Le blog de Dasola
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19 janvier 2013

Liquidations à la grecque / Le Che s'est suicidé - Petros Markaris

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Voici deux romans très agréables à lire et que je vous conseille. Les histoires bien ficelées et originales se passent à Athènes, de nos jours, en été. Ils sont une lecture idéale pendant cette période de frimas. J'ai commencé par Liquidations à la grecque publié le plus récemment (Editions du Seuil, 327 pages, 2012), dans lequel j'ai fait la connaissance du commissaire Costas Charitos, qui est aussi le narrateur. Le lendemain du jour où Charitos marie sa fille Katérina avec Phanis, un jeune ami de la famille et le médecin de Costas, un meurtre par décapitation est signalé. Deux autres suivront. Les victimes exerçaient des professions liées à l'argent: deux directeurs de banque et un "hedge funder". Ce qui est intéressant, c'est la façon dont Petros Markaris (né en 1937 à Istanbul d'un père arménien et d'une mère grecque) rend les personnages très proches et très humains. Il se sert de la crise grecque comme toile de fond. Les personnages n'arrêtent pas d'y faire référence, entre l'âge de la retraite qui recule, la corruption, les impôts, le manque d'argent pour payer les études aux enfants, etc. Charitos n'est pas trop à plaindre car il est marié à Adriani, même si elle n'est pas toujours commode. C'est elle qui "porte la culotte", tout en étant une cuisinière hors-pair. C'est la reine des légumes farcis. Costas qui a des collègues efficaces mène son enquête à bonne fin; le dopage y joue un rôle important (je vous laisse découvrir pourquoi). Il semble que ce roman soit le premier volet d'une "Trilogie de la crise". Je suis impatiente de lire ces suites.

En attendant, je viens de terminer Le Che s'est suicidé (Editions Points Seuil, 470 pages, 2007) - que Leunamme conseille aussi -, dans lequel figure déjà notre commissaire Charitos, sa fille Katérina pas encore mariée à Phanis, et Adriani qui veille sur son mari en congé de maladie. En effet, Charitos se remet d'une blessure par balle. L'intrigue se passe quelques semaines avant les JO d'Athènes qui se sont déroulés en 2004 (le chantier n'est pas encore terminé). [Remarque personnelle, entre parenthèses, on peut penser que ce chantier pharaonique a certainement beaucoup contribué à la crise que la Grèce connaît depuis lors]. Trois hommes influents (un homme d'affaires, un député et un journaliste) se suicident en public successivement à quelque jours d'intervalle. Charitos mène une enquête officieuse qui le conduit à explorer le passé, en l'occurence la période des Colonels. Les trois victimes se connaissaient depuis longtemps, deux d'entre elles faisant des affaires ensemble tandis que la troisième était un maître-chanteur. J'ajouterais qu'un certain Minas Logaras met son grain de sel en écrivant la biographie de ces trois hommes, et qu'une femme est au coeur de cette affaire.

Je terminerai en disant que la prochaine fois que je lis un roman de cet écrivain qui vit à Athènes, il faudra que je pense à mettre un plan de cette ville à côté de moi pour situer toutes les rues et les quartiers énoncés avec une grande précision. On s'y croirait.

8 avril 2012

La tristesse du samouraï - Victor del Arbol

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J'ai trouvé que La tristesse du samouraï du Catalan Victor del Arbol (Editions Actes sud, 350 pages), que Dominique a beaucoup apprécié, est un excellent roman policier (mais pas uniquement). L'histoire se passe sur 40 ans, de 1941 à 1981, entre Merida en Estramadure (sud-ouest de l'Espagne) et Barcelone et ses environs. Avec comme arrière-plan le franquisme, la seconde guerre mondiale et le putsch manqué de 1981, on suit l'histoire de plusieurs individus dont Maria, une avocate qui a mis un homme en prison. C'est l'histoire d'une femme très belle, Isabel, dont l'exécution a été ordonnée par son mari. C'est aussi le destin fracassé d'Andrès et Fernando, les fils d'Isabel. C'est enfin l'histoire d'une épée de samouraï, objet de fascination d'un petit garçon mais aussi instrument de mort. Au fur et à mesure, on comprend les liens unissant les personnages qui apparaissent dans ce roman très bien construit et qui ne se termine pas vraiment en "happy-end". Que de vies gâchées! Je pense que Victor del Arbol (qui travaille dans les services de police de la communauté de Catalogne) est un écrivain à suivre.

29 février 2012

Le mystère Sherlock - J.M. Erre

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Je le dis tout de suite, Le mystère Sherlock (Editions Buchet Chastel, 325 pages) est un roman complètement loufoque, qui m'a moins fait rire que Série Z du même écrivain, mais m'a procuré quand même un bon moment de lecture. L'histoire s'apparente à un pastiche rendant hommage à Sherlock Holmes, personnage réel ou imaginaire, et à Agatha Christie et à son roman Dix petits nègres. En Suisse, en 2011, 10 personnes dont des universitaires sont réunies à l'hôtel Baker Street, près des chutes de Reichenbach, cadre de l'affrontement final Holmes/Moriarty. A l'issue de ce colloque, l'un d'entre eux doit être nommé (par le professeur Bobo -"le Jeanne Calment des amphis"- à la chaire très convoitée d'holmesologie de la Sorbonne (la première du genre)). Dès le début, on sait que ces 10 personnes vont devenir 10 cadavres alignés dans la chambre froide de l'hôtel. Parmi les 10, la narratrice, journaliste camouflée en bonne à tout faire dans cet hôtel. L'histoire très bien construite est pleine de rebondissements. C'est macabre sans tomber dans le sordide car les situations et les descriptions sont bourrées d'humour. L'écriture de J. M. Erre est un atout majeur de ce roman. On sent qu'il s'est beaucoup amusé à l'écrire. C'est beaucoup de travail, mais je voudrais lui conseiller de faire attention car on arrive à se lasser un peu de ces jeux sur les mots pendant tout un roman. En décrivant le professeur Bobo par exemple: "...chacun put admirer sa peau toutânkhamonesque, sa lèvre bubonique, ses yeux grumeleux, ... ", "...à l'unanimité, c'est un débris". Je vous laisse découvrir dans l'épilogue qui va réussir à obtenir la chaire universitaire. Il n'y a pas besoin de connaître l'oeuvre de Conan Doyle pour apprécier ce roman. Voir le billet de Keisha.

23 novembre 2011

Plus léger que l'air - Federico Jeanmaire

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Plus léger que l'air a été écrit par Federico Jeanmaire, écrivain argentin que je ne connaissais pas (c'est le premier roman de cet universitaire né en 1957). Publié aux Editions Joelle Losfeld (220 pages), c'est mon ami qui me l'a offert après avoir lu une bonne critique dans un journal hebdomadaire. Je le remercie de ce cadeau car c'est vraiment très bien. Ce long monologue d'une vieille femme de presque 94 ans émeut beaucoup. Elle parle à un jeune garçon de 14 ans, Santi, qu'elle maintient enfermé dans sa salle de bain après qu'il ait essayé de la voler. Pendant les quatre jours que dure l'histoire, cette vieille femme surnommée Faila, qui s'appelle en réalité Rafaela, fait la morale à Santi pour avoir agi de la sorte. Elle le menace, elle le materne, elle lui trouve mauvais caractère, elle le nourrit en lui passant sous la porte des escalopes panées, des crackers et des biscuits palmiers. Elle lui promet surtout de le libérer s'il écoute l'histoire de sa vie. Elle se met à lui parler de sa propre mère, Delia ou Delita, qu'elle n'a pas connue (elle avait 2 ans), morte dans des circonstances tragiques. Elle lui parle évidemment de sa propre vie, des deux hommes qu'elle a connus et qui l'ont bafouée - elle ne s'est jamais mariée. Je n'ai pas trouvé ce roman triste même si cela parle de la mort, de la vieillesse, de la solitude. La dernière phrase m'a plu: "Le désir de n'importe quelle femme est plus léger que l'air". Je vous laisse découvrir quel est l'autre élément qui est plus léger que l'air dans ce roman que je conseille vraiment parce qu'il se lit très bien et vite.

17 novembre 2020

Le château du Dragon / L'aventure de Mme Muir - Joseph L. Mankiewicz

Je sors de ma torpeur confinée pour évoquer deux films de Joseph L. Mankiewicz que j'ai revus récemment en DVD. A défaut de cinéma grand écran, heureusement qu'il y a le cinéma "en boîte".

