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20 mars 2025

Tous les silences - Arttu Tuominen

Je viens de terminer Tous les silences d'Arttu Tuominen (Editions de la Martinière, 418 pages) un roman policier finlandais qui se déroule alternativement en 1941 et en 2019. En 2019, à Pori (une ville de Finlande), Albert, un vieillard de 97 ans, est attaqué dans le jardin de l'Ehpad où il vit. Ses agresseurs cagoulés ont décidé de le pendre à un arbre. Il est sauvé de justesse après avoir été battu sauvagement. Peu de temps après, un autre vieil homme, Klaus, 98 ans, est enlevé chez lui sous les yeux de sa femme et lui, on va le trouver pendu. Ces deux agressions renvoient à un passé finlandais douloureux en 1941, deux ans après la guerre d'Hiver, quand environ 1400 Finlandais ont été enrôlés dans les Waffen SS au moment de l'opération Barbarossa (L'invasion par le IIIème reich de l'Union soviétique). Ces Finlandais ont participé au massacre de Juifs (la Shoah par balles). En 2019, les policiers qui enquêtent découvrent petit à petit ce passé peu glorieux de la Finlande. Albert, lui, se remet de ses émotions. Sous son air bon enfant, qui était-il vraiment? Et Klaus, son compagnon d'armes? Tous les silences se lit très vite. C'est un roman qui m'a plu et on s'attache au groupe de policiers enquêteurs. 

Quelques blogs qui en ont parlé: Ju lit les mots, Collectif polar, Hedwige, Lilou.

19 mars 2025

Lancement d'un challenge autour des 120 ans de Jules Verne (1828-1905)

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me lance dans la concrétisation d'une idée qui m'est venue grâce à Fanja et à son challenge Book trip en mer de 2024: profiter de la commémoration des 120 ans du décès de Jules Verne (décédé le 24 mars 1905) pour initier un challenge Jules Verne courant jusqu'à la fin de l'année 2025... mais qui pourrait peut-être aussi prendre en compte rétroactivement les billets parus depuis le 1er janvier, s'il y a suffisamment de blogueurs et blogueuses à le demander (j'ai déjà repéré quelques billets sur tel ou tel ouvrage vernien)!

 

Voici une "première version" d'un logo qu'un collègue a eu l'amabilité de me bricoler. Il est basé sur différents modes de déplacements mis en oeuvre dans les quelque 80 récits des Voyages extraordinaires publiés au XIXe siècle chez Hetzel. 

Et voici une version plus élaborée [24/03/2025 - merci DLD!]

 

Pour ma part, je souhaite me cantonner à la partie "adaptations" (bandes dessinées, manga, séries TV, films, radio, théâtre, spectacles musicaux, ...), en prenant en compte les billets correspondants. 

 

En ce qui concerne le recensement de billets sur les oeuvres romanesques signées Jules Verne elles-mêmes, je suis prêt à collaborer (partage de liens et de logos...) avec toutes blogueuses et/ou tous blogueurs qui souhaiteraient le prendre en charge durant tout ou partie de l'année 2025. 

 

== Il s'agit donc aussi d'un appel à volontariat d'au moins un autre blog, pour être "référent(e) livres" de Jules Verne (et/ou sur Jules Verne, et/ou prolongeant Jules Verne, le mettant en scène...) sur votre propre blog (quitte à ce que je file un "coup de main" pour dénicher des participations insoupçonnées par leurs auteurs). ==

 

Comme pour d'autres challenges organisés précédemment (challenge marsien, épais de l'été), je précise ce qui concerne mes restrictions: je ne répertorie pas les participations sur facebook, instagram, livraddict, booknode ou babelio, mais seulement les billets figurant sur des blogs (sous lesquels tout lecteur peut écrire des commentaires). 

 

Vous pouvez annoncer vos participations en commentaire sous ce billet. Je ne sais pas encore si le récapitulatif trouvera place ci-dessous ou sur un autre billet. Bien entendu, la double participation est tout à fait possible avec d'autres challenges (classiques, épais, par pays, par période, par thème, etc.!). 

 

Alors, motivé(s) pour partir à la découverte de l'univers vernien en 2025 et m'accompagner dans ce challenge? 

 

Edit du 19/04/2025: je précise que des oeuvres de fiction mettant en scène le personnage de Jules Verne sont aussi acceptées comme participation, au même titre que des biographies du romancier. 

Il est temps aussi de rappeler que l'an dernier (2024), j'avais évoqué une bonne trentaine de titres de Jules Verne, essentiellement ceux en rapport avec des navires (dans le cadre du challenge Book trip en mer chez Fanja), dans cinq billets différents sur le blog de dasola.  

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P.S. du 31/03/2025: me voici presque pris de court par la première participation concernant un roman: merci ClaudiaLucia!

Je commence donc le récapitulatif ci-dessous... en attendant de pouvoir le faire prendre en charge par un(e) volontaire [lorsque je ne précise rien, c'est que le billet porte sur le roman]  ;-)

 

Les romans de Jules Verne ou leurs adaptations:

 

* Les aventures du capitaine Hatteras (1864-65 [feuilleton], 1866 [volume]): Cléanthe (24/04/2025)

 

* Le château des Carpathes (1892): Je lis je blogue (08/04/2025), Miriam (27/04/2025)

 

* L'école des Robinsons (1882) : Cléanthe (29/07/2025)

 

* Les frères Kip (1902): ta d loi du cine (12/07/2025) 

 

* L'île mystérieuse (1874-1875) : Je lis, je blogue (28/07/2025), Katell (02/08/2025) 

 

* Les Indes noires (1877) : Sorbet-Kiwi (18/08/2025)

 

* Kéraban le têtu (1883) : ta d loi du cine (15/09/2025), ClaudiaLucia (15/09/2025), Cléanthe (15/09/2025)

 

* Paris au XXe siècle (1994, roman posthume car refusé par Hetzel en 1860 et quelque): ClaudiaLucia (02/05/2025) 

 

* Le pilote du Danube (1908, roman posthume publié par Michel Verne): ClaudiaLucia (29/03/2025)

 

* Le rayon vert (1882) : Miriam (03/08/2025), ClaudiaLucia (06/09/2025), Fanja (18/11/2025) 

 

* [Le serpent de mer] Les histoires de Jean-Marie Cabidoulin (1901, rebaptisé en 1937 pour sa publication en Bibliothèque verte) : ta d loi du cine [bibliothèques vertes de 1937 & 1963] (12/08/2025) 

 

* Le tour du monde en 80 jours (1872): Jojoenherbe [& son lutin] (18/04/2025)

 

* Un drame en Livonie (1904): ta d loi du cine [adaptation BD - François Rivière (sc.) & Serge Micheli (des.)] (22/04/2025), Miriam (15/05/2025)

 

* Vingt mille lieues sous les mers (1869-1870): Martin [film de 1954 - Richard Fleisher] (09/06/2025), Cléanthe [roman] (10/09/2025)

 

* Voyage au centre de la terre (1864): Cléanthe (01/05/2025), ta d loi du cine [film de 1959 - Henry Levin / roman] (02/05/2025), Je lis je blogue [BD animalière - Rodolphe & Le Sourd] (03/05/2025), ta d loi du cine (idem, 01/06/2025), Martin [film de 1959] (09/06/2025), Sonia [version abrégée et présentée par Sylvie de Mathuisieulx pour la collection "Mon premier [Jules Verne]"] (08/06/2025) 

 

Suites d'ouvrages écrits par Jules Verne, reprise de ses personnages...:

 

* À 20 000 lieues de la carotte bleue - Sebastien Telleschi (2025 - album de "cherche et trouve" pour enfants) : Tampopo24 (24/10/2024) 

 

* Mobilis, ma vie avec le Capitaine Nemo - Juni Ba (2024 - BD jeunesse) : Choup (21/10/2025)

 

Jules Verne comme sujet ou personnage:

 

* Globe-trotteuses, Le tour du monde de Nellie Bly et Elizabeth Bisland - Julian Voloj et Julie Rocheleau (2024 - BD où apparaît Jules Verne): Jojoenherbe (18/06/2025) 

 

* Jules Verne contre Nemo - Céline Ghys (2024 - enquête policière avec Jules Verne): Miriam (02/08/2025) 

 

* Jules Verne et le gentleman-cambrioleur - Céline Ghys (2025 - enquête policière avec Jules Verne): Alexandra [Je lis je blogue] (08/10/2025)

 

* La prophétie de Jules Verne (tome 1) - Iva-Marie Palmer et Larry Schwartz (2025 - livre jeunesse, "sur les traces" de Jules au travers d'un mystérieux manuscrit): Mylène (03/04/2025)

 

* Le retour du capitaine Nemo (Les cités obscures, tome 12) - Benoit Peeters & François Schuiten (2023 - BD avec Nemo et Jules Verne): Choup (09/07/2025) 

 

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Merci pour l'annonce du challenge à:

* Audrey (01/04/2025, et surtout 18/04/2025 avec plein de pistes)

* Pativore (18/04/2025)

* Gilles Panisset [qui a dans l'idée de lire tout Jules Verne dans l'ordre de parution!] (15/05/2025)

* Sorbet-Kiwi [qui en profite pour rapatrier six billets sur six Jules Verne de son ancien vers son nouveau blog - et qui a encore Les Indes noires dans sa PAL!] (30/05 au 11/06/2025)

 

Edit du 02/01/2026: bilan du challenge publié ce jour.

