Le blog de Dasola

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27 avril 2025

Terres promises - Bénédicte Dupré Latour

On ne peut pas dire que la couverture rouge soit "vendeuse" avec seulement le titre et l'auteure. Et bien, je vous présente Terres promises de Bénédicte Dupré La Tour (Les Editions du Panseur, 310 pages) un roman magnifique écrit d'une manière somptueuse. Pour un premier roman, quelle réussite! Les histoires, car il y a plusieurs histoires, se passent a priori aux Etats-Unis, au XIXème siècle pendant la ruée vers l'or, la conquête de l'Ouest ou la guerre de Sécession. Ce n'est pas vraiment précisé. On fait la connaissance de sept personnages, quatre femmes et trois hommes dont une prostituée malgré elle, une amérindienne, un chercheur d'or, un bonimenteur qui perd la foi. C'est un roman choral où les différents personnages vivent une vie souvent tragique dans des paysages durs et âpres. Sans vraiment se croiser, il y a des liens communs qui les unissent. J'avoue que ce n'est pas facile de parler de ce roman tellement bien écrit et évocateur. J'ai préféré les histoires avec les femmes comme personnages centraux. Celle où une mère parcourt les champs de bataille pour retrouver son fils est bouleversante. Il est question de mariage arrangé, de maternité pas forcément désirée, d'amour et tout cela dans un climat de violence. Un très beau roman que je conseille. Madame Dupré La Tour est une auteure à suivre. 
Lire les billets d'Antigone, Matatoune, Titine, Kathel, Eimelle et Clete

24 avril 2025

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère) - Pat Boonnitipat

Un "feel good movie" nous arrive de Thaïlande: Comment devenir riche... de Pat Boonnitipat nous raconte une histoire émouvante entre un petit-fils et sa grand-mère. Amah est une dame gravement malade mais qui garde son caractère bien trempé. Veuve, elle vit seule dans une maison de ville depuis des années. Ses trois enfants adultes ont leur propre vie, en particulier sa fille qui vit seule avec son fils, M. Justement, c'est M qui est le personnage principal du film. En apprenant qu'une de ses amies venait d'hériter de la maison de son grand-père (elle s'est occupée de lui jusqu'au bout), M qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie (il passe son temps sur des jeux vidéo) décide de se rapprocher de sa grand-mère Amah qui n'est pas dupe, tout au moins au début. Mais son état de santé se dégrade et tout compte fait, elle est contente d'avoir quelqu'un avec elle, même si elle n'arrête pas de le houspiller. L'évolution de leur relation est touchante et M se rend compte que sa grand-mère n'a pas eu une vie facile avec sa propre famille (frère et parents). La fin est triste et gaie à la fois. Un film qui cartonne au box-office dans les pays d'Asie et c'est justifié, car il traite de sujets comme les relations dans les familles et il montre en particulier comment sont traités les personnes âgées dont on attend la fin pour hériter ... peut-être. Lire les billet d'Henri Golant et Selenie.

22 avril 2025

Un drame en Livonie - François Rivière et Serge Micheli (d'après Jules Verne)

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) publie mon premier billet pour le "challenge 120 ans Jules Verne (1828-1905)". C'est l'été dernier que je m'étais offert un album BD au dessin plutôt original, sans même l'avoir feuilleté de la première à la dernière page. 

Un drame en Livonie, François Rivière (scén.) & Serge Micheli (dessin),
Librairie des Champs Elysées, 2000, 47 p.
d'après
Jules Verne, Un drame en Livonie, éd. originale 1904
(Le livre de Poche N°2061, 1976 [1ère éd.1968], 243 p.)

 

Si l'on commence par planter le décor, à l'époque de Jules Verne, la Livonie (appelée aussi "gouvernement [russe] de Riga" jusqu'à la création des Pays Baltes contemporains après la Première Guerre Mondiale) correspondait essentiellement, pour sa partie Sud, à ce qui est aujourd'hui l'Estonie et, pour sa partie Nord, à une petite partie de la Lettonie. Dans le roman, nous apprenons p.32 que nous sommes le 12 avril et p.38 que nous sommes en 1876. La carte ci-dessous figure en 2e de couv et en 3e de couv' de la bande dessinée. 

 

Au début de l'oeuvre, de nuit, un fugitif poursuivi par des forces de l'ordre (douaniers) trouve refuge dans un moulin à vent...

Plus largement, sur fond d'intrigue policière dans un Etat qui ne l'est pas moins (policier), le livre met en scène la rivalité entre des "notables" d'origine germanique et une bourgeoisie plus "populaire" d'origine slave, à laquelle semble aller la sympathie de Jules Verne. L'histoire de ce pays et de ses occupants, minorités, majorités, propriétaires, maîtres... successifs semble assez embrouillée. 

Le scénario de François Rivière m'a semblé assez fidèle au roman (que je n'avais pas lu depuis longtemps: je possède mon livre de poche depuis 1978...). Evidemment, transcrire 243 pages de dialogues et des habituelles digressions verniennes en 47 planches demande un art certain!

Au fil des pages, on découvre un voyage en voiture à cheval et ses aléas nocturnes, de mystérieux voyageurs, une auberge (rouge? Non...). Il est en grande partie question d'une famille, celle du professeur Nicolef, de sa fille et de son fils, engagés dans le "parti slave" contre le "parti allemand". Mais aussi d'argent, celui qui a été volé dans la fameuse auberge à un garçon de banque retrouvé assassiné, cependant qu'une habile enquête de police amène à soupçonner le professeur Nicolef, qui était justement en voyage cette nuit-là. Les coups de théâtre (positifs comme négatifs) s'enchaînent jusqu'au dénouement, quand Ilka, la fille du professeur, pourra enfin épouser l'élu de son coeur (je sais, je spoile... Mais si peu! Je n'ai pratiquement rien révélé!). 

 

François Rivière, né en 1949, vieux routier de la bande dessinée pour laquelle il a rédigé de nombreux scénarios originaux à l'intention de nombreux auteurs, est aussi romancier. On sait moins qu'il avait écrit en 1978 Jules Verne, Images d'un mythe (la preuve: non seulement je ne le savais pas avant de me renseigner pour le présent billet, mais je ne l'ai toujours pas lu...). Ici, il est associé avec Serge Micheli, artiste peintre dont c'était, à l'époque (fin du XXe s.), la première bande dessinée. 

 

J'avoue avoir été dérouté par l'esthétique de cet album. Il ne s'agit ici certes pas du genre de bande dessinée "classique" avec dessins réalistes que je lis le plus habituellement. J'ai été désarçonné par le style de dessins, souvent baroque (au sens de "bizarre"), avec des visages caricaturaux. Le dessinateur-peintre (le coloriage des planches a été effectué en "couleurs directes") utilise une palette de couleurs plus criardes que douces, plus ou moins ténébreuses ou contrastées selon les pages. Le style caricatural ("torturé"?) ne facilite pas forcément la reconnaissance des différents personnages ni de leurs rôles respectifs. L'un des personnages les plus reconnaissables est Ilka Nicolef. J'ai trouvé que le traitement de ce personnage féminin lui attribue des traits évoquant les indiens peaux-rouges tels que dessinés par Hugo Pratt en même temps que le maquillage d'acteurs japonais du théâtre Nô.

 

Bref, un album dont je suis content de connaître l'existence, mais que je ne suis pas certain de relire (même s'il le faudrait certainement, pour prêter attention à tous ses détails et, sûrement, en découvrir de nouveaux à chaque lecture). Le découpage des cases et leur faible nombre ne facilite pas forcément la compréhension de l'histoire. Je vous ai mis ci-dessous quelques planches à titre d'exemple. 

Pour ma part, je conseillerais de lire en premier lieu le texte de Jules Verne avant de découvrir la bande dessinée, dont le dessin est suffisamment déroutant à l'oeil pour ne pas avoir, en plus, à se torturer le neurone en essayant de comprendre de qui il est question et "qui est qui". 

ClaudiaLucia avait présenté le roman en 2021. 

Edit du 16/05/2025: Miriam l'a chroniqué pour mo challenge et pour les Pays Baltes.

