Le blog de Dasola
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24 juin 2013

Les fiancées d'Odessa - Janet Skeslien Charles

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A mon tour, j'ai décidé de lire Les fiancées d'Odessa de Janet Skeslien Charles (Editions Liana Levi, piccolo), après avoir lu des billets sur des blogs qui en ont parlé en bien (Aifelle, Keisha, Kathel et Theoma par exemple). Dans les années 90, Daria, la narratrice, célibataire et âgée d'une vingtaine d'années, vit avec sa grand-mère Boba en Ukraine, à Odessa sur les bords de la Mer Noire. Occupant un poste d'assistante dans une compagnie israélienne de fret maritime, Daria n'a pas pu trouver mieux comme emploi (elle a pourtant un diplôme d'ingénieur). La ville d'Odessa, outre le fait qu'elle possède le 3ème plus bel opéra du monde (après ceux de Rome et Prague), est célèbre pour son escalier de 132 marches qui mène à la mer. Mais Odessa comme d'autres villes en ex-URSS est gangrénée par la corruption et les trafics en tout genre, dirigés par la mafia locale. Les gens d'Odessa souffrent de privations. D'ailleurs, de nombreuses jeunes femmes de cette ville aspirent à se marier avec un étranger (un Américain de préférence) afin de quitter l'Ukraine. C'est l'opportunité qui s'offre à Daria. Fin de la première partie. La deuxième partie du roman se passe dans la région de San Francisco, où Daria qui a obtenu un "visa fiancée" vit avec Tristan qu'elle épouse. Mais le rêve tourne au cauchemar car Tristan n'est pas celui qu'elle croyait. Je vous passe plein de péripéties, que je vous laisse découvrir. Un très bon roman, léger et grave à la fois, que je vous conseille.

18 février 2013

Les Chutes - Joyce Carol Oates

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Les Chutes est le troisième roman de Joyce Carol Oates que je lis. J'en ai profité pour tester le format (12 x 8,25 cm, avec du papier "Bible") lancé par les éditions du Point.2 du Seuil (le concept a été inventé par un éditeur hollandais qui a déposé le brevet). J'ai mis un peu de temps à m'habituer à lire ce format qui ressemble à une "liseuse en papier" car les pages sont très fines. Mais j'ai apprécié la police de caractères et la largeur des interlignes qui rendent la lecture aisée. Quant au roman proprement dit, qui a reçu le prix Femina étranger en 2005, il m'a beaucoup plu, même si Ariah Littrell, le personnage central de l'histoire, m'a pas mal crispée: je l'ai carrément trouvé insupportable. Les "Chutes" sont celles du Niagara. L'histoire se passe dans la région de Niagara Falls sur une période de presque 30 ans, entre 1950 et 1978. En juin 1950, Ariah Littrell, fille d'un révérend méthodiste dans l'état de New-York, devient veuve le lendemain de ses noces. Son mari, Gilbert Erskine, qui était lui aussi un révérend, s'est suicidé en se jetant dans les Chutes. Ce mariage arrangé (les deux conjoints ne s'aimaient pas) se termine avant d'avoir commencé. En revanche, c'est à partir de là que la romancière nous raconte l'histoire d'Ariah, qui se remarie très rapidement avec Dirk Burnaby, un avocat de valeur (qui aura un destin tragique). Professeur de piano, Ariah possède une personnalité complexe et anxieuse, marquée par son éducation à Troy (Etat de New-York), et certainement éprouvée par le drame de son premier mariage. Cela se sent bien dans l'éducation qu'elle donnera à ses trois enfants, deux garçons et une fille. Le roman permet par ailleurs à Joyce Carol Oates d'évoquer les problèmes de pollution et d'insalubrité qui sont survenus à cause des usines chimiques implantées dans la région. Une fois de plus, j'ai admiré le style narratif de l'écrivain. C'est un roman qui se lit vraiment très bien et d'une traite. Lire les billets de Mango, Manu et Claudialucia.

14 novembre 2012

Ravel - Jean Echenoz / Viviane Elisabeth Fauville - Julia Deck

Voici deux romans qui ont en commun d'être publiés aux Editions de Minuit et je vous les recommande tous les deux.

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Je continue ma découverte de Jean Echenoz avec Ravel (Les éditions de minuit, 124 pages) [voir mes trois autres billets ici, ici et là], un roman écrit en 2006 sur les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel (un musicien que j'apprécie énormément). Le roman débute fin 1927, période où Ravel entama une tournée triomphale aux Etats-Unis. Pendant les dix ans qui suivirent, il connait la consécration avec le Boléro, le Concerto pour piano en sol majeur et le Concerto pour la main gauche. Je salue à nouveau le style précis et concis de l'écrivain, qui s'attarde sur certains détails, comme l'habillement du mucisien (toujours élégant), ou des descriptions comme la décoration et l'ameublement d'un paquebot, ou le nom des oiseaux qui chantent dans le jardin de la villa du musicien à Montfort L'Amaury. Echenoz cite des noms des gens proches de Ravel sans aller plus loin. Les 4 dernières années de la vie de Ravel m'ont paru très tristes (il n'est mort qu'à 62 ans). Gardant son intelligence, lui qui a souffert d'insomnie toute sa vie, il perdit l'usage de la parole et de ses mains. Il ne pouvait plus ni composer ni écrire. Il semble avoir été atteint d'une maladie neurologique aggravée par un traumatisme crânien lors d'un accident. Il a même subi un genre de trépanation. Les dernières lignes du roman donnent une idée du style d'Echenoz: "Il se rendort, il meurt dix jours après, on revêt son corps d'un habit noir, gilet blanc, col dur à coins cassés, noeud papillon blanc, gants clairs, il ne laisse pas de testament, aucune image filmée, pas le moindre enregistrement de sa voix".