17 mars 2025

La convocation - Halfdan Ullmann Tøndel

La convocation (sous-titré Armand) est un film norvégien qui a été réalisé par le petit-fils d'Ingmar Bergman et Liv Ullmann. J'ai été attirée par la bande-annonce. Ce huis-clos se passe de nos jours dans une très grande école avec des escaliers et des couloirs. Ce décor m'a fait plus penser à un hôpital ou à une prison qu'à une école. Six personnes vont se réunir dans une salle de classe à la veille de vacances scolaires. Trois font partie de l'administration de l'école et les trois autres sont des parents d'élèves, Anders et Sarah, un couple, et Elisabeth, une mère célibataire. Un incident s'est produit peu de temps auparavant dans cette école: Armand, le petit garçon de six ans d'Elisabeth, semble avoir agressé sexuellement Jon qui est du même âge. C'est le fils du couple. Le cinéaste filme tous les visages au plus près, en particulier quand Elisabeth est prise d'un fou rire irrépressible qui dure un certain temps. Néanmoins, il y a plusieurs "respirations" pendant le film qui permettent de respirer et de s'échapper de cette salle de classe dans laquelle une des personnes de l'administration se met à saigner du nez. Il y a quelques retournements de situations bien amenés. Je n'ai pas forcément compris ce que le réalisateur voulait nous dire mais il sait instiller une atmosphère étouffante. Le film se termine en extérieur sous une pluie battante. Lire le billet de Pascale

14 mars 2025

Trop et jamais assez - Mary L. Trump

Me promenant entre les rayons d'une grande librairie d'un grand magasin, je suis tombée sur un livre qui m'a attiré l'oeil : Trop et jamais assez d'une certaine Mary L. Trump (Edition Points Seuil, 282 pages). Mary L. Trump, née en 1965, est la nièce de Donald Trump, devenu 45ème et 47ème président des Etats-Unis. La première édition du livre date de 2020, c'est-à-dire juste à la fin du premier mandat de Donald Trump. Mary L. Trump est l'un des deux enfants de Frederick, le frère aîné de Donald. Le sous-titre du livre est "Comment ma famille a fabriqué l'homme le plus dangereux du monde". A la page 34 de l'ouvrage, Mary écrit : "Si un second mandat lui est accordé, ce sera la fin de la démocratie américaine". Espérons que cela ne se réalise pas. Le livre se lit d'une traite. Mary règle ses comptes avec sa famille pour avoir détruit son père Frederick qui est mort alcoolique. Il faut commencer avec le patriarche, Frederick (1905-1999), fils d'un Allemand mort de la grippe espagnole en 1918. Frederick s'est marié avec une jeune écossaise, Mary MacLeod (1912-2000). A deux, ils ont eu cinq enfants, deux filles et trois garçons dont Frederick (1938-1981) et Donald (né en 1946). En 2025, il ne reste plus que Donald et une soeur, Elizabeth. Frederick Senior fut un promoteur immobilier redoutable qui a fondé un empire grâce à ses relations, son aplomb, son entregent, sa radinerie et sa force de travail ainsi que ses magouilles en tout genre. Surtout, payer le moins d'impôts possible, alors qu'il a bien profité de quelques subventions de l'état. Il s'est très peu occupé de ses enfants. Sa femme ne semble ne pas non plus avoir été une mère aimante. Les enfants assez négligés ont grandi comme ils ont pu. Quatre s'en sont à peu près bien tirés, mais pas Frederick junior, qui devait succéder à son père. L'immobilier ne l'intéressait pas, mais par contre, il était passionné d'aviation. Il est d'ailleurs devenu pendant quelques années pilote à la compagnie aérienne TWA. Son père s'est mis à le mépriser et à le rabaisser. Donald a tout fait pour ne pas ressembler à son frère et se faire aimer de son père. Il y est arrivé puisque c'est lui qui s'est retrouvé à la tête de l'empire Trump. Mary Trump décrit bien le caractère et la personnalité de Donald Trump. Il sait très bien humilier les gens. Sa nièce qui est docteure en psychologie le traite de sociopathe. Il n'a aucune empathie pour personne. Le livre est vraiment passionnant. Evidemment, il y beaucoup de parti pris de la part de Mary L. Trump mais c'est humain. Quand son père est décédé à 42 ans, elle avait 16 ans et elle n'a même pas pu le voir dans son cercueil. Si vous avez la possibilité de tomber sur ce livre, lisez-le. Il se lit en une demi-journée. La photo de couverture représente Donald Trump en 1964 à l'âge de 18 ans pendant sa scolarité dans une école militaire. 

11 mars 2025

Dis-moi juste que tu m'aimes - Anne Le Ny / Mercato - Tristan Séguéla / Le secret de Khéops - Barbara Schulz

Un billet sur trois films français qui se regardent agréablement. 

 

Avec Dis-moi juste que tu m'aimes, la réalisatrice, Anne Le Ny, a de nouveau donné un rôle inquiétant à José Garcia qui excelle dans ce registre. Directeur financier d'une entreprise à Vannes, Thomas (José Garcia), lors d'un audit, jette son dévolu sur Marie, une femme mariée depuis plusieurs années à Julien (Omar Sy). En effet, Marie est perturbée en apprenant le retour d'Annaëlle (Vanessa Paradis) qui fut le premier amour de Julien. Bien entendu, Thomas va semer le désordre, il devient envahissant et menaçant envers Marie envers laquelle il fait une fixation. J'ai trouvé ce film très regardable grâce aux acteurs, en particulier Omar Sy qui est très sobre et à l'aise dans son rôle. Il m'a agréablement surprise... 

 

Tout comme Jamel Debbouze qui tient le film Mercato de Tristan Séguéla de bout en bout. Il joue le rôle d'un agent de joueurs de foot pendant la période de "mercato" où les joueurs sont transférés d'un club à l'autre à coup de millions d'euros. Driss (Jamel Debbouze) est dans la panade car il doit une grosse somme d'argent à des associés alors que lui-même est en faillite et dort dans son bureau. Il faut voir la course effrénée qu'il mène pour trouver de l'argent. Dans ce film, il ne fait pas dans l'humour, il reste sérieux. On se demande comment il va s'en sortir. Le film est très rythmé. Je n'ai pas regretté de le voir même si le sujet à la base ne m'attirait pas plus que cela. 

 

Je passe, pour terminer, au Secret de Khéops de Barbara Schulz qui est plutôt une fantaisie, une course au trésor du pharaon Khéops. Quand le film débute, Christian Robinson (Fabrice Luchini), un archéologue reconnu, est au Caire avec un collègue égyptien. Puis grâce à des notes laissées par Dominique Vivant-Denon ("DVD", 1747-1825) qui a participé à la campagne d'Egypte avec Bonaparte, Robinson revient à Paris après quatre d'absence. Il retrouve sa fille et son petit-fils. Sa quête l'emmène au château de Malmaison, puis dans des coins mystérieux de Paris. Il est poursuivi par de méchants trafiquants d'oeuvres archéologiques. Un film sympa à voir éventuellement. Lire le billet d'Anne.

