Le blog de Dasola
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17 novembre 2011

Et maintenant on va où? - Nadine Labaki / Mon pire cauchemar - Anne Fontaine

 Avant d'aborder le festival d'automne lancé par Chris, voici deux fims à voir:

Mon ami et moi vous recommandons tout particulièrement Et maintenant on va où? de la réalisatrice franco-libanaise Nadine Labaki qui interprète aussi un des personnages principaux. Ce film nous conte une belle histoire sur la tolérance et la cohabitation entre musulmans et chrétiens dans un petit village au Liban, situé pas loin d'une ligne de conflit. Le film commence comme une tragédie grecque avec un choeur de femmes qui s'avancent vers un cimetière, et elles chantent en même temps. Car chacune a perdu un être cher. C'est une très belle séquence. Les femmes luttent pour que les hommes ne se battent pas entre eux. Il suffit de tellement peu... Il y a plusieurs scènes savoureuses (comment un vieux poste de télé antédiluvien vient égayer les soirées de ce village) et des moments tragiques, comme celui où une mère n'ose pas annoncer aux autres que son fils a été tué d'une balle perdue. Elle a trop peur que les hommes mettent le village à feu et à sang. La séquence finale est magnifique car elle donne l'espérance d'un monde de paix. Après Caramel, je trouve que la réalisatrice a un talent à suivre. Le film est sorti depuis le 14 septembre 2011 et continue son bonhomme de chemin.

Dans un autre registre, Mon pire cauchemar d'Anne Fontaine vaut le déplacement pour l'histoire d'amour improbable entre Agathe (Isabelle Huppert) et Patrick (Benoit Poelvoorde), que tout oppose. Agathe, grande bourgeoise un peu coincée, directrice de la fondation Cartier pour l'art contemporain, est la mère d'un jeune adolescent pas très doué, et la compagne d'un éditeur à succès, François (André Dussolier, excellent comme d'habitude). Patrick vit dans des conditions précaires dans le 6ème arrondissement de Paris car son fils qui est surdoué va au lycée Henri IV. Patrick se retrouve à effectuer des travaux de maçonnerie chez Agathe. Il faut voir Agathe se laisser aller dans les bras de Patrick quand François la quitte. C'est assez pétillant et on rit souvent. J'ai passé un très bon moment.

27 mai 2011

Minuit à Paris - Woody Allen

On pourrait sous-titrer le dernier film de Woody Allen "Paris est une fête" en reprenant un titre de roman d'Ernest Hemingway (un des nombreux personnages de Minuit à Paris). Il s'agit d'un film virevoltant qui remonte le temps, d'un hommage à un Paris fantasmé et/ou disparu. Le film débute par des prises de vues du Paris d'aujourd'hui, tel que les touristes peuvent le voir ou se l'imaginer, sous le soleil ou sous la pluie. Pour la Parisienne que je suis, c'est un bonheur. L'argument du film qui fait alterner l'histoire entre le temps présent (avec Gil Pender, un écrivain en quête de succès, sa fiancée, les parents  de cette dernière - plutôt réactionnaires - et une jeune antiquaire - je ne parle même pas de la guide du musée Rodin) et le temps passé. Le passage entre les deux se fait par l'intermédiaire d'une belle voiture de collection qui emmène Gil dès que minuit sonne. Il se retrouve, toujours à Paris, en compagnie de quelques écrivains, peintres ou chanteuses célèbres pendant ces flamboyantes années 20 (Hemingway, Fitzgerald et Zelda, Josephine Baker, Dali, Picasso, Man Ray, Gertrude Stein...). Il rencontre une jolie jeune femme (Marion Cotillard), modèle de Picasso, qui trouve que ces années 20 sont décevantes. Plus tard, Gil se retrouve dans les années 1890 où il croise Toulouse-Lautrec, Degas et Gauguin. Il n'y a pas vraiment de fin à cette histoire mais Gil va prendre une décision importante dans sa vie. J'ai trouvé la partie contemporaine assez faible mais c'est nettement compensé par la partie dans le passé où un détective privé se perd dans Versailles au temps de Louis (XIV ou XVI?): savoureux. Je ne peux que vous recommander ce film réjouissant dans lequel presque tous les acteurs sont épatants. Voir le billet d'Aifelle.

19 mars 2011

We want sex equality - Nigel Cole

Je voudrais tout d'abord dire que le titre sous lequel le film de Nigel Cole est distribué en France, We want sex equality ("Nous voulons l'égalité des sexes") m'a semblé quelque peu racoleur, alors que le titre original Made in Dagenham ("Fabriqué à Dagenham") est plus neutre. Toujours est-il que l'histoire (basée sur des faits réels) se passe en 1968 à Dagenham en Angleterre où étaient implantées les usines Ford. A cette époque, Ford employait 55000 hommes et... 187 femmes. La tâche principale de ces dernières consistait à coudre à l'aide de coupons de tissu (sans qu'on leur fournisse de modèle), les revêtements des portières des voitures sortant des usines. Elles étaient considérées comme des ouvrières non qualifiées et pourtant... Beaucoup moins bien payées que les hommes, elles se mirent en grève avec le soutien d'un contremaître (Bob Hoskins, très bien). Elles réclamaient le même salaire que les hommes: à travail égal, salaire égal. C'était la première fois que des femmes osaient se mettre en grève. Très déterminées dans leur revendication, elles sont arrivées à paralyser la fabrication des voitures. Parmi les grévistes, on fait la connaissance de Rita (Sally Hawkins) qui devient la meneuse de l'action de ces femmes qui ont des personnalités attachantes. C'est un film optimiste, mais en même temps, il fait regretter cette époque où les hommes politiques n'étaient pas inféodés aux hommes d'argent. En l'occurrence, ici, il s'agit de la ministre du travail de l'époque, Barbara Castle (Miranda Richardson, plus vraie que nature) qui sut résister aux menaces de fermeture de l'usine par la direction. Son attitude fut exemplaire et elle sut être diplomate. Le film comporte quelques longueurs et maladresses et quelques histoires annexes n'apportent rien au récit, mais je vous le conseille vivement.

13 mars 2011

Winter's bone - Debra Granik

Voici un billet sur Winter's bone de Debra Granik (d'après un roman de Daniel Woodrell). Film recommandé en particulier par Yuko (que je remercie), il semble qu'il ait reçu des prix dans de nombreux festivals. J'avoue que je n'avais pas du tout entendu parler de ce film jusqu'à sa sortie et si je ne n'avais pas lu plusieurs bonnes critiques, je ne suis pas sûre que j'y serais allée. Je ne regrette vraiment pas de l'avoir vu, bien au contraire. La réalisatrice nous plonge dès les premières images dans un paysage d'hiver triste au milieu des bois (nous sommes dans les monts Ozarks du Missouri). De nos jours, deux jeunes enfants, un garçon et une fille, jouent avec pas grand-chose devant la maison qui est une masure sans confort. Elle suinte la misère et l'abandon comme les baraques aux alentours. Leur grande soeur, Ree Dolly, âgée de 17 ans, devenue le chef de famille, veille sur eux, leur fait faire les devoirs, cuisine, etc. La mère qui vit avec eux est mutique et ne fait rien. Quant au père, il a disparu (pour ne pas rester en prison) après avoir payé une caution (en l'occurrence, il a donné la maison). C'est d'ailleurs tout le sujet du film. Ree Dolly, très déterminée, n'a de cesse de retrouver ce père qui doit se présenter au tribunal, sinon elle, ses deux frère et soeur et leur mère seront obligés de quitter les lieux. On assiste à des scènes dures où la violence et la faim sont très présentes. On tue les écureuils pour les manger. Le cheval de la famille qui n'a pas eu de foin depuis trois jours est cédé aux voisins (plutôt solidaires et compatissants). Ree Dolly n'est pas la bienvenue quand elle pose des questions sur son père. Même son oncle semble menaçant. Tous les personnages frustres et souvent analphabètes ont des trognes pas possibles, autant les femmes que les hommes. Le shérif du comté ne peut pas faire grand-chose. La description de cette Amérique profonde du Missouri n'est pas rose. Les caractères des personnages sont aussi âpres et durs que le climat. C'est vraiment l'Amérique des laissés-pour-compte. Le film se situe dans la lignée de Frozen River et aussi de Wendy et Lucy. La jeune comédienne, Jennifer Lawrence (que la réalisatrice filme au plus près et qui est pratiquement présente de la première à la dernière image), joue très bien. Un film que je vous recommande. Voir les billets de Yuko, Alex, Marco Ze blog et Ariane.

