Je ne connaissais pas Laura Wandel, une réalisatrice belge. L'intérêt d'Adam est a priori son deuxième long-métrage. Ce film qui ne dure qu'1h13 ne laisse pas de répit aux spectateurs. L'histoire se passe dans le service de pédiatrie d'un hôpital. Adam, un petit garçon de 4 ans, est hospitalisé car il souffre de malnutrition qui a provoqué des fractures. Il ne veut rien d'autre que sa maman Rebecca (Anamaria Vartolomei) qui est pour beaucoup responsable de l'état de son petit garçon. Rebecca est à la limite de l'hystérie. Une médiatrice décide qu'elle doit être éloignée de son fils mais ce dernier refuse de manger si sa mère n'est pas là. Face à Rebecca, il y a Lucie (Léa Drucker absolument magistrale), qui interprète une infirmière en chef dans ce service. Elle fait tout pour qu'Adam ne soit pas éloigné de sa mère. Pour ce faire, elle doit affronter les membres masculins du service qui ne veulent rien entendre. La manière de filmer de la réalisatrice, caméra à l'épaule, permet de suivre Lucie dans tous les gestes qu'une infirmière pratique en passant d'un patient à l'autre, gardant tout le temps son self-control. J'ai eu l'impression que Léa Drucker avait été infirmière toute sa vie. Rien que pour elle, il faut voir le film.
Pour répondre au commentaire de Pascale, ce n'est pas qu'un film d'hôpital, c'est surtout le face à face de deux femmes, l'une qui veut sauver un jeune garçon et l'autre complètement perdue qui se sent acculée et qui ne veut pas perdre la garde de son petit garçon. L'histoire pourrait se passer dans un autre contexte.
Après ceux de 2024 et 2023, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) chronique ici le dernier volet (à ce jour?) de la mythique série en sept volumes Harry Potter. J'ignore s'il y aura un jour une réédition en un volume des quatre premiers tomes (qui étaient nettement moins épais)? Peut-être un jour, à l'occasion de la prochaine adaptation audiovisuelle, plus ou moins annoncée, qui sait? Voici en tout cas, pour qui en ignorerait, quelques mots sur le tome 7.
J. K. Rowling, Harry Potter et les reliques de la mort, Gallimard, 2007, 810 pages
David Yates, Harry Potter et les reliques de la mort,
partie 1 (2010), 146 minutes & partie 2 (2011), 130 minutes
Si je possède Harry Potter et les reliques de la mort en édition "grand format" originale, c'est parce que nous ne nous connaissions pas depuis bien longtemps, Dasola et moi, lorsqu'elle m'avait offert ce livre dès sa sortie pour me faire plaisir. J'apprécie les dessins de couverture des éditions que je possède (dues à Jean-Claude Götting), et regrette que les jeunes lecteurs d'aujourd'hui ne les voient plus. Bon, ceci dit, j'ose supposer qu'il ne viendrait à personne, aujourd'hui, l'idée de lire ce tome sept sans avoir lu les six premiers. Nous avions donc laissé au volume précédents l'école Poudlard en train d'enterrer son Directeur, Albus Dumbledore, regretté de tous. Pas encore majeur, et toujours "tracé" par le Ministère de la Magie en tant que mineur magicien, Harry doit être protégé de Vous-savez-qui (qui veut sa mort) par l'ordre du Phénix. La menace du retour de "Voldemort" est de plus en plus proche...
Il m'a fallu drôlement cogiter pour trouver un angle original pour ma chronique, et ça y est: la thématique de la mort, omniprésente! Les situations de notre trio héroïque principal sont diverses. Hermione a mis ses parents à l'abri (avec sortilège oubliette!). Ron devient fou d'inquiétude pour sa famille, au fur et à mesure que s'égrènent les morts (il a peur d'entendre leurs noms à la radio). Harry n'a pas à se préoccuper de sa famille proche (les moldus Dursley sont à l'abri!) mais a sa mission prioritaire (donnée par Dumbledore). Il a fréquenté la mort à partir de la Coupe de feu (son condisciple Cedric), a perdu ou va perdre nombre de ses pères de substitution (Sirius, Dumbledore, Lupin, tous membres de l'Ordre du Phénix et ayant connu James et Lilly, ses parents).
À la fin de l'Ordre du phénix, il me semble qu'un fantôme (Nick quasi sans tête?) avait expliqué à Harry que, si lui-même était "fantôme", tous les morts ne faisaient pas ce choix, et que c'était parce qu'il avait "refusé de continuer" (par crainte de l'inconnu?) que son fantôme pouvait continuer à interagir avec les vivants... À la fin des Reliques de la mort, Harry aura lui-même le choix de "continuer" ou bien de "retourner" (pour le moment), lors d'une scène présente tant dans le livre qu'au cinéma. La conclusion "philosophique" semble bien être qu'il faut accepter la mort, accepter aussi que les morts survivent seulement dans le coeur et l'esprit des vivants qui les ont aimés et connus (ou pas - Harry lui-même n'a guère connu ses parents). Cela est visible à au moins deux reprises: lorsque Harry discute avec ses parents, "moins consistants que des vivants mais plus que des spectres", ses proches le rassurent sur le fait que cela ne fait pas mal de mourir d'un coup d'"Avada Kedavra": "c'est plus rapide et plus facile que de tomber endormi" (un rêve!), et lui disent aussi qu'ils font partie de [lui] mais sont invisibles pour les autres. Ses parents, il les avait déjà croisés lorsque sa baguette les avait fait "régurgiter" à celle de Voldemort (leur assassin) une fois celui-ci revenu avec sa pleine puissance (?) à la fin de la Coupe de feu.
En "changeant de paradigme", je dirais que la plupart des grandes scènes qu'ont pu voir au cinéma ceux qui n'auraient pas (encore) lu le livre sont présentes, mais plus ou moins développées: le mariage de Fleur et Bill Weasley et sa conclusion. La visite au Ministère pour trouver l'un des horcruxes (ainsi que son anéantissement dans une autre scène). Celle à la banque Gringots et l'évasion spectaculaire, dûment munis d'un autre horcruxe. Le pèlerinage à Godric's Hollow. Le vol par Voldemort de l'une des reliques de la mort. La visite chez le père de Luna. La capture, puis l'évasion du manoir Malefoy. La découverte, à Poudlard même, d'un horcruxe de plus... et comment disparaissent les derniers.
Pour finir, en ce qui concerne les trois reliques de la mort et leur utilisation potentielle, je dirais juste qu'elles m'ont fait songer au jeu de l'affrontement "pierre-feuille-ciseau"... avec comme enjeu que le vainqueur survive.
Je passe maintenant à la transcription au cinéma. Pour rappel, quatre ans avaient séparé la parution du premier tome, Harry Potter à l'école des sorciers, et la sortie au cinéma du film qui en avait été tiré: un délai incompressible?
De ce premier volet, j'avais gardé le souvenir d'un film frénétique, où l'on courait beaucoup ou du moins marchait à vive allure (souvenir sans doute influencé par la jaquette du DVD). Et c'est vrai que ça commence plutôt abruptement, avec deux des membres de notre trio principal qui se séparent, sans mot dire, de leur famille moldue. La frénésie est bien présente dès le décollage en direction du Terrier: il n'y a pas énormément de dialogues, les faits du livre sont plutôt abrégés par l'image... Là où les derniers moments d'Harry chez les Dursley et sa séparation d'avec ceux-ci s'étendaient sur plusieurs dizaines de pages avant que ceux-ci soient amenés en sécurité grâce à l'Ordre du phénix, ici, ils partent en catimini et par leurs propres moyens (mais, si votre édition DVD les contient, n'omettez pas de regarder les bonus!).
Nos jeunes adultes sont dans le film davantage isolés encore que dans le livre: plus d'adulte "qui sait" vers qui se tourner, ils en sont réduits principalement à leurs seules ressources (ce qui peut les amener à fléchir à tour de rôle). Les dialogues m'ont semblé réduits au minimum nécessaire pour rendre l'action compréhensible, cependant que beaucoup de choses reposent sur le "jeu d'acteur" proprement dit, destiné à faire "comprendre" des pensées sans recourir à la facilité d'une voix off, mais en aidant les spectateurs à "deviner" le (à "se faire leur propre idée du"?) "pourquoi des choses.
Lorsque le trio reformé se rend chez le père de Luna, nous avons un surprenant dessin animé avec la voix "off" d'Hermione qui lit le conte dans son livre: je ne sais pas trop à quoi le comparer, si ce n'est qu'il m'a fait songer au film d'animation "Numéro 9"?
Ce film se conclut sur l'arrivée à la chaumière aux coquillages après l'évasion du manoir des Malefoy (alors que cela intervient aux cinq huitièmes du livre).
Le tournage du septième tome de la saga s'est déroulé entre février 2009 et juin 2010, et c'est vrai que, depuis le premier film tourné en 2000-2001, les jeunes acteurs sont un peu plus âgés qu'ils ne le devraient (au moins 21 ans au lieu de 17)? Dasola m'a fait remarquer en tout cas que les couleurs de ces films "Harry Potter" sont de plus en plus sombres. Ce ne sont certes pas les couleurs éclatantes du Technicolor hollywoodien de la grande époque!
Je pense qu'il est désormais clair que des raisons financières, au moins autant que la longueur du livre (qui n'est pas le plus long de la série) ont fait que, comme pour d'autres adaptations de sagas à succès (Hunger Games par exemple), cette "fin" ait été étalée en deux films. Harry Potter et les reliques de la mort, 2ème partie a généré plus d'1,3 milliard de dollars au box-officie mondial, contre 960 millions de dollars "seulement" pour la 1ère partie (avec un budget identique pour les deux parties à 125 millions de dollars). Les sommes en jeu dans l'industrie du cinéma amènent vraiment à regretter que d'autres sagas n'aient pu aller au-delà de leur premier volet (Eragon, Narnia, John Carter...).
