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11 juillet 2025

Tueur de bisons - Frank Mayer

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) fini de lire ce livre quelques heures seulement après l'avoir acheté (neuf!) sur un "coup de coeur" en librairie. 

Frank Mayer, Tueur de bisons, Anarchasis, 2025, 121 pages
(copyright 2010 pour la traduction de l'anglais par Frédéric Cotton)
Titre original: The Buffalo Harvest (1958)

 

Je dirais que la lecture de cet ouvrage, qui se présente comme le récit d'un des derniers témoins et acteurs de l'extermination du bison d'Amérique, nécessite de disposer d'une grille de lecture bien ajustée afin d'en tirer tous les enseignements. La présentation de l'éditeur évoque un Frank Mayer né vers 1850 (à ce qu'il dit [de] lui-même, "faute de traces vérifiables") et mort à 104 ans en 1954, cependant que l'auteur qui consigna la publication posthume en 1958 de ses souvenirs était un certain Charles B. Roth, "journaliste affairiste du Middlewest": "il reste difficile de savoir avec certitude quand et où les propos que l'on va lire ont été délivrés". Voilà pour la véracité historique de l'ouvrage. Il n'en demeure pas moins que celui-ci présente un intérêt certain et est bien écrit ("avec une gouaille non dénuée d'auto-dérision, [Frank Mayer] rapporte le quotidien des "coureurs" de bisons lorsque, sur les pistes, ils exterminaient l'espèce")!

 

Nous avons bien entendu tous appris au lycée que le bison a été exterminé, en une décennie à peine, pour mettre fin au mode de vie des Amérindiens et permettre "l'ouverture à la civilisation" de leurs immenses territoires de l'Ouest américain. Ici, le "récit à la première personne" donne de la substance à cette vision "théorique". Et, en "homme d'affaires", Frank nous donne des chiffres bien plausibles sur le "pourquoi" et le "comment" de cette extermination (sur l'air de "si ce n'avait pas été moi, d'autres en auraient tiré profit"). 

 

Au départ de la "ruée vers le bison" du début des années 1870, une peau d'animal amenée en gare rapportait 3 dollars. La population de bisons étant potentiellement de 20 millions, il y avait 60 millions de dollars à disposition de qui voulait se les approprier. Nous sommes bien en Amérique, avec un capitalisme prédateur totalement désinhibé et sans aucune préoccupation environnementale à ce moment-là, mais un calcul "coût-bénéfice" clair. Il s'agit d'abattre, chaque jour, autant de bisons que les "dépeceurs" d'une petite équipe (5 hommes, dont le "patron/tireur") peuvent dépouiller de leur peau. Il s'agit juste d'être "efficace".

L'auteur nous parle au fil des pages du prix d'un bon fusil, à la fois puissant et précis à longue portée. Il assume son comportement de prédateur le plus désinhibé qui soit, avec calcul coûts-bénéfices (il est aussi capable de parler, avec le recul des années écoulées, de la loi des rendements décroissants). Il tenait compte du prix des cartouches qui, industrielles,  coûtaient 25 cents, mais la moitié de ce prix en fabriquant soi-même ses cartouches (bonne poudre anglaise choisie par lui, étuis recyclés...). Au plus fort du massacre, 5000 chasseurs traquaient non pas les deux "immenses troupeaux" (nord et sud, qui ne se mélangeaient guère) décrits par l'imagerie, mais des hardes éparses de quelques dizaines à quelques centaines de bêtes menées par une matriarche qu'il s'agissait de neutraliser en premier, désorientant les autres ("animaux stupides")... jusqu'à extermination totale.  

 

Le récit, très vivant, est illustré d'anecdotes, de quelques rencontres avec des indiens, avec des personnalités de l'époque... J'extrais (p.34) ce qu'il rapporte des dires d'un officier l'approvisionnant en munitions gratuites: "Mayer, de deux choses l'une. Soit les buffalos doivent disparaître, soit les indiens doivent disparaître. C'est seulement lorsque l'indien sera totalement dépendant de nous pour tous ses besoins qu'on pourra le maîtriser. Pour le buffalo [sic!], il est trop indépendant. Mais si on tue le buffalo, on conquiert l'indien. Ça paraît plus humain de tuer les buffalos plutôt que les indiens, alors les buffalos doivent disparaître, il a conclu."

 

Pour un investissement initial de 2000 dollars (pas à la portée de n'importe quel coureur de plaines), il dit avoir gagné, net, deux ou trois mille dollars les meilleures années... argent qu'il dépensait avec facilité. Une fois le "filon" épuisé et même gaspillé (certaines peaux étaient trop détériorées pour être vendues...) et les ossements de bisons jalonnant les plaines, sont arrivés d'autres hommes d'affaires avisés pour collecter lesdits os afin d'en faire des matières-premières industrielles ou agricoles. Il est ressorti de l'aventure avec... 2000 dollars, et tous ses souvenirs, dit-il. 

 

J'inscris ce billet au challenge "American Year" 2025 chez Belette2911, ainsi qu'au challenge "2025 sera classique aussi" organisé par Nathalie

Foalferie et Yan (derniers billets en 2024) ou encore Nébal et Sandrineavaient parlé d'une édition de 2013. Je n'ai pas encore trouvé de références vers celle qui vient de paraître. 

10 juillet 2025

Jurassic World Renaissance - Gareth Edwards

Le film divise la critique. Des blogueurs ne sont pas fans non plus. Personnellement avec Ta d loi du cine on a bien apprécié le septième film de la série qui se passe au large de la Guyane française sur l'île de Saint-Hubert (île fictive). On retrouve les grosses bébêtes parfois mutantes. Il y a même une petite Dolorès, mignonne et facétieuse comme tout (je vous laisse découvrir qui c'est). Parmi les humains qui sont chargés de récupérer de l'ADN d'un dino marin, d'un dino terrestre et d'un dino aérien, il y a bien entendu le très méchant qui travaille pour un labo, un scientifique plutôt sympa et des mercenaires dont la charmante Scarlett Johansson. Il y a aussi une famille: le père, ses deux filles et le copain de l'aînée. Ils vont montrer un certain sang-froid face au T-Rex qui est capable de chasser sous l'eau. Le film comporte de très belles scènes comme la parade amoureuse de deux titanosaures (des herbivores à longue queue). Il y a des moments qui font peur. C'est amusant de voir un T-Rex faire la sieste et puis il y a un dinosaure mutant très méchant. J'ai passé un bon moment. Lire les billets de Pascale (qui a aimé), d'Henri Golant qui n'a pas trop aimé, ou de Selenie (un peu plus).

7 juillet 2025

C'est la faute à la société... - Wolinski

Cela faisait quelque temps que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'avais plus "traité" Wolinski dans mes "chroniques du 7". J'ai emprunté le sujet de mon article en bibliothèque, et je me suis dépêché de finir par le chroniquer la veille du jour où je devais soit le rendre, soit en prolonger l'emprunt en ligne, soit me résigner à commencer à faire tourner le moulin à amendes. 

Wolinski, C'est la faute à la société..., Albin Michel, 2006, 66 planches
(il y a un peu plus de pages, mais pas de numérotation de pages pour cet album...).

 

Avant même de rédiger cet article, je me disais que cela faisait plusieurs mois que je n'avais pas chroniqué un livre plutôt qu'un recueil de BD ou de dessins de presse. Hé bien, on ne peut pas dire que l'ouvrage du jour soit un roman, mais... Wolinski fait du Wolinski! Certaines pages (pas toutes!) sont comme de longs monologues avec fort peu de dessin à part le ou les personnage(s) qui s'exprime(nt). 19 de ces planches sont en couleurs. On trouve des "histoires" en une seule planche (comme ci-dessous), d'autres en "double-page" (jamais davantage).

Le texte m'est apparu comme très bavard, et très philosophique (du Wolinski, disais-je!): des personnages bien typés, qui parlent, parlent, parlent. Parfois Wolinski y met du sien, d'autres fois ce sont des caricatures. Dieu lui file même un coup de main pour finir une page pour Charlie! J'ai adoré la planche sur le psychothérapeute, tellement désemparé par l'arrêt de son couple client (au bout de six mois, ils ne voyaient aucun changement, donc aucune raison de continuer à payer leurs séances)... qu'il est prêt à les payer pour poursuivre la cure: génial et bien amené! Ailleurs, à une double page "C'était pas mieux avant!" répond, bien plus loin dans l'arum, celle qui affirme au contraire "C'était mieux avant!". J'ai trouvé très réaliste celle titrée "Ma vie" montrant toute la gamme de réaction d'un éditeur face à un diariste lui apportant son manuscrit...". Quelques rares pages sont vraiment trash (je vous en fais grâce).

Sondages et questionnaires... Deux pages d'exemples parmi d'autres présents dans l'album. 

Evidemment, un article "hommage" aux morts de Charlie Hebdo ne peut omettre la double-page ci-dessous. Une autre, titrée "Caricatures", montre un débat entre (les) trois versions de "Dieu" (celles des trois grandes religions monothéistes...), je vous en fais également grâce.

L'extrait ci-dessous provient d'une double-page titrée "J'arrête". 

