Le blog de Dasola
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5 novembre 2008

Mesrine (L'instinct de mort) - Jean-François Richet

Après avoir lu quelques excellentes critiques dont celles de Ffred et d'Amanda, je me suis décidée à aller voir Mesrine - l'instinct de mort. J'avais en effet hésité avant d'y aller: - parce que Thomas Langman (responsable du catastrophique Astérix aux JO) en est le producteur; - parce que je pensais voir un film violent de plus; - parce que Jacques Mesrine n'est pas forcément un personnage recommandable et qui mérite qu'on en parle (je me rappelle en 1979 quand on a annoncé sa fin tragique). J'ai donc été le voir à défaut d'autre chose. C'était une séance de dimanche matin dans ma province. Bien m'en a pris finalement d'y aller, et j'attends maintenant avec impatience la deuxième partie (le 19 novembre 2008). Vincent Cassel est sensationnel (il trouve enfin un rôle à sa mesure, mélange de dureté et de douceur), Cécile de France est méconnaissable. Depardieu est impeccable. Le film est bien monté avec quelques "split-screens" bienvenus. Je n'ai pas trouvé de temps mort. C'est quand même autre chose que Le deuxième souffle de Corneau. Très très grand film à l'honneur du cinéma français. Richet a réussi la gageure de montrer Mesrine comme un être humain tout simplement, ni sympathique, ni antipathique. Cette première partie se termine juste avant qu'il devienne l'homme à abattre, l'ennemi public n°1. Diane_Selwyn en dit aussi beaucoup de bien.

27 octobre 2008

Le crime est notre affaire - Pascal Thomas

Fantaisie policière, Le crime est notre affaire de Pascal Thomas est la troisième adaptation d'un roman d'Agatha Christie (et la plus réussie) du réalisateur / scénariste. On retrouve pour la deuxième fois le couple André Dussolier/Catherine Frot dans les rôles de Bélisaire et Prudence Beresford (après Mon petit doigt m'a dit en 2005). Ils sont toujours à la retraite (lui, des services secrets) et Prudence s'ennuie à mourir. Elle trouve Bélisaire "popotte", elle qui rêve d'un petit meurtre à résoudre. Ni une, ni deux, sa tante (Annie Cordy), venue en visite avant de partir en Guyane à la chasse au papillon, vient d'assister à un crime dans un train: une femme s'est fait étrangler dans un wagon. Mais ce fait divers ne se retrouve pas à la une des journaux, il n'est rapporté nulle part. Prudence, peut-être au péril de sa vie, mène l'enquête. Pour ce faire, elle se fait engager comme employée de maison d'une grande demeure "La vallée des loups" (pas loin d'où a dû être jeté le corps). Là vit une famille aussi "gothique" que la maison, avec le patriarche (Claude Rich) qui ne veut pas mourir rien que pour embêter ses 4 enfants-héritiers dont Emma (Chiara Mastroianni). On s'éclaire souvent à la bougie dans cet endroit et, dans l'arrière-cour, se trouve un endroit avec des sarcophages. A l'entrée du parc, des loups en bois (?) sculpté veillent. Je ne révèlerai rien du coupable (ce n'est pas important). L'essentiel réside dans l'ambiance générale où la seule contribution à la modernité est le téléphone portable de Prudence. Sinon, on se croirait dans les années 50 ou début 60. Le petit morceau d'anthologie est la séquence avec Dussolier en kilt au dessus d'une bouche d'aération (irrésistible). La dernière scène est celle où il se fait traiter de "ballot" par Prudence et vous saurez pourquoi en y allant. Car mon conseil est bien d'aller voir Le crime est notre affaire.

9 février 2024

La zone d'intérêt - Jonathan Glazer

Quand la projection de La zone d'intérêt du britannique Jonathan Glazer démarre, l'écran est noir et on nous fait entendre une musique plutôt oppressante. Quelques minutes après, une image bucolique apparaît, un groupe d'hommes, de femmes et d'enfants finissent de pique-niquer au bord d'une rivière. Ils repartent en voiture et on se retrouve dans une maison agrémentée d'un grand jardin (avec piscine et verger) entourés d'un mur. Derrière ce mur, c'est l'enfer sur terre. Nous sommes à Auschwitz en 1942 et Rudof Höss et sa femme Hedwig vivent dans cette maison mitoyenne du camp avec leur cinq enfants dont un bébé, servis par de jeunes polonaises corvéables à merci qui ne disent pas un mot. Rudolf Höss règne sur le camp et Hedwig règne sur la maison d'une main de fer. Le film se passe essentiellement dans la maison et le grand jardin qui ressemble à l'Eden. Mais néanmoins, on entend des sons dont les fours crématoires qui fonctionnent à plein régime jour et nuit. Même quand il fait beau, les fenêtres restent fermées car en en plus de l'odeur nauséabonde, cela permet d'atténuer le bruit des fours, des détonations, des cris, des pleurs, des aboiements de chiens et des vociférations. Il faut saluer le travail de l'ingénieur du son. Il y a relativement peu de dialogues dans ce film, sauf quand Höss se fait expliquer sur un plan comment raccourcir les délais pour exterminer le plus de gens possible. Ou quand Höss quitte le camps quelques semaines pour se rendre à Orianenburg pour une réunion que je vous laisse découvrir. A la fin du film, une séquence marquante nous permet d'entrer dans le camp de nos jours, avec des femmes de ménage qui passent l'aspirateur devant des vitrines remplies de chaussures, valises et autres béquilles ou qui balaient dans une chambre à gaz et autour de deux fours crématoires délabrés. Les acteurs sont filmés plutôt de profil et de loin. Le personnage d'Hedwig m'a paru aussi épouvantable que le mari. Elle n'a aucune empathie pour personne. Elle ne comprend même pas que sa mère venue lui rendre visite quelques jours reparte sans rien dire. Les enfants du couple n'ont pas grand-chose à faire. Le réalisateur arrive à désincarner ces personnages. C'est effrayant. Le film est une expérience sensorielle qui met mal à l'aise car si on ne voit rien de ce qui se passe derrière le mur, on entend tout. Pendant la projection, un jeune couple assis à côté de moi mangeait du popcorn: ils se sont arrêtés de le faire. En ce qui me concerne, j'ai recommencé à respirer normalement en sortant de la séance. Cela n'empêche pas que je conseille ce film.

