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7 janvier 2019

Les victimes du massacre à Charlie Hebdo peu ou pas connues du public: M. Ourrad / F. Brinsolaro / F. Boisseau / A. Merabet

Quatre ans après le massacre à Charlie Hebdo, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) souhaitais rendre hommage à ceux, assassinés ce jour-là, que je n'ai encore jamais évoqués parce qu’ils n’ont pas laissé derrière eux de livre ou d’œuvre que je puisse chroniquer. N’étant pas moi-même journaliste professionnel, j’ai suivi une suggestion qui m’a été faite en allant chercher ce que les collègues ou proches des uns et des autres avaient pu leur rendre comme hommage répercuté dans la presse à l'époque. Mes sources (secondaires, donc) sont indiquées en notes en fin d'article.

Mustapha Ourrad

Cet homme discret et érudit était de longue date (fin des années '90) intégré dans la rédaction de Charlie Hebdo, pour la fonction de lecteur-correcteur. Si je ne suis pas sûr qu'il comptait dans l'effectif salarié permanent de l'hebdomadaire le 7 janvier 2015, il continuait à y officier très régulièrement pour les "bouclages" du lundi. Ce mercredi-là, il s'était rendu à la rédaction pour travailler sur la prochaine publication d'un numéro Hors-série. Les tueurs l'ont assassiné en sortant de la salle de rédaction, avant de quitter les lieux.

Il était humain avant d'être algérien, français ou kabyle, analysait sa fille en 2015 (1). Sa compagne rappelait que le fait de rester à Charlie était une façon de militer, même s'il le faisait sans se montrer (1). D'après ses collègues du magazine Viva où il travaillait en parallèle à Charlie Hebdo, il n'aurait pas aimé d'hommage (2). Une de ses collègues à Viva se souvient d'une parabole qu'il aimait conter (3): "Deux hommes ont un différent, ils vont alors consulter un sage soufi pour les départager. Le premier expose son cas ; le sage lui dit : “Je te comprends, tu as raison.” Le second donne alors sa vision des choses ; “Oui, je te comprends, lui dit le sage, tu as raison.” Un témoin de la scène vient s’étonner face au sage : “Comment peux-tu dire à chacun qu’il a raison ? ce n’est pas possible…”  “Tu as raison”, répond le sage."

Enfin, en tâchant de faire le tri entre les articles qui publiaient des témoignages de première main et ceux qui se contentaient de reprendre des informations déjà parues ailleurs, j'ai été touché par l'article d'un blogueur, lui-même journaliste, qui disait notamment "Loin de moi l'idée de m'arroger le droit de rendre hommage à un homme que je ne connaissais pas. Mais (...)" (4).

M_Ourrad_LaLegerete Le voici représenté par Catherine...

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 ... et croqué par Cabu (avec moustache mais pas barbu!), si j'ai bien interprété la légende du "portrait de groupe" publié p.321 de Cabu, une vie de dessinateur, Jean-Luc Porquet, 2018.

Franck Brinsolaro

Il a été la deuxième personne touchée par les balles une fois les tueurs entrés dans les locaux de Charlie. Il s'agissait de l'un des deux policiers affectés à la protection de Charb, se relayant une semaine sur deux. Je cite sa femme, rédactrice en chef de L'Eveil normand, interviewée par Ouest France (5): "Même s'il n'était pas du tout politisé, Franck aimait l'actu, l'info. Notre métier lui parlait... Et il est mort pour la liberté de la presse. (...) Vous savez, discret comme il était, Franck n'aurait sans doute pas aimé se retrouver dans un article. Mais je le fais pour qu'il reste une trace. Pour les enfants, plus tard. Et parce qu'il n'y a pas eu que des dessinateurs célèbres qui sont tombés. D'autres gens aussi."

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Le plan ci-dessus est extrait du numéro spécial de Charlie Hebdo publié "1 an après" (p.4). On y voit la table où était assis le policier, dans la salle de rédaction. Même si, bien entendu, comme tous les policiers des services de protection, il se devait d’être « professionnel » donc transparent (donc, je suppose, sans jamais interagir avec les activités professionnelles de ses « protégés »).

Frédéric Boisseau

Ce chef d'équipe de maintenance travaillait depuis 15 ans chez Sodexho, c'était la 1ère fois qu'il se rendait dans cet immeuble, il ne savait même pas que c'était le siège de Charlie Hebdo, a raconté son épouse à RTL. Il a été la première victime, dans le hall de l'immeuble, avant que les tueurs forcent la porte de la rédaction (6). 

Ahmed Merabet

Gardien de la paix, c'est un de ceux qui ont essayé d'arrêter les assassins dans leur fuite en voiture. Blessé dans l'échange de tirs, il a été froidement achevé avant qu'ils s'évaporent dans les rues de Paris.

 

Sources:

(1) Elsa Maudet, Mustapha Ourrad, l'érudition discrète de "Charlie", Libération, 15 janvier 2015

(2) https://www.vivamagazine.fr/au-revoir-mustapha-170318 [extrait des "Mentions légales" du site internet: VIVA est un magazine de santé mutualiste indépendant. Diffusé à 460 000 exemplaires, principalement auprès d’adhérents à des mutuelles de santé, VIVA bénéficie d’une audience qui dépasse largement les frontières du mouvement mutualiste]

(3) Mustapha, un dernier mercredi chez "Charlie", Blog des correcteurs du Monde, 9 janvier 2015

(4) Blog GrandeurServitude d'Olivier Queulier, https://grandeursrvitude.wordpress.com/2016/01/09/a-la-memoire-de-mustapha-la-moindre-des-corrections/

(5) François Chrétien, Franck Brinsolaro, policier tué en protégeant Charb, Ouest France, 9 janvier 2015

(6) Nous sommes Frédéric. "Ne l'oubliez pas", L'Obs, 10 janvier 2015

Autres articles consultés en ligne:

https://www.la-croix.com/Culture/Actualite/Mustapha-Ourrad-correcteur-a-Charlie-Hebdo-avait-la-France-au-caeur-2015-01-09-1264921

https://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Attentat-a-Charlie-Hebdo-Qui-sont-les-douze-victimes-711022

https://www.rtl.be/info/monde/france/jeremy-a-survecu-a-l-attentat-de-charlie-hebdo-pas-son-ami-et-collegue-on-s-est-leves-pour-aller-bosser-et-il-s-est-pris-une-balle--691486.aspx

J'ai aussi relu le numéro 1224 de Charlie Hebdo (daté du 6 janvier 2016) dont le plan ci-dessus est extrait.

Les quatre personnes auxquelles j'ai pensé aujourd'hui ont été massacrées par les mêmes tueurs que les dessinateurs ou journalistes. J’assume mon choix de dire qu’eux sont morts parce qu’ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment, même si c'est le cas de tous ceux qui ont croisé la divaguation ciblée des assassins. Pour ma part, je ne m'étais jamais rendu qu'une seule fois "chez Charlie", à l'époque de la rue de Turbigo, il y a quelque 20 ans.

Ce 7 janvier-là, d'autres victimes ont été blessées par les balles des tueurs. J’ai déjà parlé de Fabrice Nicolino, je m’efforcerai d’écrire sur d’autres auteurs dans les prochains mois. Je suis conscient, par ailleurs, que la liste des cibles des "fous de Dieu", assassins téléguidés depuis je ne sais quelle montagne (prétendant que ça irait à M*h*m*t...), ne se cantonnait pas à la rédaction de Charlie Hebdo, en cette année 2015, ni depuis.

Pour finir, une petite considération personnelle. J'ai vu passer le chiffre des ventes en kiosque de Charlie Hebdo en 2018 (AFP). Il y a un peu moins de 4 ans, j'étais un moineau (ou poisson rouge...) sur 7 millions; je reste aujourd'hui un éléphant sur 30 000. C'est plus valorisant, je trouve.

*** Je suis Charlie ***

19 novembre 2018

Trois BD : Lucky Luke - Un cowboy à Paris / Les Vieux Fourneaux 5 / Blake et Mortimer - La vallée des immortels

A défaut d'autre chose, novembre 2018 aura été un mois faste pour les sorties BD.

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Je commence par Lucky Luke, Un Cow-boy à Paris, dessins d'Achdé, texte de Jul d'après Morris (Editions Lucky Comics), 46 pages. Sur le chemin du pénitencier de Cross Junction, après que Lucky Luke a arrêté pour la enième fois les 4 frères Dalton, ils vont croiser des Indiens qui sont prêts de scalper Auguste Bartholdi. Bartholdi souhaite faire connaître aux Américains son projet de statue. Il veut faire une levée de fonds pour la construction du socle. Pour ce faire, Bartholdi présente la main tenant la torche. Pour lui, il considère son oeuvre comme l'incarnation de la Liberté. Un mot honni par Locker, le directeur du pénitencier qui va tout faire pour que la statue ne soit jamais érigée au large de l'ïle de Manhattan. Heureusement que Lucky Luke veille. Il accompagne Bartholdi jusqu'à Paris malgré son mal de mer. L'album est très plaisant à lire. Un bon cru à mon avis.

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Je passe maintenant au 5ème tome des Vieux fourneaux - Bons pour l'asile (Editions Dargaud, 56 pages). J'ai retrouvé avec grand plaisir Pierrot, Antoine et Emile (et les autres). L'histoire se passe entièrement à Paris où Pierrot et toute une bande de "vieux"se retrouvent au poste de police après s'être fait remarquer devant un organisme suisse. Pendant ce temps-là, Emile et Antoine, son arrière-petite fille Juliette (qui a bien grandi) descendent d'un train. Antoine doit ramener Juliette auprès de sa maman, Sophie, avant de partir au Stade de France avec Emile pour assister à un match de rugby "France-Australie". Bien entendu rien ne se passe comme prévu puisqu'à la place de Sophie, c'est le fils d'Antoine qui arrive. C'est un stratagème de Sophie qui souhaiterait que les deux hommes se réconcilient. Pierrot est retenu plus longtemps que prévu au poste de police, tandis qu'Emile se dirige vers l'immeuble de l'ïle de la tordue (voir le tome 2, Bonny et Pierrot), devenu un refuge pour "vioques" et "migrants clandestins" avec une plaque professionnelle qui dévoile tout.