 

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Après avoir lu des billets flatteurs sur des blogs, et ce roman étant recommandé par quelques libraires, je me le suis procuré. Pendant les 150 pages de Viviane Elisabeth Fauville (Les éditions de Minuit), un narrateur emploie le "vous" de politesse (2ème personne du pluriel) comme dans La modification de Michel Butor (que je n'ai pas lu). C'est un roman agréable à lire qui se passe à Paris, entre le 12ème et le 18ème arrondissement (et un peu le 19ème et le 5ème). Viviane Elisabeth Fauville (Mme Hermant) est mère pour la première fois à 42 ans d'une petite fille. Celle-ci a douze semaines. Son mari de 43 ans vient de la quitter "...après deux ans d'horreur conjugale...". Dans ce livre aussi, les descriptions sont nombreuses et précises. Le narrateur s'attarde sur les itinéraires en métro que prend Viviane pour aller d'un point à un autre. Victime d'une crise nerveuse "post-partum" (je suppose), Viviane (que le narrateur appelle de temps en temps Elisabeth) croit avoir tué le psychanalyste qui la suivait depuis quelques semaines. Je ne vous dirais pas, bien sûr, ce qu'il en est mais il y a un certain suspense. Je crois que c'est un premier roman, bravo! Voir les billets de Cathulu, Isa, Ys.

6 février 2013

Tous ensemble, mais sans plus - Georges Flipo

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Puisque le volume que je devais recevoir en "livre voyageur" comme convenu avec l'auteur n'était jamais arrivé à destination, mon ami m'en a commandé un exemplaire chez ma librairie de quartier. J'ai lu Tous ensemble, mais sans plus (édition Anne Carrière, 280 pages) en moins d'une journée. Sur les 14 nouvelles, j'en connaissais déjà une tirée de L'Etage de dieu. J'ai trouvé ces nouvelles très bien écrites (comme d'habitude), mais il y transparaît de la tristesse et un certain désenchantement sur les relations humaines. Il n'est pas facile de vivre en harmonie avec nos semblables sans qu'à un moment ou un autre les rapports de force, de "classe" (j'ose le mot), de différence de milieu social s'en mêlent, comme dans la nouvelle "Le monsieur de l'autre lit", dans laquelle une estime réciproque naît entre deux hommes avant que tout se termine en brouille sans espoir de réconciliation.

Georges Flipo donne parfois une chance à ses personnages pour qu'ils arrivent à s'entendre, comme dans "L'heure du bain" où Michel et Hélène (des personnes âgées) arriveront peut-être à faire un petit bout de chemin ensemble; mais il n'en donne pas à Yannick et Constance dans "Les choses du marais", au grand désespoir de mon ami. La nouvelle "Tous ensemble, mais sans plus" qui donne le titre au recueil narre la confrontation entre Raoul Noir, candidat sur un poste à pourvoir dans une entreprise de parfumerie, et Adrian Melzer, le DRH de la dite entreprise. Le CV (curriculum vitae) sans photo est digne d'éloges, Adrian croit avoir trouvé le candidat idéal sauf que... Raoul Noir est noir. Je vous laisse découvrir ce qui s'ensuit où tel est pris qui croyait prendre. Comme on sait que Georges Flipo est un passionné de l'Amérique du sud en général et du tango en particulier, il a écrit "Notre-Dame des Tandas" dans laquelle Pauline se retrouve à n'avoir comme partenaire de tango que des hommes bien mal en point physiquement et mentalement et qui ne savent pas danser. Pauline qui est venue seule repartira de même.

Parmi les 14 nouvelles, j'ai beaucoup aimé "Le naturalisme chez Zola" qui se passe pendant un oral du bac en français et où la candidate, Jessica Sainte-Rose, nous tire les larmes aux yeux quand elle raconte sa vie au professeur alors qu'au final celui-ci, beau joueur (je vous laisse découvrir pourquoi), lui met 20/20 pour sa prestation. Même moi, je m'y suis laissée prendre.

Ce recueil de nouvelles a été bien apprécié sur la blogosphère, je vous laisse découvrir ce que les blogueurs en ont pensé sur le site de l'auteur.

23 novembre 2012

Une place à prendre - J. K. Rowling

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Et bien oui, je me suis laissée prendre dans les mailles du filet "Rowling". N'ayant lu aucun Harry Potter, je n'avais pas une envie particulière de me plonger dans ce gros "pavé". Mais c''est parce que j'ai acheté ce roman, Une Place à Prendre (Editions Grasset), pour la bibliothèque "loisirs" dont je m'occupe (il y avait des demandes), que je l'ai feuilleté puis commencé et que je suis arrivée au bout des 680 pages comme un rien, au bout d'une semaine à peine. Car il faut reconnaitre que Mme Rowling sait captiver ses lecteurs et raconter une histoire avec de nombreux personnages, peu sympathiques à une ou deux exceptions près. J. K. Rowling semble avoir une vision noire et pessimiste de l'humanité (réaliste?). Il faut noter que certains des personnages les plus vulnérables ont une fin tragique.

De nos jours, à Pagford, petite ville du sud-ouest de l'Angleterre, Barry Fairbrother, un jeune notable, meurt d'un anévrisme. Il était né dans la cité ouvrière "Les Champs" (où les logements sociaux sont nombreux), aux abords de Yarvil, ville voisine et rivale de Pagford. Barry (1), qui se battait pour améliorer de la vie des gens en difficulté comme la jeune Krystal Weedon, était un des 16 membres du conseil paroissial de Pagford (très conservatrice). Une bataille électorale s'engage pour le remplacer. Parmi les habitants de Pagford impliqués dans la vie de la commune et les élections prochaines se trouvent Howard Mollison et sa femme Shirley, Miles, leur fils, et sa femme Samantha, Gavin Hugues et sa petite amie, assistante sociale, Kay Bawden (qui a une fille, Gaia), Ruth et Simon Price (ainsi que leurs deux fils), Parminder et Vikram Jawanda et leur trois filles, et enfin Tessa et Colin Wall ainsi que leur fils. Tout ce petit monde s'estime plus ou moins. Des jalousies et des rancoeurs font surface. Les enfants ne valent guère mieux que leurs parents. En revanche, ils sont presque tous d'accord pour estimer que la cité des Champs ne doit être plus dans leur juridiction et que la clinique Bellflower, qui traite les toxicomanes, doit fermer. Je le répète, Mme Rowling écrit un roman noir. On se sent un peu prisonnier dans Pagford (petite ville étriquée où tout se sait). J'ai vraiment apprécié ce roman que je comparerais, excusez du peu, aux romans victoriens comme ceux de Trollope avec tous ces personnages qui évoluent dans une unité de lieu et d'action. A part ça, je trouve que la couverture rouge et jaune n'est pas terrible.

Lire aussi les billets de Noukette, Catherine, Stephie, Manu, Yuko, Lystig, Le papou, Isa, Joelle, Mango, Brize et Sybille.

(1) Le prénom du décédé est bien Barry et non Brian comme je l'avais écrit par erreur (merci à Keisha qui me l'a signalé ci-dessous).

