Le blog de Dasola
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5 juillet 2017

Jules / Le retour de Jules - Didier van Cauwelaert

Voici deux romans charmants à lire cet été. Ils se suivent mais on peut lire le deuxième avant le premier: c'est ce que mon ami Ta d loi du cine et moi-même avons fait.

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Jules est un labrador, un chien dressé pour aider et accompagner les personnes non-voyantes. Dans Jules (Editions Albin Michel, 275 pages), la maîtresse de Jules, Alice Gallien (27 ans), va subir une opération de la cornée qui lui rendra la vue. L'opération est une réussite. Juste avant l'opération, Alice et Jules vont croiser la route de Zibal de Frèges (ça ne s'invente pas!), un vendeur de macarons à l'aéroport d'Orly, bardé de diplômes universitaires et chercheur scientifique chez lui. Par exemple, il place des électrodes sur les yaourts afin d'observer le comportement des ferments lactiques et leur interaction d'un pot à l'autre. Zibal n'a ensuite de cesse de retrouver Alice, mais c'est Jules qui permettra qu'Alice et Zibal soient réunis. Bien entendu, le fait qu'Alice retrouve la vue perturbe Jules qui se retrouve au chômage, et c'était la pire chose qui pouvait arriver à un chien guide. Heureusement, Jules se reconvertit en chien d'assistance auprès d'un jeune épileptique. Je ne vous raconte pas tout, bien entendu. A la fin du roman, Didier van Cauwelaert avoue sa passion pour les chiens d'aveugle (et il est aussi membre de la Fondation française pour la recherche sur l'épilepsie).

On retrouve avec grand plaisir Jules, Zibal, Alice et quelques-uns de leurs proches dans Le retour de Jules (Edtions Albin Michel, 166 pages). "Jules ... a été recruté par l'ESCAPE, l'Ecole supérieure des chiens d'alerte et de protection pour épileptiques créé tout récemment à Nancy. Il a obtenu haut la patte son diplôme d'assistant niveau A, tout engrossant la plupart de ses consoeurs en dehors des heures de service" (p.14). Néanmoins, Zibal apprend avec horreur que Jules est condamné à être euthanasié. On découvre pourquoi assez vite. Jules tombe amoureux pour de vrai avec une braque de Weimar (voir les photos des couvertures). Ils vont s'enfuir tous les deux. Un vrai suspense. J'ai appris grâce à ce roman, et selon l'écrivain, que 10% des chiens sont capables de prévoir une crise d'épilepsie. Ils se mettent à aboyer. Les proches du malade sont capables alors de prévoir le nécessaire pour enrayer la crise. Van Cauwelaert a une plume alerte et vous allez craquer pour Jules. A lire.

25 décembre 2014

Whiplash - Damien Chazelle

Joyeux Noël à tous les blogueurs qui passent par chez moi. J'espère que personne n'est resté isolé ou malade et que les cadeaux du Père Noël furent à la hauteur des attentes.

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Sinon, si vous ne savez pas quoi faire en ce jour du 25 décembre et que vous aimez le cinéma, le jazz et en particulier la batterie, essayez d'aller voir Whiplash de Damien Chazelle qui est sorti hier (24 décembre 2014). Andrew, qui étudie dans une école de musique prestigieuse à New-Yorkk, pratique la batterie depuis son plus jeune âge. Fletcher, un professeur renommé dans l'école, le choisit pour faire partie de son orchestre. Andrew ne se doute pas de ce dans quoi il s'engage. Fletcher, le crâne rasé et maigre de cou (il m'a fait penser à un oiseau déplumé) est un être tyrannique qui humilie verbalement ses élèves. En voulant atteindre la perfection, il fait des dégâts sur des esprits parfois fragiles. Andrew, tel un athlète olympique, s'entraîne encore et toujours pour obtenir le tempo parfait que désire Fletcher. Andrew transpire, pleure, reçoit des gifles. Les baguettes lui entaillent jusqu'au sang l'espace entre le pouce et l'index. Sans parler du fait que Fletcher provoque des rivalités entre batteurs (Andrew n'est pas tout seul). Le film qui dure 1H47 a bien entendu du rythme, mais j'avoue qu'il m'a paru manquer un peu d'émotion et de grâce. Je m'attendais à vibrer davantage. Un batteur comme Buddy Rich (1917-1987) qui est évoqué dans le film avait de la grâce dans sa façon de jouer. Dans le film, Andrew est un bon technicien, il en veut, il sait jouer mais je n'ai pas trouvé qu'il était gracieux. Ce n'est qu'une performance (ce qui n'est déjà pas si mal). La fin très abrupte m'a frustrée. Le réalisateur n'attend pas que les applaudissements résonnent dans la salle de concert. Pendant le film, on a surtout l'occasion d'entendre Whiplash de Hank Levy (1927-2001 - je ne connaissais pas du tout) et Caravan écrit par Duke Ellington et Juan Tizol. Film à voir en cette fin d'année. Lire le billet d'Alex-6.

30 mars 2014

La fin du monde a du retard - J.M. Erre

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Grâce à Clara, j"ai eu le plaisir de constater que le J.M. Erre nouveau était paru. Lu en un week-end, courant février 2014, La fin du monde a du retard (Editions Buchet-Chastel, 400 pages) est plutôt amusant. On retrouve la verve stylistique de l'écrivain qui fait tout le sel de cette lecture. Je suis peut-être un tout petit moins enthousiaste sur l'histoire elle-même, qui m'a parue encore plus loufoque que celles des romans précédents. Julius et Alice, deux amnésiques de 30 ans et 25 ans, s'enfuient d'un hôpital psychiatrique du nord de Paris où ils étaient pensionnaires depuis quelques mois. Alice est la seule survivante de la cérémonie de son mariage dans laquelle plus de 200 personnes ont trouvé la mort suite à un court-circuit. Quant à Julius, il croit que la fin du monde est proche. Un pigeon à collerette blanche, borgne, laid et à qui il manque une patte et des plumes joue un rôle essentiel dans cette histoire de course-poursuite entre les deux aliénés poursuivis par des paparazzi appelés Albert et Raoul Volfoni (hommage à Georges Lautner et ses Tontons flingueurs? Bernard Blier et Jean Lefèvre incarnent les frères Raoul et Paul Volfoni dans le film), puis par Joseph Gaboriau, un commissaire à 6 jours de la retraite et son adjoint Matozzi. J'avoue que j'ai trouvé que le roman qui dure donc 400 pages s'étire un peu en longueur, mais on ne boude pas son plaisir en lisant certains paragraphes, comme par exemple [Julius et Alice sont dans une librairie]:
"Sur la gauche, une étagère consacrée à la poésie attendait depuis cinq ans, sept mois et quatorze jours qu'un lecteur s'approche.
Le libraire apparut, un casque de chantier sur la tête, une énorme masse à la main et un badge "Espèce en voie de disparition" sur la poitrine.
- Excusez-moi, fit l'homme, j'étais en train de mettre au pilon un carton de liseuses qu'on m'a livrées par erreur. Il n'y a rien de plus revigorant qu'une petite extermination d'ebooks de bon matin. Je peux faire quelque chose pour vous?
- Qu'est ce que c'est que ça? demanda Julius, furibard, en brandissant un exemplaire du Codex de Tiresias.
- Je savais bien qu'on finirait par me poser cette question un jour, fit l'homme en soupirant, mais je ne croyais pas que ce moment arriverait si tôt. Ca s'appelle un livre. L-I-V-R-E. C'est fait avec du papier."