Quoi qu'il en soit, cette oeuvre conclusive en deux parties fait un certain nombre d'ellipses par rapport au livre, et étend d'autres éléments... La "reconquête" de Poudlard se déroule bien plus rapidement que dans le livre. Il ne me semble pas avoir vu le petit frère de Hagrid lors des combats, ni les centaures... Et tous les combats durent et sont très spectaculaires, évidemment. J'ai pourtant trouvé qu'une certaine dimension "épique" des combats finals à Poudlard est sacrifiée au profit du "grand spectacle", justement. Ici, pas d'"armées de réserve" revenant à Poudlard prendre à revers les Mangemort, avec les parents et amis des élèves, la horde des centaures, les elfes de maison... mais un pont qui s'écroule sous les pieds des mangemorts en train de "charger". Mais on ne voit pas (sauf erreur de ma part) le "petit frère" d'Hagrid qui vient à la rescousse pour affronter les géants. On voit mort le couple Lupin-Tonks, sans savoir ce qu'a donné leur vie familiale... Il m'a semblé que l'oreille de Fred Weasley avait bien davantage "repoussé" que dans le livre. On suit longuement notre trio (ainsi que Neville qui conserve son rôle tel que figurant dans le livre: refus de la proposition de Voldemort et anéantissement de Nagini).
Le destin des baguettes en possession de Harry n'est pas le même que ce que décrit le roman (je n'ai pu m'empêcher de penser que c'était pour éviter toute tentation / tentative de donner une suite cinématographique autre que ce dont parle le livre, avec la baguette la plus puissante du monde). Et je regrette toujours qu'aucun traducteur français n'ait encore traduit l'interpellation de madame Weastley à Bellatrix Lestrange, avant leur duel, par "Touche pas à ma fille, salope!".
Pour terminer, j'ai cru comprendre que la version "série TV" semble avoir commencée à être tournée en juillet 2025 (pour être diffusée à partir de 2027). Le tournage devait paraît-il s'en étendre sur une dizaine d'années, avec l'avantage que, cette fois-ci, la totalité du "canon" a été publiée , ce qui a dû faciliter la tâche des scénaristes et des responsables de casting. Espérons que l'audience suivra et qu'il n'y aura pas besoin d'abréger (comme la série Rome) ou de suspendre sine die (comme Les animaux fantastiques)!
J'ai appris avec une grande tristesse la disparition de Robert Redford à l'âge de 89 ans. Robert Redford, c'était un homme de conviction qui a créé le festival de cinéma de Sundance. C'était un beau blond aux yeux bleus. Je retiens quelques films marquants dans sa filmographie : Propriété interdite de Stanley Pollack et La poursuite impitoyable d'Arthur Penn (1966) Butch Cassidy et le Kid (avec Paul Newman) de George Roy Hill et Willy Boy d'Abraham Polonsky (1969) Jeremiah Johnson (1972) et Nos plus belles années (1973) de Sidney Pollack. Robert Redford a tourné six films avec Sidney Pollack. J'ajoute donc Les trois jours du Condor (1975) et Out of Africa (1985).
Et il y d'autres films marquants.
Robert Redford a aussi été réalisateur de plusieurs films dont Et au milieu coule une rivière (1992) et L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux (1998). Evidemment, je n'oublie pas deux films incontournables, l'Arnaque (1973) de George Roy Hill encore en tandem avec Paul Newman et Les hommes du président d'Alan J. Pakula (1976). Je vous conseille de voir tous ces films et quelques autres.
Je viens de voir Sirât du franco-espagnol Oliver Laxe, un réalisateur que je ne connaissais pas. Pour résumer: Sirât, j'ai aimé mais ce n'est vraiment pas gai. Luis (Sergi Lopez, très bien) et son fils Esteban âgé d'une dizaine d'années arrivent dans une rave au sud du Maroc dans les monts Atlas. Ils sont à la recherche de Mar, la fille et soeur des deux protagonistes. Elle a disparu depuis cinq mois. Il semblerait qu'elle fréquente ce genre de manifestation. Luis et Esteban distribuent la photo de Mar mais sans succès. On les informe qu'une autre rave va bientôt avoir lieu plus au sud vers la Mauritanie. Alors qu'y partent cinq personnes, deux femmes et trois hommes (dont un unijambiste et un manchot) qui ont deux grosses camionnettes, Luis et Esteban les suivent avec leur petite voiture et cheminent vers le sud. Ils traversent des paysages grandioses mais sans âme qui vive sauf, à un moment donné, un jeune berger effrayé. La route très accidentée et dangereuse va les emmener vers leur destin que je vous laisse découvrir. On s'attache aux personnages en se demandant quelles sont leurs vraies motivations à part aller d'une rave à l'autre. Deux ou trois séquences nous laissent tétanisés. Un film que l'on n'oublie pas de sitôt. Il faut noter que la musique fait beaucoup pour l'ambiance stressante et hypnotisante de l'ensemble.
J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) au départ failli faire "fausse route" avec un titre auquel j'avais songé pour le mois d'août, avant qu'il me paraisse, à la réflexion, plus pertinent de le réserver pour un autre des thèmes mensuels des Escapades en Europe - Voyages dans les littératures européennes chez Cléanthe auxquels il pouvait aussi correspondre (Istanbul, en janvier 2026?). Mais finalement, en janvier, mon propre challenge "120 ans Jules Verne (1828-1905)" sera terminé... Donc, voici une contribution pour Les rives de la Mer Noire (chez Cléanthe donc). Et aussi, bien sûr, pour le challenge 2025 sera classique aussi organisé par Nathalie.
Jules Verne, Kéraban le têtu, Le livre de poche, 1967, 484 pages
(édition originale en 1883 - dessins par L. Benett)
Pour cette fois, je suis donc le chemin indiqué. Cependant, une fois de plus, je vais tenter un "pas de côté", en présentant un titre quelque peu anachronique dans son contexte certes aujourd'hui "européen", mais décrivant des contrées et régions qui dépendaient alors en majorité de deux Empires, le Russe et l'Ottoman. Si quelques bateaux y apparaissent, je ne prétends pas pour autant qu'il soit éligible au "book trip en mer": les nombreux caïques évoqués sont seulement destinés à la traversée du Bosphore à [Constantinople ou Istanbul?]. Et c'est parce qu'il refuse de payer une nouvelle taxe liée à cette courte traversée que le héros de ce roman entraîne ses compagnons dans un périple représentant l'intégralité du tour de la Mer noire, à pied, à cheval ou en voiture (sans utiliser aucun moyen de locomotion moderne: ni bateau à vapeur ni même voilier (il souffre du mal de mer!), ni "Railway" (chemin de fer) dont quelques tronçons existent déjà sur son parcours.
Mais ce Kéraban, qui est-ce au fait? Hé bien, c'est le personnage de droite sur la couverture, un Turc à l'ancienne, qui se targue de refuser le "progrès (télégraphe, train ou "steamers"), et que son commerce de tabac rend suffisamment riche pour se le permettre. Le seigneur Kéraban sera donc accompagné dans son voyage par: son serviteur Nizib (aussi musulman que lui), son correspondant en commerce de tabac et ami Van Mitten (et son serviteur Bruno, aussi hollandais l'un que l'autre), et il enlèvera au passage à Odessa son neveu Ahmet, lui-même fiancé à la douce Amasia, fille du banquier Sélim (également ami et correspondant de Kéraban). Comme souvent chez Jules Verne, aventures et amours contrariés vont de pair! Le voyage commence dans une confortable "chaise de poste" tirée par des attelages de chevaux changés de relais en relais. La voiture confortable disparue brutalement, plus ou moins par la faute de notre Turc têtu, il se poursuivra dans une carriole moins confortable, à dos de cheval... ou sur un bac.
Le voyage est émaillé d'incidents, évoqués par des titres de chapitres au libellé aussi désuet qu'évocateur: quand il ne commence pas par "Dans lequel...", c'est "Où il est question..." ou bien "Où l'on verra..."! Entre de longs descriptifs de paysages ou une évocation de l'histoire des bourgades traversées, quelques épisodes de tons variés rompent la monotonie. Le valet hollandais s'inquiète de sa perte de poids, et va jusqu'à duper le valet turc pour lui manger sa part ("si, si, je crois que c'est du porc, il faut vérifier..."). À un tel élément de farce succède succède rapidement un épisode dramatique qui m'a fait songer à la célèbre scène du naufrage dans Paul et Virginie (pp.304-310). Puis, après les éléments comiques cités plus haut, place à la comédie en bonne et due forme! Je n'ai pu m'empêcher de songer que les événements qui se déroulent au caravansérail de Rissar (pp.331-372), de par leurs dialogues, péripéties, unité de lieu et "jeux de scène", auraient très facilement été transposables dans une représentation théâtrale. Cette "mise en scène est d'ailleurs parfaitement assumée par l'auteur (l'une des dernières phrases du chapitre dit: "(...) et le silence se fit enfin sur le théâtre de cette tragi-comédie, qui venait de se dénouer sur le dos de l'infortuné Hollandais".
