Le blog de Dasola

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26 juin 2026

On a tué pendant l'escale - Franz-Rudolf Falk

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'ai jamais vu le film Le paltoquet (1986), contrairement à dasola, et ce n'est donc pas sa mention en couverture qui m'a amené vers le roman que je présente aujourd'hui. Je l'ai pris en main dans un bac d'occasions il y a quelques mois (avant que s'ouvre le BTEM 3). Vérification faite, il s'agissait bien d'une escale de bateau, et non d'avion. 

Franz-Rudolf Falk, On a tué pendant l'escale, Julliard, J'ai lu Policier N°1647, 216 pages
1986 (DL 1984), copyright Julliard 1973, 1ère éd. 1945 (Philippe de Clinchamp)

 

Une bonne partie de l'histoire de ce texte est contenue dans les deux lignes ci-dessus. Franz-Rudolf Falk est l'un des pseudonymes utilisés par Philippe de Clinchamp quand il a édité dans une collection qu'il dirigeait après-guerre des romans dont il se présentait comme le traducteur de l'allemand. Je n'ai pas lu les quatre autres. 

 

L'escale, c'est celle qu'a faite, comme d'ordinaire, un bateau de "courrier maritime" qui parcourt sa ligne le long des côtes africaines pour y transporter de port en port courrier, marchandises et parfois passagers. Le port sur les côtes africaines qui sert de décor au livre n'est jamais nommé (il est présenté par l'auteur comme "une synthèse de nombreux ports africains qu'il avait hanté"). Dans ce port, quelques voiliers englués dans la vase, des cargos rapiécés... Sur les quais même, une gare et le terminus d'une ligne s'enfonçant dans les terres entre les marais et les dunes de sable pelées... (p.41: "le train du soir était parti, emportant toute la poésie des villes d'Europe dans des ballots de pacotille à l'usage des seigneurs du désert et des chefs de grandes tentes").

 

Les personnages? Ils se retrouvent tous les soirs dans un bar, pour jouer aux cartes et boire dans la chaleur humide (45° à minuit!). Outre le narrateur (dont on apprend au fil des pages que c'est un journaliste dont une partie des revenus provient du monnayage de l'orientation de ses articles et qui a dû changer plusieurs fois d'identité), font partie de ce "club" le professeur, le docteur, l'honorable commerçant en produits coloniaux (alias l'exportateur), et une belle femme, Lotte, "inquiétante et lointaine" (et d'origine indéterminée), que tous reluquent (surtout le narrateur) même si elle se veut inaccessible. On sent que la vie routinière se traîne dans ce port perdu, peut-être aussi stagnante qu'une flaque de cette pluie qui tombe chaque jour... (p.139: "la pluie s'obstinait à vouloir laver la ville. Elle s'aperçut, peu après, que c'était sans espoir. Dans une dernière bourrasque elle y renonça").

 

Arrive au bar le commissaire (p.15): il y a eu une tentative de meurtre, il a besoin du docteur. Finalement, le meurtre (dans la chambre d'un hôtel du "quartier réservé") est avéré, et un indice semble accuser une personne de notre petit groupe. On sait assez vite que le mort était un passager du dernier bateau passé (parti sans lui). Mais pourquoi est-il mort et qui l'a tué, mystère. Là commence l'enquête du commissaire, suivie avec intérêt par nos joueurs de cartes. L'énigme va se prolonger des jours, d'autres bateaux passeront au port (cargo, pétrolier arborant les pavillons produits inflammables et épidémie à bord...) et en repartiront (tandis que le remorqueur y tourne en rond).

 

Le livre dépeint tout au long l'ambiance des lieux, le jeu d'observations, de soupçons successifs et de menaces physiques qui visent tour à tour l'un ou l'autre membre du groupe, les campagnes de presse menées par l'un ou l'autre des deux titres que compte le port. Alors qu'est à quai un long-courrier, il y a un nouveau mort: un des joueurs, cette fois-ci... On ne saura pas trop quelle faute ou quelle disgrâce a exilé le commissaire dans ce trou perdu, mais il s'avèrera bon professionnel pour résoudre les mystères (prétendant - mise en abyme! - que c'est parce qu'il est lecteur de romans policiers). On aura donc assisté à un bref moment de la vie de ce port où les bateaux passent mais où nos personnages semblent englués.

 

Pour ma part, même après avoir lu le livre et obtenu la clé du mystère, je précise que j'ai bien envie de voir le film, d'autant plus que je n'ai trouvé aucun paltoquet dans le roman! Cf. chronique de L'oeil sur l'écran.

 

J'inscris ce billet pour deux challenges, le Book trip en mer (saison 3) chez Fanja, et 2026 sera classique aussi! organisé par Nathalie

 

25 juin 2026

Ulysse - Laetitia Masson

Pendant cette période de canicule (il faudrait trouver un terme plus fort), je vous conseille d'aller au cinéma voir Ulysse, le nouveau film de Laetitia Masson, un film qui met en lumière les difficultés qu'ont les personnes comme Ulysse, un petit garçon souffrant d'une maladie génétique qui l'empêche de se développer, de grandir, de marcher, de lire, d'apprendre et de comprendre normalement afin d'intégrer la société et mener sa vie sans l'aide de personne. Ulysse est aussi l'histoire d'Alice, une maman formidable interprétée par Elodie Bouchez qui met son métier de sociologue entre parenthèses pour se consacrer à Ulysse. Il y a aussi un papa pianiste, Vladimir (très bien interprété par Stanislas Merhar) qui, lui, va fuir aux Etats-Unis même s'il reste en contact. La vie d'Ulysse et de sa maman est une véritable odyssée semée d'obstacles surtout administratifs. Le film n'est pas larmoyant, on garde l'espoir jusqu'au bout qu'Ulysse parvienne à trouver un travail et à trouver sa place dans la société. En effet, on suit la vie d'Ulysse de la naissance jusqu'à l'âge adulte. Rien que pour les acteurs, Elodie Bouchez en tête, le film vaut la peine d'être vu. 

22 juin 2026

Fox - Joyce Carol Oates

Avec Fox (Edition Philippe Rey, 837 pages intenses), la romancière américaine Joyce Carol Oates traite d'un sujet difficile, la pédophilie. Fox, c'est Francis Fox, le nouveau nom d'un certain Frank Farrell. Il s'agit d'un homme de 41 ans, professeur de littérature anglaise dans un collège mixte. Fox, qui déteste Lolita de Vladimir Nabokov, reste rarement plus d'une année dans les établissements scolaires où il enseigne. En avril 2013, il est engagé sous le nom de Francis Fox dans une école mixte privée dans le New Jersey. C'est une école prestigieuse. Fin octobre 2013, on retrouve des restes humains au fond d'un ravin, à côté de la voiture qui appartenait à Fox. Entre ces deux dates, Fox a réussi à pervertir quelques préadolescentes de douze ans (jamais plus ni moins). C'est un prédateur sexuel qui, dans son bureau fermé à clé, attire ses "chatons" qu'il drogue avec de l'ambien (un sédatif hypnotique) mélangé dans des gâteaux qui rendent ses jeunes victimes amorphes et presque endormies. Il aime qu'elles ressemblent aux filles des tableaux de Balthus dans une pose alanguie. Il offre à certaines de ces écolières un carnet sur lequel elles doivent écrire leurs pensées secrètes. Il s'en sert à son profit. Sur son bureau, Fox a un buste d'Edgar Allan Poe avec un corbeau perché sur la tête. Il faut se rappeler que Poe s'était marié avec sa cousine germaine de 13 ans, il en avait 26. Bien entendu, Fox apprécie Poe. Le personnel de l'école ne se doute de rien, sauf Demetrius, le fils d'un homme de ménage de l'école. Fox sait être charmant avec ses collègues et la directrice de l'institution. Les parents des victimes ne se rendent pas vraiment compte non plus de ce qui arrive, sauf que les filles sont perturbées. L'une d'entre elles va jusqu'à fuguer. Fox est assez psychologue pour choisir ses victimes vivant dans des familles dysfonctionnelles ou avec des parents divorcés. Qui a tué Fox? vous le saurez à la toute fin. Je peux vous dire tout de même que l'arme du crime est le buste de Poe et du corbeau. La mort de Fox est horrible, son corps ayant été dévoré en grande partie par des urubus. Mais, au moins, il ne nuira plus à personne. Un roman qui peut ne pas plaire à tout le monde mais c'est un grand roman. 

