Le blog de Dasola
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24 août 2020

The perfect candidate - Haifaa Al-Mansour

Après Wadjda qui m'avait beaucoup plu, la réalisatrice Haifaa Al-Mansour nous revient avec un film lumineux qui brosse de beaux portraits de femmes. Dans une petite ville de province d'Arabie Saoudite, Mariam, l'aînée d'une fratrie de filles, travaille comme médecin dans un genre de clinique dispensaire. Elle est encore célibataire tout comme sa soeur cadette, qui filme des mariages ou des événements où il n'y a que des femmes. Les deux vivent avec la cadette encore adolescente chez leur père, un musicien. Il est veuf depuis peu et laisse beaucoup de liberté à ses filles, mais le souvenir de la mère défunte elle-même chanteuse est très présent. La réalisatrice fait un portrait assez nuancé de la société souadienne où les hommes n'ont pas un rôle totalement négatif. Les femmes peuvent enfin conduire une voiture (depuis 2018), mais elles n'ont pas le droit de sortir du territoire sans autorisation de leur tuteur (père, frère ou mari). Mariam, ne pouvant pas aller à Dubaï pour un congrès, se retrouve à se porter candidate aux prochaines élections municipales. Elle est la seule femme à le faire, avec un programme en un point: goudronner le chemin qui mène à la clinique où elle travaille. Elle fait une réunion électorale devant un parterre de femmes lors d'un défilé de mode, ou bien devant un public masculin par écran interposé. C'est du bricolage mais elle est déterminée. Pendant ce temps-là, le père qui joue de l'oud (et chante) dans un orchestre se produit en plein air ou dans des salles fermées avec les hommes d'un côté et les femmes de l'autre. Ce film féministe où les moments humoristiques ne manquent pas m'a vraiment beaucoup plu. Allez le voir. Henri Golant le conseille aussi ainsi que Miriam.

6 juin 2019

Parasite - Bong Joon Ho

J'ai eu l'occasion de voir en avant-première le film sud-coréen qui a reçu la Palme d'Or au dernier festival de Cannes en mai dernier (2019!). Parasite de Bong Joon Ho est un véritable jeu de massacre (au sens propre du terme) dans la deuxième moitié du film. La famille Taek vivent dans un entresol infâme dans un petit immeuble où le réseau mobile ne peut être capté qu'au dessus des toilettes des wc. On leur a coupé le téléphone fixe. C'est une famille pauvre mais soudée où les parents sont plus ou moins au chômage. Ils vivent d'expédients comme le montage de boîtes à pizza. Leurs deux enfants adultes prennent la vie du bon côté. La fille est douée en contrefaçon de toutes sortes sur ordinateur, et le fils, Ki-Woo, qui présente bien, va accepter de donner des cours d'anglais à une jeune fille de bonne famille, celle des Park, qui vivent dans une maison d'architecte somptueuse. Ki-woo a pu se faire engager grâce à un faux diplôme fabriqué par sa soeur Ki-jung. A partir de là, tout s'accélère, un plan parfait se met en place. Ki-jung va devenir le professeur de dessin du petit garçon des Park, le père va devenir chauffeur de Mr Park, tandis que la mère va remplacer au pied levé la gouvernante qui était là depuis des années. Je vous laisse découvrir comment tout s'articule au mieux. Jusqu'à ce qu'un grain de sable inattendu vienne perturber tout. Car la famille Taek comptait bien profiter de l'aubaine due au fait que les Park s'absentent quelques jours. Le film montre assez bien que la pauvreté a une odeur. Dans la famille Park, tout est propreté. Sous son aspect comédie noire, le film en dit beaucoup sur la lutte des classes où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus exclus de tout. Un film à voir pour les acteurs et pour la réalisation. Après, je ne sais pas si tous les spectateurs vont aimer. A vous de vous faire votre opinion.
Lire les billets de Pascale, Princecranoir, Strum et Mymp.

27 juillet 2020

Chained - Yaron Shani

Je suis contente d'avoir vu Beloved avant Chained. Beloved est une sorte d'inclusion dans l'histoire narrée dans Chained. Dans le couple formé par Rashi et Avigail, on fait plus ample connnaissance avec Rashi, un flic de terrain à Tel Aviv. C'est le genre "gros nounours" fou amoureux de sa femme, Avigail. Cette dernière désespère d'avoir une grossesse arrivant à terme. Quand le film commence, Rashi part au travai et se retrouve à fouiller des jeunes "fils à papa" qui transportent peut-être de la drogue. Son intervention est mal vue, les parents d'un des jeunes portent plainte contre ce comportement inapproprié. Rashi, droit dans ses bottes, affronte l'équivalent de l'IGPN (Inspection Générale de la Policie Nationale). Sur le plan personnel, Rashi a des rapports houleux avec sa belle-fille, âgée de 13 ans et en pleine crise d'adolescence. Rashi reproche à Avigail de laisser trop de liberté à sa fille Yasmine. Puis Avigail commence à s'éloigner de Rashi, sans forcément que l'on sache pourquoi. Elle n'est d'aucun soutien pour son mari malgré les problèmes de ce dernier. J'avoue que le personnage d'Avigail, pour laquelle j'avais eu de la compassion dans Beloved, a beaucoup baissé dans mon estime dans Chained. Je l'ai trouvé molle et presque lâche. Elle ne regarde plus son mari dans les yeux. Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Pour le coup, du point de vue psychologique, j'a trouvé qu'il y avait des lacunes dans le scénario. La dernière scène du film est terrible; même si le geste de Rashi est impardonnable, je peux le comprendre car tout s'écroule autour de lui. C'est mon point de vue personnel. Eran Naim qui interprète Rashi m'a sidérée. Un film à voir absolument. Henri Golant, Pascale, Baz'art et Wilyrah le recommandent aussi.

24 juillet 2020

Beloved - Yaron Shani

J'aime beaucoup le cinéma venant d'Israël. C'est un cinéma riche et puis j'aime écouter des acteurs parler en hébreu. Toujours est-il que je suis allée voir Beloved qui est la deuxième partie d'un diptyque avec Chained (pas encore vu). Quand commence Beloved, on voit une femme, Avigail, désespérée. Elle consulte chez un médecin avec son mari Rashi (le personnage principal de Chained). Déjà mère d'une adolescente qui lui est un peu étrangère, elle n'arrive pas à retomber enceinte malgré un traitement hormonal. Avigail est l'un des personnages centraux de l'histoire mais d'autres femmes dont deux soeurs ont une place importante dans l'histoire. Avigail est infirmière dans un Ehpad dans lequel les visages des personnes âgées ont été "floutés", dont celui du père mourant de deux soeurs, Yaël et Na'ama. Ces dernières sont très différentes l'une de l'autre et on va découvrir leur rivalité. Justement, grâce à Na'ama, Avigail va participer à un stage bien-être quelque part à la campagne. Elle va se trouver dans un groupe de six femmes bienveillantes qui se parlent et se consolent. Cette séquence au coeur du film est douce et magnifique. En revanche, par la suite, on assiste à un affrontement verbal d'une rare violence entre Na'ama et sa soeur Yaël. Quand cet affrontement se termine, on est sonné. Une autre scène marquante est celle d'un accouchement dans l'eau. Et l'une des dernières scènes où l'on voit Avigail à la magnifique chevelure se faire couper ses deux nattes par sa fille avec qui elle se réconcilie, m'a touchée. Un film que j'ai aimé voir même s'il est perturbant. Je compte aller voir Chained en début de semaine prochaine. Lire le billet de Pascale.