Lire les billets de Pascale (pas convaincue), Princecranoir et Selenie. Sinon, même si certains critiques (comme Xavier Leherpeur au cours de l'émission du Masque et la Plume qui a traité le film de "dégu... asse") sont durs avec ce film, La zone d'intérêt a déjà été vu par plus de 200 000 spectacteurs depuis sa sortie le 31 janvier 2024. 

1 février 2024

Captives - Arnaud des Pallières

Je suis allée voir Captives d'Arnaud des Pallières après avoir vu la bande-annonce et pour les actrices présentes au générique. 

Ce film fut une vraie déception car je me demande ce que le réalisateur a voulu nous raconter. Il paraît que c'est inspiré d'une histoire vraie. Cela se passe en 1893-1894 à Paris dans un asile où il y a 5000 femmes (on n'en voit que peu), des folles, des idiotes, des hystériques, des prostituées, etc. Fanni, âgée d'une trentaine d'années, se fait interner volontairement. Elle espère retrouver sa mère internée depuis 29 ans. A l'arrivée, les femmes sont déshabillées, comme dans une prison. Elles ont droit à la baignoire d'eau glacée. Elles dorment dans une soupente à plusieurs. La nourriture est peu ragoûtante. Les femmes enceintes accouchent toutes seules et leurs bébés "disparaissent" pour être baptisés. Quand Fanni arrive, il est question d'organiser le bal annuel à l'occasion duquel les femmes de l'asile et les notables de la ville se rencontrent. L'ensemble est décousu, Fanni retrouvera peut-être sa mère. Marina Foïs joue un personnage très antipathique, Yolande Moreau fait du Yolande Moreau, un peu rêveuse. Josiane Balasko est bien en surveillante-chef qui se trouve être plus humaine que prévu. Un film que vous pouvez éviter de voir (selon moi). Lire les billets de Pascale et Selenie. 

20 janvier 2024

La tête froide - Stéphane Marchetti

Après Le prix du passage de Thierry Binisti vu en avril 2023 sur un sujet ressemblant, je suis allée voir La tête froide, le premier long-métrage de fiction de Stéphane Marchetti. L'histoire se situe dans les Hautes-Alpes du côté de Briançon, pas loin de la frontière italienne. Marie (Florence Loiret-Caille, très bien), la quarantaine, vit seule dans un mobil home à l'année, dans un camping au milieu des bois. Elle a du mal à régler son loyer malgré son travail dans un bar la nuit et le fait qu'elle fasse du trafic de cigarettes entre la France et l'Italie. Pour éviter les contrôles, elle est aidée par son amant Alex qui est policier des douanes. Une nuit, au retour d'un voyage d'Italie, elle manque de renverser Souleymane, un immigrant clandestin qui souhaite rejoindre Calais pour retrouver sa petite soeur Awa. Souleymane n'est pas un garçon facile, il a du caractère et il arrive à convaincre Marie de faire passer des clandestins d'Italie vers la France avec sa petite voiture. Marie accepte pour une seule fois, uniquement parce qu'elle a besoin d'argent. Mais bien entendu, il y aura d'autres passages et les choses vont se dégrader pour Marie, car elle se met à dos Alex, et sa fille, qui ne vit pas avec elle, lui en veut beaucoup. Le paysage enneigé donne un côté sombre et angoissant à l'ensemble. J'ai aimé le film très bien interprété, mais la fin que je ne dévoilerai pas m'a laissée perplexe car on ne s'y attend pas du tout, après une séquence qui se passe dans une tempête de neige en montagne. Il y a une vraie ellipse avant l'épilogue. 

17 janvier 2024

Bonnard, Pierre et Marthe - Martin Provost

En ayant vu la bande-annonce, j'ai eu envie de voir Bonnard, Pierre et Marthe, le nouveau film de Martin Provost. J'avoue ne pas connaître les peintures de Pierre Bonnard (1867-1947). Ce n'est pas bien grave, car plus qu'un film sur un peintre ou la peinture, c'est l'histoire d'un couple, Pierre et Marthe (1869-1942), qui ont vécu 49 ans ensemble avec des hauts et des bas à partir de 1893. Ils se sont mariés en 1925 jusqu'à la mort de Marthe. Ils se sont rencontrés dans la rue, il lui a demandé de poser pour lui, elle a accepté et leur histoire d'amour a commencé. Pierre Bonnard, à la différence de Claude Monet qu'il connaissait, peignait en intérieur, et Marthe a servi de modèle dans beaucoup de ses oeuvres, avant qu'elle ne se mette elle-même à la peinture. Tout n'a pas toujours été rose dans leur union, quand par exemple Pierre a rencontré Renée qui est tombée amoureuse de lui. Marthe était une personne fragile et asthmatique. Pierre Bonnard a cotoyé Vuillard, Signac et Monet ainsi que Misia, mécène de nombreux peintres et accessoirement pianiste à ses heures. Pierre et Marthe ont vécu longtemps dans une jolie maison en bord de Seine, un fleuve dans lequel Pierre et Marthe se baignaient tout nus. Pierre ne désirait pas d'enfant, alors Marthe a adopté des teckels. Cette histoire d'amour m'a beaucoup touchée, j'ai eu presque la larme à l'oeil à la fin. Je voudrais saluer tout particulier les deux acteurs principaux, Vincent Macaigne et Cécile de France, qui sont absolumemt formidables. Rien que pour eux, il faut aller voir le film. Lire les billets de Pascale et Selenie.

