Le blog de Dasola
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28 août 2011

PAUSE...

... de mon blog, pendant une quinzaine de jours, loin de Paris, mais surtout loin de ça:

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Il s'agit, pour celles et ceux qui l'ignorent encore, du chantier du forum des Halles à Paris qui a commencé au début de cette année 2011 et qui va durer jusqu'en 2015, 2016!!! Je ne vous parle pas de la poussière qui se dégage et du bruit des marteaux-piqueurs!!! Je travaille tout à côté. Terminés les promenades sur le terre-plein, les pique-niques que l'on prenait sur un des des pelouses, les joueurs d'échecs et les boulistes. Heureusement que l'Eglise Saint-Eustache que j'aime beaucoup a été épargnée. Il n'aurait plus manqué que cela, qu'elle soit abîmée, surtout qu'elle a été toilettée récemment. C'est un bel édifice qui doit contempler ces travaux d'un oeil perplexe. Même si je reconnais que la rénovation de cet espace était nécessaire.

Pendant une semaine, je serai dans une très jolie ville du sud-ouest de la France et plus précisément là :

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Vous allez devinez, c'est sûr.

En tout cas, je vous dis à bientôt, et mon statisticien / squatter préféré ne manquera pas de donner des nouvelles.

20 juillet 2011

Le diable danse à Bleeding Heart Square - Andrew Taylor

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Répéré chez Keisha (qui a moyennement aimé) et Cuné (qui, elle, a bien apprécié), j'ai voulu lire Le diable danse à Bleeding Heart Square (quel titre!) et je ne regrette pas d'avoir lu ce roman (collection NéO aux éditions du Cherche-midi).

Sans dévoiler beaucoup de l'histoire, cela se passe en 1930 et 1934 à Londres, dans une pension située à Bleeding Heart Square. Il est question d'une femme, Penelope Penhow, qui n'a pas donné signe de vie depuis 4 ans, sauf par une lettre envoyée des Etats-Unis. L'un des personnages principaux, Lydia Langstone, issue de la haute bourgeoisie, s'émancipe en quittant son mari qui la bat. Elle trouve refuge temporairement dans la pension de Bleeding Heart Square où vit son père qu'elle n'a pas vu depuis des années. Elle croise plusieurs personnages dans cette pension, dont le propriétaire, Joseph Serridge, qui reçoit par la poste des coeurs en décomposition. Cet homme fut l'ami et l'amant de Miss Penhow, la femme disparue. L'auteur, Andrew Taylor, évoque aussi les milieux d'extrême-droite de l'époque avec Gerald Mosley. C'est une triste histoire de jalousie, de concupiscence, de jeunes femmes dévoyées, de crimes impunis. Je vous laisse découvrir ce roman de 480 pages qui se lit d'une traite et vous connaîtrez ainsi la légende de Bleeding Heart (littéralement le coeur saignant - ou qui saigne) Square.

3 mai 2011

Les imperfectionnistes - Tom Rachman

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J'ai acheté ce roman pour la bibliothèque loisirs dont je m'occupe et j'espère que mes lectrices (-teurs) prendront autant de plaisir que moi à la lecture de ce premier roman d'un écrivain à suivre. J'ai été attirée par le titre accrocheur qui a attisé ma curiosité. Les 11 "imperfectionnistes" du titre de ce roman choral travaillent dans un quotidien anglophone anonyme, basé à Rome. Tom Rachman alterne de courts passages qui nous expliquent le pourquoi du comment de la fondation de ce journal (en 1954) et des moments (en 2003-2004) de la vie de différents personnages qui se croisent ou se côtoient sans se connaître: secrétaire, journalistes de diverses rubriques, pigiste, correcteur, DRH, lectrice, rédacteur en chef adjoint, directeur de la publication plus ou moins pathétiques, touchants, crispants, timides, prétentieux, humains quoi! Refusant de se moderniser (mise en ligne sur internet par exemple), et faute d'une vraie politique éditoriale et surtout d'argent frais, ce journal anonyme sera malheureusement dissous en 2004, 50 ans après sa création. Parmi les imperfectionnistes, je retiens les chapitres qui narrent les (més)aventures, à bord d'un avion puis dans un hôtel, de la DRH du journal en compagnie d'un des salariés qu'elle a viré, et celles du pigiste au Caire confronté à un journaliste parasite. Vraiment très très bien. J'ai aimé le style synthétique et les chapitres courts. Ce roman de 370 pages (Editions Grasset) se lit vite. A découvrir.

18 mai 2011

Arrêtez-moi là! - Iain Levison

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Je me suis précipitée pour acheter Arrêtez-moi là, le nouveau roman de Iain Levison paru (comme les autres) chez Liana Levi. C'est un roman anxyogène car raconté de façon assez neutre. A Dallas, au Texas (où la peine de mort est en vigueur), le narrateur, un chauffeur de taxi se retrouve en prison (dans le couloir de la mort) avant son procès (car c'est l'endroit le plus sûr où le mettre). Il est en effet accusé de l'enlèvement (et peut-être de l'assassinat) d'une petite fille disparue (on n'a pas retrouvé son corps). Cette horrible méprise est venue du fait que dans la même journée, il a eu le malheur de toucher une porte-fenêtre chez une cliente qui devait lui payer sa course (il était entrée chez elle pour attendre le montant de sa course) et qu'avant de rentrer chez lui, il a pris gratuitement deux filles qui étaient ivres-mortes, dont une a vomi sur le siège - siège qu'il a nettoyé à la vapeur (ce qu'il n'aurait jamais dû faire, surtout après avoir touché une porte-fenêtre chez une inconnue). J'ai été frappée par la façon très détachée qu'a le narrateur de décrire tout ce qui lui arrive. Il perd tout dans cette histoire. Et un doute subsiste même quand il est disculpé. C'est un portrait au vitriol de la machine judiciaire américaine où une enquête bâclée par la faute d'un inspecteur incompétent fait emprisonner un coupable idéal qui a eu comme seul tort de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. L'avocat commis d'office qui épouve tout de suite de l'animosité pour le présumé coupable  (tout au moins au début) n'arrange pas les choses. Les jurés, la juge, tout le monde le condamnent d'avance. Seul un événement inattendu va sauver in extremis ce pauvre narrateur qui aura passé presque un an en prison. A sa sortie, il va se retrouver dans un autre genre de prison (même si elle est dorée). Iaian Levison a vraiment beaucoup de talent. Je suis vraiment contente de ma lecture que je vous conseille.

PS: je crois utile, aujourd'hui, de préciser que j'avais rédigé mon article avant le samedi 14 mai 2011!

