Le blog de Dasola
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27 octobre 2014

Le complexe d'Eden Bellwether - Benjamin Wood

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J'ai lu et terminé Le complexe d'Eden Bellwether de Benjamin Wood il y a presque un mois. J'avais récupéré un exemplaire lors de la remise du prix du roman Fnac 2014 puisque c'est lui qui a été récompensé. Il était l'un des trois finalistes avec le roman de Jean-Marie Blas de Roblès et celui de Nikolas Butler. Je n'ai pas encore lu ces deux derniers ouvrages.

En ce qui concerne Le complexe d'Eden Bellwether, j'ai trouvé agréable à lire ce premier roman (500 pages, Editions Zulma), mais j'avoue n'avoir été ni passionnée ni touchée par le sujet. On sait, dès le prologue, que l'histoire se termine mal. Eden est un jeune étudiant de Cambridge, musicien dans l'âme, qui vit avec sa soeur Iris (elle aussi musicienne) et ses parents dans une agréable demeure. Je n'ai pas trouvé sympathique ce jeune homme gâté, assez imbu de sa personne. Heureusement que, pour compenser, nous suivons le parcours d'un autre personnage essentiel de l'histoire: Oscar Lowe, un aide-soignant dans une maison de retraite, qui, un soir, attiré par un concert dans une chapelle, tombe sous le charme d'Iris et devient son petit ami. Oscar donne de l'humanité à cette histoire de musicothérapie et de folie qui ne m'a pas fait vibrer.

Lire les billets beaucoup plus enthousiastes d'Yv, de Clara, de Kathel (qui renvoie à d'autres blogs) et de Sandrine.

21 octobre 2022

Si nous avions su que nous l'aimions tant, nous l'aurions aimé davantage - Thierry Frémaux

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Pendant un voyage entre Paris et Limoges, j'ai lu ce bel hommage de Thierry Frémaux (Directeur de l'Institut Lumière à Lyon et Délégué général du Festival de Cannes), Si nous avions su que nous l'aimions tant, nous l'aurions aimé davantage (Editions Grasset, 211 pages) à son ami Bertrand Tavernier, disparu en mars 2021 à presque 80 ans. Ce n'est pas une hagiographie sur le cinéaste mais un portrait plein d'admiration pour un homme qui était un vrai passionné de cinéma, qui ne vivait que pour le 7ème art. Thierry Frémaux, un Lyonnais comme Bertrand Tavernier, a rencontré BT en 1982. Thierry Frémaux évoque les allers-retours que Tavernier faisait entre Paris et Lyon, la création de l'Institut Lumière, les voyages que Tavernier faisait aux Etats-Unis afin de rencontrer des réalisateurs, le public, des universitaires, des critiques de cinéma. Tavernier était un puits de science en ce qui concerne le cinéma américain et français. Il évoquait avec ferveur des cinéastes des années 30 et 40 complètement oubliés. Il n'arrêtait pas de travailler, d'écrire, de découvrir des "vieux films". Je rappelle qu'il a écrit plusieurs livres sur le cinéma américain. Et dans les dernières années, il a fait un documentaire de plus de trois heures, Voyage à travers le cinéma français, que je dois voir. Thierry Frémaux s'attarde sur les détracteurs de Tavernier, il revient sur la nécrologie écrite par Libération (pas très gentille) au lendemain de la mort du cinéaste. Tavernier n'était pas un réalisateur de la "Nouvelle Vague", il avait dix ans de moins que Truffaut, Chabrol, Godard, ou vingt ans de moins que Rohmer ou Rivette et donc Les cahiers du cinéma adorait détester Tavernier. Frémaux évoque les nombreux films très différents qu'a réalisé Bertrand Tavernier. Quand on termine ce récit, on se sent un peu triste mais il donne envie de (re)voir les films du réalisateur. "Chacun est le conservateur de sa propre histoire, Bertrand l'aura fait comme peu de gens et il y procéda sans relâche. Je peux affirmer sans être contredit que personne ne saura plus ce qu'il a su, et que personne ne verra plus ce qu'il a vu. Ainsi va la vie sur terre, ce passage momentané qu'il aura marqué à sa manière, par des films, des livres, des émissions de radio, un blog opulent sur le site de la SACD où il démontre une double voracité de lecteur et de spectateur, d'innombrables bonus de DVD - 234 interventions dans la seule collection Sidonis pour Alain Carradore" (p.181). Le titre de l'ouvrage se réfère à une phrase de Frédéric Dard à propos de sa fille, "Si j'avais su que je l'aimais tant, je l'aurais aimé davantage" (p.208). A titre personnel, j'ai eu le plaisir de croiser Bertrand Tavernier lors d'une vente dédicace en décembre 2008 et je l'avais vu aussi dans un cinéma parisien lors d'une projection grand public. A priori, il payait sa place de cinéma. Un livre que je vous recommande.

28 février 2017

Le cas Malaussène 1 - Ils m'ont menti - Daniel Pennac

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Ca y est, je viens de terminer le premier tome de la nouvelle trilogie Malaussène, 18 ans après la parution du 6ème volume: Aux fruits de la passion en 1999.

Les 5 précédents avaient pour titre, pour ceux qui connaissent : Au bonheur des ogres (1985) La fée Carabine (1987), La Petite marchande de prose (1990), Monsieur Malaussène (1995), Des chrétiens et des maures (1996). C'est mon ami Ta d loi du cine qui me les avait fait connaître.

J'ai commencé (comme mon ami) par la fin, c'est-à-dire qu'il y a un répertoire à la fin du roman de tous les personnages vivants, fictifs ou morts qui apparaissent dans les romans précédents ou dans ce nouvel opus. Je vous conseille de faire de même car même si j'ai lu les romans de Pennac il y a environ dix ans, j'ai beaucoup oublié et une piqûre de rappel est bienvenue.

On retrouve la tribu Malaussène au complet, de Benjamin (directeur littéraire aux éditions du Talion et bouc-émissaire à l'occasion) et Julie à Verdun devenue Juge d'instruction. Cette dernière est mariée à un boulanger, ancien juge lui-même. On retrouve même Julius le chien (enfin c'est un descendant de la troisième génération).

Georges Lapietà, un affairiste bien connu sur la place de Paris, vient d'être enlevé. Le rapport avec la famille Malaussène est que Maracuja, née dans Aux fruits de la passion, est tombée amoureuse de "TUC" (Travaux d'Utilité Collective), le fils unique de Lapiétà. Les kidnappeurs demandent comme rançon la somme, au cent près, reçue peu de temps auparavant par Lapietà pour avoir fait licencier 8302 personnes de l'entreprise LAVA.

Je ne vous dévoilerai pas plus l'intrigue de ce roman moins drôle que les précédents, et je n'ai pas retrouvé la verve stylistique sauf dans certains passages. Cela n'empêche pas que j'attends la suite, Leur très grande faute, avec intérêt.