11 janvier 2024

Winter break - Alexander Payne

Je suis enfin allée voir Winter Break d'Alexander Payne, sorti en France le 13 décembre 2023. Il semble que le scénariste se soit inspiré de l'histoire de Merlusse écrite par Marcel Pagnol dans les années 30. Là, nous sommes à la fin de l'année 1970 dans le collège/lycée Barton en Nouvelle-Angleterre. Le professeur Hunham (Paul Giamatti), un professeur d'histoire antique très porté sur la boisson, est autant détesté de ses élèves que de ses collègues. Il est dur dans ses notations, considérant que ses élèves sont des incultes. A la veille des vacances de fin d'année, il apprend qu'il sera de corvée pour garder cinq élèves qui ne peuvent pas rejoindre leurs familles respectives. Il doit rester sur place en leur compagnie et celle de la cuisinière-chef, Mary. Cette dernière vient de perdre son fils tué au combat au Vietnam. Au bout du compte, il n'a plus qu'un élève à surveiller, Angus Tully, presque adulte. C'est un garçon rebelle malheureux, qui n'hésite pas à être insolent envers son professeur. L'histoire se passe entre le 17 décembre et le tout début de 1971. Pendant ce laps de temps, les trois personnages vont apprendre à se connaître et même à s'estimer. C'est vrai que ce changement d'attitude les uns envers les autres est rapide, mais cela ne m'a pas gênée. Le film dans son ensemble fleure bon une certaine nostalgie, un côté passéiste. Dominic Sessa, dont c'est pratiquement la première apparition à l'écran, est très bien. Paul Giamatti et Da'Vine Joy Randolph (qui interprète Mary) ont tous les deux été récompensés à juste titre à la dernière cérémonie des Golden Globes (en attendant les Oscars?). Un film qui m'a plu même si je l'ai trouvé un chouïa long sur la fin. Je l'ai vu dans une salle archi-pleine. Lire le billet de Pascale, pas trop enthousiaste. En revanche, Selenie le recommande chaudement.

17 février 2024

Daaaaaali! - Quentin Dupieux

Autant je n'ai pas trop apprécié Yannick, autant j'ai souvent souri en visionnant Daaaaaali! *, le nouveau film du réalisateur Quentin Dupieux qui a aussi écrit, monté et éclairé le film qui dure 1H19. Judith (Anaïs Demoustiers), une jeune journaliste travaillant pour un magazine, est arrivée à obtenir un interview de Salvador Dali qui a accepté. La première séquence est irrésistible car Judith attend le maître dans une chambre d'hôtel. Le couloir est interminable pour parvenir à la chambre. Et l'on voit Salvador Dali marcher et avancer mais il n'approche pas vraiment, d'un plan à l'autre, on le voit toujours au fond du couloir. La séquence dure plus de cinq minutes et c'est très amusant. C'est le premier Dali interprété par Edouard Baer (très bien). Il y en a trois autres (interprétés par Pio Marmaï, Jonathan Cohen et Gilles Lellouche) et un Dali âgé (d'où certainement les 6 "a" du titre). Dali s'attendant à être filmé repart comme il est venu laissant la pauvre Judith désemparée. Dans ce film surréaliste, on assiste au déroulement d'un cauchemar qui débute en enfer, on voit un cow-boy tirer sur un évêque et d'autres péripéties. En parallèle, Judith arrive à obtenir un nouvel entretien cette fois-ci filmé, mais rien ne se déroule comme prévu. Sous son aspect brouillon, le scénario tient la route. Le film est réjouissant. Un bon moment de cinéma où l'on voit Romain Duris manger des pâtes comme un cochon et jouer un producteur de film assez détestable en traitant Judith de boulangère (une insulte dans sa bouche) alors qu'elle a été pharmacienne pendant quatre ans avant de changer de voie.

Lire les billets de Pascale, Selenie et Princecranoir et je n'oublie pas Henri Golant.

* avec six "a" [Edit du 22/02/2024]

8 décembre 2023

Rien à perdre - Delphine Deloget

A nouveau sur les conseils de Pascale, je suis allée voir Rien à perdre, le premier film de Delphine Deloget. J'ai trouvé l'histoire très dure, et l'Aide Sociale à l'Enfance n'est pas vue sous son meilleur jour. A Brest, Sylvie Paugam est une mère célibataire avec deux fils, Jean-Jacques (Félix Lefebvre exccellent dans le rôle) et Sofiane. Sofiane, le plus jeune, semble être un garçon hyperactif et difficilement gérable. Un soir, en l'absence de sa mère qui travaille dans un bar de nuit, il a des envies de frites et se brûle gravement au ventre avec la friteuse. A l'hôpital où est admis Sofiane, un signalement est fait à l'Aide Sociale à l'Enfance, et à partir de là, tout se dérègle dans la vie de Sylvie. Sofiane lui est enlevé. Sylvie, c'est la formidable Virginie Efira qui se bat comme une lionne pour récupérer son fils. Et se frotter aux rouages de l'administration française n'est pas simple. J'ai trouvé que l'ensemble tenait la route. C'est un peu forcé par moment mais c'est une histoire que l'on suit avec intérêt. Il faut noter que face à Sylvie, l'assistante sociale interprétée avec beaucoup de conviction par India Hair ne voit que l'intérêt de l'enfant. Je me suis demandé comment tout cela allait se terminer. La fin reste très ouverte. Un film à voir. Lire les billets de Géraldine, Christoblog, Selenie et Mymp.