Je chronique les deux films ensemble pour une raison: Gene Tierney est l'actrice principale des deux.

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Le château du dragon date de 1946, L'aventure de Mme Muir de 1947.

Je ne me rappelais pas trop Le château du dragon (Dragon Wyck en vo) qui est le premier film du réalisateur. Il se passe dans les années 1840 dans le Connecticut. Miranda, l'une des filles d'un fermier est invitée par un cousin éloigné de sa mère. Nicholas Van Ryn (Vincent Price) est un riche propriétaire terrien qui vit dans un château avec sa femme alitée, sa fille adolescente (dont Miranda doit s'occuper) et des domestiques. Miranda est ravie dès son arrivée de vivre dans cette demeure mais Nicholas se révèle vite être un homme tyrannique qui rêve d'avoir un garçon. Il méprise les fermiers qui vivent sur ses terres. La femme de Nicholas décède assez brutalement et bien évidemment Nicholas épouse Miranda. L'histoire fait penser à Rebecca et Jane Eyre mais c'est tout de même assez différent dans le ton et la fin est plus sombre. J'ai aimé le film sans plus mais Gene Tierney est bien jolie.
En revanche, il y a quelques bonus intéressants dont la première partie d'un documentaire sur Joseph L. Mankiewicz: All about Mankiewicz qui date de 1983 dans lequel le réalisateur évoque sa vie avant son arrivée à Hollywood.

L'aventure de Mme Muir (soit The Ghost and Mrs. Muir) est un bien joli film qui raconte l'histoire d'une jeune veuve et de sa petite fille (interprétée par Natalie Wood toute gamine). Lucy Muir quitte Londres et sa belle-famille pour s'installer au bord de mer avec sa fille et une domestique dévouée dans une belle maison qui a appartenu à un capitaine de la marine (Rex Harrison) décédé par accident. Le fantôme du capitaine avec sa voix de stentor a fait fuir tous les locataires avant elle. Mais Lucy ne s'en laisse pas compter. Elle se met à converser avec lui. Cela durera un an, le temps que le capitaine dicte à Lucy un manuscrit qui devient un best-seller. Puis le capitaine s'efface devant Miles Fairley (George Sanders) qui courtise Lucy. Cette dernière va découvrir que Miles n'est qu'un coureur de jupons, marié et père de famille. Elle restera seule le reste de sa vie en attendant de rejoindre un jour son capitaine. Par un simple plan de mer agitée, le temps passe et Lucy vieillit. Elle se promène le long du rivage. La fin m'a tirée des larmes aux yeux. Un film à (re)voir. Mon DVD ne comporte aucun bonus.

14 juin 2020

Une santé de fer - Pablo Casacuberta

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Une santé de fer, de l'écrivain uruguayen Pablo Casacuberta (Edition Métailié, 207 pages), a été une belle découverte. J'avais ce roman dans ma PAL depuis un an. "Convaincu que j'allais mourir, j'enfilai deux manteaux et partis à la consultation" (p.7): voici la première phrase du roman, qui m'a donné envie de continuer. Le narrateur, Tobias Badembauer, est âgé de 49 ans, c'est une force de nature, un "bien portant" qui vit toujours avec sa maman, elle-même spirite à ses heures et qui le couve. La mère de Tobias, veuve d'un colonel, reçoit une pension de misère. Avec une partie de cet argent, elle espère pouvoir communiquer un jour avec son mari décédé avant la naissance de Tobias. Hypocondriaque depuis tout petit, ce dernier n'arrête pas d'aller consulter des médecins. Le dernier en date qu'il voit depuis 20 ans se nomme le docteur Svarsky, un homéopathe. C'est le seul qui a prêté une oreille attentive à ce que Tobias lui racontait. Sur le chemin du cabinet, vêtu d'une robe de chambre et chaussé de pantoufles, Tobias rencontre la belle-mère de Svarsky. Il croise aussi Carmen, la femme du docteur, qui vient de la quitter pour une jeune femme. L'histoire se déroule pendant une journée dans un lieu, l'immeuble Mignon, où on trouve un hôtel installé à un étage et le cabinet de Svarsky, quatre étages au-dessus. Une fuite d'eau et un échange de baiser vont complètement bouleverser la vie de Tobias à tout point de vue. Il va même découvrir comment et pourquoi son père est mort. J'ai apprécié l'écriture très ramassée de l'écrivain. Il n'y pas beaucoup de descriptions. Il va à l'essentiel. Un écrivain à découvrir que je conseille. 

2 avril 2020

Voyage à Tokyo - Yasujirô Ozu

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J'ai découvert assez récemment Voyage à Tokyo, ce film admirable qui date de 1953. Je connais peu l'oeuvre d'Ozu (1903-1963) si ce n'est que j'avais eu la chance de voir Le goût du saké (1962), le dernier film du réalisateur, lors d'une ressortie en salle il y a presque 40 ans. Dans Voyage à Tokyo, un vieux couple qui vit du côté d'Osaka dans une ville au bord de la mer, avec leur fille cadette encore célibataire, vient à Tokyo rendre visite à deux autres de leurs enfants, une fille propriétaire d'un salon de coiffure et un fils qui est médecin de quartier. Ils ont eu deux autres fils dont l'un est mort au combat en 1945. Cela fait des années que les parents n'ont pas vu leurs enfants qui sont très occupés. Et ils connaissent à peine leurs petit-fils qui restent indifférents face à leurs grand-parents. On sent tout de suite que ce couple n'est pas bienvenu. Leurs enfants n'ont pas le temps de s'occuper d'eux. Heureusement que leur belle-fille, Noriko (magnifique Setsuko Hara, la muse du réalisateur), la veuve du fils décédé, leur témoigne de l'affection et de l'attention. C'est elle qui va leur faire visiter Tokyo pendant une journée. Les autres enfants préfèrent se débarrasser d'eux en leur offrant quelques jours dans une auberge bruyante d'une ville thermale dans la banlieue de Tokyo. Ozu montre le délitement des relations familiales dans le Japon d'après-guerre.
La marque de fabrique d'Ozu, si je puis dire, c'est la manière d'installer la caméra, au ras des tatamis, privilégiant le plan moyen fixe. La caméra ne bouge pas mais il se passe beaucoup de choses devant l'objectif, des bateaux filent sur l'eau, des cheminées rejettent de la fumée et on voit Tokyo en pleine reconstruction. Le vieux couple est touchant. En revanche, la fille coiffeuse est particulièrement peu sympathique. Elle est mesquine et déjà aigrie. Il y a une scène notable où le grand-père boit beaucoup de saké en retrouvant d'anciens amis. Ensemble, ils font le constat que leurs enfants respectifs n'ont pas réussi comme ils l'auraient espéré. J'ajouterais que la musique est magnifique. Un très grand film à voir et à revoir. L'édition que j'ai en DVD a quelques bonus intéressants dont un sur les lieux du tournage aujourd'hui.