Avec cette manière de Wolinki de travailler par planches entières ayant une unité, le "quota" de 10% de citations maximum est très vite atteint... Je ne peux que vous inciter à découvrir vous-même l'album, pour en savoir davantage, par exemple, sur la manière dont l'auteur traite les "déclinologues", ici ou là... Parfois, on nage dans le burlesque. La page du quidam entrant dans un magasin pour acheter un bonnet en plein hiver est franchement comique (les "saisons" de la mode ne correspondent pas forcément aux "besoins" des consommateurs...)!

 

Certaines planches sont manifestement parues dans Charlie. Pour d'autres, c'est moins évident (Paris Match, peut-être?). 

 

Cet album a été réédité par la suite chez Glénat. En cherchant des blogs en ayant parlé (1), j'ai trouvé un intéressant entretien (2) légèrement antérieur à l'album, dont j'extrais une citation: "Militant, ça ne va pas avec l’humour. Un humoriste ne peut être qu’anticlérical, de gauche, et non militant. Il peut avoir des convictions, mais des croyances, non."

 

(1) Je n'en ai pas trouvé: toujours ce foutu "Certains résultats peuvent avoir été supprimés conformément à la loi européenne sur la protection des données."...

(2) Propos recueillis le 1er juillet 2005, à Paris, par Jean-Pierre Mercier. Cet entretien est paru dans le numéro 12 de 9ème Art en janvier 2006. 

 

*** Je suis Charlie ***

6 juillet 2025

Films vus et non commentés en juin 2025 (2/2)

Suite à mon billet d'hier, je continue avec deux autres films français.

Le grand déplacement de Jean-Pascal Zadi est plutôt une comédie même si on n'éclate pas de rire. En effet, en Côte d'Ivoire, plusieurs pays africains s'unissent pour lancer la première mission spatiale africaine. Leur destination, l'exo-planète Nardal, qui pourrait accueillir nombre d'Africains quand la planète Terre serait devenue inhabitable. En attendant, les membres de l'équipage qui sont sélectionnés ont de forts caractères et il n'est pas facile pour eux de s'entendre. La mission se passe plus ou moins bien, après un entraînement intensif. Zadi qui joue un des membres de l'équipage a des réparties pas toujours aimables mais c'est bien tourné. Je n'ai pas vu le film précédent de Zadi qui est paraît-il supérieur. Personnellement, j'ai passé un bon moment avec ce grand déplacement. Lire le billet de Pascale.
 

Je termine avec Rapaces de Peter Dourountzis que j'ai vu en avant-première dimanche 29 juin 2025. Il est sorti le 2 juillet. J'ai eu peur pendant les 15 premières minutes que le film ne me plaise pas et puis ça s'est arrangé. Samuel, un journaliste qui travaille à Détective, est accompagnée de sa fille Ava qui fait un stage. Ils enquêtent sur le meurtre de Jessica, une jeune fille de 16 ans qui été vitriolée et tuée. Un homme avait été arrêté et jugé. Il s'est pendu dans sa cellule. Samuel n'est pas convaincu de sa culpabilité. Ses investigations le mène à suivre des personnes qui communiquent grâce à la CB (radio à ondes courtes), en particulier les routiers. L'histoire est bien menée et le film bénéficie d'une belle distribution : Samy Bouajila, Jean-PIerre Darroussin, Andréa Bescond, Valérie Donzelli. 

5 juillet 2025

Films vus et non commentés en juin 2025 (1/2)

J'ai vu plusieurs films français pas désagréable à regarder en juin 2025 et à propos desquels je n'avais pas encore écrit de billet. 

 

Avignon de Johann Dionnet tombe à pic avec le début du festival. Le réalisateur joue aussi un rôle. J'ai trouvé qu'il avait un faux air de Pio Marmaï. Le film est sorti le 18 juin 2025 et il se passe vraiment dans la ville d'Avignon pendant le festival. Il est fait mention en particulier du théâtre du Chêne noir. Stéphane, un acteur qui n'a pas beaucoup de propositions, part à Avignon pour jouer "Ma soeur s'incruste", une pièce de boulevard. Sur place, il croise la route de Fanny, une actrice de sa connaissance, qui joue Ruy Blas. Stéphane tombe instantanément sous le charme de Fanny. Il va s'ensuivre un chassé-croisé amoureux car il lui fait croire qu'il joue dans Le Cid. Il y a plein de rebondissements, parfois un peu beaucoup, mais le film se laisse voir. Lire les billets de Mariette et Eimelle

 

Sur la route de Papa de Nabil Aitakkaouali et Olivier Dacourt raconte le voyage de Kamel, sa femme, ses deux enfants et sa mère qui sont en route pour le fin fond du Maroc avec la vieille Renault 21 du père (décédé). La maman, Mima, a un sacré caractère et une idée fixe. Elle avait promis à son défunt mari de ramener la Renault dans sa famille au Maroc. Kamel, son fils, qui a réussi professionnellement (il est devenu architecte sur des grands projets) traverse une crise conjugale avec son épouse Sophie (qui est écrivain). Il se demande comment il va pouvoir s'envoler à Los Angeles pour défendre un projet dans trois jours alors qu'il ne veut pas laisser sa mère partir toute seule. Elle ne sait pratiquement pas conduire. Un "road movie" plutôt sympa avec une voiture qui traverse la France, l'Espagne et qui passe par le détroit de Gibraltar. Et ce voyage permet à cette famille de se retrouver. 

 

Mon second billet sur deux autres films paraîtra demain.

3 juillet 2025

Le marin à l'ancre - Bernard Giraudeau

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) d'abord repéré le titre et le nom de l'auteur dans le bac à livres d'occasion. Quand je l'ai pris en main et ai regardé la 4e de couv', j'ai compris que ce n'était peut-être pas totalement un livre de "navigation". Mais bon, je me le suis offert quand même... et ne le regrette pas. 

Bernard Giraudeau, Le marin à l'ancre, Points N°P1041, octobre 2010, 269 pages
(copyright Ed. Métailié, 2001)

 

Quel contenu, alors, pour Le marin à l'ancre? Bernard Giraudeau (1947-2010) envoie à son ami Roland, cloué par la maladie dans un fauteuil roulant, des dizaines de lettres lorsque lui-même voyage aux quatre coins du monde, pour une préparation de film, un tournage, des vacances, entre 1987 et 1997... Il s'agit donc du "partage" de récits de voyages: celui qui est mobile raconte à celui qui l'est moins. L'édition "Points" est sortie deux mois après la mort de Bernard Giraudeau des suites d'un cancer combattu pendant 10 ans. 

 

Avant de devenir l'acteur que l'on a connu, Bernard Giraudeau, petit-fils d'un "cap-hornier", s'était engagé dans la Marine nationale à 16 ans (en 1963): il a d'abord suivi les cours de l'école des apprentis mécaniciens de la flotte, à Toulon (été donc "arpète"?), avant de naviguer durant 7 ans, d'abord (durant deux ans) sur le tout neuf porte-hélicoptère école Jeanne d'Arc, puis sur une frégate et enfin sur le porte-avion Clemenceau. Il a 22 ans quand il quitte la Marine, avec deux tours du monde à son actif. 

 

Si l'ensemble du livre n'est pas consacré à cette vie de marin, j'y ai cependant relevé un certain nombre de souvenirs distillés au fil des ans et des envois. Comme, p.38, ceux de l'attente de l'escale à Madagascar (Diego Suarez) alors qu'on est en mer (en salle des machines), qui se savourait, tellement différente d'une arrivée "brutale" en avion. Ou, plus loin, deux histoires de jeune marin en bordée (à 17 ans) et de femmes... dont il n'a pas forcément compris qu'elles attendaient de l'argent (je rappelle que les lettres sont écrites plusieurs dizaines d'années plus tard). Ou cette histoire de drame passionnel, quand un officier en principe retenu ailleurs trouve son collègue et ami en position délicate avec son épouse. Il rappelle encore que c'est sans doute Daniel Defoe qui a inventé le "mythe" du repaire de pirates et république démocratique Libertalia, toujours à Madagascar (p.50). 

 

Les lettres sont datées et donnent des lieux d'envoi très variés: La Rochelle, Belgrade, Chypre, Cap Juby, Saint-Denis de La réunion, Sotchi, Quito, Saint-Louis du Sénégal, et bien d'autres... parfois avec plusieurs dates. On est touché par l'injonction du copain immobilisé, qui dit à un moment à l'épistolier: "tire-toi, tu me raconteras, j'ai besoin de voyager, je m'encroûte. Il y a un petit moment que tu n'es pas parti". Une dernière lettre, datée de février 2001, introduit le livre. 

 

J'ai encore relevé, p.82-86, une jolie histoire sur le Japon: lors d'un appareillage de la Jeanne qui va quitter le Japon, sous la neige, tout l'équipage au garde-à-vous sur le pont malgré l'absence de public sur le quai, arrive un gros bouquet porté par une minuscule Japonaise... pour son amour qui part. Scène chaplinesque de l'arrivée du "bouchon-gras" (mécano) le plus laid du bateau - il trébuche en descendant la "passerelle" enneigée -, que la fille était navrée de voir partir (sans retour), ce qu'elle lui témoigne désespérément sous les yeux z'émus de l'équipage et pressés du commandant... "Ne me demande pas si l'histoire s'arrête là. Elle s'arrête là, générique de fin. Il n'y a pas de suite, jamais, chez les marins".

