette situation. Basil Dearden a réalisé un très bon film policier haletant avec en toile de fond un fait sociologique où des hommes étaient traités, il y a encore 40 ans, comme des criminels parce qu’ils préféraient les hommes aux femmes. Il paraît que ce film, à sa sortie, aurait fait bouger les choses et provoqué un débat. Victime n’est sorti (en octobre 2009) que dans une salle à Paris. Je ne sais pas ce qu’il en est des projections en province. Avec ce billet, je voudrais remercier les éditions de films Carlotta qui nous permettent de voir des films rares et de qualité (ce fut le cas cet été pour Signore et Signori et Divorce à l'Italienne de Pietro Germi). 

11 octobre 2009

Rapt - Lucas Belvaux

Décidément, je n'arrête plus de voir des films en avant-première. Grâce à Jérôme de Cinefeed et Cinefriends (que je remercie), j'ai eu la chance de voir, le 30 septembre dernier, Rapt de Lucas Belvaux qui sort le 18 novembre prochain dans toutes les bonnes salles. Quand j'ai accepté, je ne savais pas quel était le sujet. Dès que j'ai su qu'il y avait une histoire de doigt coupé, je me suis dit que cela me rappelait quelque chose. En effet, Lucas Belvaux s'est librement inspiré de l'affaire du Baron Empain (qui s'est passée en 1978). Dans le film, le personnage s'appelle Stanislas (1) Graff. Il s'agit d'un homme d'affaires aisé (avec une grande fortune personnelle), dont on voit, pendant les premières minutes de Rapt, la vie quotidienne en accéléré. Marié, père de deux filles et patron d'un grand groupe industriel, passant d'un rendez-vous à l'autre, il mène en parallèle une existence où se mêlent le jeu (poker) et quelques maîtresses. Il joue gros et perd beaucoup. Un matin, Stanislas Graff est enlevé. Une rançon de 50 millions d'euros est demandée. Pour montrer qu'ils ne plaisantent pas, les ravisseurs lui coupent le majeur de la main gauche. Le film alterne les scènes de détention et l'"extérieur" où la famille de Sébastien (sa femme en particulier) ainsi que les collaborateurs du groupe essaient de trouver la rançon. Petit à petit, la situation évolue et pas forcément en faveur de l'otage humilié, enchaîné avec des ravisseurs encagoulés. Je ne raconterai pas la fin, assez proche de la réalité et qui est passionnante (on pourrait même en faire une suite). Les acteurs, Yvan Attal et Anne Consigny en tête, sont bien dans leur rôle. C'est un film qui m'a beaucoup plu grâce à un scénario très bien écrit, une réalisation nerveuse et sans temps mort. Les dialogues ont été considérés comme un peu littéraires au goût d'au moins un spectateur (qui a trouvé que cela faisait "théâtre" et que seul Yvan Attal semblait naturel; il a trouvé le jeu des autres acteurs un peu trop retenu). Quant à moi, j'ai apprécié d'entendre des dialogues intelligibles (même les ravisseurs parlent "bien"). Cette projection s'est déroulée dans une salle avec des fauteuils moelleux, nous étions une vingtaine de spectateurs, des blogueurs qu'avait invités Jérôme. A la fin de la projection, Lucas Belvaux en personne s'est prêté gentiment au jeu des questions/réponses. Je lui ai tout de suite demandé s'il s'était inspiré de l'affaire du Baron Empain, il m'a répondu oui. Je lui ai demandé après: pourquoi cette affaire? et pourquoi maintenant? Il a répondu que c'était une affaire qui l'intéressait depuis longtemps et qu'il avait lu le livre du baron Empain, dont il avait vu une interview à la télé il y a quelques années. L'histoire est transposée de nos jours. Parmi les autres réponses, Lucas Belvaux nous a expliqué qu'il avait rencontré des "vrais" inspecteurs de police qui travaillent en groupe de 6 ou 7 et dont la tâche principale est d'écrire. Il nous a exposé comment il avait choisi les acteurs, etc. A priori, le baron Empain avait vu le film le même jour (on ne sait pas ce qu'il en a pensé). Lucas Belvaux est un homme passionné qui reste simple. Je lui souhaite du succès pour son film qui le mérite. Merci encore à Jérôme (pour m'avoir invitée de nouveau après Looking for Eric) et à son assistant Florian.

(1) et non Sébastien comme je l'avais écrit. Merci à Rom_J qui m'a fait rectifier le 08/11/2009 cette erreur par son commentaire ci-dessous.