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C'est un album politiquement incorrect mais irrésistiblement drôle. Avec la mention "Fin de l'épisode", je me doute qu'un sixième tome est prévu.

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Je termine avec La vallée des immortels - Tome 1 d'Yves Sente, Teun Berserik et Peter Van Dongen (Editions Blake et Mortimer, 56 pages). Yves Sente reprend la plume pour la 8ème fois comme scénariste de la saga de Blake et Mortimer. C'est le 25 album de la série créée par Edgar P. Jacobs (disparu en 1987). Yves Sente situe cette nouvelle histoire (en deux tomes) juste après Le secret de l'espadon. La capitale du Tibet est détruite, tout le monde est mort sauf Olrik qui en réchappe. En Chine, les rivalités se font entre Nationalistes de Taïwan, les Communistes, fidèles à Mao, et un Seigneur de la Guerre à la recherche d'une partie d'un texte disparu prouvant qu'il pourrait être le descendant d'un héritier du premier empereur de Chine (la dynastie Qin), il y a quelques 2200 ans. Blake travaille toujours au Foreign Office, tandis que Mortimer part à Hong-Kong pour le travail, il a conçu un nouvel engin volant, le "Skylantern". Olrik, quant à lui, se vend au plus offrant et cherche une fois encore à se venger de Blake et Mortimer. Il faut noter les clins d'oeil à Hergé et à son Lotus bleu : la couverture par exemple et la mention de William Gibbons, l'une des fripouilles qui cherchent à nuire à Tintin dans la concession internationale de Shangaï.

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J'attends le deuxième tome avec impatience. [chroniqué le 14/12/2019]

Des albums à s'offrir et à offrir, à lire et à relire.

30 août 2018

Les luminaires - Eleanor Catton

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Ca y est, je viens d'arriver au bout des 1230 pages (!) en édition de poche du roman Les Luminaires (Edition Folio), oeuvre d'une jeune femme écrivain née au Canada en 1985 mais qui vit en Nouvelle-Zélande. C'est d'ailleurs dans cette région du bout du monde (pour nous) qu'elle situe son intrigue en 1865 et 1866. J'ai appris que la Nouvelle-Zélande, située à 2000 km au sud-est de l'Australie, était composée de plusieurs îles dont deux principales: l'ïle du Nord et l'ïle du Sud. Et précisément, l'histoire se passe dans l'ïle du Sud à Hokitika (un territoire maori), sur la côte ouest de l'île. Le mot "luminaires" fait référence à l'astrologie et en particulier au soleil et à la lune qui étaient considérés comme des "planètes". L'intrigue tourne autour de la ruée vers l'or. En effet, j'ai aussi appris qu'on avait trouvé de l'or en Nouvelle-Zélande. Comme dans certains romans victoriens, chaque début de chapitre donne des indications sur le déroulement de l'histoire et indique quels personnages sont impliqués. D'ailleurs, en préambule du roman, Eleanor Catton liste les 20 personnages principaux du roman avec leurs profession pour 12 d'entre eux (un chercheur d'or, un courtier, un fondeur d'or, un hôtelier, un magnat, un apothicaire, un agent maritime, un journaliste, un employé de banque, un aumônier, un "digger" solitaire, un clerc de magistrat). Ces douze personnages ont leur nom inscrit sur une carte zodiacale au début de chaque partie du roman avec le soleil qui se déplace. La position des planètes joue un rôle dans ce qui leur arrive. Pour les autres personnages, deux femmes sont essentielles au déroulé de l'histoire, qui est une suite d'événements se déroulant sur un période d'un an entre le 27 avril 1865 et le 27 avril 1866. Une malle où se trouvent cinq robes dont les replis servent à dissimuler de l'or disparaît puis réapparait après le naufrage d'un bateau ; un homme prend l'identité d'un autre ; un prospecteur est amoureux d'une prostituée opiomane ; un bateau change de propriétaire ; deux Chinois s'emploient à trouver et à fondre de l'or ; un Moaori sait où trouver de la néphrite/jade ; une grande quantité d'or trouvé dans une concession est enfouie par un homme qui disparaît peu après. On peut se demander pourquoi le roman fait autant de pages. Je ne répondrai pas à cette question car je ne l'ai pas trouvé trop long. Je ne me suis pas ennuyée une minute même si somme toute, il ne se passe pas grand-chose. On perd quelques personnages en route qu'on retrouve par la suite. Le destin de certains d'entre eux est imprécis. Quand le roman se termine, je me suis dit "tout ça pour ça". Cela n'empêche pas que j'ai pris beaucoup de plaisir à cotoyer ces personnages pas tous sympathiques. Miss Catton a un très bon sens de la narration. En revanche, j'aurais à redire sur la traduction souvent maladroite avec des tournures pas très française. Un exemple? Il voyageait "par terre". C'était ma participation au Challenge du Pavé de l'été 2018 de Brize (que je remercie encore pour son initiative). Lire des billets pas toujours enthousiastes sur ce roman: Nicole, Papillon et Xelou ont aimé comme moi. Les deux autres, Hélène et Zarline, beaucoup moins.

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5 décembre 2018

Nestor Burma en feuilleton

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Depuis au moins quatre ans, les enquêtes de Nestor Burma de Léo Malet adaptées et dessinées par Barral ou Moynot s'inspirant de l'univers de Tardi sont prépubliées en format journal, en noir et blanc en trois épisodes par les éditions Casterman. Cette année (2018), une fois n'est pas coutume, elles paraissent en quatre épisodes. Ce qui est bien avec ces prépublications, c'est la mise en perspective sous forme d'articles de l'histoire qui nous est contée. Nestor Burma, le détective privé bien connu mène l'enquête avec le journaliste Covet. Corrida aux Champs Elysées narré comme un feuilleton policier se déroule en 1956, dans le VIIIème arrondissement où vit désormais Burma. L'histoire se passe dans le monde du cinéma avec des starlettes pas farouches qui n'hésitent à donner de leur personne, où des acteurs sont sous l'emprise d'opiacés, où des actrices se jalousent entre elles. Lucie Ponceau, une actrice qui venait de faire son grand retour à l'écran, est retrouvée morte, victime d'une overdose d'opium ingéré sous forme de gâteau. J'ai trouvé l'histoire est un peu embrouillée et ça s'étire en longueur: un épisode de trop? Cela n'empêche pas que je trouve le concept très sympathique. On a par ailleurs le plaisir de lire la critique de quatre films emblématiques de 1956: Voici le temps des assassins de Julien Duvivier, Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara et Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy.

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16 septembre 2018

Tour de Corse 3/3

Me voici revenue à Paris après 9 jours d'un circuit en voiture du nord au sud de l'ïle de Beauté
Pour ce troisième et dernier billet après l'interlude très intéressant de ta d loi du cine, je mets des photos qui montrent une fois de plus la diversité des paysages et quelques sites à voir.

Le site archéologique protohistorique de Cucuruzzu habité à l'âge de Bronze aux environs de -2000 avant notre ère et abandonné vers -300 avant J.C. Ce site est situé en Corse-du-Sud. On a marché parmi les arbres et les blocs granitiques. De bonnes chaussures sont conseillées.

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Mon ami étant féru d'archéologie, on a aussi fait une excursion à Aléria qui fut prise par les Romains en 279 avant J.C. Plus tard, par la volonté d'Auguste, elle deviendra la capitale de la Corse. Le site antique se visite. Seul 30% a été fouillé et mis au jour. Aléria est à l'est de l'île entre Bastia et Solenzara. Avant d'y arriver, on peut visiter le musée où sont exposés les objets que l'on a retrouvé sur place. Je vous conseille bien évidemment la lecture distrayante d'Astérix en Corse.

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Une visite de la Corse ne se conçoit pas sans aller à Bonifacio, à l'extrémité sud de l'île. Mon ami et moi n'aimant pas trop la foule, on n'est pas restés très longtemps et mais on eu une bonne vision de cette ville très touristique.

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Je termine par une merveille géologique, les aiguilles de Bavella qui dominent le col du même nom.

La route (la D268) part de Solenzara à l'est et va jusqu'à des villages comme ceux de Zonza ou Levie. C'est une route sinueuse au possible mais le paysage est magnifique.

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Je vais garder un bon souvenir de la Corse et peut-être y retournerai-je un jour car je suis loin d'avoir tout vu.