Grâce à ce roman que j'ai lu il y a plusieurs mois, je participe au challenge les Epais de l'été 2026 organisé par Ta d loi du cine et au challenge Pavés de l'été 2026 organisé par La petite liste/Sibylline.

 

20 juin 2026

Cocotte - György Palfi

C'est Henri Golant qui m'a convaincue d'aller voir Cocotte (Kota en grec) du réalisateur hongrois György Palfi. Ce film greco-germano-hongrois est filmé à hauteur d'une poule noire qui, née dans un élevage intensif, va vivre quelques aventures mouvementées que je vous laisse découvrir. Cette poule n'est pas expressive mais elle caquète. Dès le premier plan du film, on voit en gros plan un oeuf qui sort du cul d'une poule. Puis, dans un plan plus large, on voit des milliers d'oeufs qui vont éclore et donner des milliers de poussins ballottés et triés d'une machine à l'autre dans un élevage industriel. Cocotte grandit dans cet environnement hostile et par un concours de circonstances, elle va réussir à s'en échapper. À partir de là, ses aventures débutent quand elle est menacée par un renard qui aimerait en faire son repas, puis par un aigle avant d'être attrapée par un chien nommé Titan. Complètement tétanisée, elle reprend du poil de la bête dans un poulailler mais elle est violée par un coq (très moche). Elle pond ses premiers oeufs qui lui sont pris tout de suite. Par la suite, elle a le coup de foudre pour un autre coq dans le même poulailler appartenant à une famille de restaurateurs liée à un trafic de migrants. Nous sommes en Grèce, à la frontière turque, avec un paysage idyllique en bord de mer. Mais on reste toujours à hauteur de poule. Le film comporte très peu de dialogues mais les situations sont très explicites. C'est un film que je conseille (mais pas aux jeunes enfants). Il y a des moments violents. Ce long-métrage semble trouver son public et les critiques sont bonnes. Lire aussi le billet de Pascale.

17 juin 2026

Les morts d'avril - Alan Parks

Avec Les morts d'avril, je viens de terminer un des tomes de la série "Harry McCoy" d'Alan Parks paru en français. C'est le quatrième volet de la série: je les ai pour ma part lus dans le désordre. J'avais donc commencé par Mourir en juin, puis Janvier noir, puis L'enfant de février, puis Joli mois de mai, et tout récemment Bobby Mars Forever et donc j'ai terminé avec Les morts d'avril (Edition Rivages/Noir, 489 pages). L'histoire se passe en 1974, du 12 au 22 avril à Glasgow. Une bombe vient d'exploser dans un appartement. Le bilan est un mort, celui qui avait fabriqué la bombe. L'explosion de la bombe est la première d'une longue série. Harry McCoy n'est pas ravi d'être mis sur l'enquête. Il semblerait que ce soit l'IRA qui est responsable mais c'est trop simple. Comme dans les autres romans de Parks, Harry est impliqué dans plusieurs enquêtes en même temps. Il est secondé par Wattie, un policier qui est devenu jeune papa. 

Stewart, un marin Américain à la retraite, croise le chemin de McCoy. Stewart n'a plus de nouvelles de son fils qui est marin sur une base navale américain de Holy Loch près de Glasgow. Le jeune homme a disparu et Stewart demande à McCoy de le retrouver. Les deux enquêtes vont se rejoindre.

Par ailleurs McCoy qui en fait toujours à sa tête continue d'être proche de Cooper, son ami d'enfance, bien que ce dernier soit depuis longtemps impliqué dans le trafic de drogue, la prostitution et bien d'autres choses. Ils sont amis depuis l'enfance. Le roman est aussi passionnant que les cinq autres et j'espère sincèrement que Parks va continuer sur sa lancée. J'attends "juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre".

PS : Pour répondre à l'interrogation d'Alexandra ci-dessous, c'est bien de les lire dans l'ordre pour l'évolution des personnages principaux mais les intrigues policières n'ont pas de connexion entre elles d'un tome à l'autre.

PS2 : Pour corriger le commentaire de DocBird ci-dessous, il y a SIX tomes de parus pour l'instant et non quatre. 

15 juin 2026

La guerre des salamandres - Karel Capek

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis dépêché de finaliser un billet sur cet ouvrage avant de le rendre à la bibliothèque (sans plus de possibilité d'en prolonger l'emprunt...). C'est un titre pionnier dans le domaine de la science-fiction, non dénué de vision politique.

Karel Čapek, La guerre des salamandres, éditions Cambourakis, 2012, 381 pages
trad. Claudia Ancelot en 1960 (EO  en tchèque 1936)

 

Il y a déjà plusieurs mois que j'avais emprunté ce livre dont je me doutais bien, ayant lu quelques billets dessus, qu'il rentrerait dans le thème de la mer. Malheureusement, j'ai remis de semaine en semaine la finalisation du billet en résultant, alors que la lecture de l'ouvrage m'avait plu, de par la variation des thèmes, des personnages, des approches, des modes de narration... C'est vraiment un livre "multiple".

 

Cela commence comme du Jack London (îles des mers du Sud), avec des "indigènes" exploités, moyennant quelques pacotilles de faible valeur, comme main-d'oeuvre au service des "colonisateurs" dans les îles du Pacifique. En fait, c'est un peu plus compliqué que cela: le vieux loup de mer (capitaine Van Toch) qui "crée le lien" n'est pas, rétrospectivement, un personnage si antipathique... comparé à ses successeurs. Et on passe vite du "roman d'aventures" à la satire.

 

Satire sociale, avec la présentation de quelques éléments choisis de la jeunesse américaine, des "fils de famille" qui jettent leur gourme lors d'une croisière en yacht en compagnie de starlettes aux prétentions cinématographiques inversement proportionnelles à leur intelligence (désolé mesdames!). Quand elles font leur "rencontre du troisième type", elles s'avèrent (ces starlettes) moins résilientes que Vivien Leigh dans Autant en emporte le vent...

 

Satire capitaliste (assemblée générale...) lorsque, après la mort du Capitaine qui avait initié le projet de l'exploitation de la salamandre (nous y voilà!) par l'homme, il ne s'agit plus de définir le meilleur accord gagnant-gagnant entre les deux espèces (partenariat artisanal), mais bien d'optimiser la rentabilité financière de la société mise en place à l'échelle industrielle: comment entraîner l'assentiment des actionnaires (chapitre Salamandre syndicats, p.155 et suiv.) pour les investissements nécessaires?

 

Il s'agit de vendre des populations de salamandres comme main-d'oeuvre pour de gros travaux hydrauliques, ce qui est fait, nonobstant les preuves ponctuelles de leur intelligence. Les débats "intellectuels" en découlant m'ont fait songer à la problématique abordée, plus tard, dans le roman Les animaux dénaturés de Vercors (1952). En tout cas, dans La guerre des salamandres, à un moment, il se produit un "point de basculement", pour cause de croissance démographique, où l'homme sur la terre n'est plus le dominateur de la planète. 

 

Car les salamandres, dont la population s'est démesurément accrue, vont revendiquer leurs droits à un "espace vital" côtier... quitte à entamer de gigantesques travaux "contre" ce qui est notre terre ferme. Les explosifs dont les humains leur ont imprudemment appris à se servir leur servent à combattre les flottes de guerre des nations humaines. Sur notre planète, l'Homme en est réduit à devenir le plus petit dominateur commun sur terre (le pouvoir est passé sous la mer), au point que les habitants de fragments d'anciens continents temporairement épargnés se réjouissent d'être devenus îliens... En politique, cela peut symboliser le soulagement lâche de ceux que le crocodile totalitaire mangera en dernier!
Le livre se finit un peu en queue de poisson, ai-je trouvé.

 

J'ignore bien entendu ce qu'il en est dans l'édition originale ou dans d'autres éditions françaises. Mais en tout cas, l'édition Cambourakis a trouvé le moyen de rendre compte typographiquement des éléments "non-littéraires": présentation de la carte de visite du capitaine par-ci (p.45 - je crois que les maquettistes ne se sont pas foulés pour le visuel de "l'ancre de marine", reprise d'éléments "libres de droits" plutôt que création ex nihilo), extraits de journaux et/ou de rapports d'enquête avec des typos différentes et des "trous de classeurs"...  (pp.132-133)

 

 

Pour ma part, je crois que c'est dans la préface d'une oeuvre de Robert Merle lue il y a des décennies que j'avais dû voir citer pour la première fois La guerre des salamandres (sans doute Un animal doué de raison, lu et relu bien des fois mais que je n'ai pas sous la main?).