5 décembre 2008

Caos calmo - Antonio Grimaldi

J'ai vu ce film en avant-première (Ffred y était aussi - nous l'ignorions l'un et l'autre). La sortie en France est prévue le 10 décembre. Une fois de plus, je me demande pourquoi avoir gardé le titre original Caos calmo puisque le roman de S. Veronesi dont est tiré le film (et que je n'ai pas lu) a pour titre Chaos calme (Editions Grasset), prix fémina 2008 et prix Stregha (Sorcière), en Italie, équivalent à notre prix Goncourt. Donc, le soir de l'unique avant-première en France (dixit le présentateur), Nanni Moretti (qui ne se déplace que rarement pour présenter un film) était là en personne et portait le costume qu'il a dans le film: pantalon et pull noir. Il était accompagné du réalisateur Antonio Grimaldi, du producteur, d'une actrice italienne et de Denys Podalydes (un des trois acteurs français qui jouent dans le film des petits rôles, coproduction oblige). Nanni Moretti a dit qu'il avait beaucoup aimé le roman. Il est l'un des adaptateurs pour le scénario mais il n'a jamais envisagé de le réaliser, interpréter le rôle principal lui a suffi. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, Pietro (Nanni Moretti) sauve une femme de la noyade (le mari de cette dernière en revanche ne s'était pas précipité dans l'eau pour secourir sa femme). Pendant ce temps, la femme de Pietro, tombée d'un arbre de son jardin, vient de mourir. Pietro, malgré son veuvage, ne semble pas trop bouleversé. C'est comme cela que je comprends "chaos calme". Il n'est pas atteint, et sa fille âgée d'environ 10 ans prend modèle sur son père. Ils ne font pas leur deuil. Le chaos calme peut être aussi perçu dans le changement de vie de Pietro. Il semble avoir un poste important dans une entreprise (sur le point de fusionner) et peut-être avoir une promotion, mais il décide d'accompagner sa fille à l'école tous les jours et de l'attendre sur une grande place en face de l'établissement jusqu'à la fin de la classe. Une grande partie du film se passe sur cette place où Pietro devient un habitué (il y fait ses réunions avec sa secrétaire), et il croise régulièrement les mêmes personnes, même la femme qu'il a sauvé de la noyade. Cette oeuvre ne révolutionnera pas le cinéma. Tout cela reste un peu anecdotique, je n'ai pas été touchée. En revanche, il y a une scène de sexe qui arrive comme un cheveu sur la soupe (comme dit ffred), sans autre raison que le fait qu'après, la vie de Pietro reprend (peut-être) un cours normal. Nanni Moretti est très très bien. Les autres personnages sont moins intéressants, et je ne conseille pas franchement la musique.

14 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (fin)

Montréal et Québec
De Montréal, je retiens les 33 km de ville souterraine (galeries commerciales, bureaux, hôtels) où les Montréalais se réfugient l'hiver par des températures de -20° ou -30°. Pour creuser cette ville, des bâtiments en surface ont été soulevés: une église par exemple (ce n'est pas une blague), j'en ai vu des photos. Ce furent des travaux proprement pharaoniques.
Nous avons été dans le vieux Montréal (au bord du Saint-Laurent), qui n'est pas grand, mais là se situe la basilique Notre-Dame de Montréal (où s'est marié Céline Dion), que je n'aurai pas eu le plaisir de visiter (fermeture à 16H30). Petit conseil, l'entrée est gratuite pour les fidèles qui ne veulent que prier. Les touristes (avec leurs appareils-photos) doivent s'acquitter de 5 dollars canadiens. En revanche, j'ai pu prendre en photo une bouche de station de métro tout droit venue de Paris.
Le Biodôme, que j'ai déjà évoqué, a été ouvert en reconvertissant le vélodrome construit pour les Jeux Olympiques de Montréal (1976). A l'intérieur, il présente beaucoup d'animaux vivants (dont un castor) en reconstituant leur biotope naturel (de 4 types différents, nous a-t-on dit, même si cela ne m'a pas semblé très évident). [site: http://www.biodome.qc.ca]. Juste à côté du biodôme, se trouve le stade Olympique dont le toit, qui à l'origine était mobile, s'est effondré. On l'a remplacé par un toit/couverture fixe et l'on distingue bien la transition aluminium/béton. Un genre de tour penchée surmonte l'ensemble: on peut y monter en ascenseur et bénéficier d'une belle vue sur la ville.
Québec a été fondée par Samuel de Champlain en 1608. On peut partager Québec entre la Haute ville ceinte de remparts et de quelques portes et la vieille ville en contrebas. Sur les hauteurs se dresse le célèbre et imposant "Château Frontenac". Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas d'un patrimoine historique "d'époque", mais d'un palace construit comme tel au XIXème siècle. Par contre, comme cette année était célébré le 400ème anniversaire de la fondation de la Ville, nous avons pu voir les vestiges d'un fort datant, lui, de cette époque, que des fouilles ont mis au jour et présenté au public pour l'occasion. Mais notre séjour dans cette ville a malheureusement souffert d'une pluie ininterrompue. J'ai quand même pu apprécier la Place Royale et sa statue de Louis XIV. En revanche, j'ai trouvé porte close (une fois de plus) devant les portes de la cathédrale Notre-Dame de Québec: fermeture à 16H30.
Près de l'hôtel où nous séjournions, on ne voit plus que la façade très abimée (le reste a entièrement brûlé en avril de cette année) du Manège militaire, bel édifice dont l'intérieur était en bois et qui datait de 1883, un des joyaux architecturaux de Québec. Nous avons aperçu les dégâts sous deux angles, d'abord depuis notre hôtel, ensuite, de plus haut, depuis un restaurant panoramique. Triste spectacle. On ne sait pas encore si la reconstruction du bâtiment se fera.