17 décembre 2012

Le serment des cinq Lords - Yves Sente et André Juillard / Le magasin des suicides - Olivier Ka et Domitille Collardey

 

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Dans Le serment des cinq Lords, nous retrouvons bien entendu Blake et Mortimer. L'histoire se passe entièrement en Angleterre en général et dans le musée Ashmolean à Oxford en particulier. Et il y a une nouveauté de taille par rapport aux "suites" précédentes: l'absence d'Olrik, l'ennemi juré de nos deux héros. Néanmoins, on peut noter la présence d'un personnage ayant réellement existé: Thomas Lawrence alias Lawrence d'Arabie, qui fait partie intégrante de l'intrigue, bien que mort avant que l'histoire commence. Il s'agit d'une histoire de trahison. Les cinq lords du titre, qui ont été des fans de Lawrence, vont être assassinés l'un après l'autre. Je dirais que l'histoire est gentillette. On est à nouveau très loin de l'univers apocalyptique d'Edgar P. Jacobs. Cela se laisse lire mais cet album paru aux éditions Blake et Mortimer (64 pages) n'est pas inoubliable.

 

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Après avoir bien apprécié le film d'animation de Patrice Leconte adapté du roman Le magasin des suicides de Jean Teulé, j'ai lu la BD d'Olivier Ka et Dimitille Collardey parue aux éditons Delcourt (c'est un cadeau de mon ami). Je dois dire que, bien que l'histoire soit proche du film (je n'ai toujours pas lu le roman), le graphisme, le décor, le dessin, la perspective n'ont rien à voir. J'ai été frappée par le nombre de desssins en contreplongée pour montrer l'intérieur du magasin et ses occupants à différents endroits en même temps. Le dessin, les couleurs sont plus ternes que dans le film. En revanche, il semble que la fin assez triste est similaire au roman. J'ai trouvé intéressant de lire la BD après avoir vu le film: deux visions très différentes pour une même histoire. J'avoue avoir préféré le film, plus coloré que la BD.

2 novembre 2012

Pourquoi être heureux quand on peut être normal? - Jeanette Winterson

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Après avoir lu un billet élogieux chez Aifelle, je me suis décidée à lire Pourquoi être heureux quand on peut être normal? de Jeanette Winterson (Editions de l'Olivier, 267 pages). Ceci n'est pas un roman mais le récit par l'écrivain de sa vie d'enfant adoptée au berceau (le mauvais berceau comme dit sa mère adoptive, Mrs Winterson, si peu charitable). Dans le nord de l'Angleterre, Jeanette va grandir entre cette femme (que Jeanette n'appelle jamais maman ou ma mère mais toujours "Mrs Winterson"), lectrice de la Bible et obsédée par l'Apocalypse, qui ne s'aime pas et n'aime pas non plus les autres, et son mari, Mr Winterson, personnage falot sans volonté propre. C'est l'histoire d'une petite fille qui s'épanouit grâce à la littérature: elle adore lire et écrire depuis toute petite. Elle se rend compte aussi qu'elle préfère les filles aux garçons, au grand désarroi de Mrs Winterson. C'est cette dernière qui prononce la phrase interrogative qui forme le titre de l'ouvrage. Jeanette Winterson ne se laisse jamais abattre. Ce n'est pas une histoire triste. Elle mène un combat qui va la faire devenir ce qu'elle est. Elle va faire des recherches pour retrouver sa vraie mère. Je vous laisse découvrir ce qu'il en est. Sauf erreur typographique, le point final est manquant à la fin du livre. Peut-être un peu moins enthousiaste qu'Aifelle (je n'ai pas été passionnée tout du long), je vous le conseille néanmoins, et ne manquerai pas de lire Les oranges ne sont pas les seuls fruits que l'auteur mentionne souvent.

12 octobre 2012

César doit mourir - Paolo et Vittorio Taviani

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Le 17 octobre 2012 va sortir sur les écrans César doit mourir des frères Taviani que j'ai vu en avant-première. Récompensé de l'Ours d'or au dernier festival de Berlin, ce film dure 1H15 minutes. J'avoue que je ne savais pas trop ce que j'allais voir, j'ai plutôt aimé. Ce film permet de voir une libre adaptation de la pièce Jules César de William Shakespeare jouée par des détenus (condamnés à de lourdes peines) dans la prison de haute sécurité de Rebibbia près de Rome. On assiste à des répétitions et à des bribes de la représentation proprement dite. Différents endroits de la prison servent de décors. A part le début et la fin du film qui sont filmés en couleur (c'est réaliste pour les réalisateurs), tout le reste est en noir et blanc (irréaliste). Selon le dossier de presse, c'est un moyen pour les Taviani de se sentir plus libres, de s'évader, d'inventer. Dans ce milieu clos, les réalisateurs ont en effet le talent de nous faire croire qu'il n' y a pas de barreaux. Et pourtant, des plans d'ensemble de la centrale ponctuant le film nous rappellent les lieux où se déroule l'histoire. On oublie aussi que ce sont des détenus qui sont les acteurs d'un soir. Je vous laisse découvrir la manière dont les réalisateurs les ont choisis. Il semble que ces hommes, venus de différentes régions d'Italie, utilisent leur propre dialecte en jouant leur texte. J'ai regretté de ne pas mieux connaître l'italien pour apprécier ce fait. Toujours est-il qu'à la fin du film le détenu qui interprète "Cassius", emprisonné à perpétuité (enfin je crois), déclare devant la caméra "Depuis que j'ai connu l'art, cette cellule est devenue une prison". Allez voir ce film qui vous donnera envie (comme à moi) de (re)découvrir le texte de William Shakespeare.

27 août 2012

Home - Toni Morrison

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Hier, dimanche 26 août, j'ai lu dans la matinée Home de Toni Morrison (Editions Christian Bourgois). En un mot, ce roman est une merveille de concision, d'écriture et de traduction. C'est le premier roman que je lisais de cet écrivain. Parmi les plus de 600 romans de la rentrée littéraire, je vous conseille absolument celui-ci. Home nous raconte pendant 150 pages les destins d'une fratrie afro-américaine, Franck Money et sa petite soeur Ycidra (dite Cee). Dans les années 50, à Lotus, en Georgie où se déroule l'essentiel de l'histoire, règnent la discrimination, la pauvreté, mais aussi surtout l'entraide. Toni Morrison a une grande maîtrise de la narration. J'ai été éblouie par la façon dont elle passe d'un personnage à l'autre, d'une situation à l'autre, avec quelques flash-back. Le roman se termine comme il commence, par un enterrement (le deuxième réparant l'indignité du premier). Entre les deux, nous suivons Franck, arrêté pour vagabondage (il n'a qu'une médaille de fantassin sur lui pour toute fortune) après être revenu meurtri de la guerre de Corée. Il va aller porter secours à sa soeur, Cee, qui est en danger de mort. Cette belle histoire entre un frère et une soeur ne tombe jamais dans le larmoyant. Je ne vous dévoilerai rien de plus.