Kéraban serait-il libertaire dans l'âme? J'ai retenu son jugement lapidaire lorsqu'il doit acquitter un droit de douane en franchissant une frontière: "Décidément les gouvernements sont tous les mêmes, et ne valent pas l'écorce d'une pastèque!" Mais notre pittoresque personnage est aussi capable de se défendre quand on l'agresse: loin d'être un simple Tartarin de Tarascon, à lui seul, il extermine (à coup de fusil ou de poignard) les trois chefs de la troupe de canailles qui attaque son petit groupe (qui se défend vigoureusement, femmes comprises - bon, la douce fiancée, un peu comme le fait au début l'actrice de 1933 face à King Kong...). Et le périple sera bouclé (qui en doutait?) dans le délai imposé pour le mariage de nos deux tourtereaux séparés par l'oncle (Amasia ne devait faire un gros héritage que si elle convolait à une date-butoir qui laissait juste quelques semaines à Kéraban pour arriver à destination).
Voilà un vieux bouquin auquel je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'aurais sans doute prêté aucune attention dans un bac de bouquinerie si je ne naviguais pas, en ce moment, dans le challenge Book trip en mer (saison 2) de Fanja! Quant à son contenu, je n'en avais aucune idée avant de regarder la 4e de couv...
Gordon Thomas et Max Morgan Witts, Le voyage des damnés,
Presse Pocket N° 1563, 406 pages, 1978
(trad. Belfond en 1976 par Marianne Véron - édition originale titrée Voyage of the Damned, 1974)
Il y a croisière et croisière. Mai 1939. La Seconde Guerre Mondiale n'a pas encore éclaté, mais le nazisme est solidement au pouvoir en Allemagne, les camps de concentration où il envoie tous ceux dont il se proclame l'ennemi y existent déjà depuis des années. La compagnie maritime allemande HAPAG (Hamburg-Amerikanische Packetfahrt-Actien-Gesellschaft, autrement appelée Hamburg America Line ou Hamburg-Amerika Lini, fondée en 1847) s'apprête à envoyer un paquebot de plus à destination de Cuba, le Saint Louis (ou MS St Louis) transatlantique mis en service en 1929). Ses passagers? Des Juifs espérant quitter définitivement l'Allemagne pour le Nouveau Monde. Ce livre anglais se veut le récit historique de leur voyage.
Le livre commence par deux pages de dédicaces des auteurs pour tous ceux qui furent à bord du navire, et notamment tous ceux qui ont accepté de [les] rencontrer. Un "prologue" expose la situation historique en mai 1939 (mais sans citer expressément la "conférence d'Evian" de juillet 1938): les Juifs doivent quitter l'Allemagne, mais fort peu de pays sont prêts à les accueillir. Le récit proprement dit commence le 3 mai 1939: le capitaine Gustav Schroeder (loin d'être un Nazi) se voit confier par sa Compagnie le commandement du prochain voyage du Saint Louis, un voyage "spécial" à destination de Cuba, garantissant que le navire sera pleinement occupé (conditions financières réjouissant la HAPAG). Chaque chapitre a pour seul titre une date du jour, il y en a six avant celui parlant du départ, qui intervient le 13 mai.
Chacun des 937 passagers a bien entendu dû payer son billet (certains grâce au soutien financier de parents depuis l'étranger) pour ce voyage sans retour. La plupart ont pu embarquer parce qu'ils étaient muni d'un "permis de débarquer" commercialisé à Cuba. L'on découvre au fil des pages que les enjeux de ce voyage dépassent de loin les attentes individuelles de chacun des passagers. L'équipage (jusqu'au capitaine) est soumis à la surveillance d'une sorte de "commissaire politique" nazi, qui peut s'appuyer sur les mécaniciens (cependant que le personnel au contact des passagers n'adhère pas forcément à l'idéologie nazie). Le livre alterne et croise le récit (basé sur des témoignages ou sur d'autres sources) entre ce qui se passe à bord et ce qui se passe à terre durant le temps du voyage. C'est le samedi 27 mai que le navire jette l'ancre à Cuba, dans la baie de La Havane (il n'a pas été autorisé à accoster au port). Quelques passagers munis de visas en bonne et due forme sont seuls autorisés à débarquer.
Il s'avère en fait qu'un fonctionnaire Cubain aussi astucieux que sans scrupules a gagné plusieurs centaines de milliers de dollars en vendant de beaux documents dactylographiés sur papier à en-tête officielle mais non reconnus par le gouvernement de son pays. À Cuba, les services nazis ont orchestré une campagne de presse xénophobe. Le gouvernement officiel de l'île cherche à s'affirmer en s'appuyant sur son "opinion publique", même si le pouvoir réel appartient au militaire Fulgencio Batista, suite au coup d'Etat de 1933. Si des organisations juives missionnent des avocats pour faire des propositions financières (officielles ou officieuses) au gouvernement contre l'accueil des réfugiés, certains responsables n'ont pas envie que l'affaire du Saint Louis et de son millier de passagers montés en épingle vienne "polluer" des négociations avec l'Allemagne portant sur le sort de centaines de milliers de personnes.
Pour les Nazis, l'un des enjeux est de démontrer que les autres pays d'accueil potentiels (américains ou européens) ne veulent pas davantage que l'Allemagne des Juifs (grosse opération de propagande). Effectivement, l'Amérique de Roosevelt semble vouloir vouloir protéger les travailleurs américains des émigrants affamés qui accepteraient n'importe quel salaire... Le nazi embarqué à bord s'est vu confier par l'Abwehr (service d'espionnage allemand) la mission importante de récupérer à Cuba des documents importants (sur la défense des Etats-Unis) au nez et à la barbe des services américains. Pendant que les négociations continuent en coulisse, le navire doit quitter Cuba le 2 juin. Mais ce qui n'est peut-être qu'une affaire de "gros sous" finit par échouer, à force de bluff, de jeux de dupes (comme au poker), de refus de payer des intermédiaires (y compris ceux qui, éventuellement, auraient pu en temps voulu débloquer la situation), en espérant faire bouger un tarif de départ qui aurait permis le débarquement des passagers.
Finalement, le navire quitte les eaux américaines pour repartir vers l'Europe le 7 juin. Après d'intenses négociations, plusieurs pays acceptent de recevoir des passagers le 12 juin (non sans les choisir parmi ceux ayant le plus de chances d'émigrer par la suite vers les Etats-Unis): 200 en Belgique, 250 en France (224 finalement), 194 au Pays-Bas (181 finalement), 350 en Angleterre (288 finalement). À l'issue de ce voyage, l'American Jewish Joint Distribution Committee (JDC ou le Joint) publie le 20 juin à New York un communiqué officiel, pour annoncer que l'opération de sauvetage du Saint Louis ne doit pas être considéré comme un précédent et ne sera pas répétée à l'avenir... Les passagers qui ont eu la chance de débarquer en Grande-Bretagne seront évidement plus nombreux à survivre à la Seconde Guerre mondiale. Nombre de ceux accueillis en France ou aux Pays-Bas auront fini en camp d'extermination.
Le 18 juin 1939, le Saint Louis repart d'Anvers à destination de New York, afin d'effectuer des croisières prévues pour l'été dans la mer des Caraïbes. Le 26 août, il devait par exemple quitter New York à destination des Bermudes, mais les passagers furent brutalement avertis que le voyage avait été annulé. Le lendemain, le paquebot vide quitta son quai, et il était en haute mer quand la guerre fut déclarée le 3 septembre. Il rejoignit l'Allemagne via Mourmansk (arrivée à Hambourg le 1er janvier 1940). Le paquebot fut endommagé par la RAF dans le port de Hambourg en 1944, puis finit vendu à la ferraille en 1950.
Alors que je préparais cet article, dasola m'a dit qu'un film avait été tiré de ce livre (mais elle ne l'a pas vu). Vérification faite, il s'agit d'un film britannique de 1976 de Stuart Rosenberg aussi nommé Le voyage des damnés. Malgré sa belle distribution, il semble avoir été un échec au box-office à l'époque. Platinoch en avait parlé en 2019 (ce qui me permet de savoir qu'il existe en DVD!).
Vendredi 12 septembre 2025 au soir, j'avais réservé au Balzac, un cinéma Art et Essai des Champs Elysées, une place pour une soirée consacrée à Paul Newman (1925-2008) qui aurait eu 100 ans. La soirée clôturait une semaine d'hommage à l'acteur lors du festival du cinéma américain de Deauville. Cette soirée fut en particulier l'occasion d'évoquer l'action de Paul Newman envers les enfants malades. La soirée était introduite par la présidente de l'association L'envol qui est membre du réseau SeriousFun Children's network initié par Paul Newman en 1988. L'envol a été créé en 1997. Avant de revoir La chatte sur un toit brûlant, Cléa Newman (la benjamine des enfants Newman) et Brigitte Fossey nous ont fait partager quelques anecdotes et une femme dont je n'ai pas retenu le nom a évoqué le livre de mémoires de Paul Newman que j'avais bien apprécié.
Cléa Newman
Cléa Newman et Brigitte Fossey
Personnellement, j'étais surtout venue pour La chatte sur un toit brûlant de Richard Brooks (1958) que je n'avais pas vu depuis longtemps. Revoir ce film sur grand écran, qu'est-ce que c'était bien. Liz Taylor (magnifique) donnant la réplique à Paul Newman (avec ses beaux yeux bleus et son plâtre à la jambe droite) dans plusieurs scènes sont des moments magiques. Je ne me rappelais plus toute l'histoire. La chatte sur un toit brûlant est adaptée d'une pièce de Tennessee Williams et j'ai bien ressenti le côté théâtral pendant tout le film. Il y a une unité de temps, de lieu et d'action. Le couple Newman (33 ans) / Taylor (26 ans) était vraiment glamour et les autres acteurs sont tous très bien, en particulier Burl Ives qui interprète le rôle du père (Big Daddy). Et je ne me rappelais plus que le film avait autant de moments humoristiques grâce à certaines scènes et répliques. Un film à (re)voir sur petit ou grand écran.