 

Parcs naturels, paysages, ethnologie
Nous avons fait une étape sur le site de Miguasha, des falaises en bord de mer remontant au "Devonien" (370 millions d'années - "à quelques millions d'années près", comme dit la brochure achetée sur place). Ce site est mondialement célèbre pour les fossiles très bien conservés que l'on y a découverts depuis le XIXème siècle jusqu'à des campagnes de fouilles scientifiques continuant de nos jours. En soi, le site n'est guère impressionnant; mais, au Musée, nous avons bénéficié d'une présentation bien instructive par une jeune conférencière très enthousiaste et dynamique.
On nous a beaucoup parlé du fait que les Laurentides soient les plus vieilles montagnes de la planète, en contraste avec les Appalaches qui sont les plus jeunes. Il paraît que cela explique que les forêts des Laurentides soient bien plus fournies.
Le programme prévoyait une excursion sur le Mont Tremblant (auquel on accède par un téléphérique). Je n'ai pas trouvé le panorama exceptionnel. Pour ma part, j'aurais préféré pouvoir consacrer davantage de temps à la visite d'Ottawa.
Je me suis acheté un petit bijou au "Village des Hurons", une véritable petite entreprise qui présente cette civilisation reconstituée sous forme d'une sorte de "parc touristique". [
Site: http://www.huron-wendat.qc.ca]. J'ai retenu de notre visite que ce nom de tribu, "Huron", a été donné par les Français parce qu'ils trouvaient que la "crête" de cheveux conservée au sommet du crâne faisait penser à une hure de sanglier. Les propriétaires du parc sont eux-mêmes descendants de Hurons (la tribu a survécu en subissant le métissage avec les Blancs). Mon ami m'a signalé avoir été frappé en lisant dans un livre que je lui en ai ramené, Les Hurons-Wendats, que l'auteur, Georges E. Sioui, remerciait la "directrice, secrétaire et âme de [leur] Institut de l'Américité, à l'avoir poussé à poursuivre" en Doctorat (4 ans de travail), après sa Maîtrise, "afin que [leur] peuple des Premières Nations, au Canada, ait enfin un historien de ce niveau que personne ne puisse jamais exclure du débat sur [leur] histoire et [leur] civilisation".

Enfin, si cela peut amuser mes lecteurs et lectrices qui n'ont encore jamais mis les pieds au Québec, voici quelques expression locales qui m'ont amusée:
On magasine (on fait du shopping), on passe la vadrouille (la serpillière), on cruise (drague); et mesdames (ou messieurs) ne parlez des beaux gosses que dans un contexte particulier (les Québecois me comprendront; les Français, eux, parleront des "joyeuses").

PS: Je vais arrêter ici mes chroniques du Canada dont le souvenir commence à s'estomper (comme malheureusement chaque vacances quand on est happée de nouveau dans le quotidien). Mais je voudrais tout de même terminer par une dédicace à notre accompagnatrice et notre chauffeur qui nous ont guidés durant ces deux semaines de l'autre côté de l'Atlantique: merci Sylvie et Yvon, Canadiens, Québecois et fiers de l'être!