 

Le côté science-fiction justifie l'inscription de cette oeuvre au 14e challenge de l'imaginaire, organisé par Tornade. Et le côté maritime à la 3e saison du Book trip en mer de Fanja

Oh, allez, tiens, je vais aussi essayer de le faire passer pour la saison 2 du challenge Littératures européennes chez Cléanthe, dont le thème de juin 2026 est "îles". Après tout, cela commence dans une île du Pacifique, et finit alors que le continent européen est en train d'être morcelé par des "invasions de la mer"... 

Comme toujours, l'avantage de lire tardivement une oeuvre "culte" (hop, inscription au challenge 2026 sera classique aussi! organisé par Nathalie...), c'est que l'on peut citer de nombreux blogs (déjà connus ou non!) en ayant déjà parlé.

Voici une liste (non exhaustive! Certains billets mènent à d'autres...) de chroniques dénichées sur la blogoboule: Jenevelle Laclos récemment, Brumes, Patrice (et si on bouquinait), Anne-yes, Keisha, La bouche à oreille, Sacha, Le chien critique, Hugues (du blog collectif Charybde 27)Pativore a vu une adaptation théâtrale

Edit du 16/06/2026: je rajoute le lien vers Fanja qui avait chroniqué le livre il y a 12 ans sans que son billet contienne les mots "mer", "île" ou "côte"!

Edit du 21/06/2026: voici le lien vers le billet de ClaudiaLucia en 2018.

12 juin 2026

L'objet du délit - Agnès Jaoui

Pendant mon récent week-end limousin, je suis allée au cinéma et j'ai vu entre autres L'objet du délit d'Agnès Jaoui, un film qui permet d'écouter beaucoup de morceaux des Noces de Figaro. En effet, le film se passe dans le monde de l'opéra où Igor (Daniel Auteuil), un chef d'orchestre reconnu, va diriger pour une soirée en plein air, dans le sud de la France, l'un des chefs d'oeuvre de Mozart. Agnès Jaoui, en plus d'être la réalisatrice, a écrit les dialogues et le scénario. Dans le film, elle tient l'un des rôles principaux, celui de Hannah Liebmann qui doit chanter le rôle de la comtesse Almaviva. Les répétitions sont un peu houleuses car le baryton qui tient le rôle d'Almaviva semble avoir des gestes déplacés pendant les répétitions. Igor pense qu'il va être mis en cause dans une affaire de harcèlement. La metteuse en scène (Mirabelle), novice en la matière, a du mal à faire accepter sa vision de l'oeuvre. Parmi les décors, il y a des phallus géants noirs et flexibles qui donnent lieu à des moments savoureux. Le thème principal du film est le mouvement #MeToo. Au bout du compte, on ne sait pas si le spectacle se tiendra ou non car des personnages comme Cora (Eye Haïdara) qui chante Chérubin et Sophie (Tiphaine Daviot) qui chante Suzanne sont les plus acharnées contre Piazzoni (Vincenzo Amato) qui joue le Comte Almaviva). Le spectacle est menacé. Je vous laisse découvrir ce qui va se passer. Le rythme du film est enlevé et puis quel bonheur d'écouter Mozart. C'est lui le vrai héros du film.

10 juin 2026

Challenge Les épais de l'été 2026 (4e édition) du 21 juin au 22 septembre 2026

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) lance officiellement l'annonce, avec ce billet, de la quatrième édition du challenge "Les Epais de l'été": pour 2026, il faut lire et chroniquer un ou plusieurs livres, avec comme condition qu'il existe pour chacun au moins une édition comptant un minimum de 750 pages (contre 700 pages en 2025, 650 pages en 2024 et 600 pages en 2023). 

[Challenge Les épais de l'été 2026, organisé chez dasola par ta d loi du cine]
(Logo composé avec l'aide de l'IA - mais toujours par mon collègue, merci!)

 

Je rappelle les règles - que connaissent déjà celles et ceux qui ont participé à l'une et/ou l'autre des trois premières éditions des Epais de l'été.

* Votre billet doit paraître entre le 21 juin et le 22 septembre 2026 et annoncer le nombre de pages revendiquées.

* Ce nombre égal ou supérieur à 750 pages peut concerner une autre édition que celle que vous avez eue entre les mains (y compris édition en gros caractères). Si celle-ci est trop mince, il ne vous restera plus qu'à dénicher sur internet l'existence de l'édition en javanais ou autre dialecte improbable... qui comptera plus de 750 pages, selon un site internet de référence. 

* Le volume peut rassembler plusieurs oeuvres (p. ex., un volume de la Pléiade est bienvenu!).

* Les oeuvres en langue originale sont acceptées (que vous l'ayez lue en traduction ou en VO). 

* Si vous lisez sur "liseuse" voire écoutez en audio livre, nous nous fierons, pour le nombre de pages en édition "papier", à ce qu'indiquent les sites internet "fn*c" ou "am*z*n"...

* À part le nombre de pages, le challenge ne comporte aucune contrainte ni suggestion, ni aucun thème imposé (il peut s'agit d'un ou plusieurs romans, d'une biographie, d'un essai... etc.).

* Il est tout à fait possible, autorisé, voire même conseillé, de faire participer un même billet à plusieurs challenges. Voir colonne de droite pour une liste non exhaustive. Voir aussi Sandrine (qui liste les lectures communes proposées). 

 

* Bien entendu, tout livre s'inscrivant ici est invité à s'inscrire aussi au challenge Les Pavés de l'été chez Sibylline (La petite liste), qui accepte cette année encore les participations à partir de 500 pages (et sans limite supérieure bien sûr). Et vous pouvez lui réserver vos lectures qui, tout en dépassant les 500 pages, n'atteignent pas [même en ayant fait des recherches sur toutes les éditions du monde] les 750. 

 

= Cette année, j'aurais bien aimé proposer aussi un "partenariat" (participations croisées...) à un blogueur que j'avais repéré sur la Toile naguère et dont je sais que, depuis au moins 10 ans, il anime un "challenge illimité" qui répertorie les billets sur des livres de plus de 1000 pages. Malheureusement, je n'arrive pas à retrouver son blog! Si cela vous dit quelque chose, je suis preneur de toute information à son sujet. =

 

* Les inscriptions sont acceptées dès aujourd'hui, mais les premiers billets devront paraître à partir du 21 juin pour être comptabilisables. 

* Les parutions de billets seront à mentionner par commentaire sous ce billet-ci. 

* Bien entendu (bis!), n'hésitez pas à aller lire et même commenter les billets des autres participant(e)s! 

* Les chroniques postées uniquement sur les plateformes monopolistiques que sont b*b*lio, livr*ddict et autres b**knode ne sont pas acceptées. Pourquoi ne pas aller "squatter" pour publier votre billet chez l'un ou l'autre blogueur-euse de votre connaissance (cela arrive à des gens très bien...)? Ça peut aussi permettre de se motiver pour des lectures communes, pourquoi pas?

* Je n'utilise pas (ni ne prends donc en compte) Inst*gr*m ni f*c*b**k.

 

Rappel des bilans précédents:

En 2025: 72 "épais" d'au moins 700 pages (dans 71 billets) pour 67 094 pages, par 30 participant(e)s, avec 64 livres différents, par 60 auteurs ou co-auteurs. 

En 2024: 75 "épais" (d'au moins 650 pages) pour 62 012 pages, par 32 participant(e)s, avec 65 livres différents, par 62 auteurs ou co-auteurs.

En 2023: 106 "épais" (d'au moins 600 pages) pour 79 164 pages, par 34 participant(e)s, avec 92 livres différents, par 77 auteurs ou co-auteurs. 

Et en 2026? On verra bien!

 

Pour mémoire, Brize avait assuré onze éditions de son challenge Le pavé de l'été (2012-2022), ne souhaitait pas le poursuivre en 2023, mais en avait accepté la reprise par d'autres blogueurs... Merci à elle!