 Lire les billets enthousiastes de Sharon, Cuné, Un autre endroit et Cathulu.

8 mars 2014

Des Fleurs pour Algernon - Daniel Keyes

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Ayant lu et entendu des comptes-rendus élogieux sur cette pièce, j'ai été heureuse de pouvoir aller assister à une représentation de la pièce Des fleurs pour Algernon au Théâtre Hébertot à Paris. Le texte est tiré du roman d'anticipation de Daniel Keyes paru en 1959. Les représentations se donnent jusqu'à fin mars 2014. Charles Gordon (extraordinaire Grégory Gadebois) nous raconte son histoire. Au début de la pièce, c'est un homme qui a du mal à s'exprimer. Arriéré mental, il explique qu'il a accepté de subir une opération du cerveau qui le rendra intelligent. L'opération est un succès tant sur lui que sur une souris de laboratoire appelée Algernon. Au fur et à mesure, la parole devient claire et assurée. Charles s'exprime comme un vrai savant jusqu'à la régression qui commence. Pendant 1H30, on voit un acteur, Grégory Gadebois, face au public dans un décor minimaliste, seul en scène, et qui captive son auditoire avec sa voix. Si vous passez par Paris, allez voir cette pièce, vous ne le regretterez pas.

28 mai 2013

L'attentat - Ziad Doueiri

Demain, le 29 mai 2013, sort L'attentat du réalisateur libanais Ziad Doueiri (j'ai vu ce film en avant-première, le 13 mai dernier). Cette adaptation du roman de Yasmina Khadra est une vraie réussite. Il s'agit de l'histoire d'un docteur, Amine Jaafari, un Israélien d'origine arabe qui travaille dans un hôpital de Tel Aviv. Un soir, il doit s'occuper en urgence de victimes (la plupart sont des enfants) d'un attentat. Parmi elles, se trouve le corps d'une femme, Siham, son épouse, qui est la responsable de ce massacre. Elle s'est muée en kamikaze en se faisant exploser, elle avait une ceinture d'explosifs autour de la taille. Amine Jaafa refuse de croire à cette horreur. Il mène sa enquête qui l'emmène jusqu'à Naplouse, où il essaye de rencontrer ceux qui ont côtoyé Siham et de trouver ce qui a pu lui faire commettre l'irréparable. Il est relativement peu question de religion mais plutôt de lutte contre l'occupation. En flash-back, on voit Siham, belle jeune femme qui a tout pour elle: une vie aisée sans histoire (mais sans enfant), un mari aimant, elle n'est pas une fondamentaliste musulmane. Ce qui fait que l'on se pose beaucoup de questions, et à chacun de se faire son opinion et de donner des réponses. Ce que j'ai aimé dans ce film, c'est sa sobriété: il n'y a pas de sentiments exacerbés, pas de violence autre que verbale. Certains échanges sont intéressants car chacun défend sa position. Je vous recommande vraiment ce film (qui est une production franco-belge), que j'ai trouvé nettement plus passionnant que le roman. Lire les billets de Leiloona, d'Alex et de veranne.

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22 avril 2013

Dans l'ombre de la lumière - Claude Pujade-Renaud

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Suite à un billet récent de Dominique, j'ai acheté Dans l'ombre de la lumière (Actes Sud, 300 pages) de Claude Pujade-Renaud (dont je n'avais jusqu'ici rien lu). Et je l'ai "dévoré" en moins d'une journée avec un immense plaisir. Pendant quelques heures, je me suis immergée dans un passé lointain à Carthage, Thagaste et Rome entre 373 et 430 de notre ère. La narratrice s'appelle Elissa, elle fut l'amante et la concubine d'Augustinus (futur Saint-Augustin) dont elle eu un fils. Cette liaison dura 15 ans. Répudiée par Augustinus, elle suivit cependant de loin en loin le parcours de l'homme qu'elle n'avait jamais cessé d'aimer (elle lui restera fidèle jusqu'au bout) par l'entremise des discours d'Augustinus consignés sur des parchemins. Elle n'éprouve aucune aigreur, ni ressentiment, mais seulement une certaine passion amoureuse pour un homme qui fut un grand orateur et qui se convertit au christianisme après avoir appartenu comme Elissa à la secte des Manichéens. Mme Claude Pujade-Renaud a un beau style clair et son texte permet de connaître un peu de l'histoire de la chute de Rome en 410. Le texte se lit d'autant plus agréablement qu'il est composé de petits chapitres. Merci Dominique pour ce conseil.

20 avril 2013

20 ans d'écart - David Moreau (billet supplémentaire)

20 ans d'écart de David Moreau, c'est la rencontre dans un avion de Rio à Paris de baskets avec des hauts talons, ou plutôt le coup de foudre de Balthazar (Pierre Niney), 21 ans, pour Alice (Virginie Efira), 38 ans. Alice se trouve à un moment critique dans sa vie professionnelle, elle travaille pour un magazine de mode (univers impitoyable s'il en est). Mère divorcée (elle a une petite fille), sa vie sentimentale est au point mort tandis que son ex-mari a des aventures avec des femmes très jeunes. Le père de Balthazar n'est pas en reste en fréquentant une femme qui pourrait être sa fille. Tout ça pour dire que le couple que formera Alice et Balthazar (car Alice va tomber amoureuse du jeune homme) est plein de fraîcheur et de spontanéité et leur idylle semble partie pour durer longtemps. C'est un film sans aucune vulgarité qui "donne la pêche" (mesdames).