2 novembre 2023

Monsieur le maire - Karine Blanc et Michel Tavares

Je suis allée voir Monsieur le maire après avoir vu la bande-annonce. L'histoire se passe dans le village de Cordon (village de Haute-Savoie). Paul Barral (Clovis Cornillac, très bien) gère le village avec les moyens du bord. Il a des problèmes importants à régler : arriver à contenir la baisse du nombre d'habitants avec le manque d'enfants pour maintenir la classe unique ouverte. Par là même, il essaie de convaincre des gens de l'extérieur de venir s'installer à Cordon grâce à la réhabilitation d'une ancienne gendarmerie qui est en train d'être transformée en logements à louer. Paul voudrait éviter les touristes saisonniers. C'est alors qu'une certaine Joe-Lynn (Eye Aïdara), une mère célibataire avec deux enfants, souhaite s'installer dans un de ces logements. Vivant du RSA et d'une allocation de parent unique, elle doit quitter un foyer où elle habitait avec ses enfants Julie et Lino qui sont désormais trop grands. Elle est aussi accompagnée de Sofia enceinte jusqu'aux yeux. Tout d'abord, Paul est réticent, il sent arriver les problèmes mais Joe-Lynn est convaincante et personne ne souhaite s'installer à Cordon. Parmi les talents de Joe-Lynn, elle interprète et danse la musique country avec de petits cachets qui n'empêchent pas des fins de mois difficiles. Mais peu à peu, les habitants de Cordon s'habituent à ces deux femmes. Et une idée germe, pourquoi ne pas créer un foyer pour femmes seules avec enfants. Cela permettrait de maintenir la classe de l'école pour les années à venir. Des obstacles se dressent que je vous laisse découvrir. Un film sympa même s'il manque un peu de rythme. Eye Aïdara que j'avais découverte dans Les femmes du square a une belle présence. Le scénario est inspirée de "l'histoire vraie d'Arnaud Diaz, maire de L'Hospitalet-près-l'Andorre, en Ariège.. Dans cette commune, le maire a créé la « Maison des Cimes », un centre d'accueil pour les familles monoparentales dont l'objectif est d'attirer de nouveaux habitants dans le village et de maintenir l'école locale en y scolarisant les enfants des familles" (source Wikipedia consulté le 1er novembre 2023). 

29 novembre 2023

Hunger Games : La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur - Francis Lawrence

Même si vous n'avez jamais vu la trilogie Hunger Games (qui comporte 4 films), n'hésitez pas à aller voir Hunger Games : La ballade du serpent et de l'oiseau chanteur qui est la "prequelle" de la trilogie. C'est adapté du roman de Susan Collins et l'histoire se déroule 60 ans avant la trilogie. Mais cela se passe à une époque et dans un pays indéfinis. Coriolanus Snow, le futur dirigeant tyrannique de Panem, devient le mentor de Lucy Gray Baird qui appartient au district 12 et qui a été "choisie" pour participer aux 10èmes Hunger Games. Ces jeux ressemblent aux jeux du cirque à Rome dans l'Antiquité; il ne doit y avoir qu'un seul vainqueur. Sans raison précise autre qu'une certaine convergence d'intérêts au départ, Coriolanus s'attache à Lucy et il ne veut pas qu'elle perde. Il va tout faire pour l'aider, quitte à tricher. Lucy a un don pour chanter. Le film est divisé en trois parties: Le mentor, Le prix, Le pacificateur. Deux personnages importants tirent les ficelles de cette histoire. Ce sont Casca Highbottom (Peter Dinklage), le Doyen de l’Académie et créateur du concept des Hunger Games, et le Dr Volumnia Gaul (Viola Davis), la Haute-Juge de la dixième édition des Hunger Games, qui fait des manipulations génétiques, en particulier sur les serpents. Ce sont des personnes peu sympathiques qui ne voient que leur intérêt. L'essentiel de l'histoire se passe sous une coupole soufflée par une bombe. J'ai aimé l'ambiance générale très sombre de l'histoire avec moins de clinquant que les premiers volets. Les acteurs sont tous très bien, avec en particuler Tom Blyth qui interprète Coriolanus Snow jeune. Un film qui se laisse voir. 

20 novembre 2023

The old oak - Ken Loach

Je regrette de ne pas avoir vu ce film plus tôt car il ne se donne presque plus sur les écrans alors qu'il est très honorable. Ce n'est pas le film de l'année mais le genre d'histoire qu'il raconte fait du bien dans cette époque troublée par des conflits divers, variés et meurtriers. De nos jours, dans une région sinistrée du nord-est de l'Angleterre où les mines de charbon ont fermé, TJ Ballantyne tient un pub "The Old Oak" (le vieux chêne en français). L'arrivée de migrants syriens (surtout des femmes et des enfants) va bouleverser la petite ville. TJ est le seul qui a de la considération pour ces "étrangers". Il va même aider à faire réparer l'appareil photo cassé de Yara, une jeune Syrienne qui parle très bien anglais. J'ai trouvé que TJ est un "chic type". Il tient à bout de bras son pub fréquenté par quelques habitués qui voient l'arrivée des migrants d'un mauvais oeil et qui ne comprennent que TJ veuille les aider. TJ n'est pas très heureux, sa femme l'a quitté, son fils aussi. Sa seule consolation, c'est sa petite chienne Marra qui l'a sauvé d'une tentative de suicide. Mais Marra aussi va disparaître. Sous l'impulsion de Yara et d'une bénévole, TJ va remettre en état une pièce avec cuisine située derrière la salle principale de son pub. C'est le seul endroit de la ville qui reste pour rassembler les gens. En l'occurrence, des repas gratuits vont être distribués tant aux migrants qu'aux autres. L'idée est belle mais pourra-t-elle durer? Un film interprété par des acteurs pas connus. Il est plein d'humanité et de bienveillance et je le conseille. Le réalisateur britannique de 87 ans jure que cela sera son dernier film (de fiction)? J'espère que ce n'est pas vrai. Miriam en dit du bien tout comme Pascale.