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13 février 2020

La trilogie hambourgeoise - Cay Rademacher

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Je viens de terminer la trilogie hambourgeoise de Cay Rademacher, un écrivain allemand que je ne connaissais pas. Il vit en France avec sa famille.  C'est grâce à Dominique que j'ai eu envie d'aller faire un tour à Hambourg (Allemagne), entre 1947 et 1948. Deux ans après la capitulation sans condition de l'Allemagne, le pays a du mal à se remettre. La ville de Hambourg occupée par les Britanniques a été durement bombardée en juillet 43 par l'aviation américaine le jour et l'aviation britannique la nuit. Désormais, la ville est en partie en ruines. Les Hambourgeois survivent grâce au marché noir car ils manquent de tout: le pain, le beurre, le café etc., ne sont que des lointains souvenirs. Ils ont souvent le ventre vide. Il y a de nombreux trafics : cigarettes, alcool, charbon, etc. Dans les immeubles qui sont restés debout, l'electricité est rationnée tout comme l'eau qui n'est plus que de l'eau rouillée coulant des robinets. Les gens sont sales, mal habillés, mal chaussés. C'est dans ce contexte que l'on fait la connaissance de Franck Stave, un inspecteur principal de police âgé d'une quarantaine d'années dont on va partager la vie au fil des trois tomes. On apprend qu'il est veuf, sa femme est morte dans le bombardement de 1943. Son fils Karl a été fait prisonnier par les Russes. Dans le premier volet, L'assassin des ruines (Editions du Masque, 452 pages), l'histoire se passe en janvier 1947 où il règne un froid de gueux. Stave enquête sur des crimes dans les décombres de la ville. Les cadavres retrouvés sont une jeune femme, un vieillard et plus tard, une enfant. Stave mettra un moment à trouver le lien qui relie ces victimes. L'orphelin des docks (Edition du Masque, 470 pages) débute le 30 mai 1947, il commence à faire très chaud. Cette fois-ci, c'est le corps d'un jeune garçon que l'on retrouve sur une bombe non explosée dans un entrepôt des docks. Dans, ce tome, Stave retrouve son fils et fait la connaissance d'une jeune femme. Il se lie aussi avec quelques jeunes qui lui permettront de l'importance du marché noir et de la prostitution. Dans le troisième et dernier tome, Le faussaire de Hambourg (Editions du Masque, 399 pages), l'histoire se déroule à partir de fin mars jusqu'à juin 1948, époque où le mark allemand a été mis en circulation. Jusque-là, les gens payaient avec des reichsmarks qui ne valaient plus grand-chose. Dans les décombres d'un immeuble, des "Trümmerfrauen", des femmes qui déblayaient les décombres (car Hambourg n'est pas encore reconstruite), découvrent des statues de prix et un cadavre. Stave va enquêter dans les milieux de l'art et du cinéma et croiser le chemin d'un réalisateur qui a connu son heure de gloire sous le nazisme. J'ai quitté à regret Stave. Trois romans qu'il est préférable de lire dans l'ordre. Je les conseille.

4 juillet 2018

La fleur de l'illusion / Les doigts rouges - Keigo HIgashino

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Comme j'apprécie beaucoup les romans policiers très psychologiques de Keigo Higashino,  je viens de terminer Les doigts rouges, et quelques semaines auparavant j'avais lu La Fleur de l'illusion. Les histoires sont très différentes même s'il y a des similitudes dans certains détails comme le modus operandi des crimes.

Je commence par La fleur de l'illusion (Actes noirs, Actes Sud, 347 pages envoûtantes). Je ne dévoilerai pas trop l'intrigue, assez touffue et aux nombreuses ramifications, dans lequel il est question du vol d'une ipomée jaune, "la fleur de l'illusion". A priori, l'ipomée de couleur jaune n'existe pas, sauf dans ce roman. Cettte ipomée, comme d'autres de couleur différente, fabrique des graines qui, si on les ingère, vous donnent des hallucinations. Akiyama Shugi, un vieil homme qui était arrivé à cultiver cette ipomée jaune, meurt étranglé, et le pot avec la fleur a disparu. Lino, la petite-fille d'Akiyama, découvre le corps sans vie de son grand-père. Elle venait le voir souvent car elle admirait les fleurs que faisait pousser Akiyama. Elle les prenait en photo afin de les publier sur un blog. Elle décide de mener une enquête sur la mort de son grand-père, et, par la même occasion, elle veut découvrir pourquoi son cousin Naoto, un jeune musicien de talent, s'est suicidé. Elle est aidée dans sa tâche par Sota, le jeune frère du policier qui fait partie de ceux qui enquêtent - et sur la mort d'Akiyama, et sur ce qu'est devenue l'ipomée jaune. Au début, on peut se penser perdu avec les différents niveaux du récit et la multitude des personnages, mais après, j'ai été intéressée par l'histoire que j'ai trouvé originale.

Les doigts rouges (Actes noirs, Actes Sud, 236 pages très sombres) est une sorte de huis-clos, car l'intrigue est resserrée autour d'une famille dans une petite maison avec pelouse dans un quartier de Tokyo. Akio et Yaeko sont mariés depuis 18 ans. Ils ont un fils, Naomi (un garçon insupportable qui insulte sa mère). Naomi, à 14 ans, n'a pas d'ami (il est le souffre-douleur de sa classe). Chez lui, il reste dans sa chambre à jouer à des jeux vidéo. Un jour, en fin d'après-midi, Yaeko qui est une femme certainement malheureuse mais parfaitement détestable, appelle son mari pour lui dire de revenir au plus vite chez eux. Akio, un homme ordinaire qui exerce une activité d'employé de bureau, retarde souvent son retour vers la maison car il n'est pas maître chez lui. C'est un homme faible qui se désintéresse de son fils et qui néglige sa femme. La mère d'Akio, qui semble souffrir de démence sénile (elle est comme retombée en enfance) vit avec eux. Quand Akio arrive chez lui, il découvre, dans le jardin, le corps d'une petite fille de sept ans recouvert d'un sac poubelle. Yaeko annonce que c'est Naomi qui a étranglé la petite victime. L'enquête des policiers va rapidement les amener à soupçonner cette famille, qui avait pourtant transporté le corps dans les toilettes d'un parc voisin. Je vous laisse découvrir la suite que j'ai trouvé très noire. Akio comme Yaeko sont des personnages antipathiques au possible. Une fois de plus, les policiers sont des personnages passionnants comme Kaga Kyoichiro. Un très bon cru.

7 octobre 2017

Scoopette - Wolinski

Je repasse à Wolinski sous l'angle (arrondi) d'une de ses héroïnes féminines (pas seulement une silhouette). Après avoir évoqué des oeuvres "gentilles", je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voulais revenir à un peu plus de truculence wolinskienne. Voici donc Scoopette, la nympho de l'info (Canal+ éditions, DL avril 1994).

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Si j'ai bien compris, cet album reprend des dessins réalisés pour Canal Plus, dans le cadre de l'émission Nulle part ailleurs lors de la saison 1993-94 (?). Faute d'avoir regardé cela à l'époque, j'ignore quel est le volume publié par rapport à la production. En 2017, il semble qu'on ne puisse trouver sur la Toile d'images des dessins présentés lors de l'émission (en tout cas, je n'ai pu en trouver).

En couverture de cet album, la litanie des 10 prénoms évoque pour moi le charme suranné d'une chanson de Marie Laforêt (Boris, en dernier lieu...), empreinte du temps qui passe. En feuilletant les pages, les décomptes de fréquence d'apparition donnent: François 7 (Mitterrand 5 et/mais Bayrou 2!), Helmut [Kohl] et John [Major] zéro (publicité mensongère! - mais Wolinski aurait pu [me] répondre que c'était les prénoms des "anonymes" représentés par ailleurs...), Charles [Pasqua] 2, Edouard [Balladur] une douzaine, loin devant Jacques [Chirac] (5 - mais ce dernier a les honneurs - prémonitoires? - de la 4ème de couv'), Valéry [Giscard d'Estaing] 2, Bill [Clinton] 4, Boris [Eltsine] 5. Je suppose que mettre en avant Bernard [Tapie] (4 apparitions) aurait été malvenu, tandis que Georges (Marchais - 2 ou même l'auteur, une fois!) aurait été ambigu... L'ironie pouvait viser le personnage public concerné, ou une situation. Plus de 20 ans après, les politiciens concernés ont pour la plupart disparu du paysage politique actif... mais les situations peuvent perdurer. 

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Quel "gimmick" caractérise notre Scoopette? C'est évidemment un peu répétitif en terme de dialogue (question / réponse - qui s'adresse rarement à elle-même), tandis que les situations sont variées (dedans, dehors, en l'air, sur l'eau...). On remarquera que le Père Noël est seul (dans l'album) à l'appeler de son nom et à la tutoyer. Le reste du temps, Scoopette tend son micro phallique à tel ou tels interviewés (quand elle n'a pas les deux mains occupées). Notre intervieweuse de charme (soit voyeuse, soit actrice) se frotte à des hommes politiques politiques, des anonymes, des people, des sportifs, quelques missionnaires (dont 1 en apesanteur), masculins le plus souvent... On trouve de très rares interview en tête-à-tête avec des femmes (Simone Veil, sévère (x2!); Diana, sous les objectifs des photographes; Margaret Thatcher, des patineuses sur glace; une ménagère russe... ou la petite-fille de Mussolini - plus hard). Et en terme de zoophilie? Scoopette n'interroge pas de raton laveur (seulement Mickey!), mais quelques animaux: ours, flamand rose, kangourou... Ses principaux accessoires? le micro sus-évoqué, et un nagra - j'ai bien écrit nagra).

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La publication remontant aussi à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (avant le "décollage" d'internet), on trouve très peu de critiques spécifique à Scoopette sur la Toile. Et plus de 20 ans avant le massacre de Charlie Hebdo, les seuls religieux mis en situations sont l'abbé Pierre et le pape.