22 mars 2011

Salon du livre 2011

Suite à un gentil mail d'Aifelle qui avait décidé d'aller au Salon du livre de cette année et qui me proposait qu'on s'y retrouve, rendez-vous fut pris le vendredi 18 mars en nocturne. Je la retrouvai en train d'assister à la rencontre Nancy Huston/Sofi Oksanen débattant sur "La femme face à l'Histoire". L'une parle le français, l'autre pas. J'ai pu admirer la magnifique chevelure de Sofi Oksanen et observer ses mimiques très expressives. Je n'avais pas d'objectif précis en tête en allant au salon (sauf que je voulais une dédicace de Jo Nesbo). Toujours est-il que j'ai suivi Aifelle qui s'était très bien organisée en ayant noté à quel stand et quelle heure trouver les écrivains pour la dédicace de leurs ouvrages. Il y eu quelques loupés, des écrivains n'étaient pas présents sur les stands (pas aux heures prévus) ou ils ne restaient pas longtemps (comme Jo Nesbo). Dans l'après-midi de vendredi, Aifelle avait été contente d'avoir pu rencontrer l'écrivain japonais Akira Mizubayashi qui parle très bien le français. J'ai retrouvé à peu près les mêmes exposants que l'année dernière (les mêmes absents aussi d'ailleurs). Les stands m'ont semblé plus petits, tout m'a semblé resserré comme la durée du salon lui-même qui ne durait plus que 4 jours au lieu de 6 les années précédentes. En revanche, la nocturne de vendredi durait jusqu'à 23H00 et samedi, dimanche, le salon durait jusqu'à 21 heures. Je trouve que l'absence des petits éditeurs se fait de plus en plus cruellement sentir. Je me suis attardée au stand Canada Québec, endroit où j'ai pu entendre parler le français avec l'accent de la belle province. Comme tous les ans, j'ai pu apercevoir Amélie (Nothomb) et son chapeau. Je n'ai pas fait de folie en achat mais j'ai eu ma dédicace de Jo Nesbo (le pauvre n'avait pas l'air à l'aise, ne parlant pas français). Puis Aifelle et moi, on a eu, sur du papier A5, une dédicace de Sofi Oksanen (qui d'ailleurs s'est trompée de date) et enfin, une dédicace de Steinunn Sigurdardottir (qu'Aifelle m'a conseillé de lire). Les écrivains acceptent tous de bonne grâce d'être pris en photos, comme Frédérique Deghelt (avec qui Aifelle a longuement conversé), Jeanne Benameur ou encore Jérôme Garcin. Pour un reportage plus exhaustif avec beaucoup de photos, allez sur le site d'Aifelle, ici et là.

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P1020058 La signature de Sofi Oksonen

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Celle de Jo Nesbo

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Et enfin celle de Steinunn Sigurdardottir

 

 

 

 

 

 

 

  Et voici mes acquisitions:

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16 mars 2011

La commissaire n'a point l'esprit club - Georges Flipo

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Je n'ai pas résisté quand je l'ai vu chez mon libraire, j'ai acheté et lu le dernier Georges Flipo, La commissaire n'a point l'esprit club (Editions de la Table ronde, 280 pages). Comme j'avais eu une impression mitigée suite à la lecture de La commissaire n'aime pas les vers, j'espérais que la nouvelle enquête de Viviane Lancier me plairait peut-être plus. Hé bien, désolée, mais non. J'ai été très déçue par ce roman (encore plus que l'autre). Il partait avec un handicap de taille: je l'ai lu juste après le Leonardo Padura (le contraste fut rude, je n'aurais pas dû). Viviane Lancier (toujours aussi peu sympathique, selon moi) est envoyée dans un club de vacances à Rhodes où le chef du village club, surnommé "Le King", a été retrouvé pendu en haut d'un mât dans un amphithéâtre. Elle a comme adjoint, non pas son cher Augustin Monot, mais un jeune inspecteur, Willy Cruyff. Je ne vous parlerai pas des personnages aux surnoms génériques ou particuliers tels que "Hétoilas", "Chéris", "Cocos", "Piqûre", "Picole", "Vent-Debout", "Clown", j'en passe et des meilleurs. Je n'ai pas bien compris comment Viviane et Willy arrivaient à démasquer le ou les coupables car je n'ai pas trouvé l'enquête clairement menée et décrite. Sinon, moi non plus, je n'ai pas l'esprit club.

S'il vous plaît, Georges, laissez Viviane à ses amours hypothétiques, à son (mauvais) caractère et à ses régimes amaigrissants et réécrivez des nouvelles, genre dans lequel vous êtes tellement doué (lire ici et là). Voilà, c'est dit.

PS: tous les goûts sont dans la nature: je dois ajouter que mon ami, qui l'avait lu avant moi, avait ri à plusieurs reprises lors des 30 premières pages...

14 février 2011

La vie très privée de Mr Sim - Jonathan Coe

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Ce nouveau roman de Jonathan Coe, acheté compulsivement (merci à mon ami), m'a beaucoup plu. Une fois de plus, l'auteur se renouvelle avec bonheur. La vie très privée de Mr Sim (450 pages aux Editions Gallimard) aurait pu faire le double de pages, mais le romancier, tel un illusionniste, a veillé à ce que tout s'arrête d'un simple claquement de doigt. Mr Maxwell Sim, citoyen anglais, 48 ans, à peine sorti d'une dépression, séparé de sa femme Caroline et de sa fille Lucy depuis 6 mois, vient de rendre visite à son vieux père qui vit en Australie depuis 20 ans. Pendant son retour vers l'Angleterre, il fait la connaissance, à l'aéroport de Singapour, d'une jeune femme charmante, Poppy, qui exerce un métier peu répandu du nom (pas officiel) de "Facilitatrice d'adultère". Leur relation platonique ne durera qu'un temps mais laissera un souvenir mémorable chez Maxwell. De retour en Angleterre, des pans entiers de la vie de Maxwell et de ses parents nous sont révélés par le biais de pages écrites par des personnages du roman sous forme d'article, journal intime, essai ou mémoires qu'il découvre en même temps que nous. Il ne fut pas un enfant désiré, son père cache un secret, son ex-femme et sa fille n'ont pas beaucoup de considération pour sa personne et il a provoqué quelques drames. Il y a même l'évocation d'un navigateur en solitaire qui fut un imposteur. Toutes ces révélations se font pendant un périple qu'entreprend Maxwell pour raisons professionnelles (que je vous laisse découvrir) de Londres aux Iles Shetland en Ecosse, au volant d'une voiture hybride équipée d'un GPS à la voix chaleureuse que Maxwell appelle Emma et dont il tombe amoureux. Ce roman plein de péripéties m'a fait passer un agréable moment de lecture pendant lequel, comme Dominique, je ne me suis pas ennuyée une minute (à la différence d'Yv).
Voir mon billet sur La pluie avant qu'elle tombe.

6 juillet 2010

Swap in follies New York - billet exceptionnel

 P1000922Je n'ai pas pu attendre plus longtemps, vous l'attendiez tous, ca y est, il est arrivé, il est là... mon colis reçu de ma "swappeuse", j'ai nommé... Lilibook. Le paquet avait été dûment réceptionné par mon gardien d'immeuble, puisque j'avais pris un week-end prolongé.
Je voudrais dire que c'était la première fois que je participais à un "swap". Je trouve l'initiative de recevoir des cadeaux d'une personne que l'on n'a jamais vue
plus que sympathique. J'en suis émue. Je découvre en même temps que vous le GROS colis qui recèle tout plein de choses: à manger, à lire, à visionner, utiles ou décoratives.

Les cadeaux emballés: P1000924

Les cadeaux déballés: P1000925


Lilibook a vraiment fait preuve de beaucoup de goût. Je la remercie encore.
   
