Le blog de Dasola
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26 juin 2011

L'inspecteur Columbo est mort

Eh oui, j'ai appris cette triste nouvelle concernant Peter Falk (1927-2011). Il a incarné l'inoubliable inspecteur pendant plus de 30 ans avec sa vieille gabardine, sa Peugeot 403 hors d'âge, sa femme (que l'on ne voyait jamais), son cigare (éteint?) et son chien, un basset artésien, les oreilles au vent. Il arrivait à attraper chaque fois le coupable avec une de ses fameuses phrases restée dans les mémoires: "Ah, encore un petit détail...". Il ne faut cependant pas oublier que Peter Falk a interprété beaucoup d'autres rôles et qu'il fut un ami de John Cassavetes. Il a joué dans deux films de ce dernier: Husbands (1970) et Une femme sous influence (1976). Les deux hommes ont aussi formé un tandem dans un film d'Elene May, Mickey & Nicky (1976). Je retiens par ailleurs un film de Robert Aldrich, Deux filles au tapis (il était l'entraîneur de deux catcheuses), Un cadavre au dessert de Robert Moore (1976), un film méconnu de Sydney Pollack, Un château en enfer (1969), Cookie de Susan Seidelman (1989) et dans Les ailes du désir de Wim Wenders (1987). Un acteur attachant est parti. Je viens de l'apercevoir (dans une courte apparition) dans un film de 2001 diffusé hier soir sur France 4, Les aventuriers du monde perdu.

30 avril 2011

L'étrangère - Feo Aladag

Encensé par la critique, le film allemand L'étrangère de Feo Aladag, sorti il y a une semaine, raconte une histoire tragique ponctuée par des moments de tendresse, mais la fin m'a parue prévisible. En Turquie, Umay, âgée de 25 ans, très malheureuse en ménage, prend son petit garçon Cem avec elle et quitte son mari qui la bat. Elle repart à Berlin, en Allemagne, où vivent ses parents qui l'accueillent d'abord avec joie. Quand ils découvrent qu'Umay ne repartira pas auprès de son mari, l'ambiance se gâte. Les deux frères et la soeur d'Umay lui en veulent beaucoup, ainsi que ses parents, qui deviennent indifférents vis-à-vis d'elle. Leur unique but est de séparer Umay de Cem pour que ce dernier reparte auprès de son père. Umay devient le déshonneur de cette famille très intégrée dans la communauté turque berlinoise. Une réplique du père en dit long: "Ah si elle était un garçon". Néanmoins Umay (la si jolie Sibel Kekilli), longue liane élancée, ne baisse pas les bras pour garder son petit garçon. Elle trouve un travail, reprend des études et rencontre même un homme charmant qui a le béguin pour elle. Malheureusement, suite à quelques scènes terribles, on devine que les choses ne vont pas s'arranger. Même Berlin filmée souvent de nuit apparaît comme une ville menaçante. Je trouve qu'il y a une scène de trop qui rend le film un peu démonstratif, celle où l'on voit le père et ses deux fils pleurer: j'ai pressenti la séquence finale. Ceci mis à part, le film me paraît quand même réussi. La réalisatrice ne fait aucune concession à certaines traditions ancestrales pesant sur les individus et plus particulièrement sur les femmes. En revanche, il faut noter que la religion est relativement peu évoquée. Je ne suis pas prête d'oublier la dernière séquence. Un film que je vous conseille.

12 mai 2011

Détective Dee (et la flamme fantôme) - Tsui Hark

Voici un film distrayant, haletant, beau à regarder... Je n'ai pas vu passer les deux heures que dure Détective Dee de Tsui Hark. L'histoire se passe en l'an 689 en Chine, année pendant laquelle la première impératrice de Chine doit monter sur le trône. C'est la première et dernière fois qu'une femme régnera seule et en son propre nom sur cet immense empire. Afin de célébrer dignement cet événement, un stupa (bouddha) géant de 120 m de haut est construit. Les ouvriers s'affairent sous les ordres d'un contremaître qui meurt tout à coup dans d'horribles souffrances: son corps se consume de l'intérieur. D'autres suivront. La future impératrice fait appel au Détective Dee, dont elle reconnait les qualités d'enquêteur, bien qu'elle l'eût fait emprisonner 8 ans auparavant car il s'était opposé à elle. Les adversaires auxquels Dee doit faire face sont nombreux et revêtent plusieurs visages ou apparences. Il y a de beaux morceaux de bravoure comme le combat avec des cerfs, des insectes venimeux, des hommes masqués qui virevoltent dans un monde souterrain. Dee affronte une femme qui se mue en homme, un homme balafré, un homme albinos (qui se trouve être un allié) et une future impératrice sans pitié. Dee est un personnage qui a vraiment existé, et il a servi d'inspiration à Robert Van Gulik pour son détective Ti dont je vais m'empresser de relire quelques enquêtes. Détective Dee, servi par de bons acteurs, constitue un agréable divertissement.

18 avril 2011

Incendies - Denis Villeneuve

Avant de reparler de films sortis plus récemment et de refaire un billet "livre", je voulais évoquer un film projeté depuis trois mois dans toutes les bonnes salles et que j'ai enfin vu: Incendies de Denis Villeneuve. C'est un très très grand film primé de nombreuses fois (et nominé aux Oscars 2011) que je vous recommande absolument. D'ailleurs, je ne suis pas la seule. Voir le billet de Yohan. Adaptée d'une pièce de théâtre qui fait partie d'une quadrilogie écrite par Wadji Mouawad (parue aux Editions Papier Actes Sud et Babel), cette tragédie à l'antique vous prend aux tripes. Au Canada, Narwal Marwan, une femme de 60 ans, vient de décéder en laissant à ses jumeaux, Jeanne (mathématicienne) et Simon, deux lettres à remettre à leur frère (dont ils ignoraient l'existence) et à leur père (qu'ils n'ont jamais connu, ne sachant pas s'il est mort ou vivant). C'est Jeanne qui décide la première de partir sur les traces de sa mère et de son frère dans un pays du Moyen-Orient. Le film est découpé en plusieurs chapitres dans lesquels on fait connaissance de Nawal (grâce à des flash-backs très habilement amenés) et de toutes les horreurs qui lui sont arrivées: à la fin des années 60, Nawal se retrouvant enceinte sans être mariée, elle fut obligée d'abandonner son fils à la naissance. Devenue une meurtrière par conviction politique, elle fut emprisonnée pendant 15 ans. Auparavant elle fut témoin d'au moins un massacre. En prison, elle fut violée et humiliée mais elle a survécu. Des séquences restent en mémoire: le petit garçon au regard terrible à qui on tond les cheveux, l'explosion d'un car plein de cadavres mitraillés, une cellule de prison où des femmes ont croupi pendant des années, sans parler de Simon qui devine, grâce à une formule mathématique, la terrible vérité. Il faut ajouter que les acteurs sont tous remarquables. A la fin de la projection du film qui dure 2H10, les spectateurs semblaient très touchés. Un grand moment de cinéma. Je n'ai plus qu'à lire la pièce de théâtre qui, sur scène, dure 4 heures.