Survolant (p.92) le Cap de Bonne espérance (Afrique du Sud), Bernard Giraudeau imagine brièvement un trois-mâts filant grand largue sur la route des Indes...

 

La longueur des courriers va d'une seule page (pour les plus courts), jusqu'à des textes comportant plusieurs parties et plusieurs pages. Il y  raconte ses histoires d'acteur, de tournages, entremêlés à des souvenirs de son temps de jeune marin... de ports en îles et d'îles en ports. Un passage à Marseille va évoquer le souvenir de Saint-Mandrier, avec les hâbleries adulescentes des jeunes marins camarades de chambrée... Ailleurs encore, quelques souvenirs d'escale de la Jeanne aux îles Marquise, à l'ancre et non à quai, en l'absence de port... et encore une fille. Escale à Manille (à 17 ans), où le jeune marin de 17 ans s'est retrouvé raccompagné à bord manu militari (après séjour au casino local). 

Même si ce n'est pas du ressort de la marine, j'ai bien apprécié le récit de la manière dont, 30 ans plus tard, invité à un festival cinématographique aux Philippines, il a réussi à "mettre en scène" sa remise à Imelda Marcos d'une liste de prisonniers politiques (avec pour résultat sa propre expulsion dès le lendemain). 

Sur une douzaine de pages (pp.229-241) et en plusieurs lettres (dont l'une écrite lors d'un trajet en bateau), il n'est pratiquement question que d'histoires de marins, entre le bizutage un peu violent pour l'un, ou le "quartier-maître" poursuivi d'escale en escale par l'hydravion d'une dame de Balboa...

 

C'est p.178 qu'il parle de "marin à l'ancre" et de "marin d'encre", ce qui m'a incité à creuser la polysémie du titre: un navire "à l'ancre" c'est un navire au mouillage (qui n'est pas en train de tailler sa route); mais cela peut aussi être le marin qui s'adresse à "son" ancre, celle qui, elle, ne bouge pas, quand lui part faire le tour du monde. Je ne citerai même pas pour mémoire (c'est juste de l'homophonie) l'encre qui permet au marin d'écrire s'il en a...

 

Et puis arrive cette dernière année 1997 où Giraudeau caresse de plus en plus, au fil des mois, l'espoir fou d'emmener son copain et le fauteuil où il est cloué jusqu'aux îles Marquise, avec l'aide de la Royale... Roland est mort cette année-là, il avait 53 ans. 

 

Géraldine avait parlé il y a quelques années de ce livre en version audio (non intégrale) lue par Giraudeau lui-même.

 

Je ne sais pas si Fanja acceptera (ou non) ce titre, grâce à tous les points que j'ai montés en épingle, pour son Book trip en mer (saison 2). Quoi qu'il en soit, je ne regrette nullement le temps passé à lire cet ouvrage qui m'a touché. Pour moi, il fait écho tant à Debout! de Grégory Perrin que j'avais chroniqué jadis, qu'à L'homme qui marchait dans sa tête de Patrick Ségal... qui fait, lui, partie de ces innombrables livres depuis le début de l'année dont j'ai lu quelques dizaines de pages, sans aller ensuite jusqu'à décider qu'il fallait que j'investisse le "temps de lecture" nécessaire pour en venir à bout (avec ou sans billet subséquent). Sans oublier le film Le ruffian (1983), où Bernard Giraudeau joue le rôle du paraplégique auquel son vieux copain (Lino Ventura) rêve de rendre l'usage de ses jambes... 

 

1 juillet 2025

Toutes les nuances de la nuit - Chris Whitaker

Je viens de terminer mon premier pavé/épais de l'été avec un beau roman de 810 pages, paru en 2025, Toutes les nuances de la nuit de Chris Whitaker (Editions Sonatine). L'histoire se déroule sur presque 30 ans entre 1975 et 2001. Aux Etats-Unis, Joseph McCauley, un gamin borgne de 13 ans qui porte un cache-oeil tel un pirate, va sauver la vie d'une jeune fille, Misty, qui allait être enlevée. Et c'est Joseph alias Patch qui restera prisonnier plus de 300 jours en compagnie d'une jeune fille appelée Grace. Elle lui fait des récits qui permettent à Patch de ne pas sombrer. Saint, une amie d'enfance de Patch, arrive à trouver par sa persévérance où Patch est détenu. Avec la police, elle le sauve, mais Grace et le ravisseur qui est photographe dans les écoles disparaissent. Patch reste marqué à vie par son expérience traumatisante. Il se met à peindre les jeunes filles disparues car bien évidemment, il n'était pas la première victime. Patch, orphelin de père, a une mère qui boit et se drogue. Saint vit avec sa grand-mère Norma, conductrice de bus. Misty, elle, qui n'est pas du même milieu social, n'oublie pas Patch et tombe amoureuse de lui. Il y a aussi un policier appelé Nix qui soutiendra Saint. Il a peut-être des secrets à cacher tout comme le docteur Marty Tooms. Et je n'oublie pas Sammy, celui qui vend les tableaux de Patch. Le rythme du roman est rapide du fait que chaque chapitre fait 2 ou 3 pages et donc je l'ai lu relativement vite. J'ai aimé son côté poétique et le fait que certaines révélations se fassent au compte-gouttes. Patch avec ses tableaux deviendra un peintre très côté même si sa face sombre est qu'il cambriole des banques afin de redistribuer l'argent aux parents des victimes. Patch mettra plus de 25 ans à retrouver sa compagne de détention et le ravisseur. Un roman que je conseille malgré son épaisseur et son poids. Lire les billets d'Alex-mot-à-mots, d'Aude bouquine, La petite souris, Pierre Faverolle.

C'est donc ma première participation aux épais de l'étéaux pavés de l'été de Sibylline et à la saison Eté des pavés "quatre saisons" de Moka

 

28 juin 2025

13 jours, 13 nuits - Martin Bourboulon

Après Eiffel, très moyen, et Les Trois Mousquetaires, plutôt réussi, Martin Bourboulon s'est attaqué avec 13 jours, 13 nuits à une période contemporaine tragique. Il a adapté le récit écrit par le commandant Mohamed Bida qui a fait partie des français à l'origine de l'évacuation de plus de 2800 personnes, hommes, femmes et enfants de la ville de Kaboul, capitale de l'Afghanistan, entre le 15 et 23 août 2021, quand les Talibans ont repris le pouvoir par la force. Mo(hamed) Bida, consul à l'ambassade de France et membre de la police nationale, décide presque tout seul de sauver des civils afghans qui veulent fuir le pays. La tension est palpable dès le début. L'ambassade de France est la dernière encore ouverte et des centaines d'Afghans se sont massés devant elle. Les Talibans ne sont pas loin et ils se servent beaucoup de fusils d'assaut AK 47. Après avoir fait entrer plus de 400 personnes dans l'ambassade, Mo avec l'aide d'Eva, une jeune femme franco-afghane qui lui sert d'interprète, va mettre au point un plan pour que ces réfugiés (dont la mère d'Eva) et une journaliste puissent s'enfuir par avion. Mais avant d'atteindre l'aéroport, un parcours semé d'embûches les attendra. J'ai trouvé qu'il y avait du suspense et une certaine tension. On ne nous raconte pas toutes les négociations qui ont pu se faire entre les Français, les Américains et les autorités afghanes. Mais cette opération a été approuvée par l'Elysée. Roschdy Zem dans le rôle de Bida est très bien, tout comme Lyna Khoudri dans le rôle d'Eva, et j'ai été contente de voir Sidse Babett Knudsen dans le rôle de la reporter de presse. Ce film qui est sorti hier, vendredi 27 juin 2025, est tout à fait recommandable. 

27 juin 2025

Romans préhistoriques - J.-H. Rosny aîné

Voilà un volume qui me (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) permet de bien débuter la troisième édition de mon challenge Les épais de l'été (2025). Cet ouvrage peut aussi participer aux challenges Les pavés de l'été 2025 chez Sibylline, 2025 sera classique aussi organisé par Nathalie, et (pour ma première fois) Quatre saisons de Pavé - Eté chez Moka. J'ai été tout content d'apercevoir ce volume sur le comptoir de la bouquinerie où je m'apprêtais à payer quelques 6 ou 9 bouquins à 0,20 euros à l'unité, mais vendus 50 centimes par trois...

J.-H. Rosny Aîné, Romans préhistoriques, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1985, 720 pages
(jusqu'à la Table des matières incluse)

 

Ce volume contient 10 titres (détaillés ci-dessous). La couverture est créditée: Photo Roger-Viollet. "Age de pierre" par Paul Jamin, 1899. Ses 720 pages coûtaient, en "neuf" à l'époque, 95 FF [soit... 14,48 euros en 2002, lors du passage vers notre actuelle monnaie].

Cela faisait des années que je souhaitais relire Les Xipéhuz. Alors, même 10 euros pour 720 pages de récits divers, ça m'allait tout à fait. Outre Les Xipéhuz, j'ai aussi lu et relu, au fil des ans depuis mon enfance, La guerre du feu et Le félin géant. Les autres textes ont été une découverte. Un "Avertissement" explique que les oeuvres ont été regroupées en deux sections, la première réunissant les cinq romans préhistoriques au sens précis du terme, la seconde rassemblant cinq nouvelles, dont deux appartiennent au genre "préhistorique" cependant que les trois autres illustrent la manière dont l'auteur a opéré la synthèse entre préhistoire, aventure et science-fiction... 

