Le blog de Dasola
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27 décembre 2009

Un nommé Cable Hogue - Sam Peckinpah

Un nommé Cable Hogue de Sam Peckinpah est un western de 1970 que je ne connaissais pas; et grâce au DVD, cette lacune est réparée. C'est une histoire réjouissante (le titre en VO est "The Ballad of Cable Hogue") qui se passe au début du vingtième siècle quelque part aux Etats-Unis. Cable Hogue joué par Jason Robards se retrouve dépouillé par des comparses au milieu d'une région sans eau. C'est là que le miracle a lieu, Cable Hogue trouve justement une source et s'empresse de mettre un droit de préemption sur les deux acres de terrain alentour en l'achetant 2 dollars (c'est tout ce qu'il peut payer). La transaction se fait d'autant plus facilement que personne ne croit qu'il a trouvé de l'eau. A force de persuasion, il trouve un homme qui lui fait confiance et qui lui prête de l'argent, et pendant quelques années, Cable Hogue va s'enrichir en fournissant de l'eau aux diligences qui passent. Il vit aussi une jolie histoire avec une jeune femme "de petite vertu" (Stella Stevens) sans compter un pasteur "pas très catholique" (David Warner) qui devient son ami. Tout se termine quelques années plus tard avec "le progrès" en marche où l'automobile et la moto remplacent les chevaux, et d'ailleurs le pauvre Cable Hogue meurt écrasé par un des ces engins. Je ne m'attendais pas à un film aussi joyeux du réalisateur de la Horde sauvage (même si la fin est un peu triste). Il semble avoir lorgné sur le genre "Western spaghetti" de Sergio Leone (Jason Robards étant le "Vautour" d'Il était une fois dans l'Ouest). C'est une bonne surprise en ce qui me concerne.

13 décembre 2009

Merci à.... Cuné

Je pense qu'elle va rougir de confusion derrière son écran d'ordinateur, mais je le dis haut et fort, bravo à elle pour avoir recensé presque 600 blogs de blogueuses et blogueurs lectrices et lecteurs dans son billet du 27/11/09*. C'est un travail titanesque que d'avoir fait cette liste mise à jour en temps réel (des blogueurs / blogueuses se font connaître tous les jours). Il était temps que les "cybernautes" sachent qu'il existe des anonymes (ou non), des passionné(e)s de lecture qui n'appartiennent à aucune chapelle, qui ne font qu'aimer les livres et essayent d'en parler avec leurs mots. Merci encore à toi, Cuné.

* PS du 20/12/10: Cuné vient de nous apprendre qu'elle avait supprimé son billet (c'est bien dommage).

9 décembre 2009

Jan Karski - Yannick Haenel

Pour en revenir à la rentrée littéraire et comme je l'avais dit dans mon billet du 19/11/2009, je viens de lire Jan Karski (collection L'infini, Editions Gallimard). Ce roman, qui a reçu les prix du roman Fnac et Interallié 2009, est composé de trois parties comme Yannick Haenel l'indique en note au début de l'ouvrage. La première partie, la plus courte (20 pages), est un description d'un moment dans le film Shoah de Claude Lanzmann (1985), où un homme, grand, maigre et très digne revient sur des événements douloureux qui se sont passés 35 ans auparavant pendant la seconde guerre mondiale. Il s'agit de Jan Karski, né polonais catholique, qui a échappé au massacre de Katyn en se faisant passer pour un ouvrier. A partir de ce moment-là, il est entré dans la Résistance polonaise, faisant le messager entre elle et le gouvernement en exil à Londres. Parmi les missions qui lui sont confiées, il y a celle de s'introduire clandestinement dans le ghetto de Varsovie pour voir ce qui s'y passe. Il voit l'indescriptible et l'horreur absolue. La deuxième partie (80 pages) est un résumé du livre autobiographique de Jan Karski, Histoire d'un état secret, qui se passe de 1939 à 1943: il y raconte ce qu'il a vécu pendant cette période, sa mission dans le ghetto et comment il a pu entrer dans un camp d'extermination en se faisant passer pour un garde ukrainien qui lui avait prêté ses vêtements. Plusieurs fois arrêté et torturé par la Gestapo, il rappelle que la Pologne a été une nation démantelée, coincée entre l'Allemagne et l'Union soviétique, entre les nazis et les staliniens. La résistance polonaise a fait ce qu'elle a pu mais ses moyens étaient limités. Il est arrivé plusieurs fois à quitter la Pologne, à rejoindre Londres, à aller jusqu'aux Etats-Unis où il a rencontré F. D. Roosevelt à qui il a raconté ce qui était en train d'arriver au peuple juif. Dans la dernière partie, qui fait 70 pages, Yannick Hanael écrit une fiction à la première personne où il se met à la place de Jan Karski en revenant sur l'extermination des Juifs. Il écrit cette phrase terrible: l'extermination des Juifs d'Europe n'est pas un crime contre l'humanité mais un crime par l'humanité. Il déplore que personne ne l'ait cru parce que personne ne voulait le croire. Par la suite, Jan Karski, de messager, est devenu témoin. Il fait partie des Justes au mémorial de Yad Vashem. Je ne saurais trop vous conseiller ce très beau roman que tout le monde devrait lire. C'est un livre nécessaire. On est bouleversé.

5 décembre 2009

Le dramaturge - Ken Bruen

Le Dramaturge (Folio policier) de Ken Bruen (né en 1951 à Galway) permet de retrouver le détective Jack Taylor pour la 4ème fois. En ce qui me concerne c'est le deuxième que je lis après Le martyre des Magdalènes que j'avais apprécié (et dont Dominique a fait un billet). Ici, Le Dramaturge est une référence à John Millington Synge, le grand prosateur, poète et dramaturge irlandais (1871-1909). Ken Bruen situe ses histoires à Galway en Irlande, et Jack Taylor, que l'on a connu alcoolique et drogué depuis les trois premières enquêtes (voir Toxic Blues et Delirium tremens [chroniqués le 15/01/2010]), ne boit plus et ne prend plus de substances illicites. Il arrive même à entretenir une liaison (éphémère) avec une femme. Dans cette histoire, un dealer de drogue purgeant une peine de prison, et connu de Jack, lui demande d'enquêter sur la mort de sa soeur qu'on a retrouvée la nuque brisée après une chute dans un escalier. On a retrouvé un ouvrage de Synge sous son cadavre. Une deuxième jeune femme subit le même sort. L'enquête menée par Jack Taylor n'est que secondaire (comme dans le Martyre des Magdalènes), on a la solution à la toute fin au détour d'une page. C'est surtout un roman sur un personnage, Jack Taylor, auquel on s'attache avec ses défauts et ses qualités, et le petit monde qui gravite autour de lui. C'est aussi, de la part de Ken Bruen, une déclaration d'amour à l'Irlande et au peuple irlandais. Il est aussi, me semble-t-il, un grand lecteur de polars, car les courts chapitres composant le roman sont entrecoupés d'extraits d'auteurs comme Henning Mankell, Robert Crais, James Lee Burke ou John Lansdale. Le Dramaturge se lit vite et bien. J'attends avec impatience la parution en poche des deux romans suivants: La main droite du diable et le tout récent Chemins de croix (parus aux Editions Gallimard Noir). Je vous conseille vivement de découvrir cet écrivain si ce n'est déjà fait.