12 octobre 2015

Fatima - Philippe Faucon

Fatima de Philippe Faucon m'a intéressée et touchée, et je vous le conseille rien que pour Soria Zeroual, une actrice non professionnelle très convaincante. Son personnage, Fatima, 44 ans, est une femme courageuse qui, à Lyon, ne vit que pour ses deux filles, Souad, 15 ans et Nesrine, 18 ans. Fatima ne parle pas bien le français. Elle ne le lit pas non plus malgré ses nombreuses années passées en France. Pour subvenir à ses besoins et à celles de ses filles, elle fait des heures de ménage parfois non déclarés. Souad, la plus jeune, en révolte, méprise sa mère de n'être qu'une femme de ménage. Nesrine, qui prépare des études de médecine, est plus charitable envers sa mère. Fatima tombe un jour dans l'escalier. Elle profite de son arrêt maladie pour écrire en arabe des choses qu'elle ne peut exprimer en français. J'ai aimé ce film de 1H20 car il n'y a rien de misérabiliste dans le propos. Il n'est fait allusion à aucune religion, quelle qu'elle soit. Fatima ne se plaint pas même si elle voudrait être plus proche de ses filles en apprenant le français. C'est un lourd handicap pour elle que de le méconnaître. Elle sent qu'elle ne vit pas dans le même monde que ses filles. J'ai beaucoup aimé la dernière séquence où Fatima revient au centre d'examen et arrive à déchiffrer le nom de sa fille qui a été reçue à l'examen. 

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10 avril 2013

Le carnet de la mathématicienne - Michelle Richmond / Autobiographie de la mort - Propos recueillis par George Pendle

Voici deux romans dont une autobiographie fictive surprenante.

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Je commence par le roman de Michelle Richmond, Le carnet de la mathématicienne (Editions Buchet-Chastel, 400 pages). C'est le troisième roman de cet écrivain traduit en français et le premier que je lis. Ce roman m'a procuré un agréable moment de lecture. Il y est un peu question de mathématiques (surtout de la conjecture de Goldbach: "tout nombre entier pair supérieur à 3 peut s’écrire comme la somme de deux nombres premiers"). Mais il s'agit surtout de l'enquête que mène, 20 ans après, Ellie Enderlin (elle travaille comme goûteuse de café dans une grande entreprise caféière) sur la mort de sa soeur, Lila, jeune et brillante mathématicienne. Le corps de cette dernière fut découvert recouvert de feuilles dans un bois. Cette enquête fait suite à la rencontre d'Ellie (au Nicaragua) avec Peter McConnell, amant de la jeune morte et qui fut soupçonné d'être responsable de sa mort sans qu'il y ait eu de preuve tangible. C'est un roman très facile à lire, écrit à la première personne, Ellie étant la narratrice. L'écrivain nous tient en haleine jusqu'au bout. A ce jour, la conjecture de Goldbach fait partie des assertions mathématiques non démontrées.

 

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Maintenant, voici Autobiographie de la mort (Editions Rivages, 400 pages), un ouvrage étonnant dans lequel la mort en personne se confie à George Pendle (un jeune écrivain anglais né en 1976). La mort n'est ni plus ni moins que l'enfant de Satan et du Péché. Je rappellerais aux non-anglicistes que la mort est un mot masculin en anglais. J'avoue que le début de l'ouvrage m'a fait un peu peur, je trouvais que cela partait dans tous les sens, cela m'a paru un peu délirant; et puis, à partir du moment où la mort croise le chemin de Dieu, des prophètes, de l'Archange Gabriel et même des humains, je me suis beaucoup distrait en sa compagnie. Ce n'est pas une sinécure d'être monsieur la mort, surtout quand il décide de sauver la vie de certaines créatures ou quand il tombe amoureux d'une certaine Maud. Ce roman est assez caustique et irrévérencieux et souvent drôle ("very british"). Il ne faut pas oublier que sans la vie, la mort n'existerait pas et inversement. Je vous conseille cette lecture.

20 mars 2013

Le monde à l'endroit - Ron Rash

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Le monde à l'endroit (Edition du Seuil, 280 pages) est le troisième roman de Ron Rash que je lis après Serena et Un pied au paradis. J'avoue avoir été un peu déçue, car l'histoire ne m'a pas passionnée. Dans les Appalaches (en Caroline du Nord), Travis Shelton, 17 ans, pêche à la mouche et tombe sur des pieds de marijuana qu'il vole dans le champ de Toomey, un propriétaire peu recommandable. Il lui en coûtera son tendon d'Achille. Le père de Travis, intransigeant, ne pardonne pas à son fils son comportement. Travis se réfugie chez Leonard, un dealer, ancien professeur, qui l'incite à passer un examen qui ressemble au baccalauréat. Mais Le monde à l'endroit raconte aussi un fait tragique de l'histoire des Etats-Unis qui s'est déroulé pendant la guerre de Sécession. Il y eut une tuerie à Shelton Laurel en 1863: des Confédérés ont tué une dizaine d'hommes dont trois adolescents qu'ils soupçonnaient de sympathies unionistes. Travis et quelques autres se trouvent être des descendants de certains protagonistes de cette tragédie. Entre chaque chapitre, il y a des extraits d'un journal qu'un médecin a tenu entre 1850 et 1863. J'ai été frappée par la précision des diagnostics et des remèdes de l'époque: c'est "ça passe ou ça casse". Ce médecin fut partie prenante dans ce qui s'est passé à Shelton Laurel. Ce sont, à mon avis, les passages les plus intéressants du roman. A vous de voir.

Lire les billets d'Aifelle et Keisha.

29 décembre 2012

Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka

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Je ne peux pas dire que ce roman ait été le coup de coeur attendu bien que ce fut le cas pour beaucoup d'autres blogueuses(eurs). Ma déception fut à la hauteur de mon attente. Et pourtant Julia Otsuka nous conte une tragédie qui ne peut qu'émouvoir. C'est l'emploi du "nous" collectif qui m'a gênée. Ce choeur de femmes japonaises m'a très peu touchée. Pendant 140 pages, on nous raconte le destin de plusieurs centaines de Japonaises. Après la première guerre mondiale, au début des années 20, des jeunes Japonaises âgées de 13 ans (!) à 30 ans quittent le Japon pour l'Amérique par bateau. Elles vont se marier en arrivant (elles ont été "vendues" par leur famille) à des Japonais qu'elles n'ont jamais vus auparavant. En peu de phrases, Julia Otsuka décrit les étapes de la vie de ces femmes déracinées et soumises, parfois violées (le soir des noces), pas très bien traitées en général, qui savent à peine parler anglais au bout de toute ces années. Après Pearl Harbour, le 6 décembre 1941, leur vie bascule dans une sorte de "Nuit et Brouillard": emmenées dans des sortes de camps d'internement, on perd leur trace.
Sur ce segment d'histoire, les Japonais aux Etats-Unis dans les années 40, je vous conseille un très bon film avec Dennis Quaid de 1990: Bienvenue au Paradis (Come See the Paradise) d'Alan Parker. C'est l'histoire d'un Américain, marié à une Japonaise, qui va tout faire pour la retrouver quand elle sera emmenée dans un camp dans les années 40.

