Le blog de Dasola

Derniers commentaires
Archives
Challenges terminés

Pour les challenges de l'année en cours, 
voir colonne de droite

19 février 2026

Maigret et le mort amoureux - Pascal Bonitzer

Enfin un film qui m'a comblée: les dialogues sont bons, l'interprétation est de tout premier ordre (la plupart des acteurs viennent du théâtre), la réalisation est sans temps mort et il ne dure qu'1h20. Le nouveau film de Pascal Bonitzer Maigret et le mort amoureux est une vraie réussite. Il est sorti hier, mercredi 18 février 2026. Le réalisateur a lui-même adapté le roman Maigret et les vieillards de Georges Simenon (écrit en cinq jours en juin 1960). J'ai lu le roman il y a quelques mois et l'adaptation est assez fidèle sauf peut-être la fin que je ne dévoile pas. Anne Alvaro interprète Jacotte Larrieu, la domestique, dame de compagnie depuis 46 ans d'un ancien ambassadeur, un dénommé Berthier-Lagès. Ce dernier a correspondu pendant 50 ans avec la princesse de Vuynes (Dominique Reymond) dont il est épris mais cette dernière est mariée de son côté. Malheureusement, le mari de la princesse vient de décéder d'un accident d'équitation. Peut-être est-ce une coÏncidence, Jacotte découvre l'ancien ambassadeur, mort dans le salon de l'appartement où il habitait. Il a été tué de cinq balles dont une dans la tête. Maigret avec ses adjoints ne savent pas ce qui s'est passé. Un vrai crime en chambre close. Il y a quelques suspects mais peu nombreux. Est-ce vraiment un meurtre? Chut, je n'en dirai pas plus. Le réalisateur a transposé l'histoire dans les années 2000 avec le début des portables. Maigret refuse d'en avoir un et il en emprunte à ses adjoints quand c'est nécessaire. Comme dans les romans, il boit de la bière, il fait monter des sandwichs lors des interrogatoires et il aime sa femme Louise (Irène Jacob). J'ai passé un excellent moment. Et par la même occasion, je vous conseille de lire les romans avec Maigret. Personnellement, je suis en train de les lire les uns après les autres dans les transports en commun et c'est un vrai bonheur de lecture.

18 février 2026

La Grazia - Paolo Sorrentino

Je ne sais pas si c'est le temps ou la période, mais les derniers films que j'ai vus ne m'ont pas emballée plus que cela. Et puis, ce ne sont pas des films forcément distrayants. Mais je vous conseille tout de même un film italien, La Grazia de Paolo Sorrentino, dans lequel j'ai eu l'occasion de revoir Toni Servillo, un acteur que j'apprécie beaucoup. Il interprète le président de la république italienne Mariano De Santis (un nom fictif). Au tout début du film, un texte nous liste les pouvoirs qu'a le Président de la république italienne, qui arrive au terme de son mandat. Sa fille Dorotea (Anna Ferzetti, très bien) est son assistante dévouée qui insiste pour qu'il prenne trois décisions importantes. En particulier, on lui demande de signer la loi sur l'euthanasie. Et on lui demande de gracier un homme et une femme qui ont commis un meurtre chacun de leur côté. Le président est un ancien juriste qui vit entouré de livres de droit. J'ai trouvé le film un peu long et terne voire austère, mais le personnage du Président est intéressant et très bien interprété par Toni Servillo qui est devenu un habitué de ce genre de rôle. Il y a quelques interludes qui n'apportent pas grand-chose à l'histoire mais un personnage haut en couleur, Coco Valori, une amie de longue date du président, dit une phrase qui m'a bien plu, "qu'il faudrait voter une loi interdisant l'ambition en politique". Je n'ai pas retrouvé la flamboyance de La Grande Bellezza mais cela se laisse voir. Je trouve qu'on a très peu parlé de ce film et c'est dommage. Lire les billets de ChristoblogLe bleu du miroir et Selenie.

15 février 2026

La Princesse des glaces - Camilla Läckberg (roman) / Léonie Bischoff & Olivier Bocquet (adapt. BD)

En vue de ma participation au thème "Polars scandinaves" du challenge Escapades en Europe – Voyages dans les littératures européennes de Cléanthe, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis procuré en bibliothèque les deux ouvrages que je présente aujourd'hui. J'en profite pour inscrire également mon billet chez Alexandra (challenge Un hiver polar) et chez Sharon (challenges Mois du polar 2026 ainsi que Polars & Thrillers 2025-2026).

* Camilla Läckberg, La Princesse des glaces, Babel noir N°61, 2012,  509 pages 
(trad. du suédois par Lena Grumbach & Marc de Gouvenain,
1ère éd. française chez Actes Sud en 2008, EO 2004)
* Adaptation BD d'après le roman: Léonie Bischoff (des.) & Olivier Bocquet (scén.),
Casterman, 2014, 126 pages

 

Pour ce dixième mois chez Cléanthe, j'ai eu l'idée de revenir vers un titre que j'avais découvert alors que la série dont il est désormais la "tête de liste" comptait seulement trois ou quatre volumes. Elle en comprend désormais 11, et le dernier titre (à ce jour), Le nid du coucou, est paru en 2022 en suédois, en 2024 en français, et son édition en Babel noir est annoncée pour avril 2026. 

 

En ce qui concerne La princesse des glaces, ce roman de 500 pages met en place tout l'univers d'une petite ville suédoise, sous la plume d'une autrice omnisciente qui nous fournit une multitude de détails (lieux, pensées, actions de telle ou telle personne narrés presque minute par minute). Camilla Läckberg est elle-même originaire de la ville (véritable) de Fjällbacka (selon wikipedia [consulté le 15/02/2026], elle compte moins de 1000 habitants sur une étendue d'un kilomètre carré).

Le personnage principal de ce polar suédois est Erica Falck, une jeune femme écrivain qui est revenue dans la maison familiale à Fjällbacka après la mort de ses parents, pour faire du rangement et trouver l'inspiration afin de rédiger son prochain livre, une biographie d'une écrivaine, sa cinquième. Lors d'une promenade, elle est l'une des premières à  découvrir le cadavre d'une amie d'enfance, Alexandra, qu'elle n'avait plus vue depuis 25 ans, avant d'appeler la police. Nous ne découvrirons le commissariat qu'après la page 70. Il s'avère assez rapidement que, si la mise en scène évoquait un suicide (le cadavre, dans l'eau d'une baignoire gelée en surface, avait les poignets ouverts), celui-ci doit être écarté: il s'agit d'un assassinat. 

Entretemps, les parents d'"Alex" avaient demandé à Erika de rédiger un article sur leur fille destiné à être publié dans le journal local. Elle va donc chercher à en savoir davantage... en rêvant d'en tirer l'inspiration pour une écriture romanesque! Du coup, elle est amenée à mettre le nez hors de chez elle et rencontre plusieurs personnes qu'elle avait connues dans son enfance et/ou sa jeunesse... J'ai remarqué que, p.72, il est question d'une ville de "12 000 habitants": erreur de traduction ou bien licence romanesque pour "avoir matière"?

Différents suspects seront successivement soupçonnés voire arrêtés, diverses pistes suivies. En parallèle à l'histoire purement policière, il faut attendre plus de la moitié du roman pour qu'une grande scène (digne d'un Harlequin "Audace") plante le décor pour la suite de la série... L'enquête en cours sera résolue à la fin de ce tome, comme ce sera ensuite le cas dans les autres volumes. Je ne dirai pas comment, mais seulement que, à chaque fois, se mêlent le présent des personnages et des "affaires" datant de plusieurs décennies, parfois de plusieurs siècles dans d'autres tomes, avec souvent des révélations de "secrets de famille". 