21 octobre 2012

Et Nietzsche a pleuré - Irvin Yalom

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Ayant lu pas mal de critiques positives sur Et Nietzsche a pleuré (Livre de poche, 500 pages), je l'ai lu et me joins aux louanges. Une fois de plus, Irvin Yalom nous éblouit avec cette histoire qui se passe d'octobre à décembre 1882 à Vienne, en Autriche. On assiste à une confrontation (romancée) entre Friedrich Nietzsche et Joseph Brauer. Ce dernier est considéré comme l'un des fondateurs de la psychanalyse (Freud fut son disciple). Il vient de traiter un cas d'hystérie resté célèbre, celui d'Anna O., évoqué dans le roman. Nietzsche est sur le point de terminer sa liaison orageuse mais très chaste avec la très belle Lou Andréas Salomé (21 ans à l'époque) qui se partage entre lui et Paul Rée. De son côté, Joseph Brauer, très pris par son métier de praticien, s'interroge sur sa vie amoureuse avec sa femme Mathilde. Suite à une lettre puis à une rencontre avec Lou Salomé, Brauer accepte de rencontrer Nietzsche qui souffre d'horribles maux de tête et qui n'a pas encore écrit Ainsi parlait Zarathoustra. Une grande partie du roman relate les séances de thérapie entre Nietzsche et Brauer où le psychanalysé n'est pas celui qu'on croit. C'est intelligent et très accessible. Un excellent moment de lecture. Lire les billets d'eeguab et de Luocine.

21 août 2012

Karoo - Steve Tesich

 

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Karoo de Steve Tesich (1942-1996), publié aux Editions Monsieur Toussaint Louverture, est un roman étrange d'un écrivain américain d'origine serbe (il fut aussi scénariste) qui le termina peu avant son décès. Les 600 pages se lisent d'une traite. L'histoire se passe entre 1990 et 1991 aux Etats-Unis. Saul Karoo, la cinquantaine bedonnante, alcoolique, fumeur et asocial, ne sait pas aimer les gens autour de lui. Doté d'une mémoire auditive exceptionnelle (élément important pour l'histoire) mais écrivain médiocre (il le sait et l'assume), Karoo réécrit pour Hollywood les scénarios écrits par d'autres ou fait remonter des films déjà terminés (il mutile parfois des chefs-d'oeuvre). Séparé mais non divorcé de sa femme Dianah et père d'un fils adoptif (Billy), "Doc" Karoo devient attachant au long de cette histoire tragique qui se passe entre New-York, Los Angeles et Pittsburgh. On va découvrir Karoo, qui ne semblait pas éprouver de sentiment, rongé par le remords moral et la déliquescence physique dans les 100 dernières pages de ce roman narré à la première personne. Pendant cette histoire, on va faire aussi la connaissance du rire de Leila Millar (serveuse devenue actrice le temps d'un film) et de Jay Cromwell, producteur de films et homme mauvais assimilé au Néant (dixit Karoo). Ce roman, dense avec pas mal de rebondissements et que j'ai beaucoup aimé (même si j'ai un peu calé sur la toute fin), est aussi conseillé par Incoldblog.

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Ceci étant écrit, j'ai appris une nouvelle passionnante (?!) le 20 août 2012 en écoutant la radio: cela fait 20 ans qu'Amélie Nothomb nous gratifie d'un roman par an. Personnellement, je n'ai lu aucun de ses romans. J'en eu l'occasion mais pas le désir. Et vous?

8 septembre 2012

BLOG EN PAUSE...

A l'heure de la rentrée, moi je pars enfin pendant 3 semaines dans le Var. Programme: lecture, farniente, baignades, quelques visites.

J'emporte pas mal de livres mais je ne sais pas si j'aurai le temps de tous les lire.

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Le premier, Ouatann d'Azza Filali, m'a été chaudement recommandé par ma libraire du coin de la rue [chroniqué le 06/10/2012].
J'ai commencé Au bon roman de Laurence Cossé (prêté par une amie): très bien [idem].
Mon troisième Bill Bryson, Motel Blues: je m'en réjouis par avance [idem].
Et deux romans de la rentrée littéraire: Le Sermon sur la Chute de Rome de Jérôme Ferrari [chroniqué le 30/09/2012] et L'embellie d'Audur Ava Olafsdottir [chroniqué le 02/12/2012].

En en mon absence, mon "secrétaire de rédaction et stastisticien" préféré tiendra les rênes du blog. Et n'hésitez pas à faire des commentaires ou à aller au cinéma:

Voici quelques films vus très récemment et que je n'ai pas eu encore le temps de chroniquer:

L'étrange pouvoir de Norman de Chris Butler, avec des morts-vivants qui ne font même pas peur: un dessin animé très sympa.

Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer, dans lequel Jean-Pierre Bacri fait des étincelles face à un Claude Rich savoureux. En revanche, les personnages féminins sont assez sacrifiés, et elles n'arrêtent pas de fumer [chroniqué le 03/10/2012].

Enfin, Monsieur Lazhar, film canadien de Philippe Falardeau, avec Fellag qui joue remarquablement un prof de français dans un collègue de Montréal en remplaçant au pied levé une jeune enseignante qui s'est pendue [idem].

Je ne manquerai pas de faire un billet sur ces trois films à mon retour.

A bientôt, fin septembre.