21 octobre 2018

Le beau mystère - Louise Penny

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C'est Dominique qui m'a donné envie de lire ce roman et je l'en remercie. J'avais abandonné Louise Penny après avoir lu le premier paru en français, Nature Morte. J'avais trouvé le rythme un peu mou. J'en viens donc à l'avant-dernier paru, Le beau Mystère (Actes noirs, Actes Sud, 483 pages) (2017). Un meurtre est commis dans un monastère oublié de tous (même de Rome!), dans une forêt reculée au Québec au bord d'un petit lac. Dans ce monastère de Saint-Gilbert-entre-les-Loups vit une communauté de vingt-quatre moines, les Gilbertins, qui ont remis à l'honneur le chant grégorien. Afin de faire quelques améliorations dans le monastère qui menace de s'effondrer d'un jour à l'autre (les fondations sont soulevées par des racines d'arbres), ils ont sorti un CD quelques mois auparavant. Contre toute attente, les chants grégoriens ont rencontré un succès mondial. L'inspecteur-chef Armand Gamache et son adjoint Jean-Guy Beauvoir (amoureux de la fille de Gamache) sont envoyés sur place pour trouver qui a tué le Prieur de l'abbaye, qui était aussi le chef de choeur à l'origine du CD. Il a eu le crâne fracassé avec une tige de fer, et l'on trouve sur lui une feuille où est écrit un étrange chant grégorien avec des neumes (les signes de la notation musicale qui existaient avant les portées de notes sur cinq lignes). Les vingt-quatre moines (moins un) ont des occupations différentes pour faire vivre l'abbaye: un docteur, un cuisinier, un jardinier, un autre qui s'occupe du poulailler, etc, mais ils ont en commun des voix magnifiques pour chanter le plain-chant et le grégorien et atteindre le sublime. Qui a pu tuer le Prieur? Et pourquoi? L'enquête se passe en huis-clos entre les murs du monastère. Gamache, Beauvoir et plus tard le chef de la sûreté de Québec, Francoeur (un personnage pas sympathique) qui les a rejoints ainsi qu'un jeune dominicain envoyé par Rome vont mener l'enquête même si le but de certains n'est pas de trouver l'assassin. J'ai lu ce roman avec plaisir, je le recommande. Lire les billets du Papou et de Lewerentz.

10 octobre 2018

La saveur des rāmen - Eric Khoo

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Après Amin (mon billet d'hier), je continue avec La saveur des rāmen qui transporte le spectateur au Japon puis à Singapour. Quand vous sortez de la salle à la fin de la projection, vous avez faim tellement les préparations culinaires que l'on voit sont appétissantes et certainement odorantes. Masato aide Kasuo, son père qui tient un restaurant de ramen, un plat complet au Japon : des nouilles (rāmen) dans un bouillon à base de poisson ou de viande. Il y a même un musée qui lui est consacré. A l'origine, c'est un met qui a été importé de Chine au début du XXème siècle. Kasuao est un homme qui ne s'est jamais remis du décès de sa femme Mai Lian, morte assez jeune de maladie. Un soir, Kasuo a une attaque et meurt. C'est à partir de là que Masato décide de partir pour Singapour, la ville natale de sa mère. Il veut retrouver son oncle, le frère de sa mère, ainsi que sa grand-mère. En effet, sa mère était chinoise comme plus de 70% de la population singapourienne. Le film est ponctué de nombreux flash-back où l'on voit Kasuo et Mai Lian en train de cuisiner et faire goûter les plats à Masato, un petit garçon sino-japonais adorable. Autant son oncle le reçoit à bras ouverts et lui enseigne les recettes que Masato lui demande, autant les retrouvailles avec sa grand-mère dont le mari fut tué par les Japonais pendant la 2ème guerre mondiale sont difficiles. C'est un film sympathique à voir. Il y avait pas mal de monde la salle où je l'ai vu. Je le conseille.

14 septembre 2018

Tour de Corse 2/3

Pour faire suite au billet précédent, je continue le récit de mon périple en Corse avec Calvi, l'une des bases de la Légion étrangère (le 2ème REP y réside). La citadelle domine la ville et son port de plaisance est sympa. Le centre n'est pas très grand.

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P1100016 Le port vu de la citadelle

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Une maison dans la citadelle où a habité le parrain de Napoléon. Il logea Napoléon et sa famille en mai et juin 1795.

De Calvi, on a fait une excursion vers le lieu-dit Le Fango à une vingtaine de km au sud de Calvi, où l'on peut admirer un pont génois. Ce genre de pont est assez courant en Corse. Ils enjambent des rivières dont certaines forment des vasques où se baignent les touristes.

Voici le pont qui a été rénové.

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C'est en quittant Calvi pour se diriger vers Corte qu'on est allé voir un autre pont génois datant du XVème siècle, dans les gorges de l'Asco. Pour l'admirer, cela se mérite. Il a fallu parcourir plus d'un kilomètre sous un soleil de plomb en marchant sur une route descendante (qu'il faut remonter après...).

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Concernant Corte, on n'a pas eu le temps de visiter la ville universitaire située au centre de l'Ile. Il y a plus de 4000 étudiants qui fréquentent l'université.  Sinon, la population de Corte est d'environ 6000 habitants. Comme pour Bastia, le stationnement est difficile et j'ai laissé tomber. J'ai pris une photo de loin. J'espère y retourner un jour.

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Et la faune, me direz-vous?

Depuis deux jours, on a croisé des vaches, des chèvres, trois cochons endormis et des ânes.

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Et je ne résiste par à vous présenter "Le postier", un chat qui a pris possession d'un bureau de poste d'un vlllage. Dès que le postier ouvre le bureau, le chat s'installe et il reste jusqu'à ce que le bureau ferme. Je trouve que ce chat a une belle fourrure.

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Suite et fin dans le prochain billet.

31 décembre 2018

Palmarès livres 2018

En ce dernier jour de l'année, je tenais à faire un palmarès "livres". Je me suis rendu compte que sur ces derniers cinq ans, 2018 est l'année où j'aurais le moins lu. Je ne sais pas vraiment pourquoi. J'ai lu environ 70 livres plus quelques BD. Parmi ces titres, j'en retiens dix :

Habemus piratam de Pierre Raufast : jubilatoire.

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Le chagrin des vivants d'Anna Hope : très beaux portraits de femmes de l'entre-deux-guerres à Londres.

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Le démon de Gotland d'Indrek Hargla, le 6ème de la série avec Melchior l'apothicaire estonien. Je conseille aussi les cinq précédents, à lire de préférence dans l'ordre.

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Pyromane de Wojciech Chmielarz : un très bon roman policier polonais.

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Scherbius (et moi) d'Antoine Bello : un bon moment de lecture. Antoine Bello ne m'a encore jamais déçue.

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Dans les angles morts d'Elizabeth Brundage : une histoire sombre avec un personnage principal peu recommandable.

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Pour services rendus de Iain Levison : où comment on se rend compte que mentir peut être un vilain défaut et vous apporter beaucoup d'ennuis.

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Cartons de Pascal Garnier : si vous n'avez jamais lu de roman de Pascal Garnier, lisez celui-ci.

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Comment la France a tué ses villes d'Olivier Razemon : un essai intéressant.

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Six quatre d'Hideo Yokoyama : un roman policier japonais qui n'est pas très facile à lire du fait de son côté statique et à cause de ses nombreux personnages, mais il est passionnant. La résolution de l'enquête est remarquable.

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Et pour ce soir, je vous souhaite de passer un très bon réveillon.

26 avril 2018

Afrique du sud - Swaziland - Zimbabwe - Bostwana (5)

Avant d'aller vers le Zimbabwe et le Botswana pour le parc de Chobe, nous avons terminé notre voyage en Afrique du sud avec de courts arrêts et quelques visites à Pretoria, Johannesburg et un des ses quartiers, Soweto.

Nous n'avons fait qu'un tour de ville en car à Johannesburg.

A Prétoria, nous avons fait un arrêt devant l'immense statut de Nelson Mandela haute de 7 m qui tourne le dos aux Union buildings...

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... avant d'atteindre et de visiter très partiellement le musée de l'Arpatheid à Johannesburg. On n'a pas le droit de prendre des photos à l'intérieur car le musée présente beaucoup de photos qui ne sont pas libres de droits.

Voici l'entrée du musée.

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Voici le passage qui mène à à l'intérieur des salles du musée. Le mur fait penser à un camp de prisonniers.

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Nous nous sommes dirigés en car vers le quartier de Soweto. Pas loin du bord de la route, on voit des centaines de cahutes en tôles dont l'ensemble forme des townships. Les touristes ne se promènent pas seuls à pied dans Soweto. Et cependant, les choses évoluent dans le bon sens. Les gens de Soweto sont très attachés à leur quartier. Nous avons eu la chance d'avoir une guide qui est née à Soweto et y habite. Elle s'appelle Elisabeth. Elle parlait très bien le français qu'elle avait appris à l'Alliance française.

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Sur une des places de Soweto, "Freedom Square", un site historique, on s'est arrêté pour déambuler dans un marché "en dur". C'était un moment sympa.

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On a repris le car pour se diriger vers la maison de Nelson Mandela qu'il a habitée de 1946 à 1961 jusqu'à son arrestation.

P1080837 On est passé devant un salon de coiffure/barbier sur le bord de la route.

Et on a fait une halte devant la plaque commémorative du 18 juin 1976, journée où 130 personnes perdirent la vie et il y eut plus de 1000 blessés. Il s'agissait d'une manifestation contre l'afrikaans obligatoire à l'école. Des enfants de tous âges participèrent à la manifestation, le premier tué fut Hector Peterson, 13 ans. La photo (très célèbre) ci-dessous montre la victime dans les bras d'un plus grand, et la soeur d'Hector en pleurs.

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P1080844  La plaque commémorative avec la photo en arrière plan.

Ce n'était pas facile de prendre des photos de la maison (très petite) de Nelson Mandela. Il y avait du monde et peu de recul. La dame noire à côté de la porte, c'est Elisabeth (notre guide).

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P1080853 Panneau expliquant la rénovation de la maison.

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P1090420 Brochure récupérée dans la maison (un très petit quatre pièces) qui montre les pièces intérieures. Il y a des souvenirs et quelques meubles. Mandela y vécut avec ses deux premières femmes dont Winnie disparue tout récemment.

Suite et fin dans un prochain billet.