Voici donc ce qu'elle m'a envoyé:
Arsenic et vieilles dentelles de Frank Capra avec Cary Grant
30 ans et des poussières de Jay Mc Iverney
Du café qui m'a l'air plus que sympathique.
Des cookies bien tentants.
Deux jolis verres représentant des endroits emblématiques de New-York
1 magnet à mettre sur mon frigo.
1 marque-page.
Sans oublier un gentil mot sur une carte.

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Je n'ai jamais vu le film et je n'ai pas lu non plus le roman d'un auteur que je vais découvrir. Je vais bien entendu goûter les cookies tout en sirotant le café.

Je voudrais féliciter Manu et Amanda (pour rappel, cette dernière était ma "swappée"), nos deux gentilles organisatrices de ce swap qui m'a plu, moi qui aime davantage offrir que recevoir.

Et merci encore à Lilibook.

7 juin 2010

Voyage à New York

Comme mes fidèles lecteurs l'avaient lu, je suis partie et revenue d'un séjour de 7 jours dans ma ville de prédilection après Paris: New York. Cela faisait la 16ème fois que j'y allais (après une interruption de presque 5 ans). Ma première incursion dans la "grosse pomme" remonte à 1988. Cette année (2010), j'ai profité pleinement de mon séjour. J'ai eu la chance d'avoir un temps et une température (presque) idéaux. Que dire de New York et plus précisément de Manhattan qui est une île? C'est une ville vivante qui ne dort jamais (preuve en est Times Square illuminé toute la nuit). J'arrive toujours à découvrir des endroits que je ne connais pas. J'ai été aidée pour ce faire par un petit guide Gallimard (Cartoville New York): clair, concis et fiable. J'apprécie les grands trottoirs pour marcher. New York se visite le mieux à pied. Je ne suis pas retournée dans les musées déjà visités comme le MoMa (Museum of Modern Art) ou le Met (Metropolitan Museum of Art). Mais j'ai découvert le musée de Brooklyn qui possède une belle collection d'objets africains et d'antiquités égyptiennes. Attenant à ce lieu, vous pouvez aller au jardin botanique très beau en cette saison: je conseille le jardin Shakespeare et la roseraie. Dans Manhattan même, je ne suis pas retournée à Soho, Tribeca et Greenwich village mais j'ai flâné dans le quartier chinois (Canal Street) et Little Italy (Mulberry Street). Je reviens systématiquement sur Union Square (Broadway et 14ème rue). J'ai pris à nouveau beaucoup de photos d'immeubles caractéristiques et dans la 61ème rue est, j'ai visité une maison construite en 1799 (année de la mort de G. Washington) qui est devenue musée en 1988: Mount Vernon Hotel (Un musée de 9 pièces au mobilier du XIXème siècle dans une ancienne auberge qui est l'une des plus belles demeures new-yorkaises encore intacte). J'en ai profité pour admirer le pont de Queensboro (l'un des célèbres ponts P1000890 (avec ceux de Brooklyn et Manhattan) qui relient Manhattan au continent). Je ne me lasse pas de voir le "Flatiron" P1000811, immeuble en forme de fer à repasser qui fait l'angle de Broadway et de la 5ème avenue. Et l'Empire State Buiding n'en finit pas de dominer le "midtown" de Manhattan. Concernant "Ground Zero", un chantier a repris: c'est impraticable. On ne voit rien. Depuis 9 ans, la station de métro"Cortland" qui desservait les Tours est "temporairement" fermé au public. La salle des marchés dans Wall Street n'est plus accessible au grand public. Tout est barricadé avec contrôle sévère. P1000854 Pour les néophytes, le métro de New York est rapide et on se repère facilement pour les directions quand on sait que "uptown" veut dire que les rames vont vers le Nord de l'île ou le quartier du Queens et que "downtown" signifie que les rames se dirigent vers le sud de l'île de Manhattan et Brooklyn. J'ai même fait un long parcours jusqu'à Coney Island au sud de Brooklyn: la plage à New York où l'on trouve la célèbre roue "Wonder Wheel" qui vient de fêter ses 90 ans, rendue célèbre grâce au film The Warriors (Les guerriers de la nuit) de Walter Hill. P1000901 Le quartier est en pleine rénovation, mais pour le moment, il donne une impression d'abandon: dommage!

Je voudrais ajouter que New York est une ville chère. J'ai vraiment trouvé une augmentation significative de chaque chose. Le prix d'entrée des musées oscille entre 10 et 20 dollars. On ne peut pas vraiment manger à moins de 10 dollars pour un simple sandwich, une salade et une boisson, et il faut systématiquement ajouter à la facture la "taxe" de la ville qui se monte à plus de 8%. Cet inconvénient mis à part, New York vaut vraiment la peine d'être visitée, sans oublier qu'il faut assister au moins une fois à un spectacle de Broadway comme ce fut mon cas: j'ai eu le plaisir de voir Christopher Walken dans une pièce de théâtre, A behanding in Spokane. Très bien. Je compte bien revenir à New York une dix-septième fois. Voici, pour finir, le Carnegie Hall, grande salle de spectacle s'il en est. P1000884


13 mai 2010

Sur la trace du Méridien de Paris - Hommage à Arago

Avec mon ami, nous avons passé dernièrement deux dimanches après-midi à arpenter Paris d'une manière originale, c'est-à-dire en suivant une "oeuvre d'art" dans le champ de l'Art Street, conçue par l'artiste néerlandais Jan Dibberts dans le cadre du bicentenaire de la naissance d'Arago (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hommage_a_Arago). En fait, je ne connaissais pas du tout cette "ligne imaginaire", mais on nous a offert récemment en cadeau d'anniversaire un livre, Le Méridien de Paris (Une randonnée à travers l'Histoire), de Philip Freriks, traduit par Kim Andringa (éditions EDP Sciences / Observatoire de Paris). Sur les 17 kilomètres entre la Cité internationale au Sud et le Nord de Montmartre, on a pu nous voir marcher en regardant par terre, tout fiers de photographier chaque médaillon (en bronze) découvert (avec son numéro que nous griffonnions à côté), ou tout déçus face à un trou (plus de médaillon!), ou, pire, à un trottoir asphalté à neuf et "désaragoïsé". Il y a 16 ans, le projet prévoyait 135 médaillons. Certains semblent ne jamais avoir été posés? L'idée a été en tout cas copiée par la "Méridienne verte" en 2000, dont certains bornes sont proches de nos "Arago". Le livre donne quelques détails historiques ou anecdotiques sur le voisinage du méridien, ou indique quelques maisons ou monuments remarquables. François Arago avait sa statue pas loin de l'Observatoire de Paris, il ne reste plus que le socle. La statue a été fondue au cours de la deuxième guerre mondiale et n'a pas été remplacée.

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Voici la façade du socle avec simplement le nom et les dates de François Arago

  P1000726 Et voici le derrière du socle où l'on aperçoit l'un des médaillons encastré au milieu.

Malgré quelques approximations qui ont fait enrager mon ami, je recommande de se munir du livre et de partir pour la balade qui s'apparente à un jeu de piste. Si l'on prévoit de faire tout le trajet en une seule fois, peut-être vaut-il mieux partir du Nord: en sens inverse, la montée est rude sur la fin. Quand le Guide indiquait que le médaillon avait déjà disparu à sa dernière édition (2007), je ne me déplaçais même plus vers la droite ou la gauche pour un simple trou ou son absence. Mais, j'ai compté, on a fait une soixantaine de photos!