31 mars 2011

Easy money - Daniel Espinosa

Le 16 mars 2011, j'ai vu, en avant-première, Easy Money (le titre original est Snabba cash) de Daniel Espinosa (né en Suède mais d'origine chilienne par ses parents). L'affiche ne m'inspirait pas plus que cela et je m'attendais à un simple film policier avec des bons, des méchants et pas mal de coups de feu. Et bien pas tout à fait. D'abord, ce film policier (sorti cette semaine, le 30 mars) est suédois. Le scénario est adapté d'un roman (paru en Presse Pocket) de Jens Lapidus (que je ne connais pas du tout). On y suit l'itinéraire de trois hommes impliqués dans un trafic de drogue à grande échelle: JW, un jeune Suédois, beau gosse, fréquente des gens aisés en faisant croire qu'il est issu du même milieu qu'eux alors qu'il vit dans une chambre d'étudiant et fait le taxi pour payer ses études; un Serbe, Mrado, tueur à gages, qui se retrouve à garder sa fille (la mère étant incapable de le faire); et un latino, Jorge, qui vient de s'évader de prison. Avant de s'enfuir de Suède, ce dernier prépare un gros coup: importer une grande quantité de cocaïne. Mais lui aussi a une famille: sa soeur, mariée à un Suédois, attend un bébé. J'ai trouvé que le film était un peu long à démarrer et je me demandais qui était qui, et puis, au fur à mesure du déroulement de l'histoire, on se retrouve dans l'intimité de ces trois personnages avec leurs états d'âme, leur code de l'honneur, leurs doutes. Sans les défendre, on arrive à être proche d'eux. A part l'une des dernières séquences avec une fusillade, la violence n'est pas trop présente dans ce film où l'on peut noter quelques moments de tendresse. La relation de Mrado avec sa fille m'a touchée. Les acteurs, qui me sont inconnus, jouent avec justesse. Dans le dossier de presse, il est dit que certains sont des non-professionnels. Ce polar nordique qui a été un triomphe dans son pays (1 Suédois sur 9 l'a vu!) montre un nouveau souffle du cinéma suédois. Un remake américain est déjà prévu. Je vous conseille ce film (malgré ses maladresses) s'il passe par chez vous.

27 juin 2010

A 5 heures de Paris - Leonid Prudovsky

Yigal, un Israélien, la quarantaine, chauffeur de taxi divorcé à Tel Aviv, tombe amoureux de Lena, immigré de fraîche date de Russie, le professeur de musique de son fils (qui d'ailleurs n'émet pas un son pendant les cours de chorale). Lena est mariée avec Grisha, un urologue qui vient de recevoir son autorisation pour émigrer au Canada afin d'exercer. Très vite, Lena ressent quelque chose pour Yigal, cet homme qui a peur de prendre l'avion et est indécis face à sa vie professionnelle. Lena ne sait pas comment agir entre son mari qui l'aime profondément et Yigal. C'est une histoire déchirante mais qui ne tombe pas dans le mélo, et qui peut faire penser à du théâtre de Tchékov (le réalisateur est d'origine russe). Le film qui est découpé en trois parties: "Yigal", "Lena" et "Yigal & Lena", comporte des scènes de comédie assez savoureuses comme celles où un passager est pris en charge par Yigal par deux fois. La première fois, arrivé à destination, le passager lui fait croire qu'il va aller chercher l'argent de la course. Il laisse en plan Yigal qui continue à faire tourner le compteur. La deuxième fois, Yigal a une réaction inattendue qui laisse le passager perplexe. Je pourrais ajouter que l'on entend beaucoup de chansons de Joe Dassin et une d'Alain Barrière qui résume très bien l'histoire de Yigal et Lena: Elle était si jolie. Elle est très plaisante à écouter. Je vous conseille vraiment ce film léger et grave à la fois.

2 octobre 2010

Debout! - Grégory Perrin

Reprise d'une "note de lecture" que je [ta d loi du cine, squatter] avais rédigée en mai 2007 sur une autobiographie qui venait de paraître.
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Grégory Perrin, Debout ! Mon combat pour la vie, éditions Danger Public (imprimé en avril 2007, en librairie le 10/05/2007).

Grégory Perrin est né le 22 novembre 1972. Sa vie a basculé le 3 juin 1990 (il n’avait pas 18 ans), lors d’un accident de moto (sans intervention de tiers) qui l’a laissé tétraplégique. Aujourd’hui (mai 2007, presque 18 ans plus tard), il est candidat aux Législatives sous les couleurs du Mouvement Démocrate de François Bayrou. Cette dernière information ne figure pas dans le livre-témoignage qu’il vient de publier, mais sur son blog, http://www.gregoryperrin.com [en maintenance au 02/10/2010], où une interview publiée dans le Journal du dimanche le 28/05/2007 cite Philippe Moreau [fondateur des éditions Danger public] comme «ami et Directeur de campagne» (http://www.rtl2007.fr/actualite/0/il-veut-etre-elu-dans-fauteuil-7114.html) [lien qui ne fonctionne plus au 02/10/2010].

Ce livre, Grégory Perrin, que l’on peut, à mon avis, qualifier de «battant», revendique (p. 21) l’avoir écrit «pour aider ceux qui [le] suivraient» (d’autres tétraplégiques, qui se retrouveraient, comme lui, dans les voies balisées d’une prise en charge déresponsabilisante dont il n’a eu de cesse de vouloir sortir). J’ai trouvé pertinente son analyse (p. 162) du cas de Philippe Streiff (ancien champion de F1, qui a voulu se redonner la possibilité de conduire une voiture - sa motivation personnelle). Grégory, lui, a voulu «gagner de l’argent» (mon jugement est un peu abrupt, je le reconnais). Sa personnalité d’origine n’est pas forcément attachante, même s’il est aujourd’hui capable de prendre du recul sur son propre regard sur les personnes handicapées «avant de faire partie du lot» (p. 63).

Au départ, j’avoue avoir dû me forcer à lire la description détaillée de son accident et de ses suites immédiates (pp.24-36). Elle est à déconseiller aux âmes sensibles. Pour comprendre ce qu’est l’escarre si redoutée, j’ai consulté http://www.escarre.fr. Comme il l’expose abruptement (p.16), «une personne tétraplégique, c’est quelqu’un dont les quatre membres, les deux bras et les deux jambes, sont paralysées». Et la simple idée de passer en quelques instants d’un état «normal» à celui-ci est difficile à supporter. Il rend d’ailleurs hommage à un «vieux sage», qu’il a rencontré une seule fois, déterminante: le déclic pour comprendre que «ton corps est mort, oui, mais pas ta tête» (p.86).

J’avais en tête moi-même, au vu de la 4ème de couverture, le cas de Patrick Segal (L’Homme qui marchait dans sa tête), qui a été «délégué interministériel»; mais, vérification faite, il était «seulement» paraplégique. Ou le personnage de Dalton Trumbo, Johnny [s’en va-t-en guerre]. Mais celui-ci gît dans un lit, pratiquement coupé du monde extérieur. Entre les deux, et en luttant à chaque étape, Grégory a passé son Bac (ce qui n’était pas évident au départ), effectué des études supérieurs jusqu’au DESS (Bac+5 professionnalisant), et travaille comme cadre supérieur dans la finance (trader en bourse). Un beau parcours, qui lui a demandé une énergie exceptionnelle et l’accompagnement fidèle de son réseau familial (son père décédé en octobre 1992, sa mère, son frère – également accidenté peu de temps après lui, mais vite rétabli –, ses oncle et tante…).

Le point sur lequel il insiste le plus est la complexité des relations avec les professionnels de santé: qu’il s’agisse de la période de convalescence/rééducation, ou des soins «de tous les jours» dont il a besoin à vie. Cela apparaît comme un combat permanent pour adapter le système à son cas, et éviter de devenir un assisté (que l’on lève à 10 h, et que l’on couche à 19 ou 20 h, et qui passe ses journées à s’hébéter devant un poste de télévision) – ce qu’il donne comme un cas trop fréquent? (p.287). Lui, pour avoir les mêmes horaires qu’un salarié valide (contestation, au passage, du concept de «mi-temps thérapeutique», p. 257), c’est-à-dire les horaires d’une vie (sociale) qui «commence à 7 h et se termine à 23 h» (soit 18 heures/jour en fauteuil roulant), doit mobiliser un infirmier, un chauffeur… tôt le matin et tard le soir.