Lire les billets enthousiastes de Dominique, Kathel, Yv et Philisine Cave, ainsi que ceux plus mitigés de Theoma et Une comète.

5 février 2012

Un homme de tempérament - David Lodge

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Je suis arrivée au bout des 700 pages de cette biographie romancée de H. G. Wells (1866-1946) parue aux Editions Rivages. On connait Herbert George Wells comme écrivain de romans d'anticipation ou fantastiques (La guerre des mondes, La machine à explorer le temps, L'homme invisible, L'île du Dr Moreau, etc.). Il a aussi écrit pas mal de romans de moeurs dans lesquels il s'inspire de sa vie et ou des personnes qui l'entourent. Grâce à ses romans et à ses articles journalistiques, Wells a bien vécu de sa plume. Mais David Lodge s'est surtout focalisé sur H. G Wells, grand séducteur (un "chaud-lapin"?), aimant le sexe qu'il considérait comme un sport pour exercer son corps plutôt que son esprit. Il connut des dizaines et des dizaines de femmes (du point de vue biblique), qui le plus souvent étaient moitié plus jeunes que lui. Ces relations étaient pour la plupart du temps des "passades" (en français dans le texte), mais pour certaines, ce fut de longues liaisons qui se terminaient plus ou moins bien. Rosamund Bland, Amber Reeves, Rebecca West (de 26 ans sa cadette), Elisabeth Von Arnim et quelques autres sont passées entre les bras du grand homme successivement ou simultanément. Marié et père de deux garçons, Wells prônait l'Amour Libre. Sa femme Amy Catherine (Jane - morte en 1927 mais dont il n'a jamais voulu divorcer) acceptait ces liaisons, souvent scandaleuses pour l'époque et qui auraient pu compromettre sa carrière littéraire. Le roman se présente pour partie comme une longue interview imaginaire de Wells quelques mois avant sa mort. Né dans le sud de Londres dans une famille pauvre de la moyenne bourgeoisie, Wells va parvenir à force de détermination et d'intelligence à faire des études littéraires et scientifiques. Sa mère rêvait qu'il devienne drapier, il deviendra célèbre et riche grâce à son talent d'écrivain. Adepte des idées socialistes qui prônaient une meilleure répartition des richesses, il adhéra à la Société fabienne (de centre gauche et à l'origine de la création du Parti travailliste) qu'il quitta par la suite. Il a cotoyé George Bernard Shaw, Joseph Conrad, Henry James, parmi les écrivains les plus connus. Il a aussi rencontré Lénine et Staline et Maxime Gorki grâce à qui il connut Moura Budberg, sa dernière maîtresse qui ne voulut jamais se marier avec lui. J'avoue que j'ai découvert un sacré personnage à la vie bien remplie. Je connais peu son oeuvre (sauf les titres cités). David Lodge nous résume quelques ouvrages. Je ne suis pas sûre d'avoir envie de les lire, ils me paraissent un peu datés. Contrairement aux oeuvres de pure fiction de David Lodge, Un homme de tempérament n'est pas humoristique du tout. Je n'arrive pas à savoir ce que Lodge pense de Wells. A vous de vous faire une opinion. Un roman que j'ai trouvé agréable à lire malgré sa longueur.

4 mars 2011

Voyage en Grèce

Vous avez dû vous rendre compte que j'avais fait moins de commentaires depuis une semaine chez mes fidèles blogueurs (euses). La raison en est que du 22 février au 2 mars, j'étais partie voyager en Grèce, plus précisément à Athènes et sur l'île de Naxos. Si vous voulez ne rencontrer aucun touriste, c'est la saison idéale. Avec mon ami et sa maman, nous étions sans doute les trois seuls touristes sur l'île, la plus grande des Cyclades. Pour commencer, après trois heures de vol, nous sommes arrivés à Athènes, ville polluée et bruyante où vivent des Athéniens accueillants et chaleureux. On ne peut pas en dire autant du temps plus qu'exécrable que nous avons subi pendant une semaine (sauf une journée): froid, vent (glacial), pluie et brouillard (à Naxos). J'ai revu le Parthénon sur la colline de l'Acropole, déambulé dans le quartier alentour et visité le nouveau musée de l'Acropole, une belle réalisation vaste et aérée qui rassemble les vestiges concernant le Parthénon avec des bouts de la frise que ne possède pas le British Museum. Une autre colline célèbre, faisant face à l'Acropole, vaut la promenade (sauf quand il tombe des trombes d'eau comme ce fut le cas lors de notre escapade). Il s'agit du mont Lycabette, où est érigée l'église Saint-Georges qui est toute blanche. On atteint le sommet du mont grâce à un téléphérique. Pour ceux qui aiment l'Antiquité, je vous conseille le musée archéologique d'Athènes où deux ou trois salles sont consacrées à la civilisation Mycénienne (1550 à 1100 avant JC) qui valent à elles seules le déplacement, avec entre autres merveilles le masque d'or dit "d'Agamemnon". Concernant les horaires d'ouverture, les musées ouvrent tôt (8H15 ou 8H30) et ferment très tôt (15H00), sauf le musée de l'Acropole qui ferme ses portes à 20H00.
Après avoir quitté Athènes et pris un ferry-boat (un bateau immense) au port du Pirée, nous avons atteint, après 5 heures de voyage, l'île de Naxos dont la ville principale est appelée indifféremment Naxos ou Chora. Là aussi, nous avons pu observer la gentillesse des Grecs. C'est dans cette île que se trouve une porte d'un temple dédié à Apollon et que l'on trouve des Kouros (la statue d'un jeune homme, datant de la période archaïque de la sculpture grecque de -650 à -500) inachevés, sculptés en marbre mais laissés sur place dans des carrières. Les villages que nous avons traversés en voiture n'étaient guère animés. Je garderai un souvenir mitigé de l'île à cause du temps, mais je compte bien y retourner à une autre saison plus clémente.

Voici quelques photos:

P1000960  Mont Lycabette

P1000971  Le Parthénon

P1000970  Cariatides de l'Erechthéion.