 

Nota: autant anticiper l'hypothèse où l'on aurait cet été maille à partir avec le fonctionnement estival de la plateforme canalblog (facteur non maîtrisable): si vous n'arrivez vraiment pas à déposer un commentaire ici, vous pourrez l'envoyer par mail à :


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Inscriptions [27 (datées) déjà dans la blogroll pour la plupart], objectifs annoncés à venir (17 pour 13 783 pages, par 12 participant(e)s) & participations publiées (avec nombre si plus d'un billet) [31 "épais" (dans 31 billets) pour 30 949 pages, par 15 participant(e)s, avec 29 livres, par 25 auteurs (avec date de publication du billet)]: 

* Alexandra (21/06/2026): Antonio Garrido - Le lecteur de cadavres [24/07/2026 - 768 pages] 

* Aliénor (13/06/2026)

* Anne-yes (13/06/2026): Jonas Gardell - N'essuie jamais de larmes sans gants [22/06/2026 - 832 pages]

* Athalie (10/06/2026), 2 livresBenjamin Dierstein - Bleus, blancs, rouges (Sombre France, tome 1) [05/08/2026 - 960 pages] - Barbara Kingsolver - On m'appelle Demon Copperhead [12/08/2026 - 864 pages] 

* Audrey (Light and Smell) (10/06/2026)

* Belette2911 (13/06/2026), 11 livres [je la comptais parmi les "objectifs" pour un premier "forfait" de 10 volumes au moins - mais elle va continuer! Déjà 110%...]: Jay Kristoff - L'aube obscure (Nevernight, tome 3) [10/07/2026 - 895 pages] - Karine Giebel - Glen Affric [15/07/2026 - 768 pages] - Greg Iles - L'Homme du Sud (Penn Cage, tome 7) [19/07/2026 - 1312 pages] - Ed McBain - 87e District (Intégrale, tome 1) [21/07/2026 - 864 pages] - Jean-Christophe Grangé - Les promises [22/07/2026 - 800 pages] - Eric Stanley Gardner - Perry Mason (Intégrale, t.1) [25/07/2026 - 981 pages] - Ken Follett - Un monde sans fin (Kingsbridge, tome 3) [03/08/2026 - 1360 pages] - George R.R. Martin - Le trône de fer (Intégrale, tome 2) [08/08/2026 - 1248 pages (version illustrée)] - Joe Abercrombie - Haut et court (La première loi, tome 2) [12/08/2026 - 755 pages] - Benjamin Dierstein - L'étendard sanglant est levé (Sombre France, tome 2) [05/08/2026 - 914 pages] - Greg Iles - L'arbre aux morts (La trilogie du Mississipi, tome 2 / Penn Cage, tome 5) [23/08/2026 - 1152 pages] 

* Caro [Choup] (26/06/2026)

* Claudialucia (13/06/2026): George Sand - Histoires de ma vie [16/08/2026 - 1664 pages]

* Dasola (14/06/2026), 2 livres: Joyce Carol Oates - Fox [22/06/2026 - 847 pages] - Laurent Mauvignier - La maison vide [27/06/2026 - 752 pages]

* Dviolante (12/06/2026): Mariam Petrosyan - La maison dans laquelle [1088 pages]

* Eimelle (10/06/2026)

* Enna (27/07/2026): peut-être deux livres

* Ingannmic (23/06/2026), 2 livres: Karl Marlantes - Faire bientôt éclater la terre [28/06/2026 - 1152 pages] - Nathan Hill - Bien-être [12/07/2026 - 800 pages]

* Keisha (14/06/2026), 2 livres: Kathryn Stockett - Le Calamity Club [10/07/2026 - T.1 & T.2 de 864 pages chacun (en grands caractères)] - Ed McBain - 87e District (Intégrale, tome 5) [17/08/2026 - 1182 pages] - Victor Hugo - Les Misérables

* MHF (21/06/2026)

* Michel Tabras (28/06/2026): Valérie Perrin - Trois [761 pages] - Iain Pears - Le cercle de la croix [916 pages]

* Miriam (07/07/2026): George Eliott - Middlemarch [20/07/2026 - 1152 pages]

* Nanou (07/07/2026): Joyce Carol Oates - Fox [28/07/2026 - 847 pages]

* Nathalie (14/06/2026)

* Sacha (19/06/2026)

* Sandrion (15/06/2026), 2 livres: Søren Sveistrup - Cache-cache [23/06/2026 - 800 pages (en Poche, à paraître le 30/09/2026...)] - Nino Haratishwilli - La lumière vacillante [13/07/2026 - 800 pages]

* Sunalee (10/06/2026), 2 livresMark B. Smith - Exit Stalin: The Soviet Union as a Civilization, 1953-1991 [12/07/2022 - 752 pages (non traduit)] - Chris Kraus - La fabrique des salauds [28/07/2026 - 1104 pages] 

* Sibylline (13/06/2026)

* Ta d loi du cine (19/06/2026): Ken Follett - La Chute des géants (Le siècle, tome 1) [23/08/2026 - 1056 pages] - Ken Follett - Une colonne de feu (Kingsbridge, tome 4) [923 pages] - Emile Zola - Travail (Les quatre évangiles, tome 2) - Ken Follett - L'hiver du monde (Le siècle, tome 2) [995 pages] 

* Tampopo24 [Tachan] (10/08/2026): Acacia Black - Midnight Kiss [07/08/2026 - 784 pages] 

* Une comète (19/08/2026): Nathan Hill - Bien-être [800 pages]

* Violette (10/06/2026): Ken Follett - La Chute des géants (Le siècle, tome 1) [01/08/2026 - 1056 pages] 

9 juin 2026

Les villes hanséatiques - 5/5 & Pont-Neuf à Paris

Un Van Gogh et deux Monet vus au musée des Beaux-Arts de Brême.

 Deux Max Liebermann (1847 - 1935) l'un au musée de Brême, l'autre musée des Beaux-Arts de Hambourg.

 Trois tableaux de Caspar David Friedrich (1774-1840) dont deux se trouvent au musée des Beaux-Arts de Hambourg. Le tableau du haut est La mer de glace (1823-1824). Un des deux  tableaux célèbres de Friedrich. Celui en bas à droite est dans un musée suisse. Friedrich est considéré comme l'artiste le plus influent et important de la peinture romantique allemande.

Entrée du musée des Beaux-Arts de Hambourg.

Vous ne voyez pas forcément sur cette photo, mais la pluie nous a accompagnés une grande partie de la journée pour notre visite de Hambourg. Heureusement que ce fut la seule journée pluvieuse sur les huit jours. 

Le voyageur contemplant une mer de nuages  (1818), l'une des deux peintures les plus célèbres de Caspar David Friedrich avec La mer de glace.

On a commencé notre visite avec l'Église Saint-Michel (Der Michel), l'une des cinq églises luthériennes de Hambourg. L'église possède cinq orgues, on en a vu quatre car il y a un orgue à distance dans le grenier. L'église a été construite à la fin du XVIIIème siècle. 

 

Ci-dessus, trois des cinq orgues.

L'hôtel de ville (sous la pluie) siège du Parlement et du sénat de Hambourg

La pluie n'a pas aidé pour apprécier la ville. On a fait un tour en car et on a quand même pu faire une mini croisière en bateau sur l'Elbe qui nous a permis de voir les entrepôts et les immenses porte-conteneurs. 

On est aussi allé à l'Elb philarmonie, une salle de concert et qui est aussi un beau  bâtiment dans lequel on peut voir Hambourg à 360°...

 ...dont la flèche de l'Eglise Saint-Nicolas qui est le seul vestige de l'édifice pratiquement détruit lors des bombardements alliés en 1943.

 

Voici la maison du Chili (Chilehaus) qui fut construite dans les années 20, c'est un exemple d'architecture expressionniste en brique. Il s'agit d'un immeuble de bureaux de 10 étages.

Et nous avons terminé par la visite express du musée maritime international qui a été installé dans un entrepôt. Il retrace plus de 3000 ans d'histoire maritime sur neuf étages. On a vu peu de choses mais j'ai aimé les bateaux en ambre.

Ici se termine le compte-rendu de mon voyage en Allemagne du nord que j'ai beaucoup apprécié.