4 novembre 2023

Le théorème de Marguerite - Anna Novion

Je suis allée voir Le théorème de Marguerite après avoir lu de bonnes critiques et je n'ai pas été déçue. La réalisatrice a eu l'autorisation de tourner beaucoup de séquences au sein de l'ENS (Ecole Nationale Supérieure) dans le Vème arrondissement de Paris. Nous faisons donc la connaissance de Marguerite Hoffmann (Ella Rumpf), une jeune femme solitaire et fermée aux autres qui se promène en chaussons au sein de l'institution. Dans le départementement de mathématiques, elle est la seule femme. Marguerite termine sa thèse sur la conjecture de Goldbach (tout nombre entier pair supérieur à 3 peut s’écrire comme la somme de deux nombres premiers). Elle n'a pas de relation sociale et ne vit que pour les maths. A la fin de sa soutenance de thèse, tout s'écroule car sa démonstration ne tient pas. Elle laisse tout en plan et décide de ne plus faire de mathématiques, au grand dam de son professeur Laurent Werner (Jean-Pierre Darroussin, très crédible). Afin de payer son loyer, Marguerite gagne des parties de Mah-jong dans des arrière-salles de magasins tenus par des Asiatiques dans le XIIIème arrondissement de Paris où elle vit. Mais après quelques mois et grâce à la rencontre avec un autre étudiant qui ne la laisse pas indifférente, elle va se remettre à faire des maths et se servir des murs repeints en noir de l'appartement qu'elle partage en colocation pour écrire différentes formules mathématiques et arriver à démontrer au moins un pan de l'assertion mathématique sur la conjecture de Goldbach. Il ne faut pas se laisser impressionner par le côté "mathématiques" de l'histoire. Si vous êtes nul en maths (comme moi), vous n'en saurez pas plus en sortant de la salle. Pour les autres, je ne sais pas mais j'ai trouvé toute cette écriture mathématique fascinante. Un film qui se laisse voir. 

15 novembre 2023

L'enlèvement - Marco Bellochio

Juste après La passion de Dodin Bouffant, dans la même après-midi, j'ai enchaîné avec L'enlèvement, un film italien de Marco Bellochio. L'histoire adaptée de faits réels commence à Bologne en 1858. A cette époque, Bologne est une des villes sous la souveraineté du pape. Il s'agit du pape Pie IX qui fut souverain pontife de 1854 jusqu'à sa mort en 1878 à 85 ans. L'histoire raconte la tragique histoire d'Edgardo Mortara, un petit garçon d'origine israélite qui est enlevé à sa famille en juin 1858. Il n'a même pas 7 ans. C'était l'un des neuf enfants du couple Salomone (Momolo) et Marianna Mortara. On apprend vite la raison de ce rapt. Quand Edgardo était bébé, il est tombé gravement malade et Anna Morisi, la domestique de la famille, une chrétienne, a décidé de baptiser Edgardo à l'insu de son plein gré. Elle avait peur que cet enfant meure et se retrouve dans les limbes. Désormais, selon le droit canonique, Edgardo est considéré comme catholique et doit recevoir une éducation catholique. La nouvelle du baptème est arrivée aux oreilles de l'ex-inquisiteur Pier Feletti. On laisse 24 heures de sursis aux parents avant la séparation qui est un déchirement pour la famille. Edgardo est pris en charge et il est éloigné de Bologne alors que l'on avait dit le contraire à la famille. Les années passent. Les parent se battent et intentent un procès. C'est une séquence intéressante du film. Je vous laisse découvrir ce qui arrive ou pas pendant 20 ans. C'est une affaire qui devient internationale mais rien n'y fait, le pape campe sur ses positions. J'ai trouvé la fin terrible avec la confrontation entre le fils et la mère. Un grand film qui m'a fait penser un peu à un opéra avec sa musique omniprésente. Les acteurs sont tous excellents avec en tête l'acteur Paolo Pierobon qui interprète le pape. Lire le billet de Pascale. 

13 novembre 2023

La passion de Dodin Bouffant - Trân Anh Hùng

Je vous conseille d'aller voir La passion de Dodin Bouffant du franco-vietnmaien Trân Anh Hùng. C'est un bonheur des yeux et il ravira vos papilles par écran interposé. La première grande séquence du film montre la préparation de plusieurs plats: un potage, une salade d'écrevisses, un turbot au court-bouillon, un vol-au-vent, des côtes de veau mijotées au four et une omelette norvégienne. Cette séquence est fascinante. Plus tard, on a l'énumération des ingrédients pour une sauce bourguignonne qui sont mis dans une cocotte. Une grande partie du film se passe dans une belle cuisine avec un feu de cheminée et une grande cuisinière, et on a peut admirer la caméra qui virevolte autour de cette pièce pendant que des plats tout à fait appétissants se préparent. De la cuisine où l'on voit Eugénie (Juliette Binoche) s'affairer avec une aide en la personne de Violette, on passe à la salle à manger. J'ai oublié de dire que l'histoire se passe vers les années 1880 dans un petit château. Dans la salle à manger qui se trouve à l'étage, cinq messieurs se régalent des mets qui leur sont offerts qui sont accompagnés de vins de crus. Parmi eux, il y a Dodin (un personnage fictif), le maître des lieux qui imagine et prépare des recettes avec Eugénie, une cuisinière hors-pair qui partage sa vie depuis 20 ans. Eugénie n'a jamais eu envie de se marier avec Dodin, elle estimait que leur collaboration culinaire lui suffisait. Le film alterne la préparation de plats avec les scènes entre Dodin (Benoit Magimel) et Eugénie. Il faut noter une scène où l'on voit des convives manger des ortolans avec une serviette sur la tête. Bien que le film dure 2H14, je ne me suis pas ennuyée du tout. Je regrette seulement que l'on ne voie pas assez la préparation du pot-au-feu, plat français par excellence. Le film est une adaptation d'un roman de Marcel Rouff écrit en 1924. J'ai été étonnée des mauvaises critiques françaises sur ce film, mais il a été chaudement applaudi par les critiques étrangers et le film a reçu le prix de la mise en scène au dernier Festival international du cinéma de Cannes en 2023. Lire le billet de Selenie. 