P1020014  Porte du temple attribué à Apollon à Naxos

P1020019  Le Kouros de Flerio avec sa jambe cassée à Naxos

P1020020  Le Kouros d'Apollona à Naxos

9 janvier 2012

1000ème billet: mon blog a 5 ans aujourd'hui

Et oui, aujourd'hui j'en suis à 1000 billet et 5 ans d'existence: je souhaite un bon anniversaire à ce blog qui me procure quelques souffrances (d'écriture) mais en même temps beaucoup de plaisir grâce à des blogueurs fidèles qui s'arrêtent sur mon blog et me laissent des commentaires. Je sais que c'est banal mais je voulais tout particulièrement remercier Aifelle, Dominique (à sauts et à gambades), Dominique (Nuagesetvent), Astrid, Mango, Maggie, Manu, Keisha, Alex-Mot-à-Mots, Alain (le cinéma d'), Alain (la mer pour horizon) Alex, Choupynette, Ffred, Wilyrah, Eeguab, Alice in oliver, Neil, Oriane, Tinalakiller, Nio (je ne peux pas citer tout le monde: voir les liens dans la colonne à droite) de leur fidélité sans faille. Depuis 5 ans ans, j'ai eu l'occasion de rencontrer avec beaucoup de plaisir 4 blogueuses: Aifelle, Coumarine, Nymphette et Astrid. Je voudrais aussi remercier ta d loi du cine, mon statisticien préféré sans qui j'aurais arrêté ce blog depuis longtemps. Car je le dis et le répète, c'est du boulot de tenir un blog, mais je continue pour l'instant.

Plutôt qu'un gâteau avec des bougies, j'ai préféré mettre une photo de mes livres, revues et photos de cinéma rangés comme j'ai pu. Cela représente un mur d'une pièce dans mon nouvel appartement où je me sens bien.

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Petits constats statistiques bruts signés ta d loi du cine (qui s'y est pris un peu tard):
"En 5 ans, donc, 1000 billets, plus de 9800 commentaires (à ce rythme, les 10 000 seront atteints en février) par près de 790 personnes différentes. Mais "seulement" un peu plus d'une centaine de nouveaux commentateurs en 2011 (105, dont 97 blogueurs). Et presque 500 personnes venues antérieurement ne sont pas revenus en 2011; a contrario, 290 personnes (tout de même) avaient fait ou refait au moins un commentaire en 2011. Comme le dit Dasola, pour davantage de détails, voir la colonne de droite! Ou les billets précédents tagués "Vie du blog". Par exemple, il y a 2 ans, Le blog de Dasola en était à sa 3ème année et à son 700ème billet. Enfin, pour mémoire, je voudrais juste rappeler que 2011 a vu les blogs d'Allociné se faire absorber par Over-blog, et le "Top Wikio" remplacé par "Labs-ebuzzing". Le monde des blogs change...".

15 octobre 2011

Deux pièces de théâtre - Collaboration de Ronald Harwood / Diplomatie de Cyril Gély

Pour une fois, j'ai cassé ma tirelire afin d'assister à deux pièces de théâtre à Paris que j'ai vues à 5 jours d'intervalle.

D'abord, au théâtre des Variétés, Collaboration, du dramaturge anglais Ronald Harwood (qui a aussi écrit entre autre L'habilleur). La représentation bénéficie d'une distribution épatante avec Michel Aumont dans le rôle du compositeur Richard Strauss, Christine Cohendy qui joue sa femme (Pauline Strauss), et Didier Sandre celui de Stefan Zweig. Inutile de dire que ce sont d'abord les acteurs qui m'ont donné envie de voir cette pièce qui se passe pendant une période très sombre de notre histoire, celle du nazisme entre 1932 et 1942. En effet, Richard Strauss, compositeur et chef d'orchestre au sommet de sa gloire (et plutôt proche du pouvoir en place), est à la recherche d'un sujet et par là même d'un librettiste pour écrire un opéra. Il fait la connaissance en Autriche de l'écrivain autrichien et juif Stefan Zweig qui, lui, est très inquiet de ce qui se passe. Ensemble, ils créeront un opéra bouffe, La femme silencieuse, immense succès arrêté dès la deuxième représentation, car le nom d'un artiste juif (S. Zweig) est imprimé sur l'affiche en dépit de l'interdiction. Ce fut une très belle soirée de théâtre avec des moments émouvants comme celui de la préparation du suicide de Zweig et de sa deuxième femme au Brésil, et à la fin, quand Richard Strauss, vieux et malade, passe devant une commission de dénazification. Cette pièce a été créée à Paris, le 5 septembre 2011. Michel Bouquet qui devait interpréter Richard Strauss a été remplacé par Michel Aumont

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Quant à la deuxième pièce, c'est une reprise, vu son succès l'année dernière. Il s'agit de Diplomatie de Cyril Gély, donnée au théâtre de la Madeleine depuis le 1er octobre. Cette fois-ci, c'est Niels Arestrup qui donne la réplique à André Dussolier. Nous sommes en août 1944, Paris doit être réduite en cendres par les Allemands qui veulent que l'on se souvienne d'eux. Le commandant de Paris, Dietrich Von Choltitz (Niels Arestrup, engoncé dans son uniforme), est chargé de donné le feu vert aux 2000 hommes sous ses ordres pour cette triste besogne qui doit provoquer des dizaines de milliers de morts. Heureusement, un diplomate, Raoul Von Norlung (André Dussolier, très bien comme d'habitude), consul général de Suède à Paris pendant cette période troublée, arrive à retourner la situation. Cet homme né d'un père suédois et d'une mère française sauva Paris de la destruction. Pendant la représentation, on nous fait une description assez détaillée de ce qui allait se passer: faire sauter les ponts de Paris pour provoquer des inondations, et dynamiter des monuments comme Notre-Dame, la Concorde, l'Arc de Triomphe et bien entendu la Tour Eiffel. J'avoue que cette pièce m'a moyennement plu: un peu trop explicative. C'est la copie d'un élève appliqué et Arestrup n'est vraiment pas à l'aise dans son rôle.

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Si vous avez à choisir entre les deux pièces, je vous conseille la première qui m'a plus touchée. Mais mon jugement est totalement subjectif.

En tout cas, les spectateurs semblaient ravis, que ce soit pour l'une ou l'autre des représentations.

28 mars 2011

Miss Mackenzie - Anthony Trollope

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Après Quelle époque! dont j'avais dit tout le bien ici, je voulais lire un autre roman d'Anthony Trollope. Dans Miss Mackenzie, j'ai fait la connaissance de Margaret Mackenzie, jeune femme de plus de 30 ans dans les années 1860, à Londres. Après avoir perdu son frère Walter (associé dans une entreprise de fabrication de toile cirée en péril) qui lui a légué une rente confortable de 800 livres, Margaret devient une riche héritière. Trois prétendants se présentent à elle. Elle hésite, n'est pas prête à s'engager entre John Ball, son cousin (qui devait toucher l'héritage), veuf et père de plusieurs enfants, Samuel Rubb, l'associé de son frère prêt à tout pour sauver l'entreprise, et le révérend Maguire très éloquent quand il lit des passages de la Bible mais pas très riche et malheureusement doté d'un oeil défectueux qui le défigure. Vers le milieu du roman, coup de théâtre, Margaret apprend par un notaire qu'elle est redevenue pauvre (l'héritage revient à un autre). Cette nouvelle révélée en une phrase ne décourage pas les trois soupirants (pour différentes raisons). Au bout du compte, il ne se passe pas grand-chose pendant les 500 pages du roman (paru en Livre de Poche). Mais on ne peut qu'admirer l'art de Trollope pour faire vivre des personnages hauts en couleur avec leurs qualités et leurs défauts. On peut se sentir proche de certains d'entre eux qui vivaient dans cette société victorienne (aux classes sociales très distinctes qui ne se mélangeaient pas), où l'argent régissait tout.