Les effets pervers du système des cabinets d’infirmiers libéraux (système de points par rapport à la Sécurité Sociale; sectorisation; horaires inadaptés à ses propres besoins) sont bien exposés (p.202). Mais je n’ai pas l’impression qu’il aille dans le sens d’une analyse «politique», «syndicale» ou «altruiste» de la chose: dans le public (en hôpital), ou dans le privé sous statut salarié (en clinique), le salaire est garanti, et les contraintes horaires font donc partie du «jeu». Les professions libérales, elles, sont libres de s’organiser à leur convenance par rapport à leurs propres besoins de niveau de vie… Pourquoi s’imposeraient-elles des conditions de travail fastidieuses (de nuit) si elles peuvent gagner leur vie plus agréablement? C’est aussi cela, le libéralisme…

S’il est élu, Grégory sera-t-il un militant «pro-handicapés», se battant spécifiquement sur cette cause, ou bien un député qui voudra être, le plus possible, confondu avec les valides (et s’intéresser à tous les sujets sans exclusive)? Les quelques lignes au dos de son tract de campagne semblent un peu floues. J’ai personnellement le souvenir d’avoir entendu, à au moins deux reprises (dans deux réunions différentes) une même élue de Paris citer une anecdote. Il y a des années, un handicapé moteur lui avait demandé «pourquoi ne suis-je pas un citoyen?», avant de lui expliquer qu’il ne pouvait «physiquement» pas voter, faute d’accessibilité des bureaux de vote (elle embrayait ensuite sur les immenses progrès accomplis à Paris à ce sujet). Mais je serai bien incapable de dire, faute d’avoir retenu son nom, s’il s’agit de Pénélope Komitès (citée p.269) ou d’une autre élue.

En conclusion, ce livre n’est pas plus «tendre» que son auteur, que l’on peut qualifier de «dur» - au sens laudatif. Les temps d’humour sont rares. L’on peut sourire du «gag» des malheureux Américains obèses en fauteuils roulants, croisés à DisneyWorld, et «seulement» harassés par la chaleur de la Floride (p. 193). Pour le reste, l’auteur, du haut de sa forte personnalité, et très fier de s’en être sorti, et de s’assumer, seul, dit plutôt «faites comme moi!». Il ne me semble pas prêt à militer, dans un cadre collectif, pour développer l’assistanat de ceux qui n’auraient pas la capacité de se prendre en charge seuls. Je le trouve donc plus «libéral» qu’homme «de gauche» ou «solidaire». Ce qui, pour un trader, est relativement normal, tous comptes faits.

PS du 02/10/2010: en effectuant des recherches pour voir si des blogs avaient parlé du livre de Grégory Perrin, j'ai trouvé une bien triste nouvelle ici (1). J'espère que mon billet contribuera à ce que le courageux "combat pour la vie" de Grégory Perrin ne soit pas oublié.

(1) Merci à son auteur de m'avoir signalé le changement de lien pour cet article (passage de t*p*pad à n*m*r*blog).

9 octobre 2010

Rosa candida - Audur Ava Olafsdottir

Rosa Candida de la romancière Audur Ava Olafsdottir (Edition Zulma) est un de ces romans de la rentrée que je vous recommande plus que chaudement. Je qualifierais l'histoire d'attendrissante sans être mièvre. C'est un livre lumineux comme l'écrit justement Cathulu. Il y est question de cultiver des roses à l'ombre d'un monastère dans un pays non défini. Le héros/narrateur est un jeune Islandais rouquin de 22 ans, Arnljotur (Lobbi). Bien que très doué pour des études qu'il aurait pu continuer, il décide de quitter l'Islande pour s'occuper d'une roseraie. Ce qui l'amène à prendre l'avion avec peu de bagages mais beaucoup de boutures de roses dont celle appelée "rosa candida". Il laisse derrière lui son vieux père de 77 ans et son frère Joseph qui est autiste. La maman est morte dans un accident de voiture peu de temps auparavant. Dans une de ses poches, Arnljotur garde précieusement le portrait de sa petite fille, Flora Sol, âgée alors de 6 mois et demi, qui vit chez la maman, Anna, étudiante en génétique. Flora Sol fut conçue lors d'une relation éphémère d'une demi-nuit dans une serre. Deux mois après son installation près des moines dont l'un est cinéphile (il regarde un classique en cassette tous les soirs), Arnljotur va recueillir dans son logement Anna et Flora Sol, maintenant âgée de 9 mois. Je vous laisse découvrir la fin. C'est un roman apaisant et apaisé qui fait du bien.

Tulisquoi et Kathel en disent aussi beaucoup de bien.

18 janvier 2011

Au cirque Alexis Gruss en matinée

J'ai emmené mon ami au Cirque Gruss qui se trouve actuellement à Paris (au Bois de Boulogne) jusqu'au 27 février 2011 (mon filleul y travaille!). Je commence par dire que, à mon avis, pour un enfant, c'est un excellent spectacle que le cirque "en vrai": il en gardera certainement des souvenirs plus durables que, par exemple, un ou deux repas au restaurant (pour donner une équivalence de prix). Il faut un peu marcher depuis le métro Ranelagh, à moins d'y accéder en voiture ou en vélo. Quand on arrive à proximité du cirque, on nous déroule le tapis rouge - enfin, gris: une moquette qui évite les flaques d'eau. Puis on rentre par un portique de tentes qui commence à nous mettre dans l'ambiance et la pénombre, avant de déboucher sous le chapiteau proprement dit. Que c'est vaste! La piste de sciure de bois est entourée presque de toute part par des rangées de chaises (3000 places au total). Il s'agit bien d'un cirque "à l'ancienne". Sur la piste, toute la famille assure le spectacle: Alexis Gruss et sa femme Gipsy (née Bouglione), le couple fondateur; leurs fils Firmin et Stephan, ainsi que l'épouse et les quatre fils de ce dernier; sans oublier un membre de la famille Fratellini (le filleul de Gipsy). L'ainée des deux filles de Firmin vient saluer à la fin du spectacle, dans les bras de son grand-père (elle est trop petite pour participer à un numéro). Deux autres artistes interviennent aussi dans les numéros (et je ne parle pas des garçons de piste indispensables à la représentation). Les musiciens qui jouent en "live" sur une scène au bord de la piste côté coulisses sont des intermittents du spectacle.

Le titre du spectacle 2010-2011 (le 37e du cirque Alexis Gruss, selon le programme) est "Melody". Comme le nom l'indique, c'est très musical. Les numéros s'enchaînent autour de ce thème pendant 2H30 (avec un entr'acte de 10 minutes). Sans bien sûr tout dévoiler à l'avance (il faut y aller voir!), disons qu'on assiste à des numéros de jonglerie, à des clowneries, à du trapèze sur sangle, à quelques tours de magie et de contorsions, à du saut à la corde (par des dalmatiens et une éléphante)... et surtout à de la cavalerie! Oui, la grande spécialité de ce cirque, ce sont les chevaux, pour des numéros de haute école, de voltige, de dressage à la voix... A la fin du spectacle, nous sommes allées dans les coulisses, aux écuries. Je croyais avoir vu sur scène une douzaine de chevaux, j'ai compté au moins une quarantaine de stalles; et on m'a dit que le cirque possédait 60 chevaux! Mon ami (qui n'est pas du tout "animaux") m'a avoué que, à part la couleur, il les trouvait tous pareils. Le lama n'a pas participé au spectacle cette année (il était sur la piste l'année dernière). Ils n'ont pas de fauves, entre autres raisons parce qu'il faut 8 à 10 kg de viande par animal pour les nourrir. Dans les coulisses, après le spectacle, on peut croiser très simplement les artistes qui dédicacent un programme, voire se font prendre gentiment en photo avec les gamins. Merci à eux!