 

Les textes contenus dans ce recueil d'éditeur ont été publiés sur une durée totale de 43 ans, entre 1887 et 1930. Il s'agit d'oeuvres d'inégale longueur, simple nouvelle ou vrai livre (parfois paru en feuilleton avant d'être repris en volume). Sa préhistoire, c'est du brutal, ça se massacre beaucoup, bien loin des représentations idéalisées de communautés harmonieuses de chasseurs-cueilleurs célébrant la déesse-mère sous l'égide de matriarches bienveillantes davantage à la mode dans des oeuvres du XXIe siècle. Je prends les textes dans le désordre, et commence par ce qui reste sans doute le roman le plus connu, encore aujourd'hui, de J.-H. Rosny aîné. J'indique à chaque fois la pagination dans le bouquin (mais à chaque fois sans compter la page de titre).

 

On connaît l'histoire de La guerre du feu (1909), qui figure dans le recueil pp.205-337. "Les Oulhamr fuyaient dans la nuit épouvantable. (...) le Feu était mort". Ces premières lignes peuvent rester gravées, plusieurs décennies après, dans la mémoire de lecteurs qui les avaient découvertes gamins, au même titre que le "Longtemps, je me suis couché de bonne heure" (Du côté de chez Swann), le "Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France" (Mémoires de guerre), ou "Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers" (La gloire de mon père). Pour partir à la conquête feu (que la tribu des Oulhamr ne sait pas produire, mais seulement conserver dans des "cages à feu"), le héros, Naoh (fils du léopard), va partir avec deux jeunes acolytes qu'il se choisit dans une direction opposée à celle que perdra son rival, Aghoo-le-velu, brute que ses deux frères aident à tuer tous ceux qui s'opposent à sa volonté. L'enjeu? La succession, le moment venu, du chef Faouhm, et sa nièce, Gammla (sans donner des haches, des cornes, des coquilles ni des fourrures!...). S'ensuivent 130 pages d'aventures, lors desquelles ils croiseront bien des tribus (les Kzamm mangeurs d'hommes, les hommes-au-poil-bleu, les nains rouges, les hommes-sans-épaules [Wah], les mammouths...) avant la fin attendue... 

Jean-Jacques Annaud en a tiré un film fameux (notamment pour ses éléphants déguisés qui se bouffaient leur toison de mammouth sur le dos!). 

 

Le félin géant (1918), pp.341-452, est le prolongement, à une génération de distance, de la guerre du feu. Aoûn (fils de l'urus) qui descend de Naoh (fils du léopard), appartient, selon la coutume, au frère de sa mère, même s'il préfère Naoh. Son meilleur (son seul?) ami dans la tribu, Zoûhr, est le dernier descendant de la tribu des Hommes-sans-épaules exterminée par les Nains-rouges. Un tremblement de terre va leur ouvrir la voie vers de nouvelles terres inconnues des Oulhamr... et les entraîner à l'aventure, pour affronter serpent géants, lions, tigres, ... voire même découvrir d'autres humanités ("lémuriens", Hommes du feu [Chelléens], tribu des femmes [Louves]?). Comme souvent, Rosny aîné énumère à longueur de pages végétaux et animaux. Et le félin géant? Il jouera le même rôle que les mammouths avaient joué pour Naoh! 

Bon, c'est vrai que notre XXIe siècle a connu, avec l'ADNologie, quelques bouleversements par rapport aux connaissances sur l'humanité préhistorique telle qu'on se l'imaginait entre 1888 et 1930... Néanderthal, Sapiens, Denisoviens, Florès, Erectus, Australopithèques, Paranthropes, Nadali, ... aujourd'hui encore disputés pour certains, seront certainement (re)mis en cause par de nouvelles découvertes dans les décennies à venir!

 

Varimeh (1892), pp.19-97, commence par "C'était il y a vingt mille ans". Combat entre fauves, puis du fauve vainqueur et d'un homme... Notre héros, Varimeh (fils de Zom), fait partie d'une horde troglodyte. Artiste, il aime bien partir pour de longues explorations solitaires, ce qu'il fait dans le chapitre IV. Dans le chapitre VI, il croise une jeune femme étrangère (la belle Elem), et, sans aucune hésitation, l'enlève. La tribu de celle-ci les poursuit et la récupère. Il vient la reprendre au chapitre XIV. D'autres "hominina" (comme on ne disait pas au temps de Rosny!) sont rencontrés... Puis encore la guerre (pas dix ans, tout de même!), et enfin la paix (et, très certainement, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants). 

 

Elem d'Asie (1896), pp.571-611, après un premier chapitre et le début du deuxième, sauf erreur, identiques, aux titres près, à celui de Varimeh, résume, en quelque sorte, mais surtout abrège, l'épopée du texte précédent. 

 

Helgvor du fleuve bleu (1930), pp.455-567, se déroule au temps de l'âge du bronze. L'histoire commence avec une éruption volcanique. Pour la calmer, un sacrifice humain est prévu par la tribu des Tzoh. La jeune Glâva (fille de Wôkr) décide de fuir pour y soustraire sa grande soeur Amhao qui devait être immolée. De son côté, Helgvor (fils de Chtrâ), d'une autre tribu, celle des Ougmar (qui a jadis affronté les Hommes de la pierre, dont les armes, plus redoutables que les haches de pierre et les massues de chêne, sortaient du feu), est en reconnaissance, accompagné de deux chiens, d'un loup et d'un enfant. Les deux chemins, bien entendu, vont se croiser. Combats... Intervention de clans d'hommes anciens... Il y eut des jours et des nuits (sic! p.544). Pour finir, Helgvor tuera en duel un rival pour gagner Glâva!

 

Nomaï (1897), pp.615-625. Un meurtre avec préméditation tourne le mieux du monde. Cherchez la femme... (une fois de plus!). 

 

La grande énigme (1920), pp.655-658, constitue un court récit fantastique, une sorte de "vision"... 

 

Eyrimah (1896), pp.101-201, se déroule, "il y a 6000 ans environ", dans la Suisse actuelle, chez ces "lacustres" dont nous savons aujourd'hui qu'ils n'étaient qu'une vision romantique de "villageois" qui construisaient leurs huttes sur les rives des lacs, et non sur pilotis "dans" ceux-ci. Encore une guerre entre deux "types" de populations, les grands blonds d'une part, les bruns, courts de taille et à la tête large, d'autre part (oui, les "types" tiennent une grande part dans ces oeuvres - et je n'aime guère le mot "race" qui y est employé à foison). Ici, c'est une apothéose guerrière. Nous allons avoir une véritable tentative d'invasion, avec défense de bastions d'abord victorieuse, puis retraite en bon ordre, recherche d'alliés et de renforts des deux côtés, des généraux plus ou moins bons tacticiens voire stratèges, des morts par centaines sinon par milliers, - pour au final aboutir à la paix et au statu quo ante bellum, avec à la clé au moins deux mariages mixtes... Tout ça pour ça.

 

Les hommes sangliers (1929), pp.661-684, a sans doute choqué, à l'époque. Ce qui commence comme une aventure épique à la Gustave Aymard, située dans les arrières-pays sauvages de Sumatra, tourne quand même aux mésaventures d'une jeune fille ("jufvrouw", en néerlandais?) quand elle se trouve séparée de ses compagnons d'expédition. Et là, il est quand même question de v...s! Ô innocence...  

 

Les Xipéhuz (1887), pp.629-652, représente semble-t-il le tout premier récit "d'anticipation" mettant en scène un affrontement avec une civilisation inhumaine (mais pas forcément "extraterrestre"). L'apparition, puis l'expansion mortelle pour les humains de celle-ci amène ceux-ci, "mille ans avant le massement civilisateur d'où surgirent plus tard Ninive, Babylone, Ectabane", à réagir par une véritable guerre d'extermination, au prix de nombreuses vies humaines, pour anéantir jusqu'au dernier les Xipéhuz. 

J'avais lu en bibliothèque, il y a plusieurs décennies, ce récit dans une édition qui contenait aussi La mort de la terre (ce dernier récit de SF m'avait davantage marqué, mais, lui, je l'avais retrouvé il y a bien des années déjà).

La partie "Documents" termine l'ouvrage, de la p.687 à la page 720. 

 

J'ai prêché d'exemples (mais ai-je convaincu?) avec une manière intéressante de surmonter le défi des 700 pages: non pas un texte suivi, mais un "bouquin" contenant plusieurs titres...

 

Né en 1856, J.-H. Rosny aîné (de son vrai nom Joseph Henri Honoré Boex) est mort en 1940. Quand je le lisais pour la première fois, il s'était écoulé 35 ans au plus depuis son décès, et son dernier roman "préhistorique" datait seulement de 10 ans avant sa mort (ce qui étend l'intervalle jusqu'à 45 ans)... Au total, bien moins que le nombre d'années que je compte moi-même aujourd'hui! Longueur du temps...

25 juin 2025

Le grand pavois - Roger Vercel & Jean Raynaud

Voici encore un bouquin que j'ai chiné il y a quelques jours en me disant (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) que sa lecture pourrait sans doute aboutir sans trop de peine à un nouveau billet pour deux challenges... 