4 novembre 2024

Lune froide sur Babylon - Michael McDowell

Après Les aiguilles d'or et Katie de Michael McDowell (1950-1999), je viens de terminer en deux jours Lune froide sur Babylon (Edition Monsieur Toussaint Louverture, 430 pages spectrales). En effet, il est beaucoup question de spectres évanescents cherchant à se venger de leur meurtrier que l'on connait assez vite. Tout commence en juillet 1965 en Floride, sur la rivière Styx. Un jeune couple, Jo Ann et Jim Larkin remonte cette rivière après avoir péché. Ils ne sont pas loin de leur exploitation de myrtilles. Jo Ann et Jim sont les parents de deux jeunes enfants, Jerry (8 ans) et Margaret (à peine 1 an), qui sont gardés par la grand-mère, Evelyn Larkin. En voulant récupérer un sac qui flotte sur l'eau, Jo Ann et Jim sont mordus mortellement par des serpents. Jo Ann va être ensevelie par des sables mouvants, quant à Jim, il coule et son corps ne sera jamais retrouvé (fin du prologue). Presque 15 ans plus tard, on retrouve Evelyn, Jerry et Margaret qui s'occupent seuls des myrtilles. Ils ont du mal à joindre les deux bouts et ils ont souscrit un prêt bancaire auprès de la banque de Nathan Redfield. Lors d'une fin de journée, Margaret, qui a désormais 15 ans, doit rentrer de Babylon où elle aide un professeur du collège. Mais Margaret ne rentrera jamais. Elle est assassinée sauvagement. Dès lors, Evelyn n'aura de cesse de dire que c'est Nathan Redfield qui est le meurtrier. Ce dernier est un homme vil qui a de très mauvaises relations avec son père infirme et avec son frère Ben. Après un deuxième et troisième assassinats très brutaux, Nathan commence à avoir des visions des spectres sortis de l'eau ou pas de ses trois victimes (je ne vous dirai pas lesquelles) surtout la nuit car il y a une énorme lune qui surplombe la ville Babylon. Le roman est un mélange de gothique: fantastique avec une pointe de "gore". C'est assez différent des Aiguilles d'or et de Katie. Cela s'apparenterait plus aux trois premiers tomes de Blackwater (je n'ai pas encore lu les trois derniers). J'ai trouvé le roman très sombre. À vous de voir. Sinon, Lune froide sur Babylon est déjà paru dans une traduction différente en 1990 aux Éditions Presse Pocket, sous le titre Les brumes de Babylon. 

5 novembre 2024

Aux marges du palais - Marcus Malte

Le titre du roman de Marcus Malte, Aux marges du palais (Edition Zulma, 494 pages jubilatoires), fait référence à une ballade française assez connue depuis le XVIIIème siècle dont les premiers vers sont : "Aux marches du palais, il y a une tant belle fille lon la..." L'histoire se passe dans la République Médiocratique de la Frzangzwe (suivez mon regard) où la retraite est à 85 ans. Anne-Sophie-Catherine-Elisabeth (diminutif Aneth) vit dans un beau palais de 365 pièces avec son père et Chantal, sa confidente et dame de compagnie. Aneth est une princesse comme dans les contes. Elle doit fêter ses 16 ans et devenir "marjorette". Elle est la fille unique de l'archimaréchal Herbert Robert, "Chef de l'Etat, Président-Directeur-Général de la Nation", d'autres titres suivent dont "ufologue amateur" (p. 22). Aneth est belle, elle est splendide, elle est carrément ultralike, selon ses fans, à la suivre sur son résal favori sur le "Wet". "L'ultramaréchal est conseillé par un certain Gabriel Pipaudi, un pur produit de la Grande Ecole. La communication est son domaine... Sa fiche de poste fait mention de "porte-parole du Gouvernement", mais il fait aussi officieusement office de porte-drapeau, porte-plume, porte-clés, porte-flingue, et accessoirement de porte-manteau quand un valet vient à manquer. Il est même vu comme un porte-bonheur par son employeur" (p. 23). Tout le roman est écrit de cette manière humoristique. Face aux personnages du palais, il y a la baronne (dans le civil Jeanine Longjumeau) née dans un patelin du Nord, de mère fille de joie et de père garde-barrière. Grâce à trois veuvages tout à fait accidentels, la baronne s'est retrouvée avec un joli pécule, une vaste demeure et une grosse surcharge pondérale. Comme les temps sont durs, elle survit comme elle peut. Elle est entourée de sept personnages haut en couleur, René Vercel dit Doc, dit le toubib radié de la profession, Lucien Zacharie Dione, dit Mo, un Noir ancien boxeur, Raymond Jalabert dit le Gros, Philip von Bronckhorst, autoproclamé Hakkon le brave, Mouna dit la Souris, Monsieur Li, un cuisinier qui fait des plats avec tout ce qu'il trouve (je vous passe les détails) et enfin Micer Vitezi dit Zap, futur amoureux d'Aneth (p. 43). La baronne décide que pour le 1er mai, le peuple ira prendre la tour F (voir la couverture du roman). Je vous laisse découvrir ce qu'il en est. J'ai passé un très bon moment à lire ce roman qui est une jolie fable qui fait du bien. Je me suis vraiment amusée. Monsieur Malte a du talent. Lire le billet d'Antigone.

26 octobre 2024

Les guerriers de l'hiver - Olivier Norek

Avec Les guerriers de l'hiver (Editions Michel Lafon, 447 pages avec des annexes), Olivier Norek est désormais considéré comme un grand écrivain puisqu'il est en lice pour des prix littéraires en cette fin d'année. Norek s'est passionné pour l'histoire de la Finlande en 1939, lorsque Staline a décidé d'attaquer et d'envahir ce petit pays de 7 millions d'habitants. C'était le combat entre David et Goliath. Même si la Russie a gagné, elle n'en est pas ressortie grandie. Les Russes ont pensé gagner très vite, que cela ne serait qu'une formalité mais il s'avère que cette "guerre d'hiver" a duré 98 jours, entre le 30 novembre 1939 et le 13 mars 1940. Pendant cette période, le peuple finlandais a montré un courage admirable face à l'ennemi. Toutes les forces ont été mobilisées. Les Finlandais sont connus pour le Sisu, l'âme de la Finlande. Un mot intraduisible dans les autres langues. Olivier Norek s'est en particulier attaché à raconter l'histoire de quelques Finlandais de la 6ème compagnie du 2ème bataillon du 34ème régiment de la 12ème division du IVème corps d'armée. Parmi eux, il y avait Toivo, Onni, Pietari et Simo (surnommé la "mort blanche", ou Belaya Smert). Ce dernier était un sniper hors-pair qui était capable de tuer une cible humaine à plus 490 mètres de distance grâce à son arme M28/30. Il paraît que Simo Häyhä a tué environ 540 soldats russes en 98 jours avant d'être grièvement blessé à la mâchoire (on l'a cru mort). Pendant ces 98 jours, les conditions météorologiques étaient épouvantables. La température est parfois tombée à -50 degrés Celsius. Norek a écrit un récit haletant qui se lit d'une traite. Et ce n'est donc pas un roman policier, même si, dans la bibliothèque où j'ai emprunté l'ouvrage, il a été référencé comme tel. 