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Ceux qu'on a ratés, c'était parce qu'il aurait fallu visiter le Louvre (et l'on n'était pas un dimanche gratuit), ou qu'ils devaient être sous un étal de marché ou les pieds de consommateurs à une terrasse de café. Il y en a un au pied du Moulin de la Galette à Montmartre que l'on ne peut pas voir car fermé au public. Dernière anecdote, à Montmartre, cette voiture garée sur le trottoir en "stationnement interdit" pile sur le (dernier) médaillon à observer (encore heureux, à 20 centimètres près, si le pneu avait été dessus, nous ne l'aurions même pas repéré...).

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Et c'est aussi à Montmartre, rue Lepic, que nous avons fait une halte dans une boutique qui vend des vins et spiritueux (on a pris un jus de fruit!). La boutique s'appelle "La cave de Gaston Leroux" et elle est tenue par la propre petite-fille de l'écrivain qui était toute contente de nous en parler.
Nous avons fait une agréable promenade, pas trop fatigante et ludique. Je vous la recommande avant que d'autres médaillons disparaissent.

1 avril 2010

Le Salon du Livre de Paris 2010

C'est agréable d'aller au Salon du Livre en nocturne car il y a moins de monde que pendant la journée. J'avais choisi la date de mardi 30 mars à partir de 18H30 car j'avais noté que Paul Auster (que je ne présente pas) et Camilla Läckberg, jeune auteure suédoise qui monte (La princesse des glaces, Le prédicateur et Le tailleur de pierre, en attendant un prochain roman qui sort en mai) dédicaçaient leurs ouvrages à la même heure et au même stand (Actes Sud). Je suis arrivée 3/4 d'heure avant l'heure prévue: bien m'en a pris. Il y avait une queue monstre et Paul Auster était en avance. Et on nous a dit qu'il dédicacerait pendant 1 heure (à l'américaine). J'avais peur d'attendre pour rien. Et bien non, j'ai eu ma signature de l'auteur. Car Paul Auster n'a fait que signer (à la chaîne): 3 secondes par personne et pas le temps de bavarder: "merci madame, merci monsieur", il fallait aller vite. Des personnes sont reparties un peu déçues après avoir espéré une dédicace personnalisée...

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Pour Camilla Läckberg, c'était plus chaleureux. Les gens étaient moins nombreux que pour Paul Auster. Je ne l'avais jamais vue en photo, c'est une très belle jeune femme brune aux yeux clairs, aux longs cheveux noirs et à la peau mate, pas du tout l'idée que l'on se fait d'une suédoise. Elle demandait le prénom de chacune des personnes, qu'elle écrivait avant pour être sûre de l'orthographe. Vraiment charmante.

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J'ai attendu en tout 1h20 pour avoir mes deux ouvrages dédicacés: Invisible et Le tailleur de pierre; mais je ne le regrette pas.
Après, j'ai parcouru les allées et constaté que des éditeurs/distributeurs connus manquaient comme
Bayard presse, Hachette Livres (Grasset, Stock, Belfond, Fayard, Le Livre de poche, etc) : il n'y avait que l'enseigne. José Corti, grand "petit éditeur", manquait à l'appel. Cela confirmerait bien que le prix de la location pour un stand devait être exorbitant. Et les "petits" éditeurs étaient peu nombreux. Il m'a semblé effectivement que le salon était plus ramassé. J'en ai eu vite fait le tour.

En revenant sur mes pas, j'ai pu obtenir une gentille dédicace de Florence Aubenas pour Quai de Ouistreham (Editions de l'Olivier): c'est une femme simple et sympathique. J'ai vu Katherine Pancol qui dédicaçait son nouveau roman, sorti le jour même. Je suis passée par les éditions du Québec où j'ai acheté trois romans policiers d'un auteur dont j'avais dit tout le bien que je pensais en son temps: Jacques Côte. A partir de 21H00 (la nocturne durait jusqu'à 22H), l'atmosphère générale est devenue plus feutrée. C'est très agréable.

Côté "people" en séance dédicace où, bien entendu, je ne suis pas allée: Dominique de Villepin (mince et bronzé) et Patrick Poivre d'Arvor. Je ne m'étendrai pas sur le sujet.

Enfin, au stand des Editions Gallimard, il y avait à la même heure, assis en rang d'oignon: Antonio Tabucchi, Anne Wiazemski, Jérôme Garcin, Eric Fottorino et Claude Lanzmann.

J'ai passé une très bonne soirée pendant laquelle j'ai eu le plaisir de croiser un bref moment Aifelle (quand j'attendais la dédicace "austerienne") qui se dirigeait vers la sortie. Elle repartait vers sa province après être restée toute la journée au salon.

Pour conclure, à la différence de Cuné, j'ai malheureusement fait chauffer ma carte bleue: je suis incorrigible.

7 août 2011

Magazines mensuels de cinéma

En cette période estivale où les sorties cinéma sont peu engageantes, j'en profite pour publier un billet sur les magazines de cinéma. Il est loin le temps où les publications mensuelles sur ce thème abondaient. J'en achetais certaines tous les mois comme Première et plus tard Studio (qui était une revue avec du beau papier et des photos réussies). J'ai été abonnée un temps aux Cahiers du cinéma même si ma sensibilité est plus Positif.
J'ai connu la revue Cinématographe (que j'achetais de temps en temps en fonction des sujets traités), l'éphémère La revue du Cinéphage et la création de Ciné Live et Brazil (revue intéressante qui mérite d'être connue).

Au jour d'aujourd'hui, sauf erreur de ma part, seuls subsistent Les Cahiers, Positif (qui est devenue une belle revue très chère et donc pas à la portée de toutes les bourses), Première (qui n'est plus aussi attrayante que celle de ma jeunesse), Brazil ainsi que Studio/Cine Live (fusion des deux revues déjà mentionnées). J'ajouterai une revue, Jeune Cinéma, dans laquelle récemment Jul a publié 2 articles.

Voici quelques couvertures de ces revues (que j'ai gardées), retrouvées pendant mon déménagement.

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P1020439 Pendant un temps, il y a eu une édition américaine de Première qui était très bien.

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Personnellement, je les lis (ou les parcours) avec moins d'enthousiasme qu'avant. Mes goûts ont changé semble-t-il. Et vous, qu'en est-il? Lisez-vous ce genre de revues? En connaissez-vous d'autres?

PS du 06/09/2011: un des premiers billets de ce blog avait déjà été rédigé sur les magazines de cinéma.