1 juillet 2020

Déconfusion finale (mes ironies) - N°4

Le 2 juin 2020, je me disais qu'il y avait de fortes chances que la plupart de mes notes prises "au jour le jour" soient obsolètes au 1er juillet.
Le 30/06/2020, j'identifie deux points d'actualité brûlante: un laboratoire de biologie multi-sites se plaint de devoir bientôt se débarrasser de 700 000 tests du Covid-19 inutilisés et arrivant à obsolescence. Comme quoi, les "patients" citoyens ne se sont pas précipités pour leur permettre de réaliser le business attendu... D'autre part, l'armée chinoise va commencer à vacciner ses soldats contre le Covid-19. Terrible angoisse: si "la guerre" est pour tout à l'heure, va-t-on seulement pouvoir leur envoyer les marins du Charles-de-Gaulle?

Pour l'entre-deux [dates], c'est ci-dessous, noté au jour le jour!

Mardi 2 juin, sortie quasi-estivale (bras et jambes nus). Dans mon quartier, 1/3 sans masque, 1/3 avec masque sur le menton, 1/3 avec masque correctement mis... Est-ce que nous verrons le verre aux deux tiers plein ou au deux tiers vide?

Dans une pharmacie, le masque lavable n'existe qu'en deux couleurs: en blanc, ou en noir. Je n'irai pas jusqu'à dire que le noir est plus cher.

Affaires en cours début juin: le masque bientôt remboursé par la sécurité sociale?

Lu les deux pages du "mode d'emploi" du masque gratuit. C'est de la C... ie (avec un grand RIE).
On comprend pourquoi il n'y a pas eu de masques plus tôt: la norme AFNOR avait besoin d'être réécrite...

Qu'est-ce que cela paraît loin... Vous vous rappelez, à la mi-mars 2020, quand on avait tous la trouille de tomber malade et de mourir, ici en France métropolitaine?

Après la déclaration de guerre, on n'aspire plus qu'à l'armistice. C'est reparti comme en 40?

Quand ça change, ça change: il n'y a plus à s'attester, on prend le métro hors heures de pointe...

Duplicité de ma propre stratégie. Je dois mettre le masque pour prendre le métro? Je mets le masque, afin d'avoir le droit de l'utiliser. Ensuite, je le range dans ma poche (le masque, pas le métro). Je n'en ai pas besoin pour marcher dans la rue? Je ne le mets pas.

Il faut avoir vu ce qui se passe au terminus du métro parisien: cette nuée d'employés qui se hâte d'essuyer consciencieusement d'un bref coup de chiffon hydroalcoolisée chaque barre métallique, ...le tout non sans un certain soupçon de nonchalance. Encore, ça, c'était au tout début du déconfinement...

Sur Wikipedia, "le coronavirus" est désormais relégué au 3e rang des "Evénements en cours" : Manifestations et émeutes aux États-Unis · Déversement de pétrole à Norilsk · Pandémie de Covid-19. Sic transit...

Les gens qui travaillent, quels gens-qui-qui-neurs !

Masques bleus (dits "jetables"), en majorité. Tiens, et les gilets jaunes, ils en sont à quels actes?
Gilets jaunes + masques bleus? La poussée verte était prévisible...

Je me disais dès le 2 juin: "désormais, sur ce qui était "voie publique", les piétons devront slalomer entre les terrasses de café et restaurants".

La lettre et l'esprit. L'intérieur des cafés est religieusement vide (au début en tout cas), mais dehors, les terrasses débordent sur la chaussée en toute convivialité. C'est jeune, ça bavarde et ça se rit au nez. Bientôt: tousse ensemble, tousse ensemble, tousse...?

On nous dit que seuls 5% des Français ont été en contact avec le virus (anticorps etc.). Nous devons donc nous masquer par "principe de précaution" envers 95% de personnes indemnes de tout contact?

Mon masque sur le menton? Je le remets sur ma bouche et mon nez quand je suis face à quelqu'un.

Suis-je seul à penser que nos dirigeants se sont quelque peu ridiculisés avec les consignes sur les "bonnes" manières d'utiliser nos fameux masques (une fois ceux-ci disponibles)?
Un peu comme si on leur avait fait confondre la manière d'utiliser un masque chirurgical en milieu, soit stérile, soit infectieux (bref, à l'hôpital), et le rôle de protection faciale contre les postillons envoyés aux vis-à-vis, dans un lieu recevant du public, ou même en extérieur.
Est-ce que vous en connaissez beaucoup, vous, des gens dûment masqués qui ne sont pas septiques?

Résistance passive? Obligation de moyens vs obligation de résultat.

Les autorités veulent toujours que je porte un masque? Très bien, je porte un masque. Imaginez le nombre de personnes que je connais (d'un certain âge?) qui m'ont dit "je n'arrive pas à respirer, avec ce truc"...

A la réflexion, je pense que s'affrontent deux logiques.
Celle des autorités: le "port du masque" est peut-être imaginé comme relevant du niveau de la protection / propreté chirurgicale (aucun miasme ne doit infecter le patient - hyperfragile par définition). Chacun des acteurs dispose donc d'un masque stérile, à usage unique ("durée de vie" limitée, considéré comme souillé après usage - aucune prise de risque). Bien entendu, une fois positionné, le moindre "toucher" annihile la protection apportée. Exigence maximale.
Et la logique du citoyen lambda: un masque quand je suis face à quelqu'un /un masque si je ressens un risque / un masque si je suis malade mais sors quand même / un masque pour être en règle en cas de contrôle et/ou dans un lieu où apparaître masqué est obligatoire. Mais au fond... A quoi ça sert?

Les Français ont fini par s'apercevoir que leur propre peau de leur propre petit nombril, seule à leur importer vraiment, était restée indemne au bout de 3 mois. Alors forcément, l'attention se relâche...

Suis-je le seul à me rappeler les experts qui nous annonçaient 100 000 morts si rien n'était fait (avec des trémolos dans la voix en faveur du confinement)? Nous en sommes à trente mille, et personne ne rappelle plus qu'il "aurait pu" y en avoir 70 000 de plus?

Je suis aussi assez vieux pour me souvenir de l'époque où devenir séropositif au VIH signifiait une mort inéluctable à plus ou moins brève échéance... (je pense à l'affaire du sang contaminé, bien sûr!). Et, à part dans la tête de Donald, il n'existe toujours aucun vaccin en 2020 (une trumperie de plus, lâchée en conférence de presse...).

Grâce à la pénurie initiale de masques et à la fabrication tous azimuts, on en admire aujourd'hui de toutes formes et de toutes couleurs. 
Vous le saviez, vous, que l'on nomme "maschérophilie" la collection et l'étude des masques, mmmh? Allez, soyez sincère...

Cinémas réouverts depuis 8 jours. dasola a fini de trépigner (était dans les startings-blocks depuis des semaines). 

Aujourd'hui, quand vous entrez dans un magasin, le vigile vous impose un jet de gel hydroalcoolique, il ne souhaite plus fouiller votre sac (vigipirate, c'est fini...). 

Je me rappelle aussi le temps où "voiler" son visage pouvait être puni de par la loi. Il en va différemment, désormais. Il existe une raison fondamentale, cependant, pour cette différence. Il y en a même au moins dix-sept, mais je ne vais en citer que quelques extraits. "Nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'[en] émane expressément [de la Nation]". "[La loi] doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse". "Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi".