Analyse politique (p.6)

Enquête officielle pour meurtre (p.15)

Un des coups de théâtre (p.40)

 

Cette oeuvre et son adaptation participent comme annoncé à mon propre challenge 120 ans Jules Verne (1828-1905), et je l'inscris également pour le challenge 2025 sera classique aussi organisé par Nathalie. Je vais également essayer de le glisser pour le dernier mois de la 5e édition du challenge Les classiques c'est fantastique organisé par Moka et Fanny (thème d'avril: la littérature du XXe siècle à l'honneur)... Mais si le roman de Jules Verne a bien été publié en 1904, il a presque à coup sûr été rédigé des années auparavant - et l'auteur est en général vu comme du XIXe siècle.

 

21 avril 2025

Doux Jésus - Frédéric Quiring / Piégé - David Yarovesky

Voici deux films vus récemment qui ne révolutionneront pas le cinéma mais en tout cas le premier, Doux Jésus de Frédéric Quiring (que Télérama considère être de la guimauve) m'a fait passer un bon moment.

Quand le film commence, un petit garçon appelé Gabriel fait les quatre cents coups dans un couvent. Dans un long flash-back qui se passe quelques années plus tôt, on va apprendre pourquoi Gabriel est là. Comme tous les ans, les soeurs d'un couvent assez fermé vont à leur visite médicale à pied. Elles sont tenues de ne pas regarder ce qui se passe aux alentours, Mère Henriette (Isabelle Nanty, impayable) y veille. C'est compter sans le comportement impulsif de Soeur Lucie (Marilou Berry, très bien) qui sur un coup de tête prend un bus. Et voilà Soeur Lucie qui s'embarque dans une aventure inattendue et qui lui réserve plein de surprises. Et elle en profite pour essayer de retrouver son amoureux qui l'avait laissée tomber vingt ans auparavant. C'est un film sympa, plutôt amusant, avec des bons sentiments et pas vulgaire. C'est peut-être de la guimauve mais de temps en temps, cela fait du bien. A vous de voir. Lire le billet d'Henri Golant.

Je passe à Piégé de David Yorvesky que j'ai trouvé très violent. Je trouve que c'est un film un peu nauséeux. J'ai été contente qu'il se termine. Eddie, un trentenaire sans le sou qui doit de l'argent partout ne peut pas régler la réparation de sa fourgonnette. Il erre dans les rues à la recherche d'une voiture à voler. Au milieu d'un parking entouré d'immeubles, il ouvre la portière d'un beau SUV d'une marque fictive, Dolus. A partir de là, le cauchemar commence pour Eddie car la voiture est piégée, il ne peut plus en sortir et une voix sort de l'habitacle. Il s'agit de William (Anthony Hopkins, terrifiant), le propriétaire du véhicule, qui veut faire payer à Eddie toutes les dégradations et vols de ses véhicules précédents. C'est un homme qui va mourir et qui n'a rien à perdre depuis que sa fille est morte. L'histoire se passe sur cinq jours avec un homme enfermé dans une voiture avec le manque de nourriture, de boissons, etc. - je vous passe les détails. Je reconnais que le film est bien joué par Bill Skarsgard (qui est coproducteur du film). L'ayant vu une fois, je ne le reverrai pas. Lire à nouveau un billet d'Henri Golant

18 avril 2025

Ainsi va le monde - Jake Hinkson

Comme Alex-mot-à-mots, je conseille le nouveau roman de Jake Hinkson, Ainsi va le monde (Editions Gallmeister, 425 pages haletantes). Ce roman est paru en français en première mondiale avant même de sortir dans les pays anglo-saxons. L'histoire se passe dans la région de Chicago sur une période d'un peu plus d'une semaine. Alice Hardy, professeure d'université en théologie âgée d'une quarantaine d'années, est mariée à Greg, professeur de math, et ils ont un fils adolescent appelé Tuck. Quand l'histoire commence, Alice vient de quitter le lit de son amant. Elle est fâchée contre lui. Dehors, elle est violemment attaquée par un inconnu porteur d'un couteau qu'elle arrive à récupérer. Elle riposte et poignarde son agresseur qui tombe par terre. Paniquée, elle lâche le couteau, retourne chez son amant qui accepte de l'accompagner sur le lieu du crime et c'est à partir de là qu'il y a un enchainement d'événements qui commence avec le corps qui a disparu ainsi que le couteau. Le roman est découpé en chapitres où quatre narrateurs se succèdent. Il y a donc Alice qui n'ose bien entendu rien dire à la police ni à sa famille, Owen Pall, un détective très doué mais peu scrupuleux qui a tout vu du crime, Erik Reid, un homme dangereux plus ou moins psychopathe et Mary Margaret Holding, une vieille femme très psychologue qui va conclure cette sombre histoire pleine de folie mais très bien menée. Un excellent roman comme les deux autres polars de l'écrivain que j'ai déjà lus et chroniqués. Lire les billets ici et

15 avril 2025

Bergers - Sophie Deraspe

Je n'ai pas attendu le conseil de Pascale (que je remercie) pour aller voir Bergers de la québécoise Sophie Deraspe. Avec Ta d loi du cine, on a assisté à une avant-première il y 9 jours. On avait vu la bande-annonce qui nous avait plu. Et donc, dans une salle à moitié pleine, un dimanche soir, on est parti avec Mathyas (Félix-Antoine Duval, mignon comme tout), un Québécois qui a laissé sa vie professionnelle de publicitaire derrière lui à Montréal afin de vivre une expérience hors du commun avec des brebis. Quand on n'a jamais été berger comme Mathyas qui en plus ne possède pas de permis de séjour longue durée en France, les choses s'annoncent compliquées pour travailler. Il propose ses services à différents éleveurs. Le premier le prend à l'essai mais il renonce vite à former un néophyte car il n'a pas de temps pour cela. Le deuxième est un homme qui a des problèmes financiers et comportementaux. C'est la troisième personne qui semble la bonne. Une femme qui est propriétaire de plus de 800 brebis et qui lui fait confiance pour emmener les ovins en transhumance dans les montagnes des Alpes de Haute Provence. Mathyas a la chance d'être accompagné par Elise (Solène Rigot, charmante), une jeune fonctionnaire qui laisse tout tomber pour le suivre. La dernière partie du film nous montre le dur métier de berger à flanc de montagne avec les intempéries comme l'orage et la foudre, et les loups. Mais il y a de magnifiques nuits étoilées. Mathyas et Elise forment un joli couple inséparable. Leur chien Hola ne les quitte pas. Mon ami Ta d loi du cine s'est procuré dans une bibliothèque parisienne le livre de Mathyas Lefebure dont le film est une adaptation. Il compte écrire un billet dessus dès qu'il l'aura terminé [chroniqué le 28/04/2025].

12 avril 2025

Au pays de nos frères - Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi

Au pays de nos frères est un très beau film iranien découpé en trois parties et trois années : 2001, 2010 et 2021. En préambule, on nous annonce qu'il y a 5 millions d'Afghans qui vivent en Iran sans avoir les mêmes droits que les Iraniens de souche. En 2001, Mohammad, un jeune Afghan de 14 ou 15 ans, suit sa scolarité dans un lycée. C'est un élève doué. Un jour, en quittant le lycée, il est arrêté par des policiers qui lui demandent ses papiers. Il se retrouve, contraint et forcé, à éponger une inondation dans un local de police. Il revient plusieurs fois dans les jours qui suivent. Mohammad a un tendre sentiment envers Leïla, qui cueille des tomates dans une serre. Un des policiers qui a arrêté Mohammad devient un dangereux prédateur pour Mohammad (qui a des yeux magnifiques). Je vous laisse découvrir comment Mohammad arrive à éloigner son tourmenteur. En 2010, c'est Leïla qui est le personnage central de la deuxième partie. Elle a épousé un autre que Mohammad. Elle est devenue femme à tout faire dans une famille aisée qui vit dans une belle maison en bord de mer. Elle a un petit garçon. Quand cette deuxième partie commence, elle retrouve son mari mort par terre dans une remise. Leïla est terrifiée car elle n'ose pas annoncer cette nouvelle à ses patrons de peur d'être expulsée vers l'Afghanistan. Je vous laisse découvrir comment elle arrive à se débarrasser du corps de son époux défunt sans alerter personne. Dans la troisième partie en 2021, c'est Qasem, le père de Mohammad qui est le personnage principal (avec sa femme sourde). Qasem apprend que son fils qu'il croyait en Turquie est mort en soldat en Syrie. On a pu identifier Mohammad grâce à son portable qui est presque devenu une plaque d'identité. Qasem est dévasté mais avec la mort de son fils, son statut de citoyen de seconde zone va changer. Le film est très bien construit. On est chaviré par ce qui arrive aux personnages. Le film dure 1h35 et je le recommande. Lire les billets de Pascale et Selenie.