25 septembre 2009

Séjour en Sardaigne (mini compte-rendu)

Me voici revenue de Sardaigne où j'ai passé un séjour agréable avec un temps doux, du ciel bleu, du soleil (mais avec quelques orages quand même). J'ai séjourné à l'est de l'île à 40 km au sud d'Olbia. J'ai vu une terre sauvage où le nombre de moutons est le double de celui des habitants. Il y a beaucoup de bergers. Parsemée de chênes, chêne liège et chêne verts avec une alternance de plaines et de montagnes (jusqu'à 1800 mètres d'altitude), ces dernières sont parmi les plus vieilles d'Europe. Le granit et le schiste dominent. L'île est bordée de belles plages. La faune se compose (en plus des moutons) de vaches, de chevaux, de cochons en semi-liberté, de sangliers, de moutons, de brebis et de chèvres. Un guide m'a dit qu'il n'y avait aucun animal venimeux. La langue sarde est issue directement du latin et elle est apparentée au corse. Bien que la Sardaigne soit une île, les Sardes ne sont pas des pêcheurs, je dirais même que l'eau a une connotation négative à cause des invasions durant des siècles. Le peuple sarde est taciturne mais attachant. Sensibles aux légendes, il est attaché aux fêtes religieuses dont la plus connue est la Sagra di Sant'Efisio (Fête de Saint Ephisio) le 1er mai. A part ça, il faut goûter les fromages de brebis et toutes les charcuteries (le saucisson est très bon) sur le "pistoccu" (pain très fin à base de farine de blé dur), le tout accompagné d'eau-de-vie ou de liqueur de myrte (50°).

Pour ce qui concerne l'Histoire de la Sardaigne, j'ai appris l'existence de la civilisation des "Nuraghes" (grandes tours construites en pierres sèches quelques millénaires avant J.-C au temps de l'âge du bronze!), et du "muralisme", forme d'art figuratif peint sur les murs (né au Mexique après la Révolution de 1910, importé en Sardaigne dans les années 1970 par des Chiliens qui fuyaient le coup d'Etat de Pinochet). J'ai parcouru une rue de la ville d'Orgosolo (une des 4 villes du centre) où sont rassemblées le plus grand nombre de "murales". Il faut une journée pour tout voir et pourtant la ville n'est pas grande.

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Si un jour vous ne savez pas où aller passer vos vacances, allez visiter la Sardaigne qui est à 1h50 en avion de Paris. C'est une île qui vaut le détour et l'accueil est sympathique. Le tourisme de masse n'est pas encore de mise (et heureusement). La Sardaigne garde un air sauvage qui fait du bien.

15 juillet 2009

Blog d'or - Dernière minute

Je viens d'apprendre par Dominique qu'elle m'avait décerné un Blog d'or. Je la remercie, elle, fidèle commentatrice parmi quelques autres. Même si je ne suis pas très à l'aise avec les honneurs ne sachant pas quoi dire à part les banalités d'usage, cela me fait plaisir qu'on ait pensé à moi. Dans cette récompense, j'associe "Ta d loi du cine" sans qui j'aurais jeté l'éponge depuis longtemps.

BlogDeOuro

Selon les instructions ci-dessus, je dois décerner à mon tour des blogs d'or: quel dilemme cornélien!

Pour ne pas faire de jaloux, je décerne mes blogs d'or à tous les blogs qui sont en lien dans la colonne de droite de mon blog.

Et sinon plus particulièrement à :

Jade parce que ses textes sur les films et les livres qu'elle chronique sont de grande qualité. Ils sont peu nombreux et donc précieux.

Aifelle parce que je l'ai rencontrée (qu'elle a été de très bon conseil pour mes deux dernières lectures) et que j'aime son blog divers et varié qui parle de livres mais de tellement d'autres choses. En outre, on peut y admirer de belles photos.

Ffred parce qu'il a été le premier à me faire un commentaire sur mon blog balbutiant et que son blog chronique de façon claire les films à voir (ou à ne pas voir).

Coming soonn car son blog qui a moins d'un an est déjà très riche en billets intéressants sur le cinéma, les livres, les expos, etc.

Mettre le blog d'or sur son blog
- Mettre un lien vers le blog qui le lui a transmis
- Offrir cette récompense à un ou plusieurs autres blogs
- Informer les destinataires
- Recopier le règlement.

13 février 2009

Les "Tags" des dernières fois et mes PAL

Je viens de copier-coller ce questionnaire écrit en anglais que j'ai trouvé chez Dominique. Comme mon ami est attaché à la langue française, je vais traduire les définitions dans la langue de Molière. C'est un tag sympa et cela change de mes billets "cinéma" et "livres".

La dernière cigarette fumée: je ne fume pas.

La dernière boisson alcoolisée bue: un petit vin rouge italien au restaurant.
 

La dernière fois que j'ai conduit: c'était il y a 4 semaines, en Province, dans le Limousin où ma "choupette" a sa place de parking attitrée.

Le dernier baiser: jeudi après-midi 12 février 2009, à 15h20.

La dernière fois où j'ai (vraiment) pleuré: quand j'ai regardé quelques photos représentant mon père et ma mère.

Le dernier livre acheté: Profondeurs d'Henning Mankell (en poche).

Le dernier livre lu: Un chien mort après lui de Jean Rolin (P.O.L) (peut-être un billet futur).

Le dernier film vu: Doute avec Meryl Streep (billet très bientôt).

La dernière boisson bue
: de l'eau ce soir pendant le dîner.

Ce que j'ai mangé en dernier: un yaourt.

Le dernier coup de fil passé: ce soir pour parler avec mon ami.

La dernière émission vue à la télé: un enregistrement de A droite toute de Marcel Bluwal qui a été diffusé dimanche 8 février 2009.

Les dernières chaussures portées: mes pantoufles Isotoner dès que je suis rentrée chez moi.

La dernière chanson que j'ai chantée: Ne me quitte pas de Brel (je chantais en même temps que lui dans le poste de radio) au restaurant italien où j'ai bu le vin dimanche soir.

La dernière chose achetée: mon ticket de cinéma pour Doute.

Le dernier chargement (sur l'ordi): l'émission Le Masque et la Plume de dimanche soir dernier.

La dernière boisson gazeuse: il y a très longtemps, je n'en bois plus, cela me fait mal à l'estomac.

Les derniers mots que j'ai écrits: là tout de suite.

Les derniers mots que j'ai dits: [c'est personnel].

La dernière glace mangée: au resto, il y a 2 semaines, une dame blanche avec plein de chantilly (pas pour le régime).

La dernière page web visitée: à l'instant, celle de Dominique.

De plus à la demande (presque générale, et notamment) d'Angelica, voici quelques photos d'une partie de ma PAL qui forme plusieurs piles. Je n'en ai photographié que deux (piles).

P1000303Photo de mes deux piles   P1000313 Pile de gauche   P1000309 Pile de droite

J'ai photographié à peine la moitié.