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Sinon, depuis le 1er juin 2026, je suis en pré-retraite (congé de fin de carrière). Et c'est génial de se balader dans Paris en semaine. Et bien j'ai constaté qu'il y avait beaucoup de touristes en cette période de l'année. J'ai photographié l'installation de JR sur le Pont-Neuf pas encore terminée. A la suite des intempéries, l'installation n'est pas encore ouverte au public. Mais on la voit bien de loin. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais j'avais préféré le Pont-Neuf emballé par Christo en 1985.

 

8 juin 2026

Le garçon qui faisait danser les collines - Georgi M. Unkovski

Hier, dimanche 7 juin 2026, j'ai vu Le garçon* qui faisait danser ** les collines, le premier long-métrage de Georgi M. Unkovski. J'ai énormément aimé ce film qui se passe en Macédoine du nord dans la communauté des Yörüks, une population nomade ou semi nomade d'origine turkmène et de confession musulmane. Les deux thèmes du film sont: le début de l'émancipation de la jeunesse yöruk grâce aux réseaux sociaux et Internet, et le fait que des jeunes femmes font encore des mariages arrangés par leur famille.
Ahmed (un jeune homme de 15 ans) et son petit frère Naim vivent avec leur père qui est berger (un homme taciturne et dur avec son fils aîné). La maman est décédée et c'est pourquoi Naim, un petit garçon brun aux yeux magnifiques, ne parle plus depuis que sa maman les a quittés. Ahmed est retiré de l'école par son père car il doit s'occuper des vingt brebis et faire la cuisine. Néanmoins, cela n'empêche pas Ahmed d'écouter de la musique techno turque. Et il rencontre une jolie jeune fille, Aya, revenue d'Allemagne pour être mariée. Ahmed tombe amoureux d'Aya et va tout faire pour que cette dernière réalise ses rêves grâce à la danse et à la musique. Il y a des moments très amusants comme quand le Muezzin veut se mettre sur Facebook où il doit changer son mot de passe ou quand Ahmed qui a égaré une brebis en retrouve une (la même?) peinte en rose. J'avais peur que le film se termine mal mais pas du tout. J'espère que vous irez voir ce film dépaysant qui bénéficie de beaux paysages de collines. Dans la salle où j'étais, nous étions cinq. Lire le billet de Dameskarlette.

* et non le "gars" comme me l'a fait justement remarquer Pascale.

** Edit du 4 août: il a fallu attendre un commentaire de Marin pour que le titre soit enfin exact (danser et non chanter).
À moins qu'il s'agisse des montagnes? [(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola]

7 juin 2026

Les socialos - Wolinski

Alors que les grandes et les petites manœuvres ont commencé en vue des élections présidentielles (dans moins d'un an désormais), je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente un ouvrage que j'ai acheté récemment, d'occasion bien sûr: un vénérable recueil de dessins de Wolinski, publié en 1991.

Wolinski, Les socialos, Albin Michel, 1991, 224 pages
[selon la 4e de couv', car elles ne sont pas numérotées!]
Sous-titre: "10 ans de pouvoir en 400 dessins"

 

Dans ce gros bouquin (de format 24 x 15,5 cm), à part les textes faisant intégralement partie du dessin, il n'y a rien à lire... C'est juste juste un recueil, brut. Pas d'introduction, pas de préface. Ni références (date de parution, titre de presse de première publication...), ni mise en contexte. Les dessins sont classés comme dans un abécédaire (mais pas forcément par ordre chronologique?). La période couverte est la décennie 1981-1991 (en gros... sûrement pas après en tout cas). Des dessins à thèmes sociaux, des approches humoristiques, parfois (faussement) cyniques... Des textes et dessins complémentaires... du Wolinski, quoi!

 

Si j'ai bien compris, sur la période considérée, Wolinski a travaillé pour Charlie Hebdo (dont la première série s'est interrompue en 1982), pour L'Humanité jusqu'en 1984, pour L'Echo des Savanes, pour Phosphore aussi, je crois. Mais il me paraît difficile d'attribuer ici avec certitude tel dessin à tel titre! Selon la page "Du même auteur" en début de livre qui liste ses oeuvres, avant ce titre, Wolinski n'avait plus été édité chez Albin Michel depuis 1985 (entre 1981 et 1985, il y avait publié six albums). En 1986 et 1987, il en a publié quatre chez Denoël, puis trois aux éditions Belfond (1987-1988), et enfin trois chez Flammarion entre 1988 et 1991 (je dois en posséder quelques-uns). 

 

Ci-dessous, comme toujours quand je chronique des recueils de dessins de presse, je me permets de vous en citer quelques-uns. Je pense que mon choix surreprésente l'époque et/ou le thème de la première cohabitation (Chirac premier ministre, 1986-1988) puis la période qui lui a succédé, post-réélection de François Mitterrand (Rocard premier ministre, après mai 1988). Mon choix est subjectif, j'ai surtout apprécié des situations parfois encore savoureuses 35 ans après... (même si Mitterrand ou Rocard ne sont plus là!). Savourons!

Aux armes, contribuables! 2026, le grand réarmement?

Ici, c'était clairement l'époque de la chute du mur...

Tout s'explique: ils n'avaient pas d'intelligence artificielle (seulement la Pascaline, sous-utilisée...). 

Bah non, il en faudra bien trois...  

Aujourd'hui, c'est par tonnes entières que la Marine en intercepte, de la drogue... 

Vaste programme! Déjà, on entend le loup, le renard et la belette chanter...

Retour au cas précédent. 

Désolé, mais ce dessin m'a fait rire... (je sais, j'ai pas de coeur!).

Tout reste bon dans cette page! Juste remplacer Clemenceau par Charles... 

À l'aise, mollahs?

Déjà le capitaliste perçait sous le béret.

Visionnaire...

Le green washing ne date pas d'hier... "L'écologie, ça commence à bien faire" n'était pas encore passé par là!

Pfou... PFAS?

Juste une précision: le personnage de droite, ce n'est ni Macron ni Darmanin!

Je ne sais pas si le personnage qui parle était Tapie ou non?

La rentrée est loin de nous, et le prochain printemps encore plus...

Les deux dessins ci-dessus ont pour caractéristique d'être comme les "ébauches" de dessins de couverture de recueils. À gauche, vous reconnaissez celui utilisé pour le présent ouvrage. J'avais chroniqué C'est la faute à la société (publié en 2006) l'an dernier...

Et encore une curiosité ci-dessous, avec ces extraits de deux recueils... 

À gauche, la version en noir et blanc publiée dans le présent recueil. À droite, une version publiée dans un recueil titré Le bal des ringards (1993) en noir et blanc (et nuances de gris...), mais que je soupçonne d'avoir été aquarellée en couleur dans la publication de presse initiale (en "repasse", donc, avec quelques mini-modifications ici ou là...). Ce recueil, je le chroniquerai sûrement un mois ou l'autre aussi!

 

En tout cas, je suis resté bien au-dessous des 10% de dessins cités! Si vous voulez voir les autres, à vous de jouer.

 

*** Je suis Charlie ***

4 juin 2026

Le virtuose - Daniel Roher

Je viens de voir Le virtuose de Daniel Roher, un film assez sympathique où l'on entend de la musique classique, un peu de jazz et où on a le plaisir de voir Dustin Hoffman (88 ans) dans un petit rôle, celui d'Harry Horowitz, un accordeur de piano qui a pris sous son aile Niki White (Leo Woodall, très bien), un jeune qui a l'oreille absolue. Ce dernier souffre d'hyperacousie et pour cela, il porte des oreillettes et un casque pour atténuer les bruits alentour qu'il ne supporte pas. Il est aussi hypermnésique. Niki est un accordeur de grand talent mais par un concours de circonstances que je ne vous dévoilerai pas, il devient aussi ouvreur de coffres-forts en compagnie d'une bande de malfrats qui s'avèrent violents. Niki accepte ce "travail" car Harry est hospitalisé mais il ne peut pas régler le montant prohibitif des soins. C'est grâce à l'argent gagné de façon malhonnête que l'hôpital peut être payé. Par ailleurs, Niki fait connaissance avec Ruthie, une jeune femme pianiste et compositrice. Je ne vous dirai pas comment le film se termine, cela serait dommage. Ce film très plaisant vaut la peine d'être vu. Lire le billet de Selenie

1 juin 2026

Les villes hanséatiques 4/5

Falaises de craie sur l'île de Rügen

Je continue à vous chroniquer mon escapade dans le nord-est de l'Allemagne. Après Rostock, nous nous sommes dirigés vers l'île de Rügen qui est la plus grande île d'Allemagne. Elle se situe sur la Baltique. Elle fait partie de la région du Mecklembourg-Poméranie occidental (Meck-Pom). On a contourné l'île en bateau en partant de la ville de Sassnitz. J'ai regretté que l'on ne s'approche pas plus de ces falaises mais en revoyant mes photos, c'est assez spectaculaire. Ces falaises font partie du parc national de Jasmund.