Ken Follett, Un monde sans fin, Robert Laffont, 2008 (EO 2007), 1286 pages
Dans la saga de Ken Follett que j'ai parfois vu nommer "Kingsbridge", ce volume, le deuxième à avoir été publié sur un total de cinq à ce jour, occupe chronologiquement la troisième place.
L'histoire s'y déroule sur plus d'un tiers de siècle (de 1327 à 1361), et l'on y retrouve le même schéma que dans le premier tome publié (Les piliers de la terre): des enfants de classes sociales différentes, que l'on voit évoluer, interagir (en positif ou en négatif), dans la ville (fictive) de Kingsbridge, son prieuré (auquel est désormais rattaché un couvent de nonnes), et dans le cadre de la plus grande Histoire de l'Angleterre et de l'Europe (France, Italie...). Quand débute la première partie du livre, le 1er novembre 1327, Gwenda est fille de paysan sans terre (son père est un voleur à qui l'on a coupé la main), Caris est une fillette de la bourgeoisie marchande, les frères Merthin et Ralph sont fils d'un couple noble mais ruiné... et ils assistent tous les quatre à une scène mystérieuse dont l'explication sera donnée dans les toutes dernières pages!
Au fil des parties (8-14 juin 1337, juin-décembre 1337, juin 1338-mai 1339, mars 1346-décembre 1348, janvier 1349- janvier 1351, mars-novembre 1361) et des nombreux chapitres (dommage qu'il manque une table des matières!), nous assistons à des conflits de pouvoirs pour des contrats de construction ou de réparation (pont, tour de la cathédrale, prieuré, hospice, ...), pour des postes (prieur, présidence de la guilde de la ville, direction de l'hospice...), pour des titres (comté, en l'absence d'héritier mâle)... dans une période troublée par les débuts de la Guerre de 100 ans pour le trône de France et l'arrivée de la peste en Occident (que la médecine traditionnelle héritée de l'Antiquité ne sait pas soigner).
Le talent de l'auteur est de nous exposer les ressorts psychologiques et "raisons personnelles" qui poussent ses personnages à agir de telles ou telles manières, que ne comprennent pas toujours les autres protagonistes. Parfois les rapports de force amenant à telle ou telle décision sont absolument logiques et incontestables, d'autres fois, certains individus (pas forcément les plus sympathiques, bien entendu!) se laissent guider par des ressentiments liés à ce qui est arrivé des années plus tôt, jusqu'à agir au contraire de leur intérêt bien pesé.
Sans "faire du Zola", Ken Follett nous amène pose des questionnements sur l'hérédité, sur les places de l'inné et de l'acquis. il y a dans ce volume (comme dans le précédent) un certain nombre d'enfants naturels, de bâtards cachés, d'enfants élevés par un beau-parent. Autant les traits de visage et de caractères découlent de l'ascendance, autant les attitudes corporelles semblent dépendre par imitation et imprégnation de la famille où l'enfant a été élevé. Le roman s'achève pratiquement sur un parricide. Entretemps, de nombreuses morts plus ou moins soudaines ou violentes l'auront émaillé. Mais la vie continue... Caris et Merthin finiront par pouvoir sans obstacles filer le parfait amour!
Si plusieurs participants des éditions successives du Pavé de l'été chez Brize avaient chroniqué Les piliers de la terre, aucun sauf erreur de ma part ne s'était attaqué à ce tome-ci, déjà choisi en revanche comme Epais par Enna en 2025.
Pour ma part, je pense que je vais continuer à dévorer cette saga, dont les cinq tomes parus (à ce jour) peuvent se lire indépendamment. Si ce n'est pas pour les Epais de l'été 2025, ce sera pour les Epais de l'été 2026!
Parmi les sorties cinéma de cette rentrée, je conseille Chroniques d'Haïfa. Histoires palestiniennes du réalisateur Scandar Copti qui est arabe israélien né à Jaffa. Les interprètes sont tous des non-professionnels mais ils jouent tous avec talent, en particulier Manar Shehab qui interprète le rôle de Fifi, la plus jeune des enfants d'une famille palestinienne bien intégrée dans la ville de Haïfa. Cependant, on apprend que le père a beaucoup de dettes et devra peut-être vendre le bel appartement où vit la famille. La mère, Hanan, très protectrice, est soucieuse de sauvegarder les apparences. Rami, le fils aîné, voudrait que sa petite amie juive avorte alors que cette dernière n'y tient pas. La première fille de la famille doit se marier et Hanan veut ce qu'il y a de mieux pour la cérémonie; quant à Fifi, la petite dernière, très émancipée, elle ne tient pas à ce que son dossier médical s'ébruite car sa mère apprendrait quelque chose qu'elle ne doit pas connaître. Ces chroniques avec quelques retours en arrière tournent donc autour d'une famille palestinienne. On découvre que le qu'en-dira-t-on et le poids des traditions sont très forts dans cette société gouvernée par les interdits et les haines de chaque culture. Les Juifs et les Arabes ne font que cohabiter, ils se tolèrent mais cela ne va pas plus loin. La caméra suit les acteurs au plus près. J'ai été captivée pendant deux heures. Il n'y a pas de temps mort. Un film à voir s'il passe par chez vous.
C'est en février 2025 que j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) commandé le DVD du film que j'évoque aujourd'hui. Celui-ci n'est passé en salle en IdF que très brièvement. Je l'avais vu annoncé dans Charlie Hebdo (qui évoquait également des séances commentées dans certains cinémas de province notamment). Il m'a fallu du temps pour arriver à en tirer une chronique.
Antonio Fischetti, Je ne veux plus y aller maman, 2024, 110 minutes
J'avais donc contacté par mail Les films de la Boussole (producteur), qui avaient répercuté mon mail à Aktis cinéma (distributeur), qui m'a indiqué que le DVD était disponible à la commande via Helloasso, par lequel je suis passé pour le recevoir chez moi. Je ne sais pas si on peut désormais se le procurer autrement ou non.
C'était près de 10 ans après le massacre d'une grande partie de la rédaction de Charlie Hebdo (dessinateurs et chroniqueurs), dont Elsa Cayat, qu'Antonio Fischetti a été amené à reprendre des "rushes" filmés longtemps auparavant, pour en tirer ce film, à la fois documentaire, hommage et introspection. Lui-même travaille à Charlie depuis 1997. Il y a une vingtaine d'années, il avait eu un projet de film pour interroger son propre rapport à la prostitution, ce qui l'avait amené à rencontrer Elsa Cayat (j'avais évoqué en mai 2020 le livre-entretien qui en était résulté).
Le film commence par un trajet à moto en "caméra subjective", accompagné de voix "off". Il y aura bien d'autres déplacements et trajets à moto d'Antonio Fischetti dans son film, fragmenté et kaléidoscopique. Certains de ces "fragments" dévoilent le contenu d'une dizaine de cassettes VHS d'échanges avec la psychanalyste Elsa Cayat, qui avait donc accepté, 20 ans avant, sa proposition pour un projet un peu fou de film (bien avant qu'elle devienne collaboratrice de Charlie et la seule femme assassinée le 7 janvier 2015). On y aperçoit aussi son "héroïne, la prostituée "Momo" (aujourd'hui décédée). Le lien avec la psychanalyse demeure essentiel: les différents entretiens (séances?) avec Yann Diener, qui tient aujourd'hui la rubrique psy dans Charlie, reviennent à plusieurs reprises. Du coup, une des interrogations semble être la raison de la participation à Charlie: peut-elle être vue comme une démarche "psychanalytique"? Elle est faite en tout cas d'exigence et de remise en cause, pour être sur d'avoir quelque chose de pertinent à dire (comme le dit une des interventions): "il faut accepter que, quand on dessine ou quand on rédige dans Charlie, on montre un peu son cul à tous les passants".
Ce que j'ai perçu entre les images, les voix off et les entretiens, c'est qu'Antonio Fischetti a longtemps été obsédé par le hasard d'avoir échappé au massacre parce qu'il était à l'enterrement de la soeur de sa mère d'une part, et par le fait que c'était lui qui avait amené Elsa Cayat à travailler à Charlie, d'autre part. Quand il a commencé à travailler sur ce documentaire, il a recouru à un financement participatif avec près d'un millier de donateurs ("je ne sais pas où je vais aller avec ce film, mais est-ce que vous voulez m'accompagner?").
Je dirais que le fond du film représente, à côté de cette introspection personnelle, un beau travail de mémoire incluant des opérations-hommages: demander au dessinateur Foolz de rajouter Elsa qui manquait sur une fresque de rue, filmer les autocollants que la fille d'Honoré colle pour que continuent à vivre les dessins de son père... Des sortes de "pèlerinages" vers les différents locaux qu'a connus le journal. Ainsi, il retourne avec l'ancienne attachée de presse de Charlie vers ceux de la rue Turbigo (ils croisent le patron du troquet où l'équipe déjeunait). On voit ses soeurs, qui ramenaient l'hebdomadaire d'humour contestataire à la maison au début des années 70, quand elles étaient en fac et que lui-même avait une dizaine d'années (il le lisait en mangeant ses tartines de goûter). Il évoque Cavanna et leurs origines "ritales" communes. Il va voir chez lui Willem, dernier survivant de l'équipe mythique, "dernier pont vers [son] enfance" (AF a pris conscience qu'il a aujourd'hui passé l'âge qu'avaient les dessinateurs qu'il découvrait dans son enfance...). Il se rappelle que, dans sa jeunesse, il était fasciné par les images "transgressives" de Charlie liées au sexe. Plus tard, la criminalisation est venue par Mahomet...