4 juin 2012

Le problème Spinoza - Irvin Yalom

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Tout d'abord, je voudrais adresser un immense merci à Dominique, toujours de bon conseil, qui nous a vanté les qualités du roman Le problème Spinoza d'Irvin Yalom (Galaade Editions, 640 pages). J'ai été assez enthousiasmée par cette lecture. Ce roman est publié chez un éditeur que je ne connaissais pas et je n'avais encore rien lu de cet écrivain. C'est le genre de roman grâce auquel on a l'impression d'être un peu plus cultivé et intelligent après l'avoir terminé. Je ne suis pas très portée sur la philosophie, ce que je regrette. Tout le monde connaît le nom de Spinoza, je ne suis pas sûre que beaucoup l'ait lu. Irvin Yalom, sous couvert de cette histoire, rédige quasiment un ouvrage de vulgarisation sur la pensée de ce philosophe qui a écrit tous ses ouvrages en latin. Né au 17ème siècle, dans une famille juive portugaise sépharade, Baruch (Bento [en portugais] ou Benedictus, "Béni") Spinoza, fut excommunié à 23 ans, en 1656, par la communauté juive d'Amsterdam (où il vivait), car il remettait en cause, par exemple, que "Dieu [soit] un être vivant et pensant, qui pense comme nous et qui pense à nous", et beaucoup d'autres questions de cet ordre. Il fut considéré comme athée. Spinoza a eu de nombreux admirateurs comme Goethe, Einstein, et Alfred Rosenberg, ce dernier resté tristement célèbre pour avoir été l'un des théoriciens du nazisme en prônant l'éradication des Juifs d'Europe.

D'ailleurs, Rosenberg est le deuxième personnage central de ce roman qui alterne deux récits. D'une part, Spinoza en 1656 au moment de son excommunication et ce qui s'ensuivit. D"autre part, Alfred Rosenberg, Allemand vivant en Estonie, découvre à l'âge de 16 ans en 1910, alors qu'il était déjà devenu un antisémite pur et dur, le juif Spinoza (et son ouvrage le plus célèbre, L'éthique) par l'intermédiaire de deux professeurs qui espèrent ainsi (en vain) le faire changer d'opinions. En 1940, Rosenberg devenu Reichsleiter confisquera la centaine d'ouvrages qui composaient la bibliothèque de Spinoza à Rijnsburg près d'Amsterdam dans le petit musée qui lui est consacré. A la fin de la guerre, la presque totalité de ces ouvrages ont été retrouvés et ont été remis leur place.

J'ai lu ce très bon roman en une petite semaine. Je le conseille vraiment. Je pense que je lirai Et Nietzche a pleuré du même écrivain qui est aussi psychothérapeuthe. [chroniqué le 21/10/2012]

PS: je note tout de même que Spinoza n'était pas progressiste au sujet de la condition de la Femme.

26 mai 2012

Tout le monde n'a pas le destin de Kate Middleton - Fred Ballard / Le retour du Général - Benoît Duteurtre

Voici deux romans français distrayants chacun dans leur genre. Ce n'est pas de la grande littérature, mais, de temps en temps, cela fait du bien de faire marcher ses zygomatiques.

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En l'occurrence, vous ne devriez pas résister à Tout le monde n'a pas le destin de Kate Middleton de Fred Ballard (Pygmalion, 300 pages) chroniqué par quelques blogueuses, dont Cathulu chez qui je l'avais découvert. Capucine Guillon (c'est le patronyme de son 1er mari), née Poute, est rédactrice de questions pour jeux télévisés. Elle est surtout la mère de trois garçons adolescents (nés de trois pères différents): Paul, Emile, et Victor. Habitant avec ses trois fils dans un 63 m2 en banlieue, Capucine (qui se trouve trop grosse) a des fins de mois difficiles. L'histoire se déroule sur toute une année fertile en rebondissements. Chaque chapitre représente un mois. J'avoue avoir beaucoup ri à certaines situations qui sont assez irrésistibles mais dont Capucine se sort très bien. Comme Cathulu, j'ai retenu l'épisode du "trikini" quand Capucine part en Bretagne après avoir fait cet achat de dernière minute sans savoir s'il lui irait. Sans dévoiler la fin, Capucine deviendra peut-être célèbre en costume bigouden sur des boîtes de galettes bretonnes: tordant vous-dis-je. Fred Ballard (c'est une femme) est journaliste à France Bleu.

 

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Je passe au roman suivant que je qualifierais de fable. Il s'agit de Le retour du Général (Folio poche, 210 pages) de Benoît Duteurtre. L'histoire commence de nos jours, un 13 mai à Paris. Le narrateur est réfractaire à cette manie du tout "sécurité" qui sévit dans notre société actuelle comme dans les gares, sur les ponts, près des guichets dans le métro où on remarque les patrouilles de police et l'armée. Tout cela ne l'empêche pas d'aimer déambuler au quartier latin (là où il habite) et d'entrer dans un bistrot afin de déjeuner au bar en savourant d'avance un oeuf mayonnaise (composé de 3 moitiés d'oeuf dur) surmonté de mayonnaise "maison". Mais catastrophe, à cause d'une directive de Bruxelles et d'une nouvelle norme d'hygiène, la mayonnaise est faite industriellement. A partir de là, le narrateur décide de mener la révolution de l'oeuf mayonnaise. Ceci n'est que le début du roman dans lequel le Général de Gaulle revient parmi les vivants, tel Hibernatus (son film préféré), lors d'une allocution à la télévision. Il rêve de mener une bataille pour la "grandeur de la France", pour que celle-ci "soit vraiment libre, Halte à la dictature de l'économie de marché", "Vive l'Europe des nations, Vive l'Europe des différences, Vive la mayonnaise aux oeufs frais" (p.69). On sent que l'auteur regrette l'orientation économique que prend l'Europe en général et la France en particulier. Il souhaiterait peut-être revenir à ce qu'a été la France dans les années 60 mais avec des choses au goût du jour comme "la dépénalisation de certaines drogues douces, la déréglementation de l'oeuf mayonnaise, droit une mort paisible assistée médicalement..." (p.115). Cette "fantaisie romanesque", comme c'est écrit en 4ème de couverture, constitue une lecture agréable qui fait réfléchir. J'ai trouvé la fin du roman assez pessimiste, espérons que l'on n'en arrivera pas là.