1 août 2008

Mariage à l'italienne - Vittorio de Sica

Je viens de voir Mariage à l'italienne de Vittorio de Sica qui ressort à Paris dans une très belle copie restaurée de 2002. Le film date de 1964. C'est l'adaptation d'une pièce de théâtre d'Eduardo de Filippo (qui était aussi acteur). L'histoire se passe à Naples et dans sa région. Domenico Soriano (Marcello Mastroianni) est un fabriquant de pâtisserie (il a aussi un magasin). Célibataire, il va régulièrement dans les "maisons closes". C'est là qu'en 1943, à l'occasion d'un bombardement, il rencontre Filomena Marturino (Sofia Loren) âgée de 17 ans. Elle tombe amoureuse de lui, mais lui pas vraiment. Ce que je décris est un des "flash-back" du film. L'histoire se déroule sur presque 22 ans pendant lesquels Domenico (Domi) et Filomena se retrouvent régulièrement. Filomena étant une prostituée, il ne peut envisager de l'épouser. Quand le film commence (nous sommes en 1964), Filomena, habillée en noir très "veuve italienne", est à l'article de la mort. Domenico est mis au courant et accourt à son chevet alors qu'il est (enfin) prêt à se marier avec une jeunesse de 20 ans, la énième caissière qui travaille dans son magasin. Un prêtre est appelé pour unir Domenico et Filomena avant qu'elle ne passe de vie à trépas. Et miracle, cette cérémonie permet à Filomena de ressusciter. Rusée, c'est le seul stratagème qu'elle a trouvé pour ne plus être séparée de Domenico. Celui-ci, vert de rage, veut faire annuler tout de suite ce mariage (en 1964, le divorce est interdit en Italie). Mais Filomena a plus d'un tour dans son sac:  par exemple, dans le fil du récit, elle annonce qu'elle a trois fils dont elle a tu l'existence à Domenico et elle lui révèle qu'il est le père de l'un des trois. Lequel est-ce? Ce Mariage à l'italienne permet de réunir l'un des couples (à l'écran) les plus connus du cinéma mondial: Loren et Mastroianni. La Loren, 30 ans à l'époque, est sublime de beauté. Film plaisant d'un grand réalisateur italien (Le voleur de bicyclette et Le jardin des Finzi-Contini [cf. mon billet du 23/07/2007]) qui dédie le film à Titina de Filippo (soeur d'Eduardo).

27 août 2009

Un prophète - Jacques Audiard

Enfin un grand film, et qui plus est français. Allez voir Un prophète, 5ème film très réussi de Jacques Audiard, joué en français, en corse et en arabe. La BA ne lui rend pas hommage. Presque toute l'histoire se passe dans une prison centrale. Malik, jeune Arabe de 19 ans, analphabète, vient d'y arriver afin de purger une peine de 6 ans. Il est assez vite repéré par le clan des Corses dont le chef, Luciani (Niels Arestrup, grandiose), l'oblige à tuer un Arabe, s'il ne veut pas être tué lui-même. Et il promet sa protection. Son forfait accompli, Malik deviendra, par la suite, calife à la place du calife grâce à son intelligence (il apprend à lire), à son sens de l'observation et à sa détermination. Grand Prix (amplement mérité) au dernier festival de Cannes 2009, Un prophète dure 2H30, et on est captivé dès le départ. Ce n'est pas facile de parler de ce film découpé en chapitres tellement il est riche. On peut le résumer ainsi: c'est l'itinéraire d'un agneau qui devient un loup. Il n'y a aucune psychologie dans ce que l'on voit. Jacques Audiard nous montre l'univers carcéral quotidien avec ses clans arabes et corses (qui restent entre eux). Il nous épargne le côté misère sexuelle et la religion, et pourtant il y a du surnaturel en la personne du fantôme de l'Arabe tué par Malik qui est souvent là comme l'Ange Gabriel. Malik est considéré comme Corse par les Arabes et inversement. Devenu le "larbin" de Luciani, cela lui sert dans son ascension. Luciani s'attache à lui et lui fait confiance: grave erreur. Le film comporte des scènes fulgurantes et est baigné par la musique d'Alexandre Desplats et quelques chansons. Pour ceux qui sont familiers des films d'Audiard, ils retrouveront sa façon de filmer caméra à l'épaule et certaines images entourées de noir, un peu floues dans certains plans. J'ai eu la chance de voir Un prophète en avant-première, le 25 août 2009, en présence de l'équipe du film, Jacques Audiard et cinq comédiens dont Niels Arestrup et Tahar Rahim. A l'issue de la projection, ils ont reçu une ovation debout. Il y a eu une séance de questions/réponses qui était surtout adressée à Audiard. J'ai moi-même posé une question à Niels Arestrup: est-ce que c'était le rôle ou le fait de retravailler avec Audiard qui lui avait plu? Il a répondu, en substance, "les deux". Il considère Jacques Audiard comme un grand réalisateur. Concernant le titre, Jacques Audiard n'a pas vraiment su répondre à cette question qui lui était posée. Et pourtant, à un moment donné dans une scène, on entend un personnage dire à Malik: "Tu es un prophète?". Cette soirée m'a laissé un très bon souvenir.