Sans transition, voici encore quelques dessins picorés dans cet album sans numéro de pages.

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Pour finir, j'ai aussi pioché quelques jolies journalistes préfigurant Scoopette, ou les réflexions sur le journalisme visibles ci-dessous, dans les albums Le programme de la droite (1986, Denoël), Bonne année (1987, Denoël) et Il n'y a plus d'hommes (1988, Flammarion). Le personnage même de Scoopette a été réutilisé dans quelques planches en couleur de Trop beau pour être vrai (1998, Albin Michel), montrant ses aventures phantasmées en tant que journaliste à L'Echo des savanes (je n'ai pas pris les planches avec Chirac lubrique ou Jospin soporifique). Bien entendu, je ne m'interdis nullement de revenir moi-même sur chacun de ces albums, ultérieurement.

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*** Je suis Charlie ***

23 juillet 2017

Nuages épars - Mikio Naruse

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Avant de rechroniquer des films récents plus ou moins emballants,  je vous conseille absolument Nuages épars de Mikio Naruse (1905-1969). Nuages épars qui date de 1967 est le dernier long-métrage tourné par le réalisateur japonais aux presque 100 films dont beaucoup ont disparu. Il était resté inédit en France (et ailleurs en Europe sauf dans quelques festivals). Il vient de sortir en version restaurée dans 5 ou 6 salles à Paris le 19 juillet 2017. Nuages épars est un beau mélo comme on n'en fait plus, peut-être plus subtil que certains films de Douglas Sirk (c'est dire). C'est tout ce que j'aime au cinéma. L'image couleur est splendide et l'histoire m'a touchée.

Yumiko doit accompagner son mari fraîchement promu à Washington. Peu de jours avant le départ, le mari de Yumiko est renversé par une voiture. Il meurt sur le coup. Le chauffard, Shiro Mishima, reconnu innocent, tombe amoureux de Yumiko. On le comprend, Yumiko est une très jolie femme et lui n'est pas mal non plus. Pendant presque 1H30, on voit ce couple qui se croise et se sépare. Yumiko ne pardonne pas à Shiro. Lui l'aide financièrement. A force, Yumiko ressent quelque chose pour lui, à son corps défendant. Une grande partie de leur histoire se passe dans le nord du Japon vers le lac Tazawa. J'ai adoré ce film. J'espère qu'il sera projeté dans quelques villes de province.

Mon billet sur les quatre autres films de Naruse vus cette année.

7 février 2018

Ni Dieu ni eux - Tignous

Ce mois-ci, dans la série des hommages que je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) rédige aux tués de Charlie Hebdo, je vais présenter Ni Dieu ni eux, février 2017 [DL 01/2017], éditions du Chêne, 96 pages.

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Il s'agit d'un recueil thématique de dessins de Tignous, cette fois encore un livre posthume. Voici un extrait du texte de Chloé Verlhac (la veuve de Tignous) en postface: "Nous sommes en 2017 mon amour et tu n'auras pas vu les attentats des 8 et 9 janvier 2015, du Bataclan, de Nice et du prêtre, les avions qui se crashent, la tuerie homophobe au Pulse, l'assassinat de Jo Cox, le Brexit, le courage du peuple Kurde, Alep, le désespoir des peuples qui fuient la guerre, le bronzage de Donald Trump... La liste est tellement longue que je vais m'arrêter là au risque que cela m'empêche d'aller plus loin. (...) Nous sommes en 2017 et tu nous manques. Mais tu es avec nous tout le temps. Tu sais comme cette histoire que tu nous racontais avec ton propre papa, qui n'était pas mort parce qu'il était là, dans ton coeur. (...) Nous sommes en 2017 et j'ai décidé qu'ils ne te feront pas taire. Et puis... qu'on allait continuer à rire. Parce que cela non plus ils ne nous l'enlèveront pas. En fait, on va se battre, Tignous. Avec nos armes: l'humour, l'amour, la tendresse, la lucidité et... tes dessins. "

Une centaine de "croquis" ont donc été regroupés pour cet album. Tout le monde en prend pour son grade (qui a dit, déjà, qu'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui?): près de la moitié des dessins concernent, de près ou de loin, la religion catholique, une vingtaine la religion musulmane, cependant qu'une dizaine mettent sur le même plan (dans le même sac?) les trois grandes "religions du Livre". Sikhs, boudhistes, chrétiens orthodoxes ou protestants, sectes diverses ne sont pas totalement oubliés, mais évoqués à la marge. Une certaine place est faite aux déboires de la "laïcité à la française". Je dirais que, dans ce livre, c'est surtout la bêtise qui est livrée en pâture à nos regards de lecteurs éclairés. Au fond, le "eux" du titre, c'est qui? Des "maîtres" (à penser) qui prétendent avoir barre sur leurs ouailles?

Comme à mon habitude, voici une sélection subjective de dessins qui ont attiré mon attention (m'ont fait rire / réfléchir / ricaner / hocher la tête / soupirer [rayez les mentions inutiles]). Sans autre commentaire, mais si cela peut vous donner envie de voir l'ensemble par vous-même...

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Pour finir, j'ai eu du mal à dénicher sur internet des articles (de blog) qui aillent plus loin que la reprise de la 4e de couv' ou du communiqué de presse officiel, et me rabats donc sur la presse en ligne. La rédaction de Vsd mettait l'accent sur les quelque 20 000 croquis qu'a laissés Tignous. Daniel Muraz a signé un bel article sur Le Courrier picard. De l'article paru dans Marianne (où Tignous travaillait par ailleurs), j'extraierais la phrase suivante: "[Toutes les religions. (...)] Il les conchiait avec une seule conviction: ce n'est pas celui qui croit qui est à condamner, mais celui qui oblige à croire." Enfin, pour donner un point de vue différent, je retiendrais une critique très... critique (mais loin d'être inintéressante) publiée en juin 2017 sur le blog collectif Zebra. 

 *** Je suis Charlie ***

5 octobre 2017

Snjor et Mörk - Ragnar Jonasson / La fille d'avant - JP Delaney

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Attirée par découvrir des auteurs de polars scandinaves, j'ai été tentée de lire le premier roman de Ragnar Jonasson traduit en français (d'après le texte anglais) après avoir lu une ou deux critiques sur des blogs comme celui de Yv. Je ne regrette pas mon choix, bien au contraire.

Snjor (Editions points Seuil, 335 pages) se passe entre 2008 et 2009. Ari Thor, 24 ans, vient de terminer l'école de police de Reykjavik. Il accepte, sans en parler à Kristin, sa petite amie infirmière, une première affectation à Siglufjördur dans le nord de l'Islande. A Siglufjördur, il ne se passe rien jusqu'au moment où un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre. Ari Thor va mener une enquête qui le ramène dans le passé de certains personnages.

Dans Mörk (Edtions de la Martinière, 326 pages), on retrouve Ari Thor deux ou trois ans plus tard, marié à Kristin, et père d'un petit garçon appelé Stefnir âgé de 10 mois. A Siglufjördur où il ne se passe toujours pas grand-chose, Herjolfur, le collègue d'Ari, est brutalement assassiné, pas loin d'une maison abandonnée à l'entrée de la ville. L'enquête n'avance pas vite. Plusieurs personnages sont plus ou moins liés à cet assassinat, dont le maire du village et son assistante, Elin, qui fuit un homme violent. Il y aussi un homme qui fut interné dans un hôpital psychiatrique, 25 ans auparavant. Son journal fait partie du récit et l'on découvre à la fin quel est son rôle dans l'assassinat. Comme pour Snjor, Ragnar Jonasson prend son temps pour dévoiler la clé de l'énigme. Il y a un enchaînement logique dans le déroulement des événements. Le lecteur ne se perd pas.

 J'ai beaucoup apprécié ces deux romans. J'espère que l'auteur en écrira d'autres avec Ari Thor car il y a encore plein de choses à découvrir sur ce personnage.

Valérie est nettement moins enthousiaste concernant Snjor.

