Le blog de Dasola
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9 mai 2008

Le banc - Gérard Sibleyras

Cette nouvelle pièce étant à l'affiche à Paris avec les représentants publicitaires d'une compagnie d'assurances (pardon, avec Philippe Chevallier et Régis Lespalès), je suis allée voir Le banc dès les premiers jours: le prix des places est divisé par deux pendant une semaine dans certains grands théâtre de la capitale. Depuis, j'ai su que quand on va voir Le banc à deux, on ne paye qu'une place jusqu'au 11 mai 2008. Je ne sais pas si c'est très bon signe... Quand j'y suis allée, j'ai senti que le public était acquis. Les gens ont beaucoup ri (moi, un peu moins). La pièce n'est pas déplaisante mais elle permet surtout à deux comédiens qui se connaissent bien de se renvoyer la balle. Ils interprètent deux musiciens qui jouent à quatre mains sur un piano depuis vingt ans. Ils partagent le même banc. Toute la pièce se déroule dans un chalet tyrolien à la frontière austro-italienne. Ils doivent répéter leur prochain récital pour le Japon. On ne les voit (bien évidemment) jamais répéter, mais en revanche, suite à un entretien donné par l'un à un journaliste, l'autre a pris assez mal certains propos. C'est l'occasion de s'envoyer des piques et de se dire ses quatre vérités. Pendant ce temps, le banc rétrécit et finit par disparaître (c'est la bonne idée de la pièce). A moins d'avoir déjà envie d'admirer ces deux comédiens seuls en scène, vous pouvez vous dispenser de ce spectacle.

1 mai 2009

Quelques petits avantages liés à mon statut de blogueuse culturelle

Voici pêle-mêle quelques réflexions liées à de nouvelles relations suscitées par mon activité de blogueuse.

Je me vois proposer de plus en plus souvent la réception gratuite ("service de presse" ou autre) de livres. Plusieurs cas de figure: lorsque c'est l'auteur(e) qui me le propose, je trouve cela sympathique: cela semble sous-entendre qu'il/elle fréquente personnellement la blogosphère, a lu mes articles, a peut-être jugé à la lecture de certains, sur des livres qu'il/elle connaît, que le sien peut me plaire (je rêve peut-être!). Lorsque c'est une attachée de presse d'une Maison d'édition, j'ai un peu plus de réticence: je ne suis pas sûr que le livre me plaise, je ne l'aurais pas forcément acheté, et je crains l'obligation de le lire, et surtout de rédiger un billet dessus même s'il ne m'a strictement rien donné envie d'écrire... N'aimant pas les contraintes, je préfère donc quand il est poliment dit "vous n'êtes pas obligée de faire un billet si vous ne l'avez pas aimé", ou s'il est précisé qu'il n'y a aucun délai imposé!
Enfin, la meilleure méthode à mon avis (plus subtile), c'est lorsque la personne qui vous contacte vous propose le choix de recevoir un seul titre parmi plusieurs énumérés: cela est une manière élégante de nous engager, puisqu'on effectue nous-même un choix.

En ce qui concerne le cinéma, tout dernièrement, j'ai assisté sur invitation de Jérôme (Cinefriends / Cinefeed) à une avant-première de Looking for Eric, le dernier Ken Loach, qui sortira le 27 mai 2009 (et qui est sélectionné à Cannes). Il a bien été précisé que la salle était remplie de membres de la blogosphère qu'il avait invités. Petite suggestion: prévoir des badges, la prochaine fois? (je plaisante). J'ai déjà vu quelques billets fleurir; pour ma part, je préfère attendre que la date de sortie officielle soit plus proche, mais je le chroniquerai en son temps [chroniqué le 09/05/2009]. Comme je l'ai déjà raconté, j'allais déjà à des avants-premières avant d'être blogueuse (grâce à ma carte UGC illimitée, ou en les repérant dans mon Pariscope). Mais, lorsque je suis invitée en tant que blogueuse (et Jérôme a cité la régularité de mes billets), ça me fait vraiment plaisir.

Ces derniers temps, de plus en plus de sites-"portails" me proposent de faire un lien depuis leur site vers mes billets (en y affichant seulement les premières lignes, comme chez critico-blog). En général, je donne l'autorisation pour autant que cela n'implique aucune action de ma part, et après avoir vérifié le contenu du site (par exemple, pour un site parlant de la mode ou de la bourse, je ne vois pas le rapport avec mes billets "culturels").

Enfin, à part les livres et le cinéma, j'ai aussi reçu quelques objets. Notamment, une sorte d'agenda pour filles, qu'il faudrait que je finisse par expertiser et chroniquer, car on me l'a envoyé il y a déjà plusieurs mois. Allez, ce premier mai, il est temps de me mettre au travail...

PS: le commentaire d'Aifelle ci-dessous me rappelle aussi que Chez les filles m'a envoyé le DVD de Valse avec Bachir (que j'avais vu au cinéma, cf. mon billet du 13/07/08).

13 avril 2009

Frozen River - Courtney Hunt

Frozen River de Courtney Hunt est un film que j'ai vu tardivement après sa sortie. Je voulais le voir (parce que l'on m'en avait dit beaucoup de bien). Et en effet, je vous le recommande pour lors de sa sortie en DVD ou sur une chaîne cablée. Il a été tourné en numérique par une réalisatrice qui nous met tout de suite dans l'ambiance d'un paysage enneigé. Cela se passe aux Etats-Unis à la frontière canadienne. Une femme, Ray Eddy, qui vient d'être "plaquée" par son mari, survit tant bien que mal dans un mobile-home vétuste avec ses deux garçons, l'un encore très jeune et l'autre "post-ado". Ray a du mal à joindre les deux bouts en travaillant à mi-temps dans un drugstore. Le mari s'est enfui avec l'argent qui devait servir à acheter une nouvelle maison sur roues. Nous sommes dans l'Amérique "d'en-bas" chez ceux qui doivent se battre pour vivre. Suite à sa rencontre avec une indienne de la réserve voisine, Ray se retrouve à "passer" des clandestins dans le coffre de sa voiture des clandestins en roulant sur la rivière gelée qui sépare le Canada des Etats-Unis (Frozen river). Elle veut regagner l'argent disparu. C'est une combattante. Rien ne l'effraie. La réalisatrice suit l'actrice, Melissa Leo (Ray Eddy), qui porte le film du début à la fin. Grâce au numérique, le rythme est alerte. C'est une autre façon de faire du cinéma mais qui convient bien au sujet.