Roger Vercel & Jean Raynaud, Le Grand Pavois, Presse Pocket N°252, DL 1965 (copyright 1953, éditions France Empire), 185 pages

 

En fait, dans l'avant-propos, il est question du scénario d'un film homonyme, Le Grand Pavois (que je n'ai jamais vu), sorti en 1954. Les deux auteurs ont retravaillé leur scénario, pour en tirer ce qu'on appelle aujourd'hui une "novelisation", avec la possibilité d'approfondir leur récit avec des éléments qui n'avaient pu être intégrés lors du tournage. L'ambition du film, comme du livre, est d'évoquer la vie de quelques élèves de l'Ecole Navale (futurs ingénieurs / officiers de marine) lors de leur "croisière de promotion" à bord du croiseur-école qui doit les préparer à leur future carrière (dans ces années 1950). Et d'évoquer aussi, par le canal de la vie de tels ou tels de leurs "instructeurs", ledit métier d'officier de marine.

L'auteur de l'illustration de couverture de ce "Presse Pocket" n'est pas crédité. Son style me fait songer à Antonio Parras, illustrateur et bédéiste... mais à l'époque de cette édition du livre (1965), celui-ci travaillait pour la concurrence (beaucoup de couverture de la collection "J'ai Lu / leur aventure" lui sont dues...). En tout cas, cette illustration (une jolie femme en belle robe qui regarde d'un oeil enamouré un beau galonné protecteur) paraît un brin surannée quand on la regarde aujourd'hui. 

 

Début de l'histoire: une mère de famille doit laisser le grand logement qu'elle loue à l'année en bord de mer pour aller vivre ailleurs en "pension de famille" durant les trois mois d'été: elle n'a pas les moyens de payer le prix en "location saisonnière", puisqu'elle est mère au foyer et que le ménage repose sur le seul salaire du mari, officier de marine (un beau métier qu'il aime, mais un sacerdoce qui implique des contraintes à accepter par l'épouse!). Une de ses amies a, elle, convaincu son propre mari (qui était également officier de marine) d'accepter un poste bien mieux payé, à terre, dans l'industrie en plein essor de ces années des "Trente Glorieuses". Tentation...

Le mari marin passe, en coup de vent, annoncer tout content qu'il a obtenu un beau poste: il va devenir "instructeur" lors de la croisière annuelle du croiseur Jeanne d'Arc (1931-1964) où embarque tour à tour chaque promotion de futurs officiers de marine, pour une croisière de longue durée (sept mois). Il est tout content. Son épouse comprend surtout qu'il sera absent durant sept mois. Un jeune homme de leur connaissance va, lui, embarquer comme "midship" (élève) à bord. Il est fiancé, pour sa part (mais il rêve donc d'épouser ce fameux métier). Le film, comme le livre, racontent la croisière, ses péripéties (vue par le "poste" où vivent ce midship et une dizaine de ses condisciples, parmi les 100 à 150 élèves à bord, et les officiers qui les instruisent tout en assurant la bonne navigation du navire (dont la mission est aussi de représenter la France lors de ses escales à l'étranger). Des choix devront être faits par chacun des personnages... 

 

J'ai trouvé que ce livre était vraiment "anglé" sur le métier des "officiers", quitte à laisser dans l'ombre le rôle pourtant essentiel de leurs subordonnés, "officiers mariniers" (correspondant aux "sous-officiers" dans les autres armées, de terre comme de l'air) et matelots, pourtant indispensables, eux aussi, à la Marine, et dont chacun a ses motivations pour accepter "d'entrer dans la carrière" tout en fondant une famille à côté. À l'époque (années 1950), il n'était pas question non plus que des femmes embarquent à bord des navires de guerre (même si les premières "marinettes" ou "personnels féminins de la marine" ont servi durant la guerre de 1940 - à terre, et de préférence dans des services administratifs non combattants). Les premiers embarquements ont eu lieu dans les années 1970. Aujourd'hui, il n'y a théoriquement plus de différence entre militaires masculins et féminins (accès aux grades, aux postes, etc.). Le dernier "bastion", celui des sous-marins nucléaires, a récemment accueilli ou va prochainement accueillir ses premières sous-marinières. Pour sa part, l'écrivain Roger Vercel (1894-1957) dont j'ai déjà évoqué d'autres livres maritimes n'a jamais été marin, ni a fortiori marin de la marine nationale. Je n'ai guère trouvé d'informations sur le co-auteur Jean Raynaud (1910-1996), si ce n'est qu'il était capitaine de frégate honoraire et directeur des collections Marine aux éditions France-Empire (selon le catalogue de la BnF). 

 

Quand le croiseur Jeanne d'Arc cité dans le livre a été désarmé (en 1964, après une ultime grande croisière en 1963), la suite (croisière de dernière année pour les élèves de "Navale" et quelques élèves d'autres Grandes Ecoles) a été prise par le "porte-hélicoptère école" Jeanne d'Arc (il a aussi repris le nom "de tradition"), resté en service sur cette mission, lui, de 1964 à 2009. De nos jours, depuis 2010, les "missions" Groupe École d'application des officiers de marine (GEAOM), appelées par tradition "Missions Jeanne d'Arc", sont assurées alternativement par l'un des trois PHA (porte-hélicoptère amphibie) français (Mistral, Tonnerre, Dixmude) [voir Wikipedia consulté le 24/06/2025]. La mission 2025 est en cours, selon la communication du Ministère des armées

 

Dans Le Grand Pavois, il est aussi question des perspectives prometteuses de renouvellement des vieux navires de guerre hérités de la Seconde Guerre Mondiale (ça se déroule avant la défaite de la France en Indochine, a fortiori avant le vrai début des "événements" en Algérie), que nos héroïques officiers pourront espérer commander. En ce qui concerne les "contemporains" en activité dans la Marine à l'époque de l'oeuvre (début de carrière ou quelques années de plus), ils sont désormais en retraite voire déjà décédés je suppose, et ce ne sont même plus leurs enfants mais peut-être leurs petits-enfants voire leurs arrières-petits-enfants qui sont susceptibles de naviguer aujourd'hui!

À quand un nouveau livre, sur des thèmes un peu moins datés que les "problèmes de couples" où l'homme vit pour son métier pendant que l'épouse-mère élève les enfants à terre, pour raconter une "mission Jeanne d'Arc" contemporaine, en sous-entendant "engagez-vous, rengagez-vous" dans la Marine?

 

Le Grand Pavois, vieux bouquin instructif à lire sur la France d'il y a 70 ans, peut en tout cas participer au challenge Book trip en mer (saison 2) de Fanja ainsi qu'au challenge "2025 sera classique aussi" organisé par Nathalie

22 juin 2025

Enzo - Laurent Cantet / Robin Campillo

Enzo sorti le 18 juin 2025 est un film de Laurent Cantet (il a écrit le scénario) mais qui a été réalisé par Robin Campillo. Laurent Cantet est décédé prématurément et n'a donc pu réalisé ce long-métrage. Je dis tout de suite que le film ne m'a pas emballée plus que cela à cause du personnage d'Enzo qui m'a crispée. Ce jeune de 16 ans est à baffer. Enzo est le fils cadet d'un couple CSP++ (gagnant plus de 11 000 euros par mois, c'est dit dans le film). La famille vit dans une superbe villa qui domine la Mediterranée. Enzo est en train de faire un stage de maçon où il s'abîme les mains. Il rejette la condition sociale de ses parents et la société de consommation en général, en étant conscient des changements climatiques. Cela ne l'empêche pas de rentrer le soir auprès de ses parents (tout au moins au début). Sur le chantier où il travaille, il n'est pas très doué en maçonnerie mais il se lie d'amitié avec deux Ukrainiens, en particulier un, Vlad. Auprès de ce dernier, Enzo croit avoir trouvé un ami et peut-être plus. Enzo ne sait pas vraiment ce qu'il veut ou pas, c'est certainement de son âge. Son père Paolo (Pierfrancesco Favino, très bien) est inquiet du comportement de son fils. La mère, Marion (Elodie Bouchez très bien mais le personnage est peu présent), essaye d'aplanir les relations tendues entre le père et le fils. Les critiques sont dans l'ensemble très bonnes, moi je suis plus dubitative. Lire les billets de Le bleu du miroir et Luc Schweitzer

21 juin 2025

Le challenge Les épais de l'été 2025 est ouvert...

...et le challenge "120 ans Jules Verne (1828-1905)" continue aussi sur ce blog! 