 

 

Après notre balade en bateau, nous sommes restés sur l'île qui, jusqu'à la seconde guerre mondiale, était la station de vacances la plus célèbre d'Allemagne. Entre 1936 et 1939, les autorités nazies ont créé sur l'île, Prora, une station de vacances qui se composait d'un immeuble uniforme de 5 km de long (aujourd'hui, sa longueur n'est plus que 2,5 km), les logements et les équipements n'ont jamais été achevés. C'est l'organisation Kraft durch Freude "La force par la joie" qui était à l'origine de Prora. Il fallait occuper le temps libre des ouvriers allemands par groupe de 20 000 personnes.

 

Les bâtiments non restaurés, ils sont à l'abandon avec des vitres cassées

 

Les bâtiments restaurés qui sont devenus des résidences hôtelières.

Juste derrière des rangées d'arbres devant les bâtiments. Une plage de sable à perte de vue.

Après avoir quitté l'île de Rügen, nous sommes partis vers Stralsund qui est aussi une ville hanséatique. Nous ne sommes pas restés longtemps. 

La place principale avec l'église Saint-Nicolas construite sur le modèle de Sainte-Marie de Lübeck et l'hôtel de ville.

Maintenant, voici Schwerin et son château qui date du XIXème siècle. Schwerin est la capitale du land de Mecklembourg-Pomeranie. Le château était la résidence du grand-duc de Mecklembourg. Je trouve que le château a un petit côté Chambord et Saint-Germain-en-Laye.

 

Le château est entouré d'un jardin et de beaux arbres.

Un ginkgo biloba

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Suite et fin de mon voyage avec Hambourg dans un prochain billet

30 mai 2026

D'écume et de sang - Mireille Calmel

Le titre présenté ci-après avait été reçu (en édition grand format) il y a quelques années (2023) comme service de presse par le journal à thématique "marine" pour lequel je travaille à temps partiel. Mais ce n'est pas moi (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) qui l'avais lu et chroniqué à l'époque. Il y a bientôt un an, j'avais croisé l'édition format poche dans un bac d'occasion...

Mireille Calmel, D'écume et de sang, XO éditions, Pocket N°19043, 2023, 394 p. (EO 2022)
Mon propre exemplaire à côté de l'exemplaire reçu en service de presse par mon collègue 
(photo DLD)

 

Un peu comme Le nom de la rose d'Umberto Eco, ce roman historique se présente comme un récit écrit au soir de la vie, à la première personne. D'écume et de sang est basé sur des personnages et des faits historiques (éventuellement déjà revus au XIXe s. par la littérature romantique). Il se déroule en Bretagne (et un temps en Angleterre) dans le cadre de la Guerre de Cent Ans et plus particulièrement de la "Guerre de Succession de Bretagne". L'oeuvre est construite autour de la figure de Jeanne de Belleville (dite aussi un temps Jeanne de Clisson), une ravissante rouquine (rebaptisée au XIXe s. "la tigresse bretonne" ou "la lionne sanglante"). Nous suivons notre héroïne depuis son enfance heureuse: dans sa noble famille, sa mère lui apprend toutes les vertus - partage de la vie, des travaux et des savoirs des humbles, pratique des armes et des arts de la chasse comme un garçon, tout en conservant la partie éducative typiquement féminine. Coup de foudre pour le bel Olivier (hélas ennemi de la famille paternelle). Et puis, maman meurt, et tout change...

 

Mariée contre son gré, à un cousin rustre, par son père, elle subit deux accouchements (et ce qui précède bien entendu), ses enfants sont éloignés d'elle. Ce n'est qu'à l'occasion d'une absence de son époux qu'elle retrouve les vertus de son enfance en prenant la tête d'une chasse au loup et en poignardant en personne le chef de meute. À partir de là, le mari, n'ayant guère envie de se faire égorger, va filer un peu plus doux... 

 

Je vous passe quelques péripéties, Jeanne réussira quand même à épouser son bel Olivier de Clisson, et s'ensuivront 13 années de bonheur familial (1330-1343). En parallèle, la grande Histoire mêlée à la petite, la noblesse bretonne doit se partager (à partir de 1341) entre deux prétendants au duché de Bretagne, Jean de Montfort et Charles de Blois. Ce dernier est fortement soutenu par le roi de France, Philippe VI de Valois, devenu roi (élu par les pairs, donc surnommé ironiquement roi "trouvé) alors qu'il n'était que le neveu de Philippe IV le Bel, dont aucun des trois fils, qui ont successivement régné, n'a laissé un héritier mâle survivant à la petite enfance. L'exhumation opportune de la "loi salique" consolidera plus tard juridiquement les réticences de la grande noblesse française à passer sous la souveraineté d'un roi étranger. Pour le moment, depuis 1316, Edouard II d'Angleterre puis son fils Edouard III d'Angleterre se sont montrés de plus en plus réticents à prêter hommage aux souverains français successifs pour les fiefs que les Plantagenêt possèdent sur le continent. Et Édouard III (petit-fils de Philippe IV Le Bel par sa mère Marguerite de France) se montre ulcéré que ses prétentions au trône de France soient écartées (jusqu'au point, en 1337, de s'autoproclamer Roi de France). Heu... vous suivez toujours?

 

Bon, revenons à nos Bretons (accrochez-vous!). Le royaume de France ne peut "tomber en quenouille" (être attribué à un roi via les femmes). Or Philippe VI va soutenir comme prétendant au duché de Bretagne son neveu Charles de Blois (fils de sa soeur Marguerite)... alors que les droits de celui-ci ne lui viendraient que de sa femme (Jeanne de Penthièvre). Inversement, l'autre prétendant, Jean de Montfort, est, lui, le demi-frère (né d'un second mariage d'Arthur II) du Duc précédent Jean III, mais a pour principal défaut d'être vassal du roi d'Angleterre (et non du roi de France)! Jeanne de Penthièvre, elle, était la fille du frère cadet (mêmes père et mère) de Jean III (Guy de Penthièvre). Deux poids, deux mesures... Après cette parenthèse historique (merci Wikip' [consulté largement le 29 mai 2026]!) et contextuelle, je reviens au bouquin.

 

Le roman montre les Clisson (madame et monsieur) écartelés entre la fidélité au Roi de France et l'amitié avec les Montfort (Bretagne d'abord!). Tous ces nobles, "ennemis" ou pas, copinent entre eux... Olivier, chargé de défendre la ville de Vannes pour le Roi de France, est fait prisonnier en 1342 et emmené en Angleterre, rapidement libéré, puis attiré dans un guet-apens, emprisonné et exécuté par le Roi de France (au motif de trahison au profit de l'Angleterre). Et là, notre Jeanne voit rouge... 

 

J'avoue que le personnage ne m'a pas paru spécialement sympathique. Le roman fait la part belle aux légendes forgées au XIXe siècle. Jeanne, impitoyable guerrière, exécute par centaines, par vengeance "privée", les soldats ou les marins "ennemis", et ne manifeste guère de remords ni d'empathie quand périssent tant ses ennemis que ses propres soldats ou marins - la piétaille! Car - et c'est là la raison initiale de ma lecture! - elle aurait fait armer trois navires pour mener une "guerre de course" sous l'égide d'Edouard III contre les navires de France. Elle tue ou fait tuer même ceux qui se rendent, exécute parfois elle-même (dans le roman!) femme et enfant d'un chef vaincu... Cette partie maritime occupe (dans mon édition) les pages 261 à 312. Bon, on peut y ajouter quelques pages où le bel Olivier avait ordonné de brûler des navires français à l'ancre sur la Loire à Port-Maillard, l'un des ports de Nantes (le 19 janvier 1343? Je n'ai pas trouvé d'infos là-dessus [p.168-173]). 