Et encore deux poids, deux mesures. Le petit toutou à sa mémère: ne sert à rien, coûte (et rapporte!) un pognon de dingue à nourrir. Le grand chien dressé [pour guider les aveugles, renifler la drogue... ou le coronavirus]: coûte cher à former, est plutôt utile, est nourri comment?

500 milliards, par-ci, qu'aurait coûté à la France le confinement. 100 milliards, par-là, qu'auraient bêtement "épargné" les Français, au lieu de les dépenser pour leur "consommation". Maintenant, j'attends que monsieur Thomas Piketty me décortique un peu ces chiffres et leur signification, dans une somme (un livre) qui fera autorité...

Bon, maintenant, à part rédiger des bouts-rimés, je ne sais pas trop ce que je pourrais rajouter en un mois de plus.
Il faut savoir clore une rubrique.

PS: il paraît que le virus reparaîtra en septembre, plus fort que jamais? Bon bah si c'est le cas, rendez-vous au 1er octobre 2020 (après les vacances)!
Quoi qu'il arrive, on ne reconfinera sans doute pas la France entière. Ca coûte trop cher.

*****

Billets précédents (chaque 1er du mois):
Rions un peu avec le coronabidule (quelques c...) - N°1
Ricanons un peu avec le Cotruc-19 - N°2
Le virus en déconfiture? Quelle mascarade - N°3

1 septembre 2020

SARS-CoV-2 le retour, billet de mauvaises rumeurs - N°5

Extrait du Figaro du 14 août 2020: "Le Temps des tempêtes, le livre de Nicolas Sarkozy, est le best-seller de l'été. À ce jour, autour de 215.000 exemplaires ont déjà été vendus. Loin devant Joël Dicker et Guillaume Musso". Ca va devenir viral? .

...Vous ne vous attendiez pas à ça de ma part, hein? Je (ta d loi ducine, "squatter" chez dasola) n'ai encore pas résisté à jouer avec les mots (même si c'est de mauvais goût). Pour le bouquin, je vous rassure, ce n'est pas ma priorité d'achat. [si je le trouve à 20 centimes dans une solderie, peut-être que je finirai par le lire, dans quelques années...] ;-)

Bref, finalement, la pause depuis mon billet du 1er juillet (le 4ème de cette série) n'aura duré que le temps d'une chronique, à peine le temps de changer le principal ministre...

Ici ou là, mettre ou ne pas mettre (le masque)? C'est comme un jeu: "Jean a dit (trop dit, même)!"

Ca y est, "Masque obligatoire dans tout Paris depuis vendredi 28 août 2020 à 08h00" (comme disait à peu près Malraux). C'est pas une blague. Vraiment, on ne connaissait pas notre bonheur, l'an dernier, quand on n'aurait jamais imaginer une seconde devoir se museler ainsi...

J'entendais dire "les gens ont peur, il paraît, d'aller au cinéma ou à la piscine (lieux déserts). Et à côté de ça, on voit les gens porter le masque sous le menton, ou boire en terrasse sans aucun masque...". Je vais vous dire un secret: c'est pas les mêmes gens!

Scène de rêve:
-"Hep monsieur! Vous êtes dans une zone masque obligatoire, ici. Mettez votre masque!"

-"Oui monseur l'agent, excusez-moi, où avais-je la tête! Je vais juste aller à la terrasse du café là-bas, payer une consommation et lire mon journal, et comme ça je serai en règle...".

Ou alors, se mettre au brûle-gueule? ("vous voyez bien que je fume!")

Les joggers sont dispensés de masques? Je suppose qu'ils courent plus vite que le virus...

A côté d'une personne qui tousse ou éternue, question intéressée: "vous dormez avec quoi?" "- Avec une goutte de covid-19".

(rêveur) Quand je pense à tout ce que les Guignols de l'Info de la grande époque auraient pu nous faire avec cette Covid-19... 

On s'ébouillante à trop être vissés sur l'actualité... Incompréhensible: finalement, est-ce que la létalité a diminué, ou pas? Les anticorps disparaîtraient en quelques semaines chez certaines personnes. Dans ce cas, l'immunité collective serait inatteignable? Mais le rhume nous doterait d'une immunité? En fait, personne n'en sait encore trop rien. Essayez de faire une recherche sur "molécule c5b", pour voir...

Il paraît que cette fois-ci, le cas existerait: une même personne aurait été deux fois infectée successivement par la Covid-19 (avec, certes, deux souches différentes, l'une plutôt européenne et l'autre plutôt américaine). Grosse inquiétude dans les milieux autorisés sur la fameuse (fumeuse?) "immunité"...

Je comprends pas... A Paris, on voit vendus en Grande surface des masques JETABLES pour 29,90 euros les 50. Pour 10 centimes d'euros de plus, il est possible de trouver 6 (six) masques LAVABLES, qui peuvent donc assurer une "autonomie théorique" de 24 heures (en les changeant toutes les 4 heures de port) ou en tout cas d'une journée, même si, je pense, on les range (pour en utiliser un autre, "vierge"), après chaque usage un peu prolongé. Lavés 10 fois, ceux-ci peuvent donc servir pour 60 usages, ou 120 usages si lavés 20 fois, contre les 50 des "jetables"... J'avais déjà naguère rédigé un petit article sur lavable vs jetable. La prochaine fois, je vous parlerai des mouchoirs (pour essuyer vos larmes de rage, bien sûr)? 

Ca canonne sec, côté communiqués de presse... Le 22/07/2020, Le Parisien comme Le Canard Enchaîné citaient une étude de prix de revient mensuel pour une famille de 4 personnes avec 2 enfants de 96 euros en lavable et 228 euros en jetable... (calculés par des associations de consommateurs?)

Et hop, un mot magique: le recyclage des masques jetables. Une start-up de Châtellerault s'en occupe... D'abord, éliminer la "charge virale" qu'ils pourraient contenir (vous suivez?). Puis, extraire le plastique qu'ils contiennent (vous suivez toujours?). Enfin, valoriser tout ca... (cocorico!). Hé oui, ces centaines de masques "chirurgicaux" jetables qu'on se gargarise de posséder en stock sont bourrés de plastique. En voilà, une ressource durable pour un développement qui ne le sera pas moins (Hein?). Notez que je ne dis pas cela CONTRE cette start-up. Ma réflexion embrasse les choses d'un peu plus loin...

Ca y est aussi, les masques transparents arrivent! [Pour les sourds et malentendants]. Mais moi, j'attends toujours ceux avec une paille au milieu... (et, bien sûr, un capuchon au bout). Ah, si j'étais un vrai businessman... C'est vrai, quoi, il y a un marché, je pense, pour boire en soirée entre jeunes. Et là-dessus, ils font quoi, nos start-upeurs français? 

Ou le masque avec fume-cigarette intégré...

Il paraît (bis) que le gouvernement vient de décider la gratuité des masques, désormais fournis à tous et à chacun en suffisance. Cela veut dire qu'il est interdit de les acheter, et du coup de les vendre. Ah non, désolé, faque niouveuseu, le gouvernement ne vient pas (etc.). Je me suis embrouillé les pinceaux avec mon billet prévu pour le premier avril!

Selon Paris-Match (24/07/2020), une start-up israélienne aurait développé un test capable de détecter le Covid-19 en 30 secondes? [avec un taux de 85% de réussite; et en testant la présence du virus lui-même, et non des anticorps]. Pas l'impression d'en avoir beaucoup réentendu parler depuis...