12 janvier 2011

Bullitt - Peter Yates (billet N°2)

Venant d'apprendre le décès du réalisateur Peter Yates survenu le 9 janvier 2011, j'en profite pour écrire un mini-billet sur son film le plus célèbre, Bullitt (1969), avec le regretté Steve Mc Queen (je n'ai pas vu les autres ou alors, ils ne m'ont pas laissé de souvenirs précis). Ce film devenu un classique n'avait d'autre but que de distraire. C'est un très bon film policier avec beaucoup de suspense. La musique de Lalo Schifrin joue un grand rôle. Le film permet d'admirer les rues de San Francisco, la célèbre poursuite en voiture dans la ville est devenue une référence en la matière. Et puis il y avait Steve Mc Queen (dans le rôle de Bullitt), au faite de sa gloire, mort sans héritier cinématographique. Jacqueline Bisset, toute jeunette, joue les utilités avec talent. Bullitt est le genre de film que l'on revoit toujours avec plaisir (il existe en DVD à petit prix). Il dégage un charme certain qui donne la nostalgie de la fin des années 60. [film déjà chroniqué le 22 août 2007]

5 décembre 2010

La malédiction des trente deniers - Jean Van Hamme

Je viens de terminer une lecture très agréable des deux tomes des dernières aventures (pour le moment) de Blake et Mortimer, avec une histoire écrite par Jean Van Hamme et illustrée par plusieurs dessinateurs différents pour les deux tomes. La malédiction des trente deniers (Editions Blake et Mortimer) fait référence bien sûr à Judas l'Iscariote et aux deniers qu'il avait reçu pour trahir Jésus. L'histoire se passe en Grèce dans le Péloponèse et en Epire. Un éboulement met au jour une chapelle où se trouve un reliquaire avec un des trente deniers. Cet objet et son contenu, bien à l'abri dans un coffre dans le bureau du conservateur en chef du musée archéologique d'Athènes, sont convoités par un nazi illuminé. On retrouve bien entendu Olrik échappé d'un pénitencier américain qui devient l'homme de main de l'illuminé. Ce dernier qui rêve d'être maître du monde, veut s'emparer du denier et trouver les 29 autres que l'on dit dotés de pouvoirs maléfiques. Le dénouement de l'histoire lorgne pas mal vers deux films de Steven Spielberg, Les aventuriers de l'arche perdue avec un soupçon d'Indiana Jones et la dernière croisade. Une fois de plus, on est loin des histoires d'E. P. Jacobs où des pays voire des continents étaient en danger. Cette histoire en particulier reste à hauteur d'homme. Francis Blake et Philip Mortimer restent fringants même si les douleurs de vieillesse se font sentir. Deux jeunes femmes donnent à l'ensemble une touche féminine bienvenue. J'ai beaucoup aimé les dessins et le texte est facile. C'est moins touffu que de l'E. P. Jacobs, cela rend la lecture d'autant plus aisée.

1 décembre 2010

Inside job - Charles Ferguson

Comme annoncé, je continue à faire des billets sur des films que je conseille absolument.

Si voulez approfondir vos connaissance sur la crise financière de 2008 qui a touché le monde, allez voir Inside Job, documentaire édifiant et précis sur les mécanismes qui ont mis l'économie mondiale sur les genoux. Selon lui, Wall Street dirige l'Amérique, grâce aux secrétaires du trésor (banquiers d'affaires) qui se sont succédé à ce poste, grâce aux lobbys puissants qui graissent la patte aux sénateurs républicains et démocrates pour empêcher que toute loi régulatrice soit à nouveau promulguée. En effet, depuis 1980 et l'élection de Ronald Reagan, on assiste à une dérégulation générale laissant libre cours aux banques d'affaires de faire ce qu'elles veulent, aidées en cela par des compagnies d'assurances. Quand je suis sortie de la salle, j'étais plus atterrée qu'autre chose. J'ai surtout été frappée par le cynisme, le mépris et la mauvaise foi de certains interviewés qui se sentaient piégés d'avoir accepté de répondre à des questions gênantes. Ils les éludent en répondant par des "hum" ou rien du tout. Le réalisateur, diplômé du MIT (Massuchussett Institute of Technology), connaît bien son sujet. Son documentaire se divise en 5 parties en commençant par "Comment en est-on arrivé là"  jusqu'à "Et maintenant". Juste avant le générique du début, il évoque l'Islande, petite île prospère jusqu'à la crise: le PIB était de 13 milliards de dollars pour une population de 300 000 habitants. Quand le krach boursier a eu lieu, cet état avait 100 milliards de dette, le film explique comment. De ce documentaire passionnant que je viens de voir 2 fois tellement il est dense, j'ai retenu que la richesse financière des Etats-Unis se trouvaient entre les mains de 1% de la population américaine; que les lobbys financiers sont très puissants; que les classes moyennes américaines peinent de plus en plus à arriver à joindre les deux bouts; que les "sans-abris" sont de plus en plus nombreux, que les responsables du krach, non seulement n'ont pas été condamnés, mais ont été dédommagés de leur peine en démissionnant des conseils d'administration de Lehman-Brothers ou Goldman-Sachs par exemple, en partant avec des sommes de plusieurs millions de dollars; que les banques d'affaires créaient des produits dérivés "pourris" puis les "jouaient à la baisse" en pariant contre, tout en disant le contraire à leurs clients; que tout ce petit beau monde ne dédaignent pas la cocaïne et les prostituées de luxe; que des professeurs d'économie enseignant à Harvard ou Berkeley prônent ce capitalisme sauvage puisqu'ils sont aussi rémunérés en faisant partie des CA de ces grandes banques d'affaires; et, last but not least, le président Obama a repris les mêmes responsables financiers, à peu de choses près, pour s'occuper de l'argent de l'Amérique. L'avenir est incertain. Cela fait peur. Courez voir ce film, il est vraiment passionnant.

27 novembre 2010

Le braqueur - Benjamin Heisenberg

Sorti uniquement dans trois salles à Paris, le film autrichien Le braqueur de Benjamin Heisenberg aurait mérité mieux, car c'est un film de qualité qui bénéficie d'un scénario sortant de l'ordinaire. A Vienne, en Autriche, Johann Rettenberger est un coureur à pied (marathon et autre) d'un excellent niveau, mais aussi braqueur de banque. Quand le film commence, il sort de prison où il n'a pas arrêté de s'entraîner. A peine sorti, il recommence ses braquages avec une arme mais sans violence. On est immédiatement frappé par le style du récit qui ne s'embarrasse d'aucune psychologie: aucune explication ne nous est donnée. Il y a très peu de dialogues. C'est pour cela que l'on s'attache peu au personnage bien qu'il soit fascinant. Il est déterminé dans ce qu'il fait. Son seul but est de ne pas se faire reprendre. Il a une grande maîtrise de lui-même, à une exception près. Ses relations avec sa copine qui l'héberge à sa sortie de prison sont aussi distanciées. On assiste à quelques scènes mémorables, comme celles où il s'enfuit du commissariat suite à son arrestation, la traque dans les montagnes aux alentours de Vienne avec ce nombre incroyable de policiers à la poursuite d'un seul homme, et la fin que je ne vous dévoilerai pas. L'acteur qui interprète le rôle de Johann est assez monolithique mais son visage ascétique ne s'oublie pas. Le scénario est adapté d'un livre, L'envolée belle de Martin Prinz, qui lui-même s'est inspiré de faits réels. S'il est projeté par chez vous, je vous le conseille.

13 septembre 2010

Dernière minute - Claude Chabrol est mort

La série noire continue, le cinéma français n'est pas à la fête. Je viens d'apprendre avec tristesse la disparition survenue ce dimanche 12 septembre 2010 de Claude Chabrol, un des derniers réalisateurs français de la Nouvelle Vague (il ne reste pratiquement plus que Jean-Luc Godard). J'en connais une qui doit être bouleversée: Isabelle Huppert qui a interprété, grâce à Chabrol, ses meilleurs rôles (Violette Nozière (1978), Une affaire de femmes (1988), Madame Bovary (1991), La cérémonie (1995) ou Merci pour le chocolat (2000) et c'est presque tout). Chabrol a réalisé de grands films comme Que la bête meure (1969) et Le boucher (1970) avec le génial Jean Yanne, La femme infidèle (1969) et Betty (1992) avec Stéphane Audran qui fut son épouse pendant plusieurs années. Les fantômes du Chapelier (1982) avait permis une rencontre intéressante entre Michel Serrault et Charles Aznavour. Il avait tourné pour la télévision, très récemment, une adaptation d'une nouvelle de Maupassant et deux épisodes de Fantomas en 1980 (avec Helmut Berger). J'aimais beaucoup ses peintures au vitriol, teintées d'humour caustique, d'une certaine bourgeoisie (surtout provinciale). Comme il était aussi le scénariste de ses films, il excellait dans l'écriture d'histoires à l'atmosphère trouble où il donnait la part belle aux acteurs. Par exemple, dans Poulet au vinaigre (1985) et Inspecteur Lavardin (1986), Jean Poiret s'en donne à coeur joie dans son rôle d'inspecteur cynique. Masques (1987) avec Philippe Noiret, Le cri du hibou (1987) avec Christophe Malavoy et La fille coupée en deux (2007) complètent la liste des films que j'ai vus (en salle ou à la télévision) et appréciés. En revanche, j'ai été moins convaincue par ses oeuvres de ces dix dernières années comme Bellamy (2009), La demoiselle d'honneur (2004), La fleur du mal (2003): les intrigues m'avaient peu passionnée voire ennuyée, je n'avais pas éprouvé la même jubilation à voir ces films. Toujours est-il que c'est un réalisateur de plus qui va nous manquer.