23 avril 2012

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire - Jonas Jonasson

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Quand vous parcourez la 4ème de couv' de ce roman, vous n'avez qu'une vague idée de ce que raconte vraiment Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson (Editions Pocket, 500 pages). En mai 2005, Allan Karlsson, qui refuse de fêter ses 100 ans avec les vieux séniles de la maison de retraite où il a été admis trois semaines plus tôt, s'enfuit en sautant par une fenêtre. Il prend un car (entretemps il se retrouve avec une valise pleine d'argent), rencontre Julius, un vieux kleptomane, puis Benny, marchand de saucisses surdiplômé, et enfin Gunilla, une jeune femme pleine de tempérament qui vit avec une éléphante, Sonja, et un berger allemand, Buster. Par suite de divers concours de circonstances, il devient un fugitif poursuivi par les propriétaires de la valise et par un inspecteur de police. Tout ceci n'est rien comparé à la vie d'Allan entre l'année de sa naissance et 2005. Je vous laisse découvrir les nombreuses péripéties qui émaillent le récit. En effet, Allan, bien que considéré comme débile léger, fut et reste un artificier très doué qui a croisé la route du général Franco, d'Harry Truman, de Staline et de Beria, de Mao Tsé Toung (et de son épouse), de Kim Il-sung (Corée du nord), et de quelques autres, sans parler du fait qu'il est devenu un grand ami d'Herbert Einstein (demi-frère inconnu d'Albert). Allan semble être en toute simplicité l'inventeur de la bombe atomique. Espion de l'Est et de l'Ouest tout à la fois, il est aussi l'artisan des premiers accords de désarmement SALT. Allan se sort des situations des plus inextricables avec une grande facilité. Quelle vie bien remplie! Le style du roman est enlevé, on sourit souvent. C'est un excellent roman que je vous conseille.

2 avril 2012

Le diable dans la ville blanche - Erik Larson

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Après avoir lu plusieurs billets plutôt flatteurs (Keisha par exemple, Clara, Ys ou Neph) sur cet ouvrage, je me suis procuré d'occasion très récemment Le diable dans la ville blanche d'Erik Larson (Edtion Le Cherche Midi). Pendant le temps d'un un week-end, je me suis transportée pendant plus de 600 pages en 1892-1893 à Chicago, à l'occasion de l'Exposition universelle de Chicago, ville qui est devenue pendant 6 mois la capitale du monde. A la même époque, dans cette ville et plus tard dans d'autres endroits des Etats-Unis, a sévi Herman Webster Mudgett, qui s'est fait connaître sous le nom de H. H. Holmes, un des plus grands tueurs en série de l'histoire: il aurait 29 victimes à son actif. Après l'exposition universelle de 1889 à Paris qui est restée dans les mémoires (la Tour Eiffel), Chicago sur le lac Michigan, qui avait presque été entièrement détruite en 1871 par un incendie, voulait rivaliser avec les villes de l'est (New-York, Washington). C'est grâce à Danie Burnham, très grand architecte, que le pari a été gagné. Chicago, une ville à l'apparence noire et crasseuse, peu sûre, qui vivait beaucoup des abattoirs, est devenue une ville resplendissante (les bâtiments de l'expo contruits pour l'occasion ont été peints en blanc). Eric Larson, qui est journaliste, a fait un travail impressionnant de recherche pour nous évoquer cette période. J'ai été autant passionnée par la partie "création de l'exposition", avec tous les aléas plus ou moins graves qui sont apparus, que par les actes barbares commis par H. H. Holmes, homme séduisant au regard magnétique qui fut autant un escroc qu'un assassin. Un livre que je vous recommande.

24 janvier 2012

Au cirque Alexis Gruss en matinée (bis)

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Comme l'année dernière, j'ai eu le plaisir de retourner au cirque Alexis Gruss (où trois générations de cette famille sont sur la piste) qui présente son 38ème spectacle, "Empreintes", qui nous fait remonter aux origines du cirque avec toute une première partie consacrée aux chevaux évoluant sur la piste. Ils avancent avec une certaine cadence, reculent, sautent par dessus des obstacles ou des rubans. Ils galopent avec des cavalier(ière)s comme Gypsy Gruss qui monte en amazone. On assiste à des numéros de haute école et à d'autres plus périlleux. La seconde partie nous fait admirer des numéros comme celui de l'éléphante qui devient coiffeuse. Il y a aussi par exemple du contorsionisme, du jonglage, de la montée sur un mât chinois ou de l'équilibre sur une échelle (libre). J'ai trouvé le spectacle de cette année supérieur à celui de l'année dernière. Il se donne jusqu'au 4 mars 2012 au bois de Boulogne près de la porte Passy. Pour ceux qui en ont la possibilité, allez-y même si les places sont un peu chères. Dans deux ans, le cirque Gruss fêtera ses 40 ans, cela promet d'être grandiose.

PS: mon ami a été interpellé par le fait qu'il n'y existe pas de "coin librairie" avec d'innombrables livres sur le cirque (y compris pour enfants), alors même que le livre de Gispy Gruss peut être dédicacé en coulisse. Peut-être une idée à creuser?

21 décembre 2011

17 filles - Delphine et Muriel Coulin

FestAut01 J'ai été voir vendredi dernier 17 filles, avant-dernier film du Festival d'automne initié par Chris. Je l'ai trouvé long (et pourtant il ne dure qu'1H30). J'avoue ne pas avoir été intéressée par les envies de grossesse de lycéennes de 17 ans vivant à Lorient. Cette ville est montrée de manière peu accueillante et l'on peut comprendre que des jeunes filles qui se cherchent soient tentées par y avoir un bébé. D'ailleurs, il suffit qu'une des filles, Camille, tombe enceinte, pour que d'autres aient envie de tenter l'expérience. Elles décident d'élever leurs enfants ensemble loin des parents. Elles ne veulent pas entendre parler des difficultés qui les attendent. Parmi les adultes, c'est l'incompréhension. J'ai surtout remarqué le désarroi du directeur du lycée (Carlo Brandt, dans un rôle quasi-muet, a l'air de se demander pourquoi il est là). Et en tout, 17 filles se retrouvent enceintes en continuant de fumer des joints. Elles ne se posent pas de questions sur les maladies sexuellement transmissibles. Bien entendu, à la fin, tout ne se termine pas comme prévu pour l'une d'elle. C'est tiré d'une histoire vraie qui s'est passée aux Etats-Unis. Je ne m'attendais à rien. Et en effet, 17 filles ne m'a pas apporté grand-chose.