Cliquez: accéder aux Epais de l'été 2025 ou accéder au challenge 120 ans Jules Verne 

== Challenge Les épais de l'été 2025 clos le 22 septembre 2025 à minuit ==

20 juin 2025

A Normal Family - Hur Jin-Ho

Une fois de plus, je viens de voir un des films immanquables de l'année 2025. A Normal Family du réalisateur HUR Jin-Ho (un parfait inconnu en ce qui me concerne) est la quatrième adaptation cinématographique du roman Le dîner d'Herman Koch. J'ai trouvé ce film remarquable de bout en bout tant du point de vue scénaristique que du point de vue interprétation. De nos jours, dans un milieu très aisé, nous faisons la connaissance de deux frères. Jae-wan, l'ainé, un avocat renommé de 50 ans, est remarié avec Ji-Soo, la propriétaire d'une pâtisserie. Elle est nettement plus jeune. Le couple vient d'avoir une petite fille. Jae-wan est le père de Hye-yoon, une grande fille qui attend d'être admise à Cambridge. Jae-gyoo, le frère cadet de Jae-wan, est un chirurgien très investi dans son travail, il est marié à Yeon-kyeong, un peu plus âgée que lui. Elle est traductrice indépendante. Ils sont les parents d'un garçon, Si-ho, qui a eu des problèmes de harcèlement au collège. Sans rien dévoiler, le film s'ouvre et se termine par une collision spectaculaire entre un homme et une voiture. Entre les deux, et pendant presque deux heures qui passent vite, on est témoin de la désintégration d'une famille parce qu'un sans-abri a été tabassé sans raison par les deux jeunes cousins, Hye-yoon et Si-ho. Je veux saluer la réalisation et l'interprétation, de premier ordre. Je suis sortie enthousiaste de la projection. Lire les billets de Selenie et Luc Schweitzer

19 juin 2025

Jardin d'été - Shingi Somai

C'est grâce à Pascale, que je remercie, que je suis allée voir Jardin d'été de Shingi Somaiun réalisateur japonais que je ne connaissais pas et qui est décédé en 2001. Le film date de 1994 et il est resté inédit en France jusqu'à maintenant. Il est sorti dans peu de salles à Paris. Jardin d'été se passe, comme le titre l'indique, pendant un été à Kobe, où trois jeunes garçons très différents physiquement décident d'épier un vieil homme parce qu'ils pensent qu'il va mourir bientôt, et ils veulent savoir ce que c'est que de mourir. Ce vieil homme surnommé "Grand-père" accepte au bout d'un certain temps de les voir envahir son territoire, c'est-à-dire une vieille maison vétuste au milieu d'un jardin en friche: un îlot entouré d'immeubles. Les trois garçons, que le vieil homme surnomme "Lunettes", "Sumo" et "Sac d'os", vont passer un été inoubliable tout en désherbant le jardin. Ils semblent au paradis. Les relations vont évoluer quand le grand-père, qui est seul depuis longtemps, va se confier sur sa vie. La deuxième guerre est terminée depuis longtemps, mais il a gardé des souvenirs douloureux de cette période pendant laquelle il a perdu de vue sa femme. C'est un film gai et triste à la fois qui fait penser au cinéma d'Hirokazu Kore-Eda. S'il est projeté par chez vous, allez le voir. Je l'ai vu dans une salle pleine. 

17 juin 2025

Dans l'univers de John Wick : Ballerina - Len Wiseman

J'avoue que je suis fan de la saga John Wick avec quatre épisodes au compteur. Je n'ai donc pas résisté à aller voir Ballerina dont l'histoire se situe entre le 3ème et le 4ème de la série. Pour résumer, c'est un John Wick au féminin avec Eve, une petite fille qui voit mourir son père sous ses yeux. Douze ans plus tard, Eve (Ana de Armas) est devenue une jeune femme accomplie qui a été élevée et entraînée par un clan criminel, Ruska Roma. Son but est de venger la mort de son père tué par une secte dirigée par le Chancelier (Gabriel Byrne). Le film est l'occasion d'assister à des combats à l'épée, à l'arme à feu et même au lance-flamme. Les combats sont très bien chorégraphiés. John Wick fait une apparition surtout vers la fin. On retrouve quelques protagonistes des films précédents. Personnellement, j'ai passé un moment tout comme Ta d loi du cine. Un bon film du samedi soir. 

15 juin 2025

Le testament de William S. - André Juillard & Yves Sente

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) fais le pari hasardeux que je peux poursuivre ma participation au challenge Escapades en Europe – Voyages dans les littératures européennes chez Cléanthe, dont le thème pour ce mois de juin est Shakespeare. Cette fois-ci, j'arrive à respecter la consigne d'une parution de billet le 15 du mois. Par contre, j'ignore si un album de bande dessinée sera accepté (les règles ne le permettent pas... mais elles ne l'interdisent pas non plus. En fait, elles n'en font aucune mention). On verra bien?

André Juillard (dessin) & Yves Sente (scénario) d'après les personnages d'Edgar P. Jacobs,
Le testament de William S.,
Les aventures de Blake & Mortimer N°24,
éd. Blake et Mortimer, 2016, 62 pages. 

 

Voici l'un des rares albums des "suites" des aventures de Blake et Mortimer que dasola n'a pas chroniqués. Depuis la mort d'Edgar P. Jacobs, c'est (à ce jour) pas moins de cinq scénaristes et neuf dessinateurs qui ont continué à nous raconter les aventures de ses héros (essentiellement dans les années 1950). Yves Sente, notamment, continue à "boucher les trous" laissés par leur premier "biographe". Nous sommes ici en 1958.

 

Il est beaucoup question de descendance dans Le testament de William S. La fille d'une ancienne connaissance de Philip Mortimer est une jeune rouquine mignonne comme un coeur, dont le talent sportif (karatéka émérite) n'a d'égal que sa culture classique et son érudition (cette latiniste est spécialiste de Shakespeare). [ci-dessous demi-planche haut p.32]

 

Dans cet album, les protagonistes voyagent beaucoup (quelle que soit l'époque concernée), d'Angleterre en Italie, en bateau, en train, en voiture ou en avion. Mais ici, il n'est pas question de "voyage dans le temps", comme c'est le cas dans d'autres albums de cette série très orientée "science-fiction". Nous sommes plutôt dans une enquête policière cherchant, entre autres, à résoudre une énigme qui débute plus de trois siècles "before present" (arbitrairement placé, comme l'on sait, en 1950).

 

S'entremêlent ainsi une intrigue située en 1958 (des "Teddy boys" agressent et détroussent les honnêtes citoyens, de préférence âgés et riches), la quête d'un "trésor", dont les bases proviennent d'un legs sous condition consenti presque cent ans auparavant, à condition de résoudre un mystère: trancher une bonne fois pour toute la véritable identité de l'auteur immortel du théâtre shakespearien, et surtout empêcher les tenants de thèses opposées de continuer à s'entretuer en duel [ci-dessous, je vous mets seulement le bas des pages 24 et 25, qui se déroulent au XIXe s.]

 

Nos deux héros (Blake et Mortimer) se retrouvent à l'occasion d'une représentation contemporaine de la pièce Le marchand de Venise. Je ne sais pas si le scénariste a poussé le réalisme jusqu'à vérifier que cette pièce était bien représentée à Londres le jour dit (nous sommes fin août 1958)? Pour ma part, je ne l'ai pas faite, cette vérification... [extrait p.6]

 

Leur immortel antagoniste Olrik apparaît p.19 (extrait ci-dessous, p.21). Olrik est certes une canaille, mais qui a ici quelque chose d'Arsène Lupin: également latiniste, du fond de sa cellule de prison (où il peut recevoir des visites grâce aux bons soins d'un gardien corrompu), il résoudra une bonne partie de l'énigme et aiguillera ses complices sur ce qu'ils doivent chercher en collant aux basques de Mortimer et de sa compagne de voyage. 

 

Près de 10% de l'oeuvre (7 planches) se déroule au XVIe siècle (textes narratifs sur fond de couleur, bleu, jaune, rose...), pendant que des documents d'époque, découverts successivement, sont traduits du latin à la volée au XXe s. par Elizabeth pour Mortimer, qui a perdu son latin (les "dialogues" dans ces vignettes qui se déroulent au XVIe s. sont très minoritaires). [ci-dessous, extrait de la p.53]

 

Et voilà, je n'en dirai pas plus. Je suis sûr d'avoir attisé votre curiosité avec les quelques vignettes "mal photographiées" ci-dessus.

Bon, je vous donne la clé (à choisir parmi trois!) du mystère Shakespeare?

En fait, ils était deux... qui vivaient en trouple trouble!

Pour tout savoir sur ce fier postulat, ... il ne vous reste plus qu'à lire cet album à votre tour!

 

Edit du 17/06/2025: bon allez, je rajoute quelques liens de blogs en ayant parlé il y a plus ou moins longtemps, et qui en disent parfois davantage que moi... (liste non exhaustive, bien entendu!).
Belette2911, Gaëtane, Gambadou, Vincent, Nicolas Lamberti, le Blog à part, Fanch (dernier billet en 2019). 

14 juin 2025

Indomptables - Thomas Ngijol

Je suis allée voir Indomptables, sorti le 11 juin 2025, après avoir entendu et lu de bonnes critiques. Je dis tout de suite que je n'avais jamais entendu parler de Thomas Ngijol, qui est le réalisateur et qui joue le rôle principal. Et puis j'ai été attirée par le fait que c'était un film policier qui se passait à Yaoundé au Cameroun. Toujours est-il que le film se laisse voir, il dure une heure vingt. Plus qu'un film policier, c'est le portrait d'un policier en costume cravate qui a du mal à mener de front sa vie professionnelle et sa vie de famille dans cette ville d'Afrique à la chaleur harassante. Le commissaire Billong (Thomas Ngijol, très bien) est chargé d'une enquête. Un policier vient d'être abattu d'une balle de pistolet. On ne saura pas très bien pourquoi à la fin il y a eu crime. L'enquête permet de constater que les conditions pour travailler ne sont pas simples: coupures de courant constantes, pas d'ordinateur, pas beaucoup de papier non plus. C'est vraiment une enquête sur le terrain, où les suspects voire les témoins ne sont pas ménagés. Il y en a même un qui meurt faute de soins. Le commissaire a les mêmes manières brusques et musclées avec sa famille. Père d'une fille et de quatre garçons, sa femme est enceinte d'un sixième enfant, il a des relations conflictuelles avec eux. Il y a tout de même de l'humour. Le scénario est adapté d'un documentaire, Un crime à Abidjan. Un film que je conseille, tout comme Selenie.