15 septembre 2010

Purge - Sofi Oksanen

Purge de Sofi Oksanen (Editions Stock), traduit du finnois, vient d'obtenir le prix du roman Fn*c. J'avais repéré cet ouvrage chez Aifelle (souvent de bon conseil). Il fait partie des romans à lire de cette rentrée littéraire d'automne, preuve en est les critiques élogieuses le concernant. Quant à moi, je viens de passer presque deux semaines en compagnie de Aliide Tamm épouse Truu, une Estonienne sexagénaire qui vit seule, suite au décès de son mari Martin, dans la vieille ferme familiale en Estonie Occidentale. Sa fille Talvi vit au loin, en Finlande. L'histoire commence en 1992. La république d'Estonie vient d'être rétablie mais les restrictions alimentaires perdurent ainsi que la suspicion dans les rapports entre les gens. Un matin, dans la cour de son habitation, Aliide trouve un "ballot" en guenilles. Il s'agit d'une jeune femme, Zara, sa petite-nièce, dont elle ignorait l'existence. Zara ne fait que fuir, d'abord Vladivostock où elle est née, puis Berlin avec des proxénètes à ses trousses. De fil en aiguille et grâce à des allers-retours dans le temps, Sofi Oksanen nous retrace 70 ans d'histoire de l'Estonie, un territoire balte qui a été sous le joug des soviétiques, puis des nazis puis encore des soviétiques avant de redevenir une république indépendante en 1992. Il y eu beaucoup de déportation des populations baltes vers la Sibérie pendant ces périodes. Purge est aussi un roman sur un drame passionnel et de la jalousie: deux soeurs, Ingel et Aliide, ont aimé le même homme, Hans Pekk. Il en épousera une, Ingel, sans même remarquer les sentiments de la deuxième. Par la suite, Aliide mènera une vie de mensonges auprès de Martin, membre du parti communiste. Purge nous décrit enfin la violence faites aux femmes en temps de guerre ou de paix. L'histoire se termine tout de même avec une note d'espoir. J'ai apprécié la structure travaillée du récit mais c'est parfois dur de se repérer dans ce va-et-vient chronologique. Sans parler de la 5ème partie qui donne peut-être un éclairage nouveau sur cette histoire à partir de rapports de la police ou des services secrets. C'est un roman dense qui mériterait une deuxième lecture de certains passages. J'avoue que je n'ai pas tout compris de la situation politique de l'Estonie. En revanche, la chronologie succincte de l'histoire de l'Estonie à la fin du roman est bienvenue. Je conseille ce roman même si c'est n'est pas un coup de foudre.

28 septembre 2010

La salade de riz à la Ta d loi du cine (recette)

Chez Dasola, habituellement, il n'y a pas plus de cuisine que de "scrap". Mais puisque c'est moi [Ta d loi du cine] qui squatte, autant me mettre aussi aux fourneaux.

Salade de riz, donc (et plus si affinités)

Faites cuire du riz (basmati de préférence).
[Pour savoir comment faire cuire du riz: cherchez donc la recette sur le web, et glissez-la dans vos favoris].

Pendant que le riz cuit, occupez-vous des garnitures:

Haricots verts de votre AMAP (1) (entre mi-juin et juillet), à faire cuire.
Interlude : comment faire cuire des haricots verts ? Comme des pâtes ! Faire d’abord bouillir l’eau salée, puis y plonger les haricots verts frais. Si vous êtes puriste, vous en avez d’abord coupé la queue et ôté le fil.
Bon allez, j’avoue: pour le riz, c’est la même chose, sauf qu’on peut le mettre dans l’eau froide.

Ouvrez les boites de:

- maquereau au vin blanc
- thon au naturel (ou à l'huile) (ou, éventuellement, 1 ou 2 boites de "saladette" au thon).
- maïs (sans OGM !)
- pois chiches.
- (si votre AMAP ne vous en a pas fourni) haricots verts (coupés, éventuellement)(ou haricots beurre)(PAS haricots blancs!)

Présentez chacun de ces accompagnements dans un plat, ou un bol, ou une assiette (creuse) séparé.

Si votre AMAP ne vous en a pas fourni (en juillet-août), allez acheter:

- 1 kg de tomates
- 2 concombres
(proportion variable selon saison et budget).

Au retour, éteignez le feu sous le riz.
Lavez un certain nombre de tomates.
Mettez le riz dans un chinois à refroidir sous un jet d'eau froide.

Faites peler par le 1er invité qui arrive le 1er concombre.

Faites découper par la 2ème invitée qui... les tomates lavées.

(pendant ce temps-là, cherchez pour le 1er le pèle-légumes, et pour la 2ème le tranche-tomate).

Ouvrez le bocal d'olives noires.
Ouvrez le sachez d'olives vertes dénoyautées (pour les olives noires dénoyautées, c’est un peu plus dur à trouver ; mais c’est pas impossible…).
Ouvrez le sachet d'olives vertes (avec noyaux) au piment.
Mettez les olives dans 3 plats séparés.

Les câpres peuvent rester dans leur verre.
Les cornichons doivent être découpés en tranches (les oignons blancs peuvent rester entiers).

Vinaigrette: huile + vinaigre (dans un bol), et sel et poivre.
Une vinaigrette à la moutarde est possible. Dans un bol séparé, et si vous avez pensé à acheter de la moutarde.

Une cuillère par plat, bol ou assiette creuse.
Chacun vient se remplir sa propre assiette en plastique et repart avec sa cuillère ou fourchette itou.
Servez froid.
Ca tombe bien, le riz a fini par refroidir (vous aviez pensé à fermer le robinet d'eau froide?).

S'il n'y a plus d'accompagnement, rouvrez une boite correspondante.
S'il n'y a plus de légume frais, lavez, pelez, tranchez (ou déléguez).
(Vous pouvez aussi envoyer un invité faire les courses fraîches – n’oubliez pas la note de frais!)
S'il n'y a plus de riz, faites-en recuire.
Au fait, un bon truc: il faut réellement saler l'eau du riz. Mais sans abus.

Bon appétit !

PS: et à la fin de la soirée (ou au premier métro?), on peut toujours essayer de gémir: "...heuuuu... il serait bien que la vaisselle se fasse..."

(1) AMAP : Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne. Cf. http://www.amap-idf.org

26 septembre 2010

Le divorce - Gaël

Reprise d'une "note de lecture" que je [ta d loi du cine, squatter] avais rédigée en février 2007 sur une bande dessinée.
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Gaël, Le divorce, éditions Danger Public (imprimé en décembre 2006, en librairie le 18 janvier 2007).

Cette bande dessinée, au format peu courant (la collection Les NRV, 19 x 19 cm), aborde une question «de société» sous un angle original. Un coup d’œil sur un concurrent, en coup de vent (un peu plus à l’ouest), ne repère pas de «Divorce» parmi, pourtant, plusieurs dizaines de «Guide du …». Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit.
Gaël (dont on peut trouver la photo sur internet) ne ressemble pas à son personnage. Même si cette BD sent à plein nez l’expérience vécue (divorcé lui-même, il aurait dessiné en connaissance de cause ?), on peut se demander pourquoi notre héros s’est infligé le tarin de Smiley Bone (dans la série de BD Bone de Jeff Smith): un symbole phallique ? La phrase «le connard qui a inventé le terme "Divorce à l’amiable" devait être petit, borgne, laid, frustré, aigri et célibataire...» «...et chauve...» (p. 25) méritait d’être mise en exergue (elle prend tout son sel en contemplant le caillou du héros). Trêve de plaisanterie, attaquons l’album lui-même (paradoxalement sous-titré «journal d’une haine conjugale»).