23 août 2009

Questionnaire cinéphile estival

Avant que l'été ne s'achève et après au moins quatre éminents blogueurs cinéphiles (Ed, Dr Orlof, Vincent et T.G.) qui ont répondu avant moi (il doit y en avoir d'autres!), voici donc mes réponses à 38 questions qui ont pour but de raviver les souvenirs, de susciter la curiosité et éventuellement de polytraumatiser les amateurs de Robert Altman. En ce qui me concerne, j'ai eu du mal avec certaines questions dont j'ignore le pourquoi du comment.


1) Quel est votre second film favori de Stanley Kubrick?
Pourquoi second? Je ne sais pas. Surtout que la filmographie de Kubrick est diverse et variée. Mais je mettrais en second Full Metal Jacket pour la première partie de ce film qui est un modèle de mise en scène. Je l'avais vu au moment de sa sortie en salle. Je me rappelle avoir été secouée.

2) Quelle est l'innovation la plus significative / importante / intéressante dans le cinéma de la dernière décade (pour le meilleur ou pour le pire)?
En entendant certaines conversations dans les magasins qui vendent des DVD ou maintenant les "Blue Ray", force est de constater que les gens téléchargent les films sur Internet et ne se déplacent plus dans les salles de cinéma. Je dirais que cela concerne la jeune génération de spectateurs mais les autres ne sont pas en reste.

3) Bronco Billy (Clint Eastwood) ou Buffalo Bill Cody (Paul Newman)?
Je choisis Paul Newman pour ses yeux bleus et son engagement pour les enfants malades mais je n'ai pas vu Buffalo Bill et les Indiens de Robert Altman (1976).

4) Meilleur film de 1949.
Noblesse oblige (Kind Hearts and Coronets) de Robert Hamer (Studio Ealing): un chef-d'oeuvre.

5) Joseph Tura (Jack Benny) ou Oscar Jaffe (John Barrymore)?
Je n'ai vu aucun film avec l'un ou l'autre.

6) Le style de mise en scène caméra au poing et cadre tremblé est-il devenu un cliché visuel?
Ce n'est pas un cliché mais une façon de filmer qui peut être réussie comme Rachel is getting married de Jonathan Demme.

7) Quel est le premier film en langue étrangère que vous ayez vu?
Cela doit être Lawrence d'Arabie de David Lean, Autant en emporte le vent de Victor Fleming ou West Side Story de Robert Wise sur grand écran au Kinopanorama dans le 15e arrondissement de Paris (cinéma aujourd'hui disparu), je n'arrive plus à départager leur ordre de vision dans mes souvenirs.

8) Charlie Chan (Warner Oland) ou Mr. Moto (Peter Lorre)?
Plutôt Peter Lorre, je ne connais pas l'autre.

9) Citez votre film traitant de la seconde guerre mondiale préféré (période 1950-1970).
La grande évasion (The Great escape) de John Sturges avec une pléthore de bons acteurs dont Steve McQueen.

10) Citez votre animal préféré dans un film.
Ex-aequo, les chats Pyewacket dans L'adorable voisine (Bell, Book and candle) de Richard Quine et Le Chat dans Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's) de Blake Edwards.

11) Qui ou quel qu'en soit le fautif, citez un moment irresponsable dans le cinéma.
Il y en a certainement, mais je ne vois pas.

12) Meilleur film de 1969.
Impossible de choisir et soyons chauvins, deux grands Chabrol: La femme infidèle et Que la bête meure (sortis la même année) ainsi que L'armée des ombres de Jean-Pierre Melville.

13) Dernier film vu en salles, et en DVD ou Blu-ray.
En salle, Les poupées du diable de Tod Browning (1936), et en DVD, Le trésor du pendu de John Sturges.

14) Quel est votre second film favori de Robert Altman?
The player (le premier c'est Gosford Park).

15) Quelle est votre source indépendante et favorite pour lire sur le cinéma, imprimé ou en ligne?
Positif / Studio-Ciné-live / Première / Brazil (heu, pas dans l'ordre, je précise).

16) Qui gagne ? Angela Mao ou Meiko Kaji?
Kesako?

17) Mona Lisa Vito (Marisa Tomei) ou Olive Neal (Jennifer Tilly)?
Je ne sais pas de quels rôles il s'agit. Mais j'aime bien les deux actrices.

18) Citez votre film favori incluant une scène ou un décor de fête foraine.
Gun crazy de Joseph H. Lewis (1950).

19) Quel est à aujourd'hui la meilleure utilisation de la video haute-définition sur grand écran?
Je réponds comme presque tous les autres: L'anglaise et le duc d'Eric Rohmer (2001).

20) Citez votre film favori qui soit à la fois un film de genre et une déconstruction ou un hommage à ce même genre.
Les westerns spaghetti de Sergio Leone.

21) Meilleur film de 1979.
Le tambour (Die Blechtrommel) de Volker Schlöndorff.