PS: je me dois de signaler que Ta d loi du cine avait d'abord écrit dans la 1ère version de son billet d'hier que j'avait énergiquement refusé de voir ce film. Dès que j'ai su cela, je lui ai fait rectifier avant publication. Non mais!

PS2: la rédaction de mon billet contient peut-être moins d'images, mais en voici une pour l'illustrer (celle du dossier de presse)!

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13 mai 2013

Trois jours à Venise

Nous évoquions l'idée d'aller à Venise depuis presque deux ans. Mon ami et moi, on avait chacun déjà été une fois à Venise, moi en 1984 et lui en 1985. J'ai fini par lui intimer qu'une date soit fixée et qu'il s'engage à se libérer de son travail, puis il a fallu que je réserve billets d'avion et hôtel. Nous avons atterri le soir (il faisait déjà nuit); puis bus, vaporetto et ruelles avant de dénicher l'hôtel. Le lendemain matin, nous sommes partis à la découverte.

On a beaucoup marché, traversé la Place Saint-Marc, monté au Campanile, pris une consommation au café Florian (sur l'addition, il faut ajouter 6 euros/personne pour la musique!). Au vu des queues interminables pour entrer dans la basilique Saint-Marc et le Palais des Doges, on s'est dispensé des visites. Il y avait aussi beaucoup de monde pour l'exposition Manet qui a lieu en ce moment.

Parmi les impressions que je garde, je note que les Vénitiens (en particulier les commerçants) sont des gens charmants qui parlent ou comprennent très bien le français. Mais aussi que les vaporetti étaient aussi "bourrés" que le métro à Paris aux heures "de pointe", que le prix des cierges dans les églises est moins cher qu'en France et que désormais il existe des cierges électriques plutôt que des bougies pour les fidèles, que la ville n'est pas vraiment faite pour les personnes en fauteuil roulant (1) (on monte et descend pas mal de ponts), que pour aller d'un point à un autre, on fait pas mal de détours à cause des "cul-de-sac" et autres impasses débouchant sur un canal. A la devanture des vitrines, il est très souvent demandé de ne pas prendre de photos (surtout en ce qui concerne les objets en verre de Murano ou l'artisanat local). A Murano, on a passé une excellente journée qui avait débuté par la démonstration de souffleurs de verre: impressionnant.

Si vous vous demandez où les Français ont passé la semaine de l'Ascension, je peux vous dire qu'il y en avait beaucoup qui parcouraient les rues et ruelles de la ville. Mon ami n'aimant pas trop la foule, on faisait tout pour prendre les ruelles les moins fréquentées possibles et ce ne fut pas trop dur. J'ai aussi constaté qu'il y avait peu de bancs pour se reposer, qu'il est interdit de s'asseoir sur le rebord des devantures de magasins et sur les marches des ponts qui enjambent les cours d'eau. On a fait une promenade en gondole pendant 40 minutes pour un coût de 80 euros pour 2 personnes (2). Je ne sais pas si c'est plus cher si on est 4 ou 5.

J'ai vraiment apprécié notre petit périple dans la cité des Doges et j'espère ne pas attendre à nouveau 29 ans pour y retourner. D'après mes souvenirs, la ville n'avait pas changé. Certains bâtiments sont délabrés et d'autres auraient besoin d'être nettoyés, mais dans l'ensemble, avec le soleil radieux et le ciel bleu dont on a bénéficié, Venise m'a paru très belle.

Voici quelques photos.

Place Saint-Marc

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Le pont des Soupirs

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Le grand Canal

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Promenade en gondole sur le grand Canal

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Le pont du Rialto

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Les maîtres verriers

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Une place dans le ghetto juif

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Façade du théâtre de La Fenice

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(1) je n'aurais jamais dû écrire "des handicapés en voitures d'infirmes" comme me l'a fait remarquer "mémé du net" ci-dessous.

(2) pour répondre à ideyvonne

13 août 2021

Secouez la neige... - Alain Rémond

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Dans une des bibliothèques parisiennes que je fréquente, mon oeil a été attiré par un petit livre de 76 pages (éditions des Busclats) écrit par Alain Rémond qui ne publie pas beaucoup, et ce fut un plaisir de découvrir à nouveau sa prose puisqu'il n'écrit plus de chroniques dans des journaux depuis quelques années. Il avait publié seulement deux livres depuis Les romans n'intéressent pas les voleurs que j'avais chroniqué début 2008.

Avec Secouez la neige..., on fait la connaissance de Jérôme Epilogue, qui apprend par son smartphone que Brigitte, son amoureuse depuis six ans, le quitte. Lui est bouleversé. "Quoi? j'ai dit à mon téléphone.... - On ne quitte pas quelqu'un par téléphone, j'ai dit à Brigitte, surtout si c'est sérieusement. Mais Brigitte s'en foutait complètement, que ce soit au téléphone ou quoi que ce soit." (p7).

Jérôme avait connu Brigitte à la banque de Romorantin dans laquelle il travaillait. Elle avait rendez-vous avec Mme Arsenaut, la chef de Jérôme. Une vraie peau de vache selon Jérôme, qui ne comprenait pas comment une aussi belle jeune femme blonde aux longues jambes pouvait avoir rendez-vous avec Mme Arsenaut. Avec un grand sourire, Brigitte lui répondit : C'est ma mère. Jérôme en était resté comme deux ronds de flan. 

Le dialogue au téléphone continue et on apprend pourquoi Brigitte veut quitter Jérôme même si elle l'aime toujours. Comme indice, je vous dévoilerai que Jérôme a un homonyme, pilote automobile.

Le titre et la photo du livre se réfèrent au seul objet que Brigitte a laissé à Jérôme après qu'elle ait pris toutes ses affaires : une boule de neige avec un couple d'esquimaux qui se font le baiser du papillon quand on la secoue.

C'est un livre qui se lit très agréablement. Alain Rémond dédie ce livre à "l'inventeur du smartphone sans qui ce livre n'aurait jamais existé."