7 décembre 2010

Holiday - Guillaume Nicloux

Holiday de Guillaume Nicloux sort demain, mercredi 8 décembre 2010. Je sais qu'il ne va pas plaire à tout le monde, mais personnellement j'ai beaucoup aimé ce film vu en avant-première. Dès le départ, on a un doute sur ce qu'on va voir, car en guise de générique de début, on voit apparaître des noms inconnus. Et en effet, ce sont les noms des personnages qui sont mentionnés et non le nom des acteurs. L'essentiel du film se passe dans un beau château près de Cahors où Michel (Jean-Pierre Darroussin), sa femme Nadine (Judith Godrèche), et sa belle-mère, Christiane Mercier, viennent passer le week-end. Quand ils arrivent dans le château transformé en hôtel, un intertitre nous indique que l'on est 16 heures avant le crime. En effet, en préambule, on voit Michel hagard, seul, se réfugiant dans une pharmacie de la ville voisine. Il vient de rater son train pour repartir. Pendant ces 16 heures, que de péripéties! Les personnages croisés dans l'hôtel sont haut en couleur: un réceptionniste, une femme de chambre, un serveur, un détective aux dents pourries, un gynécologue pleureur plaqué par sa femme, un Don Juan qui ne dédaigne pas le SM, un proxénète qui donne du plaisir à Christiane, un nain avec une copine pas mal du tout, sans parler de la propriétaire des lieux, Eva Lopez, chanteuse qui répète la nuit, et de deux policiers qui mènent l'enquête suite au crime annoncé. L'isolation phonique entre les chambre est inexistante, tout comme les serviettes de toilette. L'histoire n'est pas toujours subtile, avec des scènes pas très ragoûtantes, mais les acteurs jouent le jeu à fond dans la dérision, dans le 2ème degré. Ils sont très à l'aise. C'est une farce macabre mais très drôle et bien construite, et j'avoue que je n'avais pas deviné la fin. Le scénario a été co-écrit par Guillaume Nicloux, Nathalie Leuthreau et Jean-Bernard Pouy. Du même Nicloux, j'avais déjà apprécié Le Poulpe (1998) et Cette femme-là (2003). A vous de juger.

17 juin 2010

Splash - Sheila Kohler

Après avoir vu le premier film de Jordan Scott, Cracks, j'ai eu envie de lire le livre dont la réalisatrice s'est inspirée. C'est mon ami qui me l'a offert pour mon anniversaire (merci à lui). Il s'agit de Splash (titre français) de Sheila Kohler publié aux éditions Gallimard dans la collection "Haute enfance". Le titre original est bien Cracks. Je ne sais pas s'il s'agit d'un roman/récit autobiographique ou non. Toujours est-il qu'une des filles de l'histoire faisant partie de l'équipe de natation porte le même nom que l'écrivain. Pourtant, la narratrice (qui n'est pas Sheila Kohler) est une des treize (mais laquelle?). Dans le livre, l'histoire se passe en Afrique du Sud, dans les années 60 dans un collège de jeunes filles (toutes âgées de 13 à 15 ans) issues de la classe moyenne. Elles sont treize élèves autour de Mlle G., leur professeur de natation. Parmi les treize, se trouve Fiamma, une jeune italienne arrivée en cours d'année. Fiamma est belle, Fiamma est une excellente nageuse mais Fiamma souffre d'asthme. Mlle G. tombe instantanément sous son charme au grand dam des 12 autres. Je dois dire que l'adaptation cinématographique est plutôt réussie, la réalisatrice a gardé la trame de l'histoire jusqu'au dénouement final et fatal qui est différent du film et que j'ai trouvé plus cruel et tragique. Le film et le livre valent vraiment la peine d'être vu pour l'un et lu pour l'autre. 

15 juin 2010

La tête en friche - Jean Becker

Après trois semaines d'abstinence cinématographique non volontaire, je viens de voir, le même soir, Les secrets de Raja Amari (que je chroniquerai prochainement), et La tête en friche de Jean Becker avec la délicieuse Gisèle Casadesus, "95 ans, 40 kg, fripée comme un coquelicot mais avec plein de mots dans la tête" comme le dit si joliment Germain Chazes (Gérard Depardieu, qui n'a plus la tête de Mammuth). C'est une jolie histoire qui se termine bien. Les dialogues sont de Jean-Loup Dabadie. Germain vit dans une caravane au fond d'un jardin. Il plante et récolte des légumes qu'il vend sur les marchés. Il est affligé d'une mère indigne qui l'appelle "ça". Germain a des copains de bistrot, et une amie qui partage son lit de temps en temps (la trop rare Sophie Guillemin). A part ça, il rencontre un jour dans un square une vieille dame, Margueritte (avec deux "t") [Gisèle Casadesus], qui a travaillé à l'OMS. Elle lit beaucoup, ne se laisse pas abattre, c'est la joie de vivre incarnée. A son contact, Germain va s'ouvrir à la lecture. C'est peut-être un cinéma "vieillot, qui sent la naphtaline" comme l'a dit un des critiques de l'émission radio Le Masque et la Plume, mais cela ne m'a pas dérangée. L'histoire parle de lecture et de lecteurs, de la vieillesse, des yeux qui se meurent, des relations mère/enfant. On se sent heureux quand on sort de la salle. Le film dure 1H20: c'est court. On ne voit pas le temps passer. Je voudrais ajouter que pour mes deux films de cette soirée, les spectateurs étaient rares: 5 personnes pour le premier et environ 10 pour le second. Le "Mondial" est en train de faire des ravages.

21 mai 2010

Le poids des secrets - Aki Shimazaki

Quand j'ai découvert sur le blog d'Aifelle le premier volume de la pentalogie Le poids des secrets de Aki Shimazaki, une femme d'origine japonaise mais écrivant en français (elle vit à Montréal depuis plusieurs années), j'ai tout de suite eu envie d'acheter l'intégrale des cinq romans. Comme vous pouvez le voir sur d'autres blogs qui en ont parlé, les couvertures sont belles et traduisent les titres japonais des romans. Tsubaki (Camélia), Hamaguri (Palourde japonaise), Tsubame (Hirondelle), Wasurenagusa (myosotis [Ne m'oubliez pas]), Hotaru (Lucioles). Je les ai lus à la suite et ma grande frustration a été qu'à la fin du 5ème tome, on se dit qu'il manque beaucoup de pans de l'histoire concernant certains des personnages (surtout les contemporains). L'auteure aurait pu écrire 2 ou 3 romans de plus. Peut-être le fera-t-elle un jour? Au bout des cinq volumes, on quitte à regret Yukio et sa demi-soeur Yukiko (ils ont ignoré longtemps leur lien de parenté), et tous les autres que je vous laisse découvrir ainsi que les liens qui les unissent. J'ai appris plein de faits sur l'histoire du Japon du 20ème siècle, dont le tremblement de terre de Tokyo en 1923 et l'"assimilation" forcée de Coréen(ne)s devenu(e)s Japonais pour échapper à la mort. Aki Shimazaki évoque aussi la bombe atomique sur Nagasaki en 1945. Chaque titre de roman a un rapport direct avec les histoires qui nous sont contées. Des secrets souvent douloureux nous sont révélés, d'où le titre générique: Le poids des secrets. Chaque volume varie entre 115 et 130 pages. Les chapitres sont courts. L'auteure passe facilement du passé à nos jours. Un vrai bonheur de lecture. Un coffret réunissant les cinq romans est paru récemment.