22) Quelle est la plus réaliste / Sincère description de la vie d'une petite ville dans un film?
Comme j'ai (parfois) mauvais esprit, je vais dire Le corbeau d'Henri-Georges Clouzot (1943); sinon, plus contemporain: Loin du paradis (Far from Heaven) de Todd Haynes (2002) avec la sublime Julianne Moore.

23) Citez la meilleure créature dans un film d'horreur (à l'exception de monstres géants).
Predator.

24) Quel est votre second film favori de Francis Ford Coppola?
Dracula (d'ailleurs, je n'ai pas de premier film favori).

25) Citez un film qui aurait pu engendrer une franchise dont vous auriez eu envie de voir les épisodes.
Aucun.

26) Votre séquence favorite d'un film de Brian De Palma.
La mort d'Al Pacino dans L'impasse (Carlito's way) (1993). Cela vous remue.

27) Citez votre moment préféré en Technicolor.
Tout Lawrence d'Arabie.

28) Votre film signé Alan Smithee préféré.
Je ne sais pas.

29) Crash Davis (Kevin Costner) ou Morris Buttermaker (Walter Matthau)?
Kevin Costner dans Bull Durham, je n'ai pas vu l'autre film.

30) Quel film post-Crimes et délits de Woody Allen préférez-vous?
Whatever works, Match Point, Meurtres mystérieux à Manhattan et Maudite Aphrodite.

31) Meilleur film de 1999.
Ce n'est pas forcément le meilleur film de 1999 mais j'avais beaucoup aimé Tabou (Gohatto) de Nagisa Oshima.

32) Réplique préférée.
Au tout début des Dames du bois de Boulogne de Robert Bresson: Jacques en voix "off" dit "... Il n'y a pas d'amour, Hélène, il n'y a que des preuves d'amour".

33) Western de série B préféré.
Les sept mercenaires de John Sturges (1960) [Allo? Oui, on me fait remarquer que ce n'est peut-être pas une "série B". Mais c'est le remake des sept samouraï].

34) Quel est selon vous l'auteur le mieux servi par l'adaptation de son oeuvre au cinéma?
Mort à Venise de Thomas Mann.

35) Susan Vance (Katharine Hepburn) ou Irene Bullock (Carole Lombard)?
Joker, je préfère Joan Crawford et Susan Hayward.

36) Quel est votre numéro musical préféré dans un film non musical?
Alex chantant "Chantons sous la pluie" dans Orange mécanique.

37) Bruno (Le personnage si vous n'avez pas vu le film, ou le film si vous l'avez vu): une satire subversive ou un stéréotype?
Une chose vulgaire.

38) Citez cinq personnes du cinéma, mortes ou vivantes, que vous auriez aimé rencontrer.
Robert Mitchum, Audrey Hepburn, Luchino Visconti (mais seulement de loin), Louis Jouvet et Billy Wilder.

27 septembre 2009

Deux romans de Katarina Mazetti

Le mec de la tombe d'à côté nous ayant plu, à mon ami et moi (cf. mon billet du 03/05/09), on s'est retrouvés après une "descente" à ma bibliothèque de quartier à lire deux autres romans de l'auteure: Entre Dieu et moi, c'est fini et Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini (Editions Gaïa) sur papier rose (1). Les deux romans se suivent et se passent à Suède pour une grande partie; on y fait la connaissance de Linnea Nilsson, la narratrice, 16 ans dans le premier et 17 ans dans le deuxième. Dans Entre Dieu et moi, c'est fini, Linnea nous parle de sa vie d'adolescente dans un lycée en Suède, et de son amie Pia dont on apprend dès le début qu'elle va se suicider. L'histoire se passe pendant les 6 mois qui précèdent la disparition de Pia (qui demeure inexpliquée). Linnea nous fait connaître ses états d'âme et par la même occasion sa mère, son demi-frère Knotte, son beau-père, Ingo (artiste vivant au crochet de la mère), ainsi qu'un amoureux transi, Markus. Dans le deuxième, Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini, Linnea est le petit chaperon rouge de l'histoire (elle porte un bonnet rouge) qui va rencontrer un loup en la personne de Mark (alias Mats), un garçon légèrement plus âgé qu'elle, qui lui fait perdre sa virginité et miroiter monts et merveille: elle se retrouvera à Los Angeles comme une SDF. Les deux romans se lisent bien même si ce n'est pas impérissable. Katarina Mazetti emploie un style tonique avec une tonalité parfois ironique.

(1) Je sais enfin pourquoi les Editions Gaïa imprime en rose. Voici le texte à la fin des deux ouvrages: "Imprimé sur "perle sanguine" (ou "zéphir rose!") 90 g, spécialement fabriqué pour Gaïa édition. La teinte du papier sur lequel cet ouvrage a été imprimé est le résultat d'une recherche soucieuse d'un plus grand confort de lecture: le coefficient de lisibilité est en effet jugé optimum, sous condition d'un bon éclairage ambiant." Personnellement, je ne peux pas me prononcer s'il y a du mieux pour le confort de lecture. Je n'ai pas vu la différence.