15 avril 2009

Blog en pause pendant quelques jours...

...pour cause de vacances de Pâques sans internet à proximité. Je reviendrai le 23 avril (2009!). Je vais avancer dans mes lectures, voir quelques films et profiter du bord de mer au Pays Basque. J'ai besoin de m'aérer le corps et l'esprit (et ma dernière "pause internet" remonte à septembre 2008!). A bientôt.

PS : n'hésitez pas (vous qui passez par mon blog) à me laisser un p'tit com et à aller faire un tour chez "mes" "blogueurs fidèles" dont la liste se trouve à droite de l'écran. Je vous assure que cela fait toujours plaisir.

9 avril 2009

Frost-Nixon - Ron Howard

Je suis allée Frost/Nixon de Ron Howard, le jour de sa sortie en salle, mercredi 1er avril 2009. Je ne savais pas trop quoi voir d'autre; je ne l'ai pas regretté, j'ai même beaucoup aimé. J'ai découvert ce "face-à-face" dont je n'avais jamais entendu parler. Suite à l'affaire du Watergate en 1974, Nixon a "démissionné" de ses fonctions de Président des Etats-Unis. Dans l'oeuvre de fiction, qui a d'abord été une pièce de théâtre et maintenant un film, David Frost, un Anglais, anime des émissions en Australie (pas très prestigieuses pour un journaliste). Dans le film, quand l'histoire débute, c'est Frost qui a l'idée d'interviewer l'ex-Président déchu. Il y arrive en faisant une avance de fonds importante afin de convaincre l'entourage de Nixon. Au bout du compte, nous avons quatre entretiens qui sont enregistrés avec des interruptions de plusieurs jours voire de plusieurs semaines entre chacun. Chaque entretien porte sur un thème particulier, dont le Vietnam et, bien entendu, l'affaire du Watergate. Les deux comédiens principaux, Michael Sheen (qui joue Frost, et qui était déjà très brillant dans le rôle de Tony Blair dans The Queen de Stephen Frears) et Frank Langella (Nixon) sont remarquables. Ils ont joué au théâtre le texte de la pièce. De facture classique, ce film est très bien fait avec un dialogue intelligent. Certains échanges verbaux montrent comment on peut destabiliser un adversaire rien qu'avec des mots. Le point culminant ("climax" comme on dit en anglais) du film se passe la nuit juste avant LE dernier entretien traitant du Watergate. Là, tout bascule. Je recommande vivement ce film. Ceci dit, dans la réalité, David Frost est quelqu'un d'une autre trempe (il semble qu'il ait accepté qu'une fiction soit tirée de l'épisode réel, sans intervenir dessus). D'ailleurs, dans la réalité toujours, je ne pense pas que Nixon aurait accepté d'être interviewé par n'importe qui.

25 mars 2009

La journée de la jupe - Jean-Paul Lilienfeld

Comme beaucoup de blogueurs (Diane_Selwyn, Edisdead, Heavenlycreatures, PierreAfeu, PL, Angelica, Armelle ... [liste non exhaustive!]), j'ai vu ce (télé)film (qui sort en salle aujourd'hui, mercredi 25 mars 2009). D'ailleurs, est-ce un film ou un téléfilm? Je ne connais pas la différence (à part peut-être les moyens techniques). Personnellement, je ne savais pas que La journée de la jupe se donnerait sur Arte en avant-première. Je ne sais vraiment pas quoi en penser et ce que le réalisateur a voulu dire. Adjani est vraiment bien et les jeunes comédiens aussi. L'histoire aurait été vraiment excellente si tout s'était concentré en un huis-clos étouffant avec la prof armée d'un côté et les élèves de l'autre. Car il faut voir Adjani essayant de parler de Jean-Baptiste Poquelin (dit Molière) avec un pistolet, et d'autres scènes de ce type. Là où le bât blesse, c'est que tout est exacerbé: les relations élèves/professeur, le RAID en place, la ministre odieuse, les parents pas très présents. Dès que la tension dramatique s'installe entre la prof et les élèves, le réalisateur sort de la salle et passe à autre chose. On peut bien évidemment penser à réduire le film à un Entre les murs qui tourne vraiment mal. J'étais devant mon poste vendredi soir 20 mars en me disant que j'en aurais un de moins à voir au cinéma (je sais, c'est une mauvaise raison), et puis la bande-annonce m'avait donné envie. Est-ce que mon impression aurait été la même sur grand écran? Je l'ai vu sans déplaisir aucun, mais au bout du compte, je n'en retire pas grand-chose. On peut demander quel est l'intérêt de sortir le film en salles tout de suite après l'avoir diffusé à la télé (2 millions de téléspectateurs quand même). Ce n'est pas sûr qu'il fasse autant d'entrées au cinéma.