J'ai vu passer un sondage cet été: "un Français sur trois refuserait le vaccin". On est vraiment aussi peu nombreux que ça?

Disposera-t-on un jour d'un sauf-conduit attestant: "J'ai eu la Covid-19, j'en suis guéri et désormais immunisé, et bien entendu absolument plus contagieux"? Discrimination positive, quoi. Mais je m'égare. 

== Bien entendu, j'en conserve sous le coude comme sous le pied pour les mois prochains... ==

9 juillet 2020

Une étrange affaire - Pierre Granier-Deferre

Depuis la réouverture des cinémas le 22 juin dernier, concernant la programmation, il y a quelques nouveautés et beaucoup de reprises. Dans un cinéma du 5ème arrondissement à Paris, un hommage à Michel Piccoli permet de (re)voir quelques-uns de ses films et j'ai sauté sur l'occasion pour revoir Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre (une adaptation d'Affaires étrangères de Jean-Marc Roberts publié en 1979) que je n'avais pas revu depuis sa sortie fin 1981! Le film n'est plus disponible en DVD. C'est l'occasion de voir Gérard Lanvin et Nathalie Baye tout jeunes: ils avaient 30 ans. Et de reconnaître quelques seconds rôles que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître comme Dominique Blanchar, Madeleine Cheminat, Victor Garrivier ou Pierre Michaël. Le film fleure bon les années 80 avec les automobiles de l'époque et les téléphones à cadran. Louis Coline (Gérard Lanvin) travaille au service de la publicité (on ne disait pas encore marketing) d'un grand magasin parisien. Il est marié à Nina (Nathalie Baye). Tous les deux forment un joli couple qui s'entend bien. Bernard Malair, un homme d'affaires, est nommé comme nouveau directeur pour reprendre les rênes du grand magasin. Quand on le voit pour la première fois, il est assis au bureau de Louis dont il a vidé les tiroirs. Louis, fasciné par Bernard, prend du galon, travaille de plus en plus et délaisse Nina qui a éprouvé de l'aversion pour Malair au premier regard. Bernard Malair est en permanence accompagné par deux hommes, François Lingre (Jean-Pierre Kalfon, ambigu à souhait) qui sert de factotum et Paul Belais (Jean-François Balmer). Malair, sans rien faire ou presque, va provoquer le rupture de Nina et Louis. Malair est très fort dans la manipulation des gens qui sont sous sa coupe comme Louis. Piccoli dans le rôle de Malair est extraordinaire avec son petit sourire en coin. Il n'écrase pas ses partenaires. Un film que j'ai revu avec beaucoup de plaisir. C'était un cinéma "made in France" comme on n'en fait plus beaucoup avec des bons dialogues et des bons acteurs pour les dire.

2 juillet 2020

Benni - Nora Fingscheidt

Benni (diminutif de Bernadette) est interprétée par une gamine exceptionnelle, Helena Zengel. Cette jeune fille est pratiquement de tous les plans pendant les deux heures que dure ce film allemand de Nora Fingscheidt. Benni, âgée de 10 ans, est une enfant hyperactive, qui n'arrête pas de dire des obscénités, qui ne dit jamais s'il te plaît ou merci. Elle est capable d'actes de violence incontrôlés et a un comportement que personne n'arrive à canaliser. Benni ne supporte personne et surtout pas les autres enfants de l'école d'où elle s'enfuit régulièrement. Elle ne vit plus chez sa mère depuis plusieurs années et pourtant c'est chez cette dernière qu'elle voudrait vivre. Seuls quelques adultes dont Micha, un éducateur, et Mme Bafané, une assistante sociale, essayent de l'aider. Benni va de foyer en foyer avant de revenir dans une institution pour enfants ingérables. Il faut saluer la maîtrise de la réalisatrice dont c'est le premier film. Elle est arrivée à trouver le ton juste pour nous raconter l'histoire de Benni, tour à tour insupportable quand elle crie, ou touchante quand elle se laisse toucher le visage par un bébé. Un film très dur qui m'a énormément plu. Lire les billets élogieux de Pascale et Chris.

20 mai 2020

Michel Piccoli (27 décembre 1925 - 12 mai 2020)

J'ai appris avec tristesse la disparition de Michel Piccoli (à 94 ans), Je l'avais bien apprécié dans un grand nombre de films, comme ceux avec Romy Schneider dont Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs de Claude Sautet [chroniqué le 06/05/2021], Vincent, François, Paul et les autres toujours de Claude Sautet, Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, Le Mépris de Jean-Luc Godard, La passante du Sans-Souci, Sept morts sur ordonnance et Le sucre (diffusé récemment sur Arte) de Jacques Rouffio, Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre [chroniqué le 09/07/2020], et un film presque muet que j'aime énormément, Dillinger est mort de Marco Ferreri. Enfin je n'oublie pas Le journal d'une femme de chambre et Belle de jour de Luis Bunuel, etc., etc.
Mais pour moi, Michel Piccoli, c'était aussi un acteur de théâtre que j'ai pu voir sept fois sur les planches, grâce à Patrice Chéreau et Luc Bondy au Théâtre des Amandiers à Nanterre et à Peter Brook au théâtre des Bouffes du Nord. Terre étrangère d'Arthur Schnitzler fut un grand moment de théâtre en 1984 mais en 1983, j'avais vu Combat de nègre et de chiens où Piccoli donnait la réplique à Philippe Léotard, Miriam Boyer et Isaac de Bankolé. Puis il a joué dans La fausse suivante de Marivaux avec Jane Birkin, ainsi que Le conte d'hiver de Shakespeare mis en scène par Luc Bondy puis Le retour au désert de Koltès avec Jacqueline Maillan (extraordinaire) mis en scène par Patrice Chéreau au Théâtre Renaud-Barrault. Je n'oublie pas La cerisaie d'Anton Tchekov mis en scène par Peter Brook en 1983 et enfin en 2006, je l'ai vu dans Le roi Lear de Shakespeare mis en scène par André Engel.

Un grand acteur vient de nous quitter. [Biographie chroniquée le 11/06/2020].

19 août 2019

Le gangster, le flic et l'assassin - Lee Won-tae

Je suis toujours partante pour aller voir un polar sud-coréeen. C'est pourquoi je n'ai pas hésité une seconde pour Le gangster, le flic et l'assassin, sorti le 14 août 2019. On trouve encore et toujours un mélange d'humour et de violence. Un "serial-killer", dont on ne connaîtra le visage qu'assez tard, a une manière bien à lui de s'attaquer à ses futures victimes. Pendant la nuit, sur des routes désertes, il conduit une voiture qu'il fait emboutir sur l'arrière d'une autre voiture. Quand le passager solitaire de la voiture accidendée veut établir un constat, le tueur se jette sur lui et le poignarde à mort avec un long coutelas. On ne connait pas ses motivations. On ne sait pas s'il choisit ses victimes au hasard. Toujours est-il qu'une de ses victimes survit et arrive même à le blesser. Il s'agit de Jang Dong-Soo, un homme massif, genre "nounours", chef d'un gang mafieux, qui risque de perdre toute crédibilité et surtout la face s'il ne trouve pas qui l'a attaqué. Du côté de la police, un jeune policier traque le tueur mais il est n'est pas très soutenu par sa hiérarchie. Une alliance improbable se forme entre le gangster et le flic à la poursuite de l'assassin. J'ai apprécié le rythme sans temps mort. Un très bon film de série B. Lire le billet d'Anne.