De nombreux blogs ont parlé de ce livre récent: Collectif polar (!), Sandrine (Tête de lecture), Luocine, Belette2911, Alex-mot-à-mots, Lilou, Aude bouquine, Le murmure des âmes livres, Le sentier des mots, Aurélie (Des livres et moi), Nath (Mes lectures du dimanche), Lorenztradfin... Liste non exhaustive.

2 janvier 2025

Boucher - Joyce Carol Oates

Voici un roman dont j'ai pas mal entendu parler et qui est très emprunté en bibliothèque à Paris. Boucher [père de la gyno-psychiatrie moderne] est paru en octobre 2024 (Edition Philippe Rey, 471 pages). Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de roman de Joyce Carol Oates et je suis contente d'avoir renoué avec cette romancière malgré la noirceur du sujet. Joyce Carol Oates s'est inspiré de la vie de trois médecins au XIXème et au début XXème siècle. Elle en a fait un seul personnage, Silas Aloysius Weir, qui a étudié la médecine quatre (4) mois en tout et qui pendant deux décennies jusqu'en 1861, a pratiqué la chirurgie sur des femmes aliénées dans un asile dans le New Jersey en toute impunité. Au bout du compte, on l'a surnommé le "boucher aux mains rouges" et pour cause. Pour calmer de pauvres créatures sans défense et souvent sans famille, il les charcutait à vif, prélevant des parties intimes de leur corps. A priori, c'était pour atténuer leur état de folie, de maladie mentale. Il lui arrivait d'arracher des dents pour calmer ces pauvres femmes. Le docteur Weir s'était surtout spécialisé dans la réparation de fistules (souvent à la suite d'accouchements) sans anesthésie, considérant que l'appareil génital féminin ne comportait aucune terminaison nerveuse. L'essentiel du roman est un journal écrit par le médecin lui-même et c'est cela qui est terrible car il considérait les aliénées comme des êtres inférieurs, et il ne se remet jamais en cause. Il vous est présenté comme agissant en toute bonne foi. Un roman éprouvant mais qui se lit d'une traite. Joyce Carol Oates a toujours un grand sens de la narration. Je conseille. Je n'ai trouvé qu'un blog qui en parle : Charlotte Parlotte.

1 janvier 2025

Mon palmarès cinéma 2024

Cette année 2024 fut riche en films divers et variés. J'ai passé une très bonne année cinématographique. Voici 20 films qui m'ont plu et que je recommande (dont 7 films français).

Les graines du figuier sauvage de Mohamad Rasulof : pour moi, le film de l'année.
L'histoire de Souleymane de Boris Lojkine : bouleversant.
En fanfare d'Emmanuel Courcol : pour faire plaisir à Pascale (sinon elle ne va plus me causer).
Anora de Sean Baker : pour Youri Borissof. 
Chroniques de Téhéran d'Ali Asgari et Alireza Khatami : ce film composé de 9 saynètes en dit beaucoup sur l'Iran d'aujourd'hui.
Santosh de Sandhya Suri : un film sur la violence faite aux femmes et la corruption en Inde.
Borgo de Stéphane Demoustier : Hafsia Herzi est étonnante.
Conclave d'Edward Berger : un très bon huis-clos au Vatican.
Juré n°2 de Clint Eastwood : pas le meilleur d'Eastwood mais un très grand film.
L'affaire Nevenka d'Iclar Bollain : pour l'histoire et l'actrice principale qui m'a bluffée.
Le moine et le fusil de Pawo Choyning Dorji : une comédie venue du Bhoutan qui fait du bien.
Une part manquante de Guillaume Senez : Romain Duris est sensationnel dans le rôle du père qui veut récupérer sa fille au Japon.
Le comte de Monte Cristo de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière : déjà un classique.
La ferme des Bertrand de Gilles Perret : un documentaire. émouvant sur quatre générations de fermiers au pays du reblochon.
Inchallah un fils de Amjad Al Rasheed : l'actrice principale crève l'écran.
Nuit noire en Anatolie d'Öskan Alper : film terrible sur comment sont maltraités les homosexuels en Turquie.
Daaaaaali! de Quentin Dupieux : très amusant, Edouard Baer, un des Dali est irrésistible.
Les lueurs d'Aden d'Amr Gamal : donne l'occasion de voir la ville d'Aden.
Gloria! de Margherita Vicario : film en costume avec un traitement original du sujet.
Tatami de Guy Nattiv et Zar Amir : un très beau film éminemment politique en noir et blanc. 

J'en profite pour vous souhaiter une très bonne année 2025 avec surtout une bonne santé.


PS de ta d loi du cine: même si dasola publie son palmarès en ce premier jour de l'année 2025, rien ne m'interdit de rajouter une petite image réalisée à partir de peintures éphémères collectées fin 2023 dans le XVIIIe arrdt de Paris... 

 

15 novembre 2025

Les éléments - John Boyne

Les éléments a reçu tout récemment le prix du roman Fnac en 2025. Le roman Les éléments de l'Irlandais John Boyne (Edition Jean-Claude Lattès, 505 pages) est composé de quatre parties comme les quatre éléments : Eau, Terre, Feu et Air. Les histoires sont différentes mais on retrouve d'une partie à l'autre certains personnages. Chaque récit est narré à la première personne. Dans "Eau", Vanessa Carvin change de prénom et de nom. En débarquant sur une île irlandaise, elle fuit son passé douloureux avec un mari en prison et une fille appelée Emma qui s'est suicidée. Et sa deuxième fille Rebecca lui en veut terriblement et a coupé pratiquement les ponts. Dans "Terre", le personnage central est Evan Keogh. Quelques années après avoir quitté son île (celle où Vanessa Carvin a vécu un an) avec l'aide de sa mère, après avoir rêvé de devenir peintre, il est devenu un footballeur de talent mais le sort s'acharne contre lui. Sa beauté lui a joué des tours. Je vous laisse découvrir pourquoi. Dans "Feu", on fait la connaissance de Freya Petrus, une chirurgienne des grands brûlés. Traumatisée depuis l'enfance : elle a été enterrée vivante pendant quelques heures par une paire de jumeaux qui l'avaient violée auparavant. C'est, pour moi, l'histoire la plus sombre des quatre car Freya est devenue une prédatrice sexuelle. Ses victimes, des garçons de 14 ans. Je ne vous en dis pas plus. Le rapport ténu avec l'histoire précédente, c'est que Freya a fait partie d'un jury lors d'un procès où Evan était l'un des deux accusés. C'est aussi dans "Feu" que l'on fait connaissance d'Aaron Umber, l'assistant de Freya. C'est lui qui va causer la perte de Freya. Enfin dans "Air", on retrouve Aaron divorcé de Rebecca et père d'un garçon de 14 ans appelé Emmet (en souvenir de sa tante Emma). L'essentiel de l'histoire se passe dans un avion entre l'Australie et l'ïle de la première partie. Le roman est très bien construit avec dans chaque partie une allusion à Tadzio, le jeune garçon de Mort à Venise du film de Luchino Visconti. Mes parties préférées sont donc la première "Eau" et la quatrième "Air où l'on sent l'apaisement et la réconciliation. Un roman à découvrir. Lire le billet d'Alex-mot-à-mots qui en dit beaucoup. 