9 décembre 2011

Carnage - Roman Polanksi

FestAut01 [Festival d'automne animé par Chris]. Comme je l'avais annoncé, voici donc un film qui ne m'a pas trop convaincue. Carnage réalisé par Roman Polanski est l'adaptation de la pièce de théâtre de Yasmina Reza, Le dieu du carnage, que j'avais vue lors de sa création. Le film dure 1H20 (à peu près comme la pièce). Cette durée m'a parue bien suffisante pour ce crépage de chignon d'un quatuor d'adultes. A New-York, deux jeunes garçons d'une même bande se sont battus. L'un des deux y a laissé deux incisives. Les parents catastrophés essayent de trouver un arrangement à l'amiable. Ils se sont réunis dans l'appartement des parents de l'"agressé". Ces personnages aux manières très policées font partie de la bourgeoisie bien-pensante. Pourtan,t très rapidement, des propos aigre-doux sont échangés souvent interrompus par la sonnerie du téléphone portable de l'un des deux pères qui est avocat. Le fait marquant qui fait s'envenimer les choses est quand la maman de l'"agresseur" vomit (stress?) sur les catalogues d'exposition (épuisés et introuvables) appartenant à la mère du jeune "agressé". Je reconnais que la mise en scène est brillante, et les acteurs tous excellents sont très bien dirigés (Jodie Foster, Kate Winslet, Christopher Waltz, John C. Reilly), mais je trouve que les dialogues et la dramaturgie en général sont assez faiblards. Le fait que la pièce est traduite en anglais ne la bonifie pas. Dans la salle où j'étais, des spectateurs riaient et avaient l'air contents. Je vous laisse juge.

12 décembre 2011

Manchette/Tardi - La position du tireur couché / Ô dingos, Ô chateaux

Les romans de Jean-Patrick Manchette inspirent Jacques Tardi. Preuve en est avec La position du coureur couché et Ô dingos, Ô châteaux que je vais évoquer. Mon ami se chargera plus tard du Petit bleu de la côte ouest. [cf. billet du 02/02/2012].

Jean-Patrick Manchette (1942-1995) fut considéré comme le père spirtituel du néo polar. Les histoires qu'il raconte sont noires, très noires. Tous les personnages ont des zones d'ombre. Ils sont pour la plupart psychopathes, asociaux, tueurs. Tout se termine plutôt mal en général. Il a aussi écrit pour le cinéma dont La guerre des polices de Robin Davis, Trois hommes à abattre de Jacques Deray, Légitime violence de Serge Leroy, La Crime de Philippe Labro entre autres.

Concernant Jacques Tardi, je l'ai découvert dans ses adaptations en BD des romans de Léo Malet. Je les ai tous en ma possession. J'apprécie son trait de crayon en noir et blanc, la façon qu'il a de dessiner les personnages et les arrière-plans. Les femmes se ressemblent beaucoup, brunes en général et rarement sympathiques quand elles n'ont pas "un grain".

Les albums de 100 pages sont publiés aux Editions Futuropolis.

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Dans La position du tireur couché (BD parue en 2010, roman datant de 1981), Martin Terrier est un tueur à gages qui veut se retirer des affaires après un "contrat" qui l'a mené en Irlande. Ce n'est malheureusement pas simple car un individu nommé Cox qui l'emploie ne veut pas le lâcher. En outre, sa petite amie dont il vient de se séparer est sauvagement assassinée ainsi que son chat. Martin mène l'enquête où il renoue avec une femme qu'il aime depuis toujours (mais cette dernière ne l'a pas attendu). Il va se retrouver contraint de faire un dernier "coup" en assassinant un homme politique. C'est vers la fin de l'histoire que l'on comprend le titre de l'album qui est fidèle au roman de J.P. Manchette. Noir, très noir.

 

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Ô dingos, Ô châteaux (2011 / 1972) raconte la fuite d'une jeune femme et d'un gamin, qui lui a été confié, traqués par un tueur nommé Thompson, très mal en point physiquement. Julia Ballanger, sortie d'un asile psychiatrique, est engagée par un dénommé Hartog (devenu maître de la fortune de son frère défunt) afin de veiller sur son neveu Peter. Comme le dit son chauffeur, Hartog est entouré d'êtres "tarés". Peu de temps après, Julia et Peter (un gamin insupportable) sont enlevés. Julie est une fille courageuse qui n'a pas peur d'utiliser un pistolet si besoin est. Elle arrive à se libérer de ses ravisseurs et la traque commence, qui l'emmène jusqu'à une tour Maure. La confrontation finale est assez "gore".

Les deux histoires, se déroulant à la fin des années 70-début des années 80, permettent à Tardi de dessiner des DS et autres Renault 16, et certains endroits de Paris que j'ai bien reconnus. 

Deux BD à lire et à offrir.

8 décembre 2011

Shame - Steve McQueen

FestAut01 [Festival d'automne animé par Chris]. Après Hunger (que j'avais beaucoup aimé), voici le nouveau film de Steve McQueen, plasticien de formation qui est en train de devenir un réalisateur avec lequel on doit compter. Shame (qui veut dire "Honte" en français) se passe à New-York. Brandon, la trentaine, bel homme, est un drogué... du sexe. Sa vie se résume à regarder et lire tout ce qui existe sur ce sujet, à fixer des femmes dans le métro, et à se donner du plaisir en solitaire, au travail, chez lui ou ailleurs. Il semble exercer la profession de consultant dans une société. Il n'a aucune vie sociale, il ne ressent rien, n'éprouve aucun sentiment. Seule son envie irrésisitible de sexe régit sa vie quotidienne. Même quand sa soeur fait irruption à l'improviste dans son appartement et sa vie, espérant renouer des liens familiaux qui étaient relâchées, leurs relations restent distantes. Quand il a des velléités de laisser tomber cette vie morne, on se prend à espérer que quelque chose va changer, mais non. Le film se termine avec Brandon au milieu d'un espace vide. Il y a une grande distanciation de la part du réalisateur pour le personnage de Brandon que, personnellement, je plains beaucoup. Il ne se dégage aucune émotion dans ce film, je pense que c'est voulu, je l'ai apprécié pour cela. Devant la caméra de McQueen, le sexe est triste, c'est un exercice physique comme un autre qui apporte plus de souffrance que de plaisir. Il faut voir le rictus de Brandon (Michael Fassbinder) lors d'une longue scène de sexe à trois. L'acteur, qui a reçu le prix d'interprétation au dernier festival de Venise, crève littéralement l'écran. Son anatomie ne peut pas laisser indifférent... Shame n'est pas une oeuvre tout public, il est interdit aux moins de 12 ans, c'est justifié. Shame m'a beaucoup mieux plu que le film dont je parlerai demain.