La forme de Je ne veux plus y aller maman pourra en désorienter certains (c'est sans doute fait exprès). Ce "film-concept", j'ai voulu le voir, mais je trouve difficile d'en parler à qui ne l'a pas vu. Je n'ai pas pu visionner les bonus qui ne semblent pas fonctionner avec mon lecteur de DVD (à moins qu'il faille être connecté d'une manière ou d'une autre?). Je me sens en tout cas tout à fait en accord avec ce qu'AF dit dans le petit livret qui accompagne le film: "être Charlie, c'est brandir le droit républicain d'être athée et de blasphémer".
Je viens de passer 4 jours à Rome. Je n'y étais pas allée depuis 25 ans. De mémoire, la ville éternelle n'a pas trop changé. C'est une ville toujours aussi belle et passionnante. Rome est jumelée avec Paris depuis 1956. Rome, en septembre, c'est agréable. Il a fait entre 27° et 29°. Et il y a encore beaucoup de touristes (même des Italiens). J'ai eu l'impression qu'il y avait plus de touristes qu'à Paris. Rien que le Colisée est visité, paraît-il, par 30 000 personnes par jour.
Voici quelques photos de mes coups de coeur. Comme je suis loin d'avoir tout (re)vu, j'espère y retourner d'ici deux ou trois ans. J'ai beaucoup marché et pris le métro, il y a deux lignes principales, la A (orange) et la B (bleue). Elles sont très fréquentées. Mais Rome, c'est aussi beaucoup de bus qui vont dans tous les sens. Les lignes de métro contournent le centre historique pour des raisons que l'on peut imaginer.
Voici quelques photos :
C'est l'une des premières que j'ai prises. Ce sont de vraies tomates devant un restaurant.
Saint-Pierre de loin, j'ai évité la foule.
Le château Saint-Ange qui se visite.
La piazza Navona (ancien stade de Domitien).
quelques fromages italiens...
Le marché à Campo di Fiori.
L'église Saint-Louis des Français date du XVIème siècle. Dans la chapelle Saint-Matthieu au fond à gauche, il y 6 tableaux dont 3 peints par Le Caravage entre 1599 et 1602, ils sont magnifiques.
Le martyre de Saint-Matthieu.
Saint-Matthieu et l'ange.
La vocation de Saint-Matthieu.
La place d'Espagne, comme la fontaine de Trevi rassemblent beaucoup de monde. Pour la fontaine de Trevi (ci-dessous), il y a des barrières et un sens pour les visiteurs, le surtourisme, c'est quelque chose.
Du coup, j'ai été contente de m'éloigner de la foule, c'est pourquoi je suis retournée au cimetière protestant de Rome situé à côté de la Pyramide. Dans le cimetière (la porte d'entrée est discrète et pas facile à trouver), on trouve quelques tombes célèbres dont celle de deux poètes romantiques anglais du 19ème siècle : Percy Shelley et John Keats. C'est un endroit calme. Personnellement, j'apprécie d'aller dans les cimetières.
La pyramide de Caius Cestius (construite entre 18 et 12 avant J.-C.) vue du cimetière.
Depuis le décès du pape François, Sainte-Marie Majeure qu'il a choisie comme dernière demeure est devenue un lieu de pèlerinage entouré de barrière avec le contrôle des sacs par la police. Il y a 25 ans, on y entrait très facilement et j'avais eu le coup de foudre pour cette basilique très claire. Elle est toujours aussi belle, mais désormais il y a la queue pour se recueillir sur la tombe du pape défunt.
Je termine avec la Rome Antique avec deux photos, le Colisée à l'extérieur et à l'intérieur. À mon avis il faut presque 2 jours pour tout voir entre le Colisée, le Palatin et les Forums. J'espère que ces photos vous donneront envie de (re)voir la capitale de l'Italie.
À l'intérieur, on se rend compte que le Colisée n'est pas rond mais ovale.
C'est la face nord du Colisée qui est la mieux conservée (si je puis dire).
D'Eric Fouassier, j'ai lu les quatre volumes du cycle Le bureau des affaires occultes avec Valentin Verne, les quatre histoires se passant dans les années 1830. Avec Requiem pour la dame blanche (Albin Michel, 393 pages), l'écrivain nous emmène en 1916 au moment de la bataille de la Somme et quinze ans plus tard. L'essentiel de l'intrigue est une histoire de crime impossible en chambre close. La dame blanche du titre est Sybil fusillée de manière expéditive pour trahison en 1916 par six hommes dont cinq que l'on retrouve en 1931 dans une immense demeure en Picardie. Parmi eux, il y a un détective Florimond Blache, Martin Clancier, un bellâtre qui vit beaucoup des. femmes, le colonel Georges Saint-Leger (le propriétaire de la demeure), membre du deuxième bureau, Perrin (qui ne fera qu'une apparition avant de mourir) et Paul Mihalesco, très doué pour déchiffrer des messages Cette réunion est organisée par Saint-Leger à la suite d'un message trouvé sur un pigeon voyageur. Il y a un traitre parmi les cinq, responsable de la mort d'une innocente. Albert Saulx, le sixième homme a été tué d'un coup de baïonnette dans son avion nieuport. Un meurtre incroyable. Quinze ans plus tard, on sera témoin de deux autres assassinats incompréhensibles dans cette demeure où il aussi un couple de domestique et une invitée surprise, Yvonne, une très belle jeune femme. Je ne dévoile rien d'autre. Il y a vraiment du suspense. Le récit est très bien mené. Je conseille ce roman que j'ai lu en trois jours. Lire le billet de belette2911.
Sorti le mercredi 27 août 2025, je vous conseille fortement d'aller voir La femme qui en savait trop (Shahed pour le titre original) qui est un film germano-autrichien réalisé par Nader Saeivar qui l'a co-écrit avec Jafar Panahi (lequel a aussi fait le montage). Je rappelle que Jafar Panahi a reçu la Palme d'or à Cannes en 2025 pour son film Un simple accident qui sortira le 1er octobre prochain (et que j'ai eu la chance de voir fin mai 2025). La femme qui en savait trop (le film n'a rien à voir avec un film d'Alfred Hitchcock) met en lumière la corruption des hommes et les violences faites aux femmes en Iran de nos jours. Tarlan, une professeure de danse et d'histoire à la retraite et qui a aussi fait de la prison, est très attachée à sa fille adoptive, Zara, passionnée de danse et qui a ouvert une école. Zara est mariée à Salat, un cadre du régime qui voit d'un très mauvais oeil la profession de sa femme. Il voudrait qu'elle (1) lui obéisse et qu'elle ferme l'école. Il la bat régulièrement. La petite-fille de Tarlan et belle-fille de Salat est témoin comme sa grand-mère, à un autre moment, d'une scène qu'elles n'auraient pas dû voir. Pendant tout le film, les hommes n'ont pas le beau rôle. Le propre fils de Tarlan qui a fait aussi de la prison pour malversations financières est un lâche comme tous les autres. On assiste à la pression psychologique exercée sur Tarlan et sa petite-fille par tous ces hommes. C'est terrifiant. On sent une menace constante envers ces femmes. L'atmosphère générale est pesante dans un pays où les gens sont épiés. La scène qui clôt le film est très belle et amène un peu d'espoir. Il faut noter l'interprétation de premier ordre de Maryam Boubani qui joue Tarlan. Le réalisateur qui a tourné en Iran dans la clandestinité vit désormais en Allemagne. Lire le billet de Baz'art.
Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) chronique aujourd'hui deux livres "jeunesse", tous deux éligibles au Book trip en mer (saison 2) de Fanja. Mais ces histoires "maritimes" sont très différentes l'une de l'autre...
Eth Clifford, Les naufragés du Moonraker, Flammarion, coll. Castor Poche N°106, 1988, 348 pages
Anne Rossi, La mer aux esprits (Barthélemy Styx, 1), Serineo, 2014, 284 pages
Le Trois-mâts Moonraker ("vise-lune", selon la traduction que j'avais mémorisée à l'époque de la sortie au cinéma du James Bond numéro 11!) n'a jamais existé. L'histoire de son dernier voyage et de son naufrage est tout de même inspirée d'une histoire vraie, mais romancée avec des personnages plus "identificatoires" pour le public visé. En mai 1886, cela fait sept mois que le jeune Cat est mousse à bord du voilier, et en butte aux brimades de certains matelots: "aux yeux des matelots aguerris, le mousse était corvéable à merci", et malheur à lui s'il regimbe! Le voilier vient de quitter Melbourne (Australie) à destination de Londres (via le Cap Horn) avant de revenir en Amérique (notre jeune héros est originaire de Boston). Parmi les passagers se trouvent nombre de chercheurs d'or (avec leur or...), quelques femmes et enfants... Terre en vue! Ce doivent être les îles Auckland. Le navire, déventé, est poussé inexorablement par le courant vers des falaises abruptes... jusqu'à une grotte obscure (p.61). Le navire y sombre... Quelques pages plus loin, il ne reste plus que 10 personnes, sur deux petits canots, des 83 qui avaient quitté le port de Melbourne, à peine dix jours plus tôt (notre mousse, le second, des matelots, des passagers dont une femme). Il vont mettre une journée à trouver un endroit où aborder, pratiquement sans nourriture, et nous sommes en hiver dans cet hémisphère. Il va leur falloir apprendre à survivre sur leur île déserte, en proie à une cruelle indigence. Venez à leur secours ou ils sont perdus (disent à peu près les "bouteilles à la mer" qu'ils envoient...). Leur vie sur l'île (archipel, plutôt) durant des mois représente à peu près les deux tiers du livre (11 chapitres sur 17). Tous ne seront pas sauvés... Mais j'ai apprécié les péripéties réalistes.