Ceux qui découvrent aujourd'hui la série ont désormais la chance de pouvoir lire ses différents volumes à la suite. Le "centre" de la série, avec comme fil conducteur Erica elle-même, est constitué par le commissariat, son équipe et les proches des policiers ou autres personnels. Alors que la rédaction de la douzaine de volumes s'est étendue sur une vingtaine d'années, la vie des personnages se déroule plus lentement (quelques années seulement). Le fait d'avoir fait commencer l'action quelques années avant la date de publication a permis de développer une chronologie "alternative", sans obligation de tenir compte de l'actualité. Au début de la série, dasola me ramenait les volumes au fur et à mesure de leur acquisition par la bibliothèque du personnel de son employeur, mais j'avoue avoir "lâché l'affaire" au bout de quelques tomes, il y a déjà un certain temps. 

 

Je noterai enfin que, parmi les titres de l'"Extrait du catalogue" de Babel noir figurant en fin d'ouvrage, il y a Millenium II (N°52). Cela ne nous rajeunit pas.

 

Au fil des ans, bien des blogs ont chroniqué La princesse des glaces. Quelques exemples non exhaustifs: Anne-yes, Athalie, Enna, VioletteCanaille27, Manou, Docbird, Bernie, Belette2911, Cléanthe (on avait choisi la même oeuvre sans nous concerter!), ... [liste à compléter!]

Shéharazade2000 l'avait audiolu en 2011.

 

P.S.: pour répondre à la question de Nathalie ci-dessous, je précise que, si j'ai apprécié cette relecture, je pense que seule une occasion spéciale comme un nouveau confinement pourrait me décider à prendre le temps de me plonger dans l'intégralité de la série! J'ai tellement d'autres lectures "prioritaires" dans mes PAL & LAL... ;-/

P.S.2: pour la question d'Anne-yes: je pense qu'à un moment, j'ai dû lire le tout dernier tome alors sorti, et puis j'ai eu bien d'autres lectures et d'autres envies ou priorités en LAL... et n'ai jamais "raccroché les wagons" à la sortie du tome puis des tomes suivants, tout simplement ("situation de fait" bien davantage que "décision")!

************************

Si j'avais déjà lu le roman (en édition "grand format" et non en Babel noir), je ne connaissais pas son adaptation en bande dessinée, et j'ai souhaité la découvrir pour la présenter à l'occasion de ce challenge. J'ai eu un peu de mal à me la procurer. Le bibliothécaire qui me l'a ramené de leur "réserve" m'avait amené en plus un autre tome qu'ils possèdent aussi (et que je n'avais pas demandé), je l'en ai remercié mais ne l'ai pas pris. J'ai en tout cas appris à cette occasion que les trois premiers tomes de la série BD ont été adaptés, de 2014 à 2018, mais pas les suivants, j'ignore pourquoi (peut-être en rapport avec les ventes, ou bien avec les droits à payer, vu le succès grandissant des romans? Pures hypothèses de ma part). 

 

Pour faire tenir un roman de 500 pages en 120 pages dessinées, la bande dessinée a, bien évidemment, dû tailler jusqu'à l'os nu. Très intelligemment, cet album a pour prologue une galerie des portraits de quelque 18 personnages qui se présentent en quelques mots, brisant le quatrième mur.

En symétrie avec cette "ouverture", un "épilogue" en trois pages presque muettes (que je ne vous ai pas photographié) livre la clé du mystère, alors que celle-ci est confirmée, dans le roman, lors d'un entretien entre deux personnes qui dure une dizaine de pages. 

 

Le nom de la dessinatrice me disait quelque chose (pas forcément les dessins, plutôt torturés). Vérification faite, c'est elle (Léonie Bischoff) qui a dessiné le joli conte qu'est La longue marche des dindes. Quant à Olivier Bocquet, romancier, il a collaboré comme scénariste avec de nombreux dessinateurs. 

 

Julitlesmots avait écrit quelques mots sur l'album naguère. Violette aussi.

13 février 2026

Le gâteau du président - Hasan Hadi

Je viens de voir Le gâteau du président, un premier film d'Hasan Hadi, un réalisateur d'origine irakienne. J'annonce tout de suite que ce n'est pas un film amusant. Ne vous attendez pas à une comédie. J'ai trouvé ce film très dur. Dans l'Irak des années 90 où les Etats-Unis ont mis un embargo sur le pays, la population a du mal à se nourrir. Parmi elle, il y a Lamia, 9 ans, une jolie petite fille plutôt intelligente qui vit avec sa grand-mère Bibi sur les rivages de l'Euphrate en Irak. Pour aller à l'école, elle se déplace en pirogue. Bibi, malgré son grand âge, continue de travailler mais elle perd son emploi brutalement. Bibi et Lamia s'adorent mais Bibi est inquiète pour sa petite-fille et songe à la confier à un couple ami pour qu'elle ait une vie meilleure. L'histoire se passe aux alentours d'un 26 avril, date anniversaire de Saddam Hussein. Dans tout le pays, un enfant de chaque classe est tiré au sort pour confectionner un gâteau au président. C'est bien évidemment Lamia qui est tirée au sort dans sa classe. Pour ce gâteau, il faut de la farine, des oeufs, du sucre et de la levure chimique. L'instituteur, sosie du dictateur, est un homme sans foi ni loi, qui vole le peu de nourriture (une pomme) qu'a apporté Lamia. Se procurer les ingrédients pour le gâteau sera le but de Lamia accompagnée de son coq Hindi qu'elle porte dans une besace. Arrivée dans la ville voisine avec sa grand-mère, elle échappe à sa surveillance. Lamia est aidée par un copain qui sait se débrouiller pour chaparder toutes sortes de choses. A part un chauffeur de taxi, les adultes sont des êtres sans scrupules qui profitent des enfants. Mais heureusement, ces derniers ont de la ressource même si on peut se demander ce qu'ils vont devenir quand le film se termine. Les jeunes acteurs sont formidables. Lire les billets de Pascale, Selenie et Miriam.

11 février 2026

Nulle part où revenir - Henry Wise

 

Nulle part où revenir d'Henry Wise (Editions Sonatine, 425 pages) est un premier roman prometteur qui se passe dans la région de la ville de Richmond en Virginie, de nos jours. L'histoire commence avec l'incendie d'une maison avec un homme à l'intérieur. Cet homme noir, Tom Janders, était mort avant que le feu ne se déclare. Un ami d'enfance, Will Seems, un blanc qui vient d'être nommé adjoint du shérif de la ville où s'est passé le drame, décide d'enquêter. Il est revenu après dix ans d'absence qu'il a passés à Richmond. Zeke Hathom, un homme qui était près de la maison, est tout de suite soupçonné car il n'a pas vraiment d'alibi. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Le shérif Mills est convaincu de sa culpabilité. J'ai cru au début que Mills était un flic pourri, ce qui n'est pas entièrement le cas, quoique... La femme de Zeke fait engager Bennico Watts, une femme noire, détective privée. Cette dernière collabore tant bien que mal avec Will pour trouver qui a tué Tom Janders. Tom était l'amant de Farriday Pace, une jeune femme blanche, la mère de sa fille, un bébé de 11 mois. Will Seems s'occupe aussi de Sam Hathom (qui a du mal à décrocher de la drogue), un autre copain d'enfance qui est par ailleurs le fils de Zeke. On se demande comment l'histoire va se terminer même si on sait avant la fin qui a tué Tom et pourquoi. Si vous avez aimé les romans de Chris Offutt ou S.A. Cosby ou même ceux de David Joy, ce roman peut vous plaire. 