24 décembre 2011

Héritage - Nicholas Shakespeare

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Héritage de Nicholas Shakespeare (Editions Grasset, 420 pages) est un roman qui m'a bien plu car il ne raconte pas seulement l'histoire d'un homme, Andy Larkham (il travaille dans une maison d'édition), qui hérite du jour au lendemain de 17 millions de livres sterling, avec toutes les conséquences qui s'ensuivent. En effet, Héritage narre surtout pour grande partie la vie de Christopher Madigan qui, par testament, a légué sa fortune à ceux et celles qui assisteraient à son enterrement (c'est le cas d'Andy qui s'est trompé d'enterrement). Christopher Madigan, né Krikor Makertich à Alep de parents arméniens ayant fui le génocide de 1915, avait fait fortune dans l'acquisition de mines de fer en Australie. On suit donc l'itinéraire de cet homme au sens du commerce développé mais dont la vie privée connut des aléas. D'ailleurs, sa fille unique n'hérite de rien et l'on comprend pourquoi en lisant ce roman que j'ai trouvé d'une lecture agréable. Je vous le recommande.

14 novembre 2011

Solaire - Ian McEwan

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Depuis 5 mois, Solaire de Ian Mc Ewan (390 pages, Editions Gallimard) traînait sur ma PAL. Je m'y suis reprise à deux fois pour le commencer, je n'arrivais pas à "entrer" dedans, et puis j'ai lu ce roman pratiquement d'une traite. Il est plaisant et parfois drôle (ce n'est pas courant chez Mc Ewan). En 2000, Michael Beard, 53 ans, petit, gros et chauve (mais qui plait aux femmes plus jeunes), ancien Nobel de physique (sur la "colligation Beard-Einstein"), voit son 5ème mariage avec Patrice (c'est un prénom féminin) partir à vau-l'eau. Patrice le trompe avec un maçon. Pendant ce temps là, dans le cadre de son soutien à un projet gouvernemental à propos du réchauffement climatique, Beard part en expédition au Pôle Nord (je vous laisse découvrir ses mésaventures assez savoureuses). Cette première partie se termine de façon assez amorale avec un homme condamné à 16 ans de prison pour un crime qu'il n'a pas commis. Cinq ans plus tard, en 2005, Beard, divorcé, a une liaison avec une jeune femme, Melissa, qui lui annonce qu'elle est enceinte de ses oeuvres. Beard, qui a des problèmes de santé à cause de son embonpoint, continue de mener une vie agitée avec  les conférences qu'il donne sur l'énergie solaire. Il se retrouve même à la tête d'un centre de recherches sur ce sujet. N'ayant jamais voulu être père, il essaye en vain de convaincre Mélissa de se faire avorter. En 2009, Michael devenu le papa d'une petite Catriona se retrouve aux Etats-Unis dans une contrée désertique où il dirige un projet de panneau solaire en expérimentation. Un problème se pointe en la personne d'un avocat.

Pour résumer ce roman, c'est l'histoire d'un homme, de ses lâchetés, de ses amours et de ses "emm...". Le personnage de Michael Beard, qui n'est pas très sympathique de prime abord, devient attachant sous la plume de Ian McEwan. Après Samedi qui m'avait bien plu et Sur la plage de Chesil qui m'avait déçue, Solaire fut un moment agréable de lecture. Lire le billet de Keisha.

30 septembre 2011

La fille du fossoyeur - Joyce Carol Oates

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J'ai été assez vite séduite et transportée par l'histoire de La fille du fossoyeur de Joyce Carol Oates (Collection signature, éditions du Seuil, 690 pages). C'est l'histoire sur 60 ans de la vie d'Hazel Jones, née Rebecca Schwart en 1936 sur un bateau en provenance d'Europe. Elle est la fille de Jacob et Anna, juifs allemands qui ont fui le nazisme. Rebecca, ses 2 frères Herschel et Gus et leurs parents mènent une nouvelle vie misérable aux Etats-Unis, en s'installant dans une maison en pierre située dans un cimetière d'une petite ville de l'Etat de New-York. De professeur de mathématiques en Allemagne, Jacob devient le fossoyeur du cimetière. C'est un homme violent qui est devenu amer. La mère souffre d'une sorte de dépression. Les enfants pâtissent. Devenue orpheline à 13 ans de façon tragique, Rebecca commence une nouvelle vie chaotique. Après la violence de son père, elle subira, très jeune, la violence conjugale en la personne de Niles Tignor avec qui elle aura un petit garçon, Niley (devenu Zack). Mais Rebecca/Hazel est une battante qui arrivera à vaincre les coups du sort grâce à son obstination (même si elle n'oublie pas ses origines). Sous sa nouvelle identité, elle connaîtra même l'amour et la douceur d'un homme, Chet Gallagher, pianiste de jazz. Ce très beau et ample roman est le deuxième de cet écrivain que je lis. Je vous le conseille. Quand vous le commencez, vous ne le lâchez plus.

21 septembre 2011

Du domaine des murmures - Carole Martinez

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Pour le moment, j'ai décidé de ne pas trop me laisser tenter par la rentrée littéraire, ayant plusieurs PALs à écluser. Néanmoins, j'ai lu Du domaine des murmures de Carole Martinez (suite au billet d'Aifelle). Après Le coeur cousu qui m'avait beaucoup plu, j'ai été plutôt conquise par Du domaine des murmures (Editions Gallimard, 200 pages). J'ai été en particulier sous le charme de l'écriture de Carole Martinez et de son récit à la première personne du singulier. Quand l'histoire commence, l'héroïne, Esclarmonde, est morte. C'est donc un fantôme qui nous parle. En 1187, cette jeune femme de 15 ans, fille d'un riche seigneur du domaine des Murmures, a décidé de vivre emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château avant de même dire oui le jour de ses noces. Elle devient une sorte de sainte, de prophétesse que les gens alentour consultent. On lui prête des dons extraordinaires. Cette histoire peut se lire comme un conte sur la violence que les hommes exercent sur les femmes. Je ne sais pas s'il faut être croyant(e) ou non pour l'apprécier. En tout cas, choisir ce sujet et cette époque n'est pas banal. A vous de juger. Voir aussi les billets de Kathel, de Clara et de Lou.

PS du 08/11/2011: Je viens d'apprendre que Du Domaine des Murmures de Carole Martinez venait de recevoir le Prix Goncourt des Lycéens 2011 (la jeune génération a du goût).

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