15 mars 2009

Welcome - Philippe Lioret

Les critiques pour Welcome de Philippe Lioret sont élogieuses et c'est assez mérité. Nous sommes à Calais, pas loin du tunnel sous la Manche. Chaque jour, des centaines d'immigrants essayent par tous les moyens d'entrer en Angleterre. Ils viennent de pays en guerre comme l'Irak, l'Iran, etc. Je commencerai par dire que Welcome (bienvenue) est le mot tissé sur le paillasson d'un habitant raciste et intolérant (humour noir) qui ne se gêne pas pour dénoncer son voisin de palier car ce dernier abrite des clandestins. Un jeune Kurde, Bilal, 17 ans, vient de faire 4000 km à pied ou par d'autres moyens pour rejoindre la jeune fille qu'il aime à Londres. Il touche presque au but. Mais là, à Calais, il ne peut pas aller plus loin. Les camionneurs (passeurs pour l'occasion) demandent de grosses sommes d'argent. Et c'est, de toute façon, souvent peine perdue, car la police et les chiens font des contrôles permanents et arrêtent ces clandestins dont Bilal. Menotté, il passe devant un juge peu amène qui le fait relâcher car Bilal est mineur et vient d'un pays en guerre. Qu'à cela ne tienne, il décide de prendre des cours de crawl pour traverser la Manche. C'est à cette occasion qu'il rencontre Simon (Vincent Lindon), maître-nageur dans une piscine et en instance de divorce. Sa future ex-femme fait partie des bénévoles qui aident les clandestins en leur apportant à manger. Simon, lui, est dans le cas de ces gens qui prennent conscience du problème et veulent aider les clandestins qui errent sans but. Quand ils sont pris ou dénoncés, les Calaisiens sont punis de fortes amendes ou passibles de prison. Depuis la sortie du film, c'est le sujet de polémique dont on parle dans les journaux: les lois répressives contre ceux qui aident les clandestins. Il est certain que depuis la fermeture du centre de Sangatte, on ne parle pas (ou peu) de ces migrants sans papiers. Le problème reste insoluble. Concernant le film, Vincent Lindon est vraiment bien. Après Pour elle (mon billet du 15/01/09), il continue à bien choisir ses rôles. Il donne beaucoup d'humanité à son personnage. Les deux jeunes qui jouent Bilal et Mina sont des non-professionnels remarquablement dirigés. Je ne raconterai pas la fin mais quand le générique de fin a démarré, un spectateur a dit tout haut: "ce n'est vraiment pas gai". C'est une oeuvre à voir qui ne peut qu'amener des débats. L'Administration française et la France, "terre de liberté et de fraternité", ne sont pas décrites sous leur meilleur jour.

9 avril 2008

Le village de l'Allemand - Boualem Sansal

Le village de l'Allemand de Boualem Sansal (Editions Gallimard) vient d'être récompensé du prix RTL - Magazine Lire. Je voudrais convaincre tou(te)s les lecteurs et lectrices d'acheter ou d'emprunter ce magnifique roman, inspiré d'une histoire vraie. Je l'ai lu d'une traite et j'en suis sortie émue. Très bien écrite, la structure de l'histoire se résume dans le sous-titre: le journal des Frères Shiller, Malrich et Rachel dont on lit les journaux en alternance. L'histoire commence en octobre 1996, Rachel (contraction de Rachid et Helmut) Schiller s'est suicidé au gaz, 6 mois auparavant. Son frère cadet Malrich (contraction de Malek et Ulrich) veut savoir pourquoi. Autant Rachel a fait de brillantes études, a trouvé un travail bien rémunéré et s'est marié, autant Malrich, de 14 ans son cadet, vit dans une banlieue "difficile", n'étudie pas vraiment et n'a pas de but dans la vie. Le père, Hans, né Allemand en 1918, ingénieur chimiste devenu SS, a été l'un des maillons de l'extermination des Juifs d'un camp d'extermination à l'autre. Après la guerre, grâce à des appuis, Hans se retrouve en Egypte pour arriver enfin en Algérie où il s'installe au début des années 60. Il devient Algérien sous le nom de Hassan Hans, se convertit à l'islam, se marie et a ses deux fils qu'il envoie en France parce qu'on y vit mieux. Hans est assassiné le 24 avril 1994 avec sa femme Aïcha, nous sommes en pleine période de terrorisme islamique en Algérie, c'est une guerre sans nom. Rachel qui a appris ce drame par la télé, sans en parler à son frère, décide de savoir ce qui s'est passé. S'étant rendu en Algérie, Rachel récupère une vieille valise dans laquelle des documents mettent en lumière le terrible passé de Hans Schiller. Désespéré, Rachel abandonne sa vie rangée (travail, épouse, etc), pour mener une enquête qui le mènera jusqu'à Auschwitz. Il se met à écrire son journal, qu'il lègue à son frère après sa mort. Malrich est bouleversé à son tour par ce qu'il lit. Au fil de l'histoire, il y a aussi des descriptions qui montrent la dure réalité algérienne et l'oppression qui y règne et la vie des Algériens dans les banlieues françaises. Boualem Sansal fait certains raccourcis abrupts avec l'Allemagne nazie. En tout état de cause, j'affirme que Le village de l'Allemand est un des grands livres de l'année.

7 mars 2008

Opération Jupons - Blake Edwards

Si vous vous sentez triste ou le moral dans les chaussettes, je peux vous prescrire un remède efficace parmi d'autres : le visionnage d'Opération Jupons (Operation Petticoat) de Blake Edwards (1959) avec Cary Grant et Tony Curtis (cité dans mon billet du 26/10/2007). Ou comment, pendant la seconde Guerre Mondiale, un sous-marin américain, le "Sea tiger" (pratiquement coulé dans le Pacifique dès les premiers jours de la guerre américano-japonaise, et renfloué en catastrophe) et son équipage de sous-mariniers, vont se trouver à recueillir cinq charmantes infirmières de l'armée, et les conséquences qui s'ensuivent. Comment ce même sous-marin, faute de peinture grise, sera peint du plus beau rose. On apprend à réparer un sous-marin avec les moyens du bord : un volant, des siphons de lavabos, etc. Cary Grant, commandant du sous-marin, fait face aux situations les plus farfelues avec un flegme tout britannique. Tony Curtis, officier d'intendance, est le "roi de la débrouille": c'est lui qui arrive à subtiliser tout ce qui est nécessaire au bon fonctionnement du sous-marin, qui a décidément beaucoup de problèmes au niveau du moteur. Et enfin, on apprend comment, grâce à des dessous féminins, un sous-marin est épargné lors d'un grenadage. C'est drôle et enlevé. Un moment de plaisir.