8 février 2026

Proies - Andrée A. Michaud

J'ai à nouveau pris l'idée de cette lecture chez Alexandra (Je lis Je blogue) dans le cadre de son challenge Un hiver polar qu'elle organise jusqu'au 20 mars prochain. Proies d'Andrée A. Michaud (Editions Rivages Noir, 380 pages) m'a permis de découvrir cette romancière québecoise. J'avoue que je n'ai pas eu le coup de foudre. L'intrigue est plutôt mince et on connait le "méchant" de l'histoire assez vite. Je n'ai pas vraiment ressenti d'empathie pour les victimes. J'en suis désolée. J'ai d'ailleurs eu du mal à entrer dans ce roman. Je me suis demandée si je n'allais pas l'abandonner et puis à partir de la page 72, je l'ai lu assez vite. Abigail, Alexandre et Judith, 16 ans tous les trois, ont décidé de passé trois jours seuls à camper dans la forêt près du village Rivière-Brûlée. L'histoire se situe non loin de l'état du Maine aux Etats-Unis. Dès le premier jour, ils sentent qu'on les observe. Pendant ce temps, une fête foraine se prépare dans le village. Un habitant de Rivière-Brûlée, le "prédateur" de l'histoire appelé Gerry Nantel, un marginal qui porte un masque, attaque les trois jeunes gens. Abigail (Aby) après avoir été ligotée à un arbre et blessée au couteau va se vider de son sang sans que personne ne s'en aperçoive. Et elle meurt. Celle que Gerry voulait attraper était Judith. Cette dernière s'enfuit tout comme Alexandre. Judith est bien évidemment traumatisée avant de retrouver sa famille et Alexandre se perd dans la forêt. A partir de là, il ne se passe pas grand-chose. Pour me faire une idée plus favorable de Mme Michaud, il faudrait peut-être que je lise Baignades ou même Bondrée. J'ajouterais que les termes québécois pas toujours compréhensibles qui émaillent le récit ne m'ont pas gênée. 

 

7 février 2026

Charlie Débat : Festival d'Angoulême

Il est assez rare que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) choisisse, pour mes "hommages du 7", de mettre en avant l'un des articles parus récemment dans Charlie Hebdo (je l'avais déjà fait ici et ). Celui que je vous présente pour ce mois de février a retenu mon attention il y a quelques jours. Il est paru dans le N°1749 du 28 janvier 2026 (pp.14-15).

 

En cette année 2026, le Festival international de BD d'Angoulême, une institution depuis plusieurs décennies (1ère édition en 1974!), a été annulé tardivement, en décembre 2025, alors qu'il devait avoir lieu en janvier 2026, comme chaque année (plus précisément, sa 53e édition aurait dû se dérouler du 28 janvier [journée professionnelle] au 1er février 2026). 

Pour parler à cette occasion du Festival d'Angoulême en particulier mais aussi, beaucoup plus largement, de l'état de la bande dessinée aujourd'hui, Charlie a réuni quelques anciens lauréats du "Grand Prix" (Boucq, Schuitten, Cestac, Vuillemin) ainsi que des membres (dessinateurs ou non) de l'équipe du journal, pour un débat "en chambre" de quelques dizaines de minutes. Ces échanges ont été transcrits sous forme d'article de journal. 

Je ne vais pas le résumer ni le paraphraser intégralemen, en voici l'adresse en ligne sur le site du journal. Mêlant les moments d'ironie et les constats sérieux (ils savent de quoi ils parlent!), il est précisé au fil des échanges que, ces dernières années, au lieu de contribuer à "mettre en avant" des démarches artistiques originales et la diversité possible de la bande dessinée tant "franco-belge" qu'étrangère, "Angoulême" avait fini par n'être plus qu'une foire où, pour une trentaine d'euros, le visiteur avait le droit d'acheter des livres, de se les faire dédicacer, et de visiter des expositions pas très originales... Une perte d'âme (c'était mieux avant?), cependant que les auteurs, eux, n'étaient pas rémunérés pour ces séances de dédicaces. 

Plus largement, l'univers de la BD s'uniformise (les jeunes dessinateurs s'inspirent pour la plupart du "style manga", avec de gros yeux, ou des "styles d'autant plus impersonnels qu'ils ne dessinent, colorient ou lettrent plus forcément sur papier, mais sur tablette...), il n'y a plus de "création" ou de "BD d'auteur". Le "roman graphique" n'est pas forcément apprécié par tel ou tel présent autour de la table (le dessin n'ouvre pas la porte d'un univers original). 

Il est aussi question du "fonctionnement" des manga au Japon, des pages produites "à la chaîne" en atelier, avec une sorte de"coach" qui donne son avis sur le scénario, les dessins... Les présents échangent un peu sur le fait que Franquin ou Hergé avaient des collaborateurs, que les "héros" aujourd'hui "locomotives" pour des Maisons d'édition ont survécu à leurs créateurs (Astérix, Lucky Luke, Blake et Mortimer...). 

Constat est fait que l'uniformisation du "produit" bande dessinée a certainement un lien avec la disparition des journaux qui pré-publiaient les planches (et faisaient vivre les auteurs) avant qu'elles sortent éventuellement en album. Aujourd'hui, la BD est calibrée pour la publication directe en album (même à quelques centaines d'exemplaires). Et il faut que le "sujet" soit "à la mode", sinon la presse ne va pas en parler faute de distinguer cet album parmi les milliers qui paraissent...

 

Les échanges sont vivants et les interventions pertinentes. J'attendais en vain, à la lecture de l'article, quelques mots sur le dessin de presse (et ses spécificités). En visionnant la captation de l'échange lui-même (23 minutes, accessibles aussi sur le site de Charlie), j'ai vu que Riss en parle tout à la fin, pour signaler que leur choix est fait par des journalistes, et que du coup la question qui est posée pour chaque dessin est "qu'est-ce que veut dire ce dessin?", avant même de tenir compte du "style personnel" de chaque dessinateur, de son approche artistique ou provocatrice. En tout cas, j'ai constaté que, même "réécrit", l'article est très fidèle à la teneur des échanges verbaux. Je vous invite à faire vous-même la comparaison! 

*******************

PS: je voulais rajouter un mot concernant un autre titre de presse (qui n'est pas étranger à Charlie Hebdo puisqu'il a accueilli à deux reprises sa rédaction après des catastrophes). Libération a consacré son numéro du vendredi 30 janvier 2026 (N°13851) à la bande dessinée, avec en première page "Le Libé tout en BD" et en p.4-5 un grand article titré "Et demain? 15 auteurs et autrices imaginent leur fête rêvée de la BD". Luz (ancien dessinateur de Charlie) y figure. Mais, vérification faite, parmi ces 15 "auteurs et autrices", le seul autre homme à part lui est "Serge Ewenczyk, éditeur". J'avoue que cela m'a fait rigoler (je ne vais pas dire "ricaner", quand même), indépendamment du contenu des interventions. "Auteurs et autrices"? Tout le monde connaît le célèbre pâté d'alouette et de cheval (moitié-moitié): une alouette, un cheval...

 

*** Je suis Charlie ***

4 février 2026

Kalmann - Joachim B. Schmidt

Grâce à Alexandra (Je lis je blogue) et à son challenge Un hiver polar, je viens de terminer en même pas deux jours Kalmann de Joachim B. Schmidt (Folio Policier, 367 pages haletantes,2023), un polar écrit par un "Suisse allemand" qui vit en Islande depuis 2007. Et l'histoire se passe justement en Islande, à Raufarhöfn (le village le plus septentrional d'Islande), 173 habitants dont Kalmann, le "simplet" du village. Il est le narrateur du roman. Depuis que son grand-père qui perd la tête est dans une maison de retraite, Kalmann, presque 34 ans, est le seul pêcheur de requin gris du Groenland (ou laimargue du Groenland) de la région. Il est très doué dans la fabrication du requin fermenté (faisandé) qui demande une longue préparation. Les morceaux de requin fermenté s'appellent Hakarl (requin en Islandais). J'ai appris que ce requin pouvait vivre presque 500 ans dans les profondeurs des eaux polaires de l'Atlantique nord. Pour en venir à l'intrigue, Kalmann, né d'un père américain qui est reparti aux Etats-Unis depuis longtemps, aime porter un chapeau de cow-boy et une étoile de shérif et il porte aussi un revolver a priori non chargé. Kalmann est quelqu'un qui peut piquer des grosses colères, qui n'aime pas la foule et qui déteste le changement. Il a une mère qui est infirmière à Akureyri. Elle vient le voir dès qu'il sent qu'il ne va pas bien. Kelmann est très seul, les gens se moquent parfois de lui. Un jour, alors qu'il est à la recherche d'un renard polaire à fourrure bleue baptisé Schwarzkopf, il voit une très grande tache de sang dans la neige. Après analyse, il s'avère que ce sang appartient à Robert McKenzie, un homme qui est en train de provoquer la ruine du village à cause des quotas de pêche. On se demande jusqu'au bout ce qui est arrivé à McKenzie. J'ai trouvé ce roman bien mené avec du suspense. Et on s'attache bien évidemment au personnage de Kalmann qui suggère que McKenzie pourrait avoir été tué par un ours polaire venu du Groenland. 