5 novembre 2009

La vérité sur Marie - Jean-Philippe Toussaint

C'est le deuxième roman que je lis de cet auteur (après La salle de bain, il y a déjà quelques années). J'ai acheté La vérité sur Marie (paru aux éditions de Minuit) parce qu'il fait partie de ces romans dont on parle (comme on dit) et que j'ai lu de bonnes critiques (il faisait partie des 4 finalistes du Goncourt, cette année). Mango en a fait aussi un billet. Quand on a terminé le roman, on ne sait pas grand-chose de Marie et aucune vérité n'est dévoilée. En revanche, c'est une histoire d'amour et certainement de jalousie racontée par le narrateur, qui retrouve Marie dans de tristes circonstances alors qu'ils s'étaient séparés depuis quatre mois. Le roman est divisé en trois parties. Dans la première, nous sommes dans le présent. Le narrateur qui vient de faire l'amour avec une femme appelée aussi Marie, se rend chez la Marie (du titre) qui l'a appelé en urgence. L'homme avec qui elle avait passé la nuit (Jean-Christophe de G) vient d'avoir une attaque. Comme le narrateur aime encore Marie (même si ce sentiment n'est plus partagé), il est jaloux de ce qui a pu se passer. La deuxième partie est une évocation (réinventée par le narrateur) d'un moment du passé pendant lequel Jean-Christophe de G (de son vrai prénom Jean-Baptiste) était éleveur de pur-sang. A Tokyo, un de ses chevaux, Zahir, tombe malade, alors qu'il devait participer à une course. Le récit nous décrit comment un cheval effrayé et souffrant doit prendre l'avion. C'est en effet à Tokyo que Marie avait rencontré Jean-Christophe de G. La troisième partie se passe dans le futur (l'été suivant), sur l'île d'Elbe. Marie se trouve dans la maison de son père (mort un an plus tôt). Là encore, les chevaux tiennent un rôle essentiel. Mais le feu qui détruit tout sur son passage aussi. Ce sont les vraies retrouvailles de Marie et du narrateur. Tout le texte est en discours indirect avec la présence de Marie à chaque paragraphe "Marie fait ceci", "Marie fait cela..." Mais on ne sait pas ce que pense ou dit Marie, à part une phrase qu'elle dit vers la fin du roman: "Tu sais, je n'étais pas sa maîtresse...". Même si l'histoire est très ténue, il faut lire ce roman car Jean-Philippe Toussaint est un styliste, il travaille et cisèle ses phrases (parfois longues) de telle façon que la lecture est un vrai plaisir (en tout cas en ce qui me concerne). Ce roman de 200 pages est paraît-il un prolongement de Faire l'amour et de Fuir où l'on trouve déjà le personnage de Marie. Je n'ai lu ni l'un ni l'autre mais ce n'est pas gênant pour apprécier La Vérité sur Marie.

25 novembre 2009

Deux pièces de théâtre

Pour changer, je voudrais évoquer deux pièces de théâtre que j'ai vues pendant ce 4ème trimestre 2009. L'une est encore à l'affiche jusqu'à début 2010 et l'autre s'est donnée de septembre à fin octobre 2009.

D'abord, La Serva amorosa de Carlo Goldoni qui est jouée dans un théâtre privé parisien (théâtre Hébertot) et constitue un des succès de la saison. Je suis allée voir ce spectacle car j'apprécie beaucoup Robert Hirsh comme je l'ai déjà dit ici. Les critiques étaient bonnes. En préambule, je dirais que j'étais au 2ème balcon, 1er rang de face, donc très haut par rapport à la scène avec une barre de fer qui était juste dans mon champ de vision: pas forcément idéal pour apprécier pleinement la pièce. De plus, il n'y a pas beaucoup de place pour les jambes. Ceci mis à part, le spectacle est plaisant mais sans plus (j'ai tellement de bons souvenirs de spectacles d'après des pièces de Carlo Goldoni (auteur vénitien du 18ème siècle) vus dans ma jeunesse que je suis peut-être un peu blasée). Les acteurs principaux ne sont pas mal: Robert Hirsch, en vieil homme riche marié avec une plus jeune (Claire Nadeau) qui n'en veut qu'à son argent, est savoureux. Clémentine Célarié en servante amoureuse joue bien mais l'ensemble manque d'un peu de folie. J'avais beaucoup entendu parler de la scène de la partie de mistigri entre Robert Hirsch et sa femme, c'est en effet drôle mais la scène est trop courte. A côté de moi, il y avait deux jeunes garçons, l'un de presque 10 ans, l'autre plus jeune (environ 7 ou 8 ans). Le premier a semblé apprécier, le deuxième a dormi pendant la deuxième heure. Je dirais que c'est un spectacle familial mais n'emmenez pas des enfants trop jeunes (et il n'y a pas d'entracte). Et il manque peut-être quelque chose à la mise en scène de Christophe Lidon, à moins que la pièce ne soit pas la meilleure de Goldoni.

La Chapelle en Brie (écrite et mise en scène par l'auteur Alain Gautré) a été une sortie théâtre à deux sur une idée de mon ami qui voulait voir jouer Jean-Pierre Darroussin en chair et en os. La pièce se donnait jusqu'au 31 octobre 2009 au Théâtre du Rond-Point Renault-Barrault. Cette oeuvre contemporaine, écrite en 1996, met en scène 4 frères qui ont la même initiale de prénom. Il pleut, c'est même le déluge dans la campagne briarde. Il y a des inondations. André (J.-P. Darroussin), l'ainé des quatre, est seul en scène pendant dix bonnes minutes en cherchant des définitions: il crée des mots croisés briards. Débraillé, il vit dans une ferme briarde: il y a des papiers partout et beaucoup de bouteilles de vin. Au fur et à mesure que la pièce se déroule, on fait la connaissance des 3 frères d'André, Albert, Alain et Arnaud, et même de la maîtresse d'Albert. Avec leurs parcours différents, leurs divergences politiques, ils se mettent à parler, et toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Des secrets de famille que les uns ont découverts et que les autres ignorent sont révélés. La pièce que j'ai trouvée un peu longue à démarrer devient passionnante au bout d'une demi-heure (le spectacle sans entracte durait 1H45). Et mon ami a été très content de sa soirée et de voir Jean-Pierre Darroussin qui n'écrase pas les autres acteurs (que je ne connaissais pas).

1 octobre 2009

Firmin - Sam Savage

Firmin (Autobiographie d'un grignoteur de livres) de Sam Savage (Actes Sud, 200 pages) a eu les honneurs, en mai dernier, de panneaux publicitaires dans le métro parisien (je ne sais pas pourquoi ce roman plus qu'un autre). Je dois dire que c'est une des raisons qui m'a incitée à l'acheter. J'avoue que je m'attendais à autre chose peut-être de plus amusant. La vie de Firmin est aussi déprimante que le quartier en déliquescence où il vit. Il se trouve être le 13ème à la douzaine d'une portée de rats nés vers le 9 novembre 1960 à Boston. C'est un rat pas comme les autres qui se découvre être un passionné de lecture. Après avoir commencé par les grignoter, il se met à lire des livres sur des sujets divers et variés. Firmin a un cerveau hors norme qui lui permet de lire très très vite: des milliers de pages en quelques heures. De plus, Firmin vit au-dessus d'une librairie dont le propriétaire est un dénommé Norman. Mais son goût pour la lecture ne l'empêche pas de se rendre dans un vieux cinéma pas loin de la librairie pour voir des "mignonnes" (comme il dit) ou Ginger Rogers. Sa condition de rat n'est pas facile. Même Norman qu'il croyait être son ami tente de l'empoisonner. Firmin trouve un autre humain, Jerry (un marginal), qui le protège. Mais la transformation du quartier où vit Firmin remet tout en question. Et puis la vie d'un rat est brève sans parler d'une mort violente prématurée. Le texte est agrémenté de quelques illustrations d'un dessinateur, Fernando Krahn, où Firmin est toujours présent avec ses gros yeux et son museau fin. J'ai ressenti un sentiment de tristesse jusqu'au bout même si Firmin a eu accès à la culture, aux mots (il semble que cela lui ait suffi). Je donnerai comme conseil d'attendre que le roman paraisse en poche ou de l'emprunter dans une bibliothèque.

19 août 2009

Joueuse - Caroline Bottaro

Pour un premier film, Joueuse de Caroline Bottaro (adapté d'un roman que je n'ai pas lu: La joueuse d'échecs, de Bertina Henrichs, Edition Liana Levi) est une réussite malgré quelques maladresses dans le scénario (par exemple les rapports entre Sandrine Bonnaire et sa fille: les deux actrices ne jouent pas sur le même registre).

Voici quelques raisons pour aller voir Joueuse:

- pour Sandrine Bonnaire, son sourire éclatant et son talent dans un de ses plus beaux rôles;

- pour la Corse hors des sentiers battus et loin des clichés habituels: la réalisatrice donne envie d'y partir tout de suite;

- pour Kevin Kline avec un accent délicieux qui joue le rôle d'un homme un peu mystérieux. Veuf, il vit dans une grande maison isolée dont on ne le voit jamais sortir. Kevin Kline ne fait rien mais avec talent. Et quelle présence!

- pour les échecs, jeu de stratégie plutôt difficile dont mon ami, ta d loi du cine, m'a appris depuis les rudiments de base;

- pour une belle histoire où Hélène, femme de chambre dans un hôtel, se découvre une passion pour les échecs au grand dam de son mari. Elle est entraînée par un homme mystérieux appelé Krüger chez qui elle fait aussi des ménages. Ces rencontres régulières font naître une relation qui m'a paru ambiguë. D'ailleurs, vers la fin du film, on assiste à une belle scène entre Krüger et Hélène, chargée d'émotion: ils annoncent à tour de rôle le n° des cases (H8, B5, C6, etc.) sur lesquelles, en pensée, ils avancent leurs pions d'une partie imaginaire.

C'est un film que je conseille et on se sent bien quand on sort de la salle.