26 août 2009

Lancement d'un site de chroniques sur la rentrée littéraire

Restez à l'antenne pour un peu de publicité. Il faut aujourd'hui que je signale que j'avais publié un peu vite (le 1er août 2009, faute d'informations et d'instructions claires) ma chronique sur La patience de Mauricette. L'opération "Masse critique / Babelio" par laquelle j'avais obtenu gracieusement ce livre s'inscrivait cette fois-ci dans le cadre de partenariats plus larges ("cette opération a été montée à l’initiative du Social Media Club France, qui s’est chargé de récolter les romans de la rentrée littéraire 2009 auprès des éditeurs pour les faire critiquer en avant première par les blogueurs. Le SMC s’est alors associé à trois communautés: Babelio, Ulike et Chermedia pour diffuser ces livres aux blogueurs"), et l'échéance "officielle" du lancement du projet était aujourd'hui 26 août 2009, date où aurait dû être publié mon billet "pour que le lancement bénéficie d’un effet d’annonce de la part des participants". Je reprends donc textuellement le message qui m'a été fourni (ouvrez les guillemets):
« Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des romans de la rentrée littéraire !
Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire (http://chroniquesdelarentreelitteraire.com) qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus, c'est ici. »
A vous les studieux/ses!

11 août 2009

Signore et Signori - Pietro Germi

Si vous ne savez pas quoi aller voir au cinéma ces temps-ci (c'est un peu mon cas); si vous avez envie d'apprécier ce qu'est une histoire à la mécanique bien huilée (digne de Feydeau et Labiche (en plus acide) pour le théâtre, et de Billy Wilder pour le cinéma); si vous vous posez la question: quel film a gagné la Palme d'Or à Cannes en 1966?; si vous voulez rire et sourire pendant 2 heures; si vous voulez entendre parler italien; si vous voulez voir des hommes mariés (pas si jeunes) issus de la bourgeoisie locale qui ne pensent qu'à "ça", si cela ne vous dérange pas de voir des hommes et des femmes qui n'hésitent pas à se donner des gifles; si vous voulez voir un film à la morale corrosive où l'argent résoud bien des choses; si vous voulez voir une peinture au vitriol d'une certaine classe de la population; si vous aimez Virna Lisi; si le fait de découvrir des acteurs italiens pas très connus (enfin pour moi), ne vous dérange pas... Alors allez, que dis-je, courez voir Signore & Signori (Ces messieurs dames) de Pietro Germi (film que je n'avais jamais vu, honte à moi!) qui me paraît être UNE des comédies de l'année. Deux salles à Paris le projettent. C'est dans le cadre d'une rétrospective de films italiens. J'espère que des copies circulent en province (et/ou que la sortie en DVD ne va pas tarder). Ce film tourné en noir et blanc se divise en 2 parties et 3 mouvements. Il se passe à Trevise en Vénétie (où le film fit scandale). L'histoire se concentre sur un groupe d'amis constituant la bourgeoisie locale qui navigue entre sauteries et coucheries. 1er mouvement: avant une sauterie, Toni Gasparini confesse son impuissance à son médecin à qui il demande de garder le secret. Ce dernier, bien entendu, s'empresse d'en faire part à tout le monde. Mais "est pris qui croyait prendre". 2ème mouvement: le comptable Bisigato séduit une caissière de bar (Virna Lisi), en tombe amoureux et veut donc quitter sa femme, une mégère pas apprivoisée du tout. Mais, à cette époque, le divorce étant interdit avec une Eglise omnipotente, le pauvre Bisigato se retrouve à avoir tous ses amis, sa femme, la cousine de sa femme et même la police face à lui pour le faire renoncer à son projet. 3ème mouvement: une jeune fille aguichante, arrivée en ville pour faire du shopping, se retrouve en butte à la concupiscence de membres du groupe d'amis (ils se la "repassent" tour à tour). Sur ces entrefaites, le père de la jeune fille (un paysan mal dégrossi) arrive: sa fille est mineure et il porte plainte. Le rythme du film est effréné, sans temps mort, et la musique ne laisse aucun répit. Un grand film à revoir ou à découvrir.