Eth Clifford (1915-2003) se serait inspirée, comme il est écrit dans la "Note de l'auteur" qui précède mon édition, du véritable naufrage du General Grant intervenu dans les mêmes conditions. Je ne sais pas si le texte romanesque que j'ai lu a été "abrégé" ou non pour cette édition en français (j'ai relevé certaines ellipses qui me feraient songer que oui, mais je peux me tromper faute de confrontation à d'autres versions du texte - The Curse of Moonraker: A Tale of Survival était paru en VO en 1977).
Enfin, je pense (j'espère?) que cette auteure américaine est éligible au challenge American Year 2025 de Belette2911, puisque le navire est aussi américain, même si le gros de l'histoire se déroule hors Etats-Unis...
Autre histoire maritime, mais changement de registre avec les aventures de Barthélemy Styx, 1. la mer aux esprits. Fils d'un armateur négrier de Nantes, le jeune Barthélemy Charon (14 ans environ) résiste à une bastonnade de son père lorsque celui-ci veut le punir d'avoir quitté prématurément une réception à visée matrimoniale, et c'est le drame. Il chevauche alors jusqu'à Paimboeuf où il arrive à s'embarquer comme mousse à bord du Bonaventure, en dissimulant son nom et sa bourgeoisie bien entendu. Et en route vers le Sénégal pour y charger une cargaison d'esclaves à destination "des îles"...
Pour le moment, nous sommes encore dans un univers réaliste. Mais je n'ai pas encore dit que le gamin discute avec son médaillon (qui semble hanté par l'image de sa mère décédée qu'il contient). D'autre part, en mer, certains récits parlent de la Terre des légendes, une île des Bermudes que nul n'a pu aborder... mais dont les habitants (?) auraient le pouvoir de calmer les tempêtes. L'une des filles esclaves (qui lui plairait bien), paraît, comme lui-même, avoir quelques talents en "sorcellerie"... Un soir (p.78) retentit le cri de la vigie: "pavillon noir par tribord arrière!". Canonné, le Bonaventure coule p.87, non sans que nos deux mousses (oui, il y a aussi un jeune Jean) aient pu libérer la cargaison de ses chaînes. Tous sont recueillis à bord du Juracan, dont le capitaine lui semble "indigène" (il s'avère métis). La jeune Noire se nomme Oluchi. "(...) dans ton pays, on nie l'existence de la magie. Mais ce n'est pas parce qu'on ne parle pas d'une chose que celle-ci n'a pas de réalité. (...) il existe des humains qui possèdent une capacité plus ou moins poussée à communiquer avec les esprits. De la même façon, il existe des esprits plus ou moins puissants, selon le lien qu'ils ont conservé avec le monde des vivants." (p.122-123). Après moult péripéties, le Juracan (qui a débarqué en lieu sûr les centaines d'esclaves libérés) aborde une île des Caraïbes (la fameuse terre des légendes)... et ce tome 1 s'achève ici. Le volume se conclut sur quatre pages pédagogiques, expliquant (décriant) ce qu'ont été la traite et le commerce triangulaire.
Un second tome (titré Barthélemy Styx 2. La terre des légendes) est paru dès 2014, mais je n'ai pas eu l'occasion de mettre la main dessus (ces livres ne sont pas - ou plus? - dans les médiathèques parisiennes). En tout cas, ce premier tome avait été chroniqué en 2014 par Marie et Anne et Sharon.
Pas plus qu'Eth Clifford, Anne Rossi ne dispose sur wikipedia (en français, consulté ce 30 août 2025) de page à son nom. J'ajouterai juste que ce roman maritime jeunesse-là (qui se lit gentiment) est à mon avis éligible aussi au 13e challenge de l'imaginaire chez Tornade.
Voici deux romans policiers qui se lisent très bien.
J'ai lu La sagesse de l'idiot de Marto Pariente (Folio policier, 347 pages) après avoir lu, du même auteur, Balanegra, qui m'avait emballée. La sagesse de l'idiot (publié en 2024 pour la traduction française) a été écrit avant Balanegra, c'est peut-être pourquoi l'histoire n'est peut-être pas aussi aboutie, mais c'est très bien quand même. L'histoire est narrée à la première personne par Antonio (Toni) Trinidad, le seul policier d'une petite ville espagnole. Toni est un homme qui s'évanouit devant le sang et ne porte pas d'arme. Il est très proche de Vega, sa soeur alcoolique et pas très bien dans sa tête (on apprend pourquoi), qui tient seule le casse de la ville depuis que son mari Chimo (qui dealait) a disparu. Désormais, c'est elle qui doit de l'argent à un dealer local surnommé l'Apiculteur. Triste, le meilleur ami de Toni est retrouvé pendu. Toni commence donc à avoir des ennuis et il ne sait pas que des "malfaisants" qui vont s'entretuer ont mis un contrat sur sa tête. Toni ne panique pas, et c'est tant mieux car un tueur à gages est après lui. Son poste de policier est menacé et Rocha, un policier de l'Unité antidrogue, veut se débarrasser de lui. Le roman est bien mené avec plein de péripéties. Un roman que je conseille. Lire les billets de La petite souris, Actu Du Noir, Pierre Faverolle et Sharon.
Mourir en juin d'Alan Parks (Rivages Noir, 365 pages) paru en 2025 est le premier roman que je lisais de cet écrivain et ce fut une bonne surprise. Alan Parks a choisi des titres en prenant les mois de l'année : Janvier noir, L'enfant de février, Bobby Mars forever, Les Morts d'avril et Joli mois de mai.
Mourir en juin se passe entre le 28 mai et le 28 juin 1975 à Glasgow en Ecosse. Il y a plusieurs intrigues qui s'entremêlent: des SDF que l'on empoisonne, la femme d'un pasteur affirmant que son petit garçon a disparu alors qu'il ne semble pas exister. Harry McCoy est le personnage principal récurrent (présent dans les romans précédents) qui, accompagné de son adjoint Wattie, va être muté temporairement dans un autre commissariat à Possil (un quartier de Glasgow). Ils sont chargés d'une mission: démasquer des flics ripoux tout en essayant de découvrir qui assassine les SDF (dont le père de McCoy). Le solstice d'été du 21 juin permet de dénouer l'énigme de l'enfant disparu. Pour information, l'auteur de la photo de couverture est Raymond Depardon. Je ne manquerai pas de lire au moins un des romans précédents de l'auteur (que je viens d'emprunter à la bibliothèque). Lire les billets d'Actu Du Noir et Nyctalopes.
Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente trois films récemment chinés dans des bacs d'occasions. Dasola était plutôt dubitative au départ (elle n'aime guère l'idée que j'encombre encore plus ses étagères...). Après visionnage, je dirais que ces films américains de "série B" (je suppose) ont quand même quelques qualités. Ils sont tous construits autour d'une vedette. Et ce n'est pas leur seul point commun: soleil, sable et eau... et la guerre par-dessus tout cela (la Seconde Guerre mondiale).
Les éditions Atlas ont cessé leur activité en 2019.
Sahara, réalisé par Zoltan Korda, est sorti en 1943 (en pleine guerre), avec en vedette Humphrey Bogart, qui joue le rôle d'un chef de char. Après avoir recueilli des soldats alliés de différentes unités ainsi que deux prisonniers (l'un italien et l'autre allemand), il va défendre un fortin présenté comme seul point d'eau dans le désert contre une nombreuse troupe allemande assoiffée. Quelques grands moments. Tous ne verront pas la fin de la bataille (quant à la fin de la guerre, il n'en était pas vraiment question bien sûr).
L'île des braves, sorti en 1965, est le seul film réalisé par Frank Sinatra (qui y tient aussi un rôle - pas forcément la vedette). Dans une île du Pacifique occupée par une petite garnison japonaise isolée, en 1943 (la bataille de Guadalcanal semble terminée), se "crashe" un C-47 américain (version militaire de l'avion de transport DC3) mitraillé par un chasseur japonais, qui lui-même fait "match nul" avec le chasseur d'escorte américain (pas de survivant des deux chasseurs). Dans l'avion de transport, par contre, seuls le copilote et le mécanicien ont été tués. Une section de "bleus" Marine commandés par un jeune lieutenant, l'infirmier de bord (Frank Sinatra) et le pilote (qui a grade de capitaine) vont devoir s'organiser, chercher à réparer la radio de l'appareil... Ils découvrent vite qu'ils ne sont pas seuls: l'ennemi se manifeste à l'approche d'un navire américain, qui repart sans avoir aperçu les naufragés de l'air. Les ennemis vont devoir co-exister, concrétiser une trêve sans fraterniser, protéger ensemble leur unique source d'eau potable contre les éléments déchaînés. Mais la guerre reprendra finalement tous ses droits jusqu'à extermination totale de l'un des deux camps. À la fin du film, le drapeau japonais flotte toujours sur l'île.
Le cinquième commando est le plus tardif des trois films (1971, réalisé par Henry Hathaway). Ici, la dimension héroïque du film d'aventures de guerre se développe sans contraintes. Richard Burton incarne un chef de commando (SAS) qui ne s'embarrasse guère de scrupules pour utiliser des "ruses de guerre" susceptibles de le faire fusiller comme espion: nécessité fait loi, pour une mission faisant songer à ce que l'on peut lire ou voir dans Les Canons de Navarone, même si elle se déroule à proximité de Tobrouk en 1942. La femme de service (une "proche" de l'état-major italien) sert, quant à elle, de sauf-conduit involontaire, grâce aux piqures qui la maintiennent hébétée. Rommel discute philatélie...