15 août 2009

Le coeur cousu - Carole Martinez

Deuxième très bon conseil de lecture de la part d’Aifelle, Le cœur cousu de Carole Martinez a déjà été beaucoup chroniqué sur les blogs. Lauréat de 9 prix littéraires, il vient de paraître en édition de poche Folio Gallimard. Personnellement, le titre de ce roman ne m’attirait pas et pourtant cela aurait été dommage que je ne découvre pas ce premier roman de Carole Martinez. Il est divisé en trois parties: la première partie," Une rive", qui fait pratiquement la moitié du roman, est une réussite narrative incontestable qui m’a enthousiasmée. Elle vous emporte. Les deux autres parties, "La Traversée" et "L’Autre Rive", m’ont un peu moins touchée voire intéressée, et pourtant on ne perd pas de vue le personnage de Frasquita. L'histoire commence en Espagne dans un village isolé et se termine en Afrique du Nord. La narratrice, dont le prénom est Soledad (Solitude), résume ce que sera sa vie. Acceptant de ne pas se marier, elle sera la dernière de la lignée à endurer, pour le meilleur et pour le pire, les sortilèges qui touchent les femmes de sa famille. Pendant tout le roman, Soledad raconte principalement l’histoire de sa mère Frasquita Carasco, analphabète mais couturière aux doigts de fées (par la magie d’une boîte), capable de coudre un cœur sur une vierge de paille et de métal d’une procession sainte (il semble battre), de recoudre un coq de combat plutôt mal en point ou bien le visage d’un homme, de concevoir des robes de mariée adaptées à toutes les situations: pour une bossue ou une femme enceinte. Mariée elle-même très jeune à un charron, José Carasco, Frasquita va donner naissance à 5 filles et 1 garçon: Anita, la mutique, Angela à qui pousse des plumes d'oiseaux, Martirio, capable de donner la mort par un baiser, Clara qui s'endort dès que le soleil se couche et qui luit dans la nuit, et Soledad, la petite dernière. Le garçon, Pedro, aux cheveux rouge, dessinateur de talent et lutteur de foire, commettra l'irréparable, mais je n'en dis pas plus. J'ai trouvé le style ample, et l'écriture travaillée. C'est du bel ouvrage. Je n'ai jamais lu de roman d'Isabel Allende, il paraît que cela y fait penser.

17 juillet 2009

Dans l'or du temps - Claudie Gallay

Dans l’or du temps (Editions de poche Babel) m'a été recommandé par Aifelle lors de notre rencontre au Salon du livre à Rouen. Je l’en remercie.

C’était le premier livre que je lisais de Claudie Gallay (qui d'ailleurs m'a fait une dédicace). Quand j’ai commencé à lire ce roman, j’ai tout de suite été sensible au style: des phrases courtes avec ou sans verbes conjugués ou à l’infinitif. C’est peut-être pourquoi je l'ai lu très vite. Au tout début, je m’attendais à lire une chronique vacancière du narrateur (dont on ne connaîtra pas le prénom) avec sa famille (sa femme, Anna et ses deux filles jumelles) faisant un séjour dans leur maison près de Dieppe. Et puis, à l’occasion d’une rencontre du narrateur avec une vieille dame nommée Alice habitant une maison voisine, le récit nous fait remonter le passé. Nous nous retrouvons 60 ans en arrière grâce aux souvenirs d’Alice. Elle possède sur une armoire des statues que le narrateur devine être des kachinas, qui incarnent des esprits pour les Indiens hopi. C’est là que Claudie Gallay nous évoque André Breton et son voyage en Amérique, à New York et chez les Indiens hopi en Arizona, de 1941 à 1946. En effet, à cette époque, Alice, jeune adolescente, s’est exilée avec son père, sa mère et sa sœur aux Etats-Unis. Ils ont pris le même bateau que Breton et sa femme. Le père d’Alice était photographe et était l’ami d’André Breton à l’époque. Alice et son père ont suivi André jusqu’en Arizona. On apprend quelques-uns des us et coutumes, dont la danse du Serpent, de ces Indiens qui n’aimaient pas qu’on les prenne en photo ou qu’on les dessine. Le roman alterne ce récit dans le passé et ce que ces souvenirs provoquent pour le narrateur. Il remet sa vie en question sans s’en rendre compte. Avant la fin de leur séjour, sa femme Anna le quitte en emmenant les jumelles. C’est peut-être le point faible du roman comme l’a souligné Dominique. Je n’ai pas compris le lien entre les souvenirs d’Alice et ce qui arrive au narrateur. Ceci mis à part, c’est un roman qui donne envie de mieux connaître la culture amérindienne et de se plonger dans les ouvrages qui ont servi à écrire ce roman et qui sont indiqués dans la bibliographie à la fin de l’ouvrage. Quant au titre un peu mystérieux du roman, il s’agit d’une partie de l’épitaphe inscrite sur la tombe d’André Breton, au cimetière des Batignolles: «Je cherche l’or du temps».

9 juillet 2009

Le Hérisson - Mona Achache

Librement inspiré du roman à succès L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery (éditions Gallimard) dont il n'a été gardé que la moitié du titre, Le Hérisson de Mona Achache m'a bien plu. C'est un film reposant. Je ne peux pas mieux le décrire. Je trouve que la réalisatrice s'est bien tirée de sa tâche de scénariste, en réussissant à retrouver le ton du livre, léger et grave à la fois, même s'il manque peut-être un peu de l'humour du roman. Personnellement, j'avais beaucoup ri. L'angle du récit a changé en faisant de Paloma l'unique narratrice de l'histoire. A l'aide d'une caméra, elle filme ce qui se passe autour d'elle et fait aussi du graphisme. Le récit se concentre essentiellement sur trois personnages: Paloma, Renée, la concierge, et un Japonais, Monsieur Kakuro Ozu, nouveau venu dans l'immeuble chic (cinq appartements, un par étage) d'un arrondissement chic de Paris où se déroule le récit. Paloma Josse (étonnante Garance Le Guillervic) veut se suicider le jour de ses 11 ans. Il lui reste donc moins d'un mois à vivre. Très intelligente, elle a décrété qu'elle ne veut pas devenir un poisson dans un bocal comme ses parents: son père, ministre sur le déclin, et sa mère, qui est dépressive et en analyse. Paloma a aussi une grande soeur qui traite la concierge avec mépris. Renée, veuve depuis 15 ans, la cinquantaine, pas belle, pas mince, et parfois à la mauvaise haleine, n'a comme compagnon qu'un chat débonnaire mais (fait rare) qui transpire des pattes. Il s'appelle Léon (comme Tolstoï). Dès qu'il a emmenagé, M. Kakuro devine tout de suite que Renée n'est pas celle que l'on croit. Lui aussi possède deux chats gris, Kitty et Levine (deux personnages d'Anna Karénine du même Léon Tolstoï). Il lui offre une édition rare de ce roman et l'invite à dîner chez lui. Renée n'en revient pas, elle, qui dans une pièce attenante à sa loge, cache au regard des autres une bibliothèque (les 4 murs sont tapissés de livres). Le film se termine comme le roman. Les trois comédiens prinicipaux sont bien. Josiane Balasko, toute en retenue, la jeune Garance Le Guillervic, une révélation pleine de fraîcheur, et Togo Igawa qui a appris son texte français phonétiquement. J'espère que ce film donnera envie de lire le roman très bien écrit. Et oui, Rob, je dois être une des trois petites vieilles qui ont aimé le film.