Lors du lancement du challenge, ce titre était une suggestion d'Alexandra que je remercie à nouveau. J'ai vu à la fin de l'ouvrage qu'un nouveau titre, Kalmann et la montagne endormie, avait été publié en 2025. Je pense que je le lirai. Lire les billets de Belette2911 et Actu du noir, Shangols.

 

1 février 2026

Nuremberg - James Vanderbilt

Voici un film dont je n'avais pas vu la bande-annonce. Nuremberg de James Vanderbilt commence avec Hermann Göring qui se rend aux autorités alliées en 1945. Cela se passe en Autriche et il va d'abord être interné dans une prison au Luxembourg avant d'être transféré à Nuremberg en ruines pour être jugé et certainement condamné avec 21 autres accusés. Ce procès est celui où pour la première fois il a été question de "Crime contre l'humanité". Je vous conseille à ce propos l'excellent ouvrage de Philippe Sands (Retour à Lemberg). Le film se concentre principalement sur les échanges entre Göring et un psychiatre dont je n'avais jamais entendu parler: Douglas Kelley (1912-1958) qui faisait passer aux gens les tests de Rorschach. Il l'a fait en particulier pour "Goering" et les autres nazis accusés. Russell Crowe dans le rôle du Reichsmarschall est impressionnant et imposant par sa stature et sa manière de jouer. Le personnage n'est jamais vraiment menaçant mais il pense manipuler le psychiatre. Rami Malek se tire plutôt bien de ce rôle. Mais j'ai aussi beaucoup apprécié les prestations de Michael Shannon et Richard E. Grant qui dans les rôles des procureurs américains et britanniques sont excellents. La séquence vers la fin du film où David Maxwell Fyfe (Richard E. Grant) mène le contre-interrogatoire d'Hermann Göring qui dévoile sa face sombre est un grand moment du film. Grâce à Nuremberg, j'ai appris que Göring maîtrisait la langue anglaise, il était capable de contester certaines traductions d'allemand en anglais et j'ai appris l'existence de ce psychiatre américain. Pendant quelques minutes, on assiste à la projection des films d'époque sur les camps de concentration, c'est toujours aussi éprouvant. Un film que je conseille pour la reconstitution, l'interprétation et pour le fait que 80 ans après, il ne faut pas oublier. C'est bien que ce procès ait eu lieu à l'époque. Il a duré un an et 10 prévenus sur 22 ont été exécutés, le 11ème condamné à mort, Göring, a pu se suicider avec une capsule de cyanure. Presque 12 ans après, Kelley s'est aussi suicidé de la même manière. Lire le billet de Selenie

29 janvier 2026

La dernière reine - Jean-Marc Rochette

C'est grâce à mon ami Ta d loi du cine que j'ai lu en une soirée une BD que j'ai beaucoup appréciée. Il s'agit de La dernière reine, un album écrit et dessiné par Rochette (Edition Casterman, 238 pages, 2022). J'ai trouvé l'histoire vraiment pas gaie dans l'ensemble. Dans le Vercors, il y a des centaines de milliers d'années, vivaient des ours (et des loups). En 1898, la dernière ourse est tuée, a priori. Emile Roux, un jeune garçon roux orphelin de père, aime bien se bagarrer, et a une passion pour les animaux en général et pour les ours en particulier. Avec sa mère, il vit dans les montagnes du Vercors. Quelques années plus tard, lors de la guerre de 14-18, il va être le seul survivant de son bataillon mais à quel prix. Il est devenu une "gueule cassée" qui va renaître, si je puis dire, grâce à une certaine Jeanne Sauvage qui fabrique des prothèses souples pour masquer les parties manquantes d'un visage. Elle est très douée et pleine de compassion. Entre elle et Emile, une histoire d'amour débute. Il l'emmène dans le Vercors, ils vivent une folle passion et il lui fait découvrir une grotte ornée où l'on peut admirer une très belle sculpture d'ourse (la dernière reine). Jeanne s'est spécialisée dans les dessins et les sculptures d'animaux. Emile l'incite à recréer une sculpture semblable. Elle pourrait enfin être reconnue comme une grande artiste. Mais c'est compter sans les aléas de la vie. Je vous laisse découvrir le reste de cette histoire d'où émane beaucoup de tristesse. Une histoire d'amour qui reste en mémoire. Il me faut noter tout de même que les couleurs sont très sombres sur tout l'album. Cela ne doit pas vous rebuter.  Lire le billet d'Hélène

 

 

 

 

 

Il faut noter que Jeanne et Emile croisent Picasso et Cocteau

Il y a des années, j'avais chroniqué un autre album de Rochette, Le loup.

25 janvier 2026

L'affaire Bojarski - Jean-Paul Salomé

Pascale n'a pas aimé plus que cela de L'affaire Bojarski de Jean-Paul Salomé. Pour ma part, j'ai apprécié un tout peu plus ce film qui manque néanmoins de rythme. Il dure plus de deux heures. J'ai trouvé Reda Kateb très bien dans le rôle de Jan Bojarksi, un émigré polonais arrivé pendant la deuxième guerre mondiale à Paris. L'histoire est adapté de faits réels. Jan Bojarski (1912-2003) a échappé pendant plus de vingt ans à la police. Ce fut un faux-monnayeur de grand talent. Sa plus belle réussite fut les faux Bonaparte, à la valeur faciale de 100 nouveaux francs. Auparavant, il avait créé d'autres faux billets. Il a tout fait tout seul dont la machine pour fabriquer les faux billets. C'est lui seul qui écoulait la fausse monnaie. Il a réussi à rester discret en écoulant un seul billet dans chaque magasin ou café où il passait. Quand il fut enfin arrêté (je vous laisse découvrir pourquoi et comment), la police a eu du mal à croire qu'il ait pu tout faire tout seul sans complicité. Le film s'attache donc à son "oeuvre" et aussi à sa vie avec sa femme Suzanne (Sara Giraudeau) issue d'une famille aisée. Pour sa belle-famille, Bojarski se présente comme un inventeur. Et en effet, il invente des objets mais l'essentiel de son occupation sont les faux billets. Face à lui, le commissaire Mattei (Bastien Bouillon) a sacrifié sa carrière et s'est fait mettre au ban de toute sa hiérarchie. C'est fut un vrai jeu du chat et de la souris. Le film peut sembler un peu "plan plan" mais cela ne m'a pas trop dérangée. J'ai aimé la reconstitution d'époque. Lire les billets de Selenie et Géraldine qui ont apprécié.

22 janvier 2026

Le mage du Kremlin - Olivier Assayas

Hier, mercredi 21 janvier 2026, est sorti un film français joué en anglais qui dure presque 2h20 et que j'ai énormément aimé dès les premières images. Je l'ai vu en avant première dans une salle assez pleine. Il s'agit donc du film Le Mage du Kremlin réalisé par Olivier Assayas avec dans les rôles principaux Paul Dano, Jude Law et Alicia Wikander. Je n'ai pas lu le roman de Giuliano da Empoli paru en 2022 et qui a reçu le Grand prix du roman de l'Académie française la même année. Il semble que le film soit très fidèle au roman sauf la fin. Le scénario adapté a été écrit par le réalisateur lui-même et Emmanuel Carrère. J'ai trouvé les deux acteurs principaux, Paul Dano et Jude Law, remarquables. L'histoire qui s'inspire bien entendu de faits et de personnages réels se déroule sur une vingtaine d'années à partir du début des années 90, au moment de la chute de l'Empire soviétique et des années Eltsine. Vadim Baranov (Paul Dano) commence sa carrière comme producteur d'émissions de téléréalité. Sa notoriété l'amène à approcher un lieutenant-colonel du FSB (ex-KGB), il s'agit de Vladimir Poutine (Jude Law). Baronov est pour beaucoup dans l'ascension de Poutine qui est un homme froid et sans état d'âme. C'est en tout cas le ressenti que j'ai eu. Le film consiste en un long flash-back qui est le récit par Baronov à un journaliste de sa vie et de ses différentes actions ayant amené à ce que Poutine soit élu. Et vingt-deux ans plus tard, ce dernier est toujours au pouvoir. Plusieurs événements sont évoqués dont la tragédie du Koursk et les JO d'hiver de Sotchi en 2014. Baronov, au début des années 2010, est retiré de tout. Il vit avec sa petite fille dans une belle datcha. J'ai été assez bluffé par le jeu de Jude Law et son incarnation de Poutine. Je n'ai pas vu passer les 2h36 que dure le film qui m'a passionnée de bout en bout. La fin que personne ne voit venir est brutale. 