7 décembre 2009

Les vies de Pippa Lee - Rebecca Miller

Les vies de Pippa Lee est surtout l'occasion de voir des actrices comme Winona Ryder, Robin Wright Penn, Julianne Moore et Maria Bello qui se font rares sur nos écrans, et un acteur (Keanu Reeves) qui joue ici (très bien) un personnage à contre-emploi. Dans ce film adapté de son roman (ce que j'ignorais), la réalisatrice et adaptatrice, Rebecca Miller, nous raconte, grâce à des flash-back, la vie de Pippa Sarkissian devenue Pippa Lee (Robin Wright Penn) par son mariage. Elle est la plus jeune et la seule fille d'une fratrie de quatre. Son père, pasteur, est sans personnalité et plutôt absent. En revanche, la mère (Maria Bello) de Pippa souffre d'une névrose qui arrive à déteindre sur Pippa, qui s'enfuit de chez elle. Pendant une vie de bohème qu'elle mène pendant quelque temps, en particulier chez sa tante lesbienne, Pippa rencontre un éditeur, Herb Lee (Alan Arkin), beaucoup plus âgé qu'elle mais avec qui elle fera sa vie. Ils ont deux enfants, un garçon et une fille (qui déteste sa mère sans que l'on sache pourquoi). Pippa est maintenant dans la fleur de l'âge mais on a l'impression qu'elle s'ennuie avec son mari récemment retraité, qu'elle attend quelque chose. Sa rencontre avec un homme, Chris Nadeau (Keanu Reeves), va peut-être donner une nouvelle direction à sa vie. C'est un film fait de petits riens qui raconte une vie. Je ne peux pas dire que j'aie été touchée mais je ne me suis pas ennuyée. L'actrice qui joue Pippa jeune (Blake Lively) est une très jolie révélation, je lui souhaite une longue carrière. Pour ce qui est de Rebecca Miller, je lirai peut-être un jour son roman dans lequel j'apprendrai peut-être pourquoi la fille de Pippa déteste autant sa mère.

29 novembre 2009

Lucky Luke - James Huth

[Attention, ceci n'est pas un billet de Dasola, mais bien le 2ème signé par "Ta d loi du cine" (le précédent est ici).]
Dasola ayant catégoriquement refusé de m'accompagner (la bande-annonce lui avait suffi, ai-je cru comprendre), j'ai été au bout de mon souhait d'aller voir l'oeuvre en question, quelque temps après sa sortie (qui a eu lieu le 21 octobre 2009). Du coup, je me fends d'une critique pour raconter l'aventure. Premier challenge: réussir à trouver un cinéma qui passait encore ce film: ils sont deux, sur Paris, en cette 6ème semaine depuis sa sortie. Effectivement, j'avais laissé passer le gros des spectateurs (QUI est gros?); c'est pas une blague, j'ai eu droit à la salle pour moi tout seul: j'étais LE spectateur du jeudi soir.
Côté parodie, ce n'est pas du léger. J'ai plus souvent fait la grimace que souri. Le plus réussi, ce sont les bottes, tout à fait dans l'esprit de la BD. Et je retiendrai le "Ouaip!" de Dujardin. Mais, dans les scénarios de Goscinny (tu parles d'un hommage!), ça allait de pair avec l'allumage d'une cigarette. Ici, on a droit à du brin d'herbe fumeux qui a tout du pétard mouillé. Le seul gag qui m'a fait rire était plutôt gore. Hé non mesdames, il ne faut pas ôter les bottes d'un cow-boy, surtout dans une baignoire (gare au gremlin des familles). Le film semble hésiter au croisement de différents univers: celui du cartoon à la sauce franco-belge, et celui du post-western spaghetti-paëlla. Au final, ça donne du Guignol. Ce n'était certes pas facile de trouver la bonne distance parmi cinq ou six influences. D'où peut-être l'impression d'une succession de tableaux, de morceaux de bravoure. Un peu comme à la guerre: pendant 95% du temps, on ne fait qu'attendre qu'il se passe enfin quelque chose (avec des méchants anonymes un peu statiques en figurants qui font nombre, le genre qui a vocation à se faire massacrer par paquet de six - en principe?); puis tout se passe effectivement trop vite pour qu'on puisse voir et comprendre (à part l'unique ralenti du film). Et c'est pas mal elliptique. N'ayant pas lu les deux tomes de la série "dérivée" Kid Lucky (désolé!), j'ignore si des éléments y ont été repris, ou non, pour l'enfance de LL. Pour dire quelques mots des personnages: Billy the Kid m'a fait penser à Sylvestre (à cause du zeveu sur la langue?). Je ne sais pas si Dujardin a le menton assez pointu par rapport au LL "classique"? Il semble s'être calqué sur - ou cantonné à (j'ai pas dit Cantona!) - celui des (disons) 12 premiers albums parus chez Dupuis? Soyons juste, il y a tout de même des réminiscences dans ce film. "Pat Poker" a une tête de O'Sullivan dans Phil Defer, et le coup de la fausse sortie provient peut-être de cet album. On aurait peut-être au moins pu avoir droit à la mention du seul "sept-coup" de l'Ouest, modèle spécial créé par un vieil armurier: même pas! OSS Luke nous refait le coup du chargeur inépuisable déjà vu dans Rio ne répond plus (à moins que ce soit dans Le Caire nid d'espion?). Il pourrait nous dire "il faut quand même que je pense à recharger, un de ces jours": pas non plus. Pour finir, je me demande un peu s'il n'y a pas eu une erreur sur le bon format: peut-être aurait-il fallu en faire une série TV en épisodes de 2 ou 3 minutes? [C'est bon, je sors]. Et, c'est pas pour spoiler, mais restez donc jusqu'au bout du générique: vous pourrez apprendre (si, si!) que Ran-Tan-Plan n'apparaît pas dans ce film! Bien, pour pouvoir comparer les sorts faits à Goscinny, il me reste à voir les 4 Astérix, et Le Petit Nicolas (ou Iznogoud, avec Billy the Kid), dont je n'ai encore vu aucun. A ma connaissance, personne ne s'est attaqué à Oumpapah. Qu'attend Dany Boon? Mais, après tout, peut-être reverrai-je avec plaisir ce Lucky Luke 2009, d'ici une quinzaine d'années...

9 novembre 2009

Et un p'tit tag de plus, un!

Même si je n'ai pas été "taguée", voici un petit questionnaire que j'ai découvert chez Aifelle, Mango et quelques autres (il a fait le tour de la blogosphère en peu de temps). Comme je l'ai trouvé assez intéressant et qu'il n'est pas trop long, voici mes réponses.