24 octobre 2023

Marie-Line et son juge - Jean-Pierre Ameris

Marie-Line et son juge de Jean-Pierre Ameris est un film qui fait du bien. Marie-Line (Louane, vraiment bien) est une jeune femme aux cheveux teints en rose qui est serveuse dans un café-brasserie au Havre. Elle vit avec son père (Philippe Rebbot), ancien docker qui a perdu une jambe. Il souffre de dépression. La mère de Marie-Line s'est suicidée et sa soeur aînée est partie. Parmi les clients du café, elle remarque Alexandre, un jeune homme (Victor Belmondo) passionné de cinéma en général et de Jules et Jim de François Truffaut en particulier. Un vieux juge bougon est aussi client du café-brasserie. Veuf, il écluse l'un après l'autre des verres de whisky. Dans ce rôle, Michel Blanc est à l'aise. Du jour au lendemain Marie-Line se retrouve sans travail et va devoir régler 1500 euros de dommages et intérêt à une policière* après avoir frappé Alexandre. Le jugement a été rendu par le juge bougon et alcoolique qui offre un travail à Marie-Line: lui servir de chauffeur pendant un mois. Bien évidemment, Marie-Line va évoluer en bien au contact du juge qui, lui aussi, va changer, s'ouvrir aux autres en général et à une ex-détenue en particulier. Un joli film qui se laisse voir agréablement. Lire les billets de Pascale et Henri Golant. 

* et non à Alexandre, merci à Luocine pour sa précision. 

17 octobre 2023

Le règne animal - Thomas Cailley

Le règne animal de Thomas Cailley raconte une histoire où le fantastique se mélange au réel. Personnellement, depuis La mouche de David Cronenberg, j'ai un problème avec tout ce qui touche à la mutation, la transformation des êtres. Cela me met mal à l'aise. L'histoire dans Le règne animal, ce sont des humains qui mutent sans raison précise. Le film commence avec un père, François, un fils, Emile et le chien de la famille, Marcel. Ils sont dans une voiture bloquée dans un embouteillage monstre. Ils ont un rendez-vous à l'hôpital. Emile n'est pas très enthousiaste. Tout à coup, un être bizarre s'enfuit d'une ambulance. Peu après, le fils et le père apprennent que la mère qui mute semble stabilisée mais elle va être emmenée dans un centre fermé en province. Plus tard, François, Emile et le chien se rapprochent pour plusieurs semaines du centre où la maman doit être enfermée. Un accident de la circulation fait tout basculer. Et à partir de là, on est avec ce couple père et fils. Le premier travaille dans un restaurant au milieu des pins et le deuxième va au lycée. Emile sent en lui que quelque chose ne va pas. Je ne vous en dirai pas plus sur cette histoire angoissante et étouffante. On constate que quelque chose d'irrémédiable est en train de se passer. La cohabitation entre "humains" et "bestioles" ne va pas de soi. Tous les comédiens sont formidables, Romain Duris et Paul Kircher en tête. Quand on voit Adèle Exarchopoulos à l'écran, elle interprète une femme gendarme, j'ai eu l'impression de mieux respirer. C'est une sensation étrange. Le film est très original, mais je ne le reverrai pas. Je suis sortie un peu déprimée. Lire les billets de Pascale et Selenie. 

19 septembre 2023

Un métier sérieux - Thomas Lilti

Après Première année, il y a 5 ans, j'ai été contente de voir le nouveau long-métrage de Thomas Lilti, réalisateur et aussi médecin généraliste de profession. Le métier sérieux du titre est celui d'enseignant. Benjamin (Vincent Lacoste) est un professeur de mathématiques contractuel qui débute dans le métier dans un collège de banlieue parisienne. Il remplace un professeur absent. Il est tout de suite dans le bain en enseignant dans une classe de 3ème. Les élèves sont turbulents mais sans plus. Ce n'est pas un collège à problèmes, peut-être parce que le principal de l'établissement le dirige d'une main ferme. Pendant une année scolaire, on suit Benjamin qui arrive à se faire apprécier de ses élèves mais surtout tisse des liens d'amitié avec d'autres enseignants dont Pierre (François Cluzet), professeur de français, Fouad (William Lebghil), professeur d'anglais ou même Meriem (Adèle Exarchopoulos), elle aussi prof de mathématiques. On observe que la vie personnelle des enseignants n'est pas toujours très simple. Pierre ne parle plus à son fils; Meriem, elle, est séparée de son compagnon et partage la garde de son petit garçon, Sandrine (Louise Bourgoin), professeur de SVT, a un garçon violent de 16 ans qui se met à boire. Quant à Fouad, sa compagne est partie avant qu'ils n'envisagent de faire un enfant. Il y a des mises en situation intéressantes qui ne sont qu'amorcées, elles ne vont jamais jusqu'au bout, sauf celle d'un conseil de discipline dans laquelle un garçon est renvoyé définitivement pour mauvais comportement. J'ai trouvé le film réussi avec des acteurs convaincants. Mon ami Ta d loi du cine s'est demandé combien d'enseignants se trouvaient dans la salle bien pleine. Je conseille.

16 septembre 2023

Mystère à Venise - Kenneth Branagh

Si vous allez voir le film Mystère à Venise d'après le roman d'Agatha Christie intitulé la Fête du potiron ou le Crime d'Halloween, oubliez le roman car le film n'est vraiment qu'une lointaine adaptation... C'est la troisième fois que Kenneth Branagh s'inspire d'un roman de la "reine du crime". L'intrigue se passe non pas en Angleterre mais dans la Cité des doges, dans un palais délabré et sinsitre où il semble se passer des phénomènes surnaturels. On entend même des voix d'enfants. La romancière Ariadne Oliver, l'amie d'Hercule Poirot qui est désormais à la retraite, le convainc de venir dans le palais pour participer à une séance de spiritisme qui pourrait révéler ce qui est arrivée à la fille de Rowena Drake, la maîtresse des lieux... On assiste à un véritable huis-clos horrifique avec des morts violentes. J'ai trouvé l'ambiance gothique accentuée par des mouvements de caméra un peu "too much", cela donne le tournis. J'ai appris par ailleurs qu'un certain miel peut donner des hallucinations voire tuer à petit feu. Concenant les acteurs, les rôles secondaires comme Camille Cottin (qui s'exprime très bien en anglais), Jude Hill (le jeune acteur de Belfast), Michèle Yeoh, Jamie Dornan, Kelly Reilly sont très bien. Quant à Kenneth Branagh, je le trouve de moins en moins crédible dans le rôle d'Hercule Poirot. Les dernières images montrent Venise filmée par un drone (enfin, c'est ce que je pense). On se rend compte que c'est une ville très étendue. Un film qui se laisse voir mais qui peut décevoir les admirateurs d'Agatha. Pour info, ce long-métrage a été coproduit par Ridley Scott. Lire les billets d'Henri Golant et Selenie.