12 juin 2025

Challenge Les épais de l'été 2025 (3e édition) du 21 juin au 22 septembre 2025

== Challenge clos le 22 septembre 2025 à minuit ==

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) lance officiellement l'annonce, avec ce billet, de la troisième édition du challenge "Les Epais de l'été" 2025: lire et chroniquer un ou plusieurs livres, avec comme condition qu'il existe pour chacun au moins une édition comptant un minimum de 700 pages (contre 650 pages en 2024 et 600 pages en 2023).

[Challenge Les épais de l'été 2025, organisé chez dasola par ta d loi du cine]
Logo composé avec l'aide de l'IA - mais toujours par mon collègue, merci!)

 

Celles et ceux qui ont participé à l'une et/ou l'autre des deux premières éditions des Epais de l'été connaissent les règles. Je vais les rappeler ci-après.

* Votre billet doit paraître entre le 21 juin et le 22 septembre 2025 et annoncer le nombre de pages revendiquées.

* Ce nombre égal ou supérieur à 700 pages peut concerner une autre édition que celle que vous avez eue entre les mains (y compris édition en gros caractères). Si celle-ci est trop mince, il ne vous restera plus qu'à dénicher sur internet l'existence de l'édition en javanais ou autre dialecte improbable... qui comptera plus de 700 pages, selon un site internet de référence.

* Les oeuvres en langue originale sont acceptées (que vous l'ayez lue en traduction ou en VO). 

* Si vous lisez sur "liseuse" voire écoutez en audio livre, nous nous fierons, pour le nombre de pages en édition "papier", à ce qu'indiquent les sites internet "fn*c" ou "am*z*n"...

* À part le nombre de pages, le challenge ne comporte aucune contrainte ni suggestion, ni aucun thème imposé (il peut s'agit d'un ou plusieurs romans, d'une biographie, d'un essai... etc.).

* Il est tout à fait possible, autorisé, voire même conseillé, de faire participer un même billet à plusieurs challenges. Voir colonne de droite pour une liste non exhaustive. Voir aussi Sandrine (qui liste challenges et lectures communes proposées). 

 

* Bien entendu, tout livre s'inscrivant ici est invité à s'inscrire aussi au challenge Les Pavés de l'été chez Sibylline (La petite liste), qui accepte cette année encore les participations à partir de 500 pages (et sans limite supérieure bien sûr). Et vous pouvez lui réserver vos lectures qui, tout en dépassant les 500 pages, n'atteignent pas [même en ayant fait des recherches sur toutes les éditions du monde (1)] les 700. 

 

* Les inscriptions sont acceptées dès aujourd'hui, mais les premiers billets devront paraître à partir du 21 juin pour être comptabilisables. 

* Les parutions de billets seront à mentionner par commentaire sous ce billet-ci. 

* Bien entendu (bis!), n'hésitez pas à aller lire et même commenter les billets des autres participant(e)s! 

* Les chroniques postées uniquement sur les plateformes monopolistiques que sont b*b*lio, livr*ddict et autres b**knode ne sont pas acceptées. Pourquoi ne pas aller "squatter" pour publier votre billet chez l'un ou l'autre blogueur-euse de votre connaissance (cela arrive à des gens très bien...)? Ça peut aussi permettre de se motiver pour des lectures communes, pourquoi pas?

* Je n'utilise pas (ni ne prends donc en compte) Inst*gr*m ni f*c*b**k.

PS: pour répondre à la question de Manou ci-dessous (possibilité d'un billet sur plusieurs romans?), je vais prendre un exemple: en 2024 a été pris en compte un billet qui parlait des cinq premiers titres des Rougon-Macquart... mais uniquement parce qu'ils sont rassemblés dans un unique volume de La Pléiade. Telle est la contrainte: qu'il en existe une édition "papier" sous forme de volume unique.

(1) J'avais d'abord écrit "rien à faire!", ce qui avait amené le commentaire de Sibylline du 14/06/2025 ci-dessous. 

 

Rappel des bilans précédents:

En 2024: 75 "épais" (d'au moins 650 pages) pour 62 012 pages, par 32 participant(e)s, avec 65 livres différents, par 62 auteurs ou co-auteurs.

En 2023: 106 "épais" (d'au moins 600 pages) pour 79 164 pages, par 34 participant(e)s, avec 92 livres différents, par 77 auteurs ou co-auteurs. 

Et en 2025? On verra bien!

== [Billet de bilan des Epais 2025 publié le 23 septembre 2025] ==

 

Pour mémoire, Brize avait assuré onze éditions de son challenge Le pavé de l'été (2012-2022), ne souhaitait pas le poursuivre en 2023, mais en avait accepté la reprise par d'autres blogueurs... Merci à elle!

 

Nota: autant anticiper l'hypothèse où l'on aurait cet été maille à partir avec le fonctionnement estival de la plateforme canalblog (facteur non maîtrisable): si vous n'arrivez vraiment pas à déposer un commentaire ici, vous pourrez l'envoyer par mail à :


*************************************************************************************
Inscriptions [30 (datées) souvent déjà dans la blogroll], objectifs annoncés à venir (3 livres au moins pour 2100 pages, par 3 participant(e)s) & participations publiées (avec nombre si plus d'un billet) [72 "épais" (dans 71 billets) pour 67 094 pages, par 30 participant(e)s, avec 64 livres différents, par 60 auteurs ou co-auteurs (avec date de publication du billet)]: 

 

* Aifelle (28/07/2025)Philip Kerr - La trilogie berlinoise (L'Eté de cristal / La Pâle Figure / Un requiem allemand) [08/09/2025 - 1024 pages] 

 

* Alex mot-à-mots (12/06/2025) : Benjamin Dierstein - Bleus, blancs, rouges [07/07/2025 - 800 pages] 

 

* Aliénor (21/06/2025), 3 livres : Nicolas de Staël - Lettres 1926-1955 [14/07/2025 - 740 pages] / Jean-Marie Blas de Roblès - Là où les tigres sont chez eux [13/08/2025 - 784 pages] / Laurent Mauvignier - La maison vide [20/09/2025 - 752 pages]

 

* Anne-yes (16/07/2025), 2 livres : Upton Sinclair - Pétrole! [26/07/2025 - 992 pages] / Chris Kraus - La fabrique des salauds [12/08/2025 - 1104 pages] 

 

* Athalie (17/09/2025), 2 livres : George Eliot - Middlemarch [17/09/2025 - 1152 pages, 30 h en audiolivre] / Philippe Sands - Retour à Lemberg [20/09/2025 - 768 pages]

 

* Audrey (23/06/2025) : James Rollins - La prophétie (La chute de la Lune, tome 1) [19/09/2025 - 944 pages] / Stephen King - 22/11/63 [934 pages]

 

* Bastien [chez Enna] (06/08/2025)Ken Follett - Les piliers de la terre (tome 1) [18/08/2025 - 1056 pages]

 

* Belette2911 (14/06/2025), 13 livres : J.R.R. Tolkien - Le retour du Roi (le seigneur des anneaux, tome 3) [29/06/2025 - 766 pages] / Rebecca Yarros - Iron Flame (The Empyrean, tome 2) [08/07/2025, 718 pages] / Chris Whitaker - Toutes les nuances de la nuit [14/07/2025 - 810 pages] / Jay Kristoff - Les Grands Jeux (Nevernight, tome 2) [26/07/2025 - 800 pages] / Joe Abercrombie - Servir froid (Terres de sang, tome 1) [27/07/2025 - 796 pages] / Scott Lynch - Des Horizons rouge sang (Les Salauds Gentilshommes, tome 2) [03/08/2025 - 912 pages] / Deon Meyer - L'année du lion [07/08/2025 - 720 pages] / Stephen King & Peter Straub - Talisman (Le talisman des territoires, tome 1) [11/08/2025 - 1147 pages] / Luca di Fulvio - Les enfants de Venise [13/08/2025 - 988 pages] / Borden Deal - Quand le fleuve gronde [14/08/2025 - 720 pages] / Stephen King - Rêves et cauchemars [17/08/2025 - 960 pages] / Scott Lynch - La République des voleurs (Les Salauds Gentilshommes, tome 3) [21/08/2025 - 936 pages] / Henri Loevenbruck - Gallica - Le cycle des loups (Intégrale) [04/09/2025 - 960 pages] / autres livres

 

* ClaudiaLucia (11/09/2025) : Martine Carteron - Les autodafeurs [10/09/2025 - 1016 pages]

 

* Dasola (12/06/2025) : Chris Whitaker - Toutes les nuances de la nuit [01/07/2025 - 810 pages]

 