20 janvier 2026

Un avenir radieux - Pierre Lemaitre

Après Le grand monde et Le silence et la colère, je viens de terminer Un avenir radieux de Pierre Lemaitre (Edition Calmann Levy, 585 pages haletantes), le troisième tome de sa série "Les années glorieuses", j'ai à nouveau côtoyé la famille Pelletier qui s'est agrandie avec les deux enfants de Nine et François et la fille d'Hélène, cette dernière étant à nouveau enceinte. L'histoire se passe cette fois ci entre avril et mai 1959 à Paris et sa banlieue et à Prague. Colette qui a désormais presque 11 ans vit avec ses grands-parents Louis et Angèle. Le couple est très attaché à leur petite-fille qui n'est pas vraiment aimée par sa mère Geneviève, qui avait failli la rendre handicapée dans le tome précédent. En revanche, Geneviève couve littéralement son petit garçon Philippe, un garçon très perturbé. Jean Pelletier, le mari de Geneviève et l'aîné de la famille, est martyrisé par sa femme qui le méprise. Il est toujours à la tête des magasins Dixie. Hèlene, la soeur de Jean et François, travaille dans une radio en animant une émission nocturne. Quant à François, il est toujours journaliste et il coproduit une émission d'informations à la télévision. Il va se retrouver au coeur d'une affaire d'espionnage en prenant la place d'un futur transfuge à Prague, en Tchécoslovaquie. Le récit composé de petits chapitres alterne le récit. C'est toujours aussi prenant. Geneviève est de plus en odieuse. Jean continue d'avoir des pulsions criminelles qui restent toujours impunies. La petite Colette va être éprouvée dans sa chair. Louis tombe gravement malade. Et François va passer par des épreuves que je vous laisse découvrir. Le roman se lit donc d'une traite et j'attends de lire le quatrième tome qui vient de paraître. Je conseille de lire les romans dans l'ordre, en commençant par le premier. Lire les billets d'Athalie, d'Enna, mhf, Alex-mot-à-mots

17 janvier 2026

La femme de ménage - Paul Feig

Pour commencer, une observation concernant les spectateurs de la séance de La femme de ménage, de Paul Feig, à laquelle j'assistais. Le public dans la salle était composé par au moins 80% voire 85% de personnes de sexe féminin. Les seuls hommes me paraissaient un peu isolés. Je fais partie des lecteurs (trices) qui ont au moins lu le premier tome (que je n'ai pas chroniqué) de cette série écrite par Freida McFadden qui est devenue un véritable phénomène littéraire. La femme de ménage, c'est Millie, une jeune femme qui vient de purger dix ans de prison pour meurtre. Elle est une libérée conditionnelle car elle a encore cinq ans à faire. Ayant répondu à une annonce, elle accepte l'emploi de femme de ménage dans une belle demeure luxueuse au service de Nina, de sa fille Cecilia et de son mari Andrews, homme d'affaires fortuné qui en plus a un physique de play-boy. Dès le départ, on se rend compte que Nina a un problème de comportement. Millie ne regimbe pas car elle a besoin de ce travail pour éviter de retourner en prison. De mémoire, le scénario est assez fidèle au roman sauf une partie de la fin. Je n'en dis pas plus car celles et ceux qui ont lu le roman pourront faire la comparaison. Quant à ceux qui n'ont pas lu le livre, notez qu'il y a un certain suspense avec un retournement de situation que vous découvrirez. Le rythme du film est trépidant et les acteurs font leur boulot. Ce n'est pas désagréable à voir. Je n'ai toujours pas bien compris à quoi sert le jardiner paysagiste italien, mais ce n'est pas grave. À la toute fin du film, on peut deviner qu'il y aura une suite (prévue en 2027). Lire le billet de Géraldine

15 janvier 2026

Midnight Express - William Hayes

Pour accéder au livre présenté ci-dessous, il a fallu que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) le fasse venir de la "Réserve centrale" des bibliothèques de la ville de Paris. Peut-être que certains ont déjà vu le film que l'ouvrage avait inspiré, ce n'est pas mon cas. Avec lui, je participe en tout cas au challenge "Escapades en Europe - Voyages dans les littératures européennes" de Cléanthe, dont le thème de ce mois de janvier est "Istanbul".

Billy Hayes (avec collab. William Hoffer), Midnight express, France loisirs, 1988
(fin rédaction août 1976, EO 1977, trad. Danielle Michel-Chic, Presses de la cité 1986)
222 pages [âge de lecture: à partir de 16 ans?]

 

Cette "histoire vraie" se lit comme un polar, et c'en est plus ou moins un, d'ailleurs (une fois mon billet rédigé, je verrai si je peux l'inscrire à d'autres challenges!). Voici les premières lignes du chapitre 1 (sur 25): "L'aéroport international Yesilkoy est situé en pleine campagne, à une trentaine de kilomètres d'Istanbul, non loin de la côte". Le 7 octobre 1970, le narrateur à la première personne (William Hayes, né en avril 1947 s'y fait "attraper" avec, cachés sur lui, deux kilos de haschich (malchance!). Américain ou pas, en Turquie, les Turcs ne plaisantent pas avec le trafic de drogue: il se retrouve d'abord au commissariat de Sirkeci (près du port d'Istanbul), puis très vite en prison, à Sagmalcilar (à l'autre bout de la ville).

 

Dès la cellule commune du commissariat, il semble avoir la chance de sympathiser avec un "caÏd" local, attrapé, lui, avec 60 kilos. La première nuit qu'il y passe est l'occasion de méditer sur sa vie. William Hayes, né en avril 1947 selon Wikipedia consulté ce 15/01/2025), était un jeune homme de la classe moyenne américaine: père qui n'a pas fait d'études supérieures mais dont le salaire assure l'existence de la famille, mère vraisemblablement au foyer. Sa voie semble toute tracée par ses parents: lui ira à l'Université (catholique), aura ainsi un bon emploi, puis se mariera... Or nous sommes dans les années 1960, les études ennuient le gamin, peu motivé, qui ne les poursuit que pour conserver le sursis lui garantissant de ne pas partir au Viet-Nam (cependant que papa est choqué qu'il ne souhaite pas servir son pays!). Et puis la fumette..

 

Bref, le lendemain, on lui propose une liste d'avocats turcs, il en choisit un ayant fait ses études et même enseigné en Amérique. La première lettre qu'il envoie à ses parents pose un repère temporel (8 octobre 1970), les lettres envoyées et datées apparaîtront de loin en loin (souvent en début de chapitre) dans ce qui va devenir un séjour au long cours dans l'univers carcéral turc. Au chapitre 4, il arrive véritablement en prison (il n'a pas encore été jugé). On l'amène dans le quartier des étrangers (le kogus). Il commence à s'inquiéter quand il apprend qu'un noir américain a pris douze ans et demi pour avoir eu 100 g de haschich sur lui. Il apprendra vite la musique... Ayant frappé le memisir Emin (le prisonnier chargé du kogus) qui l'importunait, il va faire connaissance avec la bastonnade, appliquée (par une matraque en bois dur d'un mètre de long) notamment sous la plante des pieds... (ce sera, semble-t-il, la seule fois de son séjour).