14 octobre 2025

La séparation - Claude Simon mise en scène Alain Françon

Une fois n'est pas coutume, voici un billet sur une pièce de théâtre qui se donne à Paris au théâtre des Bouffes Parisiens jusqu'au 4 janvier 2026. Il s'agit de la seule pièce de théâtre de Claude Simon (1913-2005) qui fut prix Nobel de littérature en 1985. La pièce La séparation dure environ 2 heures et se passe dans les années 50 en province près de Toulouse. Sur la scène, deux grands cabinets de toilette se font face à face. Ils sont séparés par une cloison. D'un côté, on a un couple encore jeune, Georges et Louise (Léa Drucker), de l'autre il y a Sabine (Catherine Hiegel) et Pierre (Alain Libolt), le vieux couple, les parents de Georges. On apprendra que Louise est sur le point de quitter son mari pour rejoindre son amant. Pendant ce temps, hors-champ, la tante de Georges agonise. Quant à Sabine, elle est mariée depuis des années à Pierre, un professeur à la retraite qui l'a trompée depuis le premier jour. Sabine est une femme en colère et aigrie mais qui n'a jamais quitté Pierre. Dès que Catherine Hiégel apparait sur scène (au bout de presque une demi-heure), on assiste à un numéro d'actrice ébouriffant. Elle est géniale (comme souvent) et j'adore sa manière de dire son texte qu'elle rend souvent assez amusant. A côté d'elle, Lea Drucker est nettement plus effacée mais elle s'en sort bien. Concernant le texte de Claude Simon, je l'ai trouvé daté et cet écrivain n'avait pas une conception idyllique des relations de couple. Une pièce à voir pour Catherine Hiégel si vous passez par Paris.

2 octobre 2025

L'inventaire des rêves - Chimamanda Ngozi Adichie

Après avoir pas mal entendu parler de la romancière d'origine nigériane et de son nouveau roman L'inventaire des rêves (Edition Gallimard, 654 pages), j'ai pu emprunter ce dernier en bibliothèque. Le roman se divise en 5 parties qui portent chacune le prénom des femmes qui sont les personnages principaux: Chiamaka, Zikora, Kadiatou, Omelogor et à nouveau Chiamaka. Chimamanda Ngozi Adichie est issue du peuple Igbo au Nigéria comme ses quatre personnages féminins dans le livre. Elle partage sa vie entre les Etats-Unis et le Nigéria. Je dirais tout de suite que j'ai mis un peu de temps à lire les plus de 600 pages. Je n'ai pas été passionnée tout le temps. Le seul segment que j'ai vraiment apprécié est celui consacré à celle qui a des problèmes de fin de mois difficiles: Kadiatou. Les trois autres n'ont, si je puis dire, que des problèmes de coeur. Pour Kadiatou, Madame Adichie s'est inspirée de Nafissatour Diallo et de l'affaire DSK à New-York en 2011. Le récit est vraiment prenant et émouvant. Les histoires commencent juste avant la pandémie de la Covid. Chiamaka (le double de la romancière?) est la narratrice de son segment. A un moment donné, elle engage Kadiatou comme cuisinière. Chiamaka déçoit sa famille aisée car, à plus de 40 ans, elle n'est toujours pas mariée mais elle écrit. Elle vit la plupart du temps aux Etats-Unis. Sa grande amie, Zikora, une avocate, a tellement peur de ne pas enfanter que quand elle tombe enfin enceinte à plus de 40 ans, elle décide de garder le bébé alors que le père plus jeune est parti. Kadiatou, elle, a une vie mouvementée avec un mari en prison. Pour compléter ses revenus, elle devient femme de chambre dans un palace à Washington. Omelogor, la cousine de Chiamaka, est une femme d'affaires qui a renoncé à toute vie privée même si elle a quelques liaisons plus ou moins éphémères avec des universitaires car elle a émigré aux Etats-Unis. A la fin du livre, il y a un glossaire avec les expressions ou des mots en igbo traduits en français. Madame Adichie est devenue célèbre avec son roman paru il y a plus de 10 ans: Americanah (que je n'ai pas lu). Lire le billet de Pamolico. 

25 juillet 2025

Vacances - Beaune

Et oui, je suis en vacances. Je n'étais pas vraiment partie depuis 2023. Avec Ta d loi du cine, nous sommes dans le sud de la France après une halte à Beaune et un mini-séjour à Vaison La Romaine. Puis nous ferons une halte au Pont du Gard (que Ta d loi du cine ne connait pas) avant de repartir vers le Nord. 

 

Tout d'abord, je voulais dire que le début de notre périple fut laborieux. L'autoroute A6 est barrée quand on sort de Paris depuis le 15 juillet jusqu'au 2 août. Je l'ignorais (c'est moi qui conduis). On nous a fait prendre une déviation pendant une trentaine de km jusqu'à Evry-Lisses pour ceux qui connaissent. On a mis plus de deux heures en semaine pour parcourir 50 km. J'étais dans un état de nerfs, je ne vous dis pas. Après les choses se sont améliorées jusqu'à Lyon. De là, pour éviter le tunnel de Fourvière, on peut contourner la ville via plusieurs tunnels. C'est rapide mais il faut payer 2,60 euros avant de repartir vers le sud. Cela en vaut la peine car la direction Lyon Centre était archi-bouchonnée. Mais n'anticipons pas. 



J'avais décidé de faire une halte pour visiter les Hospices de Beaune. Je ne fus pas déçue. C'est une belle institution fondée en 1443 par le chancelier du duc de Bourgogne Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins, qui, d'abord, s'est appelé Hôtel-Dieu et est devenu Hospices Civils de Beaune en 1796. L'établissement a reçu des malades jusqu'en 1971 et des personnes âgées jusqu'en 1984. La production de son domaine viticole permet, lors de ventes aux enchères, de financer ses frais de fonctionnement. 

Voici quelques photos :

La salle principales où étaient soignés les "pôvres", comme on appelait les pauvres à cette époque.

 La pharmacie - quelques centaines de pots

Un coffre à vêtement

Et un vitrail "macédoine", un assemblage de fragments de vitraux anciens que Ta d loi du cine a trouvé très beau.