1 juillet 2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Comme Anne Gavalda le dit sur le bandeau du roman, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates écrit en 2007 par deux Américaines, Mary Ann Shaffer (ancienne bibliothécaire décédée en février 2008), et sa nièce, Annie Barrows, est un roman épistolaire délicieux. Je l'ai lu en un week-end (entre deux tranches de L'Icône: cela a remonté le niveau de qualité de mes lectures). L'histoire se passe entre janvier et septembre 1946 à Londres et à Guernesey. La deuxième guerre mondiale vient à peine de s'achever mais les séquelles sont présentes avec l'utilisation des tickets de rationnement et les traces de bombardements encore visibles. D'ailleurs l'héroïne du roman, Juliet Ashton, 32 ans et encore célibataire, a eu son appartement soufflé par une bombe avec tous ses livres à l'intérieur. Elle est en train de connaître une certaine célébrité grâce à des chroniques écrites pendant la guerre et qui viennent d'être réunies pour être publiées dans un recueil. Parce qu'un certain Mr Dawsey Adams lui écrit de Guernesey (il possède un livre qui avait appartenu à Juliet et qu'elle avait vendu), nous faisons ainsi connaissance de quelques habitants de Guernesey ayant fait partie durant la guerre des "amateurs de littérature et de tourte d'épluchures de patates de Guernesey". Ces amateurs se sont trouvés à appartenir à ce groupe grâce à un cochon rôti qui a échappé à la vigilance des allemands. Tour à tour, les membres de ce groupe écrivent et/ou répondent à Juliet sur ce qui s'est passé sur cette île entre 1941 et 1945. Tous ces personnages sont haut en couleur et ont des caractères bien trempés, surtout les femmes, dont une qui a été à l'origine de ce cercle mais de laquelle personne n'a plus aucune nouvelle. Juliet, elle, se trouve devant un dilemme cornélien concernant son avenir: rester à Londres parce qu'un homme riche dont elle vient juste de faire connaissance veut l'épouser à tout prix; ou alors, partir et peut-être s'installer à Guernesey. Par ce roman, j'ai appris que les habitants des îles Anglo-normandes ont souffert comme tout le monde, pendant cette époque, des privations et de l'occupation allemande. Ces îles furent des avant-postes de l'armée allemande. Et après avoir terminé ce roman, j'ai eu envie d'aller faire un tour à Guernesey pour voir si les habitants sont aussi attachants que ceux du roman. Le fait que l'histoire soit écrite par lettres lui donne une grande dynamique. L'histoire aurait été différente si elle s'était passée de nos jours avec le téléphone portable et les SMS. Je ne suis pas sûre que cette histoire m'aurait autant plu. Sur les blogs, je n'ai lu que des bonnes critiques de ce roman, c'est justifié.

15 juin 2009

600ème billet

J'inaugure ce 600ème billet en annonçant officiellement que j'ai mis en oeuvre sur mon blog la fonction "Tags", qui m'a permis d'affecter différents critères à chacun de mes billets. Ainsi, pour lire mes "Bilans" précédents, reportez-vous au tag "Vie du blog". Dans la colonne de gauche, seuls apparaissent en "nuage" les 30 tags les plus représentés (le plus faible en occurrences en compte 14 à ce jour), mais vous pouvez découvrir la totalité des items dans "Toutes les archives".
En littérature ou en cinéma, on voit tout de suite les gros blocs majoritaires par nationalité. J'ai donc créé les deux tags "... du Monde" (à l'instar de la Fn*c) pour regrouper les pays (les) moins représentés. En cinéma, ce groupe de 69 billets arrive derrière les cinémas américain (125) et français (85 tout de même), mais devant les cinémas britannique (38), italien (19) et allemand (14 - en sursis!). En littérature, la francophone est en tête (50 billets) devant l'anglophone (34) et enfin le groupe "du monde" (23).
Pour en revenir à des statistiques plus générales: pour rédiger 600 billets, j'ai donc mis 888 jours (depuis le 9 janvier 2007). Et à ce jour (15 juin 2009), 413 personnes au moins m'ont fait 3841 commentaires. Depuis le 01/01/2009, je suis passée voir ou revoir ("prospecter" - je n'aime pas ce mot de mon ami!) 480 blogs qui ne m'avaient pas encore fait de commentaires (tous ne m'en ont pas inspiré un non plus!). Chiffre à mettre en balance avec les 101 personnes (dont 17 sans blog, et 15 autres blogueurs qui sont venus sans que je leur aie fait un commentaire) qui, depuis la même date, sont venues me mettre pour la 1ère fois un commentaire (certaines sont revenues et figurent déjà dans ma colonne de droite). J'ai croisé parfois des blogs qui mettaient en avant les "billets les plus lus". Ma logique serait inverse (cf. Appendice). Par contre, mes statistiques sont très soigneusement tenues (mais non disponibles en ligne). Pour rentrer dans mes différents "Top 50", il faut de plus en plus de volume. Pour celui des billets les plus commentés, ils doivent avoir attiré au moins 15 commentaires (ils sont 53 billets dans ce cas - dont 46 ont au moins 16 commentaires, prochain "plancher" en vue). Jusqu'en mai 2008, il suffisait de 8. Et ce groupe ne comporte plus que 3 billets de 2007, mais en contient déjà 12 de 2009. Cela (me) montre bien l'effet d'immédiateté lié au concept même du blog: l'essor de mes commentaires datant de 2008, cela prouve que rarissimes sont les blogueurs à se plonger dans les "archives" d'un blog (2007, pour moi) ET à éprouver l'envie de les commenter. Lorsque cela se produit, ça n'en a que plus de valeur! Me voici amenée à parler des chiffres concernant "mes" blogueurs ("mes" voulant dire ceux qui me connaissent et que je connais!). Dans le "Top 50" des commentateurs les plus fidèles, Ffred et Wilyrah se marquent régulièrement à la culotte (Jade est un peu hors-jeu), parmi les 5 ayant dépassé la centaine de commentaires (cf. colonne de droite). Et de nouveaux blogueurs peuvent parfaitement se retrouver assez vite parmi les "fidèles", avec deux stratégies totalement différentes. Tinalakiller m'a surprise avec une soixantaine de commentaires en 2 soirées (de quelques mots chacun il est vrai. Il faudrait compter le nombre de caractères de chaque commentaire... Mais bon, on verra ça dans le 700ème billet! Note du statisticien), j'y reviens ci-dessous. Aifelle est récemment entrée dans le "top 10", en ne faisant guère qu'un commentaire à la fois, mais presque sur chacun de mes nouveaux billets (elle a parfaitement cerné qu'ils paraissent les jours impairs); et son blog à elle, je l'avais trouvé par moi-même, nananère (et ça a fait râler mon statisticien - qui me fournit chaque jour ouvrable une liste de 5 blogs n'ayant pas encore fait un seul commentaire sur mes billets). Pour le "Top 50" des jours où il y a eu le plus de commentaires, en fait, ma liste en comprend 57 (sur 888, donc) m'ayant amené 10 commentaires et plus. Ma dernière journée sans commentaire remonte au 18/04/09, et mon statisticien est un peu déçu quand j'en ai eu moins de 5 (moi, je prête surtout attention à ce qu'ils disent). Je me souviendrai longtemps du 9 avril, où j'ai vu avec effarement les 40 de Tinalakiller apparaître... Cela m'avait posé problème, puisque Canalblog affiche seulement les 10 derniers commentaires. Alors, il m'a fallu plus de temps pour en distiller la validation et l'apparition pour les autres lecteurs, qu'elle n'avait mis à me les faire! [Petite note du statisticien à l'intention de ceux qui voudraient bien être cités deux fois dans le 700ème billet: faites 60 commentaires, tous pertinents, sur autant de billets, en 2 sessions seulement]. A côté de cela, certains blogueurs m’envoient un mail au lieu de mettre un commentaire sur mon blog. D'autres répondent exclusivement sur leur blog. Merci a contrario à Florinette qui est très équitable sur la longueur de sa réponse "chez elle", et qui lit et commente aussi les blogs des autres. Evidemment, les blogueurs qui ne reviennent pas relire le même billet (qu’ils ont commenté) n'en ayant pas forcément connaissance, je suppose que c'est pour cela que la plate-forme over-blog a changé il y a quelques mois son système en rajoutant l'option de signaler aux commentateurs que le propriétaire du blog leur a répondu sur le sien. Mais je constate, de ce fait, une nette chute des commentaires faits sur le mien!
Que dire encore? Que le nombre de blogs ayant "dasola" dans leurs liens grandit aussi (il est même arrivé que je tombe dessus par hasard, avant tout commentaire d’un côté comme de l’autre). Je pense que des blogueurs viennent ainsi, en suivant un lien. Ou alors, il faut vraiment qu'ils fassent une recherche précise sur un moteur de recherche, et qu'ils soient intéressés par ce qu'ils trouvent sur mon blog. Je n'ai guère qu'un seul exemple en tête, c'est L'Egyptologue, qui semble poser question à beaucoup de lecteurs: il a suscité 13 commentaires (dont 3 de la même personne et 1 de dasola), mais seulement 2 de blogueurs, les autres provenant de gens tombés sur mon billet après une recherche. Mes statistiques "pages vues" ne sont en tout cas pas trop dopées par de "fausses visites": 93 300 pages vues par 55 500 visiteurs (sachant que mon ami et moi devons bien compter pour 5 à 10% là-dedans?), sur mes à peu près 2 ans de présence sur canalblog (je n'ai bien sûr pas les statistiques de mes 6 mois antérieurs sur aceblog), alors qu'un commentateur va activer au moins 3 "pages vues", et qu'un visiteur régulier en activera peut-être une dizaine (en suivant les liens des commentaires puis en revenant chez moi). C'est vrai que je commence à être une "ancienne" parmi les blogueuses: sur mes bientôt deux ans et demi de blog, j'en ai vu un certain nombre "passer en sommeil..." ou même disparaîre (constat déjà fait: rares sont ceux qui célèbrent leurs 4 ans!). J'ai fait moi-même l'expérience de la baisse de fréquentation que subit un blog lorsque son rédacteur/sa rédactrice "prend une pause", et j'en vois deux causes: 1/ on ne rédige plus de billets: quand un blog "ne bouge plus", les lecteurs fidèles (qui connaissent déjà les billets précédents) reviennent seulement à la date dite... peut-être (quant aux autres, cf. ci-dessous!). 2/ on n'effectue plus soi-même de visite chez les autres, qui ne vous en "rendent" donc plus. Au final, je considère qu'un blog qui ne bouge plus est un blog mort: on s'arrête peu sur un blog dont le dernier billet remonte déjà à plusieurs mois. Mais, des fois, on a la joie de voir qu'il suffisait de quelques encouragements pour relancer une dynamique; ou bien qu'il peut y avoir un retour sur la blogosphère, même des mois plus tard (après période d'examen ou petite déprime).
Pour finir ce billet certainement bien trop long, quelques états d'âme personnels.
La tenue de ce blog se fait plus pesante quand d'autres soucis personnels m'accaparent. Revient alors à la surface le fait que, au début, je pensais davantage à créer un site internet qu'un blog. Je m'explique, je voulais pouvoir mettre en ligne quelques avis sur des films ou des livres, ou sur des sujets concernant la lecture ou le cinéma. Mais pas me mettre sur le dos ce que je ressens maintenant comme une contrainte, et qui vire parfois à la corvée au lieu d'être resté un plaisir. Je sais exactement quelle raison me pousserait à arrêter ce blog, et ce n'est pas à l'ordre du jour pour le moment.
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En appendice, voici à toutes fins utiles, pour un... 3ème passage, mes 25 billets de 2007 non encore commentés. Je les ai classés sous mes fameux nouveaux tags.