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Parmi mes emprunts en bibliothèque de la fin de l'été, je suis tombée par hasard sur La fille d'avant de JP Delaney (Editions Mazarine, 428 pages). J'avais vu plein d'affiches en gare et dans le métro, en début d'année 2017, qui faisaient la pub de ce roman. Un "page-turner" que j'ai refermé en me disant que je m'étais fait "avoir": ce n'est pas désagréable à lire mais c'est un peu vain. A Londres, Jane, qui vient de perdre un enfant, emménage dans une maison unique à la conception minimaliste, imaginée par un jeune architecte prometteur. Elle a même répondu à un questionnaire de candidature pour avoir la chance d'habiter cette maison. A peine installée, elle ne se sent plus tout à fait la même, comme Emma, la locataire précédente. Comme Emma, elle a une relation torride avec l'architecte minimaliste Edward Monkford. Jane apprend qu'Emma a connu une mort tragique dans la maison un an auparavant, et elle essaye de découvrir comment et pourquoi. Le récit alterne de courts chapitre de 2 ou 3 pages "Maintenant Jane" et "Avant Emma". Mais il m'est arrivé de ne plus savoir dans quel récit j'étais. Physiquement, elles se ressemblent mais psychologiquement, l'une est plus "forte" que l'autre. Le méchant de l'histoire n'est pas celui auquel l'auteur veut nous faire croire, quoique... Bref, roman à emprunter en bibliothèque mais pas plus.

21 août 2017

Douleur - Zeruya Shalev / Cabine téléphonique-Bibliothèque

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Après Ce qui reste de nos vies que j'avais beaucoup aimé, j'ai été contente de découvir Douleur de Zeruya Shalev qui est paru début 2017 (Editions Gallimard, 400 pages). Il est à mon avis plus accessible que le précédent, l'écriture est plus aérée. Iris (le double de l'écrivain elle-même victime d'un attentat en 2004?) a été grièvement blessée dans un attentat dix ans auparavant. Elle en garde des séquelles depuis lors. Iris est mariée à Micky et a deux enfants presque adultes, Alma et Omer. Agée de 45 ans, Iris dirige une école privée à Tel Aviv. A l'occasion d'une visite de contrôle à l'hôpital, elle reconnait Ethan, un médecin qui fut son premier amour. Renouant avec lui, elle ne sait pas où cela va la mener. Ethan l'avait quittée assez brusquement 28 ans auparavant. Elle sent qu'elle a une décision importante à prendre. En parallèle, sa fille Alma, qui est en train de s'émanciper, a accepté de travailler dans une cafétéria à Jérusalem dont le patron est une sorte de gourou. Alma est complètement sous la "coupe" de cet homme. Quand elle découvre cet état de fait, Iris s'inquiète pour Alma qui est en conflit avec elle. Comme dans Ce qui reste de nos vies, Zeruya Shalev reprend ses thèmes sur la famille et les relations pas toujours faciles entre les êtres, sur le pardon. Ainsi, "Douleur" est un avatar qui apparaît dans son téléphone portable. Sous ce pseudo, elle a enregistré le numéro de téléphone d'Ethan... Au final, un beau roman. Lire le billet de Kathel.

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Le week-end du 15 août, j'étais à Dol-de-Bretagne (il faisait beau et bon). Sur une place, j'ai découvert une cabine téléphonique publique (il n'y en a pratiquement plus en France) qui a été détournée de son usage initial. C'est devenu une mini bibliothèque où l'on peut emprunter, rendre ou donner des livres. C'est libre d'accès. Mon ami et moi trouvons le concept très sympathique. Je souhaitais le partager avec vous.

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7 mars 2018

Police partout - Charb

Mon billet-hommage de ce mois-ci me ramène loin en arrière dans le temps.

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J'ai (ta d loi du cine, squatter chez dasola) rencontré Charb à une séance de dédicace à Sciences Po Paris (où était aussi présent Tignous), il y a près de vingt ans (51e journée dédicaces Sciences Po, le 5 décembre 1998). Je crois me souvenir que j'avais profité de l'occasion pour prendre rendez-vous et pouvoir passer à la Rédaction (alors rue de Turbigo), pour une histoire de t-shirt - mais c'est une autre histoire, qui n'a pas débouché sur grand-chose. Ils ne m'avaient pas dit non (à mon projet de tee-shirts avec des dessins "de presse") après notre rencontre, c'est juste moi qui n'ai pas donné suite à ce dossier, pour des raisons bien extérieures à Charlie Hebdo.

Toujours est-il que j'avais obtenu deux dédicaces (dont l'une est restée inédite), pour le journal étudiant dont je faisais partie à l'époque, dont l'une sur Police partout.

Ce recueil (Bichro, coll. Le cri du crayon, août 1998) contient uniquement des dessins en N&B, pas de numéro de page! Je n'ai pas trouvé d'article ou critique concernant cet album sur des blogs ou sites en 2018: c'est vrai que, 1998, c'est antédéluvien, pour la Toile... La dernière annonce au Journal Officiel concernant Bichro éditions (association loi 1901) remonte à l'an 2000. L'album doit être épuisé aujourd'hui, je suppose. En tout cas, il ne figure pas sur la page wikipedia concernant Charb.

44 dessins mettent en scène des forces de l'ordre, essentiellement dans les 20 premières pages de l'album après la page de titre "Police partout". Suivent une partie titrée "FN partout" (11 pages) puis une dernière "Béton partout" (15 pages). Trois doubles pages, plusieurs pages composées de plus d'une vignette...

La "provocation" qui m'avait frappé en tant qu'étudiant reste présente. Je vous laisse apprécier (dans le désordre) ma petite sélection.

P1050528 du sociétal P1050522  de l'air du temps...  P1050526 du culturel 

P1050525 du bienveillant  P1050524 de l'historique  P1050527 du citoyen

(Soupir...)

*** Je suis Charlie ***

7 août 2017

Je suis très tolérant - Charb

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Le poids des mots, le choc de l'image: une provocation, bien charbienne (est-ce que cela se dit, est-ce comme cela qu'on dit? Ou faut-il utiliser "charbesque"?). Ce livre paru en 1996 (peut-être l'un de ses premiers albums, sauf erreur de ma part?), Je suis très tolérant!, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) me l'étais offert en 1998 (avant de rencontrer Charb lors d'une séance de dédicaces - je raconterai cela une autre fois).

Dans ce recueil de dessins, les "victimes" de "l'intolérance" du dessinateur sont (pêle-mêle): les fumeurs, les forces de l'ordre, les Corses, quelques politiques, des religieux, les vacanciers, sans oublier tous les braves concitoyens ou sommés de consommer que nous sommes... La violence est omniprésente - sur le papier (ah, la souffrance de la brave voiture défoncée à coup de masse par le garagiste retors...). Ca flingue, ça explose, ça cogne... Je suis loin d'avoir choisi les dessins les plus terrifiants pour illustrer mon propos. En metttant l'accent sur la violence symbolique ou l'antiphrase (le texte ou la légende), parmi cette diversité de dessins parus il y a plus de 20 ans, j'en extrais quelques-uns plus ou moins intemporels.

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Le compteur à air, ça n’existe pas encore: patience, je suis sûr que ça viendra! J'ai juste pris quelques-uns des dessins en N&B ou en couleur; l'album comporte également des cases formant une histoire suivie ou des gags de répétition (plus ou moins une page?).

Est-ce qu'il y aurait déjà plus de 20 ans que le PS ne savait plus ou il devait siéger [Charb ne posait pas la question en ces termes, bien sûr]? 

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Voici deux dessins de saison...

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... en attendant la rentrée... et l'automne qui, peut-être, sera chaud (ou chiant?).

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En tout cas, en 1996, la liberté du dessinateur de presse ne posait pas question: même pour un dessin sur Chirac et son cerveau, dont on va dire (méchamment) que c’était prématuré, à ma connaissance, Charb n’a pas été inculpé d’outrage au Chef de l’Etat… Il est vrai que Chirac était déjà le "héros" de plusieurs albums de Cabu (j'en parlerai aussi, à l'occasion...). Pour terminer, je signalerai pour ceux qui l'ignorent que Charb rédigeait par ailleurs des "chroniques", dans Fluide glacial ou dans Charlie Hebdo (exemple de titre de rubrique: "Charb n'aime pas les gens"). Plusieurs recueils en ont été publiés, dont les Petit traité d'intolérance et Nouveau petit traité d'intolérance (Librio) que je finirai bien par chroniquer aussi un jour [chroniqués le 07/09/2018]. En attendant, continuez à découvrir (si pas déjà fait) les dessins de Charb, ils ne vieillissent pas... si je puis dire.