 

Les 80 dernières pages du livre montrent notre lionne (ou tigresse) retrouver l'amour, et si vous voulez en savoir davantage, hé bien lisez le livre! Je n'avais jamais rien lu de Mireille Calmel, ce n'est qu'après coup que j'ai vu qu'elle a publié une oeuvre très fournie et s'inscrit dans la promotion de la "littérature de l'imaginaire". Pour ma part, durant ma lecture, j'avoue qu'il m'a semblé à certains moment lire un Harlequin, qui aurait eu pour caractéristique de se dérouler au Moyen-Âge. 

 

Quelques blogs ayant chroniqué ce titre: Isabelle-Marie Angèle (elle-même auteure), Kaika, Ninis47.

 

Bon, je sais bien que c'est en général l'éditeur, et non l'auteur, qui choisit l'illustration de couverture. Mais je me demande ce qu'aurait pensé un POM [peintre officiel de la Marine] des deux navires s'affrontant choisis pour illustrer un roman se déroulant au XIVe siècle (type de navire, canonnade, sens des voiles etc.)! 

Allez, je l'inscris tout de même pour le Book trip en mer (saison 3) chez Fanja... 

 

29 mai 2026

L'être aimé - Rodrigo Sorogoyen

Il faut voir L'être aimé de Rodrigo Sorogoyen qui était en compétition dans la sélection officielle au dernier festival international du film de Cannes 2026 pour au moins deux séquences, la séquence d'ouverture où un père et sa fille s'affrontent alors qu'ils ne se sont pas vus depuis des années, et celle du tournage d'une scène d'un film dans le film sur l'île de Fuerteventura (une des îles des Canaries). Javier Bardem, exceptionnel, a trouvé un de ses meilleurs rôles. Il interprète Esteban Martinez, un réalisateur célèbre qui, après s'être exilé aux Etats-Unis, revient en Espagne pour tourner un film, "Desierto"; et en même temps, il souhaite renouer avec sa fille Emilia. Cette dernière travaille comme serveuse dans un bar et est actrice à ses moments perdus. Pour doper la carrière de sa fille, Esteban lui propose l'un des rôles principaux. À partir de là, on se rend compte du caractère tyrannique d'Esteban envers l'équipe du tournage, envers son entourage, envers sa fille qui lui en veut de l'avoir abandonnée ainsi que sa mère plusieurs années auparavant sans une explication. Le film ne laisse pas de répit au spectateur, c'est prenant de bout en bout. Les paysages désolés de l'île où le vent souffle sont magnifiques. La réalisation de Sorogoyen est remarquable. Un film qui aurait mérité un prix à Cannes, au moins celui d'interprétation à Javier Bardem qui, dans son regard, fait passer beaucoup de choses. La seule question que je me suis posée était quel est l'intérêt du petit rôle tenu par Marina Foïs, qui ne sert pas à grand-chose. Lire les billets de Pascale, Selenie et Princecranoir.

26 mai 2026

Bobby Mars Forever - Alan Parks / L'énigme de la stuga - Camilla Grebe

J'ai terminé ce week-end Bobby Mars Forever d'Alan Parks (Rivages/Noir, 457 pages, 2020). C'est le troisième de la série qui en compte six (pour le moment) mais c'est le cinquième que je lis. Après Janvier Noir et L'enfant de février, voici donc Bobby Mars Forever qui, à la différence des autres, ne se passe pas pendant le mois du titre mais à partir du 13 juillet 1973 jusqu'en septembre 1973 avec des retours en arrière en 1964. J'ai retrouvé avec plaisir l'inspecteur Harry McCoy qui vit toujours à Glasgow. Il est appelé sur une scène de crime dans une chambre d'hôtel. Bobby Mars, star du rock a été retrouvé mort d'une overdose. Crime? Suicide? Accident? On le saura à la fin du roman. Par ailleurs, on demande à Harry avec son adjoint Wattie d'enquêter sur l'enlèvement d'Alice Kelly, 13 ans. Glasgow est en émoi. Et à titre officieux, son supérieur Murray lui demande de retrouver sa nièce Laura qui a fugué. Comme dans les autres romans, la ville de Glasgow en arrière-plan est très présente. Le roman est haletant et Harry McCoy toujours aussi attachant. Un excellent roman comme les autres. Je viens de commencer Les morts d'avril et je conseille les deux suivants : Joli mois de mai et Mourir en juin.

 

 

 

Je passe au premier roman de la suédoise Camilla Grebe que je lis, L'énigme de la stuga (édition Calmann Levy noir, 474 pages). Le récit alterne le présent et huit ans auparavant où un drame affreux a eu lieu. L'un des deux narrateurs du roman est Lykke Andersen, éditrice accomplie, mariée à Gabriel, un écrivain à succès. Elle est la mère de jumeaux, David et Harry, âgés de 17 ans. Lors de la fête suédoise de l'écrevisse en août (j'avoue que je n'avais jamais entendu parler de cette tradition), Bonnie, âgée aussi de 17 ans, la meilleure amie des garçons est invitée pour la fête. Le lendemain de cet événement, elle est retrouvée morte dans la dépendance pas loin de la maison où vivent les parents. David et Harry étaient aussi dans la dépendance avec Bonnie. Ils sont très vite soupçonnés et mis en prison. Manfred Olsson est chargé de l'enquête. C'est lui, le deuxième narrateur. J'avoue que j'ai trouvé que l'histoire faisait du sur-place. Il ne se passe pas grand-chose sauf les trente dernières pages car seuls les deux garçons sont soupçonnés et chacun des deux rejette le crime sur l'autre. Ce qui provoque le chaos dans la famille. J'ai oublié de dire que c'est un crime en "chambre close" puisque les fenêtres et la porte étaient verrouillées de l'intérieur quand on a trouvé le corps. Le roman avec des courts chapitres et beaucoup de pages blanches aurait pu être plus court: 300 pages, c'était amplement suffisant. 

23 mai 2026

Les villes hanséatiques 3/5

En préambule et suite au commentaire de Violette sur mon billet précédent, c'est vrai que la gastronomie n'est pas ce qui caractérise le mieux l'Allemagne mais dans le nord, il y a du poisson très frais qui est proposé : hareng, saumon et cabillaud. Ils sont vendus souvent dans des petits pains et c'est délicieux. 

 

Après avoir quitté Lübeck (voici une dernière photo, prise lors d'une mini-croisière), nous nous sommes dirigés vers Wismar (dont la fondation remonte au XIIIème siècle), qui était dans l'ex-Allemagne de l'Est jusqu'à la chute du Mur en novembre 1989.  Nous avons vu principalement la place du Marché, l'une des plus grande place d'Allemagne, où l'on trouve l'hôtel de ville qui date du XIXème siècle. 

Hôtel de Ville (Rat Haus) et la place du Marché

Wismar, c'est aussi quelques belles maisons, des églises et un port

Une rue de Wismar

L'église Saint-Georges en brique de style gothique flamboyant

L'église Sainte-Marie (ou ce qu'il en reste), il ne reste plus que le clocher haut de 80 mètres. Tout le reste a disparu lors d'un bombardement pendant la seconde guerre mondiale. 

Et voici une petite partie du port

Avant d'arriver à Rostock, nous avons fait une halte à l'abbatiale de Bad Doberan qui se trouve dans un joli parc plein de verdure. Cette ancienne abbatiale cistercienne érigée au XIVème siècle a nécessité cinq millions de briques. 

 

 

Cette abbatiale aurait mérité un arrêt plus long car l'endroit est magnifique et reposant.

Arrivés à Rostock, nous avons tout de suite vu l'hôtel de ville couleur rose. La façade baroque date du XVIIIème siècle.

Ce n'est pas facile de prendre de belles photos car il y a des grues et des échafaudages qui gênent la vue. 

 

L'église Notre-Dame en arrière-plan que l'on n'a pas visitée.

La rue principale

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La suite dans un prochain billet. 