9 avril 2025

Deux soeurs - Mike Leigh

Pendant 1h37, dans Deux soeurs de Mike Leigh, on voit et on entend une femme qui souffre d'un mal-être pas possible. Pansy (Marianne Jean-Baptiste, étonnante) est mariée à Curtley, un plombier. Ensemble, ils ont eu un fils de 22 ans appelé Moses, souffrant d'une surcharge pondérale et qui ne fait pas grand-chose de ses journées. Pansy a aussi une soeur, Chantelle, qui est coiffeuse, et a deux nièces. Pansy n'arrête pas de critiquer tout et tout le monde: la caissière de supermarché, une femme médecin, un dentiste, un automobiliste. Elle ne supporte plus rien. Au contraire, Chantelle est lumineuse, pleine d'entrain, elle a bien du mérite de supporter sa soeur. Il n'y a pas de répit au désespoir de Pansy. On se demande ce qu'elle va devenir. La fin du film est plutôt ouverte à cause d'un événement. Ce n'est pas un film gai mais certaines réparties de Pansy peuvent faire sourire. Après, ce n'est pas un film distrayant mais intéressant. Un film sur le mal de vivre, sujet qui n'est pas traité si souvent au cinéma. 

7 avril 2025

Y a pas photo! - Vuillemin

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) m'étais fait offrir en cadeau ce livre il y a déjà plusieurs années, sans en avoir encore tiré un billet. Je le ressors de ma PAC (pile à chroniquer). Encore un livre de bons dessins de presse parus dans Charlie Hebdo après 2015, dont certains résonnent encore dans l'actualité.

Vuillemin, Y a pas photo!, Les échappés, 2019, 144 pages

 

D'après ce que j'ai compris, du temps des Editions du Square, Vuillemin faisait plutôt partie de la "bande à Choron" (à l'époque où y étaient édités Charlie Mensuel, Hara Kiri, etc.), que de celle de Cavanna et Cabu, quand Hara-Kiri a "évolué" en Charlie Hebdo (1ère version). Il est resté proche de Choron qu'il a accompagné non seulement lors des créations ou relances de différents titres de presse, mais aussi quand ils se produisaient en concerts pour interpréter les chansons du professeur Choron, à la fin du XXe siècle!

Son style de dessin, la "ligne crade", fait rarement dans la dentelle pour le contenu: beaucoup de "caca prout"... (voir l'émission Le cercle de minuit du 26 janvier 1996 - près de 30 ans déjà, et à ne pas mettre entre toutes les mains!).

 

En 2015, après le massacre du 7 janvier, Philippe Vuillemin est venu renforcer l'équipe des dessinateurs de Charlie Hebdo (2e version). La quatrième de couv' du recueil rappelle qu'il a illustré les "entretiens de Charlie Hebdo" de 2015 à 2018. Je crois me souvenir qu'ils étaient publiés en avant-dernière page, avec un grand dessin et un plus petit qui se faisaient écho (Aujourd'hui, l'illustration de cette rubrique est le plus souvent assurée par "Zorro"). Je crois aussi avoir été visiter une exposition d'originaux dans une galerie rue Saint-Honoré (sauf erreur de ma part).

J'ai apprécié les couleurs souvent chaudes (rouge, orange, marron, jaune...).. sauf quand il est question de neige, de banquise, où l'on retrouve, forcément, les couleurs froides (bleu...).

 

Ses bons dessins valant infiniment mieux que mes beaux discours, pour ma sélection d'extraits, j'ai choisi les dessins dans l'humour m'a le plus plu! L'album en contient plus de 200 (couverture comprise). À défaut des dates du publication des dessins, j'ai apprécié que le recueil soit paginé.

À titre de "mise en bouche", voici quatre vignettes extraites des 3e et 4e de couv' (qui en comptent 5 lignes de 6 vignettes chacune). 

(Je peux tout à fait m'identifier avec le personnage en bas à droite: c'est un sujet de débat récurrent entre dasola et moi...)

p.5 (on est tout de suite dans le vif du sujet), et un écho p.142 ci-dessous.

p.30 (et encore un autre pour la route)

p.9: un exemple d'humour bien fracassant... 

p.23 (celui-là, il faudrait que je le fasse voir à l'AMAP dont je fais partie...)

p.122-123, bouffe toujours (dans la même série "classiques de la littérature", je vous ai épargné Moby Dick [p.76-77])

p.98-99: abominable erreur historique: tout le monde sait que Saint-Ex pilotait un "diable à queue fourchue" (Gabelschwanz Teufel), un Lockeed P-38 Lightning, quand il a disparu, voyons!

p.37: du danger que représentent les stagiaires (bien entendu)

p.43: c'était le bon temps?

p.87: deux personnages récurrents, le prof et le patron du bistrot... (j'en reparlerai plus bas)

p.84: la culture, c'est ce qui reste quand la démocratie a tout oublié? Voir l'Ermitage ou le Musée national de Chine et mourir...?

   p.135: culture, toujours... 

p.96: en plein dans l'actualité (avant ou après dissolution?) 

p.106: il y a des missions plus impossibles que d'autres... (et ça peut se décliner de bien des manières, dans d'autres albums...). 

p.114: tout est dit dans le titre du dessin!

p.125: qu'en penserait Donald?

 

En 2025, il arrive que Vuillemin signe la couverture de Charlie. Il propose chaque semaine un strip en colonne, où il utilise régulièrement ses personnages récurrents (le prof-doc-savant universel, intellectuel désabusé chez qui pointe parfois un brin de cynisme; le patron de bar fataliste, malabar doté d'un solide bon sens souvent confronté à ses clients plus ou moins torchés...), plus quelques dessins en dernière page dans "Les couvertures auxquelles vous avez échappé", ou dans les autres pages du journal.

CH N°1702 (05/03/2025), p.4; N°1687 (20/11/2024), p.5; N°1706 (02/04/2025), p.10 

Couv' CH N°1703 du 12/03/2025
+ "Les couvertures auxquelles vous avez échappé" du N°1702 (05/03/2025), p.16

 

Comme toujours et comme de bien entendu, je vous invite à découvrir directement l'album pour vous faire votre propre opinion!

 

*** Je suis Charlie ***

6 avril 2025

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan - Ken Scott / Lire Lolita à Téhéran - Eran Riklis,

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan de Ken Scott est une comédie sympathique d'après un récit autobiographique de Roland Perez (dont je n'avais pas entendu parler). En 1963, Roland, le 6ème enfant d'une fratrie, naît avec un pied bot. Sa mère Esther prend les choses en main car pour elle, son fils pourra marcher et aller tout seul à l'école malgré son handicap qui, pour elle, n'existe pas. Roland, qui est le narrateur du film, se déplace assis car sa mère refuse qu'il soit appareillé. Elle a une foi qui déplace les montagnes. Elle arrive même à faire patienter et attendrir une assistante sociale (Jeanne Balibar, très bien) alors que Roland à 5 ou 6 ans, ne va pas à l'école et ne sait pas lire. Ce qui va tout changer, c'est l'incursion des chansons de Sylvie Vartan dans la vie de cette famille. Grâce aux chansons de Sylvie Vartan et à un des frères de Roland, ce dernier apprend à lire. Devenu adulte, Roland se marie et devient père de famille mais sa mère n'est jamais loin, elle veille sur lui. Elle a tout sacrifié pour lui, même sa vie de couple. Le film vaut pour la prestation de Leïla Bekhti dans le rôle de la mère. Elle crève l'écran. Elle est drôle, touchante, crispante, envahissante. Elle est l'incarnation de la mère juive surprotectrice. J'ai entendu des critiques mitigées. C'est vrai que ce n'est pas le film de l'année mais il fait passer un bon moment. Lire les billets de Pascale, Selenie.