1 juin 2020

Le virus en déconfiture? Quelle mascarade - N°3

Le mois passé fut hybride, mi-confiné mi-réouvert. Au risque de me faire graffigner une fois de plus, allons-y pour quelques notations inspirées... [(s) ta d loi du cine]

I - Solutions de continuité

Quand j'ai vu passer le constat déconfiné "Grosbide-19", ça m'a fait rigoler (même si je ne l'ai pas inventé).

Je présume qu'il y a eu au moins 150 000 naissances durant ces 10 semaines de confinement (mars, avril et mai sont habituellement des mois chargés). Je serai curieux de voir la courbe pour janvier-février-mars 2021...

Cette année 2020: passer à l'an caustique? Repartir de nouveau vers nos confins intérieurs? (OK, je sors...)

On sent que certains n'ont guère l'occasion de parler... Quand les petits vieux sont seuls à l'intérieur de la boulangerie, ils en profitent. Et je fais mine de sortir, et je me retourne pour quelques phrases... Dehors, on soupire, et la queue s'impatiente. Vivement qu'on les vaccine tous.

La France envahie par une locution: "Salut, ça va toujours bien?" (helvétisme)

Un "cluster"? Un "cluster"? Est-ce que ça a de la gueule, "un cluster"?? 'Pourraient pas causer de "foyereau" ou de "foyeton", tant qu'à nous enrichir avec de nouveaux mots?
Si je parle de "vider nos barillets", je vais me faire flinguer...

Pour l'hôpital: clap-clap-clap, c'est bien. Mais fric-fric-fric, quand même?

Grande nouvelle. On a découvert le secret de l'immortalité. Il suffit de respecter la distanciation sociale. 

On n'a pas fini d'en entendre parler, des 55 jours de Paris.

Je suis sûr que d'ici quelque temps, évoquant l'époque du confinement, on soupirera : "c'était le bon temps"...

C'était pas si mal, dodo-boulot et boulot-dodo sans passer par la case métro... Que de temps en plus!

J'étais bien, moi, dans mon confinement douillet. C'est vrai que dans un appart' à partager à deux, avec deux chambres, deux ordinateurs et deux télés, ça a passé dans des conditions très confortables.

II - Vers un retour progressif à de nouvelles normes sociales

Déconfiquoi? C'était comment, déjà le confimachin?

J'ai encore en mémoire l'époque (dans mon enfance) où j'adorais les lundi matin suivant les élections: pas cours, puisque consacrés à la "désinfection" des locaux qui avaient servi de bureau de vote...

Toujours pas compris dans quel sens sert ce foutu masque (oui, celui qui ne servait à rien quand on n'en avait plus en stock). Me protéger des autres? Protéger les autres de moi?

Sous le masque, personne ne vous voit rigoler (étranger... aux autres).

Un vaccin? On s'en fiche. Fera fortune celui qui inventera le masque qui change de couleur au contact du virus.

Vertus du masque: je suis masqué, voici ma gloire, mon espérance et mon soutien...

Nos concitoyens déconfinés sont dégueulasses. A Paris en tout cas, c'est plein partout par terre de masques et gants (en latex) jetables... Parlez-moi plutôt de beaux masques en tissus, lavables quelques dizaines de fois, comme un bon vieux mouchoir...

Hâte de découvrir les nouvelles collections "Eté 2020". Ah, les défilés en trikini. Mais c'est vrai qu'on ne sera peut-être pas autorisés à fréquenter les plages!
...Mesdames, ne me dites pas que vous ignorez ce que cache ce mot de "trikini"? Enfin, le masque assorti au biki...!

L'hexadécimal en force! Gel hydroalcoolique à 60 degrés minimum, tout comme le lavage machine des masques lavables... Pendant une heure, je suppose?

Et j'en ai encore une bien bonne: l'étiquette du "masque barrière" lavable acheté chez mon potard. Combien de fois? LAVABLE 20 FOIS (en gros). Laver au maximum 10 fois pour assurer son efficacité (en petit).

100 000 tests par jour? C'est merveilleux. En gros, chaque Français pourra donc être testé un peu plus fréquemment qu'une fois tous les 20 mois...

Bonheur de pouvoir fréquenter de nouveau: bibliothèques municipales, librairies, cinéma, restaurants...
Relancer la consommation en achetant une voiture? Ca va pas, non?

Culture et Ministère: "Il y a des librairies qui vont fermer leurs portes", s'inquiète le 24 mai 2020 ...Françoise Nyssen (sur Europe 1). Qu'en dit Jack Lang?

Eclaté de rire à la vue d'un dessin de Willem p.13 de Charlie Hebdo N°1453 (sauvons le tourisme). "Les touristes se foutent de la culture!" "Tais-toi et danse." Macron et Philippe (le French Cancan).

Rendez-vous le 1er juillet?

12 juillet 2020

Lucky Strike - Kim Yong-Hoon

Ce film policier coréen se voit avec beaucoup de plaisir. Les scènes s'enchaînent dans le désordre mais on n'oublie pas le fil conducteur de l'histoire : un sac de voyage Louis Vuitton dans lequel se trouve l'équivalent de 100 000 dollars, une somme très convoitée pour différentes raisons. Quand l'histoire commence, on apprend qu'un corps en plusieurs morceaux a été retrouvé sur une plage près de Séoul. En même temps, le sac plein d'argent est retrouvé dans un des casiers d'un sauna. Les deux faits sont corrélés mais on ne le saura que plus tard au moment où on comprend qui est le cadavre. Entretemps, on aura donc croisé un employé de sauna et sa femme, une jeune femme battue par son mari, ainsi qu'un employé des douanes pas très honnête, un prêteur sur gages très dangereux et son homme de main, une hôtesse de bar avec un requin tatoué sur sa cuisse, un jeune chinois amoureux de la femme battue et enfin un flic très inquisiteur. On ne peut pas vraiment raconter l'histoire qui est découpée en plusieurs chapitres. Il y a des moments un peu "gore" mais les scènes les plus violentes se passent hors champ. Le titre du film se réfère à ce qu'un des protagonistes de l'histoire ne fume que des cigarettes "Lucky Strike"qui lui ont porté bonheur autrefois. Que dire de plus? Allez le voir! J'ai passé un très bon moment. Lire le billet d'Aurore.

1 avril 2020

Rions un peu avec le coronabidule (quelques c...) - N°1

Puisque dasola n'a pas assez eu le moral pour rédiger son billet à la date attendue, je (ta d loi du cine, squatter sur son blog) vais essayer de faire appel à mon légendaire sens de l'humour pour la dérider - et peut-être quelques lecteurs-trices avec?

* Message automatique de réponse d'une boite email, dans une administration:
"Bonjour
Je ne suis pas disponible jusqu'à nouvel ordre"
A chaque fois, ça me fait hurler de rire!

* "- ... Oh, moi, j'ai acheté 10 kilos de pâtes. De quoi tenir un mois, deux mois en me rationnant un peu, trois mois en me rationnant beaucoup.
- ... Mais qu'est-ce que ça sent, là?
- Ah M...! Mes pâtes qui brûlent!"
(d'après Morris)

* Surpris dehors sans attestation? Attention, y a pas pIIIIIIrrr(e)...

* 135 euros d'amende? La récidive à 200 euros, et 3750 euros pour le quarté dans le désordre en 30 jours?

* Embellie en vue pour Microb: d'un côté, le virus va régler le problème des retraites. De l'autre, les Français frondeurs vont régler celui des déficits.

* Ou alors, renationaliser la Française des Jeux, et lancer un nouveau produit: le pari sur les scores, dans tous les pays (atteints / décédés / guéris).