22 mai 2026

Les goûteuses d'Hitler - Silvio Soldini

Les goûteuses d'Hitler de Silvio Soldini est un film dont le scénario est adapté d'un roman de Rosella Postorino paru en 2018. Cette romancière s'est inspirée de la vie de Margot Wölk qui, deux ans avant son décès en 2012, avait raconté son histoire. L'intrigue se passe entre 1943 et 1944 en Prusse orientale (désormais en Pologne). Le film tourné en allemand se focalise sur Rosa Sauer et six de ses compatriotes qui ont été choisies pour goûter les plats préparés par le cuisinier personnel d'Hitler avant que ce dernier ne les mange. Rosa est une jolie femme blonde qui espère le retour de son mari Gregor envoyé sur le front russe. C'est une épreuve de goûter les plats pour ces sept femmes en très bonne santé. Elles sont obligées de goûter les futurs déjeuners et dîners et d'attendre une heure après les repas pour voir si elles s'empoisonnent ou non. Elles sont étroitement surveillées, parfois giflées par quelques soldats ou officiers dont un certain Albert. Elles sont obligées de manger toute leur assiette. C'est un calvaire payé deux cents marks par mois. J'ai aimé ce huis-clos au cours duquel on évoque l'attentat manqué contre Hitler en juillet 1944 ou la débâcle de l'Allemagne. On apprend la vraie identité d'une des sept femmes. Rosa, elle, est une jeune femme courageuse qui essaye de ne pas se laisser faire. J'ai aimé ce film qui dure deux heures que je n'ai pas vu passer.

20 mai 2026

Le marin rejeté par la mer - Yukio Mishima

Voici un bouquin "gardé au chaud" quelques mois en vue du Book trip en mer (saison 3) de Fanja. Avant Le marin rejeté par la mer, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'avais jamais rien lu de cet auteur dont je me faisais d'ailleurs une image plutôt négative et sulfureuse. Il me permet en outre une participation au challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie.

Yukio Mishima, Le marin rejeté par la mer, Gallimard, Folio N°1147, 2005, 183 pages 
(DL 1999, trad. G. Renondeau 1975, EO 1963)

 

Au port de Yokohama d'un Japon de l'après-guerre, un gamin de 13 ans (orphelin de père), Noboru, passionné par les bateaux, convainc sa mère, Fusako (33 ans), de faire jouer ses relations pour qu'il puisse en visiter un. Elle l'accompagne à bord du cargo Rakuyo, en escale. Leur cicérone se trouve être le capitaine en second, Ryûji Tsukazaki. La nuit suivante, la mère accueille volontiers le marin dans sa chambre. Le gamin se trouve être quelque peu voyeur... 

 

Le livre est à la fois empli de détails et de descriptions, et très clair dans l'exposé des faits. On comprend vite, ou il nous est dit, que ce marin, embarqué à 16 ans à sa sortie d'une école de la marine marchande, et qui a gravi au fil des ans tous les échelons jusqu'à se retrouver officier en second, a navigué mais n'est pas ou plus satisfait de sa vie à bord. "Tandis que la plupart des hommes choisissent le métier de marin par amour de la mer, Ryûji s'était fait marin parce qu'il détestait la terre" (p.22). Malgré tout, il va repartir à bord du Rakuyo après sa brève aventure avec Fusako, à la fin de la première partie du livre qui s'intitulait "L'été".

 

La seconde partie, "L'hiver", est plus dramatique. Ryûji revient avec l'envie de fonder enfin une famille. Mais la perspective que, dépouillé de toute son aura, il se révèle seulement comme le brave homme qu'il est au fond, ne convient pas à Noboru. Ce dernier, en proie à la jalousie et à l'exaltation provoquée par la puberté (ce n'est pas dit explicitement, mais c'est ce que j'ai perçu!) et sous l'emprise du "meneur" de sa petite bande de gamins, va être amené à une terrible décision. La bande de gamins m'a fait songer à celle évoquée par William Golding dans Sa majesté des mouches. Le thé proposé par son juvénile auditoire à Ryûji pendant qu'il s'efforce de leur narrer avec pédagogie sa vie à bord sera trouvé par lui terriblement amer. "Comme chacun sait, la gloire est amère" (p.183).

 

Je ne sais pas ce que la psychanalyste Elsa Cayat aurait pu dire des homophonies en français (mer / mère / amer) pour cet ouvrage. Mishima était lui-même plutôt perturbé, je crois.

 

Alice du blog Ça sent le book avait chroniqué Le marin rejeté par la mer en 2015, Moka en 2022, Argoul en 2013 (1).  

J'ai appris que le livre de Mishima a été adapté et transposé dans un film britannique de 1976, Le marin qui abandonna la mer, de Lewis John Carlino (je n'avais jamais non plus entendu parler ni du film ni du cinéaste!).

 

(1) Edit du 21/05/2026: je rajoute les liens vers les billets d'Une comète et d'Ingannmic (cette dernière dans le cadre du BTEM 1 - merci Fanja!).

19 mai 2026

Les villes hanséatiques 2/5

Porte de Holsten côté ville de Lübeck  (cette porte abrite un musée que je n'ai pas visité)


Avant de reprendre mon périple, je veux vous donner quelques informations :

Dans toutes les villes où nous sommes allés, c'est la priorité aux vélos (même avant les piétons). Il y a relativement peu de voiture. Et j'ai vu très peu de touristes non allemands.

À part Lübeck, les villes que nous avons visitées sont parcourues de tramways.

Dans les musées, il vaut mieux connaître la langue allemande, car il y a très peu d'explications en anglais et je ne parle pas des brochures ou livres exclusivement édités en allemand. La population ne parle pas français. D'où l'intérêt d'avoir des guides parlant français qui nous ont donné beaucoup d'explications. Parfois, les voyages organisés ont du bon de ce point de vue-là. J'ai appris que pour dire bonjour ou au revoir, les Allemands du nord disent "Moin"

Sinon, beaucoup de maisons que l'on croirait moyenâgeuses datent plutôt du XVIIème ou XIXème siècle et certaines ont été restaurées après la Seconde Guerre Mondiale. 

Sur les plaques d'immatriculation des voitures de Hambourg, Lübeck, Wismar, Rostock, il y a la lettre "H" (pour Hansestadt) HH, HL, HW, et HROS. Villes de la Hanse. L'origine du mot Hanse (Hansa en allemand) signifie "association de marchands".

Enfin, à partir de Wismar, on était dans l'ex-Allemagne de l'Est. 

Voici maintenant la suite de mon voyage: après Brême, nous avons un peu visité Lunebourg sous la pluie. On a surtout visité l'hôtel de ville, un peu le vieux port et le musée du sel (tout était écrit en allemand). Il faut savoir que Lunebourg fut une ville très riche grâce au commerce du sel dès le Moyen-Age. La  ville est en effet construite sur une colonne de sel baignant dans une nappe phréatique.

La façade de l'Hôtel de ville de Lunebourg

Une des rues principales

Le vieux port et à droite une vieille grue de levage

Barque qui sert à transporter le sel

La grue de levage

Le lendemain, nous avons commencé notre visite à Lübeck, la "reine de la Hanse" qui a été fondée au VIIème siècle.  On a bénéficié d'un très beau temps. Cela aide pour admirer une ville. Après être passés sous la porte Hosten, nous sommes arrivés dans la vieille ville. À droite de la porte, on trouve encore des bâtiments en brique rouge qui servaient d'entrepôts 

 

Il faut noter que le vieux Lübeck est sur une île. On a parcouru quelques rues, des ruelles et les arrière-cours. 

 

Une maison ouvrière séparée par le milieu où vivaient deux familles. C'était très petit. 

On est arrivé au musée Saint-Anne qui abrite des sculptures du XIIIème au XVIème siècle et un très beau retable de Hans Memling (1430-1494) qu'il a peint en 1491 pour une famille, le retable de la passion du Christ. 

Puis on s'est dirigé vers la place du marché où se trouve l'Hôtel de ville et l'église Sainte-Marie (très endommagée par les bombardements britanniques de 1942)

La place du marché et l'hôtel de ville

La place du marché

Deux cloches qui ont créé un cratère quand l'église Sainte-Marie a été bombardée. On les a laissées en l'état.

Intérieur de l'église

 

Les deux tours de l'église Sainte-Marie

Hospice du Saint-Esprit dont une partie sert pour accueillir des personnes âgées

La rue principale

La maison Buddenbrook (qui est en travaux depuis au moins 5 ans, on ne peut pas la visiter)

On a terminé par une balade en bateau autour de Lübeck, une ville dont la spécialité est le massepain (Marzipan en allemand). Un régal.



La suite de mon voyage dans un prochain billet 

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