23 janvier 2009

Il divo - Paolo Sorrentino

Il divo, masculin de "La Diva", c'est Giulio Andreotti (aussi surnommé l'Inoxydable, le Sphinx, Il gobetto [le joli Petit-Bossu], Belzebuth, le Renard, le Moloch, la Salamandre, le Pape noir, l'Homme des ténèbres), homme politique italien qui a régné sur la Péninsule pendant un demi-siècle en tant que président du conseil (il a été nommé sept fois à ce poste, qui échoit au chef du parti ou de la coalition majoritaire). Le réalisateur a trouvé l'acteur qu'il fallait pour incarner Andreotti en la personne de Toni Servillo. Il est grandiose, Toni Servillo, que j'ai découvert dans Gomorra. Pour incarner son personnage, il porte des lunettes, il a les oreilles décollées et l'air engoncé, et quel plaisir de l'entendre dire son texte. Dans une scène, il récite un monologue comme s'il était sur une scène de théâtre: les spots s'allument et on est complètement captivé par cette langue italienne dite par la voix doucereuse de l'acteur. Les reparties sont souvent drôles: quand il dit, par exemple, que Dieu ne vote pas mais les prêtres si. Je n'ai rien révélé de l'histoire, assez irracontable car, à moins d'être familier de la vie politique italienne des 50 dernières années, on ne comprend pas forcément les tenants et les aboutissants. Ce n'est pas bien grave puisque la forme du film est aussi importante que le fond. Pour la petite histoire, on apprend qu'Andreotti souffre de migraines terribles qu'il soigne par acupuncture ou par un médicament qu'il essaie de faire commercialiser (en vain). Le personnage a donc aussi ses faiblesses. Sa femme est toujours à ses côtés ou pas loin. Les personnes qui entourent Andreotti sont présentés au fur et à mesure. Pour ce faire, leur nom et fonction apparaissent en rouge sur l'écran dès qu'ils sont à l'image. L'histoire se passe au moment où Andreotti est accusé de collusion avec la mafia, et d'être en partie responsable de la mort d'Aldo Moro (de l'avoir laissé exécuter), du Général della Chiesa, d'un journaliste. Il échoue à l'élection au poste de Président de la République italienne. Il est traduit en justice, condamné à une lourde peine, puis relaxé. C'est un film que j'ai vu deux fois. La première fois, j'avais loupé les  cinq premières minutes (elles sont importantes comme toutes les autres). Je suis prête à y retourner une troisième. C'est totalement jubilatoire! Et cela donne envie de mieux connaître la politique italienne de ces dernières années. C'est un véritable roman. Andreotti, 90 ans cette année, n'a pas apprécié le film, et c'est dommage car je trouve que son personnage n'est pas négatif. Comme on l'entend à un moment donné, les gens ne sont ni des anges, ni des démons. Lui, il est aussi humain que les autres. C'est un des coups de coeur de ffred.

16 décembre 2007

Suite à It's a free world... - Questions / Réponses à Ken Loach

Suite à mon billet du 15/12/07, j'ai trouvé intéressant de faire un résumé sur la séance questions / réponses avec le réalisateur qui a suivi la projection du film It's a free world... (très applaudi). Ken Loach a répondu avec une grande simplicité, pendant presque une demi-heure, aux quelques questions posées (6 ou 7). Ne parlant pas le français, ses réponses étaient traduites. En préambule, je dirais que ceux qui ont posé les questions n'étaient pas forcément les plus enthousiastes après avoir vu le film : peut-être le traitement du sujet a-t-il gêné? La preuve en est qu'une jeune femme, trouvant que la vision de Ken Loach était pessimiste sur le monde du travail, a demandé pourquoi choisir une femme pour incarner le personnage principal. Ken Loach a répondu que c'était l'originalité du film, il a montré que les femmes étaient aussi capables que les hommes de faire ce travail et d'avoir cette attitude de personne sans état d'âme. Il a évoqué Margaret Thatcher pour la dureté dans son comportement. Suite à une autre question, à savoir pourquoi raconter l'histoire du point de vue des exploiteurs, et non des exploités, Ken Loach a redit que c'était justement une autre façon originale de traiter ce sujet. D'ailleurs, pour trouver des sujets de films, il travaille en étroite collaboration avec son scénariste Paul Laverty (qui vit à Madrid). Ils ont l'habitude de se parler longuement au téléphone. Et Ken Loach lit régulièrement les journaux. En ce qui concerne It's a free world..., il a étudié de nombreux témoignages. On a senti que Ken Loach est désabusé sur le parti actuellement au pouvoir en Grande-Bretagne. Il dit qu'il faut changer le gouvernement. Dans une dernière question, on lui a demandé s'il allait au cinéma, et quel genre de film il aimait voir. Il n'a pas répondu en détail, mais le dernier film français qu'il avait vu était La Graine et le Mulet. Je dirais que ce genre de séance questions / réponses entre un cinéaste et des spectateurs est intéressante et enrichissante. Il devrait y en avoir plus souvent. Merci M. Loach. Comme je l'ai déjà dit : allez voir le film, on ne l'oublie pas.