20 mai 2018

Senses 1, 2, 3, 4 et 5 - Ryûsuke Hamaguchi

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A Paris et j'espère ailleurs, on peut voir un film japonais de plus de 5 heures divisé en 3 parties et donc trois séances, Senses (Toucher, écouter, voir, sentir et goûter) de Ryûsuke Hamaguchi. La version intégrale des trois parties en continu a été projetée lors de séances spéciales. Le film qui date de 2015 ne sort que maintenant. Mieux vaut tard que jamais. Les quatre actrices principales été très justement récompensées par un prix d'interprétation au festival de Locarno en 2015. Akari (une infirmière divorcée), Sakurako (la mère au foyer mère d'un grand adolescent), Fumi (mariée qui s'occupe d'une galerie) et Jun (enceinte qui veut divorcer de son mari) sont bonnes amies, même si on se rend compte au fur et à mesure de l'histoire que les liens qui les relient sont fragiles. Elles se sont connues par l'entremise de Jun. Ce film permet de suivre le chemin personnel de chacune de ces femmes après que l'une disparait (Jun). Certaines séquences sont longues (le stage de développement personnel ou la lecture publique d'une histoire) mais jamais ennuyeuses. J'ai aimé ces portraits de femmes dans le Japon contemporain où l'on assiste à un procès en divorce dans un tribunal avec un débat assez violent. Le film est riche même s'il ne se passe pas grand-chose. Par ailleurs, les personnages masculins sont en retrait mais cela ne minimise en rien leur importance. Je retiens la beauté de certains plans, le travail sur la mise en scène et les quatre actrices dont c'est le premier fim. Elles sont magnifiques. Lire les billets de Chris et ffred.

PS: en parlant de film japonais, je suis ravie que Hirokazu Kore-Eda dont j'ai vu presque tous les films jusqu'à présent ait été récompensé par une Palme d'or hier soir, 19 mai 2018, au Festival de Cannes. J'ai hâte de voir le film récompensé.

16 mai 2018

Afrique du sud - Swaziland - Zimbabwe - Bostwana (6)

Ce billet est le dernier sur mon voyage sud-africain. J'ai terminé en beauté avec les chutes Victoria et auparavant avec le parc de Chobe où se réunit la plus grande concentration d'éléphants d'Afrique. Et c'est vrai que l'on a en vu, des éléphants, on ne savait plus où regarder tellement il y en avait. On en a contemplé de nombreux qui se trempaient dans la rivière Chobe au Bostwana. Ils avaient l'air d'être heureux comme tout. Et nous, on était en mini-croisière sur cette même rivière et c'est comme cela qu'on a pu s'approcher au plus près des animaux. Un régal.

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On a passé la dernière matinée aux chutes Victoria qui furent découvertes par Livingstone, l'explorateur écossais en 1855. On nous a fortement incités à les survoler en hélicoptère. En effet, le débit des chutes est tellement important que la brume d'eau fait écran pour les personnes qui marchent le long du sentier bordant les chutes. Par ailleurs, l'eau se déverse dans un canyon étroit et il est très compliqué de prendre des photos. Les chutes sont larges de 1700 mètres avec une hauteur de 100 mètres.

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P1090270 Voici l'hélicoptère qui a emmené 5 personnes dont moi plus le pilote

P1090272 Les chutes au loin

P1090274 Survol des chutes

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P1090313 Un des côtés des chutes.

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Pour prendre des photos, il faut presque un appareil photo étanche et nous-mêmes, on a pris des douches malgré les cirés que l'on avait revêtus.

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Et pour conclure, encore une girafe. Ce fut un beau voyage.

15 avril 2018

Afrique du sud - Swaziland - Zimbabwe - Bostwana (4)

Après plusieurs réserves privées et avant notre "extension" vers le parc de Chobe au Bostwana et les Chutes Victoria au Zimbabwe, nous avons fait plusieurs haltes intéressantes, dont une croisière sur la rivière Blyde (joie) qui traverse le canyon. Ce canyon composé de grès rouge est le deuxième plus grand canyon d'Afrique. La vue la plus célèbre du canyon est celle donnant sur les Trois "Rondavels" (hutte en Afrikaans), qui rappellent des huttes africaines.

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P1080637  Les trois "rondavels" vus de la route

P1080607 Et pas très loin, on a l'impression de voir le crâne de King Kong sculpté dans la roche

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P1080595 Vue de la Blyde river

 P1080600    Et dans la rivière, pendant notre mini-croisière, on a aperçu des hippopotames (encore eux) dont le haut de la tête dépassait de l'eau.

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Les autres visites marquantes auront été un centre de préservation pour les espèces en danger, en l'occurrence le guépard...

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... et un des instituts Jane Goodall, https://www.chimpeden.com/, où des chimpanzés vivent en semi-liberté. Dans les années 60, leur population était de plus d'1 million, aujourd'hui, il n'en reste plus qu'à peine 200 000 de par le monde. C'est un animal en très grand danger. Mme Goodall, une anglaise, née en 1934, continue de consacrer sa vie à ces grands singes. http://janegoodall.fr/jane-goodall/la-vie-de-jane-goodall-en-dates/.

Dans l'endroit où l'on a été, les singes sont séparés des humains par des grillages. Parfois, les chimpanzés reçoivent les visiteurs en envoyant des cailloux. Ce sont des animaux magnifiques. Je sais que leur regard et leur comportement m'émeuvent.

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Comme promis dans mon billet précédent, voici quelques photos d'oiseaux : pas faciles à prendre à photo. Ils étaient assez loin et puis ils s'envolent.

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30 mars 2018

Afrique du sud - Swaziland - Zimbabwe - Bostwana (2)

Je continue ma chronique sud-africaine avec la route des vins et un arrêt dans la ville de Franschhoek (la ville des Français) peuplée par des descendants des Huguenots qui ont émigré dans cette région après un exil de deux ou trois ans en Hollande suite à la révocation de l'Edit de Nantes en 1685. C'est le gouverneur hollandais du Cap qui souhaitait que des vignerons s'installent dans cette région riche en alluvions. Les Huguenots sont arrivés grâce à des bateaux de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. De nos jours, le vin d'Afrique du Sud est réputé. Dès les années 1700, après une génération, la langue française n'était plus parlée. Cela faisait suite à la politique d'assimilation du gouverneur en place. En revanche, les noms de famille sont restés. A l'intérieur du musée, on trouve la liste des noms français des familles qui ont immigré. Et certains sont encore portés de nos jours.

P1070648  Musée des Huguenots à l'intérieur duquel on trouve pas mal de documents conservés. Il n'est pas très grand et un peu poussiéreux.

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P1070656  De belles roses blanches dans le parc alentour autour du monument

P1070661  J'avais aussi repéré l'entrée de la bibliothèque du village

P1070668        P1070672  Le temple prostestant

P1070644 Peu avant d'arriver dans le village de Franschhoek, on a fait un arrêt devant une statue de Nelson Mandela érigée devant l'entrée de la prison Victor Verster à Paarl où il a purgé ses dernières années d'incarcération.

On a fait un arrêt dégustation (5 vins) et pique-nique dans un domaine viticole.

On a goûté 2 rouges, 2 blancs et 1 rosé à jeun (très bons). Heureusement qu'après, on a eu du "solide". On a mangé sous les arbres. Un moment très agréable.

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Puis on a fait un arrêt dans la ville de Stellenbosch, pas exceptionnelle, mais quelques jolies façades et des diamantaires. Je rappelle que l'Afrique du Sud est un des premiers producteurs mondiaux d'or, de platine et de diamant.

P1070703  L'arsenal

P1070707  Une église

P1070729  Une maison

P1070722  Moederkerk

Et voici à nouveau quelques animaux et en particulier des félins comme me l'a demandé Maggie.

P1070858  Hippos

P1070962  Rhinos

P1070995  Les premiers éléphants (deux femelles) vus dans le parc Kruger

P1080056  Un buffle

P1080337  Le lion de face...

P1080326  de dos...

P1080345  de profil...

P1080356  dans l'attente.

J'ai été impressionnée quand je l'ai vu. On était très près et il n'était pas dans une cage.

P1080400  La lionne et les lionceaux. Comme ils bougeaient vite, ce n'était pas facile de faire des photos autour du 4X4.

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P1080417  Une maman guépard et son petit qui téte.

P1080422  Les mêmes

P1080423  Les deux autres petits.

P1080425  Les quatre ensemble. Il faut noter que le guépard est un animal en danger d'extinction.

C'est tout pour l'instant, la suite dans un prochain billet.

3 décembre 2017

Voyage au Chili - Ile de Pâques (conclusion)

Ces dix jours ont été un vrai bonheur pour les yeux. Cela faisait cinq ans que je voulais faire ce voyage. J'y suis arrivée. Je suis très contente même si c'est frustrant de ne pas rester assez longtemps pour s'imprégner des paysages, de la lumière et pour rencontrer les gens. J'ai trouvé les Pascuan ou Rapanui accueillants et les Chiliens en général plutôt sympathiques. Il y a un grand brassage de population. A l'hôtel à l'Ile de Pâques, nous avons été accueillis par une jeune femme autrichienne qui vivait là depuis un an ou deux. Notre guide, Elisabeth, née à l'ïle de Pâques, avait vécu à Bourg-en-Bresse. Il y a aussi pas mal de Polynésiens de Tahiti qui vivent sur l'île. Notre chauffeur, par exemple, parlait le français. Il était de Tahiti et avait la nationalité française. J'ai été aussi frappé par l'important nombre de chiens errants pas menaçants du tout qui sont nourris par la population chilienne. Il parait qu'il y en a plus de 5 millions, Ile de Pâques compris. Sur l'île, on croise beaucoup de chevaux, des vaches et des poules et coqs en liberté.

P1060598 Deux chiots près d'un site

P1060820 Les poules sur la plage d'Anakena

P1060945 Une jument et son poulain près de la mer

P1060949 Un autre groupe de chevaux

P1060574 Des chiens à un carrefour de la ville

A Hanga Roa, nous sommes entrés dans quelques bâtiments dont une bibliothèque municipale plutôt rustique mais c'est bien qu'un tel lieu existe:

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Dans le musée d'Hango Roa où se trouve l'oeil du Moaï, on peut voir des outils qui servaient à sculpter ces statues.