Anecdotes:
Spectacle au Palais Garnier à Paris (12 octobre 2007) (1)

Cinéma américain:
Coups de feu dans la Sierra - Sam Peckinpah (27 mars 2007)
Les Indomptables - Nicholas Ray (17 mai 2007)

Cinéma du monde:
Cinéma argentin
El custodio - Rodrigo Moreno (2 mai 2007)
Cinéma japonais
La Femme des sables - Hiroshi Teshigahara (23 mai 2007)
(1)
Cinéma mexicain
Lumière silencieuse - Carlos Reygadas (14 décembre 2007)
Cinéma russe
L'Italien - Andrey Kravchuk (17 février 2007)

Cinéma français:
Le Candidat - Niels Arestrup (18 avril 2007)
13 Tzameti - Géla Babluani (2 juin 2007) (1)
Jeanne d'Arc - Robert Bresson (21 juin 2007)

Cinéma italien:
L'Ami de la famille - Paolo Sorrentino (12 mai 2007)

Cinéma:
Distribution des films - Remarques (14 mars 2007) (1)
Billet de bonne humeur: en attendant le Christ... (10 juillet 2007)

Généralités:
Distribution des films - Remarques (14 mars 2007) (1)
Livres audio (suite) (4 mai 2007)
Rubrique cinécrologique (16 juin 2007) (1)
Billet de bonne humeur: en attendant le Christ... (10 juillet 2007)

Littérature anglophone:
La Nuit de l'infamie - Michael Cox (23 avril 2007)
Le roi des Juifs - Nick Tosches (4 décembre 2007)

Littérature du monde:
Littérature hispanophone
A la vitesse de la lumière - Javier Cercas (19 juillet 2007)
Littérature italienne
L'immense obscurité de la mort - Massimo Carlotto (8 octobre 2007)

Littérature francophone:
Les Thibault - Roger Martin du Gard (20 janvier 2007) (1)
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus - Pierre Bayard (16 mars 2007) (1)
La belle lurette - Henri Calet (12 juin 2007)

Livres:
Livres audio (suite) (4 mai 2007)

Patrimoine:
Rubrique cinécrologique (16 juin 2007) (1)
Spectacle au Palais Garnier à Paris (12 octobre 2007) (1)

Romans policiers:
La Nuit de l'infamie - Michael Cox (23 avril 2007)
L'immense obscurité de la mort - Massimo Carlotto (8 octobre 2007)

Théâtre:
L'affaire de la rue de Lourcine - Eugène Labiche - mise en scène Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (18 mars 2007)
Les temps difficiles - Edouard Bourdet (4 juin 2007)

A:
Le Candidat - Niels Arestrup (18 avril 2007)

B:
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus - Pierre Bayard (16 mars 2007) (1)
13 Tzameti - Géla Babluani (2 juin 2007) (1)
Les temps difficiles - Edouard Bourdet (4 juin 2007)
Jeanne d'Arc - Robert Bresson (21 juin 2007)

C:
La Nuit de l'infamie - Michael Cox (23 avril 2007)
La belle lurette - Henri Calet (12 juin 2007)
A la vitesse de la lumière - Javier Cercas (19 juillet 2007)
L'immense obscurité de la mort - Massimo Carlotto (8 octobre 2007)

D:
L'affaire de la rue de Lourcine - Eugène Labiche - mise en scène Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (18 mars 2007)

K:
L'Italien - Andrey Kravchuk (17 février 2007)

L:
L'affaire de la rue de Lourcine - Eugène Labiche - mise en scène Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (18 mars 2007)

M:
Les Thibault - Roger Martin du Gard (20 janvier 2007) (1)
L'affaire de la rue de Lourcine - Eugène Labiche - mise en scène Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (18 mars 2007)
El custodio - Rodrigo Moreno (2 mai 2007)

P:
Coups de feu dans la Sierra - Sam Peckinpah (27 mars 2007)

R:
Les Indomptables - Nicholas Ray (17 mai 2007)
Lumière silencieuse - Carlos Reygadas (14 décembre 2007)

S:
L'Ami de la famille - Paolo Sorrentino (12 mai 2007)

T:
La Femme des sables - Hiroshi Teshigahara (23 mai 2007)
(1)
Le roi des Juifs - Nick Tosches (4 décembre 2007)

(1) Commentaire suscité par le présent billet durant les quelque 40 jours où il est resté en page d’accueil de mon blog.

29 avril 2009

Villa Amalia - Benoît Jacquot

Il faut tout de suite prévenir que, si vous êtes allergique à Isabelle Huppert, vous devez passer votre chemin. Pour les autres (dont je fais partie), allez voir Villa Amalia de Benoît Jacquot, où Isabelle Huppert irradie dans un rôle qui semble écrit pour elle. Parce qu'Ann (Isabelle Huppert) surprend l'homme avec qui elle vit depuis 15 ans, Thomas (Xavier Beauvois), dans les bras d'une autre, un déclic se fait: elle veut "disparaître", changer de vie. Elle vend tous ses biens, même ses trois pianos (elle est compositeur-interprète classsique), renonce à ses concerts, résilie ses comptes bancaires, etc. La seule personne à qui elle se confie est un ami, Georges (Jean-Hugues Anglade). Ils ne s'étaient pas revus depuis de longues années. Toute cette partie se passe dans la région parisienne, grise et froide comme l'image. Après un périple, sac au dos, en Europe, elle se retrouve dans l'île d'Ischia au large de Naples. Et là, nous avons le soleil de l'Italie, la Méditerranée, des vues dignes de celles du Mépris de Godard. Elle s'installe dans une petite maison rouge au confort spartiate, sans électricité mais avec l'eau courante. Elle fait des rencontres et prend des risques à rester trop longtemps dans l'eau de mer. Sinon, Ann a tout de même une famille: sa mère aphasique. A l'occasion de l'enterrement de cette dernière, elle a une discussion houleuse avec son père qui ressurgit après vingt ans d'absence. Au bout de quelque temps, Ann repart définitivement(?) vers le soleil de l'Italie et la villa Amalia. J'ai beaucoup aimé le film car il donne le goût de l'évasion, du changement (mais à quel prix). De par son statut social et financier, Ann peut se le permettre. Mais elle démontre un certain courage en prenant le risque de changer de vie si radicalement. Il n'y a aucune psychologie, ni aucune vraie explication à l'attitude d'Ann. Le fait que son ami la trompe n'est pas forcément une raison suffisante. Elle garde un lien ténu avec son passé grâce à Georges (mais on sait que cela ne durera pas). Je serais curieuse de parcourir un jour le roman de Pascal Quignard dont le film est adapté. Il m'a semblé qu'il y avait des raccourcis et des ellipses dans le scénario. En tout cas, Villa Amalia est un film que je conseille.

17 juin 2009

Liste de quelques films ...