12 septembre 2007

Ceux qui restent - Anne Le Ny

Ceux qui restent de Anne Le Ny est le premier long métrage de cette réalisatrice qui est aussi actrice. Dans le film, elle joue le rôle de la soeur de Vincent Lindon. Ceux qui restent ce sont Bertrand Lievain (V. Lindon) qui rencontre Lorraine Gregeois (Emmanuelle Devos) dans un hôpital. Leurs conjoints respectifs sont hospitalisés en cancérologie. On ne verra jamais les deux personnes malades. Toute l'attention de la cinéaste se porte sur Bertrand et Lorraine. Lui, professeur d'allemand, vient à l'hôpital tous les jours en transport en commun. Elle, graphiste, vient en voiture. Ils se disent des banalités autour d'un café ou en achetant des magazines au kiosque à journaux de l'hôpital. Lorraine n'est pas à l'aise de venir, elle se déteste d'être comme cela. Elle ne supporte ni la maladie, ni l'hôpital. Bertrand a des problèmes relationnels avec sa belle-fille de 16 ans. Cette dernière n'accepte pas la maladie de sa mère. Bertrand et Lorraine se rapprochent. C'est surtout elle qui est le moteur de leur relation. A un moment donné, elle lui dit que si elle continue ses visites à l'hôpital, c'est pour avoir l'occasion de le rencontrer, lui. La réalisatrice dans un entretien publié dans le dossier de presse (acheté à la librairie Ciné Reflet, cf. mon billet du 20/05/07) dit "qu'elle aime beaucoup le film de David Lean, Brève rencontre. Elle s'est demandée: qu'est-ce qui ferait qu'aujourd'hui, vue l'évolution des moeurs, une histoire d'amour comme celle-là serait toujours impossible ?". Elle a choisi des personnes ordinaires; la passion va leur tomber dessus. Leur vie sera chamboulée. Mais il n'y a pas d'issue. Le film est pudique, pas larmoyant. C'est une réussite.

19 septembre 2007

Sudoku

J'ai découvert ce jeu, Sudoku, en même temps que tout le monde. Le sudoku, j'en fais quand je n'ai pas envie de lire dans les transports en commun, ou dans mon lit. Le nécessaire du parfait petit "sudokuiste" se compose d'un crayon à papier et d'une gomme. A force d'en faire, je me suis bien améliorée. Sudoku, c'est 9 grilles avec 9 cases par grille et 9 chiffres de 1 à 9 avec une solution unique par case. Ma technique est que pour chaque case, on élimine les chiffres les uns après les autres. Il en reste un, on l'inscrit. C'est comme dans Sherlock Holmes, c'est un jeu de déduction. Toutes les possibilités sont éliminées, il reste le probable. Plusieurs niveaux de difficulté existent : de débutants à diaboliques. La difficulté est fonction de combien et où les chiffres sont préimprimés. Il faut quand même se méfier, car si on n'y prend pas garde, on devient "accro". Mais bon, chacun fait ce qu'il veut.

4 décembre 2007

Le roi des Juifs - Nick Tosches

Paru en 2006 aux Editions Albin Michel, Le Roi des Juifs est le deuxième roman de Nick Tosches publié en français (après la Main de Dante). Il s'agit d'un roman foisonnant dont le point de départ est un homicide commis sur un homme, Arnold Rothstein, en novembre 1928. Personnage ayant réellement existé, Arnold Rothstein a été, entre autre, banquier de la pègre new-yorkaise dans les années 20. Son Dieu, c'était l'argent qu'il savait admirablement faire fructifier. Ce personnage sert de prétexte à Nick Tosches pour faire des rappels historiques sur l'origine des populations qui ont peuplé la partie sud-est "Lower East Side" de Manhattan. Au 19ème siècle un grand nombre de Juifs d'Europe centrale ont émigré vers les Etats-Unis. La famille d'Arnold Rothstein est issue de cette immigration. Nick Tosches en dresse la généalogie et si nous, lecteurs, on se noie de temps en temps dans cette énumération des membres de cette famille ou dans la description des lieux, lui ne perd jamais le fil de ce qu'il raconte. Si ce n'est qu'il saute souvent du coq à l'âne en évoquant des personnages politiques ou mafieux new-yorkais qu'il égratigne assez durement, dont certains que je ne nommerai pas. En fin de compte, il faut attendre la dernière page pour apprendre que le meurtre n'a jamais été résolu. On ne sait pas qui a tué Arnold Rothstein mais c'est sans importance vu que ce n'est plus vraiment le sujet du livre. Tous les protagonistes qui ont gravité autour d'Arnold, dont son ex-femme, ont disparu sans laisser de traces. Même si, comme je l'ai déjà dit, on se perd un peu dans la description des nombreux personnages (il m'est arrivé de revenir en arrière pour tout bien situer), j'ai pris énormément de plaisir à la lecture de ce roman (le deuxième à tomber des 25 recensés dans ma PAL - voir mon billet du 24/10/07).

29 novembre 2007

Bijoux de la comédie américaine (1)

J'ai décidé de faire trois billets d'affilée sur des comédies vues en DVD.
Je commence par
L'adorable voisine (Bell, Book and Candle) de Richard Quine, où l'on apprend que les sorciers existaient avant "Harry Potter" et "Ma sorcière bien aimée". Tourné la même année (1958) que Sueurs Froides (Vertigo) d'Alfred Hitchcock, ce film reforme le couple Kim Novak / James Stewart. Jack Lemmon, Elsa Lanchester (Mme Charles Laughton à la ville) et Philippe Clay (dans un petit rôle musical) complètent la distribution de cette oeuvre délicieuse qui se passe à New-York. Gill (Kim Novak), qui tient un magasin de sculptures et masques africains, a comme voisin Shep Henderson (James Stewart). Le compagnon de Gill est un chat siamois appelé Pyewacket. Elle ne peut ni tomber amoureuse, ni rougir, ni pleurer, car elle est sorcière. Elle aimerait bien séduire Shep sans se servir de sortilèges. Toutefois, apprenant qu'il va se marier, elle se sert de son quadrupède pour ensorceler Shep, allergique aux poils de chat. La fiancée, ancienne camarade de classe de Gill, passe un mauvais quart d'heure dans une "boîte à jazz" appelée "le Zodiaque", repaire de tous les sorciers de New-York. Nicky, le frère de Gill (Jack Lemmon), y joue du "tam tam", et Philippe Clay y chante. Ce qui doit arriver, arrive: Shep tombe amoureux de Gill mais rien n'est simple pour une sorcière qui, elle, ne peut pas aimer. Là, bien sûr, je ne vous raconterai pas la fin. Kim Novak avec sa belle voix grave est absolument charmante. James Stewart est impeccable, comme d'habitude. Les sortilèges sont lumineux ou sont utilisés pour ouvrir des portes. Jack Lemmon, en jeune sorcier tout fou, est touchant et le tout dégage un charme indéniable à nul autre pareil.
Demain, j'évoquerai un film de Michael Gordon.