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Ainsi que des tablettes avec l'écriture Rongo Rongo qu'à ce jour, on n'a pas encore pu encore déchiffrer.

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Par ailleurs, on peut voir des tombes très colorées au cimetière :

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Je suis aussi entrée dans l'église du village: un bâtiment tout en long avec quelques belles statues en bois.

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J'ai vu qu'un projet datant de 2016 prévoit que l'église prenne la forme d'une tortue.

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Enfin, j'ai croisé un ananas, des bananes et quelques arbres ou arbustes en fleurs. Le climat est subtropical.

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J'espère que les photos vous auront donné envie d'aller visiter le Chili un de ces jours. Je compte bien y retourner pour la Patagonie chilienne tout au sud.

16 février 2018

De l'ardeur - Histoire de Razan Zaitouneh avocate syrienne - Justine Augier

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En décembre 2013, dans la nuit du 9 au 10, Razan Zaitouneh, une avocate syrienne, a été enlevée avec trois autres personnes, dont son mari Wael; et depuis, personne ne sait ce qu'ils sont devenus. Cela s'est passé à Douma, dans la banlieue de Damas en Syrie. Razan Zaitouneh qui aurait aujourd'hui 40 ans, est née en Libye en 1977 d'une mère institutrice et d'un père vendeur de meubles. Elle a vécu en Arabie Saoudite avant de partir en Syrie avec ses parents. Grande lectrice dès son plus jeune âge, elle s'est mise à écrire des articles car elle voulait devenir journaliste. Malheureusement n'ayant pas eu les points nécessaires lors de son cursus de lycée, elle s'est tournée vers le droit et est devenue très vite une femme engagée dans les Droits de l'Homme. Elle s'est appliquée à documenter les crimes commis en Syrie par les intégristes et par le régime en place. Justine Augier, qui a le même âge que Razan, vit au Liban et n'a jamais été en Syrie. Son ouvrage De l'ardeur (Editions Actes Sud, 314 pages), qui a reçu le prix Renaudot essai en 2017, retrace par bribes la vie de Razan et évoque la Syrie où règne le "crime permanent". Elle a interrogé des proches dont la soeur ainée de Razan. On avait mis cette dernière en garde. Elle aurait dû fuir quand il en était encore temps. Depuis plus de 4 ans, on ne sait pas si elle est morte ou vivante. Justine Augier évoque les quelques vidéos sur lesquelles on voit parler Razan. J'en ai regardé une où on la voit avec ses long cheveux. Elle avait un côté un peu austère. Il semble qu'elle n'avait pas un caractère facile. En revanche, elle adorait les chats. Dans ces temps où le régime syrien n'en finit pas de bombarder les civils, lisez ce livre. Quand Razan a été enlevée, elle était en train de lire Les Mandarins de Simone de Beauvoir.

31 octobre 2023

Algues vertes, l'histoire interdite (BD) - Inès Léraud / Pierre Van Hove

Après avoir vu cet été avec la maîtresse du blog le film Les algues vertes, j'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) souhaité lire la bande dessinée qui avait été publiée préalablement sur le même sujet.

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Algues vertes - L'histoire interdite, Inès Léraud et Pierre Van Hove, La revue dessinée / Delcourt, 2019, 168 pages (dont 24 pages d'annexes, repères, et documents)

La couverture donne le ton de l'ouvrage: des couleurs froides, beaucoup de vert (dans chaque page, sauf erreur de ma part), du blafard (il y a aussi des couleurs chaudes, mais je crois qu'elles sont bien minoritaires en terme de surface des aplats). Les premières planches de la séquence introductive ne perdent pas de temps pour expliquer ce que tout le monde sait, n'est-ce pas (en Bretagne, les algues vertes, en se décomposant, produisent de l'hydrogène sulfuré [H2S])... et nous montrent, en parallèle, un cavalier qui a mis pied à terre et qui finit par s'effondrer à côté de son cheval. C'est efficace. La dernière planche de cette séquence (p.6) nous donne la date: 28 juillet 2009. A partir de là, on tire le fil d'une histoire qui commence au moins 20 ans plus tôt... avec des positions vraiment antagonistes par rapport au fléau voire aux dangers parfois mortels constitués par les fameuses "algues vertes", et surtout aux causes et origines de leur prolifération (le lisier des élevages intensifs de porcs en Bretagne, mais chut, faut surtout pas le dire - il y a trop d'intérêts derrière).

Rédigée sur un ton très neutre, toute la bande dessinée se veut factuelle et dépouillée. La 3e de couverture porte l'avertissement suivant: "Ce récit est la reconstitution et la synthèse d'une enquête de terrain de plusieurs années, faite de multiples témoignages et de documents scientifiques, journalistiques, judiciaires - dont vous trouverez une sélection en annexe - et utilisant parfois l'ironie, inhérente au genre littéraire de la caricature, comme instrument de critique sociale et politique."

Il s'agit d'une bande dessinée plutôt didactique (elle a commencé à être publiée dans La revue dessinée). Et, si elle rend compte avec précision des entretiens qu'a obtenus la journaliste, la bande dessinée n'aborde pas la vie personnelle de celle-ci durant l'enquête (contrairement au film). Mais page après page, les différents dossiers, les affaires, les anecdotes, les entretiens s'enchaînent. Certaines planches explicitent la décision de diminuer le nombre de paysans en France, sous la Cinquième république, afin de fournir de la main-d'oeuvre à l'industrie. D'autres exposent le système d'agriculture productiviste, basé sur les intrants, la mécanisation, les prêts indispensables pour chaque paysan qui rentre dans le système et doit financer son agrandissement, sa "mise aux normes"... Celles-ci sont parfois détournées. Si l'on retraite les effluents d'un élevage de porc pour réduire de 30% ses rejets azotés... sans en limiter le volume total, ni le nombre de porcs par élevage, l'objectif de diminution de pollution aboutira en fait à l'augmentation de 30% du nombre de porcs pour une pollution stable (c'est expliqué p.81 par exemple). 

Ci-dessous quelques "citations en image".

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P1160761 p.66: avec le remembrement était planifié la destruction de la petite et moyenne paysannerie...

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Comme le remarqueront ceux qui ont vu le film, la journaliste est absente à l'image, tout au plus sa présence est-elle évoquée via des "bulles", avec la question qu'elle pose à l'interlocuteur que l'on voit de face, en "vision subjective", ou une relance voire une réaction). Les "annexes" consistent notamment en fac-simile de documents évoqués dans le fil de la narration (courriers, articles...). Je précise enfin que j'ai pu lire cette BD en l'empruntant au "système de prêts de livres de l'AMAP dont je fais partie. 

Parmi les blogs qui ont évoqué cette BD, j'ai retrouvé, dans l'urgence (liste non exhaustive): Sandrine, Gambadou (je complèterai si je trouve d'autres liens). Matatoune.

J'ai même découvert chez Yv l'existence d'un polar breton titré De si jolies petites plages. 

A vous d'y aller voir et lire...

10 mars 2022

Minority Report / Total Recall - Philip K. Dick

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logochallengeWinterSFFStories Mon article du jour va vous présenter des nouvelles de Philip K. Dirk - dont certaines en lien avec la planète Mars. Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) fais donc d'une pierre plusieurs coups en terme de challenges... avec tous ceux dont vous voyez les logos ci-dessus (et le lien correspondant lorsqu'on y clique!): Challenge de la planète Mars, mais aussi 10e Challenge de l'Imaginaire, challenge "2022 en classiques", et challenge "Winter short stories of SFF". D'une pierre deux coups aussi, encore d'une autre manière, avec les deux volumes en question, titrés respectivement Minority Report et Total Recall. C'est tout simple, peut-on penser?

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Sauf que... il y a un piège. Et j'ai sauté dedans à pieds joints. J'avais acheté en 2008 le premier volume, paru en 2002 (l'avais-je ou non lu à l'époque, impossible de me le rappeler). Et c'est il y a quelques semaines que j'ai acquis le second, publié, lui, en 2012. Voici les 4e de couv', mettant chacun en avant le film affiché en couverture.

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Et voici maintenant la tranche des deux livres. Vous aviez sans doute deviné...

P1140225P1140226... qu'il s'agit d'un pur relookage marketing du "Folio SF N°109", et que les contenus sont quasi exactement les mêmes, si ce n'est que le second paru comporte quatre pages en moins, celles d'une introduction par Malcolm Edwards. Celle-ci était spécifiquement axée sur Minority Report, alors troisième blockbuster hollywoodien tiré de l'oeuvre de Dick, après Blade Runner et Total Recall (mais attention, hein, celui de 1990, pas celui de 2012 - vous suivez?), et a donc disparu de la nouvelle édition.

Le texte n'a même pas été relu d'une réédition sur l'autre, il contient toujours, par exemple, quelques petites coquilles orthographiques dans Nouveau modèle: "laine" au lieu de "lame" p. 343 et 347, "un section" (au lieu d'"une section"), p. 361 & 365.

Bref, ce petit décryptage achevé, tournons la page, pour en venir maintenant aux nouvelles (traductions de l'américain revues et harmonisées par Hélène Collon). Leurs copyrights en VO s'étendent de 1953 à 1969.

Commençons par celles en rapport avec Mars.

Souvenirs à vendre a inspiré les deux films Total Recall. La nouvelle est moins spectaculaire. Que faire lorsque vous êtes dans la peau d'un minable petit salarié, et que vous rêvez de vous rendre sur la planète Mars (ce qui est totalement hors de vos moyens financiers, bien entendu)? Ce qu'a décidé de faire Douglas Quail (en cachette de sa femme, qui, elle, a les pieds sur terre): recourir aux services d'une société spécialisée dans l'illusion, Mémoire S.A. Comme le vante son patron, "dans votre mémoire, ce sera un vrai voyage; nous vous le garantissons. Quinze jours de souvenirs, remémorés dans le moindre détail". Et accompagnés d'un "kit" de "preuves" du voyage. Mais tout ne se passe pas comme prévu...