1) Si on vous proposait d'écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n'a pas un don pour la littérature l'écriture)

Je ne sais pas déjà si j'accepterais d'écrire ma biographie qui n'est pas spécialement passionnante. Et si je l'écrivais, je l'écrirais moi-même et me ferais aider de mon secrétaire de rédaction préféré.

2) Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d'un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaine de pages... Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu'il s'appelle... Daniel Craig. Il a l'air chagrin. Il a une petite douleur à l'épaule, et est persuadé qu'un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre... Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)

Le James Bond blond? Personnellement, il faudrait qu'il soit très malade. [A part ça, il est très bien dans d'autres rôles comme dans The Mother]. Sinon, je ne suis pas une bonne masseuse. Et puis tant qu'à faire, je préférerais Clive Owen. Là, je veux bien faire un effort: arrêter ma lecture pour passer à autre chose.

3) C'est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l'humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés?)

Pas Orgueil et Préjugés, je n'ai lu aucun Jane Austen. Peut-être un dictionnaire encyclopédique.

4) Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?

Les matins de week-ends dans mon lit. Je ne m'en lasse pas.

5) Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?

Je ne sais pas, peut-être le mari dans Une vie de Maupassant (mais il n'y aurait plus de roman).

6) Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

Qui est Voldemort? (Je plaisante mais je n'ai lu aucun Harry Potter - et 7 tomes ou 8, cela m'indiffère).

7) Jusqu'où êtes-vous allés pour un livre ?

Nulle part, j'ai toujours lu les livres que je voulais lire (non mais sans blague).

8) Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part "bonjour")

Zola, je lui aurais demandé pourquoi avoir écrit des romans où les personnages sont autant frappés par le destin. C'est vrai que les gens heureux n'ont pas d'histoire mais quand même.

9) Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

Une pièce, assez grande avec des rayonnages partout, je pense y arriver en 2011, année où je déménagerai; il me tarde.

10) Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu'il arrête de cramer des bouquins ?

Je ne lui aurais pas donné de livres, mais j'aurais brûlé devant lui tous les exemplaires de Mein Kampf.

 

11 novembre 2009

Sin nombre - Cary Fukunaga

Sin nombre (les "sans-noms") sont les centaines de candidats à l'immigration (clandestine) venant d'Amérique centrale et du Mexique et voulant partir aux Etats-Unis. Ils essaient de fuir la misère pour un monde meilleur (?). Sayra et Willly (alias Casper) se rencontrent sur le toit d'un wagon d'un long train. C'est une des techniques que les futurs émigrants utilisent pour voyager (souvent au péril de leur vie). L'introduction un peu longue montre comment Sayra quitte le Honduras avec son père et son frère pendant que Willy (alias Casper), qui fait partie d'un gang dangereux, La Mara, est mis à l'épreuve. Avec le chef du gang, Lil Mago, tatoué de la tête au pied, qui l'accompagne, ils rançonnent les voyageurs en partance. Peu de temps avant, Lil Mago, en voulant violenter la petite amie de Willy, l'a tuée par accident. En effet, les membres de ces gangs sont des hommes jeunes voire des adolescents, et sont violents. Le nombre de leurs tatouages est proportionnel aux actes violents qu'ils commettent (le meurtre en fait partie). Ils vivent selon leurs propres lois qui se résument à supprimer tous ceux qui leur cherchent des ennuis. On voit comment ils peuvent faire disparaître les corps de ceux qu'ils ont tués sans sommation. Ils règnent par la terreur. Je ne vous dirai pas comment Willy et Sayra arrivent à se cotoyer et à faire un brin de chemin ensemble. La fin est en demi-teinte: tragique pour l'un et avec l'espoir d'une nouvelle vie pour l'autre. J'ai été touchée par le destin de ces deux personnages. Ce film réalisé par un réalisateur inconnu du grand public a reçu plusieurs prix dans des festivals internationaux. Il s'est inspiré de faits réels pour nous raconter cette histoire. Cela fait un bon complément au documentaire qui est encore projeté (tout au moins à Paris): La vida loca (sorti le 30 septembre dernier) du réalisateur Christian Poveda qui s'est fait malheureusement tuer par balles par le gang salvadorien des "Maras". Son film est dans mes films à voir. En tout cas, Sin nombre mérite toute votre attention.

3 novembre 2009

Capitalism, a love story - Michael Moore

Après Sicko (cf. mon billet du 16/09/07), notre trublion préféré, Michael Moore, s'attaque au capitalisme en général et à ses conséquences sur les finances américaines et sur les vies des petites gens en particulier. Le titre Capitalism, a love story est assez ironique puisque Michael Moore n'aime pas le capitalisme et il le dit. C'est un film qui m'a plu de par ses différentes démonstrations. Par exemple, celle qui démont[r]e comment quelques individus, financiers, membres de sociétés de courtage, assureurs et surtout banquiers, ont ruiné des millions de gens aux USA. Il a bien expliqué comment l'Amérique a été insouciante dans les années 50: elle dominait tout sans concurrence, et ensuite, elle s'est retrouvée face à la concurrence internationale (il prend l'exemple de l'industrie automobile avec l'Allemagne et le Japon). Il a bien analysé les rouages du hold-up financier de Wall Street sur l'économie. Et il parle bien entendu de la collusion entre financiers et hommes politiques. La mainmise financière sur l'économie a commencé sous Reagan. Parallèlement, je suis sensible à sa manière généreuse de s'attacher aux petites gens: ceux qui se retrouvent à la rue avec un viatique de 1000 dollars. J'ai bien aimé au début la comparaison entre la chute de l'Empire romain et la chute de l'Empire américain, et aussi celle où Wall Street est un casino dans lequel quelques personnes misent sur l'argent mondial. C'est effrayant. Comme Michael Moore, je ne sais toujours pas ce qu'est un dérivé de crédit. Pour mettre une légère touche d'optimisme, il évoque une société qui est gérée par son personnel (comme une coopérative). Je ne sais pas si ce film sera un succès aux Etats-Unis. C'est là qu'il devrait avoir un impact pour que les choses changent. D'après ce que j'ai lu, Goldman Sachs continue de faire des profits vertigineux. En revanche, je pense que le film marchera en France, il le mérite, c'est vraiment bien et on apprend des choses. D'ailleurs, il faudra que j'y retourne car le film est très dense (il dure 2H00) et il y a une grande masse d'informations que je n'ai pas forcément assimilées en une fois. Sinon j'ai eu la chance de voir le film en avant-première, mardi 20 octobre 2009. Le film sort le 25 novembre prochain: allez-y! C'est mieux qu'une fiction et on sort hébété. Voici deux extraits du film: le premier et le second.