8 mars 2025

Les enfants loups - Vera Buck

L'histoire étrange que nous raconte Les enfants loups de Vera Buck (Edition Gallmeister, 475 pages) se passe de nos jours au fin fond de l'Autriche. Il y est question d'un loup apprivoisé, de loups sauvages, d'enfant sauvage, d'un village appelé Jakobsleiter abritant une communauté anabaptiste composée en réalité d'anciens criminels, de la disparition de jeunes femmes depuis quelques années. Plusieurs narrateurs prennent la parole dont deux des jeunes de la communauté. Une femme professeure s'approchant d'un peu trop près d'une certaine vérité va le payer de sa vie. Une jeune journaliste stagiaire d'un journal local enquête sur la disparition de sa meilleure amie, dix ans auparavant. Jakobsleiter, village haut perché, dépend d'un autre village en contrebas, Almenen dont le maire, un homme affable, est très proche de ses habitants (ceux de Jakobsleiter compris). Il y a aussi un personnage important dans l'intrigue. Il s'agit de Martin Hofer, un policier qui est le fils du maire. Pour atteindre Jakobsleiter, cela nécessite une heure de marche, sur un sentier escarpé et très pentu, il faut traverser une forêt et passer à côté de grottes. Je ne dirai rien de plus. Même si je n'ai pas été totalement conquise par ce roman écrit par une Allemande, j'ai aimé son atmosphère un peu mystérieuse. Lire les billets d'AudeHélène, Livressedunoir, Eva, Baz'art

7 mars 2025

Bien dégagé sur les oreilles - Cabu

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola") suis tombé sur Bien dégagé sur les oreilles il y a quelques mois, alors que j'écumais les bacs "petits prix" de mes bouquineries d'occasion afin de constituer un fonds pour ma "bibliothèque partagée". Ne le connaissant pas, je m'étais dit que ça ferait un sujet de plus pour l'un de mes "hommages du 7"... 

Cabu, Bien dégagé sur les oreilles, Editions La Découverte, 1985, 142 pages

 

Trois lignes signées Cabu en page de garde signalent que certains de ces dessins ont déjà paru dans Charlie Hebdo, Le Canard Enchaîné et Droit de réponse, et remercient Jean-Yves Potel "qui a choisi les citations en exergue et qui, avec François Gèze, [l']a aidé à organiser cet album". C'est vrai que Charlie Hebdo (première mouture) avait arrêté sa publication en 1982, ce qui avait amené Cabu à trouver d'autres sources de revenus. J'ai appris à cette occasion le nom de Jean-Yves Potel, que j'ignorais. La quatrième de couv' annonce que l'ouvrage compte 12 chapitres et 250 dessins (il est toujours difficile de "compter" les dessins de Cabu: quid des dessins comptant plusieurs "vignettes"? Quid des "cabochons" répétées en "têtière" sur plusieurs pages?).

 

L'accroche de couverture "1968-1986" était quelque peu anticipatrice, puisque l'ouvrage a été imprimé en octobre 1985 et publié alors que s'annonçaient les législatives du 16 mars 1986 et la déroute de la gauche au pouvoir depuis 1981. En avril 1985, la préparation du changement de scrutin (passage à la proportionnelle, instauré par la loi 85-688 du 10 juillet 1985) avait été invoquée comme cause de démission pour Michel Rocard de son poste de ministre de l'agriculture. J'ai en tout cas constaté que la plupart des hommes politiques croqués par Cabu dans ce recueil (des hommes cisgenres blancs de plus de 50 ans... sauf Laurent Fabius!) sont pour la plupart décédés. Bayrou n'était pas encore célèbre. Macron... Heu, il était né, oui, mais encore à l'école primaire... La couverture ne comporte qu'une (jeune) femme, à côté de jeunes gens bien propres sur eux, sans doute plutôt patriotes et aux dents longues.

 

Cet album nous rappelle un monde révolu (que les moins de... 40 ans ne peuvent pas connaître!), où il n'y avait ni téléphones mobiles (portables), ni internet, mais où l'information passait par le journal télévisé et la presse "papier". 

 

Comme à mon habitude, j'ai sélectionné (très subjectivement) quelques dessins par lesquels je vous propose de vous faire une idée partielle (forcément partielle) de cet album. Pagination et petit commentaire de ma part sous chaque dessin.

 

p.13: de belles têtes d'enseignants (caricatures: des barbus, déjà...). 

p.18-19: Le Pen père (sans bandeau), un bon épouvantail... à l'approche de 1986. 

p.29-30 [désolé, il en manque un bout à gauche!]: Cabu n'aimait pas les journalistes sportifs? Ce dessin me rappelle qu'un recueil thématique de ses dessins sur le sport est paru récemment. Je finirai bien par en parler un mois ou l'autre... 

 p.52: et en 2068, un défilé de robots en cours de construction? Ce sera sans doute avant! En outre, les robots porteront des armes anti-humains....

 p.54: cette vision de l'informatique à l'école m'a fait rigoler... C'était pas simple!

 p.40: chacun ses préoccupations... (c'est sûr que ce dessin manquait de diversité, de LBQT+ et de plein d'autres choses aujourd'hui à la mode... Et alors?!)

 p.63: 2025, paix ici ou là... sans les premiers concernés! Quant à la faim... l'Afrique noire est mal partie!

p.89: pourrait-on aujourd'hui dessiner et publier cette caricature-ci sans choquer? 

 p.96-97: le plombeur polonais, à l'époque...

p.137: sans faire d'anachronisme (ben voyons! Comme si c'était mon genre...), il paraît qu'aujourd'hui (février-mars 2025), Bayrou tire Manu vers le haut dans les sondages

p.142-143: un parallèle génial... ou la fin du collectif.

 

*** Je suis Charlie ***

5 mars 2025

Black dog - Hu Guan

Aujourd'hui, mercredi 5 mars 2025, sort un film chinois singulier. L'histoire se passe en Chine près du désert de Gobi, dans le nord de la Chine. Le premier plan large nous montre un paysage lunaire avec une végétation rare et des cailloux. Dans le fond, on voit des collines et surtout des chiens, partout il y a des chiens de toutes races qui semblent attendre. Un mini-car arrive sur la gauche de l'écran et il se renverse, voulant peut-être éviter les chiens qui se mettent à aboyer. Nous sommes en 2008, trois mois avant les JO de Pékin. Lang, un grand échalas, revient dans sa ville natale, qui est une des villes principales de la région. Lang est un taiseux (le personnage prononce à peine quatre phrases pendant tout le film). Il sort de prison où il a purgé une peine de 10 ans, a priori pour homicide. Sans qu'on sache vraiment pourquoi, la ville a décidé d'attraper tous les chiens et de les mettre dans un grand chenil. On craint la rage. Lang se fait embaucher pour ce travail. Les chiens ne se laissent pas attraper facilement, surtout un: un grand chien noir efflanqué qui mord Lang. A force, les deux vont s'apprivoiser mutuellement. Pendant ce temps, on voit la ville partir en déliquescence, des bâtiments abandonnés et plus ou moins en ruines sont détruits. Le zoo héberge encore quelques animaux, dont des singes et un tigre de Mandchourie. Le gouvernement chinois semble vraiment loin et puis les JO se préparent. On voit une ville en friche. Il semble que l'on veut la reconstruire et l'embellir, même si on peut avoir des doutes sur le sujet. Le film montre une Chine à l'abandon. Le constat n'est pas brillant. Un film d'ambiance qui m'a plu. Lire le billet de Rue2Provence.

1 mars 2025

Un parfait inconnu - James Mangold / Palmarès des César 2025/ Décès de Gene Hackman

Ayant appris que Timothée Chalamet avait été récompensé comme meilleur acteur d'un SAG award (Screen Actor Guild award) la semaine dernière, je me suis décidée à aller voir Un parfait inconnu de James Mangold. Pour ceux qui l'ignorent le "SAG award" est décerné exclusivement par les acteurs d'Hollywood qui sont membres de l'académie des Oscars. La plupart du temps, les récompensés du SAG award reçoivent l'Oscar dans la foulée. Et donc je reconnais que Timothée Chalamet, dont je ne suis pas forcément fan, est époustouflant dans le rôle du chanteur Bob Dylan (né en 1941 et prix Nobel de Littérature en 2016). J'avoue que je ne connais pas trop l'oeuvre de ce chanteur mais ce film donne envie de mieux connaître ses chansons. C'est un vrai film musical qui se passe entre 1961 et 1965, au début de la renommée de Bob Dylan. En 1961, ce dernier est parti du Minnesota où il est né et a débarqué à New-York avec sa guitare sous le bras et son harmonica en poche. Il est venu pour rencontrer son idole Woody Guthrie (1912-1967), un des pionniers de la musique folk, hospitalisé depuis quelques années. Bob Dylan, dans les années 60, a rencontré Joan Baez avec qui il a eu une liaison cahotique. Dans le film, on n'apprend rien de la vie de Bob Dylan ou ce qu'il peut penser. Il reste un parfait inconnu. Timothée Chalamet s'est approprié le personnage en apprenant à chanter et à jouer de la guitare et de l'harmonica. Il crève l'écran sans en faire trop. La performance devrait être récompensée aux Oscars. De James Mangold, j'avais déjà bien apprécié Walk the line (2005) sur la vie et l'oeuvre de Johnny Cash. Lire les billets de Pascale et Selenie.