* Vivement le stade 4. Mais non, ce n'est pas celui où nous sommes tous morts, c'est juste le retour à la normale.
Vous me direz, à long terme, c'est la même chose (comme disait à peu près Keynes).

En voilà treize (phrases) à la douzaine. Je ne vais pas m'engager sur une fréquence ni sur une durée.

Si ça vous a fait rire: à déconfiner sans modération (et sans coup férir)!

6 mars 2020

Films vus et non commentés en février (1/2)

Lara Jenkins de Jan-Ole Gerster ne semble pas plaire à tout le monde, mais, personnellement, j'ai été fascinée par l'actrice allemande Corinna Harfouch (qui interprétait Magda Goebbels dans La Chute). Elle m'a fait un peu penser à Helen Mirren et à Isabelle Huppert. Et moi qui ne suis pas germanophone, j'ai apprécié sa diction. Le film pourrait être sous-titré "24 heures dans la vie de Lara Jenkins" qui fête ses 60 an. L'histoire se passe à Berlin et on comprend vite que Lara est une femme dure et très seule au visage fermé qui a fait le vide autour d'elle. Depuis longtemps, son ex-mari, son fils et sa mère se sont éloignés d'elle. Son fils Viktor, pianiste et compositeur, doit interpréter son premier concert. Lara a appris cet événement par hasard. Tout au long de cette journée, Lara qui va acheter 22 tickets pour le concert rencontre des personnes à qui elle les distribue. Son seul but est de croiser la route de Viktor car c'est elle qui a été son professeur exigeant et sans pitié. Même si elle n'est pas sympathique, j'ai plaint Lara. Un film que j'ai aimé voir et entendre. 

Quand je suis allée voir Invisible man, je savais que l'homme invisible serait un "méchant", à l'inverse de la série télévisée des années 70 que j'avais tant appréciée (avec David McCallum). Dans le film de Leigh Whannell, non seulement il est méchant, mais c'est un sociopathe qui persécute Cecilia, sa compagne, après qu'elle l'ait quitté. J'ai trouvé le film violent, sans humour, avec une pointe de "gore" quand la soeur de Cécilia est égorgée. Il y a du suspense et Elisabeth Moss en victime (et bourreau?) est bien, mais cela n'a pas suffit à mon bonheur de spectatrice. 

3 novembre 2019

Le traître - Marco Bellochio

Le Traître qui dure 2H32 est intéressant et assez passionnant par la manière dont il aborde son sujet. Il s'agit du nouveau film de Marco Bellochio, le réalisateur italien octogénaire. Il raconte comment le témoignage de Tommaso Buscetta, un membre de "Cosa Nostra" dans les années 80, a permis la condamnation de plus de 475 personnes lors d'un maxi-procès qui s'est déroulé de février 1986 à décembre 1987 à Palerme. Le film commence en octobre 1981, lors de la fête de Sainte Rosalie, la patronne de la ville de Palerme, dans une belle demeure. C'est la fête et de nombreux membres de "Cosa Nostra" de différentes familles, dont celles du village de Corleone, sont réunis. Leurs noms sont affichés sur l'écran. Dans les séquences qui suivent, on assiste à des exécutions. Des membres de "Cosa Nostra" sont tués à bout portant par d'autres. C'est une vraie vendetta dont on ne nous dit pas forcément l'origine. Tommaso Buscetta, un des chefs de cette organisation pyramidale, décide de partir avec une partie de sa famille au Brésil pour ses "affaires". Quelques mois après, il est arrêté et extradé en Italie. Même s'il considère qu'il n'est pas un repenti, il accepte de répondre aux questions du juge Falcone qui est à l'origine du "pool" antimafia. J'ai trouvé un peu dommage que l'on ne voie pas assez les échanges entre Falcone et Buscetta, qui déclare qu'il n'était qu'un simple "soldati" - soldat - dans l'organisation. Ensuite, le maxi-procès se déroule dans une sorte de bunker où l'on voit les mafieux enfermés derrière des barreaux solides à l'épreuve d'armes lourdes. Tels des tigres ou des hyènes en cage, les mafieux manifestent bruyamment et fanfaronnent. Après le jugement rendu et les condamnations proclamées même par contumace, Buscetta part aux Etats-Unis comme témoin protégé. Plus loin dans l'histoire, on peut noter la séquence marquante de l'assassinat du juge Falcone et de sa femme dans une voiture. Ils étaient escortés par des policiers. C'est une portion d'autoroute sur laquelle ils roulaient qui est pulvérisée par 600 kg d'explosifs. L'originalité est que tout est filmé de l'intérieur de la voiture du juge. Buscetta est mort d'un cancer en 2000 aux Etats-Unis. Un film à voir.

Lire les billets de Neil, de Strum et de ffred.

13 octobre 2019

Papicha - Mounia Meddour

Je viens de voir Papicha de Mounia Meddour et j'ai été secouée par ce que j'ai vu sur l'écran. Des scènes de grande douceur alternent avec des moments très violents. Inspirée de faits réels, l'histoire se passe dans les années '90 à Alger au moment où l'Armée Islamique du Salut et le Groupe Islamique Armé sèment la terreur en Algérie avec 150 000 morts, des milliers de gens déplacés et des milliers d'exilés. Nejdma, âgée d'environ 20 ans, mène une vie libérée avec ses amies de l'université. Elles sont surnommées des "papicha". Nejdma, qui est en licence de français, n'arrête pas de dessiner des modèles de robes, car elle rève d'un défilé au sein de la cité universitaire où elle loge avec d'autres camarades. On sent une grande solidarité entre elles. Mais à l'extérieur, c'est autre chose.  La cité universitaire est entourée d'un mur. Des femmes voilées empêchent un professeur d'enseigner le français. Seule la langue arabe est admise. On apprend les attentats meurtriers par l'intermédiaire de la télévision pendant que les étudiantes sont tenues de boire du bromure de potassium pour calmer leurs ardeurs. Et de nombreux affiches sur les murs montrent comment les femmes doivent être habillées: elles doivent porter le voile sur le corps et les cheveux. Samira, une des étudiantes, risque d'être tuée par son frère car elle est enceinte d'un homme qui ne lui était pas destiné. Une tragédie personnelle accélère la volonté de Nejdma d'organiser un défilé de ses création. La dernière partie où des étudiantes défilent au sein du local universitaire dans les robes de Nejdma fabriquées à partir de l'étoffe appelée "haïk" est prenante. Ce tissu blanc est la parfaite antithèse du niqab noir venu des pays du Golfe. Un film bouleversant qui m'a émue. Lire le billet d'Anne.

1 octobre 2019

Downtown Abbey - Michael Engler / Un jour de pluie à New York - Woody Allen

Je n'ai jamais vu la série Downtown Abbey, mais j'ai eu envie de voir le film qui vient de lui faire suite. J'ai un sentiment mitigé. En deux heures, on suit l'effervescence qui règne parmi la famille Crowley et leurs domestiques quand, en 1927, le roi George V d'Angleterre et la reine Mary se font annoncer pour passer une soirée et une nuit dans la demeure de Downtown Abbey. Aucun personnage ne nous est vraiment présenté. Le spectateur doit deviner qui est qui. Il n'y a pas vraiment d'histoire mais une suite de saynètes dans des décors somptueux, et on ne se lasse pas de voir Downtown Abbey au milieu d'un magnifique parc. Le seul suspense du film est de savoir, entre les domestiques de Buckingham (dont une qui est kleptomane) et ceux de Downtown Abbey, qui aura le dernier mot. Je suis surtout allée voir le film pour Maggie Smith. On la voit trop peu et elle n'est pas à son avantage. Sur le même thème des "maitres et valets", je ne saurais trop vous conseiller de voir Gosford Park (2001), un des ultimes films de Robert Altman avec un "casting royal" dont Maggie Smith, Helen Mirren, Kristin Scott Thomas, etc. Je considère ce dernier film comme un chef d'oeuvre.