 

Je manque sans doute d'empathie, mais j'avoue que le "héros" de cette autobiographie ne m'est jamais apparu comme sympathique. Les deux kilos de "came", achetés 200 dollars à Istanbul, auraient eu une valeur de 5000 dollars (1970) à New York. il ne voulait pas les revendre (dit-il), mais les consommer personnellement et avec ses amis. Le livre se garde bien de dire si c'était son premier "voyage" ou non. Lors de son procès (attendu durant des mois), il écope de quatre ans et deux mois pour possession de haschich. À propos de voyage, j'ai été intéressé par la découverte, au détour d'une page, de ce que signifiaient différents trains possible, dont l'express de minuit, l'omnibus légal, ou plus loin le train de transfert.

 

Les années passent, politique intérieure turque, politique intérieure américaine (Nixon) et géopolitique (lutte contre la production... d'opium) influencent les relations entre les deux pays (William étant au mauvais endroit au mauvais moment!). Le procureur turc a fait appel a minima, un nouveau procès porte la peine de notre Américain à perpétuité (pour trafic de drogue cette fois-ci), ramenée à 30 ans par le juge qui ne peut réduire davantage. Ses parents le soutiennent (sans approuver ni ce qu'il a fait, ni ses plans d'évasion), le financent... Nous avons le récit de sa vie quotidienne, de ses interactions avec co-détenus et gardiens., de ses espoirs (être extradé vers son pays par un gouvernement turc plus compréhensif...), des démarches de ses parents et ami(e)s... 

 

Son "retour à la maison" interviendra en octobre 1975 (William cite p.181 une définition du [poète] Robert Frost: "la maison est l'endroit où l'on vous accepte toujours lorsque vous devez y aller"). L'une de ses premières démarches est de contacter plusieurs agents littéraires, directeurs de maisons d'éditions et producteurs de cinéma. Son "avance" pour le livre lui a permis de rembourser la seconde hypothèque prise par son père sur leur maison afin de lui apporter en prison nombre de billets de 100 dollars bien dissimulés... (un ex-co-détenu lui en a arnaqué une bonne partie). 

 

Le livre, et surtout le film, je suppose, ont dû donner une mauvaise image de la Turquie à l'étranger (particulièrement en Amérique). De la même manière, je pense, qu'aujourd'hui l'opinion publique américaine touchant notre capitale est certainement davantage forgée par leur feuilleton Emily in Paris que par ce que peut dire ou faire Emmanuel à l'Elysée ou par les actions des millions de Parisiens ou même de Français!

 

Mr K, du blog cafard at home (Le Capharnaüm éclairé), avait parlé de ce livre en 2013. 

 

Edit du 16/01/2026: j'inscris ce billet comme ma première contribution au challenge American Year (2025-2026, 3e édition) chez Belette2911.

 

13 janvier 2026

Les Échos du passé - Mascha Shilinski

Je suis rassurée et je ne me sens donc pas toute seule car, comme moi, Pascale n'a pas aimé du tout Les Échos du passé de la franco-allemande Mascha Shilinski, qui est sorti le 7 janvier 2026 (et qui est encensé par Télérama). J'ai trouvé que ce film (qui a reçu le prix du jury ex-aequo avec Sirat au dernier festival de Cannes), qui dure deux heures et demie, est une vraie purge. Cela commence avec une jeune femme avec des béquilles qui s'entraîne à marcher avec une seule jambe (comme si elle était amputée) dans une grande bâtisse en brique que l'on ne quitte guère pendant tout le film. Cette bâtisse va se délabrer au fil du temps. Les habitants de cette grande maison, hommes, femmes et enfants, vont passer sans qu'on ne s'attache à aucun d'eux. Plusieurs choses m'ont gênée : la manière de passer d'une époque à l'autre sans qu'on comprenne pourquoi et comment. On ne sait pas qui est qui, je n'ai pas perçu les liens de parenté éventuels qui existent entre les quatre personnages féminins des quatre époques. Je regrette de n'avoir rien lu sur l'histoire AVANT de voir le film. Je l'aurais peut-être mieux apprécié, quoique.... L'image est souvent carrée. Il y a des plans où l'on observe une scène par un trou de serrure. L'histoire se passe donc au nord de l'Allemagne dans l'Altmark sur quatre périodes qui s'entremêlent. J'ai fait des recherches pour situer cette région. Les quatre périodes vont des années 1910 aux années 40 puis aux années 80 et enfin aux années 2020. Il y a beaucoup d'allusions à l'histoire allemande de ces cent dernières années mais je n'ai pas trouvé cela limpide. Pour passer d'une période à l'autre, en entend comme un bourdonnement désagréable. Il y a quelques scènes violentes et donc marquantes, mais que c'est long... Ce n'est pas un film distrayant ni agréable à voir. J'ai noté qu'il y a eu au moins cinq personnes qui sont parties avant la fin de la projection. Et quand le film s'est terminé, j'ai senti que les spectateurs restants étaient soulagés que leur torture soit terminée. A la différence de Pascale, je n'ai pas perdu un ami car j'y suis allée toute seule. Lire le billet de Selenie qui a aimé et Miriam.

10 janvier 2026

Le temps des moissons - Huo Meng

Le temps des moissons du réalisateur chinois Huo Meng (c'est un premier film) est sorti le 24 décembre 2025, mais je l'ai vu au tout début de cette année 2026. Il semble que ce long-métrage n'ait pas passé la barrière de la censure en Chine et il n'a donc pas été distribué dans son pays d'origine. L'histoire et son traitement n'ont pas dû plaire au pouvoir en place. Le temps des moissons se passe sur une période d'une année dans la campagne chinoise en 1991. On est au début de la révolution technologique dans les zones rurales. Chuang, un garçon de 10 ans, vit chez ses grands-parents pendant que ses parents cherchent du travail en ville. On est témoin des dures conditions de vie du monde agricole qui survit grâce à l'entraide dans les familles. J'ai noté que d'être une jeune femme célibataire n'est pas très bien vu dans cette société. J'ai eu de la peine pour la jeune tante de Chuang, âgée de 21 ans, que l'on marie pratiquement de force à un homme qu'elle ne connait pas, lors d'une cérémonie très bruyante. Elle n'était pourtant pas pressée de devenir femme au foyer. Plusieurs générations vivent sous le même toit. Les enfants qui vont à l'école payent leur scolarité grâce à cinq kilos de blé chacun. En effet, les deux cultures principales dans la région où se passe l'histoire sont le blé (qui est récolté à la main) et le coton (avec lequel on fait des couvertures). Le scénario m'a paru par moment un peu décousu mais on s'attache aux personnages qui vont devoir changer de mode de vie à leur corps défendant. Un film intéressant qui a reçu l'Ours d'argent de la meilleure mise en scène au festival de Berlin en 2025 et qu'ont bien apprécié Pascale et Miriam.

9 janvier 2026

19 ans pour le blog de dasola

En ce 9 janvier 2026, voici que s'achève la 19e année (nombre premier!) du Blog de dasola, cependant dès le 10 commence sa vingtième année! Quelques-uns parmi les nombreux [?? tout est relatif, voir plus bas] blogs que nous (dasola et moi, ta d loi du cine, son "squatter" préféré) fréquentons sont encore plus anciens, mais ils ne sont plus si nombreux que cela, justement. 

 

Un petit retour sur la vie du blog en 2025 tout d'abord. La dernière année où le nombre de commentaires déposés sur le blog de dasola a été supérieur à celui de 2025 (2053 commentaires, tout de même!) avait été 2014 (2614 commentaires), année d'apogée tant de notre blog que de la blogosphère en général - ensuite, le déclin quantitatif a commencé. Si cela vous intéresse, vous trouverez des "bilans annuels" dans nombre d'autres billets précédents taggués "Vie du blog". Par contre, le nombre de blogueurs (ou de simples internautes) ayant laissé au moins un commentaire en 2025 (121) est, lui, en baisse par rapport aux années précédentes (130 en 2024... pour 2043 commentaires alors que cette année-là avaient été rédigés 186 billets). Pour la première fois, le nombre de personnes revenues sur une année est inférieur à 10% du total de celles ayant fait au moins un commentaire depuis la création du blog (1298 à ce jour, en 19 ans donc). Pour rappel, les commentaires faits durant une année ne portent pas uniquement sur les billets publiés durant celle-ci, ils peuvent aussi viser, de manière très minoritaire, des billets plus anciens. Ainsi, en 2025, 69 commentaires ont porté sur des billets antérieurs au 01/01/2025 (contre 92 commentaires faits en 2024 sur des billets antérieurs au 01/01/2024).