Sans vouloir faire du Groensteen, un œil expert en bande dessinée pourra dire: dessin efficace et agréable, grammaire BD bien maîtrisée. Les personnages sont expressifs, et c’est bien là le principal dans cet album où tout tourne autour des protagonistes (décors minimalistes). Relevons un parti pris intéressant: pour chaque «sketch» (gag?), un seul cadrage se répète du début à la fin: personnages en pied, ou en plan américain, ou en gros plan – sauf, quelques rares fois, le dessin «de chute» (exemple flagrant: p. 18). Cette contrainte donne une unité à chaque histoire. En même temps, cela entraîne peut-être une certaine monotonie à l’œil. Pourquoi ne pas avoir davantage varié, afin de «dynamiser» la lecture?

Lecture, justement. Il s’agit d’une BD «bavarde». L’auteur écrit bien, mais écrit peut-être un peu trop, sans penser à un temps fort par case. La parole «file» (surtout dans les cas de monologues). Peut-être l’album aurait-il gagné si chaque case avait été construite avec un vrai contenu, et non seulement comme une préparation à la chute finale qui n’est parfois pas aussi savoureuse qu’on l’attendrait. On peut se demander quel inconscient a fait que le «dernier mot» féminin se trouve souvent le plus fort ? Veut-elle le «rendre marteau» (p. 46) ?

«Les aventures de mon papa» par Nina 4 ans est bien trouvé, mais pas exploité à fond (le procédé n’a-t-il pas déjà été utilisé par Greg dans Achille Talon dans les années 1970 ? Mais peu importe). De même, la reproduction d’articles avec gag en marge est une idée intéressante, mais le résultat est un peu décevant avec des gags en une image qui tombent un peu à plat – alors que ces pages «de journal» auraient pu, sinon être disséminées au fil de l’album, du moins être éloignées de «papa», pour rompre une certaine monotonie de lecture.

Il s’agit d’une bonne BD, mais qui pourrait être améliorée (ou plutôt pour les titres à venir - «Le divorce 2»? La dernière planche semble l’emmener vers une nouvelle aventure…): en travaillant les rythmes de lecture (composition des cases et de la page, écriture des dialogues plus musclée et ramassée, meilleure composition globale, à l’intérieur de l’album, avec alternance des «sketches» (dessins d’enfant, journaux etc. – à multiplier et espacer).

Pour finir, une question de pure forme: qui a maquetté cette BD ? L’éditeur (via la maquettiste créditée au générique), ou l’auteur (de A à Z, y compris la couleur de fond «papier kraft froissé»)? Pour le savoir, direction le blog mentionné sur le communiqué de presse: ce petit (dé)tour démontre que l’auteur peut se dépatouiller tout seul, dans les grandes lignes. Je pense bien entendu au billet http://www.appartelier.com/blog2ga/index.php?post=7 visible ce 27 février 2007 au soir.
A suivre donc…

PS du 26/09/2010: j'ai trouvé quelques informations supplémentaires sur http://www.bedetheque.com/auteur-2155-BD-Gael.html (les dernières BD de Gaël parues semblent être les 40 commandements... des ados; ... du divorce). Un article du blog Phylacterium parle longuement de son (= à Gaël) activité de blogueur, là.

5 septembre 2010

Poetry - Lee Changdong

Le film Poetry a reçu le prix du scénario au dernier Festival de Cannes en mai 2010. C'était mérité, à mon avis. En Corée du Sud, de nos jours, Mija, âgée de 66 ans, s'occupe seule de son petit-fils, Wook, un collègien. Ce dernier n'est pas particulièrement respectueux envers sa grand-mère et on apprend assez vite un terrible fait divers le concernant, lui et cinq de ses camarades. Mija est une femme très bien de sa personne qui soigne son apparence mais commence à perdre à la mémoire. Elle travaille comme aide ménagère 3 fois par semaine, chez un vieil homme hémiplégique à qui elle fait même la toilette. Un jour, une affiche dans la rue amène Mija à vouloir écrire de la poésie. Elle s'inscrit à un cours. J'ai retenu une phrase du maître de poésie disant que "pour écrire un poème, il suffit de vouloir vraiment le faire". Une pomme, des abricots tombés d'un abricotier, le chant des oiseaux, un chapeau qui s'envole: tout est matière à poésie. Mais la vie de Mija n'est pas poétique, entre ses problèmes de mémoire et les gros soucis que lui cause son petit-fils. Le film présente le portrait magnifique d'une femme au crépuscule de sa vie. L'actrice Yun Junghee est une star en Corée. J'ai aimé ce film pour l'atmosphère, pour la musique, pour ce qu'il raconte. La première séquence est marquante: de jeunes enfants jouent au bord d'une rivière; tout à coup, l'un d'entre eux voit s'approcher, flottant sur l'eau, le cadavre d'une jeune fille en position ventrale. Je conclurai en disant que selon moi, les séances "poésie" qui ponctuent le film le rallongent inutilement.

20 septembre 2010

Silex and the city / Réduction du temps de trouvaille - Jul

Attention, ceci est un billet de "Ta d loi du cine" (les précédents sont ici et là). Vous ne pensiez tout de même pas rester sans nouveautés sur ce blog pendant les semaines d'absence de la maîtresse des lieux?

Dasola a ramené les 2 tomes de cette bande dessinée récente (2009 et 2010) de sa dernière virée à la Fn*c. Je ne sais pas si notre récente balade en Périgord y a été pour quelque chose? C'est en tout cas un autre humour que Pourquoi j'ai mangé mon père (de Roy Lewis), que j'ai pour ma part relu avec délectation mais qui lui est tombé des mains au bout de quelques pages quand j'ai essayé de lui mettre entre. Pour en revenir à la BD de Jul, je pense que la série est bien partie pour continuer sur sa lancée (il y a matière!). "Nous sommes en 40 000 avant J.-C... Toute la planète semble obéir aux lois de la sélection naturelle. Toute? Non: une vallée résiste encore et toujours à l'évolution" (c'est marrant, ça me rappelle quelque chose...). Le ton est donné dès le commencement: anachronisme, gags, clins d'yeux, le tout solidement charpenté d'un arc narratif: les aventures de la famille Dotcom. Le rapprochement avec Pourquoi... que j'ai cité plus haut n'est pas si lointain que cela. "Toute l'actualité contemporaine défile en peaux de bêtes, pour une parodie au vitriol de notre société", comme le revendique la 4ème de couverture. Je ne sais pas si Jul a aussi signé ce texte? En deux mots, un couple de profs préhistoriques (y a bon bobo?) est affligé d'une ravissante ado (dolto-sapiens et fashion victime) qui va s'éprendre du beau Rahan de La Pétaudière. Le fils, alter-contestataire, va se réfugier après la n-ième raclée paternelle chez grand-papa, qui lui vaticine Mai -68000... (durant 4 pages en noir et blanc!). Le père, qui s'est lancé dans la politique pour sauver le monde (forcément), se prend la raclée du siècle: 99% des voix se sont perdues sur Chasse-pêche-nature et tradition: on arrête donc le progrès (les humains ne sont pas mûrs pour la démocratie). J'ai trouvé que le deuxième album, Réduction du temps de trouvaille, avait davantage un rythme de gags sur une ou deux pages (avec la chute dans la dernière case en bas à droite), même si c'est en principe une histoire "suivie". Le texte aligne les bons mots (souvent téléphonés) et les dessins présentent des icones emblématiques (la dame de Brassempouy, le petit prince, le stade de France). Certaines allusions sont très - trop? - contemporaines: influence du dessin de presse? Je ne sais pas si ces oeuvres traverseront les décennies. En 2020, est-ce que "Désir d'avenir" évoquera encore quelque chose? Il faudra faire des rééditions avec notes de bas de page! En bref, une oeuvre qui provoque des sourires entendus sans surtout se prendre au sérieux. Le comique de situation ubuesque, la coexistence lémuriens / singes / homo erectus / néanderthal / cro-magnon, ça ne casse pas 3 pattes à un homo (erectus, habilis ou sapiens)!