*** Je suis Charlie ***

17 juillet 2017

La chronique de Tallinn - Indrek Hargla

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J'ai eu grand plaisir à retrouver l'apothicaire Melchior dans ce cinquième tome, La chronique de Talinn (Editions Gaïa, 411 pages). Les quatre tomes précédents ont été chroniqués ici, ici, ici et là. Ce cinquième tome se passe en juin 1432, un an après le tome précédent. Melchior se remet doucement de la disparition de sa femme. Son fils Melchior (on s'appelle Melchior de père en fils dans la famille) est parti à Lübeck terminer sa formation d'apothicaire. Il va lui arriver des mésaventures qui va l'amener à être enrôlé dans une confrérie secrète mais il va aussi croiser celle qui sera peut-être la femme de sa vie. A Tallinn, un moine découvre un vieux manuscrit qui va lui coûter la vie. D'autres morts violentes suivront. Tout se passe autour d'un hospice et d'une léproserie. Grâce à l'écrivain et au texte (bien traduit), j'ai encore été passionnée par les us et coutumes du XVème siècle d'une ville que l'on connaît peu, régie par des guildes religieuses ou autres, et par l'évocation des villes hanséatiques comme Lübeck, qui furent si importantes pour le commerce. J'ai vu qu'un sixième tome avait été écrit en 2017. J'attends sa sortie française avec impatience. J'aime vraiment beaucoup cette série.

7 mai 2017

Le journal des présidents - Cabu

Ce 7 mai 2017 au soir, nous aurons élu une 8ème Présidence à la tête de notre Vème République (un Président ou beaucoup plus hasardeusement une Présidente). Je me rappelle avoir repéré en décembre 2014, en solde chez une librairie rue du Faubourg Saint-Antoine, Ma Vème République (de Cabu), et ne pas me l'être acheté sur le moment. On pouvait penser, à l'époque, que les 3ème et 5ème Présidents de la Vème République décèderaient peut-être avant leur dessinateur, naturellement. Inutile de dire que, courant janvier 2015, le livre n'était plus en stock. Quatre des cinq dessinateurs assassinés dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 étaient eux-même plus âgés que la Vème République (pour l'un d'eux, de quelques mois seulement). Wolinski était né en 1934, Cabu en 1938, Honoré en 1941, Tignous en 1957 et Charb en 1967. Je [ta d loi du cine, squatter chez Dasola] cède évidemment à la facilité en choisissant de publier le présent billet billet aujourd'hui (toujours dans la série des "hommages" que je leur rends).

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C'est Dasola qui a acheté, tout récemment, Le journal des présidents signé Cabu.

Comme nul ne l'ignore, Jean Cabut, né en janvier 1938, a vu son 1er dessin publié à 14 ans (via un concours), et on peut dire qu'il est passé "pro" à 16 ans avec ses dessins publiés dans des journaux. La 4ème de couv' mentionne qu'il était titulaire de la carte de presse n°21991. Si tous les dessins de cette publication sont bien évidemment de sa main (sur une période de plus de 60 années de vie professionnelle de dessinateur de presse), il est peu probable que cette compilation en ait été choisie par lui (à moins qu'il en ait eu personnellement l'idée - si c'est le cas, le lecteur n'en est pas informé). Le "Cabu" de ce livre (posthume) est devenu une marque déposée (comme précisé en 4ème de couverture).

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Une petite recherche dans les bases de données de l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) m'a permis de repérer deux dépôts successifs, l'un simplement du mot "Cabu" (N°4166821, le 21 mars 2015), l'autre de la signature elle-même (N°4220387, le 26 octobre de la même année). Je préciserai juste que les "marques" Tignous ou Wolinski n'ont pas été enregistrées. Quant aux nombreuses réponses pour Honoré ou à celle sur Charb, elles sont non-pertinentes.

J'ai regardé cette somme de dessins avec beaucoup d'intérêt, parfois un brin de nostalgie. J'étais loin de les connaître tous. Si j'ai dû voir passer dans Le Canard Enchaîné que je lis depuis plusieurs décennies chaque dessin qui y est paru, je ne me rappelais bien entendu pas tout. Quelques dessins ont déjà été repris dans les recueils brochés que Cabu publiait régulièrement, mais ce n'est pas forcément la majorité. Et il est à noter que le présent livre est en couleurs. Enfin, j'ai compté plus d'une vingtaine de mentions "croquis inédits." Sur les 175 pages, je me permets juste de "citer" la double page ci-dessous (si cela peut vous mettre en appétit de lire vous-même le reste).

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Concernant le nombre de dessins par président, il n'est pas non plus directement proportionnel au nombre d'années de mandat pour chacun. Mais des anciens présidents, des présidents en exercice, ou de futurs présidents, pouvaient aussi cohabiter - dans la même vignette, ce qui fausse mes comptes... Allons-y: pour l'anecdote, Coty 1 et Auriol 3 (sous la IVème République, notre K-bu débutait!). De Gaulle 28 (pour 11 ans de Présidence), Pompidou 21 (pour un quinquennat involontaire), Giscard 37 (seul représentant du septennat unique sous la Vème), Mitterrand 91 (en 14 ans - j'ai compté seulement pour "1" la vignette où on le voit vieillir d'année en année, comme les autres cas de vignettes à figures multiples pour un même Président). Chirac bat (sauf erreur de ma part) les records avec 94 dessins (il a aussi été deux fois premier Ministre, deux fois candidat avant de l'emporter en 1995, et a eu, à l'heure où je rédige, des rapports avec deux de ses successeurs de son vivant). Sarkozy est représenté 76 fois pour un quinquennat (Cabu se doutait-il qu'il échouerait à recandidater?), et Hollande 54 fois (pour un peu plus de la moitié de son quinquennat à lui).

Pour en revenir au présent et à nos élections de cette année 2017, la 4ème de couverture de ce livre paru en mars 2017 a donné le quinté dans le désordre pour le 1er tour.

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Cabu avait bien entendu eu l'occasion de croquer ces personnages politiques, comme je suppose des milliers d'autres de la Vème République. Ne serait-il pas intéressant de faire un corpus complet (une base de données...), avec le nombre de dessins pour chacun? Ou alors, il faudra attendre une thèse universitaire, le genre d'ouvrage visant à l'exhaustivité qu'on ne peut guère réaliser du vivant d'un artiste productif.

Alors que dire encore sur ce livre? Bien évidemment, je suis content de pouvoir regarder ensemble ces dessins réunis sur un même thème (et conscient qu'il peut y avoir un intérêt "patrimonial" à cet ouvrage). Mais, non moins évidemment, j'aurais de loin préféré (comme tout le monde sauf quelques malheureux décervelés) qu'il puisse encore, de longues années, nous faire partager avec humour ses réactions aux événements et fur et à mesure que ceux-ci se produisent...

J'aurais aimé en tout cas qu'il y ait dans ce beau volume une page bibliographique avec la liste de l'intégralité des livres parus du vivant de Cabu, même si certains sont (aujourd'hui, peut-être plus demain?) épuisés. J'avais apprécié la présence d'une telle page pour Wolinski dans Ca, c'est moi quand j'étais jeune (lettre ouverte à ma femme). Pour ma part, je n'étais pas encore revenu sur l'oeuvre cabuesque depuis mon 1er billet évoquant les albums que je possédais sur Le Grand Duduche. Mais peut-être trouverai-je un angle pour parler de tel ou tel autre titre dans les mois à venir? Les intégrales Mon Beauf (octobre 2014 chez Michel Lafon) ou Le Grand Duduche (1ère édition en novembre 2008 chez Vents d'Ouest), toutes deux parues du vivant de Cabu, m'intéresseraient certainement. [cf. billet du 07/07/2018]

*** Je suis Charlie ***

11 août 2017

Negra soledad / Les yeux du coeur - Ramon Diaz-Eterovic

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J'ai encore bien apprécié les deux romans de Ramon Diaz-Eterovic, Les yeux du coeur (écrit en 2001 et publié en français en 2007) et Negra Soledad (écrit en 2014 et publié en français en mai 2017). Avec ces deux titres, j'en suis à sept romans lus de cet écrivain, alors que la série "Heredia" comporte 16 titres (selon wikipedia). J'ignore pourquoi le plus récent (Negra soldedad) a été traduit en français et pas les deux précédents. Il y a des mystères dans le monde de l'édition qui me dépassent. En revanche, c'est encore Bertille Hausberg qui se charge de la traduction (Elle le fait avec beaucoup de talent depuis le début). Lire mes billets précédents ici, ici, ici et là.