Ce questionnaire trouvé chez Inisfree, Docteur Orlof et Ed m'a bien plu, mais je me rends compte qu'il est très difficile d'y répondre. Tout au moins en pensée "ouverte". Les réponses données dans les blogs cités ci-dessus sont très éclectiques et émanent de cinéphiles avertis.
En ce qui me concerne, j'ai changé des phrases pour des affirmations qui me correspondent mieux et j'en ai supprimées.

Voici donc quelques films...

... dont la deuxième vision est aussi bien que la première, puis la troisième aussi bien que la deuxième puis la quatrième aussi bien que la troisième puis la cinquième...: Le Mariage de Maria Braun (Rainer Werner Fassbinder), Une affaire de femmes (Claude Chabrol), Excalibur (John Boorman), The Thing (John Carpenter) (1) (en fait, presque tous les films de Carpenter), Avanti! (Billy Wilder), Petit déjeuner chez Tiffany (Blake Edwards), Usual suspects (Bryan Singer)

... que j'ai dû voir trois, quatre, cinq, six fois et plus, et dont j'aimerais que cela se sache: La Leçon de piano (Jane Campion), Nos meilleures années (Marco Tullio Giordana), De battre mon coeur s'est arrêté (Jacques Audiard), Les Damnés (Luchino Visconti), Voyage au bout de l'Enfer (Michael Cimino)

... qui sont 5 réussites incontestables (qui plus est, signées de grands cinéastes) mais qui ne me touchent pas trop: Pickpocket (Robert Bresson), Persona (Ingmar Bergman), Jeanne d'Arc (Carl Dreyer), Psychose (Alfred Hitchcock), Impitoyable (Clint Eastwood)

... qui m'ont laissé de mauvais souvenirs, et vu le calibre de leurs auteurs, j'ose quand même le dire: Le procès (Welles), Short cuts (Robert Altman), La petite Lily (Claude Miller), Blue Velvet (David Lynch), Mystic River (Clint Eastwood)

... réputés mineurs ou oublié, signés par des cinéastes reconnus, mais qui m'ont davantage impressionnée que certains de leurs titres emblématiques: The major and the minor (Billy Wilder), La chambre verte (Truffaut), Gens de Dublin (Huston), Sandra (Visconti), Le secret magnifique (Douglas Sirk), Dillinger est mort (Marco Ferreri)

... grands chocs cinématographiques malgré les conditions déplorables de leur découverte: je ne vois pas. Pas de réponse.

... dont j'ai (ou aurais) eu une vision totalement différente selon la période de la vie à laquelle je les ai vus: Le jardin des Finzi-Contini (De Sica), Hôtel du Nord (Marcel Carné), Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant (Peter Greenaway), Un Eté 42 (Robert Mulligan)

... que (presque) tout le monde aime, mais moi, je n'y arrive pas: Pulp fiction (Tarantino), Magnolia (PT Anderson), Citizen Kane (Welles), Caché (Haneke), La ligne rouge (Terence Malick)

... que je continue à défendre bien que signés de cinéastes qu'on adore détester: Dogville (Lars von Trier), Les prédateurs (Tony Scott), I comme Icare (Henri Verneuil)

... d'abord aimé puis beaucoup moins, les goûts changent: Tootsie (Sydney Pollack) est l'exemple qui me vient tout de suite à l'esprit. J'ai été incapable (avec mon ami) de le revoir récemment jusqu'au bout.

Bonus track futile et sans intérêt :

... J'ai rencontré quelquefois des gens célèbres à des projections: Jean Réno (L'impasse de Brian de Palma), Patrice Chéreau (Il était une fois en Amérique de Sergio Leone), Micheline Presle (souvent).

(1) et non de David Cronenberg comme me l'a fait justement remarquer eelsoliver (merci à lui).

3 avril 2009

Une vierge sur canapé - Richard Quine

Qu'est-ce que c'est bien les DVD qui permettent de voir (ou revoir) certains films invisibles à la télé (voire au cinéma). Et je remercie les Canadiens francophones, si, si. C'est souvent grâce à eux que l'on peut visionner des DVD venus des Etats-Unis (comme pour celui-ci) avec une piste française et/ou des sous-titres français.
Ce film, Une vierge sur Canapé, je me rappelle l'avoir vu il y a plusieurs années et je me suis rendu compte que je n'en n'avais aucun souvenir. Le titre original est Sex and the single girl et il date de 1964. Bob Weston (Tony Curtis) travaille dans un "Snoopy Magazine" nommé Stop magazine. Les enquêteurs/journalistes qui travaillent pour ce genre de "torchon" n'ont souvent jamais rencontré les personnalités dont ils révèlent la vie privée à longueur de colonnes avec un manque de discrétion total en dévoilant des secrets. D'ailleurs, la nouvelle cible de "Stop" est une jeune femme surdiplômée conseillère psychologue pour les couples mariés. Elle travaille en collaboration avec d'autres dans un cabinet. Elle-même semble encore néophyte en ce domaine, elle n'est pas mariée et n'a pas de petit ami. Bien entendu, Weston qui veut rencontrer "sa victime" tombe amoureux d'elle instantanément. Le film n'est pas inoubliable mais Tony Curtis en vrai cynique et faux tendre [ou le contraire] - saoûlant parfois, avec quelques clins d'oeil à Some like it hot (Certains l'aiment chaud) et à Jack Lemmon (on le compare physiquement à ce dernier) vaut le détour. Natalie Wood fait craquer semble-t-il tous les hommes avec son regard magnifique. Les autres seconds rôles sont de première grandeur: Lauren Bacall et Henry Fonda, mariés depuis 10 ans dans le film, sont les voisins de Weston. Enfin, Mel Ferrer complète la distribution. On assiste à une fin d'anthologie qui dure au moins un quart d'heure, avec un ballet de poursuite de véhicules sur l'autoroute (et un malheureux gendarme de la circulation complètement débordé qui finira mal). Plus subtil, mon ami a vu dans le film une satire du "psycho-psycha" américain (et hop, je me permets un petit néologisme par rapport à préchi-précha!), dont le temple finit démoli à coup de boule. Pour finir, je signale aussi que le générique de début est à ne pas manquer car drôle.

1 avril 2009

Histoire d'un mariage - Andrew Sean Greer

L'histoire d'un mariage d'Andrew Sean Greer (Editions de l'Olivier) se passe principalement en 1953, à San Francisco. La narratrice qui parle/écrit pendant tout le roman s'appelle Pearlie. Elle est née dans le Kentucky. C'est là qu'elle a vu pour la première fois celui qui deviendra son mari: Holland Cook, beau jeune homme ténébreux à la peau foncée et aux yeux couleur miel. En 1953, ils sont mariés depuis 4 ans et ont un petit garçon de 3 ans atteint de polyomélithe. Le roman se compose de quatre parties. La première est en tout point remarquable, les trois parties suivantes ne sont peut-être pas à la hauteur, mais, quelques péripéties aidant, ce roman se lit avec intérêt et plaisir. Pearlie évoque le McCarthysme, l'affaire des Rosenberg et la Guerre de Corée. Sans parler d'un détail d'importance mais que je ne peux pas dévoiler (lire la dernière phrase de la première partie). Pearlie nous fait connaître Buzz (Charles) Drumer (personnage essentiel de l'histoire). Son mari Holland reste très en arrière-plan, Pearlie le ménage sans raison précise (apparemment). Il y a aussi Lyle le chien de la famille qui n'aboit pas. Tout le roman se déroule dans un coin appelé Sunset à San Francisco, habité par des blancs. Pearlie est très nostalgique quand elle évoque cette période où elle a été heureuse malgré ce qu'elle est et ce qu'elle vit. C'est un roman sur les non-dits, la délation (et ses conséquences), l'homosexualité interraciale dans l'Amérique puritaine de ces années-là. Je ne connaissais pas cet auteur mais il vaut la peine d'être découvert. Il a un style fluide très agréable. Voir les avis d'Amanda, de Cuné et de Clarabel.