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Je passe au palmarès des César 2025 que j'ai vu en partie. Je suis très contente pour L'histoire de Souleymane qui été récompensé de quatre César dont un pour Abou Sangare (meilleur révélation masculine) et un pour Nina Meurisse (meilleur second rôle féminin). Je suis aussi contente de la récompense de Karim Leklou (meilleur acteur pour Le roman de Jim) et pour Hafsa Herzi (meilleure actrice pour Borgo). Je suis ravie pour la récompense pour La ferme des Bertrand de Gilles Perret (j'ai bien apprécié le discours de ce dernier). En revanche, dommage qu'En Fanfare n'ait rien reçu et que La zone d'intérêt ait été préféré au film Les graines du figuier sauvage de Mohamad Rasoulof. Et par ailleurs, à part une allusion de Justine Thieret, il n'y a pas eu d'hommage à David Lynch et les femmes n'ont pas été trop à l'honneur. Franck Dubosc avec son "Césariot", le César de ceux qui ne l'on jamais eu, a fait un discours très amusant.

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Je termine avec le décès de Gene Hackman (95 ans) et de son épouse (63 ans). J'appréciais bien Gene Hackman (1930-2025) qui était un acteur très éclectique qui a joué des rôles parfois ambigus. Il a joué dans des grands films comme L'épouvantail de Jerry Schatzberg (1973) et Conversation secrète de Francis Ford Coppola (1974, deux Palmes d'or à Cannes). D'autres films à retenir, French Connection de William Friedkin (1971), La firme de Sydney Pollack (1993) et bien entendu Impitoyable de Clint Eastwood (1992) ainsi que Mississipi Burning (1988). Un grand acteur qui n'avait plus rien tourné depuis 20 ans. 

26 février 2025

Les fils de Shifty - Chris Offutt

J'ai suivi le conseil d'Aifelle en lisant le deuxième volet de la trilogie que Chris Offutt consacre aux gens des collines dans le Kentucky. Dans Les fils de Shifty (Editions Gallmeister, 275 pages), j'ai retrouvé avec plaisir Mick Hardin exerçant dans le CID (division des enquêtes criminelles de l'armée). Il vient de revenir en permission exceptionnelle d'une zone de conflit pour se remettre d'une blessure à la jambe. Mick vit momentanément chez sa soeur Linda, shérif d'un comté et qui espère bien être réélue dans ses fonctions. Mick, lui, est sous calmant à cause des douleurs provoquées par sa blessure et il a aussi du mal à se résoudre à signer les papiers pour son divorce. Toujours est-il qu'il décide d'enquêter bénévolement sur un meurtre puis deux. Les deux victimes sont des dealers de drogues. C'est la veuve Shifty Kissick, la maman des deux victimes, qui demande à Mick d'enquêter car la police a classé l'affaire sans suite. Mick connaît cette femme depuis longtemps. Il va être aidé par deux adjoints de Linda, par un chauffeur de taxi qui rêve de devenir pilote de course et surtout par le troisième fils Kissick, Raymond, qui vit loin du Kentucky pour raison personnelle. L'affaire se complique car les meurtres sont liés à une affaire de matières radioactives et donc toxiques, en rapport avec l'extraction du gaz de schiste, entreposées dans une mine et qui n'a donc rien à voir avec le trafic de drogue. Après Les gens des collines et avant La loi des collines (paru tout récemment et que je lirai très vraisemblablement), j'ai bien apprécié Les fils de Shify que je conseille.

24 février 2025

Meurtre sur le Grandvaux - Bernard Clavel / Le pays où l'on n'arrive jamais - André Dhôtel

Les deux bouquins que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) chronique aujourd'hui ont quelques points communs. Ce sont tous deux des éditions J'ai lu (avec illustrations de couvertures signées Denise Antonini!), et tous deux parlent de voyages. Ils ont aussi été écrits par des écrivains dits "populaires"... et marquent peut-être tous deux que cette popularité est volatile au fil des décennies qui s'écoulent après le décès des auteurs. Dernier point: je les ai "chinés" (à quelques semaines d'intervalle, et dans deux bouquineries différentes) avec l'idée de les verser à la "bibliothèque partagée" que j'ai mise en place en bas de chez moi. 

André Dhôtel, Le pays où l'on n'arrive jamais, J'ai lu N°81, 1994
("1er DL dans la collection 1975" [? J'ai ...pas compris, puisque la parution du N°61 de cette collection J'ai lu remonte à 1959!], copyright 1955), 249 pages
Bernard Clavel, Meurtre sur le Grandvaux, J'ai lu N°3605, 1994
(EO Albin Michel 1991), 188 pages

 

Meurtre sur le Grandvaux ressort à la fois du roman noir et du roman "du terroir" (à la française). Il se déroule dans le Haut Jura, dans les années 1840. À l'époque, la population (rurale notamment) était en majorité sédentaire, les communautés étant organisées en autosubsistance. La "mondialisation" (commerce à longue distance) était pratiquée, par voie terrestre, par les "rouliers", un peu l'équivalent de nos "routiers" contemporains (qui conduisent des camions). Le "roulier", courageux conducteur de chariots, pouvait passer des mois voire des années loin de chez lui, tout en ayant en charge la commercialisation des produits qu'il transporte au loin. Ambroise Reverchon est l'un d'eux, dur, bon manager de ses intérêts, et capable de faire face aux dangers sur la route. Quand il revient à la ferme familiale, c'est pour apprendre que sa femme est morte et sa fille enceinte... des oeuvres d'un homme, dit-elle, qui préfère prendre la fuite que l'épouser. Papa va prendre les choses en main... Finalement, le (futur) gendre est plutôt brave gars: orphelin de père à 3 ans, il va se laisser conduire par le roulier. Mais c'est toujours le père qui mène sa maisonnée à la trique (au fouet, plutôt!). Il va être amené en toute logique jusqu'à ce que l'on pourrait hâtivement qualifier de "crime d'honneur", mais qui, à mon avis, n'entre pas dans la même logique culturelle. Un premier meurtre non prémédité l'amène à un autre, de sang-froid cette fois-ci. 

J'ai appris en lisant cette oeuvre l'existence du métier de "boisselier", un genre de sous-tonnelier spécialisé dans les récipients cylindriques en bois, très utilisés dans nos campagnes (avant l'utilisation à grande échelle de la tôle galvanisée, puis du plastique).

 

Je vous mets un extrait (p.82).
"- Ton père, je peux te dire que c'est un fameux bonhomme! Quand je pense de quelle façon on s'est connus!
Elle se met à rire.
- Y peut être rudement dur, tu sais.
- Ca, pour le savoir, je l'sais! Sacrebleu oui, que je l'sais... Mais c'est un homme de justice. Et qui fera jamais l'ombre d'une crasse à personne. Jamais! Seulement, celui qui le cherche, il est sûr de le trouver. C'est tout. Et c'est très bien de la sorte!"

Et un autre, sur le "métier" du roulage et ses secrets, transmis de père en fils (p.77).

"Ambroise se remet à parler comme s'il poursuivait un récit jamais interrompu. 
- Ce temps-là, je peux te garantir que j'ai connu bien pire, justement quand je suis revenu de Nijni-Novgorod. J'avais plus qu'une seule voiture. Je dirais pas que j'avais gagné des mille et des cents, mais enfin, je m'en sortais pas mal. Puis je ramenais des épices que je comptais bien revendre en route. Les épices, si on sait s'y prendre, c'est presque toujours de bon profit... Dans notre métier, le secret, c'est de jamais rouler à vide. Dès que t'as fait de la place, faut que tu trouves de quoi charger. Et toujours ce qui peut se revendre mieux, plus loin."

 

J'ai trouvé quelques blogs qui en avaient parlé: Thomas en a dit deux mots l'an dernier. CJB est nettement plus intéressant. Voir aussi Sab. Et Picardine (dernier billet en 2011). Pour ma part, j'avais déjà présenté sur ce blog l'an dernier un autre roman de Bernard Clavel, qui parlait de transport maritime (Cargo pour l'enfer).