Dans Les yeux du coeur (Editions Métailié, 260 pages), le détective Heredia, le narrateur, enquête sur la disparition d'un homme qu'il a connu en 1974, en pleine dictature. Les deux faisaient partie d'un groupe d'aspirants poètes et ils étudiaient le droit. L'enquête va obliger Heredia à quitter Santiago momentanément afin de terminer son enquête sur l'île de Chiloé, au sud des côtes chiliennes, où il retrouvera (ou non) Traverso, l'homme qu'il n'est pas tout seul à chercher. Mais avant d'en arriver là, comme dans les autres romans, on suit Heredia dans ses réflexions, ses déambulations dans quelques quartiers de Santiago. Heredia n'est pas toujours aimable, il est sans concession. On devient familier avec la rue dans laquelle il vit et on entre souvent dans son appartement dont les fenêtres ont vue sur le rio Mapocho et la cordillère des Andes. Il le partage toujours avec Simenon, son chat blanc à qui il fait la conversation. Heredia reçoit parfois de la visite, dont quelques membres du sexe féminin. Mais ses amours ne sont pas très heureuses. Les dames s'en vont ou disparaissent tragiquement et Heredia se retrouve condamné à la solitude. Heredia n'est pas très riche, mais de temps en temps il se renfloue en misant sur les bons chevaux aux courses.

Dans Negra Soledad (titre original en espagnol : La Musica de la soledad (!), Editions Métailié, 345 pages) Heredia décide d'enquêter sur le meurtre d'Alfredo, un ami avocat d'Heredia. Et ceci à la demande de la veuve. Alfredo avait été engagé par des villageois du nord du Chili. Ils sont menacés d'expropriation à cause d'un barrage et d'une exploitation minière polluante. On peut deviner assez vite qui a tué, mais ce n'est pas cela l'important mais la progression d'Heredia dans la découverte de la vérité. En parallèle, Heredia va peut-être enfin se marier avec Doris, une inspectrice de la police.

Ces lectures m'ont encore donné beaucoup de plaisir et j'ai quitté à regret Heredia et Simenon. J'espère les retrouver bientôt. A bon éditeur, salut.

7 juin 2017

Le fric c'est capital - Tignous

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Lorsque j'avais [ta d loi du cine, "squatteur" chez dasola] découvert Le fric c'est capital (ramené par dasola d'une librairie en province en février 2015, il me semble), j'avais été un peu frustré. En effet, il n'y a dans ce "pavé" aucun texte d'accompagnement ou de "contexte": ni préface, ni introduction, ni postface, ni texte en 4ème de couv' - que du dessin, que du dessin, que du dessin... Tignous s'exprimait avec ce qu'il savait faire le mieux. La première édition de ce recueil est parue en 2010 chez 12Bis, Maison dont quasiment tout le catalogue a été racheté par Glénat en 2013. Le tirage à ma disposition est daté de janvier 2015. Il s'agit du deuxième livre de Tignous que je chronique (après Pandas dans la brume), je viens de le reparcourir pour programmer le présent billet dans la suite de mes "hommages". Si je devais citer tous ceux des quelque 500 dessins qui ont particulièrement éveillé mon attention, il faudrait que je mette des photos d'une trentaine de pages (sachant qu'on compte 2 ou 3 dessins par page), je me suis limité à une douzaine (avec parfois un commentaire de mon cru).    

       P1050308  Un clin d'oeil vers le "nouveau beauf' de Cabu?  

Je pourrais dire que je trouve presque le dessin de Tignous "moëlleux", tout en courbes (là où celui d'un Charb apparaît plus "sec"). Mais les rondeurs du trait n'enlèvent rien à l'âpreté comme à l'alacrité du propos. Les dessins du livre sont regroupés en 4 thèmes: les riches (les patrons et la finance), les pauvres (la société et le travail). J'y ai donc choisi pour les citer ici seulement quelques-uns des dessins qui me paraissaient particulièrement éloquents ou en tout cas qui m'ont "parlé".

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  P1050312  Roi du monde (roi du gaz de schiste?) ou bonnet d'âne?

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Je n'ai pas trouvé tant de références que cela à ce livre sur internet, j'ai quand même pu dénicher de rares informations complémentaires. J'ai appris grâce à ToutenBD.com que les dessins avaient été publiés notamment dans Marianne, tandis qu'Auracan.com parle plus précisément d'une anthologie de près de 500 dessins de Marianne et Charlie Hebdo.

   P1050316  Dans un des rares blogs que j'ai identifié comme ayant publié un hommage à Tignous, Etsivoulisiez, j'ai retrouvé parmi les citations des recueils précédents (que je lirai bien un jour), Tas de riches et Tas de pauvres (Denooël, 1999 et 2000), un dessin colorié dont la version "au trait" (en noir et blanc) figure dans Le fric c'est capital. 

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Certains de ces dessins (datant de 2010 voire d'avant, rappelons-le!) sont tellement intemporels que, en 2017, il conservent une brûlante actualité... Je les ai gardés pour la bonne bouche. 

 P1050319  C'est pas forcément la même usine...

  P1050320  C'est pas forcément à cause du même produit...

  P1050321  ... C'est toujours le même PS (mais ça ne va pas forcément mieux chez LR, au FN, au FdG, ou demain à REM!).

Que puis-rajouter? Votre propre sélection serait peut-être différente. Un seul moyen de le savoir: faites l'effort de trouver et de feuilleter ce livre!

*** Je suis Charlie ***

24 mars 2017

Dans l'ombre - Arnaldur Indridason

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Dans l'ombre (Editions Métaillé, 334 pages), le nouveau roman de l'Islandais Arnaldur Indridason, est le premier tome d'une trilogie: La trilogie des ombres. En 1941, Reykjavik grouille de soldats britanniques et américains. Eyvindur, un voyageur représentant de commerce, revient d'une tournée. Il a hâte de retrouver sa compagne Vera. En effet, il l'avait quittée deux semaines plus tôt après une dispute. Il se rend compte que Vera a vidé les lieux en prenant toutes ses affaires. Peu de temps après, Eyvindur est retrouvé mort, le visage à moitié arraché par une balle tirée par un colt, dans l'appartement de Felix Lunden, un autre réprésentant. Sur le front du cadavre, quelqu'un a inscrit "SS" en lettres de sang. Deux jeunes hommes sont chargés de mener l'enquête: Flovent, le seul inspecteur islandais disponible, et Thorson, un Islandais de l'ouest, né au Canada, faisant partie de la police militaire. Ils découvrent assez vite que la victime n'était pas la cible visée. Eyvindur était au mauvais endroit, au mauvais moment. Je n'en dirais pas plus sur l'histoire dans laquelle il ne se passe pas grand-chose. Il n'y a pas de coup de théâtre. Thorson et Flovent interrogent encore et toujours les suspects ou les témoins. Ces interrogatoires ont un côté lancinant. Indridason n'épargne pas non plus le lecteur. Quand le roman s'achève, on a des réponses à des questions mais des choses restent dans l'ombre comme qui a tué Eyvindur, même si on sait pourquoi. J'attends la suite avec intérêt.

29 juin 2017

Le bureau des légendes (série - trois saisons)

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Avec mon ami, Ta d loi du cine, nous venons de visionner la troisième saison du Bureau des légendes, série produite et diffusée par Canal+ depuis 2015.

L'année dernière, nous avions vu les deux premières saisons à la suite (en DVD). Nous avons été tout de suite captivés par les différentes histoires de ces agents de la DGSE (la Direction Générale des Services Extérieurs français).

Eric Rochant qui est à l'origine du projet prouve que les Français n'ont pas à rougir des séries américaines, britanniques ou scandinaves. A noter que le "making-off" de la 2ème saison (en DVD) montre "la journée d'un showrunner" (auteur-producteur selon la traduction québéquoise).

Chaque saison se compose de 10 épisodes et à la fin de chacune, on laisse le téléspectateur dans l'attente impatiente de la saison suivante.
On se familiarise vite avec les personnages récurrents de la série dont quelques clandestins (clandés) qui vivent sous légende (avec une identité fabriquée de toute pièce), parfois pendant des années. Chargés de récupérer des renseignements ou de recruter des personnes susceptibles d'en donner, ces clandestins, comme les membres du bureau situé à Paris, s'appellent par leur surnom: Malotru, Moule à gaufre, Phénomène, ou même la Mule. Au sein même du bureau, les renseignements sont compartimentés, chacun a le droit ou non "d'en connaître".