22 juillet 2021

Le bonheur est au fond du couloir à gauche - J.M. Erre

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En cette période estivale mais un peu morose, je vous conseille de lire les 181 pages de Le bonheur est au fond du couloir à gauche de J.M. Erre (Editions Buchet Chastel), un écrivain que je lis avec délectation depuis Série Z en 2010. Dans ce roman, le narrateur s'appelle Michel H. (comme Michel Houellebecq), son auteur de chevet. Depuis sa naissance, Michel est sujet à des troubles de l'humeur. Cela s'est passé lors de la première tétée. "Il paraît que je refusais obstinément de prendre le sein, sans doute par volonté de boycotter l'hypocrite pot de bienvenue offert après mon expulsion sauvage". Le roman débute quand Michel a 25 ans. Il vient d'être quitté par sa copine Bérénice (qui revient quelques minutes plus tard pour récupérer son Camus L'Etranger). En partant, elle l'a traité de "taré". Dès que l'on frappe à la porte de son studio, Michel croit que Bérénice revient. Mais non, c'est son voisin, Monsieur Patusse, qui lui demande de ne pas claquer les portes, surtout un dimanche matin quand les gens ont besoin de se reposer après une semaine de travail, pour ceux qui travaillent bien sûr. Michel saisit l'allusion, lui qui "n'exerce pour l'heure nulle activité salariée destinée à m'épanouir socialement trente-cinq heures par semaine, ... à cotiser cent soixante-douze trimestres avant de mourir à taux plein, mais je tiens à à rassurer mon voisin: cet état n'est que provisoire". Il tranquillise Monsieur Patusse, les portes ne claqueront plus, car Bérénice l'a quitté. Selon Houellebecq, il y a une impossibilité ontologique d'une relation de couple satisfaisante et pérenne. On peut estimer les chances d'un retour de Bérénice entre le peu probable et le carrément foutu. Le narrateur conseille aux personnes traversant des moments de déprime de visionner les vidéos de meetings électoraux. En particulier les discours des candidats à la présidentielle. Et dans les moments les plus noirs, il n'y a qu'un qui lui apporte du réconfort. Le jeune président aux dents du bonheur qui annonçait l'arrivée du nouveau monde pendant la campagne de 2017. Le remède ultime. Emmanuel. Dont le sens littéral est "Dieu est avec nous". Michel considère qu'après vingt-cinq ans de vie en forme de malentendu, l'heure est venue de poser un acte fort. Cette fois, c'est décidé: je vais me suicider. Mais avant cela, il est tout de même décidé à reconquérir Bérénice en lisant des traités de développement personnel. Je m'arrête là. Le roman est très amusant de bout en bout. J.M. Erre a le sens de la formule qui fait du bien. Un remède contre la tristesse. Vous pouvez lire tous les romans précédents de J.M. Erre sans modération. Mes billets ici, ici, ici et là. Lire les billets de Pierre D, Cathulu et Titine.

2 juin 2011

Le caveau de famille - Katarina Mazetti

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Le caveau de famille de Katarina Mazetti, publié aux Editions Gaïa, est la suite du Mec de la tombe d'à côté. D'ailleurs, il y a un résumé de ce roman au début du Caveau de famille. On y retrouve Désirée et Benny qu'on va suivre pendant sept ans. En effet, non seulement ils ne se séparent pas (comme on pouvait penser à la fin du Mec...) mais leur liaison perdure. Après quelques essais infructueux, Désirée tombe enfin enceinte. Un garçon, Arvid, voit le jour. Désirée et Benny en profitent pour officialiser leur union en se mariant. Désirée s'installe à la ferme même si elle continue (au début) à aller travailler à la bibliothèque. Un deuxième garçon ne tarde pas à venir au monde ainsi qu'une troisième qui va naître (après un avortement) et quand le roman se termine, un quatrième n'est pas exclu. L'histoire peut sembler répétitive de prime abord, pourtant, j'ai suivi avec plaisir les (més)aventures de ce couple attachant qui n'a pas toujours une vie facile et se chamaille souvent. Concernant Désirée, on ne s'improvise pas fermière du jour au lendemain. Mais des amis proches les soutiennent. Je ne m'attendais à rien d'exceptionnel, mais j'ai passé un excellent moment de lecture (et mon ami aussi, je pense).

12 septembre 2011

Lieu de villégiature - Saint-Jean de Luz

Hé oui, comme Saxaoul, Alain et quelques autres l'avaient deviné, j'ai passé une semaine à Saint-Jean de Luz (Lohizune ou Lohitzun ["lieu boueux"] en langue basque) au pays Basque. Située à 10 km de la frontière espagnole, Saint-Jean de Luz est une agréable petite ville qui a gardé beaucoup de cachet avec son église Saint-Jean-Baptiste (où se sont mariés Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, le 9 juin 1660). Les rues sont bordées de jolies maisons basques assez bien conservées dans l'ensemble. Saint-Jean de Luz a une très grande plage de sable. C'est une baie cernée par 3 digues entretenues et conservées grâce à l'immersion régulière de blocs de béton. La technique est la même depuis le XIXème siècle. Saint-Jean de Luz, comme tout le pays basque, est attachée à ses traditions culinaires (fabrication et vente de macarons, mouchous - genre de macaron riche en amandes et pauvre en sucres - et chocolats) et sportives (pelote basque). Saint-Jean de Luz dispose d'un petit port sympathique qui fait face à Ciboure où se trouve la maison natale de Maurice Ravel. C'est la 3ème fois que j'y vais en vacances, et c'est chaque fois un plaisir renouvelé de rester dans cette jolie ville entre mer et montagne (La Rhune).

P1020524 Une rue. P1020498 La rue Gambetta (rue très commerçante).

  P1020522  La maison "Louis XIV".

P1020519  P1020520Voici la librairie "Le 5ème art" ouverte en novembre 2010 (rue Martin de Sopite) où une jeune femme pleine d'enthousiasme souhaite faire partager ses coups de coeur. Elle m'a dit que sa librairie "marchait" bien. Elle souhaite faire des mois à thème (Le Japon par exemple). Elle organise des ventes dédicaces. C'est un endroit vaste et clair. Je lui souhaite tous mes voeux de réussite.

P1020518 La maison natale de Maurice Ravel à Ciboure. Le temps du week-end des 3 et 4 septembre fut exécrable (malheureusement).

  P1020510 Ciboure vu du port de Saint-Jean de Luz.

P1020504 La maison de l'Infante.