Quelques blogs qui en parlent (liste non exhaustive!): Marie, Canel, Solenn, Guy, Le Merydien, SeL.

31 août 2010

Alain Corneau 1943-2010

Décidément l'été 2010 aura été une période noire pour le monde du spectacle. Après Laurent Terzieff, Bernard Giraudeau et Bruno Crémer, c'est maintenant au tour d'Alain Corneau de tirer sa révérence. C'était un homme qui avait la passion du cinéma (et de la musique) et qui savait la faire partager. Personnellement, je trouve que son meilleur film reste (bien entendu) Série Noire d'après Jim Thompson en 1979 avec Patrick Dewaere, Marie Trintignant et Bernard Blier: très grand film noir. Sinon, les autres films qui à mon avis valent la peine sont Nocturne indien avec Jean-Hugues Anglade (1989, d'après Antonio Tabucchi), Stupeur et tremblement (2003) avec Sylvie Testud (très fidèle au roman d'Amélie Nothomb). Sans oublier non plus, dans une moindre mesure, Tous les matins du monde d'après Pascal Quignard (avec les Depardieu père et fils et Jean-Pierre Marielle) et la viole de gambe de Jorgi Savall. Je n'oublie pas Police Python 357, Le choix des armes, Fort Saganne et La menace. Il est dommage que sa carrière se soit terminée avec deux films, l'un vraiment décevant, Le deuxième souffle, sorti en 2007, et le très récent Crime d'amour, pour lequel je m'attendais à mieux [chroniqué le 07/10/2010].

PS: en hommage à Alain Corneau, le film Série Noire sera diffusé ce soir, mardi 31 août 2010, à 22H40, sur France 3.

17 août 2010

Le grand Loin - Pascal Garnier / Le bal des débris - Thierry Jonquet [Livres lus pendant mes vacances (1ère partie)]

Pendant ma pause estivale, je ne suis pas allée au cinéma (sauf pour voir Inception) mais j'ai pas mal lu.

J'ai donc sous le coude quelques notes sur divers romans et récit. Je commence avec:

Le grand Loin de Pascal Garnier (éditions Zulma): une histoire très noire dans laquelle Marc, la soixantaine, emmène sa fille Anne, 36 ans, internée en hôpital psychiatrique, dans un voyage (sans retour) en camping car. L'histoire dans lequel apparaissent quelques cadavres d'individus décédés de façon pas naturelle (on devine aisément qui est le coupable de ces forfaits) - figurent aussi un chat appelé Boudu, un doigt gangréné, un sorcier vaudou - se termine bien évidemment très mal. C'est une histoire perturbante très bien écrite avec un ton et un style particulier. C'est le deuxième roman de Pascal Garnier que je lis (après Comment va la douleur?), ce n'est pas le dernier.

Le bal des débris de Thierry Jonquet, roman récemment réédité (Poche point seuil), est totalement jubilatoire. C'est un des premiers romans de cet écrivain disparu il y a juste un an. Fredo, le narrateur, 24 ans, travaille dans un "hosto pour vieux" (sic): il pousse des chariots toute la journée. Il est marié à Jeanine, une syndicaliste CGT active, assistance sociale dans un autre hosto à vieux de la région. Fredo raconte sa (més)aventure qui s'est passée trois mois auparavant. Un certain Lepointre Alphonse, ancien truand, admis à l'hôpital pour un accident sur la voie publique, va changer sa vie. L'histoire peut se résumer à: comment faire sortir des bijoux volés à une "vieille" hospitalisée, quand la police fouille partout et devient omniprésente au sein de l'hôpital. La fin, en pied-de-nez bien trouvé, se déroule en Bretagne. Ce roman permet à Thierry Jonquet d'épingler, avec verve et une grosse pointe de vitriol, le monde médical en général et les services de gériatrie en particulier.

25 juillet 2010

Les chaussures italiennes - Henning Mankell

Au vu de toutes les critiques plus que positives que j'ai lues sur la blogosphère, je me suis décidée à lire Les chaussures italiennes d'Henning Mankell, et pourtant j'avais des réticences après la lecture du résumé de la 4ème de couverture qui ne m'inspirait pas. Et après mon coup de coeur pour Profondeurs, roman froid comme la glace, j'ai été déçue par Les chaussures italiennes (Editions du Seuil). Je m'attendais à autre chose. D'abord, le titre du roman constitue seulement une référence à un passage court (et anecdotique) sur un Italien vivant en Suède, fabricant de chaussures sur mesure livrées un an après la date de commande. Les chaussures italiennes, qui se déroule sur une année, est un roman à la première personne dont le personnage central et narrateur s'appelle Fredrik Wallin. Ce dernier, âgé de 66 ans, ancien chirurgien orthopédiste dont la carrière a été brisée, vit reclus sur une île en compagnie d'une chatte et d'une chienne. Pour lutter contre le froid et la solitude, il creuse un trou dans la glace chaque matin et s'y immerge. Son seul contact extérieur consiste en un postier, Jansson qui vient trois fois par semaine en hydrocoptère ou par bateau. Wallin m'a paru tout de suite plutôt antipathique. Il reconnaît lui-même être un lâche (c'est peut-être pour cela que je n'ai pas aimé cette histoire). Un jour, Jansson, en guise de courrier, amène quelqu'un avec lui, Harriet, la femme que Wallin a aimée 40 ans plus tôt et qu'il avait laissée tomber du jour au lendemain. L'image d'Harriet s'aidant d'un déambulateur est surréaliste. Harriet est faible et malade, elle va mourir. Avec cet événement inattendu, Wallin découvre qu'il a une fille, Louise, jeune femme d'une trentaine d'années, assez marginale. Wallin, bousculé dans sa vie monotone, se remet en question. Il renoue contact avec la personne qu'il a mutilée suite à une erreur médicale. L'île où vit Wallin va devenir le lieu d'événements tragiques et parfois plus gais car Wallin va s'humaniser, s'ouvrir aux autres. Personnellement, j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages et j'ai trouvé certains faits décrits invraisemblables. Je suis tout de même contente d'avoir lu ce roman malgré ma déception. Pour compléter, voir les avis enthousiastes d'Aifelle, Cuné, Dominique, Cathulu, Yv, BMR.

9 juillet 2010

Shrek 4, il était une fin - Mike Mitchell (avant-première en IMAX 3D)

Mon ami m'a suggéré trois angles différents pour ce billet. J'annonce le plan, je parlerai d'abord de la logistique, avant de continuer sur le film, et de finir sur l'IMAX 3D.

J'ai été invitée le 29/06/10 à assister à une avant-première de ce dessin animé en IMAX 3D. N'ayant pas vu les précédents, mais ayant un a priori contre, je n'y serais pas allée toute seule. En revanche, mon ami s'étant déclaré intéressé, je nous ai donc inscrits. Si j'avais su... j'y aurais été en velib' ou en voiture (si nous avions été motorisés), car la projection avait lieu aux cinémas Gaumont Pathé Quai d'Ivry [sur Seine], soit (pour nous) largement de l'autre côté du périph'. J'aurais dû me méfier au vu de l'invitation aux indications approximatives: déjà, il était marqué comme code postal 92400 et non 94200, et il n'y avait pas le moindre plan (mais seulement indiqué les stations "Pierre Curie" à Ivry [ligne 7 du métro] ou "Ivry" [ligne C du RER]). Pour éviter de payer un supplément avec le RER, nous avons pris le métro, mais sans regarder plus précisément les localisations. A l'arrivée, le "quai Boyer" (adresse du cinéma) ne figurait même pas sur le plan présent dans la station de métro. Nous avons dû demander "La Seine, c'est par où?" à des indigènes: il en est résulté une demi-heure de marche au milieu de nulle part ou presque! Heureusement que nous étions partis en avance. En nous dépêchant un peu, nous sommes arrivés avec seulement 5 minutes de retard, et loin d'être les derniers. Selon la toute nouvelle directrice du complexe qui a fait de 10 minutes en 10 minutes les annonces au micro, les embouteillages empêchaient certaines personnes d'arriver dans les temps (nous avons donc vu quelques bandes-annonces en IMAX 3D pour patienter). Finalement, ça a commencé.