Dans la première saison, Guillaume Debailly dit Malotru (Matthieu Kassovitz) revient d'une mission de six ans en Syrie. A Paris, la jeune Marina Loiseau dite Phénomène (Sara Giraudeau) débute dans le métier si je puis dire. Elle surmonte un bizutage assez violent. Sa légende va faire d'elle une sismologue et elle part en Iran. En Algérie, un des clandestins a disparu en mission.

Dans la deuxième saison, Phénomène infiltre la jeunesse dorée iranienne (ça existe) pour se rapprocher d'un jeune homme qui va la mettre en péril. On apprend que Malotru est aussi un agent de la CIA; Cyclone est revenu en France et essaye de trouver la famille d'un Français, bourreau de Daech.
Cela nous permet de suivre comment travaillent les membres du bureau dont Henri Duflot (Jean-Pierre Darroussin) et Marie-Jeanne Duthilleul (Florence Loiret-Caille).

Dans la troisième saison, Malotru est prisonnier d'hommes de Daech. La DGSE fait (presque) tout pour le faire libérer. Il faudra attendre le 10ème épisode pour y arriver. Quant à Marina, qui a vécu une aventure traumatisante dans la deuxième saison, elle a du mal à s'en remettre. Mais sa légende de sismologue tient toujours et elle est recrutée par un agent du Mossad qui se fait passer pour un agent de la DGSE (vous me suivez?). Il veut qu'elle parte à Bakou. Cette troisième saison est haletante, peut-être plus que les deux premières.

Si vous voulez voir cette série, il faut commencer par le début. J'attends la quatrième saison (en cours d'écriture) avec impatience, même s'il manquera un personnage essentiel. Je ne vous en dis pas plus.

7 mars 2017

La divine sieste de papa - Maryse et Georges Wolinski / J'hallucine! - Wolinski

J'ai (ta d loi du cine, squatter chez dasola) récemment trouvé à acheter (d'occasion, forcément) La divine sieste de papa (éditions Messidor / La Farandole, 1981 [ça ne nous rajeunit pas]). Les parents de la jeune Elsa s'étaient partagés les rôles: Maryse Wolinski racontait (mêlant factuel et fictionnel), et Georges illustrait de dessins fleuris et pastels. Voici ce qu'on peut trouver sur le site internet de Maryse.

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Un album joliment tendre, dont on peut se demander si une réédition pourrait être envisageable, à l'intention d'un public enfantin? L'album est intemporel. Je suppose qu'Elsa aurait aussi son mot à dire sur la question. Il est clair que cet album est nettement moins "trash" que d'autres.

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Je n'ai pas (encore) l'album Tout est politique également paru chez Messidor en 1981, mais la main panière en couverture de ce dernier me fait penser que son contenu doit être nettement moins fleur bleue... Un tome 2 de La divine sieste de papa est paru en 1987 (je ne l'ai pas non plus - pas encore) [chroniqué le 07/11/2021]. Ensuite, pour ce qui peut concerner la "jeune" Elsa, évoquée (prétexte fictionnel à nouveau, je suppose?) dans J'hallucine! en 1991 en tant que post-ado, elle est même la dédicataire de cet album (que j'avais acheté en 1999).

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Selon la 4ème de couv (avec photo d'Elsa, que je n'ai pas mise ici), ce recueil rassemble des dessins et planches (je n'en ai pas repris non plus) réalisés pour le journal Phosphore entre 1987 et 1991.

*** Je suis Charlie ***

20 janvier 2017

La griffe du chien - Don Winslow

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Le roman La griffe du chien de Don Winslow (Editions Points Le Seuil, 825 pages haletantes) a été écrit en 2005 et publié en français en 2007. La griffe du chien est un roman violent et foisonnant dont l'histoire se déroule de 1975 (fin de la guerre du Vietnam) à 1999 avec un épilogue en 2004. Art Keller fait partie de la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine chargée de lutter contre la toxicomanie et le trafic de drogue. Cette guerre contre la drogue est un long combat. Face à lui, nous avons deux frères mexicains, Adán et Raúl Barrera, épaulés par des sicarios, des tueurs. Adán compte et Raúl tue (sans pitié). Art Keller fera tout pour les faire arrêter. Don Winslow brosse un portrait sans concession des narcotrafiquants mexicains qui gangrènent le Mexique jusqu'au plus hautes instances de l'état. Dans ces années-là, la montée du communisme fait plus peur que la drogue qui sert à acheter des armes afin de lutter contre les groupuscules d'extrême-gauche. L'Amérique n'est pas non plus décrite sous son meilleur jour. L'écrivain sait rendre les personnages attachants (même les "méchants"), en particulier Nora Holden, la "pute au grand coeur", intelligente et courageuse. Il ne perd jamais le lecteur dans les méandres de l'intrigue. C'est brillant. Un très bon roman. Lire le billet d'Inganmic.

30 mars 2017

Cadavre 19 - Belinda Bauer / Maiba - Russell Soaba / La baleine Thébaïde - Pierre Raufast

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Cadavre 19 de Belinda Bauer (Collection 10/18, 401 pages) m'a plu parce qu'il s'agit d'un polar pas trop violent malgré le fait qu'une grande partie de l'histoire se passe dans une salle d'autopsie. Patrick Fort, âgé de 18 ou 19 ans et atteint du syndrome d'Asperger, a décidé d'étudier l'anatomie. Il veut comprendre ce que c'est que la mort. Il veut obtenir des réponses à ses questions qu'il se pose depuis l'enfance, à l'époque où son père est mort accidentellement, renversé par une voiture. Avec d'autres étudiants, on lui attribue un cadavre à qui on donne un numéro: le 19. De tempérament curieux, Patrick va assez rapidement découvrir que la cause de la mort du n°19 n'est pas celle attendue. L'histoire prend son temps. Il y a quelques facilités dans les rebondissements de l'histoire mais le roman se lit agréablement.

Concernant Maiba de Russell Soaba (Editions Au vent des îles, Tahiti, 183 pages), c'est un roman écrit en 1979 mais publié en français en 2016 qui se passe dans les îles du bout du monde, en Papouasie Nouvelle-Guinée. Je trouve assez difficile de parler de ce roman où il n'y a pas vraiment d'histoire. M. Soaba (un écrivain Papou de 66 ans) évoque surtout les us et coutumes de ce pays en pleine mutation composé d'îles sur lesquelles on parle jusqu'à 800 langues. Maiba est une jeune Papoue qui vit à Makawana. Estropiée de naissance et orpheline à l'âge de 4 ans, son père était le chef du village, Maiba a été élevée par son oncle et sa tante. Il semble que "Maiba était de mauvais augure pour quiconque entrait en contact avec elle". J'avoue avoir beaucoup aimé les 80 premières pages et m'être un peu ennuyée aux 100 pages suivantes. Mais j'ai été contente de cette découverte d'un écrivain qui m'était totalement inconnu. Je remercie mon ami Ta d loi du cine pour cette suggestion.

Je termine avec La baleine Thébaïde (Alma Editeur, 213 pages) que, pour l'instant, j'ai peu vue chroniquée sur les blogs. Après La fractale des raviolis et La variante chilienne, Pierre Raufast a encore écrit un roman plaisant. Le fil conducteur de l'hstoire est une baleine bleue qui chante à une fréquence de 52 hertz alors que ses camarades chantent entre douze et vingt-cinq hertz. Tel Achab, Richeville, un jeune Français natif de Chantebrie diplômé d'une école de commerce, s'embarque sur un bateau pour une expédition scientifique à la recherche de cette baleine unique. Tout ne se passe pas comme il l'avait cru. La pauvre baleine que l'équipage a retrouvé est exterminée. Le roman est composé de courts chapitres avec une histoire tarabiscotée qui tient la route mais se termine mal (je ne dévoile rien). Et une fois encore, j'ai apprécié l'écriture de Raufast. Il y a des passages jubilatoires. "J'obtins le diplôme au bout de trois longues années. Un tiers voulait devenir banquier par amour de l'argent, Un autre tiers visait l'ENA pour la puissance. Le dernier tiers se rêvait consultant dans un des "big four" pour devenir riche et puissant. Je faisais partie du quatrième tiers, le tiers honteux: celui qui n'avait aucune ambition. Le renégat du commerce, l'apostat du management. Autant dire que j'étais aussi populaire qu'une reine Bothriomyrmex chez les fourmis Tapinoma" (p.23). Je conseille.

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