P1020473  L'intérieur de l'église Saint-Jean-Baptiste.

4 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (5)

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Pour une fois, je déroge à mes habitudes de blog sans photos, car je voulais montrer celle ci-dessus, prise à l'extrême pointe est de la Gaspésie. Je l'aime beaucoup, je l'ai prise à un matin, à 06h45. J'apprécie quand le ciel se pare de teintes orangées, comme en témoigne mon unique "photo de blog" (en haut à gauche). Ici, c'est le rocher percé. Il se trouve dans le Golfe du Saint Laurent face à la ville de Percé et dans la continuation, à droite de la photo, se trouve l'île Bonaventure (où nichent les fous de Bassan).
Je l'ai contourné en bateau. Ce bloc de calcaire a 375 millions d'années (ère du Dévonien), il s'est formé sous la mer et était rattaché à la terre ferme. Le petit bout que l'on voit à droite était relié au reste du rocher par une arche qui s'est effondrée le 17 juin 1845. L'arche qui reste devrait s'écrouler dans 400 ans (selon Wikipedia) ou dans 40 000 ans selon la guide. De toute façon, on ne sera pas là pour le voir...

23 février 2024

Ce que je sais de toi - Eric Chacour

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Je remercie à nouveau Luocine pour avoir donné un très bon conseil de lecture avec Ce que je sais de toi d'Eric Chacour, un premier roman (Edition Philippe Rey, 300 pages magnifiques). Le récit se divise en trois : Toi, Moi et un épilogue appelé Nous. En 1974, Tarek, un homme de 25 ans issu d'une famille chrétienne du Caire, vient de perdre son père qui était médecin. Tarek est devenu aussi médecin. Il vit entouré de femmes : sa mère, sa soeur de deux ans plus jeune et une domestique, Fatheya, une sacrée personnalité et la confidente des secrets de famille. Et puis, il va se marier avec Mira, une jeune femme de bonne famille. En 1981, Tarek va développer un dispensaire à l'abandon dans un quartier défavorisé, le Moquattam. Il reçoit beaucoup de patients et en particulier, un, Ali, 16 ans dont la mère souffre d'un mal incurable. Il ne va pas tarder à découvrir la profession du jeune homme mais Tarek n'y attache pas trop d'importance car il est très attiré par ce garçon. Et malgré les quolibets, Tarek va engager Ali pour l'aider avant ce dernier ne disparaisse. On le dit mort. Tarek, désespéré, émigre au Canada en laissant tout derrière lui, mère, soeur et épouse. J'ai été sensible à la très belle écriture et à l'histoire. Je vous laisse découvrir qui est le narrateur, le "Moi". Le récit se termine en 2001. Un très beau roman que je vous conseille. Tout comme Gambadou, Bernie et Mademoisellelit ainsi que Ritournelle.

1 décembre 2023

Le festin - Margaret Kennedy

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J'ai terminé récemment un roman de Margareth Kennedy (1896-1967), Le festin (Folio Edition, 550 pages), après avoir lu quelques billets à son sujet sur les blogs. Le roman est un long flashback qui se passe en 1947 sur une semaine en Angleterre. Quand l'histoire commence, on a appris que 7 résidents sur 23 d'un hôtel en bord de mer ont péri dans l'éboulement d'une falaise. L'hôtel a disparu. C'est grâce à un repas (un festin) organisé par trois jeunes filles qu'il y aura 16 survivants. La tragédie finale est décrite dans les trois dernière pages. Le reste du roman nous permet de faire connaissance de différents personnages plus ou moins sympathiques pendant une semaine. En 1947, il y a encore des restrictions alimentaires à la sortie de la guerre. L'hôtel est tenu par un couple, les Siddal, qui ont trois fils. Parmi les résidents, il y a la famille Gifford, les parents et les quatre enfants. La mère est souffrante et tyrannique tout comme Mrs Cove, une femmes très antipathique qui a trois filles. Il y aussi un couple, les Paley et un chanoine autoritaire avec sa fille, une gouvernante et une femme de ménage. Au fur et à mesure, on découvre le comportement et le caractère des différents protagonistes, les intrigues, les clans qui se forment. L'humanité dans toute sa splendeur et ce n'est pas toujours glorieux. Si on a bien suivi toutes les péripéties juste avant le drame, on devine qui sont les victimes car Margaret Kennedy ne fait pas une liste exhaustive. Personnellement, j'ai aimé le roman mais sur la fin, je me suis un peu désintéressée de ce qui arrive aux personnages. J'ai été frustrée par cette fin mais à lire quand même. Lire les billets de Titine, Shangols, Lecturissime, Mumu dans le bocage, Mademoiselle lit, Ceciloule-Pamolico, Baz'art, Nyctalopes, Alex-mot-à-mots, Keisha.

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Nota: mon ami ta d loi du cine et moi, nous sommes exaspérés par des "écrans publicitaires" qui s'affichent maintenant en fenêtre pleine page à chaque fois que l'on clique sur un "lien interne" sur le blog. Pour voir la page souhaitée, ou même pour accéder aux commentaires, il suffit de, mais il est nécessaire de, revenir en arrière, puis recliquer... Nous sommes sûrs que cela nous fait "perdre" tous les blogueurs autres que les "habitués": ils ne doivent même pas prendre la peine de "revenir en arrière" et de ré-essayer (ou bien ils ne connaissent même pas la manoeuvre...). Et, aux dernières nouvelles, cela ferait parfois la même chose chez over-blog que chez canalblog?