24 novembre 2007

L.A. Confidential - Curtis Hanson

Je viens de revoir en DVD avec mon ami (qui ne le connaissait pas), L.A. Confidential de Curtis Hanson avec Russell Crowe, Guy Pearce, Kevin Spacey, Danny De Vito et Kim Basinger, sorti en 1997 et vu en salle à l'époque. Certains spectateurs avaient applaudi pendant le générique de fin. Adaptée d'un roman de James Ellroy, l'histoire se passe dans les années 50 à Los Angeles. Oscarisé pour le scénario et pour la meilleure actrice dans un second rôle, ce film est excellent grâce aux acteurs, aux décors, aux costumes et à la musique (tubes de ces années-là). La réalisation est nerveuse sans temps mort. Dans le prologue du film, une voix de speaker au débit rapide comme à la radio narre les dernières nouvelles concernant un certain Mickey Cohen qui trempe dans des histoire louches et qui vient d'être arrêté pour fraude fiscale comme Al Capone. Comme nous avons vu le film en VO, les sous-titres vont tellement vite que l'intrigue paraît un peu compliquée mais au bout du compte on comprend tout. L'enjeu est de découvrir qui reprend les affaires de drogue, de chantage et de prostitution après l'arrestation de ce Mickey. En lice dans l'histoire, des flics ripoux, d'autres intègres, des arrivistes, des prostituées de luxes sosies de stars de l'époque et leur souteneur, et même un journaliste (Danny de Vito) en quête de nouvelles à sensation. Moi qui connaissais déjà l'épilogue en sachant qui étaient les bons et les méchants, je ne me suis pas ennuyée une seconde. 10 ans après, c'est toujours aussi bien.

17 novembre 2007

7h58, ce samedi-là - Sidney Lumet

Je viens enfin de voir la dernière oeuvre de Sidney Lumet, 7h58, ce samedi-là, sortie il y a plus d'un mois en France. J'avais un peu hésité mais j'aurais eu tort de l'avoir manqué car j'ai beaucoup aimé. Le titre original anglais est "Before the Devil knows you're dead" (littéralement Avant que le Diable ne sache que vous êtes mort). Un hold-up minable dans une bijouterie tourne à la tragédie. En effet, une famille est complètement anéantie car deux frères ont la mauvaise idée à cause d'un besoin d'argent pressant de cambrioler la bijouterie familiale. On ne sait pas pourquoi ils choisissent cette option. L'ainé, Andy (Philip Seymour Hoffman), drogué et comptable dérobant de l'argent dans la caisse de l'entreprise où il travaille, a, semble-t-il, un compte à régler avec son père. Il propose à son frère cadet Hank (Ethan Hawke) qu'il n'arrête pas d'humilier, de faire ce casse. Hank, complètement fauché, accepte. Un grain de sable fait de ce hold-up un fiasco complet. Le film est monté dans un ordre a-chronologique: une heure avant le casse, puis 3 jours avant le casse, puis 1 heure après le casse enfin 1 semaine après le casse. Le père des deux frères est interprété par Albert Finney, un peu grimaçant mais convaincant. Le film se termine en point d'interrogation sur ce qu'il advient à l'un des frères. C'est un très bon Sidney Lumet où je ne me suis pas ennuyée une seconde.

25 septembre 2023

La petite - Guillaume Nicloux

Une des raisons d'aller voir La petite de Guillaume Nicloux, un film sorti le 20 septembre 2023, est l'interprétation de Fabrice Luchini qui, pour moi, a trouvé l'un des rôles de sa vie. Il est extraordinaire et très sobre dans un rôle de père et futur grand-père. Joseph (Fabrice Luchini) qui est veuf depuis cinq ans, vit seul dans la région de Pessac. Il restaure des meubles. Un coup de fil inattendu va chambouler sa vie. Il apprend que son fils et le mari de celui-ci sont morts dans un accident d'avion. Les corps n'ont pas été retrouvés. Il doit faire son deuil même s'il était brouillé avec son fils. Sa fille Aude et soeur du défunt est aussi bouleversée que lui. Après les obsèques, Joseph commence à se préoccuper du sort de son futur petit-enfant. En effet, le couple a eu recours à une mère porteuse en Belgique. Les parents du compagnon ne veulent rien savoir sur ce qui va arriver. Après beaucoup de recherches, Joseph arrive à retrouver, à Gand, Rita, la mère porteuse enceinte jusqu'aux yeux, qui est farouche et pas du tout aimable. Elle est déjà mère d'une fille de 9 ans. Après ce qui est arrivé, elle souhaite mettre le bébé (une fille) à l'adoption. Joseph ne l'entend pas de cette oreille. J'ai trouvé ce film touchant, pas mièvre. Face à Luchini, Mara Taquin, qui interprète Rita, est une révélation. Un film que je conseille tout comme Pascale. Selenie est plus réservée. 