Sauf erreur de ma part, aucune des trois vedettes n'a combattu durant la Seconde guerre mondiale (Bogart a été timonier sur un transport de troupes lors de la Première guerre mondiale). Dasola n'a pas réussi à me dire l'ordre dans lequel elle avait préféré - ou pas ces trois films. On n'a plus qu'à les revoir?
C'est le sixième roman de Horst que je lis et le 5ème que je chronique. Après Le code de Katharina (que je n'ai pas chroniqué), j'avais laissé Jorn Lier Horst un peu de côté. Et puis dans une des six bibliothèques que je fréquente à Paris le plus souvent, je suis tombée sur Le dossier 1569 (437 pages, Gallimard Série Noire) où j'ai eu le plaisir de retrouver l'inspecteur Wisting en vacances chez lui qui ne sait pas quoi faire à part tondre sa pelouse. À cause de missives anonymes trouvées dans sa boîte aux lettres, il va enquêter sur un "cold case" datant de 1999, ce dossier 1569: le viol et le meurtre de Tone Vaterland, une jeune fille de 17 ans qui rentrait à bicyclette de son travail de serveuse. C'était le 4 juillet 1999. Elle s'était arrêtée près d'un lac pour s'y baigner avant de rentrer chez elle. On a retrouvé son corps trois jours après. Le meurtrier présumé et plus tard condamné était Danny Momrak, son ex-petit ami avec qui elle venait de rompre. Il a purgé une peine de 17 années de prison. Wisting décide de rouvrir l'enquête officieusement, d'autant plus que plusieurs lettres arrivent plus tard dans sa boîte avec des coordonnées GPS ou le numéro d'un autre dossier. Il semble que Danny Momrak ait été condamné à tort. Par ailleurs, Wisting suit avec intérêt un fait divers du moment dans lequel le corps d'une femme qui a disparu trois jours plus tôt est retrouvé brûlé dans une maison incendiée. J'annonce tout de suite qu'il n'y a aucun rapport entre les deux affaires. J'ai trouvé l'ensemble bien mené avec plusieurs suspects dont une journaliste. Wisting toujours veuf mais qui s'occupe bien de sa petite-fille Amalie quand sa fille Line lui demande est un personnage plein de sagesse qui découvre que certaines techniques modernes d'investigation en plus de l'ADN sont utiles dans les enquêtes: les analyses électriques, les caméras qui nous surveillent, les pas qui sont enregistrés sur les téléphones portables, etc. Un roman intéressant que j'ai lu en deux jours.
Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) finalise enfin un billet sur une oeuvre dont j'avais entamé la (re)lecture après le 15 juillet 2025. Je pensais terminer avant fin juillet afin d'avoir une seconde participation pour le challenge de Cléanthe dont le thème du mois était Voyage dans les Alpes, et où j'avais relevé un billet sur Premier de cordée. Cela m'avait rappelé que je possédais pas mal de Frison-Roche dans ma pochothèque, notamment son autobiographie publiée dans les années 1980 et dont j'avais acheté les deux tomes en "J'ai lu" il y a un peu moins d'une quarantaine d'années... biographie rééditée par la suite en un épais volume! Mais... pas si facile, en voyage, avec juste quelques heures de lecture nocturne (à deux dans une chambre d'hôtel ou dans un studio, il n'y a guère qu'un endroit bien éclairé où l'on puisse lire assis - je vous laisse deviner lequel -, et ça manque de confort). Bref, j'ai jeté l'éponge pour la "course contre la montre" à l'approche du 31 juillet, et ai terminé tranquillement ma relecture en août, pour contribuer au moins aux challenges estivaux de gros bouquins (épais de l'été 2025, mais aussi pavés de l'été2025 de Sibylline et saison Eté des pavés "quatre saisons" chez Moka).
Roger Frison-Roche, Le versant du soleil
* Tome 1, j'ai lu N°1451, 378 pages & Tome 2, 379 pages, 1983 (copyright Flammarion 1981)
* Réédition en un volume: Arthaud, Coll. classique Arthaud, 2007, 816 pages
Pour ma part, j'avais acquis le tome 1 en 1986 et le tome 2 en 1989 seulement, bien après d'autres oeuvres alors disponibles en "livre de poche" de l'écrivain Roger Frison-Roche (1906-1999) dont Le versant du soleil est l'autobiographie. Le premier tome compte cinq parties, des origines familiales de Roger Frison-Roche jusqu'à l'évocation de la période d'Occupation dans le pays de Beaufort où il s'était réfugié. Le tome deux poursuit cette cinquième partie avec le "versant" résistance et lutte active contre les Allemands après le Débarquement de Provence, les deux dernières amènent l'écrivain (dont la carrière a véritablement commencé avec Premier de cordée, paru en 1942 et dont un film a été tiré dès 1944 sous l'Occupation) jusqu'au tout début des années 1980... (la dernière page de l'ouvrage est datée "Derborence, 23 juin 1981").
Ça commence par une bêtise de gamin dans le café familial. Occasion pour Frison-Roche de signaler que, bien que né (le 10 février 1906) à Paris (où ses parents étaient "émigrés temporaires"), il s'est toujours considéré comme savoyard, et plus particulièrement de la vallée de Beaufort. Ecolier, il appréciait surtout les vacances d'été au chalet de son oncle, à 1200 m d'altitude: mener la "vache d'été" (la seule qui n'est pas partie dans les alpages) au pâturage, aider aux travaux des champs... L'été 1914, leur mère les y a rejoint, son frère et lui, et les enfants, scolarisés sur place, y sont restés jusqu'à la rentrée 1915. L'été 1920 sera son dernier à Beaufort: en fin d'année scolaire 1921, sa mère n'étant plus en mesure de payer des études au collège Chaptal, il faut travailler (à 14 ans et demi): ce sera à l'agence Cook, avant de rentrer au Touring Club de France "au culot". Puis, alors qu'il a envoyé moult lettres de candidatures à différents offices de tourisme des Alpes, sa qualité d'ancien "chaptalien" fait que le Président de la chambre hôtelière de Chamonix lui donne sa chance en tant que secrétaire des trois organismes touristiques chamoniards, à dater du 1er avril 1923. "J'ai 17 ans et je pars pour conquérir le monde". Fin de la première partie (p.94).
La deuxième partie est titrée "La vallée fermée", couvre 105 pages (en 16 chapitres) et amène Roger Frison-Roche jusqu'en 1938 (avec moult anecdotes et grandes rencontres de personnages bien oubliés de nos jours). Découverte du ski, et du monde de l'alpinisme. "Mes compagnons et voisins étaient les guides, ces montagnards de l'échelon supérieur". Il gagne leur confiance par quelques prouesses. Il parle des "Jeux de Chamonix" de 1924, qui n'avaient pas encore le droit de s'appeler officiellement "Jeux olympiques d'hiver". Quant à lui, des guides font appel à lui comme "porteur" (sans bien sûr qu'il ait encore le droit d'être "premier de cordée"). Premiers pas dans le journalisme, service militaire en 1926-27 dans le 93e régiment d'artillerie de montagne... et un mariage local en 1930 (le 3 mars)! La même année, il réussit l'examen de guide de montagne, coopté par la compagnie des guides de Chamonix (fondée en 1823), premier "étranger" (hors Chamonix et Argentière) depuis un siècle! Mais une embrouille avec un grand patron hôtelier amène Roger Frison-Roche à démissionner de ses emplois stables dans le tourisme. Il se reconvertit comme professeur de ski. Encore une embrouille, et il échoue en 1935 à un examen crucial de moniteur-chef malgré son palmarès en compétition. Il fait un peu de cinéma de montagne... et découvre le Hoggar quand on vient le chercher pour gravir quelques pics dans le Ténéré (il en tirera des articles repris dans son livre Carnets sahariens). J'ai appris que dès les années 1930, des Américains emmenaient un éléphant dans les Alpes pour tenter de reconstituer la traversée d'Hannibal (par le col du Grand Saint-Bernard, plus tard par celui du Clapier...). Comme journaliste, il était là lors de l'agonie de Staviski (oui, celui de l'affaire - anecdotes encore). Puis couvre les jeux olympiques d'hiver de Garmish-Partenkiren (Bavière) en 1936, et les championnats du monde de ski en 1938 à Engelberg (Suisse), quelques jours avant l'Anschluss. La guerre approche...
Troisième partie, "Une terre nouvelle" (pp.201-299, 12 chapitres): le 11 novembre 1938, la petite famille (déjà deux jeunes enfants) arrive à Alger, Roger étant recruté comme journaliste à La dépêche algérienne. Durant la drôle de guerre, il réussit après quelques tribulations à prendre du service dans le 14e corps d'armée, à Uriage (Isère - 38), qui résiste victorieusement à l'offensive italienne sur les Alpes, lorsque l'Italie déclare la guerre le 11 juin 1940. Après l'armistice, démobilisé, Frison-Roche repart en Algérie avec sa famille. Fin 1940, son patron lui commande des articles "susceptibles de redonner confiance à la jeunesse". Cela donnera Premier de cordée, écrit comme un feuilleton en trois mois, puis envoyé à l'éditeur Benjamin Arthaud à tout hasard. Mai 1941: le général Weygand lance une expédition pour tâcher de faire substituer l'huile d'arachide du Niger ou l'huile de palme du Dahomey au. carburant dont l'Algérie manque, notre journaliste saharien en fait partie (mais les baronnies locales bloqueront tout transfert de matière première d'une colonie française à une autre). Inconsciente, la famille (3 enfants désormais) va passer l'été 1942 à Chamonix en vacances familiales avant de revenir à Alger, où elle se trouve le 7 novembre quand les Américains débarquent en Algérie (mais laissent les Allemands débarquer en Tunisie). Frison-Roche se fait nommer correspondant de guerre. Le 25 décembre, il est fait prisonnier sur le front tunisien. En février 1943, il subit tout un périple (avion vers Sicile, Naples...) vers Paris puis jusqu'à Vichy (train...), d'où quelques complicités lui permettent de s'évaporer pour rejoindre Chamonix.