7 novembre 2008

Courir - Jean Echenoz

Ce roman, Courir de Jean Echenoz (Editions de Minuit), vaut 13,50 euros. C'est cher au vu du temps passé à le lire (2h15 chrono pour 142 pages), mais je ne regrette pas un centime de mon achat car quel bonheur de lecture grâce à un style fluide. C'est superbe! L'histoire débute quand la Tchécoslovaquie est envahie par l'Allemagne en 1939-1940 et s'achève en 1968 lorsque les Russes écrasent la révolte à Prague. Entre les deux, le romancier nous parle d'un Tchèque, Emile, qui a eu d'abord le choix entre travailler dans une usine de voitures ou dans une de chaussures. Après tout, les deux servent à avancer! Emile se met à travailler chez Bata, les chaussures. Afin de promouvoir sa marque, l'entreprise se sert de la publicité et se met à sponsoriser une équipe de football. Elle organise aussi une course à pied avec des coureurs qui portent son nom sur leur maillot. Emile déteste le sport mais il découvre que la course à pied lui plaît bien. Il s'entraîne pour son plaisir d'abord, puis il concourt pour son pays. Il a une manière bien à lui de courir en faisant n'importe quoi avec les bras. Pendant 6 ans,  entre 1948 et 1954, il sera considéré comme l'homme le plus rapide sur la Terre. Il récoltera de nombreuses médailles (d'or et d'argent) aux JO de Londres (1948) et d'Helsinki (1952) aux 5000 m et 10000 m. Il court aussi quelques marathons. A Melbourne (1956), c'est le début de la fin. Entretemps, il connaît les vicissitudes d'être un sportif dans un pays de l'ex-bloc communiste. Il se marie avec Dana. Echenoz nous fait connaître, à la page 93, le nom de famille d'Emile. Il est connu. J'ai appris qu'Emile parlait russe, allemand, anglais, français. C'était un brave gars, Emile. Il a terminé sa carrière comme archiviste au centre d'information des sports. Si vraiment vous n'avez pas les moyens de l'acheter, empruntez ce livre, faites-vous le offrir à Noël, que sais-je, mais lisez-le.

PS: Comme le fait remarquer Saxaoul ci-dessous, Amanda en dit aussi beaucoup de bien.

11 novembre 2008

Audiard par Audiard - Répliques savoureuses (suite)

Je publie aujourd'hui un billet qui aurait dû être programmé depuis un certain temps, à savoir une suite à ma 1ère sélection subjective de citations d'Audiard (mon billet du 13/06/2007). En fait, je suis retombée sur le bouquin Audiard par Audiard en rangeant mes livres, et ai décidé de ressortir, resservir, réassortir de l'Audiard. Et peut-être, comme moi, le trouverez-vous non seulement éternel, mais parfaitement d'actualité...

Louis de Funès - Carambolage
"- Hé bien mon petit Martin, nous sommes trahis, nous sommes torpillés! Le dernier Conseil des Ministres vient de reculer l'âge de la retraite de cinq ans. Et c'est la victoire des fossiles. Votre futur beau-père ne nous quitte plus. Vous, vous ne devenez pas chef de service et vous êtes condamné - à moins d'une épidémie de variole dans les étages - à rester l'homme le plus intelligent du rez-de-chaussée."

Jean-Paul Belmondo - La chasse à l'homme 
"- Deux milliards d'impôts nouveaux! Moi, j'appelle plus ça du budget, j'appelle ça de l'attaque à main armée!"

Micheline Presle et Jean Gabin - Le Baron de l'Ecluse 
"- Un homme qui attend deux millions d'une heure à l'autre doit pouvoir se faire prêter quelques milliers de francs non?
- A condition d'être un tapeur, ce qui n'est pas mon cas, et d'ailleurs taper qui?
- La bistrote... L'éclusier?...
- Tu n'as pas honte - hein?
- Oh je t'en prie! Je t'ai déjà vu emprunter.
- Oui, mais jamais de petites sommes, et surtout jamais à de petites gens. Quant on prête à Jérôme Antoine, on passe un ordre à son banquier, on casse pas sa tirelire. Détrousser les petits épargnants est le fait d'adolescents crapuleux ou de ministres chevronnés, ce que je n'ai jamais été ni ne serai."

Jean-Claude Brialy - Les lions sont lâchés
" - Les galas de bienfaisance sont une des bases de la chorégraphie. Le système consiste à organiser des spectacles que l'on ne rejouera jamais, en échange d'une recette que personne ne verra jamais, car depuis le temps qu'on danse pour eux les pauvres seraient riches, l'argent aurait changé de camp - ce qui est impensable".

Gert Froebe - 100 000 dollars au soleil
"- Ici c'est une grande famille. Quand un gars veut une augmentation, il vient me voir, je l'écoute et hop! Je le vire."

Dominique Davray - Les Tontons flingueurs
" - J'dis pas que Louis était toujours très social - non - il avait l'esprit de droite. Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t'aies fini, mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité."

Jean Gabin - Le Président
" - Il y a des patrons de gauche, je tiens à vous l'apprendre.
- Il y a aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas la majorité du genre."

Charles Aznavour - Un taxi pour Tobrouk
" - A mon avis, dans la guerre, il y a une chose attractive: c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant, c'est tout ce qui se passe avant. Il faudrait toucher sa prime d'engagement et défiler tout de suite. Avant que ça se gâte!..."

Michel Audiard - Vive la France
Pour rester dans le domaine des jeux de plein air, il est à noter une prédilection masochiste des Français pour deux exercices dans lesquels ils se révèlent particulièrement malchanceux: la guerre et le football.

André Pousse - Une veuve en or
" - A travers les vicissitudes de la France, le pourcentage d'emmerdeurs est le seul qui n'ait jamais baissé."

Michel Audiard - Vive la France
De 1858 à 1972, guérisons miraculeuses à Lourdes reconnues par les autorités médicales: trente-quatre. Guérisons miraculeuses constatées par les autorités religieuses: soixante-douze. Accidents mortels de circulation sur la route du pélerinage: quatre mille deux cent soixante-douze.

Dany Carrel à Jean Gabin - Le Pacha
" - Je les connais toutes les questions de la nuit. Surtout au lit. Pourquoi on s'aime? Pourquoi on s'aime pas? Pourquoi on picole? Pourquoi on tringle? Pourquoi on paye trop d'impôts? Pourquoi on a pas la Légion d'honneur?... Oh merde!".

3 novembre 2008

"Gag" de la Toussaint (1er novembre 2008)

Avant-hier, samedi 1er novembre, était un jour férié (pour ceux qui l'ont oublié). Des personnes de ma connaissance étaient désireuses ce même jour d'aller voir une exposition temporaire dans un musée de la Ville de Paris. Nous consultons l'Officiel et autre Pariscope où sont indiqués les jours d'ouverture du musée: du mardi au dimanche sauf certains jours fériés (sans autre précision). On peut appeler un numéro de téléphone. Ce qui fut fait. Une sympathique voix enregistrée nous a redit la même chose que sur le support écrit et elle a ajouté que pour plus de renseignements (comme l'ouverture les jours fériés par exemple), il suffit de consulter le site internet. Ce qui fut fait (il n'avait pas bougé). A part l'adresse, les jours d'ouverture (comme le support papier) et le numéro du standard, on n'a pas su si ce f**** musée était ouvert, ou pas, ce samedi 1er novembre 2008 de 10h à 18h.

PS: Quelqu'un s'est rendu sur place, le musée était effectivement fermé car c'était un jour férié. Beaucoup de gens étaient déçus.

1 novembre 2008

The Visitor - Tom Mc Carthy

Attention, film à voir! Grand prix au festival de Deauville cette année, The Visitor de Tom McCarthy est une oeuvre émouvante qui va droit au coeur. Réalisée avec sobriété, elle donne la part belle aux acteurs. Walter Vale (Richard Jenkins), la soixantaine, veuf, prof d'économie à la fac et écrivain, mène une vie morne et égoïste. Il se partage entre le Connecticut et New-York. De prime abord, c'est un homme peu sympathique. Il "fait semblant" (I pretend) (pour toute chose) depuis 20 ans. Il essaie de prendre des leçons de piano (sa femme était pianiste) et il en est à son 4ème professeur. Il renonce. Sur l'en-tête de son unique cours dactylographié, on le voit effacer avec du "tipp-ex" l'année en cours et inscrire la prochaine année. Mais tout va changer le jour où il est amené à aller à New-York donner une conférence. Quand il arrive, l'appartement dont il est propriétaire a été loué (lui dit-on), sans qu'il le sache, à un couple mixte: syrien (Tarek, l'homme) et sénégalais (Zaineb, la femme). Grâce à eux et à la mère de Tarek, Mouna (magnifique Hiam Abbass, héroïne des Citronniers [cf. mon billet du 19/05/08]), il s'ouvre à la musique du djembé (grand tambourin) et se remet à avoir des sentiments. Avec l'arrestation fortuite de Tarek qui, comme sa compagne, est un clandestin sans papiers, Walter et nous par la même occasion apprenons comment sont traités (depuis le 11/09/01) ces personnes. C'est fait avec finesse mais le constat est là, terrible et sans appel. Sous l'oeil du réalisateur, j'ai bien reconnu le New York que j'aime. J'ai vu ce film le jour de sa sortie: la salle était comble et très attentive. Je pense que les spectateurs ont été aussi émus que moi. Je répète: The Visitor de Tom McCarthy, dont c'est le deuxième long-métrage (comme réalisateur et scénariste) après le très réussi The station agent (2003), est à ne pas rater.

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