Ah, être un Gélate... : la nouvelle commence par une consultation psychanalytique (glissez 20 dollars dans la fente de l'appareil...). Le problème du patient, Georges Munster, ancien combattant? Lors du conflit avec les Gélates, extra-terrestres déjà installés sur Titan et sur Mars avec lesquels les Terriens sont entrés en concurrence (sur fond de changements climatiques visant la planète Mars), il a fait partie des... je dirais "agents de renseignement" que nos scientifiques terriens avaient "transformé" pour leur faire prendre l'apparence (ô combien disgracieuse!) des Gélates. Mais une fois le conflit terminé... que faire?
Pour ma part, j'ai trouvé cette nouvelle assez savoureuse.

Et quelques mots sur les sept autres nouvelles:

Rapport minoritaire (d'où a bien entendu été tiré Minority Report): un jeune loup aux dents longues (Witwer) arrive dans le bureau d'Anderton, le fondateur de la société Précrime. Il est clair qu'il pense devenir le successeur d'Anderton après son départ à la retraite. Une visite de la société s'impose, pour faire la connaissance des trois "précog", des "idiots" dont le seul et unique talent (mais ô combien précieux) est de pouvoir "visualiser" les crimes avant qu'ils se commettent - ce qui permet aux équipes de Précrime d'intervenir "en amont". Depuis des années, tout va bien (un seul meurtre en 5 ans!). Mais le système va dérailler...

Un jeu guerrier: comment de simples jeux de société peuvent-ils risquer de subvertir, justement, la société? C'est pour se prémunir de tous risques qu'un "agrément" doit être donné, par L'Office terrien des critères d'importation, avant la commercialisation de tout produit importé "d'ailleurs". Par exemple, les jeux en provenance de Ganymède. Mais le plus dangereux n'est pas toujours celui qu'on croit... tout au moins aux yeux de l'Américain moyen.

Ce que disent les morts: Louis Sarapis, milliardaire et leader d'opinion, est passé "de l'autre côté". Avant d'être morts, certains (plutôt les riches!) se font "metre en conserve", de manière à ce que ce qui reste de leur "cerveau" puisse converser avec leur famille, sur rendez-vous. Mais Louis ne réduisait pas ses ambitions à cela, apparemment...

La foi de nos pères: dans un univers à peu près aussi contrôlé que celui du 1984 de Gorges Orwell, un fonctionnaire en quête d'avancement social va de découverte en découverte, sous l'influence de drogues ou non...

La fourmi électrique (à ne pas confondre avec Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques): et si chaque univers et les personnes qui le peuplent n'existaient qu'en fonction des données que contient la "mémoire" d'un robot? Et si celui-ci met fin à ses jours?...
Une lointaine inspiration pour Matrix?

Nouveau modèle: dans un monde post-apocalyptique où des soldats perdus persévèrent à s'affronter après un conflit nucléaire Russie-Occident, des intelligences artificielles s'en prennent aux derniers survivants humains. Avant de...

L'imposteur: la Terre lutte contre les "spatiaux" depuis des années, et nos vaisseaux doivent reculer de plus en plus vers notre planète, face à ceux venus d'Alpha du Centaure. Si la défense terrienne paraît assurée grâce à un écran de protection, de nombreux scientifiques travaillent en vain, dans leurs laboratoires de recherche, sur un projet d'arme offensive. Spence Olham est l'un d'eux. Mais voici qu'on l'accuse d'être un espion et que son meilleur ami vient l'arrêter...

Ces nouvelles, pour la plupart, ne dépeignaient pas (litote) un monde où l'on a envie de vivre. Aujourd'hui, nous sommes cependant au seuil de certaines des évolutions que la littérature dickienne anticipait dès les années 1950.

D'autres blogueurs (parfois désormais inactifs) ont pu bien sûr parler de l'une ou l'autre version de ce recueil. Beryl Eastern a rédigé un résumé très complet de Rapport minoritaire. Le site (professionnel) Le Tourne page présente le recueil de nouvelles. Curtis aussi. Aniouchka également (dernière MAJ en 2017). Voir aussi Encre et bannière, Cherry livres (dernière MAJ en 2016), Julien le naufragé (dernière MAJ en 2019). Aude comparait nouvelle et film pour Minority report (dernière MAJ en 2016).

4 février 2019

Un questionnaire sur "Les douze maladies connues des grands lecteurs"

Je suis tombée par hasard sur ce questionnaire (tag des "maladies livresques") auquel ont répondu plusieurs blogueuses dont Karine:), Fondant grignote et Marie-Claude. Il me plaît bien.

Maladie n°1 - Refus d'abandonner à la moitié.

Je ne refuse rien du tout. Si le livre me tombe des mains, j'en prends un autre. Je ne peux pas me forcer à terminer un ouvrage.

Maladie n°2 - Acheteuse de livres compulsive.

Malheureusement oui, je suis une acheteuse de livres plutôt compulsive. Il faudrait que je n'entre plus dans une librairie et ça j'ai du mal. 

Maladie n°3 - Amnésie associée à la lecture.

C'est vrai que j'oublie assez vite mes lectures, comme j'oublie assez vite les films que j'ai vus, à de rares exceptions près. D'où l'intérêt de tenir un blog.

Maladie n°4 - Tenir un journal de lecture.

Oui, mon blog. Et c'est bien de pouvoir relire ses billets.

Maladie n°5 - Être rebuté par le battage médiatique.

Le battage médiatique me laisse assez indifférente. Je lis à l'instinct et en me fiant aux conseils d'autres blogueurs. Grâce à eux, j'ai souvent de bonnes surprises.

Maladie n°6 - Culpabilité associée au temps de lecture.

Non, je ne me sens pas coupable, si ce n'est que je me dis que je pourrais faire autre chose de mon temps, mais c'est mon choix.

Maladie n°7 - Prêter des livres que l'on ne nous rend pas.

J'aime bien prêter voire donner mes livres (romans) surtout quand je les ai lus. Si cela peut faire plaisir à quelqu'un, je suis contente.

Maladie n°8 - Tendance à lire plutôt qu'à vivre.

J'espère que je vis plus que je ne lis.

Maladie n°9 - Être séduite par les nouveaux livres.

Oui, c'est bien le problème, car je lis moins vite que je n'achète de livres et le retard s'accumule d'année en année. J'ai une centaine de livres qui m'attendent.

Maladie n°10 - Submergée par le nombre de livres chez soi.

Oui, mais j'assume.

Maladie n°11 - Incapacité à retrouver un livre.

Ca m'arrive, mais au bout du compte, je remets la main dessus.

Maladie n°12 - Ne pas savoir quels livres emporter en vacances.

En général, je prends toujours trois ou quatre romans et il m'arrive d'en acheter un ou deux sur place pour faire bonne mesure.
Est-ce que c'est grave docteur?

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Pour vous donner une idée de mes PALs

12 septembre 2018

Tour de Corse 1/3

En attendant de reprendre le cours normal de mes billets cinéma ou livres, voici quelques photos de l'île de Beauté où j'ai encore 4 jours à passer.

Avec mon ami, on a atterri à Bastia. Le temps était chaud mais au loin, vers la montagne, le ciel était gris. Cela ne nous a pas empêché de nous balader dans la ville (pas très grande) où la circulation est plutôt dense et les places libres pour se stationner assez rares. On effectue en effet un tour partiel de Corse en voiture.

Comme Calvi, Saint-Florent ou même Corte, Bastia qui est avant tout un port, a une citadelle.

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P1090839 Vous pouvez voir les très nombreux bateaux de plaisance. A Saint Florent, il y en a beaucoup plus.

De Bastia, on s'est dirigé vers le Cap Corse, "le doigt", dont on a fait le tour sur des routes sinueuses, et on l'a complété avec une sortie en bateau. Il faut noter le grand nombre de tours génoises au Cap Corse puisque la Corse a été génoise pendant 4 siècles du XIVème au XVIIIème siècle. Sur les 85 tours recensées entourant alors la Corse, il en reste une soixantaine dont beaucoup autour du cap Corse.

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P1090865 Cette tour a subi la foudre en 2000

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Après le cap Corse, nous sommes arrivés à Saint-Florent (le Saint-Tropez corse) avec ses centaines de bateaux sur le port de plaisance. C'est un endroit sympathique mais pas plus. Il n'y a pas de bâtiment remarquable.

P1090944 Eglise de Sainte-Lucie en contrebas de la Tour de Sénèque

P1090945 Tour de Sénèque

P1090946 Eglise de Nonza

C'est en parcourant le Cap Corse que j'ai découvert les routes sinueuses de l'ïle. Les distances ne sont pas forcément longues entre les villes mais cela prend du temps pour aller d'un endroit à un autre. Entre mer et montagne, la Corse vaut le voyage, mais que de tournants! En plus, il faut noter que les panneaux routiers indiquent les villes mais pas toujours les distances pour y arriver. On remarque aussi que les panneaux sont pour la plupart écrits en français et en corse, mais que le français est très souvent rayé à la peinture noire, et on remarque enfin des trous (de balles?) qui transpercent parfois les dits panneaux.
Cela n'empêche pas que les Corses que nous avons croisés étaient accueillants.

P1090960 Citadelle de Saint-Florent

Après le cap Corse, nous sommes arrivés à Saint-Florent (le Saint-Tropez corse) avec ses centaines de bateaux sur le port de plaisance. C'est un endroit sympathique qui n'a pas de bâtiment remarquable sauf peut-être l'ancienne cathédrale de Nebbio qui était fermée.

P1090965 Voici la façade de cette ancienne cathédrale romane pisane du XIIème siècle qui est devenue une "simple" église en 1789. Elle était close quand nous y sommes allés. Il semble que des concerts de polyphonie corse se donnent dans ce lieu.