Au contraire de Lire Lolita à Téhéran du réalisateur israélien Eran Riklis que j'ai trouvé ennuyeux, mou, pas intéressant malgré le sujet. C'est plan plan au possible. Les actrices font ce qu'elles peuvent mais elles ne sont pas aidées par le scénario et la réalisation. L'histoire qui est tirée d'un récit autobiographique se passe entre 1979, avec l'arrivée de l'Ayatollah Khomeini au pouvoir, et 1997 lorsque Azir Nafisi, le personnage principal, repart avec mari et enfants aux Etats-Unis. Cette professeure d'université pense qu'avec la chute du Shah en 1978, les choses vont changer en Iran. Et bien a priori, les choses ne s'améliorent pas, en particulier pour les femmes qui sont obligées d'être voilées. Le film se découpe en au moins quatre parties avec des titres comme Gatsby le Magnifique, Lolita, Daisy Miller et Orgueil et préjugés. On peut s'attendre à ce que ce soit un film qui parle de littérature, et bien pas vraiment ou si peu. Il y a des débuts de scène qui ne vont pas au bout de leur propos. Une grande déception en ce qui me concerne et je ne sais pas ce que vaut le livre d'Azir Nafisi. Lire les billets de Pascale, Selenie (qui a aimé). 

3 avril 2025

Au soir d'Alexandrie - Alaa El Aswany

J'avais découvert Alaa El Aswany avec L'immeuble Yacoubian (et ses habitants). J'ai lu aussi Automobile club d'Egypte qui m'avait aussi bien plu. Avec Au soir d'Alexandrie (Editions Actes Sud, 374 pages) paru en 2024, El Aswany nous fait vivre à Alexandrie en 1964 pendant le gouvernement de Gamal Abdel Nasser (1918-1970). Il se concentre sur un petit groupe d'hommes et de femmes qui se rencontrent régulièrement dans le bar d'un restaurant nommé Artinos, du nom du fondateur. C'est désormais sa fille, Lyda qui dirige l'établissement avec l'aide de Carlo Sabatini qui fait office d'homme à tout faire, de barman, et est aussi un homme à femmes mariées. Les autres personnages sont Chantal, une française qui dirige la librairie Balzac, Tony, originaire d'Anatolie et fondateur d'une chocolaterie. Il dirige son entreprise avec beaucoup d'humanité. Il y a aussi Abbas, un avocat, et sa femme Noha, et puis un peintre appelé Anas. Tout ce petit monde parle de choses et d'autres, du mariage, de l'amour, de littérature, de peinture mais aussi de politique. En effet, les décisions de Gamal Abdel Nasser ne font pas l'unanimité dans ce groupe surnommé "caucus". Ils vont vivre des moments éprouvants. On comprend que El Aswany n'a pas beaucoup de sympathie pour le dirigeant égyptien. Le roman est très plaisant à lire avec une galerie de personnages intéressants. El Aswany est vraiment un conteur de talent. Je conseille, tout comme Karine:)

2 avril 2025

Ocean state - Stewart O'Nan

 

Je fréquente plusieurs bibliothèques dans la partie nord de Paris où j'habite. Et sans idée précise, je tombe sur des romans qui attirent mon attention et j'avoue que très souvent, je fais de bonnes pioches. J'ai terminé Ocean State de Stewart O'Nan (Edition de l'Olivier, 288 pages) le week-end dernier. L'histoire est résumée sur la quatrième de couverture. Ocean State est le surnom de l'État de Rhode Island (le plus petit État des États-Unis sur la côte est dans la région de Nouvelle Angleterre). À Ashaway, Marie, 13 ans à l'époque du drame, est la narratrice de ce récit très dense et avec peu de chapitres. Il s'agit d'un long flash-back dans lequel elle décrit sa vie entre sa mère infirmière divorcée et sa soeur aînée, Angel, âgée de 18 ans, qui aime Myles issu d'un milieu aisé. Une autre fille surnommée Birdy est aussi amoureuse de Myles. Et pendant 200 pages, Marie décrit son quotidien, les amours de sa mère, les rivalités entre Birdy et Angel qui vont aboutir au drame final. Il y a peu de respiration dans le récit car il ne se passe pas grand-chose à part des va-et-vient entre ce qui se déroule dans la famille de Marie et Angel et dans celle de Birdy. La tension monte de plus en plus entre Angel d'un côté et Birdy de l'autre. La rivalité et la jalousie qui animent les deux jeunes filles sont terribles. Ces deux histoires d'amour sont sans concession. J'avoue que j'ai un peu de mal à me mettre dans la peau des personnages, mais il faut reconnaitre que l'écrivain a écrit un récit tendu jusqu'au bout. Cet écrivain que je ne connaissais pas est à découvrir. Lire le billet de Pamolico

1 avril 2025

Bilan du challenge marsien (autour de la planète Mars) - 2ème édition

Il est temps que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) fasse le bilan de ce challenge marsien (clôturé hier), premier du nom mais deuxième édition d'un challenge concernant la planète Mars après celui de 2021-2022. 

 

Je commence par un petit classement par nombre de billets? Etant "hors concours", je ne vais citer que les autres contributeurs et contributrices... Le nocher des livres compte quatre participations, le chiffre de trois a été atteint par ClaudiaLucia. Un certain nombre ont participé avec deux billets: Belette2911, Christie, Fanja, Shaya, Sunalee, Tampopo24. Les participations restées uniques (malgré quelques prévisions non suivies d'effet...), très diverses, correspondent à Anudar, Audrey, Cléanthe (in extremis!), Enna, Erwelyn, Fattorius, Ingannmic, James Jones, Je lis je blogue, Jojoenherbe, Ju lit les blogs, Kiriitiblog, Manika27, Pativore, The Killer inside Me. Merci à Sacha qui a évoqué le challenge sur son blog, sans aller jusqu'à y participer effectivement. Pas mal pour un thème tout de même assez "pointu"! Voir le billet récapitulatif pour connaître le détail de ces 25 participations représentant 34 billets. Certaines ont aussi leur originalité (livres pour enfants, ouvrages scientifiques, astronomie, ...). Nous avons de la littérature SF des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Allemagne même, de France bien entendu, mais aussi d'URSS... et des manga, du Japon comme il va de soi. 

 

Je suis heureux que mes propres lectures ou visionnages représentent moins de la moitié des participations au challenge. Merci encore aux deux douzaines de personnes qui y ont contribué, que ce soit en rédigeant un billet spécialement dans ce but, ou bien en acceptant expressément que je prenne en compte un billet que j'avais découvert au hasard de la blogosphère et dont la lecture me montrait qu'il pouvait être référencé avec pertinence. Certains sont passés d'une catégorie à l'autre, en me signalant ensuite leurs autres billets répondant à mes critères. 

 

Pour ma part, j'ai tenu le cap que j'espérais en ayant pu rédiger plus de deux articles par mois (certains parlant de plus d'une oeuvre): j'en ai publié 28 durant ces 13 mois, "tous azimuts" (livres, mais aussi BD, manga, film, série TV...)! Je suis sorti de ma "zone de confort" en lisant pour les chroniquer, au-delà de ce que je pouvais déjà connaître d'oeuvres ou d'auteurs "classiques" liés à la planète Mars, des oeuvres plus récentes, dont j'ai découvert des chroniques sur des blogs participant, ou non, au challenge. Et j'ai multiplié les "participations croisées" avec d'autres challenges au fil des mois: 12e puis 13e challenge de l'imaginaire (Tornade), 2024 puis 2025 sera classique aussi (Nathalie), Summer Star Wars Ahsoka (Lhisbéi), American Year 2025 (Belette2911), Objectif SF 2025 (Sandrine)... 

 

En ce qui concerne le palmarès des oeuvres ayant eu le plus de succès: trois chroniques pour L'aube est bleue sur Mars (de Florence Hinckel) et pour De l'espace et du temps (novella d'Alastair Reynolds). Deux pour La croisière bleue (recueil de nouvelles de Laurent Genefort, que je n'ai pas lu contrairement aux autres titres à trois et deux billets), Central station (de Lavie Thidar), Planetes (manga de Yukimura Makoto), Rollergirl sur Mars (BD de Jessica Abel), Les solariens (de Norman Spinrad), Sur la lune (2e tome de la série Lady astronaute de Mary Robinette Kowal).


Pour rappel, le premier challenge de la planète Mars (1er mars 2021-31 mars 2022) avait obtenu 21 participations par 13 blogueurs et blogueuses, et j'avais moi-même publié 20 billets durant ses 13 mois. 

 

Un grand merci à toutes et tous pour le score final qui a donc connu de belles augmentations pour cette 2ème édition: globalement 50% de plus pour les billets avec un total de 62 en comptant les miens, et nombre de participant(e)s pratiquement doublé avec un total de 26 participations en me comptant.

Peut-être n'ai-je pas donné suffisamment de visibilité, au fil des mois, au challenge (il est resté en page d'accueil seulement durant juin à septembre 2024, en co-annonce avec Les épais de l'été 2024...)? Un point peut-être à améliorer pour la prochaine édition.