 

Dans une autre des bouquineries que je fréquente, j’ai fini par craquer pour un titre que je connais depuis des décennies pour le voir dans des listes de collections en fin d’ouvrage, Le pays où l'on n'arrive jamais. Ici, je l’ai donc acheté non pas dans une édition Jeunesse, mais en J’ai Lu. Si je connaissais le titre, je ne savais rien sur son contenu ni même sur l’auteur. 

Je dirais que j'ai lu ce livre comme un conte, qui fait bien entendu songer au livre d’Alain-Fournier Le grand Meaulnes, mais aussi à des livres jeunesse du XIXe siècle (Sans famille d’Hector Malo) ou contemporains de son écriture (dans les années 1950), comme La villa des grillons de Léonce Bourliaguet… 
Il s'agit d'une histoire de voyages (mais aussi de "gens du voyage"), avec un côté merveilleux, des coïncidences incroyables, un cheval quasiment magique, des rencontres plus ou moins imprévisibles au départ, l’absence de contingences matérielles, la puissance de l’intuition irrationnelle qui guide bien des actions de nos jeunes héros… Mais un merveilleux qui n’a pas besoin de faire appel aux sorciers, zombies, elfes, vampires, loup-garous, dragons ou autres monstre imaginaires. On se laisse capter par le merveilleux de l’irréel où l’on pouvait encore parcourir un pays avec une carriole à cheval de ville en ville par les chemins creux en gagnant sa vie durant le voyage. Pour essayer de résumer l'intrigue en quelques mots, je dirai qu'un jeune garçon, élevé par sa tante parce que ses parents voyagent par monts et par vaux, fait la rencontre d'un gamin mystérieux, manifestement en fugue puisque recherché. Il va l'aider à aller jusqu'au bout de sa quête, et y retrouver ses propres racines. L'action se passe en bonne partie dans les Ardennes, à proximité de la frontière avec la Belgique. 
En prenant un peu de recul, je me suis dit qu'on pouvait avoir l’impression que ce livre a été construit en brodant, en développant une série de rêves dont les séquences se succèdent. 

 

André Dhôtel, né en 1900, est mort en 1991. J'ai du mal à comprendre pourquoi seul ce titre semble encore connu et le plus ré-édité de nos jours...? Bon, en vérifiant, je vois que certains de ses dizaines de titres semblent avoir bénéficié d'éditions au XXIe siècle. Mais je n'ai pas l'impression de les avoir souvent croisés. Son fils François veille pourtant à la mémoire de l'oeuvre de son père en s'assurant que ses manuscrits, correspondance et autres papiers personnels soient mis à disposition des chercheurs. 

 

J'ai aussi trouvé un certain nombre de blogs qui avaient parlé de cet ouvrage il y a plus ou moins longtemps: Violette, La jument verte (dernier billet en mai 2023), Ellettres, Michel Santo, Karelia (dernier billet janvier 2021), Nadège (dernier billet juin 2021), l'ancien blog (canalblog) de A propos de livres
 

Ce titre peut en tout cas être inscrit au challenge 2025 sera classique aussi organisé par Nathalie

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Cela fait quelque temps que je souhaitais parler ici de cette "bibliothèque partagée" que j'ai mise en place en bas de chez moi. 

 

Pour dire quelques mots de l'histoire: l'idée m'en trottait dans la tête depuis quelques années. Ayant été assister à l'AG de copropriété en décembre 2024 (alors que je me contentais de donner pouvoir depuis quelque temps), j'ai pris la parole lors des "questions diverses" pour dire que j'avais envie de mettre en place ce que je connaissais dans plusieurs immeubles que je fréquente... Les réactions ont été contrastées. Deux jeunes femmes (propriétaires plutôt récentes) étaient enthousiastes, les propriétaires les plus anciens étant indifférents ou dubitatifs... J'ai dû m'engager sur un meuble de petite taille (discret), qui n'attire pas les regards des passants mal intentionnés, garantir que ça ne servirait pas de "poubelle" pour mettre seulement du rebut... J'ai commencé par (me) constituer un "fonds" avec des livres que je connaissais (ou du moins d'auteurs dont j'avais lu d'autres ouvrages - sauf exceptions!). Puis j'ai eu la chance de trouver dans un "box" qui devait être rendu à son propriétaire un joli petit meuble auquel je n'ai eu qu'à rajouter quelques étagères! Depuis deux semaines, 15 des 50 titres initialement déposés sont partis voire même repartis, j'en ai ré-injecté près d'une dizaine... Et ai eu le plaisir d'en voir arriver une demi-douzaine d'autres, déposés par d'autres résidents! Je finirai en signalant que 50 nuances de Grey (qui m'est tombé des mains!) n'a toujours pas trouvé preneur... ou preneuse!

23 février 2025

L'attachement - Carine Tardieu / Haut les mains - Julie Manoukian

Après avoir lu une critique dithyrambique dans un hebdo télé que je lis et une bande-annonce prometteuse, je viens d'aller voir L'attachement de Carine Tardieu et j'ai beaucoup aimé, surtout la prestation de Valeria Bruni-Tedeschi (qui à elle seule vaut la peine d'aller voir le film). Heureusement que je n'avais pas encore lu le billet de Pascale. Alex (Pio Marmaï) accompagne sa femme qui est sur le point d'accoucher. Elliot, le garçon de la famille âgé de 6 ou 7 ans, est confié momentanément à Sandra (Valeria Bruni Tedeschi), la voisine de palier. Cette dernière n'est pas mariée, n'a pas d'enfant et elle s'occupe d'une librairie féministe. Donc, la vie de cette famille est loin de son univers. La parturiente décède subitement et Alex se retrouve à devoir élever tout seul Lucille, la nouvelle-née, et Elliot. Heureusement que Sandra est là car Elliot s'est très vite attaché à elle. Le film se déroule sur pendant les deux premières années de Lucille où on la voir grandir à la différence d'Elliott (le seul bémol du film). C'est une histoire sur la vie qui aborde de nombreux sujets sur le deuil, de la résilience, le bonheur, l'amour. J'ai passé un bon très moment sans m'ennuyer. 
Je voudrais vous narrer sur ce qui s'est passé pendant la projection à laquelle j'ai assisté. À peine cinq minutes après le début du film, j'entends un ronflement (je me suis dit, le film semble ennuyer quelqu'un!) et ce ronflement a duré presque toute la projection. Je n'ai pas osé émettre une remarque derrière mon dos. A la fin de la projection, je me lève et que vois-je? Un labrador ou un golden retriever avec ses deux maîtresses. Il avait dormi comme un bienheureux pendant la projection avec un ronflement régulier. Je pense que c'est un chien d'aveugle (?) en période de dressage. Je n'ai pas eu la présence d'esprit de demander.

 

Je passe à Haut les mains de Julie Manoukian, une petite comédie très sympathique avec Vincent Elbaz, qui interprète le rôle de Bernard, un veuf inconsolable qui joue au cambrioleur, un as de l'ouverture de coffres. Il n'est plus de la première jeunesse pour escalader des murs. Lors d'un cambriolage, il fait la connaissance d'un trio qui se livrait à la même activité: les "Green Panthers", deux femmes et un homme qui font tout pour dénoncer les ravages que certaines sociétés capitalistes font subir à la nature sous couvert d'écologie et accessoirement, l'abus de pouvoir contre les femmes. Vincent et les trois autres vont devoir affronter Kramer, un flic ripoux relégué aux archives de la police, qui rêve d'appréhender les trois Green Panthers. Il a un vieux compte à régler que je vous laisse découvrir. Je crains malheureusement que le film ne reste pas longtemps à l'affiche et c'est bien dommage. Lire le billet d'Henri Golant.

21 février 2025

L'homme de Harlem - Guido Crépax

Passant chez Enna avant-hier, l'annonce de son 8e African American History Month Challenge 2025 m'a (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) inspiré l'envie d'y participer (puisque je suis encore dans les temps!), avec un titre que j'avais revu récemment dans ma BDthèque: L'homme de Harlem, de Guido Crépax. J'espère que je suis bien dans le thème... Je me l'étais acheté en 1991 dans une librairie qui s'appelait "Oser penser"!