3 janvier 2023

Le royaume désuni - Jonathan Coe

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J'ai terminé mon année de lecture 2022 avec le nouveau roman de Jonathan Coe, Le royaume désuni (Edition Gallimard, 484 pages). Je pense qu'il est assez autobiographique par certains aspects, même si, dans la postface, notre auteur dit bien que seule Mary Lamb, le personnage de la mère, s'inspire de la propre mère de Jonathan Coe et que les autres personnages sont de la pure fiction. Soit. En tout cas, l'histoire se passe à Birmingham (ville natale de l'écrivain) et dans sa région. Il s'agit d'une fresque familiale qui se déroule sur 75 an,s entre le 8 mai 1945 et mai 2020. Mary Lamb, qui a 10 ans en 1945, mourra 75 ans plus tard, toute seule et sans les soins auxquels elle aurait pu avoir droit s'il n'y avait pas eu le Covid 19. Le roman est découpé en sept grandes parties: 8 mai 45, le couronnement de la reine Elisabeth en 1953, la finale de coupe du monde de football en 1966 où l'Angleterre a gagné contre l'Allemagne de l'Ouest, l'investiture de Charles comme prince de Galles en 1969, le mariage de Charles et Diana en 1981, les funérailles de la princesse Diana en 1997 et enfin les 75 ans du Jour de la victoire, le 8 mai 2020. Pendant ces 75 ans, la famille Lamb aura vécu les aléas de la politique anglaise jusqu'au Brexit. Mary aura trois fils, dont Martin qui travaillera dans l'usine des chocolats Cadbury (fondé en 1826). Il est en effet pas mal question de chocolat dans le roman. Le chocolat anglais qui contient plus de graisse que de cacao aura beaucoup de mal à s'imposer dans l'Union européenne. Le troisième fils de Mary est un musicien doué passionné de la musique de Messiaen. Le premier fils, Jack, s'est spécialisé dans la vente de voitures de luxe. Jonathan Coe s'est surtout focalisé sur Mary Lamb, une femme qui aimait la vitesse et qui s'est beaucoup occupée de ses trois fils pendant que son mari Geoffrey est devenu directeur de banque. Lors du couronnement de la reine Elisabeth, la télévision est entrée dans les foyers. C'était une révolution. Selon les événements, les membres de la famille Lamb se disputent, car chaque événément ne passionne pas tout le monde, par exemple le football. En revanche, la mort de la "princesse du peuple" a beaucoup ému. La sortie des films de James Bond permet une sortie familiale. Jonathan Coe n'a évidemment pas évoqué le décès la reine Elizabeth. Il a écrit son roman avant. Cela aurait permis une vraie fin à ce roman qui se lit très agréablement. 

PS: en lisant les commentaires des blogueuses, je vois que je n'ai pas dû montrer assez mon enthousiame sur ce roman. Je l'écris haut et fort, c'est un très bon roman que je conseille. Jonathan Coe est un formidable narrateur qui met en lumière plein de personnages attachants. 

28 décembre 2020

Coquelicot et autres mots que j'aime - Anne Sylvestre

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Je sais que Noël est passé mais si vous voulez faire un joli cadeau à des gens que vous aimez, je conseille de vous procurer Coquelicot et autre mots que j'aime (Editions Points, 215 pages). Je n'étais pas familière des chansons d'Anne Sylvestre mais avec ce livre, je me suis rendue compte que Mme Sylvestre avait une jolie plume et qu'elle aimait les mots pour eux-mêmes, leur signification et ce qu'ils lui rappelaient de sa vie, en particulier son enfance en Bourgogne. Il y a environ 90 mots: verbes, noms communs, préposition (Hormis) et adverbe (Pourtant). Pour "Escogriffe", elle raconte qu'elle n'en connaissait pas de petit. L'expression courante est "un grand escogriffe" comme l'était le cher Jacques Brel. Elle nous dit aussi que quand elle était petite, elle aimait l'"édredon" de son lit même si désormais, elle est adepte de la couette. Elle décortique ce mot ("E-dre-don", ce "é" ouvert comme un bâillement, dre-don, deux fois le "d", consonance douce et délicate, dre-don, dre-don, comme un ronronnement, un fredon, une berceuse). L'édredon était gros, rebondi, lourd même s'il était rempli de plumes. (En Bourgogne, on l'appelait un "plumon"), il venait par-dessus en plus des couvertures bordées pour mieux nous clouer, nous condamner à sa chaleur... (p.49 et 50) Pour "Frangipane", elle nous annonce, que "des mots existent que l'on doit expliquer, recoiffer, mettre en scène avant de les présenter... "Frangipane", lui, n'est pas de ceux-là. Il vous saute aux narines et au palais, sans ambages, il éclate de sucre, d'amandes et de fleur d'oranger, se faufile sous les croustillances, se cache sous les pâtes quadrillées qu'on effeuille, il vous enrobe, ou mieux vous remplace le coeur, et le sourire qu'il vous façonne ferait penser au paradis s'il existait" (p.57).

Tout l'ouvrage est de cette qualité. C'est un très bel hommage à la langue française. Merci Mme Sylvestre.

30 mai 2020

Le cafard - Ian McEwan

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Dans ma librairie de quartier, je suis tombée sur un petit ouvrage qui vient de paraître et qui a été écrit par un des mes écrivains favoris: Ian McEwan. C'est une "novella", une longue nouvelle. Dans son introduction, McEwan avoue qu'il est consterné par la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne. Il apparente le Brexit à un cafard. Pour écrire cette novella, il a pensé à La Métamorphose de Kafka mais plus encore à Jonathan Swift et à sa Modeste proposition qui date de 1729, où il était question de manger des nourrissons pour réduire la famine qui sévissait en Irlande à cette époque. Dans Le cafard (Editions Gallimard, 152 pages), point de cannibalisme, mais il s'agit de l'histoire, dans un futur très proche, de plusieurs cafards qui se réveillent un matin dans les corps de différents membres du gouvernement britannique, dont le Premier ministre, Jim Sams. Quand il se réveille dans son costume d'humain, Jim doit assister au Conseil des ministres. Il est considéré comme un Continualiste tiède, alors que sa volonté est de porter la "voix du peuple" et d'imposer le Réversalisme. Son conseiller n'est pas d'accord, Sams va le virer sur le champ. Je vais vous dire en deux mots ce qu'est le Réversalisme : c'est l'inversion du sens de circulation de l'argent. "Une employée remettra à sa firme une somme correspondant à toutes ses heures de dur labeur. Mais quand elle ira dans les magasins, elle recevra un compensation généreuse, équivalant au prix de vente de chaque article qu'elle emportera. La loi lui interdisant d'amasser de l'argent liquide, celui qu'elle déposera à la banque après sa journée exténuante dans une galerie marchande sera placé à des taux fortement négatifs. Avant que ses économies ne soient réduites à néant, elle aura donc la sagesse de chercher un emploi plus cher, ou de se former dans ce but... Un propriétaire devra inlassablement acheter des produits manufacturés pour pouvoir payer ses locataires..." (p.54).