 

Le prochain "challenge marsien" devrait avoir lieu dans 23 mois d'ici, du 1er mars 2027 au 31 mars 2028, "toutes choses égales par ailleurs" (si nous n'avons pas été atomisés, envahis par des extraterrestres ou d'autres terriens, si la blogoboule existe toujours ainsi que le blog de dasola et si j'y suis encore actif!).

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P.S.: autant en profiter pour signaler de nouveau que j'ai lancé il y a quelques jours un nouveau challenge, "Jules Verne 120 ans (1828-1905)". Il a déjà reçu une première contribution (merci ClaudiaLucia).

30 mars 2025

Mars Express TEM - Cédric Degottex

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) conclus mon "challenge marsien (autour de la planète Mars) - 2ème édition" avec ce dernier billet pour ma part. Avec ça, je suis satisfait d'avoir réussi à tenir mon objectif de rédiger deux billets par mois durant ses 13 mois. Le titre que je présente aujourd'hui constitue une "préquelle" littéraire à un film (dessin animé), Mars express, que j'avais vu avec dasola avant le début du challenge (qui va se terminer lundi 31 mars à minuit). Il peut aussi participer au 13e challenge de l'imaginaire organisé par Tornade, ainsi qu'au challenge Objectif SF 2025 mis en place par Sandrine

Cédric Degottex, Mars Express TEM, Bragelonne, 2023, 254 pages

 

Lieutenant Aline Ruby, capitaine Carlos Ribera: nous suivons ici le binôme atypique qui représentait les héros du dessin animé. Celui-ci se déroulait en 2200, nous sommes, dans le livre, quelques années auparavant. À ce moment-là, ils travaillent pour le gouvernement, en tant qu'agents des forces spéciales. En fin d'une mission brutale qui s'est déroulée sur terre, ils sont contactés par leur copain d'études, Chris Royjacker, fils de milliardaires qu'il rejette. 

 

Chez ces gens-là, on ne cause pas, on compte et on triche (vous avez reconnu la citation?). Et on a le bras long. Il s'avère qu'Aline et Carlos sont "détachés" temporairement, volens nolens, comme mercenaires d'un autre multimilliardaire afin de retrouver une mystérieuse personne (Tania Espinoza) liée à la fille, Tem, dudit milliardaire (un certain Swaraj Edo-Jendal). Pour cette mission, on met à leur disposition des moyens sans commune mesure avec ceux dont ils disposent habituellement, en terme d'armement et d'accès à des données. 

 

Dans l'univers futuriste qui est décrit, tout est implants, nanoparticules, connectivité plus ou moins bridée... Ceux qui ont argent et pouvoir peuvent accéder (et donner accès) à différents degrés de connectivité, avec consultation et usage de données plus ou moins complètes et détaillées. Il leur est proposé, non pas une somme d'argent, mais un "souhait" à indiquer, dont ils sont assurés qu'il sera satisfait. Nous ne sommes pas dans un conte de fées pour autant! 

 

Tem est une sorte de cyborg qui survit uniquement parce qu'elle est connectée à tout un appareillage de soutien. C'est une artiste connue dans toute la galaxie, mais il s'avèrera que Tania avait passé une sorte de pacte faustien... Non sans mal (Tania se cachait dans une "zone morte" sur terre, avant que nos héros réussissent à la ramener sur Mars), la mission est remplie, et le voeu de chacun des deux partenaires est exaucé. Chris, lui, a rejoint le bercail...

 

J'ai trouvé que, si nous n'avons pas vraiment de descriptions à part celles des "oeuvres d'Art" de Tem, nous avons droit à la description à peu près exhaustive des états d'âme d'Aline, qui doit "gérer" les problèmes (addictions et autres) de son collègue. Mais l'action pure n'est pas absente pour autant! Ce roman expose un environnement techni-économico-politique qui m'a fait songer, outre à Central Station (peut-être en moins "torturé et en plus "high-tech"), surtout à celui de la BD (au long cours) Carmen McCallum (en cours depuis 1995, 20 albums à ce jour, + séries dérivées et "cross-overs" avec la série BD Travis, 16 albums depuis 1997, qui se déroule dans le même univers).

 

Au final, une idée intéressante que de donner quelques éléments complémentaires à ceux découverts visuellement sur écran. Cela m'a rappelé le fonctionnement du roman Heat 2 de Michael Mann (si ce n'est qu'il n'y a plus rien qui puisse se passer côté humains après la fin du film Mars express). 

 

Julien Amic le présente d'une manière différente de la mienne sur son blog Les carnets dystopiques. Et, sans doute, "certains résultats [de mes recherches] peuvent avoir été supprimés conformément à la loi européenne sur la protection des données"... ;-/

29 mars 2025

Berlin, été 42 - Andreas Dreisen

J'ai suivi le conseil de Pascale et d'un collègue et je viens donc de voir Berlin, été 42 du réalisateur allemand Andreas Dreisen. Le récit raconte l'histoire pendant presque 2 ans de Hilde et Hans Coppi, entre 1941 et 1943, en Allemagne, dans les environs de Berlin. L'été 42 fut, pour ce couple et d'autres connaissances, une parenthèse enchantée de calme et presque d'insouciance malgré leurs activités "subversives" pendant ces deux années. Le film alterne, sans que le spectateur soit perdu, les périodes avant et pendant la détention de Hilde Coppi (Liv Lisa Fries, lumineuse) dans une prison pour femmes à Berlin. Hilde est tombée amoureuse de Hans, un peu plus jeune qu'elle. Il mène une activité clandestine dangereuse en envoyant par radio des messages en Russie juste après l'attaque de l'Allemagne contre la Russie. Hilde est enceinte de Hans alors qu'elle pensait ne pas pouvoir avoir d'enfant et elle accouche en prison avant terme. On suit cette jeune femme courageuse, qui ne se plaint jamais car totalement absorbée par son fils dont elle s'occupe au mieux. Le dernier quart d'heure est bouleversant, surtout quand Hilde est séparée de son fils. Un film qui ne peut qu'émouvoir. Le destin de Hilde Coppi fait évidemment penser à celui de Sophie Scholl à Munich. 

28 mars 2025

Le château des étoiles - Alex Alice

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) réussi à emprunter en bibliothèques parisienne (quelques tomes par-ci, quelques tomes par-là...) les sept volumes d'une série BD que j'avais repérée sur la blogosphère: Le château des étoiles, signé Alex Alice, organisé en plusieurs "cycles" (et encore inachevée à ce jour!). Cela me permet une participation de plus à mon challenge marsien, mais aussi pour le 13e challenge de l'imaginaire organisé par Tornade.

Alex Alice, Le château des étoiles, éd. Rue de Sèvres, du T.I (2014) au T.VII (2024)

 

La dystopie que nous dessine Alex Alice prend son ancrage dans le passé (XIXe s. du Second Empire et de la rivalité avec la Prusse...). Alexandre Alice est auteur aussi bien des scénarios (à la fois violents et poétiques) que des dessins, plus suaves que rugueux (et, je suppose, des "couleurs directes" en nuances pastel à l'aquarelle? Pas de "coloriste" crédité...). Je dirai ci-dessous quelques mots des différents tomes, du premier volume publié en album en 2014 au septième et dernier paru (à ce jour), en 2024. 

    

1869: La conquête de l'espace - volume I [2014, 64 pages]. En fait, dès 1868, le prélude de 5 ou 6 pages de la "grande aventure" montre une aéronaute (Claire) qui prépare son envol en visant l'altitude de 11 000 mètres, alors que l'orage menace, au grand dam de son mari (Archibald - lui et elle se vouvoient) et à l'incompréhension de leur gamin, Séraphin. L'expédition au gré du vent en altitude vise à découvrir une substance mystérieuse, l'éther, moyen de propulsion incomparable notamment pour les engins aériens. Nous voyons le ballon monter dans l'orage alors que sa passagère porte un masque à oxygène, le "détecteur d'éther" s'animer, puis un grand cri retentit. Moins de quatre heures après l'envol, "quelque chose" traverse l'atmosphère pour retomber sur terre... 