Shrek alors...

Le film était projeté en V.F. Je l'ai trouvé mieux que ce à quoi je m'attendais. D'après ce que j'ai lu depuis, il y a beaucoup de références à des personnages de contes. Par exemple, le "méchant" du film dont le nom français est "Tracassin" s'appelle en VO "Rumpelstiltskin" (c'est le nom d'un personnage qui a donné son titre à un conte des frères Grimm). D'ailleurs, la trame de ce conte est en filigrane dans Shrek. Pour en venir à Shrek, l'ogre vert, il n'est pas à proprement parler "sexy". Marié à Fiona, jolie jeune femme devenue "verte" elle aussi suite à un sortilège, ils sont les heureux parents de trois marmots, ogres en puissance. Et justement, quand l'histoire commence, Shrek se lasse d'être un gentil ogre. Il voudrait à nouveau faire peur à ceux qu'il rencontre. Son voeu est exaucé grâce à un stratagème de Tracassin qui en profite pour instaurer un pouvoir absolu en réduisant tous les ogres en esclavage. On retrouve ensuite les héros récurrents, à ce que j'en sais, l'âne, personnage pas très courageux uni à une charmante dame dragon rose, et le chat "potté" qui s'est bien enrobé. Fiona devient une amazone prête à combattre le mal. Quant à Tracassin, méchant et mégalomane (il m'a fait penser au Dr Loveless dans Les mystères de l'Ouest - pour ceux qui connaissent), il est entouré de sorcières tout droit sorties de chez Harry Potter. Pour ceux qui ont aimé les précédents "Schrek", ce n'est pas le meilleur, il serait temps que cela s'arrête. Je n'ai pas un avis si négatif.

Pour la vision 3D, on nous a distribué de belles lunettes (beaucoup plus "classe" que celles avec lesquelles j'avais vu Le crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock, il y a plus de 20 ans, la technique a quand même énormément évolué), accompagnée de lingettes antibactériennes (c'est vrai que mon ami avait lu quelque part que ces lunettes risquaient de devenir des nids à saletés). J'ai trouvé que la vision en relief faisait diminuer de taille l'écran lui-même. L'impression est étrange mais pas désagréable. Je trouve que cette technique est une avancée technologique pour ce genre de films. J'espère renouveler l'expérience. En revanche, je ne suis pas convaincue de la valeur ajoutée de ce procédé pour des films avec des personnages réels. J'espère que le 3D ne va pas devenir systématique. Dès la fin de la projection, nous avons fait le chemin inverse pour rejoindre le métro: une demi-heure de marche mais sans l'inquiétude d'être en retard.

A part ça, je viens de voir sur mon programme ciné de cette semaine que le cinéma Gaumont Pathé Ivry allait retransmettre, en 3D, la finale de la coupe du monde de foot Espagne-Pays-Bas. On n'arrête plus le progrès!

25 juin 2010

Les petits ruisseaux (le film et la BD) - Pascal Rabaté

Coup sur coup, je viens d'aller voir le film sorti le 23 juin 2010 et de lire la BD (parue aux éditions Futuropolis en 2006) que mon ami m'a trouvée d'occasion avant même de savoir que j'allais voir le film le même jour. Les petits ruisseaux (les deux) dégagent des beaux moments de tendresse et de bonheur. C'est drôle et léger. Dans la région d'Angers, Emile, un septuagénaire, mène une vie monotone depuis son veuvage. Il pêche le gardon et l'ablette avec son ami Edmond. Ils se retrouvent souvent au bar "Le penalty" où ils ont lié connaissance avec des consommateurs du coin. C'est là qu'Emile entend dire qu'on a vu Edmond avec une dame. Il ne peut s'empêcher lors de leur séance de pêche suivante d'en parler à son ami, et apprend que ce dernier fait des rencontres de dames de son âge en lisant des petites annonces. Edmond, qui vit avec son chat, peint aussi des portraits de femmes nues assez osés (d'après des photos de magazines): Emile n'en revient pas et ressent une certaine gêne. Ensuite, un concours de circonstances aboutit à ce que la vie d'Emile prend un nouveau départ. Il ressent du désir. Il revit après sa rencontre avec deux femmes d'âge mûr et une bande de jeunes "hippies". Je n'en dirai pas plus sur l'histoire. Le film reste très (trop?) fidèle à la BD qui est d'une lecture agréable. Certains critiques font ce reproche à Pascal Rabaté. Personnellement, je trouve que le film comme la BD ne tombent jamais dans la vulgarité malgré quelques scènes un peu lestes. Rabaté traite de la vie sexuelle des "seniors" avec délicatesse. Dans le film, les acteurs sont tous formidables, Daniel Prévost en tête. Bulle Ogier et Hélène Vincent font plaisir à voir dans la plénitude de leur âge. Elles sont belles tout simplement. Sinon, je vous laisse découvrir le moyen de locomotion dont se sert Emile pour se déplacer: une adorable voiture rouge toute étroite et en hauteur qui doit friser les 50 km/heure à pleine vitesse. C'est un film et une BD que je vous recommande vivement. Pour la BD, il faut bien lire les sous-sous-titres sur la couverture: sex, drug, and rock'n roll... mais suivis en tout petit de "on fera ce qu'on pourra; surtout contre le cholestérol; je suis meilleur en musette" (à côté d'une musette de pêche, bien sûr).

21 juin 2010

Mourir comme un homme - Joao Pedro Rodriguez

Mardi 15 juin 2010, je suis allée voir Mourir comme un homme, un film portugais de Joao Pedro Rodriguez. C'est son troisième long-métrage. A l'issue de la projection, les 20 spectateurs de la salle (le Nouveau Latina à Paris) ont eu le plaisir de converser avec le réalisateur, qui se débrouille fort bien en français. Mourir comme un homme peut se résumer ainsi: "Il a vécu comme une femme et il est mort comme un homme". L'histoire se passe à Lisbonne à la fin des années 80. Tonia, un transsexuel, est à l'apogée de sa carrière comme vétéran de spectacles de travestis des nuits lisboètes car la concurrence est rude. Tonia transforme son apparence en portant robe, chaussures, perruque et seins siliconés mais elle n'a pas changé de sexe. Ses convictions religieuses sont un frein. Pendant son adolescence, elle a même eu lors d'un rapport hétérosexuel, un garçon (qui la rejette violemment). Maintenant Tonia vit une relation houleuse avec un jeune amant, Rosario, drogué et souvent violent. Le film mêle plusieurs genres: film de guerre dans la première longue séquence (qui selon moi désarçonne des spectateurs dont je fais partie), histoire d'amour, mélodrame et film musical (les acteurs chantent des chansons a capella). En revanche, on ne voit aucune prestation de Tonia lors de ses spectacles de travestis, tout se passe hors champ. Le film semble atemporel. Je n'ai pas eu l'impression qu'il a été tourné en 2009. Je ne pense pas qu'on puisse le comparer à un autre, il sort vraiment de l'ordinaire. C'est sans doute le sujet qui le veut. Le travail sur la photo est magnifique et certaines séquences dont la dernière, qui se passe dans un cimetière, sont marquantes.  C'est une histoire douloureuse et triste mais pas larmoyante. Les acteurs (non professionnels) sont vraiment bien. Le réalisateur nous a précisé qu'il s'était inspiré de témoignages de travestis, de transsexuels, médecins et gens du spectacle. Mourir comme un homme qui dure 2H15 est projeté dans deux ou trois salles à Paris. Est-ce que j'ai apprécié? Je ne peux pas dire que j'ai été totalement conquise par ce film pas facile mais ce n'est pas mal et je ne regrette pas de l'avoir vu, bien au contraire.

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