"Interlude, l'été 1943" (pp.301-353), raconte sa vie clandestine en zone d'occupation italienne (et non allemande). Il évoque tout l'éventail des possibles entre collaborateurs et résistants: bien connu dans la vallée, personne ne l'a dénoncé. Mémorable randonnée à ski, aller-retour, à Beaufort, avec deux compagnons, pour ramener quelques dizaines de kilos de fromage de Beaufort. Tournage du film tiré de Premier de cordée (les producteurs lui ont obtenu un Ausweiss sans qu'il ait dû répondre à des questions indiscrètes). L'Italie signe un armistice le 8 septembre 1943. Dès le 9 septembre, les Allemands occupent la Savoie.
La partie 5, "Les montagnards de la nuit", commence sur 3 chapitres et quelques dizaines de pages. Elle se poursuivra dans le second volume de mon édition.
Il y est question de l'organisation des maquisards et de l'Armée secrète, qui adoptent comme tactique de laisser en paix dans le département les Allemands en attendant le soulèvement général (sur instruction de Londres) qui permettra de le libérer. J'ai trouvé ce chapitre fort redondant avec la version romancé lue dans Les montagnards de la nuit publiée en 1968 (13 ans avant ces mémoires). Un épisode intéressant où Roger Frison-Roche dupe une patrouille allemande en parlant le patois savoyard et en effectuant sous leurs yeux une journée de travaux des champs... avant de reprendre quelques mois plus tard du service (et du galon) comme lieutenant à la 5e demi-brigade de chasseurs alpins une fois celle-ci (re)constituée. Les derniers morts avant la victoire... L'occupation temporaire de la Vallée d'Aoste... Et son retour en Algérie, où il constate (dit-il) qu'on l'avait en mai 1943 accusé de désertion et de collaboration, pour des raisons politiques (discréditer le journal La dépêche algérienne et sa direction, et mettre la main dessus).
"La vie recommencée" (sixième partie) occupe les pages 107 à 251. En 1945, il revient au journalisme, mais comme "grand reporter", ce qui lui permet de voyager dans l'Europe qui se relevait lentement de ses ruines. Après l'expropriation de La dépêche algérienne, il passe à L'Echo d'Alger (pas la même nuance politique). Quelque mots sur le Tanger de la grande époque (trafics...). Voyage en Suède, sous la prohibition d'alcool (quelques pages savoureuses). Je retiens une bonne définition du métier du reporter (p.164): "C'est accepter de partir immédiatement n'importe où. C'est aussi, bien souvent, parler de choses qu'on ne connaît pas et devoir les expliquer clairement au grand public". Le chapitre 10 (pp.184-190) donne un aperçu intéressant de cette activité de conférencier pour Connaissance du monde: des documentaristes qui remplissaient les salles, dans les années 1945-1960, en commentant photos et films de pays ignorés de leur public - sans doute une activité que la télévision a fini par tuer. J'y ai retrouvé des noms que je connais (Christian Zuber, Albert Mahuzier) et bien d'autres que j'ignorais. Cette partie (qui contient aussi la mort du fils unique, élève pilote de chasse) se clôt sur le départ du reste de la famille, de l'Algérie vers la métropole, en 1955.
La septième et dernière partie est titrée "Les années qui passent". Elle est celle qui en couvre le plus (jusqu'en 1981). Frison-Roche a vécu encore 18 ans après la parution de cette autobiographie. Mais reprenons dans l'ordre chronologique. Découverte de la Laponie en 1957, rédaction tant de récits de voyages que de romans s'y déroulant... Achat d'un terrain à Chamonix ("sur le versant du soleil, bien sûr"), en 1960: il y fera construire un chalet (nommé "Derborence" en hommage à l'écrivain C.F. Ramuz) destiné à loger sa famille, afin de pouvoir y accueillir plus tard ses petits-enfants (8)... et même leur descendance (3 en 1981). L'âge arrivant, il a dû renoncer à les initier à l'alpinisme. Il est retourné à plusieurs reprises dans le Ténéré décolonisé. Mais aussi chez les peuples de l'Arctique (Indiens, Eskimos). Sa dernière véritable expédition a été vers la rivière Nahanni, en 1969. Mais il a continué à voyager. J'ai entendu dire que, figurant au tout début des années 1980 dans un "jury" de la Guilde du raid chargé d'attribuer quelques subventions pour de jeunes "aventuriers", il avait semblé ne pas très bien comprendre de qui il s'agissait quand on présentait un projet d'expédition filmée pour accomplir une "première" descente en kayak et en raft, en Amérique du Nord...
Evanouis de Zach Cregger est un conte horrifique qui m'a plu. 2h17 du matin, 17 enfants, des écoliers d'une même classe d'un collège sur la côte est des Etats-Unis, quittent en courant, leur domicile. Que se passe-t-il? Ils se sont littéralement évanouis dans la nature. Justine, la maîtresse de cette classe, est désemparée. Il ne reste plus qu'un élève dans la classe déserte, Alex Lilly, qui ne dit rien. Le film est découpé en plusieurs chapitres dont chacun a comme titre le nom d'un des personnages de l'histoire. Justine (la maîtresse), Archer (un des parents d'élèves), Marcus (le directeur de l'école), Paul (un policier et l'ex-petit ami de Justine) et James (un cambrioleur toxicomane). Chaque chapitre fait avancer le récit et souvent l'un chevauche l'autre. La construction du récit est bien faite. Justine a des problèmes avec l'alcool et elle est accusée par toute la communauté d'être responsables de ces disparitions. Elle suit de loin Alex qui rentre chez lui. Il vit dans une grande bâtisse avec ses deux parents et une tante souffrante qui est arrivée de manière impromptue. Je ne vous dis rien de la suite qui fait peur mais pas trop. Un film que je suis contente d'avoir vu alors que je ne suis pas forcément fan de ce genre. Lire le billet de Jenevelle Laclos.
Emprunté en bibliothèque en même temps que Stella, j'ai eu à nouveau la main heureuse avec Les fugitifs d'Aber Mukherjee lu en un peu moins de 48 heures. J'ai dévoré ce roman policier de 404 pages (Editions Liana Levi). D'Abir Mukherjee, j'avais bien apprécié ses cinq romans qui se passent dans les années 20 en Inde et là, il change d'époque et de pays avec une intrigue qui se passe de nos jours aux Etats-Unis, à quelques jours d'une élection présidentielle où deux candidats s'affrontent: une Démocrate (vice-présidente en fonction) et un Républicain très à droite (suivez mon regard). C'est un roman vraiment réussi où la tension est maintenue jusqu'au bout. L'histoire, qui se déroule sur huit jours, commence quand Yasmin, une jeune fille d'origine indienne arrivée aux Etats-Unis à Portland dans l'Oregon quelques semaines auparavant, est liée à un attentat à la valise piégée dans un centre commercial à Los Angeles, et en meurt. Jack, l'homme qui l'accompagnait, s'est volatilisé. Shreya Mistry, une femme agent du FBI, est chargée de l'enquête. Grâce aux caméras de surveillance, elle trouve assez vite la personne responsable du carnage. Au moins un autre attentat aura lieu. Une autre jeune fille, Aliyah, venue d'Angleterre via Dubaï, avait atterri en même temps que Yasmin. A l'aéroport, on est venu les accueillir, elles sont montées dans le même pick-up et ont disparu. À Londres, le père d'Aliyah, originaire du Bengladesh, est longuement interrogé mais il ne sait pas où se trouve sa fille, persuadé qu'il est qu'elle était partie au Japon. Le titre Les fugitifs se rapporte au fait qu'Aliyah et un certain Greg, doué pour fabriquer des bombes, sont poursuivis par le FBI. Il y a aussi la mère de Greg et le père d'Aliyah, Sagid Khan, qui cherchent leurs enfants avant qu'il ne soit trop tard. Et puis, il y a une femme aux cheveux blancs, une certaine Miriam ou Maria ou Mary, une personne très dangereuse qui manipule son monde. Le roman raconte surtout une histoire de terrorisme intérieur à la veille d'élections nationales. Un roman que je conseille en attendant la publication de son nouveau roman paru en anglais pour l'instant où l'on retrouvera j'espère, le capitaine Sam Wyndham et le sergent Banerjee. Lire les billets de Baz'art et Actu du noir.
CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR.
Critiques et opinions sur films, livres et spectacles.
[Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine" (262 commentaires, du 17/01/07 au 31/03/26)].
STATISTIQUES, INFORMATIONS, RECORDS (DEPUIS LA CRÉATION DU BLOG)
* Blog créé le 09/01/2007, transféré sur Canalblog en juin 2007, migré à l'insu de son plein gré sur l'outil Overblog en février 2024 *
3084 billets (au 11/04/26) dont tous ont eu au moins un commentaire
37 127 commentaires (au 07/04/26 [+ 2 [anciennement 203] "égarés" lors de la migration"]) [dont 269 dasola] par au moins 1300 personnes, dont 43 (re)venues en 2026
423 blogueurs [dont 137 actifs en 2026] m'ont fait au moins 5 et jusqu'à 1329 (au 03/04/2026) commentaires (voir ci-dessus)
Abonnés (être prévenu à chaque nouveau billet publié sur le blog): 81 au 31/03/26 (via "Newsletter" ci-dessus)