Guido Crépax, L'homme de Harlem, Dargaud, coll. Pilote N°42, 1979, 52 pages

 

Cette collection Pilote (albums brochés souples et non cartonnés) était "proposée" par Guy Vidal et Claude Moliterni. Guido Crépax (1933-2003) a dessiné en version italienne L'uomo di Harlem l'année même où le titre a été publié en France. L'album a par la suite été republié, toujours chez Dargaud, dans la collection Un homme une aventure, qui faisait la part belle aux dessinateurs italiens.

 

Nous sommes en juin 1946 (donc nettement plus tard que dans le film Cotton club auquel sa relecture m'a fait songer). La IIe guerre mondiale est passée par là... mais à Harlem, on peut toujours trouver des histoires mêlant gangsters (essentiellement blancs) et jazzmen (ceux-ci noirs surtout). Après avoir assisté à la victoire d'un boxeur noir contre un blanc, Little Johnny Lincoln, contrebassiste noir, tire une fille blanche, Polly, des pattes d'un blanc qui la pourchasse parce qu'elle a été témoin de ce qu'elle n'aurait pas dû voir. C'est le début des ennuis... quand il décide de l'héberger chez sa mère où il vit. L'accueil est froid (elle engueule son fils...). Sa copine en titre se montre plutôt possessive (sans se soucier des dangers courus par Polly). Quelque chose pourrait s'esquisser entre la fille planquée et le musicien sans préjugés, même s'il passe l'essentiel de son temps à gagner sa vie dans le club où il joue. Le gangster l'y reconnaît. De son côté, Polly s'enfuit avec l'idée d'aller voir la police. L'affaire tourne mal. Son instrument sauve la vie de notre joueur (la pauvre contrebasse est réduite en miettes). Sa tentative de vengeance sera dérisoire, mais les dernières pages montrent un peu d'espoir: c'est un contrebassiste blanc qui procure un nouveau travail et le nouvel instrument qui y est nécessaire à Lincoln. Solidarité des musiciens autour de la musique... 

Je n'ai bien évidemment pas tout dit. Il me semble que "l'homme de Harlem" du titre peut faire référence, au-delà de ce qui semble évident, c'est-à-dire à notre héros, à au moins trois des autres personnes dont il est question dans la BD. Et vous, qu'en pensez-vous (si vous avez lu l'album)?

Ci-dessous quelques planches permettant d'admirer le dessin et les couleurs de Crépax (pp.10, 14-15, 51).   

 

 

 

Et je l'inscris aussi au challenge American Year 2025 chez The cannibal lecteur (Belette 2911) puisque l'action se déroule aux Etats-Unis!

 

19 février 2025

Le prix - Cyril Gely

Pour une fois, j'écris un billet "théâtre". Je suis allée voir Le prix de Cyril Gely en ne sachant rien de la pièce, mais j'apprécie Pierre Arditi et Ludmila Mikael depuis très longtemps. J'aime voir les acteurs connus sur scène. Le prix est inspiré d'une histoire vraie. Le prix du titre est le prix Nobel de chimie qu'Otto Hahn (1879-1968, joué par Pierre Arditi) doit recevoir à la fin des années 40 pour avoir découvert la fission nucléaire. Quand la pièce commence, Otto Hahn se prépare pour recevoir son prix à Stockholm. Et justement, sur ces entrefaites, une femme arrive, Lise Meitner (1878-1968, Ludmila Mikael) qu'il n'avait pas vu depuis 8 ans, depuis juillet 1938. Cette physicienne qui avait collaboré avec Otto Hahn pendant 30 ans avait fui le nazisme. Elle était juive. Pendant une heure trente, elle règle plus ou moins ses comptes car selon elle, et c'est tout à fait naturel, elle aurait dû partager le prix avec Otto Hahn. La découverte de la fission nucléaire s'est faite à deux. Depuis, j'ai fait quelques recherches, et en effet, Lise Meitner n'a jamais été reconnue à l'égal d'un homme pour ses recherches. On se rend compte que le monde scientifique dans les années 1910, 1920 et 1930 était misogyne. Cyril Gely a écrit la pièce qu'il a lui-même adapté de son roman, Le prix, publié chez Albin Michel (2019, 224 pages) mais que je n'ai pas encore lu. Si vous ne pouvez pas aller au théâtre (le prix des places est cher), lisez le livre. En tout cas, Ludmila Mikael et Pierre Arditi se donnent la réplique avec conviction. J'ai passé une bonne soirée. 

Yves Poey en a parlé sur son blog, Frédéric Bonfils sur le sien. Quant au livre, on peut aujourd'hui encore trouver facilement plusieurs billets datant de 2019 qui le concernaient sur la blogo...

PS: pour répondre à l'interrogation de Luocine, j'ai trouvé Pierre Arditi plutôt en forme et pas trop vieilli, ainsi que Ludmila Mikael.

16 février 2025

The Brutalist - Brady Corbet

J'ai hésité avant de me décider à voir ce film en avant-première dimanche dernier, 9 février 2025, dans l'une des salles que je fréquente à Paris. The Brutalist de Brady Corbet est un film de 3h30 divisé en deux par 15 minutes d'entracte décomptées sur l'écran. 1h40 pour la première partie qui se passe entre 1947 et 1952 et la deuxième partie dure 1h50 et se déroule à partir de 1952 jusqu'au début des années 60, et enfin un épilogue qui se passe en 1980. The Brutalist, c'est Lazlo Toth (Adrian Brody, absolument remarquable), un architecte juif hongrois qui débarque d'un bateau à New-York avec une simple valise en 1947. Sa première vision du Nouveau Monde est la statue de la liberté filmée en diagonale au large de Manhattan. Il a laissé derrière lui sa femme Erzsébet et sa nièce Zsofia qui sont restées coincées en Europe. Il est d'abord hébergé à Philadelphie dans un cagibi sans fenêtre par son cousin Attila (marié à une catholique), qui fabrique et vend des meubles que Lazlo trouve assez laids. Puis Laszlo et Attila acceptent d'honorer un contrat inespéré: créer et fabriquer une immense bibliothèque dans la demeure d'une famille fortunée. À partir de là, le destin de Laszlo bascule: il se lie d'amitié avec un Noir et son fils, il est rejeté par son cousin, il est renvoyé par le père du commanditaire de la bibliothèque avant d'être rappelé. Le père Harrison Van Buren (Guy Pearce, impérial) lui propose de construire un grand projet communautaire dans le style "brutaliste".  Mais on rappelle bien à Laszlo qu'il n'est que toléré. Le racisme est sous-jacent en permanence dans cette Amérique d'après-guerre. Il y a un très beau travail sur la musique, le cadre, les couleurs, la lumière. Le film est aussi une belle histoire d'amour, mais tragique, entre un homme et une femme (Felicity Jones dans le rôle d'Erzébet est sensationnelle). Cette dernière est devenue handicapée à cause de l'ostéoporose. La nièce, elle, ne parle pas depuis son arrivée aux Etats-Unis. Je pourrais continuer à vous raconter les péripéties de ce film très maîtrisé mais Wiki*** le fait très bien. Pour résumer, on ne voit pas passer les 3h30. Au bout d'une heure 40, on n'a qu'une hâte c'est de voir la suite sans attendre. Le film ne plaira pas à tout le monde mais moi j'ai aimé (sauf l'architecture brutaliste assez écrasante), tout comme Pascale et Selenie. Une dernière remarque: The Brutalist m'a fait penser à There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson, d'un point de vue style de film.

15 février 2025

Les sables de Mars / La trilogie de l'espace - Arthur C. Clarke

Challengé par la planète Mars, j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) d'abord acquis et commencé à lire le titre explicite Les sables de Mars, avant d'apprendre en entamant mes recherches complémentaires que celui-ci faisait partie d'une trilogie, et que celle-ci avait bénéficié d'une édition intégrale chez Milady, un des labels des éditions Bragelonne, récemment (enfin, il y a déjà plus d'une douzaine d'années). 

La lecture de ces deux volumes me permet donc d'inscrire le présent billet à quatre challenges: mon propre challenge marsien, le challenge 2025 sera classique aussi reconduit par Nathalie, le 13e challenge de l'imaginaire organisé par Tornade, et enfin le challenge Objectif SF 2025 mis en place par Sandrine.

 

Mon exemplaire du titre Les sables de Mars, par lequel je commence, est le 36e numéro de la 3ème série de la collection Futurama (rebaptisée Super Lights) des Presses de la Cité, imprimé en 1986 (249 pages). Le roman en VO, lui, a été écrit en 1951 par Arthur C. Clarke et constitue l'un de ses premiers romans publiés. J'y reviendrai.