14 février 2024

Proust, roman familial - Laure Murat

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Grâce à Luocine que je remercie encore, j'ai lu Proust, Roman familial de Laure Murat (Edition Robert Laffont, 219 pages, plus 18 pages de notes et 10 pages d'index de personnes et personnages) qui a été récompensé à juste titre du prix Médicis essai en 2023. Laure Murat née en 1967 vit à Los Angeles depuis plusieurs années. Elle a rompu ses relations avec sa famille depuis plusieurs années. Homosexuelle, elle vit avec une femme et n'a pas d'enfant, elle est féministe, vote à gauche et elle est professeur à l'université de Los Angeles. "Pour le milieu d'où je viens, c'est excéder de beaucoup le délit de cumul des mandats" (p.14). Ce comportement était une chose inconcevable dans la famille dont elle est issue. En effet, Laure Murat appartient à la famille du duc de Luynes (favori de Louis XIII) par sa mère et est descendante d'un beau-frère de Napoléon, Joachim Murat, par son père. Laure est une princesse Murat. Et Proust dans tout ça? Laure Murat le déclare à la fin de l'ouvrage: Proust l'a sauvée. Elle a découvert Proust quand elle avait une vingtaine d'années avec La recherche du temps perdu où elle a retrouvé le monde révolu dans lequel elle a évolué quand elle était jeune. "L'aristocratie, royaume du signifiant pur et de la performance sans objet, est un monde de forme vides" (p.20). A priori, les arrière-grands-parents de Laure ont connu Proust. Ce dernier s'est inspirée de ses rencontres avec ces aristocrates pour décrire certains personnages de La Recherche. Laure Murat* alterne dans son récit l'histoire de sa famille du côté maternel et du côté paternel en remontant dans le temps tout en analysant en parallèle l'oeuvre majeure de l'écrivain, c'est absolument passionnant et pas du tout rebutant. Elle évoque les relations houleuses qu'elle a eues avec ses parents. Cet essai a la grande qualité, enfin j'espère, de donner envie de se (re)plonger dans La Recherche du temps perdu. Elle nous dit bien que ce n'est pas un roman difficile à lire (je suis d'accord). Il est intéressant de savoir que le nombre d'exemplaires des différents volumes vendus depuis 1913 n'est pas énorme par rapport au fait que l'oeuvre est dans le peloton de tête des chefs-d'oeuvre de tous les temps. On parle pas mal de cette oeuvre mais combien l'ont lue? (p.110-112). Un essai que je vous recommande car je pense que vous allez apprendre plein de choses. Lire le billet de Dominique. 

*et non Proust comme Anne me l'a fait gentiment remarquer

8 novembre 2023

Stöld - Ann-Helén Laestadius

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C'est Aifelle qui m'a donné envie de lire Stöld qui comporte 519 pages (Editions 10/18). Ce roman a été écrit par une Suédoise d'origine samie et tornédalienne. La vie des Samis (et non des Lapons, un terme péjoratif) m'a toujours intéressée. Et là, on entre dans l'intimité de plusieurs familles de ce peuple autochtone, d'abord en 2008, puis en 2018 et enfin en 2019 en Suède du nord. La vie des Samis tourne autour de l'élevage de rennes (la renniculture) qui sont désormais à moitié apprivoisés. En 2008, Elsa, une petite Sami de 9 ans, assiste à la mort de son faon (une femelle) qui vient d'être tué de manière brutale par un braconnier suédois, qui revend clandestinement la viande de renne. Elsa est traumatisée et n'ose rien dire à ses parents. Pendant cette première partie du roman, il ne se passe par ailleurs pas grand-chose mais on en apprend beaucoup sur la vie des Samis, qui ont une vie sédentaire, même si les hommes s'absentent plusieurs jours voire des semaines pour s'occuper des rennes. Ils se déplacent en motoneige. C'est une société patriarcale où les femmes s'occupent des enfants et de la cuisine. On fait la connaissance de la grand-mère (àhkku), du grand-père (àddjà). J'ai appris que les Samis considéraient qu'il y avait 8 saisons dans l'année (le pré-hiver, l'hiver, le pré-printemps, le printemps, etc). Il n'y pas qu'une langue samie mais neuf langues. La romancière insiste sur le racisme à l'encontre des Samis qui sont considérés comme des moins que rien. C'est peut-être pour cela que certains Samis se suicident comme par exemple un cousin d'Elsa. Entre 2008 et 2018, la famille d'Elsa sera menacée, des rennes seront massacrés et les plaintes déposées par Elsa et sa famille resteront sans suite. En 2018, Elsa a 19 ans et c'est une jeune femme déterminée qui ne rêve que de vivre avec ses rennes. Pour une femme, ce n'est pas courant d'avoir son troupeau. Elle donnera toujours la préférence aux rennes sur les humains. Un roman qui m'a plu même s'il est parfois un long par rapport à l'intrigue et à ce que cela raconte. A mon avis, la romancière aurait pu réduire d'une cinquantaine de pages. Mais c'est une histoire dépaysante à découvrir. Les nombreux chapitres sont numérotés en sami et à la fin de l'ouvrage, un glossaire rassemble les termes samis utilisés dans le roman. 

PS: rajout ci-dessous du logo de l'activité "Lire (sur) les minorités ethniques" organisée sur l'année 2023 par Inganmic.

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27 octobre 2023

La dernière ville sur terre - Thomas Mullen

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La dernière ville sur terre de Thomas Mullen (Edition Rivage Noir, 545 pages) s'appelle Commonwealth dans l'Etat de Washington dans les forêts du nord-ouest Pacifique. Nous sommes vers la fin de 1918, les Etats-Unis sont entrés dans la guerre en Europe en avril 1917. Presque toute la région où se passe l'histoire est touchée par la grippe espagnole sauf justement Commonwealth, car pour y éviter la contagion, une quarantaine a été votée. Des habitants de la ville empêchent quiconque de passer par l'unique route menant à Commonwealth, qui vit grâce à l'activité d'importante acierie. Charles Worthy, fondateur de la ville, est aussi le fondateur de l'acierie. Marié avec Rebecca, il a une fille, Laura, et il a adopté un garçon cinq ans auparavant, Phlip, âgé de 16 ans et qui est le personnage principal de l'histoire. Suite à un accident où il a perdu sa mère, il a été amputé d'un pied. Lors d'un de ses tours de garde avec un autre habitant nommé Graham, ils devront faire face à un soldat venu à pied qui leur demande asile. Il faut savoir que Commonwealth se trouve à 25 km de Timber Falls, la ville la plus proche. Et là, un drame se produit et tout va déraper et la grippe espagnole va s'inviter (si je puis dire) dans Commonwealth. Le  roman m'a plu mais il est un peu trop long. II y a pas mal de digressions sur la vie de certains personnages qui n'apportent pas forcément grand-chose, et l'intervertion de notable de Timber Falls n'arrange rien. Je ne connaissais pas cet écrivain qui s'est fait connaître avec Darktown. La dernière ville sur terre est son premier roman, écrit en 2006 et qui n'a été publié en français qu'en 2023. Lire le billet d'Actu du noir qui pense, comme moi, que le roman est trop long. 