Je passe à Un jour de pluie à New York de Woody Allen, recommandé par Pascale et par une de mes collègues, qui a trouvé que c'était le meilleur film du réalisateur depuis longtemps. Je vais paraître un peu difficile mais j'ai apprécié le film sans excès. New York est bien filmé entre l'Hôtel Le Plaza, Central Park, le Metropolitan Museum et l'hôtel Le Pierre. Je connais pas trop mal le pâté de maison (l'un des endroits les plus huppés de New York) après mes 16 séjours dans la ville. Deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, viennent passer un week-end à Manhattan. Ashleigh doit interviewer un réalisateur tandis que Gastby voudrait lui faire visiter la ville, et il a réservé une très belle suite grâce à l'argent qu'il a gagné au poker. A cause d'un enchaînement d'événements et de la pluie qui s'en mêle, rien ne va se passer comme prévu. Le film est léger, Timothée Chalamet (Gatsby) n'est pas déplaisant à regarder, Elle Fanning (Ashleigh) un peu crispante. Cela se laisse voir rien que pour New York.

28 septembre 2019

Ceux qui travaillent - Antoine Russbach

Dans Ceux qui travaillent d'Antoine Russbach, on nous raconte le parcours d'un homme, Franck (Olivier Gourmet qui a trouvé un des rôles de sa vie tant son interprétation est magistrale, il est granitique). Né pauvre, Franck est parvenu grâce à son travail à mener une vie confortable et aisée avec sa femme et ses cinq enfants. Dans une entreprise, Franck gère la logistique du transport maritime de nourriture d'un continent à l'autre par bateau cargo. Il a tout sacrifié à son travail. Même chez lui, il ne pense qu'au travail. Il connaît mal ses enfants et sa femme. Il essaye de se faire pardonner en leur offrant des cadeaux. C'est un homme qui parle peu. Et puis, un jour, tout s'arrête, Franck perd son emploi à la suite d'une décision malheureuse qu'il a prise seul et il en assume la responsabilité. Le film est une illustration de ce qu'est le travail dans notre monde d'aujourd'hui où la mondialisation se fait en particulier par la circulation internationale des marchandises. Une longue séquence permet à Franck de montrer à sa plus jeune fille comment est organisé le voyage des marchandises qui arrivent dans notre assiette. Sinon, grâce à ce film, j'ai appris que des chaussures gauches d'une certaine marque de baskets arrivent dans un port éloigné de 600 km d'un autre port, là où arrivent les chaussures droites. Tout ça pour éviter les vols! Il faut voir ce film (le premier d'une trilogie, a priori) pour Olivier Gourmet qui est présent de la première à la dernière image. Un très grand film qui pourra peut-être paraître austère à certains.

16 novembre 2019

J'ai perdu mon corps - Jérémy Clapin

J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin est un film d'animation français à voir, même si je n'ai pas adhéré complètement à l'histoire, dont la conclusion m'a laissée sur ma faim. L'histoire se déroule en deux temps : d'une part, une main autonome s'échappe d'un frigo dans un laboratoire. Elle avance telle une araignée en contournant tous  les obstacles. On sent qu'elle veut atteindre une destination. D'autre part, Naoufel, un jeune homme à lunettes qui rêvait d'être astronaute et pianiste est très maladroit en livreur de pizzas, mais un jour lors d'une livraison, il tombe amoureux d'une voix, celle de Gabrielle à qui il s'adresse par l'intermédiaire de l'interphone de l'immeuble. De là, Naoufel va devenir apprenti menuisier et sa vie va basculer. L'image, la couleur, l'animation, tout est réussi dans ce film visuellement beau. Il n'est cependant pas recommandé aux jeunes enfants, du fait de quelques moments assez effrayants. Pascale en dit beaucoup de bien, tout comme Ffred.

16 septembre 2019

Mjölk: la guerre du lait - Grímur Hákonarson

Après un beau portrait de femme déterminée dans Woman at war, le cinéma islandais récidive grâce au réalisateur de Béliers Grimur Hákonarson avec Mjölk: La guerre du lait. Inga s'occupe avec son mari d'une ferme de vaches laitières dans la région de Reykjavik en l'Islande. Le couple est surendetté car ils ont investi dans des machines automatiques comme des trayeuses: tout est commandé par ordinateur. Ces investissements ont été demandés par la coopérative du coin qui leur achète le lait. On apprend vite que cette coopérative fait la pluie et le beau temps dans la région et oblige les fermiers à passer par elle pour les achats et les ventes. Elle les menace des pires mesures de rétorsion s'ils vont s'approvisionner ailleurs. Peu après le début du film, le mari d'Inga meurt dans un accident de voiture. Il semble que cela soit un suicide. Inga reprend seule les rênes de la ferme mais, en femme combattante et par l'intermédiaire des réseaux sociaux, elle déclare la guerre à la coopérative. Je vous laisse découvrir la suite. Ce film m'a beaucoup plu pour l'histoire, pour l'actrice principale et pour les paysages islandais arides mais magnifiques. Je le conseille.

19 juillet 2019

Joël, une enfance en Patagonie - Carlos Sorin

Après Historias minimas (2002), Bombon el Perro (2004), La fenêtre (2008), Jours de pêche en Patagonie (2012), voici le 5ème film que je vois du réalisateur argentin Carlos Sorin. Dans Joël, une enfance en Patagonie, on fait la connaissance de Cecilia, professeur de piano, et de Diego, ingénieur forestier, qui vivent dans une petite ville près d'Ushuaïa en Patagonie qui, ne pouvant avoir d'enfant, avaient fait un an plus tôt, une demande d'adoption d'un enfant de six ans maximum. Cependant, ils acceptent qu'on leur confie en préadoption Joël, un petit garçon de 9 ans. Ce jeune garçon a un lourd passé entre sa mère qui l'a abandonné, sa grand-mère qui l'a élevé quelque temps et un oncle qui purge désormais une peine de prison. Joël ne répond que si on lui pose une question. Avec ses cheveux hirsutes, il ressemble à un gitan. Cecilia et Diego font tout ce qu'ils peuvent pour qu'il se sente à son aise et s'intègre mais ce n'est pas facile car Joël ne réagit pas vraiment. En revanche, dans l'école où on l'inscrit, il se fait tout de suite remarquer par son comportement et par le discours qu'il fait aux autres élèves qui sont plus jeunes que lui. C'est par les réactions des parents de ces enfants que les choses commencent à dérailler. Le personnage de Cecilia est le plus intéressant et le mieux écrit. J'ai beaucoup aimé ce film sauf la conclusion qui une fois de plus n'en est pas une. Lire le billet de Pascale.

2 juillet 2019

Noureev - Ralph Fiennes / Nevada - Laure de Clermont-Tonnerre

Par ces temps de canicule et pendant la fête du cinéma qui dure jusqu'au 3 juillet 2019, je vous conseille d'aller voir au moins deux films: Noureev (Le corbeau blanc) de Ralph Fiennes, et Nevada de Laure de Clermont-Tonnerre.