25 octobre 2009

Katalin Varga - Peter Strickland

Katalin Varga de Peter Strickland est un film d'atmosphère, de sons, d'images de forêts profondes menaçantes ou de plaines accueillantes. C'est une histoire de vengeance (sur la fin) qui se dénoue abruptement de façon assez logique. Ce film, joué en langue hongroise, se passe en Roumanie, et plus précisément en Transylvanie, pays de Dracula où l'on trouve encore la charrette tirée par un cheval pour se déplacer. Suite à une indiscrétion sur son passé, Katalin Varga, très belle jeune femme, est contrainte de partir: son mari la chasse avec son fils, Orban. Ils s'en vont sur les routes car Katalin Varga cherche quelqu'un. Elle a été violée, il y a douze ans. De ce viol est né Orban. Sa vengeance va être terrible mais elle paiera le prix fort car elle retrouve ses deux violeurs et la femme de l'un deux qui ignorait tout. Mais au bout du compte, on ressent un certain apaisement. Quand on sort de la projection, on est sonné. La fin ne s'oublie pas, notamment une scène sur une barque pendant laquelle Katalin raconte tout sur son viol. Les comédiens sont tous remarquables, en particulier l'actrice principale dont c'est le premier film: Hilda Péter. Il serait dommage que ce film reste un succès confidentiel. S'il se donne par chez vous, allez le voir. Rob dit beaucoup de bien du film.

1 novembre 2009

2 romans de Thierry Jonquet (suite)

Pour continuer dans mon hommage personnel à Thierry Jonquet, j'ai lu à la suite La Bête et la Belle et Mémoire en cage.

Je commence par La Bête et la belle, un roman qui m’a emballée parce que je n'avais pas deviné ce qui allait se passer et que j'aurais bien aimé rencontrer un des narrateurs, Léon, même s'il était vieux, sale et moche.

La bête et la belle est l'histoire d'une amitié entre Léon et un homme, professeur de collège qui est désigné pendant tout le roman sous le vocable "Le Coupable". Pour Léon, il a été le meilleur copain qu'il ait trouvé. Pour l'instant, le Coupable lutte entre la vie et la mort à l’hôpital pendant que le commissaire Gabelou essaie de reconstituer une affaire mystérieuse: il se trouve en présence de morts suspectes dont un jeune Commis boucher, un Gamin et une Vieille et le Visiteur (ce dernier a été retrouvé dans l'appartement du Coupable).
Léon nous raconte l'histoire du Coupable, professeur de collège, à partir du moment où  ils se sont rencontrés à la sortie d'un bistrot. Léon est parti vivre dans l'appartement du coupable pendant 9 mois, jusqu'à ce que la situation finisse par se dégrader. En effet, l'appartement du Coupable (qui semble avoir tué sa compagne Irène - très méchante avec lui) est rempli de sacs poubelles nauséabonds qui suintent. Pendant cette période, le Coupable est devenu paranoïaque et a sombré dans la folie. Il avait peur que l'on trouve le corps d'Irène dissimulé dans le congélateur de la cuisine. En plus des sacs poubelles, la passion du Coupable, ce sont les trains électriques. Outre les fameux sacs poubelles, tout l’appartement est envahi par les rails qui sont partout. Cela n'empêche pas que Léon se soit régalé, en compagnie du Coupable, de biftecks qu’il va chercher chez le boucher. Je ne vous raconterai pas la fin, ni certaines péripéties. Quand j'ai terminé le roman, je me suis dit: "quel talent il avait, Thierry Jonquet!". Il m'a bien eu. Il y a un vrai suspense et quelques surprises. Et l'écriture est une merveille.

Dans Mémoire en cage, on retrouve le commissaire (divisionnaire) Gabelou qui a trois cadavres sur les bras et doit faire face à trois questions: qui, pourquoi, comment. Qui a tué, pourquoi on a tué et comment on a tué Cynthia, jeune fille de presque 16 ans, devenue un "légume" à la suite d'une intervention médicale ratée, le beau-père de Cynthia et un éminent chirurgien, le docteur Morier, appelé "L'ordure" par Cynthia. Cette dernière n'était pas la débile que l'on croyait. Son intelligence et son esprit étaient intacts. Elle a su se venger en se servant d'un jeune étudiant, Alain Fornat, quelque peu obsédé sexuel. C'est un roman plus sombre, plus tragique. Mais il y a toujours un certain humour. Jonquet aimait ses personnages (même les "ordures"). Cela se sent.

Deux lectures que je conseille. Les deux romans sont parus comme presque tous les autres aux éditions Folio policier.

Un autre roman de Thierry Jonquet, lu ultérieurement, ici  >>>

7 septembre 2009

2 romans de Thierry Jonquet

Pour rendre hommage à Thierry Jonquet qui vient de disparaître cet été à l'âge de 55 ans (voir le blog de Stephie), j'ai tenu à lire deux romans à la suite. C'est un grand écrivain français qui vient de disparaître. Personnellement, j'avais découvert l'oeuvre de Jonquet il y a quelques années avec Moloch, Les Orpailleurs, Ad Vitam Aerternam, Mon vieux, Mygale (cf. mon billet du 17/03/2008).
Je viens donc de lire coup sur coup Le manoir des immortelles et Comedia parus dans la collection Folio Policier. Ils ont été écrits tous les deux dans les
années 80.
Le premier m'a beaucoup fait penser à Mygale dans le ton. C'est une histoire à la limite du fantastique. A Paris, entre les Buttes-Chaumont et le 14ème arrondissement, Hadès (Dieu des morts dans la mythologie grecque - c'est un pseudo ici) se met en tête de supprimer des hommes en leur tranchant la tête avec une faux. Ces hommes à qui il attribue des numéros avaient répondu à une annonce "coquine" les menant à une certaine adresse dans le 14ème. C'est là qu'ils sont pris en filature par Hadès qui décide, selon une raison que je vous laisse découvrir, s'il les tue ou non. Hadès vit en grande banlieue avec une femme, Lola, dans un manoir en décrépitude. Qui est Lola et que fait-elle? Le manoir des immortelles est un roman de 165 pages très noir qui se lit en 1H30 (j'ai testé pour vous).

Le deuxième est assez différent. L'histoire se passe entre Etretat, Paris (les Buttes-Chaumont) et Berlin Est. Nous sommes au début des années 80 avant la Chute du mur. Comedia est le pseudonyme d'un vieil homme qui en traque deux autres surnommés Géronte et Pantalone car il veut savoir pourquoi un certain Scapin (toujours un pseudo) ne fut pas arrêté dans les années 50 en RDA (aujourd'hui ex-Allemagne de l'Est) et ce qu'il est devenu. Dès le début du roman, dans la région parisienne, Géronte (un vieil acteur impliqué peut-être dans un trafic international d'armes) est tué par Comedia qui s'est adjoint des collaborateurs: l'équipe statique Arlequin avec 5 personnes, et l'équipe mobile Sganarelle avec aussi 5 personnes. Par la suite, ces deux équipes sont chargées de surveiller Matamore, un jeune cinéaste qui était un ami de Géronte. Matamore est en train d'écrire (peut-être un scénario) sur Géronte qui a été un figurant de films célèbres dans les années 30 comme par exemple La grande illusion et la Marseillaise de Jean Renoir ou La belle équipe de Julien Duvivier. S'ensuit une évocation en accéléré d'une remontée dans le temps des années 30, de la seconde guerre mondiale, des années 50 et 60 en Allemagne et France. Tout cela finit très mal malgré le côté Comedia dell'Arte et Moliéresque des noms des personnage. C'est un roman qui se lit bien et qui montre encore une fois que Thierry Jonquet avait le talent de créer une fiction à partir de faits divers de la petite ou grande histoire.