20 octobre 2023

Killers of the Flower Moon - Martin Scorsese

Je viens de voir du grand cinéma avec Killers of the Flower Moon, le nouveau film de Martin Scorsese (81 ans) et j'espère que ça ne sera pas le dernier. Le scénario est l'adaptation du livre La note américaine de David Grann sur les meurtres de plusieurs Indiens Osage dans les années 20. Cela se passe à Fairfax dans l'Etat d'Oklahoma. La tribu était devenue milliardaire après que du pétrole ait jailli sur leur terre. Ils étaient devenus propriétaires de cette terre et eux seuls avaient le droit d'exploitation exclusif du pétrole. Les terrains ne pouvaient être ni cédés, ni vendus mais seulement hérités. Bien entendu, cette manne pétrolifère attire les convoitises (des blancs). L'histoire se focalise sur William "King" Hale (Robert de Niro, très bien en patriarche retors), le notable de la région qui a un ranch avec des milliers de têtes de bétail. C'est lui qui a fait la richesse de Fairfax. Son neveu, Ernest Burkhart (Leonardo di Caprio, un peu empâté mais très convaincant) revient de France où il a combattu pendant la première guerre mondiale. Ernest tombe rapidement sous l'emprise de son oncle qui le convainc de séduire une jeune femme Osage nommée Mollie dont il devient le chauffeur. Contre toute attente, il tombe amoureux d'elle et c'est réciproque. Ils se marient. Hale espère un jour récupérer les dividendes gagnés par la famille de Mollie. Pour cela, rien ne l'arrête et surtout pas perpétrer des meurtres. Hale paye des hommes de main (dont Ernest) pour ce faire. C'est l'hécatombe du côté des Osages dont les trois soeurs et la mère de Mollie. Et Mollie, elle-même, souffrant de diabète reçoit des piqûres d'insuline avec un autre produit en parallèle qui l'affaiblit considérablement. Il ne faut pas avoir peur des trois heures vingt-six que dure le film car je n'ai pas trouvé de temps mort, je ne me suis pas ennuyée une seconde. La dernière heure et demie se focalise sur l'enquête par le bureau fédéral d'investigation (FBI). C'est passionnant. Un très grand film que je vous recommande rien que pour Robert de Niro et Leonardo di Caprio et Lily Gladstone qui interprète Mollie avec beaucoup de talent. 

Edit du 09/11/2023: rajout ci-dessous du logo de l'activité "Lire (sur) les minorités ethniques" organisée sur l'année 2023 par Inganmic.

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15 octobre 2023

Les naufragés du Wager - David Grann

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Les naufragés du Wager de David Grann (Editions du sous-sol, 371 pages et 60 pages de notes et d'une bibliographie sélective) nous emmènent dans le passé de la marine britannique entre 1740 et 1748, au temps des navires de guerre à voile. En 1740, cinq vaisseaux de ligne de la flotte britannique sont affrétés pour partir à la poursuite d'un galion espagnol rempli d'or et d'argent. Nous sommes en pleine "guerre de l'oreille de Jenkins" (dont je n'avais jamais entendu parler) avec entre autres comme adversaires Espagnols et Britanniques. David Grann commence par nous présenter les principaux protagonistes de l'histoire dont David Cheap, 44 ans, un Ecossais, futur capitaine du Wager, l'enseigne de vaisseau John Byron, 16 ans, le futur grand-père du poète, George Anson, le commodore du navire amiral Le Centurion, et enfin, le canonnier John Bulkeley, qui va jouer un rôle important dans la suite des événements. Le début du voyage est sans histoire mais en arrivant au sud de la Patagonie au Cap Horn, Le Wager, l'un des cinq vaisseaux de la flotte, est pris dans une tempête terrible à cause des vents des quarantièmes rugissants et des cinquantièmes hurlants. Il s'échoue le 14 mai 1741 au large d'une petite île (qui portera plus tard le nom d'ïle du Wager). Sur le navire, il y avait au départ 250 hommes, mais un certain nombre d'entre eux vont mourir assez vite après l'appareillage. Naufragés sur l'île désolée, les marins vont installer un camp de fortune mais rapidement, la faim les tenaille car dans la catastrophe, beaucoup de vivres ont été perdus et les hommes souffrent et meurent du scorbut (manque de vitamine C). Certains membres de l'équipage remettent en cause l'autorité de David Cheap qu'ils accusent d'être responsable de l'échouage du navire. Des groupes opposés se forment. Quelques hommes restent fidèles à Cheap qui voudrait continuer sa mission. Quant au plus grand nombre, en devenant des mutins, ils se rallient à John Bulkeley qui veut revenir en Angleteterre pour retrouver sa femme et ses cinq enfants. Grâce à une chaloupe qu'un charpentier agrandit et remet en état, les mutins embarquent avec Bulkeley. Ils étaient 70 et seulement 29 arriveront vers la côte brésilienne après avoir laissé Cheap, Byron et 8 hommes sur l'île. Je vous laisse découvrir le reste de cette aventure hors du commun qui s'est terminée en cour martiale. Un livre agréable à lire avec du suspense. Il semblerait que le réalisateur Martin Scorsese a acheté les droits pour l'adapter au cinéma. Lire les billets de Shangols et Nyctalopes.

5 juin 2023

Les contemplées - Pauline Hillier

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C'est en visitant une des librairies que je fréquente que je suis tombée sur ce roman autobiographique de Pauline Hillier qui doit se passer dans les années 2010 (en 2013, très exactement). Dans Les contemplées (177 pages captivantes), la narratrice vient d'être arrêtée à Tunis après une manifestation pour avoir défendu une Tunisienne emprisonnée. Elle passera un mois dans la prison pour femmes de La Manouba, "la mangeuse de femmes, p. 21", dans un pavillon (le D) où s'entassent vingt-huit détenues dont elle. Ce pavillon fait 30 m2... Pendant plus de 160 pages, on est happé par la description des conditions de survie dans la prison où les conditions d'hygiène, de promiscuité sont déplorables. Elle, la Française qui ne parle pas l'arabe, va tout de même communiquer avec ses camarades d'infortune, jeunes et vieilles, condamnées de manière expéditives, la plupart du temps pour crimes plus ou moins graves: vol, adultère mais aussi meurtres pas forcément prémédités. Ces femmes sont solidaires entre elles. Le récit alterne entre la vie quotidienne dans la prison et les récits de quelques-unes des prisonnières, qui payent le prix fort pour leur crime parce qu'elles sont des femmes. Certaines n'ont même pas été jugées. Les détenues se lèvent tôt pour ne rien faire de leur journée. Les promenades durent un quart d'heure, et pas tous les jours. C'est comme prendre une douche. La nourriture est assez immonde. Il y a des fouilles au corps assez musclées. Et puis il y a les cafards et les rats. Le titre du roman renvoie certainement au fait que parmi les objets personnels que la narratrice a pu garder avec elle, il y avait un exemplaire des Contemplations de Victor Hugo. Dans le dernier chapitre, elle rend hommage à ces Contemplées de la Manouba. Au final, la narratrice décrit des faits, sans aucun pathos. Cela rend le roman très prenant. Je le conseille absolument. 

Lire les billets de Keisha, Matatoune, Belette2911, Au fil des livres, Delphine-Olympe. 