Le premier est un très honnête "biopic" (qui m'a fait passer un bon moment) sur le danseur russe né en 1938 dans un train sur la route d'Irkoutsk. Le film se concentre sur les débuts de danseur de Noureev jusqu'à sa demande d'asile politique en 1961 en France à l'aéroport du Bourget. L'atout principal du film, assez classique dans sa réalisation, est Oleg Ivenko, qui interprète Rudolph Noureev. Même si le personnage est parfois antipathique, l'acteur/danseur est sensationnel. Danseur de formation, il incarne Noureev avec beaucoup de talent. Un jeune homme à suivre. Le film comporte quelques flashback en noir et blanc sur l'enfance de Noureev en Sibérie, qui n'expliquent rien, mais ce n'est pas grave. J'ai trouvé que les scènes de danse étaient bien filmées. A vous de juger. Lire l'avis de Pascale et d'Anne.

Nevada, comme le titre l'indique, se passe dans l'Etat américain du Nevada, dans une prison. Roman Coleman (Mathias Schoenaerts, très bien) purge une peine de prison depuis 12 ans. Il décide d'intégrer un programme de dressage de chevaux. En effet, au Nevada comme dans d'autres Etats, les mustangs sont très nombreux et vivent à l'état sauvage. Le gouvernement américain font un contrôle sur leur population. De temps en temps, ils arrivent à les regrouper pour les mener dans des enclos proches de prisons. C'est là que des prisonniers se frottent à eux pour les dresser afin qu'ils soient vendus aux enchères après quelques semaines de dresssage. Roman est chargé de dresser le plus rétif de tous. Il le nomme Marquis. Les paysages arides sont bien filmés. Les chevaux, crinière au vent, sont magnifiques, et Roman va être transformé par cette expérience. J'ai baucoup aimé la fin. Et c'est toujours un plaisir de voir Bruce Dern. Un joli film. Lire le billet de Pascale.

25 juin 2019

Nicolas Le Floch - Série télévisée

En ces temps de disette cinématographique, je voudrais chroniquer Nicolas Le Floch, excellente série qui ne compte en tout que 12 épisodes. Elle est rediffusée régulièrement. Les épisodes sont plus ou moins librement adaptés des romans écrits par Jean-François Parot (disparu en 2018). Il faut saluer l'écriture des dialogues par Hugues Pagan et le soin apporté aux décors et aux costumes. Les histoires se passent à la fin du règne de Louis XV et pendant le règne de Louis XVI. Le marquis de Ranreuil, alias Nicolas Le Floch, commissaire de police au Châtelet sous les ordres du lieutenant général de police, Monsieur de Sartine, enquête sur des affaires criminelles qui le mettent parfois en danger. Excellent bretteur, il déjoue des complots et démasque les criminels avec l'aide de l'inspecteur Bourdeau, du médecin légiste du Châtelet qui est aussi le bourreau et d'un médécin, ancien chirurgien de marine. Lors de ses enquêtes, il peut aussi demander l'aide à des jolies femmes  comme La Paulet, la tenancière d'une maison galante. Chaque épisode (sans temps mort) peut se regarder indépendamment des autres. Dommage que l'audience n'ait pas été à la hauteur. La série s'est arrêtée. Je ne sais pas si un jour d'autres épisodes seront tournés.

3 juin 2019

Qui a tué le chat? - Luigi Comencini

Cette semaine, j'ai vu, avec mon ami, une reprise bien sympathique. Qui a tué le chat? de Luigi Comencini (Il gatto en VO) date de 1977 et je ne pense pas l'avoir vu à l'époque. Quand le film commence, on prend l'histoire en route. Amedeo et Ofelia, un frère et une soeur qui n'arrêtent pas de se chamailler, sont possesseurs d'un chat et propriétaires d'un immeuble décrépit mais plein de charme (selon moi). Très âpres au gain (et tirant le diable par la queue), ils ont accepté de vendre leur bien dès qu'il sera libre de tous occupants à un groupe immobilier qui le démolira pour construire à la place un immeuble de 22 (!) étages en plein coeur de la Rome historique. Une partie des locataires a déjà dû quitter les lieux, mais il y a quelques réfractaires comme un prètre (en retard sur le paiement de son loyer), une "princesse", un couple de musiciens, un homosexuel et une jolie jeune femme. Ofelia est une lectrice passionnée de romans policiers. Pour la faire enrager, Amedeo arrache systématiquement les dernières pages du roman en cours et il les avale. Et le chat, me direz-vous? On le voit beaucoup au début du film en train d'aller d'une gouttière à l'autre provoquant quelques court-circuits, ou alors voler un bar copieux qu'Ophelia s'empresse de prendre pour le faire cuire pour elle. Amadeo et Ofelia espionnent leurs locataires pour mieux les piéger afin d'arriver à les faire partir. Ils sont sans pitié pour les autres mais attachants quand même. Amedeo (Ugo Tognazzi) a des tendres sentiments pour la jeune femme (Dalila di Lazzaro), tandis qu'Ofelia harcèle un commissaire de police (Michel Galabru, doublé en italien) afin qu'il mène l'enquête pour savoir qui a tué son chat. En effet, le matou a été retrouvé sans vie. Je ne dévoilerai rien d'autre. La salle où j'ai vu le film était pleine. Un film caustique, à voir.

10 mai 2019

Dieu existe, son nom est Petrunya - Teona Strugar Mitevska

Petrunya est une jeune femme macédonienne qui vit chez ses parents à Spit. Sa mère, une "emm...deuse", veut que Petrunya arrange son apparence, qu'elle s'habille mieux. Petrunya est brune et toujours vierge à 32 ans. Elle n'est pas une beauté et souffre de surcharge pondérale. Petrunya a passé un diplôme à Skojpe pour devenir historienne mais elle n'est pas intéressée par l'histoire de son pays ou par Alexandre le Grand. Elle préfère l'histoire du communisme en Chine. Avec son physique ingrat, elle n'a encore jamais trouvé de travail, ni dans son domaine, ni dans un autre. L'entretien d'embauche auquel elle se rend est un fiasco. Celui qui la reçoit dans une usine de couture a les mains baladeuses et lui déclare qu'il n'a rien à lui proposer et qu'il ne "bais.rait" même pas avec elle. En rentrant chez elle, Petrunya passe à côté d'une rivière. Une cérémonie rituelle se déroule : une foule se tient au bord en attendant que le Pope de la ville jette une croix dans l'eau et seul un des hommes présents pourra la récupérer. Dans cette société patriarcales, les femmes n'ont pas le droit de participer. Celui qui gagne aura une année de bonheur et de prospérité. Et pourtant, sur un coup de tête, Petrunya se jette à l'eau et récupère la croix avant tout le monde. Bien entendu, les ennuis de Petrunya commencent: interrogée par la police, elle est obstinée et tient tête à tout le monde, au policier, au Pope, à la foule haineuse (on lui crache à la figure). Elle est cependant soutenue par une femme journaliste à la télé dont le salaire n'est pas plus élevé que le caméraman qui la suit, et par un jeune policier du poste qui est moins macho que les autres. Dieu existe, son nom est Petrunya est un film que je vous conseille pour l'histoire et pour l'actrice principale, Zorica Nusheva, absolument formidable. Lire les billets de Mymp et de Miss Fujii. On ne le dira jamais assez, la France est un pays formidable pour découvrir des films de tous pays et pas seulement des Etats-Unis.

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