2 septembre 2023

Equalizer 3 - Antoine Fuqua / Retribution - Nimrod Antal

Voici deux films d'action qui font passer un (bon) moment. Je commence par Retribution avec Liam Neeson. L'histoire se passe à Berlin de nos jours. Matt Turner est un homme d'affaires aisé, très pris par son travail. Marié, il a deux enfants. Sa femme lui demande instamment d'emmener Zach et Emily à leur école car ella a un rendez-vous par ailleurs. Le trio prend le SUV familial. Sur la route, Matt, qui est un homme connecté, passe au moins un coup de fil. Peu de temps après, une sonnerie d'un téléphone inconnu se fait entendre. Une voix étrange lui fait savoir que s'il n'obéit pas à ses demandes, une bombe placée sous son siège va exploser. Il doit continuer de rouler. On lui communique une adresse puis une autre. Deux de ses collaborateurs vont connaitre une fin explosive. J'avoue que j'ai deviné qui était le méchant de l'histoire. C'est à la toute fin que l'on connait ses motivations. C'est un film où il n'y a pas de "baston" mais quelques explosions. Cela se laisse voir. Lire le billet d'Henri Golant.

Je passe à Equalizer 3 d'Antoine Fuqua que j'ai vu dans une grande salle pleine. On sentait que les spectateurs savaient à quoi ils allaient assister. On retrouve avec plaisir Robert McCall (Denzel Washington), ancien agent des Marines et de la DIA à la retraite mais qui continue à être un tueur hors pair dès qu'il s'agit d'éliminer des très très méchants. L'histoire se passe en Italie, dans la région de Naples et sur la côte amalfitaine. Quand le film débute en Sicile, McCall vient de faire le "ménage" dans une propriété vinicole qui servait de paravent à un trafic de drogue. Blessé par balle, il est soigné par un médecin dans un village tout en hauteur au bord de la mer. Rien que pour le village qui est de toute beauté, cela vaut la peine de voir le film. McCall s'installe à demeure dans ce village tranquille de prime abord mais qui est convoité par la mafia locale. Des commerçants sont victimes de racket. Bien entendu McCall, très tranquillement, va éliminer toute branche de la Camorra jusqu'à Naples. Malgré les nombreux cadavres, il y a de l'humour car McCall reste très zen. C'est assez jouissif. Il semble que ce film sera le dernier de la série. J'espère que non. Je me suis bien divertie. 

27 août 2023

Anatomie d'une chute - Justine Triet

J'ai un peu hésité à aller voir la Palme d'Or du dernier festival de Cannes en 2023 car c'est encore un film long de 2H30. Hé bien, je n'ai pas vu le temps passer car le film est passionnant et très bien interprété. Anatomie d'une chute de Justine Triet alterne entre le français et l'anglais car l'actrice principale, Sandra Hüller qui est allemande, s'exprime en anglais. Tout commence dans la région de Grenoble dans un grand chalet de deux étages. On est au mois de mars, il y a beaucoup de neige. Daniel, un jeune garçon de 11 ans malvoyant, part se promener avec son chien Snoop. Quand il revient, il voit Samuel son père inanimé dans la neige avec beaucoup de sang. Il est mort car il a fait une chute mortelle du haut du chalet. Assez vite, la police soupçonne Sandra, la mère, d'homicide et elle est mise en examen. Pendant le procès, qui se déroule en français et en anglais, on apprend plein de choses sur le couple qui se disputait souvent. J'ai senti que la juge était plutôt hostile à l'accusée. Petit à petit, la question pendant le procès passe de "Comment Samuel est mort" à "Pourquoi Samuel est mort". Un enregistrement sur une clé USB d'une dispute la veille du décès peut nous éclairer ainsi que le témoignage de Daniel la veille du verdict. Personnellement, j'aurais été juré dans ce procès, je ne sais pas trop ce que j'aurais décidée car il reste des zones d'ombre. Sandra Hüller est impressionnante dans son rôle mais les autres aussi. Un film que je recommande. Lire le billet de Pascale.

5 août 2023

Les algues vertes - Pierre Jolivet

Je n'ai pas lu la BD Les algues vertes, l'histoire interdite d'Inès Léraud et Pierre Van Hove et je ne sais donc pas si le film est une adaptation assez fidèle de la BD. Toujours est-il que l'histoire inspirée de faits réels commence en 1989. On voit un homme s'écrouler en bord de mer dans un amas de végétation verte. En 2014, soit 25 ans plus tard, Inès Léraud, une journaliste pigiste qui fait des chroniques radiophoniques, est amenée à enquêter sur des décès provoqués par l'hydrogène sulfuré dégagé par des algues en état de décomposition sur des plages bretonnes en Côte d'Armor. On apprend, par bribes, pourquoi ces algues prolifèrent et sont mortelles pour les humains. L'agriculture, et en particulier l'élevage (de porcs) intensifs en Bretagne depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, y sont pour beaucoup. L'agriculture doit être rentable et concurrentielle au détriment du reste. Elle fait vivre beaucoup de monde. Il y a une omerta sur les causes de ce phénomène par les lobbies et les syndicats agricole comme la F.N.S.E.A. Si les ravages provoqués par ces algues étaient révélés, cela créerait un vrai scandale public et la Bretagne en souffrirait économiquement parlant. Tout est décrit par petites touches. Céline Sallette qui interprète Inès Léraud est très convaincante comme tous les autres personnages. Un film assez pédagogique et réussi qui a été applaudi à la fin de la projection. Même si cela n'a pas la même force, j'ai trouvé que le thème de ce film se rapproche de ceux de films américains comme Erin Brockovitch et Dark Waters. Il semble que le réalisateur Pierre Jolivet a dû ruser pour tourner en Côte d'Armor. Lire les billets de Pascale, Baz'art, maggie 76 (la bande-annonce). 