La suite dans un prochain billet.

2 août 2025

Vacances - Nyons - Seguret

Pendant nos quatre jours à Vaison-la-Romaine (située dans le Vaucluse), on a un peu rayonné. On a été à Nyons (qui elle, est située dans la Drôme), ville qui est renommée pour ses olives AOP (appellation d'origine protégée) et son huile d'olive (aussi marquée AOP sur la bouteille en photo).

On a visité un musée intéressant qui regroupe des machines anciennes qui permettaient de faire de l'huile d'olive.
 

 


On nous a expliqué que des olives vertes sont des olives cueillies pas mûres. Mais aussi que certaines peuvent être teintes pour devenir des olives noires grâce à des bains de potasse ou de soude. Mais le goût n'est évidemment pas le même que celui des olives cueillies à maturité comme s'enorgueillit de le faire Nyons.  

A Nyons, juste à côté de ce musée, il y a un très beau pont roman à arche unique sur la rivière Eygues achevé en 1409.


Nyons est la ville natale de René Barjavel (1911-1985). La ville a gardé comme lieu de mémoire la boulangerie de ses parents.

 

Et quand on n'a pas peur de monter des rues pentues avec des escaliers, on peut admirer la Tour Randonne datant du XIIIème siècle qui fut une prison. Depuis le XIXème siècle, elle a été transformée en chapelle.

 


Avant de quitter la région de Vaison pour nous diriger vers le Pont du Gard, nous nous sommes arrêtés à Seguret, joli petit village ayant le label "plus beau village de France".

 

 

Un château en ruines domine le village mais on n'a pas réussi à le trouver car il fallait grimper un chemin de "chèvres" et on n'était pas équipé avec les bonnes chaussures. 

Suite du voyage dans un prochain billet.

29 juillet 2025

Vacances - Vaison-la-Romaine

Nous voici arrivés à Vaison la Romaine où on est accueilli par le chant des cigales. Cela en est presque assourdissant. On les a surtout entendues près du logement où nous sommes restés quatre jours et on avait une très belle vue sur le mont Ventoux. 


Vaison-la-Romaine est connue pour son pont romain construit au 1er siècle de notre ère, le seul pont qui a résisté à la crue de l'Ouvèze en 1992. Seul son parapet construit ultérieurement n'a pas tenu.


Vaison-la-Romaine est aussi connue pour ses vestiges romains. Il y deux sites principaux : le site de la Villasse (qui se visite librement) et celui de Puymin où des visites guidées sont organisées. Au sein de ce site, il y a un théâtre antique qui pouvait accueillir 7000 personnes (on n'a pas pu le voir car il y avait la répétition d'un concert) et un musée archéologique très intéressant où sont rassemblés des vestiges trouvés sur place. Il y a en particulier une mosaïque au paon magnifique. 

Le site de Puymin était un quartier de la ville antique où se trouvaient des maisons privées.
 


Sur le site de la Villasse, il y avait la place principale de la ville antique, des boutiques et des thermes.

En début de soirée, Ta d loi du cine est monté vers la Haute-ville qui domine la vallée mais il n'a pas pris l'appareil photo.

Nous avons eu un temps exceptionnel pendant ces quatre jours. La suite dans un prochain billet. 

1 juillet 2025

Toutes les nuances de la nuit - Chris Whitaker

Je viens de terminer mon premier pavé/épais de l'été avec un beau roman de 810 pages, paru en 2025, Toutes les nuances de la nuit de Chris Whitaker (Editions Sonatine). L'histoire se déroule sur presque 30 ans entre 1975 et 2001. Aux Etats-Unis, Joseph McCauley, un gamin borgne de 13 ans qui porte un cache-oeil tel un pirate, va sauver la vie d'une jeune fille, Misty, qui allait être enlevée. Et c'est Joseph alias Patch qui restera prisonnier plus de 300 jours en compagnie d'une jeune fille appelée Grace. Elle lui fait des récits qui permettent à Patch de ne pas sombrer. Saint, une amie d'enfance de Patch, arrive à trouver par sa persévérance où Patch est détenu. Avec la police, elle le sauve, mais Grace et le ravisseur qui est photographe dans les écoles disparaissent. Patch reste marqué à vie par son expérience traumatisante. Il se met à peindre les jeunes filles disparues car bien évidemment, il n'était pas la première victime. Patch, orphelin de père, a une mère qui boit et se drogue. Saint vit avec sa grand-mère Norma, conductrice de bus. Misty, elle, qui n'est pas du même milieu social, n'oublie pas Patch et tombe amoureuse de lui. Il y a aussi un policier appelé Nix qui soutiendra Saint. Il a peut-être des secrets à cacher tout comme le docteur Marty Tooms. Et je n'oublie pas Sammy, celui qui vend les tableaux de Patch. Le rythme du roman est rapide du fait que chaque chapitre fait 2 ou 3 pages et donc je l'ai lu relativement vite. J'ai aimé son côté poétique et le fait que certaines révélations se fassent au compte-gouttes. Patch avec ses tableaux deviendra un peintre très côté même si sa face sombre est qu'il cambriole des banques afin de redistribuer l'argent aux parents des victimes. Patch mettra plus de 25 ans à retrouver sa compagne de détention et le ravisseur. Un roman que je conseille malgré son épaisseur et son poids. Lire les billets d'Alex-mot-à-mots, d'Aude bouquine, La petite souris, Pierre Faverolle.

C'est donc ma première participation aux épais de l'été, aux pavés de l'été de Sibylline et à la saison Eté des pavés "quatre saisons" de Moka. 

 

5 juin 2025

Trust - Hernan Diaz

J'ai trouvé Trust d'Hernan Diaz (Editions de l'Olivier, 398 pages) assez déconcertant. Il est composé de quatre parties différentes et jusqu'à la troisième partie, on se demande ce qui relie les personnages entre Harold Vanner, Andrew Bevel et Ida Partenza. La quatrième partie est un genre d'épilogue à propos d'une femme, Mildred Bevel, l'épouse d'Andrew. Pour résumer, la première partie est un roman (un récit biographique) dans le roman écrit par un certain Harold Vanner qui n'est jamais présent. Dans la deuxième partie, Andrew Bevel né à la fin du XIXème siècle est le narrateur évoquant sa famille, son couple et sa propre vie d'homme riche qui au lieu d'être ruiné est devenu de plus en plus riche lors de la crise de 1929. La troisième partie met en scène Ida Partenza, fille d'un anarchiste italien émigré aux Etat-Unis à qui Andrew Bevel demande de réécrire le récit d'Harold Vanner qui parle de la vie d'Andrew et Mildred Bevel (vous me suivez?). Le livre se lit bien mais j'ai une impression d'inachevé malgré la quatrième partie. Ce ne fut pas un coup de coeur. Je ne connaissais pas cet écrivain qui a été pas mal chroniqué sur les blogs. Lire les billets de Manou, Eva, Ingannmic. 

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