20 juin 2023

Fifi - Jeanne Aslan et Paul Saintillan

Je sais que Pascale va me maudire (tant pis) mais j'ai vu Fifi et j'ai été un poil déçue. Les critiques sont bonnes. Et bien j'ai trouvé le film sympathique, mais sans plus. Le film raconte la rencontre improbable d'une fille aux yeux bleus de 15 ans appelée Sophie, que tout le monde surnomme Fifi, et de Stéphane, un étudiant de 23 ans dont le père est dentiste. Cela se passe à Nancy. Fifi vit avec sa famille dans un HLM. Entre sa mère, son beau-père, ses deux soeurs aînées, dont une est jeune maman, et le reste de la fratrie, Fifi n'a pas une vie calme et rangée. Très serviable, elle fait les courses pour sa famille et pour une vieille dame. Elle doit se débrouiller pour trouver de l'argent pour l'achat de cigarettes. Fifi n'est pas une révoltée mais elle n'hésite pas à dérober les clés de la maison de la famille de Jade en sachant qu'ils partaient en vacances. Fifi prend ses aises dans la maison mais elle est vite interrompue car Stéphane, le fils de la famille, arrive inopinément. Il s'étonne à peine de la présence de Fifi. L'acteur Quentin Dolmaire qui interprète Stéphane, et semble être le chouchou de beaucoup de critiques, m'a fait penser au footballeur Dominique Rocheteau jeune. Mais par ailleurs, je me suis dis que son nom me rappelait quelque chose, et en effet, je l'ai vu l'année dernière dans la reprise au théâtre de Lorsque l'enfant paraît d'André Roussin mise en scène par Michel Fau avec Catherine Frot. Personnellement, j'avais trouvé Quentin Dolmaire assez mauvais dans le rôle du fils de la famille. Il jouait faux. Dans Fifi, il est plus crédible dans son personnage et il forme un joli couple avec Céleste Brunquell (Fifi). Les dialogues sont bien écrits. Mais ce n'est pas le film de l'année. Pour l'anecdote et ce n'est pas une bonne nouvelle, nous étions trois, dont moi, dans la salle de province où se projetait le film. Mais ce constat n'a rien à voir avec sa qualité. 

10 septembre 2022

Kompromat - Jérôme Salle

Je me réjouissais d'aller voir un bon thriller français en salle. J'ai vu Kompromat, un thriller français mais pas aussi bon que je le pensais. En effet, je l'ai trouvé bourré d'invraisemblances dans les péripéties qui émaillent le film. Mathieu Roussel vit à Irkoutsk en Sibérie depuis trois mois. Il est le nouveau directeur de l'Alliance française de la ville. Il est marié et a une petite fille Rose. Mais sa femme veut le quitter. Un jour, au moment de l'heure du déjeuner, des coups sont frappés à sa porte et il est menotté, cagoulé et emmené manu militari par des agents du FSB (l'ex-KGB). Il est accusé de pédophilie et d'avoir mis sur Internet des mages péd... fiques. On ne saura pas vraiment ce qui a déplu à certains hommes haut placés, mais toujours est-il qu'on a fabriqué un dossier avec des faux documents compromettants (Kompromat) qui incriminent Mathieu. Avant son procèe, il est mis en liberté surveillé avec un bracelet électronique attaché à la cheville. Mais par chance, Matthieu a trouvé de l'aide en la personne de Svetlana, la belle-fille de l'homme qui l'a fait accuser. Il apprend qu'il risque entre 10 et 15 ans de travaux forcés. La seule solution est l'évasion. Le périple de son évasion va le mener à la frontière mongole puis demi-tour vers Moscou avant d'atteindre l'Estonie. Cela représente des centaines voire des milliers de kilomètres. Il trouve de l'aide partout sauf peut-être à l'ambassade de France à Moscou. L'ambassadeur interprété par Louis-Do de Lencquesaing est particulièment antipathique. En résumé, ça aurait pu être mieux.

14 juillet 2022

La nuit du 12 - Dominik Moll

Parmi les sorties cinéma du 13 juillet 2022, je vous conseille d'aller voir La nuit du 12 de Dominik Moll (le réalisateur d'Un ami qui vous veut du bien [2000] et Lemming [2005]). En guise d'introduction, on nous informe qu'en France, 800 homicides ont lieu par an dont 20% ne sont malheureusement pas résolus. Le film narre une de ces affaires. Tout commence le soir du 12 octobre 2016, à Grenoble, dans un poste de police. On assiste au pot de départ d'un policier qui part à la retraite. Il va être remplacé par un collègue, Yohan Vivès, un jeune homme solitaire qui aime faire du vélo. A Saint-Jean de Maurienne, un peu plus tard dans la nuit, vers 3h, Clara Royer, une jeune femme de 21 ans, quitte un pavillon où elle passait la soirée avec sa meilleure amie. C'est une jeune femme qui semblait heureuse et épanouie. Peu de temps avant d'arriver chez elle à pied, elle se retrouve nez à nez avec quelqu'un dont on ne verra pas les traits. Elle ne semble pas le reconnaître. Il l'attendait sur un banc. Il lui lance un liquide au visage et allume un briquet. Elle s'enflamme. On la voit courir et s'écrouler brûlée vive. La police judiciaire de Grenoble est chargée de l'affaire. Yohan et un de ses collègues, Marceau (Bouli Lanners), commencent à enquêter. Ils découvrent des suspects au fur et à mesure qu'ils fouillent dans la vie de Clara, qui était "une jeune femme pas compliquée, mais pas une fille facile". Le film montre bien que certaines affaires peuvent affecter des policiers de manière profonde, quand, après plusieurs semaines d'investigations, aucune preuve tangible ne débouche sur l'arrestation d'un coupable. Les trente dernières minutes se passent trois ans plus tard, en 2019. Le constat de Yohan devant la juge d'instruction (Anouk Grinberg) est plutôt désabusé. J'ai aimé le ton du film. Le réalisateur prend son temps, mais le rythme est suffisamment soutenu pour que l'on ne s'ennuie pas. Il n'y a pas de scène de trop et le tout est bien interprété. Le film traite du féminicide en filigrane. Je le répète, allez voir ce film qui a été sélectionné hors compétition au dernier Festival de Cannes, en 2022. Lire le billet de Selenie.