PS [09/09/2009]: Stephie (qui avait donc lancé dès le 12 août l'idée d'un hommage de la blogosphère à Thierry Jonquet par la lecture et la chronique de ses oeuvres) centralise les billets ici.

Deux autres romans de Thierry Jonquet, lus ultérieurement, ici  >>>

23 septembre 2009

Le temps qu'il reste - Elia Suleiman

Grand oublié du palmarès de Cannes cette année, Le temps qu'il reste du réalisateur palestinien Elia Suleiman (film dont j'ai lu de bonnes critiques chez Yohan et Dr Orlof) est à voir pour tous les moments de poésie auxquels nous assistons ainsi que la mise en scène: Elia Suleiman sait placer sa caméra et a le sens du cadre. Il y a peu de dialogues mais tout est compréhensible et intelligible. Le film retrace la vie des parents d'E.S. (son nom dans le film) et de quelques personnages hauts en couleur dont un homme qui veut à tout prix se suicider. Elia Suleiman s'est inspiré de carnets qu'a laissés son père. Tout se passe à Nazareth de 1948 à nos jours, avec quelques années mises en exergue où l'on assiste à la cohabitation plus ou moins tendue entre Palestiniens et Israéliens. Je retiens quelques scènes, dont l'homme au téléphone portable en ligne de mire d'un char, des jeunes qui malgré l'appel au couvre-feu continuent de danser dans un appartement très éclairé (et rien ne se passe), celle d'une institutrice qui détourne l'attention de jeunes écoliers quand deux acteurs s'embrassent lors d'une scène dans une projection de cinéma. Il n'y pas d'histoire mais plutôt des instants de vie. Après Intervention divine (2002) qui ne m'avait pas convaincue, je ne peux que vous recommander Le temps qu'il reste.

29 juin 2009

Mariage à l'islandaise - Valdis Oskarsdottir

Mariage à l'Islandaise de Valdis Oskarsdottir, sans être très drôle (et certainement pas un chef-d’œuvre), est un film plaisant à regarder. D’abord, comme son titre l’indique, cela se passe en Islande avec ses paysages vallonnés mais désertiques, battus par les vents, ses fjords. La réalisatrice nous raconte l'histoire d'un mariage qui doit se dérouler dans une église perdue au milieu de nulle part bien en dehors de Reyjkavik. Dans chaque car (contenance 40), il y a moins de 10 personnes: dans l'un se trouve la future mariée et sa famille, et dans l'autre, le futur marié et sa famille. En effet, les deux futurs époux ne sont pas censés se regarder avant la cérémonie. Sinon, le témoin du marié, avec les alliances, manque à l'appel (tout au moins au début). On le récupère sur la route. Une grand-mère fait partie des invités surprises. Au moment des arrêts, certains changent de car suite à des disputes. Des relations se nouent ou se dénouent. Des vérités pas toujours plaisante sont dites. Et l'église est introuvable, personne n'a de plan et le pasteur qui doit marier les deux fiancés regarde un match de foot en les attendant. Quand on l'appelle, il donne des indications vagues pour trouver l'église au toit rouge. Tout finit dans un désordre total avant même que le mariage ait lieu. Et je n'ai rien dit des relations entre les personnages, qui sont essentielles dans cette chronique devant laquelle on passe un bon moment.

13 juillet 2009

Jaffa - Keren Yedaya

Après Amerikka, voici Jaffa (de Keren Yedaya), du nom d'un faubourg de Tel Aviv en Israël, connu pour ses oranges. On sait moins que les Palestiniens et les Israéliens y cohabitent tant bien que mal et ce n'est pas toujours facile. La preuve en est l'histoire qui nous est racontée. Mali, une jeune femme israelienne âgée de vingt-et-un ans, travaille avec son frère Meir dans le garage de leur père, Reuven, marié à Osnat (Ronit Elkabetz) qui paraît beaucoup plus jeune. Reuven a deux employés palestiniens, le père et le fils, Malik. Mali et Malik s'aiment en secret, ils veulent même se marier. Les rapports entre Meir et ses parents sont difficiles. Mali, quant à elle, parle peu. Osnat est une femme choyée qui semble n'avoir qu'une occupation dans la vie: regarder la télé en se faisant masser les pieds. Je trouve qu'elle parle à sa fille comme si elle était une étrangère. Je n'ai pas ressenti d'affection entre elles. Un matin, au garage, Meir, qui n'est pas très bien dans sa peau, s'en prend violemment au père de Malik. Le drame éclate. Malik qui tue Meir accidentellement est incarcéré pour plusieurs années. Enceinte, Mali veut avorter (en Israël, il faut avoir l'accord des autorités) mais décide en fin de compte de garder le bébé. Bien entendu, ses parents ignorent tout de sa peine, de son désarroi et qui est le père de l'enfant. Se sentant coupable de ce qui arrive, Mali ne veut plus avoir de nouvelles de Malik. Sa fille Shiran naît. Quelques années passent... Peu à peu, Mali s'émancipe de l'autorité de ses parents qui apprennent la vérité sur le père de Shiran (ils le prennent très mal). Le conflit entre eux est palpable. Pendant ce temps, Malik sort de prison. Et la dernière séquence est pleine d'espoir. En y repensant, j'ai trouvé le film bien mais je n'ai pas été touchée par les personnages. J'ai même trouvé le couple formé par Reuven / Osnat assez antipathique malgré leur détresse. Jaffa m'a semblé lisse, un peu froid, même si je le répète, la fin peut faire espérer. Dans le dossier de presse en ma possession, la réalisatrice, dans une interview, donne des clés pour comprendre les personnages mais ce n'est pas visible à l'écran.

26 juin 2009

Date de la sortie des films en semaine 27 (billet intermédiaire)

A Paris, sur les colonnes "Morris" où sont souvent collées les affiches des films à venir, je me suis posée la question quant aux dates de sortie de deux productions française et américaine: Le hérisson (adaptation du "best seller" de Muriel Barbery [cf. mon (1er!) billet du 09/01/07]) et L'Age de glace 3. Elles sont annoncées pour le vendredi (3 juilllet) et non le mercredi (jour habituel des sorties). Une illumination (bon sang, mais c'est bien sûr!) vient de se faire en moi: à partir du 27 juin (c'est-à-dire demain) jusqu'au 3 juillet (inclus), c'est la fête du cinéma (qui dure, pour la première fois, une semaine entière). On paie sa première place au plein tarif et après, c'est 3 euros, chaque séance suivante. En revanche, pour les nouveautés, les spectateurs ne pourront y aller que le dernier jour de cette opération. Je suis sûre que c'est la raison de ce choix dans la date. C'est quand même dommage. Dans ce cas, je ne comprends pas pourquoi cette opération dure une semaine.