 

L'histoire se déroule dans un temps indéterminé, où une première colonie humaine s'est déjà installée sur Mars. Un écrivain (Martin Gibson) y part pour trouver l'inspiration (et vendre ses reportages). Le voyage depuis la terre occupe plus du tiers de l'ouvrage. J'ai halluciné, tant, dans ce roman publié au milieu du XXe siècle, la description de l'accès à Mars depuis Deimos m'a fait songer à l'atterrissage de la navette spatiale américaine (1981-2011): "cette phase parut durer très longtemps, bien qu'elle ne s'étendît en réalité que sur quelques minutes. Finalement, le hurlement du vent déclina peu à peu. La fusée avait amorti toute sa vitesse excédentaire contre la résistance de l'air. La matière réfractaire de son nez et de ses ailes en lame de couteau, qui avait viré au rouge cerise, n'allait pas tarder à se refroidir. Converti en un simple planeur rapide, l'appareil survolait le désert à moins de mille kilomètres à l'heure, guidé par radio vers Fort Lowell, sa destination" (p.100). Plus généralement, l'histoire m'a fait songer à L'enfant de Mars que j'avais découvert dans le cadre de la première édition de mon challenge (le livre datait de 1952: le sujet était à la mode...). Sur la planète est découverte une méthode indigène permettant de produire de l'oxygène. En parallèle, le satellite Deimos est en passe d'être scientifiquement transformé au profit des colons martiens. L'histoire est racontée du point de vue de Gibson et nous découvrons en même temps que lui les mystères du voyage spatial et de la planète Mars, cependant que l'intrigue principale tourne autour de ce personnage de Gibson et de son passé... 

 

Ce roman fait donc partie du cycle dit Trilogie de l'espace des oeuvres d'Arthur C. Clarke. C'est en commençant à rédiger le présent billet que je me suis aperçu qu'il valait mieux que je lise aussi les deux autres. Je pensais d'abord devoir courir les bibliothèques pour en récupérer un exemplaire, mais j'ai eu plutôt la chance de tomber dessus en occasion. 

 

La trilogie de l'espace, Editions Bragelonne (Milady), imprimé en 2011 (714 pages - dommage, ça m'aurait fait un beau volume pour mes Epais de l'été 2025). 

 

Ce volume contient donc aussi Les sables de Mars, exactement dans la même traduction (d'André Jager et Jean-Gaston Vandel). Le titre bénéficie d'une introduction séparée d'Arthur C. Clarke, cependant que la préface générale du volume restitue le contexte où il écrivait, au début des années 1950, quelques années avant le lancement de Spoutnik en 1957, alors que l'idée d'un voyage au-delà de la terre relevait, pour la plupart des personnes, de la Fantasy (sic!) pure et simple. J'ai eu plaisir à lire ces récits malgré leur côté peut-être désuet (de la SF bien sage...), mais je ne dirai que peu de choses des deux autres romans. 

 

Les îles de l'espace (1952): un séjour en station orbitale (entre la lune et la terre) ne se passe pas comme le prévoyait le jeune homme qui l'avait gagné lors d'un jeu télévisé. Il va avoir l'occasion de jouer au passager clandestin lors d'une mission de sauvetage d'un des passagers d'un vaisseau reliant Mars à la Terre, tombé malade. Il va vivre quelques aventures, avoir le privilège d'écouter le récit d'un vétéran de l'exploration de la planète Mercure... Ce roman, "récit à la première personne", est "copyright 1954" (?) et occupe les pages 11 à 193 du volume.

 

Lumière cendrée (1955): une guerre intersidérale va opposer la Terre à une fédération réunissant Mars et d'autres colonies spatiales humaines... Dans la préface (datée de 2001), Arthur C. Clarke dit avoir un peu honte des scènes de combat dans l'espace: il trouve qu'il y a beaucoup trop de "guerres d'étoiles" (sic!) sur les écrans, grands et petits, "de nos jours"... Lumière cendrée commence p.481 du volume. Nous sommes dans, pardon, "sur" la lune. L'agent Sadler est en mission pour voir, pour le compte de la Fédération terrienne, ce qui se trame sur notre satellite. Mars, Vénus, Mercure et les satellites de Jupiter et de Saturne sont aussi en cours de colonisation. La guerre fait quelques centaines de victimes, et amène les deux parties à trouver un modus vivendi gagnant-gagnant. Le 21e et dernier chapitre voit Sadler revenir à Central City (sur la lune), 30 ans après sa mission, pour percer un dernier mystère. 

 

J'ai trouvé trace des billets de trois blogueurs sur le titre Les sables de Mars: Erwelyn bien évidemment, Hellrick et Gotomars (site de Jacques Garin). La trilogie de l'espace, elle, avait été chroniquée par MarcFVB (dernier billet en 2020) et Thalia du blog Regard d'enfant (dernier billet en 2015). 

12 février 2025

Devenir Zéro - Anthony McCarten

Devenir Zéro d'Anthony McCarten (Edition J'ai lu, 473 pages) est un vrai "page-turner". L'écrivain né en Nouvelle-Zélande a eu des prémonitions en ce qui concerne les différentes péripéties de l'histoire. Dix personnes ont été sélectionnées pour participer au bétatest Objectif zéro. Il s'agit de disparaître des radars dans ce monde hyper connecté où les gens sont surveillés entre les téléphones, les réseaux sociaux, les ordinateurs, etc. L'expérience doit durer 31 jours, pendant un mois de mai. Si par miracle, une ou plusieurs personnes n'étaient pas repérées, elles empocheraient trois millions de dollars net d'impôt. Cy Baxter, le fondateur de Fusion (qui m'a fait penser à Elon Musk) et l'initiateur de cette expérience, veut tout surveiller, tout contrôler, surtout la vie des gens. Il arrive même à accéder à des fiches du FBI ou de la CIA sur des milliers de gens. Pour en revenir au bétatest, parmi les dix personnes, l'une d'entre elles va donner du fil à retordre aux organisateurs de cette expérience : une dénommée Kaitlyn Day, une bibliothécaire exerçant dans une bibliothèque de Boston. Le roman est divisé en deux parties et un épilogue. À la fin de la première partie, on assiste à un coup de théâtre qui permet un rebondissement de taille. L'histoire est vraiment très bien menée. L'écrivain est aussi scénariste. Je vous conseille cette lecture que vous ne lâchez plus dès que vous la commencez. Et au contraire de Cathulu, j'ai aimé la deuxième partie du roman. Lire aussi le billet enthousiaste de Philisine Cave.

9 février 2025

Maria - Pablo Larrain

C'est après avoir lu le billet de Pascale que je suis allée voir Maria de Pablo Larrain, qui sur déroule pendant les sept derniers jours de Maria Callas, ponctués de nombreux flash-back. Le film commence le 16 septembre 1977 dans un immense appartement avenue Georges Mandel à Paris, quand Maria Callas est retrouvée inanimée par terre. A partir de la séquence suivante, on est dans l'intimité de Maria pendant les sept derniers jours de sa vie, pendant lesquels elle espère encore retrouver sa voix quand elle était "La Callas". En guise de nourriture, elle prend du mandrax (méthaqualone), un sédatif très en vogue dans les années 70 qui lui donne des hallucinations. Elle n'est pas toute seule dans son appartement car Bruna, sa cuisinière et gouvernante ainsi que Ferrucio, le majordome, homme à tout faire et chauffeur veillent sur elle mais ils sont impuissants devant l'état de Maria. Et puis il y a les deux chiens de Maria. Dans les nombreux flash back filmés en noir et blanc, on a des bribes de la vie qu'a mené Callas, le triomphe de ses prestations vocales, sa rencontre avec John Fitzgerald Kennedy, avec Aristote Onassis et sa rivalité avec Jackie Kennedy, ou même lorsque sa soeur et elle ont chanté devant un officier allemand pendant la seconde guerre mondiale. Car même si Maria est née à New-York, elle a passé une grande partie de sa jeunesse et de sa vie de jeune femme à Athènes. Concernant le film, les parties chantées sont plutôt bien faites, même si on n'oublie jamais que l'on a Angelina à l'écran. En revanche, il est dommage que les personnages très intéressants que sont Bruna et Ferrucio ne soient pas plus développés. Ils ne sont que des faire-valoir. On ne sait rien d'eux et on ne saura rien d'eux, alors qu'ils sont interprétés par deux très bons acteurs comme PierFrancesco Favino et Alba Rohrwacher, et je n'oublie pas Vincent Macaigne dans le rôle du médecin qui annonce des mauvaises nouvelles à Maria. Un film que j'ai vu sans déplaisir mais c'est tout. Lire les billets de Pascale et Selenie

7 février 2025

Charlie quand ça leur chante - Aurel

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) fais aujourd'hui un petit "pas de côté" en parlant d'un ouvrage qui ne provient pas d'un dessinateur de Charlie Hebdo, mais d'un de leurs collègues dessinateur de presse (dont je vois chaque semaine des dessins parce qu'il oeuvre, notamment, dans Le Canard Enchaîné depuis des années). 