9 février 2022

Petite Solange - Axelle Ropert

Petite Solange d'Axelle Ropert commence sur le gros plan d'une jeune fille assise en classe qui semble avoir du chagrin. Quelques mois plus tôt, les parents de Solange, Antoine (Philippe Katerine) et Aurélia (Léa Drucker) fêtent leur 20 ans de mariage. Tout semble idyllique dans la famille Maserati. Antoine tient un magasin d'instruments de musique et Aurélia est comédienne. Solange qui a treize ans s'entend bien avec son grand-frère Romain de 21 ans. Cependant, peu de temps après, Solange entend ses parents se disputer. Le couple se sépare et le monde de Solange s'écroule. Même la maison où elle vit va être vendue. Elle appelle à l'aide son frère qui a pris la poudre d'escampette vers Madrid. Solange perd ses repères et on a de la peine pour elle. Sinon, les parents et même le frère ne sont pas très sympathiques. Ils ne se rendent pas compte que Solange souffre. Le film montre qu'un divorce peut être une tragédie. A la fin du film, Solange fête ses quatorze ans et elle a beaucoup mûri. Jade Springer qui interprète Solange est très bien. J'espère qu'on la reverra dans d'autres films. Lire le billet de Pascale. 

3 février 2022

Les jeunes amants - Carine Tardieu

J'ai hésité à voir ce film sorti cette semaine, n'étant pas forcément une grande fan de Fanny Ardant. Et bien j'aurais eu tort de ne pas y aller, car dès les premières images qui se passent dans un hôpital, je me suis dit que Les jeunes amants allait me plaire. L'essentiel de l'histoire se déroule en 2021. Shauna, âgée de 71 ans (Fanny Ardant magnifique), a été architecte. L'histoire de ces deux personnages débute en 2006, à l'hôpital donc. Shauna veille sur une patiente alitée et c'est là qu'elle rencontre Pierre Escande (Melvil Poupaud, assez craquant), interne dans l'hôpital. Ils échangent quelques paroles et puis Shauna disparaît. Quinze ans plus tard, Pierre, qui a maintenant 45 ans, est marié à Jeanne (Cécile de France, très bien) et il est père de famille. Shauna et lui se revoient en Irlande par l'intermédiaire d'un ami commun. Et à partir de là, quelque chose se passe. Pierre tombe amoureux de Shauna et les sentiments vont bientôt être réciproques. J'ai été très sensible au traitement du sujet: ce n'est pas racoleur, ni gênant, ni mièvre. La scène où Pierre dit à Shauna qu'elle le "bouleverse" m'a émue. Il y a beaucoup de pudeur dans certaines scènes et les acteurs y sont pour beaucoup. Une très belle histoire d'amour. Un film que je recommande. 

21 août 2021

BAC Nord - Cédric Jimenez

BAC Nord, un film français qui est sorti le mercredi 18 août 2021, évoque la vie de trois flics, Grégory, Antoine et Yassine. Ils appartiennent à la BAC (Brigade Anti Criminalité) Nord et ils opèrent dans les quartiers nord de Marseille qui ressemblent assez à une zone de combat.
En préambule, on voit Grégory (Gilles Lellouche) en mauvaise posture. Il a été arrêté et on le traite comme un criminel. Quelques mois auparavant, les trois policiers, Grégory un homme seul, Antoine (François Civil) qui a un chien et Yassine (Karim Leklou) futur papa grâce à sa compagne Nora (Adèle Exarchopoulos) traquent en voiture ou à pied des "charbonneurs" (dealers). Parfois il y de la casse (la voiture banalisée est très abîmée). Ils reçoivent des remarques désagréables de leur hiérarchie qui trouve que leurs interpellations coûtent cher à la police alors qu'ils sont censés faire du chiffre. Et pour faire du chiffre, qu'importe les méthodes. C'est ce qui va les perdre même si au départ ils sont couverts justement par leur chef. Ils franchissent la ligne jaune entre ce qu'il est permis de faire ou non. Ils en prennent plein la figure malgré leur réussite dans une opération à grande échelle qui permettra de rafler une grande quantité de drogue (et d'argent). 
La réalisation de Cédric Jimenez est nerveuse sans temps mort. Les trois comédiens principaux sont formidables. J'ai apprécié que les personnages (les policiers) ne soient pas ou tout blanc ou tout noir. Un film que je vous conseille. Lire les billets de Baz'art et Selenie.

18 août 2021

Rouge - Farid Bentoumi

Rouge de Farid Bentoumi, qui est inspiré de faits réels, est très intéressant pour son traitement du sujet: très sobre. Nour Hamadi, une jeune femme infirmière, vient de démissionner de son poste dans un hôpital, suite à un drame dont elle n'est pas totalement responsable. Grâce à son père, Slimane Hamadi, elle est engagée dans l'usine chimique où travaille son père depuis 29 ans. Il est responsable syndical. Il semble que, grâce à lui, l'usine n'a pas encore fermé. Cette usine fait vivre 214 familles. Dès qu'elle prend ses fonctions, Nour constate assez vite qu'il y a des anomalies concernant la santé de certains des ouvriers, dont un n'est pas passé devant le médecin du travail depuis 16 ans. Elle apprend que, dans les années 90, les déchets toxiques (boues rouges) de l'usine étaient déversés dans un lac en pleine nature. Désormais, les mêmes déchets sont enterrés dans des cavités souterraines. Avec les dossiers des ouvriers, elle se rend compte qu'il y a des malades chroniques et deux ouvriers décédés de cancer très jeunes. Avec détermination et avec l'aide d'une journaliste indépendante, Nour doit trouver des preuves pour que la terrible vérité éclate. Elle se met à dos son père, son beau-frère et tous les autres ouvriers. J'ai aimé ce film: même s'il n'a pas la force de films américains comme Dark Waters ou Erin Brokovitch, il remplit son rôle d'informer et de distraire. Lire le billet d'Henri Golant. Je suis d'accord avec ce dernier, Rouge risque de ne pas rester longtemps l'affiche, et donc allez-y.

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