6 juillet 2023

La chambre des dupes - Camille Pascal

 P1150865

J'ai pris un grand plaisir à la lecture de La chambre des dupes de Camille Pascal (Editions Plon, 490 pages) qui m'a permis d'entrer de plain-pied dans le règne de Louis XV entre 1741 et 1744. J'ai surtout fait la connaissance des filles Mailly-Nesle issues d'une vieille famille noble. Par leur mère, elles étaient aussi descendantes d'une nièce du cardinal de Mazarin. Elles étaient cinq dont quatre ont partagé la couche du roi. Il y en a eu surtout une, Marie-Anne, la plus jolie des soeurs. Elle est morte à 27 ans de la péritonite. Elle a régné sur le coeur du roi pendant deux ans. Avant la Pompadour et la du Barry, j'ai découvert qu'il y avait donc eu d'autres favorites, dont Marie-Anne Mailly-Nesle devenue marquise de la Tournelle par son mariage et connue sous le nom de duchesse de Châteauroux. Dans un très beau style, Camille Pascal nous décrit au plus près les us et coutumes de Versailles au temps de Louis XV. On assiste aux complots et aux rivalités entre les Dévôts proches de la reine Marie Leszczynska et les Libertins dont le réprésentant le plus célèbre était le duc de Richelieu, l'arrière petit-neveu du cardinal qui a fait beaucoup pour que les quatre soeurs deviennent les maîtresses du roi. Et pourtant, Marie-Anne n'a pas cédé tout suite au souverain, le Très-Chrétien... Elle s'est fait désirer, mais elle est arrivée à ses fins en devenant duchesse. J'ai aimé les descriptions détaillées des costumes, de certains objets et des bijoux. On est vraiment dans l'intimité du roi et des courtisans. J'ai été captivée. Un très bon roman historique qui se termine par une bibliographie de 12 pages d'ouvrages qui ont servi à Camille Pascal. Il a même eu accès à des lettres écrites par la duchesse de Châteauroux. C'est Keisha qui m'a donné envie de me plonger dans ce livre. 

23 juin 2023

Blizzard - Marie Vingtras

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Blizzard de Marie Vingtras (Pocket, 189 pages) est un roman court mais très prenant. Comme son titre l'indique, l'histoire se passe par temps de blizzard, en Alaska. Quatre personnages prennent la parole tour à tour dans de très courts chapitres. Il y a une femme, Bess, et trois hommes, Benedict, Cole et Freeman (un homme noir). Dehors, où le blizzard est tellement fort, Bess vient de lâcher la main d'un jeune garçon, qui est le fils de Benedict. Malgré le peu de visibilité, elle part à sa recherche. Benedict part à son tour à la recherche de Bess et du garçon. Il est accompagné par Cole, un homme raciste et peu recommandable. Quant à Freeman, il se trouve dans la région pour fuir quelque chose. Car au fur et à mesure que les personnages parlent, on apprend des choses sur eux, sur leur passé, et pourquoi ils sont là. Pour un premier roman, Marie Vingtras montre beaucoup de subtilité dans le déroulement de l'histoire. J'ai beaucoup apprécié cette lecture. Ce livre a reçu de nombreux prix et il a été pas mal chroniqué sur les blogs. 
Lire par exemple les billets d'Aifelle, Keisha, Luocine, Alex-mot-à-mots, Manou, Eimelle, Violette, Athalie, Krol, Une comète, Antigone, Enna, Sur la route de Jostein, Mademoiselle Maeve ... 

9 avril 2023

Le grand monde - Pierre Lemaitre

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Je n'ai pas encore lu la première trilogie intitulée Les enfants du désastre de Pierre Lemaitre avec Au revoir, là-haut, puis Couleurs de l'incendie et Miroir de nos peines. Mais je viens de terminer Le Grand Monde (Livre de poche, 756 pages), premier tome de la nouvelle suite romanesque de Pierre Lemaitre, intitulée Les années glorieuses. Le personnage central du roman est constitué par toute une famille, les Pelletier. L'histoire se passe en 1948 entre Beyrouth, Paris et Saïgon. A Beyrouth, le chef de famille, Louis Pelletier, propriétaire d'une savonnerie, aurait souhaité qu'au moins un de ses trois fils prenne sa suite. Mais Jean (l'aîné, surnommé Bouboule) n'est pas doué pour les affaires, et François et Etienne ne l'ont pas souhaité. Jean, qui vit désormais à Paris, s'est marié assez récemment avec Geneviève (un des pires personnages féminins romanesque que j'ai eu l'occasion de croiser). Fille d'un receveur des postes à Beyrouth, Geneviève est une jeune femme sournoise, méchante, envieuse, calculatrice, sans état d'âme, bref une vraie peste et en plus pas très intelligente (mais elle a beaucoup d'idées pour nuire aux autres). François, vivant à Paris lui aussi, devait entrer à l'Ecole normale. A la place, il devient pigiste dans un journal parisien à la rubrique des faits divers. Etienne, lui, est un garçon sensible qui est tombé amoureux de Raymond, un légionnaire parti combattre en Indochine. N'ayant plus de nouvelles, Etienne part à son tour à Saïgon. Quant à Hélène, la seule fille, il n'est pas question qu'elle dirige l'entreprise familiale (puisque c'est une fille), elle part rejoindre ses deux frère à Paris. Désireuse de faire les Beaux-Arts, elle ne va pas suivre longtemps les cours car elle s'ennuie. On apprend très vite que Jean a un côté très sombre en lui, mais il est complètement sous la coupe de sa femme. Hélène est une jeune femme en rébellion contre ses frères et ses parents. A part Etienne, au destin tragique, j'ai trouvé que les personnages n'étaient pas spécialement sympathiques. A la fin de ce premier tome, on peut espérer que les relations s'apaisent entre les protagonistes. Un roman qui se lit très bien. Je ne manquerai pas de lire le tome suivant quand il paraîtra en poche.

Lire les billets d'Eva (blog et si on bouquinait un peu?), de Brize, d'Eva (blog tu vas t'abimer les yeux), Violette, Belette (assez mitigée).

24 avril 2023

Les sources - Marie-Hélène Lafon

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Après Histoire du fils, j'ai eu le grand plaisir de retrouver la belle écriture de Marie-Hélène Lafon dans Les sources (Editions Buchet-Chastel, 117 pages). Jusqu'à la page 80, la narratrice du récit est la mère, 30 ans, mariée avec trois enfants, deux filles et un garçon. Isabelle, Claire et Gilles (7, 5 et 4 ans). Cela se passe le week-end des 10 et 11 juin 1967 (au moment de la guerre des Six Jours). La famille vit dans une grande et belle ferme isolée où l'on fabrique le Saint-Nectaire, entre Soulages et Fridières, dans le Cantal. Assez vite, on comprend que le couple marié depuis presque huit ans, le 30 décembre 1959, ne va pas bien. Le mari bat sa femme qui n'en peut plus. Et malgré de l'aide, elle n'arrive plus à faire face aux travaux ménagers. Les trois grossesses l'ont physiquement enlaidie. Les enfants sont témoins et ils semblent apeurés. Sept ans plus tard, 19 mai 1974, le jour de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, le mari vit désormais seul. C'est lui, le narrateur, qui dit pis que pendre sur son ex-femme. Il n'a aucun remords sur ce qu'il lui a fait subir. Il a surtout la nostalgie de ce qu'il a vécu quant il était au Maroc pendant son service militaire, juste avant son mariage. Il compte qu'au moins une de ses filles reprendra un jour la direction de la ferme. Le 28 octobre 2021, tout est terminé. On ne sait pas ce qui se sera passé pendant 47 ans. Le récit est bref mais plus de 60 ans se seront passés. Mme Lafon a l'art de l'élipse mais elle dit beaucoup de choses en peu de mots. Un très beau roman.

Lire les billets d'Athalie, Baz'art, Ritournelle, Matatoune et Shangols.

Le blog de Dasola
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