L'histoire reprend (commence véritablement?) un an après. Séraphin n'a manifestement pas fait le deuil de sa mère, et se montre obsédé par l'espace et les moyens d'y voyager, ce que bride son père... Un mystérieux courrier arraché chez eux, à Lille, provoque un voyage de son père en Bavière, alors que Séraphin est censé partir de son côté chez sa tante pour les vacances. Après un trajet mouvementé, Séraphin aura bien des occasions de prendre de la hauteur... en croisant le jeune Hans (un aéronaute local), une jolie et non moins jeune soubrette (Sophie - qui est aussi la demi-soeur de Hans), l'architecte royal... sur qui papa Dulac (oui, c'est le nom de la famille française) ne tarde pas à prendre l'ascendant pour finaliser un ballon dirigeable fonctionnant à l'éther enfin à portée de main. Rajoutons le roi de Bavière, sa cousine, son infâme chambellan, et nous aurons moult aventures trépidantes que je ne vous dévoilerai pas! Cela finit comme ça a commencé: un ballon qui s'envole... 

   

1869: La conquête de l'espace - volume II [2015, 68 pages]. Cette "seconde partie" du premier cycle commence (prélude) le 11 mars 1870 de notre "réalité alternative". Nos trois enfants, les "chevaliers de l'éther", se sont envolés à bord de "l'éthernef" royale depuis 36 heures. C'est Sissy ("altesse" d'Autriche) qui mène les recherches au château du roi de Bavière. Retour 39 heures plus tôt, à bord de l'engin qui s'apprête à franchir le "mur de l'éther" à 13 000 mètres d'altitude... pour quitter la Terre - en mettant juste les moteurs en marche. Mais... Ach! Grosse sabotache! Absence de gravité à partir de la p.20... et première sortie extra-véhiculaire, de Séraphin, vêtu d'un scaphandre "sauce XIXe siècle". Nos héros arrivent du côté de la face cachée de la lune... puis le contact avec le sol se fait sur de la glace (air raréfié, mais respirable - comme en altitude sur terre). De l'éther cristallisé est découvert, ainsi qu'un mystérieux "château"... Ludwig ne rentre pas sur terre, mais nos héros "principaux", si (pour trouver, installé en Bavière, Bismarck, qui essaye en vain de les y retenir de force). L'appareil volant (aux lignes élégantes de Concorde!) désormais bien alimenté en cristaux d'éther les emmène en Bretagne (chez le grand-père maternel de Séraphin). Sophie, qui acquiert des notions d'astronomie et de calcul de trajectoire, finit par s'exclamer (p.68): "Je sais où est parti le Roi!".  -- Fin du premier cycle. --

 

Volume III - Les chevaliers de Mars [2017, 60 pages]. Novembre 1870. Bismarck, grâce aux notes du carnet appartenant à la famille Dulac sur lequel il avait mis la main, a pu faire construire un vaisseau à éther, et se prépare à envoyer une expédition prussienne... vers Mars. Quant au grand-père, c'est un docteur en médecine et savant universel, ancien des barricades de 1848, plus républicain (et idéaliste) que bonapartiste ou chauvin. Nos savants ont dévoilé à tous les pays le secret du moteur à éther, en rêvant de coopération pacifique. Mais au cours du rassemblement international organisé, Archibald Dulac disparaît (p.20). En termes politiques, l'Autriche contrebalance les ambitions de la Prusse pour aider les Dulac. Péripéties... et Destination, donc, Mars, pour y retrouver ceux qui, semble-t-il, devraient y avoir été emmenés: papa Dulac et le roi Ludwig. Même avec l'éthérite, ce n'est pas un voyage qui se fait en un seul jour... mais en quatre-vingt-treize! Le (mé)chambellan (agent prussien), fait prisonnier, est du voyage. Et pendant ce temps, sur Mars... les hommes de l'expédition prussienne, au sein de laquelle était prisonnier le professeur Dulac, font face à bien des mystères. 

 

Volume IV - Un Français sur Mars [2018, 68 pages]. Bismarck a découvert l'existence de l'éthérite (cristal d'éther), même si la Prusse n'en possède pas encore. Le roi de Prusse, pour qui il travaille, se laisse convaincre que l'avenir passe plutôt par la conquête de Mars que par celle de Paris... À bord du vaisseau des enfants, le jeune Loïc Lebrun, passager clandestin breton, a rejoint le camp du chambellan. Mars, malgré son atmosphère respirable, est pleine de dangers et d'illusions. - Bang! [coup de feu tiré par le méchant bêlant] -. Archibald Dulac serait resté sur Terre, finalement? Séraphin, isolé de ses amis, croise une princesse blessée et la secourt: une des dernières survivantes d'un très vieux peuple, désormais divisé en deux castes opposées (toutes deux télépathes). Le chambellan (au fait, il s'appelle Gudden) s'est rallié les parias, et s'apprête à entamer une guerre de conquête. L'héroïsme de Sophie et Séraphin (bien aidés par leurs acolytes - dont un capitaine prussien plus humain que ses congénères) devrait permettre une réconciliation générale. Mais c'est compter sans l'arrivée des renforts prussiens (dernière page).... -- Fin de la "nouvelle aventure" --

  

[Ici prend place un cycle dérivé, titré Les brumes de Vénus, en trois tomes - que je n'ai pas lus!] 

 

Volume V - De Mars à Paris [2020, 68 pages]. Cette fois-ci, le prologue de trois pages est situé en Haute-Auvergne (?), le 16 novembre 1874. Vingt mois plus tôt, sur Mars, les "gentils" partis dans le désert martien contraient l'acier prussien avec des armes biologiques. Plus de la moitié de l'album narre ce voyage avant l'arrivée du peuple martien en route vers l'exil du "pôle promis" (lieu de sécurité?). À ce pôle de la planète Mars, ils retrouvent le roi de Bavière, mais aussi son chambellan fou. Après un bon remue-méninge, une solution est trouvée: envoyer une ambassade sur terre. La princesse de Mars va découvrir le Paris du Second Empire... et la fine équipe va se renforcer d'une journaliste délurée. Notre empereur, qui a accepté le monopole prussien sur Mars (il semble que la France et l'Angleterre s'intéressent davantage à Vénus?), prépare une exposition interplanétaire. Séraphin a la joie des retrouvailles avec son père (mais rien n'est simple). En fin d'album, la princesse est blessée et Séraphin au trou... Tout est à refaire! 

 

Volume VI - L'Exposition interplanétaire de 1875 [2021, 58 pages - même que les pp.20-21... mais je vous laisse la surprise!]. Sept mois plus tard... (oui, je ne vous l'ai pas dit? Il y a des distorsions temporelles, et le temps s'écoule plus ou moins vite pour les uns ou les autres, selon la planète voire l'endroit où ils se trouvent), 7 mois plus tard, donc, Séraphin s'évade, pour tomber en plein milieu du plan de la bande afin de sauver la princesse et forcer la main aux différents empires. Bref, encore un album empli d'aventures rocambolesques. Les gamins du début ont tout de même un peu grandi/vieilli/mûri. Dans le pavillon martien, clou de l'exposition, l'idéalisme juvénile échoue à sauver Mars (que ce soit par supplication ou menace) face aux ambitions des hommes politiques de la terre, de manière pathétique. Bismarck assène quelques vérités: "Tous ces dirigeants... Certains sont des opportunistes, certains des parasites. Mais certains sont animés d'une mission, d'un sens du devoir envers leur peuple ou leur nation. Pour ceux-là... l'ordre établi compte plus que leurs vie". Lors de la retraite de l'équipe sur des positions préparées à l'avance, ce sont des gendarmes français qui obéissent aux ordres et qui tirent. La princesse de Mars n'est cette fois-ci pas blessée. Une nouvelle piste émerge: cap sur Vénus!

       

Volume VII - Planète des brumes [2024, 70 pages]. Sur Vénus, encore quasi-inexplorée malgré un début d'exploitation par les Anglais et les Français, nos amis vont-ils trouver de quoi sauver les Martiens en réparant le "château des étoiles" construit naguère par les Anciens? Là encore, la destination est polaire et le voyage dangereux. La princesse de Mars, Séraphin, Sophie, le capitaine (Schneidig), la journaliste (Jocaste Daumier) ... Ici ou là, chacun tombe, est rattrapé, rechute, se rattrape, se tourne autour... Remarque désabusée du Breton de service pendant qu'un couple se dispute à grands éclats de voix sur le thème "l'expédition est trop dangereuse pour une femme!": "ils feraient mieux de se lécher la poire tout de suite, on gagnerait du temps!". De 1869 à 1875, on aura vu le jeune couple plus ou moins au centre de l'histoire passer de l'enfance à l'âge adulte! Il y en a qui vont voyager à dos de... Je vous laisse la surprise. Et, après une surprenante ascension, on retrouve l'increvable chambellan et sa petite troupe de Martiens renégats. Et la princesse se fait canarder, une fois de plus. Charge à Séraphin de lui faire retrouver Mars, d'urgence. Le groupe se sépare une fois de plus -- et suite au prochain numéro! --.