17 février 2009

Le petit fugitif - Morris Engel, Ruth Orhin et Ray Ashley

Le petit fugitif date de 1953. Cette année-là, il a reçu le Lion d'argent à Venise, ex-aequo avec Les contes de la lune vague après la pluie de Mizoguchi. Il vient de ressortir en "réédition exclusive en VOSTF" (sic). C'est grâce à mon ami, qui m'en a parlé et avec qui j'y suis allée, que j'ai pu découvrir ce film qui a inspiré Les 400 coups de Truffaut. Film en noir et blanc, il a suscité l'admiration de grands cinéastes dont ceux de la Nouvelle vague. Le petit fugitif est un mélange de documentaire et de fiction. Les trois personnes citées dans le titre ont collaboré pour écrire, produire, photographier et monter le film. Morris Engel, producteur et chef opérateur, a créé un harnachement spécial pour la caméra qui permettait de filmer sans être remarqué. Cela donne effectivement une spontanéité à l'ensemble. A Brooklyn, en plein été, Joey, 7 ans, petit garçon à la frimousse pleine de taches de rousseur, et passionné de chevaux, a un grand frère, Lenny, 12 ans, joueur d'harmonica. Ce dernier en a souvent la garde quand la maman (veuve) doit s'absenter. En l'occurrence, c'est ce qui se passe quand démarre le film. Mais Lenny préfère jouer avec deux copains de son âge, et ils décident ensemble de jouer un vilain tour à Joey pour s'en débarrasser. Joey s'enfuit en métro à Coney Island (à l'extrémité sud de Brooklyn), lieu d'attractions diverses et variées, et où se situe une immense plage, endroit de prédilection pour des milliers de New Yorkais à cette époque. La caméra ne lâche pratiquement pas Joey et le suit dans ses périgrinations. C'est la première fois qu'il va à Coney Island. Grâce aux quelques dollars que la maman avait laissé avant de partir, il peut se payer un tour de manège, s'exercer à lancer des balles sur des boîtes (sans succès), se payer une barbe à papa et surtout faire des tours de poney. Il est débrouillard. L'argent étant épuisé, il se met à ramasser sur la plage des bouteilles de boissons pétillantes qui sont consignées. Il reçoit 5 c par bouteille: une fortune. Joey va rester du samedi après-midi jusqu'au dimanche après-midi livré à lui-même. Pas une fois, il ne pleure. Il est plutôt heureux. Tout finit bien. Je remercie mon ami de m'avoir convaincue d'assister à cette projection, ce fut un plaisir partagé, je pense, par un public nombreux (d'adultes) qui a beaucoup ri et qui a trouvé le gamin adorable. Personnellement, j'ai trouvé que c'était un garçonnet comme tous ceux de son âge, pas toujours obéissant mais qui a besoin que l'on s'occupe de lui.

31 octobre 2008

Le diable rouge - Antoine Rault

Après Le crime est notre affaire sur grand écran (billet du 27/10/08), quel plaisir de retrouver Claude Rich "en chair et en os"! Pour les Parisiens ou ceux qui passent par Paris, allez voir cette pièce qui met en scène Mazarin, Anne d'Autriche, Colbert, le jeune Louis XIV et Marie Mancini (premier et peut-être unique amour de Louis XIV). Mazarin (Claude Rich) est malade et il prépare avant de mourir l'avenir de la France en décidant de marier Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne. Louis en revanche est amoureux de Marie Mancini, une des cinq nièces de Mazarin. Mais la raison d'Etat sera la plus forte, un roi ne se marie pas par amour mais pour des alliances politiques. La France est en guerre depuis trop longtemps avec l'Espagne. Le rôle du cardinal convient bien à Claude Rich. Les acteurs (trices), tous très bien dans leur rôle, évoluent dans un beau décor avec des effets de miroir et j'ai apprécié la sobriété de la mise en scène de Christophe Lidon. Le théâtre Montparnasse où j'ai vu la pièce est un théâtre à l'italienne. L'ouvreuse se dépêchait pour placer tout le monde en courant d'un bout à l'autre de "son" territoire (elle n'est payée qu'au pourboire). Le "poulailler" y semble condamné, sans doute pour des raisons de sécurité? Nous étions assez haut placés (2ème balcon de face), je me suis dit que la prochaine fois il faudrait que je pense à prendre mes jumelles de théâtre. Et puis en fait, dès l'obscurité faite et le spectacle commencé, j'ai très bien vu, la colonne qui gâchait un peu la vue à une spectatrice derrière était juste entre mon ami et moi. Les spectateurs étaient presque tous des gens d'un certain âge (pour ne pas dire l'inverse), sauf peut-être une mère avec ses deux ados devant nous (je pense qu'ils ont apprécié). Le prix des places dans ce genre de théâtre n'est malheureusement pas pour toutes les bourses. Le texte n'est pas du Shakespeare, mais il est agréable à écouter avec certaines résonances actuelles. Il a été publié aux Editions de l'Avant-Scène (voir mon billet du 09/05/07) pour l'occasion.

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