12 juillet 2023

Mission impossible: Dead Reckoning, partie 1 - Christopher McQuarrie

Vu en avant-première, ce septième film de la franchise tient toutes ses promesses. Mission impossible : Dead Reckoning (cela voudrait dire "navigation à l'aveugle") dure 2H45 et je ne me suis pas ennuyée une minute. On passe d'un désert en Arabie Saoudite près du Yémen à l'aéroport d'Abu Dhabi, puis à Rome et à Venise et enfin dans un train dans les Alpes autrichiennes. Cependant tout commence en mer de Behring: un sous-marin russe, le Sebastopol, est torpillé malgré lui par une de ses propres torpilles. Cette catastrophe s'est produite à cause d'une entité inconnue, une intelligence artificielle. Cette entité n'a qu'un désir, récupérer une clé cruciforme qui peut changer le futur de notre civilisation. Ethan Hunt (Tom Cruise) et son équipe sont chargés de trouver la clé avant l'entité. Bien entendu, leur quête est semée d'embûches. Un méchant nommé Gabriel leur met des bâtons dans les roues ainsi que d'autres. Le film contient plein de courses-poursuites à pied, en voiture, en moto et en train. J'ai trouvé qu'il y avait de l'humour comme la présence d'une petite Fiat jaune qui joue un rôle important dans les rues de Rome. Il faut noter qu'il y a quatre personnages féminins qui ne jouent pas que les utilités, bien au contraire. Un bon film d'action que je recommande pour cet été. Il devrait cartonner au "box-office". Et il faudra attendre juin 2024 pour la voir la deuxième partie.

Edit du 15/07/2023: lire les billets d'Henri Golant et Pascale.

14 juin 2023

Marinette - Virginie Verrier

Marinette retrace la vie de Marinette Pichon, née en 1975, qui est devenue la première footballeuse internationale professionnelle. C'est donc un film biographique adapté du propre livre de Marinette Pichon. Dès son plus jeune âge, à 5 ans environ, elle aime taper dans un ballon. Elle n'a que des posters de footballeurs dans sa chambre. Sa maman fait tout pour lui faire plaisir alors que le père alcoolique est un sale type qui n'hésIte pas à taper son épouse. Marinette qui grandit fait ses preuves dans un club de garçons mais à 16 ans, elle n'a plus le droit de jouer car les équipes de football ne peuvent pas être mixtes. Marinette est une attaquante et elle marque de nombreux buts. Après un passage en équipe de France qui se passe mal à cause d'une mauvaise ambiance, elle est remarquée par les Américains qui la recrutent dans une équipe professionnelle féminine à Philadelphie. Entretemps, le père de Marinette est condamné à une lourde peine de prison. Revenue en France, Marinette continue sa carrière et découvre le grand amour avec une championne de basket handicapée. C'est la première sportive à faire son "coming out". Marinette n'aura de cesse de regretter que les joueuses françaises ne puissent pas devenir des professionnelles comme aux USA. Elles sont payées au lance-pierre et sont obligées d'avoir un travail à côté. Le film m'a fait connaître une femme dont j'ignorais l'existence, n'étant pas trop intéressée par le foot en général. Il y a de très bonnes choses dans ce film, en particulier les acteurs: Garance Marillier, Sylvie Testud, Fred Testot ou Caroline Proust. En revanche, j'ai trouvé l'ensemble un peu décousu. C'est dommage. Mais j'ai passé un bon moment.

11 juin 2023

Wahou! - Bruno Podalydès

Malgré les critiques plutôt négatives de Pascale et Selenie, je me suis décidée à aller voir Wahou! de Bruno Podalydès, car j'ai bien apprécié la bande-annonce. Je serais indulgente en ce qui concerne ce film qui m'a fait souvent sourire, même si je n'ai pas retrouvé la fantaisie des Deux Alfred. Oracio et Catherine sont deux "conseillers" immobiliers d'une agence de l'ouest "chic" de Paris. Oracio est accompagné par un stagiaire. Deux biens très différents vont faire l'objet de différentes visites. Pour la belle maison à Bougival au terrain de 1600 m2 "piscinable" avec un séquoia bicentenaire, mais aussi le transilien qui passe au bout du jardin et quelques gros travaux de main d'oeuvre, Catherine et Oracia présentent alternativement ce bien avec du cachet à des musiciens, une grande bourgeoise (et son "connard de mari"), deux frères promoteurs et une mandataire. L'autre bien est un appartement de 65 m2 dans un immeuble pas terminé. Et là, c'est l'infirmière dépressive avec sa vieille maman, un jeune couple qui pense plus à la bagatelle qu'à visiter, un homme qui ne dit pas un mot en passant de pièce en pièce avant de s'en aller et un jeune couple de musiciens à vélo. Pendant ces visites, on se rend compte que Catherine n'est pas dans son assiette, elle a perdu son compagnon et Oracio en a marre de ne pas arriver à vendre. On peut dire que c'est un film à sketches qui bénéficie d'une distribution hétéroclite, les acteurs sont plus ou moins connus. Isabelle Candelier, Sabine Azema, Claude Perron et Florence Muller sont toutes les quatre très bien. 

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