 

Le nombre d'articles a lui aussi battu des records: 201, chiffre le plus élevé depuis... 2007 (où les billets étaient quotidiens presque en permanence). Dans le détail en 2025: 124 billets de dasola et 77 de ta d loi du cine. Sur ce point, crevons l'abcès tout de suite: je vais sans doute faire au moins une déçue, mais ce dont il n'est pas davantage question en 2026 que lors des années précédentes, c'est que le blog de dasola arrête d'accueillir les billets de ta d loi du cine. Si un jour vous le constatez malgré tout, ce sera probablement la marque d'une séparation "IRL". 

 

Ceci dit, si comme tous les précédents, chaque billet de 2025 a été commenté, ceux de ta d loi du cine ont moins de succès que ceux de dasola (snif!). Cette année, les 201 billets se sont ventilés comme suit (par ordre alphabétique): Acteur/actrice 1, Cinéma 79 (dont moi 3), Divers - Culture 15 (dont moi 9), Humeur 3 (tous de moi), Livres 101 (dont 62 de moi!), Théâtre 2 (et, cette année pas de "Réalisateurs" ni de "Télévision"). Petite précision ayant son importance: désormais, ces "catégories" qui étaient en place sur l'ancien blog ne sont plus affichées en bas des billets eux-mêmes (depuis la migration des contenus "canal blog" vers les "outils" de la plateforme over-blog), mais seulement dans la colonne de gauche. 

 

Je vais maintenant vous livrer un "focus" dont je rêvais depuis des années: la "nationalité" des films telle qu'elle apparaît dans les "tags" avec lesquels chaque billet peut être critérisé. Ce qui nous intéresse s'appelle donc "Cinéma [nationalité]", 70 sont représentés à ce jour, certains dans des centaines de billets, d'autres dans un seul (les chiffres trop faibles pour faire partie du "Top 30" des "tags" sont "surcritérisés" comme "Cinéma du Monde").

Allons-y (sur la totalité des 3046 billets que compte le blog à ce jour, donc): Cinéma(s)... français 559 (dont 34 en 2025), du monde 488 (30), américain 471 (22), britannique 171 (3), italien 63, japonais 50 (4), allemand 48 (4), espagnol 44 (2), chinois 31 (3), sud-coréen 27 (1), iranien 26 (2), israélien 26 (1), argentin 26, belge 25 (3), danois 19, roumain 17 (2), russe 16, suédois 15, québécois 11 (1), turc 11, autrichien 10 (1), chilien, islandais 9, norvégien 8 (1), palestinien 7 (2) mexicain (7), brésilien (2), tunisien 6 (1), finlandais 6, australien 5 (1), Hong-kongais, polonais, suisse 5, taïwanais 4 (2), Algérie, irlandais 4 (1), canadien, égyptien, indien 4, néerlandais 3 (1), Arabie saoudite, géorgien, néo-zélandais 3, bulgare, estonien, grec, guatémaltèque, hongrois, kazakh, libanais, macédonien, portugais, singapourien, uruguayen 2, letton, thaïlandais 1 (1), arménien, bhoutanais, bosniaque, colombes, croate, jordanien, kirghize, l'italien, luxembourgeois, mauritanien, soudanais, tchèque, ukrainien, yéménite 1.

 

Une fois tous ces chiffres énumérés, je vais vous expliquer les différents biais susceptibles de les impacter!

Il s'agit de films vus en salle (essentiellement par dasola) bien davantage qu'en DVD (le plus souvent chroniqués par moi), mais les critères de nationalité couvrent les deux cas. Le biais principal est donc qu'il faut que le film soit sorti en France (avec VF ou sous-titres), et surtout à Paris, ces sorties n'étant sans doute pas toujours dictées par les seuls qualités esthétiques d'un film mais aussi par une rentabilité prévisible (ou non - le cinéma est un business) voire par des raisons géopolitiques, variables au fil des décennies... Nous avons donc une vision bien biaisée du cinéma mondial. Je suis certain que la France "grand public" ignore bien des cinémas "nationaux" auxquels personne ne saurait s'intéresser (même s'il peut exister des festivals très spécialisés ici ou là en France).

 

Signalons ensuite que le "tag" (critère) est attaché au billet (qui peut parler d'un seul film ou bien de plusieurs, avec pour chaque film la possibilité d'une ou plusieurs nationalités). Enfin, l'affectation d'une "nationalité" à un film peut être plus ou moins subjective sinon arbitraire (j'ajouterai que sa rigueur a pu varier en 19 ans...). A-t-on pris en compte la production ou la coproduction du film (financement)? La nationalité du réalisateur? Ou bien le fait que le film ait été tourné dans un pays "exotique" avec des acteurs locaux mais avec parfois coproduction via des financements "étrangers"? Est-ce qu'un film "russe", "chinois", "allemand", des années 1920, 1930 ou 1940 aura la même signification "(géo)politique" que de nos jours? Sans parler des pays de création plus ou moins récente (depuis la création de l'ONU -largement postérieure à celle du cinéma)... Quid de la nationalité du cinéaste? Réside-t-il dans son pays? Est-il "en exil"? Les autorités de son pays, contemporaines du tournage, autorisent-elles ses films à y être projetés ou non?

 

Dans le cinéma américain, on peut signaler l'existence des blockbusters hollywoodiens (mais leur sorties mondiales ne garantissent pas le succès, que ce soit aux Etats-Unis, en France ou dans le reste du monde). Je suppose qu'il doit peut-être subsister encore quelques films "anti-trompeurs", susceptibles d'avoir la faveur de spectateurs européens...

 

Je termine en constatant que le "top" 5" voire le "top 10" des "commentateurs" (-trices) les plus réguliers(ières) ne bouge pas énormément d'une année sur l'autre, Manou reste en tête en 2025, même si elle en avait fait davantage en 2024 (le "total cumulé" de toute personne ayant fait au moins 5 commentaires figure en colonne de droite - le statisticien tient à disposition les stats précises, croisables avec différents critères, pour chaque blogueur qui voudra avoir une vision globale de son "activité" au fil des ans sur le blog de dasola!).

Et je vous dis "à l'année prochaine pour les 20 ans" (je me rappelle avoir apprécié, en son temps, le billet des 20 ans de blog de Sandrine). 

7 janvier 2026

Y a rien de plus beau que le boulot - Vuillemin

Comme premier "billet du sept" de cette nouvelle année 2026, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente un ouvrage de l'un des collaborateurs actuels de Charlie Hebdo, mais qui ne l'était pas encore lors du massacre intervenu à la rédaction il y a 11 ans. C'était aussi un mercredi, je me souviens que j'étais au boulot et que c'était ma chef qui m'avait annoncé la nouvelle de l'annonce médiatique qu'une attaque avait eu lieu à Charlie.
L'album que je présente aujourd'hui a, lui, un quart de siècle.

Vuillemin, Y a rien de plus beau que le boulot,
L'écho des Savanes / Albin Michel (CEFAM), 2001, 64 pages

 

J'ai déjà parlé de [Philippe] Vuillemin lorsque j'avais évoqué l'an dernier Y a pas photo!, sélection de dessins publiés dans Charlie Hebdo parue en 2019. 

Même si l'information ne figure pas sur Wikipédia (sauf erreur de ma part, ni dans la page Vuillemin ni dans celle de Libération consultées ce 7 janvier 2025), il semble que le dessinateur ait collaboré plusieurs années avec le Libération de Serge July. 

Dessin figurant en exergue de l'ouvrage (page de gauche)

 

J'avoue être fan de son humour (même si souvent trash). J'ai compté au total 46 grands dessus (chacun occupant la moitié supérieure d'une page). Voici ma petite sélection de citations...