Cette politique plus ou moins utopique doit être votée, et Sams trouve un soutien dans la personne du président américain, Archie Tupper (un cafard, lui aussi). En revanche, les adversaires sont nombreux à cette politique du ROC (Réversalisme Orthodoxe Contre tous), dont la Chancelière allemande qui lui demande "Warum" et Sims lui répond "Parce que". Cette nouvelle qui se termine bien se lit agréablement.

14 septembre 2016

Rentrée littéraire 2016

Une fois de plus, la rentrée littéraire 2016 offre des tentations de lecture alors que mes PAL débordent et que j'ai aussi emprunté des romans en bibliothèque. D'autres font des boulimies de nourriture, moi, je me drogue à l'achat compulsif. Je me fais un challenge à moi-même de lire les cinq romans suivants d'ici fin octobre.

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Ada d'Antoine Bello car j'aime cet écrivain et je n'ai rien lu à propos de ce roman sauf celui d'Alex-mot-à-mots. Cela m'intrigue. [chroniqué le 20/09/2016]

Tabou de Ferdinand Von Schirach [chroniqué le 19/12/2016] car j'ai lu ses nouvelles et son roman L'affaire Collini.

Judas d'Amos Oz car j'en ai entendu parler et parce que eeguab et miriam en ont dit du bien. [chroniqué le 29/09/2016]

La double vie de Jesús d'Enrique Serna qui est vivement conseillé par Simone et par une jeune libraire de province où je me rends régulièrement. [chroniqué le 10/11/2016]

L'échange d'Eugenia Almeida est aussi un conseil de cette même libraire. [chroniqué le 10/11/2016]

Et pour vous, qu'en est-il?

21 juin 2016

Spooner - Pete Dexter

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J'ai emprunté ce roman dans la nouvelle bibliothèque de la Canopée, aux Halles, à Paris. J'ai été attirée par le "papillon" jaune entre deux pages demandant au lecteur de donner son avis sur ce roman. En un mot: enthousiasmant. Ce roman avec des parties autobiographiques m'a emballée. Spooner (Editions de l'Olivier, 546 pages), paru en 2011, narre l'histoire de Warren Spooner sur plus de 40 ans, de sa naissance à l'âge adulte. Dès sa naissance, Spooner a mis sa maman Lily à rude épreuve. L'accouchement a en effet duré 56 heures! Il est sorti peu de temps après Clifford, son frère jumeau mort-né. Spooner n'a pas connu son père mort peu de temps après sa naissance, mais il a eu la chance d'avoir un beau-père assez exceptionnel en la personne de Calmer Ottosson, ancien officier de marine qui s'interrogera longtemps sur le comportement de Spooner, toujours prêt à faire de grosses bétises: faire pipi dans les chaussures du voisin par exemple. Mais Spooner est un personnage très attachant, et on n'arrive pas à lui en vouloir. La maman, Lily, une démocrate convaincue, a souffert de crise d'asthme et d'allergies jusqu'à sa mort. Doué pour le base-ball mais gravement blessé et couturé de partout, Spooner deviendra journaliste. J'ai tout de suite aimé le style et le grand sens de la narration de ce roman souvent drôle que je recommande chaudement, tout comme Carmadou. Des romans comme celui-ci, j'en redemande.

6 juillet 2016

Brillante - Stéphanie Dufays

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Grâce à Keisha, je viens de terminer Brillante (Mercure de France, 185 pages), un premier roman écrit par une haut fonctionnaire dans les affaires sociales. L'histoire est celle de Claire Vermont, qui forme un beau couple avec Antonin. Ce dernier travaille dans la finance. Ils ont tous les deux la trentaine. Diplômée d'une Grande Ecole, Claire a été embauchée chez Nutribel, une entreprise agro-alimentaire parmi les plus performantes. "Travailler chez Nutribel, c'est plus qu'un métier, c'est un style de vie. Nutribel considère que ses collaborateurs, c'est sa force". Claire semble heureuse dans cette société dans laquelle elle occupe un poste comme chef de produit développement. Elle travaille en collaboration étroite avec sa chef Corinne qui partage sa même vision des choses. Or un jour, insidieusement et assez rapidement, Claire sent que quelque chose ne va pas: sa chef l'évite, Claire rate une présentation sur une boisson énergisante, on ne lui confie plus rien. Elle se retrouve "placardisée" sans comprendre ce qui lui est arrivé. Claire, jeune femme brillante, a fait un "burn out". La fin du roman laisse présager que les choses ne vont pas forcément s'arranger pour Claire. Un roman bien construit et bien écrit qui m'a plu.

2 avril 2016

Tout dort paisiblement sauf l'amour - Claude Pujade-Renaud

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Pour avoir beaucoup aimé Dans l'ombre de la lumière de Claude Pujade-Renaud,  je me suis précipitée sur le nouveau livre de la romancière et je n'ai pas été déçue par ma lecture. Tout dort paisiblement sauf l'amour (Actes Sud, 296 pages) est un roman que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. C'est léger et profond à la fois. Regine Olsen est la voix principale de ce roman dont l'histoire se déroule sur plus de 50 ans. On entend aussi Frederik Schleger, le mari de Regine, ainsi qu'Henrik et Henriette Lund. Ce livre évoque, par la voix de ces personnages qui ont existé, celui qui fut un grand philosophe et théologien protestant du XIXème siècle: le Danois Søren Kierkegaard (1813-1855). Le roman commence justement en 1855, lorsque Regine Schleger née Olsen (mariée à Frederik qui fut gouverneur des Antilles danoises) apprend la nouvelle du décès de celui qui fut quinze ans auparavant son fiancé pendant très peu de temps. Kierkegaard rompit les fiançailles avec elle en lui renvoyant son anneau de fiançailles. Regine, sous la plume de l'écrivain, apparaît comme un personnage lumineux et sympathique n'ayant aucune rancoeur envers son ex-fiancé, bien au contraire. Elle a passé une grande partie de sa vie à essayer de comprendre les motivations de Kierkegaard, personnage complexe qui a philosophé sur l'existence et la subjectivité de la vie humaine. Henrik et Henriette Lund étaient les neveux de Søren Kierkegaard. Un très beau roman que je recommande. Le titre du roman est une phrase de Kierkegaard.

23 février 2016

Envoyée spéciale - Jean Echenoz

Entre deux séances de cinéma (dejà 21 films vus depuis le début de l'année), je n'arrête pas de lire. Et quel plaisir quand le roman est réussi.