 

Pour ma part, cette série m'a fait songer à quelques autres dystopies inscrites dans un passé plus ou moins proche ou lointain: Les dirigeables de l'Amazone (3 tomes, dessins Patrice Sanahujas, scénario  René Durand, 1980-1982) ou Aryanne (9 tomes, dessins Michel Guillou, scénarios Jean-Claude Smit & Terence, 1986-1991 - nettement moins chaste!). 

 

Voici quelques-uns des blogs ayant parlé de tel ou tel tome de la série Le château des étoiles (liste non exhaustive bien entendu): ceux de Bianca, Blo-o-noisettes, Mylène, Karine ...

 

Et quelques extraits plus ou moins spectaculaires, romanesques ou romantiques...     

(T. I, p.43)

 

(T.III, p.59) 

 

(T.IV, p.11)

 

 (T.IV, pp.40-41)

 

(T.VII, pp.-46-47)

26 mars 2025

Le joueur de go - Kazuya Shiraishi

Voici un beau film que je conseille absolument. J'espère que Le joueur de go de Kazuya Shiraishi est distribué dans toutes les bonnes salles en France. Il sort aujourd'hui, mercredi 26 mars 2025. L'histoire se passe à Edo (l'ancien nom de Tokyo) en 1871. Kakunoshin Yanagida, un Ronin (un samouraï errant), vit chichement avec sa fille. Ils ont du retard dans leurs loyers. Yanagida est veuf. Plusieurs années auparavant, Yanagida avait été contraint de quitter le service de son maître suite à une fausse accusation de vol. Depuis, il est devenu graveur de sceaux et il joue au jeu de go (qui se joue agenouillé) où il excelle mais il n'ose pas le montrer. Il exerce son métier de graveur et sa passion de jouer avec honnêteté et sincérité. Un jour, son passé le rattrape et tout bascule pour lui et sa fille. J'ai été fascinée par la manière dont les joueurs posent les "pierres" blanches ou noires du jeu avec beaucoup de délicatesse dans le geste. Il y a un très beau travail sur la lumière, les décors et les costumes. Les acteurs sont tous excellents. Je le répète, un film à voir cette semaine.

 

24 mars 2025

Lady astronaute (etc.) - Mary Robinette Kowal

Alors que nous voici à la fin du treizième et dernier mois de mon "challenge marsien (autour de la planète Mars) - 2e édition", je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) présente quatre livres de Mary Robinette Kowal, formant une "saga". Cette série peut s'inscrire non seulement dans mon challenge marsien, mais aussi dans le 13e challenge de l'imaginaire organisé par Tornade, dans le challenge Objectif SF 2025 mis en place par Sandrine, et aussi (SF américaine...) dans le challenge American Year 2025 chez The cannibal lecteur (Belette 2911)

Mary Robinette Kowal :
* Vers les étoiles, Folio SF N°714, 2022 (trad. fr. 2020 par Patrick Imbert, EO 2018), 567 pages
* Vers Mars, Folio SF N°736, 2023 (trad. fr. 2021, EO 2018), 462 pages
* Sur la lune, Folio SF N°740, 2023 (trad. fr. 2022, EO 2020), 740 pages
* Lady Astronaute, Folio SF N°665, 2020 (trad. fr. 2020, EO 2013-2018), 117 pages

 

Il n'est pas simple de savoir comment présenter cette série: faut-il commencer par le petit recueil de nouvelles Lady Astronaute, grâce auquel, si j'ai bien compris, la saga rédigée par Mary Robinette Kowal (marionnettiste de profession?) a commencé, ou bien plutôt par les romans, qui donnent a posteriori de la "profondeur" à telle ou telle nouvelle? Le contexte de la série est celui d'une dystopie (une "réalité alternative"), avec une histoire qui commence en 1952, le 3 mars exactement, avant de se poursuivre durant plus d'une douzaine d'années sur les trois tomes parus en français à ce jour. 

 

Comme dit plus haut, lorsque débute Vers les étoiles, s'ouvre une dystopie (et non une anticipation...). Ce 3 mars 1952, un cataclysme vient de toucher la côte Est des Etats-Unis: un "météore", tuant instantanément des millions d'habitants et impactant le continent entier et, à terme, le climat terrestre. Tout de suite, nous faisons connaissance d'un couple, lui (Nathaniel York) scientifique et elle (Elma York) pilote d'avion ayant participé à la Seconde Guerre mondiale et "calculatrice" émérite. Le "récit à la première personne" est donné par Elma.

Le programme spatial, alors balbutiant, va devenir une priorité internationale (avec quelques années d'avance sur "la" réalité que nous avons connue!), dans le but de permettra à l'humanité de partir au-delà d'une terre qui deviendrait invivable à court/moyen terme. Faute d'ordinateurs, il reposera davantage sur les compétences d'équipe de calculatrices, y compris embarquées pour assister le pilotage des fusées et vaisseaux (à la création desquels Nathaniel prend une part prépondérante). 

L'angle intéressant de ce roman (et de la série toute entière) est de pointer le "machisme" alors naturel, en racontant les difficultés qu'éprouvent Elma en particulier et les femmes (pilotes, calculatrices...) en général à être considérées à l'égal des hommes, notamment pour intégrer le graal, le corps des astronautes alors mis en place d'abord, et parmi eux celui des pilotes d'engins ensuite. S'ajoute à cela la discrimination "raciale" à l'encontre des personnes de couleurs voire à celle des minorités ethniques plus généralement. Le combat d'Elma va être de prouver, par tous les moyens y compris médiatiques, qu'elle vaut "largement" certains hommes, elle qui faisait partie du WASP (Women Aiforce Service Pilots) durant la seconde guerre mondiale (si j'ai bien compris, ces femmes-pilotes, qui ont existé, pilotaient les avions militaires depuis l'usine vers les unités, mais n'avaient pas vocation à rencontrer l'ennemi). Mais si elle est surdouée des chiffres, elle doit aussi composer avec ses fragilités (psychologiques et somatiques) personnelles, et les dissimuler à tout prix aux hommes décideurs. Elle finira par parvenir à ses fins. 

Quelques billets ayant parlé de Vers les étoiles sur les blogs: RSF blog (Lhisbei), Lune (dernier billet en 2023), Chut... Maman lit, De livres en livres (lu en anglais), Blog à part (idem), Gromovar (liste non exhaustive).

 

Dans Vers Mars, nous retrouvons les mêmes personnages, alors qu'une base lunaire est déjà installée ainsi qu'une station orbitale lunaire (Lunetta). Cette fois-ci, les hommes (et femmes, bien évidemment) vont partir vers la quatrième planète de notre système solaire. Les enjeux restent les mêmes: sauver l'humanité "malgré elle", en sachant que tous les humains ne pourront quitter la terre, alors que le programme spatial international exige des budgets colossaux, que bon nombre d'Américains jugeraient mieux employés au bénéfice des défavorisés par exemple, certains opposants allant jusqu'à se livrer à des actions "terroristes" contre les réalisations... Comme dans le premier volume, tout est vu par les yeux d'Elma ou par le biais de ses interactions avec les autres. Elle fait partie de l'expédition (deux vaisseaux spatiaux) se dirigeant vers Mars. Nombreuses seront les péripéties... 

Blogs (liste non exhaustive, certains billets présentent d'autres liens): Lorkhan, Célinedanaé, Vert, Grunazur, Zoé (qui avait participé à la première édition de mon challenge de la planète Mars). 

 

Dans ce troisième volet, Sur la lune, l'expédition vers Mars (parallèle à l'action qui se déroule au sein de la colonie lunaire) et Elma York sont seulement évoquées de temps en temps. L'héroïne principale (que nous avions déjà croisée dans les tomes précédents) est cette fois-ci Nicole Wargin, qui a également réussi à devenir astronaute, mais est à la ville l'épouse d'un politicien, gouverneur du Kansas. Elle est envoyée sur la base lunaire pour une mission de "contre-espionnage" afin de traquer des saboteurs potentiels (le mouvement d'opposition au programme spatial se faisant de plus en plus menaçant). Il s'avère que son passé lui confère certains atouts pour cette mission périlleuse. Mais elle supportera mal d'être éloigné de son mari resté sur terre. Femme d'action et femme forte, cette héroïne a, comme Elma York, ses propres fragilités mais les surmonte. Ce volume se termine en 1965. 