Pas de pagination dans cet album (ni non plus de "référence" à la date de première publication)

... Ce qu'on appelle la voix de la nature?

L'humour crade se montre capable de rire de tout, en exagérant les situations (je connais le cas d'une cycliste à qui un camion avait roulé sur les jambes en plein Paris - les joies de "l'angle mort". De longs mois de rééducation après opération s'ensuivirent...).

Tous les dessins ci-dessus, comme signalé, viennent des "hauts de page". La cerise sur le gâteau (l'argument pour vous inciter à prendre en main vous-même l'album!) est que les "bas de page" sont occupés par ce qui semble être une immense frise qui se poursuit sur toutes les pages, à savoir la suite de la file d'attente devant le guichet figurant sur la couv' (pour les "jeunes", je rappellerai qu'il s'agissait de l'ancien nom de l'une des deux composantes de l'actuel "France Travail", avant qu'ANPE et les ASSEDIC soient fusionnés en 2008 en Pôle emploi, désormais renommé en "France travail" depuis 2024... Tout un programme!). Une galerie croquignolette de profils (... variés!), dont la clé se trouve en quatrième de couverture (que j'aurai la cruauté de ne pas vous montrer)!

L'extrait ci-dessus est simplement celui qui m'a le plus fait rigoler!

 

De nos jours, dans Charlie, Vuillemin publie régulièrement un "strip vertical" de quelques cases racontant une historiette. Il assure aussi régulièrement la couv' une colonne dans l'hebdomadaire, dont il illustre parfois la couverture. Les dessins que j'avais choisis pour le bas de mon article précédent (déjà cité) le montraient bien.

*****************

Même s'il n'est pas de Vuillemin et n'a aucun rapport avec Charlie, je tenais à glisser dans ce billet un extrait de l'un des albums de la série BD Les Vieux fourneaux (des. Cauuet, scén. Lupano) sur un thème connexe. 

"L'avaleur travail" (slogan de la vignette médiane), in Chauds comme le climat, septième tome de la série, p.6.

 

Peut-être qu'un jour, afin de poursuivre laborieusement dans la même veine, je trouverai matière à vous parler de ma propre découverte des joies de la retraite progressive... 

 

*** Je suis Charlie ***

6 janvier 2026

L'amulette - Michael McDowell

 

Je viens de terminer dans le train du retour de mes vacances L'amulette (Edition Monsieur Toussaint Louverture, 480 pages), le tout premier roman de Michael McDowell qui date de 1979 et qui vient donc de paraître en français. Comme dirait l'autre, c'est du "lourd". Que de morts : 7-2-2-1-2-2 et encore 2 et 2 avant la destruction finale d'une usine d'armement qui fabrique des fusils. Tout commence en mars 1965 à Fort Rocca, en Alabama. Nous sommes en pleine guerre du Vietnam. Dean Howell n'ayant pas eu de travail en usine a été tiré au sort pour partir combattre. Lors d'un entrainement, un fusil avec lequel il s'exerce lui explose à la figure, le laissant gravement blessé. Désormais, réduit à un état végétatif, il est veillé à Pine Cone par sa mère obèse, Josephine Howell, et son épouse Sarah. Jo(sephine) est une femme méchante, aigrie et paresseuse qui traite sa bru Sarah comme une domestique. Sarah est une femme sensible qui travaille sur une des chaînes de fabrication de fusils dont l'un a blessé Dean Howell. C'est pourquoi Jo s'est prise de haine pour toute la ville de Pine Cone où elle habite. Inconsciemment ou non, on ne saura pas vraiment, c'est elle qui va être à l'origine de la tragédie s'abattant sur la ville. Elle offre une belle amulette à un certain Larry qui n'avait pas pu proposer un poste à Dean dans l'usine. Cette amulette est ronde, noire et a des bords dorés (de l'or?). La chaînette est fine sans fermoir apparent, sauf quand quelqu'un la met autour du cou. Les conséquences sont immédiates, la personne qui la porte perd tout contrôle d'elle-même et se met à tuer avant de se tuer elle-même. Cette amulette va passer de cou en cou (si je puis dire) avec comme conséquence des gens qui meurent, de manières toutes plus horribles les unes que les autres. Sarah, qui a deviné que cette amulette est ensorcelée, essaye de la retrouver pour la détruire, mais c'est toujours trop tard, jusqu'à la fin que je ne vous dévoilerai pas. Un vrai "page-turner" gore mais qui garde une certaine distance. McDowell était vraiment sans pitié pour ses personnages à quelques exceptions près. Après Blackwater (je n'ai lu que les trois premiers tomes), Les aiguilles d'or, Katie, Lune froide sur Babylone et avant Les luminaires à paraître en 2026, L'amulette se lit bien, je vous le conseille. 

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>
Le blog de Dasola
  • CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur films, livres et spectacles. [Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine" (262 commentaires, du 17/01/07 au 31/03/26)].
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Newsletter
81 abonnés
Liens (en cours de mise à jour)

** INDEX AUTEURS (LITTÉRATURE), FILMS & REALISATEURS (CINÉMA) **

*** CHALLENGES DE L'ANNEE EN COURS ***


** LE SITE DU STATISTICIEN **


*** LIENS ***
(BLOGUEURS COMMENTANT SOUVENT LE MIEN)

  • = Onze blogueuses et blogueurs ayant fait au moins 500 commentaires chez dasola se présentent =
  • On crée un lien lorsqu'un blogueur a commenté au moins cinq billets en venant à (au moins) deux dates différentes sur ce blog. 
  • Une adresse de mail (xxx@yyy.fr ou com...) [non publiée!] est exigée par Canalblog pour enregistrer votre commentaire. 
  • Vous ne voyez pas tout de suite apparaître votre commentaire, car il doit d'abord être validé (cela peut prendre quelques heures)
 
CINÉMA (23 blogs en activité)

DIVERS - CULTURE (51 blogs en activité)

LIVRES (63 blogs en activité)

QUELQUE TRISTESSE

QUELQUES BLOGS DÉSORMAIS EN PAUSE (À MON GRAND REGRET)

QUELQUES INFIDÈLES (NE ME RENDENT PLUS MES COMMENTAIRES...)

QUELQUES INTROUVABLES (BLOGS SUPPRIMÉS OU DISPARUS?)

SANS BLOG (COMMENTATEURS SUR LE MIEN)

STATISTIQUES, INFORMATIONS, RECORDS (DEPUIS LA CRÉATION DU BLOG)

  • * Blog créé le 09/01/2007, transféré sur Canalblog en juin 2007, migré à l'insu de son plein gré sur l'outil Overblog en février 2024 *
  • 3084 billets (au 11/04/26) dont tous ont eu au moins un commentaire
  • 37 127 commentaires (au 07/04/26 [+ 2 [anciennement 203] "égarés" lors de la migration"]) [dont 269 dasola] par au moins 1300 personnes, dont 43 (re)venues en 2026
  • 423 blogueurs [dont 137 actifs en 2026] m'ont fait au moins 5 et jusqu'à 1329 (au 03/04/2026) commentaires (voir ci-dessus)
  • Abonnés (être prévenu à chaque nouveau billet publié sur le blog): 81 au 31/03/26 (via "Newsletter" ci-dessus)
  • Billet commenté par le plus de personnes: 77 commentaires par autant de commentateurs/trices (billet du 09/01/2014)
  • Billet comptant le plus de commentaires: 123, par 46 commentateurs/trices différent(e)s (billet du 10/06/2023)
  • Record de commentaires en 1 an de date à date par 1 même blogueur-euse: 160 par Manou (du 01/08/23 au 31/07/24)
  • Record de commentaires en un mois: 355 en janvier 2014
  • Record de commentaires en une année civile (même blogueur-euse): 162 par Manou en 2024
  • Record de commentaires en une journée: 44 le 09/04/2009
  • Records de nouveaux commentateurs en un mois: 24 (dont 22 blogueurs) en mai 2008 et mars 2009
Pages