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Envoyée spéciale (Editons de minuit, 310 pages très plaisantes) a déjà été pas mal chroniqué sur les blogs et j'ai lu et entendu beaucoup de bien à son sujet. Je me joins au choeur pour dire que le roman de Jean Echenoz est très réussi. En ce qui concerne le titre, je l'ai trouvé trompeur. Je m'attendais à une histoire sur une journaliste. Et bien pas vraiment, il s'agirait plutôt d'un pastiche de roman d'espionnage dans lequel Constance, une jeune femme oisive vivant près du Trocadéro à Paris, est enlevée et séquestrée dans la Creuse par deux geôliers avec qui elle sympathise. Elle est coupée du monde mais cela n'a pas l'air de la perturber. Elle ne sait même pas si son mari (compositeur d'une unique chanson à succès) s'inquiète pour elle. Après quelques semaines à l'isolement, elle sera envoyée par avion en première classe en Corée du Sud avant de se diriger dans la partie nord, où elle est chargée de séduire un proche du dictateur. Elle doit déstabiliser la Corée du Nord (rien que ça). Constance a été choisie un peu par hasard par quelques membres des services secrets français pour cette opération. Avant d'en arriver là, on fait la connaissance de quelques personnages singuliers dont le mari de Constance, Louis-Charles Coste alias Lou Tausk. Nous avons aussi l'avocat Georges-Hubert Coste, le demi-frère de Louis-Charles et un certain Clément Pognel qui a purgé une longue peine de prison pour le casse d'une banque. Je n'oublie pas Biscuit plus tard rebaptisé Faust, un chien beagle qui connaitra une fin tragique (mais n'anticipons pas). Je n'en dirai pas plus sur l'histoire dont le déroulement est d'une grande précision.
Lire ce roman est surtout l'occasion d'admirer l'écriture d'Echenoz. Les phrases sont ciselées. Je vous livre un petit exemple où perce une certaine cruauté: "C'était pas mal pour deux [il s'agit d'un appartement], et même pour trois en comptant le chien tatoué sur l'avant-bras de Marie-Odile, né de mère Beagle et de père inconnu, nommé Biscuit et avec qui Pognel s'est tout de suite entendu. Biscuit tenait beaucoup de la race de sa mère: petit gabarit, bien proportionné, caractère affectueux, tempérament docile et santé sans problèmes, bref autant de traits qui font, de cette marque de chiens, d'idéaux animaux de compagnie mais aussi de parfaits cobayes pour les laboratoires" (page 100).

Lire les billets de Zazy et Clara.

17 août 2015

Retour de ma pause vacancière

Du 9 au 14 août 2015, mon ami et moi sommes partis en direction du Lot avec un arrêt à Cahors, puis nous nous sommes dirigés dans l'Aude vers Carcassonne, avant de continuer dans le Tarn à Albi. Entretemps, nous avons fait une halte toujours dans l'Aude au château de Saissac et à Montolieu, un des "villages du livre" que l'on trouve en France. Avant de repartir à Paris, nous avons fait une mini-étape en Dordogne, à Sarlat où la pluie fut au rendez-vous, de même que dans le joli village de Domme à 12 km de Sarlat. Nous avons avons bien apprécié ce voyage malgré la canicule les 3 premiers jours et le temps très maussade les deux dernières journées.

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Cahors qui est bâtie sur une presqu'ile sur le Lot est célèbre pour son pont fortifié, le pont Valentré, l'un des rares encore existants, bâti au XIVème siècle et restauré au XIXème.

P1020157  P1020159

P1020148 La maison Henri IV sur les bords du Lot

P1020145 Une façade de maison.

 

P1020137 La cathédrale  P1020140 Le cloître de la cathédrale

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Carcassonne et sa célèbre cité (ville haute) féodale à double enceinte, dont une partie remonte à la période gallo-romaine.

P1020163  P1020165  P1020171 

P1020175  P1020176   P1020177  P1020178  P1020182  P1020180  Si la Cité de Carcassonne existe encore c'est grâce à un archéologue du XIXème siècle, Jean-Pierre Cros-Meyrevieille, qui a réussi à faire annuler l'avis de destruction de la Cité (qui était dans un état pitoyable). Viollet-Leduc a contribué à sa restauration (et pourtant que de critiques et controverses). Les travaux de restauration ont duré 50 ans.

P1020183 Vue de la ville basse de Carcassonne.

  P1020173 L'un des deux ponts reliant la ville basse à la Cité.

 

Suite de la visite demain.

30 août 2013

Prix du roman Fnac 2013

Hier soir, jeudi 29 août 2013, j'ai assisté à la remise du prix du roman Fnac qui se passait à Paris, au Théâtre du Châtelet, au 4ème étage dans un espace pas assez grand pour le grand nombre d'invités; mais il y avait une terrasse d'où l'on a une belle vue sur la Tour Saint-Jacques, le Théâtre de la Ville, les tours de Notre-Dame. Il a fallu attendre une heure un quart debout pour avoir le nom du gagnant (de la gagnante), Julie Bonnie, dont c'est le premier roman: Chambre 2 (Editions Belfond). Alexandre Beaupain a interprété deux chansons au piano, accompagné par une violoncelliste - j'avoue que je ne connais pas du tout cet artiste -. Tout de suite après, le nom de la lauréate a été annoncé par Claire Chazal. D'autres personnalités des média étaient présentes: Marc-Olivier Fogiel et Nicolas Demorand (il devait y en avoir d'autres). Tout ceci m'a paru trop "people" à mon goût, clinquant, très bruyant. Je m'attendais à autre chose pour une remise de prix littéraire, plus de simplicité, mais la lauréate était très très émue pendant son discours. L'histoire de son roman se passe dans une maternité avec les expériences que vivent plus ou moins bien les femmes devenues vulnérables après l'accouchement. Le roman semble assez autobiographique pour partie. En partant (j'ai quitté la cérémonie après avoir bu ma deuxième coupe de champagne), on avait droit au roman en version numérique ou papier. J'ai pris la version papier. Et un roman de plus dans ma PAL!

Voici quelques photos:

P1040457  La Seine et les Tours de Notre-Dame

P1040459 La Tour Saint-Jacques

P1040458  Théâtre de la Ville

P1040460 Le Tribunal de commerce

 

Je n'ai pas éprouvé le besoin de photographier Claire Chazal.

En revanche, voici la lauréate.

P1040477  P1040479

 

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