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En revanche, avant de se diriger vers Calvi en passant par l'ïle Rousse, nous avons fait un détour par Murato (à une dizaine de km au sud de Saint-Florent) pour admirer l'église San Michele de style pisan bicolore blanc (calcaire) et vert (serpentine), l'une des plus belles de Corse selon plusieurs guides. Elle date du XIIème siècle. On n'a pu voir que l'extérieur car elle était malheureusement fermée.

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Concernant la météo, il fait beau et chaud (27° tous les jours).

Suite du voyage dans mon prochain billet. 

1 août 2017

Sacrifices - Pierre Lemaître / De cauchemar et de feu - Nicolas Lebel

Voici deux romans policiers français très différents et que je conseille.

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Avec Sacrifices (Edtions Albin Michel, 362 pages), Pierre Lemaître a clos sa trilogie Verhoeven commencé avec Travail soigné et poursuivie avec Alex. Dans Sacrifices, on retrouve le commandant Camille Verhoeven, 1m50, qui assiste à l'enterrement d'Armand, l'un de ses deux collègues les plus proches. Et on apprend qu'il a une nouvelle compagne, Anne Forestier, qui vient se faire méchamment tabasser pour avoir été le témoin direct d'un braquage de bijouterie vers les Champs Elysées. Hospitalisée, Anne se remet néanmoins relativement vite. Camille garde en mémoire le meurtre de sa femme Hélène dans Travail soigné. Il veut comprendre et trouver les responsables. Sans dévoiler plus avant l'intrigue, je peux dire qu'Anne n'est pas celle que l'on croit et qu'un des personnages d'un roman précédent de la trilogie est le narrateur des passages écrits à la première personne. J'en ai déjà presque trop dit. Un roman qui se lit bien. Mais Pierre Lemaître ne fait jamais dans le "happy end".

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Je passe à De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel (Marabout, 413 pages) dans lequel on retrouve le capitaine Mehrlicht et ses deux collègues, les lieutenants Sophie Latour et Mikael Dossantos, dont j'avais fait la connaissance dans les trois romans précédents. Lire le billet sur deux d'entre eux. Nicolas Lebel a choisi de remonter dans le temps vers les années 1960-70 en Irlande du Nord dans le comté de Derry, en plein conflit entre catholiques et protestants. Une bande de garçons catholique, amis d'enfance, vont réagir différemment devant les événements dont ils sont plus ou moins acteurs. On va suivre le parcours de quelques uns d'entre eux entre 1966 et début 1974. En particulier Seamus Kirkpatrick et Matthew Kenny. En 2016, pendant le semaine sainte, un compte-à-rebours a commencé. Pendant 50 heures, dans Paris, Mehrlicht, Latour et Dossantos vont tout faire pour retrouver le Far Darrig (en gaélique) et Croquefeu (en français) qui tue des Irlandais considérés comme traitres à l'aide d'une vieille arme à feu ou de bombes au phosphore. L'histoire alterne entre le présent et le passé. Le récit est bien construit. Même si j'ai trouvé l'ensemble un peu long, un roman à lire.

11 septembre 2017

Au gré du courant / Quand une femme monte l'escalier / Le grondement de la montagne / Une femme dans la tourmente - Mikio Naruse

A Paris, dans le cadre d'une rétrospective du réalisateur japonais Mikio Naruse commencée cet été avec Nuages épars, j'ai pu découvrir quatre autres films (en noir et blanc) du réalisateur, dont deux vus le même soir. Il serait souhaitable que ces films restés inédits ou presque en France sortent un jour en DVD s'ils ne bénéficient pas d'une programmation en province. Ils vont continuer à être projetés en matinée (au moins une semaine) dans le cinéma parisien où je les ai vus.

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Au gré du courant (1956) se passe dans la maison de geishas de Tsutayako (Otsuta) à Tokyo. Dans cette maison peu prospère, les geishas s'en vont peu à peu. Quand le film commence, Rika, une veuve ayant aussi perdu son fils, devient la bonne de la maisonnée. Elle bénéficie du gîte et du couvert. C'est une personne dévouée qui attire tout de suite la sympathie. Otsuta, la patronne, peine à joindre les deux bouts. Sa fille Katsuyo qui est couturière et qui vit dans la maison, ne souhaite pas prendre la suite. Par ailleurs, Ohama, qui fut l'amie d'Otsuta, informe cette dernière qu'elle est devenue propriétaire des murs. Le lieu deviendra un restaurant. Le film décrit ce que pouvait être une maison de geishas pendant la journée, quand les clients n'étaient pas présents. Une vie routinière avec ses tracas. Le film m'a paru un peu long mais il est à voir.

Quand une femme monte l'escalier (1960) se passe, lui, dans un bar d'un quartier chic de Tokyo où des femmes flattent les hommes en les faisant consommer de l'alcool. Elles ne sont ni des geishas ni des prostituées. Keiko est l'une d'elle. Elle est le personnage central de l'histoire. Surnommée Mama, veuve et encore belle, elle rêve d'ouvrir un bar à elle. Elle a fait voeu de ne jamais se remarier bien qu'elle soit très courtisée. Elle tient un journal dans lequel on sent qu'elle n'aime pas son métier d'hôtesse, mais il faut bien vivre. Le titre se réfère au fait qu'elle doit monter un escalier afin d'entrer dans le bar où elle travaille. C'est un film qui vous envoûte grâce à l'actrice principale, Hideko Takamine (décédée en 2010 à 86 ans), une des actrices fétiches du réalisateur.

Le grondement de la montagne (1954), tiré d'un roman éponyme (paru la même année) de Yasunari Kawabata (1899-1972, prix Nobel de littérature), raconte l'histoire de Kikuko, toute dévouée à ses beaux-parents Shingo et Yasuko, qui de leur côté sont très attachés à elle. Shuichi, son mari volage et nonchalant, la néglige. Il a, par ailleurs, une maîtresse enceinte de ses oeuvres. Un jour, sa belle-soeur, dont le mari est parti, revient vivre chez ses parents avec ses deux enfants. De là, on apprend que Kikuko qui paraît malade est en réalité enceinte. Elle se fait avorter et, quand le film se termine, elle va certainement quitter sa belle-famille. L'actrice principale Setsuko Hara (décédée en 2015 à 95 ans) fut l'actrice de beaucoup de films d'Ozu. Elle est émouvante.

Je termine avec Une femme dans la tourmente (1964), un très beau mélo dans lequel Reiko (de nouveau Hideko Takamine, qui est magnifique), une veuve de guerre (son mari a été tué six mois après leur mariage), s'occupe très bien toute seule depuis 18 ans du commerce de sa belle-famille. Au début des années 60, le Japon est en pleine mutation avec l'implantation de supermarchés. Les petits commerces comme celui tenu par Reiko sont menacés de disparaître ou de s'adapter car ils ne sont pas concurrentiels au niveau des prix. Les deux belle-soeurs de Reiko aimeraient que cette dernière refasse sa vie, qu'elle renonce à diriger le magasin pour qu'elle leur laisse le champ libre afin de transformer la boutique en supermarché. En revanche, Koji, le beau-frère de Reiko (il a 12 ans de moins qu'elle), ne veut pas qu'elle parte. On apprend pourquoi. Reiko cette femme admirable est pratiquement de tous les plans du film. Il n'y a pas un plan en trop. Un très grand film.

Avec ses films, Naruse brosse de très beaux portraits de femmes et c'est un cinéaste à découvrir.

Il faut noter que la cinémathèque de Bruxelles fait une rétrospective de l'oeuvre de Naruse en septembre et octobre 2017. Lire le billet de Chez sentinelle.

26 octobre 2016

Pariscope a cessé de paraître (13 octobre 1965 - 19 octobre 2016)

Décidément, l'année 2016 restera une année noire pour le monde du spectacle. Ce mercredi 26 octobre 2016, Pariscope ne sera pas en kiosque. Il vient de cesser de paraître après 50 ans de bons et loyaux services au service des Parisiens et banlieusards qui s'y référaient pour leurs sorties cinés, théâtres, musées, expos, etc. Moi, je l'achetais depuis plus de 30 ans. C'est un des titres qui ont été sacrifiés à partir de 2013 par un grand groupe de presse (c'était un titre pas assez rentable) et qui n'a pas trouvé de repreneur. De 40 cents, son prix était passé à 1,90 euro (!) pour ses trois derniers numéros. Le "rival" de Pariscope, L'Officiel des spectacles, existe toujours mais jusqu'à quand? Son prix de vente a lui aussi été revu à la hausse: 1 euro au lieu de 70 cents, après avoir coûté 35 cents pendant des années. Je vais désormais me rabattre sur l'achat de L'Officiel mais Pariscope va beaucoup me manquer (j'avais chroniqué leurs différences ici).

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12 novembre 2013

Heimat I (Chronique d'un rêve) et Heimat II (L'exode) - Edgar Reitz

Je conseille de voir ce diptyque, qui dure presque 4 heures, dans l'ordre, d'abord le I puis le II.