Une petite liste de blogs: Shaya (durant le déroulement du challenge ;-)), Gromovar, Lhisbei, Zoé, Apophis, Chut... Maman lit, Célinedanaé, Anudar

 

il existe désormais un quatrième tome, paru en 2025 en anglais, que je n'ai bien évidemment pas lu, The Martian Contingency. Stéphanie en a parlé. 

 

Pour terminer, Lady Astronaute a, comme je l'ai dit, été publié avant les grands romans, mais a donné leur cadre temporel. L'autrice signale ainsi, dans la "note historique" à la fin de Vers les étoiles que le fait de s'être enfermée dans une trame temporelle bien précise l'a amenée à devoir "tricher" avec la liste des présidents des Etats-Unis ayant réellement été élus (Dewey et non Truman) pour que le programme spatial soit lancé cinq ans plus tôt que dans notre réalité... Les courtes nouvelles qui composent cet opuscule se situent dans le même univers dystopique. A noter que, dans la bibliothèque parisienne où je l'ai emprunté, il était classé dans le rayonnage spécial "Facile à lire". 

* La première (pp.9-23), Nous interrompons cette émission, se situe avant la chute de la météorite, et met en scène deux grands malades (tuberculose). 

* L'expérience Phobos (pp.25-60) fait allusion à Elma York, mais met en scène une autre femme astronaute, en mission de reconnaissance depuis Mars vers puis sur son satellite Phobos. 

* La girafe d'Amara est une très gentille nouvelle de deux pages (p.63-64), ou comment la chute de la girafe en peluche de son bébé permet à une femme astronaute de s'apercevoir qu'il y a un problème dans la trajectoire de son trajet lunaire...

* Le rouge des fusées (pp.65-78) est un vibrant hommage à l'utilité de la solidarité humaine "à l'ancienne" (pour une histoire de classement de fiches). Ce titre m'a aussi évoqué la poésie de ceux des nouvelles composant les Chroniques martiennes de Ray Bradbury... 

* Enfin, La lady astronaute de Mars (pp.79-117) met en scène Elma et Nathaniel York, et se situe chronologiquement entre Vers Mars et Sur la lune

Blogs en ayant parlé: Lhisbei, Grunazur (Yvan), Zoé

23 mars 2025

On ira - Enya Baroux

Je viens de voir On ira d'Enya Baroux avec mon ami Ta d loi du cine qui a été secoué par l'histoire. Marie, une octogénaire (Hélène Vincent, épatante) souffrant d'un cancer en stade terminal, a décidé de mettre fin à sa vie dans le cadre du protocole du droit de mourir dans la dignité. Ce suicide assisté encore interdit en France aura lieu dans la banlieue de Zürich. Pour ce dernier voyage, elle est accompagnée par Rudy (Pierre Lottin, épatant lui aussi) qui est au courant de sa démarche. Rudy est un auxiliaire de vie en pleine galère qui a un unique compagnon, Lennon, un rat noir. Rudy n'a pas d'illusion sur sa condition, lui, le fils de médecins. En tant qu'auxiliaire de vie, c'est comme s'il était le petit gros dans une équipe de sportifs. Bruno (David Ayala) et Anna (Juliette Gasquet), le fils et la petite-fille de Marie, sont du voyage mais ils ignorent longtemps la vraie raison de ce déplacement. Ils vont faire de belles rencontres comme un groupe de gens du voyage. Ce périple va permettre aussi une meilleure entente entre un père et sa fille car Bruno est un immature toujours entre deux combines pour gagner sa vie. C'est un très joli film plein d'émotion que je conseille rien que pour Hélène Vincent et Pierre Lottin. Lire les billets de Pascale, Henri Golant et Selenie

21 mars 2025

L'oiseau de Mars - K.-H. Scheer

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) sais bien que mon "challenge marsien (autour de la planète Mars) - 2e édition" touche à sa fin (encore seulement 10 jours!) et que je n'aurai de ce fait jamais le temps de lire et de rédiger un billet à propos de toutes les oeuvres (bouquins, BD...) que j'ai repérées chez les participants. Mais bon, je vais essayer de faire deux ou trois billets, au moins (alors que mon mois de mars [!] aura été un peu chargé - trop de boulot pris en charge!). Aujourd'hui, quelques mots à partir d'un petit bouquin glané il y a une semaine dans les bac "SF" d'une des bouquineries que je fréquente. 

K.-H. Scheer, L'oiseau de Mars, Fleuve noir, coll. Anticipation N°1148, 1982, 186 pages

 

En lisant ce petit bouquin, j'ai eu l'impression d'avaler un épisode de feuilleton TV des années 1970 (!). Et je ne connaissais pas l'auteur au moment où je lisais. On est tout de suite plongés dans l'action, avec le récit "à la première personne" d'un commandant de petite troupe de "forces spéciales" en mission d'infiltration sur la lune. C'est lui qui nous distille, au gré de ses interactions avec ses équipiers ou ses antagonistes, le contexte de la situation interplanétaire. Il utilise le peu dont dispose la terre d'une technologie venant d'une lointaine civilisation martienne, afin d'accéder à un super-ordinateur laissé sur la lune par ces anciens Martiens, partis il y a plusieurs dizaines de millénaires. Pour "duper" cet ordinateur, il a dû endosser l'identité d'un pirate terrien, traqué par les forces terriennes régulières. Et sa mission va se retrouver confronté aux ambitions d'extraterrestres, les Soghmoliens, eux-mêmes descendants dégénérés des anciens Martiens... Quant à l'oiseau de Mars du titre, c'est un fragment d'une phrase codée constituant un élément-clé! C'est trépidant, tout ça se bat à coup de robots, de radiants, de miniraks (sorte de lance-roquettes portatifs)... et ça finira plus ou moins en "match nul", en attendant le prochain épisode!  

 

Car, oui, je n'avais au départ pas prêté attention au logo "D.A.S., Département Anti-espionnage Scientifique". Et j'ai bien sûr regardé (sur wikip'...) d'un peu plus près ce qu'il en était. Il s'agit de l'une des séries rédigées (en allemand, au départ) par Karl Herbert Scheer (1928-1991), qui était donc toujours vivant lors de la parution en français de ce livre (traduction Marie-Jo Dubourg, titre initial de l'épisode ZONTA-Norm regelwidrig). La série a comporté semble-t-il 50 volumes en Allemagne (tous n'ont pas paru en français dans la collection Anticipation avant que celle-ci soit arrêtée, un autre éditeur a repris mais a fait faillite après avoir publié le 41e ou 42e épisode), jusqu'à ce que K.-H Scheer cesse sa rédaction pour se consacrer à une autre série en co-écriture (si j'ai bien compris). K.-H Scheer était aussi, depuis 1961, l'initiateur d'une autre série "au long cours", Perry Rhodan, oeuvre collective dont il a été le premier écrivain. Cette saga au long cours-là (Perry Rhodan) compte désormais plus de 3500 - trois mille cinq cents! - fascicules hebdomadaires parus en allemand depuis 1961, et est loin d'avoir été intégralement traduite en français (moins de 300 titres dans la série Anticipation, regroupant chacun entre deux et quatre fascicules). 

 

Bref, revenons à D.A.S. Bien sûr, je n'en savais rien non plus quand le titre L'oiseau de Mars a attiré mon attention dans le bac. C'est Wikipedia (consulté ce 21 mars 2025) qui m'apprend que l'action se situe en... 2002 (début de rédaction/publication en Allemagne de la série: 1957!). Je ne sais pas si le contexte "martien" est présent dès le tout premier premier tome ou apparaît en cours de route. L'oiseau de Mars est en tout cas le 31e de la série. Je suppose qu'il faudrait que je me donne la peine de dénicher (bibliothèque?) puis de parcourir l'intégralité de la collection D.A.S. pour en savoir davantage... Je verrai pour 2027!

 

Voilà en tout cas un petit titre lu en moins de trois heures qui vaut participation non seulement pour mon challenge marsien, mais aussi pour le 13e challenge de l'imaginaire organisé par Tornade, et pour le challenge Objectif SF 2025 mis en place par Sandrine.

 

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