25 juin 2009

Mort aux cons - Carl Aderhold

Comme il est dit page 291, on est toujours le con de quelqu'un. Le premier roman, Mort aux cons, édité au Livre de poche (400 pages) de Carl Aderhold, écrivain dont je n'avais jamais entendu parler, est réjouissant et immoral. Le narrateur, à la fin de son récit, est parvenu à supprimer, de façon très naturelle, 140 cons. Le déclic s'est fait quand il a commencé par descendre une chatte nommée Zara (de Zarathoustra). Elle appartenait à une voisine d'immeuble et avait la fâcheuse habitude de griffer le narrateur. D'autres animaux de compagnie ont suivi. De là, il s'attaque aux humains qu'il considère comme nuisibles, bêtes, inquisiteurs, enquiquineurs (pour rester poli) envers les autres, en général, et envers lui, en particulier. Et page 153, il a une illumination: "Le con", s'écrie-t-il, "voilà l'ennemi". C'est là que le massacre de masse commence avec les représentant(e)s de l'Administration (avec un grand A) dont un inspecteur des impôts, un employé des Assedic, un de l'ANPE (le narrateur est intérimaire), une autre de la sécu, puis d'autres comme un assureur, une concierge, un car entier de petits vieux, un chauffard, des DRH successifs d'une maison d'édition, un producteur de film porno, un fils indigne (d'une mourante), et même la propre épouse du narrateur, Christine, etc. Ils se retrouvent tous à passer de vie à trépas par la seule volonté du narrateur qui commet des crimes parfaits (ou presque). Il se sert en particulier d'un révolver qui venait de son grand-père. En revanche, il ne tue aucun militaire. Cet anti-héro a une bonne conscience à tout épreuve. La façon qu'il a de présenter les choses font que ses actes criminels monstrueux deviennent évidents. Il consulte quand même un psy qui se trouve destabilisé à force d'écouter ce que lui dit le narrateur. Et bien que très seul, ce dernier trouve une oreille bienveillante (tout au moins au début) en la personne d'un inspecteur de police, François Marie, à qui on dit souvent: "je vous salue, Marie". La fin du roman est très ouverte. L'une des grandes qualités de Mort aux cons, à part sa drôlerie, c'est son écriture et son style, on le lit très vite.

21 juin 2009

L'icône - Gary Van Haas

A ceux qui vont me lire, j'annonce tout de suite que cela m'a beaucoup coûté d'écrire ce billet. J'étais très contente de participer pour la deuxième fois à l'opération Masse critique Babelio. Après ma première tentative pas très concluante (j'avais moyennement aimé L'amie du diable), j'espérais faire une meilleure pioche: j'ai choisi un thriller à tendance religieuse. Que nenni! En un mot, je considère ce roman (est-ce que je peux dire que L'Icône est un roman?) comme une ineptie totale. C'est un des plus mauvais livres que j'aie lu de ma vie. Je ne sauve rien, ni l'histoire avec un héros faussaire à ses heures et criblé de dettes, ni l'écriture très relâchée pour ne pas dire vulgaire; et je serais grecque, j'intenterai un procès à l'auteur qui est raciste dans ses propos envers ce peuple. L'essentiel de l'histoire se passe entre Mikonos et Delos. Aucun cliché sur les homosexuels, la vie dissolue, les trafics d'antiquités ne nous est épargné. Et l'icône n'a qu'un rôle très accessoire dans l'intrigue. Si vous lisez les 10 dernières pages de ce roman, vous saurez que le Christ n'est pas mort sur la croix mais vous n'en saurez pas plus. Et de toute façon, cela n'a aucune importance. J'espère que les éditions First qui ont publié le roman vont améliorer leur politique éditoriale car ils n'ont rien à y gagner. Pour finir, selon la 4ème de couverture, un film adapté de ce roman est annoncé avec Pierce Brosnan et Catherine Zeta-Jones, je crains le pire.

19 juin 2009

The Chaser - Hong-jin Na

Grâce à l'opération "séances de rattrapages" de mon cinéma d'Art et d'essai favori (Le Lido à Limoges pour ne pas le nommer), j'ai enfin vu le film sud-coréen, The Chaser, dont Shin a dit le plus grand bien. Je le rejoins totalement dans son enthousiasme. Ce film noir (âmes sensibles s'abstenir) se passe presque entièrement de nuit à Séoul. Joong-ho, un ancien flic  devenu un proxénète moyennement prospère, s'interroge sur la disparition très récente de certaines de "ses filles" et de l'argent par la même occasion. Comme dit Shin, c'est l'anti-héro par excellence. Personnellement, malgré son "métier" peu recommandable, je ne l'ai pas trouvé antipathique. Et il se trouve qu'il se prend d'affection pour la petite fille de la dernière disparue. Assez vite, on connaît tout de l'horrible vérité: il y a un tueur qui ne craint rien ni personne. C'est un homme jeune d'aspect banal (d'ailleurs j'ai cru au début qu'il n'était qu'un simple "rabatteur") qui agit seul dans une grande demeure vide où la salle de bain immonde sert de lieu pour perpétrer des meurtres. Je vous épargnerai les détails quant au modus operandi. Quand ce tueur est arrêté par hasard, nous sommes dans le premier tiers du film, il avoue tout: c'est-à-dire avoir tué au moins 12 personnes. En revanche, comme les policiers n'arrivent pas à lui faire dire où il habite, ils ne peuvent rien contre lui puisqu'ils n'ont pas de cadavres. Il est relâché au grand désespoir du proxénète (qui retrouve ses réflexes de flic). La police ne veut pas être accusée de commettre une bavure. Une course-poursuite au sens propre et figuré s'engage entre Joon-ho et le tueur. Pendant ce temps, la dernière victime, que l'on croyait morte, parvient à s'échapper de la maison du crime. Jusqu'au bout, la peur est palpable: qui, du tueur ou du l'ex-flic, va réussir? La fin est terrible mais logique. Vraiment un grand film d'un réalisateur que je ne connaissais pas, et qui est haletant pendant les deux heures qu'il dure, sans un temps mort.