En 1842, à Schabbach, village de Rhénanie, une famille, les Simon, vit au rythme des saisons rudes et de la messe du dimanche (le protestantisme est très ancré dans la vie de ces gens). Les temps sont durs car cela fait plusieurs années que les récoltes sont mauvaises. Dès le début du film, on assiste au départ d’un convoi interminable de futurs émigrants pour le Nouveau Monde, loin de cette province miséreuse où les chevaux sont mal nourris. Jakob Simon, le fils cadet, le nez toujours dans un livre, est le seul qui sache lire dans cette famille de forgeron. Il a même appris des notions de langue des Indiens d’Amazonie. Il rêve de partir à son tour au loin avec Jettchen, une jeune voisine. Le père n’arrête pas d’être en colère contre Jakob qui n’aide pas à nourrir sa famille. Heureusement que le grand-père est là pour lui cacher les livres de Jakob, qui est aussi soutenu par la mère aimante toujours présente. Revenu du service militaire dans l’armée prussienne, le frère de Jakob séduit Jettchen lors d’une fête du village. D’autres événements vont survenir: des drames, des naissances, des deuils, ainsi que l’invention d’une machine à vapeur. L’histoire se termine en 1844 après le départ de Jettchen et du frère de Jakob décidés à émigrer à leur tour vers le Brésil, après que Jakob s'est affranchi brièvement de sa famille en descendant le Rhin sur un radeau avec de jeunes révolutionnaires. Ces films rappellent que l’Allemagne est un pays d’émigrants. Edgar Reitz a filmé dans un très beau noir et blanc avec des touches de couleur: un fer à cheval incandescent, un champ de bleuets, un drapeau rouge noir jaune, ainsi que d’autres éléments jaunes ou verts. J’avais vu en 1984, sur grand écran, le début de la «saga» Heimat, œuvre de presque toute une vie pour Edgard Reitz (il a aujourd’hui 80 ans). A ce jour, Heimat, c’est 51 heures de pellicule! Il faut donc rajouter les presque 4 heures que dure ces deux films. J’avoue avoir trouvé la première partie un peu lente. Je ne suis plus habituée à ce rythme de film qui prend son temps mais c’est très beau. Lire les billets de Leunamme et Matchingpoints.

Je profite de ce billet pour dire que j’ai vu les deux films à la suite dans un cinéma qui vient de renaître de ses cendres en 2013. Il se situe à Barbès Rochechouart, quartier populaire de Paris. Il s’agit du Louxor qui a connu ses années de gloire dans les années 30. La réhabilitation est superbe. Le cinéma comporte 3 salles dont une avec un balcon. Les sièges sont assez confortables et, plaisir suprême, à part un ou deux bandes-annonces, il n’y a pas de spot publicitaires avant le film. La programmation est d’excellente qualité. 

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19 novembre 2024

Destination Mars - Marc Bailly (dir.)

Avec juste quelques jours de retard sur ma feuille de route, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) présente une anthologie, que j'ai découverte chez un blogueur, qui... Mais j'y reviendrai. Je me la suis procurée par emprunt en bibliothèque. La Maison d'édition a cessé son activité en juin 2017, mais on peut encore se procurer le livre d'occasion ou même au prix du neuf, semble-t-il! Ce recueil peut participer tant à mon challenge marsien qu'au 12e challenge de l'Imaginaire organisé par Tornade.

Destination Mars, Anthologie de Marc Bailly, éditions du Riez, 2013, 339 pages

 

Comme souvent dans les recueils de nouvelles, certaines parmi ces 12 nouvelles (plus deux articles) dont le facteur commun est la planète Mars m'ont plu, et d'autres moins. Je suppose que le fait que le sommaire (p.11) ne comporte aucune pagination est un choix et non un oubli. J'avoue que, pour ma part, je trouve plus pratique d'indiquer la page de début de chaque nouvelle. Chaque partie est composée comme suit: une brève présentation de l'oeuvre (plus ou moins vaste!) de l'auteur concerné, suivie (sauf exception) de quelques mots de celui-ci, qui exprime son enthousiasme à avoir été sollicité et précise parfois l'histoire ou les conditions de rédaction de la nouvelle choisie (parfois simple "repasse" d'un texte écrit des décennies auparavant...). La francophonie y semble réduite à ses parties françaises, belge ou québécoise, mais je ne connais pas suffisamment la littérature de l'imaginaire pour savoir si la SF en général et Mars en particulier inspirent également des écrivains africains (l'Afrique représente une grosse part de "la francophonie"), ou pas. J'aurais aimé savoir si "l'appel à textes" avait produit d'autres nouvelles intéressantes mais qu'il a fallu écarter pour cause de pagination non extensible. Je précise enfin que chaque nouvelle est totalement indépendante dans sa "vision" de Mars par rapport aux autres. Mais (à mon avis) elles sont, en majorité, plus pessimistes qu'optimistes. 

Comme chaque fois que je présente un recueil de nouvelles, je vais dire quelques mots de chacune (ci-dessous), en essayant de ne pas en dire trop... 

 

* Avant-propos, Marc Bailly (p.5)

* Préface, Pierre Brulhet (p.7)

1/ Le syndrome martien, Brice Tarvel (p.13)

La fin de l'humanité dans la base martienne... C'est plié! 

2/ Les sculpteurs de Mars, Jean-Louis Trudel (p.35)

Deux adolescents, la fille âgée d'un peu plus de huit ans (... elle est née sur Mars) et le garçon d'origine terrienne qui en a plus de 15, découvrent la vie sur Mars, au cours d'une excursion hors de la base... 

3/ Celui qui attend, Dominique Douay (p.47)

Quatre astronautes, puis trois, puis deux, puis le dernier sur Mars... "Les gars, quelque chose me dit que vous allez avoir de la visite, un jour ou l'autre". 

4/ Le caillou de Mars, Jean-Pierre Andrevon (p.63)

Récits, entre 2035 et 2037, des exploits des astronautes qui vont nous ramener (oui, grâce à leur aller-retour Terre-Mars-Terre), le fameux caillou, entrecoupés des commentaires enthousiastes de la Presse mondiale (ce gros bloc de roche poreuse et d'une couleur brun orangé, vaguement ovale, d'un poids de 49 kg, exhibé de pays en pays)... et de leurs conséquences. En 2047, sans avoir rien appris, ça repart de Houston pour un nouveau tour (vers Europe, satellite de Jupiter)... Rédigée dans les années 70 selon l'auteur, j'ai été surpris d'y découvrir mention d'un "SSS Obama" (p.73): peut-être une retouche plus récente?

5/ Mars l'ancienne, Joby Gulzar (p.89)

Après les premiers pas, le premier EHPAD sur Mars... avec une savoureuse orchestration politique sur Terre.

6/ Le gaucho de Mars, Leon Jonas (p.147)

Un premier contact plutôt... "possessif" (j'ai songé à L'échiquier du mal, de Dan Simmons). Est-ce pour la bonne cause, ou non?

7/ 118 h avant la fin, Hugo van Gaert (p.169)

J'ai bien aimé cette courte nouvelle où l'ordinateur (plus gentil qu'HAL!) s'avère plus "sage" (prévoyant et résilient) que l'humain... 

8/ Restez chez vous, Marc Van Buggenhout (p.175)

C'est pas pour faire de la "lèche", mais je crois que cette nouvelle a été ma préférée: elle met en évidence que le caractère d'entrepreneurs véreux et roublards (des capitalistes pur jus) paraît commun à toute humanité. Pour les battre, il faut être plus malin qu'eux... 

C'est sur le blog de l'auteur que j'avais découvert l'existence de cette anthologie (son dernier billet y remonte à septembre 2020).

9/ Les Chants de Mars, Jean-Jacques Girardot (p.209)

Cette nouvelle-phare m'a fait songer au récent De l'espace et du temps (d'Alastair Reynolds), sauf qu'ici le "dernier homme" (après un voyage de plus de six milliards d'années) ne se consacre pas à la connaissance, mais à la construction sur Mars d'un monument. Rien qu'un monument. Même pas un cénotaphe... pour le plaisir des générations futures? 

Là, c'est après le texte de la nouvelle que son auteur a rédigé quatre ou cinq pages de "vague postface" (plutôt que de tout dévoiler avant).

10/ Aube dernière, Thierry Di Rollo (p.233)

La mort, la vie... Un peu trop "mystique" et pas assez "aventureux" pour mon goût.

11/ Ciel rouge, sable rouge, Roger Frank (p.243)

Drôle de "nouvelle" qui se présente comme un "abstract", un "synopsis", un "abrégé"... d'un roman à écrire (?): un père et sa fille qui n'ont pas les mêmes idées sur l'avenir de Mars mettent des années à se rejoindre. Tout est dit. Je suppose qu'il y aurait eu matière à "tartiner" des centaines de pages pour développer les péripéties qui y sont évoquées.

L'auteur affirme avoir voulu se moquer de tous les romans qui traitent d'une façon traditionnelle de la colonisation de la planète Mars.

12/ John Carter vs Olympus Mons, Daniel Walther (p.259)

John Carter (oui, le fameux!) en dirigeant d'une expédition d'alpinisme sur Mars (à l'assaut des 21 km que mesure Olympus Mars en hauteur)... Une pochade.

* Mars dans la littérature SF et imaginaire, Marc Van Buggenjout (p.275)

Une évocation du sujet annoncé en titre! Bien entendu, on n'y trouvera rien de postérieur à 2013, et la liste ne prétend pas à l'exhaustivité (Aélita, de Tolstoi, n'est pas citée ici - bon, je frime, alors que ma propre science est toute récente...).

* Cinéma, Jean-Pierre Andrevon (p.283)

Un panorama intéressant qui part des tout débuts du XXe siècle jusqu'au début du XXIe (par un autre auteur de nouvelles dans le recueil). J'y ai relevé moult pistes intéressantes (mais je pense que je ne regarderai pas forcément les films muets cités...). 

 

Je dirai encore que ces nouvelles, si diverses soient-elles, ont peu à voir avec les aventures narrées par les pionniers qu'ont été Alexéi Tolstoi (Aélita), Burroughs (John Carter) ou Wells (La guerre des mondes): ici, en général, ces histoires plus ou moins longues prennent en compte nos paramètres contemporains (durée nécessaire pour que mûrissent des technologies, année martienne presque deux fois plus longue que l'année terrestre, distance de la Terre à Mars qui varie selon les positions respectives...). 

 

À part ceux des auteurs directement concernés ou du "directeur" de l'anthologie, j'ai trouvé un seul blog en parlant: celui de Morbius (Les Échos d'Altaïr). 

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