Aurel, Charlie quand ça leur chante, Futuropolis, coll. Paroles, 2024, 32 pages

 

La 4ème de couv' de cet opuscule à propos de "l'esprit Charlie" en dit pas mal. Mais elle ne dit pas tout à mon avis. En tout cas, le titre et l'auteur, comme je l'ai dit, ont déclenché mon "acte d'achat". En bas de la 2e de couv', après 14 lignes d'avant-propos "cadrant" ce qu'est un dessin de presse, Aurel précise: "je ne suis le porte-parole de rien et m'exprime en mon nom". Dans les pages de cet ouvrage dessiné, le dessinateur se met lui-même en scène et s'adresse au lecteur (brisant un mur?), et nous amène à prendre conscience de l'état précaire du métier de dessinateur de presse (en France, quelques dizaines d'individus).

Il commence par poser que le dessin de presse (et plus largement l'humour d'actualité) se meurent, parce que la presse elle-même va mal: les ventes s'effondrent. Et lors de la "transition numérique" des journaux, le dessin est bien souvent oublié. 

 

Puis, après deux pages où il raconte comment il a appris le massacre de ses collègues, Aurel explique ce qu'a signifié pour lui "Je suis Charlie" (p.7), alors qu'un copain (qui connaît [ses] différents politiques avec le journal) s'étonne de [le] voir arborer un badge quelques semaines après le massacre du 7 janvier 2015. 

Il parle, ensuite, de "l'après": récupérations de tous bords (beaucoup de demande de dessins de soutien gratuits). Malgré tout, lui et ses collègues ont continué à faire ce qu'ils savaient faire de mieux: dessiner... 

Dans la douzaine de pages suivantes, il continue à dénoncer l'hypocrisie de la profession, les bas tarifs du dessin de presse et la précarité du métier (cf. ci-dessous p.10). Mais le public (le lectorat) en prend aussi pour son grade! 

J'ai été surpris par la manière dont il fait remarquer (ci-dessus) que les tarifs négociés par les syndicats de journalistes (CFDT ou SNJ-CGT) sont trois à cinq fois inférieurs aux tarifs réellement pratiqués, et nécessiteraient d'être sûrs de vendre 20 dessins par mois pour arriver péniblement au SMIC. Si je caricature: contester ces tarifs minimum n'équivaut-il pas à dire que le SMIC est lui-même inutile parce qu'il est trop bas? Je vois plutôt, pour ma part, le tarif négocié comme ce qu'on appelle un "minimum syndical": se met dans l'illégalité tout patron (de presse...) qui prétendrait payer au-dessous de ce tarif... mais rien, bien entendu, n'interdit aux dessinateurs de "se vendre" nettement plus cher! 

"Le quotidien d'un-e dessinateur-ice est de se faire refuser des dessins pour plein de bonnes raisons. Et aussi des mauvaises." (p.23). Aurel rappelle aussi le pouvoir amplificateur des réseaux sociaux pour juger un dessin sans l'avoir vu. 

Son propre discours sur la prise en étau des dessinateurs entre les néo-réacs d'une part (?) et la société qui évolue (bouillie au woke et arrosée de coca-cola, oserais-je dire?) est cohérent, même si on peut ne pas partager ses analyses. Il donne trois raisons expliquant pourquoi les dessinateurs de presse sont régulièrement pris à partie par des gens qui ne trouvent pas drôle ce qu'ils font, ou plus exactement qui leur reprochent de rire de tel ou tel sujet. Les dessins ont toujours déplu à une partie de la population, mais le "village global" de McLuhan en a multiplié la visibilité (c'est moi qui parle de McLuhan, Aurel parle des réseaux sociaux). Il y a un changement global de mentalité (les gens sont plus stressés et deviennent susceptibles...). Les nouvelles générations n'ont plus les mêmes codes ni les mêmes limites. 

p.21-24, Aurel (né en 1980) nous rappelle que, dans les années 1960 (p.21-24), Cavanna, Cabu, Wolinski, Choron et consort (je ne les ai pas mis dans le même ordre que lui) inventaient un humour grinçant que les anciennes générations considéraient comme absolument inopportun.

Nombre des gages de "nos idoles" ne seraient plus possibles aujourd'hui, et pour Aurel c'est "Tant mieux".  "Nous vivons sans doute la fin de cette ère qui avait pour objectif de pousser les murs d'une société étriquée en voulant pratiquer un humour sans tabou", constate-t-il. Pour en tirer la conclusion qu'il faut désormais vivre avec son temps (?).

Je pense que, pour ma part, je suis trop vieux pour avoir envie de renoncer à rire de tout. Mais il est vrai que je m'expose infiniment moins qu'un dessinateur de presse. 

 

J'ai relevé que, si Aurel attaque nominalement, comme étant l'un de de ceux qu'il qualifie de "nouveaux réacs", Philippe Val (directeur de la publication du nouveau Charlie Hebdo de 2004 [après la mort de Gébé] à mai 2009), il n'évoque pas l'éviction de Siné en 2008 pour autant. Pas plus qu'il ne cite le nom de son collègue suisse Chappatte (qui depuis 2020 dessine, comme lui, au Canard enchaîné) comme exemple de dessinateur dont un dessin a amené un journal (le New York Times) à renoncer mi-2019 à la publication de tout dessin de presse. 

Cela m'a aussi amené à me demander si, lorsque Cabu dessinait pour la télévision ou Wolinski pour Paris Match, les sujets de leurs dessins étaient les mêmes dans ces "gagne-pains" (je suppose) que dans les hebdomadaires qu'ils avaient fondés et dont ils maîtrisaient la ligne éditoriale... Une question que je creuserai ultérieurement?

 

Aurel conclut son pamphlet (?) avec une page où, l'oeil mauvais, il demande aux "néo-réacs" qu'il a égratignés dans nombre de ses pages de laisser les dessinateurs de presse dessiner tranquilles. 

Ce petit ouvrage intéressant, et dont je vous conseille la lecture, contient une pensée logique même si contestable. Pour ma part, je crois que je n'ai pas envie de le suivre dans la partie où il expose son analyse des "néo-réacs". J'adhère à ce qui est dit seulement quand ça me chante, non mais!

Je suppose que d'autres blogs en ont déjà parlé en janvier 2025... mais seules des chroniques parues dans des titres de presse apparaissent dans les moteurs de recherche. Mots-clés trop clivants + loi RGPD = le néant... Je rajouterai des liens si je tombe dessus! 

*** Je suis Charlie ***

6 février 2025

L'effondrement - Edouard Louis

C'est grâce au billet de Luocine que j'ai voulu lire L'effondrement (Edition du Seuil, 228 pages), livre d'Edouard Louis paru en 2024. C'était la première fois que je lisais Edouard Louis. Je ne regrette pas ma lecture. L'effondrement du titre, c'est celui de son demi-frère du côté maternel qui est mort à 38 ans à cause d'excès en tout genre, surtout la boisson pendant des années. Sur la couverture, il est mentionné que c'est un roman. Pour moi, c'est un récit biographique d'une personne mal aimée et qui ne s'aimait pas elle-même. Edouard Louis dit souvent qu'il n'aimait pas son frère (son aîné de quelques années), mais ce livre lui rend un peu hommage malgré tout, parce qu'il est le sujet du livre. Ce frère qui n'est jamais appelé par son prénom était, semble-t-il, le plus gentil du monde surtout avec ses compagnes (il en a eu de nombreuses). Il souffrait que son beau-père (le père d'Edouard) le rabaisse constamment. Il n'arrivait pas à garder un travail très longtemps alors qu'il avait des capacités, l'abus d'alcool le rattrapait. Quand il a appris la mort de son frère, Edouard Louis ne l'avait pas vu depuis dix ans. C'est par sa mère qu'il avait des nouvelles. Cette mère qui a perdu connaissance quand son fils est mort. Ce livre qui se lit très rapidement m'a plu. Merci Luocine. 

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