11 juin 2009

Departures - Yojiro Takita

Après Still walking, je chronique un deuxième film japonais. Departures vient de recevoir l'Oscar du meilleur film étranger cette année (Entre les murs et Valse avec Bachir étaient aussi en compétition). Il paraît que, sans cette récompense, il ne serait jamais sorti en Europe (dont la France), et cela aurait été dommage. Car à la différence de Rob, j'ai beaucoup aimé (comme ffred ou Tinalakiller) ce film que j'ai vu dans une salle très recueillie (si je puis m'exprimer ainsi). Ce film a mérité son Oscar (quoi qu'en disent certains esprits chagrins). Daigo, jeune violoncelliste, se retrouve au chômage du jour au lendemain, quand l'orchestre dans lequel il jouait est dissous. Il décide de retrouver ses racines en venant habiter avec sa jeune épouse, Mika, dans la demeure de sa mère décédée (un genre de bar désaffecté). Pour subvenir à ses besoins, il répond à une annonce qui parle de voyage. Il est engagé immédiatement. L'annonce était incomplète: il s'agit de voyages dans l'au-delà. Le vieil homme, patron de cette entreprise, a eu du mal à recruter. C'est lui qui enseignera le métier à Daigo. La tanathopraxie (le mot n'est pas employé dans le film) n'est pas bien vue au Japon (comme peut-être partout ailleurs). D'ailleurs, Daigo n'ose pas avouer à sa femme son nouveau métier (c'est par hasard qu'elle le découvre et elle en est horrifiée). A partir de là, on est hypnotisé par le cérémonial de la toilette et de l'habillage des morts. Il faut voir les gestes étudiés de Daigo pour habiller, coiffer, maquiller la personne décédée. Juste avant la crémation. Chaque fois, la famille du (de la) défunt(e) est présente. Les réactions sont souvent vives, certains veulent retrouver la personne comme si elle était "vivante". Tout est fait avec un grand respect et beaucoup de pudeur. Un grand film pas triste du tout, bien au contraire. Le petit défaut du film est dû à quelques facilités scénaristiques mais rien de grave. Le générique de fin montre, encore une fois, Daigo en train de "préparer" un mort; les spectateurs sont restés jusqu'au bout.

3 juin 2009

Clara - Helma Sanders-Brahms

De cette réalisatrice, j'avais vu, lors de sa sortie (1980), Allemagne Mère Blafarde, que j'avais aimé (et qui a, paraît-il, beaucoup marqué à l'époque). Le film était un beau portrait de femme qui essayait de survivre avec mari et enfant pendant la 2ème guerre mondiale en Allemagne. Concernant Clara, Helma Sanders-Brahms a mis 12 ans (selon le dossier de presse) pour pouvoir tourner ce film sur Clara Schumann, femme de Robert, compositeur de la Symphonie Rhénane, d'un concerto et de très belles sonates pour piano. Mort dans un asile d'aliénés en 1856, à 46 ans, il laissa Clara veuve avec 5 enfants. Musicienne en plus d'être une pianiste de grand talent, elle a été du vivant de Robert Schumann plus célèbre que lui. C'est elle qui a interprété les oeuvres de son mari. Le film se concentre sur la rencontre du jeune Johannes Brahms avec le couple, vers 1850. Cela s'est passé à Dusseldorf où Robert, malgré ses maux de tête, devait diriger l'orchestre de la ville. Le film montre que Clara prenait souvent la place de Robert à la tête de l'orchestre au grand dam de certains musiciens qui n'admettaient pas d'être dirigé par une femme. Johannes Brahms, issu d'un milieu populaire, a voué une véritable adoration à Clara et peut-être plus (en tout cas au vu de ce que l'on voit dans le film). Il lui a écrit et dédié de nombreuses oeuvres musicales, et elle-même a interprété au moins un des deux concertos pour piano de Johannes. Clara Schumann a survécu 40 à son mari et Brahms est mort 1 an après elle en 1897. Pour parler du film proprement dit, Clara souffre de quelques défauts, dont l'interprétation de Pascal Greggory n'est pas des moindres. De film en film, je le trouve assez limité comme acteur. Il n'est pas très crédible dans le rôle de Schumann. Martina Gedëck qui joue Clara est bien. Elle fait ce qu'elle peut mais elle n'est pas "habitée" par le rôle. L'ensemble manque un peu de "consistance". La coproduction fait que les acteurs parlent dans leur langue et sont doublés. Cela ne fait pas naturel. C'est un film très sage mais on a quand même le plaisir d'écouter de la belle musique. Personnellement, j'aime la musique de Brahms depuis toujours mais quand je suis sortie de la projection, j'ai senti que les spectateurs n'étaient pas très enthousiastes. On peut le comprendre. Illustrer les affres de la création musicale constitue une gageure. Ken Russell l'avait partiellement réussi avec Music Lovers (1970) pour Tchaikovski.

19 mai 2009

Les chevelues - Benoît Séverac

Les chevelues de Benoît Séverac (2007) aux éditions TME est un roman policier (280 pages) qui m'a été offert par mon ami pour mon anniversaire (il l'avait repéré sur le blog de Claude Le Nocher). Le format du livre est rectangulaire (cela m'a fait penser aux Editions Actes Sud) et l'impression se fait sur un papier recyclé de bonne qualité. L'histoire se passe sous le règne de l'Empereur Auguste. Toute la Gaule est occupée (oui, oui, toute). C'est l'époque de la Pax Romana. En Aquitaine, à Lugdunum Converanum (aujourd'hui Saint-Bertrand-de-Comminges), les Romains et les Gaulois cohabitent pacifiquement. Un jeune Romain, Cracius, après une nuit d'orgie en compagnie d'une Gauloise (une Chevelue), se fait assassiner en pleine campagne sur le chemin du retour vers chez lui. Il devait épouser une Romaine, fille d'Hadrianus Trevius, premier magistrat de la civitas (ville). Ce même Hadrianus, membre du "quattuorvirat" (sic, 3 Romains et 1 Gaulois) qui gère la ville, veut d'abord faire croire à un suicide pour éviter le désordre dans la ville. Peine perdue. Quelques jours après, un autre jeune Romain, Balbius, ami de Cracius, est tué lui aussi, piqué par un serpent mortel. Il venait d'avoir une relation intime avec une autre jeune Gauloise. Valerius Falco, un centurion un peu désabusé, enquête. Il découvre que vingt jeunes Gauloises ont été déflorées par Cracius, Balbius et par trois autres jeunes romains (qui meurent eux aussi de mort violente). Tous les cinq sont fils de notables romains de Lugdunum Converanum. Entretemps, un terrible propréteur, Rufus Riego dépêché de Tolosa (Toulouse), qui hait les Gaulois, déclare que le coupable est Gaulois. Ce n'est pas l'avis de Valerius Falco. Ce roman est très agréable à lire car on se sent proche des personnages grâce à la description de certains us et coutumes tant romains que gaulois. Je regrette cependant que l'auteur qui emploie de nombreux termes latins pour désigner des objets ou des personnes n'ait pas fait un glossaire à la fin du livre. Mise à part cette mini-critique, je vous conseille de vous procurer ce roman. Je pense qu'il faut le commander chez votre libraire favori.