* Enna (14/06/2025), 4 livres : Ken Follett - Un monde sans fin (les piliers de la terre, tome 2) [22/08/2025 - 1344 pages (audiolivre de 47h51)] / Robert Galbraith [J.K. Rowling] - The Running Grave (Cormoran Strike, tome 7 [non traduit à ce jour]) [30/08/2025 - 1180 pages] / Barbara Kingsolver - On m'appelle Demon Copperhead [14/092025 - 864 pages] / Pat Conroy - Le prince des marées [16/08/2025 - 1088 pages, audio livre de 28h] / Hanya Yanagihara - A little life (Une vie comme les autres), 720 pages

 

* Fanja (03/09/2025) : Yu Hua - Brothers [03/09/2025 - 1024 pages (lu en version numérique anglaise)] 

 

* Ingannmic (13/06/2025), 4 livres : Marcus Malte - Qui se souviendra de Phily-Jo? [26/07/2025 - 711 pages] / Mircea Cărtărescu - Solénoïde [03/08/2025 - 976 pages] / DOA [Hervé Albertazzi] - Primo (Pukhtu, tome 1) [31/08/2025 - 800 pages] / DOA - Secundo (Pukhtu, tome 2) [03/09/2025 - 800 pages]

 

* Je lis je blogue [Alexandra] (22/06/2025), 7 livres en 6 billets : Alexandre Dumas - Les trois mousquetaires [17/07/2025 - 832 pages] / Jules Verne - L'île mystérieuse [28/07/2025 - 826 pages] / Jean M. Auel - Les enfants de la terre volume 1 (tomes 1 à 3) [04/08/2025 - 1472 pages] / Ken Follett - Les piliers de la terre (Kingsbridge, tome 2) [06/08/2025 -  1056 pages] / Eiji Yoshikawa - Musashi (en deux tomes: La pierre et le sabre / La parfaite lumière) [08/08/2025 - 856 pages / 704 pages] / Bart Van Loo - Les Téméraires (Quand la Bourgogne défiait l'Europe) [21/08/2025 - 928 pages] 

 

* Jenevelle Laclos (24/06/2025) : J.R.R. Tolkien - Le seigneur des anneaux [26/08/2025 - 1600 pages (ebook)] 

 

* Keisha (30/07/2025), 4 livres en 2 billets : Ed McBain - 87e district (tome 4) [29/07/2025 - 892 pages] / Lucinda Riley - Les Sept Soeurs (The Seven Sisters): La soeur de la tempête (tome 2) / La soeur du soleil (tome 6) / La soeur disparue (tome 8) [28/08/2025 - 768, 960 & 928 pages] 

 

* La petite souris (20/08/2025)Chris Whitaker - Toutes les nuances de la nuit [28/06/2025 - 810 pages]

 

* Le bouquineur (08/09/2025) : Philip Roth - Laisser courir [08/09/2025 - 900 pages]

 

* Madame lit (03/08/2025) : Mary Margaret Kaye - Pavillons lointains [25/07/2025 - 1051 pages] 

 

* Manou (12/06/2025) : Jean-Claude Izzo - La trilogie Fabio Montale (Total Khéops / Chourmo / Solea) [15, 17 & 19/09/2025 - 816 pages]

 

* Mapero (01/07/2025), 3 livres : Pascal Blanchard et Nicolas Bancel - François Mitterrand, le dernier empereur [30/06/2025 - 926 pages] / Ludmila Oulitskaïa - Fragments d’un tout (Œuvres choisies) [25/07/2025 - 1019 pages] / Iouri Tynianov - La mort du Vazir-Moukhtar [08/09/2025 - 720 pages] 

 

* Miriam (18/08/2025), 2 livres : Barbara Kingsolver - On m'appelle Demon Copperhead [18/08/2025 - 864 pages] / Charles Dickens - David Copperfield [25/08/2025 - 1024 pages (audiolivre)] 

 

* Mjo (15/07/2025)Chris Whitaker - Toutes les nuances de la nuit [10/07/2025 - 810 pages]

 

* Nanou (05/07/2025)Kathleen Winsor - D'Or et d'Argent [31/07/2025 - 806 pages]

 

* Patrice (29/06/2025) : Péter Nadas - Ce qui luit dans les ténèbres [17/09/2025 - 1178 pages]

 

* Sacha (12/06/2025) : Chris Kraus - La fabrique des salauds [04/07/2025 - 1104 pages] 

 

* Sandrion (26/08/2025) : Nathan Hill - Les fantômes du vieux pays [26/08/2925 - 960 pages]

 

* Sibylline (27/07/2025) : John Irving - Les fantômes de l'hôtel Jérôme [27/07/2025 - 992 pages] 

 

* Sunalee (14/06/2025), 4 livres : Francis D.K. Ching, Mark M. Jarzombek, Vikramaditya Prakash - A Global History of Architecture [22/06/2025 - 864 pages] / Nino Haratischwili - La lumière vacillante [23/07/2025 - 720 pages] / Bill Brewster & Frank Broughton - Last Night a DJ Saved My Life (The History of the Disc Jockey) [31/07/2025 - 848 pages] / Joe Boyd - And the Roots of Rhythm Remain. A Journey through Global Music [11/09/2025 - 944 pages] 

 

* Ta d loi du cine (12/06/2025), 6 livres : J.-H. Rosny Aîné - Romans préhistoriques [27/06/2025 - 720 pages] / Ken Follett - Les piliers de la terre (Kingsbridge, tome 2) [23/07/2025 - 1056 pages] / Roger Frison-Roche - Le versant du soleil [24/08/2025 - 816 pages ] / Ken Follett - Un monde sans fin (Kingsbridge, tome 3) [11/092025 - 1344 pages] / J. K. Rowling - Harry Potter et les reliques de la mort (Harry Potter, tome 7) [19/09/2025 - 896 pages] / Ken Follett - Les armes de la lumière (Kingsbridge, tome 5) [22/09/2025 - 1120 pages] / Robert Louis Stevenson - L'appel de la route...

11 juin 2025

La fertilité du mal - Amara Lakhous

Voici le deuxième roman policier que je devais lire en une semaine. Je me suis dépêchée de le chroniquer avant de le rendre en bibliothèque. 

La fertilité du mal d'Amara Lakhous (Editions Actes Noir, 273 pages) a été écrit par un écrivain né en Algérie qui a passé vingt ans en Italie. Depuis quelques années, il vit aux Etats-Unis. Ses quatre romans précédents ont été écrits en italien, La fertilité du mal a été écrit en arabe (Algérie). J'avoue que je ne connaissais pas cet auteur. Avec ce roman policier, Lakhous retrace soixante ans d'histoire algérienne entre 1958 et 2018 en toile de fond, mais il se concentre sur plusieurs personnages de fiction qui ont des liens étroits, familiaux ou amicaux. Certains connaissent une fin tragique le 5 juillet 2018, jour de la fête de l'indépendance. Karim Soltani, un colonel spécialisé dans l'antiterrorisme, est appelé d'urgence par son supérieur. En effet, à Oran, Miloud Sabri, un notable âgé de 80 ans, ancien du FLN et homme d'affaires prospère, a été retrouvé égorgé et le nez coupé dans une belle résidence. L'enquête qui se déroule sur une journée est haletante, tout comme les périodes marquantes de l'histoire de l'Algérie qui ponctuent le récit. Presque tout le roman est au présent de l'indicatif même si le récit alterne entre des événements du passé et 2018. C'est un peu scolaire et parfois l'écrivain passe du coq à l'âne. Mais c'est un roman qui se lit bien. A la fin du livre, il y a la liste des personnages fictionnels (cela peut aider) et une liste de figures historiques de la révolution et de l'Algérie indépendante.

Lire les billets de Clete (qui a aimé) et de Jean-Marc Laherrère qui lui n'a pas aimé.

10 juin 2025

La loi des collines - Chris Offutt

J'ai été contente de trouver La loi des collines en bibliothèque (en prêt 1 semaine, c'est la politique de certaines bibliothèques parisiennes). La loi des collines de Chris Offutt (Editions Gallmeister, 284 pages) clôt la trilogie commencée avec Les gens de collines et Les fils de Shifty dans lesquels on retrouve un personnage récurrent, Mick Hardin, jeune retraité de l'armée: il était dans le département de la police de l'armée et il a combattu en Afghanistan. Avant de se retirer en Corse (si, si), il repasse par son état natal du Kentucky avec ses collines et ses oiseaux. Il n'était pas venu depuis deux ans. Il est le frère de Linda, la shérif de Rocksalt, une des villes de la région. Elle vient d'être réélue à son poste. Avec Johnny Boy Tolliver, son adjoint, Linda doit enquêter sur le meurtre de Pete Lowe, un mécanicien. Ce n'est que le premier. D'autres suivront. Linda va être grièvement blessée lors d'une interpellation et Mick va tout faire avant son départ pour trouver le ou la coupable. Son enquête va l'emmener jusqu'à Detroit dans le Michigan. Les femmes sont pas mal impliquées dans ces meurtres. Je vous laisse découvrir pourquoi et comment. Mick Hardin met aussi au jour un réseau de combats de coqs illégaux. J'ai beaucoup aimé ce roman qui se lit vit et bien. Dommage de se dire que c'est la dernière fois que l'on croisera Mick Hardin. J'ai lu quelques critiques mitigées, personnellement, je n'ai pas boudé mon plaisir. Lire le billet d'Aifelle

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