7 juin 2009

Still walking - Hirokazu Kore-Eda

Du réalisateur du magnifique et poignant Nobody knows (2004), Still walking que je viens de voir deux fois pour mieux m'en imprégner est une chronique familiale qui se passe sur une journée et demie, à l'occasion de l'anniversaire de la mort du fils aîné, Fenjei, mort noyé accidentellement quelques années auparavant en voulant sauver un jeune homme. La première séquence s'ouvre avec deux femmes qui conversent dans une cuisine. La plus âgée, Toshiko Yokoyama, une soixantaine d'année, est en train de préparer des légumes pour les cuisiner, l'autre qui l'assiste, est sa fille, You. Elles parlent de recettes de cuisine et d'autres sujets. Dans une autre pièce de la maison, un vieil homme aux cheveux blancs, Atsushi, mari de la première et médecin à la retraite, s'ennuie; il n'est plus capable de soigner. You est venue avec son mari et ses deux jeunes enfants. Ryo, le fils cadet de la famille, arrive en train et bus avec sa jeune épouse, Yukari, et le fils de celle-ci (né d'un précédent lit). Ryo est au chômage mais ne veut rien dire à ses parents. Il leur fait croire au contraire qu'il a beaucoup de travail dans la restauration de tableaux. Leur bru, qui est pourtant bien gentille, est vue d'un mauvais oeil par les parents de Ryo. Ils ne comprennent pas cette "mode" des familles recomposées. Ils trouvent que, tant qu'à faire, une divorcée aurait mieux fait l'affaire car Yukari qui est veuve peut faire la comparaison entre son nouveau mari et le défunt (encore aimé?). Les enfants de You sont bruyants et un peu envahissants. Le fils de Yukari est plus posé. La journée se passe. Un hommage est rendu au fils défunt (qui devait prendre la succession de son père) avec une visite sur sa tombe où se déroule un petit cérémonial en présence d'un papillon jaune (qui pourrait être la réincarnation de Fenjei). La mère, Toshiko, a invité (comme tous les ans) l'homme que son fils a sauvé, c'est un être obèse qui mène une vie sans attrait. Après son départ, Toshiko dit le haïr. Elle en veut aussi à son mari de ne pas avoir été présent quand leur fils est décédé. A la fin de cette première journée, You et sa famille s'en vont. Seuls restent pour la nuit, jusqu'au lendemain, Ryo, Yukari et son fils. Toshiko explique qu'elle ne pourrait pas supporter ses petits-enfants bruyants très longtemps. Nous assistons encore à de belles scènes que je ne décrirai pas. J'ai été frappée par les extérieurs. La maison familiale, avec d'autres, semble se trouver en surplomb de la ville avec la mer au fond. Le cimetière aussi est en hauteur. Tout est pentu. Dans une des dernières scènes, on voit Toshiko et Atsushi monter les grands escaliers qui les mènent vers chez eux. L'épilogue se situe quelques années plus tard avec un rituel qui se perpétue. Sous des abords de comédie douce-amère, le film montre les rancunes, les petites mesquineries mais aussi les moments de bonheur d'une famille unie malgré tout. Cette histoire tend à l'universel. Quand le film se termine, on regrette d'avoir quitté la famille Yokoyama, on s'attendrait presque à une suite. C'est un des meilleurs films à voir actuellement. Depuis sa sortie, le succès ne se dément pas grâce à de bonnes critiques et au bouche-à-oreille. C'est mérité. Voir aussi l'article d'Oriane.

15 mai 2009

Maigret et la Grande Perche - Georges Simenon

Le 4 septembre prochain, cela fera 20 ans que Georges Simenon disparaissait. Je profite de l'occasion  pour parler d'une enquête du Commissaire Maigret: Maigret et la Grande Perche (écrit en 1951). Je viens de revoir un téléfilm avec Bruno Crémer dans le rôle de Maigret (c'est l'interprète de Maigret que je préfère). Face à lui, on retrouve Michael Lonsdale et Renée Faure. Comme j'ai trouvé l'histoire passionnante et bien menée, je me suis mise à lire le roman paru en Livre de poche, 190 pages. Ernestine dite La Grande Perche, qui avait été arrêtée pour un vol, 17 ans auparavant, par Maigret (jeune inspecteur à l'époque), vient le trouver Quai des Orfèvres car elle est inquiète: son mari, Alfred-le-triste, braqueur de coffre-fort dont elle n'a pas de nouvelles, l'avait appelée juste avant pour la prévenir que dans un pavillon à Neuilly qu'il s'apprêtait à cambrioler, il a vu le corps d'une femme morte, par terre. C'est l'occasion pour le commissaire de mener son enquête chez un dentiste, Guillaume Serre, de l'interroger ainsi que sa mère, vieille dame peut-être pas aussi digne qu'elle le paraît. Les non-dits, les secrets inavouables, les failles ne tardent pas à émerger, transcendés par l'écriture de Simenon. L'écrivain va à l'essentiel. On ne parle pas d'ADN. Seule la psychologie importe. On sent l'atmosphère pesante, presque la menace. A mon avis, la réputation de grand écrivain de Simenon n'est pas usurpée. Ses dialogues sans fioritures sont écrits pour le cinéma (ou la télé). C'est une lecture agréable, ai-je trouvé.

11 mai 2009

Dans la peau / La chambre écarlate - Nicci French

Pour celles (ceux) qui ne le savent pas, sous le pseudonyme de Nicci French se cache un couple d'écrivains anglais, Nicci Gerrard et son mari Sean French, journalistes de profession. Ils écrivent à quatre mains depuis plus de dix ans. Je viens de lire deux de leurs romans policiers: Dans la peau et La chambre écarlate. Comme cela m'a bien plu, je vais en commencer un troisième, Aide-moi... Les points communs des deux premiers sont évidents. Les histoires se passent à Londres et ce sont des femmes qui sont les narratrices. Dans les deux intrigues, les policiers n'ont qu'un rôle vraiment secondaires et ne paraissent pas très compétents. Les conclusions ne sont pas forcément très gaies avec des héroïnes fortes mais seules.

Pour Dans la peau, nous avons trois femmes dont les récits se succèdent: elles ne se connaissent pas mais un lien les relie: un tueur leur écrit qu'il va les tuer. Les deux premières ont une fin tragique, quant à la troisième...

Dans La chambre écarlate, l'héroïne est une jeune psychiatre qui arrive à résoudre une affaire tragique où les deux victimes sont aussi des femmes: une jeune SDF et une mère de famille, dont on apprend à la fin quel lien elles pouvaient avoir.

Petite anecdote en passant: j'avais acheté les deux romans en poche. Le premier, je l'ai lu tranquillement chez moi. Quant au deuxième, il faisait partie de ceux que j'avais emportés pendant mes vacances basques. Et je ne sais pas pourquoi, dans un moment de distraction (je l'avais lu aux trois-quarts), je crois l'avoir oublié sur un banc. Comme je voulais absolument le terminer, je l'ai trouvé à ma biblothèque d'entreprise. J'étais contente de ne pas être obligée de le racheter. Une mésaventure de ce type m'était déjà arrivée il y a quelques années et j'avais racheté le livre (mais je ne me souviens plus du titre). Sinon, le fait d'abandonner un livre terminé sur un banc, pourquoi pas? L'idée n'est pas mauvaise si cela peut faire plaisir à quelqu'un... (cf. ici, ou bien là).

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